La Nation Bénin...
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Les députés à l'Assemblée nationale se sont prononcés jeudi 30 juin sur les orientations économiques et budgétaires de l'Etat pour le triennal 2017-2019. C’est à la faveur d’une séance plénière au cours de laquelle le gouvernement a clairement affiché son ambition d’atteindre un taux de croissance de l’ordre de 5,7% en 2017.
Le débat d’orientation budgétaire est une exigence de l’article 59 de la loi organique n° 2013-14 du 27 septembre 2013 relative aux lois de finances au Bénin. Il intervient en prélude à la transmission en octobre prochain par le gouvernement du projet du budget général de l’Etat, gestion 2017. C’est donc en application de cette disposition légale qu’une délégation de six ministres conduite par Abdoulaye Bio Tchané, ministre d’Etat chargé du Développement, était devant la Représentation nationale. Elle est allée éclairer la lanterne des députés sur les Documents de programmation budgétaire économique et pluriannuelle (Dpbep) et de Programmation pluriannuelle des dépenses (Dppd) à eux envoyés par l’Exécutif. Lesquels documents étaient en examen dans le cadre du débat d’orientation budgétaire. Il ressort de ce débat que le gouvernement mise sur un taux de croissance économique de 5,7% en 2017, 6,2% en 2018 et 6,5% contre 5 % en 2016. Ces perspectives de croissance devraient se réaliser dans un environnement non inflationniste, avec un taux d’inflation qui ressortirait en-dessous de la norme communautaire de 3% retenue par l’Uémoa. Cette prévision tient compte des orientations économiques du gouvernement et de l’évolution projetée de la conjoncture aux plans national, régional et international pour la période 2017-2019, détaille le rapport de la Commission des Finances et des Echanges. Elle s’inscrit dans le cadre d'orientation du Plan d'action du gouvernement pour la relance de façon durable du développement économique et social du Bénin.
Pour le budget général de l’Etat, gestion 2017, le gouvernement table sur l’investissement pour une agriculture d’envergure et le développement de quatre filières phares telles que le maïs, le riz, l’ananas et l’anacarde, la promotion de l’industrie de transformation et la professionnalisation de l’artisanat, le développement du capital physique et des infrastructures (routes, énergie, TIC notamment), la promotion d’un capital humain de qualité et attractif pour les créateurs de richesse et le développement du tourisme, l’aménagement et la vitalisation du territoire.
Prenant actes des orientations économiques du gouvernement, les députés ont relevé quelques insuffisances dans les documents budgétaires et fait des recommandations pour l’amélioration du projet du budget général de l’Etat gestion 2017 en cours d’élaboration. Ils ont suggéré au gouvernement de prendre comme priorité l’énergie qui est la base de tout le développement. Ils ont demandé l’ajout du palmier à huile aux quatre filières à développer, la prise en compte de la Vallée de l’Ouémé, l’emploi des jeunes, le Régime d’assurance maladie universelle (Ramu), les infrastructures routières, le développement du coton par zonage pour éviter le monopole dans le secteur. Les députés ont par ailleurs invité le gouvernement à reprendre le dialogue avec les partenaires sociaux pour éviter les grèves perlées dans le secteur public, la nécessité d’achever les travaux de construction du siège de l’Assemblée nationale, la prise en compte des problèmes d’autonomisation des femmes et le transfert des ressources aux communes. Ces différentes préoccupations des députés sur le budget 2017 en cours d’élaboration ont été appréciées par le gouvernement représenté par six ministres dont Abdoulaye Bio Tchané en charge du Développement, Candide Azannaï chargé de la Défense nationale, Hervé Hèhomey des Travaux publics et Odile Attanasso de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.

L’affaire ICC services a refait surface à l’Assemblée nationale. Ceci à la faveur de trois questions orales avec débat posées au gouvernement dont deux par le député Janvier Yahouédéhou et la dernière par son collègue Adjibadé Koussonda. Les trois questions reviennent de long en large sur ce scandale financier de plus d’une centaine de milliards FCFA qui a éclaboussé en 2010 le régime défunt.
Un dossier qui a amené ce dernier à mettre sur pied trois commissions dont deux administratives et une judiciaire pour tirer l’affaire au clair et que soient payés les déposants spoliés par ces structures de placements d’argent. Dans sa réponse jeudi 30 juin aux députés, le ministre chargé de la Justice, Joseph Djogbénou a d’entrée de jeu réaffirmé la compassion du gouvernement de Patrice Talon aux victimes de cette affaire. Mais il a expliqué son incapacité à pouvoir répondre aux différentes interrogations des auteurs des trois questions orales avec débat. Et pour cause, l’affaire est désormais pendante devant la justice. Les biens meubles, immeubles et autres numéraires saisis dans le cadre de ce dossier ICC services sont toujours sous mains de justice, précise Joseph Djogbénou. Il appelle les victimes à la patience en attendant que se tienne la Cour d’assises qui doit connaitre du dossier. Car, tant que la sentence pénale n’est pas prononcée, les intérêts-civils ne peuvent être statués, a insisté le ministre chargé de la Justice qui fait allusion ainsi au principe de droit « Le pénal tient le civil en état ».
Appréciant la réponse du gouvernement, les députés ont regretté ne pas avoir en face d’eux les auteurs de ce crime qui ne sont rien d’autres que les thuriféraires du régime défunt. Ils ont souhaité que se tienne très vite la Cour d’assises qui doit connaître de l’affaire pour que soient enfin payés les pauvres épargnants qui ont cru à ce projet en y déposant leur argent.
Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau
Actualités 01 juil. 2016

Principale cause de cécité évitable au monde, le trachome fait l’objet depuis le lundi 27 juin dernier d’une campagne de traitement de masse au profit des zones sanitaires de Natitingou-Boukoumbé-Toucountouna et Banikoara. Sous l’égide de la Direction départementale de la Santé Atacora-Donga et de partenaires américains, la riposte a été lancée contre cette maladie oculaire infectieuse qui sévit en général en milieux pauvres où l’accès à l’eau, à l’assainissement, et aux soins de santé primaires, est assez limité.
Les populations de Péporiyakou dans la commune de Natitingou ont accueilli avec un grand intérêt lundi 27 juin dernier les agents de santé venus leur administrer l’antibiothérapie (TDM) destinée à réduire le réservoir communautaire d’infection au trachome. Maladie oculaire infectieuse qui sévit en général en milieux pauvres où l’accès à l’eau, à l’assainissement, et aux soins de santé primaires, est assez limité, le trachome est au cœur de la campagne de traitement de masse initiée par le Direction départementale de la Santé dans les zones sanitaires de Natitingou-Boukoumbé-Toucountouna et Banikoara. Tour à tour dans les ménages, les enfants de 6 mois à 5 ans ont reçu du Zithromax contenant de l’azithromycine, suspension pédiatrique buvable et ceux âgés de plus de 5 ans des comprimés. Ceux âgés de 0 à 6 mois se sont vus administrer de la tétracycline, pommade ophtalmique. Ceci sous l’égide des autorités politico-administratives et de partenaires dont l’appui reste déterminant dans la riposte contre cette maladie causée par un microbe, le chlamydia trachoamtis.
