La Nation Bénin...
Nouvelles

Le Front pour le sursaut patriotique (Fsp) a organisé une marche pacifique ce jeudi 22 juin à Cotonou. Cette forme d’expression a été choisie pour appeler le gouvernement à prendre davantage de mesures sociales, selon les organisateurs.
Sur leur parcours, allant de la Bourse du Travail, passant par boulevard Saint Michel et enfin Place de l’étoile rouge, les manifestants n’ont eu de cesse de scander : « On a faim ». Décryptant, le coordonateur des Forces Cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) estime que cette lutte n’est pas menée contre la personne du président mais plutôt pour le bien-être de tous les Béninois qui souffriraient en ce moment faute du minimum. Dans la même veine, l’ancien secrétaire général du gouvernement défunt, AlassaneTigri martèle qu’il est une obligation pour le gouvernement de prendre en compte les aspirations du peuple. « Nous reprochons au président de ne pas donner le pain au peuple », a-t-il laissé entendre.
Quant au porte-parole du Front, Jean Kokou Zounon, il déplore la gouvernance actuelle qui ne serait pas « inclusive », selon lui. Et s’insurge contre les choix d’administration de certaines sociétés, telles que Libercom, le Port autonome de
Cotonou, etc.
Politique 22 juin 2017

Le Gouvernement met en vigueur le Projet de modernisation de la gestion des déchets solides ménagers dans le Grand-Nokoué. Cette mise en vigueur a été faite par le ministre du Cadre de vie et du Développement durable, José Tonato, au cours d’un atelier d’information et de lancement de la procédure d’appel d’offres, ce mercredi 21 juin à Cotonou.
Il existe désormais au niveau de l’Etat central et, ceci, pour une période de sept ans, un Projet de modernisation de la gestion des déchets solides ménagers dans le Grand Nokoué qui prend en compte les communes de Cotonou, Abomey-Calavi, Ouidah, Sèmè-Podji et Porto-Novo.
A l’atelier d’information et de lancement de la procédure d’appel d’offres dans le cadre de ce projet hier, le ministre du Cadre de vie et du Développement durable, José Tonato a rappelé que, le 5 mai dernier, le chef de l’Etat a signé avec les cinq communes du Grand Nokoué une convention qui porte sur quatre projets du Programme d’action du Gouvernement. Et au nombre de ces projets, celui relatif à la modernisation de la gestion des déchets solides ménagers.
Pour le ministre du Cadre de vie et du Développement durable, la procédure d’appel d’offres qu’il lance prend en compte quatre phases qui comportent la collecte, le transfert, la fourniture, l’entretien et la maintenance ; la réalisation des centres de tri (la phase appelée valorisation) ; puis la phase appelée enfouissement qui concerne la conception, la réalisation et l’exploitation des sites de Takon et Ouèssè. L’avis d’appel d’offres sera disponible dans 48 heures.
Avant ce lancement, un rappel du contexte général et des enjeux du projet, puis de l’étude réalisée dans le cadre du projet par le cabinet Girus ont été présentés par Olga Prince-Dagnon de l’Agence du cadre de vie pour le développement du Territoire et Nicolas Almodovar du même cabinet. Il s’agit d’un projet qui a pour objectif d’améliorer les conditions environnementales et socio-économiques des populations des communes concernées. Son ambition est que d’ici 7 ans, 90% des déchets solides ménagers soient collectés avec 60% de valorisation.
Pour Nicolas Almodovar du cabinet Girus, le projet sera géré par un cadre institutionnel qui est une structure mixte comprenant les représentants des communes et de l’Etat central, c’est-à-dire les ministères parties prenantes du projet. Le coût global du projet est estimé à 100 milliards de francs Cfa.
