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Par Maurille GNASSOUNOU depuis Ismaïlia
L’heure est désormais au bilan, chez les Ecureuils du Bénin. En parvenant jusqu’au stade des quarts de finale de la compétition, ils ont réussi leur Can. C’est à juste titre que leur retour au pays est très attendu afin que les honneurs dus à l’exploit qu’ils ont réalisé, leur soient rendus.
De leurs quatre participations à une phase finale de la Can, celle effectuée à Egypte 2019 reste la seule réussie pour les Ecureuils du Bénin. De 24 sélections nationales qu’elles étaient au départ, ils se sont retrouvés parmi les 8 meilleures du continent. Sessègnon et ses coéquipiers auraient pu accéder au carré d’as, mais les Lions de la Teranga du Sénégal en ont décidé autrement. Ils n’ont pas à rougir de leur parcours.
A l’arrivée, le Bénin s’est contenté de 3 matches nuls contre le Ghana (2-2), la Guinée-Bissau (0-0) et le Cameroun (0-0) en phase de poules. En huitième de finale, il a pris le dessus sur le Maroc (1-1, 4-2 tab), avant de s’incliner (1-0), face au Sénégal, au cours de son match de quart de finale. Soit un total de 4 buts encaissés contre 3 inscrits. C’est pour la première fois, dans l’histoire de son football, qu’il accède aux huitièmes puis aux quarts de finale. Si ce n’est pas le seul match nul qu’il a enregistré lors d’Angola 2010, le Bénin n’a jamais remporté jusque-là un seul match en phase finale de la Can.
Il y a donc de quoi être fier de Michel Dussuyer et de ses poulains. Leur parcours aura tout simplement été fabuleux. Les Ecureuils n’ont pas déçu la confiance placée en eux, au moment où ils se faisaient remettre le drapeau national par le ministre Oswald Homeky, avant leur départ de Cotonou. Ils ont vaillamment défendu les couleurs nationales.
« Ce fut une belle Can parce qu’on ne s’attendait pas à s’arrêter à ce niveau, mais on a quand même pu montrer beaucoup de valeurs. Maintenant, on peut rentrer la tête haute parce qu’on peut être fier de ce qu’on a fait et c’est le plus important », soutient Stéphane Sessègnon. « Malgré notre élimination, nous sommes satisfaits de notre participation. Je tiens à féliciter mes joueurs pour ce parcours, surtout que nous avançons bien avec ce groupe. Nous sommes déçus mais nous devons garder la tête haute. Le tournoi nous a permis de franchir un nouveau palier et mes poulains ont rendu fiers les Béninois grâce à leurs résultats dans le tournoi », a de son côté indiqué Michel Dussuyer.
En effet, c’est avec le sentiment d’avoir bien accompli la mission à eux confiée, que Stéphane Sességnon et ses coéquipiers rallieront ce jour, vendredi 12 juillet, Cotonou. Ils pouvaient bien poursuivre l’aventure, si entre temps, ils n’avaient pas été obligés de payer le prix des efforts consentis, en enchaînant quatre matches successifs dont un, notamment celui des huitièmes, avec les prolongations. Grâce à leurs différentes prestations, c’est un autre regard que la communauté internationale portera désormais sur le football béninois. Il s’agit de celui du respect et de la considération. D’ores et déjà, tous les observateurs avertis sont unanimes sur le fait que le football béninois a beaucoup progressé au point de défier aujourd’hui les géants du continent africain.
Seulement, c’est maintenant que commence le plus difficile. Il va falloir maintenir et entretenir les espoirs entrevus. C’est vrai, certains cadres de l’équipe à l’image du capitaine Stéphane Sessègnon, du gardien de but Fabien Farnolle, de l’attaquant Mickaël Poté et dans une certaine mesure le défenseur Junior Salomon, vont devoir prendre leur retraite internationale. Il y a longtemps qu’ils roulent leur bosse en sélection. Le moment est donc venu pour apporter du sang neuf à la sélection. A ce niveau, ce ne sont pas les talents qui manquent au sein des clubs animant le championnat national.
Toutefois, il est à craindre que Michel Dussuyer, estimant qu’il a déjà accompli sa mission à la tête de la sélection nationale, décide d’aller tenter une autre aventure ailleurs, s’il recevait une proposition plus intéressante. En attendant d’être fixé sur son avenir aux côtés des Ecureuils, il est impérieux de doter enfin le football béninois d’une direction technique nationale.

Enseignant chercheur en sciences et technologies alimentaires, professeur Djidjoho Joseph Hounhouigan totalise, à ce jour, plus de trente-quatre années d’expérience dans l’enseignement, la recherche et l’appui au développement. Son riche parcours et son activisme en matière de recherche et développement de produits agroalimentaires, font de lui, un incontournable dans son domaine et un exemple pour les jeunes.D’ailleurs, un prix lui a été décerné le 2 juin dernier par les acteurs du secteur agricole.
« Lorsqu’après tant d’années dans la recherche, le développement et la formation (…), des acteurs prennent,eux-mêmes, l’initiative de vous distinguer (…), c’est un sentiment de profonde satisfaction avec beaucoup d’humilité et de gratitude envers tous ceux m’ont permis d’arriver à ce stade de mon parcours… ». Cette déclaration du professeur Djidjoho Joseph Hounhouigan, enseignant chercheur à la Faculté des sciences agronomiques (Fsa) de l’Université d’Abomey-Calavi (Uac), rencontré à son bureau à l’Uac, rappelle bien la cérémonie de distinction organisée en son honneur (il y avait aussi un autre chercheur), le 2 juin dernier à Cotonou. L’initiative porte la marque des acteurs du secteur agricole du Bénin, de l’Afrique et du monde. Ceci, pour saluer la qualité et l’importance des travaux de recherche agricole du Pr Djidjoho Joseph Hounhouigan pour le développement. L’enseignant chercheur qui n’a pas hésité à tout narrer sur sa vie, est à lui seul, une bibliothèque dans son domaine d’intervention.
Né peu avant le soleil des indépendances en Afrique noire francophone (à l’Ouest notamment), Pr Djidjoho Joseph Hounhouigan est fils de pêcheur-agriculteur. Sa mère s’investissait dans des activités multiples de transformation notamment le fumage de poissons de table et la fabrication d’huile de coco. Lui qui n’a pas eu la chance de connaître son géniteur, a vécu de très près l’expérience de "maman" durant toute son enfance. C’est donc de là qu’il tire sa passion pour l’agriculture et la transformation des produits agricoles.
