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Nouvelles

Salon international du textile africain 2020: Le coton, le textile et la mode béninoise célébrés à Malabo
La participation du Bénin à la sixième édition du Salon international du textile africain (Sita) a été une réussite. Participants et organisateurs en conviennent. Désormais, dans le secteur du textile, de la mode et du design, sur le plan continental et même international, il faut compter avec lui. « Le bilan des trois jours de participation au Salon international du textile africain (Sita) a été très positif pour le Bénin qui a montré son savoir-faire et sa créativité à travers les collections de vêtements et les différents produits présentés, issus du coton béninois ». Carole Borna, conseiller technique aux Arts du ministre Jean-Michel Abimbola, est satisfaite. C’est en effet elle qui a conduit la délégation béninoise à Malabo, en Guinée équatoriale pour être de ce rendez-vous important des créateurs. L’édition 2020 demeure un vaste marché d’opportunités d’affaires pour tous les acteurs intervenant dans l’industrie du coton, retient-elle. En effet, le Sita œuvre pour la promotion et l’amélioration du textile africain. Il entend contribuer au développement économique des acteurs africains du textile. L’ambition, c’est de positioner, le secteur du textile et de l’habillement comme le deuxième secteur pourvoyeur d’emplois après l'agriculture. « Le Bénin qui est un des grands producteurs de coton sur le continent, et le premier en Afrique en 2020, peut tirer un énorme profit de la filière coton, si les produits issus de sa transformation sont de meilleure qualité et consommés à plus grande échelle ». C’est là, toute la philosophie de cette initiative qui ne cesse d’épater. Pour cette sixième édition, la délégation béninoise est composée de Perpétue Akouélé, jeune créatrice de mode plusieurs fois primée, Juliette Bossou Sobabe Afi, tisserande et productrice de pagnes tissés, Nadia Adanlé, spécialiste du pagne indigo, promotrice depuis 2007 du salon « Couleur indigo», Charlemagne Amoussou alias Lolo Andoche, créateur et formateur, Abass Bello, spécialiste des tenues traditionnelles et du textile Atcho-Oké, Fatoumata Alidou Dosso spécialisée dans le pagne tissé "baru bekeru », Sylviano Ulrich, créateur et formateur, Déhanatou Issa Taïrou, tisserande et productrice de pagnes tissés et Emilie Tiboute Sama, designer-créatrice. «Industrie du textile africain : état des lieux et stratégies de développement », c’était le thème du salon. Salon auquel la délégation béninoise a pris part grâce à la vision des ministres en charge de la Culture et de l’Industrie. Pour la cheffe de la délégation, les deux membres du gouvernement ont été plus que des visionnaires. Pas seulement en décidant et en portant ce projet, mais aussi et surtout en acceptant la présence du Bénin à travers ses vrais acteurs qui connaissent le textile et la mode, et dont la notoriété ne souffre de la moindre contestation. L’événement a été marqué, entre autres, par des compétitions de créateurs sur le tapis rouge, des conférences, des expositions, et enfin une soirée de gala dénommée « La nuit du coton » avec une présentation des collections des plus grands stylistes d’Afrique. Quand le Bénin force l’admiration ! Le Bénin n’a pas seulement participé à la sixième édition du Salon international du textile africain (Sita), délocalisé pour la première fois en Afrique centrale. Il a surtout fait parler de lui et prouvé au continent, combien en matière de textile, de création et d’art, il faut compter avec lui. Les membres de la délégation conduite par Carole Borna ont sorti le grand jeu, à maints égards. Résultat, le Bénin est devenu le temps de ce salon de haut niveau, l’un des pays les plus en vue. Les Béninois se sont illustrés dès la parade internationale pour le lancement de l’événement. Parés des costumes traditionnels de différentes régions, ils ont défilé sous les ovations d’un public composé de stylistes de haut rang, mais aussi et surtout devant des personnalités dont on connait l’attachement à la culture. Devrait-on alors s’étonner de l’enthousiasme du président équato-guinéen Teodoro Obiang N’guema Mbasogo lors de sa visite sur le stand du Bénin ? Il s’est montré particulièrement admiratif du génie créatif béninois qui s’est exprimé à travers les tissus, les tenues et tous les articles et accessoires de mode présentés par les représentants du pays à ce salon. Et comme pour le séduire davantage, Carole Borna, cheffe de la délégation et conseiller technique aux Arts du ministre Jean-Michel Abimbola, l’a remercié pour cet honneur en lui offrant un cadeau. Un geste fort apprécié par le président équato-guinéen qui n’a pas manqué à l’occasion, de dire tout le bien qu’il pense du Bénin. Il a dit être un ami du Bénin et un admirateur de la culture béninoise. Le stand du Bénin aura été en tout cas l’un des plus visités «avec des retombées intéressantes pour nos stylistes et productrices de pagnes tissés en termes de ventes et de contacts avec les visiteurs et les professionnels », apprécie Carole Borna. Autre élément marquant de la participation, deux talents béninois se sont distingués et ont été sélectionnés par le jury lors des défilés, parmi plus de vingt candidats. Il s’agit de Perpétue Akouélé, 2e prix et Fatoumata Dosso, 3e prix. Le Bénin a aussi eu l’honneur de présenter six stylistes au total alors que les autres pays n’en ont présenté que deux. Une autre expression du génie créatif du pays. Actualités 07 févr. 2020


Projet Bénin brass school: Faire renaitre la lutherie de ses cendres
