La Nation Bénin...
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La Confédération nationale des employeurs du Bénin (CONEB) se préoccupe de la crise économique née au Bénin du fait de la dépréciation du Naira, monnaie officielle du Nigeria voisin. La question était au centre des débats de la troisième édition du « jeudi du patronat », qu’elle a organisée jeudi 15 septembre à Cotonou.
Depuis quelques jours le Nigeria est entré officiellement en récession. Une situation qui préoccupe les opérateurs économiques béninois réunis au sein de la Confédération nationale des employeurs béninois (CONEB). Ils ont initié un débat pour échanger non seulement entre eux, mais aussi avec les représentants de la Société civile et du gouvernement.
En effet, le Bénin et le Nigeria ont des liens historiques et entretiennent des relations commerciales qui ont évolué dans le temps, mais qui ont souffert d’une application parfaite. Car, ils ont été moins réglementés pendant longtemps. Ce n’est que dans les années 90 que les deux pays ont ressenti la nécessité de signer un accord de partenariat agricole, par lequel ils se sont mutuellement accordé la clause de la nation la plus favorisée. Revu par des dispositions complémentaires, cet accord a été élargi au Togo et au Ghana et a donné naissance à la zone de coprospérité. Ledit accord a prescrit, entre autres, la libre circulation entre les deux pays de deux catégories de produits que sont les biens et marchandises entièrement produits ou récoltés dans l’un ou l’autre pays et les produits qui entièrement ou partiellement composés de matières premières provenant d’un pays tiers ou d’une institution, ont été transformés de façon substantielle dans l’un ou l’autre pays.
Il ressort malheureusement de l’exposé développé au cours des échanges que les flux commerciaux entre le Bénin et le Nigeria reposent essentiellement sur le commerce informel qui en représente environ 70%. Dans la réalité, une forte proportion du trafic entre les deux pays repose sur le circuit de la contrebande, échappant ainsi aux statistiques officielles.
Les deux catégories de produits du Bénin
En ce qui concerne le Bénin, dont l’économie est essentiellement agricole l’exposant, Dr Emile Aifa a affirmé que deux catégories de produits sont exportées vers le Nigeria. Il s’agit, selon lui, d’une dizaine de produits alimentaires d’origine béninoise dont le maïs, les cosettes d’ignames et de manioc, le gari, l’huile de palme, les palmistes, la tomate, la noix de cajou, les amandes de karité, l’ananas, le piment et le soja. En dehors de ces produits, le Bénin exporte également vers le Nigeria des produits importés d’origine étrangère.
En retour, de nombreux produits nigérians manufacturés sont importés au Bénin. Il s’agit notamment des produits pétroliers, les plastiques et les pièces détachées de rechange.
Analysant les récentes réformes nigérianes consacrant la dépréciation du Naira, l’exposant a estimé qu’elles n’ont fait que renforcer et consolider la baisse drastique de compétitivité des produits béninois sur le marché nigérian. Ainsi, les Nigérians trouvent plus chers les produits béninois et préfèrent les substituer à d’autres produits. Ce qui conduit nécessairement à la mévente sur le marché béninois avec pour conséquence la baisse des recettes et le chômage. C’est ce qui explique les différentes plaintes observées ça et là.
Le risque est qu’à terme, le marché nigérian peut s’ajuster en produisant suffisamment les produits exportés du Bénin. Le Bénin perdra ainsi son avantage comparatif sur ces produits et verra ainsi se réduire sa part de marché.
Face à la situation, des recommandations ont été faites à l’endroit de l’Etat. A court terme, pour éviter la faillite des entreprises béninoises, fournisseurs du marché nigérian ayant constitué des stocks, les participants recommandent à l’Etat de leur accorder une facilité financière, mais avant, un état des lieux s’impose. Il faut aussi prévoir la construction ou la mise en œuvre d’infrastructures d’accompagnement de l’offre.
En réponse aux réformes dans l’économie nigériane, les opérateurs économiques estiment qu’il est nécessaire de créer une cellule d’analyse ou de veille qui sera au service de la CONEB, mais sous un financement public ou extérieur.
Les participants au «Jeudi du patronat » ont unanimement souhaité l’exploitation à grande échelle du potentiel agricole du Bénin. C'est-à-dire doper le secteur par des actions concrètes en vue d’un rendement d’échelle?

Depuis environ trois ans, sévit à la Faculté des Lettres, Arts et Sciences humaines (FLASH) de l’Université d’Abomey-Calavi, une crise sans précédent, qui serait liée aux modalités d’application du système LMD (Licence – Master – Doctorat). En tant qu’acteur du système éducatif béninois, et de surcroît enseignant dans cette entité, je me permets de partager, ici, quelques éléments d’analyse de cette crise.
