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Doter le Bénin d’une décentralisation effective pour impulser le développement local : l’autre défi de la Rupture
La décentralisation, version du renouveau démocratique, est en chantier depuis 2003 mais reste handicapée par les mêmes maux qui n’ont pas permis aux exécutifs des collectivités territoriales d’être de véritables impulseurs du développement durable des villes et territoires de notre pays. Mais la solution durable ne réside pas en une centralisation encore plus forte, en un jacobinisme encore plus résolu. Les poussières et polémiques liées aux élections communales pour la 4e mandature sont retombées.Maintenant est venu le moment d’un Nouveau Départ pour une décentralisation effective. Le gouvernement de la Rupture en a les moyens. Non seulement parce qu’il est en train de démontrer sa capacité à conduire des réformes audacieuses dont les prémices ont été saluées par plusieurs institutions internationales spécialisées ; mais aussi et surtout parce qu’il s’est donné a priori et au vu de la réforme du système partisan et des résultats des dernières élections communales, les moyens politiques de doter notre pays d’un système d’administration des collectivités territoriales efficace à travers une décentralisation effective. Le fera-t-il ? Wait and see. Les maux dont souffre la décentralisation au Bénin Les élus locaux, premiers acteurs de la décentralisation, désignent souvent comme premier handicap à son effectivité et à leur efficacité, l’insuffisance des transferts financiers aux collectivités territoriales. Même si cela est avéré, cette réalité n’est pas la principale cause systémique. La preuve en est le faible taux de consommation des fonds alloués aux communes via le Fonds d’Appui au développement des communes (FADeC). Sur la liste des causes de l’échec relatif de la décentralisation au Bénin devraient certainement figurer les facteurs suivants:a) l’État central est historiquement réfractaire au principe de subsidiarité,son Adn et ses réflexes étant ceux d’un État jacobin ;b) les politiques publiques sectorielles ne sont pas systématiquement territorialisées;c) les exécutifs locaux et leurs administrations ne disposent pas des capacités managériales requises pour impulser et piloter le développement local, d) leurs tutelles n’ont pas intégré leurs rôles de facilitation de la décentralisation alors que les services déconcentrés de l’État ne sont que nominalement au service des Communes; et enfin, e) le financement du développement local est inadéquat et insuffisant. Trois mandatures de gouvernements locaux n’auront pas suffi à guérir notre pays de ces maux. L’État est réfractaire au principe de subsidiarité, principe fondateur de la décentralisation La décentralisation est une entreprise éminemment politique qui consiste à la fois en un transfert et en une création de pouvoirs au niveau infranational dans le but d’enraciner et d’accélérer le développement d’un pays donné. Mais, parce que les coalitions d’intérêts politiques et économiques ont en commun au Bénin (comme en général en Afrique francophone) une volonté centralisatrice pour diverses raisons, les réformes politiques et administratives ne conduisent pas à créer des autorités locales autonomes et responsables pour plus d’efficacité de l’action publique. Comme si la composante décentralisée de l’État était un État d’ailleurs, un État extranational. En fait, l’esprit fondamentalement centralisateur est consubstantiel à la pensée politique au Bénin, tous partis et acteurs politiques confondus, ainsi qu’aux systèmes et mécanismes de fonctionnement de l’administration publique centrale. L’absence d’une composante décentralisée dans le plan national de la riposte face à la crise de la Covid-19 en est, s’il en fallait, une parfaite illustration. Cette pandémie, bien qu’étant une crise exogène, est aussi une menace asymétrique. Il est établi que les pays qui ont adopté une riposte bien cordonnée mais décentralisée sont ceux qui ont obtenu les meilleurs résultats à ce jour. L’absence d’une territorialisation systématique des politiques publiques sectorielles Une telle territorialisation, processus dynamique de spatialisation qui permet d’assurer la contextualisation dans les territoires des politiques sectorielles, devrait entre autres produire le référentiel nécessaire devant servir de base aux transferts de ressources (humaines et financières) aux Collectivités territoriales en fonction des compétences des ministères sectoriels dont la mise en œuvre a été conférée aux Communes selon les lois sur la décentralisation.C’est l’approche territoriale qui permet à la décentralisation de porter des fruits en tant qu’instrument d’ancrage et de contextualisation des politiques publiques nationales dans les territoires, d’amplification des impacts des investissements publics, de correction des inégalités territoriales par une bonne modulation de l’action publique et une valorisation des potentialités respectives des communes et de leurs communautés. On peut d’ailleurs se demander sur quelles bases objectives et systématiques les ministères sectoriels décident de leurs contributions au FADeC affecté qui est la rubrique dédiée aux ressources transférées par les ministères sectoriels aux communes. Cette année, malgré une dotation globale du FADeC en hausse (de 42,39 milliards en 2019 à 47,238 milliards en 2020), cette rubrique a connu une diminution de 2,7%. Selon la « Note analytique sur les finances locales » du ministère de l’Économie et des Finances (Mef, Décembre 2019) « La diminution observée s’explique principalement par le souci du gouvernement de mettre d’abord en cohérence la politique nationale avec les cadres budgétaires communaux au niveau de certains secteurs ». Cette volonté de mise en cohérence est louable. Elle devrait être systématique et s’opérer à travers la territorialisation (dans chaque commune) des politiques publiques sectorielles. Sommes-nous en train d’assister à une centralisation accrue ? Certains signes pourraient le faire croire comme la mise en place d’agences d’exécution à compétences nationales et qui prennent en compte certaines compétences de maître d’ouvrage des communes sans obligation (pour le moment ?) pour ces agences de passer des contrats de délégation avec les communes. Par ailleurs, on peut aussi relever dans le même budget 2020 de l’État, que les crédits délégués par les ministères aux services déconcentrés de l’État (Sde) ont connu un bond de 43%! Signes d’une déconcentration accrue en lieu et place d’une décentralisation effective ? Autre exemple : l’arrêté ministériel portant répartition des dotations FADeC pour 2019 précise qu’un reliquat de 3,96 milliards de F.Cfa du FADeC non affecté mais destiné à des projets communautaires, sera réparti après identification des communautés bénéficiaires. Dans la logique du principe de subsidiarité, ceci paraît anachronique