La présentation faite du projet n’a pas laissé indifférents les acteurs de la filière présents à l’atelier. Pour certains, le projet n’a pas pris en compte certaines réalités des expériences déjà vécues. Et pour d’autres, les acteurs, membres du collectif des gestionnaires des déchets solides ménagers, n’ont pas été associés à la réalisation de l’étude qui, selon eux, n’a même pas pris en compte l’existant.
Le maire de la commune d’Abomey-Calavi, Georges Bada, pour sa part, a rappelé que, lors de l’état des lieux, il a été dit qu’il y a des points noirs dans sa commune comme dans d’autres. Il a demandé si les 100 milliards de francs Cfa prévus pour le financement de ce projet prennent en compte ces points noirs.
Après la réaction des membres du cabinet Girus qui ont apporté des éléments de réponse aux préoccupations des intervenants, le ministre José Tonato a souligné qu’il y aura d’autres cadres précis pour revenir et discuter de long en large du projet. « Nous avons tout fait pour que le travail soit réalisé sur l’existant », souligne-t-il. Il dit avoir pris la parole pour apporter aussi des éléments de réponse aux préoccupations et surtout à la question de financement.
Selon José Tonato, le modèle de financement de ce projet est celui du partenariat public-privé (Ppp) conformément à ce qui a été prévu dans le Programme d’action du Gouvernement?

Lionel Zinsou, actuel Managing Partner de Southbridge ancien Premier ministre du Bénin, a effectué une visite au siège de la Bourse régionale des valeurs mobilières (Brvm) et du Dépositaire central/Banque de règlement (DC/BR) à Abidjan, le mardi 20 juin dernier, selon un communiqué de la Brvm.
Découvrir les installations techniques et technologiques de la Bourse régionale des valeurs mobilières (Brvm) et du Dépositaire central/Banque de règlement (Dc/Br), deux structures centrales du marché et s’imprégner de leur mode de fonctionnement. C’est l’objectif de la visite de l’ancien Premier ministre du Bénin, Lionel Zinsou au siège de l’institution à Abidjan mardi dernier.
Au terme de cette visite, selon un communiqué, l’hôte s’est dit honoré de l’accueil qui lui a été réservé et partagé sa vision du développement économique de l’Afrique dont le socle est la mobilisation de l’épargne longue pour le financement des infrastructures de développement et du secteur privé. Il a relevé que la Brvm constitue à cet effet un instrument important et incontournable pour la liquidité. Il s’est réjoui du chemin parcouru par la Bourse depuis sa création jusqu’à cette phase de consolidation de ses activités après vingt ans d’existence. Il a salué la vision des dirigeants qui ont déjà tracé le chemin pour les stades futurs à atteindre grâce aux relations établies avec les autres Bourses africaines, notamment le Nigeria, le Ghana, le Maroc et très récemment la Bourse de Shanghaï en Chine.
La visite a été aussi l’occasion pour Lionel Zinsou de sonner la cloche pour marquer la fermeture du marché du 20 juin 2017.
Le directeur général de la Brvm, Edoh Kossi Amènounvè, et du Dc/Br, a traduit à son hôte sa joie et celle de ses collaborateurs de recevoir un afro-optimiste réaliste et volontaire. Il a salué l’engagement de Lionel Zinsou au service du développement du continent. Il s’est enfin dit honoré de l’avoir aux côtés de la Brvm et du Dc/Br.
Président de la Fondation
« AfricaFrance » pour une croissance partagée, économiste et banquier d’affaires, Lionel Zinsou est ancien Managing director de Rothschild Londres, ancien Ceo (PDG) de PAI Partners, l'un des plus grands fonds européens de Lbo (leveraged buyout) avec plusieurs milliards de dollars sous gestion; ancien Premier ministre du Bénin et actuel Managing Partner de Southbridge, nouvelle institution panafricaine avec bureaux opérationnels à Abidjan, Casa et Paris.

