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Nouvelles

Financement des économies de l’Uemoa: Les bureaux d’information sur le crédit et leur importance

Lancés, il y a quelques mois dans les pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), les Bureaux d’information sur le crédit (Bic) ou « Crédit Bureau » sont déjà en expérimentation au niveau des institutions financières et des Systèmes financiers décentralisés (Sfd). Ces Bic qui font l’objet des séances de sensibilisation au niveau des agences des banques et établissements financiers assurent la disponibilité d’informations économiques et financières sur les clients pour faciliter la mise en place de crédits en leur faveur et l’analyse des risques pris dans ce cadre.

Sur les petits écrans posés dans les différentes agences de certaines banques et établissements financiers installés sur le territoire national, passent régulièrement des images qui sensibilisent sur les Bureaux d’information sur le crédit (Bic). Mais, les seules images ne suffisent pas pour amener les clients des banques et établissements financiers à cerner le bien-fondé de ces bic. D’où l’importance des séances de sensibilisation qui sont rares. La mise en place d’un Bic au fonctionnement adéquat permet d’améliorer la notation des Etats dans le rapport «Doing Business», notamment au niveau du critère relatif à «l’étendue de l’information sur le crédit ».
En effet, l’amélioration du climat des affaires dans les Etats membres de l’Uemoa figure parmi les axes prioritaires des politiques économiques. Dans les rapports « Doing Business» relatifs au climat des affaires, publiés annuellement par la Société financière internationale (Sfi) depuis treize ans, les Etats membres de l’Union occupent un rang peu honorable.
Parmi les critères utilisés de classement des pays, figure celui relatif à « l’étendue de l’information sur le crédit », pour lequel les Etats membres de l’Umoa ont régulièrement obtenu une note comprise entre 0 et 1 sur une échelle de 8, tandis que des pays tels que le Ghana et le Rwanda affichent respectivement les notes de 6 et 8. La faible performance des Etats membres de l’Union s’expliquerait par l’absence de Bic ou « Credit Bureau ».

Objectifs

Sur un autre plan, la création de Bic dans l’Uemoa a également pour objectifs de réduire l’asymétrie d’information (situation dans laquelle l’une des parties signataires d’un contrat dispose au préalable de plus d’informations que l’autre partie sur sa situation) sur la solvabilité des emprunteurs, qui contribue notablement au rationnement du crédit. Elle permet de renforcer l’accès au crédit à moindre coût, tout en préservant la qualité du portefeuille des banques. Puis, de renforcer le climat des affaires, qui figure parmi les axes prioritaires de leurs politiques économiques.
En vue de doter les Etats membres de l’Union d’un tel dispositif, la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) a initié un projet de promotion des Bic à partir de l’année 2013. Cette initiative a été prise, conformément aux recommandations du rapport du Haut comité ad hoc des chefs d’Etat sur le financement des économies.
Un Bic ou Crédit Bureau en réalité, est une institution qui collecte auprès des organismes financiers, des sources publiques et des grands facturiers (sociétés d’électricité, d’eau et de téléphonie mobile), des données disponibles sur les antécédents de crédit ou de paiement d’un emprunteur. Il traite les informations collectées à l’aide de techniques appropriées (statistiques, informatiques, etc.) et commercialise les produits dérivés des informations traitées (rapports de solvabilité, scoring) auprès, entre autres, d’établissements de crédit.

Principes et modèles de Bic ou « Credit Bureau »

Les principes généraux régissant les Bic ont été édictés dans un ouvrage intitulé « General Principles for Credit Reporting », publié par le Groupe de la Banque mondiale en septembre 2011. Ce document souligne que les Bic doivent se conformer à cinq (5) principes standards.
Le premier est la précision, l’exhaustivité des données fournies et leur disponibilité dans les délais requis. Ces données doivent porter sur les informations positives et négatives relatives aux antécédents des emprunteurs.
Le deuxième principe est relatif à la sécurité de la base de données des informations collectées pour garantir la protection de la vie privée des emprunteurs et la fiabilité des informations publiées.
Tandis que le troisième s’intéresse à la gouvernance. Ce principe doit obéir aux exigences de transparence et de responsabilité. A ce niveau, un accent particulier doit être mis sur l’obligation, pour le «Credit Bureau», de rendre compte au superviseur, généralement la Banque centrale, de la qualité du dispositif de gestion des risques associés à ses activités.
Le quatrième principe parle de la qualité du cadre légal et réglementaire devant régir les activités des Bic. Ce cadre doit être clair, prévisible, non-discriminatoire, proportionnel et couvrir toutes les questions relatives aux bases de données et aux droits des consommateurs. Il doit comporter les mécanismes judiciaires et extrajudiciaires de résolution des litiges.
Le cinquième et dernier principe est la facilitation du partage transfrontalier (entre pays) de l’information sur le crédit, notamment par la standardisation des formats de données, l’identification et la gestion des risques, la coopération et la coordination entre les régulateurs et les superviseurs.
Pour ce qui est des modèles, il existe deux systèmes de partage d’informations sur le crédit avec les Bic. D’abord, le modèle direct. Pour ce dernier, le «Credit Bureau» reçoit directement les données sur les crédits des établissements déclarants sans passer par la Banque centrale ou le superviseur. Il présente la particularité de n’exiger aucune implication active de la Banque centrale dans la collecte des informations entre le « Credit Bureau » et les établissements de crédit, minimisant ainsi, a priori, les investissements d’ordre technique à réaliser par la Banque centrale.
Quant au modèle indirect, il confère au superviseur (en général la Banque centrale), un rôle d’interface entre le « Credit Bureau » et les établissements déclarants. Il transfère la responsabilité de la collecte des données au superviseur (Banque centrale).