car « ce reliquat » devrait faire partie des transferts non-affectés, les exécutifs locaux étant mieux placés pour conduire cette action dans le cadre plus global des plans de développement de leurs communes respectives. En réalité,le fonctionnement de la tutelle des communes et des services déconcentrés de l’État inhibe l’initiative et l’action des autorités locales, au lieu de les faciliter comme en disposent les textes sur la décentralisation. La hantise d’une décentralisation de la corruption est souvent citée pour justifier une centralisation croissante. Ceci n’est pas sans fondement surtout en matière de gestion foncière. Et pourtant, le maire est probablement le gestionnaire public le plus contrôlé au Bénin. On peut dénombrer une dizaine d’institutions, d’administrations ou encore de mécanismes de contrôle et d’audit des comptes des exécutifs communaux. Sans compter que les maires peuvent parfois « subir » jusqu’à six (06) missions d’audit en une année dont certaines sont diligentées par les partenaires au développement. De toute évidence, ce trop-plein de contrôles ne donne pas satisfaction et n’a pas conduit à améliorer substantiellement la gestion communale. Les exécutifs locaux et leurs administrations ne disposent pas des capacités managériales requises pour impulser et piloter le développement local Nos communes ont d’abord besoin, à la tête de leurs exécutifs respectifs, de véritables managers du développement qui peuvent compter sur de véritables administrations de mission dotées en ressources humaines avec des qualifications en relation avec les compétences transférées, les défis de leurs populations et les potentialités de leurs villes et territoires. De toute évidence, ce ne fut pas le cas pour les trois précédentes mandatures caractérisées par des exécutifs qui se sont surtout consumés dans des rivalités politiciennes, et un clientélisme aux antipodes des exigences d’un tel management.Par ailleurs, les administrations locales sont démunies en expertise et savoir-faire. Elles sont majoritaires les communes qui, dans leurs administrations locales, disposent de moins de cinq cadres de niveau A. On ne devrait pas s’étonner que les fonds FADeC alloués soient souvent peu consommés (reportés d’année en année) ou simplement mal exécutés avec des impacts insuffisants. Il ne reste plus aux populations qu’à espérer que les conseils communaux de la 4e mandature puissent avoir meilleure fortune. En attendant la preuve par l’action, on peut déjà relever que la cuvée 2020 n’a pas fait mieux que les précédentes en ce qui concerne la question du genre qui est pourtant cruciale pour le développement local. En effet, elles ne sont que 70 femmes élues conseillères sur 1815 en 2020, soit 3,9 % du total contre 4,5 % en 2015. Dans 57 % des communes du Bénin, il n’y a pas de femmes au sein du conseil communal. Est-ce vraiment faute de femmes compétentes ? Cet état de choses devra aussi changer pour espérer des conseils communaux performants à la hauteur des aspirations des populations. Le financement de la décentralisation est inadéquat et insuffisant Les ressources propres des communes, faites d’impôts locaux directs ou indirects et de ressources non fiscales (recettes des prestations et services des administrations communales) sont faibles quoique leur recouvrement soit en amélioration par exemple de 8,8 % en 2017 et 2018, pour s’élever à 35,64 milliards en 2018 pour l’ensemble des 77 Communes du Bénin. En ce qui concerne les transferts financiers de l’État vers les communes, opérés via le FADeC, avec le gouvernement de la Rupture, ces transferts ont connu une très forte croissance - d’environ 50 % entre 2017 et 2020 -, passant de 31,67 milliards en 2017 à une dotation prévisionnelle de 47,24 milliards dans le budget de 2020. Cette performance est à saluer. Cependant, cette dotation représente moins de 3 % du budget prévisionnel de l’État pour la même année. Ainsi, le total des ressources propres et des transferts équivaut à peine à 5 % du budget global de l’État. Ceci est largement insuffisant pour booster le développement local et entre autres accélérer l’atteinte des objectifs du développement durable (Odd) dont il faut rappeler que 60% des cibles identifiées comme prioritaires par le Bénin ont un ancrage local, et qu’à peine un ménage sur quatre a accès aux services de base dans notre pays malgré les actions déjà menées à travers l’impulsion indéniable donnée par le gouvernement aux investissements publics. A titre de comparaison, parmi les pays les plus performants en Afrique en matière de financement de la décentralisation (rapporté au budget global de l’État) figurent l’Ouganda (23 %), le Rwanda 20 %, l’Afrique du Sud (19,3 %) l’Éthiopie (15 %), le Ghana 10 %. Au Rwanda par exemple, en 2014, la part du budget d’investissement du ministère de la Santé et du ministère de l’Education mais exécutée à travers les budgets communaux est respectivement de 35 % et 47 %. Pour révéler le Bénin et ses territoires, le gouvernement de la Rupture peut légitimement ambitionner de rejoindre ce club de champions de la décentralisation en Afrique. Que gagnera le Bénin d’une décentralisation effective et efficace ? La décentralisation, telle que définie dans la Charte africaine des valeurs et principes de la décentralisation, est « le transfert des pouvoirs, des responsabilités, des capacités et des ressources du niveau national à tous les niveaux sous-nationaux de gouvernement afin de renforcer la capacité des gouvernements sous-nationaux à promouvoir la participation des populations et la fourniture de services de qualité ». La promesse d’une décentralisation effective, c’est donc l’utilisation efficace et équitable des ressources publiques pour améliorer durablement les conditions de vie des populations, booster les économies locales, construire des territoires résilients, en un mot réussir un développement équilibré et durable de l’ensemble du territoire national. Elle permet : a) d’accroitre l’implication des populations locales dans le cadrage, la conception, la contextualisation, pour la mise en œuvre des politiques publiques, accroissant de fait l’efficacité et l’impact de l’action de l’État;b) de réduire la pauvreté, les inégalités et les disparités territoriales grâce à des actions de développement différenciées et plus pertinentes au niveau des territoires; c) d’améliorer l’accès aux services de base et d) de libérer les potentialités respectives des territoires et l’innovation de leurs acteurs. Par conséquent, le gouvernement et l’ensemble de la population ont tout à gagner à veiller à ce que « Les collectivités (territoriales) s'administrent librement par des conseils élus pour un mandat de cinq (05) ans dans les conditions prévues par la loi. » (Article 151 nouveau) de la Constitution. Qu’est-ce qui doit changer pour que la décentralisation tienne ses promesses au Bénin ? Il faudra traduire le principe de