Nominé pour recevoir le Grand Prix de l’Excellence Mathieu Kérékou en janvier 2018 à Cotonou, le maire N’da Antoine N’da s’est vu remettre ce mercredi à la mairie de Natitingou une médaille et un certificat par l’ONG Etoile d’Afrik. La cérémonie qui s’est tenue en prélude à la soirée de distinction des 20 personnalités identifiées comme des modèles s’agissant de la bonne gouvernance confirme le choix porté sur celui qui s’est longtemps distingué dans la commune de Natitingou comme un acteur majeur du développement local. Au-delà du modèle qu’il constitue dans la bonne gouvernance, ce sont également ses qualités sociales et de philanthrope qui ont été reconnues par les responsables de cette organisation. Des mérites salués par plusieurs conseillers communaux présents à la cérémonie.
Commandeur de l’Ordre national du Bénin, Antoine N’da a été le tout premier maire de la commune de Natitingou. Député par la suite il a repris en 2015 les rênes du conseil communal qu’il a délaissé après sa destitution.
Société 21 juin 2017

Le Conseil des ministres s'est réuni ce mercredi 21 juin, sous la présidence effective du Président Patrice Talon. Ci-suit la synthèse du relevé du Conseil des ministres.

On connaissait des associations de femmes mobilisées, autour des intérêts économiques, un peu partout dans les communes du Mono et du Couffo. Ce qui manque de visibilité, ce sont ces groupements féminins qui font de l'objet de leur creuset, la musique folklorique. Leurs acteurs sont, eux-aussi, en fête ce jour.
Dans l'aire culturelle Sahouè comme chez les Adja, en passant par les Kotafon, les initiatives de groupes folkloriques se multiplient. Ces groupes constitués exclusivement de dames se distinguent par leur maîtrise des instruments. Voir des dames aux manettes des tams-tams d’environ 2 mètres de long, avec autant de virilité que les hommes, est l’un des charmes liés aux prestations musicales des groupements féminins.
A Houéyogbé, « Wasinmi Vanavo » est une célébrité. La présence du groupe composé d’environ 120 âmes, selon sa présidente Honorine Vecé, avait rehaussé la cérémonie d’entrée en fonction du maire de la commune. Dans le Couffo, du moins à Dogbo, l’absence des dames spécialisées dans le rythme atchinouhoun enlève un peu à la beauté des cérémonies. « Un beau-fils doit nécessairement faire jouer atchinouhoun à la cérémonie d’enterrement des parents défunts de sa bien-aimée », atteste le contrôleur de commerce Raymond Sodokin, natif du Couffo, selon qui, dans le cas contraire, le beau-fils est vu comme un incapable. Atchinouhoun est devenu, en milieu Adja, un rite des grands moments et contribue à la consolidation du statut social.
La dernière initiative de groupement féminin donnant dans la musique traditionnelle, à Lokossa, est placée sous la direction d’une dame communément appelée « maman Serge ». Le groupe est dénommé « Nonvignon ». Il pratique Atchanhoun dont les sonorités et les pas de danse passent d’un rythme à un autre, à la demande de celui qui entre dans le cercle de danse. Ce dernier fait déclencher le rythme de son choix à partir des onomatopées qui résonnent comme un code. « Quatre tams-tams de différentes tailles et d’autres instruments comme des castagnettes auréolées de perles sont nécessaires pour pratiquer Atchanhoun », renseigne Yolande Gbéton, secrétaire général du groupe Nonvignon.
Au nom de la passion
Tout comme Nonvignon, la plupart des groupes se consacrent exclusivement à leur passion, la musique en adoptant un rythme traditionnel de leur milieu. Des répétitions et déplacements occupent leur agenda. Chaque dame développe, à son niveau, l’activité économique de son choix et se doit de contribuer financièrement à l’autofinancement du groupe. Yolande Gbéton informe que les cotisations au sein de Nonvignon, dont les prestations se déroulent surtout en mina, servent à équiper le groupe et à soutenir les membres se trouvant dans le besoin. A Lokossa comme à Ahouéyogbé, des responsables confirment que l’idée de leur regroupement est partie du besoin de se soutenir, « d’avoir ses amis à ses côtés dans des moments de joie ou de tristesse ». Comme quoi, « L’écoute et la compréhension de l’autre est un premier pas vers la solidarité », écrit le Français, Didier Court.
