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L’ananas « Pain du sucre » du plateau d’Allada et gari « Sohoui » de Savalou et l’huile d’arachide « Agonlinmi » du plateau d’Agonlin sont des produits ‘’made in Benin’’ promis à un bel avenir. Le processus de leur reconnaissance en Indications géographiques (Ig) a été lancé, le 14 octobre dernier à Cotonou. Michel Gonomy, chef du service des Indications géographiques, des dessins et modèles à l’Oapi, a animé l’exposé inaugural sur le thème « Les Indications géographiques vous parlent ». Il revient ici sur le sens et les enjeux de la stratégie continentale pour le développement des Ig en Afrique en général et au Bénin en particulier.
La Nation : Qu’est-ce qu’une Indication géographique ?
Michel Gonomy : C’est le nom qui indique l’origine d’un produit à laquelle est attachée une réputation particulière. Pour faire simple, une Indication géographique (Ig), c’est la marque géographique d’une qualité spécifique d’un produit, l’indication du lieu de fabrication des marchandises auquel les consommateurs peuvent s’identifier. C’est la mention valorisante et qualifiante d’un produit.
En quoi consiste-t-elle ?
Plus qu’une simple mention géographique, l’Indication géographique constitue la protection par la loi d’un produit élaboré dans des conditions naturelles, pédoclimatiques et culturelles et par un savoir-faire localisé qui confèrent une qualité unique au monde à un produit. C’est donc un système d’information et de garantie au consommateur. Elle lui indique, en effet, que le produit qu’il achète est originaire d’un lieu précis et qu’il possède des qualités qu’aucun autre produit ne possède dans le monde.
Lundi 14 octobre dernier, il a été procédé au lancement officiel de la reconnaissance de trois des produits locaux en Indications géographiques, dans le cadre du projet Pampig. Qu’est-ce que cela apportera concrètement au pays à terme ?
Dotées de conditions naturelles et climatiques idéales, beaucoup de régions du Bénin dans lesquelles j’ai été, recèlent des produits agricoles, artisanaux, naturels et même industriels dont la qualité spécifique ne peut être élaborée que dans leur zone géographique. A l’instar de l’ananas « Pain du sucre » du plateau d’Allada, dont la forme et la couleur particulières sont dues aux facteurs pédoclimatiques, chacune des régions du Bénin dispose de produits spécifiques : le gari « Sohoui » de Savalou, l’huile d’arachide d’Agonlin « Agonlinmi », le fromage peul Wagashi Gassiré, l’huile de palme « Zomi » de Comè, pour ne citer que ces exemples.
Au Cameroun, le pays où se trouve le siège de l’Oapi, se cultive un poivre aux caractéristiques morphologiques et aromatiques typiques dans une région appelée Penja. Il y a six ans, le kilo de poivre de Penja était vendu entre 2000 et 4000 F Cfa. Les producteurs du poivre de Penja ont bénéficié de l’appui de l’Oapi et de l’Afd dans le cadre du Projet d’appui à la mise en place des Indications géographiques qui est à sa deuxième phase (Pampig 2) pour obtenir le label à l’Indication géographique. Après labellisation, le kilo de poivre a atteint un prix record de 20 000 F Cfa. En Europe, il se vend encore plus cher jusqu’à 100 euros. Il est même vendu à bord de la compagnie Air France... C’est ce même projet qui est proposé à l’ananas « Pain du sucre » du plateau d’Allada, au gari « Sohoui » de Savalou et à l’huile d’arachide « Agonlinmi » du plateau d’Agonlin.
Faire l’Indication géographique au Bénin, c’est distinguer les produits des terroirs en les valorisant parmi tant d’autres ; c’est célébrer l’identité et le savoir-faire ancestraux du peuple béninois ; c’est révéler le peuple béninois et sa richesse culturelle dans le monde ;
c’est célébrer l’histoire du Bénin, des rois Glèlè, Agonglo, Béhanzin ; c’est aussi célébrer le fromage peul, le mode de vie du peuple Ganvié... En bref, c’est célébrer le Bénin et son identité.
L’Indication géographique est, à n’en point douter, l’assurance de la notoriété de ces produits spécifiques et procurera plus de revenus aux producteurs. Mais pas seulement ! C’est un outil de préservation du patrimoine culturel, de ce que la terre, la nature et les ancêtres laissent de mieux à l’humanité. C’est aussi le rayonnement des terroirs, des localités, des régions à travers leurs produits. Il faut souligner que l’Indication géographique permet aussi de préserver l’environnement et les ressources locales.
Quels sont alors les enjeux des Ig en Afrique ?
De par leur position géographique et le savoir-faire traditionnel, beaucoup de pays africains regorgent de produits dont les qualités particulières sont liées aux terroirs. C’est le cas de l’Attiéké de Côte d’Ivoire ; le Kilichi du Niger ; le Poivre de Penja et le miel blanc d’Oku au Cameroun ; le café Ziama de Macenta et la Baronne de Rothschild en Guinée ; le miel de Casamance au Sénégal ; le pagne tissé Faso Dan Fani du Burkina Faso ; l’huile d’argan au Maroc et j’en passe.