La FLASH est une entité de l’Université d’Abomey-Calavi, composée de douze établissements qui offrent des formations dans la quasi-totalité des domaines des lettres et des sciences sociales et humaines (Sociologie, Anthropologie, Histoire, Psychologie et Sciences de l’Education, Anglais, Lettres modernes, Géographie, Philosophie, Espagnol, Etudes germaniques, Linguistique, etc.). Elle a été créée en 1970, en même temps que l’Université du Dahomey, sous l’appellation « Département des Etudes Littéraires, Linguistiques et de Sciences humaines » (DELLSH). Ce département deviendra en 1979, la Faculté des Lettres, Arts et Sciences humaines (FLASH).
Aujourd’hui, la FLASH compte 40% des 92.704 étudiants de l’Université d’Abomey-Calavi, pour un encadrement assuré par 147 enseignants, tous grades confondus. Par exemple, le département de Géographie et Aménagement du territoire compte, à lui seul, 12.682 étudiants inscrits, soit 13% de tous les inscrits à l’UAC (Rectorat UAC, 2015).Chacun pourra donc calculer le ratio enseignant/ étudiants, et comprendre les difficultés d’encadrement et de logistique qui prévalent dans cette entité.
Les origines de la crise du système LMD à la FLASH
Le système LMD s’applique, bon an, mal an, depuis une dizaine d’années à l’Université d’Abomey-Calavi. Les entités de formation professionnelle semblent avoir mis en place des mécanismes d’application relativement adéquats du système. Mais les facultés classiques dont la FLASH, ont de sérieuses difficultés à mettre en œuvre les exigences de ce système, en raison surtout de la pléthore d’effectifs, de l’absence d’infrastructures adéquates et de l’insuffisance d’encadrement.
Le point culminant de la crise est relatif à la session unique que les enseignants entendent faire passer comme une exigence du système LMD. Depuis trois ans environ, les négociations avec les étudiants stagnent sur ce point. Pour les enseignants, la session unique doit être la nouvelle règle de gestion à la FLASH.
Dans leurs récriminations, les étudiants s’opposent à la session unique. En effet, selon eux, la session de rattrapage est l’occasion pour plus de 75% de ceux qui réussissent, de réunir la moyenne requise. Cette position est davantage pertinente dans le contexte spécifique du LMD qui n’autorise pas la compensation entre les différentes unités d'enseignement. Il n’est donc pas question de supprimer la session de rattrapage.
A l’analyse, il est apparu évident que les enseignants de la FLASH n’ont aucunement l’intention de faire échouer en masse les étudiants, comme certains le prétendent. Au cours de l’année académique 2014-2015, pour faire adopter la session unique et démontrer leur bonne foi, ils sont allés même à des concessions docimologiques presqu’inadmissibles. Les étudiants ont tenu aux deux sessions d’examens.
Dans la réalité, la FLASH ne vit pas une crise du système LMD, mais plutôt une crise d’effectif pléthorique. En effet, l’effectif de la FLASH a commencé à exploser depuis une dizaine d’années, depuis que l’ex Faculté des Sciences juridique, économique et politique (FASJEP) a entamé des réformes structurelles (plus de rigueur dans le passage en année supérieure, moins de fraudes lors des examens, etc.).Les étudiants (fonctionnaires ou réguliers), en quête de facilité, se sont orientés massivement vers la FLASH.
Dans un contexte de pléthore d’effectif, les enseignants de cette entité vivent une lassitude sans pareille ; ils croupissent sous le poids des copies à corriger, presque sans congés annuels depuis plusieurs années. On devra également tenir compte des coûts financiers liés à l’organisation des examens dits de rattrapage.
La nécessité d’une réforme profonde à la FLASH
L’invalidation de l’année académique 2015-2016 à la FLASH, une situation assez grave et pénible, devra être une occasion de profonde réflexion dans les universités publiques béninoises. Car, rien n’est acquis pour une reprise effective des enseignements à la rentrée académique d’octobre prochain.
La FLASH devra s’engager dans une réforme profonde pour réduire, dans les trois prochaines années, son effectif. Et les universités nationales devront veiller à un équilibrage de la formation orientée, de façon équitable, vers les filières professionnelles.
On devra également retenir que, dans toutes les universités du monde, du moins celles qui nous servent de référence en matière de mise en application des réformes en lien avec le LMD, il existe toujours deux sessions pour contrôler les connaissances des étudiants: une session initiale et une session dite de rattrapage. Il s’agit d’un mécanisme pour « racheter » les candidats qui n’ont pas validé leurs semestres et qui, selon les universités, prend différentes dénominations : «session de rattrapage», «remédiation», «examens de reprise»,etc.