L’Association belge Metx en partenariat avec l’Amicale des artistes pour le progrès (Aap) et avec l’appui de Wallonie Bruxelles international met en oeuvre du 2 au 11 février prochain le projet Bénin brass school. C’est un projet qui a pour objectif de former les jeunes artistes à la lutherie. Une vingtaine de ventistes et cinq apprentis luthiersparticipent du 02 au 11 février prochain à une formation à la lutherie au Bénin. Un métier qui permet de fabriquer des instruments à cordes frottées et pincées y compris des instruments à vent ou de percussion. Laurent Blondiau, trompettiste et responsable du projet, affirme qu’il s’agira au cours de cette formation de fonder un nouvel atelier de lutherie au Bénin avec des jeunes qui rêvent d’apprendre le métier. Il explique que le luthier est un artisan qui fabrique manuellement des instruments de la famille des violons. Selon lui, le luthier participe à la vie musicale et culturelle de sa ville et de sa région. Il informe que cela fait une dizaine d’années que l’association travaille au Bénin avec les musiciens s’inspirant du vaudou. « Nous avons découvert que le Bénin est un pays très riche au niveau du vent. La qualité des musiciens est assez incroyable au Bénin », a-t-il ajouté. Selon lui, le Bénin dispose d'un seul luthier qui est décédé il y a quelques années, raison pour laquelle l’association organise cette formation pour refonder un nouvel atelier de lutherie et encadrer des jeunes qui aspirent à ce métier. Il informe qu’à la fin de la formation des jeunes seront sélectionnés pour se rendre en Belgique afin de se perfectionner. En dehors de cette formation, le responsable du projet annonce qu’une nouvelle formation aura lieu en novembre prochain au Bénin dans le but de renforcer les capacités professionnelles des jeunes luthiers. «Nous sommes venus avec une cinquantaine de matériels et nous pensons que l’idéal est que dans quelques années, l’on puisse former des luthiers qui serviront à tous les ventistes du Bénin et de la sous-région », a-t-il souhaité. Roger Gomez, musicien trompettiste, affirme que cette formation est la bienvenue à un moment où la lutherie tombe en désuétude. Il en veut pour preuve, le manque de matériel et de moyens financiers. Au nom des participants à cette formation, il a tenu à remercier les organisateurs pour avoir eu l’idée de les former et de les doter d’instruments qui leur permettront d’être de bons luthiers sur le plan national et international. Culture 07 févr. 2020


Assemblée nationale: Le double degré de juridiction de la Criet instauré
La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) est désormais dotée d’un double degré de juridiction avec une chambre de jugement et une chambre d’appel. La loi relative à cette réforme a été adoptée ce mercredi par les députés à l’Assemblée nationale. La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) est plus que jamais renforcée. Ce renforcement découle de la loi n°2020-07 modifiant et complétant la loi n°2001-37 du 27 août 2002 portant organisation judiciaire en République du Bénin, telle que modifiée par la loi n°2018-13 du 2 juillet 2018 relative à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme, adoptée ce mercredi au Parlement. Les modifications apportées sont notamment relatives à l’instauration d’un double degré de juridiction qui établit au niveau de la Criet une chambre de jugement et une chambre d’appel avec comme corollaire le renforcement du ministère public et du greffe, à l’énumération indicative des infractions qui relèvent de la Criet, à l’indication précise du profil des magistrats appelés à y officier, à la clarification du régime procédural qui y est appliqué et au droit transitoire simplifié. Les articles modifiés et complétés portent sur les articles 5, 6, 7, 10, 13, 19 et 20 de la loi n°2001-37 du 27 août 2002 portant organisation judiciaire en République du Bénin, telle que modifiée par la loi n°2018-13 du 2 juillet 2018 relative à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme actuellement en vigueur. Le texte modifié et complété a été adopté à l’unanimité des députés qui n’ont pas manqué de féliciter la Criet principalement son président, Cyriaque Dossa et son procureur spécial, Ulrich Gilbert Togbonon, pour tous les efforts consentis qui ont permis d’imposer cette jeune juridiction en peu de temps d’existence. Pour les parlementaires, l’avènement de la Criet et son office ont permis de renverser la courbe de la complaisance répressive et d’élever le Bénin au rang des pays qui luttent efficacement contre les infractions économiques. La Criet s’est montrée efficace face aux réponses judiciaires des gouvernants successifs depuis 1990 dans le cadre de la lutte contre la corruption et qui se sont montrées insuffisantes et dispersées. Ces réponses n’avaient pas permis au Bénin de faire face judicieusement à ce fléau qui sape les efforts de développement et de préservation de la sécurité. Il a fallu l’avènement de la Criet pour que le bout de tunnel soit trouvé, se réjouissent les députés. L’honorable Eustache Akpovi met d’ailleurs à l’actif de la Criet les recettes douanières et fiscales qui sont pratiquement passées du simple au double depuis l’installation de cette juridiction. Tout simplement parce que les agents indélicats de l’administration des Douanes et des Impôts sont désormais traqués et conduits devant la Criet. Les députés saluent le gouvernement pour les modifications apportées à la loi en vigueur dans le but de renforcer cette juridiction sans la dénaturer. Ils se réjouissent de l’innovation relative à l’instauration de légalité des armes des parties au procès avec le principe du double degré de juridiction. Cela conformément, aux recommandations de la Cour constitutionnelle et la Cour africaine des droits de l’homme, relèvent les députés. L’examen du dossier a été défendu par le ministre chargé de la Justice, Me Severin Quenum, qui, à la fin de la plénière, a animé un point de presse pour revenir de long en large sur cette réforme de la Criet. Les députés en congés Les députés ont clos ce mercredi les travaux de la première session extraordinaire de l’année 2020 qu’ils ont ouverts le mercredi 22 janvier dernier. Ainsi, après deux semaines de travaux, ils ont mis un terme à la session pour prendre un congé. Cela, en vertu des dispositions de la Constitution béninoise qui stipulent que les sessions extraordinaires durent au plus quinze jours. Mais avant de clôturer hier, le président de l’Assemblée nationale, Louis Vlavonou, a félicité ses collègues députés pour le bilan de cette session. Selon lui, sur 17 dossiers inscrits à l’ordre du jour, huit ont été examinés et adoptés en huit séances plénières. Ce qui fait une moyenne d’un dossier par séance, se réjouit le président de l’institution parlementaire avant de souhaiter un bon repos à ses collègues. Th. C. N. Actualités 06 févr. 2020


Permis de construire et de démolir: Une nouvelle réglementation entre en vigueur