Mais à l’instar de l’ananas « Pain du sucre », ces produits pourtant appréciés pour leur qualité et qui apportent beaucoup à l’économie de nos Etats sont parfois laissés pour compte, confrontés à de nombreux défis : défi de promotion, défi d’organisation de la filière, défi de dialogue entre les acteurs, défi de commercialisation et d’étiquetage, défi d’accès au crédit des acteurs. A cela s’ajoute le manque de soutien ou le faible soutien des pouvoirs publics. Cet état de choses entraîne pour les produits locaux africains, au mieux la méconnaissance et le mépris au profit des produits d’importation qui parfois sont de qualité moindre ; au pire, ils font l’objet de contrefaçon et sont voués à la banalité et à la disparition.
Dans les années 2000, l’exportation de l’ananas « Pain de sucre » du Bénin vers les pays européens a connu une embellie. Le Pain de sucre était prisé des consommateurs en Europe. La production retrouvait un net regain d’intérêt dans les localités de production, créant ainsi beaucoup d’emplois. Malheureusement, ce bel élan a été freiné par une crise. Les producteurs ont fait recours à l’éthéphon, un produit chimique à base d’éthylène, pour colorer l’ananas. La surdose a amené le gouvernement à auto-suspendre l’exportation du Pain de sucre en 2016 et ce, pendant huit mois. Ces producteurs du Plateau d’Allada n’auraient-ils pas gagné simplement à promouvoir la qualité spécifique de leur produit ? A brandir devant le consommateur européen que leur ananas reste vert même quand il est mûr ? Que leur ananas est unique au monde ? Cet ananas rare au monde, à la forme d’une bouteille, à la chair fondante, presque blanche, de couleur jaune or, très juteuse et sucrée. Mais la crise de l’éthéphon a été l’épisode dramatique de la glorieuse épopée de l’ananas « Pain de sucre » qui constitue une identité du Bénin.
Dans ce triste contexte, l’Indication géographique apparaît comme l’un des meilleurs modes de valorisation, de promotion, de commercialisation, adapté à l’économie et à l’environnement africains. C’est cette alternative que l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (Oapi), l’Agence française du développement (Afd) mais aussi l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao), le Projet d’appui au renforcement des acteurs du secteur privé (Parasep) proposent aux acteurs aujourd’hui. Cette voie est celle des Indications géographiques, à travers le projet Pampig 2 n

La sexualité précoce est un phénomène qui fait des ravages en milieu scolaire. Préoccupés par des chiffres de plus en plus alarmants sur ce fléau, les responsables de l’Unité focale de lutte contre le sida-tuberculose et paludisme (Ufls-Tp) du ministère des Enseignements maternel et primaire (Memp) étaient descendus, mardi 22 octobre dernier à Tchetti dans la commune de Savalou, pour sensibiliser les apprenants aux bons comportements à adopter pour une sexualité précoce.
Sensibilisation des apprenants des Cours moyens à la santé sexuelle et la prévention de la sexualité précoce. Cette rencontre qui a mobilisé apprenants et enseignants de la localité s’est déroulée à l’Epp-Tchetti dans la commune de Savalou. Elle est placée sous la supervision de la directrice adjointe de cabinet du Memp, Alice Mingninou, et de la coordonnatrice de l’Ufls-Tp, Espérance Obonté-Nata. Pour planter le décor, cette dernière a rappelé que les textes en vigueur en République du Bénin autorisent l’accès à l’école primaire des enfants jusqu’à l’âge de 16 ans pour les filles et 15 ans pour les garçons. Les Cours moyens première et deuxième années étant les classes dont l’âge des effectifs peut varier entre 8 ans et 16 ans. Il est apparu utile de prévenir contre les relations sexuelles précoces et leurs corollaires que sont les grossesses précoces et les infections sexuellement transmissibles.
Des chiffres qui font froid dans le dos
Alice Mingninou a, quant à elle, fait état des données chiffrées sur ce fléau qui fait des ravages au sein même des enfants. A l’en croire, il se note une précocité des rapports sexuels, avant l’âge de 15 ans. 13,12 % des filles ont déjà eu des rapports sexuels contre 12,9 % des garçons. Selon l’enquête de surveillance de deuxième génération des Ist et du Vih/Sida, la prévalence des Ist dans le monde scolaire a révélé que les jeunes universitaires sont les plus touchés, 5,1 % suivis des jeunes du premier cycle 1,7 % et ceux du second cycle pour 1,6 %.
Cela étant, indique-t-elle, les rapports sexuels des jeunes souvent occasionnels et non protégés engendrent, entre autres conséquences, les grossesses non désirées qui représentent 93 % ; les adolescentes contribuent pour
21 % à la fécondité totale, c’est-à-dire qu’une grossesse sur cinq est du fait d’une adolescente.
