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Nouvelles

Hackerlab: L’édition 2020 prévue pour septembre prochain
Organisée par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) du Bénin, l’édition 2020 de Hackerlab aura lieu du 1er au 30 septembre prochain. Cette initiative vise non seulement l’éclosion des talents en matière de cybersécurité mais aussi un partage d’expériences avec des spécialistes. Les jeunes Béninois sont invités à s’inscrire par équipe de deux à quatre personnes pour prendre part au Hackerlab 2020 qui se tiendra du 1er au 30 septembre prochain. « Les épreuves de présélection du #HackerLab2020 démarrent le 1er septembre pour durer un mois », annonce l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) du Bénin sur sa plateforme. A l’instar des deux premières éditions, le Hackerlab 2020 permettra aux participants de relever des défis purement techniques et de démontrer leurs compétences en matière de lutte contre la cybercriminalité. Ce challenge permettra également de détecter et de former à terme des hackers éthiques, un maillon essentiel dans la lutte contre la cybercriminalité. Toutes choses qui permettront de mettre des compétences au service de la sécurisation du cyberespace béninois, gage de confiance numérique. C’est pourquoi, les jeunes passionnés du Hacking sont invités à constituer des équipes de 2 à 4 personnes dès maintenant pour participer à ce challenge. Les équipes seront soumises à des épreuves de type : exploitation système, exploitation web, reverse engineering et forensic. Pour cette phase de présélection, les épreuves auront lieu en ligne. Au terme de cette phase, 25 équipes seront retenues pour poursuivre la compétition. « Cette phase s'arrête dès que 25 équipes auront résolu en premier les épreuves », informe l’Anssi. Celles-ci participeront à la phase finale en présentiel pendant 48 heures sans répit. Signalons qu’au terme de l’évènement, les gagnants vont repartir avec plusieurs lots dont des certifications professionnelles. Société 19 août 2020


Mise en œuvre de la Zlecaf dès janvier 2021: Solutions digitales pour booster l’intégration économique
Accélérer la mise en oeuvre de la Zone de libre-échange continentale en Afrique (Zlecaf) par le numérique, c’est la trouvaille de la Commission de l’Union africaine pour concrétiser le rêve de l’intégration économique nourri par les pères fondateurs de l’Organisation de l’Unité africaine. L’Union africaine (Ua) mise sur le numérique pour accélérer l’opérationnalisation de la Zone de libre-échange continentale en Afrique (Zlecaf) dès le 1er janvier 2021, selon un communiqué de l’institution en date du 14 août dernier. Lancée officiellement le 7 juillet 2019, à l’issue de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine à Niamey, la Zlecaf est annoncée comme une bouée de sauvetage pour l’économie africaine en proie aux chocs exogènes. Outre le déclic pour le décollage de l’Afrique, la mise sur les rails du marché commun de prospérité inclusive permettrait d’atténuer ces chocs aggravés par la pandémie du nouveau coronavirus. Pour ce faire, la Commission de l’Ua (Cua) entend répondre aux préoccupations relatives à l’utilisation des systèmes virtuels, notamment en ce qui concerne la fiabilité, la sécurité et la confidentialité des infrastructures à mettre en place. Une Plateforme virtuelle africaine de diplomatie commerciale est initiée dans le but de permettre aux États membres de participer efficacement et en toute sécurité aux négociations en suspens. Ces négociations devraient débuter le 1er juillet dernier mais ont été reportées, notamment à cause du Covid-19. Des inquiétudes planent sur l’effectivité de la mise en œuvre, en ce moment où les pays se préparent à rouvrir leurs frontières et relancer leurs économies. La Cua estime que « Les technologies numériques peuvent jouer un rôle très puissant dans la promotion d’une coopération positive entre les États membres pour un processus de réouverture sûr, intelligent et harmonisé ». À cet égard, le Comité d’experts de haut niveau mis en place sera élargi pour inclure un examen des différentes options dont disposent les États membres, y compris les solutions numériques, qui pourraient être utilisées pour déployer le commerce dans le cadre de la Zlecaf. Solutions Il est annoncé la mise en place d’une plateforme technologique panafricaine pour favoriser les échanges entre les citoyens de pays africains, ainsi que la numérisation de la biosurveillance et les protocoles de dépistage biologique des Centres africains pour le contrôle et la prévention des maladies (Cdc Afrique) en cours d’élaboration dans le cadre de l’Initiative du corridor ouvert de l’Ua. Il est prévu la conception et le déploiement d’un cadre technologique d’alignement des plates-formes de commerce électronique, comme la Plateforme africaine de fournitures médicales (Amsp) développée par Cdc Afrique, l’agence de l’Union pour les urgences de santé publique; le concept d’un « numéro de la Zlecaf » et la plateforme de commerce électronique africaine Sokokuu promue par Ae Trade Group. Une vaste initiative est aussi envisagée pour renforcer la cyber-sécurité dans les affaires multilatérales sur le continent. Le Comité élargi soumettra ses recommandations aux hauts fonctionnaires du commerce du continent qui se réuniront, le 15 septembre prochain, avant l’approbation finale des ministres africains du Commerce lors de leur réunion prévue pour le 30 septembre prochain. La convergence macroéconomique reste un défi sur le continent : le commerce intra-africain des produits n’est que de 16 %. Selon les projections de l’Ua, il devrait augmenter à 60 % à l’horizon 2022 avec l’effectivité de la Zlecaf. La mise en œuvre de l’accord sur la Zlecaf devrait être marquée par la suppression progressive des droits de douane entre les pays. Cela stimulera la croissance économique, à hauteur de 7 000 milliards de dollars Us en dix ans, selon l’Union africaine (Ua) qui conduit le projet depuis 2012 dans le cadre de son ambitieux agenda 2063. Ainsi, l’Afrique deviendra la plus grande zone de libre-échange dans le monde avec plus de 1,2 milliard de personnes et un produit intérieur brut (Pib) cumulé de 2500 milliards de dollars environ, espère-t-elle. Economie 19 août 2020