Le gouvernement penche pour une modernisation de la gestion foncière au Bénin. Le Conseil des ministres du mercredi 5 février a pris une série de mesures à ce propos. Au nombre de celles-ci, la règlementation du permis de construire et de démolir. Les décisions prises par le Conseil des ministres du mercredi 5 février relativement aux permis de construire et de démolir tombent comme un gros soulagement pour les populations. Une nouvelle réglementation est adoptée et les opérations sont toutes encadrées dans des délais. Une réforme qui devrait impacter aussi bien les populations que les milieux d’affaires qui ont ainsi des raisons d’être plus sereins dans leurs projets et investissements. L’ambition du gouvernement, c’est de faciliter les procédures d’instruction et de délivrance de ces documents administratifs et de définir le rôle des acteurs. Il est à noter ici que cette règlementation vise à clarifier et actualiser les conditions d’octroi des différentes autorisations d’urbanisme, améliorer la qualité du service rendu aux usagers et préciser les responsabilités respectives des autorités chargées de la délivrance desdites autorisations et des autres acteurs (constructeurs, architectes, ingénieurs) de façon à limiter l’insécurité juridique en la matière. Elle établit que le processus de délivrance des autorisations d’urbanisme incombe à la collectivité territoriale ou à l’Etat, selon le cas. Finie la pagaille sur les terres, pourrait-on dire après cette décision qui constitue une véritable avancée dans le règlement des problèmes liés au foncier. Le décret pris en Conseil des ministres ce mercredi a aussi l’avantage de clarifier les obligations de chaque acteur. Il permet de définir de façon exhaustive le contenu du dossier de demande, et de renseigner sur les délais d’instruction et de délivrance des actes sollicités. Il met surtout chaque autorité en face de ses responsabilités et fixe sa parcelle de pouvoir. L’autorité compétente dispose de quinze jours pour donner une suite au requérant une fois que la phase d’instruction normale est achevée. Pour ce qui est des démarches, elles sont désormais contenues dans des délais. Actualités 06 févr. 2020


Recrutement de personnel militaire: 840 candidats aux épreuves sportives dans le Mono
Le concours direct de recrutement de personnel au profit de l’Armée a abordé sa phase active depuis lundi 3 février dernier. 840 candidats ont affronté à Lokossa, pour le compte du Mono, la première partie du concours consacrée aux épreuves sportives. Ce sont au total 840 candidats qui se sont inscrits, dans le département du Mono, pour prendre part au concours de recrutement dans les corps de l’Armée béninoise. Et ils ont répondu tous présents, lundi dernier à Lokossa, pour subir la première phase des épreuves à savoir une course de vitesse. Les hommes ont couru 6 km contre 4 km pour les dames. La course s’est déroulée sur l’axe Lokossa - arrondissement de Ouèdèmè. Au terme de cette épreuve, les cent premiers ont été retenus. 20 anciens volontaires enrôlés pour le service militaire d’intérêt national, dont trois femmes, font partie des lauréats. Ces derniers sont démobilisés depuis plusieurs années. Les nouveaux qui, au terme du processus du recrutement, feront leur entrée dans les casernes sont au nombre de 80 dont 12 femmes. Le quota de 100 lauréats a été concédé au département du Mono compte tenu de l’effectif des inscrits, fait savoir le lieutenant-colonel Georges Barka, président du comité d’organisation du concours dans le Mono. A l’en croire, le concours se déroule en trois phases. Ainsi, le groupe des 100 lauréats va subir, dans les prochaines heures, des épreuves écrites notamment en dictée, éducation civique et mathématiques. Sous le sceau de la transparence En donnant le top de la compétition, Arnaud Agon, secrétaire général du département, a tenu à préciser que le gouvernement et le chef de l’Etat, en particulier, tiennent à la transparence dans l’organisation du concours. C’est pourquoi, dira-t-il, « du dépôt des dossiers à l’organisation des épreuves sportives de ce jour, en passant par la phase de l’étude des candidatures, tout s’est passé au vu et au su de tout le monde, dans le respect de l’équité et de la justice». Le lieutenant-colonel Georges Barka insiste que le recrutement est placé sous le sceau de la transparence. A l’en croire, cette option explique la mobilisation des caméras pour la proclamation des résultats au terme de la course. La présence des représentants des diverses structures impliquées dans le recrutement vise également à prouver la transparence, a laissé entendre l’officier de l’armée. La supervision des épreuves a été assurée par Franck Béhanzin au nom du ministère en charge de l’Intérieur. Société 06 févr. 2020


Université catholique Louvain de Belgique : Angélique Kidjo faite docteur es honoris causa
Après sa consécration aux Grammy Awards, le 26 janvier dernier, la vedette de la chanson béninoise Angélique Kidjo a été faite docteur es honoris causa de l’Université catholique Louvain de Belgique. Ce titre honorifique à elle remis, ce 4 février, pour son engagement notamment pour l’accès à l’enseignement lui a permis de souligner l’intérêt pour le monde à œuvrer pour l’éducation des filles et les droits des femmes en général. « Je suis émue et très honorée de recevoir cette distinction », confie-t-elle tout en relevant l’importance de l’éducation et de la connaissance, gage, selon elle, de la stabilité et du développement du monde. L’éducation, à son avis, ne doit pas être mercantile mais ouverte à tous. Son intérêt n’est non plus à marchander à la femme africaine qui demeure sans doute, selon elle, « la colonne vertébrale du continent ». Fière de sa culture, elle n’a non plus manqué de dire tout ce qu’elle a lui a donné. Le titre de docteur es honoris causa de l’Université catholique Louvain a également été décerné à Nuccio Ordine, professeur de littérature à l'Université de Calabre et spécialiste de l’histoire de la pensée ; ainsi qu’à François Taddei, chercheur interdisciplinaire en faveur d’approches éducatives innovantes. Kokouvi EKLOU Actualités 05 févr. 2020


Distribution d’allocations aux orphelins: Une manifestation de la solidarité pour le bien-être social