Docteur en 1994, il a brillamment accédé au grade de professeur titulaire en 2006.Son expertise couvre l’évaluation de la technologie et de la qualité des produits agroalimentaires; le développement de produits de convenance à partir des denrées et savoir-faire locaux, notamment les céréales, les racines et tubercules, les fruits, etc. Au nombre des produits de convenance qu’il a mis au point avec son équipe, figurent le aklui en granulés, le mawè séché, le yèkè-yèkè séché (couscous de maïs), le wassa-wassa séché, le afitin séché, le dadonou (cocktail de condiments à base de soja), le lanhouin en poudre et en cube, le gowé de sorgho en farine, pour ne citer que ceux-là. Son équipe a également mis au point des jus et nectars stabilisés de plusieurs fruits à savoir : l’ananas, la mangue, la goyave, le tamarin,le gingembre, le baobab. Bref, la liste est longue.
Au niveau institutionnel, Pr Djidjoho Joseph Hounhouigan a, entre autres, dirigé le département de nutrition et sciences alimentaires à la Fsa pendant treize ans, il a passé douze ans à la tête de la Formation internationale en nutrition et sciences alimentaires (Finsa), et six ans au poste de doyen de la Fsa. Il est aussi membre ou ancien membre, selon le cas, de plusieurs conseils d’administration de structures nationales et internationales dont l’Institut national de recherches agricoles du Bénin (Inrab, 2013-2015). Pr Djidjoho Joseph Hounhouigan est également membre de plus d’une douzaine de conseils scientifique et technique de plusieurs institutions au Bénin, en Afrique et dans le monde. Côté formation, il a supervisé à ce jour, au moins une trentaine de travaux d’ingénieurs,une quarantaine de travaux de master, trente Dea (diplôme d’études approfondies) et vingt travaux de doctorat. L’ancien doyen de la Fsa a, à son actif, plus de deux cents publications scientifiques en anglais comme en français.Ce qui n’étonne pas, vu son parcours: impressionnant. Il est fait chevalier de l’ordre national du Bénin en 2008 et chevalier de l’ordre international des Palmes académiques (Oipa) du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (Cames).
Pr Mathurin Coffi Nago comme coach
A côté de sa passion pour l’agriculture, l’ancien doyen de la Fsa est tombé sous le charme de la recherche grâce à l’un de ses professeurs. En effet, quand il s’était agi, pour lui, de choisir une filière d’études après son baccalauréat, Pr Djidjoho J. Hounhouigan a naturellement opté pour le domaine de prédilection de ses parents, qui est aussi devenu le sien.Mais « une fois dans l’agriculture à l’université, il fallait choisir une spécialité, et j’ai eu la chance de croiser le Pr Mathurin Coffi Nago sur mon chemin… », déclare-t-il, avec un large sourire (l’histoire du Pr Nago renseigne qu’il est un dur à cuire dans le domaine). A en croire l’ex-doyen, c’est le Pr Mathurin Coffi Nago qui l’a «coaché » durant tout son cycle de formation. Et tout d’un coup, un travail de dépouillement que ce dernier lui a confié, va davantage déterminer son choix définitif, du moins, le conforter dans sa position, son envie de s’investir dans la recherche.
«Il m’a demandé, avec un autre collègue, de faire le dépouillement d’un recensement que des gens avaient effectué au sujet des technologies traditionnelles sur une grande partie du territoire national. Et il m’a aussi dit de faire le rapport à la fin… Quand j’ai lu et découvert la diversité des produits agricoles et ensuite la diversité des formes de transformation et de consommation ça a tourné ma tête ! Et j’ai dit : je m’engage dans la recherche…», raconte-t-il. Son professeur qui, justement, souhaitait qu’il s’engage dans la recherche, devrait, par la suite,se rendre en Ethiopie pour présenter le rapport des travaux de dépouillement qu’il a rédigé suite au recensement des technologies traditionnelles. Mais Mathurin Coffi Nago, par surprise,lui a demandé d’aller présenter ledit rapport à sa place, à Addis-Abeba. « C’était en 85. Donc je suis parti. Cela portait sur l’agriculture urbaine qui concerne en partie, le travail de dépouillement que j’ai effectué. Et ça m’a lancé ! ». Jusqu’aujourd’hui, poursuit Pr Djidjoho Joseph Hounhouigan, «ce rapport d’étude que je suis allé présenter est le soubassement de mes travaux… ».
De la recherche à la politique, comme Nago ?
Actuellement, l’enseignant chercheur travaille sur au moins une demi-douzaine de travaux de recherche, et il compte poursuivre sur cette lancée jusqu’à sa retraite. Surtout, avec le prix qui lui a été décerné le 2 juin dernier qui,à son avis, est « une incitation à mieux faire, à donner l’exemple aux jeunes et à les conduire ». Et parlant de la jeune génération, il dit avoir formé des chercheurs très talentueux qui, aujourd’hui, peuvent valablement assurer la relève en matière de sciences et technologies alimentaires. Il rassure que ses collègues professeurs, spécialisés dans divers domaines, en ont formé également.
En dehors du Pr Mathurin Coffi Nago qui l’a beaucoup coaché, il adresse toute sa gratitude à ses autres collègues, son épouse, ses enfants et d’autres proches à lui, qui lui ont pas marchandé leur soutien à son égard.
A la Fsa, Pr Djidjoho Joseph Hounhouigan est aussi entouré d’hommes politiques tels que son coach et l’ex-député Noël Akissoé qui a occupé plusieurs postes de responsabilité dont celui de chef département à la Fsa au moment où Djidjoho Joseph Hounhouigan, était doyen. Curieusement, l’ex-doyen n’a jamais goûté à la chose politique.N’a-t-il pas des visées politiques ? Lui a-t-on déjà proposé des postes politiques ou d’être candidat à une élection, par le passé ? Quand on lui pose la question, il répond par la négative. « Ah non ! Je n’ai pas d’ambitions politiques. Pas du tout !Et ce n’est pas faute qu’on ait essayé sur ma personne… ». Autrement dit, l’homme se plait bien dans son rôle actuel.