Avec les sensibilisations en 2018 aux relations sexuelles intergénérationnelles et la vulgarisation des textes sanctionnant les auteurs des grossesses en milieu scolaire réalisées par l’Ufls-Tp dans ces départements, se réjouit Alice Mingninou, il y a eu une légère baisse, comme le révèlent les statistiques collectées en fin d’année scolaire 2018-2019. Ainsi dans le Zou, il est dénombré 217 cas de grossesses dont 163 cas pour le premier cycle (de la 6e en 3e ) et 54 cas pour le second cycle (de la Seconde en terminale). Dans les Collines, il est relevé 262 cas de grossesses avec une prépondérance de 205 cas au premier cycle et 57 cas au second cycle. Tandis que dans le Zou, les auteurs de ces grossesses sont des personnes extérieures au système scolaire, 177 contre 38 auteurs qui sont des élèves et 2 enseignants ; dans les Collines, par contre, la tendance est inversée. Ce sont 130 élèves et étudiants et quatre enseignants qui sont auteurs de ces grossesses contre 128 hors du cadre éducatif.
Il faut noter que sur les 262 élèves en état de grossesse répertoriées dans le département des Collines, pour ne citer que ces cas, 99 d’entre elles ont redoublé leurs classes et 116 ont abandonné les cours. Une situation dramatique qui interpelle les acteurs à divers niveaux de la chaîne.
Cette rencontre a pris fin par des échanges directs entre Espérance Obonté Nata et les apprenants de Tchetti sur les gestes nécessaires pour ne pas être victimes de la sexualité précoce.

Annoncée il y a quelques jours, la table ronde sur la gestion durable de l’éclairage public par les collectivités locales s’ouvre ce jeudi 24 octobre, à Cotonou. Au terme de cette rencontre organisée par le ministère de l’Energie, des solutions concertées pour une gestion durable de l’éclairage public dans les communes.
L’éclairage public, géré par les communes du Bénin, est aujourd’hui confronté à des défis mettant à mal l’efficacité et la durabilité du service public en la matière. En effet, un diagnostic de la situation révèle des dysfonctionnements.
C’est pour les résoudre que le ministère de l’Energie a convié les parties prenantes y compris les bailleurs de fonds, à la table ronde dont les travaux s’ouvrent ce jeudi, à Cotonou. Il s’agit pour les participants de mener des réflexions sur la question en vue « d’élaborer une feuille de route concertée pour la gestion durable de l’éclairage public ».
A cet effet, sera fait l’état des lieux des réseaux d’éclairage public dans les villes et campagnes du Bénin et sur les difficultés que rencontrent les communes en matière de gestion de l’éclairage public. Selon les voeux du gouvernement, ces assises aboutiront à des propositions de solutions consensuelles, intelligentes et réalistes, en vue de la modernisation du réseau d’éclairage public et de la mise en place de différents mécanismes d’économie d’énergie. La rencontre de ce jour aboutira également à la mise en place d’un mécanisme de financement pour le développement et la gestion durable des réseaux de l’éclairage public.
Il est à rappeler que la gestion de l’éclairage public au Bénin avait été assurée par la puissance publique jusqu’en 1999 où cette activité a été transférée aux collectivités locales à travers l’adoption de la loi n° 97-029 du 15 janvier 1999. Au cours de la mise en œuvre des activités du programme régional de développement des énergies renouvelables et d’efficacité énergétique en 2013, les lampes dites de basse consommation ont été introduites dans l’éclairage public et les acquis du projet sont aujourd’hui transférés à l’Agence béninoise d’électrification rurale et de maîtrise d’énergie (Aberme).

Veiller à la mise en œuvre des politiques et stratégies du ministère des Affaires sociales et de la Microfinance dans les différentes communes et s’occuper de la prévention et de la gestion des risques sociaux courus par les populations, particulièrement les groupes vulnérables.Telle sont les missions dévolues aux Centres de promotion sociale (Cps). Géneviève Arawo, directrice départementale des Affaires sociales et de la Microfinance du Littoral apporte ici plus d’éclaircissements sur les services rendus par ces centres et les actions que mène le gouvernement dans ce sens.
La Nation : En votre qualité de directrice départementale des Affaires sociales et de la Microfinance du Littoral, quels sont les services qu’offrent les Centres de promotion sociale ?
Géneviève Arawo : La direction départementale des Affaires sociales et de la Microfinance travaille avec ses structures que sont les centres de promotion sociale. Nous en avons 6 dans le département du Littoral avec 5 services sociaux spécialisés. Les centres de promotion sociale accompagnent les personnes vulnérables, les familles et tout citoyen qui se retrouvent dans un besoin précis.
Que font les Centres de promotion sociale pour traduire en actes les différentes réformes entreprises par le gouvernement ?
