La Nation Bénin...
Nouvelles

Le Conseil des ministres s’est réuni mercredi, le 26 juillet 2017, sous la présidence de monsieur Patrice TALON, président de la République, chef de l’Etat, chef du Gouvernement,
Au cours de la séance, le Conseil a approuvé plusieurs dossiers.
I. Mesures normatives.
Les projets de décrets ci-après ont été adoptés :
1.1 Projet de décret portant création, attributions, organisation et fonctionnement du Fonds de développement de l’artisanat (FDA).
Le décret n°2016-429 du 20 juillet 2016 portant attributions, organisation et fonctionnement du ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat a créé le Fonds de développement de l’artisanat (FDA), en remplacement du Fonds national de Promotion de l’Artisanat.
La mission essentielle de ce fonds est de relever le niveau d’organisation et de compétitivité des entreprises artisanales béninoises, par la mise en place de mécanismes de mobilisation de ressources destinées à assurer la transformation qualitative de l’environnement économique des artisans.
Le but de cette transformation institutionnelle est d’alléger le processus de prise de décision et de favoriser la réduction des charges de fonctionnement, sans affecter le rendement de la structure.
Le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat a été instruit à l’effet de prendre les dispositions nécessaires pour la mise en application effective du nouveau décret.
1.2 Projet de décret définissant les conditions de collaboration des organisations estudiantines avec l’Etat et les administrations universitaires.
Les libertés d’association, de réunion et d’expression sont garanties sur les campus universitaires du Bénin, dans les conditions fixées par la loi.
Pour optimiser les relations entre l’Etat et les organisations estudiantines, le Conseil des ministres a adopté le présent décret définissant les conditions de collaboration des organisations estudiantines avec l’Etat et les administrations universitaires.
1.3 Projet de décret portant création du Comité de mise en œuvre des réformes du système de santé.
Une commission technique chargée de proposer des réformes du système de santé de notre pays a été créée, par décret n° 2016-514 du 24 août 2016.
Cette commission avait pour mission de proposer, sur la base d’une réflexion stratégique, une réorganisation du secteur pour une large couverture en soins de santé plus efficaces et plus efficients.
Le Conseil des ministres a adopté le rapport de cette Commission et décidé de mettre en place un Comité technique de mise en œuvre desdites réformes.
Le ministre de la Santé a été instruit de prendre les dispositions nécessaires pour appuyer le comité dans l’accomplissement de la mission à lui assignée.
Le ministre de l’Economie et des Finances mettra à disposition les ressources nécessaires à cet effet.
II. Communications.
Sous cette rubrique, les dossiers suivants ont été approuvés :
2.1 Homologation des prix de cession des intrants et des prix d’achat de coton graine aux producteurs au titre de la campagne cotonnière 2017-2018.
Le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche a présenté au Conseil des ministres, une communication relative à l’homologation des prix de cession des intrants et des prix d’achat de coton graine aux producteurs au titre de la campagne cotonnière 2017-2018.
Tenant compte des fluctuations liées aux prix des hydrocarbures, de la situation des prix de cession des intrants dans la sous-région et des conclusions des négociations entre les acteurs de la filière coton, ces derniers ont retenu de reconduire les prix pratiqués au cours de la campagne 2016-2017 au titre de celle de 2017-2018. Cette décision vise en effet à maintenir le nécessaire équilibre de la filière, tel qu’amorcé et poursuivi depuis les réformes engagées par le Gouvernement en 2016.
En appréciant la communication, le Conseil des ministres a approuvé les propositions des acteurs et fixé, pour la campagne 2017-2018, les prix de cession des intrants et les prix d’achat de coton graine aux producteurs comme ci-après :
- prix de cession des engrais coton : 240 F Cfa/Kg, soit 12 000 F Cfa le sac de 50 Kgs ;
- Prix de cession des engrais maïs : 230 FCfa/Kg, soit 11 500 F Cfa le sac de 50 Kgs ;
- taux des fonctions critiques: 10 F Cfa/Kg de coton graine que les sociétés d’égrenage ont accepté de prendre en charge en soutien à la filière ;
- prix d’achat de coton graine conventionnel 1er choix : 270 F Cfa/Kg payé par les égreneurs dont 260 F Cfa/Kg net payé aux producteurs et 10 F Cfa de fonctions critiques ;
- prix d’achat de coton graine conventionnel 2e choix : 220 F Cfa/Kg payé par les égreneurs, dont 210 F Cfa/Kg net payé aux producteurs et 10 F Cfa de fonctions critiques.
Le Conseil a également approuvé les prix de cession des pesticides (insecticides et herbicides) qui se présente comme suit :
* Pour les insecticides :
- 3.500 FCFA/flacon pour le traitement de Vz ha ;
* Pour les herbicides :
- Totaux : 3.500 F Cfa/litre ;
- Sélectifs : 5.000 F Cfa/litre.
La période de commercialisation du coton graine devant démarrer à la fin du mois d’octobre, le ministre des Infrastructures et des Transports prendra les dispositions nécessaires pour la réfection des pistes rurales.
2.2 Organisation de la foire de l’indépendance du Bénin, édition 2017.
Le Conseil des ministres a examiné une communication conjointe du ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat et du ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale, relative à l’organisation de la foire de l’indépendance du Bénin, édition 2017, à Parakou.
