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Nouvelles

Harmonisation du baccalauréat dans les États membres de l’Uemoa: Les capacités des acteurs impliqués renforcées
Organisé par le département du développement humain de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), l’atelier national de renforcement des capacités des acteurs impliqués dans l'initiative d’harmonisation du baccalauréat dans les États membres de l'union se tient du lundi 10 au vendredi 14 février à Cotonou. Au lancement des travaux, Eléonore Yayi Ladékan, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, a réaffirmé la volonté gouvernement béninois d’accompagner cette initiative. En prélude à l’harmonisation du baccalauréat dans les États membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) en 2024, et au Baccalauréat blanc régional en 2022, les acteurs de l’éducation prennent part du lundi 10 au vendredi 14 février à un atelier national de renforcement des capacités à Cotonou. Alphonse da Silva, directeur de l’Office du Baccalauréat et point focal de l’initiative, s’est réjoui de la mobilisation de tous les acteurs autour de ces assises consacrées à l’évaluation du processus. Saluant les autorités béninoises pour avoir accepté la tenue de cet atelier, Komlan Agbo, représentant résident de l’Uemoa au Bénin,  a, au nom du président de la Commission de l'institution, a fait observer que « Cela dénote de l’engagement du gouvernement à cheminer avec la Commission de l’Uemoa dans l’initiative devant aboutir à l’harmonisation du baccalauréat dans l’espace communautaire ». Selon lui, cet atelier va permettre aux acteurs notamment aux enseignants de s'imprégner du processus afin de constituer des relais auprès de leurs pairs. Il s’agira de partager les expériences acquises et d’aborder les diligences en vue du prochain Bac blanc régional. A l’occasion, il a réitéré l'engagement de l'Union à accompagner les États dans leurs ambitions de doter l'espace d'un bac unique. «  Cette réforme vise à faire du Bac un examen répondant aux standards internationaux en matière d’évaluation des compétences des élèves des classes terminales », a-t-il expliqué. Eléonore Yayi Ladékan, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, a exprimé sa reconnaissance au président de la République Patrice Talon qui travaille, depuis trois ans, à l'éradication de la mauvaise gouvernance dans le secteur de l'éducation. Elle a rappelé le vœu du chef de l’Etat d'instaurer un nouveau management dans le secteur de l'éducation à travers l’installation du Conseil national de l’Education. A l’en croire, pendant cinq jours, les acteurs auront à faire le point de l’avancement du processus d’harmonisation du Bac, des démarches à faire et à formuler des propositions sur le plan national pour l’atteinte des objectifs fixés par l’Uemoa. « Un des défis majeurs reste l’effectivité de la libre circulation des enseignants et la mobilité des apprenants dans l'espace communautaire pour favoriser l’émergence d’une éducation de qualité », a-t-elle dit. Education 11 févr. 2020


Prélat & Politique: Des rapports incestueux ?
Berger des bons offices ou redresseur de torts, le prélat marque parfois son intérêt pour la chose politique. Intrusion ou intérêt légitime ? Dans quel régime s’inscrivent ces liens ? « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu ». Ainsi répond Jésus, à la question fourbe des Pharisiens qui lui demandaient s’il est permis de payer l’impôt à César. Cela pourrait suffire à penser que Jésus oppose la politique et la spiritualité. Mais pour le père Alain Dosseh, il en est tout autre. « Tel que le rapporte Luc 20 : 25, il faut distinguer les deux ordres : l’ordre du spirituel et l’ordre du politique; mais pas les opposer. Nous nous adressons aux mêmes hommes. Le politique gère la cité des hommes. L’Eglise, à travers le prélat, œuvre au salut des hommes de la même cité. César (le politique) gère l’ordre temporel et l’Eglise (par le prélat) gère l’ordre du spirituel. Mais les deux ne s’opposent pas, parce que ce sont les mêmes personnes qui vivent les deux ordres dans la société», explique-t-il. Redresseurs de torts ? Dans plusieurs pays du monde, l’on a vu des prélats s’immiscer dans la gouvernance, faire de la médiation, des recommandations, édicter la conduite à tenir et parfois même formuler des exigences. Ainsi, la prélature et la gouvernance politique semblent faire bon ménage. Mais est-ce la vocation du prélat ? Se mêle-t-il, ce faisant, d’un domaine qui ne relève pas de sa compétence ? A en croire le père Alain Dosseh, en donnant son avis sur une question d’ordre politique, puisqu’il s’agissait de l’obligation ou non de payer des impôts à l’empereur César, le Christ a été ainsi appelé à intervenir dans la politique. Et il ne s’y est pas dérobé. « Il a fait comprendre, au désarroi de ses interlocuteurs qui comptaient le piéger, que César en tant que gestionnaire du temporel peut lever des impôts sur les citoyens pour gérer la cité», précise le père Alain Dosseh. Le lien entre politique et prélat n’est donc pas si étanche. Cela s’entend d’ailleurs aisément si l’on se réfère à ce que c’est que la politique et à ce qu’est la prélature. Secrétaire général de la Conférence épiscopale du Bénin, Mgr Aristide Gonsallo, évêque de Porto-Novo, renseigne : « Il nous faut nous référer à l’étymologie latine de la politique. Polis en grec et Civis en latin, c’est la cité. La politique, c’est la gestion de la cité. Or, le fidèle chrétien, en tant que citoyen, est appelé à s’investir dans la cité, à construire la cité. Si tout fidèle est appelé à bâtir la cité, à plus forte raison le pasteur, le prélat ne peut rester indifférent à la vie du chrétien