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Nouvelles

Assainissement de la berge lagunaire de Cotonou: Démarrage effectif des travaux
La berge lagunaire de Cotonou, située le long du marché international Dantokpa, autrefois jonchée d’ordures est en plein aménagement à la satisfaction des usagers du marché et des habitants des quartiers Gbogbanou, Missèbo et Hindé. Un tour sur la berge lagunaire de Cotonou montre que les travaux de son aménagement ont démarré à la grande satisfaction des usagers du marché Dantokpa et des habitants des quartiers Gbogbanou, Missèbo et Hindé. Ce projet du gouvernement entre dans sa phase active sous la conduite des forces de sécurité fortement déployées sur les lieux. L’aménagement de ce site intervient après le déguerpissement des occupants illégaux mené par la préfecture de Cotonou. Depuis le 7 janvier dernier, le site a été libéré. Aujourd’hui, tout le monde apprécie cette opération du gouvernement tant critiquée au départ. « Quelque chose est en train de changer dans mon pays. Je dois le reconnaître. Je n’ai pas reconnu le paysage, lorsque j’y ai fait un tour. Tout est déblayé. Il n’y a plus d’ordures. L’assainissement est en cours, un remblai du site fait qu’on aura du plaisir à venir ici », a indiqué Francis Mihami, ancien chef du 5e arrondissement de Cotonou qui s’est senti dépaysé à la vue du site aménagé. A l’œuvre, le génie militaire qui a réussi à transformer, en l’espace de quelques jours, cette berge lagunaire autrefois jonchée d’immondices en un cadre attrayant, vivable. Les tas de déchets solides ménagers sont dégagés et cèdent place à un site assaini. Selon certains usagers, le gouvernement ne s’est pas limité à dégager les déchets encombrants pour la lagune. Tous les gravats sont dégagés du site avec le reprofilage de toute la portion allant de Missèbo à Gbogbanou et Dantokpa en passant par Hindé. Désormais, plus d’occupants illégaux sur les lieux, car, des mesures sécuritaires sont prises, pour surveiller le site. En témoigne la présence permanente des éléments de la Police républicaine et des forces de défense sur la berge. Société 03 févr. 2020


Point de la mission du chef de l’Etat aux Etats-Unis: Aurélien Agbénonci parle d’une visite valorisante pour le Bénin
Du dimanche 26 au jeudi 30 janvier, le chef de l’Etat était en mission à Washington. Cette visite de travail a permis au président Patrice Talon d’échanger avec d’éminentes personnalités sur le Bénin qui se révèle de plus en plus. Ses interlocuteurs ont d’ailleurs reconnu et salué l’efficacité des politiques publiques qui mettent le Bénin sous les projecteurs. C’est ce qui ressort du bilan fait, vendredi 31 janvier dernier, par Aurélien Agbénonci, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération. Aux Etats-Unis, le président Patrice Talon n’est allé ni quémander, ni supplier. Bien au contraire, il est allé valoriser le Bénin dans sa marche résolue vers la prospérité et dans son ambition de se révéler au monde. Dans ce cadre, le chef de l’Etat s’est entretenu avec de hauts responsables d’institutions financières internationales, le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo et quelques compatriotes de la diaspora. Et bien loin des rumeurs malveillantes, le président n’a eu à faire face à aucun mouvement de protestation ou à des remontrances. Loin de là ! Ses interlocuteurs lui ont réservé un accueil empreint d’enthousiasme et l’ont encouragé pour les réformes courageuses engagées. C’est ce qu’apprend le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Aurélien Agbénonci. « Aujourd’hui le Bénin est mieux valorisé. Il était important que le chef de l’Etat effectue cette visite qui vise le raffermissement des relations avec les États-Unis mais aussi le renforcement de la coopération avec les institutions internationales qui sont basées à Washington », souligne le chef de la diplomatie béninoise. Au niveau bilatéral, les échanges entre le chef de l’Etat et le secrétaire d’État américain ont essentiellement porté sur les progrès économiques, la consolidation de l’Etat de droit et de la démocratie. Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a félicité le chef de l’Etat pour les réformes courageuses conduites au Bénin, la lutte contre la corruption...« En dépit de toutes les richesses naturelles, ce qu’il faut pour le Bénin, c’est la discipline, le travail et le renforcement du capital humain » ; c’est la vision du chef de l’État. Les deux personnalités ont ensuite parlé du climat des affaires au Bénin qui s’est beaucoup amélioré grâce aux réformes et lois ; un climat favorable à un partenariat bénéfique entre entreprises américaines et béninoises. Ils ont également abordé le renforcement de la coopération contre le terrorisme, un fléau qui sévit dans la sous-région notamment au Mali, au Niger et au Burkina Faso, qui menace le monde entier et auquel aucun Etat ne peut rester indifférent. L’autre chantier de coopération bilatérale avec les Etats-Unis, c’est le Millennium challenge account (Mca) qui contrube énormément à l’amélioration des conditions de vie au Bénin. « Le Bénin fait partie des pays qui ont utilisé à bon escient le compact », a soutenu le ministre Aurélien Agbénonci qui donne l’exemple des prouesses réalisées au Port autonome de Cotonou avec le premier compact et des bonds faits sur le plan énergétique par le Bénin avec le deuxième compact. Lors de son séjour, le président Patrice Talon a aussi rencontré l’administrateur de l’Usaid, la machine opérationnelle des Etats-Unis en matière de coopération. Tout en remerciant l’organisation pour son appui au Bénin, le chef de l’Etat a insisté sur le renforcement du capital humain. Les deux nouvelles priorités du chef de l’Etat Avec les responsables d’institutions financières, le président Patrice Talon a abordé les réformes politiques et économiques qui ont été mises en œuvre au Bénin et les résultats palpables qui en découlent ; les mutations en cours dans la sous-région notamment les diligences pour la monnaie unique, l’Eco. Il a surtout présenté le Bénin révélé et exprimé ses attentes vis-à-vis des partenaires. « Le président a tenu à présenter à toutes ces personnalités ce qui aujourd’hui constitue les priorités. La première priorité à partir de maintenant, c’est le capital humain. Si nous avons des Béninois