L’implication des autorités gouvernementales pour une sortie de crise
Au cours de l’année académique 2014-2015, l’intervention du gouvernement béninois a permis de régler, de façon circonstancielle, le problème de la session unique. Les enseignants ont accordé les deux sessions aux étudiants, mais ont été payés pour la charge supplémentaire de travail consentie.
Les autorités gouvernementales actuelles devront se saisir du dossier maintenant, en tout cas avant la rentrée académique 2016-2017. L’UAC en a besoin. Une telle intervention ne saurait être perçue comme une immixtion intempestive dans les affaires académiques et une entorse aux franchises universitaires. A cet effet, les autorités gouvernementales devront :
-sensibiliser les enseignants à opter pour des sessions de rattrapage, comme partout ailleurs ;
-subventionner, pour une phase transitoire de trois ans, le coût du travail supplémentaire réalisé par les enseignants de la FLASH, tout en donnant à cette entité, le temps de faire des réformes internes pour réduire, de façon drastique, son effectif.
Plaidoyer pour une contextualisation du système LMD
Comment appliquer un système LMD adapté aux réalités nationales, qui tienne compte de l’environnement économique, social, culturel, technologique et politique ? Comment tenir compte de la pléthore d’étudiants, de l’insuffisance d’enseignants et de matériels didactiques ?Quels aspects peut-on emprunter à l’ancien système d’enseignement ? La réponse à ces questions devra permettre de comprendre qu’il n’est pas possible d’appliquer, dans son intégralité, les modalités du système LMD au Bénin. Même la France et le Canada ne l’appliquent pas de la même façon. Par exemple, la maîtrise existe toujours au Canada, alors qu’elle a disparu au profit de la licence en France. En France, le passage en année supérieure se fait toujours en fin d’année académique ; alors qu’au Canada, on valide les unités d’enseignement selon les trimestres.
Nous avons alors besoin de réfléchir pour adapter le système LMD au contexte national. Assumons donc «notre» LMD contextualisé !
Par Roch A. Houngnihin
Anthropologue, Maître de conférences Université d'Abomey-Calavi
Education 16 sept. 2016

Un atelier a réuni les anciens et nouveaux directeurs généraux, centraux et techniques, ainsi que des experts et le personnel opérationnel de la Compagnie béninoise de navigation maritime (COBENAM), jeudi 15 septembre à la CNCB, à Cotonou. Les fruits de leurs réflexions qui portent sur le thème « Relance des activités de la COBENAM à l’ère du Nouveau départ : réformes, stratégies et perspectives », seront remis ce jour, vendredi 16 septembre, en début d’après-midi, au ministre des Infrastructures et des Transports, Hervé Hêhomey.
Après avoir connu ses heures de gloire dans les années 80, la COBENAM a subi depuis la libéralisation accentuée de la chaîne des transports à partir de 1990, un amenuisement continu et drastique du portefeuille de ses activités. Mais très bientôt, a assuré son directeur général, Léon Katary, à l’occasion de l’atelier de réflexion ouvert jeudi 15 septembre à la CNCB et qui s’achève tout à l’heure, elle finira par renaître de ses cendres, à l’ère du Nouveau départ. «Redonner à la COBENAM, ses attributs d’antan, dans une dynamique de compétitivité», telle est sa préoccupation majeure.
A la suite d’un diagnostic sommaire, après sa prise de service à la tête de la compagnie, il y a exactement trois mois, jour pour jour, Léon Katary est parvenu à la conclusion qu’elle souffre d’un mal qui nécessite une thérapie de choc. C’est la raison pour laquelle, explique-t-il, il lui a paru opportun d’organiser la présente rencontre avec toutes les sommités utiles afin de parvenir à des solutions pertinentes pour la relance des activités de la COBENAM.
Les participants, au cours de leurs réflexions, auront à procéder à l’examen des activités traditionnelles de la COBENAM et penser à comment les dynamiser et au besoin, leur donner une orientation nouvelle, au regard des diverses mutations intervenues dans l’industrie maritime. Ils statueront aussi sur les nouveaux créneaux porteurs et comment en saisir les opportunités et les mettre en œuvre. Le directeur général Léon Katary a ensuite souhaité que les solutions proposées soient réalistes, durables et applicables à court, moyen et long termes. « Je souhaite également que les solutions dont l’application nécessitent un appui justifié aux plans institutionnel, politique ou financier, soient mis en exergue », a-t-il insisté.