dans la cité. Le prélat a aussi le devoir de bâtir la cité ». L’ancien ministre Jean-Marie Ehuzu épouse cette vision : « Le prélat fait partie de la société. Les évêques ne sont pas étrangers à la vie en société, à la vie de la cité. Ce sont des autorités morales et spirituelles importantes qui interviennent comme des autorités régulatrices lorsque les hommes politiques sont poussés par leur désir effréné de conserver le pouvoir, de manifester leur hégémonie». A en croire Mgr Aristide Gonsallo, il s’agit même d’un devoir pastoral. « Celui qui se mêle déjà de la vie dans la cité fait de la politique parce qu’il construit la cité. Il va sans dire que le prélat est aussi engagé. Et c’est au nom de son devoir pastoral et au nom de la Doctrine sociale de l’Eglise que nous nous engageons, que nous intervenons sur une situation politique. Nous ne nous engageons pas dans le sens du militantisme partisan mais nous nous engageons dans la politique au sens où il s’agit de bâtir la cité, de construire la nation. C’est un devoir que nous remplissons et auquel nous ne pouvons pas déroger », fait savoir ce docteur en Théologie. Un devoir, mais aussi un droit, d’après le père Alain Dosseh. « Comme Dieu intervenait autrefois, lui-même directement ou à travers les prophètes, c’est ainsi que l’Eglise à travers le prélat intervient aujourd’hui, pour éviter qu’il y ait des dérives dans la vie des hommes en société. C’est de droit ! En intervenant dans la politique, l’Eglise ne se mêle pas de ce qui ne la regarde pas ! Et en le faisant, c’est sans calcul, c’est dans le cadre de la recherche du bien, de l’épanouissement de la personne humaine. Car la dignité de l’homme est la dignité de Dieu et la dignité de Dieu transparait dans l’image de l’homme », soutient-il. Une prévenante implication L’intervention du prélat en politique est courante et même sollicitée. « Voyez l’exemple du Congo avec la Cenco, et puis l’exemple emblématique, l’icône en la matière au Bénin, Mgr Isidore de Souza, président de la Conférence nationale des Forces vives de la nation, qui a œuvré et manœuvré avec le président Kérékou pour que la conférence se déroule dans de bonnes conditions et aboutisse aux résultats escomptés », rappelle Jean-Marie Ehuzu pour qui, l’intervention du prélat, quoique parfois jugée importune, a souvent permis d’éviter le pire. Le laïc Horatio Yéwadan met l’accent sur le rôle d’éveilleur de conscience du prélat. « L’Eglise nous recommande d’œuvrer pour une bonne gestion du bien commun, partout où nous vivons et travaillons. Le prélat est là comme un tampon qui nous rappelle à temps et à contretemps, notre mission de service dans la cité, donc dans la politique, à travers les visites pastorales, les homélies, les médias, les lettres pastorales…Tout ceci conformément à la Doctrine sociale de l’Eglise », insiste-t-il. « Dieu est le premier à intervenir dans la vie de son peuple et l’Eglise qui continue la mission évangélisatrice initiée par Jésus ne peut pas être indifférente à ça », appuie le père Alain Dosseh. Si le pape Jean Paul II s’était montré peu enclin à toute activité politique de l’Eglise, Benoît XVI va indiquer « que la parole des évêques est attendue face aux problèmes politiques touchant les processus électoraux, les injustices, les droits humains ». Et avec le pape François, l’Eglise reste davantage sensible aux réalités socio-politiques. Gouverner : un pouvoir qui vient de Dieu C’est entre les mains des gouvernants que se trouve la destinée temporelle d’une cité. Or, gouverner est d’essence divine, selon le père Alain Dosseh. « Lorsque vous regardez dans la parole de Dieu, Dieu ne reste pas indifférent à notre vie. D’abord avec Israël, c’est Dieu qui est le roi de son peuple, c’est lui qui s’occupe de son peuple, qui lui donne à manger, qui prend soin de son peuple, qui édicte les normes… », rappelle-t-il. Et il ajoute : « … quand Israël a demandé à avoir un roi comme les autres peuples, c’est Dieu qui lui concède le roi et c’est encore lui qui parle au roi et à son peuple à travers les prophètes. Les prophètes interviennent pour dénoncer le mal. Et Dieu prenait même la défense des plus pauvres, l’étranger, la veuve, l’orphelin… Donc dès le début, Dieu n’est pas resté indifférent à notre vie d’homme », fait observer le clerc. Jésus lui-même est intervenu sur des questions politiques, éclaire-t-il, lorsqu’il dira notamment à Pilate, alors que celui-ci se vantait d’avoir le pouvoir de le relâcher ou de le crucifier : « Tu n’aurais aucun pouvoir sur moi, si tu ne l’avais reçu d’en haut » (Jean 19, 11). Poursuivant les œuvres de Jésus, les apôtres sont aussi intervenus dans l’organisation de la cité et sur le rôle du gouvernant. Dans sa lettre aux Romains, saint Paul appelle à voir toute autorité comme un don de Dieu: « Il faut que tout être humain soit soumis aux autorités qui sont au-dessus de lui, car il n’y a d’autorité qu’en dépendance de Dieu, et celles qui existent sont établies sous la dépendance de Dieu… » (Romains 13,1). Toute autorité vient donc de Dieu et les gouvernants sont perçus dans ce sens comme des serviteurs de Dieu. Ils font aussi partie du peuple de Dieu. Quant au prélat, en tant que berger du peuple de Dieu, sa voix se trouve être celle qui appelle à la conscience, à la responsabilité. C’est pourquoi, Saint Paul, dans sa première lettre à Timothée, invite le peuple à prier pour ses gouvernants : « J’insiste avant tout pour qu’on fasse des prières de demande, d’intercession et d’action de grâce pour tous les hommes, pour les chefs d’Etat et tous ceux qui ont des responsabilités, afin que nous puissions mener notre vie dans le calme et la sécurité, en hommes religieux et sérieux » (1 Timothée, 1-2). Actualités 11 févr. 2020