Avantages économiques des Bic ou « Credit Bureau »
Selon l’expérience des Etats qui ont mis en place des Bic, il s’agit des outils qui présentent plusieurs avantages, non seulement pour les clients et les établissements de crédit et les Systèmes financiers décentralisés, mais aussi pour l’économie nationale.
Pour les clients des établissements assujettis de l’Union, la présence d’un Bic devrait contribuer à améliorer l’accès au crédit, à un coût réduit et avec de moindres exigences de garantie; prendre en compte la qualité de leur réputation dans les critères d’appréciation des organismes de crédit; améliorer la qualité du service et de la relation avec les institutions financières et les autres adhérents. Puis, disposer d’outils innovants (outils web notamment) pour leur permettre d’avoir accès à leur notation, de vérifier l’exactitude des informations les concernant et de procéder, le cas échéant, à des réclamations.
Globalement, l’impact économique de la création de Bic dans les économies en voie de développement s’est traduit notamment par une hausse du crédit bancaire.
En ce qui concerne les établissements de crédit et les Systèmes financiers décentralisés (Sfd), le Bic constitue un outil efficace d’analyse, d’évaluation et de gestion des risques. Il permet d’anticiper le surendettement des emprunteurs, de prendre de meilleures décisions pour l’octroi des crédits, de réduire l’asymétrie d’information et d’augmenter le volume des crédits, avec une amélioration de la qualité du portefeuille.
Pour l’économie nationale, le Bic contribue à l’amélioration du financement des agents économiques, à moindre coût, du fait de ses avantages pour les emprunteurs et les prêteurs. Il contribue également à renforcer l’efficacité de la supervision de l’activité de crédit, notamment la prévention du surendettement, ainsi qu’à la maîtrise du risque systémique. Les Bic participent également au renforcement de l’attractivité des Etats vis-à-vis des investisseurs étrangers, à travers l’amélioration du climat des affaires?

Economie 24 août 2017


Commune de Bonou: Emmanuel Zounmènou officiellement réinstallé dans ses fonctions de maire

Emmanuel Zounmènou a été officiellement installé, ce mercredi 23 août, dans son fauteuil de maire de Bonou. La cérémonie d’investiture s’est déroulée à la maison des jeunes et loisirs de la commune en présence des autorités politico-administratives de la ville.

« Je suis le quatrième maire de la commune de Bonou en moins de deux ans », a déclaré le nouveau maire de Bonou, Emmanuel Zounmènou, pour résumer l’instabilité que connaît le conseil communal de cette localité de la vallée de l’Ouémé depuis l’installation de la troisième mandature de la décentralisation. L’ancien et nouveau maire de Bonou s’est réjoui de retrouver son fauteuil après la décision de suspension prise à son encontre par le préfet de l’Ouémé. Ses premiers mots sont allés en direction de la Justice dont il salue le bon fonctionnement santé. Il invite les populations à faire confiance au pouvoir judiciaire qui est au service de la veuve et de l’orphelin. « Ce qui se passe à Bonou vient des manipulations des gens d'ailleurs », a-t-il dénoncé. Il promet d’œuvrer les jours à venir pour le retour de la paix au sein du conseil communal.
L’investiture fait suite à l'arrêt de la Cour suprême en date du 26 juillet dernier. Lequel invalidait l’élection du maire Julien Affohounha. Elu conseiller dans l’arrondissement d’Atchonsa sur la liste de l’Alliance « Eclaireur», Emmanuel Zounmènou en tant que 1er adjoint, avait assuré l’intérim du maire destitué, avant d’être porté à son tour à la tête de la mairie. Il avait hérité, le 6 octobre 2016, du fauteuil de maire en lieu et place d’Alexandre Zannou contre qui une frange de ses collègues reprochait une « mauvaise gestion ».
Seulement, on se demande si Emmanuel Zounmènou pourra garder son fauteuil pendant longtemps, puisqu’il n’est pas issu de la liste majoritaire actuelle du conseil communal. Celle-ci menace d’ailleurs, selon des indiscrétions, de revenir à la charge dans une procédure régulière pour l’évincer dans les tout prochains jours. Emmanuel Zounmènou va-t-il se laisser avoir encore ? On attend de voir.
Pour rappel, le préfet de l’Ouémé avait suspendu Emmanuel Zounmènou pour faire respecter la loi au sein du conseil communal de Bonou dont la majorité a basculé au profit des Fcbe, suite à l’invalidation par la Cour suprême le 2 décembre 2016, du siège du conseiller Bernard Bodéa de la liste de L’Union fait Nation (Un). Cette invalidation a mis désormais les Forces Cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) comme première force politique majoritaire au sein de conseil communal composé de neuf membres. Or, selon l’article 400 du Code électoral, c’est la liste qui a la majorité absolue des sièges qui propose le maire. Les Fcbe sont créditées désormais de cinq sièges contre deux sièges respectivement pour les listes de l’Alliance nationale pour la démocratie et le développement (And) et l’alliance Eclaireur dont est issue le maire suspendu. Sur les neuf conseillers, six ont pris part au vote. Les autres dont le maire suspendu Emmanuel Zounmènou ont opté pour la politique de la chaise vide. Il a formé un recours devant la Cour suprême pour attaquer l’arrêté préfectoral le suspendant. Lequel recours a prospéré au détriment de Julien Affohounha qui était le troisième maire élu de Bonou en l’espace de moins de deux ans.