subsidiarité dans le fonctionnement de l’Administration publique, les processus de conception et de conduite des politiques publiques et assurer une autonomisation effective des Ctd afin qu’elles puissent s’administrer de façon responsable dans un cadre qui permet d’assurer une gestion axée sur les objectifs et les résultats convenus d’avance et des mécanismes de contrôle et de reddition de comptes efficaces et crédibles. Une phrase mais tout un programme ! Car tirer les bénéfices d’une décentralisation effective requiert une réforme en profondeur du fonctionnement de l’État à travers son administration centrale. Elle conduirait, au sujet des compétences transférées, à: redéfinir, clarifier, rationaliser les missions des ministères et des administrations centrales par rapport aux mandats conférés par la loi aux collectivités territoriales (Ct) en recentrant leurs missions autour : de la définition des orientations, des stratégies et des mécanismes de régulation des activités, du renforcement des capacités des Ct et du transfert effectif des compétences et ressources y compris à travers une contractualisation entre l’État central et les CT via si nécessaire des agences d’exécution (les communes exerçant les attributions liées à la maîtrise d’ouvrage), puis de la régulation et le suivi-évaluation de la mise en œuvre des politiques et investissements publics. Il faudra aussi opérer de façon systématique une territorialisation des politiques publiques pour favoriser les dynamiques ascendantes et le rôle d’acteur de développement des autorités locales dans la conduite de l’action publique ; et relever le défi de l’autonomie et de responsabilisation des exécutifs locaux. Autonomie et responsabilisation sont deux facteurs essentiels de la capacitation des autorités locales permettant d’assurer l’effectivité de la décentralisation. En effet, « sans une marge d’autonomie substantielle pour ajuster et gérer la mise en œuvre des programmes nationaux sur leurs territoires, les autorités locales ne seraient rien d’autre que des agences déconcentrées de l’administration nationale. Plus important encore, elles ne pourraient pas mobiliser des ressources locales additionnelles si elles ne développaient pas leurs propres politiques et programmes correspondant aux priorités des détenteurs de ces ressources additionnelles. » La responsabilisation quant à elle s’entend dans un esprit de complémentarité et de redevabilité « La responsabilisation s’intéresse à` la façon dont les autorités locales sont tenues de répondre de leurs actes. En ce sens, trois types de mécanismes de responsabilité´ doivent être considérés : a) responsabilité ascendante (vis-à-vis de l’État central), b) descendante (vis-à-vis des populations/communautés locales) et c) horizontale (vis-à-vis des politiciens locaux et administrations locales). La` ou` les mécanismes de responsabilité ascendante, descendante et horizontale ne fonctionnent pas, c’est le manque de reddition de comptes qui en découle. » Autonomie et responsabilisation impliquent donc de doter le Bénin d’un cadre/mécanisme performant pour assurer les contrôles a priori et a postériori qu’une telle délégation d’autorité exige. La décentralisation, combien de parrains dans le landerneau politique béninois ? Un État fort n’est pas nécessairement un État fortement centralisé, et certainement pas un État durablement efficace. En effet, pour un État qui se veut fort, stratège et efficace, une décentralisation effective est une nécessité pour l’efficience et l’enracinement de l’action publique. C’est l’autre défi du gouvernement de la Rupture dans la poursuite de son ambition de révéler le Bénin, car réaliser une telle ambition implique aussi de libérer les énergies et potentialités de chacun des territoires qui composent notre pays, dans le cadre du principe constitutionnel de libre administration des collectivités territoriales.La décentralisation peut aussi être vue comme étant le moyen qui permet à l’État de répondre au précepte politique que Nelson Mandela a traduit dans sa citation bien connue : « Tout ce qui est fait pour moi, sans moi, est fait contre moi ». En somme, « les réformes de décentralisation sont invariablement pilotées par des motivations politiques. Une analyse d’économie politique minutieuse est donc nécessaire pour comprendre les motivations, intérêts et incitatifs profonds des différents acteurs et parties prenantes (politiciens, ministère des Finances, ministère de l’Intérieur, ministères techniques, fonction publique aux niveaux national et déconcentré, autorités locales, etc.). Les objectifs et les attitudes de ces acteurs tendent à` différer considérablement. Il s’ensuit que l’ampleur et la vitesse des réformes de décentralisation dans un pays donne´ sont avant tout déterminées par les forces relatives et le pouvoir de négociation de ces différents groupes d’intérêt. » Voilà ainsi résumé le défi et la décentralisation budgétaire est l’instrument privilégié pour le relever. Il apparaît évident que la décentralisation souffre au Bénin de l’absence d’un vrai portage politique. Elle n’a pas de véritable parrain politique capable de faire bouger les lignes. Le président Talon dispose là d’un autre chantier à la mesure de son talent. Par Luc M. C. GNACADJA Président de GPS-Dev Ancien ministre Ancien Sous-secrétaire général des Nations Unies Actualités 15 juil. 2020


Journée mondiale de la population 2020: Les défis qu’impose la crise sanitaire
Le monde entier a célébré ce samedi 11 juillet, la Journée mondiale de la Population (Jmp). Pour le compte de cette édition, le Fonds des Nations Unies pour la population s’attarde sur les défis liés à la protection des filles et des femmes ainsi que des populations dans le contexte de la maladie à coronavirus. La crise sanitaire qui secoue le monde entier a des répercussions sur la santé des filles et des femmes. Le Fonds des Nations Unies pour la population (Unfpa) en fait son leitmotiv. A l’occasion de la Journée mondiale de la Population, édition 2020, l’institution attire l’attention des pays sur les inégalités auxquelles ces cibles sont confrontées. Les droits sexuels et reproductifs des femmes sont menacés dans le contexte de la Covid-19. « Partout dans le monde, les chaînes d’approvisionnement sont confrontées à des perturbations qui ont une incidence sur la disponibilité des contraceptifs et les risques de grossesses non désirées s’en trouvent ainsi démultipliés », relève l’Unfpa. Selon l’institution, la Covid-19 intensifie les violences basées sur le genre et réduit l’accès des services de santé aux populations. « Si les mesures de confinement étaient prolongées de six mois et que les systèmes de santé continuaient à être considérablement perturbés, 47 millions de femmes vivant dans des pays à revenu faible ou intermédiaire seraient dans l’impossibilité d’accéder à des moyens de contraception modernes et sept millions de grossesses non