Culture 21 juin 2017

Le grimper et la gymnastique sont les deux épreuves de l’éducation physique et sportive dans lesquelles composeront les candidats au Certificat d’études primaires (Cep) qui démarre le lundi 26 juin prochain. Le grimper ne semble pas inconnu des candidats mais sa pratique et les difficultés afférentes font peur.
Les candidats à l’examen du Certificat d’études primaires (Cep), session unique de juin 2017, pratiqueront le grimper et la gymnastique comme épreuves d’éducation physique et sportive. Lesdites épreuves ont été tirées au sort le 26 mai dernier. Le grimper, une discipline déjà exécutée en 2014 au Cep, est une épreuve à laquelle les enfants sont peu familiers à cause de la non-disponibilité du matériel sportif dans toutes les écoles du Bénin. Pourtant, ils seront tous confrontés à l’exercice. Le grimper consiste à monter le long d’une corde ou d’une perche en utilisant les mains et les pieds. Même si des dispositions sont en train d’être prises par les autorités du ministère des Enseignements maternel et primaire pour doter tous les centres d’examen de portiques et de cordes pour le bon déroulement de cette épreuve, la grande préoccupation reste de savoir si tous les candidats se sont essayés à cet exercice auparavant.
A en croire Séraphin Degbokin, directeur de l’école primaire publique de Vèdoko1/B, les candidats de son établissement ont eu le temps de s’exercer, même si ce n’était pas dans les conditions requises. « Nous avons deux portiques, mais les cordes sont insuffisantes et nous espérons que les dispositions prises par le ministre permettront de combler ce manque », espère-t-il. Le grimper chez les enfants est le même chez les adultes. L’exercice consiste à agir sur la corde dans l’objectif de toucher l’anneau en haut. Aux dires du directeur, beaucoup de choses sont à revoir pour s’assurer la pratique de cette discipline dans les meilleures conditions. « Actuellement, nous sommes confrontés à l’inondation, l’aire de grimper est inondée ; le sol aussi a besoin d’être aménagé sinon les risques de choc en cas de chute seront grands », ajoute t-il. « Nous nous réjouissons d’avoir ce peu parce que « les écoles qui ne sont pas équipées sollicitent parfois notre dispositif pour faire l’exercice, mais n’empêche que dans certaines écoles les enfants n’ont pas eu la possibilité de bien s’entraîner », reconnaît Séraphin Degbokin.
La candidate Florenda Aïdjoté, quoique « prête » pour l’épreuve de grimper, dit cependant avoir des craintes. Gardant encore des séquelles d’une chute à ses débuts, elle a peur et pense qu’avec la pluie les cordes seront plus glissantes.
Du côté de l’école primaire publique de Fidjrossè 2, Norbert Davo, directeur de l’Epp Fidjrossè Kpota B, affirme que «les débuts ont été difficiles pour les apprenants mais ils se sont adaptés. Les enfants ont été entraînés durant toute l’année à cet exercice donc la difficulté ne sera pas grande à leur niveau, estime-t-il. En plus, ils ont pris des dispositions et ont donné aux apprenants des astuces et conseils nécessaires afin qu’ils puissent bien passer cette épreuve de l’examen.