A la faveur de la cérémonie officielle qui consacre le lancement de la campagne qui prend fin le 6 juillet prochain, Dr Nekoua M’Po, directeur départemental de la Santé Atacora-Donga, a souligné l’importance que revêt ladite campagne en mettant en exergue les conséquences désastreuses du trachome sur la santé humaine.
Principale cause de cécité évitable au monde, il estime, en matière d’épidémiologie, à 8 millions le nombre de personnes aveugles ou souffrant d’une déficience visuelle du fait de cette maladie, et à 41 millions le nombre de personnes atteintes d’une infection active.
Sa transmission, indique-t-il, se fait d’enfant à enfant par contact direct avec les sécrétions oculaires ou nasales lors des jeux ou lors du partage du lit ou indirect par les mains sales, par l’intermédiaire des linges souillés, de mouches. Aussi le maximum de contamination a-t-il lieu en âge préscolaire.
Il a par ailleurs admis qu’une cartographie réalisée au Bénin par le Programme national de lutte contre les maladies transmissibles en 2014 et 2015 a montré des niveaux de prévalence dépassant les 10% dans les communes de Natitingou, Boukoumbé, Toucountouna et Banikoara, faisant de celles-ci les communes prioritaires pour le démarrage de la lutte contre cette maladie.
A l’instar de Gervais N’dah Sékou, ex-préfet des départements de l’Atacora et de la Donga, il a invité les populations à réserver un bon accueil aux relais communautaires devant conduire les différentes interventions sur le terrain sous la supervision des acteurs du système de santé.
« La vue, c’est la vie », a martelé le préfet. « Quelle qualité de vie reste-t-il à un être humain voyant qui venait par la suite à perdre sa vue ? Quelle peine cela fait-il à sa famille et à sa communauté ? » Autant d’interrogations qui l’ont amené à appeler les élus locaux à sensibiliser les populations afin que la réussite dont dépendront les autres passages et la couverture des autres zones de notre pays, soit au bout de cette première expérience.
Selon Zamora Francisco et Edmond Gbèdo respectivement représentant de l’USAID et du ministère de la Santé, pour lutter contre le trachome, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a élaboré une stratégie globale intégrant plusieurs interventions faites de chirurgie pour ceux qui sont exposés au risque de cécité au stade de trichiasis, d’antibiothérapie (TDM), du nettoyage du visage et de l’amélioration des conditions d’hygiène et d’assainissement. Une stratégie qui bénéficie au Bénin du soutien de partenaires américains dont particulièrement des organisations ITI, RTI/ENVISION et l’USAID à travers le Programme national de lutte contre les maladies transmissibles. ?

Mohamadou Moussa et Moussa Djibril Maman Cissé, respectivement préfets de l’Alibori et du Borgou, ont pris le commandement de leurs départements, mercredi 29 juin à Kandi et à Parakou. Les défis qui les attendent et les mérites du préfet sortant, Salamatou Kora Ponou, ont été soulignés lors des cérémonies de passation de charges.
Après deux ans et dix mois passés à la tête des départements du Borgou-Alibori, Salamatou Kora Ponou passe le témoin à Mohamadou Moussa et Moussa Djibril Maman Cissé, promus respectivement préfets de l’Alibori et du Borgou. C’est à ces administrateurs que revient désormais le rôle d’assurer la représentation de l’Etat et la coordination des missions régaliennes et des services déconcentrés dans lesdits départements, précise Mouhamadou Sonsaré, directeur général de l’Administration d’Etat. Avant de les renvoyer à leurs fonctions, le représentant du ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale les a exhortés à travailler à mériter la confiance du chef de l’Etat, en faisant preuve de professionnalisme, de loyauté, d’impartialité et surtout de disponibilité.
« Cette mission, je m’emploierai à l’assumer non seulement avec dévouement et rigueur mais aussi avec tact et beaucoup de circonspection... Dans ma gestion, je serai très attaché au dialogue mais très rigoureux en ce qui concerne les textes et règlements de la République. » Tel est le serment fait par le nouveau préfet du Borgou, lors de la cérémonie de passation de charges hier à Parakou. Moussa Djibril Maman Cissé dit appréhender à sa juste valeur l’immensité des tâches et les sacrifices à consentir, avant de remercier le président de la République pour avoir cru en lui.
A Kandi fixé chef-lieu du département de l’Alibori, le nouveau préfet Mohamadou Moussa a, lui aussi, assuré de sa détermination à servir avec dextérité, loyauté et abnégation, en mettant l’accent sur la qualité de la gouvernance locale aussi bien au niveau des services déconcentrés que des administrations locales. Pour ce faire, il invite les maires des six communes sous sa tutelle, les directeurs départementaux et les populations à ne pas lui marchander leur soutien.
Le préfet sortant, Salamatou Kora Ponou, faisant le bilan de ses actions, se félicite entre autres de l’organisation d’un forum sur l’éducation, l’initiation de plusieurs chantiers de construction à la préfecture, la récupération du village d’Ogamoin longtemps resté dans le giron du Nigeria, la diminution significative des affrontements entre agriculteurs et éleveurs peulhs grâce à la sensibilisation.
Des chantiers
Le représentant des maires du Borgou, Souradjou Karimou Adamou, celui des membres de la Conférence administrative départementale, Orou Pibou Sanni,
ont salué le leadership et la tutelle apaisée sous la houlette de Salamatou Kora Ponou. Ses mérites en termes d’accélération des travaux initiés par l’Etat en matière d’électrification, d’adduction d’eau, de reboisement, sont également reconnus. Comme eux, le représentant du personnel, Orou Bourké Bio Dagui, a rassuré de la disponibilité des agents de la préfecture. Mais il n’a pas manqué d’attirer l’attention du préfet entrant sur les difficultés de la maison. Elles sont relatives aux impayés de cotisations sociales et à la suspension du paiement des allocations familiales, à la vétusté du parc automobile et informatique, à l’insuffisance du personnel, l’insuffisance de locaux, à la formation et au suivi de carrière des agents. L’insécurité grandissante, les dissensions au sein de certains conseils communaux notamment à Karimama, la malnutrition et les maladies récurrentes, les tensions au niveau des chefferies traditionnelles comme à la royauté de Parakou, le faible taux de consommation des crédits délégués, les grossesses en milieu scolaire, les échecs massifs aux examens scolaires, le manque d’eau potable et le déficit en énergie électrique, sont également des défis à relever pour assurer un décollage économique et un rayonnement socioculturel du Borgou et de l’Alibori. ?