désirées seraient à prévoir », alerte-t-elle. Il est aussi à craindre l’augmentation des cas d’excision et de mariages infantiles : « L’interruption des interventions de l’Unfpa sur le terrain pourrait donner lieu à deux millions de cas de mutilations génitales féminines et treize millions de mariages infantiles évitables entre 2020 et 2030 ». A cela s’ajoutent les violences basées sur le genre dont le nombre de cas supplémentaires pourrait augmenter à 31 millions. Si le confinement a l’avantage de freiner la propagation du virus dans certains pays, il peut engendrer des conséquences fâcheuse dans d’autres où les grossesses précoces restent encore une réalité. Les longues vacances qu’impose la gestion de la Covid-19 peuvent entraîner une légèreté en ce qui concerne le suivi des adolescentes et jeunes filles au niveau de certaines familles, ouvrant ainsi la voie à l’excès à des enfants peu conscients. Au Bénin, la tendance à la hausse des grossesses précoces s’observe généralement en période de fraîcheur au cours des mois de juillet et août, notamment dans les milieux lacustres et ruraux. Les vacances intervenant dans la même période pour les scolaires, beaucoup de jeunes filles pourraient tomber dans le piège des grossesses précoces, si un minimum d’attention ne leur est pas accordé. Ce qui mettrait à mal les efforts du pays à lutter contre le phénomène. Ripostes nationales Le vœu cher aux Nations unies à l’horizon 2030 est de ne laisser personne hors de la marche du développement durable. La crise sanitaire mondiale risque d’annihiber les efforts des pays à atteindre cet objectif compte tenu des fossés qu’elle ne cesse de creuser. Toutefois, les réponses nationales que chaque pays mettra en place pourront aider à relever ce défi. Le Bénin ne baisse pas les bras. Préoccupé par le bien-être des populations, le gouvernement développe une kyrielle de mesures sanitaires et sociales pour renforcer leur résilience à la pandémie. Là-dessus, ce sont environ soixante-quatorze milliards de francs Cfa qui sont prévus pour soutenir les mesures sociales à travers des initiatives innovantes et réduire de la pauvreté. A cela s’ajoute le projet d’autonomisation des femmes et des jeunes filles et de dividende démographique au Sahel (Swedd) au Bénin dont l’exécution est entrée dans sa phase décisive avant la pandémie. Ce projet promeut l’autonomisation des femmes et la capture du dividende démographique à travers des initiatives innovantes et la réduction de la pauvreté. Il s’agit également de favoriser l’accès des jeunes aux services de la planification familiale. C’est dire que si le Bénin maintient ses efforts en matière de lutte contre les inégalités, il comblera beaucoup d’attentes à l’aune des Objectifs de développement durable. La Journée mondiale de la population (Jmp) intervient donc pour rappeler aux Etats les défis liés aux Odd. Elle a pour objectif d’attirer l’attention sur l’urgence et l’importance des questions de population, notamment dans les plans et programmes généraux de développement. Société 14 juil. 2020


Bepc 2020: Lancement officiel au Ceg 1 d’Adjarra dans l’Ouémé
Le Collège d’enseignement général n°1 (Ceg 1) d’Adjarra a été le centre d’examen choisi par le directeur départemental chargé de l’Enseignement secondaire de l’Ouémé, Dr Bertin Dansou, pour abriter le lancement officiel du Brevet d’études du premier cycle session de juillet 2020 pour le compte du département. La composition se déroule dans le respect des gestes barrières contre le Covi-19. Au total 28 746 candidats dont 14 234 filles planchent depuis ce lundi 13 juillet dans le département de l’Ouémé dans le cadre du Brevet d’études du premier cycle (Bepc) session de 2020. Les candidats de la série Moderne Court sont au nombre de 18 690 et ceux de la série Moderne Long, 10 056. Au niveau départemental, le top de la composition a été donné au centre d’examen du Collège d’enseignement général n°1 d’Adjarra. Là, composent 1 025 candidats dont 600 filles, répartis dans 36 salles. La cérémonie de lancement a été présidée par le directeur départemental chargé de l’Enseignement secondaire de l’Ouémé, Dr Bertin Dansou. L’autorité départementale note avec satisfaction que les instructions de la hiérarchie relatives au respect des gestes et autres mesures barrières contre le coronavirus sont scrupuleusement respectées sur le terrain pour un bon déroulement de l’examen. Chaque élève a son masque de même que chaque surveillant de salle. Mieux, chaque salle de composition est dotée de gel hydroalcoolique pour permettre aux candidats de se désinfecter les mains. Dr Bertin Dansou a prodigué des conseils aux candidats. Il les exhorte à ne pas s’affoler et à dominer le stress afin de donner le meilleur d’eux-mêmes. Le directeur départemental chargé de l’Enseignement secondaire dans l’Ouémé invite les candidats à considérer l’examen comme un devoir surveillé auquel ils sont habitués en classe. Mais il s’agit d’un devoir surveillé de type particulier. Bertin Dansou conseille aux candidats d’écrire sans faire de ratures et fautes. Eviter les pressions Il les invite à bien lire et à relire les épreuves avant de répondre aux questions. Edmond Agnidé, représentant le préfet de l’Ouémé, se réjouit aussi du bon démarrage de l’examen sur l’ensemble des neuf communes du département. Il a invité les candidats à faire honneur au département pour compter parmi les premiers de l’examen au plan national à la proclamation des résultats. Edmond Agnidé rappelle aux candidats que le Bepc est un examen et non un concours. Tous les candidats qui auront atteint le niveau moyen de maîtrise des connaissances attendu, sont forcément déclarés admis. Le représentant du préfet de l’Ouémé invite les parents à ne pas faire des pressions inutiles sur les candidats et à les laisser travailler en toute sérénité pendant les trois jours de composition. Le maire d’Adjarra, Germain Wanvoègbé, remercie les autorités départementales pour le choix porté sur sa commune pour abriter la cérémonie de lancement officiel de l’examen. Il se réjouit de constater que de grands moyens ont été déployés sur le terrain pour faire respecter les gestes barrières édictés par le gouvernement contre le Covid-19. Actualités 14 juil. 2020


Décision sur la régularisation des médias en ligne: La Haac apporte des clarifications