Environ trois cents (300) exposants nationaux et étrangers sont attendus à cette foire et le nombre de visiteurs est estimé à deux cent mille (200 000) personnes.
En approuvant la communication, le Conseil des ministres a instruit le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat et le ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale, de prendre les dispositions appropriées en vue d’en assurer le succès escompté.
2.3 Célébration conjointe, le 1er août, des fêtes nationales de la Confédération Suisse et du Bénin.
La République du Bénin et la Confédération Suisse célèbrent leur fête nationale le même jour, le 1er août.
Dans le cadre du renforcement des relations de coopération entre nos deux pays, le Conseil des ministres a autorisé la participation d’une délégation béninoise aux manifestations prévues dans ce cadre à Genève, en Suisse, du 29 juillet au 3 août 2017.
Par ailleurs, il a été retenu qu’une délégation de ce pays ami prenne part à la célébration de notre fête nationale, le 1er août 2018 à Cotonou.
2.4 Compte rendu.
Travaux de la Commission nationale de vérification de l’authenticité des diplômes (CNVAD) au titre du premier trimestre de l’année 2017.
Le ministre du Travail, de la Fonction publique et des Affaires sociales a présenté au Conseil des ministres, le point des travaux de la Commission chargée de la vérification de l’authenticité des diplômes détenus par les agents de l’Etat.
Au titre du 1er trimestre de l’année 2017, la CNVAD a procédé à la vérification des diplômes des agents de certains corps. Les résultats obtenus se présentent comme suit :
- nombre de dossiers dépouillés : 12 014 ;
- nombre de dossiers investigués dans les structures de délivrance de diplômes : 7825 ;
- nombre de dossiers traités par les structures de délivrance de diplômes : 4 189 ;
- nombre de présumés faussaires identifiés : 19 ;
- nombre de faussaires présumés pour lesquels le faux est établi, après leur audition : 13.
- Il s’agit de :
DANSOU GBAGOU Cadès, élève professeur Adjoint Contractuel ;
YAYI TAYE Pascal, élève professeur adjoint contractuel ;
SAGBOHAN Godonou Christian, élève professeur adjoint contractuel ;
DEGBEGNI François Xavier, élève professeur adjoint contractuel ;
SETO Donatien José, élève professeur adjoint contractuel ;
KPODO Joachim, élève professeur adjoint contractuel ;
AGNIKPE Adolphe Dossou, élève professeur adjoint contractuel ;
SOGBOSSI Mahougnon Jean Claude, élève professeur adjoint contractuel ;
ADOUVOEKO Sètchégnon Biaise ; Elève Professeur Adjoint Contractuel ;
CAMBIA Tantina Landry, informaticien pupitreur ;
AVOUNSOUKPO Gérard Coovi, enseignant ;
HACHEME Hubert Smith, élève professeur adjoint contractuel ;
TAMEGNON E. Hyppolite Eric, élève professeur adjoint contractuel.
Le Conseil des ministres a approuvé ce compte rendu et instruit le ministre du Travail, de la Fonction publique et des Affaires sociales, d’enclencher la procédure de révocation à l’encontre des faussaires identifiés et d’étendre les contrôles à d’autres corps.
Il est demandé, respectivement, au ministre de l’Economie et des Finances et au garde des Sceaux, ministre de la Justice et de la Législation, de mettre fin au paiement des salaires et accessoires des mis en cause et d’enclencher les poursuites judiciaires à leur encontre.
III- Mesures individuelles
Des nominations ont été prononcées.
Au ministère des Affaires étrangères et de la Coopération,
Sur proposition du ministre,
- Consul général de la République du Bénin à Paris : madame Nissiba Inès
Kerekou,
- Consul général de la République du Bénin à Djeddah : monsieur Abdel Wakil FATIOU CHITOU M. S.
Fait à Cotonou, le 26 juillet 2017.
Le secrétaire général du Gouvernement,
Edouard OUIN-OURO
Actualités 27 juil. 2017

L’élection de Julien Afohounha à la tête du conseil communal de Bonou, intervenue le 3 avril dernier, est invalidée, ce mercredi 26 juillet, par la Chambre administrative de la Cour suprême.
L’élection du désormais ex-maire de Bonou, Julien Affohounha, n’a pas suivi la procédure régulière en la matière. En tout cas, c’est la décision à laquelle est parvenue, ce mercredi 26 juillet, la Cour suprême, juge du contentieux des élections municipales et communales et locales. La haute juridiction y a décelé un vice de forme.
En effet, selon des sources proches du dossier, le remplaçant du maire Emmanuel Zounmènou suspendu devrait être élu au plus tard quinze jours après la suspension. Ce qui n’a pas été le cas ici où l’élection est intervenue bien après le délai prescrit par la loi portant Code électoral en République du Bénin. C’est donc pour cette raison fondamentale que la haute juridiction a décidé d’invalider l’élection de Julien Afohounha. La même décision du juge électoral devrait emporter aussi les fauteuils de Thiery Tolégbè et Alexandre Dansou respectivement élus, le 3 avril dernier, aux postes de 1er et 2e adjoints au maire. Joint par téléphone, le camp du maire déchu, Julien Afohounha, se dit serein. Il pense que Emmanuel Zounmènou rétablit par cette décision de la Cour suprême ne garde pas le fauteuil pendant longtemps. Puisqu’il n’est pas issu de la liste majoritaire actuelle du conseil communal. Il promet dès lors de revenir à la charge dans une procédure régulière pour lui faire la fête et lui arracher le fauteuil dans les tout prochains jours. Emmanuel Zounmènou va-t-il se laisser avoir encore ? On attend de voir.