Tirer grand profit
A sa suite, le ministre Hervé Hêhomey fera remarquer que près de 90% des échanges commerciaux du Bénin avec le monde extérieur sont assurés par voie maritime. Dans ce contexte, soutient-il, « il est de notre devoir et dans l’intérêt du pays de trouver les moyens innovants et efficaces pour tirer grand profit de ces échanges à travers notre armement national, la COBENAM». Le présent atelier, selon lui, arrive donc à point nommé. Il a alors remercié le directeur général Léon Katary et ses collaborateurs, pour leur initiative qui vise à trouver les voies et moyens afin de relancer les activités de la COBENAM, saisir les nouvelles opportunités, assurer son développement véritable et durable, contribuer davantage au développement économique et social du pays. Le ministre a invité les participants à mener des réflexions qui apportent des réponses efficaces à certaines problématiques dont notamment le contenu possible du portefeuille d’activités que la compagnie peut durablement mettre en œuvre aux plans national et international, puis les évolutions dans l’industrie maritime et fluviale. Entre autres problématiques, il a cité les choix à opérer à court, moyen et long termes, les réformes managériales et organisationnelles nécessaires, les renforcements de capacités, les compétences à développer, les appuis politiques, institutionnels et financiers.
Il a rassuré les participants de la disponibilité du gouvernement à apporter son appui politique et institutionnel pour la mise en œuvre des recommandations qui seront issues de cet atelier. L’objectif, selon lui, est d’ouvrir de nouveaux horizons de prospérité et de croissance à la COBENAM.
Après la communication sur le thème de l’atelier et les débats qui ont suivi, les participants ont été répartis en deux groupes de travail. Le premier groupe avait à réfléchir sur la thématique «Les activités traditionnelles de la COBENAM : quelles nouvelles orientations opérer ?». Quant aux membres du deuxième groupe, ils avaient à travailler sur «Les nouveaux créneaux porteurs : choix, stratégies et mise en œuvre»?

Les sinistrés du dernier incendie du marché Dantokpa rejoignent enfin leurs nouvelles installations, depuis le 8 septembre dernier. Mais c’est là seulement une bataille de gagné. Après le long et difficile combat du relogement, vient celui tout aussi aléatoire de la remise à flots des différents commerces.
Des chants dans l’une des boutiques du nouveau bâtiment du marché Dantokpa, mardi 12 septembre dernier. A l’intérieur du local d’à peine 3 mètres carré, une dame et deux de ses proches dansent, crient et battent inlassablement des mains. Une séance improvisée de louanges et d’adorations envers Dieu vient d’être exécutée pour ponctuer l’ouverture des nouveaux locaux. «Les gens sont passés par tant d’épreuves pour récupérer leurs clés. Il faut remercier le ciel et l’implorer pour le reste», s’écrie un marchand venu assister à la scène. Après plus de dix mois de quasi-inactivité, il faut désormais remettre les commerces en marche. Une tâche pas du tout aisée, d’autant que la Société de gestion des marchés autonomes (Sogema) n’a pas tenu compte dans ses attributions, des précédents emplacements. L’essentiel pour les autorités étant que tous les sinistrés regagnent effectivement les nouveaux locaux. De part et d’autre de l’aile du marché désormais reconstruite en dur, c’est le calme plat.
Aucune activité ne permet de savoir que les nouvelles installations sont déjà disponibles. Nombre d’entre les centaines de boutiques déjà rétrocédées à leurs propriétaires restent encore fermées. La dizaine ayant ouvert ses portes, sacrifie aux travaux d’aménagement avant un hypothétique retour de la clientèle. Les fines gouttes de la matinée de ce mardi 13 septembre ont laissé des traces sur le sol. Les infortunés de l’extérieur risquent en effet d’être dérangés par les eaux en cas de forte pluie. «On a fui tous quand ça a commencé tout à l’heure», renchérit un passant. A l’aide de gestes de la main, il s’improvise architecte et affirme : «ils devaient construire les locaux de telle façon, pour protéger les occupants et leurs commerces. Mais dans ces conditions, ça risque d’être la débandade en saison pluvieuse».
Providence divine.
Dans la boutique de Basile Akliconon, un groupe de menuisiers s’affairent au mur pour placer les étagères. Malgré le manque d’électricité dans ses locaux, le quadragénaire ne désespère pas. «Le compteur est là. Il ne manque que le raccordement des fils», explique-t-il de façon assez lapidaire. Pour ce dernier, l’essentiel n’est pas d’éclairer la boutique. Il préfère consacrer son énergie pour faire revenir ses clients. D’ailleurs, il accueille avec désinvolture le délai de deux mois que lui a donné la Sogema à cet effet. Faute d’avoir fait installer des étagères, Marcien lui, garde sa boutique fermée. «Il me faut environ 50 000FCfa et je ne les ai pas encore», admet-il. De fait, ses produits destinés à la vente sont par terre.