Médiateur de la République: Un record de 792 recours traités en 2019
Le médiateur de la République, Joseph Gnonlonfoun, a présenté son rapport d’activités au titre de 2019 qui renseigne sur toutes les actions menées par l’institution l’année dernière. Au total, 792 recours contre les administrations publiques ont été enregistrés et traités en 2019, un record dans la vie de l’institution. La loi fait obligation au médiateur de la République de présenter annuellement son rapport d’activités. Lequel est transmis officiellement au président de la République et publié au Journal officiel de la République du Bénin. Joseph Gnonlonfoun a sacrifié à cette exigence légale ce mardi 18 août en présentant à la presse, le rapport d’activités de l'institution pour le compte de 2019. Selon le médiateur de la République, son institution a eu à traiter au titre de l’année dernière, 792 plaintes des citoyens contre les administrations publiques contre 557 en 2018. Les réclamations ont concerné plusieurs domaines. 243 recours ont porté sur la gestion de la carrière des agents de l’Etat ; 131 sur les affaires domaniales ; 175 sur les questions d’allocation de bourses et secours universitaires; 63 concernent les cas de dysfonctionnement ou défaillance dans le fonctionnement du service public ; 35 en matière de créances sur l’Etat ou sur tout organisme investi d’une mission de service public, 32 dans le domaine de l’exécution de décisions de justice. Le médiateur de la République a noté 42 recours de cas de non-compétence. Le nombre de 792 plaintes examinées en 2019 constitue un record comparé aux chiffres des années antérieures. Ce qui porte aujourd’hui à un total de 5 305 dossiers traités par l’institution depuis sa création en 2006. «En tout cas, les plaignants, après nos investigations, s’ils n’ont pas reçu satisfaction dans l’absolu, ont obtenu une réponse totale ou partielle à leurs requêtes », se réjouit Joseph Gnonlonfoun. Le rapport est assorti d’un certain nombre de recommandations. Au nombre de celles-ci, le médiateur de la République suggère au gouvernement de progresser dans l’apurement des dettes sociales envers des anciens agents retraités de l’Etat ; rendre fonctionnelle la permanence des services de délivrance de la carte nationale d’identité dans les communes et préfectures ; instruire les services compétents du ministère chargé de la Défense aux fins de mieux collaborer avec son institution. Aussi, le rapport recommande au gouvernement de procéder, dans la mesure du possible, à la levée de la mesure de suspension du paiement des rappels découlant des avancements et reclassements des agents de l’Etat, étudier la possibilité de réintégrer les 52 agents de l’ex-Commission nationale d’obtention des titres fonciers (Cnotf) et de reprendre l’opération de titrisation des rappels liés aux Crape3. Joseph Gnonlonfoun recommande par ailleurs au chef de l’Etat d’instruire le ministère du Cadre de vie aux fins de veiller au respect par l’Ordre des Géomètres-experts, des principes et règles déontologiques régissant leur profession dans le cadre des opérations de lotissement ainsi que la prise d’un arrêté fixant les critères de détermination des coefficients de réduction dans le processus de lotissement. Actualités 19 août 2020


De 1960 à 2020: 16 législatures pour diverses fortunes
L’Assemblée nationale reste au cœur des différentes mutations politiques connues par le Bénin depuis les indépendances. La légende se poursuit avec de belles pages après 16 législatures de 1960 à ce jour. Le Bénin est actuellement à sa huitième législature de l’ère du renouveau démocratique mais à sa seizième si l’on remonte à la première expérience parlementaire béninoise après la période coloniale qui a pris fin en 1957. Les archives de l’Assemblée nationale renseignent qu’avant l’actuel président du parlement, Louis Vlavonou, le Bénin aura vu se succéder au perchoir douze présidents. Justin Ahomadégbé reste le premier président de l’institution parlementaire de la période post-coloniale. En effet, l’ex-Dahomey fera ses premières armes à partir de 1959 avec la Constitution du 28 février 1959. Cette Constitution fait suite à la proclamation le 4 décembre 1958 de la République du Dahomey dans le cadre de la Communauté franco-africaine. Les élections législatives, les premières de la période post-coloniale, ont été organisées le 2 avril 1959 sur la base de cette loi fondamentale. C’était un scrutin majoritaire à un tour. Justin Ahomadégbé sera porté à l’unanimité à la tête de cette Assemblée législative le 23 avril 1959. Il était d’ailleurs le seul candidat au poste de président et fut ainsi le premier président de l’Assemblée nationale au Bénin. Les 1er et 2e vice-présidents étaient respectivement Salomon Biokou et Arouna Mama. Le poste de questeur était occupé par Benoît Cakpo-Chichi avec Jean-Baptiste Kayossi, Chabi Mama, Edmond Dossou-Yovo et Bertin Borna comme secrétaires. Ce bureau a eu la lourde mission de conduire les destinées du jeune Parlement jusqu’au lendemain de l’indépendance le 1er août 1960. Mais l’histoire renseigne que les rapports conflictuels entre le gouvernement d’alors et l’Assemblée législative vont tôt faire d’écourter la durée de vie de cette première