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Nouvelles

Descente du chef de l’Etat sur des chantiers à Cotonou: Le respect des délais et normes requis en jeu

Le président Patrice Talon a effectué une visite surprise sur les chantiers du site d’hébergement et de regroupement des pèlerins béninois en partance pour le Hadj et de réaménagement du boulevard de la Marina (axe Carrefour Erevan/Loterie nationale), ce mercredi, tout juste après le Conseil des ministres. L’objectif est de s’assurer que tous ces travaux évoluent conformément aux délais et normes requis.

Le site d'hébergement et de regroupement des pèlerins béninois en partance pour le Hadj en construction à Akpakpa a reçu la visite, ce mercredi, du chef de l’Etat. Une descente inopinée juste après le Conseil des ministres. Ce site dont le gouvernement a décidé de la réalisation pour améliorer les conditions de séjour des pèlerins en partance pour la Mecque devrait être livré par l’entreprise en charge des travaux le 30 juin prochain. Informé, en effet, de ce que l’essentiel des travaux de ce chantier est exécuté, Patrice Talon est allé s’assurer qu’il en est vraiment le cas. Aussi, a-t-il fait, sur les lieux, des observations et recommandations pour une meilleure qualité du travail. Sans exclure qu’à terme, d’autres améliorations devraient être apportées à l’infrastructure, toujours dans l’optique de garantir de meilleures conditions de transit aux pèlerins en route pour la terre sainte.
Aux côtés des ministres en charge des Infrastructures et du Cadre de vie, Alassane Séidou et José Tonato, il s'est rendu par ailleurs sur le chantier de réaménagement du boulevard de la Marina (axe Carrefour Erevan/Loterie nationale). Sur le terrain, il a pu constater l’évolution du chantier et s’est entretenu avec les responsables de l'entreprise Colas en charge des travaux. Ceci, pour s’assurer de la qualité desdits travaux et qu’ils occasionnent le moins de nuisances possible aux usagers de la route.
Maquettes en appoint, ces derniers ont expliqué de long en large le processus de réalisation des travaux et les itinéraires de ce tronçon qui donnera un nouveau visage au boulevard de la Marina. Ce tronçon est l’un des plus importants dans l’aménagement et l’embellissement de la ville de Cotonou. Rassuré qu’il est au bout des échanges avec les techniciens, le chef de l'Etat a insisté sur le respect des normes de qualité et des délais d’exécution.

Actualités 27 juin 2019


Corps des sapeurs-pompiers: La carte des centres de secours élargie, les impacts déjà perceptibles

La dynamique de réformes en cours au Bénin n’épargne pas le corps des soldats du feu. Le Groupement national des sapeurs-pompiers (Gnsp) enregistre, depuis 2016, un renforcement de son équipement technique avec, à la clé, l’extension de la carte des centres de secours.

Du Mono à la Donga en passant par les autres départements au Bénin, des centres de secours poussent tels des champignons grâce à la volonté du gouvernement du Nouveau départ. Depuis 2016, en effet, sont créés au profit du Groupement national des sapeurs-pompiers (Gnsp) les centres de Comé, de Sèmè-Kraké, de Pobè, de Banikoara, de Kandi, de Malanville et de Djougou.
A cette série d’unités déjà opérationnelles, le commandant de la Compagnie des sapeurs-pompiers du Mono et du Couffo, Antoine Ahouandjinou, ajoute que « les centres de Tanguiéta et d’Aplahoué seront bientôt ouverts ». Mais ce n’est pas tout.
D’autres communes comme Dogbo s’engagent à accompagner la dynamique du gouvernement en s’efforçant de réunir, à partir de leurs ressources propres et relations extérieures, les conditions d’accueil d’autres unités. Sous peu donc, le maire Vincent Acakpo et son conseil communal pourraient obtenir à Dogbo le deuxième centre de secours du Couffo. « Est-ce normal que l’on continue d’attendre que des sapeurs-pompiers viennent d’un  autre département quand un sinistre survient dans le Couffo ? », justifie Jules Codjo Tohoundé, conseiller communal de Dogbo.
En plus de la situation du Couffo, les nouvelles unités visent donc à corriger un tort, une injustice qui frappe certaines communautés depuis l’accession du Bénin à la souveraineté internationale. Le chef du centre de secours de Lokossa retient qu’il s’agit d’un gros retard longtemps favorisé par l’absence d’une volonté politique marquée. Le sergent-chef Anicet Da-Gloginon poursuit que « le minimum à offrir aux populations au titre des priorités est la disponibilité du service de secours ».
A sa suite, le commandant de la compagnie renchérit que « même si on ne peut pas prévoir les cas de sinistre, il est nécessaire de pouvoir agir promptement quand cela survient ». Cette promptitude souhaitée ayant souvent souffert de la longue distance séparant la plupart des lieux de sinistre de la base des sapeurs-pompiers, l’élargissement de la carte constitue une réforme de bon aloi et utile. L’adjudant Antoine Ahouandjinou confirme qu’« il est indispensable que les services des sapeurs-pompiers soient plus proches des populations pour réduire les délais d’intervention ». L’idéal serait, selon lui, de voir chacune des 77 communes dotée d’au moins un centre de secours.