Il faut préciser que l’élection du maire Julien Afohounha et de ses deux adjoints fait suite à la suspension du maire sortant Emmanuel Zounmènou par le préfet de l’Ouémé, Joachim Apithy. L’autorité préfectorale a pris cette décision pour faire respecter la loi au sein du conseil communal de Bonou dont la majorité a basculé au profit des Forces Cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) suite à l’invalidation par la Cour suprême le 2 décembre 2016, du siège du conseiller Bernard Bodéa de la liste de L’Union fait Nation (Un). Cette invalidation a mis désormais les Fcbe comme première force politique majoritaire au sein de conseil communal composé de neuf membres. Or, selon l’article 400 du Code électoral, c’est la liste qui a la majorité absolue des sièges qui donne le poste de maire. Les Fcbe sont crédités désormais de cinq sièges contre deux sièges respectivement pour les listes de l’Alliance nationale pour la démocratie et le développement (And) et l’alliance Eclaireur dont est issue le maire suspendu. Sur les neuf conseillers, six ont pris part au vote. Les autres dont le maire suspendu Emmanuel Zounmènou ont opté pour la politique de la chaise vide. Il a formé un recours devant la Cour suprême pour attaquer l’arrêté préfectoral le suspendant. Lequel recours vient de prospérer au détriment de Julien Afohounha qui était le troisième maire élu de Bonou en moins de deux ans de la troisième mandature de la décentralisation. Emmanuel Zounmènou qui s’installe à nouveau dans le fauteuil de maire avait lui aussi hérité, le 6 octobre 2016, du fauteuil de maire après la destitution d’Alexandre Zannou contre qui une frange de ses collègues reproche avait des actes de « mauvaise gestion ».

L’approvisionnement en eau potable des populations de ses Etats membres est une question qui préoccupe l’Union économiques et monétaire ouest-africaine (Uémoa). Consciente des difficultés auxquelles sont confrontées celles des communes de Sègbana et de Kandi, elle a fait réaliser à leur profit respectivement 19 et 11 forages à motricité humaine.
L’eau, c’est la vie ; mais elle n’est pas disponible partout. C’est le cas à Sègbana et Kandi, deux communes de l’Alibori où les populations se livrent à une corvée pour assurer leurs besoins en eau au quotidien. Pour se procurer le précieux liquide auprès des rares lieux de distribution qui existent, elles doivent se réveiller tôt le matin pour faire la queue. Certaines sont obligées de parcourir de longues distances pour aller se ravitailler au marigot. D’autres, et ce sont les plus nombreuses, préfèrent se contenter des eaux de surface. Ce qui les expose aux maladies hydriques.
Sensible à leur calvaire, l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa) s’est portée à leur chevet. Dans les cinq arrondissements de Sègbana et leurs villages les plus reculés, elle a fait réaliser en 2008 et 2010,dix-neuf forages équipés de pompes à motricité humaine. Chacun de ces ouvrages est repéré par ses coordonnées GPS.
Le deuxième adjoint au maire, Imorou Adamou, reconnaît l’importance de ces ouvrages pour les populations. Avant lui, le chef Service eau, hygiène et assainissement de la commune, Sakibou Orou Gani, a indiqué que sur les dix-neuf ouvrages installés, une quinzaine est fonctionnelle. Quant aux autres, elles ont besoin d’un entretien, en fonction de la nature de leur panne.
Après cet état des lieux présenté par le chargé des questions eau, hygiène et assainissement, le représentant résident du Bureau de représentation de la Commission de l’union au Bénin, Yaovi Kounhundé, et les membres de sa délégation ont visité quelques sites dans les localités de Guéné Koussi II, Longban et à Piami. C’est pour constater de visu sur le terrain, les informations qui ont été portées à leur connaissance. Par rapport au fonctionnement des ouvrages depuis leur mise en service et comment les populations en jouissent, ils ont eu l’occasion d’écouter leurs délégataires, la plupart ayant été mis en gestion déléguée. Les populations rencontrées ont tenu, par les voix de Barikissou Garba et Taïrou Guéné Koussi, à exprimer leur reconnaissance à l’Uémoa grâce à laquelle elles ont aujourd’hui de l’eau potable. Pour l’entretien, les membres de la communauté bénéficiaire s’organisent pour avoir un champ dont les ressources, tirées de la vente des produits de la récolte, permettent de faire face aux dépenses de réparation, en cas de panne. Une expérience originale qu’a appréciée le représentant résident. Ailleurs dans la même commune, ce sont les fonds mobilisés lors de la vente de l’eau qui servent à ces dépenses, d’autres cotisent pour réparer les éventuelles pannes, à défaut de 1 F Cfa/ tonne prélevé au niveau du coton. « Lorsque la panne est grande, c’est la mairie qui intervient. Si ce n’est pas le cas, nous le faisons grâce aux 1 000 F Cfa que nous collectons par mois auprès des abonnés, ou aux 25 F Cfa par bidon », explique le gestionnaire du forage de Longban, Emmanuel Moutouama.
De la gestion des ouvrages
« Les réalisations de l’Uémoa dans la commune de Sègbana ont consisté en des forages équipés de pompe à motricité humaine. Au total, les quatre réalisés en 2008 et les quinze de 2010 ont conduit l’institution à débourser 170 585 288 F Cfa », a expliqué le directeur technique de l’Agetur, Simon Goudou.