Dans une salle à peine garnie, Moïse Loko fait badigeonner ses murs. Bien qu’étant satisfait des conditions de relogement, il juge chère la caution de 4 000Fcfa par mètre carré, exigée par la Sogema. «Ils ont pratiquement quintuplé la somme que nous avions auparavant l’habitude de payer», fait-il remarquer. Comme pour remettre son sort à Dieu, il ajoute un brin métaphorique : «si tu perds ton mouton et que de fil en aiguille tu en retrouves l’intestin, tu accoures». Lui et nombre de ses pairs sinistrés du 31 octobre 2015, auront bien besoin de la providence divine pour faire face à la traversée du désert qui s’annonce pour leurs commerces ¦

La prochaine rentrée des classes se précise bien. Elle est annoncée sans anicroche par des membres du gouvernement et les responsables des principales confédérations syndicales. C'est au terme de la première session de la Commission nationale permanente de concertation et de négociation collectives entre gouvernement, centrales et confédérations syndicales, tenue le jeudi 15 septembre à l’Infosec de Cotonou.
La présence de quelques enseignants du secondaire formés et en attente de recrutement, banderoles en main et revendiquant une entrée imminente dans la Fonction publique pouvait laisser croire que la première session de la Commission nationale permanente de concertation et de négociation collectives entre gouvernement, centrales et confédérations syndicales se déroulerait dans la même ambiance surchauffée d’antan. Fort heureusement, les esprits sont restés calmes et le verbe apaisé tout au long des quatre heures de temps environ qu’ont duré les échanges. Lesquelles se tiennent à l’invitation du gouvernement, soucieuse «de prévenir les bouleversements sociaux à la veille de la rentrée scolaire», indique à l’entame, le ministre d’Etat chargé du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané. Elle est aussi selon lui, «l’expression de la volonté politique des autorités à montrer leur bonne foi et la confiance qu’elles placent en leurs partenaires». Il estime, en effet, qu’aucune politique publique, voire de développement, ne peut être conçue et mise en œuvre dans un contexte de crises permanentes de nature à rompre la logique de service. Ses explications seront amplifiées par le ministre en charge du Travail et de la Fonction publique Adidjatou Mathys qui se réjouit de constater que le Bénin est logé sur la liste des pays qui affichent clairement une volonté politique en faveur du dialogue social. Elle va
d’ailleurs en profiter pour annoncer que la Commission est désormais présidée par le ministre Abdoulaye Bio Tchané et que celui en charge des Transports Hervé Hèhomey (absent) y fait aussi son entrée.
Priorité : l’école
Passée cette phase protocolaire, les responsables syndicaux annoncent les couleurs. Noël Chadaré de la Confédération des organisations syndicales indépendantes s’élance le premier et rappelle au gouvernement qu’il y a «urgence», que la rentrée des classes est imminente et que toutes autres préoccupations ou revendications doivent être sacrifiées au profit d’un retour en classes apaisé des écoliers et élèves. Aussi, propose-t-il que la préparation matérielle, technique et financière de la rentrée constitue la charpente des échanges de la session. Les préoccupations liées à la rentrée oui, mais il est important de ne pas les éluder, embraye Paul Essè Iko de la Confédération des syndicats des travailleurs du Bénin (Cstb). Sans aller contre la proposition de son prédécesseur, il propose au gouvernement de garder à l’esprit que les travailleurs du secteur privé souffrent et que ceux de la santé ont d’énormes difficultés qu’on ne saurait passer sous silence. Plus exigeant, Pascal Todjinou de la Confédération générale des travailleurs du Bénin (Cstb) suggère que la Charte nationale du dialogue social signée récemment entre le gouvernement, le patronat et les organisations syndicales constituent la boussole des échanges. Dieudonné Lokossou, secrétaire général de la Confédération des syndicats autonomes (Csa-Bénin) n’y va pas non plus du dos de la cuillère. Il faut, exige-t-il, que cette charte à laquelle ils ont librement consentie soit respectée, même si elle ne dissout pas la commission de négociations, conseille-t-il. A ces préoccupations et à quelques autres points de préséance, le ministre Adidjatou Mathys donne des réponses et laisse place aux échanges proprement dits, conduits par le ministre Abdoulaye Bio Tchané. Ils se déroulent à huis clos, gouvernement et cadres impliqués d’un côté, responsables syndicaux dûment mandatés de l’autre, loin des médias comme d’habitude.
Ils veulent tous d’une rentrée apaisée !