Par Ariel GBAGUIDI (Stag.)
Êtes-vous consommateur des légumes traditionnels ? Si oui, vous ferez mieux de les promouvoir car, la biodiversité de ces espèces considérées comme des réservoirs naturels de vitamines, de sels minéraux et de fibres, s’éteint à petit feu. Dr Sognigbé N’Danikou, expert en conservation et utilisation durable des légumes traditionnels à World vegetable center, explique ce phénomène et parle des techniques et outils modernes développés par les chercheurs pour conserver et promouvoir ces types de légumes.
La Nation : De plus en plus, des voix s’élèvent pour appeler à l’amélioration de la conservation et la promotion des légumes traditionnels (Lts). Qu’est-ce qui justifie autant cette nécessité de conserver et promouvoir la consommation de ces légumes ?
Dr Sognigbé N’Danikou : La nécessité de promouvoir les légumes traditionnels est de plus en plus croissante à cause d’un certain nombre de raisons. La première, c’est que les légumes traditionnels sont les meilleures sources de vitamines, de fibres alimentaires et de sels minéraux qui sont nécessaires pour une bonne alimentation. La deuxième chose, c’est que ces légumes procurent de revenus pour les ménages ruraux et urbains. La troisième chose, c’est qu’ils constituent une source d’emploi notamment pour la jeunesse qui représente une grande proportion des populations africaines et du monde.
Au-delà de tout ça, il y a un certain nombre de menaces qui militent en faveur de la conservation. Par exemple, les politiques agricoles des différents pays qui sont en faveur d’une poignée d’espèces que nous appelons les denrées de base (maïs, blé, riz, etc.). Ce qui fait que les autres espèces sont négligées. Et ce grand groupe de légumes traditionnels fait partie des espèces négligées qui ne bénéficient pas de l’attention qu’il faut. A côté du manque de financement de la recherche, il y a également les politiques nationales, notamment en matière de production de semences, qui ne favorisent pas la distribution des semences de ces espèces. La preuve, c’est que la plupart des légumes traditionnels ne sont pas inscrits sur les catalogues nationaux afin de favoriser la production et la commercialisation de leurs semences légales. Tout cela fait qu’il est nécessaire de conserver et promouvoir l’utilisation des légumes traditionnels.
Des chercheurs alertent sur le fait que ces légumes sont en voie de disparition. N’est-ce pas là une autre menace et qu’est-ce qui justifie cela ?
Oui ! Des études menées au plan national par plusieurs équipes de recherche ont prouvé qu’il y a beaucoup d’espèces en voie de disparition. On peut citer par exemple le Yantoto (Launaeataraxacifolia de son nom scientifique) qui depuis dix ans, a été identifié comme une espèce en voie de disparition. Nous avons aussi le Fontin (Vitex doniana), une espèce sur laquelle j’ai travaillé et qui est aussi très menacée parce que, les pieds qui sont récoltés sont des pieds qui se retrouvent dans la nature. Donc, la pression anthropique fait que ces espèces sont en train de disparaître.
Au regard de ces menaces, le Bénin a mis en place un plan stratégique de conservation et de promotion des légumes traditionnels. Que préconise exactement le document en cette matière ?
En fait, il s’agit du plan national de développement de la filière maraîchère mis en place par le gouvernement. C’est un plan qui est en ligne avec le Programme d’action du gouvernement (2016-2021). Et, l’un des objectifs de ce plan est d’augmenter la production des cultures maraîchères de 25% ; les cultures maraîchères aussi bien de grande consommation que les légumes traditionnels. Il y a également un projet dédié à la promotion du sous-secteur maraîchage, développé par le gouvernement, qui porte sur l’amélioration des systèmes de production, de conservation et de transformation des cultures maraîchères au Bénin. Dans ce projet, une belle part a été réservée aux légumes traditionnels. Par exemple, dans son activité 2.14, il est indiqué que la recherche doit poursuivre les essais de domestication notamment des espèces négligées afin d’accroître la disponibilité de ces légumes et leur utilisation par les populations.
Au Bénin, quel est l’apport des chercheurs en matière de conservation et de promotion des Lts ?
A l’issue de différentes études, il s’est révélé qu’il y a une grande diversité de légumes traditionnels qui sont utilisés par les populations béninoises. Mais également, leur utilisation à grande échelle était entravée par un certain nombre de contraintes d’ordre technique et en termes d’accès au marché. Les contraintes d’ordre technique sont par exemple, la disponibilité des semences de qualité qui posait un problème. Une autre contrainte, c’est la non-maîtrise des itinéraires techniques de production. Le stockage post récolte est également une contrainte. Sur la base de plusieurs études, la recherche s’est focalisée sur les contraintes d’ordre technique afin d’accroitre la production de ces espèces. Donc, différentes équipes travaillent sur les légumes traditionnels au niveau des Universités d’Abomey-Calavi, de Parakou et d’Abomey mais également au niveau de l’Institut national de recherche agricole du Bénin (Inrab). C’est dans ce cadre que nous avons effectué un certain nombre de publications qui sont le résultat de nos différents travaux de recherches qui portent sur la gestion des semences. Comment lever la dormance au niveau des semences ? Comment produire la pépinière de ces espèces ? et comment les cultiver pour la commercialisation ? En dehors de cela, nous avons aussi développé des techniques de production de semences pour un certain nombre d’espèces et nous avons formé les producteurs sur comment produire les semences.
Et ce n’est pas tout. Nous sommes allés plus loin pour un certain nombre de semences. Par exemple, au niveau de Vitex doniana, sur laquelle j’ai fait ma thèse, on a développé ce qu’on appelle les bases biologiques et socioéconomiques pour la domestication de l’espèce. Donc, aujourd’hui nous maîtrisons l’itinéraire technique de production du Fonman. On peut produire cette espèce en jardin de case et les informations techniques sont disponibles et ouvertes aux acteurs. Nous avons également travaillé en collaboration avec les différentes structures de législation au niveau des semences et il y a un certain lobbying qui est en cours afin de faciliter la production de semences et leur certification pour pouvoir garantir la disponibilité de semences de qualité au profit des producteurs. Je vais aussi ajouter qu’il y a eu les travaux effectués par nos collègues en nutrition qui ont analysé la composition nutritionnelle d’un certain nombre d’espèces. Différents travaux de master et de doctorat ont été conduits pour démontrer la qualité nutritionnelle d’un certain nombre d’espèces. Donc, on connait aujourd’hui la qualité de ces légumes et les informations sont disponibles pour que leur promotion soit assurée.