A en croire le chef Service Eau, Hygiène et Assainissement, Sakibou Orou Gani, sur les dix-neuf forages dont Sègbana a été doté par l’Uémoa, 15 sont encore fonctionnels. Les quatre autres enregistrent de petites pannes. « Leur réparation nécessite des pièces de rechange légères qui cependant ne sont plus dans notre stock », a-t-il déploré. Il assure que leur commande a déjà été lancée. Après la réception provisoire et définitive des forages, explique Sakibou Orou Gani, on procède à un mode de gestion qui est la délégation.
En effet, la gestion de l’ouvrage est confiée à une personne désignée par la communauté. Par rapport aux relations qui lient la mairie et les communautés bénéficiaires, en ce qui concerne la gestion des fonds, cette personne verse une redevance en fonction de la taille de la localité, entre 35 000 et 50 000 F Cfa à la mairie. « Les réparations des pannes de moins de 5 000 F Cfa sont à la charge des communautés elles-mêmes. Pour ce qui est des grosses pannes, c’est la mairie qui s’en occupe », a clarifié Sakibou Orou Gani.
« Au regard de ce que j’ai vu, c’est très satisfait que je repars de Sègbana. Surtout au niveau de la prise en charge des ouvrages qui ont été concédés aux populations. Par rapport à leur gestion, j’ai noté une complicité entre les autorités communales et les communautés bénéficiaires à la base », s’est réjoui le représentant résident de l’Uémoa. Il partage la joie des populations d’avoir désormais à portée de main de l’eau potable. Leurs besoins, se faisant toujours persistante dans le domaine, il a promis de plaider auprès de ses supérieurs hiérarchiques à Ouagadougou afin qu’elles bénéficient davantage de forages.
Après Sègbana, la délégation était aussi à Kandi pour le même exercice. Outre les onze forages équipés de pompe à motricité humaine dont huit ont été mis en service en 2008 et trois en 2011, l’Uémoa y a construit un magasin de 2 000 tonnes pour le stockage des graines et des récoltes. Les travaux du magasin sont prévus pour être réceptionnés en août prochain. Le coût cumulé de ces ouvrages à Kandi est estimé à 199 682 796 F Cfa.

Sara Idohou est une femme pluridisciplinaire engagée et qui veut montrer la voie de la réussite à bon nombre de femmes et de jeunes béninois et africains,à travers l’entrepreneuriat et le coaching. La jeune entrepreneure de 27 ans est une afro-optimiste qui entend mettre ses expériences et son sens de la détermination au service du développement.
Une self-made woman en action ! Sara Idohou est un modèle de réussite et un parcours inspirant pour la jeunesse en quête de repère. Celle qui rêve de devenir une incontournable dans le domaine du coaching et de l’entrepreneuriat au Bénin, en Afrique et dans le monde, se donne tous les moyens pour assouvir ce rêve. Son modèle dit-elle, ‘’c’est sa propre version améliorée’’. Elle entend peser de tout son poids pour aller de l’avant en s’inspirant parfois du vécu de l’ex-first lady des Etats-Unis, Michèle Obama pour ses qualités de grande oratrice, et son sens de l’équilibre entre sa carrière, sa vie de couple et son statut de mère. A côté de celle-ci, elle aime bien aussi parler du n°2 de facebook, Sheryl Sandberg (femme d’affaires focalisée sur le potentiel que toutes les femmes devraient exploiter) et de Mode Castanou, écrivaine, femme d’influence et de Dieu. Sara Idohou qui s’inspire en particulier de la bienveillance et du sens du respect désintéressé de sa génitrice, est plus qu’utile à bon nombre de jeunes pour qui l’auto-emploi est la voie pour se réaliser au Bénin.
A 27 ans, teint bronzé, la taille moyenne, souriante et l’air jovial, Sara se présente comme une entrepreneure multidimensionnelle. Eloquente avec un débit fluide, on imagine combien de fois elle doit être imposante devant les assemblées où elle partage son savoir et ses expériences sur l’entrepreneuriat et le coaching. Outre ces volets, elle a également fondé une Ong dénommée ‘’Young leaders corporation’’ qui intervient dans le domaine de l’éducation. Dans ce registre, elle s’intéresse au développement des projets allant dans le sens de l’entrepreneuriat, du leadership et du développement personnel, ciblant en priorité les jeunes et les femmes dans tout le Bénin.
Pour Sara Idohou, entreprendre n’était pas une option, mais une obligation. Pour preuve, elle est aujourd’hui serial entrepreneure. Sa première entreprise est un cabinet de formation et de coaching, offrant des formations pour renforcer les capacités du personnel des entreprises et de l’assistance comptable et fiscale. La deuxième dénommée ‘’Ifèshola empire’’ s’investit dans la promotion du made in Bénin dans plusieurs secteurs. A présent, elle travaille pour le développement du secteur de l’agrobusiness, où elle s’emploie à valoriser tout produit à base de l’ananas du Sud-Bénin. Fondatrice de ‘’parcoursinspirant.com’’, un label axé ‘’success stories’’ qui met les projecteurs sur des modèles de réussite via un éditorial en ligne ainsi que des conférences-panel mensuelles, Sara compte bien élargir son palmarès.