Renforcement des capacités d’intervention

Pour le gouvernement du président Patrice Talon, l’objectif des réformes ne se résume pas à la proximité avec les communautés. Ces réformes visent surtout à faire en sorte que la prompte réaction induite par la réduction des distances soit synonyme d’intervention réussie. Pour y parvenir, le gouvernement investit des moyens colossaux dans la dotation en équipements de travail. La compagnie de Lokossa ainsi que ses centres de secours en sont impactés. « On note un accroissement significatif des quantités de produits nécessaires pour faire face aux sinistres et la réduction considérable de pénuries et de pannes de véhicules », clarifie le commandant de la compagnie, Antoine Ahouandjinou. Entre autres, un nouveau véhicule-pompe et une ambulance renforcent, depuis peu, le parc automobile de la compagnie. Le sergent-chef Anicet Da-Gloginon relève, à son tour, des articles inédits dans les dotations. « Par exemple, nous avons reçu l’accoutrement d’intervention dans les incendies d’hydrocarbures et des kits de désincarcération. Nous sommes mieux outillés », se réjouit-il.
En réponse à ces sollicitudes du gouvernement, les soldats du feu font preuve d’efficacité sur le terrain. Entre autres, le mardi 7 mai dernier, l’adjudant Ahouandjinou et ses éléments ont « géré avec succès » un cas d’incendie à Hilla-Condji-Togonmin, une localité frontalière de la commune de Grand-Popo. Le bilan aurait pu s’alourdir avec d’importants dégâts matériels et des pertes de vies humaines. « Cet incendie était à risque élevé de propagation en raison du courant marin et de la juxtaposition de stocks d’essence », explique le commandant. Les flammes ont été maîtrisées grâce à la promptitude dans la réaction et la disponibilité du matériel de travail, fait savoir le commandant de la compagnie de Lokossa. Les mêmes diligences s’observent à l’occasion des cas d’excavation devenus fréquents, à en croire le sergent-chef Anicet Da-Gloginon. Les sollicitations pour les excavations sont dominantes sur le registre de la compagnie du Mono et du Couffo, selon les soldats du feu qui assurent que si leur réaction avait eu à souffrir de l’état défectueux des moyens roulants, ce n’est plus le cas depuis la mise en œuvre des réformes. L’on se rappelle que peu avant la nouvelle dynamique de réformes au Bénin, le grand incendie qui s’était déclaré dans la même localité de Hilla-Condji, toujours à partir du commerce de l’essence de  contrebande, n’avait pu être maîtrisé. Les flammes avaient réduit en cendres voitures et beaucoup d’autres biens qui se trouvaient sur leur passage. L’équipe de la compagnie sise à Lokossa ayant connu une panne sur le trajet, les renforts sollicités de Ouidah et de Cotonou n’avaient pas pu répondre, non plus, à temps. Cet exemple tout comme beaucoup d’autres difficultés attiraient des railleries sur la corporation.

Rétablir la confiance

Désormais plus outillés, il revient aux soldats du feu de redorer leur blason, de gagner à nouveau la confiance de la population sur tous les volets de leur mission. Outre la gestion des incendies et des excavations, en effet, leur mission s’étend à beaucoup d’autres volets souvent ignorés. Les unités du Gnsp peuvent être sollicitées au numéro vert 118, pour porter assistance à femme en travail ou pour sauver d’une noyade. Placé sous tutelle de l’Armée de terre par décret numéro 90-192 du 20 août 1990, le Gnsp qui était désigné Service des incendies (1953) puis Service des calamités et secours (1977) intervient également pour le sauvetage en cas d’invasion d’abeilles ou de chien enragé. Les sapeurs-pompiers sont très souvent présents au chevet des blessés d’un accident de la circulation. Autant de fronts sur lesquels ils sont sollicités, de nuit comme de jour, mais dont la réussite dépend en partie de la bonne collaboration de la population.
En vue de renforcer cette collaboration, le commandement du Gnsp a instruit les compagnies d’organiser des séances semestrielles et populaires de formation sur la prévention du secours civil. La toute première édition que Lokossa a abritée, pour le compte du Mono, s’est déroulée le vendredi 21 juin 2019. Elle a porté sur les premiers gestes de secours aux victimes suivant les cas de sinistre. A l’occasion, il a également été question de la bonne formulation des alertes au moyen des lignes téléphoniques des centres de secours.