bien formés, nous allons réduire le coût de l’expertise extérieure. Nous avons besoin de compétences, et ce dans tous les domaines. C’est pourquoi le Bénin entend investir dans le renforcement du capital humain. La deuxième priorité, c’est l’inclusion financière pour permettre à tous les Béninois de vivre décemment », fait savoir le chef de la diplomatie béninoise. Avant de rencontrer les hauts responsables de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international et de la Société financière internationale, le chef de l’État a d’abord échangé avec les administrateurs béninois en fonction dans ces institutions. Ensuite, avec le vice-président Afrique de la Banque mondiale, il a passé en revue ce qui a été fait depuis leurs derniers échanges, il y a deux ans. La Banque mondiale a félicité le Bénin pour l’utilisation optimale des ressources dans la production et la distribution de l’énergie électrique... Mais l’ambition du chef de l’Etat va au-delà : « Aujourd’hui où la production énergétique a augmenté, le chef de l’État voudrait que les ménages les plus pauvres bénéficient d’une accessibilité à l’énergie à un coût très abordable ; qu’ils puissent bénéficier des branchements à des conditions quasiment forfaitaires. La Banque mondiale a salué cette ambition car elle relève de la dimension sociale... », indique le ministre Aurélien Agbénonci. Le président de la Banque mondiale a montré aussi un grand intérêt pour ce qui se fait au Bénin : les réformes économiques, l’environnement des affaires. Il a été heureux de constater que le Bénin a créé des conditions favorables à l’amélioration du climat des affaires. La directrice du Fonds monétaire international avec qui le chef de l’État a fait le point de la coopération, a également salué la bonne dynamique de l’économie béninoise. Avec le directeur de la Société financière internationale, le président de la République a parlé du renforcement du bureau de la Sfi à Cotonou. Il a souhaité que la Sfi appuie le Bénin dans ses ambitions pour le tourisme et le réaménagement urbain notamment Dantokpa, le marché des gros bétails… En somme, trois idées fortes se dégagent de cette visite de travail du chef de l’Etat. « La première idée, c’est la constance de la nature des déplacements du chef de l’État qui ne fait que des visites de travail. Il préfère se déplacer pour travailler pour la Nation ; ce qui confirme que la diplomatie est réellement au service du développement. La deuxième idée, c’est le message du chef de l’Etat à ses interlocuteurs. Ce que je vous demande, c’est d’observer le Bénin. C’est un pays qui fait des progrès. Nous menons la lutte contre le désordre, l’impunité, la corruption. On n’a pas besoin de diamant ou de pétrole pour se développer. Ce qu’il faut, c’est le travail, l’opiniâtreté… La troisième idée forte, c’est le respect des engagements internationaux et la détermination à maintenir le cap des réformes au Bénin », résume le chef de la diplomatie béninoise Aurélien Agbénonci. Actualités 03 févr. 2020


Revue des finances publiques 2019: Priorité à la mise en œuvre de neuf réformes phares
Faire la rétrospective de la mise en œuvre des différentes réformes des finances publiques au cours de l’année 2019 et présenter les grandes lignes de réformes envisagées pour 2020. C’est à cela que la revue 2019 des finances publiques, organisée vendredi 31 janvier à Cotonou, s’est employée. C’était surtout l’occasion d’évaluer la série d’actions engagées pour améliorer la performance du système de gestion des finances publiques. Le Programme d’action du gouvernement (Pag) a retenu pour le compte du ministère de l’Economie et des Finances, neuf réformes phares. Il s’agit de la réforme relative à la mise en œuvre d’un système de compte unique du trésor, celle relative à la passation des marchés publics, aux corps de contrôle de l’ordre administratif, les réformes relatives à la gestion du patrimoine de l’Etat et à la revue du cadre légal et réglementaire des établissements publics et assimilés. A cela s’ajoutent la réforme relative à la mise en œuvre de la gestion budgétaire axée sur les programmes, celles relatives aux procédures de contrôle fiscal et clarification des droits et obligations en matière de contentieux fiscaux, la réorganisation et la professionnalisation des corps de contrôle de l’Etat et enfin, les réformes relatives à la rationalisation de la fonction de comptable public et de la fonction de contrôle financier. Neuf réformes phares qui se déploient déjà et qui changent le visage des finances publiques au Bénin. 2020 étant une année charnière dans la réalisation du Pag, l’urgence est de prioriser la mise en œuvre de ces neuf réformes phares qui incombe au ministère de l’Economie et des Finances, a soutenu à l’occasion de la dixième revue des finances publiques, Alban Bienvenu Bessan, coordonnateur de l’Unité de gestion de la réforme du système de gestion des finances publiques (Ugr). La revue des finances publiques, dira-t-il, « est un travail collectif considérable qui se déroule chaque année pour faire le point de mise en œuvre des actions réalisées ». Elle est aussi, poursuit-il, une occasion pour échanger entre parties prenantes sur des choix opérés et des orientations retenues dans la conception et la mise en œuvre des réformes des finances publiques. Pour lui en effet, le gouvernement a engagé d’importantes réformes du système de gestion des finances publiques en vue d’améliorer la qualité des services offerts aux clients et d’accroître la mobilisation des ressources intérieures. Des réformes qui, pour la plupart, visent la digitalisation des procédures dans l’administration grâce au développement du numérique. « Ce nouveau paradigme de réforme impulsé par le gouvernement vise d’une part à limiter au maximum le contact humain et d’autre part à appréhender tout le paradis fiscal qui autrefois échappait à l’Etat », indique Alban Bienvenu Bessan. Bilan ! Dans cette quête, l’année 2019 s’est offerte comme un champ d’expérimentation dont il est important de faire le bilan. C’est en cela que se justifie le thème de cette revue « les finances publiques face à l’éclosion du numérique : la gestion en mode programme ». Le choix de ce thème se justifie également par la généralisation de la double commande et de la bascule vers le nouveau