Donner sens à son destin
Alors qu’elle gagnait de façon régulière son salaire avec sa licence professionnelle dans une entreprise privée de la place, un jour, elle décide sur un coup de tête de rompre délibérément son contrat d’embauche. Un départ qu’elle dit avoir bien mûri et qu’elle ne regrette pas. « Je gagnais un bon salaire le mois. Sauf que je ne pouvais plus m’investir bien dans les choses que j’aimais. A un moment donné, je me suis dit que je me sauverais la vie si je partais », raconte-t-elle, pleine d’assurance. Pour elle, le sens de la liberté est primordial. « J’aime gérer mon temps, et quand on parle de liberté, ce n’est pas seulement le temps, mais aussi la liberté financière. On ne peut pas atteindre cette liberté si l'on est juste salarié, il faut investir dans plusieurs domaines pour avoir plusieurs sources de revenus », argumente-t-elle.
Dans une société où les jeunes sont tant calqués sur l’impression et l’opinion du voisinage, la jeune coach fait fi de ces considérations pour donner un sens à sa vie.
Quant à la question de savoir si le fait d’avoir mis un terme à son contrat d’embauche a brisé l’espoir de ses parents et de son entourage, Sara Idohou, affiche un sourire, puis répond sans ambage : « Le but principal dans la vie, c’est d’être heureux. On n'est heureux, que lorsqu’on fait ce qu’on aime. Même si l’argent contribue au bonheur, il ne rend pas heureux. Quand on entreprend, c’est pour avoir un meilleur statut social ». Comme pour affirmer que l’entrepreneuriat lui colle à la peau, elle ajoute : « J’ai compris au travers de mon expérience qu’il fallait absolument avoir le courage d’aller vers mon rêve et de le poursuivre quelles que soient les difficultés auxquelles je suis confrontée ».
Mais Sara n’est pas qu’entrepreneure. Elle est de même sur le champ du social à travers des activités de salubrité et de don de sang. Dans ce volet, elle a une présence assez remarquable à travers ses collaborateurs et des volontaires avec qui elle mène une cinquantaine d'actions depuis 2012.
En termes d’expérience de réussite, elle pense avoir truqué. Car, ce qui la rend davantage visible, ce sont aussi ses actions sociales, affirme-t-elle. Ce sont entre autres actions qui lui ont valu de rejoindre le Conseil des jeunes de l’Ambassade des États-Unis près le Bénin. Sa détermination au sein de ce conseil, lui a permis de participer au programme américain ‘’Yali’’ en 2015. Après cette expérience, elle faisait partie des deux Béninois sélectionnés pour représenter son pays à une Conférence internationale en Russie, avant d’être nominée par la Jeune chambre internationale (Jci), comme la plus jeune remarquable « en accomplissement personnel », en 2015. Tout ceci couronné par l’Oscar de la jeunesse parmi les trois organisations les plus actives en 2015. En 2016, elle est nominée‘’leadership award’’ par l’Académie de la jeune élite béninoise avant d’être sélectionnée en 2017 dans le cadre de la Journée internationale de la femme en tant que l’une des cinquante jeunes femmes africaines les plus ‘’impactantes’’ par Oneworld Foundation.
Outre ces dimensions, la jeune entrepreneure fait, en effet parler d’elle à travers le label ‘’parcoursinspirant’’, via le lien www.parcoursinspirant.com à travers le prix de la jeune inspiration. Un espace virtuel ouvert aux jeunes de 18 à 23 ans qui s’efforcent à se révéler.
Marquer son temps
En réalité, Sara vit son époque et veut marquer son temps. «Je ne dors pas sur mes lauriers. Chaque jour, je me demande ce que je peux faire de plus pour mieux réussir et être une inspiration pour les autres », explique-t-elle.Même avec ce palmarès aussi impressionnant, elle ne se bombe pas pour autant le torse. Au contraire, elle regarde l’horizon avec la conviction que l’avenir du Bénin appartient aux jeunes. « Je suis fière de l’effort de mon Ong en dépit de leurs moyens limités. Mais quand je regarde le territoire béninois dans son ensemble, je suis insatisfaite, je veux encore pénétrer certaines zones pour mieux servir ». Sara Idohou, c’est le sens de l’humilité. Une qualité qu’elle attribue aux grands esprits. « Je suis fière de n’être qu’un grain de sable sur une berge, parce que le Bénin regorge de talents, de personnes inspirantes. Je ne me compte pas comme une personne extraordinaire parmi ces gens-là, mais je suis néanmoins fière que des gens me voient comme un exemple de réussite », sourit-elle. Au-delà de l’humilité, un bon entrepreneur doit également asseoir son leadership à travers le dialogue entre lui et ses collaborateurs. Cette qualité ne lui fait pas défaut. Selon elle, il n’est pas facile pour une femme d’entreprendre à cause des complexes d’infériorité et de supériorité que développent certaines gens parmi ses cibles. Pour y arriver, souligne-t-elle, elle privilégie la communication avec ses collaborateurs en vue de mieux les écouter, de les comprendre, et de permettre à chacun d’exprimer le maximum de son potentiel. Sur ce point, conçoit-elle, l’homme ne vaut que par la femme. C’est pourquoi, Sara préfère parler d’équité au lieu d’égalité homme-femme, lorsqu’on évoque les deux concepts. « Les femmes sont polyvalentes. Par contre, les hommes sont séquentiels, et ont surtout besoin de l’aide d’une femme pour se développer. Même les textes religieux le soulignent. Par conséquent, ils ne peuvent bénéficier d’une aide inférieure à eux ». D’ailleurs, elle partage bien l’adage selon lequel ‘’éduquer une femme, c’est éduquer une nation’’. « Nous sommes dans une société de dépravation des mœurs. S’il n’y a pas une nouvelle race de femmes qui prend ses responsabilités en montrant le bon chemin aux jeunes, la société court à la dérive », souligne-t-elle. « Si nous voulons laisser un Bénin digne à la prospérité, il faudrait que nous aidions nos jeunes sœurs à aller de l’avant dès aujourd’hui», ajoute-t-elle.