Déré Chabi Nah appelle à la mobilisation sans faille de tous dans l'Atacora
Nommée en Conseil des ministres le mercredi 22 juin dernier, Déré Chabi Nah est entrée mercredi 29 juin dans ses fonctions de préfet du département de l’Atacora. A l’occasion de la cérémonie de passation de charges, elle n’a pas caché sa volonté de relever les défis qu’incombent ses nouvelles responsabilités avec la collaboration de tous les acteurs du département.
Par Kokouvi EKLOU A/R Atacora-Donga
«Mes actions s’inscriront dans le cadre des défis majeurs à relever à l’heure actuelle et dont l’impact permettra entre autres à notre processus de décentralisation d’atteindre sa vitesse de croisière ». Ainsi s’est exprimée Lydie Déré Martine Chabi Nah, tout nouveau préfet du département de l’Atacora à la cérémonie de passation de charges avec celui qu’elle nomme affectueusement ‘’papa’’, Gervais N’dah Sékou. En présence des élus locaux, des directeurs départementaux et des agents de la préfecture de Natitingou, celle qui passe pour une jeune cadre de l’administration publique avec des atouts dont peu doute, a dit son engagement à travailler en lien étroit avec les élus, les autorités académiques, les forces de sécurité et de défense, les acteurs sociaux, économiques et associatifs du département dans le respect des attributions de chacun, mais toujours dans le sens de l’intérêt général. Mieux, à la tête de la préfecture de Natitingou, elle sent comme un devoir filial d’œuvrer au renforcement des capacités de l’administration préfectorale en moyens humains, matériels et financiers afin que la mission de tutelle et d’assistance conseil à elle dévolue soit mieux assumée durant cette troisième mandature des élus communaux. Parlant de la mission désormais à sa charge, elle la trouve passionnante, délicate et exigeante. Elle exige, souligne-t-elle, une mobilisation sans faille, non seulement de tous les services déconcentrés de l’Etat, mais aussi des collectivités locales. Des charges qui se révèlent à l’ère de la Rupture assez contraignantes, selon Bruno Ounsoukpoé, représentant du ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale. « Le préfet sera suffisamment investi dans sa mission et vous serez évaluée en fonction de la qualité de vos résultats qui dépendront de votre démarche en matière de gestion des ressources humaines à votre disposition et de la collaboration que vous aurez avec les services déconcentrés de l’Etat », a-t-il relevé dans ses propos. Comme si la jeunesse de la nouvelle élue pourrait donner du grain à moudre à ses détracteurs, il a tenu à rassurer les invités à la cérémonie que le choix porté sur elle est loin d’être immérité tant il a été bien mûri par l’autorité au plus haut niveau et constitue une prime à la qualité et au dévouement. Il l’a exhorté au sens de l’écoute et de la rigueur dans la prise des décisions entrant dans ses prérogatives.
En bon sage, le préfet sortant n’a pas manqué de prodiguer à son successeur ses précieux conseils pour de probants succès. « Votre brillante nomination à la tête de notre département est un grand honneur qui vous est fait et vous devez pouvoir mesurer, à sa juste valeur, le poids des responsabilités qui vous incombent désormais dans l’amélioration des conditions de vie et de travail des populations de toutes les entités sous votre responsabilité ». Et de l’inviter à la patience, à la pondération, l’impartialité pour relever les défis qui l’incombent.
Née le 6 novembre 1978 dans la commune de Kérou, Déré Chabi Nah est administrateur civil nantie du diplôme du Cycle II de l’Ecole nationale de l’Administration et de la Magistrature (ENAM). Stagiaire à ses débuts à la préfecture de Natitingou puis fonctionnaire de l’Etat, elle était assistante du préfet sortant au moment de sa nomination. ?

La Cour d’appel de Cotonou s’est réunie en audience solennelle, mercredi 29 juin. L’ordre du jour se résume à la réception des cinq membres de l’Agence nationale de traitement (Ant) nommés par le décret n°2016-364 pris en Conseil des ministres le 15 juin dernier. Le président Félix Dossa, au nom de la Cour, a pris acte du serment de quatre d’entre eux, le cinquième étant hors du territoire pour des raisons sanitaires.
«Je jure de remplir mes fonctions avec loyauté et probité, de les exercer avec impartialité et en toute indépendance dans le respect de la loi et d’assurer sans défaillance, les devoirs qu’elles m’imposent». A ce serment, Jean Claude Ahouanvoébla, régisseur général adjoint, chargé de la planification des opérations et de la formation; Issiakou Souleymane responsable chargé de l’administration du réseau et des programmes informatiques, de la maintenance et de la veille technologique, Sèna Quenum, responsable chargé du développement des bases de données, de l’analyse et de l’audit et Djibril Labou Amadou, responsable chargé de la logistique, du matériel et du budget ont répondu,main levée «je le jure». Le président de la Cour, Félix Dossa, a reçu leur serment et les a renvoyés à l’exercice de leur fonction respective.« Vous devez faire preuve de grande sagesse et de probité », leur a-t-il lancé. Car, justifie-t-il, leur mission est très délicate et importante pour la nation et des sanctions planent sur eux en cas de manquement, conformément à l’article 207 de la loi n°2013-06 portant Code électoral en République du Bénin. Abondant dans le même sens, le premier substitut du procureur général, Honoré Gbodogbé Aloakinnou a insisté sur les mots ou expressions «loyauté, probité, impartialité, indépendance, respect de la loi, sans défaillance» tiré du texte de leur serment.Selon lui, le serment ne doit pas être considéré comme une formalité trompe-œil mais il doit être incarné. «Souvenez-vous toujours de ce serment. Gravez ces mots dans vos cœurs», adresse-t-il aux quatre membres.«Même si vous travaillez sur des sujets politiques, vous n’êtes pas des politiciens mais des techniciens»; a insisté Honoré Gbodogbé Aloakinnou.
Les membres installés ont un mandat de cinq ans renouvelable une fois. Le cinquième membre, Bonaventure Gangnon, régisseur général ne s’est pas présenté pour la prestation de serment, à cause de raisons de santé. Il est actuellement évacué en France. Il se présentera devant la Cour dès son retour, a indiqué le président Félix Dossa.
L’Agence nationale de traitement tire sa légitimité du Code électoral. Au titre de l’article 223 dudit Code, elle assure l’informatisation et le traitement des données du fichier électoral.