En ce qui concerne la mise en œuvre du Programme d’action du gouvernement (Pag), notre secteur se situe au niveau du pilier 3 du Pag qui concerne l’amélioration des conditions de vie des populations et de l’axe stratégique 6 relatif à la protection sociale. Les Centres de promotion sociale accompagnent les populations dans leurs besoins quotidiens à savoir: conseils en orientation, en formation et en appui. Essentiellement, les bénéficiaires des prestations des centres de promotion sociale sont les personnes handicapées, les personnes du troisième âge, les enfants, les jeunes et les adolescents.On écoute les personnes, on fait des enquêtes et on élabore à leur profit un projet de vie.
Y a-t-il une synergie d’actions entre les Centres de promotion sociale et les Organisations non gouvernementales qui œuvrent dans le social ?
Les Centres de promotion sociale et les Ong entretiennent des relations de complémentarité parce que les Ong appuient l’Etat dans la protection sociale. Donc, les Cps sont les coordonnateurs des interventions au niveau communal et en tant que tels, les Ong qui interviennent dans la protection sociale sont des partenaires des Centres de promotion sociale. Ces deux partenaires travaillent en synergie d’actions au profit des couches vulnérables que nous accompagnons.
En outre, nous avons plusieurs lois qui protègent ces personnes telles que le Code de l’enfant, la loi 2017 portant promotion et protection des personnes handicapées en République du Bénin, le Code des personnes et de la famille, la loi sur les violences basées sur le genre. Nous avons tout un arsenal juridique en matière de protection sociale au Bénin et ce sont ces textes qui sont vulgarisés au niveau des centres de promotion sociale de même que les politiques et stratégies en matière de protection sociale.
Parlant du respect de ces textes de loi, nous travaillons à sensibiliser davantage les populations à leur contenu. Nous bénéficions également du soutien des acteurs de la justice.
Comme s’opère l’accompagnement des personnes vulnérables ?
Les procédures varient en fonction des cas. Quand nous devons accompagner les personnes indigentes, il y a des documents à fournir. L’agent du Cps doit procéder à l’enquête sociale. En clair, il y a des actes administratifs qui sont requis dans l’accompagnement des cibles en fonction de la personne. Dès que vous vous retrouvez dans un centre de promotion sociale, suivant la situation qui se présente, vous aurez des informations sur la procédure. La direction organise périodiquement des supervisions, des suivis pour voir comment les Cps mettent en œuvre la politique de l’Etat et accompagnent les cibles.
Quelles sont les difficultés que rencontrent les Cps dans l’accomplissement de leurs missions ?
Au niveau des Cps, les difficultés que nous rencontrons souvent sont liées au fait que les cibles que nous sommes appelés à accompagner parfois ne disposent pas de pièces. L’acte de naissance qui est une pièce maitresse n’est pas à la disposition de tous les citoyens. Ça pose de problème chaque fois que nous sommes appelés à accompagner une personne, et c’est en cela qu’il faut saluer les réformes engagées par le gouvernement et qui visent à permettre à chaque citoyen de disposer d’un acte de naissance qui prouve son identité à travers l’opération Ravip. Chaque fois qu’il y a une opération, il faut qu’on sensibilise les populations à aller se faire enregistrer parce que ça comporte toujours un avantage. Sans l’identité, on ne peut prévoir un plan d’accompagnement, que cela soit au niveau des Cps ou d’autres secteurs. Nous devons faire en sorte que les parents déclarent les enfants à leur naissance et aillent retirer leurs actes de naissance, sans oublier aussi les actes de décès. Quand nous sommes appelés à accompagner les veuves ou les veufs, il faut nécessairement au nombre des pièces demandées le certificat de décès mais nous n’avons pas cette culture. Lorsque les gens perdent leurs parents, ils ne savent pas qu’il faut faire la déclaration de décès, tout comme la déclaration de naissance. J'’invite les citoyens à systématiquement déclarer les décès, parce que c’est une pièce nécessaire dans les procédures d’accompagnement des personnes vulnérables.
Pourquoi y a-t-il toujours des enfants dans les rues malgré l’existence des Centres de promotion sociale ?
J’attire l’attention des uns et des autres sur le fait que les Centres de promotion sociale n’hébergent pas les enfants ou les personnes en situation difficile. Mais plutôt, ils les orientent vers un centre d’accueil, le temps qu’on retrouve leurs familles. Nous avons des centres d’accueil pour l’Etat et les centres d’accueil privés un peu partout dans le département. Les Cps dans leurs zones respectives font le suivi de ces centres d’accueil pour que la prise en charge à leur niveau soit conforme aux normes.
Quelles sont vos perspectives ?
L’accent sera davantage mis sur la communication afin que les populations soient informées des services disponibles au niveau des différentes structures de l’Etat. Ceci permettra aux uns et aux autres de pouvoir les solliciter en cas de besoin. Nous invitons les familles à mieux accompagner leurs enfants pour que nous ayons des enfants beaucoup plus responsables, surtout à l’ère des nouvelles technologies. Accompagner un enfant n’est pas une intervention ponctuelle mais sur le long terme. Le personnel du Cps est toujours disponible pour les préoccupations liées à l’éducation et à l’encadrement des enfants. Nous faisons en sorte que la relation parent-enfant soit une relation de confiance.Nous invitons de même les acteurs concernés à plus de synergie d’actions.