Les conseillers de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) apportent des clarifications sur le bien-fondé du communiqué en date du 7 juillet dernier, signé du président de l’institution et relatif à la création tous azimuts des médias en ligne. Au cours d’une rencontre tenue avec les acteurs des médias, vendredi 10 juillet dernier au siège de l’institution, les conférenciers ont fait savoir qu’à travers ce communiqué, la Haac n’a que pour souci, la promotion d’un Etat de droit, la liberté de la presse et celle d’expression. La Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication, à travers un communiqué en date du 7 juillet 2020 et signé de son président Rémi Prosper Moretti, ordonne aux promoteurs de tous les médias en ligne non autorisés de mettre fin sans délai à toute publication sous peine de se voir appliquer les sanctions prévues par les textes en vigueur. A la suite de la publication de ce communiqué, qui a suscité des inquiétudes dans le rang des professionnels des médias, les conseillers de la Haac ont rencontré ces derniers, vendredi 10 juillet dernier, afin de leur expliquer les raisons qui sous-tendent cette décision. Explication de la décision Selon les explications du premier rapporteur de l’institution, la Haac avait lancé depuis le 6 avril 2018, un appel à candidatures pour la sélection des exploitations des services d’internet fournissant des services de communication audiovisuelle ou de presse destinés au public sur la base d’un cahier des charges pour la période du 10 au 11 mai 2018 contre le payement d’une somme de 100 000 F Cfa. Passée cette période, une rallonge de deux semaines a été donnée, et clôturée à la date du 25 mai 2018 en raison de certaines difficultés, a expliqué le rapporteur. Fernand Gbaguidi affirme qu’au total, 32 dossiers ont été enregistrés par les services de la Haac et à la suite du dépouillement, le 22 novembre 2018, la quasi-totalité des dossiers étaient incomplets. Il ajoute que suite à la décision de la plénière, les postulants ont été invités à compléter leurs dossiers et cette phase s’est déroulée sur les quatre premiers mois de l’année 2019. A terme, 24 dossiers ont été complétés sur les 32 reçus. Le premier rapporteur note qu’en application de l’article 254 du Code de l’information et de la communication, le président de la Haac a saisi les présidents des tribunaux des lieux de résidence et de naissance des exploitants des sites internet sélectionnés pour leur demander de diligenter une enquête de moralité sur les concernés et leur établir le bulletin n°2 de leur casier judiciaire. L’institution a aussi transmis, indique-t-il, au président de l’Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste, les informations concernant les noms des domaines et les hébergeurs des médias en ligne en cours de création. Il informe que le tribunal de Cotonou a reçu 14 demandes d’enquêtes mais n’en a transmis à l’institution que 3 et les 8 demandes d’établissement de bulletin de casier judiciaire sont restées sans suite. Au tribunal d’Abomey-Calavi, les deux demandes d’enquête de moralité ne sont pas satisfaites. Le président du tribunal de Parakou a établi et transmis tous les quatre bulletins N°2 de casier judiciaire mais par contre, aucun rapport d’enquête de moralité n’a été transmis. Dans les tribunaux d’Allada et de Natitingou, aucune des deux catégories de demande n’a été satisfaite. La Cour d’appel de Cotonou n’a transmis aucun des quatre bulletins N° 2 de casier judiciaire. Il en est de même des tribunaux de Kandi, de Porto-Novo, où les demandes d’établissement de bulletin N°2 de casier judiciaire sont restées sans suite, a expliqué Fernand Gbaguidi. Conformément à l’article 254 du Code de l’information et de la communication, précise-t-il, l’établissement de ces casiers judiciaires et l’enquête de moralité sont la condition sine qua non pour avoir l’autorisation de l’institution. Ce n’est qu’après cela que l’institution organise une descente sur le terrain pour vérifier la présence physique du média en ligne à l’adresse déclarée par son exploitant, la présence des installations techniques et les moyens mis en œuvre. Il note que suite à ces procédures infructueuses, la Haac a été bloquée jusqu'à ce jour. Accompagner les médias à sortir de la précarité Face à ces situations, la Haac prévoit, informe le premier rapporteur, de rester en contact avec les tribunaux dans les jours à venir, afin de trouver une solution adéquate. Ensuite, une session extraordinaire pourra être organisée, et les promoteurs remplissant les conditions, seront autorisés à exercer, note-t-il. « S’il y a des gens qui ne répondent pas aux enquêtes de moralité et n’ont pas un bulletin clair, cela constitue un danger pour le pays. C’est la raison pour laquelle la Haac a sorti le communiqué de suspension de ces médias en ligne », a-t-il fait savoir. Le conseiller Bastien Salami, quant à lui, a précisé que la Haac a pris cette décision dans l’intérêt de la corporation afin d’accompagner tous les médias, quelle que ce soit leur forme, à pouvoir sortir de la précarité. Le conseiller clarifie qu’il ne s’agit pas de suspendre les journaux mais plutôt de leur demander de faire une pause afin de trouver ensemble une réponse claire. Il fait référence à l’article 252 de la loi 2015-07 du 20 mars 2015 portant Code de l’information et de la communication en République du Bénin qui dispose que « l’exploitation directe ou indirecte en République du Bénin à titre gratuit ou onéreux, d’un site internet fournissant des services de communication audiovisuelle et de presse écrite destinés au public est subordonnée à l’autorisation de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication ». A l’en croire, toute entreprise d’exploitation des services de communication qui n’a pas l’autorisation légale, est pirate et ceci en violation du Code du numérique. « La Haac n’est pas là pour cautionner ce qui n’est pas légal. Nous vous invitons à ce qu’on se mette dans le chantier de la légalité. Ceux qui ont déposé les dossiers pour être autorisés autant que ceux qui n’ont pas déposé exercent tous dans l’illégalité. Nous sommes dans un régime d’autorisation et non de déclaration », informe-t-il. Actualités 13 juil. 2020


Reboisement de la plage de Togbin: 200 plants de cocotiers mis en terre
La cellule focale genre du ministère du Cadre de vie et du Développement durable a procédé au reboisement de la plage de Togbin dans la commune d’Abomey-Calavi, samedi 11 juillet dernier, en présence du ministre José Tonato. Ce dernier a insisté sur l’entretien des plants mis en terre pour lutter efficacement contre l’érosion côtière. La plage de Togbin dans la commune d’Abomey-Calavi a été reboisée, samedi 11 juillet dernier. Œuvre de la cellule focale genre du ministère du Cadre de vie et du Développement durable, ce reboisement participe de la lutte contre l’érosion côtière. Ainsi, deux cents plants de cocotiers ont été mis en terre sur cette plage, par l’ensemble du personnel du ministère, membre de la cellule focale, présidée par la directrice de cabinet du ministre, Jeanne Josette Acatcha Akoha. Selon ses explications, le genre, ce sont les femmes et les hommes dans leurs activités et dans leur rôle, pour tendre vers un équilibre des rapports de pouvoir et de sexe. La cellule qu’elle préside élabore, a-t-elle informé, un plan d’action chaque année marqué par deux activités permanentes: l’organisation de la journée internationale de la femme et le reboisement qui intervient aux mois de juin et