système d’information de gestion des finances publiques (Sigfp), retient Alban Bienvenu Bessan. Ce sera l’occasion, annonce-t-il, de faire la rétrospective de la mise en œuvre des différentes réformes des finances publiques au cours de l’année 2019 et de présenter les grandes lignes de réformes envisagées pour 2020. La revue permettra surtout d’évaluer la série d’actions engagées pour améliorer la performance du système de gestion des finances publiques, de faire des recommandations et d’identifier de façon consensuelle des perspectives. Ruben Alba Aguilera, chef de coopération de la délégation de l’Union européenne, dira pour sa part que ce « thème est révélateur de la préoccupation des autorités béninoises, de mettre au service du secteur public des outils modernes pour plus d’efficacité et d’efficience ». Ce qui le réjouit, c’est que le Bénin a renforcé au cours de ces dernières années, son cadre macroéconomique. « Des efforts de consolidation et d’assainissement des finances publiques (avec un déficit budgétaire réduit à moins de 2 % du Pib) donnent au pays l’espace fiscal nécessaire pour atténuer d’éventuels chocs exogènes, comme celui que représente la fermeture de la frontière nigériane », apprécie le diplomate européen. « L’année 2019 a été marquée par des avancées encourageantes dans de nombreux domaines », salue-t-il. « Les efforts autour de la mobilisation des ressources sont notables avec des mesures visant à élargir l’assiette fiscale, dématérialiser les transactions, et sécuriser les acquis fiscaux », souligne-t-il. Ces appréciations n’autorisent tout de même pas à dormir sur ses lauriers, va nuancer le directeur de cabinet du ministre de l’Economie et des Finances, Herman Orou Takou. Le cap sera maintenu et les réformes se poursuivront, assure le représentant du ministre qui reconnait tout de même aux acteurs des finances publiques, l’engagement dont ils font montre pour donner corps aux ambitions du ministre Romuald Wadagni et du président Patrice Talon. Actualités 03 févr. 2020


Incident entre populations et douaniers à Malanville: L'appel au calme des autorités communales
Réunis autour d'une même table, ce samedi 1er février, par le premier adjoint au maire, Ousmane Zibo Gouda, les différents protagonistes ont été invités à fumer le calumet de la paix. C'est suite à l'incendie du poste avancé de la douane situé entre le fleuve Sota et Moukassa par la population qui manifestait contre l'arrestation d'un conducteur de tricycle transportant des produits pétroliers de la contrebande en direction de Malanville centre. Société 01 févr. 2020


Lutte contre le braconnage : Le Parc national de la Pendjari perd un de ses rangers
« Nous sommes profondément attristés par la disparition subite de notre collègue N’serma Kataman Sévérin, Ranger au Parc National de la Pendjari…. ». C’est par cette annonce que la direction de African Network Parks fait part de la mort par noyade lors d’une opération de lutte anti-braconnage sur la rivière Pendjari, le 25 janvier dernier, d’un de ses rangers. Selon les responsables de cette Ong en charge de la gestion de la réserve de biosphère de la Pendjari, « N’serma Kataman Sévérin était un Ranger courageux et très dévoué, qui a été engagé au Parc National de la Pendjari depuis mars 2018 ». « African Parks et l’ensemble du personnel du Parc National de la Pendjari présentent leurs sincères condoléances à sa famille ainsi que l’expression de leur profonde gratitude pour les dignes et loyaux services rendus ». Actualités 01 févr. 2020


Projet Bèsèn Diannou / Lrp d’alimentation scolaire : 13 991 écoliers et 914 producteurs impactés
Clap de fin pour le projet Bèsèn Diannou / Local and Regional Food Aid Procurement (Lrp), après deux ans de mise en œuvre ! Sous l’égide de Catholic Relief Services (Crs), les parties prenantes ont passé en revue les résultats, ce jeudi 30 janvier à Cotonou. Un bilan édifiant en somme,  pour l’alimentation scolaire et la production locale. Près de 14 000 écoliers bénéficiaires d’un repas quotidien nutritif, 1 563 093 repas chauds préparés à base des ingrédients locaux et servis dans 80 écoles de quatre communes du Borgou : N’dali, Pèrèrè, Tchaourou et Parakou, 914 producteurs formés et 45 associations de producteurs suivies, 68 magasins et cuisines en cours de construction… Les résultats du projet Bèsèn Diannou / Local and Regional Food Aid Procurement (Lrp) forcent l’admiration, après un an de fonctionnement des cantines scolaires d’octobre 2018 à novembre 2019. Ces succès ont fait l’objet d’un atelier de restitution, hier à Cotonou. La rencontre a connu la participation des parties prenantes de ce projet mis en œuvre par Catholic Relief Services (Crs) et financé par le département de l’Agriculture des Etats-Unis d’Amérique (Usda). D’un coût de 1 960 000 dollars US soit 1,078 milliard F Cfa environ, le projet Bèsèn Diannou (Notre nourriture, de nos champs) a démarré en décembre 2017 suivant une approche dénommée « De la fourche à la fourchette ». Elle est inspirée du mouvement « De la ferme à la fourchette » des années 70 qui promeut le service des aliments plus frais et plus nutritifs dans les restaurants et cantines, de préférence par le biais d’une acquisition directe auprès des producteurs d’aliments plus proches, rappelle Sean Gallagher, représentant résident de Crs au Bénin. Le projet a permis d’améliorer l’efficacité de l’alimentation scolaire à travers la production, l’achat et l’approvisionnement des cantines scolaires en vivres locaux, produits par les coopératives locales et ce, au profit de 13 991 écoliers, fait savoir Blandine Ekpodilè, directrice du projet. Au total, 165,9 tonnes de maïs, 136 tonnes de riz, 48 tonnes de niébé, 15 tonnes de beurre de karité ont été achetés, précise-t-elle. Approche novatrice « A travers ce programme, nous avons fait d’une pierre deux coups », indique Hruby Laura, représentante de l’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique près le Bénin. « Cette approche en deux volets, explique-t-elle, a élargi les débouchés économiques pour les producteurs agricoles locaux, renforcé leurs compétences organisationnelles, en même temps qu’elle a alimenté l’esprit des jeunes enfants ». « Les résultats perceptibles sur le terrain attestent du succès de ce projet », apprécie Elisée V. Oussou, directeur de l’Alimentation scolaire, saluant l’engagement de Crs aux côtés des pauvres et des personnes vulnérables en général et particulièrement des écoliers. Il présente sa gratitude, au nom du gouvernement, au peuple et au gouvernement américains, pour cet appui qui vient en appoint à l’Etat dans sa politique d’accroissement des cantines scolaires. Le représentant du ministre des Enseignements maternel et primaire nourrit l’espoir que Crs trouvera d’autres projets novateurs pour impacter davantage la communauté sur une longue durée. Hruby Laura se réjouit, pour sa part, que les écoles bénéficiaires du projet Bèsèn Diannou soient incluses désormais dans le programme d’alimentation scolaire, ce qui permet de garantir la durabilité des progrès réalisés. Société 31 janv. 2020