Il y a sans doute des stratégies endogènes de conservation et d’utilisation des Lts?
Nous avons par exemple les jardins de case. C’est une méthode qui a été développée par nos grands-parents. Donc, ils cultivent les espèces importantes pour leur alimentation, celle de leur ménage. Parfois, ils font un mélange avec les espèces qu’ils utilisent dans la médecine traditionnelle. Ils étudient comment faire germer la semence de ces cultures, comment les récolter et comment faire des amendements pour pouvoir assurer la disponibilité de ces espèces à proximité.
Maintenant, la promotion a continué avec la recherche qui a instauré les jardins communautaires à une plus grande échelle où plusieurs personnes peuvent venir demander la semence ou demander à se faire former sur les pratiques culturales de ces espèces-là parce que ce ne sont pas des cultures de grandes productions. Donc on a besoin des expérimentations afin de pouvoir maîtriser leurs productions.
La recherche est-elle allée plus loin en matière de conservation ?
Il y a les banques de gènes qui ont été développées pour sauvegarder le patrimoine semencier traditionnel. Même si nous faisons des travaux d’amélioration, le patrimoine de départ, c’est-à-dire la semence originelle du paysan est toujours conservée pour qu’en cas de catastrophe, l’on puisse faire recours au matériel de départ pour une reconstitution. En terme technique, on parle d’érosion génétique. Donc, nous évitons les érosions génétiques par la sélection. Avec les populations, nous travaillons à mettre en place des dispositifs de conservation au champ. Dans ce dispositif, on forme les agriculteurs sur comment maintenir et entretenir la diversité au niveau des exploitations agricoles pour éviter l’érosion génétique.
Comment fonctionne ce dispositif, de façon concrète ?
Il y a plusieurs méthodes qui existent et qui s’emploient en fonction du comportement de la semence de l’espèce. Il y a des semences que nous qualifions de récalcitrant, qui ne peuvent pas être conservées pendant longtemps en chambre froide. Pour ces espèces, nous sommes obligés de les conserver sous forme rétractive. Je prends par exemple le manioc que nous ne pouvons pas conserver en chambre froide, on ne peut que le conserver au champ, continuer à cultiver le manioc. Il y a des espèces comme le taro, que nous ne pouvons pas également conserver en chambre froide et c’est au champ que cela se fait. Maintenant, pour les espèces dont les semences peuvent être séchées, nous les séchons et la conservation se fait en chambre froide.
Mais au niveau des agriculteurs, on a développé des systèmes qu’on appelle les banques communautaires de semences. C’est une amélioration des méthodes de nos grands-parents qui conservent les semences attachées quelque part dans les greniers, au niveau des plafonds de leurs cuisines de sorte que la semence bénéficie de la chaleur, de la fumée pour chasser les insectes. Donc, nous avons amélioré ce système en mettant à leur disposition les banques communautaires de semences. Ainsi, dans la communauté, chacun peut amener une petite quantité de semence qu’on met en conservation dans les banques communautaires.
Mais également, on associe des parcelles de multiplication de sorte que lorsqu’on voit que la semence veut commencer par se détériorer, on la fait germer, on récolte à nouveau et on met en conservation. C’est ça qui permet de garantir la disponibilité et de sauvegarder le patrimoine semencier du paysan. Donc, ceci vient compléter la conservation qui est faite au niveau du centre avec les banques de gènes.
Au niveau des banques de gènes, vous utilisez des installations frigorifiques. N’y a-t-il pas des difficultés liées à la conservation ?
Je dois dire que le Bénin est très en retard en matière de conservation. Les infrastructures de conservation doivent être améliorées.
Pour le moment, nous avons recours aux infrastructures des centres internationaux de recherche comme World vetegable centre au niveau duquel le Bénin a dupliqué ses conservations.
Que faut-il faire alors pour corriger le tir ?
Il faut une décision politique pour faire fonctionner les banques de gènes. Nous en avons par exemple à Niaouli. Et pour faire fonctionner les banques de gènes, il faut que l’énergie électrique soit disponible sans interruption afin de garantir l’intégrité génétique du matériel qui est conservé parce que les coupures intempestives de courant conduit à la détérioration des semences qui sont en conservation. Voilà un domaine dans lequel l’Etat doit vraiment s’investir parce qu’il s’agit de la souveraineté alimentaire ; et là il faudrait qu’il prenne des dispositions pour garantir la disponibilité du matériel de plantation pour les agriculteurs mais aussi pour les chercheurs afin que la recherche puisse continuer et pour que nous pussions développer les variétés et mettre leurs semences à la disposition des paysans.
Qu’en est-il de la disponibilité des semences ?
La disponibilité des semences des légumes traditionnels est un grand défi pour les communautés rurales parce que la recherche s’y intéresse très peu, et cela ne favorise pas la production à grande échelle des espèces. C’est pourquoi World vegetable center, dans sa stratégie, travaille beaucoup sur le système semencier des légumes traditionnels. Dans son dispositif, il y a les banques de gènes qui sont développées pour collecter, caractériser et conserver les semences. Ensuite, il conduit les travaux de sélection et d’amélioration variétale afin de développer des lignées pures : ce ne sont pas des hybrides mais un apurement des conservations que nous allons collecter au niveau des différentes localités pour qu’il n’y ait pas des mélanges lorsqu’on va mettre les semences à la disposition des paysans. Et maintenant, ces semences sont rendues disponibles pour les différents utilisateurs, aussi bien les organisations d’agriculteurs, les centres nationaux de recherches agricoles, les universités, les centres internationaux de recherche et les compagnies semencières. Donc, aussi bien en Afrique de l’Est qu’en Afrique de l’Ouest, il existe différentes infrastructures de conservation (banques de gènes) au niveau desquelles les divers utilisateurs peuvent avoir accès aux semences de qualité.