Développement du Bénin: La population touche du doigt les grandes réalisations
La dynamique du gouvernement est la même en matière de développement du Bénin. Aucune localité ne sera laissée de côté dans les projets initiés et qui sont en cours de réalisation dans les soixante-dix-sept communes du Bénin. Les citoyens béninois sont de plus en plus édifiés sur les grands projets de développement du gouvernement. Les travaux de construction d’infrastructures sont présentés aux populations à la faveur de l’initiative dénommée ‘’Gouvernement au contact de la population’’. Pour l’étape de la commune de Savalou, les populations ont pu toucher du doigt les réalisations à leur profit. Il s’agit notamment, selon Prosper Yao Iroukora, maire de la localité de la construction, d’un stade moderne. Les travaux ont suffisamment évolué, rassure-t-il avant de préciser que la question de l’eau, très préoccupante dans le département des Collines en général et à Savalou en particulier trouve un début de solution avec le projet de renforcement des quinze forages du réseau de la Société nationale des eaux du Bénin (Soneb). A Savalou, il y a désormais de l’eau potable pour la population, selon les explications du maire à Alain Orounla, ministre de la Communication et de la Poste. La commune de Savalou a aussi bénéficié de la route inter-Etats 3 Dassa-Savalou-Djougou dont les travaux ont été lancés le 04 août 2017, pour une durée de trente-six-mois par l’entreprise Ebomaf sur une distance de 280 kilomètres. Le montant des travaux est estimé à près de 162 milliards de francs Cfa et ils prennent en compte les bretelles de Bassila-Manigri-Prékètè frontière Togo. « Le président Patrice Talon et son gouvernement s’occupent des soixante-dix-sept communes du Bénin. Le chef de l’Etat a le devoir de le faire », a informé le ministre de la Communication et de la Poste. Selon lui, le travail pour le développement du Bénin est énorme. « Nous recherchons l’argent, nous économisons l’argent, nous évitons le gaspillage, pour apporter le développement partout. On sème le développement », a-t-il renchéri, renforçant ainsi la perception des populations sur les réalisations du gouvernement à leur profit. Et toutes ces réalisations doivent se faire dans la paix et la tranquillité. Il faut dire que ‘’Gouvernement au contact de la population’’, sera une rencontre périodique dans les communes, au cours de laquelle, les citoyens vont toucher du doigt les grandes réalisations du Programme d’action du gouvernement, pour le quinquennat 2016-2021. Actualités 11 févr. 2020


« De la fourche à la fourchette »: Une approche novatrice pour les cantines scolaires
Le projet d’alimentation scolaire Local and regional food aid procurement - Bénin / Bèsèn Diannou a abouti à des résultats qui témoignent de son efficacité auprès des communautés bénéficiaires. Son approche plutôt novatrice mérite d’être généralisée à tout le système d’alimentation scolaire pour consolider les acquis. Le succès majeur du projet Local and regional food aid procurement – Bénin / Bèsèn Diannou est d’avoir montré qu’il était possible d’acheter localement des vivres aux standards internationaux, pour alimenter convenablement les cantines scolaires. Au total, 165,9 tonnes de maïs, 136 tonnes de riz, 48 tonnes de niébé, 15 tonnes de beurre de karité ont servi à offrir des repas de qualité, nutritifs et culturellement appropriés, au profit de 13 991 écoliers, entre octobre 2018 et novembre 2019. Le projet Lrp/ Bèsèn Diannou a été mis en œuvre par Catholic Relief Services (Crs) dans les communes de Parakou, Tchaourou, N’dali et Pèrèrè. Ce pari est gagné grâce à l’approche « De la fourche à la fourchette » qui a consisté à s’approvisionner en vivres auprès des coopératives de producteurs agricoles aussi proches que possible des écoles bénéficiaires. Ainsi, un repas fourni dans le cadre du projet coûte 25 F Cfa moins cher en comparaison d’un repas offert par le projet Mc Govern-Dole International Food for Education and Child Nutrition mis en œuvre par la même structure et basé sur les achats importés, informe Blandine Ekpodilè, directrice du projet. L’approche, souligne-t-elle, fait ainsi gagner environ trois mois dans le processus d’achat et de livraison de vivres, et environ deux semaines en comparaison de celle du Programme national d’alimentation scolaire intégrée (Pnasi). Avantages Grâce à  ce projet, 914 producteurs de maïs, de niébé, de riz et de beurre de karité ont été formés aux techniques de production, de transformation, de stockage et de conservation, de warrantage, d’adaptation au changement climatique, avec l’implication de l’Union régionale des producteurs du Borgou-Alibori (Urp/BA). L’approche dite « De la fourche à la fourchette » ou « De la ferme à la fourchette » a le double avantage de permettre une alimentation de qualité et de promouvoir les produits et les mets locaux nutritifs auprès des jeunes apprenants. Elle élargit les débouchés économiques pour les producteurs agricoles locaux, renforce leurs compétences organisationnelles, en même temps qu’elle alimente l’esprit des jeunes enfants, fait remarquer Hruby Laura, chargée d’affaires par intérim à l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique près le Bénin. Catholic Relief Services (Crs) a ainsi démontré, souligne-t-elle, à travers ce projet, qu’en respectant des normes élevées en matière de production et de stockage des aliments et en améliorant les pratiques commerciales simples, les agriculteurs béninois peuvent saisir de nouvelles opportunités économiques et améliorer leurs moyens de subsistance. « En une année, Crs nous a montré qu’il était possible, avec une bonne