Le centre mère des croyants pour l’enseignement et la formation de Parakou a servi de cadre, dimanche 2 février dernier, à une cérémonie de distribution d’allocations aux enfants orphelins. C’est une œuvre de l’Association pour la solidarité sociale au Bénin (A2s). Déjà éprouvés et très vulnérables, les enfants orphelins méritent un peu plus d’attention et d’affection. Ceci pour les aider à surmonter les épreuves de la vie et à ne pas se sentir abandonnés dans la société. Pour l’avoir compris, l’Association pour la solidarité sociale au Bénin (A2s) était à leur chevet, dimanche 2 février dernier à Parakou. Au cours d’une cérémonie qu’elle a organisée et qui était à sa deuxième édition, des allocations leur ont été distribuées. En effet, ils sont au total 326 enfants orphelins venus des quatre coins du Bénin, à avoir été pris en charge par l’association, grâce à l’appui de plusieurs de ses partenaires. Chacun d’eux a reçu une allocation de 225 000 F Cfa. Pour le responsable chargé des orphelins au niveau de l’association, Ibrahim Adam, ces allocations permettront non seulement de bien suivre leur scolarité, mais également d’assurer leur alimentation et leur santé. « Ce sont nos enfants qui ont perdu leurs parents. Selon la loi islamique, nous devons leur venir en aide », a-t-il fait observer pour justifier la portée de l’acte posé par son association. Il a ensuite exhorté les tuteurs des enfants concernés à utiliser effectivement les moyens mis à disposition pour leur meilleur suivi. Mais avant, il a exprimé la gratitude de l’association à ses partenaires qui ont accepté d’accompagner ces orphelins. Saliou Djaffo a, au nom des enfants et des tuteurs, remercié l’association et ses partenaires pour leur initiative. Il a promis qu’un bon usage sera fait des allocations reçues. Apolitique, à but non lucratif et de droit anglais, l’A2s intervient dans les domaines social, humanitaire et sanitaire. Depuis plus de deux décennies, elle fait des œuvres sociales en faveur de l’amélioration des conditions de vie des populations. Outre les actions en faveur de l’éducation et de la santé, elle assure également la prise en charge des orphelins et assiste les étudiants démunis. Société 05 févr. 2020


Développement de l’économie numérique: Engouement pour les achats en ligne
Les Béninois s’habituent peu à peu aux moyens de paiement électronique. Dans les supermarchés, en pharmacie et autres boutiques, ils sont nombreux à utiliser de plus en plus ces nouvelles technologies pour régler leurs achats et transactions. Au carrefour Wawata-Zounto dans la commune de Zê à 35 km au nord de Cotonou, Emile Sogbadji tient l’unique kiosque de transactions digitales de la localité. Il reçoit environ 200 abonnés Gsm par jour, selon ses estimations. « Ils viennent faire des dépôts et des retraits d’argent », confie-t-il. Depuis deux ans, son centre est le lieu de rencontre de toutes les couches du village. Jeunes comme adultes, riches ou pauvres y mènent diverses transactions. Boniface Boutokpo, agriculteur à Zê, envoie de l’argent à ses enfants qui étudient à Allada par ce moyen de paiement. Pour lui, cette technologie facilite les transactions et limite les tracasseries. A l’en croire, cette forme de paiement a rendu les transactions plus simples, rapides et sécurisées. « J’envoie de l’argent à mes enfants sans me déplacer et ils le reçoivent rapidement », se réjouit-il. Comme Boniface, beaucoup de femmes des marchés se sont habituées et sont à leur aise avec ce mode de payement. Les smartphones et Android sont alors devenus des outils prisés en raison de leur efficacité à cette fin. Françoise Tossou, vendeuse de divers produits au marché de Togba, avoue faire ses commandes et les payer par téléphone. « Je n’ai plus besoin de me déplacer pour acheter mes marchandises », détaille-t-elle. Il suffit, explique-t-elle, d’appeler le vendeur, pour faire les commandes, payer et envoyer son chauffeur chercher. Pour Olive Francisco, collaboratrice à La Voix des Consommateurs, ces nouveaux moyens d’achat et de paiement permettent à la femme d’entreprendre librement et de s’autonomiser, notamment grâce à la microfinance digitale. « Le numérique s’intègre ainsi à tous les secteurs et permet à la femme de s’affirmer », ajoute-t-elle. Pour Thierry Ahouassou, directeur général par intérim de l’Agence des services des systèmes d’information (Assi), la digitalisation des moyens de paiement est favorisée par la mise en place par l’Etat des infrastructures de télécommunications et des Tic (Pdi2t). « Nous avons d’une part le cadre réglementaire, la plateforme d’interopérabilité au niveau de la Bceao, et l’ensemble des services fournis par les Gsm, les start-up et les entreprises privées sont, d’autre part, les avancées notables dans la digitalisation des moyens de paiement au Bénin», explique-t-il. Eudoxe Gauthé, expert en marketing digital, vice-président du patronat des start-up du Bénin, fait remarquer que les transactions financières dématérialisées ont pris de l’ampleur ces dernières années. « Il y a quelques années, le paiement électronique était inexistant au Bénin, mais de nos jours, il fait partie du quotidien des populations », assure-t-il. Selon le directeur général de l’Assi, Thierry Ahouassou, le projet d’urbanisation de la Société béninoise d’énergie électrique va démarrer sous peu avec pour premier jalon de fournir très rapidement en termes d’utilité des services de paiement des factures, tout au moins pour le prépaiement des factures. Il s’agira de fournir un dispositif qui permettra de payer en ligne. A tout ceci, s’ajoutent les paiements d’impôts en ligne. « Il y a une volonté du gouvernement de fournir des services aux citoyens en s’appuyant sur les plateformes de paiement », renchérit-il. A l’en croire, cet écosystème du numérique offre de nombreuses opportunités. Non seulement la digitalisation va favoriser les échanges entre les pays de l’Uemoa grâce à la plateforme d’interopérabilité, mais aussi les fournisseurs Gsm ont un taux de pénétration assez intéressante dû au déploiement de la fibre optique. « L’Etat envisage aussi de mettre en place sa plateforme de façon à inter-opérer avec tout cet écosystème », revèle-t-il. Des cercles vertueux de transactions Le paiement numérique présente beaucoup d’avantages pour les populations. Pour Thierry Ahouassou, le citoyen n’a plus besoin de se rendre au guichet, il évite le contact avec l’administration ainsi que tous les risques de corruption, gagne du temps et bénéficie de l’accès facile et équitable aux services publics. « La dématérialisation va conduire à la mise en place d’un cercle vertueux », note-t-il. C’est