Nous organisons des formations à l’endroit des agriculteurs sur comment produire les différentes espèces de leur choix mais également sur les jardins de case. Comment faire les différentes combinaisons pour avoir une diversité de légumes traditionnels afin de satisfaire les besoins nutritionnels des couches vulnérables, c’est-à-dire les enfants de 0 à 5 ans qui ont un besoin nutritionnel spécifique mais également les femmes en âge de procréer puisque les capacités cohésives des enfants qui vont naître dépendent de l’alimentation de la mère. Donc, nous travaillons également dans ce sens avec les communautés locales pour qu’elles sachent les combinaisons à faire au niveau des jardins de case pour avoir une alimentation équilibrée.
Votre mot de la fin
Je voudrais exhorter chacun, à son niveau, à faire de la culture de légumes traditionnels ; même dans un petit pot à la maison, vous pouvez faire de la culture de légumes pour qu’ils soient à portée pour la consommation. Et lorsque vous avez un petit lopin de terre, vous pouvez faire un petit jardin de case pour avoir les légumes bio pour la consommation. Donc, j’exhorte les populations à se rapprocher des différents centres de recherche, notamment World vegetable center of Benin, pour se procurer des semences. Même avec les petits pots installés à la maison, vous pouvez avoir une bonne alimentation. Les populations doivent consommer beaucoup plus les légumes traditionnels parce que ce sont les meilleures sources de vitamines, de sels minéraux et de fibres. Ce sont des légumes dont les coûts sont moins chers, donc à la portée de tous.
Je voudrais aussi lancer un appel aux décideurs politiques et aux partenaires financiers de la recherche agricole, à soutenir la promotion des légumes traditionnels afin d’aider à combattre la malnutrition qui sévit au niveau de nos différents pays et réduire également les budgets des Etats qui servent à combattre ce fléau.

Cotonou abrite, du 10 au 13 juillet, le premier Symposium des plateformes du secteur sanitaire privé. La rencontre est placée sous le thème « Le secteur privé accélère la réalisation de la couverture sanitaire universelle pour le développement de l’Afrique ».
La Couverture sanitaire universelle (Csu) est un défi commun pour tous les acteurs du système sanitaire. Le rôle du secteur privé est déterminant dans l’atteinte de cet objectif. C’est dans ce cadre que se tient, depuis hier à Cotonou, un symposium sur le rôle du secteur privé sanitaire. La rencontre se veut un carrefour scientifique de brassage, d’échanges et de contribution au renforcement du système sanitaire des pays africains et d’ailleurs. Elle promeut un secteur privé efficace et performant au service du renforcement des systèmes de santé ouest-africains.
« Pour la prise en charge globale de santé, il importe de donner au secteur privé de la santé toute la place qu’il mérite afin de lui permettre de jouer pleinement son rôle dans un esprit de renforcement de partenariat public-privé plus efficient en Afrique », indique le dossier de presse conçu pour la circonstance.
Cette exigence est d’autant plus importante que la demande des soins adressée au secteur privé connaît une croissance avec la montée très rapide des structures de prévoyance maladie, des sociétés d’assurance et des mutuelles de santé, dans un contexte de développement de la Couverture sanitaire universelle (Csu), renseigne la même source.
Le représentant du directeur de l’Organisation ouest-africaine de la santé, Ali Sani, partage la même conviction quant à la contribution du secteur privé au rayonnement du système sanitaire. « La réalisation de la Couverture sanitaire universelle passe indéniablement par le secteur privé et le partenariat public-privé est devenu incontournable dans l’atteinte des objectifs sanitaires en Afrique », note-t-il.
Selon le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, la rencontre vise à « identifier les défis de l’implication du secteur privé dans la Csu et y proposer des solutions ; identifier les stratégies durables du renforcement institutionnel et d’autonomisation des plateformes nationales, sous-régionales et régionales du secteur privé sanitaire pour une Csu participative et efficiente en Afrique. Elle permettra également de définir un cadre rigoureux de suivi de la mise en œuvre des résolutions au niveau africain en vue d’une contribution durable du secteur privé à la Csu sur le continent.
Le thème, objet du symposium, repose sur la nécessité du dialogue public-privé en vue de l’instauration d’une couverture universelle performante en Afrique.
Là-dessus, le représentant du directeur de l’Organisation ouest-africaine de la Santé, évoque l’accompagnement des Etats au profit du système sanitaire, notamment le programme Assurance maladie pour le renforcement universel (Arch), mesure phare du gouvernement béninois, qui intègre le volet assurance maladie.
L’ambassadeur des Etats-Unis près le Bénin, Patricia Mahoney, appelle de tous ses vœux à un service sanitaire efficace en Afrique. « Nous devons redoubler d’efforts pour trouver des méthodes durables et efficaces pour répondre aux besoins des populations, pour utiliser toutes les ressources disponibles pour accélérer la réalisation de la Csu.
Au-delà de son caractère scientifique, le symposium se veut un cadre d’échanges, d’opportunités et de découvertes. Il réunira plus de 200 acteurs privés et publics du secteur de la santé en Afrique. « A côté de l’évènement scientifique se tiendra un salon d’exposition de matériel médical pour permettre aux participants de rêver d’équipements médicaux ou de finaliser leur projet d’équipement pour leur clinique », explique le président du symposium, Lucien Dossou-Gbété. Plus de mille visiteurs y sont attendus.

Par Anselme Pascal AGUEHOUNDE
Réunis, hier jeudi 11 juillet, à l’Infosec, les agents du ministère de l'Energie ont procédé à la revue, au 30 juin, de leur Plan de travail annuel gestion 2019. Cet exercice traditionnel, qui marque la fin du premier semestre de l’année, s’est déroulé sous la houlette du ministre de l'Energie, Dona Jean-Claude Houssou.