La santé des populations frontalières préoccupe l’Agence béninoise de gestion des espaces frontaliers (Abegief). A cet effet, elle a organisé du 14 au 19 octobre dernier, la 6e édition des consultations médicales foraines dans les communes frontalières de Savalou et de Djidja.
La 2e phase de la 6e édition des consultations médicales foraines a connu son épilogue le 19 octobre dernier dans les localités frontalières de Tchetti (Savalou) et de Agouna (Djidja). L’objectif est d’assurer le bien-être des populations frontalières.
Dans son intervention, le directeur général de l’Abégief affirme que la gestion des frontières passe aussi par le bien-être des populations frontalières. Marcel Ayité Baglo note qu’une population apaisée et en bonne santé physique et mentale participe à la lutte contre la radicalisation et le terrorisme. Le directeur départemental de la Santé des Collines, Codjo Dadonougbo, a quant à lui, encouragé les partenaires qui soutiennent le gouvernement dans sa politique de la san té pour tous et a invité les populations à sortir massivement pour se faire soigner.
Tous les intervenants n’ont pas manqué de souligner l’importance de cette initiative et de remercier le gouvernement à travers l’Abegief pour sa noble mission. Le président de la Société béninoise de médecine interne (Sobemi), Fabien Houngbe a rappelé que ce partenariat dure depuis six ans et après la première édition qui s’est déroulée dans les communes de Savalou, Djidja et Ottola en 2013, il était important de revenir pour apprécier l’état et l’évolution de la santé des populations. « C’est pour cette raison que d’autres spécialités ont été ajoutées. Il s’agit entre autres des endocrinologues, des cancérologues, des cardiologues, des neurologues, des rhumatologues, des dermatologues, des ophtalmologues, des gynécologues et enfin des gériatres », a-t-il rappelé.
A l'issue des consultations, il faut retenir qu'environ 4.000 adultes ont bénéficié gratuitement de soins et de médicaments. Plus de 500 femmes ont reçu des soins gynécologiques dont 35 ayant le cancer du col de l’utérus au stade primaire en ont été guéries. Les femmes souffrant de fistules obstétricales et de prolapsus utérin qui ne pouvaient pas être traitées sur place ont été recensées et leurs dossiers seront affectés à l'hôpital de Tanguiéta pour une prise en charge. 52 personnes atteintes de pathologies oculaires ont été opérées dont 40 de la cataracte. Des individus qui étaient condamnés à vie à la cécité ont recouvert la vue. Le cas le plus émouvant fut un garçon de 7ans dont le handicap avait empêché sa scolarisation depuis 2 ans.
Les substantiels résultats obtenus à chaque édition suscitent la contribution de divers partenaires nationaux et internationaux notamment en cette période de Mobilisation nationale au profit des espaces frontaliers lancée depuis le mois de juin dernier. La présente édition a été réalisée en collaboration avec l’Association des Cliniques privées du Bénin, la Société béninoise de Rhumatologie, une donatrice de l’hôpital La Croix Saint Simon en France et le ministère de la Santé à travers le Programme en charge des maladies non transmissibles (Pnlmnt) pour une prise en charge plus poussée.

L’opérateur de téléphonie mobile Mtn est appelé à offrir aux abonnés du crédit qu’ils pourront utiliser pour acheter le ou les services de leur choix et permettre au réseau de fonctionner normalement. C’est ce qui ressort de la rencontre qu’a eue, mardi 22 octobre dernier, le secrétaire exécutif de l’Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste (Arcep Bénin) avec l’opérateur Mtn et les Associations des consommateurs partenaires (Acp) au lendemain des dysfonctionnements enregistrés au niveau du réseau ces derniers temps notamment les jeudi 17 et samedi 19 octobre derniers.
L’opérateur de téléphonie mobile Mtn a en effet connu, jeudi 17 octobre dernier, selon l’Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste (Arcep Bénin), des perturbations sur son réseau avec comme conséquence l’impossibilité pour ses abonnés d’émettre et de recevoir des appels entre 10 heures et 15 heures. Pour compenser les préjudices causés aux consommateurs, ce dernier a offert 30 minutes d’appel gratuit à tous ses abonnés le samedi 19 octobre 2019. Un cadeau commercial dont les abonnés n’ont pu convenablement jouir à cause de la congestion du réseau.
Pour l’Arcep Bénin, rien ne vaille que de permettre aux abonnés de jouir convenablement du cadeau offert non pas pour compenser les préjudices causés mais pour soulager un temps soit peu, les peines endurées par les consommateurs ces deux jours.