expérience parlementaire. L’Assemblée élective va disparaître à la faveur de l’adoption d’une nouvelle Constitution, celle du 26 novembre 1960. A l’aune de cette loi fondamentale, l’ex-République du Dahomey va opter pour un autre modèle de Parlement dit Assemblée nationale dont les membres portent le titre de député. L’appellation « Député » n’a pas changé jusqu’à aujourd’hui. Les élections législatives ont lieu le 11 décembre 1960. L’Assemblée nationale qui en est issue ouvre solennellement sa première session le 15 décembre 1960. Les députés étaient élus pour un mandat de cinq ans. Cette première législature se caractérise par un monolithisme dû au fait que cette Assemblée est constituée exclusivement des députés du Rdd de Hubert Maga et du Prd de Sourou Migan Apithy, regroupés au sein du Parti démocratique de l’Unité (Pdu), informent les archives du Parlement. Le bureau de cette première législature de la période des indépendances a été mis en place le 17 décembre 1960. Il sera présidé par Valentin Djibodé Akplogan qui succède ainsi à Justin Ahomadégbé. Le député Salomon Biokou garde son fauteuil de premier vice-président. Le poste de 2e vice-président était revenu à Chabi Mama. Sani Agata et Abdou Somba étaient respectivement questeur et questeur adjoint. Le secrétariat de ce bureau était tenu par Aladji Boni et Gilbert Chodaton. « Parlement d’exception » Tout comme l’Assemblée législative, cette deuxième Assemblée nationale de l’histoire politique du Bénin n’ira pas non plus à son terme. Le Parlement va disparaître après 34 mois de fonctionnement. L’affaire dite «affaire Bohiki » qui éclabousse un député va paralyser le Parlement et même les autres institutions du pays. Cette deuxième expérience parlementaire n’a pas pu résister aux tumultes nés de l’affaire «Bohiki ». Le Bénin va enregistrer son premier coup d’Etat qui a vu le colonel Christophe Soglo, alors chef d’état-major, porté au pouvoir. Celui-ci dissout sans autre forme de procès toutes les institutions de la République dont l’Assemblée nationale. La vie parlementaire va connaître une sorte d’hibernation de 1963 à janvier 1964. L’armée assume tous les pouvoirs y compris celui législatif. Les militaires font rédiger une nouvelle Constitution promulguée le 11 janvier 1964, renseignent les archives du Parlement. Laquelle rétablit l’institution parlementaire. Cette loi fondamentale va ouvrir la voie de la troisième expérience législative de 1964-1965. De nouvelles élections législatives seront organisées le 19 janvier 1964. Le bureau de ce Parlement sera formé le 24 janvier 1964 avec comme président le député Taïrou Congakou. Il est aidé dans sa mission par ses collègues Gilbert Kpakpo, Salomon Biokou et Issaka Dango élus respectivement 1er, 2e, et 3e vice-présidents. Prosper Azadji et Roger Lafia occupaient les postes de questeur et de questeur adjoint. Les députés Jean Pliya, Mohamed Batoko et Emmanuel Fanyo assuraient le secrétariat. Cette troisième expérience parlementaire n’ira pas non plus à son terme. Les dissensions entre les hommes politiques amènent l’armée à prendre à nouveau le pouvoir le 22 décembre 1965. Le colonel Chistophe Soglo revient et dissout à nouveau toutes les institutions de la République puis gouverne le pays par ordonnance. Toutes les lois seront prises donc par ordonnance de 1965 jusqu’au 26 octobre 1972, où les militaires géraient le pays selon leur bon vouloir. Le directoire militaire passe le relai en mai 1970 au Conseil présidentiel. Lequel dispose d’un gouvernement, mais pas d’un Parlement. Le 26 octobre 1972, l’armée revient à la charge. Les militaires reprennent le pouvoir avec à leur tête, le commandant Mathieu Kérékou. Ils installent un régime révolutionnaire avec le Conseil national de la Révolution (Cnr). L’essentiel des pouvoirs y compris législatif est exercé par le Cnr présidé par Mathieu Kérékou. Ce dernier dirige ainsi ce « Parlement d’exception » composé de 69 membres. Outre le président de la République, président du Conseil, donc président de cette Assemblée d’exception, ce parlement comprenait également les 33 ministres d’alors, les six préfets de province, les 12 responsables des conseils provinciaux de la Révolution, et 17 cadres civils politiciens et paramilitaires. Une nouvelle assemblée nationale sera mise en place à la faveur de la Constitution votée par le régime révolutionnaire. Cette loi fixe à quatre ans la durée de chaque législature de l’Assemblée nationale révolutionnaire (Anr). Et de trois pour Romain Vilon Guézo ! Ainsi, la première législature de l’Anr, l’organe suprême du pouvoir d’Etat de l’ex-République populaire du Bénin,sera dirigée par le camarade Ignace Boco Adjo. Elle est composée de 336 commissaires du peuple qui font office de députés. Romain Vilon Guézo, Amidou Baba-Moussa, Valentine Gangbo, Amadou Mama Djougou, Justin Gnidéhou, Nathalie Barboza, Ali Assani, Pierre Osho et Louis Baïmey Dagan occupaient dans l’ordre les neuf postes de vice-présidents. Taofiki Maliki était le secrétaire général. Mais cette législature a été secouée de plein fouet par la mort de son président. En effet, le 17 octobre 1982, Ignace Boco Adjo meurt à la Havane à Cuba. Romain Vilon Guézo assure l’intérim jusqu’à la fin du mandat en 1984 en sa qualité de 1er vice-président. Il sera reconduit au perchoir à la deuxième législature de l’Anr. Le mandat a duré du 27 juillet 1984 au 28 février 1989. Les autres membres du bureau sont Roger Imorou Garba, Joseph Dègla et Pierre Osho respectivement 1er, 2e et 3e vice-présidents. Ousmane Batoko en était le secrétaire général. Romain Vilon Guézo sera réélu le 1er août 1989 président de l’Assemblée nationale révolutionnaire, troisième mandature. Cette législature a été installée le 31 juillet 1989 suite aux