Politique 24 août 2017


Obsèques du président du Parlement burkinabè: Me Adrien Houngbédji à Ouagadougou depuis hier

Une délégation de parlementaires béninois séjourne au Burkina Faso, depuis ce mercredi 23 août, pour prendre part à la cérémonie d’hommages officiels à feu président de l’Assemblée nationale, Salifou Diallo, décédé le 19 août dernier à Paris et qui aura été un « ami » du Parlement du Bénin.

Le président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji, s’est envolé dans l’après-midi de ce mercredi 23 août pour Ouagadougou au Burkina Faso. Il prendra part à la cérémonie d’hommages officiels à son homologue burkinabè, Salifou Diallo, décédé le samedi 19 août dernier à Paris en France à l’âge de 60 ans. Me Adrien Houngbédji n’a pas effectué seul le déplacement. Il s’est fait accompagner de certains de ses collègues députés dont Mathurin Nago, Nassirou Bako Arifari et Gildas Agonkan ainsi que de son conseiller technique à la communication, Arimi Choubadé.
Salifou Diallo connaît bien le Bénin. Il y était d’ailleurs le lundi 10 avril dernier, à l’invitation de Me Adrien Houngbédji où il a participé à la cérémonie d’ouverture solennelle des travaux de la première session ordinaire de l’année 2017 de l’Assemblée nationale du Bénin. Il était à la tête d’une délégation de huit députés du pays des « hommes intègres». A l’occasion, l’hôte de marque du président Adrien Houngbédji a livré, à la tribune de l’hémicycle, un message d’espoir, d‘unité et de solidarité sous-régionale dans lequel il a salué la synergie d’actions entre le Gouvernement et le Parlement béninois pour la consolidation de la démocratie et de l’Etat de droit. Cette synergie d’actions, selon lui, témoigne de ce que le Bénin est vraiment une source d’inspiration pour les autres pays de la sous-région en matière d’avancée démocratique.
Mais, avant cette visite de Salifou Diallo au Bénin en avril dernier, le président Adrien Houngbédji avait été invité par son homologue pour prendre part à la cérémonie d’ouverture d’une session ordinaire du Parlement burkinabè. Salifou Diallo est donc très proche du Parlement béninois. C’est à juste titre qu’une forte délégation de l’Assemblée nationale est allée assister aux obsèques et présenter les condoléances du Parlement béninois à la famille de l’illustre personnalité.
Il faut signaler que le président Salifou Diallo était parti au départ pour des soins en Tunisie. Mais entre-temps, il a décidé d’aller se reposer à Paris et il devrait rentrer à Ouagadougou ce samedi 19 août. Mais Dieu qui détient le vrai agenda des hommes en a décidé autrement.
L’illustre disparu était titulaire d’un doctorat de l’Université de Perpignan en France en droit public international et négociation en gestion des conflits?

Actualités 24 août 2017


Meurtre et coups et blessures volontaires (30e dossier): 10 ans de réclusion criminelle et 6 mois fermes pour les accusés

La cour d’assises de la Cour d’appel de Parakou a connu de son dernier dossier, mardi 22 août dernier. Il s’agit d’un affaire relative à des infractions de meurtre et de coups et blessures volontaires pour lesquels, Soulémane Wassou a été condamné à 10 ans de réclusion criminelle. Issiaka Wassou et Djogbo Yacoubou ont, quant à eux, écopé de six mois fermes de prison.

Occasion de réjouissance, le mariage ne saurait donner lieu à des évènements dramatiques engendrés par la haine et des actes de violence. Soulémane Wassou, Issiaka Wassou et Djobo Yacoubou l’ont appris à leurs dépens. Ils ont été entendus, mardi 22 août dernier, par la cour. Pour meurtre, le premier a été condamné à 10 ans de réclusion criminelle. En détention depuis 17 mars 2016, il y retourne pour juger le reste de sa peine. Quant aux deux autres reconnus coupables de coups et blessures volontaires, ils ont écopé de six mois fermes de prison.
Interpellés et inculpés respectivement pour coups et blessures volontaires et pour coups mortels, Issiaka Wassou et Djobo Yacoubou ont reconnu partiellement les faits, tandis que Soulémane Wassou les a reconnus à toutes les étapes de la procédure. Appelés à raconter, devant la cour, les circonstances dans lesquelles les incidents se sont produits, chacun des trois accusés a dit quelle a été sa partition dans la commission du crime.
Dans ses réquisitions, l’avocat général, Emmanuel Opita, a situé le fondement de l’infraction de coups et blessures volontaires et celle de coups mortels dans les dispositions des articles 295, 304, 309 et 311 du Code pénal. Selon lui, elles sont toutes établies contre les accusés. Soulémane Wassou, insiste-t-il, avait l’intention de donner la mort à Soulémane Djouldé. « On n’utilise pas une hache pour caresser son adversaire », fait-il remarquer. Aussi demande-t-il à la cour de le maintenir dans les liens de l’accusation du crime de meurtre et de lui infliger 15 ans de réclusion criminelle.
Pour l’avocat général, Djobo Yacoubou et Issiaka Wassou sont coupables de coups et blessures volontaires sur leurs adversaires et qu’il en est résulté pour certains, une incapacité temporaire inférieure à vingt jours. Il retient contre eux, une peine couvrant le temps de leur détention préventive.
Me Sèmiyou-Deen Moustapha, conseil de l’accusé Djobo Yacoubou, fait remarquer à la cour que le nom de son client n’a jamais été cité dans la relation des faits par les victimes, deux jours et deux mois après les évènements tragiques. Le comble, rapporte-t-il, lorsque l’ordonnance de prise de corps a été remise à Djobo Yacoubou, c’est à Souaïbou Aboubakari qu’on l’accuse d’avoir blessé, qu’il a confié sa moto avant de se présenter devant la cour. Pour lui, il plaide au principal l’acquittement pur et simple, et au subsidiaire, une application douce et bienveillante de la loi, en le condamnant au paiement d’une amende. « Vous aurez ainsi consacré la paix entretemps revenue au village », laisse-t-il entendre.
A sa suite, Me Séverin Quenum commis pour la défense d’Issiaka Wassou abondera également dans le même sens. Il demande la relaxe de son client et de Djobo Yacoubou, puis exige la restitution de leurs cautions qui leur ont permis de bénéficier d’une liberté provisoire. Evoquant l’article 328 du Code pénal et la légitime défense, Me Séverin Quenum relève également les incohérences contenues dans le dossier.
Quant à Me Abdon Déguénon, avocat du principal accusé, Soulémane Wassou, il plaide également l’acquittement et évoque l’excuse de provocation. Il met l’accent sur l’endroit où le coup a été porté et le lieu où la victime de son client a rendu l’âme. Selon lui, il y a eu trop de passion dans l’instruction du dossier. Par rapport à l’élément intentionnel, il trouve que son client n’avait pas la volonté de donner la mort. « Dans le feu de l’action, il n’aurait pas porté le coup avec le manche de la hachette, mais avec sa lame. La hachette appartenait par surcroît à la victime », a expliqué Me Abdon Déguénon. « Celui que vous avez à juger est celui à qui le sort a voulu attribuer un malheur circonstanciel », lâchera-t-il.
Le magistrat Hubert Arsène Dadjo était le président de la cour. Il avait comme assesseurs Edouard Ignace Gangny et Richard T. Limoan. Emmanuel Opita a occupé le fauteuil du ministère public. Le greffier avait pour nom Me Brice Dossou-Yovo. Jocelyne Paulette Ahoton, Maféirou Célestin Babahoum, Ibrahima Noma Zimé et Abdourazizou El Hadj Adamou étaient les jurés?