Au 30 juin de cette année, le ministère de l’Energie peut se réjouir d’avoir enregistré d’importantes réalisations notamment la sécurisation de l’énergie pour l’économie à travers le paiement des frais de location des groupes et d’achat de carburant ; la poursuite de la réalisation des infrastructures socio-communautaires (salles de classe, commissariats pose de poteaux électriques…) au profit des populations de Houèto ; la réalisation des travaux de génie civil dans le cadre de la construction des infrastructures de sécurité du site des centrales puis la réception en usine, du 28 mai au 1er juin dernier, des 75 mille compteurs électroniques à prépaiement de type Sts au profit de la Sbee… Mais ces résultats traduisent une exécution physique du Plan de travail annuel de 32,23% et restent insuffisants par rapport à la prévision moyenne qui est de 56,85%. Comparé toutefois à l’exercice de l’année dernière, le taux d’exécution du Pta du ministère de l’Energie est dans la même fourchette. De plus, le ministère a doublé sa performance lors du deuxième trimestre de cette année, en référence aux résultats de la revue du premier trimestre. Pour ce qui est de l'exécution des marchés publics au 30 juin, au total 34 marchés ont été passés soit un taux de 43,51%. Les marchés dont le processus de passation est en cours sont de l'ordre de 20% et les marchés non lancés sont évalués à 32%. En perspective, le ministère de l’Energie entend atteindre les 85% d'ici la fin du troisième trimestre de l’année. C’est ce qu’il y a lieu de retenir des grandes tendances dans l’exécution du Plan de travail annuel du ministère de l’Energie à la date du 30 juin.
Plus d’engagement !
Pour le ministre de l’Energie, Dona Jean-Claude Houssou, les réalisations sont notables, surtout au regard de leurs impacts sur les populations. Il n’a pas manqué d’insister sur les retombées socioéconomiques, pour les populations riveraines et pour le Bénin entier, de la centrale de Maria-Gléta construite plus tôt que prévu. Néanmoins, il a déploré le retard global dans l’exécution du Pta par rapport aux prévisions.
A en croire le directeur de la Programmation et de la Prospective, Herman Zimé, les performances auraient pu être améliorées avec le démarrage de certains projets, en l’occurrence les projets Pagipg ; la formalisation de certaines prestations à travers une signature de contrat, la célérité dans le processus de levée des fonds de concours et de passation des marchés sur ressources extérieures, la mise en application des lettres de mission pour les structures sous tutelle. « Je note deux choses. En premier, il y a un besoin de clarification systématique, un besoin d'information. Ce besoin ne doit pas attendre les revues pour être satisfait. Deuxième point, il y a de la non-réactivité par rapport aux demandes qui sont faites », signale-t-il. C’est pourquoi le ministre de l’Energie a invité les cadres, chacun en ce qui le concerne, à plus d’engagement pour que les écarts soient comblés... « La dynamique est bonne. C'est une bonne chose que je salue. Mais nous devons rester proactifs », exhorte-t-il.

Fort de ses expériences dans la gestion publique et mû par ses convictions profondes, l'ancien ministre Antonin Dossou a décidé de faire prendre conscience du défi de la gouvernance. Il le fait à travers un livre intitulé "Partages : Le défi de la gouvernance publique en Afrique subsaharienne". Parue aux Éditions Clé, l'œuvre a été officiellement lancée, hier jeudi 11 juillet, en présence d'un parterre de personnalités politiques et civiles venues de la sous-région.
23 témoignages enrichissants répartis sur 255 pages et échelonnés en 12 chapitres. C’est la charpente de l'œuvre "Partages : Le défi de la gouvernance publique en Afrique subsaharienne" d’Antonin Dossou. Ce livre se présente sous la forme d'une série d'entretiens, de vibrants témoignages de personnalités de diverses nationalités. L'on retrouvera ainsi le Médiateur honoraire de l'Uemoa, Albert Tévoédjrè à la page 46, le Conseiller spécial du Gouverneur de la Bceao à la page 104 ;
le Conseiller économique du Pnud en Côte d'Ivoire à la page 125. C'est sans occulter les témoignages de Moïse
Mensah, ancien Haut commissaire des Nations Unies et ceux du ministre d'État Pascal Irénée Koupaki que l'on retrouve respectivement aux pages 230 et 232. Préfacé par le professeur Paulin Hountondji avec une postface de Francis Akindès, ce livre traduit les convictions inébranlables qui découlent de l'expérience de neuf ans que l’auteur a acquise dans la fonction publique. « Le développement de l'Afrique est possible... Le développement du Bénin est possible… Et pour y arriver, nous nous devons d'améliorer la qualité de la gouvernance, la qualité du leadership transformationnel. Nous disposons de beaucoup de ressources, de beaucoup d'outils... Nous avons besoin de plus d'hommes d'État que de politiciens... Nous devons nous engager à promouvoir le beau, le bon et le bien... », note Antonin Dossou.
Présents à la cérémonie de lancement officiel de l'œuvre, le préfacier et le postfacier n'ont pas tari d'éloges sur le contenu du livre. « Je suis heureux d'être l'un des premiers lecteurs de ce livre et je suis certain que d'autres le liront avec autant de délectation que moi », a déclaré Paulin Hountondji. L’œuvre a laissé la même impression à l’auteur de la postface. « J'ai pris beaucoup de plaisir à le lire. J'ai vécu le livre comme le partage de l'expérience d'une génération à laquelle j'appartiens... Bonne lecture à ceux qui vont s'engager dans la lecture de ce livre. Ils ne le regretteront pas », soutient Francis Akindès.
Gouvernance éthique et responsable
L'œuvre d’Antonin Dossou aborde à travers témoignages et réflexions, les goulots d'étranglement qui freinent la bonne gouvernance non seulement au Bénin mais plus généralement en Afrique subsaharienne. « Voici donc un livre sur la gouvernance. Les problèmes posés ne concernent pas que le Bénin. Ils concernent tous les pays du monde et plus particulièrement les pays africains... », écrit Paulin Hountondji sur la dernière de couverture. Pour l’auteur Antonin Dossou, la finalité de toute politique de développement, c'est le bien-être de la population. Mais la réalité dans la gestion publique n'est pas toujours favorable à cet idéal. C’est ce qui amène l'auteur à formuler des propositions. L’auteur de la postface, Francis Akindès reconnaît l’opportunité de l’œuvre : « Comment être efficace au service d'une administration publique empêtrée dans autant de contradictions internes sans être pris dans la tourmente politique ? Antonin semble nous dire que c'est possible ». Pour l'auteur, en effet, il faut puiser dans les valeurs. « Qu'est-ce-que la gouvernance sans les valeurs portées par ceux qui gouvernent ! », va d’ailleurs s'exclamer le professeur
Paulin Hountondji. Au ministre d’Etat Pascal Irénée Koupaki de renchérir : « Le Cfa éthique (Courage, Foi et Abnégation), c'est celui-là qui nous portera plus loin ». Reconnaissant en l'auteur un excellent cadre, le ministre d'État n'a pas manqué de saluer le courage, la foi et l'abnégation de celui qui fut son directeur de cabinet pendant sept ans.