16e journée de la Vitalor-Ligue 2: As Cotonou leader provisoire, Soleil Fc à la traîne
La phase aller du Championnat national de football de Ligue 2 s’est achevé, ce jeudi 30 janvier, avec les matchs de la 16e journée de la compétition. L’As Cotonou avec 30 points +12 termine cette phase aller en tête du classement tandis que Soleil Football est la lanterne rouge avec 13 points -9. Les rencontres de la 16e journée du Championnat national de Ligue 2 se sont déroulées, ce jeudi 30 janvier, sur les différents stades. Au stade René Pleven de Cotonou, l’As Cotonou s’est débarrassée de l’As Tado par le score de 2-1. Ce sont d’ailleurs les protégés de Imorou Bouraïma qui ont ouvert le score à la 8e minute par le biais de Jospin Botchi. Les visiteurs vont mettre la pression sur la défense de l’As Cotonou et son gardien Mohamed Abou sans succès. Safianou Olaleyé et ses coéquipiers de l’As Tado vont retourner aux vestiaires sans égaliser. A la reprise, ils reviennent avec de bonnes intentions et parviennent à trouver la faille à la 59e minute par l’intermédiaire de Richard Moses. A 1-1, le coach de l’As Cotonou renforce son dispositif avec deux changements. Amour Ayadji et Ghislain Adademey vont entrer en lieu et place de Ezéckiel Gbéssi et Alexis Mensah. La partie va être relancée et Nassirou Adamou de l’As Cotonou va profiter d’une bourde du gardien de l’As Tado pour inscrire le second but de de son équipe à la 65e minute. Avec ce succès, l’Association sportive de Cotonou finit au sommet de la compétition avec 30 points +12. Battu par Entente de Kandi sur le même score, Soleil Football club est la lanterne rouge au terme de cette phase aller avec 13 points -9. Quant aux Cavaliers de Nikki, 2es avec 30 points +11, ils restent de sérieux challengers pour le titre. En déplacement mercredi 29 janvier dernier, ils ont été défaits (3-0) par Dadjè Football club. La seconde phase de la compétition démarre le samedi 22 février prochain après quatre semaines de trêve tandis que le Mercato est prévu du 1er au 29 février prochain. ------------------------------ Résultats des matchs Mercredi 29 janvier 2020 À 16 h Espoir de Savalou # Zazira 0-0 Requins # Éternel: 2-0 Soleil # Entente de Kandi: 1-2 Hodio # Dynamo (A): 1-1 Tanekas # As Police 1-2 Dynamique # Asos: 2-1 Ao # Adjidja: 0-3 Dadjè # Cavaliers: 3-0 Jeudi 30 janvier 2020 À 16 h As Cotonou # As Tado 2-1 ------------------------ Classement provisoire phase aller 1er As Cotonou 30 pts +12 2e Cavaliers 30 pts +11 3e Espoir 29 pts +9 4e Dadjè Fc 29 pts +4 5e Entente de Kandi 27 pts +7 6e Tanekas 25 pts +8 7e Dynamo Ab 25 pts +5 8e Requins 24 pts -2 9e Adjidja 23 pts +4 10e AO 20pts 0 11e Eternel 19 pts -7 12e As Tado 17 pts -3 13e Asos 16 pts -2 14e Zazira 16 pts -3 15e Hodio 16 pts -4 16e Dynamique 15 pts -9 17e As police 15 pts -14 18e Soleil Fc 13 pts -9 Sports 31 janv. 2020


Accélération de la croissance économique: Les députés votent une loi pour promouvoir les Pme
L’Assemblée nationale a adopté, ce mercredi, le projet de loi pour la promotion et le développement des micro, petites et moyennes entreprises en République du Bénin. Le texte fait désormais obligation à l’Etat de régler les factures des Mpme dans un délai maximum de 60 jours calendaires. Bonne nouvelle pour les micro, petites et moyennes entreprises (Mpme). Une loi régit désormais le secteur avec plusieurs dispositions en leur faveur. Sous réserve de contrôle de constitutionnalité et de promulgation, le texte adopté ce mercredi vise à mettre en place un cadre juridique, institutionnel et financier pour la mise en œuvre de la politique nationale de soutien de l’Etat et des collectivités territoriales aux Mpme. Autrement dit, cette loi va modifier profondément le mode de fonctionnement de l’entrepreneuriat national à travers une série d’innovations notamment la mise en place d’un dispositif de reconnaissance et de catégorisation des Mpme pouvant bénéficier de mesures spécifiques et d’aide de l’Etat, la création d’une ou de plusieurs agences en charge de la mise en œuvre de la politique nationale en matière de promotion des Mpme, les mesures d’aide et de soutien aux Mpme qui comprennent des facilités d’accès aux marchés, la protection contre les retards de paiement des factures par l’Etat. Autres innovations, l’incitation à la co-traitance et à la sous-traitance avec les grandes entreprises, les facilités et incitations fiscales pour l’achat des équipements professionnels nécessaires aux activités des Mpme avec des exonérations de droits et taxes d’entrée pour la création et le maintien des Pme pour celles qui transforment la matière première locale et pour les pépinières et incubateurs d’entreprises pour la compensation des acomptes d’impôts sur les sociétés au cordon douanier. La loi prévoit aussi des mesures de promotion et de financement des Mpme telles que l’assistance technique, les facilités d’accès au foncier et aux sites aménagés sans oublier des dispositions pour soutenir les Mpme en difficulté. L’adoption de cette loi permettra d’internaliser les dispositions de la Charte communautaire des Mpme de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) adoptée en décembre 2015, précise Barthélemy Kassa, président de la commission chargée du Plan qui a présenté le rapport sur le dossier. Ainsi, au sens de cette loi composée de 10 chapitres répartis en 39 articles, la micro-entreprise est celle qui emploie en permanence moins de 10 personnes et réalise un chiffre d’affaires hors-taxe annuel inférieur ou égal à 30 millions F Cfa. Tandis que