pourquoi, il faut sensibiliser les cadres de l’administration sur la sécurité informatique, l’accès au service et autres pour motiver les usagers. Les populations pour leur part se réjouissent de l’avènement de cette révolution. Pour Joslyn Houessou, opérateur économique, les transactions physiques avec des liquidités ne présentent plus beaucoup d’intérêts et se soldent souvent par une grosse perte de temps, sans parler des risques de perte ou de vol. « Vous n’êtes pas en sécurité en portant de grosses sommes sur vous, car vous pouvez être surpris à tout moment par les divorcés sociaux », a-t-il indiqué. Roger Aboudjou, agent à la mairie de Cotonou, pense que le paiement des salaires par voie électronique, par carte bancaire, téléphone mobile ou toute autre technologie, va favoriser la bancarisation, limiter les risques et réduire la corruption. Pour lui, les tracasseries sont énormes pour le travailleur qui doit faire la queue pour toucher son salaire, ensuite se déplacer pour payer en espèces les frais d’école, les factures d’eau et d’électricité. Toutes choses que le paiement numérique facilite en quelques secondes. Comme lui, beaucoup de retraités saluent la bancarisation des salaires. Les agents de l’Etat touchent désormais leurs soldes sans perdre de temps dans les longues files. Le Bénin est en passe d’une transformation numérique qui touche tous les secteurs et les autorités sont conscientes qu’il est nécessaire de bâtir la confiance numérique. La création de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) et l’adoption de ses textes en Conseil des ministres, du Code du numérique, la construction du data center, la mise en place des infrastructures à clés publiques et autres, constituent des pas de géant posés pour la sécurité dans le cyberespace. Des perspectives heureuses pour les consommateurs et les entreprises. A Cotonou comme dans les autres villes du Bénin, aux points de vente des produits Gsm et autres kiosques, nul n’est plus en marge des paiements digitaux et des achats en ligne. Une avancée qui débouche le plus souvent sur le commerce en ligne grâce, selon Eudoxe Gauthé, à l’émergence de sites y dédiés. Des offres et achats s’accroissent Grâce à l’internet haut débit, le commerce digital ne cesse de se développer au Bénin. Via les réseaux sociaux ou les plateformes numériques, les offres à ce propos s’accroissent. En dehors des Gsm, ce terrain d’innovations suscite un vif intérêt chez de nombreux acteurs, les start-up, les FinTech et surtout les géants du net que sont les Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon). Ces derniers cherchent à se positionner pour la relation client, la monétisation des données, les services connexes à valeur ajoutée... Spécialiste en acquisition client, Eudoxe Gauthé pense que ces technologies contribuent énormément à l'essor de l'économie numérique au Bénin. « Cela favorisera l'éclosion de nombreuses startup qui pourront proposer des moyens de paiement électronique adaptés au marché béninois ». Actualités 05 févr. 2020


Professeur Noël Gbaguidi, président du Conseil national de l’Education: « Il s’agit de transformer radicalement le système éducatif national »
Installé le 21 janvier dernier, le Conseil national de l’Education (Cne), se veut un puissant outil pour panser les plaies du système éducatif national. Noël Gbaguidi, son président, est convaincu de la détermination de ses membres à accomplir efficacement la mission à eux confiée. Le bilan global de la première mandature du Cne rénové est attendu d’ici 2023. On l’attendait depuis des mois. Le Conseil national de l’Education (Cne) est enfin installé. Que peut-on attendre de cet organe ? Avant d’aborder les attentes, permettez-moi de rappeler ce que c’est que le Conseil national de l’Education, ses attributions, son organisation et son fonctionnement. Le Cne est une autorité administrative indépendante créée en 2003 par le législateur qui, ayant constaté les dysfonctionnements du système éducatif, a imaginé cette institution à laquelle on a confié une mission fondamentale : celle de veiller à la mise en œuvre des options fondamentales en matière d’éducation en République du Bénin. Il a été constitué pour la première fois en 2009. La manière dont il avait été conçu dans ses attributions n’a pas permis de résoudre efficacement les problèmes du système éducatif national. Ayant tiré les conclusions d’une évaluation sommaire, le président de la République, Patrice Talon,a constaté que le Cne ne pouvait pas aussi jouer son rôle de pierre angulaire du système éducatif national. Or, le programme d’action du gouvernement table sur des options économiques fondamentales. En 2003, le législateur avait conclu que l’éducation est la première priorité nationale. Convaincu de la pertinence de cette proclamation, le chef de l’Etat a décidé de rénover le Cne, de le transformer en un organe souple et performant. Tout en se basant sur la philosophie de départ, inspirée par le législateur,il a décidé de donner de nouvelles attributions fortes au Conseil pour lui permettre de contrôler, dans une certaine mesure, l’action des ministres en charge de l’Education. Par exemple, le Cne tel que rénové doit donner son avis conforme sur tous les projets de recrutement dans le secteur, tous les projets de nomination venant des ministères sectoriels, sur l’établissement de la carte scolaire et universitaire,il doit se prononcer sur les projets de lois et de règlements touchant le système éducatif béninois. Dans certaines matières, le Cne définit lui-même les normes et standards applicables. Il est également un organe de réflexion prospective. Il a quatre grandes fonctions : celles d’orientation, de coordination, de suivi-évaluation et de décision. C’est un organe souple tourné vers la performance et l’efficacité. Quels résultats peut-on attendre du Cne au vu de ses attributions ? Nous sommes conscients des attentes de la population. De grands espoirs sont placés en l’activité du Cne de type nouveau. Le président de la République ne le perd pas également de vue. C’est dans cette mesure qu’il a inspiré lui-même la composition du conseil. Le Cne, nouvelle génération, est composé de vingt-neuf membres dont la représentation n’a rien à voir avec le populisme. C’est un groupe de techniciens touchant tous les ordres de l’enseignement et de la recherche scientifique. Au