«Ce qui préoccupe le gouvernement c’est la rentrée des classes et les questions qui touchent aux enseignants… On a discuté à bâtons rompus. Mais on n’a pas pris un accord écrit». Visiblement satisfait au terme de cette première session, Paul Essè Iko est tout de même demandeur de certaines exigences. Sa confédération, insiste-t-il, est préoccupée en général par les questions qui touchent à l’école. Pour cette raison, ses syndiqués et lui font de la satisfaction des problèmes touchant aux enseignants communautaires et contractuels, une préoccupation essentielle et un préalable indispensable pour une rentrée apaisée. A cela, il ajoute le cas des enseignants formés dans les écoles normales et qui devraient être recrutés sans concours, puisqu’ayant déjà le diplôme professionnel et le paiement des arriérés dus aux éducateurs et éducatrices. La rentrée, admet-il alors, pourrait donc bien être apaisée mais cela, indique-t-il, dépend du gouvernement.
Plus satisfait encore est Dieudonné Lokossou. «Ce que nous avons vu aujourd’hui est une première parce que nous avons souvent déposé des cahiers de doléances mais on ne se retrouve pas pour discuter autour des points importants. Ce soir on a donné priorité aux enseignants parce que le gouvernement souhaite une rentrée apaisée mais c’est lié à certaines conditions. Les gens ne peuvent pas travailler à crédit. On ne peut pas empêcher les contractuels d’évoluer par exemple...», explique à la fin des échanges le secrétaire général de la Csa Bénin. Aussi, invite-t-il le gouvernement à demeurer sur la voie de l’apaisement mais en pensant surtout à recruter au profit de l’enseignement. Si les journées pédagogiques étaient organisées à temps, les primes de rentrée payées et les subventions versées à temps aux établissements, cela participera d’un dégel et contribuera à une rentrée sans anicroche, précise-t-il. Sur les quinze points de revendication concernant les enseignants, Pascal Todjinou note qu’il y a eu «une légère avancée par rapport à ce à quoi on assistait». Mieux, il se réjouit de constater qu’il y a une méthode qui prévaut désormais et que les négociations se sont déroulées dans une ambiance qu’il invite le gouvernement à perpétuer.
Mais si les responsables syndicaux sont autant satisfaits de la rencontre, c’est parce qu’elle a été bien préparée, rassure le ministre Adidjatou Mathys ; c’est parce que les ministères concernés ont tenu plusieurs séances en amont. Mieux, souligne-t-elle, si le gouvernement a fait de la signature de la Charte nationale du dialogue social un préalable à l’ouverture des négociations, c’est dans un souci d’apaisement total et de négociations apaisées avec les partenaires sociaux. S’agissant des revendications liées à l’école, elle se réjouit des avancées notées. «La rentrée étant imminente le gouvernement s’assure que nous aurons une rentrée apaisée… Certains points ont été déjà satisfaits et pour d’autres des réflexions sont en cours», indique-t-elle, saluant par ailleurs la maturité syndicale notée au cours des échanges. Il est à souligner que d’autres membres du gouvernement notamment les ministres en charge de l’Enseignement secondaire, de la Santé, de la Communication et de la Justice ont également pris part aux travaux au cours desquels des points de revendication liés à d’autres secteurs d’activités ont été aussi évoqués ?

Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique Sacca Lafia a dévoilé, jeudi 15 septembre à son cabinet, une batterie de mesures pour lutter contre l’insécurité dans les villes du Bénin. Ces mesures interviennent après une série de braquages orchestrés dans plusieurs magasins et grandes boutiques de Cotonou et dans d’autres localités du Bénin. C’était au cours d’une conférence de presse.
Vidéo surveillance, page Facebook, régulation plus accrue des utilisateurs de cartes sim. L’armada sécuritaire annoncée par le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique Sacca Lafia se veut conséquente face aux braquages répétés ces derniers mois. Selon lui, c’est l’œuvre d’un gang de 5 à 6 membres composés d’étrangers et de nationaux,qui opèrent avec des armes de guerre et des motos non immatriculées.«Il s’agit d’actes organisés qui s’attaquent depuis 2015, à des biens financiers dans les magasins et les boutiques», a-t-il précisé.
Pour parer à ces actes attentatoires aux libertés publiques, Sacca Lafia a listé une flopée de mesures dont entre autres : l’incitation des responsables d’établissements publics et privés à se doter de vidéo de caméra surveillance, l’installation prochaine d’un numéro vert au ministère de l’Intérieur pour recevoir les appels de toutes les contrées du Bénin, la création d’une page Facebook dénommée "Police Secours", afin d’être plus proche des populations en cas de survenance d’événements graves. Dans la même veine, à en croire le ministre de l’Intérieur, des plans locaux de sécurité sont initiés à titre pilote, dans Kétou et Nikki, en collaboration avec l’Agence béninoise de gestion intégrée des espaces frontaliers (Abégief).