législatives pour l’élection des commissaires du peuple organisées le 18 juin de la même année. Roger Imorou Garba et Joseph Dègla étaient les deux autres membres du bureau léger composé de trois personnes. Ils étaient respectivement 1er et 2e vice-présidents. Ces élections législatives se sont déroulées dans une ambiance tendue, signe avant-coureur de la décadence au sein du système révolutionnaire. Ainsi, le peuple et surtout les travailleurs de l’administration publique accentuent la pression sur le régime du président Mathieu Kérékou avec des grèves perlées. La pression de la rue a conduit à la tenue les 6 et 7 décembre 1989 d’une réunion conjointe de tous les organes du Prpb et de l’Etat. Le requiem du régime révolutionnaire et de l’idéologie marxiste-léniniste sera acté. La réunion des barons du Prpb décide, entre autres, de l’organisation de la Conférence nationale des Forces vives pour éviter le chaos au pays et promouvoir la démocratie. Une nouvelle expérience va débuter pour le Parlement, la doyenne des institutions du Bénin. Ainsi, au lendemain de la Conférence nationale de février 1990, il a été mis en place le Haut conseil de la République (Hcr) qui fera à la fois office d’Assemblée nationale de transition et de Cour constitutionnelle. Le Hcr a été présidé par Mgr Isidore de Souza qui d’ailleurs a conduit les travaux de la Conférence nationale. Joseph Adjignon Kèkè en était le vice-président. Le mandat du Hcr a duré du 28 février 1990 au 31 mars 1991. Le Hcr dote le pays d’une loi constitutionnelle transitoire. Il s’agit de la loi n° 90-022 du 13 août 1990. Vive le Parlement démocratique ! Un projet de Constitution est élaboré sous la direction de Maurice Ahanhanzo-Glèlè. Ce projet est soumis à un référendum. Le dimanche 2 décembre1990, le peuple béninois l’approuve à une grande majorité de « Oui ». La nouvelle Constitution, la sixième du Bénin depuis la période post-coloniale, sera promulguée le 11 décembre 1990. Elle ouvre ainsi la voie à la sixième expérience législative. Cette première législature du renouveau démocratique a été installée le lundi 1er avril 1991, à l’issue des législatives de février 1991. Elle est composée de 64 membres avec un mandat de quatre ans. Me Adrien Houngbédji a été élu pour présider aux destinées de ce Parlement. Bruno Amoussou et Séverin Adjovi étaient respectivement les 1er et 2e vice-présidents. Les postes de 1er questeur et de 2e questeur étaient revenus à Gédéon Dassoundo et Ramatou Baba-Moussa tandis que les fonctions de 1er et 2e secrétaire parlementaires étaient assurées par Ambroise Adanklounon et Jérôme Sacca Kina. Bruno Amoussou sera ensuite élu président de l’Assemblée nationale, deuxième législature installée après les élections législatives de février 1995. Ces consultations électorales font passer le nombre de députés de 64 à 83 députés. Les postes de 1er et 2e vice-présidents sont revenus à Joseph Marcellin Dégbé et Théophile Nata. Maxime Houédjissin et Ambroise Adanklounon en étaient les deux questeurs avec Djibril Mama Débourou et Alexandre Hountondji respectivement 1er et 2e secrétaires parlementaires. La deuxième législature va céder place à la troisième dont les députés ont été élus à l’issue des législatives de mars 1999. Cette législature élit son bureau le 29 avril 1999. Lequel bureau consacre le retour au perchoir de Me Adrien Houngbédji avec Sacca Lafia et Aurélien Houessou aux postes de 1er et 2e vice-présidents. Maxime Houedjissin est maintenu à son poste de 1er questeur et Eléazar Nahum est le 2e questeur. Orou Gabé OrouSégo et Codjo Atchodé étaient respectivement les 1er et 2e secrétaires parlementaires. Poursuivant son petit bonhomme de chemin, l’Assemblée nationale post-conférence nationale verra installée la quatrième législature suite aux élections de mars 2003. Antoine Kolawolé Idji sera porté président succédant ainsi à Me Adrien Houngbédji. Le député du Madep aura comme 1er et 2e vice-présidents Léon Bio Bigou et Eustache Akpovi. Patrice Gangnito et Jean-Claude Hounkponou étaient les deux questeurs. Codjo Atchodé devient le 1er secrétaire parlementaire et André Dassoundo le 2e secrétaire parlementaire. Les législatures ne se ressemblent pas C’est sous cette législature qu’a été adopté le Code des personnes et de la famille encore en vigueur. La quatrième législature aura été marquée par la modernisation de l’institution parlementaire à travers la mise en place du réseau informatique avec connexion internet du palais des gouverneurs et du secrétariat général, la construction de la salle polyvalente et le démarrage de la construction du bâtiment abritant actuellement les installations de la radio Hémicycle, renseignent les archives du Parlement. C’est sous cette quatrième législature qu’a eu lieu la première tentative de révision de la Constitution du 11 décembre 1990. Elle va céder place à la cinquième suite aux législatives de mars 2007. Celle-ci élit son bureau le 3 mai 2007 avec Mathurin Coffi Nago comme président ; André Dassoundo comme 1er vice-président; Antoine Dayori, 2e vice-président, Sacca Fikara, 1er questeur et Djibril Mama Débourou : 2e questeur. Les députés Joachim Dahissiho et Amissétou Affo Djobo occupaient respectivement les postes de 1er et de 2e secrétaires parlementaires. Mathurin Nago sera reconduit à la tête de la sixième législature installée en avril 2011 à l’issue des élections législatives du même mois. Il était entouré de Justin Sagui Yotto et de Boniface Yèhouétomé aux postes de premier et deuxième secrétaire parlementaire. Djibril Mama Débourou est propulsé 1er questeur avec sa collègue Françoise Assogba comme 2e questeur puis Valentin Houdé qui succède à celle-ci après sa nomination au gouvernement. Claudine Prudencio et André A. Okounlola