La rencontre avec l’opérateur Mtn et les Associations des consommateurs partenaires (Acp) a permis donc à l’Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste (Arcep Bénin) non satisfaite de la gestion faite de la situation d’en savoir davantage sur les réelles causes du dysfonctionnement enregistré sur le réseau.
Selon l’opérateur, l’interruption du réseau jeudi dernier est due à une panne jamais enregistrée notamment la désintégration du logiciel de gestion des redondances. Le caractère singulier de la panne a poussé l’équipementier à poursuivre les analyses et les mises à jour afin d’éviter à l’avenir de pareilles situations. L’opérateur a reconnu l’importance du consommateur sans qui il ne saurait exister.
Société 23 oct. 2019

Les travaux de la seconde session ordinaire de l’Assemblée nationale au titre de l’année 2019 sont désormais ouverts. L’ouverture a été favorisée par la présence de 70 députés, un nombre qui dépasse largement le quorum de 42 parlementaires exigé par la Constitution du 11 décembre 1990. La cérémonie a été marquée par un seul discours, celui du président de l’Assemblée nationale, Louis Vlavonou. Le numéro 1 de l’institution parlementaire a annoncé les défis de cette seconde session ordinaire encore appelée session budgétaire qui comporte une soixantaine de dossiers. Selon Louis Vlavonou, cette session sera consacrée principalement à l’examen du projet de budget de l’Etat gestion 2020. Mais en plus, elle se penchera sur plusieurs autres dossiers importants dont l’examen de la proposition de loi sur l’amnistie, la proposition de loi portant statut de l’Opposition, la proposition de loi modificative et complétive du Code électoral, la proposition de loi modificative et complétive de la Charte des partis politiques et la proposition de loi sur le financement des partis politiques. L’importance de ces dossiers fait dire au président de l’Assemblée nationale que la seconde session ordinaire de l’année 2019 sera des plus laborieuses et productives. La cérémonie d’ouverture a connu la présence de plusieurs personnalités et des membres du corps diplomatique accrédités près le Bénin.
Politique 23 oct. 2019

L’université, non plus seulement comme un centre de formation, mais un pôle d’excellence qui forge des créateurs de développement. C’est cette vision de l’Enseignement supérieur que la ministre Eléonore Yayi
Ladekan est allée partager, mardi 22 octobre, avec la communauté universitaire du Bénin à l’occasion de la rentrée académique solennelle 2019-2020 à l’Université nationale d’agriculture de Kétou.
Le choix de l’Université nationale d’agriculture (Una) de Kétou pour abriter la rentrée académique solennelle 2019-2020 n’est pas anodin. Il est lié à sa nature d’université thématique agricole d’envergure nationale, disposant d’une formation en agronomie générale et de dix écoles couvrant différentes spécialités des centres agronomiques. Quatre-vingt-quinze enseignants permanents dont six professeurs titulaires et quinze maîtres de conférences dispensent le savoir à 1171 étudiants encadrés par un personnel administratif d’une centaine d’agents. Mais l’Una incarne surtout la vision du gouvernement pour l’enseignement supérieur à savoir: devenir un centre d’excellence qui apporte des solutions à la problématique du développement. Le thème choisi pour cette rentrée rime avec cette ambition et est intitulé «La qualité de l’enseignement supérieur, un levier de développement durable ».
Les allocutions au cours de cet évènement d’envergure nationale réunissant l’ensemble des acteurs des universités publiques et privées du Bénin iront aussi dans le même sens. Gauthier Biaou, recteur de l’Una de Kétou, plaide pour que le développement de l’innovation soit effectif dans les universités, «afin que l’université prenne toute sa place dans le développement de la nation » et renforce le combat quotidien du gouvernement contre la pauvreté qui ne doit pas être considérée comme une fatalité. Mais pour y arriver, il faut renforcer les moyens humains, matériels et financiers des universités. S’agissant du cas spécifique de l’Una de Kétou, il faut mieux étoffer le corps enseignant, doter l’université de laboratoires et de fermes d’application pour mettre sur le marché des diplômés compétents et capables de s’auto-employer pour des défis du développement économique et social, suggère-t-il.
L’assurance-qualité s’impose dans les universités
Comme il est de tradition, une leçon inaugurale portant sur le thème de la rentrée a été présentée par l’enseignant le plus ancien dans le grade le plus élevé à l’Una. Le professeur Armand Gbangbotché s’en est chargé. Sa présentation fera la part belle à la qualité de l’enseignement supérieur qu’il considère comme un important levier du développement durable. « Ce qui est important dans la connaissance, c’est la qualité et pas la quantité. Si un bon choix est fait au départ avec une bonne orientation, nous aurons un bon produit », a souligné le conférencier. Il faut une convergence entre l’éducation et le développement durable, a-t-il souligné. L’approche pour y arriver, les partenariats et la pédagogie interactive, soutient-il. Il plaide pour une meilleure orientation des nouveaux bacheliers en lien avec leurs capacités. Le professeur Armand Gbangbotché souhaite aussi des curricula adaptés pour une meilleure qualité de l’insertion et de l’enseignement, la pédagogie et la massification avec des effectifs gérables dans les instituts et écoles. Autre déterminant, l’assurance-qualité. Il se réjouit que cela prenne petitement corps au sein de l’espace Cames. Pour le Bénin, il faut quatre enjeux majeurs que sont l’enjeu pédagogique, de gouvernance, les enjeux sociaux et l’enjeu économique.