Cne, il y a les enseignants du primaire et de la maternelle, du secondaire général, du secondaire technique et professionnel, du supérieur, des chercheurs, des spécialistes en suivi-évaluation des politiques publiques, en science de l’éducation, des juristes constitutionnalistes, des économistes de l’éducation. Les acteurs sont recrutés sur la base de leurs compétences, de leurs expériences pour répondre aux attentes des populations. Tel qu’il est conçu, si les actions sont menées dans le sens de l’enthousiasme et de l’assiduité actuels, d’ici à quelques années, les résultats seront probants. Il s’agit de transformer radicalement le système éducatif béninois de façon structurelle afin de soutenir le développement économique durable. Concrètement, qu’est-ce qu’on peut attendre du Cne au regard des prérogatives qui lui sont conférées ? Le Cne va exercer son pouvoir. Les tâches entrant dans ses attributions seront exécutées. Les problèmes du système éducatif sont multiples et multiformes. Ils vont des programmes de formation aux infrastructures en passant par la qualité et la quantité du personnel, l’organisation et la gestion du système. Le Cne ayant une fonction de suivi-évaluation, va évaluer toutes les actions pour identifier les problèmes, les hiérarchiser et s’attaquer aux problèmes les plus brûlants. Peut-on dire que les attributions du Cne font de lui une superstructure? Non ! (Sourire…). Nous avons entendu dire que c’est un super ministère d’Etat qui transforme les ministres actuels en secrétaires d’Etat. Chacun est dans son rôle. Le Cne n’est pas dans l’opérationnel. Il ne recrute pas lui-même les enseignants, ne conçoit pas lui-même les programmes de formation, il ne prend pas de décision de nomination et d’affectation de ressources, ni de sanction. Le Cne veut veiller à la pertinence des projets de réformes, à la justesse des projets de nomination et des affectations budgétaires, à la construction des infrastructures selon les normes. Il veut veiller à ce que la carte scolaire reflète les besoins réels des populations. Si le Cne se prononce sur un projet d’affectation de ressources ou de programme de formation, et estime qu’il n’est pas pertinent, cet avis est lié. Le ministre en charge du dossier doit se conformer à cet avis. Le Cne ne fait pas de gestion quotidienne. C’est le domaine des ministres. Le Cne est une technostructure, pas un ministère. Beaucoup de gens s’attendent à un miracle avec l’installation du Cne, comment comptez-vous combler toutes les attentes ? Il n’y a pas de miracle. Nous voulons travailler. Les activités bien conduites par les hommes donnent toujours de bons résultats. Chacun jouera sa partition. Nous sommes dans un secteur très sensible et nous devons en tenir compte. Il n’y a pas que la technicité. Nous touchons également le volet de la famille et de la société. La famille, la société, l’environnement jouent un rôle fondamental dans l’éducation. La famille est le premier lieu de l’éducation, où le citoyen prend son identité. Si elle joue mal son rôle, les citoyens auront du mal à marcher droit. Nous pouvons évoquer les problèmes de l’éducation au sens large, entre autres, les mauvaises pratiques, les détournements, les comportements amoraux…ils sont largement liés à l’éducation dans les familles et dans les rues. Comment le Cne, nouvelle génération, se projette-t-il d’ici l’horizon 2023 ? Le Cne a un mandat de quatre ans. Nous travaillerons avec méthode. Nous allons identifier, dans un premier temps, les problèmes du secteur, ensuite les hiérarchiser et les répartir dans le temps. Nous allons nous baser sur des programmes d’activités et des plans de travail annuels, sans précipitation, mais avec détermination. La problématique de l’employabilité et du chômage demeure un casse-tête pour les sociétés africaines. Le Bénin n’en est pas épargné. Quelles seront vos actions dans ce sens ? Le Cne regorge de nombreuses compétences. Le patronat est représenté au Cne. Il pourra y exposer ses préoccupations, ses difficultés. Les formations actuelles favorisent-elles l’employabilité ? Nous allons nous focaliser sur la pertinence des réponses apportées à la question de la formation-adéquation-emploi et faire des suggestions pour orienter la formation vers l’employabilité. Vous évoquiez tantôt les problèmes du système éducatif national. S’agissant de la question du profil des enseignants, comment comptez-vous y prendre pour faire renforcer leur niveau ? Les enseignants ne viennent pas de nulle part. Si le système éducatif est mauvais, ils ne peuvent pas avoir reçu une mauvaise formation pour en donner une de bon. C’est une sorte de reproduction de modèle. Nous avons un modèle de système qui n’est pas performant. Les enseignants transposent aux apprenants, les lacunes qu’ils reçoivent de leur formation. Le Cne doit pouvoir apporter des réponses à ces insuffisances. Déjà, le gouvernement a opté pour le recyclage des enseignants. Nous pourrons résoudre ces problèmes si nous travaillons avec méthode. Que diriez-vous en termes de perspectives pour conclure cet entretien ? Nous avons le devoir de mener des réflexions prospectives pour orienter la politique éducative vers de nouveaux horizons afin de trouver des réponses à nos préoccupations. L’organisation et la gestion du système éducatif sont-elles bonnes ? Nous ferons des propositions dans ce sens. Je suis très optimiste que nous pourrons poser des jalons dans le sens de l’amélioration du système éducatif national. Nous n’avons d’ailleurs pas le choix. Education 05 févr. 2020


Travaux de lotissement à Abomey-Calavi: Empoignades autour des réserves sociocommunautaires