Des écoles dépourvues
Si les difficultés ne semblent pas être grandes dans ces écoles de Cotonou, la réalité est toute autre dans certaines écoles, surtout les écoles situées dans les zones rurales. A l’école primaire publique de Yapokparou, située à 30km de Parakou, pas de portique, ni de corde, nous a confié Abdou Amidou Gnacadja, le directeur. Selon lui : « Il y a quelques mois, nous étions obligés d’acheter les cordes simples vendues chez les «Baba» (vendeurs ambulants) qu’on a attachées à une branche solide d’un grand arbre dans l’école et c’est avec ce dispositif que les enfants se sont entraînés. Nous n’avons pas tenu compte de la hauteur normale du portique; il fallait faire avec les moyens de bord pour que les enfants ne soient pas pénalisés ». Il ajoute néanmoins que la technique de monter de corde a été enseignée et espère que les candidats s’en sortiront. A l’Epp Dabou, à 20 km de Parakou, il n’y a aucun dispositif pour le grimper. Mais avec un peu de chance, les apprenants ont pu toucher à la corde. Jean- Eudes Gbaguidi, directeur de cette école, explique: « En cours d’année scolaire, je me suis demandé comment feront les apprenants s’ils devraient pratiquer le grimper à l’examen. Je me suis alors rapproché d’un ami directeur d’école privée qui m’a prêté une corde qu’on a attachée à un géant arbre. Grâce à cela, les écoliers se sont exercés ». Nous n’avons rien contre le choix de cette discipline parce qu’elle fait partie de notre programme scolaire en Eps. Mais il faudra désormais doter toutes les écoles du Bénin de ce dispositif pour que tous les candidats aient les mêmes chances et possibilités dans la pratique. Même scenario à l’Epp Dakparou où Soumanou Yacoubou, le directeur, affirme qu’il sent le stress chez les apprenants parce que la pratique du grimper a été intensifiée depuis le tirage au sort de la discipline. « Mais nous essayons de les mettre en confiance et espérons que cette expérience permettra de corriger le tir », rassure-t-il. En attendant, tout le monde essayera de faire toucher la corde aux candidats au risque qu’on ne jette la responsabilité sur les directeurs d’école. Comme le souligne le directeur Séraphin Degbokin, le grimper n’a jamais été facile. Même les candidats au baccalauréat qui l’ont pratiqué des années durant ne s’y hasardent pas trop, fait-il remarquer. « Aidons donc nos enfants à en avoir la maîtrise », recommande-t-il.
Société 21 juin 2017

La cour d’assises de Cotonou a connu, ce mardi 20 juin, de son quatrième dossier portant sur une affaire de coups mortels pour le compte de sa session supplémentaire démarrée lundi dernier. La trentaine, l’accusé est reconnu coupable des faits de coups mortels et est condamné à six ans de travaux forcés.
Six ans de travaux ! C’est le verdict auquel a abouti le procès d’Hermann Méyèvi accusé de coups mortels sur Jacques Azogan dans la nuit du 25 mai 2011 à Ouidah. A la barre, l’accusé a globalement collaboré avec la cour pour la manifestation de la vérité même s’il a, par moments, tenté de faire croire qu’il n’a porté à la victime qu’un coup à la main gauche, alors que cette dernière brandissait une paire de ciseaux. Il a soutenu que c’est un certain Amadou, gardien, qui lui a donné le deuxième coup. Mais, pour le confondre, la présidente lui a montré des photos de la victime dont le corps porte des blessures aussi bien aux deux poignets qu’à la tête. A la vue de ces photos, il semble avoir été touché et a fini par lâcher : « Je suis seul à lui porter les coups aux deux mains et à la tête ». Selon lui, ces coups étaient destinés à l’immobiliser pour qu’il soit pris. Et il n’a pas hésité à ajouter : « Le gardien d’une cafétéria l’a bloqué avec un gourdin pour qu’il ne fuie pas.» Les déclarations de dame Audrey Gbanhoun, témoin des faits, confirment que la victime est un voleur.