De nombreuses doléances ont été adressées au ministre de l’Enseignement supérieur par le Dr Théophane Ayi, représentant des Etablissements privés d’enseignement supérieur (Epes). Junior Bessan, pour le compte des étudiants et Deo Gratias Tossa pour le compte du personnel administratif ont exprimé les attentes de leurs pairs pour un enseignement supérieur de qualité.
La rentrée solennelle ne doit pas être vue comme une simple formalité. C’est une rencontre de convivialité intellectuelle et «un moment de réflexion collective sur ce que doit être le sous-secteur de l’enseignement supérieur dans notre système éducatif afin d’apporter sa contribution à la réalisation du Programme d’action du gouvernement (Pag) du président Patrice Talon », indique Eléonore Yayi Ladékan. « Pour la mise en œuvre des projets prioritaires du Pag, il est attendu de ce sous-secteur, un rôle déterminant dans la transformation structurelle de l’économie de notre pays », poursuit-elle. Elle place les universités au cœur du développement économique et social pour peu qu’on relève les défis de la qualité de l’enseignement et du renforcement de l’expertise.
Il faut, insiste-t-elle, « améliorer les prestations afin que l’assurance-qualité s’impose pour faire des universités des pôles d’excellence scientifique ». Elle souhaite les voir devenir « des universités modernes dites de troisième génération en les amenant à résoudre les problèmes des communautés béninoises et jouer ainsi leur rôle d’outils de développement ».
La longue procession des enseignants des universités avant le démarrage de la cérémonie et la distinction des enseignants-chercheurs admis au grade de professeur titulaire et reçus dans l’Ordre national du Bénin au grade de chevalier ont été deux autres temps forts de la cérémonie.

Le Conseil national du dialogue social (Cnds) tient sa deuxième session ordinaire au titre de 2019. Consacrée principalement à l’examen du budget du Conseil, elle a été ouverte, ce mardi 22 octobre, à Cotonou, par le président de l’Institution, Guillaume Attigbé. Les travaux sont prévus pour durer trois jours.
Les membres du Conseil national du dialogue social (Cnds) s’activent pour doter l'institution de son budget, gestion 2020. C’est pourquoi, conformément aux dispositions statutaires du Conseil, ils ont procédé, hier mardi, au lancement de sa deuxième session ordinaire.
Ainsi, pendant trois jours, ils vont examiner et adopter le projet de budget exercice 2020 du Cnds, et les termes de référence d’importants dossiers. Au nombre de ceux-ci, l’on peut citer le document de procédures administrative, financière et comptable; le document projet de l’étude sur la structuration du dialogue social au Bénin et le document du protocole d’accord instituant une structure de solidarité entre les membres du Cnds.
Il est également prévu, au cours des assises, que les membres du Cnds soient mieux outillés sur la fiscalité de développement au Bénin. C’est pour cette raison qu’un atelier sur cette problématique est prévu à l’intention des Conseillers, informe le président du Cnds, Guillaume Attigbé. « Il s’agira, dans un premier temps, de communiquer et d’échanger sur comment optimiser l’apport du secteur informel traditionnel, afin de le rendre progressivement moderne en lien avec le secteur formel et rendre celui-ci performant. Nous parlerons également de comment contribuer à la transformation structurelle de l’économie béninoise », précise-t-il. Dans un second temps, poursuit le président du Cnds, «il sera présenté au Conseil une communication sur les aspects économiques du Programme d’action du gouvernement ».
Tout développement durable, qu’il soit politique, économique, social ou environnemental, passe par un dialogue constructif, dira Guillaume Attigbé. Au regard donc de l’importance que revêt cette deuxième session ordinaire du Cnds, il espère pouvoir compter, une fois encore, sur la détermination de ses collègues pour des perspectives heureuses.
Dialogue politique…
A l’initiative du chef de l’Etat, Patrice Talon, le Bénin s’est, à nouveau, révélé au monde à travers les assises du dialogue politique tenu les 10, 11 et 12 octobre derniers, à Cotonou. Cette rencontre a accouché de bon nombre de conclusions qui sont immédiatement mises en œuvre par le gouvernement. D’autres Institutions de la République telles que l’Assemblée nationale sont également à pied d’œuvre, et Guillaume Attigbé s’en réjouit. Mieux, le président du Cnds dit féliciter et encourager le chef de l’Etat ainsi que les parties au dialogue. Pour lui, c’est encore la preuve qu’avec la vertu du dialogue, le peuple béninois peut trouver solution à toute difficulté qui est la sienne, quelles que soient sa nature et son ampleur.