L’actualité abonde de cas de vindicte populaire. De supposés voleurs ou malfrats subissent le supplice du feu. Les réseaux sociaux sont mis à contribution pour diffuser les images macabres. Le phénomène n’épargne aucune localité du pays. Certains le comprennent et en font l’apologie. Mais, heureusement, ce n’est pas l’avis de tous. Me Ayodélé Ahounou, avocat au barreau du Bénin, est de ceux qui réprouvent la justice privée. Mieux, il avertit les auteurs de ces scènes de vindicte des risques qu’ils encourent.
La Nation : Me Ayodélé Ahounou, ces temps derniers, l’actualité donne à observer une recrudescence du phénomène de la vindicte populaire. Quels sont les sentiments qui animent l’avocat face à ce spectacle macabre ?
Me Ayodélé Ahounou : Je vous remercie. Je relève qu’en tant qu’avocat, cette pratique qui reprend droit de cité me frappe d’une grande indignation. Voyez-vous, il n’est pas acceptable, il n’est pas concevable que dans un Etat qui se veut démocratique, l’on laisse ou du moins que l’on observe de façon passive cette barbarie. C’est absolument inacceptable. C’est ce que je ressens comme sentiment chaque fois que je lis dans les journaux qu’on a brûlé deux ou trois personnes simplement parce que quelqu’un aurait donné l’alerte « Au voleur ! Au voleur ! » Et puis on les poursuit et on les brûle vif, ça offre un spectacle insupportable. Franchement je ne veux pas voir ma République évoluer comme ça.
Les populations par contre excipent souvent de la lenteur de la justice, ou d’une certaine collusion de la justice avec les milieux de la pègre qui ferait que les lois ne sont pas suffisamment bien appliquées aux délinquants. Raison pour laquelle elles décident de se faire justice.
Vous savez, c’est ridicule. C’est ridicule, d’abord, parce qu’il n’est pas facile, même si vous êtes intellectuel, de percer le secret de la justice. La justice fait un effort pour se rendre beaucoup plus accessible et beaucoup plus compréhensible mais il faut se demander comment la justice fonctionne, comprendre les rouages de ce troisième pouvoir pour la juger. Vous ne pouvez pas juger un phénomène que vous ne comprenez pas. Je suis souvent choqué lorsqu’on nous dit que la justice ne fonctionne pas. Lorsqu’on se surprend qu’un délinquant que la population a arrêté et confié à la police, soit élargi et qu’on le retrouve dans la circulation plus tard. C’est en cela que je voudrais lancer un appel avant même que vous ne m’interpelliez sur cet aspect de la chose. Je pense que la responsabilité incombe de façon principale aux autorités, je veux parler du ministère public, je ne veux pas dire l’Etat, ce serait beaucoup plus général, mais le ministère public. Lorsqu’un délit est commis, la seule chose qui importe, c’est la punition. On ne peut pas prévenir une infraction dans une République, c’est impossible. Vous voyez ce qu’il s’est passé ou se passe lors de l’Euro 2016. Vous avez vu ? Dans ces Etats, dits à tort ou à raison de vieille démocratie où la civilisation aurait atteint un paroxysme des choses de ce genre, ce n’est pas bien. La leçon, c’est que toutes les fois ou à tout moment où les individus se retrouvent, il faut forcément les cadrer. La population ne se discipline pas, on la discipline. Il faut comprendre comment la justice fonctionne. Quelqu’un qui commet un vol de moto, donc un délit, et qui n’a pas commis un crime peut bien être relâché assez vite par la justice. Ce n’est pas le cas lorsqu’il s’agit de crime. Actuellement seul le crime ou certains crimes, parce qu’il arrive que la justice soit un peu indulgente, exposent à une peine à perpétuité ; étant entendu que la peine de mort ne peut plus être appliquée chez nous. Donc si vous avez commis une infraction et vous ne vous retrouvez pas dans cette catégorie de peine, il est normal et ce n’est que justice, qu’après avoir purgé votre peine, vous recouvriez votre liberté. Mais la population ne peut pas s’indigner, si elle le fait comme je le disais, on ne peut pas prévenir certaines ignorances. Mas il faut, lorsqu’elle agit pensant qu’elle peut se faire justice parce qu’elle a trouvé un délinquant dehors, que la justice puisse frapper. Et c’est là que l’aspect dissuasif du droit pénal revêt toute son importance. Un droit qui n’est pas appliqué, une justice qui ne frappe pas, ça n’éduque pas. J’ai l’habitude de dire que ce qui peut nous sauver de tout ce qu’il se passe aujourd’hui, c’est la justice.
Vous voulez enseigner à cette population béninoise que se rendre justice, commettre des actes de vindicte populaire est un crime ?
Oui, évidemment ! D’abord, c’est un meurtre pour parler plus simplement. Dans une République ou un Etat de droit qui respecte les droits de l’Homme, vous ne pouvez pas, alors même que vous estimez que vous avez pris quelqu’un en fragrant délit, le traiter selon votre bon vouloir. Quelles que puissent être les circonstances, l’intéressé, pour autant qu’une décision de justice n’est pas intervenue pour situer sa culpabilité, il est présumé innocent et le seul organe qui a le privilège, la prérogative exclusive d’établir sa culpabilité, c’est la justice. Ce n’est pas la population. Et la population doit comprendre que pour même sa propre sécurité, elle ne peut pas poursuivre quelqu’un comme elle le fait. C’est d’autant plus grave que même dans un contexte de justice organisée, les erreurs judiciaires ne sont pas exclues. Même lorsque vous êtes pris, qu’on a instruit, que toutes les composantes de la justice ont fait leur travail, on n’est pas sûr d’avoir condamné le vrai coupable, on n'est jamais sûr à 100%. Donc, dans un Etat responsable, on ne peut pas accepter cette pratique de la vindicte populaire. Et comme je vous l’ai dit, on ne va pas laisser à la population le soin de se discipliner elle-même. Il faut frapper et dès lors qu’on va commencer à frapper, les gens vont commencer par se ranger. Quand les gens parlent d’incivisme, je dis non. C’est une seule personne qui mène le peuple. Ce n’est pas la population qui s’éduque, il faut l’éduquer, il faut frapper, exiger. Il y a beaucoup de choses qui se passent mais on a tendance à ne pas stigmatiser. On indexe plutôt ceux qui sont chargés de faire appliquer la loi dans la République.
Vous dites bien que la vindicte populaire, c’est un meurtre. Vous dites qu’il faut frapper. Mais dans ces cas de crime de masse, qui faut-il frapper ?