Marc Robert Dadaglo, dans le rôle du ministère public, a cherché à comprendre les réelles intentions de l’accusé en donnant tous ces coups de machette. « Avec tous ces coups, pensez-vous que le nommé Jacques Azogan allait s’en sortir vivant ? » A cette question, l’accusé Hermann Méyèvi a martelé qu’il n’a pas décidé de tuer la victime en lui portant des coups. Mais réalisant la gravité des conséquences de son acte devant la cour, l’accusé a voulu ruser pour ne pas porter la responsabilité de la mort de la victime. « Il est mort parce que les infirmiers pour avoir retrouvé dans sa poche une paire de ciseaux ont su qu’il est un voleur et n’ont pas voulu lui donner les soins pour lui sauver la vie », se défend-il. Mais l’avocat général rectifie : « Ce n’est pas le défaut de soins qui a ôté la vie à la victime mais plutôt les coups que vous lui avez donnés surtout à la tête, une partie sensible du corps.»
Circonstances atténuantes
Dans son réquisitoire, Marc Robert Dadaglo a indiqué que les faits montrent que l’accusé a porté des coups et fait des blessures à Jacques Azogan au point d’entraîner la mort de celui-ci. Ces faits sont prévus et punis par l’article 309, alinéa 4 du Code pénal. Toutefois, se référant à certaines réponses de l’accusé, l’avocat général soulignera qu’il n’a pas eu l’intention de donner la mort à la victime. « Quand les populations voulaient brûler la victime, l’accusé s’y était opposé », a-t-il relevé pour écarter l’intention de donner la mort. Il a aussi noté que l’accusé a bien collaboré avec la cour pour la manifestation de la vérité. Il évoque aussi l'enquête de moralité qui est favorable à l'accusé. Au regard de ces détails, il a conclu que « les coups de l’accusé sont allés au-delà de son intention ». Alors, il a demandé à la cour de le déclarer coupable d’avoir porté des coups et fait des blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Et de le condamner à dix ans de travaux forcés.
La défense assurée par Me Alphonse Adandédjan rend hommage au ministère public qui a reconnu la collaboration de son client. Toutefois, le conseil a jugé excessive la sanction proposée. L’accusé, selon lui, a agi pour se défendre et laver son honneur. Accusé injustement de vol par les siens, a rappelé Me Adandédjan, il a décidé de découvrir le vrai voleur et il a réussi à le faire. Mais le voleur en la personne de la victime était armé d’une paire de ciseaux qu’il a brandie contre l’accusé et son ami Hamadou. « L’intention de mon client était d’immobiliser le voleur et non de le tuer », a-t-il fait observer à la suite du ministère public. Il invitera la cour à observer de larges circonstances atténuantes en faveur d’Hermann Méyèvi. De même, a-t-il soutenu, il y a beaucoup d’excuses pour le condamner au temps déjà passé en détention.
Après la délibération, la cour déclare l’accusé coupable d’avoir volontairement porté des coups et fait des blessures au nommé Jacques Azogan, avec la circonstance aggravante que ces derniers ont entraîné la mort sans intention de la donner. Ces faits étant prévus et punis par l’article 309, alinéa 4 du Code pénal, la cour le condamne Hermann Méyèvi à six ans de travaux forcés, temps couvert par sa détention préventive. Il est désormais libre au grand soulagement de ses parents chrétiens catholiques qui n’ont pas hésité à remercier le ciel en s’agenouillant dès l’annonce du verdict, chapelet en main?
Les faits
Dans la nuit du 25 mai 2011 aux environs de 2 h, les nommés Hermann Méyèvi et Amadou, gardien de nuit de la pharmacie Gbèna à Ouidah ont vu deux individus entrer dans la rue derrière la maison de Hermann Méyèvi et se sont levés pour les surveiller. Les voyant venir, les deux personnes se sont accolées à un mur. Hermann Méyèvi et Amadou ayant crié : Ô voleur !, les deux suspects ont escaladé le mur mitoyen du domicile de Méyèvi. L’un des présumés voleurs a réussi à prendre la fuite tandis que le second, le nommé Jacques Azogan, a été rattrapé et a fait face à Hermann Méyèvi avec une paire de ciseaux.