la petite entreprise est celle qui emploie en permanence moins de cinquante personnes et qui réalise un chiffre d’affaires hors-taxe annuel supérieur à trente millions et inférieur ou égal à 150 millions F Cfa. L’Etat sous pression La moyenne entreprise s’entend de celle qui emploie en permanence moins de 200 personnes et réalise un chiffre d’affaires hors-taxe annuel supérieur à 150 millions et inférieur ou égal à deux milliards Cfa. Le dossier a été examiné et adopté sans grandes discussions, à l’exception de l’article 14 qui a suscité de débats houleux. Cet article dispose que : « Lorsqu’une Mpme exécute une prestation au profit de l’Etat, celui-ci procède au paiement des créances de la micro, petite et moyenne entreprise, dans un délai qui ne peut excéder soixante(60) jours calendaires à compter de la date d’ordonnancement. Sauf cas de force majeure, le dépassement du délai de paiement ouvre le droit pour le titulaire du marché au paiement d’intérêts de retard suivant des modalités à définir par voie réglementaire ». Pour certains députés dont Dakpè Sossou et Orden Alladatin, les dispositions de l’article 14 ne sont pas réalisables. Ils estiment qu’il est difficile d’exiger de l’Etat de payer un prestataire dans un délai de deux mois. Selon eux, cet article risque d’engendrer des procès à n’en point finir contre l’Etat. Ils proposent en revanche le délai de trois mois tel que fixé par le gouvernement dans le projet de loi qu’il a transmis au Parlement. Mais ils seront contredits par certains de leurs collègues dont Sofiath Schanou qui estime que le délai de 60 jours est bel et bien raisonnable. Nazaire Sado va encore plus loin en proposant un délai de trente jours pour permettre au Bénin de rester en phase avec les réalités dans certains pays de la sous-région. Sur la question, le gouvernement représenté par le ministre en charge des Pme, Modeste Kérékou soutient le délai de 60 jours. Puisque, selon lui, ce délai ne court pas de la date de livraison du marché mais plutôt du moment où la prestation est réalisée, validée par les services compétents et le dossier introduit dans le circuit financier. L’article 14 a été maintenu, au terme du débat, tel quel. Les députés se réjouissent de l’adoption de cette loi et recommandent sa vulgarisation pour permettre aux Mpme d’en prendre connaissance. Actualités 30 janv. 2020


L’actrice Bella Agossou au sujet de la production du film ‘’Adú’’: « Le ministre de la Culture nous a aidés de manière exceptionnelle »
Le Bénin peut être une destination cinématographique de rêve pour des producteurs et réalisateurs du monde entier. Une équipe de production espagnole en a donné la preuve et son film ‘’Adú’’, du nom d’un jeune garçon béninois, qui sort cette semaine en salle en Espagne en est l’illustration grandeur nature. Pour concrétiser ce projet, il a fallu la ténacité de l’actrice béninoise vivant en Catalogne, Bella Agossou et surtout un important accompagnement du ministère en charge de la Culture. Cet entretien lève un coin de voile sur les coulisses de la production de ce film et surtout met en exergue le rôle important joué par le ministère. La Nation : D’où est partie l’idée du film ‘’Adú’’ ? Bella Agossou : L'idée du film "Adú" est née d'une expérience personnelle du directeur. Et l'idée de tourner au Bénin a germé en Ouganda quand j'ai invité le producteur Edmon Roch à tourner au Bénin. C'était en 2016. Je lui ai dit qu'au Bénin, il y a "Tout". Je lui ai dit que le pays est très beau et qu'il serait hébété de voir nos décors spectaculaires. Et je lui ai réitéré cela plusieurs fois pendant des mois. Parallèlement, au réalisateur que je connaissais aussi, je lui ai toujours parlé de chez nous et du fait qu'il fallait qu'il y vienne un jour. Comment s’est opéré le choix du Bénin pour le tournage ? En août 2018, Edmon Roch m'a appelée pour me dire qu’ils avaient un film à tourner et qu'il voulait voir si c'était possible de découvrir le Bénin pour y tourner un film tel que je l'avais dit. Ils avaient plusieurs options mais voulaient aussi voir le Bénin tel que je le leur avais présenté. Je suis automatiquement allée voir l'ancien ministre en charge de la Culture, Oswald Homeky, pour lui expliquer qu'il y avait des producteurs espagnols qui venaient au Bénin parce que je leur avais dit qu'on a "Tout" chez nous. Le ministre m'a dit que rien donc ne pouvait manquer à l'équation et que les Espagnols devaient être satisfaits. Donc, Edmon Roch est venu au Bénin en septembre avec Luigi Fernandez, son chef de production. Et nous avons commencé la découverte du Bénin. Nos journées commençaient au lever du soleil et finissaient au coucher du soleil, sans repos. On devait profiter de la lumière du jour. Ils voulaient aussi voir des endroits clés qu'ils avaient vus grâce à leur localisateur sur Google. On s'est promenés de Porto-Novo à Grand-Popo en passant par Cotonou,  Ouidah, Allada, Ganvié, Bohicon,  Abomey, Dassa... Nous avons visité des marchés, des rues, des coins et recoins de ces grandes villes, des forêts... Le ministre a-t-il tenu parole ? L'ancien ministre en charge de la Culture qui m'avait dit qu'il n'y avait pas de problème les a reçus en audience et leur a dit qu'il mettrait son cabinet à leur disposition pour leurs divers besoins de production. Ils voulaient aussi rencontrer diverses agences de production béninoises pour compter sur une équipe technique. Donc je leur ai préparé des rendez-vous avec six différentes agences et c'est finalement Claude Balogoun de Gangan Productions qui a été retenu pour travailler avec l'équipe espagnole. Edmon Roch et Luigi Fernandez sont restés une semaine au Bénin. Le choix était toujours entre le Bénin et le Cameroun.  