Comme je l’avais dit plus haut, on ne peut pas prévenir la commission d’une infraction, je ne vois pas comment. Vous avez vu comment les Européens se démerdent pour lutter contre le terrorisme ? Pourtant, ça continue. Oui, on ne peut pas prévenir. La seule chose qu’on peut faire, c’est que ceux qui en ont été victimes, retrouvent une certaine confiance en la République lorsque les coupables sont punies. Il y a deux infractions, il y a d’abord ceux qu’on poursuit, ou que la clameur publique poursuit sous prétexte qu’ils viennent de commettre un délit ou une infraction. Il y a ceux qui frappent, ceux qui se prennent le pari de se faire justice à eux-mêmes. Et c’est ceux-là, surtout qu’il faut punir.
Comment les identifier, comment les punir ?
De plus en plus, c’est des phénomènes qui sont couverts. Moi j’ai déjà vu plusieurs journaux et j’ai déjà vu plusieurs photos sur lesquelles on distingue ceux qui ont des machettes, c’est-à-dire qu’ils charcutent leur victime. Ça veut dire qu’ils sont identifiables. Vous voyez des gens qui ont des bidons d’essence qu’on est en train de verser sur une personne vivante, ils sont identifiables. Dans ces conditions, c’est simple. Le parquet diligente une enquête, une enquête par les officiers de la police judiciaire dans le ressort desquels le drame s’est produit et puis les jeux sont faits. Du moment où on a la photo de ces individus-là, on peut les traquer. De ma petite expérience, je n’ai jamais appris que des auteurs de vindicte populaire ont été poursuivis et punis, et c’est ça qui fait cette passivité qui donne à la population une certaine caution. Et la population pense qu’elle est en train de purifier la société de ces prétendus hors-la-loi. Mais il faut rappeler à ces auteurs-là qu’ils sont identifiables, qu’on peut bel et bien les poursuivre.
S’ils étaient rattrapés par la justice, a quoi s’exposent les auteurs d’acte de vindicte populaire ?
Ah ! évidemment, c’est la prison à perpétuité. La peine de mort ne peut plus être prononcée chez nous. Ce sont des gens qui sont passibles de la cour d’assises, qui peuvent être condamnés à perpétuité, c’est-à-dire à la prison à vie car leurs actes sont assortis de circonstances aggravantes. Vous imaginez, qu’au XXIe siècle on brûle des gens et que la population applaudisse ! Il faut que ça s’arrête. Et pour que ça s’arrête, vous savez dans une République comme la nôtre, c’est le ministère public qui poursuit. Même si vous dénoncez, moi j’ai eu à le faire, j’ai reçu des images horribles, cela s’est passé à Fidjrossè. Nous sommes tous exposés si on ne fait pas attention. Peut-être il y a des gens qui vous guettent, qui vous en voulaient et puis, ils crient, ils organisent de petits trucs, avant que vous ayez eu le temps de vous expliquer, on vous a déjà abattu. Donc s’il faut frapper, ce sont des gens qu’on peut poursuivre car ils sont identifiables. C’est le parquet qui doit faire ce travail-là, il faut que ça s’arrête, il faut que les gens comprennent. Il faut discipliner la population. Je ne vous apprends rien lorsque je vous dis qu’au XIXè siècle, New-York était plus sale que Zongo de Cotonou. C’était puant, il y avait des excréments partout. Mais cela a changé du tout au tout. Pourquoi ? C’est quelques individus seulement qui écrivent l’histoire et d’autres la racontent. Il faut que quelqu’un se lève pour dire «Non ça suffit !» et qu’on frappe, qu’on condamne deux ou trois personnes et tout le monde va se ranger. Il ne faut pas se contenter de dire: «Nous sommes dans une République démocratique, nul n’a le droit de se faire justice» et laisser. Non ! Je pense qu’il faut que chacun joue son rôle. L’avocat que nous sommes ne peut pas poursuivre et ne peut que faire poursuivre et en matière criminelle l’instruction préparatoire est obligatoire. Donc vous ne pouvez pas citer directement les coupables, encore faut-il que les victimes osent dénoncer leurs bourreaux. Car c’est des gens qui sont brûlés et personne n’ose lever son doigt pour dire c’est mon frère, c’est mon oncle, c’est mon fils, etc. Ce qui fait qu’on ne retrouve pas les parties civiles sinon, on peut toutefois trouver les victimes et stimuler une action. Donc, encore une fois, le seul recours que nous avons, c’est le ministère public malheureusement.
En dehors des personnes identifiables grâce aux nouveaux médias, est-ce qu’on peut poursuivre les personnes qui assistent, passives, à ce genre de spectacle pour complicité de meurtre ou non-assistance à personne en danger ?
Peut-être, oui ! Mais pour complicité, ce serait un peu plus complexe. Elle nécessite une certaine action positive. La complicité par abstention a fait l’objet d’une controverse doctrinale. On s’est demandé s’il serait possible que quelqu’un qui est resté passif devant la commission d’une infraction soit poursuivie parce qu’ayant contribué en donnant ou non une caution morale. Hormis ce terrain aléatoire, les auteurs passifs peuvent être poursuivis pour non assistance à personne en danger. S’ils sont de véritables auteurs identifiés de ces infractions, ils sont d’office poursuivis car les preuves seraient, en cette matière, constituées. Les auteurs principaux des actes de barbaries issues de la vindicte populaire sont tout autant susceptibles d’être poursuivis que les co-auteurs qui font des cercles, prennent des photos de ces types de scènes redoutables.
Me Ayodélé Ahounou, vous êtes avocat, appelé à défendre par exemple quelqu’un qui a assisté à la scène et qui est poursuivi. Je vous imagine plaidant que la personne brûlée n’était pas en danger mais qu’elle était plutôt l’auteur du danger…
Rires… Quoique nous soyons des avocats, il y a dans ce que nous appelons la rhétorique de la plaidoirie, la notion de la moralité du langage. L’avocat ne plaide pas tout. Il y a des choses que vous ne pouvez pas plaider et qui sont contraires aux valeurs auxquelles vous adhérez en tant qu’individu. Vous n’allez quand même pas me demander qu’est-ce que j’allais plaider si un jour je défendais quelqu’un qui est poursuivi comme auteur de vindicte populaire. Je m’attendrais plutôt à la question de savoir ce que je plaiderais lorsque je serais constitué pour une victime de la vindicte populaire. Je ne suis pas sûr qu’un jour j’accepterais de défendre un auteur d’une vindicte populaire, je ne le sais pas encore. Mais s’il arrive que j’accepte, ce ne sera pas pour défendre la pratique. Ce serait peut-être pour défendre un individu, un innocent ignorant qui n’a pas conscience de la gravité de ce qu’il fait et dénoncer par la même occasion, quoiqu’avocat de la personne poursuivie, la pratique¦
Droits et Devoirs 30 juin 2016

(…) Les propositions qui sont ici recensées sont celles qui ont rencontré l'adhésion de tous les membres de la Commission. Elles sont, pour certaines, précises et tranchées et pour d'autres, mesurées et ouvertes. Les premières témoignent de la réalisation de l'accord complet des commissaires alors que les secondes sont le produit d'un consensus.