Hermann Méyèvi et Amadou lui ont porté des coups de machette aux poignets gauche et droit, à la tête et un peu partout sur le corps.C’est alors qu’il a repris la fuite mais a été rattrapé avec l’aide d’un autre gardien de nuit. Au cri de « Ô voleur ! » de ses poursuivants, d’autres personnes l’ont roué de coups de pieds avant l’arrivée sur les lieux des sapeurs pompiers et de la police.
Transporté d’urgence à l’hôpital, Jacques Azogan a succombé des suites de ses blessures.
Interpellé et inculpé de coups mortels, Hermann Méyèvi a reconnu les faits à l’interrogatoire de première comparution, mais a soutenu à toutes les étapes de la procédure qu’il n’a porté qu’un seul coup de machette au poignet gauche de la victime.
Composition de la cour de céans
Président : Eliane Noutaïs Guézo
Assesseurs : Ferdinand Dégbèlo
Martial Boko
Greffier : Alain Kakpo
Ministère public :Marc Robert Dadaglo
Jurés : Alexandre Quenum, Jean-Baptiste Damado, Wilfried Tchédjanahou Hodonou et Louis Gbogbanou

Constance Kpamègan, directrice adjointe du Camp de l’enfant citoyen, un cercle de réflexions et d’actions citoyennes qui participe à la sensibilisation des enfants âgés de 10 à 15 ans sur le respect et la protection de l’environnement, à travers l’organisation annuelle d'un camp. L’édition de l’année dernière organisée à Savalou a permis de sélectionner trois enfants qui ont représenté le Bénin à la Cop22.
La Nation : Pourquoi votre sensibilisation cible plus les enfants ?
Constance Kpamègan : Nous faisons des activités au profit des adultes aussi. Mais nous voulons outiller les enfants d’aujourd’hui afin de faire d’eux des citoyens modèles de demain. Le but principal est de leur inculquer des valeurs qui deviendront pour eux des principes de base. Nous nous sommes dit qu’aujourd’hui il va être difficile de nous mettre à formater les adultes et à leur imposer des choses parce qu’ils ont déjà leur façon de fonctionner. C’est difficile de refaire l’éducation des adultes contrairement aux enfants. Nous pensons que si nous devons construire une meilleure société pour l'arvenir, il faut agir sur l’éducation des enfants. Lorsque vous voyez dans les rues les gens qui n’ont pas de gêne à jeter des choses à même le sol alors que ce sont des personnes adultes, cela peut choquer. Ces enfants là que nous formons aujourd’hui ont déjà un regard critique sur ces comportements. Quand ils vont grandir, ils seront beaucoup plus responsables. C'est pourquoi nous préférons travailler avec les enfants. Et je réalise que les petits enfants me comprennent mieux chaque fois. Il faut donc compter sur eux pour une meilleure protection de l’environnement dans le futur.
Quelles actions concrètes menez-vous pour atteindre le plus grand nombre d’enfants ?
Nous faisons beaucoup de choses. Nous organisons chaque année un camp qui réunit plusieurs enfants avec qui nous travaillons. C’est parmi ces enfants que nous avons sélectionné les meilleurs pour représenter le Bénin à la Cop22. Cette année, nous serons à Grand-Popo du 3 au 20 août prochain pour l’organisation du camp. Le thème retenu est : « Les enfants citoyens pour une planète propre ». A ce rendez-vous, on va apprendre aux enfants les bonnes manières, les bons réflexes à avoir pour que notre cadre de vie reste propre. Après le camp, les participants s’organisent pour aller sensibiliser leurs camarades qui n’ont pas eu la chance d’y participer. C’est le cas de Grâce Satoguina qui, de retour de la Cop22, a déjà animé une conférence sur l’environnement dans son école pour porter le message aux autres camarades et à d’autres adultes. Ainsi, ces enfants deviennent nos ambassadeurs dans leurs familles respectives, dans la rue et dans la société en général.