Les faits

Dans la nuit du samedi 12 au dimanche 13 mars 2016, Mohamadou Abdoulaye, Ikililou Matchou, Souaïbou Aboubakari et plusieurs femmes du village Donwari, commune de Kandi, ont accompagné leur soeur jeune mariée chez son époux, comme cela est de coutume en milieu peulh. Selon la tradition, les familles des nouveaux mariés doivent se réjouir ensemble au domicile du garçon au cours d’une cérémonie. C’est dans ce but que les garçons alliés à la mariée se sont rendus dans le quartier du marié.
Aussitôt arrivés, Abdoulaye Djouldé a informé les hôtes qu’un coup se prépare contre eux. Il les invite à vite quitter les lieux. Remontés, ils sont restés sur pied de guerre, attendant leurs agresseurs.
Djobo Yacoubou, Issiaka Wassou et d’autres ont fait irruption sur leurs adversaires en leur lançant des pierres et en leur portant des coups de bâtons et de poings. Au cours de la bagarre, Djobo Yacoubou et Issiaka Wassou ont porté des coups et fait des blessures à leurs adversaires précisément Mohamadou Abdoulaye, Ikililou Matchou et Souaïbou Aboubakari.
Au même moment, Soulémane Wassou s’est servi d’une hache pour blesser grièvement Soulémane Djouldé. Ce dernier a rendu l’âme quelques heures plus tard, des suites de ses blessures lors de son évacuation vers un centre de santé.

Société 24 août 2017


Habitude vestimentaire: « Sagging » ou les dessous dehors : mode ou délinquance ?

Apparu dans les prisons américaines, le style du pantalon ou de la culotte descendu en dessous de la taille appelé «sagging » fait désormais partie intégrante des habitudes vestimentaires de la jeunesse béninoise. Effet de mode ou expression d’une jeunesse mal assumée ?

De nombreux jeunes laissent apparaître une partie ou l’intégralité de leur caleçon ou leurs fesses en abaissant sciemment leurs culottes ou leurs pantalons en dessous de la taille. Ce style appelé « sagging » (qui signifie littéralement affaissement en anglais) est approuvé par la plupart des jeunes que nous avons rencontrés. Ils estiment que c’est la mode, le style le plus « cool » des temps modernes. Le phénomène est remarquable désormais non seulement dans les zones urbaines, mais envahit peu à peu les campagnes. Concernant la raison qui pousse les jeunes à adopter ce style, un élève résidant à Bohicon, qui a requis l’anonymat, déclare que «c’est un style cool pour ressembler à un bad boy ». Pour lui, cela permet « d’affirmer sa jeunesse, sa masculinité et son courage ».
Toutefois, certains jeunes désapprouveront ce style. C’est le cas de Michel Akplogan, un jeune bachelier résidant à Bohicon, pour qui « cela n’est pas une bonne manière de faire ». « C’est un style d’origine américaine que les Béninois cherchent à copier bêtement », poursuit-il. C’est « un comportement d’acculturation », dénonce Michel.
Pour les personnes âgées, le «sagging » est un style insensé, asocial car disent-ils, le pantalon est fait pour être porté jusqu’en dessus de la taille. Azimi Domola, institutrice résidant à Adagamè, un quartier de la ville de Bohicon, trouve cela comme « l’expression même de la délinquance, du banditisme, de l’éducation ratée». « En notre temps, les jeunes portaient les pantalons jusqu’à la hanche, parce qu’il ne sert à rien de marcher à moitié nu dans la rue », laisse entendre l’éducatrice.
Les appréciations sur le look «sagging » varient donc d’une génération à une autre. Reste à savoir si un jour, ce style sera formellement interdit ou admis dans la société béninoise comme un style vestimentaire adéquat, donc normal.