Sur la loi organique sur le pouvoir exécutif
La Commission est d'avis sur le principe d'une loi organique, à condition que sa mise en œuvre ne conduise directement ou incidemment à l'affaiblissement du président de la République et n'entrave pas l'action régulière du gouvernement.
La Commission recommande en conséquence que la mise en œuvre de cette initiative, si elle doit revêtir une forme législative, ne remette guère en cause la séparation des pouvoirs en ce qu'elle peut offrir au Parlement l'occasion d'empiéter dans le domaine de l'Exécutif ou de restreindre les marges de manœuvre de l'Exécutif'.
Sur la Cour constitutionnelle
La Commission est d'avis que le mandat unique de neuf ans renouvelable par tiers peut contribuer à l'indépendance de la juridiction.
La Commission est d'avis que les membres de la Cour soient élus au sein des assemblées de corps de juristes identifiés à l'exception de ceux nommés par le président de la République et le Bureau de l'Assemblée nationale.
La Commission est d'avis, en matière électorale, que la Cour constitutionnelle se concentre exclusivement sur le contentieux et en proclame les résultats définitifs:
La Commission recommande que le principe de l'autonomie financière de la Cour soit affirmé au plan normatif et que les techniques et modalités appropriées soient aménagées pour le garantir et en assurer l'effectivité.
Sur la Haute autorité de l'audiovisuel et de la communication.
La Commission est d'avis que la composition de la Haac soit modifiée dans le sens du renforcement de la présence des professionnels des médias.
La Commission est d'avis que la Haac procède à la sélection des directeurs des organes de presse de service public et soumette les noms du plus méritant par poste à la nomination du chef de l'Etat afin de garantir l'accès équitable des partis politiques, des associations et des citoyens à cette catégorie de média.
La Commission recommande que le principe de l'autonomie financière de la Haac soit affirmé au plan normatif et que les techniques et modalités appropriées soient aménagées pour le garantir et en assurer l'effectivité.
Renforcer l'indépendance de la justice
Sur cette préoccupation, la commission appelle votre attention sur six (6) propositions.
Premièrement, sur la présidence du Conseil supérieur de la magistrature
La Commission considère que l'indépendance de la justice s'entend de l'indépendance statutaire de ses acteurs, de l'indépendance organique et de l'indépendance financière des juridictions.
La Commission est d'avis que le président de la République ne siège plus au sein du Conseil supérieur de la magistrature et qu'il soit remplacé à la tête du Conseil par le président de la Cour suprême.
La Commission recommande la présence au sein du Conseil, du ministre en charge de la justice, avec voix délibérative.
La Commission recommande une révision de la loi organique relative au Conseil pour réaménager sa composition et réarticuler ses missions en vue d'une indépendance pertinente du pouvoir judiciaire.
La Commission est d'avis que le statut du ministre en charge de la justice soit aménagé, de sorte à renforcer l'indépendance de la justice.
La Commission est également d'avis qu'il est nécessaire de procéder à la réforme du statut des magistrats du Parquet dans le sens du renforcement de leur indépendance.
Deuxièmement, sur l'élection du président de la Cour suprême
La Commission est d'avis que le président de la République ne nomme plus le président de la Cour suprême.
Elle en déduit que le président de la Cour suprême est élu par les magistrats en fonction dans l'ordre judiciaire réunis en Assemblée générale.
Troisièmement, sur la création de la Cour des comptes
La Commission est d'avis que la création de la Cour des comptes est à la fois une exigence de bonne gouvernance et une obligation conventionnelle. Elle recommande qu'elle soit instituée dans la Constitution, à l'intérieur du titre consacré au pouvoir judiciaire et prenne rang après la Cour suprême.
La Commission est d'avis que le président de la Cour des comptes est élu par les magistrats en fonction dans les juridictions à compétence financière, réunis en Assemblée générale.
La Commission est d'avis que la mise en place de la Cour des comptes conduit à la réforme de la loi portant organisation judiciaire, en ce qui concerne les démembrements de ladite Cour.
La Commission est d'avis qu'il est envisageable de soumettre au Conseil supérieur de la magistrature la discipline des membres de la Cour des comptes, et par conséquent qu'il est nécessaire d'en tenir compte dans la composition du Conseil.
La Commission recommande que le principe de l'autonomie financière de la Cour soit affirmé au plan normatif et que les techniques et modalités appropriées soient aménagées pour le garantir et en assurer l'effectivité.
Quatrièmement, sur la Haute cour de Justice
La Commission convient que la Haute cour de Justice ne peut, dans son état actuel, assurer une répression efficace des manquements graves imputables aux plus hautes autorités de l'Etat.
La Commission est d'avis que pour remédier, on peut recourir à plusieurs solutions :
- La première, la plus radicale, serait la suppression de la Haute cour de Justice et son remplacement par une juridiction ad'hoc attributaire de la compétence pour les infractions commises par le président de la République. Dans cette hypothèse, les membres du gouvernement pourraient être poursuivis devant les juridictions de droit commun.
La seconde, plus mesurée, serait le maintien de la Haute cour de Justice, assorti de l'allègement des règles de procédure, de la modification de sa composition et de la redéfinition de ses attributions.
Cinquièmement, sur le régime des immunités parlementaires
La Commission est d'avis que le régime de l'immunité parlementaire peut être allégé et l'effet suspensif de la prescription de l'action publique affirmé.
La Commission recommande la suppression de l'alinéa dernier de l'article 90 de la Constitution qui dispose : « la détention ou la poursuite d'un député est suspendue si l'Assemblée nationale le requiert par un vote à la majorité des deux tiers ».
La Commission recommande que les poursuites puissent être engagées sans demande de levée de l'immunité parlementaire lorsque l'Assemblée nationale n'est pas en session.
Sixièmement, sur le rattachement de l'inspection des services judiciaires au Conseil supérieur de la magistrature
La Commission est d'avis que le rattachement de l'Inspection générale des services judiciaires au Conseil supérieur de la magistrature peut être envisagé.
La Commission recommande néanmoins que la mise en œuvre de cette proposition soit inscrite dans une réforme globale du pouvoir judiciaire. Elle comprendrait la réforme du Conseil supérieur de la magistrature, une reconsidération du rôle du ministre de la justice au Conseil et enfin une nouvelle articulation des Inspections dans le secteur de la justice.