Quel est votre regard sur l’attitude des Béninois vis-à-vis de l’environnement ?
J’ai eu la chance de partir du Bénin et de voir comment les autres respectent l’environnement. Les Béninois peuvent convenir avec moi que nous ne sommes pas sensibles à la chose commune. Nous avons tous tendances à considérer les biens publics comme appartenant à l’Etat et dont l’entretien ne nous concerne pas. L’Etat, c’est nous tous. Si tu rends propre ta maison, et en sortant dans la rue, tu jettes quelque chose par terre en disant que ce n’est pas chez toi, tu te trompes. Il est important de comprendre qu’il faut une prise de conscience collective. Les autorités ont leurs responsabilités. Nous avons aussi les nôtres en tant que citoyens pour protéger la chose publique, notre environnement. Les mairies peuvent installer des poubelles, ce qui n’est pas forcément le cas pour le moment. Le citoyen doit faire l’effort de déposer les déchets dans les poubelles plutôt que de les jeter dans la rue. Je sais que nous ne sommes pas toujours sensibles à la protection de notre environnement. Il n’y a pas beaucoup de sensibilisations non plus qui se font pour montrer aux populations les conséquences du tort que nous faisons à l’environnement aujourd’hui.
Et pourtant au Bénin, les textes existent...
L’expérience a prouvé que les sociétés dans lesquelles on impose des amendes pour un certain nombre de choses, il y a du respect. Si vous prenez par exemple la Suisse, pour rien, vous pouvez payer une amende. J’étais dans ce pays, la dernière fois, et je me suis rendu compte qu’ils sont trop avancés en matière de propreté. Dans ce pays, tu es pénalisé pour tout ; même quand tu ne fais pas le tri des ordures tu es amendé. Peut-être que la stratégie d’amende peut amener nos populations à prendre conscience des dangers que nous courons en nous moquant de l’environnement. Aussi, faut-il que chaque citoyen qui a compris la nécessité de respecter l’environnement sensibilise régulièrement les autres. C’est ce que je fais au quotidien sans pour autant paraître comme une donneuse de leçons. C’est un combat de tout le monde pour parvenir au résultat. Je le fais avec politesse et courtoisie. J’explique aux gens l’importance de déposer les déchets dans les poubelles.
Société 21 juin 2017

La gestion de la Société nationale pour la promotion agricole (Sonapra) préoccupe toujours au Parlement. Après Dakpè Sossou, son collègue Paulin Gbénou invite le Gouvernement à venir fournir des éléments de réponses par rapport à la gestion de cette société d’Etat. Le député du Parti du renouveau démocratique (Prd) a déposé une question orale avec débat, en marge de la séance plénière du jeudi 15 juin dernier au palais des Gouverneurs à Porto-Novo.
« La gestion de la Sonapra suscite, ces derniers temps, des réactions diverses qu’on pouvait prévoir. Les affaires des recrutements fantaisistes, de gabegies, d’irrégularités et d’anomalies financières, de bradage d’intrants, de vols de balles de coton n’avaient pas fini d’être élucidées, quand survient une autre polémique : les licenciements abusifs », fait observer le député. Il invite le Gouvernement à clarifier le mode opératoire des recrutements opérés à la Sonapra, le niveau de remboursement des 98 millions des avances sur frais médicaux des agents fictifs de cette société, la justification claire, preuves à l’appui, des 49 milliards de francs F Cfa gaspillés au titre de la campagne cotonnière 2013-2014. Le député de la 20e circonscription électorale voudrait avoir par ailleurs des explications claires par rapport aux auteurs de la création de comptes de charges fictives révélés dans le rapport général sur les états financiers annuels, exercice clos le 31 décembre 2007, l’état signalétique du personnel et l’incidence financière du traitement salarial sur le budget de l’entreprise et le ratio production/consommation de la société les dix dernières années n
Th. C. N.
Société 21 juin 2017