De vives tensions règnent autour de la disparition de domaines réservés aux infrastructures sociocommunautaires à Abomey-Calavi. Augustin Houétinou habite Zogbadjè, un quartier populaire d’Abomey-Calavi. Pour accéder à son domicile, il est obligé de faire un détour par plusieurs ruelles, la principale voie d’accès étant fermée par une clôture en matériaux définitifs. Mais ce n'était pas ainsi quand il s’est installé dans sa maison en 2009. « C’est lors du recasement de deux acquéreurs ayant perdu leurs domaines que les élus locaux ont fermé notre principale voie d’accès », explique-t-il en exhibant des preuves de ses démarches en direction de la municipalité. Ses multiples recours auprès de la Mairie, en vue de la réouverture de la voie, n’ont pas prospéré. Cet isolement le prive d’eau et d’électricité. Les problèmes liés aux travaux de lotissement dans la commune demeurent entiers et n’épargnent pas les domaines réservés aux infrastructures sociocommunautaires. Le quartier Cocotomey-centre, dans l’arrondissement de Godomey, subit lui aussi les affres des manœuvres astucieuses. D’une superficie de 8959 m2 et sis au lot 435, zone 13, un domaine réservé à l’école maternelle et primaire publique selon certaines indiscrétions, a subi un morcellement avant d’être vendu avec la complicité d’un membre du comité de lotissement. Selon les explications du chef quartier, le vendeur a avoué son «forfait » devant le président du comité de lotissement, le chef quartier et l’envoyé de la Mairie d’Abomey-Calavi, lors d’une séance contradictoire. Frétus Aguiar, président du comité de lotissement local de Cocotomey, ne se reconnait pas dans ces accusations. « Le lot 435 fait partie des réserves administratives de la zone 13. Personne ne peut y toucher s’il ne remplit les formalités. Nous voulons le désaffecter pour régler le cas des sinistrés. Pour le moment, le lot est intact malgré le nombre de sinistrés à satisfaire. Le conseil communal n’y a même pas encore pensé», jure-t-il. Marché disparu A quelques mètres de l’école maternelle de Cocotomey, le domaine de l’ancien marché de Cocotomey est querellé. La pomme de discorde : le morcellement du domaine à d’autres fins. Le 22 février 2017, le Syndicat national unifié des vendeuses et vendeurs des marchés assimilés du Bénin (Synauvemab) a lancé l’alerte à travers une lettre pour faire constater la «disparition du marché relevé à l’état des lieux sous le n°0495 K et de superficie de 1659 m2». Selon le plan d’urbanisme, ce marché qui n’avait pas été frappé de coefficient de réduction, se retrouve maintenant dans le lot 473 parcelle D, Cocotomey zone 13, et a été réduit à la superficie de 994 m2. Le syndicat dénonce une réduction de 665 m2 de la surface du marché. Un mois plus tard, Léon Coco, agissant au nom de la collectivité Coco demande l’intervention du maire pour faire la lumière sur le dossier. Les réactions s’enchaînent. Le 12 avril 2017, les notables de Cocotomey saisissent l’autorité communale de la vente frauduleuse du domaine du marché à Médard Coco, présumé propriétaire du domaine querellé, à 40 millions de F Cfa (plus de 60 000 Euros). Curieusement, c’est son cousin Pierre Coco, par ailleurs membre du comité de géomètres qui encaisse l’argent. Pendant que le chef quartier présente le domaine comme un don de la collectivité Coco et accuse le comité de lotissement de complicité de tentative de spoliation, Frétus Aguiar, président du Comité de lotissement, estime qu’en tant qu’unique garçon héritier du domaine de Coco, Médard a librement vendu la parcelle dont il a hérité. « S’il a associé un membre du comité de géomètres à la vente, ce dernier a agi en tant qu’individu et non en tant que trésorier du comité de lotissement », argue Frétus Aguiar. Dans la foulée, la mairie décide, par arrêté municipal en date du 10 septembre 2019 de l’érection d’une gare routière sur le domaine querellé. Mais cette option n’a pas suffi à calmer la tension restée vive. A Cococodji, à quelques kilomètres de Cocotomey, la détermination de la superficie de l’école maternelle est querellée. Dans une lettre en date du 30 septembre 2016 adressée au maire de Calavi, les sages et notables de Cococodji-Centre dénoncent une « mafia foncière dans leur quartier ». Ils citent au nombre des domaines bradés, la zone 15 Agbogboville lot 4 parcelle A dont l’école maternelle d’une superficie de 2734 m2 et l’école primaire publique couvrant une superficie de 11870 m2. Depuis 2016, le comité de veille n’ayant pas eu gain de cause, s’est essoufflé. Pour sauvegarder les réserves administratives au Bénin en général et à Calavi en particulier, l’ancien ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale, Barnabé Dassigli, publie en octobre 2018 trois communiqués successifs interdisant la réduction des réserves administratives par les conseils communaux, demandant la libération de la réserve administrative prévue pour abriter le jardin public sis à Zopah à Akassato, lot 324 rogné par de tierces personnes; et la reconstitution des réserves administratives. Ironie du sort, il sera limogé lui-même du gouvernement le 20 février 2019 pour «son implication dans des opérations irrégulières de lotissement et de transactions foncières ». Des églises à la place des écoles Le Collectif des associations de développement de l’arrondissement d'Abomey-Calavi évalue à 205 690 m2 les réserves morcelées dans la zone des cadres (Zoca) et la zone des palmiers à huile (Zopah) par les élus communaux. On y retrouve par endroits des lieux de cultes bâtis en matériaux définitifs en lieu et place des écoles primaires publiques. Gélase Houngè, directeur de l’Aménagement et de l’Urbanisme à la mairie d’Abomey-Calavi, nuance: « Le constat sur le terrain n’est pas souvent la réalité dans les documents. Les projections diffèrent de ce qui est sur le terrain», avertit-il, documents à l’appui. En vue de la sécurisation des terres, le Bénin a entrepris l'expérimentation du cadastre dans quatre villes : Sakété, Tori-Bossito, Bohicon et N’Dali. Mais les préfectures et les mairies ne semblent pas encore prêtes pour le mettre en application. Par ailleurs, l’installation des structures prévues par le Code foncier et domanial et la budgétisation de leur fonctionnement tardent à prendre corps. La justice à la rescousse Face aux dérives foncières, Gilbert Togbonon, procureur spécial de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), par ailleurs auteur de deux ouvrages sur le foncier, évoque l’incompétence des techniciens du foncier : « Les ventes que les gens opèrent dans le cadre des opérations de lotissement sont du vol et de la corruption. Les réserves disponibles résultent de la fraude. Cela pose un problème de compétences intellectuelles des acteurs de terrain, à savoir les géomètres, les urbanistes… Le maire ne doit pas être un acteur de préparation de lotissement, mais plutôt un contrôleur», analyse-t-il. S’appuyant sur l’article 493 du Code foncier et domanial, il évoque l’épée de Damoclès qui plane sur la tête de l’ensemble des maires qui, au lieu de rester dans ce rôle de contrôleur des travaux de