Renforcer le système partisan
(…) La Commission considère qu'avant toute injection de fonds publics dans le fonctionnement des partis politiques, il serait judicieux de procéder au préalable à la rationalisation du système partisan dans son ensemble, et ce faisant, d'encadrer juridiquement les critères d'accès au financement public, sans toutefois occulter le financement privé. Sur cette base,
La Commission est d'avis qu'en l'état de la législation, il est nécessaire de procéder à l'apurement de la liste des partis politiques, de publier le rapport annuel sur le suivi de la vie des partis politiques par le ministère de l'Intérieur (à terme par la Céna), en vue de la mise à jour prévue par la loi.
La Commission est d'avis que le mode de financement public des partis politiques peut être renforcé dans le sens de la transparence et de la pertinence.
En ce sens, la Commission recommande un financement qualitatif de l'Etat au profit des partis politiques, surtout un mécanisme incitatif au regroupement, à la représentativité nationale et à la prise en compte du genre. La Commission recommande que le financement privée des partis politiques soit également encadré en vue de sa transparence.
3- La Commission recommande que les réformes envisagées prennent en compte la prévention du nomadisme dans le cadre de l'exécution des mandats électifs.
Sur la modernisation et la stabilisation du Code électoral
La Commission est d'avis que la réforme du Code électoral pourrait intégrer les critères et les conditions de sa modernisation et de sa stabilisation. Il s'agit de stabiliser le fichier électoral par l'état civil informatisé renforcé par la biométrie, d'engager le redécoupage des circonscriptions électorales, ainsi que des circonscriptions administratives, suivant le principe de l'équité.
La Commission est d'avis qu'il serait pertinent d'éviter l'éclatement des missions et des structures instituées dans le cadre de l'organisation des élections. Cependant, elle recommande le détachement du pouvoir de proclamation des résultats provisoires de celui du règlement des contentieux (…)

Moukaram Badarou est désormais ex-préfet des départements de l’Ouémé et du Plateau. Il a passé le témoin à Joachim Marie-Florès Apithy et Valère Adéchina respectivement préfets des départements de l’Ouémé et du Plateau.
La passation de charges entre le préfet des départements de l’Ouémé et du Plateau sortant s’est déroulée en deux volets. D’abord dans la matinée du mardi 28 juin, Moukaram Badarou était à la préfecture de Pobè nouvellement créée avec le préfet du Plateau à qui il a transmis le témoin et ensuite dans l’après-midi avec le préfet de l’Ouémé à la préfecture de Porto-Novo pour le même exercice. Les deux cérémonies se sont déroulées dans la sobriété et ont connu la participation des autorités politico-administratives respectives, députés, maires des communes sous-tutelle, têtes couronnées et autres. A Pobè comme à Porto-Novo, le discours du préfet sortant Moukaram Badarou est resté le même. Il a tenu à d’entrée de jeu féliciter le président de la République, Patrice Talon pour avoir tranché définitivement la question liée à la désignation des chefs-lieux des six autres départements du Bénin. « Il était temps, en effet, de traduire dans les réalités le contenu de l’article 6 de la loi numéro 97-028 du 15 janvier 1999 portant organisation de l’administration territoriale en République du Bénin », a-t-il souligné. Moukaram Badarou n’a pas manqué de féliciter ses successeurs pour leur brillante nomination à la tête des deux départements. Il a exhorté l’ensemble des cadres et agents de la préfecture de Porto-Novo à se mettre entièrement à la disposition des nouveaux préfets pour continuer le combat de développement des deux départements et par ricochet celui du Bénin. « Le combat du développement est le seul qui vaille la peine d’être mené parce que pouvant aider à la construction de nos communes et sortir nos populations de la misère et de la précarité.», a-t-il précisé. Dans leurs discours à Pobè comme à Porto-Novo, le préfet de Pobè Valère Adéchina et celui de Porto-Novo Joachim Marie-Florès Apithy ont promis chacun en ce qui le concerne de combler les attentes à la tête de leurs départements respectifs. Il s’agit surtout d’accompagner les réformes administratives, structurelles, institutionnelles et politiques en cours, exécuter diligemment conformément aux lois et textes réglémentaires de la République, les tâches et missions qui leur seront assignées, veiller à l’achèvement des grands chantiers gouvernementaux en cours d’exécution sur chacun de leur territoire de compétence.
Actualités 29 juin 2016

Une délégation du ministère en charge de la Décentralisation composée de Georges Houessou et Crespin Guidi a procédé, mardi 28 juin, à l’installation des préfets Christophe Mégbédji et Komlan Zinsou dans leurs fonctions respectives. C’était au Centre de promotion sociale d’Aplahoué pour le compte du Couffo suivi de l’étape du Mono qui s’est déroulée à la préfecture de Lokossa.
Grande mobilisation mardi 28 juin dans la matinée à Aplahoué, précisément au Centre de promotion sociale (Cps). Les élus, les dignitaires religieux et des directeurs des services déconcentrés discutaient la place avec une foule d’anonymes difficiles à contenir. Aucun d’eux ne voulait se faire conter la passation de charges entre le préfet du Mono-Couffo sortant, Corentin Kohoué et le premier préfet du Couffo, Christophe Mégbédji.
La cérémonie concoctée à cet effet, s’est déroulée en plusieurs étapes dont les temps forts ont été la signature des procès-verbaux suivie de l’installation du promu dans son fauteuil de dépositaire de l’autorité de l’Etat sur le territoire du Couffo. Ce dernier acte a été ordonné par le chef de la délégation du ministère en charge de la Décentralisation, Georges Houessou qui n’a pas manqué de rappeler sa portée. « En procédant à la désignation des nouveaux chefs-lieux et à la nomination des 12 préfets, a-t-il dit, le chef de l’Etat entend mettre fin à la sous administration et ambitionne un développement équitable pour tout le pays. Suivra le processus de transfert effectif des compétences et des ressources. Dans la même dynamique, un organigramme type est en cours d’élaboration pour les mairies ».
Selon le maire de la localité, Casimir Sossou et le représentant des maires du Couffo, Vincent Acakpo, ces actes du président de la République sont courageux et marquent l’indépendance du Couffo. C’est pourquoi, le maire Vincent Acakpo a rappelé à l’attention de son ancien collègue qu’il doit œuvrer à ramener leur département au même niveau de développement que tous les autres.
Dans le Mono, c’est un proche collaborateur du préfet sortant qui est choisi pour présider désormais la préfecture. Il s’agit de l’ancien secrétaire général de la préfecture, Komlan Zinsou. Ce qui s’entend pour Corentin Kohoué comme une marque de confiance à l’égard du personnel de la préfecture qu'il a dirigée. Dans le même sens, après avoir subi le rituel de son installation, le nouveau préfet assure poursuivre à terme les chantiers ouverts par son prédécesseur et recourir à l’arme de la concertation pour réussir les objectifs attendus de sa promotion. Tout comme Christophe Mégbédji, il tient aussi à la bonne gouvernance au niveau de son département.