Néanmoins, elle reste convaincue que l’appui d’un homme à côté d’une femme est indispensable. Si elle connaît de plus en plus une ascension dans sa vie, c’est aussi grâce au soutien de son époux à qui elle rend témoignage.

La société Bénin Terminal a présenté des agents non scolarisés ayant bénéficié des cours d’alphabétisation à l’examen du Certificat d’études primaires (Cep) 2017. Sur les 16 candidats, 14 sont admis, soit un taux de réussite de 96,5%.
Ils étaient venus en entreprise sans diplôme, mais aujourd’hui ils ont décroché leur Certificat d’études primaires (Cep). Pour la deuxième année consécutive, la société Bénin Terminal, filiale de Bolloré Transports & Logistics a présenté des conducteurs d’engins, des peintres des opérateurs lolo… non scolarisés à cet examen national, après un programme accéléré d’alphabétisation.
Sur les 16 candidats au Cep 2017, 14 sont admis, soit un taux de réussite de 96,5%. « Je suis très content pour mon résultat. L’année dernière j’ai échoué, mais cette année, je me suis repris pour décrocher le Cep. Pour certains, cela ne représente rien, mais c’est très important pour nous autres qui n’avions aucun diplôme », confie Parfait Adjanohoun, conducteur d’engin.
Son collègue Martin Agossou vit cette réussite d’une manière particulière d’autant qu’il est admis au Cep au même titre que deux de ses enfants. « J’étais allé au Cep l’année dernière avec ma fille ainée, et nous avions tous échoué. Dieu merci, nous sommes tous admis aujourd’hui avec le cadet », se réjouit-il.
Les candidats admis expriment une grande satisfaction relativement à leur participation à ce programme d’alphabétisation qui leur permet à terme de décrocher un diplôme reconnu par l’Etat. « J’étais venu à Benin Terminal avec un permis de conduire. Aujourd’hui, je suis diplômé. Mon souhait est que le programme continue pour nous offrir la possibilité d’avoir le Brevet d’études du premier cycle (Bepc) et pourquoi pas le Bac », préconise Martin Agossou.
« L’intérêt du programme d’alphabétisation vient du fait que nous prenons en compte l’ensemble de notre personnel dans leur capacité d’évolution dans l’entreprise. On s’est aperçu qu’un certain nombre d’agents de notre personnel, que ce soit les conducteurs d’engins, les commis pointeurs, les grutiers, les maintenanciers dans les ateliers, avaient un niveau d’alphabétisation faible. Aujourd’hui, les investissements que nous faisons et l’avancée technologique des équipements nécessitent un niveau d’écriture, de lecture et d’expression suffisant et satisfaisant pour permettre à ce personnel d’évoluer », fait observer Philippe Alexandre, directeur général de Bénin Terminal.
Selon lui, au lieu de procéder à un renouvellement du personnel pour répondre aux besoins technologiques de l’heure, l’entreprise a fait le choix de mettre cette catégorie d’agents à niveau aux fins de leur conférer des qualités intellectuelles suffisantes pour opérer. « Notre ambition, c’est de ne laisser personne sur le bord de la route. Nous avons une éthique qui fait que ceux qui nous ont aidé à atteindre ce stade d’évolution, ne puisse pas s’entendre dire aujourd’hui qu’ils n’ont plus le niveau de suivre le rythme d’évolution. On préfère les aider à combler les lacunes afin qu’ils participent au mieux à la productivité de l’entreprise », insiste-t-il.
En dehors des investissements importants réalisés sur la plateforme portuaire de Cotonou, Bénin Terminal filiale du Bolloré Transport & Logistics déploie une politique de formation de son personnel. Répondant à son ambition de disposer des ressources humaines de qualité. En 2016, sept conducteurs alphabétisés de Bénin Terminal ont été admis sur les 14 présentés au Cep. Environ 17 conducteurs qui suivent le programme d’alphabétisation devront se présenter l’année prochaine.

La Commission nationale de vérification de l’authenticité des diplômes (CNVAD) vient de mettre la main sur des détenteurs de faux diplômes dans la Fonction publique. Et en a informé le gouvernement qui s’est penché sur les résultats de ses travaux lors du Conseil des ministres tenu ce mercredi 26 juillet. 13 présumés faussaires pour lesquels le faux est établi à la suite de leur audition seront poursuivis comme décidé par le Conseil des ministres. Une procédure de révocation sera enclenchée à leur encontre par le ministère du Travail, de la Fonction publique et des Affaires sociales. Il est par ailleurs demandé aux ministres en charge des Finances et de la Justice de mettre fin au payement de leurs salaires et accessoires et d’enclencher les poursuites judiciaires à leur encontre. La Commission qui au 1er trimestre de l’année 2017 a dépouillé 12.024 dossiers d’agents de l’Etat de certains corps dont 7825 dossiers ont été ''investigués'' dans les structures de délivrance de diplômes, a été instruite pour étendre les contrôles à d’autres corps.