Antonin Dossou est ingénieur statisticien économiste de formation. Il a passé l'essentiel de sa carrière à la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (Bceao) où il exerce encore en qualité de Conseiller du Directeur général de la stabilité et de l'inclusion financières. Il a été ministre chargé de l'Evaluation des politiques publiques, de la promotion de la bonne gouvernance et du dialogue social au Bénin.

Le Bénin s’est arrêté, hier, mercredi 10 juillet, en quart de finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2019. Le but d’Idrissa Gana Gueye a permis aux Lions de la Teranga de s’imposer face aux Ecureuils pour se qualifier pour les demi-finales du tournoi.
Battus par les Lions de la Teranga par le score de 1-0 en quart de finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2019, les Ecureuils du Bénin quittent la compétition par la grande porte. Du coup, le Sénégal est le premier qualifié pour les demi-finales de la compétition. Les Écureuils ont longtemps résisté aux Lions de la Teranga avant de céder en seconde période après un raid d’Idrissa Gueye. Ils ont fait jeu égal avec les Lions du Sénégal en première partie. En dépit de leur volonté de vaincre, Stéphane Sèssègnon et ses coéquipiers qui se sont montrés deux fois dangereux à la reprise ont fini par s’écrouler.
En témoigne ces temps forts des Ecureuils. A la 49e minute, Cèbio Soukou se joue de
Koulibaly, réussit le grand pont sur le côté droit, s'infiltre dans le camp sénégalais et trouve Poté qui écrase trop sa frappe. Les défenseurs sénégalais s’en sortent de fort belle manière. A la 62e minute, sur un coup franc très excentré, Soukou cherche le point de penalty. Son centre trouve Olivier Verdon, mais le défenseur central à reculons ne peut mettre de force dans sa tête. A la 66e minute, Sabaly sert son gardien en retrait, ce dernier manque sa passe et n'est pas loin de propulser le ballon dans ses propres buts. Le Sénégal se dégage et prend le jeu à son compte après la sortie de Sessi d’Almeida. Le Bénin va craquer au fil du temps. A la 70e minute, Idrissa Gana Gueye va trouver la faille dans la défense béninoise pour inscrire l’unique but de la partie. Le jeu deviendra complexe pour les Béninois qui vont subir la pression des Lions de la Teranga. A la 76e minute, Mané réussit un beau sombrero sur Allagbé avant de tenter une demi-volée. La balle est contrée par un défenseur béninois avant d’être sortie finalement par Emmanuel Imorou sur la ligne de but.
Le tournant du match aura été le carton rouge infligé à
Olivier Verdon à la 82e minute. Il est logiquement expulsé après avoir descendu Gueye qui filait droit une fois encore vers le but béninois. En infériorité numérique, les Ecureuils du Bénin vont jeter toutes leurs forces dans la bataille sans parvenir à égaliser. Ils finiront par tomber les armes à la main. Auteurs d’un parcours élogieux jusqu’en quart de finale pour la première fois, les Béninois pourront être fiers d’avoir joué les trouble-fêtes jusqu’au bout. En demi-finale, les coéquipiers de Sadio Mané affronteront le vainqueur de la rencontre entre Madagascar et la Tunisie le dimanche 14 juillet prochain.

Les candidats à l’examen du baccalauréat session de juin 2019 sont depuis hier, mercredi 10 juillet, fixés sur leur sort. Il ressort des délibérations faites par le directeur de l'Office du baccalauréat Alphonse da Silva que le taux d’admissibilité cette année est de 50,10 % sur le plan national.
Les résultats du Baccalauréat session de juin 2019 sont rendus publics hier mercredi, au terme de cinq jours de travaux de correction dans différents centres répartis sur toute l’étendue du territoire national. Le taux d’admissibilité au plan national est de 50,10 % contrairement à l’année dernière où il est de 33,43%. Un progrès qu’on pourrait lier à plusieurs paramètres notamment une année scolaire sans grève, appréciée aussi bien par les élèves que leurs parents. Ce qui, au dire du ministre des Enseignements secondaire, technique et de la formation professionnelle, Kakpo
Mahougnon, n’a pas été sans efforts avérés de la plupart des acteurs intervenant dans le processus de l’examen. « Il y a d’abord la volonté marquée et affirmée du gouvernement de relancer le secteur de l’éducation et d’obtenir davantage de performance dans ce secteur très capital et vital pour le décollage économique de notre pays. Il y a ensuite la volonté des enseignants qui ont travaillé d’arrache-pied pour que les programmes d’études soient exécutés et également pour que l’encadrement des formateurs puisse se faire avec un regard assez pertinent », a-t-il indiqué, avant de rappeler qu’il y a eu, dans le cadre des préparatifs des examens, deux examens blancs dont un au plan national et un de l’Uemoa. Le Pag, poursuit le ministre a positionné l’éducation au rang des leviers sur lesquels il faudra agir pour la restructuration et le décollage de l’économie nationale.
Dans la même veine, son collègue de l’Enseignement supérieur fait constater que les filières scientifiques ont obtenu un taux d'admissibilité élevé cette année. Le gouvernement y tient, rappelle Marie Odile Atanasso pour qui les séries scientifiques sont les filières prioritaires du gouvernement, susceptibles de fournir la main d’œuvre pour un réel décollage comme c’est le cas dans les pays asiatiques. Elle se réjouit que la jeune génération s’oriente vers ces filières.
D’après les grandes tendances annoncées par le directeur de l’Office du baccalauréat hier, le département du Littoral vient en tête avec un taux de 57,87%. Il sera suivi respectivement des départements de l’Atlantique 56,37 %, du Zou 51,48 %, de l’Ouémé 50,60 %, du Mono 50,29 %, du Plateau 48,74 %, du Couffo 44,37 %, du Borgou 44,23 %, de la Donga 40,17 %, des Collines 44,02%, de l’Atacora 39,91 % et de l’Alibori qui s’en est sorti avec 35,11 %, bouclant ainsi la boucle.