étaient les 1er et 2e secrétaires parlementaires. Cette sixième législature aura marqué les esprits avec le vote de plus de 120 lois dans tous les domaines de la vie sociopolitique et économique du Bénin. La septième législature a consacré l’élection au perchoir pour la troisième fois de Me Adrien Houngbédji. Cette législature a été installée le 16 mai 2015 après les législatives d’avril de la même année. Le président du Prd avait en face de lui Komi Koutché, le poulain du pouvoir d’alors. Le score du vote était très serré : 42 voix pour Me Adrien Houngbédji contre 41 pour Komi Koutché. Cette élection sur le fil du rasoir de Me Adrien Houngbédji a relancé l’Opposition d’alors qui reprend du poil de la bête. Cette dynamique politique au Parlement a, dans une certaine mesure,favorisé l’alternance au pouvoir en avril 2016 avec l’élection du président Patrice Talon. La légende se poursuit actuellement avec la huitième législature installée en mai 2019. Celle-ci écrit de belles pages de son histoire sous le leadership de son président Louis Vlavonou. Cette législature taxée de «monocolore » parce que ne comportant que les députés de la Mouvance présidentielle, a déjà à son actif en moins d’un an et demi d’existence, plusieurs dizaines de lois votées. L’un des exploits qu’elle a réussis reste la révision de la Constitution du 11 décembre 1990 après sept tentatives manquées. La huitième législature poursuit son mandat jusqu’en mai 2023. Actualités 19 août 2020


Recensement des réserves administratives des communes: Le ministre Alassane Seïdou met la pression
Alassane Seïdou, ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale, donne un coup d’accélérateur à la mise en œuvre de la décision gouvernementale sur la suspension de la cession des réserves administratives et leur recensement. Le ministre, à travers un message radio, à la suite de la décision prise en Conseil des ministres, le 24 juin dernier, a appelé non seulement les préfets et les autorités communales à suivre la nouvelle dynamique, mais aussi accomplir les diligences attendues dans un délai de 45 jours. Le délai imparti, lit-on dans le message radio numéro 650/Mdgl/Dc/Sgm/Ctj/Sa, expire le vendredi 18 septembre prochain. Et depuis quelques jours, c’est le branle-bas au niveau des mairies. Les maires et les membres de leurs équipes dirigeantes, notamment les cadres des services des Affaires domaniales, donnent le meilleur d’eux-mêmes pour satisfaire aux attentes du gouvernement. La circulaire adressée aux préfets, en début de ce mois d’août, les engageant à prendre « les dispositions idoines » en vue « de veiller à l’exécution sans délai par les maires » de la décision, rappelle les diligences à accomplir. Lesquelles sont relatives à l’établissement de la situation exacte de toutes les opérations de lotissement et de remembrement et la suspension de leur cession. La production de l’inventaire des réserves existantes, la mise à disposition de l’ensemble des contrats liés aux opérations de lotissement et le point financier de l’exécution des différents contrats font également partie des décisions prises par le gouvernement qui entend empêcher la cession opportuniste des réserves administratives dans toutes les communes. Préalables à l’instauration d’une gouvernance saine des réserves administratives, espaces destinés à l’érection des infrastructures socioéconomiques, les mesures prises par le Conseil des ministres font suite à un rapport de mission qui a relevé « de graves dysfonctionnements dans la gestion » desdites réserves dans nombre de communes en plus « du défaut de préservation ».   Actualités 19 août 2020


Accès à l’énergie en milieu rural: Bientôt 5 000 ménages électrifiés à base d’énergie solaire
Les sociétés Greenlight planet et African renewable systems and solutions (Aress) en partenariat avec le Millennium challenge account Bénin II (Mca-Bénin II) vont électrifier cinq mille foyers en milieu rural, grâce à des kits solaires. L’initiative s'inscrit dans le cadre de l’exécution de la phase 1 du projet Eureka, informe un communiqué de presse signé des deux entreprises en charge des travaux. Mandatés par le Millennium challenge account Bénin II (Mca-Bénin II), les sociétés Greenlight planet et African renewable systems and solutions (Aress) vont électrifier cinq mille ménages en milieu rural dans le cadre de la mise en œuvre de la première phase du projet Eureka initié par les gouvernements du Bénin et des Etats-Unis d’Amérique. Cette initiative vise à apporter l'énergie décentralisée avec un taux de couverture d’au moins 75 % sur l’ensemble des zones prioritaires ciblées où aucune extension du réseau électrique conventionnel n'est prévue avant 2022. Aussi, à travers ce projet, le Bénin ambitionne d’augmenter la contribution des énergies renouvelables à son mix énergétique. A terme, Eureka A-1 impactera vingt-cinq mille bénéficiaires grâce aux kits solaires qui seront directement alimentés par Sun king, avec une puissance totale de 350 kWp. Dans la mise en œuvre proprement dite du projet, Greenlight planet, Aress et Mca-Bénin II prévoient d'installer trois mille cinq cent kits Sun king home 60 et deux mille kits Sun king home 400. Le kit Sun king home 60 est l’équivalent d’un ensemble de trois lampes solaires suspendues et d’un port Usb pour la recharge des téléphones portables alors que le kit Sun king home 400 est composé d’une télévision solaire, des lampes à tube lumineux et des installations de recharge pour téléphones portables. Tous les kits sont dotés de la technologie à paiement prépayé (Payg) qui permet aux bénéficiaires de payer les frais d’achat de leurs kits solaires en plusieurs tranches. Ainsi, les kits solaires Sun king fournis par Greenlight planet permettront aux ménages de satisfaire une bonne partie de leurs besoins en énergie, notamment l'éclairage, la recharge des téléphones portables, l'alimentation des postes radios et téléviseurs. S’exprimant au sujet du projet, L. Michael Sinsin, directeur général d’Aress Sarl, a fait savoir qu’il permettra, entre autres, de prouver la compétitivité de l’énergie solaire. Un point de vue largement partagé par Chioma Agogo. En guise d’exemple, la directrice des Partenariats pour l'Afrique de l'Ouest à Greenlight planet souligne que les kits solaires Sun king permettent aux entreprises de générer 25 % de revenus supplémentaires grâce à l'augmentation des heures productives offertes par la lumière la nuit. Société 19 août 2020