organisation, de nourrir nos enfants dans les écoles avec ce que nous produisons », témoigne Boukari Bassari, président du comité de gestion (Coges) de l’école Sinanimoin de Pèrèrè, rapporté par l’équipe du projet. Produits améliorés Les produits provenant des coopératives ont systématiquement été testés par le Laboratoire central de contrôle de la sécurité sanitaire des aliments  (Lcssa), pour s’assurer de leur conformité aux normes alimentaires internationales (Codex Alimentarius). Au-delà du fait qu’elle promeut le ‘’Consommons local’’, l’approche « De la fourche à la fourchette » a aidé à améliorer davantage les produits locaux béninois et à les rendre plus compétitifs sur le marché. Ce témoignage de Yô Yarou, dirigeant de la coopérative de riz Nongounira de Sakarou (N’dali), en est une illustration. « Notre riz est maintenant aussi soigné que le riz importé et les gens préfèrent le nôtre car il a meilleur goût », a laissé entendre le producteur. Lady Sabi Méro, vendeuse et cliente de la coopérative Fédération à N’dali, confie : « J’avais l’habitude d’utiliser de l’huile importée pour faire frire mes beignets parce que le beurre de karité n’était pas propre et n’avait pas bon goût. Mais j’ai constaté que la qualité du beurre s’était considérablement améliorée et il restait moins cher que l’huile importée ». « La qualité de notre beurre s’est améliorée grâce aux tests de contrôle de qualité rigoureux de Crs et nous avons beaucoup plus de clients que d’habitude », confirme Awaou Broutani, présidente de ladite association. Société 11 févr. 2020


Développement de marchés de capitaux pour financer les économies: Romuald Wadagni indique le cap à Abidjan
En sa qualité de président du Conseil des ministres statutaires de l’Uemoa, Romuald Wadagni, ministre béninois de l’Economie et des Finances a procédé à l’ouverture de la Conférence inaugurale du Programme conjoint de développement des marchés financiers, J-Cap 2020, ce lundi 10 février à Abidjan. Il a exposé à l’occasion l’utilité et les conditions de réalisation d’un tel challenge. Discuter des dynamiques sur le marché financier de l’Uemoa. Tel est le but de la Conférence inaugurale du Programme conjoint de développement des marchés financiers, J-Cap 2020 qui se tient du 10 au 11 février au Sofitel Hôtel Ivoire d’Abidjan, où se sont réunis depuis hier plus de trois cents acteurs de haut rang des administrations publiques et d’autres pôles d’activités. Placée sous le haut patronage d’Alassane Dramane Ouattara, président de la Côte d’Ivoire, et président de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union économique et monétaire Ouest-africaine (Uemoa), l’honneur a échu au ministre Wadagni de procéder à l’ouverture de ladite conférence, en présence d’Amadou Gon Coulibaly, Premier ministre représentant le chef de l’Etat ivoirien. Au cours de son allocution, Romuald Wadagni a souligné l’importance d’actions urgentes pour dynamiser et diversifier le marché des capitaux au sein de la sous-région ouest-africaine. Selon l’argentier béninois, en tant que vivier duquel le secteur privé peut puiser des ressources pour prendre le relais des Etats, en l’absence de marchés de capitaux attractifs et dynamiques, il n’est pas possible pour les pays d’aller au développement. Surtout dans les pays en développement dont la plupart ne disposent pas des conditions préalables à un marché des capitaux sain. A savoir, un système bancaire sain, un bon cadre institutionnel et réglementaire, des fondamentaux macroéconomiques stables, une infrastructure de marché efficace et un marché de taille suffisante. Aussi, a-t-il exhorté toutes les parties prenantes à œuvrer pour rendre favorables les investissements privés, qui doivent suppléer les Etats dans le financement du développement. Tirer profit des marchés de capitaux Le Programme conjoint de développement des marchés financiers (J-Cap), lancé en juin 2017 pour aider les pays en développement à tirer profit des avantages d’un marché des capitaux local solide, fait à cette fin la promotion du développement de marchés financiers locaux viables dans des pays comme le Bangladesh, l’Indonésie, le Kenya, le Maroc, le Pérou, le Viêt Nam et ceux de l’Uemoa. Il s’agit d’une initiative prioritaire du Groupe de la Banque mondiale, soutenue par l’Australie, l’Allemagne, le Japon, le Luxembourg, la Norvège et la Suisse, qui a centré cette année sa conférence sur l’Uemoa. L’instance sous-régionale de l’Afrique rejoint ce programme en décembre 2018 après la signature d’une convention commune Groupe Banque mondiale-Conseil régional de l’Epargne publique et des marchés financiers (Crepmf). Ceci étant, Romuald Wadagni a révélé la réalisation hier, les objectifs de la conférence d’Abidjan qui se veut une contribution à la réalisation de l’ambition d’instituer des places qui mettent en relation les agents économiques détenteurs d’excédents de capitaux, et ceux qui ont des besoins de financement de leurs économies. Creuset pour explorer les bonnes pratiques de marchés de capitalisation, ailleurs dans le monde, cette conférence entend également esquisser les possibilités de les transposer, a-t-il indiqué. Mais aussi, il revient aux participants à ladite conférence d’envisager les nouveaux créneaux de partenariat, d’investissement et d’affaires avec les acteurs de tous horizons. Selon lui, les réflexions doivent porter à la fois sur le cadre institutionnel et réglementaire dudit marché, les émetteurs et les pourvoyeurs de capital au marché dynamique voulu. Par Kokouvi EKLOU, Envoyé spécial à Abidjan Actualités 11 févr. 2020


Nouvelle mandature de la Chambre de commerce et d’industrie du Bénin: Arnauld Akakpo élu président