juillet. C’est dans ce cadre que les membres de la cellule sont rassemblés à Togbin plage pour mettre en terre deux cents plants de cocotiers. Contrairement aux deux dernières éditions réalisées respectivement dans la forêt de Kétou et à Dogbo, celle-ci se tient dans les environs de Cotonou, compte tenu du contexte actuel marqué par la pandémie du coronavirus, a fait savoir la directrice de cabinet du ministre du Cadre de vie et du Développement durable. « Nous sommes tous rassemblés pour faire une activité de reboisement. La cellule genre du ministère élabore chaque année un plan d’action et deux activités sont permanentes dans ce plan d’action depuis trois ans. Nous organisons des activités de sensibilisation des femmes et des hommes sur les droits et devoirs, les responsabilités qui sont les nôtres au sein de notre ministère et au sein de la nation », indique Jeanne Josette Acatcha Akoha. Le ministre José Tonato a expliqué pour sa part, l’utilité du reboisement de la plage, un acte ultime qui incombe à toute la population. « Je nous invite chaque jour, chaque semaine, à mettre en terre des plants et au-delà à les entretenir. Ce qui doit rentrer dans notre culture aujourd’hui, c’est l’entretien», a affirmé le ministre José Tonato. L’entretien, le geste sensible Selon lui, le reboisement, la régénération du couvert végétal et tout ce qui entoure la dynamique de la dégradation des terres, impliquent une bonne attitude, celle de l’entretien et le refus de dégrader. « Au ministère du Cadre de vie, avec toutes les assistances et les partenaires qui nous accompagnent, nous allons progressivement inculquer à nos populations, le geste d’entretien, le geste sensible vis-à-vis de l’arbre, parce que l’arbre c’est la vie », révèle le ministre José Tonato. Il a par ailleurs recommandé à la cellule de diversifier la démarche de reboisement de la plage. Présentant les valeurs du cocotier, Christelle Philippe, capitaine des Eaux et Forêts a informé qu’à l’âge adulte, le cocotier peut atteindre 5 à 30 mètres de haut et cinq ans après sa mise en terre, il peut commencer à fructifier. Sur un arbre, on peut dénombrer 50 noix selon le capitaine. Il a fait savoir que le cocotier encore appelé arbre de vie est fortement utilisé. « Nous sommes heureux que le gouvernement actuel encourage et mette en place les plantations de cocotiers. Il serait bien que les populations riveraines prennent en compte les valeurs de cet arbre et l’entretiennent», a indiqué Christelle Philippe. Environnement 13 juil. 2020


Célébration de la Journée mondiale de la population 2020: Les actions en faveur du capital humain présentées
En prélude à la célébration de la Journée mondiale de la population le 11 juillet, le ministre d’État chargé du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané, a présenté aux acteurs des médias, jeudi 9 juillet à son cabinet, les différentes actions et politiques du gouvernement au profit des personnes les plus vulnérables. La Journée mondiale de la population édition 2020 est placée sous le thème « Ralentir la propagation de la Covid-19: comment protéger la santé et les droits des femmes et des filles à l’heure actuelle?». Les manifestations officielles prévues dans ce cadre se sont tenues dans la commune de Bohicon, samedi 11 juillet dernier, selon les explications du ministre d’État chargé du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané. Au cours d’un entretien avec les hommes des médias jeudi 9 juillet, le ministre d’État a fait le point des actions en faveur de la population et des personnes vulnérables. « Nous avons déjà une politique générale de la population. Le gouvernement de Patrice Talon a engagé des actions fortes pour assister les populations les plus vulnérables», précise-t-il. Entre autres, il cite l’Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch) qui a pour objectif d’assister les populations les plus vulnérables en matière de santé surtout. Il a informé que la phase pilote a démarré l’année dernière et devrait se conclure cette année avant que le programme ne soit généralisé à toutes les couches de la population. Le ministre d’État Abdoulaye Bio Tchané a ajouté que sur instruction du chef de l’État, le Bénin a engagé un programme important dénommé Sweed qui est un programme régional, mais aussi national qui permet d’assister les populations, surtout les femmes dans le cadre de leur autonomisation. Il n’a pas occulté les actions en cours pour assister les personnes les plus vulnérables dans ce contexte de pandémie du coronavirus. La particularité de cette édition, selon Abdoulaye Bio Tchané, est qu’à travers elle, le Bénin entend relever plusieurs défis liés notamment à la croissance de la population. « Cette année, nous avons décidé de célébrer la Journée mondiale de la population en la mettant sous le signe du défi structurel qui est le nôtre. Nous savons que notre population croît très vite. En 1960, nous étions 2,4 millions, mais aujourd’hui, nous sommes près de 12 millions», a souligné le ministre d’État. C’est une population qui augmente d’environ 3 % par an et c’est un défi structurel important auquel le Bénin fait face. Les populations de Bohicon vont toucher du doigt les actions du gouvernement en leur faveur et seront mises au parfum des défis nationaux, mais aussi des défis conjoncturels en ce qui concerne le Covid-19, une pandémie internationale, mais qui affecte l’ensemble de la population béninoise. Le taux de contamination s’accroît de jour en jour; d’où la nécessité d’insister sur les gestes barrières qui permettront de sensibiliser toutes les populations, rassure Abdoulaye Bio Tchané. Le Bénin est engagé dans la dynamique de relever le niveau de la jeunesse, mais aussi et surtout d’intensifier les politiques en faveur des femmes en particulier dans le domaine de l’autonomisation. Actualités 13 juil. 2020


Préfecture de Porto-Novo: Les maires de l’Ouémé invités à être de bons développeurs