Monument « Amazone » : La statue prend corps
Devenu un symbole identitaire fort du Bénin, le monument « Amazone » dont la construction est en cours, se laisse admirer petit à petit. Cet ouvrage emblématique et imposant est érigé en hommage aux Amazones du Dahomey. Il fera drainer des millions de touristes au Bénin, dans les jours à venir. Le monument « Amazone », de ses 30 mètres de hauteur, construit en métal avec une enveloppe en bronze, dévoile de plus en plus sa splendeur. L’ouvrage est situé presque en face de Sèmè-City, entre la clôture du Port autonome de Cotonou et celle du palais des Congrès. Pour l’instant les travaux d’assemblage de la statue sont toujours en cours d’exécution. Malgré le chantier et la grille de protection érigée tout autour, l'Amazone est vite repérable en raison de sa taille qui rivalise pratiquement avec la toiture du palais des Congrès. Guerrières à tout point de vue, les Amazones du Dahomey sont vénérées pour leur vaillance face aux soldats adverses en période pré-coloniale. A travers ce monument, le Bénin leur rend un hommage mérité. Grâce à cette statue, l’Amazone du Dahomey reprend sa place de symbole identitaire fort du Bénin. La construction de l’ouvrage est confiée à Li Xiangqun, de la société Beijing Huashi Xiangqun Culture & Art, Co., Ltd au terme des consultations menées par l’Exécutif béninois pour la conception et la réalisation du monument. Cet artiste-sculpteur chinois est retenu au vu de sa réputation et de son expérience remarquable en matière de construction des ouvrages de ce standing, au niveau international. Actualités 18 août 2020


Présidence de la Boad : Abdoulaye Bio Tchané salue la promotion de Serge Ekué
La réaction du ministre d'Etat Abdoulaye Bio Tchané ne s'est pas faite attendre à l'annonce de la nomination de Serge Ekué au poste de président de la Banque ouest africaine de Développement (Boad). Le ministre d’Etat en charge du Développement, Abdoulaye Bio Tchané, se réjouit de la nomination de Serge Ekué au poste de président de la Banque ouest africaine de Développement (Boad). « Je me réjouis de la promotion de ce banquier-financier émérite dont la compétence et le riche parcours professionnel viennent d’être récompensés. Serge Ekué à la Boad c'est un ami qui prend les clefs de mon ancienne maison », écrit-il, sur sa page facebook. Il dit ne pas douter qu’il saura être à la hauteur des nouveaux défis qui attendent la Boad. La nomination de Serge Ekué, relève-t-il, honore par ailleurs le Bénin au plan international.   Actualités 18 août 2020


Militantisme féminin d’hier à aujourd’hui: De grands noms, un bilan
Des indépendances à ce jour, les femmes ont marqué la vie politique nationale en s'appuyant sur le militantisme, les dynamiques du milieu associatif, l'évolution du cadre juridique et en s’adaptant à la modernité. Mais la route est encore longue. Bilan non exhaustif du parcours politique des femmes dans le cadre des noces de diamant du Bénin. « Dans la semaine qui commence, les quatre Etats du Conseil de l’Entente vont accéder à l’indépendance. Le Dahomey est heureux et fier d’être le premier à exercer pleinement sa souveraineté interne et externe. C’est pour nous un jour d’allégresse qui consacrera l’union de tous les enfants de ce pays pour la paix et la fraternité, jour qui marquera un nouveau pas en avant de l’Afrique vers un avenir meilleur». C’est par ces phrases chargées d’émotions que le président Hubert Maga annonçait officiellement les couleurs de l’indépendance du Bénin, ce 1er août 1960 dans une ambiance de grand jour. Six décennies après, l’eau a coulé sous le pont. Le Bénin poursuit inexorablement sa marche vers le développement. Les pages d’un lendemain meilleur s’écrivent non sans péripéties, mais avec l’engagement des différents gouvernements qui se sont succédé à la tête du pays, dans la paix et avec le concours de tous. Les femmes ne sont pas restées en marge de cette marche. Quel point peut-on faire de leur parcours depuis 1960 ? Quelles ont été les avancées enregistrées et quelles ont été leurs contributions au développement du Bénin, jadis Dahomey? En jetant un regard sur la période 1960 à 1972, période de l’indépendance à la révolution et d’une grande instabilité politique, il est loisible de constater que les stigmates de la gouvernance coloniale n’ont laissé aucune place à la femme. Durant la période coloniale, elles étaient peu présentes, voire absentes de l'arène politique béninoise. « Elles restèrent alors cachées lors de la période suivant l'accession à l'indépendance, et également lors du premier règne de Mathieu Kérékou. Ainsi, aucune femme n'a été candidate aux élections présidentielles successives entre 1960 et 1990», relève Cathérine Lagacé dans son mémoire de maîtrise en politique, intitulé ‘’Femmes et politique au Bénin: un défi à relever’’. Aucune femme positionnée L’histoire renseigne que les partis politiques n'ont jamais positionné de femmes sur les listes des candidats aux élections législatives avant la révolution du 26 octobre 1972. « Ni le