La nouvelle mandature de la Chambre de commerce et d’industrie du Bénin a été installée, vendredi 7 février dernier, au siège de l’institution par la ministre de l’Industrie et du Commerce. Occasion pour les élus consulaires de se voir rappeler la mission qui leur est dévolue suite aux réformes intervenues au niveau du fonctionnement de l’institution et de porter à sa tête l’opérateur économique Arnauld Akakpo. Les élus consulaires ont porté à la tête de la Chambre de commerce et d’industrie du Bénin (Ccib) Arnauld Akakpo. A leurs côtés, ce dernier a pour mission de faire désormais de l’institution consulaire une administration performante au profit d’un secteur privé dynamique, créateur de richesse et de prospérité pour le Bénin. Ceci, conformément à la décision du gouvernement d’opérer des réformes structurelles au niveau de sa gestion en vue de mettre fin à des pratiques handicapant son rayonnement. « En tant qu’élus consulaires, vous êtes animés d’une volonté de servir la communauté des opérateurs économiques et ceci constitue une mission bien noble ! Vous travaillerez aux côtés du gouvernement pour inciter et faciliter le développement des affaires. Vos divers appuis et contributions sont vivement attendus dans le cadre des réformes engagées par le gouvernement. Je souhaite que cette nouvelle mandature ouvre la voie à une collaboration de type nouveau entre les dirigeants de la Ccib et l’autorité de tutelle ! », a indiqué Alimatou Shadiya Assouman, ministre de l’Industrie et du Commerce, à la cérémonie d’installation de la mandature 2020-2025 de l’institution. Elle a appelé les membres à veiller à l’application rigoureuse des nouveaux textes statutaires et à faciliter la mise en œuvre de la vision du gouvernement qui consiste à faire du secteur privé un véritable partenaire de l’Etat pour la création de la richesse et la lutte contre la pauvreté. En somme, il s’agit pour eux de repositionner la Chambre de commerce et d’industrie du Bénin pour en faire un véritable centre de services au profit de la communauté des opérateurs économiques. Fort de ce que la nouvelle mandature de la Ccib est constituée d’élus de qualité, capables de relever les défis de l’heure, la ministre a rassuré de l’écoute et de la disponibilité de la tutelle pour que l’institution soit réellement refondée pour le bonheur des opérateurs économiques. L’installation des 60 élus consulaires « marque la fin de la transition décrétée par le gouvernement en vue de la bonne conduite des réformes statutaires et institutionnelles visant l’amélioration des performances de l’institution consulaire ». De quoi satisfaire Alain Hinkati, administrateur provisoire de la Ccib qui a su conduire efficacement les réformes au niveau du système de gouvernance de l’institution jusqu’à l’organisation des élections consulaires le 18 décembre 2019. Arnauld Akakpo dirigera donc pour les cinq prochaines années l’institution avec comme 1er vice-président, Casimir Migan. Les trois autres vice-présidents sont respectivement Kamilou Arouna, Arnaud Dègla et Christiane Tossou. Actualités 10 févr. 2020


Match en retard de la Vitalor-Ligue 1: Service minimum d’Esae face à Béké
Esae Football club s’est imposé, samedi 8 février dernier au stade René Pleven de Cotonou, face à Béké de Bèmbèrèkè par le score de 1-0. C’est pour le compte du match en retard du Championnat national de football de Ligue 1. Avec ce succès, les poulains de Richard Bio arrachent la deuxième place au classement avec 26 points +6. Challenger sérieux de la Vitalor-Ligue 1, Esae Football club a fait le plus difficile en battant Béké de Bèmbèrèkè par le score de 1-0 au stade René Pleven de Cotonou. L’unique but de Christian Biokou marqué à la 34e minute a permis aux poulains de Richard Bio de remporter les trois points de la partie. Avec comme objectif de se repositionner dans le classement, les coéquipiers de Marcel Dandjinou sont vite allés à l’assaut des buts adverses, mais c’est sans compter sur Carlos Djouram, gardien de but de Béké. Le match sera serré pendant le premier quart d’heure entre les deux formations. A la 19e minute, sur une belle phase de jeu, Emmanuel Onyekweni s’appuie sur Maxime Kokpon qui touche la balle de la pointe des pieds sans réussir à surprendre le dernier rempart de Béké. A la 26e minute, Béké Fc se montre dangereux sur une phase offensive mais la défense d’Esae va réagir promptement sur ce coup. Les coéquipiers de Marcel Dandjinou vont reprendre le contrôle de la partie en se procurant d’autres occasions et finiront par faire la différence. A la 34e minute, sur un bon centre de Maxime Kokpon depuis le flanc gauche de l’attaque, Christian Biokou se débarrasse de son vis-à-vis avec un joli contrôle avant d’envoyer la balle au fond des filets. Esae va dominer le reste de la première partie, contraignant les visiteurs à se confiner dans leur camp. A la reprise, le coach d’Esae va donner plus d’intensité à son jeu offensif avec les entrées d’Alfred Linkpon et Farid Edou en lieu et place respectivement d’Éric Sèwa et de Fahadou Touré. Les joueurs d’Esae vont mettre la pression sans succès sur la défense de Béké. Suite à une belle chevauchée, Michael Dossou voit son tir passer au-dessus de la barre transversale. En dépit de sa volonté de faire le break, Alfred Linkpon se fera descendre chaque fois par la défense de Béké Fc. Le coach de Béké va procéder au remplacement de Florent Totoni par Taslim Ganda pour tenter l’égalisation. S’ensuivent des tentatives offensives sans succès. L’entrée de Boris Flacandji à la place d’Emmanuel Onyekweni va renforcer la muraille défensive d’Esae qui conserve son avance (1-0) jusqu’au terme des 90 minutes. Avec cette victoire, Esae Fc prend la 2e place au classement avec 26 points+6 avant son prochain match, mercredi 12 février face à l’As Tonnerre de Bohicon au stade René Pleven de Cotonou. Sports 10 févr. 2020