Rappelons que le Conseil national du dialogue social (Cnds) est un outil de promotion de meilleures conditions de vie et de travail pour une plus grande justice sociale. Son objectif, entre autres, est de renforcer le processus démocratique et la bonne gouvernance de l’administration publique nationale en vue du maintien de la paix sociale et de l’unité nationale. Il vise également à contribuer à la mise en place des mécanismes permanents de dialogue social, de négociations collectives, de concertations, de consultations dans les services publics, les entreprises privées et semi-publiques.

En séjour au Bénin, le professeur émérite de Sciences politiques, Bertrand Badie, a échangé avec les professionnels des médias, hier lundi 21 octobre, à l’Institut français de Cotonou, sur la place des pays du Sud dans les relations internationales. Il en ressort que l’Afrique, loin d’être le continent le moins nanti, le moins apte, a une place prépondérante dans la diplomatie et plus encore dans le processus de mondialisation.
Quand bien même elle est sous-estimée, souvent exploitée bon gré, mal gré, l’Afrique pèse inéluctablement dans l’ère contemporaine, l’ère de la mondialisation. Plus qu’hier, l’Afrique dispose d’atouts déterminants, et est devenue incontournable dans la politique étrangère des grandes nations. « Mais l’Afrique sera dans la mondialisation comme un poisson dans l’eau, si elle prend véritablement conscience de ses potentialités et de sa position centrale », a laissé entendre le professeur de Sciences politiques, Bertrand Badie, à l’occasion d’une rencontre d’échanges avec les hommes des médias où il a été question de la place des pays du Sud dans les relations internationales. Considérant les trois piliers de la mondialisation que sont : l’Inclusion, la mobilité et surtout l’interdépendance, le spécialiste des relations internationales Bertrand Badie subodore que le jeu diplomatique peut basculer à tout moment si l’Afrique y prend une part active. « Quand de plus en plus, le fort dépend du faible, c’est que l’hégémonie n’est plus totale et tout peut arriver », fait-il remarquer.
Mais comment l’Afrique prendrait-elle une part active dans la mondialisation ? Pour le professeur, il importe de réhabiliter les acteurs locaux. L’Afrique doit faire confiance à ses acteurs et cesser de se tourner vers l’Occident pour rechercher des solutions à ses enjeux de développement. « Il faut absolument rendre le continent aux acteurs locaux… Ce sont eux les plus à même de faire face aux défis de l’Afrique ». La co-gouvernance reste, selon lui, l’autre chantier qui devrait réunir les Etats africains autour d’un idéal. « Que l’Afrique prenne l’initiative de s’organiser, d’organiser une grande convergence des Etats africains, où la gouvernance sera globale », suggère-t-il avant de renchérir : « Je pense que c’est possible de réinventer le monde. Et cela sera faisable dès lors que l’Afrique passe de la passivité à la proactivité ».
Le panafricanisme, un idéal toujours opportun
Le panafricanisme reste l’élément clé du destin du continent africain. Bertrand Badie le soutient sans ambages. Il rappelle que les grands émancipateurs de l’Afrique, à l’ère des indépendances, étaient habités par une idée panafricaniste et non celle d’Etats-nations juxtaposés. Mais les barrières linguistiques et les conflits intra-étatiques n’ont pas favorisé cet idéal. Pour le politologue, le panafricanisme donnera aux Etats africains non seulement plus de moyens dans les rapports diplomatiques mais surtout plus d’aptitude à faire face aux enjeux de développement qui sont les leurs. A l’en croire, plus que le terrorisme, l’insécurité alimentaire et sanitaire sont de grosses menaces pour le développement de l’Afrique. Et ceux qui sont en mesure de les ressentir et d’y remédier, ce sont ceux qui vivent ces réalités, ce sont les Africains eux-mêmes. « Ce n’est pas la France qui va régler les problèmes de l’Afrique… Elle va au contraire les aggraver… », relève-t-il. L’universitaire note en Afrique des atouts historiques et naturels qui la prédisposent à l’unité : « Il y a eu très peu de guerres inter-Etats en Afrique. Les conflits en Afrique sont souvent intra-Etats. Or, d’un point de vue historique et diplomatique, l’Europe et les Etats-Unis reposent sur la compétition entre Etats souverains, entre cultures, entre langues », illustre Bertrand Badie.
D’autres sujets ont été abordés lors de ces échanges notamment le retour des biens culturels qui, pour le conférencier, est une question qui a très peu touché l’opinion publique ; la question de la monnaie unique pour l’Afrique, qui demande un effort énorme des Etats et beaucoup de sacrifices. La question de l’affranchissement de la langue étrangère a également été soulevée. « « La langue est un vecteur de la pensée mais c’est aussi un élément réducteur de la pensée », va affirmer le professeur émérite de Sciences politiques Bertrand Badie.