Parti dahoméen de l’Unité (Pdu), ni l’Union démocratique dahoméenne (Udd) n’ont présenté de femmes aux élections législatives de 1960 et 1964, même pas des suppléantes. Aucune femme n’a siégé au bureau des législatures qui vont se succéder », relève Marie-Odile Attanasso, ancienne ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique dans son ouvrage, ‘’femmes et pouvoirs politiques au Bénin, des origines dahoméennes à nos jours’’. Elle poursuit : « Depuis l’accession du Dahomey à l’indépendance en 1960 jusqu’en 1972, les femmes ont milité dans les partis politiques mais n’ont pas occupé des postes de responsabilité importants. Le premier combat de l’élite féminine politique a consisté à éduquer les femmes en vue d’une prise de conscience de leur force socioéconomique et de leur rôle politique ». Dans ce cadre, le Groupement des femmes dahoméennes (Gfd), créé en 1961 et dirigé par Marie do Régo, épouse du président Hubert Maga, va se lancer dans la sensibilisation et l’éducation des Dahoméennes, en se fixant comme mission de réveiller les femmes pour leur faire comprendre leur rôle tant politique que social, une sorte d’alphabétisation politique de la femme de l’époque. Il a fallu attendre novembre 1979 pour voir une femme siéger au Parlement béninois. La période 1972 à 1989 laisse place à l’émergence de plusieurs instances dédiées aux femmes, en dépit des difficultés économiques que connaissait le pays. « De 1972 à 1989, nous avons vécu un virage politique et économique à 180 degrés avec l’option du socialisme scientifique basé sur le marxisme-léninisme, où l’économie agonisait, où la révolution s’est endurcie et traitait durement ceux qui pensaient différemment. Mais c’est aussi et surtout la période au cours de laquelle, les femmes connaîtront l’émergence numérique la plus forte jamais enregistrée au Bénin à la faveur de la création du Conseil national de la révolution (Cnr), et de certaines de ces instances locales féminines très politisées telles que le Comité d’organisation des femmes et l’Organisation des femmes révolutionnaires du Bénin », se remémore Huguette Bokpè Gnacadja, actrice de la société civile. La période révolutionnaire a été plutôt faste pour les femmes au plan politique. « La révolution a institué un système de quota qui permettra une représentation des femmes au sein de l’Assemblée nationale révolutionnaire.La loi fondamentale de 1977 a posé le principe d’égalité juridique entre hommes et femmes », relate-t-elle. Ce qui a permis à dix-neuf mille six cents femmes sur soixante-dix mille conseillers en 1975, soit 28 %, de se faire élire, peut-on lire dans le mémoire de Catherine Lagacé. Une nouvelle dynamique s’installe pour les femmes en 1990, à l’issue de la Conférence nationale des forces vives de la nation, au cours de laquelle, elles ont joué un rôle important. Cette période a favorisé le multipartisme intégral avec la création de six partis politiques dirigés par des femmes dont, Rosine Vieyra Soglo, ancienne première dame. Légère amélioration Avec l'avènement du renouveau démocratique, l'on note une légère augmentation de la représentation féminine dans les gouvernements béninois. En effet, en mars 1990, le nouveau premier ministre de la Transition, Nicéphore Soglo, nomme deux femmes ministres contre douze hommes, élevant du coup le taux de participation des femmes au gouvernement à 14,28 %. Ainsi, Véronique Lawson, pédiatre, était à la tête du ministère de la Santé publique, tandis que Véronique Ahoyo, assistante sociale, occupait le poste de ministre des Affaires sociales, de l'Emploi et du Travail. Malheureusement, cette dynamique ne fera pas long feu et peine à être corrigée aujourd’hui. La réalité des chiffres au sein des instances décisionnelles démontre le faible effectif numérique des femmes. « Au niveau du leadership communal, notre score à peine meilleur aux mandatures précédentes a été de 5,19 %. Depuis 1990 à ce jour, le Parlement peine à enregistrer plus de 7 % de femmes. Au niveau du gouvernement, c’est seulement au cours de l’ère du président Boni Yayi que le taux de 30 % de femmes a été atteint», analyse Huguette Bokpè Gnacadja. Il se dégage tout de même une lueur d’espoir avec la Rupture. «Nous avons poussé des soupirs de désenchantement au fur et à mesure des nominations. La modification de l’article 26 de la Constitution en faveur de la mise en œuvre de l’égalité en droit de la femme et de l’homme est une opportunité pour les femmes de faire leurs preuves pour les prochaines législatives», espère-t-elle. A cela s’ajoutent les mesures spécifiques dans la loi électorale favorables à la promotion et à l’amélioration de la représentation de la femme au sein des assemblées parlementaires nationales, communales, municipales et locales pour garantir 24 sièges au moins aux femmes au sein du Parlement. Ces résultats sont le fruit du militantisme politique soutenu et défendu par des femmes de poigne telles que RafiatouKarimou, Thérèse Waounwa, Eugénie Dossa, Elisabeth Balley, Grâce Lawani, Nathalie Barboza, Marie-Jeanne Ruffino, Béatrice Lakoussan, Valentine Gangbo…. Aujourd’hui, mieux qu’hier, les femmes veulent être des actrices au premier rang en politique. Plus de rôles de second plan « Il en est autrement aujourd’hui des femmes qui s’engagent dans la politique. Elles ne veulent plus jouer les figurantes ni uniquement les pourvoyeuses d'électeurs vers les lieux de meeting, pas plus que les « marmitonnes» du parti pour l’entretien des citoyens venus aux meetings. Elles veulent assumer leur part de responsabilité », apprécie Marie-Odile Attanasso. Ce point de vue diffère de celui d’Huguette Bokpè Gnacadja, qui fait constater que la participation des femmes à la vie politique et publique relève encore d’un choix