Appui au développement du secteur agricole : Icco Cooperation ouvre officiellement son bureau au Bénin
L’Icco, une organisation non gouvernementale néerlandaise présente en Afrique de l’ouest depuis plus de 50 ans, s’implante au Bénin avec l’ouverture, vendredi 7 février dernier de son bureau à Cotonou. A cette occasion, les lauréats de la première édition du concours d'excellence d'œuvres médiatiques sur la protection de l'arbre à Karité au Bénin ont été récompensés en présence de la directrice régionale de Icco Rowa, Leena Lindqvist, et de l’ambassadeur des Pays-Bas près le Bénin, Catharina Geertuida Maria Tjoelker-Kleve. Fidèle à sa stratégie à savoir renforcer les systèmes agricoles durables, Icco a procédé, vendredi 7 février dernier, à l’ouverture de son bureau à Cotonou. A l’occasion, Leena Lindqvist, directrice régionale de Icco Rowa, a salué l’engagement des autorités béninoises aux côtés de Icco Cooperation. Pour elle, Icco Cooperation travaille en synergie d’actions avec les gouvernements et institutions locales non seulement en exploitant les compétences sur place mais aussi en renforçant la coopération. « Nous avons actuellement un programme qui est un contrat de plaidoyer et de lobbying où nous renforçons les capacités sur les chaînes de valeurs karité et anacarde », a-t-elle expliqué. En général, Icco travaille, à l’en croire, avec les Odd 2 et 8 relatifs à la sécurité alimentaire et au développement économique. « Nous nous focalisons sur les nouvelles technologies, l’inclusion financière, l’emploi des jeunes et le changement climatique », a-t-elle poursuivi. Satisfaite des démarches ayant abouti à l’ouverture de ce bureau au Bénin, elle a salué la Snv, l’ambassade des Pays-Bas, le ministère des Affaires étrangères du Bénin et des Pays-Bas et Sébastien Dohou pour sa détermination et son engagement aux côtés de Icco. Quant à elle, l’ambassadrice des Pays-Bas près le Bénin, Catharina Geertuida Maria Tjoelker-Kleve, s’est réjouie de l’ouverture de ce bureau qui va renforcer les actions de cette organisation au Bénin. Pour elle, ce bureau est l’aboutissement d’une longue histoire entre la coopération néerlandaise et le Bénin. Ces dernières années, Icco a travaillé, selon elle, sur les filières karité et anacarde dans une vision d’engagement de la société civile basée sur le plaidoyer. «Leur travail a été pertinent parce qu’ils ont amplifié les voix des femmes et hommes producteurs et transformateurs d’anacarde et de karité », a-t-elle ajouté. Ainsi, Icco a pu apporter des éléments pour le développement durable de ces deux filières et renforcé les petits producteurs dans une approche inclusive dans les chaînes de valeurs. « Les jeunes nous tiennent à cœur, car il y a tellement à faire par rapport à leur employabilité », a-t-elle signalé. Les meilleures productions de presse primées Au nom du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Martin Agognon a témoigné la reconnaissance du gouvernement béninois à Icco et à la directrice régionale pour tout ce qu’ils font pour le peuple béninois. A l’en croire, c’est pour asseoir leurs activités au Bénin que les responsables de cette organisation non gouvernementale à caractère international ont entrepris des démarches de reconnaissance officielle auprès des autorités béninoises pour obtenir le récépissé de déclaration administrative leur conférant la capacité juridique d’existence au Bénin. « Elle pourrait dès l’ouverture de ce bureau impacter davantage et apporter un mieux-être aux populations de nos villes et campagnes » a-t-il déclaré. A cet effet, il encourage les responsables de Icco à poursuivre leurs activités sur le territoire national dans les normes afin de satisfaire les populations. « Notre souhait serait de voir vos activités fleurir à savoir la promotion de l’agriculture et des projets d’accès à l’eau potable », a-t-il confié. Sébastien Dohou, représentant pays de Icco, a présenté le programme Alliance pour l’Engagement Citoyen de Icco (Cea) au Bénin. Selon lui, il s’appuie sur une approche de lobbing et de plaidoyer en faveur des politiques et stratégies de développement inclusif soutenues par les Organisations de la société civile (Osc) de manière à impacter les revenus des petits exploitants de karité et d’anacarde. En marge de cette cérémonie, le jury de la première édition du concours d'excellence d'œuvres médiatiques sur la protection de l'arbre à Karité au Bénin a rendu son verdict. Présidé par le cinéaste-documentaliste Sourou Okioh, il a attribué dans la catégorie radio, le premier prix à Ernest Agbota de l’Ortb Parakou tandis que les deuxième et troisième prix sont revenus à Issa Andemi et Soulémane Gbassidé de Deeman radio à Parakou. Au niveau de la presse écrite, Josué Mehouénou du journal de service public La Nation est reparti avec le premier prix tandis que Bonaventure Agbon du journal Bénin Intelligent et André Tokpon de Agritime ont remporté respectivement les deuxième et troisième prix. Seule lauréate dans la catégorie télévision Karamath Agbataou est repartie avec le troisième prix. Société 10 févr. 2020


Débat sur la transculturalité africaine: Œuvrer au bonheur de l’humanité à partir des valeurs écossaises