Par Fidèle DJIMADJA et Michel MASSESSI  (Stag) A/R Zou-Collines

Société 24 août 2017


Examens nationaux de licence et de master: 2331 candidatures enregistrées

Les inscriptions pour les examens nationaux de licence et de master ont pris officiellement fin lundi 21 août dernier. Au total, 2331 dossiers ont été enregistrés. La date du 28 août étant maintenue pour les compositions, les candidats s’activent dans les établissements à travers les cours de remise à niveau et des travaux dirigés pour mieux affronter les épreuves.

La plupart des établissements privés d’enseignement supérieur (Epes) prendront part aux examens nationaux de licence et de master. Ils sont 45 à avoir déposé des dossiers sur les 52 établissements attendus. La commission en charge de l’organisation desdits examens continuait d'enregistrer le complément des dossiers, ce mardi 22 août pour permettre aux promoteurs des établissements de régulariser la situation de leurs candidats. « Nous avons continué à recevoir des compléments de dossiers au lendemain de la fin des inscriptions pour permettre aux promoteurs de ne pas laisser des étudiants en rade », a déclaré Dodji Amouzouvi, directeur des Etablissements privés d’enseignement supérieur.
Au total, 2331 dossiers sont enregistrés par la direction des établissements privés d’enseignement supérieur, confie-t-il. Il manque des pièces dans certains dossiers qui seront probablement dégagés du lot avant l’encodage, poursuit-il. Selon le directeur des Epes, il y a environ 300 dossiers qui ne remplissent pas totalement les critères retenus par la commission.
Certains étudiants qui n’ont pas pu finir les formalités à temps au niveau de leurs établissements et qui tenaient à prendre part auxdits examens ont déposé des dossiers dans lesquels manquent plusieurs documents. Le cas de cette catégorie d’apprenants sera étudié par la commission en charge de l’organisation des examens afin de pouvoir faire des propositions à l’autorité. « Les cas où nous attendons un complément de dossier ne sont pas nombreux. La commission va statuer sur ces cas pour faire des propositions au ministre qui va apprécier », déclare Dodji Amouzouvi. Il ajoute que le Gouvernement n’a pas envie d’écarter des étudiants qui manifestent le désir de participer aux examens nationaux. Il souligne, toutefois, que le ministre en charge de l’Enseignement supérieur ne souhaite pas tordre le cou aux textes en vigueur.
La pièce qui manque le plus aux dossiers des candidats est le sixième relevé, et selon Dodji Amouzouvi, la plupart des établissements ont déjà apporté cette pièce. « Nous avons environ 95% des établissements qui ont pu apporter le sixième relevé, le nombre d’étudiants concernés tourne alors autour de 5 à 8% qui risquent de ne pas composer », explique-t-il. Il faut donc s’attendre à ce que des dossiers soient rejetés pour défaut de pièces. Il revient aux services de la direction d’apprécier. « Si les services compétents estiment qu’on peut aller jusqu’à l’encodage sans les pièces qui manquent, la commission fera des propositions dans ce sens là à l’autorité qui avisera en toute liberté et en toute connaissance de cause », précise-t-il. Il n’écarte pas totalement la possibilité de trouver un compromis. « Il n’est pas impossible qu’une telle ouverture soit donnée à ceux qui n’auraient pas déposé le sixième relevé » ajoute-t-il. Dans ce cas, la commission pourrait se baser sur deux éléments à savoir : la masse critique d’étudiants concernés, qui reste négligeable, selon les autorités, et la possibilité des services techniques de la direction des examens et concours de régulariser la situation.

Des candidatures inattendues

Cependant, le nombre de candidats réguliers dépasse les attentes des autorités, un motif de satisfaction pour les acteurs du processus. « On pourrait avoir environ 2200 candidats qui vont composer ; nous sommes donc largement au-dessus de nos attentes », se réjouit Dodji Amouzouvi. Ce chiffre conforte la position des autorités en charge du ministère de l’Enseignement supérieur qui saluent l’engouement que ces examens ont pu susciter au sein de la communauté estudiantine.
Les examens nationaux remplacent la co-signature des diplômes en attendant que les établissements ne soient homologués. C’est du moins ce que disent les textes en matière d’homologation d’établissements privés de l’enseignement supérieur au Bénin. La co-signature concernait chaque année, 900 à 1200 dossiers. Le nombre de dossiers enregistrés dans le cadre des examens nationaux fait presque le double de ce chiffre. Le directeur des Epes explique ce bond par le fait que certains étudiants dont les diplômes ont été déjà cosignés par l’Etat béninois et qui ne sont pas concernés ont voulu remettre leur parchemin en jeu. Il évoque également le cas de ceux qui remplissaient les conditions d’exercice dont les diplômes n’étaient pas cosignés?

Centres de composition retenus

Selon les autorités du ministère en charge de l’Enseignement supérieur, toutes les dispositions sont prises pour que lesdits examens se déroulent à partir du 28 août prochain. Plusieurs centres de composition sont retenus à cet effet. Il s’agit de l’Institut universitaire de technologie (Iut) de l’Université de Parakou, Lycée Béhanzin de Porto-Novo, l'Ecole des sciences et techniques du bâtiment et de la route (Estbr) d'Abomey. Les candidats résidant à Cotonou composeront dans quatre centres : la Faculté des sciences et de la santé (Fss), le Collège d’enseignement général Le Nokoué, le Ceg Zogbo, le Ceg Sainte Rita.
Les candidats à ces examens ne perdent pas en tout cas leur temps. La plupart sont convoqués par leurs établissements respectifs depuis plusieurs semaines en vue d’un encadrement plus rigoureux pour leur permettre de mieux affronter les épreuves. Les cours de remise à niveau et les travaux dirigés se poursuivent intensément dans ces universités, avec l’implication des autorités. C’est dire que chaque acteur a compris la nécessité d’opérer des réformes pour donner désormais la chance à tous les détenteurs de licence et de master de participer aux différents concours et tests nationaux de recrutement à la fonction publique.
L. A.