Et après leur départ, quelques semaines plus tard, ils m'ont appelée pour me dire que notre ténacité a payé et que finalement, c'est le Bénin qui a été choisi comme plateau de tournage. Comment les producteurs espagnols ont-ils réagi à votre proposition de tourner le film au Bénin ? Ils étaient curieux de voir ce beau pays dont je parlais tant et qui avait tant à offrir. Ils ont été tellement contents. Finalement, ils m'ont proposé aussi d’être le coach en jeu d’acteur des enfants. C'était une grande responsabilité car si les enfants ne jouent pas bien, la responsabilité retombe sur le coach. Je n'avais jamais fait de coaching en jeu d’acteur, mais le réalisateur avec qui j'avais déjà beaucoup travaillé m'a dit qu'il me savait professionnelle et que j'étais la seule personne en qui il avait confiance pour cette responsabilité-là. Le 23 janvier passé, au collège d'architectes de Madrid où on présentait le film, j'étais à la table de la conférence de presse, assise avec les directeurs de la plus grosse chaîne de télévision,  avec le président d'honneur de Unhcr, avec les producteurs quand le réalisateur m'a présentée comme celle qui leur avait fait découvrir le Bénin, leur médiatrice avec le ministre en charge de la Culture face à n'importe quelle difficulté, leur traductrice tant en espagnol comme en catalan, le bras droit du producteur, celle qui a aidé au casting, celle qui a aidé à la localisation des lieux, la voix du directeur auprès des enfants, actrice dans le film (Je joue le rôle de la mère des enfants) et coach de Moustapha et Zeyidiath. Quelle a été leur réaction à la fin du tournage ? Ils étaient très contents. Certains moments ont été durs parce que nos réalités sont différentes des leurs mais ils étaient très contents. Ils avaient réussi à tourner sur tous les sites qu'ils voulaient. Ils ont salué la sécurité au Bénin, l’aide inestimable du cabinet de monsieur Oswald Homeky pour les différentes questions administratives, le talent des jeunes acteurs du film,  le travail de l'équipe technique et les beaux paysages de notre pays. Quels ont été les principaux lieux de tournage ? Une première partie du film a été tournée au Bénin,  précisément à  Cotonou,  Porto-Novo,  Adjarra,  Ouidah, Grand-Popo et Ganvié pendant un mois et après au Maroc et en Espagne pendant un autre mois. Des acteurs  béninois ont-ils tourné sur le film ? Les deux principaux acteurs ici au Bénin sont Moustapha Oumarou et Zeyidiya Dissou. Ce fut un long processus de sélection qui a été fait dans tout le Bénin. On a parcouru des écoles publiques, des écoles privées, des écoles catholiques dans tout le Bénin, le ministère en charge de la Culture a passé l'annonce du casting à la télé, à la radio... On a fait des castings au Hall des arts... Et à Akpakpa, on a rencontré Zeyidiya et finalement, la directrice de casting Cendrine Lapuyade a rencontré Moustapha à Parakou. À part ces deux acteurs, il y a eu plusieurs acteurs, de la scène nationale qui ont tourné dans le film. Pourquoi ‘’Adú’’ comme titre ? Le titre original du film était "Un Mundo prohibido" (Un monde interdit) mais finalement Moustapha était tellement immense dans le film qu’ils ont décidé de donner le nom du personnage qu'il incarne au film. Le Bénin a-t-il soutenu la réalisation de ce film ? Si oui, de quelle manière ? Oui. Partout où le ministre nous envoyait,  les portes s'ouvraient. Tout le monde nous a facilité la tâche à l'heure d'obtenir tel document ou tel autre.  J'allais personnellement voir les responsables sous ordre du ministre, pour expliquer ce dont on avait besoin et tout le monde, sans exception, nous a facilité la tâche. Quelle a été la partition du ministère en charge de la Culture ? Le ministre en charge de la Culture nous a aidés de manière inconditionnelle et exceptionnelle. Le cabinet de l'ancien ministre en charge de la Culture était toujours présent pour nous aider à obtenir les documents administratifs, pour nous aider à obtenir certaines autorisations ou débloquer des situations. À n'importe quelle difficulté, il fallait juste qu'on appelle pour que ses collaborateurs mettent en place à leur tour et rapidement tout le dispositif nécessaire pour nous faciliter la tâche. Ils étaient dynamiques. Et par leurs actes, ils ont surtout donné de la confiance aux Espagnols. En avez-vous été satisfaits ? Bien sûr. C'est le Bénin hein ! Même dans les conditions extrêmes, le Bénin, au dernier moment, nous donne toujours quelque chose qui renforce encore plus les raisons d'être fier du Bénin et la fierté d'être Béninois. Quel est votre regard sur le cinéma béninois ? Le cinéma béninois a besoin d'opportunités comme celle-là. D'un peu de mixage qui nous fera découvrir ce que les autres aussi ont de bien. Au Bénin, il y a déjà des professionnels, il nous manque juste les opportunités. C'est pour cela que je m'attèle déjà à de nouveaux projets cinématographiques qui bientôt verront le jour, je l'espère vivement. Si on s'y met, on peut le faire. Un mot pour conclure cet entretien ! Je voudrais remercier les autorités en charge de la Culture. Je pense au directeur de la Cinématographie, Éric Todan, au conseiller technique à la Culture, Carole Borna, au directeur des Arts et du Livre, Koffi Attedé. Je ne trouve pas de mots assez forts pour dire merci au ministre Jean-Michel Abimbola. Je le trouve tout simplement extraordinaire dans ce qu'il fait pour la promotion du Bénin. Grâce à l'histoire du film ‘’Adú’’, les ministres Oswald Homeky et Jean-Michel Abimbola m'ont permis de comprendre ce que l'on appelle « L'État est une continuité ». Je ne les remercierais jamais assez. Grâce à eux, grâce à tous les Béninois et toutes les Béninoises qui ont contribué au succès de ce film, je me sens plus que jamais fière d'être Béninoise... Culture 30 janv. 2020


Religion / Us et coutumes: Gu, un dieu justicier et gouverneur du progrès
Dans le panthéon ouest-africain en général et béninois en particulier, le dieu du fer (Gu, Ogu ou Ogun) occupe une place de choix parmi les divinités. Il est au service de la justice et de la transformation industrielle dans la conscience sociétale collective. Un jeune homme, apprenti mécanicien à Kétou qui aurait dérobé une pompe à essence et un démarreur dans le garage de son patron, est fauché en pleine circulation en allant à Bohicon. Avant de succomber des suites des atroces malaises, il avoue son forfait qu’il a nié quelques jours plus tôt, se prêtant même au rituel Dagu ou Xwlégu ou encore appelé Olori chez les Idaasha. Son père, haut dignitaire d’un culte chrétien, n’a pu rien faire pour le sauver. Sa mort serait donc le fait de Gu, le dieu du fer, réputé au sud-Bénin comme une divinité sans pitié dans la quête et la restauration de la justice sociale. A Atchonsa, commune de Bonou, un fait similaire et pour le moins irrationnel s’est produit, il y a quelques années. Un présumé voleur de vivres s’est vu la cuillère coincée dans sa gorge alors