La transculturalité africaine au regard des valeurs écossaises a fait l’objet de discussions à Cotonou, à la faveur de la Conférence continentale des juridictions écossaises humanistes d’Afrique et de l’océan Indien. Occasion pour des leaders et autres intellectuels de se pencher sur la question et de partager les réflexions sur le sujet. De nombreux conférenciers ont porté des réflexions sur la culture et/ou la transculturalité africaine à l’occasion de la Conférence continentale des juridictions écossaises humanistes d’Afrique et de l’océan Indien. Le thème de la conférence est intitulé «L’avenir de la transculturalité au regard des valeurs écossaises : la spécificité africaine ». A l'occasion, il y a eu la communication sur le thème « Transculturalité et développement humain», assurée par Célestine Zanou, géographe agroéconomiste et consultante internationale, celle sur « Le dialogue des cultures au service de la paix » présentée par Nouréini Tidjani Serpos, sans oublier Rachida Ayari de Souza qui a planché sur le thème «Transculturalité et valeurs africaines ». Mieux encore, on retiendra la présentation inaugurale du professeur Guy Ossito Midiohouan. Présentation qui, au-delà des explications et réflexions sur l’écossisme et ses spécificités, a fait également une place de choix à la culture. « Les Africains et les Noirs en général ont été si échaudés par le mot culture et ses dérivés qu’ils se montrent souvent fort méfiants quand ils l’entendent», soutient-il. Pour lui, en effet, c’est « au nom de la culture et plus précisément de manque de culture qu’on nous esclavagisa, qu’on nous colonisa et c’est toujours au nom de la culture aujourd’hui qu’on nous enfume avec la francophonie». Il ira plus loin, pour soutenir que c’est au nom de cette même culture qu’on conserve «la haute main sur notre monnaie et en nous concédant de temps en temps un peu d’argent de poche». Mais dans la logique du professeur Guy Ossito Midiohouan, on ne gagnerait rien à pleurer sur le lait renversé. C’est pourquoi, annonce-t-il fièrement: « le temps vient bientôt pour en finir avec cette arnaque». Il insiste sur le fait que « le mot n’a eu que des effets ravageurs» et constitue « le paravent trompeur de tous les coups tordus ». Mais il faut scruter plus positivement l’avenir, conseille-t-il. «Nous devons nous résoudre à tourner les pages sombres de notre histoire et saisir les mains tendues invitant à construire ensemble l’avenir », lance le conférencier. Et en cela, les valeurs écossaises prendront une part assez importante. «L’écossisme affirme l’universalisme de ses principes fondés sur un humanisme soucieux de placer l’être humain au centre de ses réflexions et de ses actions ainsi que sa volonté d’œuvrer sans relâche au bonheur de l’humanité et de réaliser son émancipation intellectuelle et morale », fait-il savoir. Rencontre des cultures A l’instar de l’ancien président Nicéphore Soglo invité au colloque d’ouverture, le ministre en charge de la Culture y était aussi. Ce qui le fascine davantage, c’est bien le thème retenu pour cette conférence. Il salue le titre du colloque évocateur de l’humanisme et de l’universalité des valeurs véhiculées par les institutions de l’écossisme et qui trouve son fondement dans la rencontre des cultures. « Ce thème soulève beaucoup de problématiques dans l’environnement international actuel où les cultures se croisent et s’entrecroisent. Pour nous Africains, dont les pays foisonnent de langues, de coutumes et de religions, ce colloque est cardinal et enrichissant, car il s’agira du dialogue des cultures», reconnait-il. Aussi, soutient-il que la transversalité culturelle est l’une des données fondamentales du vécu des hommes, que l’on soit au Bénin ou ailleurs dans le monde. « L’élément déterminant dans l’affirmation de l’expression identitaire des sociétés, c’est le mode de vie, la manière spécifique d’être des hommes », argumente le ministre. Parler de transculturalité, c’est parler de la capacité des hommes et des femmes d’une communauté à utiliser la culture comme instrument de perméabilité, mais aussi une manière de jeter un pont entre soi et les autres, laisse-t-il entendre. Pour rappel, ce colloque qui entre en ligne de compte pour la Conférence continentale des juridictions écossaises humanistes d’Afrique et de l’océan Indien a été précédée de la réunion des grands commandeurs et grands chanceliers et du séminaire maçonnique. Culture 10 févr. 2020


E-commerce: La révolution en marche
Eric Mètinhoué est cash promoteur d’Eyastore.com, un site de vente en ligne qui permet d’acheter cash, à crédit ou achat-tontine. Depuis plus de quatre ans, ce jeune Béninois surmonte toutes les contraintes pour proposer à ses compatriotes des services de vente en ligne. Son entrée dans le secteur a été progressive, mais tout aussi fulgurante. « Nous avons compris qu’il y avait un fort potentiel sur la vente en ligne et à distance, nous avons donc lancé en 2016 la marque Eya, exclusivement sur facebook. En 2018, on a lancé Eyastore qui a pour but principal au début de distribuer des produits technologiques. On s’est très vite rendu compte qu’il y avait un besoin sur plein de produits, donc progressivement, nous avons élargi nos offres à l’alimentaire, l’immobilier, la location de voitures, et bientôt l’assurance », détaille Eric Mètinhoué. Quatre ans après ses débuts difficiles, c’est aujourd’hui dans la posture d’un entrepreneur épanoui qu’il évoque la vente en ligne, les contraintes inhérentes à cette offre de service, mais aussi ses potentiels gains et avantages. Si Eyastore.com est parvenu à s’imposer en peu de temps, c’est grâce au dynamisme de son équipe qui a dû batailler dur. Eric Mètinhoué ambitionne de passer à au moins mille produits avant la fin du premier trimestre 2019. De l’alimentaire à l’ameublement en passant par le cosmétique, la bijouterie, les jeux, les fleurs, les matériaux de construction, l’électroménager… Plus rien ne sera laissé en rade, jure-t-il. « L’idée, c’est d’offrir le maximum de produits aux populations béninoises