Education 23 août 2017


Inauguration du pont de Sodo dans la commune d’Abomey-Calavi: Fini le calvaire des populations de Hêvié et environs

Les populations de la commune d’Abomey-Calavi et environs ont fini avec le calvaire qu’elles vivaient au niveau de la traversée de la dépression de Sodo qui relie la localité de Hêvié à celle de Cococodji. Le pont en matériaux définitifs a été réalisé sur financement de la Banque mondiale à travers le Projet d’urgence de gestion environnementale en milieu urbain (Pugemu) et inauguré ce mardi 22 août.

Finies les de difficultés des populations pour accéder désormais à l’arrondissement de Hêvié et environs dans la commune d’Abomey-Calavi à partir de la base des sapeurs-pompiers à Cococodji. Les travaux de construction du pont de Sodo qui relie ces localités, sont complètement terminés et le joyau inauguré hier.
Le président-directeur général de l’Agetur, Lambert Koty, maître d’ouvrage délégué du chantier, a rappelé que ce pont dessert plus de 120 000 personnes en toutes saisons. Le pont en réalité était une dépression sommairement aménagée avec une digue constituée d’une batterie de trois dalots au lieudit Sodo. Elle est régulièrement inondée rendant très difficile l‘accès à cette cité durant les saisons pluvieuses. Pendant ces moments difficiles, la seule alternative est un contournement de plus de 40 km par la route inter-Etats n°2, puis l’arrondissement de Ouèdo sur des voies peu carrossables.
Pour Lambert Koty, c’est pour remédier à cette situation que le Gouvernement du Bénin, grâce à l’appui de la Banque mondiale, a initié dans le cadre du second financement additionnel du Projet d’urgence de gestion environnementale en milieu urbain (Pugemu) la construction du pont de Sodo en lieu et place de la digue existante. La réalisation de l’ouvrage a coûté au total, une somme de 3 493 600 745 francs Cfa hors taxe.
A l’inauguration de cet ouvrage hier, le maire de la commune d’Abomey-Calavi, Georges Bada, a témoigné sa gratitude à l’endroit de ceux qui ont œuvré pour la réalisation de ce joyau dans sa commune avant de prendre l’engagement au nom des populations pour son entretien. Même engagement du côté du préfet de l’Atlantique Jean-Claude Codjia qui accepte de prévoir pour la mairie, un budget d’entretien de cet ouvrage qui fait partie d’une des plus grandes réalisations du Gouvernement dans son département.

Un symbole

Après Fifadji dans la commune de Cotonou, c’est Hêvié qui accueille l’une des plus grandes réalisations du Pugemu, a fait savoir le ministre du Cadre de Vie et du Développement durable, José Tonato. Ce pont, souligne-t-il, est un ouvrage qui permettra une grande mobilité des populations. « C’est un symbole qui présage de grandes ambitions du Pag », indique-t-il avant de promettre aux populations que cet ouvrage sera complété du bitumage de la voie Abomey-Calavi Hêvié-Cococodji en double avec une deuxième partie du pont, pour offrir une grande mobilité des populations.
Le ministre d’Etat, chargé du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané, très fier de l’inauguration de cet ouvrage, a rappelé que les interventions du Pugemu sont capitales et sont bien arrimées aux Objectifs du développement durable (Odd) par le Bénin.
Abdoulaye Bio Tchané a félicité le coordonnateur du Pugemu et son équipe pour avoir réussi à tenir dans un temps record le pari de la construction de ce joyau. Il a saisi l’occasion pour remercier la Banque mondiale représentée à l’inauguration par sa vice-présidente chargé du développement durable, Laura Tuck, et la Représentante résidente de l’institution au Bénin, Katrina Sharky.
A son tour, la vice-présidente de la Banque mondiale chargée du développement durable de manifester sa joie d’être pour la première fois au Bénin, un pays qui attache du prix à la protection de l’environnement. « La Banque mondiale est fière d’avoir contribué à la réalisation de ce pont », a dit Laura Tuck qui rappelle qu’avec plus de 50 milliards de francs Cfa de son institution, Pugemu a financé la réalisation de plusieurs ouvrages dans les villes du Bénin. Elle réitère l’engagement de Banque mondiale à accompagner le Bénin dans la réalisation des ouvrages pour le bien-être des populations?

Les caractéristiques du pont Sodo

L’ouvrage inauguré hier à Hêvié est composé d’un pont de 240 m de long, constitué de 12 travées de 20 m chacune avec un tablier d’une longueur totale de 10 m supportant deux voies de circulation de largeur 3,50 m chacune ; deux bandes d’arrêt d’urgence et un trottoir de longueur 1,25 m. Ce pont est fondé sur 72 pieux de profondeur variant entre 50 et 60 m.
Le pont est constitué aussi de corps évidés formant ouvrages de transition de 12 m de long côté Hêvié (fondé sur neuf pieux) et 24 m côté Cococodji. De part et d’autre du pont, il y a deux voies d’accès appelées rampes de 120 m de long côté Cococodji et 150 m de long côté Hêvié, disposant d’une plateforme de 10 m de large constituée d’une chaussée bidirectionnelle de 7 m de largeur, deux bandes d’arrêt d’urgence et de trottoir?