lotissement, en deviennent des acteurs. « Si on devrait sévir dans le cadre des opérations de lotissement au Bénin, c’est tous les maires qui iront en prison. Les gens ne respectent pas la loi», dit-il. Au surplus, préconise-t-il une formation des magistrats afin de les rendre compétents sur les questions foncières en vue de leur laisser les mains libres pour « frapper ». Au demeurant, il démontre qu’il ne saurait avoir de réserves administratives disponibles à d’autres fins que l’érection d’infrastructures sociocommunautaires au profit des populations. Car ce n’est pas à l’issue de l’opération de lotissement qu’on prévoit ces infrastructures mais avant le démarrage de tout lotissement. Il n’y a donc aucune raison qu’on réoriente la destination des domaines prévus à cet effet, soutient le magistrat. Ping-pong entre géomètres et urbanistes A Abomey-Calavi, géomètres et urbanistes se rejettent la responsabilité des irrégularités foncières qui suscitent des empoignades dans la commune. A ceux qui imputent aux mairies la responsabilité de la disparition des quotas administratifs, Franck Hessouh, conseiller communal d’Abomey-Calavi, rétorque que c’est aux géomètres qu’il faut demander des comptes. « En matière de terre, la première personne à viser, c’est le géomètre. Il sait le nombre de parcelles qu’il y a sur le terrain. L’administration communale ne peut s’approprier un domaine si elle n’en est pas informé », soutient-il. A en croire certains techniciens du foncier, il ne s'agit là que d'un faux procès. Si la mission de l’urbaniste est de tracer les voies et de fixer les zones d’infrastructures sociocommunautaires, le géomètre expert, pour sa part, applique ces tracés sur le terrain et rend compte de son travail à la mairie qui se charge à son tour de le concrétiser. « Le géomètre ne modifie rien sans le travail préalable de l’urbaniste et l’autorisation de la mairie. La faute revient à la mairie si des réserves disparaissent aujourd’hui. C’est à elle de sécuriser ses domaines », se défend Alexandre Zougban, géomètre et ancien collaborateur du cabinet Djinadou, rejetant le tort sur la mairie. Wilfrid Capo, architecte-urbaniste, s’offusque de ces reproches. Estimant faire un travail de bureau et donc intellectuel, il jure que l’urbaniste n’a aucun pouvoir pour empêcher les irrégularités foncières notées à Abomey-Calavi. Toutefois, il souligne la faiblesse de ses collègues urbanistes dans les zones de Togoudo, de Godomey et Tankpè pour avoir mal évalué le coefficient de réduction ou pour avoir accepté de se faire dicter le coefficient de réduction de 33 % par la population. « Au finish, on ne dispose plus de réserves », se désole-t-il. Pour autant, le géomètre ne saurait être hors de cause. Il pointe du doigt le Cabinet Djinadou. Lequel a exécuté le plus gros lot du lotissement d’Abomey-Calavi, sans que les conditions de cette mission soient réunies. « Si vous demandez son arrêté d’approbation, vous ne l’aurez pas ; aucun urbaniste n’est intervenu sur l’opération de manière continue pour qu’on puisse mieux l’apprécier », soutient-il. Alexandre Zoungban, accepte les accusations portées à l'encontre du cabinet où il avait travaillé. Mais il relativise en indiquant que Djinadou n’est qu’un complice et que le mauvais fonctionnement de la mairie reste le fond du problème. Pis, il y avait un conflit entre le cabinet Djinadou et la Mairie. Les travaux furent suspendus tout au long de cette querelle. «Mais pendant ce temps, des géomètres allaient travailler frauduleusement sur le terrain», fait-il observer. Mais d’autres acteurs expliquent autrement le manque de réserves administratives. «Tant qu’il y aura des sinistrés, il n’y aura pas de réserves parce que c’est la somme des coefficients de réduction opérés sur chaque parcelle qui permet de disposer des réserves. S’il y a des sinistrés, on coupe les réserves pour les satisfaire », tranche Frétus Aguiar, président du comité de lotissement local de Cocotomey. Gélase Hounguè, directeur à l’Aménagement du Territoire et de l’Urbanisme à la mairie d’Abomey-Calavi, renchérit : «C’est lorsqu’on a fini de recaser tout le monde, qu’on parle de réserve. Si le dernier acquéreur ne trouve pas sa place, le thème réserve devient un non-sens ». Jeu mathématique de pseudo-géomètres L’insuffisance de réserves relève également d’un jeu mathématique des pseudo géomètres. Avec les faux calculs, les gens qui n’avaient pas de parcelles au départ, surgissent de nulle part et se retrouvent subitement avec des parcelles. Nestor Avononmandégbé, président de l’Observatoire pour la gestion transparente d’Abomey-Calavi (Ogt-Ac), qui affirme avoir mené le combat de la transparence dans le domaine de l’immobilier dans la commune, atteste de cette réalité : «Les réserves administratives sont très mal gérées dans notre pays. Nous assistons à des soi-disant dédommagements entre conseillers, maire, personnalités alors qu’il existe un arrêté préfectoral qui interdit formellement ces actes», se plaint-il. Il n’est donc pas étonnant qu’à Abomey-Calavi centre, les travaux de remembrement urbain piétinent. C’est depuis 1999 que les travaux de lotissement ont démarré dans la zone de Cocotomey par exemple. Ils n’ont pu être achevés en raison des nombreuses suspensions. Et nul ne sait quand ils seront repris. Pourtant, aucune des difficultés actuelles n’a sa raison d’être car il existe un plan de référence d’aménagement du plateau d’Abomey-Calavi. Ledit plan avait prévu des grands axes sur la base d’un taux de prélèvement que chaque acquéreur devrait donner pour l’effectivité de ce projet. Au démarrage de l’opération, ce taux n’a plus été respecté parce que les populations se sont opposées au coefficient de réduction de 33 %. Martial Atchou, autochtone de Calavi et victime des irrégularités commises dans le cadre des opérations de remembrement urbain, pense que l’Etat doit ériger des plaques sur tous les domaines réservés aux infrastructures sociocommunautaires pour décourager les personnes indélicates. Mais cette option ne marche pas à tous les coups. Elle engendre d’autres désordres. « Les gens implantent des plaques portant de faux noms d’autorités juste pour distraire les populations », confie Augustin Houétinou, propriétaire terrien à Zogbadjè. Le casse-tête demeure donc entier. Société 05 févr. 2020


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