qu’il mangeait. Il eut la délivrance grâce à la diligence des prêtres de Gu, après avoir reconnu son acte. Mais avant, un de ses enfants en est mort ; un autre souffrait depuis plusieurs semaines d’un mal incurable. Dans la même localité, des enfants à qui un voleur a partagé des beignets achetés avec l’argent du butin, sont passés un à un de vie à trépas ; lui-même a traîné le surmenage pendant des années. Agoué, commune de Grand-Popo, il y a une trentaine d’années, le chef de la collectivité Atanley a fait recours à Gu, après la disparition des cotisations faites dans le cadre d’une cérémonie traditionnelle, après trois jours d’avertissement annoncés par le crieur public. Tous ceux qui ont eu vent de l’opération et qui n’ont pas dénoncé les voleurs et leurs complices ont commencé à périr un à un, tout comme ceux qui, même innocemment, ont mangé ce à quoi l’argent a servi à acheter. Au bout de neuf jours, une bonne partie du village a été décimée. Entre temps, les voleurs ont jeté le reste de l’argent dans un puits et ceux qui ont bu l’eau du puits ont aussi commencé à tomber malade et à en mourir. Une intervention des chefs traditionnels a permis d’arrêter le carnage, suite aux cérémonies de désenvoûtement et aux sacrifices recommandés par l’oracle Fâ qui a été consulté. Les récits des manifestations de la divinité (Gu chez les Fon, Ogu chez les Goun, Ogun chez les Yoruba) sont légion. L’évocation du dieu du fer fait peur, tant il est redoutable et craint dans la conscience sociétale collective. Selon Ifujumi Olabodé alias Tamiaga Omon-Iya, détenteur de Gu à Kétou, la divinité est « incontrôlable, infaillible et ne se trompe pas de cible ». « Il suffit de poser son problème au fétiche, de faire la prière qui convient devant lui et il se charge de le régler », confie son confrère Félix Babatoundé. « Si on lui donne ce qu’il faut, l’huile palmiste ‘’tchotcho’’, Gu réagit avec violence », avertit le féticheur et guérisseur traditionnel à Kétou. Phénoménologie de la rationalité 2020 est essentiellement sous la gouvernance du dieu Gu, selon Abdou Rahimi Amoussa, métaphysicien et plasticien, qui recommande la droiture et le pardon tout au long de cette année afin d’échapper aux représailles de la divinité. Gu a fait l’objet d’un colloque scientifique à l’occasion de la quatrième édition du Festival international de Porto-Novo (Fip 2020), les 6 et 7 janvier derniers, sur le thème « Ogun/Gu, l’emblème de l’innovation et de la technologie de la constellation des vodoun : pistes de réflexion et épistémologie pour un développement viable au XXIe siècle ». Il était question d’aller au-delà de l’hermétisme qui entoure le vodoun en général et le Gu en particulier, puisque les explications des spécialistes et gardiens de la tradition ne permettent pas toujours de saisir de manière cartésienne les principes des manifestations des divinités. « Dans l’imaginaire collectif au Sud-Bénin et au-delà où des cultes lui sont voués, les accidents liés au fer principalement seraient le fait de la colère de Gu », souligne Osséni Soubérou, doctorant en Sociologie du développement au Laboratoire d’analyse et de recherche : Religion, espace et développement (Larred) de l’Université d’Abomey-Calavi (Uac). A en croire le chercheur qui a présenté une communication sur le thème « Perceptions et représentations sociales du dieu Gu au Sud-Bénin à travers expressions, proverbes, contes », le Gu évoque d’une part la violence, les troubles, et de l’autre la justice, la vérité, la vengeance. « Grâce au rituel Olori, un objet volé pourrait ainsi être restitué par le voleur ou du moins ce dernier perdrait sa vie en cas de résistance à la restitution de l’objet volé », confirme, pour sa part, Barthélémy Idossou Babalao du Larred, au terme d’une étude entreprise en 2019 dans la ville de Dassa-Zoumè dans le centre du Bénin, et présentée lors du Fip 2020. Un individu qui jure le nom de Gu et, ou en touchant avec sa langue un objet métallique (bronze, cuivre, étain et fer surtout), entend prouver toute son innocence ou certifier qu’il est sincère et dit la vérité. Il n’est pas rare que la victime d’un vol ou d’une injustice promette de recourir au dieu Gu pour retrouver et châtier le coupable. « Gu punit les malfaiteurs, les criminels, surtout les voleurs ; il n’admet pas les esprits corrupteurs », affirme Rahimi Amoussa, présentant sa communication « Ogu ou la voie du guerrier martien » (Fip 2020). « Gu recherche et châtie les voleurs, les sorciers, les méchants en général », confirme Tamiaga. Cela traduit « une phénoménologie de la rationalité et permet d’avoir une société plus ou moins juste », dira M. Babalao. Un vodoun guerrier et bâtisseur Au cœur de Porto-Novo, la capitale du Bénin, un quartier est dédié à la divinité Gu : Goukomey. La situation de ce quartier à proximité du palais royal Honmè n’est pas anodine. Outre la fabrication des accessoires royaux par les Ayatô (littéralement pères du fer) qui forgent le fer dans un esprit d’art et de divination du Gu depuis la fin du XVIIe siècle, elle serait « liée à la quête de la paix, du bien-être social et du développement industriel dans le royaume de Hogbonou à travers la divinité Gu », selon Jéronime Zanmassou de la faculté d’architecture de l’Université Libre de Bruxelles. « Dieu de la guerre, prédateur, destructeur mais aussi créateur, le Gu est à la fois éclaireur, chasseur et forgeron, militaire, bâtisseur d’empire et révolutionnaire, chauffeur, mécanicien, aviateur ou informaticien ; il est le progrès technique et ses ambivalences », soutient Cousin Saskia. Au-delà donc de son caractère redoutable, sanguinaire, insatiable, la divinité Gu est vénérée par ceux qui travaillent le fer ou avec les métaux en général (forgerons, chasseurs, cultivateurs, guerriers, bouchers, barbiers, menuisiers, charpentiers, sculpteurs). Dans l’entendement de ceux qui y croient, c’est le vodoun qui gouverne la transformation industrielle dans le monde. Il désigne « le principe exploiteur des mines de la terre », souligne Abdou Rahimi Amoussa. « C’est Gu qui nous donne à manger sur terre ; c’est la plus forte des divinités ; elle est partout », assure Félix Babatoundé. La divinité est liée à la connaissance de la forge et de la fabrication des outils métalliques qui revêtent une dimension surnaturelle et