Le préfet de l’Ouémé, Joachim Apithy, a pris contact dans l’après-midi de ce jeudi 9 juillet, avec les nouveaux maires des communes de son département. Occasion pour lui d’exprimer à ces derniers ses attentes. Il veut surtout qu’ils soient de bons acteurs de développement local. Le préfet de l’Ouémé, Joachim Apithy, attend beaucoup des maires de la quatrième mandature de la décentralisation dans son département. Il veut que chacun d’eux soit un bon développeur local en descendant de temps en temps sur le terrain. Joachim Apithy a exprimé ses attentes ce jeudi à ces maires à la faveur de sa première rencontre avec eux après les élections. Le préfet invite les édiles des neuf communes de son département à bien s’approprier les lois sur la décentralisation ainsi que leurs décrets d’application afin de mieux cerner leurs prérogatives. Ils doivent appliquer ces textes avec rigueur. Les maires sont invités à tirer leçon des insuffisances de leurs prédécesseurs pour conduire à bien leur mission. Pour ce faire, conseille Joachim Apithy, les maires doivent chercher à activer leur réseau de renseignements. Ce qui leur permettra d’avoir les yeux sur toutes les localités de leur commune afin de mieux les gérer. Un accent particulier doit être aussi mis sur les relations fonctionnelles entre maires qui doivent se parler entre eux et partager leurs expériences. Aussi, le préfet exhorte-t-il les nouveaux édiles à faire preuve de bonne gouvernance dans la gestion administrative et financière de leurs communes tout au long des six ans de leur mandat. « Vous êtes là pour les autres», rappelle Joachim Apithy aux maires avant de les inviter à prendre les principes de la Gestion axée sur les résultats (Gar) comme leur boussole. Le préfet conseille également les maires d’éviter les conflits intercommunaux surtout liés aux affaires domaniales. En tant qu’autorité de tutelle, Joachim Apithy a saisi l’occasion de cette séance de prise de contact avec les nouveaux maires de son département pour leur rappeler les conditions dans lesquelles va s’organiser la fête nationale du 1er août prochain. Laquelle marque le 60e anniversaire de l’indépendance du Bénin. Pour le préfet, les festivités doivent se tenir dans la stricte sobriété telle qu’exigée par le Conseil des ministres en sa séance du mercredi 8 juillet dernier. La fête sera marquée seulement par le dépôt de gerbe et la revue des troupes. Joachim Apithy a invité les maires à veiller à ce que les gerbes qui seront déposées soient de bonne qualité. Les places des Monuments aux morts doivent être désherbées, nettoyées et rendues propres avant le jour de la fête. Cinq décès dus au Covid-19 Le préfet de l’Ouémé n’a pas manqué d’insister que tout doit se faire dans le strict respect des mesures barrières édictées par le gouvernement pour contrer la propagation de la pandémie du Covid-19. Parlant justement du coronavirus, le directeur départemental de la Santé de l’Ouémé, Dr Simplice Tokpo, a invité les maires à sensibiliser davantage la population pour convaincre les sceptiques qui continuent de douter de l’existence de cette maladie. Selon lui, le Covid-19 existe bel et bien et fait des ravages dans l’Ouémé. La maladie a un rythme de propagation rapide et tue facilement. Il y a eu près de 1300 cas déjà au Bénin avec beaucoup de décès, souligne Dr Simplice Tokpo. L’Ouémé seul compte 380 cas dépistés positifs dont cinq décès. Le directeur départemental de la Santé invite les maires à multiplier les stratégies pour sensibiliser la population au respect des gestes barrières pour prévenir cette maladie. La population doit aussi signaler, à l’équipe départementale en charge de la gestion de cette crise, tous les cas de décès suspects dans leur localité et s’abstenir de manipuler n’importe comment les corps. Tous les quartiers de ville, villages et hameaux des neuf communes de l’Ouémé sont quadrillés avec plusieurs sites de dépistage accessibles à tous, assure Dr Simplice Tokpo. Les maires ont été par ailleurs entretenus par rapport à leurs responsabilités en matière de sécurité par le directeur départemental de la Police républicaine de l’Ouémé, le commissaire divisionnaire Edouard Zanklan. Le receveur des Finances de l’Ouémé, le délégué départemental du Contrôle financier de l’Ouémé et les cadres techniques de la préfecture de Porto-Novo dont ceux du service en charge de l’établissement des cartes d’identité nationale ont également prodigué des conseils aux maires pour la réussite de leur mandat pendant les six prochaines années. Actualités 10 juil. 2020


Journée de l’enfant africain: Plaidoyer pour une scolarisation inclusive des enfants handicapés
Handicap International, dans le cadre de la célébration de la Journée de l’enfant africain, a initié, ce jeudi 9 juillet, une action de plaidoyer à l’endroit des autorités à divers niveaux pour une scolarisation inclusive des enfants et jeunes handicapés. Cette manifestation dont l’objectif est d’appeler au respect des droits des enfants en général et des enfants en situation de handicap en particulier a mobilisé divers acteurs impliqués dans la protection de ces droits. Les acteurs impliqués dans la protection des droits des enfants handicapés, sous l’égide de Handicap International, ont appelé le chef de l’Etat et son gouvernement à prendre les décrets d’application de la loi n°2017-06 du 29 septembre 2017 portant protection et promotion des droits des personnes handicapées en République du Bénin. Tel un cri de cœur, cette supplique a tôt donné le ton de l’action de plaidoyer initiée par Handicap International à l’occasion de la Journée de l’enfant africain. Le thème retenu dans le cadre de la commémoration évoque le droit à l’éducation pour tous et un accès à un environnement scolaire inclusif et adapté pour les enfants handicapés au Bénin, suivant le projet « Education inclusive ». Une occasion pour Nassirou Domingo, président de la Fédération des associations de personnes handicapées du Bénin, d’en appeler à une éducation véritablement inclusive au Bénin. Il reconnait qu’il est important de suivre et de rendre compte des progrès accomplis dans la réalisation de l’Objectif de développement durable (Odd) 4 sur l’éducation qui vise à assurer une éducation de qualité inclusive et équitable et promouvoir des opportunités d’apprentissage tout au long de la vie pour tous. Il rappelle que les enfants handicapés du Bénin réclament le respect et la reconnaissance de leurs droits fondamentaux afin d’être épargnés d’une exclusion de la part de cette société dans laquelle ils vivent. Parlant du projet « Education inclusive » dans le cadre duquel s’est tenu le plaidoyer, le responsable pays de Handicap International note que ce projet est exécuté depuis 2015 avec pour objectif de développer et mettre en œuvre une stratégie sur le continuum « Education-Formation » pour optimiser l’égalité des chances de réussite des jeunes handicapés tout au long de leur parcours éducatif et d’apprentissage. Just Klotoe regrette le fait que beaucoup d’enfants handicapés soient encore en marge du système scolaire, en violation de leur droit à l’éducation reconnu par la Convention des Nations Unies sur les droits de l’enfant, en ces articles 2, 23 et 28. Face à cette situation, il affirme qu’il est important que des actions soient menées pour permettre à tous les enfants d’accéder à l’école, aux opportunités d’un enseignement de qualité, sans distinction. Cela constitue, à l’en croire, un prérequis au développement du Bénin. Un manuel élaboré Il ajoute qu’il est important qu’au-delà des expériences capitalisées et des actions dans le domaine de l’éducation inclusive des outils soient conçus pour orienter les interventions des acteurs et ainsi garantir une meilleure prise en charge des enfants handicapés dans les classes. « C’est fort de cela que Handicap International et ses partenaires ont élaboré en collaboration avec le ministère des Enseignements