Il convient de souligner que la série A1 a obtenu un taux de 54,94 % et A2 a enregistré 49,32%. Les séries B, C, D ont respectivement obtenu 60,20%, 66,36 % et 42,12 %. La G1, G2 et G3 ont eu respectivement un taux de 71,63 %, 69,12 % et 43,58 %. Quant aux séries E et EA, elles ont obtenu des taux respectifs de 68,42 % et 66,82 %. La F1 a eu un taux de 50,00 %, la F2 78,18 % la F3 72,54 % et la F4, 53,38 %. Il faut saluer les efforts des autorités en charge de l’éducation qui tiennent le pari de la publication des résultats à temps.
Au terme des délibérations, les résultats seront affichés dans les collèges. La session de remplacement du Baccalauréat 2019 se tiendra dans le centre unique du Ceg Sainte Rita à Cotonou du lundi 15 au jeudi 18 juillet à partir de 8 heures. Les candidats concernés sont invités par l’Office du Baccalauréat à retirer leur convocation sur place ce jeudi 11 juillet.

Par Maurille GNASSOUNOU depuis Ismaïla
Fin de parcours pour les Ecureuils du Bénin qui quittent la phase finale de la 32e Can, Egypte 2019, par la grande porte. En match de quarts de finale joué hier, mercredi 10 juillet, au stade du 30 juin du Caire, ils ont été battus (1-0), par les Lions de la Teranga du Sénégal.
Loin d'avoir été ridicules devant les Lions de la Teranga du Sénégal hier, mercredi 10 juillet, au stade du 30 juin du Caire, les Ecureuils du Bénin ont vu leur rêve brisé au stade des quarts de finale de Egypte 2019. Stéphane
Sességnon et ses coéquipiers sont tombés au pied des pyramides du Caire, les armes à la main. Et ce n'est pas, non sans avoir eu la volonté de bouffer le 3e Lion qui était encore en course.
Procédant par bloc avec une défense qui faisait preuve d'un calme déroutant, les poulains de Michel Dussuyer ont réussi à contenir les nombreux assauts de Sadio Mané et de ses coéquipiers, pendant toute la première partie. Ils les ont fait douter. Ce n'est qu'en deuxième partie que les Sénégalais ont réussi à débloquer le match. Ceci grâce à Gana Gueye à la 70e min.
Éliminés en quart de finale, les Béninois peuvent estimer avoir réussi leur Can. Ils étaient partis pour gagner au moins un seul match et passer également la phase de poules. Des exploits qu'ils n'ont jamais réalisés jusque-là, alors qu'ils étaient à leur quatrième participation.
Maintenant, il va falloir commencer à réfléchir sur l'avenir de cette sélection. Accusant le poids de l'âge, certains cadres de l'équipe vont devoir prendre la retraite.
A la conférence de presse, Michel Dussuyer a félicité ses poulains. Selon lui, ils n'ont pas démérité. Tout en félicitant les Sénégalais, il s'est dit fier de sa Can.
Une démonstration de force entre supporters des deux sélections
Pendant que les explications allaient bon train entre les Ecureuils du Bénin et les Lions de la Teranga du Sénégal, sur l'aire de jeu du stade du 30 juin du Caire, leurs supporters s'adonnaient à cœur joie dans les gradins. Il y avait un autre match dans le match entre eux. C'était à qui pouvait prendre possession de l'animation dans le stade. A travers leur répertoire riche et varié, les supporters béninois ont eu l'occasion de démontrer que leurs homologues sénégalais n'avaient rien à leur apprendre. Mais tous étaient accompagnés par des fanfares.
Pendant 90 min de jeu, les deux groupes de supporters ont réussi à tenir en haleine le public présent. La prestation des Béninois ne devrait pas surprendre. Organisés sous la bannière du Conseil national des supporters, ils avaient été récompensés à deux reprises par la Caf. MG

« Le secteur privé accélère la réalisation de la couverture sanitaire universelle pour le développement de l’Afrique ». Tel est le thème du symposium de la Plateforme du secteur sanitaire privé du Bénin dont les travaux ont démarré, ce mercredi 10 juillet à Cotonou. Organisée sous le haut patronage du ministère de la Santé, cette rencontre contribuera à la mise en place d’une couverture sanitaire universelle et efficace au Bénin.
En vue d’améliorer la qualité des soins de santé offerts aux populations, le gouvernement entend renforcer le partenariat public-privé dans le secteur sanitaire. C’est dans ce cadre que se tient depuis hier à Cotonou, la première édition du Symposium organisé par la Plateforme du secteur sanitaire privé du Bénin (Pssp) en collaboration avec Bénin international médical salon. Selon le président du comité d’organisation de cette rencontre, Lucien Dossou-Gbété,
il s’agit de réaliser un grand carrefour facilitant une meilleure santé à tous. « Mais pour ce faire, il va falloir renforcer les équipements médicaux modernes », dit-il.
Le ministre du Commerce et de l’Industrie, Serge Ahissou, renchérit et affirme que pour une meilleure couverture sanitaire, le rôle du secteur privé est très important. C’est pourquoi, le présent symposium est l’occasion favorable pour valoriser les créativités dans le monde médical. Ce qui, selon lui, permet de mettre en exergue les éléments nécessaires pour renforcer le secteur de la santé. La diversité des stands témoigne, selon Lucien Dossou-Gbété de la portée de ce symposium et de l’intérêt que le gouvernement accorde aux travaux et à la couverture sanitaire au Bénin. Il a alors invité les participants à visiter les stands des exposants venus de divers
horizons et à s’approvisionner en produits indispensables à la qualité des services de santé et à un accès à des soins de santé de qualité pour les populations. Face aux défis du secteur de la santé, poursuit-il, il convient que le gouvernement fasse respecter les normes et les règlements en vigueur en vue d’une meilleure planification des activités. Il a ensuite exhorté les acteurs de la santé à une plus grande responsabilité pour accompagner le gouvernement dans ses efforts inlassables pour améliorer la santé de nos populations.
Pendant quatre jours, près de 250 acteurs du secteur provenant des 15 pays de la Cedeao, de l’Afrique de l’Est et du Sud, des médecins, des acteurs du dispositif médical et paramédical, des professionnels partageront leurs expériences qui auront à coup sûr un impact fort et durable au bénéfice du plateau sanitaire béninois et de la sous-région. Cette rencontre sera meublée par des communications, des panels, des sessions parallèles et des dîners thématiques.
La cérémonie de lancement a été suivie d’une visite guidée de près de 27 stands.