Il est à préciser que sur les 4189 dossiers traités par les structures de délivrance de diplômes, 19 présumés faussaires ont été au total identifiés.
Politique 27 juil. 2017

Les résultats des examens de fin d’année au titre de l’année scolaire 2016-2017 sont proclamés. Ils restent meilleurs par rapport à ceux de l’année dernière. Ce qui réjouit tous les acteurs du système éducatif dont la plupart pensent que les réforment engagées par le Gouvernement seraient à l’origine de cette amélioration des performances des élèves.
Le système éducatif béninois suscite de nouveau l’espoir de tous les acteurs. Les résultats du Certificat d’études primaires (Cep), du Brevet d’études du premier cycle (Bepc) et du Baccalauréat pour le compte de l’année scolaire 2016-2017 sont à l’origine de cette fierté. Les statistiques de cette année, le démontrent à suffisance. Au plan national, le Cep a enregistré un taux de réussite de 65,15% contre 41,98% en 2016. La même progression s’est observée au niveau du Bepc qui a donné 50,56% contre 16% l’année dernière. Les résultats du Baccalauréat 2017 se sont inscrits dans la même logique d’amélioration de performance. On note à ce niveau 41,78% de taux de réussite contre 30,13%. Ces résultats très encourageants ne sont pas le fruit du hasard.
A la suite des résultats catastrophiques l’année dernière, le Gouvernement avait pris ses responsabilités en décidant d’opérer des réformes dans le secteur éducatif pour redorer le blason de l’éducation béninoise. Ainsi, des mesures ont été prises à tous les niveaux pour que chaque acteur joue dorénavant plus efficacement son rôle. Des recrutements ont été faits pour pallier le manque criard d’enseignants dans le secteur. Des inspecteurs ont été recrutés pour mieux assurer l’encadrement. Certains instituteurs ont été même punis, l’année dernière, pour insuffisance de résultats. C’est le cas de 618 directeurs d’école primaire qui ont été relevés de leurs postes, déchargés et remplacés pour avoir obtenu 0% de taux d’admis lors du Cep 2016. Tous les directeurs ont donc travaillé au cours de cette année scolaire 2016-2017 sous la même menace de sanction. Résultat, aucun directeur d’école n’a donné 0% pour le Cep 2017.
Un réaménagement de calendrier scolaire a permis de faire passer les examens de Bepc et du baccalauréat avant celui du Certificat d’études primaires qui lui aussi passe avant les dernières compositions dans les écoles primaires. Toutes choses qui ont eu pour avantage de permettre aux instituteurs de bien finir les programmes dans les classes intermédiaires. Les nominations des premiers responsables pédagogiques dans les écoles et collèges cette année étaient plus règlementaires que par le passé.
Des bonds de plus de 60 points
Les réformes engagées ont donc commencé à produire leurs fruits, est-on tenté de dire. Le constat est encore plus reluisant quand on entre dans les statistiques au niveau des séries par rapport à l’examen du baccalauréat. Des candidats de certaines séries ont fait des bonds extraordinaires. C’est le cas de la série E dont le taux d’admis, cette année, est le plus élevé de toutes les séries alors qu’en 2016, on avait enregistré le taux de réussite le plus bas dans la même série sur l’ensemble des résultats : 9,09%. Soit un bond d’environ 66 points. Cette variation est aussi notée dans plusieurs autres séries. On est donc en droit de dire que les réformes impactent positivement le système éducatif.
Cependant, il reste des efforts à faire dans le système éducatif pour davantage de résultats. Dans les collèges publics, par exemple, les programmes des classes intermédiaires restent toujours inachevés. Le problème de manque d’enseignants reste aussi préoccupant malgré les efforts du Gouvernement qui a commencé le recrutement d’enseignants. D’autres recrutements sont d’ailleurs en vue. On note aussi le problème d’effectifs pléthoriques. La formation des enseignants reste aussi un des maillons faibles du système. Le nombre de professeurs vacataires est toujours supérieur au nombre des professeurs certifiés ou contractuels de l’Etat. Tous ces éléments montrent que les réformes doivent se poursuivre pour améliorer davantage le système.

« En attendant la définition des nouvelles conditions de recrutement des enseignants vacataires, les responsables des lycées et collèges d’enseignement secondaire général sont invités à suspendre toute action s’inscrivant dans ce cadre. A cet effet, aucun dossier d’engagement de vacataire ne doit être reçu par les responsables administratifs jusqu’à nouvel ordre ». Telle est la substance de la correspondance n°655/MESTFP/DC/SGM/DESG/SA en date du 13 juillet 2017 adressée par le ministre des Enseignements secondaire, technique et de la Formation professionnelle, Lucien Kokou aux directeurs départementaux sous sa tutelle. Ces derniers sont chargés d’informer les chefs d’établissements publics de la mesure.
Selon le directeur de cabinet du ministre, Charles Maximin Codjo, il s'agit d'une mesure visant à voir clair dans le recrutement des vacataires. « On ne veut pas que l'on recrute n'importe qui ; On n'a pas besoin de prendre de l'argent chez les gens pour leur accorder des heures de cours; ce qui doit compter, c'est la compétence », souligne-t-il. Ce sont les pools d'inspecteurs qui recevront les dossiers qu'ils étudieront, ajoute-t-il.