«Il ne sera plus possible à une personne de disposer de plusieurs cartes sim du mêmeréseau téléphonique. Lorsque vous perdez votre sim,c’est le numéro de téléphone précédent qui vous sera retourné», a précisé Sacca Lafia concernant l’opération d’enregistrement biométrique des abonnés GSM, en cours de préparation.
Selon le ministre de l’Intérieur, le processus d’immatriculation des engins à deux roues ira à son terme. «C’est le moyen par excellence d’opération des braqueurs», a-t-il fait remarquer.
Les opérateurs économiques ont été par ailleurs invités à privilégier les systèmes bancaires pour leurs opérations financières.
Un point d’honneur pour l’installation des caméras de surveillance
Les caméras de vidéo surveillance seraient-elles la panacée face à ces braqueurs, pour l’heure insaisissables? A en croire Sacca Lafia, cet outil a permis d’identifier le groupe de malfrats qui sème la terreur dans les boutiques à Cotonou. «C’est souvent l’étranger qui ouvre le feu sur les lieux d’opération. Ce sont les mêmes individus qui agissent depuis un moment», a-t-il déclaré photos à l’appui. Au fil de ces clichés issus des caméras de surveillance des supermarchés visités par les malfrats et brandis par le ministre de l’Intérieur, on aperçoit des individus armes aux points, l’air déterminé à commettre leur forfait. Vu l’apport de ces vidéos de surveillance dans l’enquête en cours, Sacca Lafia a déclaré qu’un décret est en cours d’élaboration pour inciter tous les établissements à s’en doter. Dans une plus large échelle, il a informé qu’un projet englobant toute la ville de Cotonou et chiffré à 3 milliards de FCFA est en cours d'évaluation? C.F.A.
Actualités 16 sept. 2016

(Communiqué)
Dans le cadre de la rentrée universitaire 2016-2017, les nouveaux bacheliers et leurs parents sont invités à consulter le chronogramme des activités de sélection dans les universités et centre universitaires nationaux et à la Direction générale de l'Enseignement supérieur.
Conformément audit chronogramme, la distribution des guides d'orientation des nouveaux bacheliers démarre le vendredi 16 septembre 2016 dans les universités et centre universitaires.
Le dépôt des dossiers de candidature à la sélection pour l'accès en première année des écoles et instituts de formation professionnelle est prévu du lundi 19 au mercredi 28 septembre 2016 dans les Directions départementales de l'Enseignement secondaire et de la Formation technique et professionnelle et à la Direction générale de l'Enseignement supérieur.
Marie-Odile ATTANASSO
Ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique
Actualités 16 sept. 2016

Rafiatou Monrou, ministre de la Communication et de l’Economie numérique a reçu à son cabinet, mercredi 14 septembre, l’ensemble des opérateurs de téléphonie mobile au Bénin. Conformément au vœu du président de la République, les stratégies nécessaires pour une meilleure satisfaction du client ont été discutées.
«Nous disposons d’indicateurs pour apprécier les services proposés aux consommateurs. Le Bénin ne va rien inventer en la matière. Des tests seront effectués et les opérateurs qui ne respecteraient pas les cahiers de charges seront sanctionnés ». Mine joviale mais le ton ferme, le ministre Rafiatou Monrou égrène les différents points abordés avec ses hôtes, responsables d’opérateurs GSM au Bénin. Une séance de deux heures d’horloge durant lesquelles les responsabilités ont été situées en termes de qualité et de tarification des services, selon le ministre de la Communication. Pour elle, les consommateurs béninois méritent d’avoir les meilleurs services qui soient. « Nous voulons aligner les offres proposées aux citoyens sur un standard international », a-t-elle professé.
Relativement à la qualité des services, le point des actions menées sur le terrain a été fait avec les opérateurs, à en croire le ministre Rafiatou Monrou. Elle a cité à cet effet, les descentes inopinées sur le terrain ainsi que les audits commandités par l’Autorité de régulation des Communications électroniques et de la Poste (Arcep) en direction des opérateurs. « A la suite de ces démarches, des solutions ont été proposées aux acteurs avec un délai d’exécution afin de corriger les problèmes », a-t-elle ajouté. Les problèmes nécessitant l’accompagnement de l’Arcep ou du gouvernement ont été également passés en revue, selon le ministre.