spirituelle. Au Danxomè, rappelle le métaphysicien, Gu est le précurseur des forgerons qui l’honorent en chômant le mardi, un jour qui lui est consacré : Guzangbé (littéralement le jour de Gu). Pour lui, Gu est un vodoun qui tire son énergie du dieu Mars des métaux, des pierres précieuses et de la guerre. « Cette énergie martienne est à l’origine des accidents de circulation, des blocages matériels, financiers, sociaux et professionnels de l’homme mais constitue également le seul rempart pour les éviter », pense Rahimi Amoussa. Il n’en veut pour preuve que cet adage goun qui dit : « Si une voie est fermée, c’est Gu qui l’ouvre ». Symboles et perceptions populaires du Gu Gu est présent partout au Bénin. Matérialisée généralement par une motte de terre surmontée d’objets métalliques divers et entourée de palmes effilochées, la divinité peut prendre plusieurs formes. A Agoué, une stèle du dieu Gu constituée de chaînes d’esclaves authentiques, érigée par le souverain local Toyi (1835-1844) aux temps de la traite négrière au sein de son palais, fait régulièrement l’objet de libations et de rituels. Dans la même localité, Joachim d’Almeida alias Azata (1835-1857), le plus fortuné des esclaves affranchis, revenu du Brésil et figure de la violence de l’esclavage, a construit un temple de Gu qui sert également de lieu de prière et d’invocation lors d’événements familiaux et des processions d’envergure à travers la ville. Mais tout amas de ferrailles ne constitue pas systématiquement le Gu. Le dieu du fer est consacré dans le panthéon des religions endogènes en Afrique et ailleurs. Dans des communautés au Sud du Bénin où les morts sont vénérés, des autels en fer représentent plutôt les défunts de la collectivité avec qui les vivants entendent garder contact ; les morts n’étant jamais complètement partis selon les croyances en Afrique. Erigés dans une salle dédiée à cet effet (Assen chez les Fon, Yôxômè chez les Goun et Oju-ori chez les Yoruba/Nago, les ancêtres divinisés y reçoivent les offrandes et les prières et intercèdent pour la réalisation des vœux. Gu est considéré comme intimement lié à Lègba, le dieu-gardien qui assure la protection et la paix et auprès de qui il est souvent érigé. Son frère, dans la mythologie Yoruba, est Shango (Hêviosso), le dieu de la foudre, informe Tamiaga, détenteur du Gu. « Le Gu fonctionne avec Lègba ; c’est lui qui donne toute la puissance du Lègba et les deux sont souvent érigés ensemble », ajoute ce guérisseur traditionnel d’ethnie Holli. Expressions langagières Les louanges au dieu Gu témoignent de ce que ses représailles sont sans appel et qu’il est protecteur du juste. Son propre détenteur peut en faire les frais s’il tombe sous le coup des interdits. A Agoué, il est décrit, entre autres, comme puissant, violent, intenable aussi bien pour le père que pour la mère, un couteau à double tranchant, rapporte Arcade Assogba, socio-juriste, réalisateur et producteur de cinéma, dans sa communication intitulée « La mise en espace de Gu dans la ville d’Agoué » (Fip 2020). Ce caractère violent et terrifiant de la divinité est encore plus perceptible chez les Yoruba/Nago dans les oriki ou salutations traditionnelles faites à Ogun. Il est magnifié comme un « violent guerrier ». « Ogun ayant de l’eau à la maison mais se lave pourtant avec du sang ; les plaisirs d’Ogun sont les combats et la guerre…Ogun qui est la peur dans la forêt et qui fait peur au chasseur ; il tue le mari dans le feu et la femme sur le foyer, il tue le voleur et le propriétaire de la chose volée qui critique cette action », traduit Osséni Soubérou. Chez les Goun, la divinité Gu-djannangbé est aussi perçue comme sans pitié : il ne connaît ni enfant, ni femme (vi jè mè héélou ! Assi jèmè, atchonkouin !). Elle est à l’origine de nombreuses expressions langagières. Ainsi Fongu (littéralement : réveiller Gu) signifie se révolter, se rebeller, se dresser contre ; Gufifon caractérise la révolution ou la rébellion. Le mardi est dit Guzangbé (jour de Gu) ou Bodizangbé (chez les Goun : jour par excellence où marchent les gris-gris). Il est recommandé une extrême prudence en ce jour où la divinité se manifeste le plus Le Gu et le Fâ Des seize principaux signes (du) du Fâ, sept sont liés au dieu Gu. Ce qui témoigne de la prépondérance de cette divinité aux côtés des autres. Woli-Mêdji, Losso-Mêdji, Guda-Mêdji, Ka-Mêdji, Tula-Mêdji¸ Tchè-Mêdji et Fu-Mêdji, sont les signes auxquels il se rattache. Lesquels évoquent globalement des difficultés, des complications, des obstacles, l’égoïsme, l’orgueil, la guerre, la mort, mais aussi la réussite, le succès, l’intégrité, la franchise, la justice, l’honnêteté, l’assurance, la connaissance, la renommée, la loyauté, selon les codes traditionnels du Fâ n Ce que ‘’mange’’ Gu Dans la louange à Ogun chez les Yoruba/Nago, il est dit que la divinité mange du chien et boit du vin de palme. Les mets préférés de Gu, à en croire le métaphysicien Abdou Rahimi Amoussa, sont le chien et l’escargot ; mais il peut réclamer comme offrandes un taureau ou un coq rouge, selon le cas. Pour invoquer le Gu ou ériger une stèle dédiée à la divinité, il faut également de l’huile rouge, un mouton, du haricot rouge (niébé), de l’igname, du vin de palme, des liqueurs, de l’huile tchotcho, du cola, suivant les indications de l’oracle Fâ qui dit ce que veut tout vodoun n Interdits Pour une offrande (vô) à un carrefour, le Lègba a sa part et le Gu, la sienne. Sinon, il y a problème, à en croire Tamiaga. « On ne s’amuse pas avec Gu, autrement vous vous retrouverez à la morgue », explique-t-il. « Comme interdits, détenteur du Gu, je ne peux pas voler ni chercher la femme de mon ami encore moins chercher à empoisonner ou à jeter un mauvais sort à quelqu’un ; si je le fais, les vodouns vont me frapper à mort », conçoit le détenteur du Gu. Comme tout vodoun, une femme en règles ne s’approche pas du Gu. De même, il est défendu de s’approcher du Gu après une relation sexuelle sans se doucher ou tout au moins se nettoyer avec de l’eau. Il est suggéré de ne pas démarrer un projet important un mardi (Guzangbé) dédié à la divinité, afin de ne pas subir les mauvais sorts et la colère de la divinité intransigeante et sévère quant au respect des lois de la nature.   Culture 30 janv. 2020


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