difficile : « La présence des femmes dans la vie publique et politique dépend de leur appartenance ou non à une obédience politique. L’arène politique est celle de la conquête du pouvoir et de la recherche d’un cheval gagnant où l’on ne fait de quartier à personne. C’est aussi une affaire de gros moyens et d’endurance dans l’exercice de l’entregent et beaucoup de femmes renoncent à s’y user ». Elle tente de situer les responsabilités : « Les femmes elles-mêmes sont frileuses quant à l’exercice du leadership politique et l’action dans la vie publique parce que la décision de leur implication se prend à un niveau familial, contrairement aux hommes ». A ses yeux, le parcours des femmes se trace lentement avec des moments lumineux et des épisodes décourageants. «Nous sommes tantôt tenues en haleine par de grandes nominations, tantôt refroidies par des attentes déçues. On observe depuis autant de décennies, ce tableau figé principalement parce que la mutation des mentalités vers l’acceptation que femmes et hommes sont égaux en droit, en traitement et en opportunité est très lente et ne dépend pas nécessairement du niveau intellectuel des hommes et des femmes », souligne Huguette Bokpè Gnacadja. L’effectif des femmes au sein des instances décisionnelles prouve à suffisance les défis à relever par les femmes et les pouvoirs publics pour redresser la pente. Société 18 août 2020


Remise officielle du siège du secrétariat de la Zlecaf: Un grand pas dans la concrétisation du rêve économique africain
L’Afrique avance à grands pas dans la concrétisation de son rêve de création de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), avec la remise officielle du siège de cette institution, hier lundi 17 août à Accra. C’était au cours d’une cérémonie à laquelle le Bénin a pris part par visioconférence dans les locaux du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération (Maec). Le Ghana a remis officiellement le siège de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) à l’Union africaine, hier lundi 17 août, au cours d’une cérémonie sobre en présence de personnalités politico-administratives venues de divers horizons. Le Bénin, l’un des pays membres de l’Union africaine a suivi par visioconférence toutes les étapes de la cérémonie de remise d’immeuble devant abriter le siège de la Zlecaf et la résidence du secrétaire permanent de l’institution, présidée par le président ghanéen Nana Dankwa Akufo-Addo. Son pays a été désigné pour abriter le siège de la Zlecaf et il a mis les bouchées doubles pour honorer son engagement. Les participants ont décerné un satisfécit au président ghanéen et à son gouvernement pour l’investissement qui amorce ainsi la concrétisation du rêve des pays africains de s’unir pour avoir un marché commun. Ce siège renforce la vision d’un marché intégré africain dont rêvent les pays de l’Union africaine. « En créant la Zlecaf, nous avons fait le choix de nous unir », a indiqué le président du Niger, Mahamadou Issoufou, dans son intervention à l’occasion. Selon ce dernier, en acceptant d’abriter le siège de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), le Ghana a satisfait aux conditions de l’unité africaine. Il a estimé que le continent dispose d’un atout démographique croissant et pour en faire bénéficier au peuple du continent, il faut non seulement éduquer, former, soigner sa jeunesse mais surtout trouver de l’emploi à plus de douze millions de jeunes africains qui arrivent sur le marché de l’emploi chaque année. « Je voudrais demander à l’ensemble des parties prenantes de la Zlecaf de conjuguer leurs efforts, de mutualiser les énergies pour que les objectifs fixés soient atteints », a exhorté le président du Niger avant d’inviter ses pairs à garder le sens de l’unité, de la solidarité et de la dignité tout en s’inscrivant dans la vision de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, bouleversé, selon ses dires, du fait de la pandémie du Covid-19. Il précise que le peuple africain veut une zone économique dynamique où ses biens et services circulent librement. Il a invité toutes les parties prenantes à organiser des rencontres virtuelles pour que les activités prévues dans le cadre de l’Agenda 2063 se réalisent pour impacter le peuple africain. La Zlecaf est l’un des projets phares de l’Agenda 2063 de l’Union africaine dont la mise en place est indispensable pour la réalisation de la vision de l’organisation continentale, à savoir une Afrique prospère, intégrée et en paix. Enjeux de la Zlecaf Wamkele Mene est élu en février 2020, premier secrétaire général de la Zone de libre-échange continentale africaine. L’accord portant création de la Zlecaf comporte trois protocoles respectivement sur le commerce des services, les règles et procédures de règlement des différends et le commerce des marchandises ainsi que des annexes. Signé le mercredi 21 mars 2018, lors du Sommet extraordinaire de Kigali par quarante-quatre États membres de l’Ua, cet accord commercial a déjà enregistré les vingt-deux ratifications requises pour son entrée en vigueur. Le Bénin a pris part activement au processus des négociations ayant conduit à l’élaboration et à la finalisation des différents instruments juridiques de la Zlecaf. La cérémonie de remise par le gouvernement ghanéen des locaux devant servir de bureaux et de résidence au secrétariat de la Zlecaf est un grand pas pour l’Afrique tout entière en ce sens que cela répond aux souhaits émis par les chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine. « Le président du Bénin salue avec enthousiasme cet acte ainsi que le peuple béninois tout entier », rapporte la délégation béninoise à cette cérémonie. Actualités 18 août 2020


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