maternel et primaire, un manuel de formation sur les pratiques éducatives et pédagogiques en inclusion scolaire. Il se veut un outil de référence en matière de prise en compte des enfants à besoins spécifiques et plus précisément des enfants handicapés dans le système éducatif béninois », a-t-il informé. Il fait savoir que le manuel, finalisé puis validé par tous les acteurs impliqués dans sa conception est introduit au ministère des Enseignements maternel et primaire pour être préfacé. Il permettra à coup sûr d’améliorer les pratiques pédagogiques à l’endroit des enfants handicapés et non handicapés et au-delà, améliorer la qualité, l’équité et l’inclusivité de l’éducation. Toutes ces actions ont été appréciées par la représentante de la directrice départementale des Affaires sociales et de la Microfinance du Littoral qui, au nom de la ministre des Affaires sociales et de la Microfinance, a félicité Handicap International pour ses multiples actions menées en faveur des personnes handicapées en général et des enfants en situation de handicap en particulier. Blaise Agossa, représentant du ministre des Enseignements maternel et primaire, a indiqué que les autorités en charge de l’éducation se sont engagées à promouvoir une scolarisation plus inclusive, à ne laisser personne en rade et à aller plus loin dans l’optique de garantir le droit à l’éducation pour tous. Il a rassuré les différents acteurs de la disponibilité des pouvoirs publics à jouer leur partition pour le mieux-être, une éducation inclusive et de qualité aux enfants. Société 10 juil. 2020


Traitement de la Covid-19: La dexaméthasone pour les patients gravement malades
Les patients gravement malades de la Covid-19 sont traités désormais à base de la dexaméthasone. Une avancée de la technologie dont l’Organisation mondiale de la Santé se satisfait en attendant la poursuite des recherches pour donner les orientations sur comment utiliser ce médicament qui existe depuis 1977. Un essai clinique réalisé au Royaume-Uni montre l’efficacité de la dexaméthasone dans le traitement des patients gravement malades de la Covid-19. Ces résultats d’essai clinique présentés par les chercheurs constituent une avancée remarquable dans le traitement de cette pandémie et cela réjouit l’Organisation mondiale de la Santé (Oms) qui félicite toutes les parties prenantes à cette recherche. Ils montrent que la dexaméthasone, un corticostéroïde, peut sauver la vie de patients gravement malades de la Covid-19, selon l’Organisation mondiale de la Santé. D’après ces données présentées à l’Oms, le traitement a démontré sa capacité à réduire la mortalité d’un tiers environ pour les patients sous respirateur, tandis que pour les patients ayant seulement besoin d’oxygène, la mortalité a été réduite d’un cinquième environ. Le constat est fait seulement chez les patients gravement malades de la Covid-19 et non chez ceux présentant des formes plus bénignes. Il s’agit d’une annonce qui trouve son origine dans la réunion sur le schéma directeur de l’Organisation mondiale de la Santé pour la recherche-développement, tenue à Genève mi-février pour accélérer le développement des technologies sanitaires contre la Covid-19. A l’occasion, les recherches complémentaires sur l’utilisation des stéroïdes ont été définies comme un axe prioritaire, d’après l’institution. Appréciant ces résultats, l’Oms fait savoir qu’ils montrent une nouvelle fois l’importance d’essais contrôlés randomisés capables de produire des données exploitables. « C’est la première fois qu’un traitement démontre sa capacité à réduire la mortalité chez les patients Covid-19 ayant besoin d’oxygène ou d’une ventilation mécanique. C’est une nouvelle formidable et je tiens à remercier le gouvernement du Royaume-Uni, l’Université d’Oxford et les nombreux hôpitaux et patients du Royaume-Uni qui ont contribué à cette avancée scientifique d’importance vitale », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Oms. Il a rassuré que l’Organisation mondiale de la Santé continuera de collaborer avec l’ensemble des partenaires pour mettre au point des traitements et des vaccins salvateurs contre la Covid-19, notamment sous l’égide du dispositif d’accélération de l’accès aux outils de lutte contre la Covid-19. Quid de la dexaméthasone Il faut souligner que la dexaméthasone est un stéroïde employé depuis les années 60 pour réduire l’inflammation pour toute une gamme d’affections, y compris des troubles inflammatoires et certains cancers. Ce médicament, précise l’organisation, figure depuis 1977 sur la liste modèle Oms des médicaments essentiels, sous de multiples formulations. Désormais dans le domaine public, il est disponible à un prix abordable dans la plupart des pays. « Les chercheurs ont communiqué à l’Oms de premiers éléments sur les résultats de l’essai et nous attendons avec intérêt l’analyse complète des données qui devrait nous être adressée dans les prochains jours. L’Oms coordonnera une méta-analyse pour améliorer sa compréhension globale de l’intervention. Les orientations cliniques de l’Oms seront actualisées afin d’indiquer quand et comment le médicament doit être utilisé contre la Covid-19 », détaille le directeur général de l’institution. Cette avancée technologique vient à point nommé et donnera un souffle aux recherches en cours dans le cadre du traitement de cette pandémie qui fait tant de victimes. Toutefois, l’Oms est revenue sur les foyers de cette pandémie tout en appelant à la vigilance pour éviter le pire. La santé des populations en dépend. Société 09 juil. 2020


Diplomatie béninoise: Fin de mission pour des chefs de chancellerie
Suite au réaménagement de la carte diplomatique, une note circulaire à titre informatif est adressée aux chefs de certaines missions diplomatique et consulaire. Le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération, Hervé Djokpé, dans une note circulaire en date du 2 juillet 2020, a informé les chefs de missions diplomatique et consulaire de la fin de mission des chefs de chancellerie et consulaire sous leurs ordres. Envoyée aux chefs de missions diplomatique et consulaire de Paris, Tokyo, Washington D.C, Ryad, Doha, Koweït-City, Abuja et Rabat, cette note a pour but de réduire les effectifs des missions diplomatiques. « Dans le cadre de la rationalisation de la gestion des effectifs dans les postes diplomatiques et consulaires, j’ai l’honneur de vous informer qu’il est mis fin aux fonctions des chefs de chancellerie», lit-on dans la note. Ainsi, pour le secrétaire général du Maec, les chefs diplomatique et consulaire doivent fournir les pièces nécessaires pour l’obtention des billets d’avion à l’ensemble des membres de leurs familles. Ils doivent également prendre les dispositions idoines pour la scolarisation de leurs enfants au Bénin dès la rentrée académique 2020-2021. Par Horeb GBEYETIN (Stag) Société 09 juil. 2020


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