Doit-on continuer par observer le modèle politique béninois comme une œuvre d’éternité, infaillible et non susceptible d’amendement? A cette interrogation, les 35 membres de la Commission nationale technique chargée des réformes politiques et institutionnelles, installée le 6 mai dernier ont apporté des éléments de réponse contenus dans un rapport dont la remise officielle a été faite au chef de l’Etat, mardi 28 juin à la présidence de la République, en présence des membres du gouvernement, du corps diplomatique accrédité au Bénin et du haut commandement militaire.
La réforme du système partisan et du fonctionnement institutionnel du Bénin constitue l’un des axes majeurs du projet de société défendu par le président Patrice Talon, alors candidat, sollicitant le suffrage de ses compatriotes pour se hisser au palais de la Marina. 31 jours après avoir été investi dans ses fonctions de chef d’Etat, il a procédé à l’installation officielle des 35 membres de la Commission nationale technique chargée des réformes politiques et institutionnelles. Ceux-ci, issus pour la plupart des partis et associations politiques et des organisations à divers niveaux, ont été mandatés pour étudier et proposer les réformes politiques et institutionnelles visant à améliorer le modèle politique béninois conformément aux options fondamentales de la Conférence nationale de février 1990. Ils avaient donc pour mission de recenser et d’évaluer les mesures politiques, institutionnelles et juridiques nécessitées par la réforme ainsi que les modalités de leur mise en œuvre en vue du renforcement du régime démocratique. Plus de cinquante groupes, personnalités ou experts ont apporté des contributions aux travaux. Lesquelles ont été recueillies sous forme d’auditions et de contributions écrites. Les auditions ont consisté à écouter diverses organisations et personnalités en séance plénière de la commission. Quant aux contributions écrites, il s’agit de correspondances et mémoires adressés par des citoyens, des acteurs du débat public, des leaders d’opinion et des institutions, rapporte le professeur Frédéric Joël Aïvo, présentant la synthèse des travaux.
« Le nombre, la pluralité et la qualité des contributions témoignent de l’engouement suscité par le projet de réformes et de l’intérêt qu’attachent nos compatriotes, toutes conditions socioprofessionnelles confondues, à la question de la révision de la Constitution », a fait savoir ce dernier au chef de l’Etat. « Nous avons travaillé à traduire dans le rapport, notre avis au sujet des propositions que vous avez faites. Les débats ont été nourris et vifs, mais sur l’essentiel, nous sommes parvenus à un consensus », expose en ce qui le concerne, le président de la commission, le Garde des Sceaux, Joseph Djogbénou.
Un nouveau départ politique
Dans sa présentation synthétisée du rapport d’une soixantaine de pages bouclé depuis le 14 juin dernier, le professeur Frédéric Joël Aïvo, au nom des commissaires, a tout de même rappelé que le modèle démocratique béninois est un label et une fierté. Mais ce n’est pas pourtant qu’il soit exempt de reproches. Il évoque ainsi la crise de confiance du citoyen en l’Etat, la crise de confiance du citoyen en les partis politiques, la crise de confiance de la République en ses citoyens… pour en déduire qu’il s’agit « d’une crise de la démocratie béninoise qui manifeste de plus en plus des signes de relâchement dans ses rouages les plus cruciaux ». Ce qui a amené les membres de la commission dont il se veut le porte-parole, à proposer « les pistes de réformes susceptibles de consolider le régime et de redonner à notre pays sa fierté de laboratoire démocratique et de pionnier en ingénierie constitutionnelle ».
Visiblement ravi de la présentation condensée faite du rapport des commissaires, c’est avec émotion que le président de la République exprime d’emblée sa satisfaction du travail abattu. « Notre modèle politique est un label. Je dirais qu’il est standard, bon. Mais il n’est pas parfait… Maintenant qu’il a fait ses preuves, en nous donnant beaucoup de fierté dans sa conduite au fil du temps, il est temps pour nous, pour votre génération, de le réformer pour le rendre compatible avec les exigences de la bonne gouvernance », lance-t-il ensuite avec assurance. Pour le président Patrice Talon, « Le modèle qui organise la vie dans la cité, le choix des gouvernants et la reddition des comptes doit être compatible avec l’exigence de bonne gouvernance». Autrement, «nous allons nous satisfaire pendant des générations d’avoir un modèle démocratique envié, mais nous allons rester éternellement dans la pauvreté. Et nous aurons trahi l’idéal », confie-t-il. C’est pour cela, qu’il se dit heureux de l’aboutissement de ce premier pan du processus qui conduira inexorablement vers la refonte du modèle politique béninois. « Je suis fier de constater que tout le monde a participé d’une manière ou d’une autre à réfléchir à un nouveau modèle économique ou à retoucher le modèle pour qu’il soit compatible avec notre idéal », avoue le chef de l’Etat.
Fini le travail technique abattu par les 35 membres de la commission, le président de la République confesse que désormais, la balle est dans son camp et il compte la jouer « avec détermination et foi ». Ceci, dit-il, en s’appuyant sur ses collaborateurs avec qui il compte s’efforcer assez rapidement pour examiner en détails le contenu du rapport afin de sortir le projet de révision de la Constitution.
La Constitution révisée avant fin 2016 ?
Le calendrier de réformes politiques du chef de l’Etat prévoit une sollicitation référendaire avant 2017. Il compte ainsi soumettre au Parlement dans les meilleurs délais, ses propositions de réformes afin que «le peuple béninois soit saisi comme souverain avant l’année prochaine. «J’ai foi que nous serons les promoteurs de ce que nous allons soumettre au peuple béninois afin que le vote des Béninois soit favorable. Nous avons un rôle essentiel, nous et vous qui êtes éclairés : celui d’aider nos populations à comprendre le bien-fondé des réformes que nous allons lui soumettre. Je voudrais croire que désormais, à partir de la révision que nous allons opérer dans les prochaines semaines, que cela va ouvrir le champ aux révisions nécessaires qui ne manqueront pas de s’imposer à notre société et à nos structures politiques », déclare le président Patrice Talon. La psychose engendrée par toute évocation d’une modification de loi fondamentale doit désormais s’estomper, a semblé dire aussi le chef de l’Etat. Selon lui, si jusqu’à maintenant, toucher la Constitution est objet de beaucoup d’inquiétudes et de soupçons, il faudrait désormais que les Béninois soient « définitivement débarrassés de cette vue des choses qui nous empêche d’évoluer ».
Actualités 29 juin 2016