Actualités 23 août 2017


Promotion de la langue et de la culture fon: La finale du jeu-concours «Gbecenyo» aura lieu samedi prochain à Abomey

Samedi 26 août prochain, Abomey accueillera la finale du jeu-concours " Gbecenyo" (Gbétchégnon). Une initiative de valorisation de la langue Fongbé voulue par plusieurs natifs, cadres et personnalités des communes du plateau d’Abomey. L’ambition, c’est de faire en sorte que cette langue devienne un élément d’unification, donc un facteur de développement.

Les localités d’Abomey, Bohicon, Zakpota, Zogbodomey, Djidja et Agbangnizoun s’approprient la langue fongbé comme facteur de développement. C’est à travers le jeu-concours " Gbecenyo" (Gbétchégnon, entendez « ma langue est belle »), lancée le dimanche 30 juillet dernier à Abomey et dont la finale aura lieu le samedi 26 août prochain à la place Goho à Abomey. Plus de 400 candidats étaient inscrits pour prendre part aux différents jeux. Répartis en seize équipes, ils avaient à faire des recherches pour répondre à 192 questions de culture générale notées sur 40 points et expliciter 272 proverbes en fongbé, rubrique notée sur 60 points. Le jury de ce jeu-concours est présidé par le professeur Albert Bienvenu Akoha, enseignant de linguistique générale et de littérature orale à l'Université d'Abomey-Calavi, ancien doyen de l’ex- Faculté des lettres, arts et sciences humaines (Flash).
Plusieurs ressortissants de ces localités veulent faire du fongbé un outil qui rassemble les populations et donc capable d’induire le développement. A l’instar de certains pays dont les citoyens manient avec aisance leur langue nationale, les initiateurs de ce jeu veulent donner la possibilité aux leurs d’emprunter la même voie. Au-delà de la langue, c’est la culture, les us et coutumes arrimés au fongbé que les initiateurs projettent de transmettre aux générations actuelles et futures qui, trop préoccupées de leur réussite scolaire, se cramponnent à la langue officielle et foulent aux pieds les langues nationales à même de leur permettre de mieux intégrer les réalités endogènes.
Pour inverser la tendance, Gbecenyo a été initié. Le choix des vacances scolaires pour lancer un tel projet ne relève pas du hasard, soutiennent les organisateurs. Pour eux, il est question d’occuper autrement et utilement la jeunesse en cette période en l’aidant à opter pour des loisirs sains (jeu-concours) en lieu et place de la dépravation et par la même occasion, de leur léguer un précieux héritage (la langue et la culture fon). Ainsi instruits et outillés, ils devaient devenir des agents de développement et se positionner comme fer de lance du développement de leur région et par ricochet du pays tout entier. Outre le jeu-concours à court terme, il est prévu sur le moyen et long termes des bains linguistiques, touristiques et culturels. Ce qui aura pour but d’améliorer leur connaissance de la langue et de la culture fon.
Toute initiative visant le développement est la bienvenue au niveau du Gouvernement. C’est fort de cela que le ministre en charge de la Justice, Joseph Djogbénou, apporte son soutien et son appui au jeu-concours " Gbecenyo". Pour lui, « La langue est pour toute communauté un patrimoine à promouvoir et à préserver ». Analysant alors la pertinence de ce jeu-concours, il y voit « une initiative qui s’inscrit parfaitement dans le Programme d’action du Gouvernement (Pag). Programme au sein duquel la valorisation de la culture et la promotion du tourisme sont hissées au rang de priorités. Sauf que le garde des Sceaux, Joseph Djogbénou, ne s’en tient pas aux mots. Le projet n’aurait pas pu voir le jour sans son soutien, laisse-t-on entendre du côté de l’organisation?

Culture 22 août 2017


Dr Daouda Sikirou, gynécologue obstétricien sur le suivi de la grossesse: « Les consultations prénatales permettent d’anticiper les urgences éventuelles »

Lorsque survient une grossesse chez la femme, il lui est souvent recommandé d’aller en consultation prénatale pour en assurer un bon suivi afin que la délivrance se passe sans anicroche. Quel sont les actes obligatoires pour un bon suivi d’une grossesse ? Le docteur Daouda Sikirou, gynécologue obstétricien au centre de santé de Kétou, nous en donne la réponse.

La Nation : Dites-nous Dr, en quoi consiste la consultation prénatale ?

Dr Daouda Sikirou : La consultation prénatale est l’ensemble des soins préventifs et promotionnels administrés et mis à la disposition de la femme enceinte. Chaque consultation prénatale doit, en fonction de sa date au cours de la grossesse, répondre à un certain nombre d'objectifs et, il existe des moyens pratiques d'y parvenir.

Quels sont les examens obligatoires pour la femme enceinte et à quoi servent-ils ?