Cette suspension provoquera certainement des grincements de dents au niveau des responsables d’établissement et des enseignants, au regard du manque criard d’enseignants qualifiés qui rend l’offre éducative peu compétitive et qui fait que les chefs d’établissements font recours massivement aux enseignants vacataires. Parfois, sans aucune notion pédagogique, ceux-ci brillent par le manque de rigueur dans la préparation des cours. Et à la recherche des heures de vacation, ils courent d’établissement en établissement et ne mettent pas toujours la rigueur nécessaire dans l’enseignement des notions, le suivi et l’évaluation des apprenants. C’est un secret de polichinelle que bon nombre d’entre eux viennent au métier beaucoup plus par nécessité.
La mesure de suspension des vacataires créera sans doute une pénurie plus prononcée d’enseignants dans les établissements secondaires dès la rentrée prochain. Du coup, si l’on ne trouve pas très tôt une solution palliative, les censeurs éprouveront d’énormes difficultés pour élaborer les emplois du temps, face aux effectifs pléthoriques des apprenants et le système des classes volantes au gré des intempéries. Car, le nombre d’enseignants permanents et contractuels recrutés est loin de combler le vide. L’Etat a créé par le passé les collèges de façon anarchique, sans assurer le nombre d’enseignants, les infrastructures adéquates et autres mesures d’accompagnement qui devraient suivre.
Mais le directeur de cabinet rassure qu'en décembre, il sera procédé au recrutement de 4154 enseignants.
Claude Urbain PLAGBETO
Education 26 juil. 2017

De présumés auteurs de grossesses de filles mineures voient rouge dans le département de l’Atacora. Ils répondent désormais de leurs actes devant le tribunal de première instance de Natitingou.
Plus de répit pour les auteurs de grossesses de filles mineures. L’engagement des autorités politico-administratives au plus haut niveau du département de l’Atacora semble payer. Ainsi plusieurs présumés auteurs ont vu leur forfait porté devant les tribunaux, après avoir été gardés à vue dans des commissariats et brigades de gendarmerie de leurs localités respectives. Nombre d’entre eux se sont vus privés de leur liberté avec l’instruction judiciaire en cours de leur dossier. Le dernier cas en date est celui d’un aide-soignant du centre de santé de Kérou. Marié et père de deux enfants, cet agent de santé entretiendrait des relations intimes avec une adolescente de 15 ans en classe de 5e. Des relations soldées par une grossesse, objet de la plainte qui a conduit à son interpellation par la brigade. La victime, orpheline de mère, prise en charge par une Ong par l’entregent du Centre de promotion sociale, voit ainsi ses chances de reprendre les classes s’amenuiser.
Quelques jours plus tôt, c’est le surveillant général d’un collège de la commune de Cobly qui a été épinglé. Si celui-ci reconnaît avoir mis sous son toit une des élèves du collège et défend qu’elle n’est pas une mineure tel que allégué, l’issue de son procès situerait davantage sur cette relation prohibée par les textes de lois.
Telle une alerte, l’engagement du préfet de l’Atacora à voir les auteurs de grossesses précoces répondre désormais de leurs actes sonne le glas d’un phénomène de plus en plus dénoncé par les Organisations non gouvernementales intervenant dans les neuf communes du département. Ainsi, à l’endroit d’enseignants, d’élèves ainsi que de personnes responsables issues de diverses couches socioprofessionnelles, potentiels auteurs de grossesses précoces, s’est-elle fendue de déclarer sa détermination à ne point laisser impunis les cas portés à sa connaissance. « De tels actes ne sauraient longtemps être tolérés pour la simple raison qu’ils compromettent l’avenir des filles. Plus aucun de ces délits ne resterait impuni », se convainc-t-elle, en appelant à la collaboration des instances judiciaires et des forces de l’ordre.
Le péril des grossesses précoces en milieu scolaire est à réprimer par toutes les voies et moyens, admet-elle, depuis qu’elle s’est lancée dans l’initiative « Semaine de la fille de l’Atacora », une campagne de sensibilisation des élèves dans les collèges et lycées du département.
Des chiffres alarmants
Selon les statistiques de la direction départementale en charge des Affaires sociales, 2459 cas de grossesses de mineures dont 4% d’élèves ont été enregistrés de janvier à mai 2016 dans les neuf communes de l’Atacora. 1485 cas de grossesses précoces l’ont été par ailleurs dans les collèges de l’Atacora entre 2013 et 2016. Au cours de l’année scolaire 2015-2016, 492 cas de grossesses précoces ont été notés.
La proportion de jeunes femmes de 15-19 ans actuellement en mariage fait état d’un taux de 20,06% au profit de l’Atacora.
Des statistiques affolantes qui justifient l’engagement du préfet Déré Lydie Chabi Nah. Si elle nourrit l’espoir de voir le département tourner définitivement cette page sombre de son vécu d’ici 2020, elle n’occulte pas ses conséquences sur l’avenir de la jeune fille.
« Le phénomène, non seulement réduit de façon drastique le nombre de filles dans les collèges et lycées avant la classe de terminale, mais surtout donne d’argument à certains parents à ne plus envoyer leurs filles à l’école, parce que pour eux, la finalité c’est leur ramener une grossesse », estime-t-elle.