Par ailleurs, un nouvel enregistrement biométrique de tous les abonnés GSM du Bénin est en préparation. Selon Jean-Claude Akogbéto, responsable régulation et conformité de MTN Bénin, il ne manque que la signature de quelques arrêtés interministériels pour que cette décision issue d’un décret présidentiel soit exécutée. « C’est une volonté du gouvernement qui constitue, par ailleurs, une question de sécurité nationale », a-t-il déclaré. Il a en outre invité les consommateurs à ne guère rechigner dès que les opérations seront lancées. Son directeur général, Stephen Blewitta a, quant à lui, réaffirmé sa volonté de placer le client au centre de ses actions?

Les étudiants des universités d’Abomey-Calavi et de Parakou aborderont l’année académique 2016-2017 avec plus de facilités, notamment en ce qui concerne les conditions de travail.
Deux milliards neuf cent millions. C’est le montant que le ministre de l’Economie et des Finances a été autorisé par le Conseil des ministres à débloquer dans les meilleurs délais pour le financement du Programme d’urgence d’infrastructures et d’équipements prioritaires à l’Université d’Abomey-Calavi et à l’Université de Parakou. La mise en œuvre de la nouvelle carte universitaire, rappelle le ministre d’Etat secrétaire général à la présidence de la République, appelle des mesures d’urgence de renforcement des infrastructures et équipements pour la rentrée 2016-2017, notamment au niveau des deux centres sus cités.
Lesquels accueilleront, indique-t-il, des milliers d’étudiants en provenance des centres supprimés. Pour satisfaire à cette exigence, il a été décidé du renforcement des capacités d’accueil des étudiants par la construction de deux amphithéâtres de 1600 places chacun à l’Université d’Abomey-Calavi et la construction d’un amphithéâtre de 1600 places à l’Université de Parakou. Lesquels doivent être achevés dans les meilleurs délais, insiste le ministre d’Etat. Par ailleurs, il est prévu dans la nouvelle carte universitaire la création d’un Institut national supérieur des classes préparatoires aux études d’ingénieur. Le centre identifié pour l’abriter se trouve à Kpakpassa dans la commune de Savalou.
Actualités 15 sept. 2016

Dans ce qu’il convient d’appeler désormais le drame de Tori, des têtes tombent déjà. Plusieurs cadres ont été relevés de leurs fonctions et le Conseil des ministres du mercredi 14 septembre veut aller encore plus loin en demandant plus de célérité dans l’enquête en cours.
«Dans n’importe quel pays du monde, une telle opération aurait suscité la même tentation et la même ruée d’une certaine population vers les biens en destruction. Ce qui s’est passé était donc bien prévisible et aurait pu être évité… Les personnes en charge de cette opération sont coupables de négligence et de fautes graves et devront en répondre aussi bien sur le plan administratif que pénal ». Cette déclaration faite par le président Patrice Talon de retour au bercail, au petit matin du lundi 12 septembre dernier se traduit déjà en acte. Les ministres en charge de la Sécurité publique, de la Défense et des Finances, selon le point fait par le ministre d’Etat Pascal Irénée Koupaki, ont déjà relevé de leurs fonctions, le commissaire de police et le chef brigade de gendarmerie de Tori-Bossito et le receveur dépôt douane. Ces sanctions font suite à des légèretés notées dans une opération d’incinération de produits alimentaires avariés, jeudi 8 septembre dernier, dans la localité d’Avamè (Tori-Bossito). L’incident, il faut le rappeler, est survenu alors que des personnes tentant de récupérer des produits ont été surpris par une flamme ardente. Déplorant le drame, le Conseil des ministres retient néanmoins qu’il est survenu des suites d’un manquement professionnel sur la chaine opérationnelle de l’activité et résulte même, selon le ministre d’Etat, d’une violation des lois et règlements pour deux raisons. La première, le promoteur n’a pas obtenu au préalable l’agrément nécessaire pour l’exercice de cette activité. Secundo, la procédure de destruction des produits avariés n’a pas été respectée et l’opération n’a pas été sécurisée à la mesure des risques professionnels. Il y a complaisance et négligence, relève alors Pascal Irénée Koupaki au cours de son point de presse, faisant la synthèse des grandes décisions du Conseil des ministres. Pour cette raison, et en plus des sanctions administratives déjà appliquées à certains cadres impliqués dans cette opération qui s’est soldée par 92 brûlés graves dont 16 décès a la date du 13 septembre, le gouvernement a instruit le ministre de la Justice à faire accélérer l’enquête judiciaire et à faire ouvrir des procédures à l’égard de toutes les personnes convaincues de faute. Pour finir, le Conseil des ministres appelle à plus de responsabilité, de prudence, de vigilance, d’engagement citoyen et à plus de conscience civique ?
Actualités 15 sept. 2016