Dans tous les cas, un point de l’état clinique de la femme est fait par le gynécologue à chaque consultation avant de demander des examens complémentaires qui permettent de détecter les anomalies qui ne sont pas visibles ou perceptibles par le médecin. Il s’agit notamment du groupage sanguin et rhésus qui permettent de connaître le type sanguin de la femme afin de prendre des précautions nécessaires en cas de suspicion d’incompatibilité dans le système du groupe sanguin et rhésus et de prendre en charge sans retard les anémies graves de la femme enceinte ou après l’accouchement. Il y a également le test de Coombs indirect et la recherche d’agglutinines irrégulières (Rai) systématiques aux 3e, 6e, 8e et 9e mois, pour toute patiente rhésus négatif. Il y a la sérologie de la syphilis. C’est une maladie infectieuse pouvant être responsable de complications comme l'avortement spontané, la mort fœtale in utero, ainsi que le syndrome de syphilis congénitale. La sérologie de la rubéole et de la toxoplasmose ; la glycosurie et l’albuminurie permettant de dépister une insuffisance rénale, une infection urinaire ou un syndrome vasculo-rénal sont également des examens à faire pendant la grossesse.
Certains examens ne sont pas obligatoires, mais recommandés comme l’échographie, la sérologie Vih. Certains sont des examens de circonstance : l’examen cytobactériologique des urines, le prélèvement cervico-vaginal, la sérologie de l’hépatite B, la sérologie de l’hépatite C, la numération formule sanguine et dosage de la ferritine sérique, le dépistage du diabète gestationnel entre 24 et 28 semaines de grossesse par un test de charge en glucose (test d’O’Sullivan, Hgpo), le dépistage streptocoque B.

Qu’en est-il de la vaccination de la femme enceinte ?

Il y a quatre types de vaccins autorisés chez la femme enceinte: le vaccin contre le tétanos. Il est sans danger et protège le nouveau-né du tétanos néonatal. Il faut faire un rappel au 7e mois ; le vaccin injectable contre la poliomyélite. C'est un vaccin contenant un virus inactivé et sans danger ; le vaccin contre la grippe saisonnière et grippe A (H1N1). Il est recommandé quel que soit le stade de la grossesse chez les femmes enceintes surtout dans les zones à risque ; le vaccin contre l’hépatite B. C'est un vaccin sans danger pour la femme enceinte et le
fœtus.

Il arrive qu’en dépit d’un bon suivi de la grossesse, la femme enceinte se trouve confrontée à des difficultés lors de l’accouchement, qu’est-ce qui explique cela ?

En fait, les consultations prénatales permettent de surveiller la grossesse, d’explorer les risques encourus par la femme enceinte et d’anticiper ou de traiter les urgences éventuelles qui surviennent. Les consultations prénatales sont donc des consultations de dépistage qui constateront la normalité des phénomènes dans la très grande majorité des cas. Le médecin devra cependant maintenir son attention en éveil pour ne pas passer à côté d'états aux confins du pathologique ou franchement anormaux, dont l'aggravation brutale peut être fâcheuse pour la mère et l'enfant. C’est par la qualité des consultations prénatales, notamment, que la mortalité périnatale et la mortalité maternelle peuvent être réduites.
Malheureusement, la qualité des consultations prénatales laisse encore à désirer dans nos structures sanitaires au Bénin, même dans les centres de référence. Même dans les pays développés où la qualité des consultations prénatales est acceptable, les urgences surviennent toujours. C’est dans l’anticipation sur la gestion des urgences obstétricales que ces pays arrivent à maintenir les indicateurs très faibles.

Quels sont les risques qu’encourt une femme enceinte dont la grossesse n’a pas été suivie par un professionnel de la santé ?

Les complications pouvant découler d’une grossesse non ou mal suivie sont de plusieurs ordres. Il y a des complications sur grossesse et des complications liées à l’accouchement. Il s’agit par exemple des pertes de grossesse, des fausses couches, des morts fœtales in utero…C’est aussi la morbidité et la mortalité maternelles élevées ; la morbidité et la mortalité périnatales élevées.

Que doit faire la femme enceinte pour assurer un bon suivi de sa grossesse ?

La femme doit mettre en œuvre un plan pour l’accouchement qui consiste à : identifier un agent de santé compétent qu'elle ait contacter au moment approprié ou une structure sanitaire ; identifier une maternité de son choix ou une structure sanitaire de niveau spécifique pour l’accouchement ; prendre des dispositions pour le transport d’urgence au lieu d’accouchement au moment opportun ; disposer d’un fonds pour payer les soins d’un accouchement ou d’une urgence ; savoir comment prendre les décisions lors du début du travail ou si des signes de danger surviennent ; prévoir un accompagnant pour se rendre à la maternité, si possible, qui pour rester avec la femme pendant son travail et son accouchement et quelqu’un pour s’occuper de sa maison et de ses enfants en son absence ; prévoir des articles nécessaires pour un accouchement hygiénique (garniture / linges, savon, draps propres, récipient pour le placenta) et sûr et pour le nouveau-né (couvertures couches, vêtements…)?

Propos recueillis par Reine AZIFAN

Santé 22 août 2017


Assemblée nationale: Nouveau conclave du Bloc de la majorité parlementaire

Les députés membres du Bloc de la majorité parlementaire (Bmp) soutenant les actions du chef de l’Etat se sont réunis à nouveau, ce lundi 21 août, à la salle polyvalente du palais des Gouverneurs à
Porto-Novo.

La rencontre fait suite à une première tenue le lundi 7 août dernier. Les discussions se sont toujours déroulées à huis clos en présence du président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji. Selon des sources échappées, tout comme le 7 août dernier, les échanges ont surtout tourné encore autour de la restructuration du Bmp pour le rendre plus fort. La rencontre d’hier aurait surtout été exigée par certains membres pour permettre au coordonnateur du Bmp, l’honorable Bruno Amoussou, qui n’était pas à la dernière réunion, de restituer à la séance le point de ses échanges le 27 juillet dernier avec le chef de l’Etat à Cotonou. Ce que ce dernier a fait ce lundi 21 août. Cette séance de restitution a permis de mettre tous les députés du Bmp au même niveau d’informations, renseignent nos sources annonçant pour bientôt des descentes politiques du Bloc sur le terrain pour mettre les militants en ordre de bataille autour du chef de l’Etat, Patrice Talon n

Th. C. N.

Politique 22 août 2017


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