et aux étrangers et de développer de bons rapports avec les fournisseurs », insiste-t-il. Dans cette ambition de valorisation et de mise en ligne des produits pour la vente, Eyastore.com entend « vraiment faire la promotion du made in Benin ». Odjala.com, tout un marché ! Odjala.com, ce site qui tend à devenir l’une des plus grandes plateformes à proposer des articles divers et toutes sortes d’objets en ligne, a vu le jour par « un pur hasard », raconte avec émotion son fondateur, Afiss Bileoma, ingénieur en informatique. « J’avais un rendez-vous business important et je devais traverser le Nouveau pont qui enjambe le marché Dantokpa. Il y avait un bouchon terrible tel que mon compagnon et moi sommes allés en retard à notre rendez-vous. Au retour, en reprenant par le marché et en réfléchissant, nous nous sommes rendu compte que ce marché qui draine tant de monde n’était pas en ligne. Nous avons alors décidé de digitaliser plusieurs boutiques de ce marché et le succès a été immédiat. Nous nous sommes rendu compte que des gens pouvaient acheter dans ce marché sans venir au Bénin et qu’au lieu des e-commerce locaux, on pouvait faire du e-commerce transfrontalier», explique-t-il. Ce rêve devenu réalité dure depuis trois ans et s’impose en référence dans le domaine de la vente en ligne. Odjala qui veut dire grand marché en yoruba n’a pas mis du temps à s’imposer et à satisfaire sa clientèle. « Au départ, nous pensions juste mettre le marché Dantokpa en ligne », rappelle Afiss Bileoma. En seulement trois ans, cette plateforme a permis à beaucoup de personnes de commander de nombreux produits ou articles et de les recevoir dans les délais. Inspiré du modèle Ali baba, Odjala.com connait actuellement une phase de maturité qui lui permet de générer des ressources propres. Mais pour y arriver, il a fallu à ses fondateurs batailler dur et surtout gagner la confiance des acheteurs. C’est surtout la diaspora africaine qui peut jubiler de l’avènement d’une telle plateforme. 70% des ventes vont en sa direction. « Nous sommes très friands du made in Africa. C’est notre spécialité », laisse entendre Afiss Bileoma. En dehors de la diaspora africaine, il y a la clientèle locale et une frange d’acheteurs américains et européens très intéressés par les produits africains. Activité à risque Entreprendre dans un secteur comme le commerce en ligne est tout sauf une petite aventure. Déjà, il n’est pas facile de gagner la confiance des clients, mais il faut en plus s’entourer des garde-fous pour contrecarrer les assauts des hackers et autres cybercriminels à l’affût et qui peuvent faire couler tout l’investissement et le système mis en place. Unanimement, tous les acteurs interrogés conviennent des risques, sans pour autant se laisser emporter par quelque crainte. Afiss Bileoma évoque pour sa part deux difficultés majeures. « Il faut maîtriser la chaîne de transport et assurer un paiement efficace », indique-t-il. Pour lui, les plus gros risques dans cette activité sont liés à ces deux difficultés. Après quoi, il mentionne les problèmes liés à la cybercriminalité. Pour Amanda Djamba, informaticienne dans une institution privée de la place, « en matière de vente en ligne, les Béninois sont très réticents en raison de la cybercriminalité ». Même si aujourd’hui certaines plateformes de vente en ligne parviennent à instaurer la confiance avec la clientèle, cela ne se concrétise qu’au bout de lourds sacrifices, laisse-t-elle entendre. Pas étonnant qu’en général, les Béninois ne demandent à payer que quand le produit est livré et ses caractéristiques vérifiées. Pour se tirer d’affaire, Murielle Alapini, consultante sur les questions de technologie et d’informatique, propose de « mettre en place des systèmes et mécanismes pour assurer la qualité et la quantité ». Le commerce en ligne n’est pas un jeu d’enfant. En plus de trouver les astuces pour convaincre les acheteurs à leur faire confiance, les plateformes doivent amener les promoteurs des produits à adhérer à cette innovation. Il faut trouver le mécanisme pour dissiper les craintes à chaque niveau avant de se tirer d’affaire. Cette partie du puzzle est particulièrement difficile à démêler. « Certains promoteurs, dès qu’ils ont vu ce que nous faisons, sont venus spontanément vers nous. Mais il a fallu aussi faire la cour à d’autres pour les amener à se décider. Nous sommes allés vers certains les démarcher », indique Eric Mètinhoué. Mais, « Certains fabricants ne comprennent pas toujours et pensent que ce qui importe pour nous, c’est de gagner de l’argent. Non», se désole-t-il. Briser le plafond de verre La plupart des acteurs sont unanimes sur la nécessité de sensibiliser les potentiels clients pour mieux ouvrir les horizons à ce type de commerce. « Il faut éduquer, sensibiliser et rassurer la population. Il faut leur faire comprendre que vendre en ligne n’est pas synonyme de ‘‘gay-man’’ (cybercriminel), nous sommes des commerçants et disposons d’un siège social », plaident-ils. En somme, il ne leur est pas facile de faire valoir qu’ils sont des entreprises sérieuses, en tout cas dignes du nom. Pour Afiss Bileoma, ce type de transaction est avantageux à plus d’un titre. Assis dans son canapé, on peut commander un produit de n’importe où et l’avoir à temps. Mais le e-commerce au Bénin est encore embryonnaire, nuance Murielle Alapini. « Nous avons des offres de biens et services utilisant les réseaux sociaux. Quand on parle de e-commerce réel, il faut des plateformes dédiées avec des systèmes de paiement bancaire électroniques (paiement par carte bancaire surtout) », argumente-t-elle. Josué F. MEHOUENOU Société 07 févr. 2020


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