Société 26 juin 2019


Professeur Brice Sinsin sur la diversité biologique : « Nous devons éduquer les hommes à un changement de mentalité »

L’altération par les hommes de leur environnement a des effets néfastes sur l’écosystème et la variabilité génétique des organismes. Le professeur Brice Sinsin, agronome de formation et ancien recteur de l’Université d’Abomey-Calavi revient ici sur le concept de la biodiversité, les menaces ainsi que les mesures à prendre pour sauvegarder la diversité biologique.

La Nation : Qu’entend-on par biodiversité ?

Professeur Brice Sinsin : La diversité biologique n’est pas un nouveau concept. Quand l’homme a pris conscience de son environnement, il a commencé par nommer des choses. Je dirai que nous sommes tous des racistes à divers niveaux. Et c’est cette qualité qui fait que nous aimons nommer chaque chose et chaque animal. On avait déjà cette conception de la diversité des organismes qui nous entourent. Le terme biodiversité date de 1986, à la sortie d’une grande conférence. C’est là que les journalistes demandaient que nous trouvions un terme au jargon de diversité parce qu’on parlait de diversité d’animaux, de diversité de plantes et autres. Et c’est pour former un ensemble de tout ça qu’est né le mot biodiversité.Et puis c’est passé dans la presse. Après, les politiciens l’ont adopté, le grand public l’a adopté.  40% des produits pharmaceutiques modernes viennent encore des plantes. Les gens ne vivent que de ce qui les entoure : les plantes, les animaux. C’est ça qui fait qu’on pense qu’on a le droit d’accorder une place de choix à la diversité biologique.

Quelles sont les menaces qui pèsent sur la biodiversité aujourd’hui ?

Dès que quelque chose vous est cher, il commence par s’amenuiser. Beaucoup de tradipraticiens perdent les ressources naturelles qui leur servent à composer leurs produits. Nous ne pensons pas à reboiser et ce qui nous sert aujourd’hui s’épuise, disparaît. Nous consommons mais nous ne pensons pas à régénérer. Nous coupons mais nous ne pensons pas à reboiser. Le Bénin était connu comme un grand pays d’iroko mais aujourd’hui, on n’en a plus.  On pouvait planter tous ces arbres mais rien ne se fait parce qu’on n’a pas une politique forestière digne du nom. Le système dans lequel nous sommes nous rend paresseux. Je ne vois pas encore les premières lueurs d’un changement réel vers la durabilité de l’environnement. Les principales menaces sur la biodiversité sont la perte et la fragmentation des habitats, les invasions biologiques, la surexploitation des espèces, la pollution et le réchauffement climatique.Ces facteurs agissent soit séparément soit de manière combinée, augmentant leur risque d’extinction. C’est le cas par exemple d’une espèce victime de perte d’habitat, donc par conséquent fragilisée, et qui sera exposée à une sur-exploitation par l’homme.

Avons-nous dans notre pays des lois qui protègent la biodiversité ?

Le noir aime copier. La Constitution pour moi est le reflet le plus authentique de ce que c’est qu’une culture endogène.  Ça vous étonne que les présidents qui ont été élus démocratiquement refusent de quitter le pouvoir. Vu de façon terre à terre, tout le monde crie mais c’est leur conscience qui les rattrape. Nous n’avons pas encore assimilé ce que c’est qu’une loi. Le simple fait de dire qu’on a des textes ne résout aucun problème. Nous avons la loi sur la forêt, la loi sur la faune. On a tout un ensemble de dispositifs réglementaires qui peut nous aider, mais il manque l’éducation. Nous ne naissons avec rien, ce pourquoi nous devons former l’individu à s’approprier les choses sinon nous aurons beaucoup de Constitutions ou de lois mais nous serons toujours au même point. L’autre chose est qu’il faut suivre l’exemple de l’autorité. Quand l’autorité est rigoureuse, ponctuelle, honnête et transparente, il n’a pas besoin de se gêner avant de se faire écouter.

Qu’est-ce qu’il faut faire pour sauvegarder dans ce cas la biodiversité ?

Face à l’ampleur de l’érosion de la biodiversité et à toutes les menaces pesant sur elle, il est important de prendre des mesures de protection et de conservation pour faire face à cette érosion. L’accent doit être mis sur l’éducation  du peuple. Il faut aussi des hommes qui maîtrisent de quoi ils parlent. Les parents n’ont plus le temps de rester à la maison pour éduquer les enfants, conséquence, ces derniers sont éduqués par la télévision ou les amis.
Il faut également des politiques claires.  Nous plantons des arbres mais il faut que nous les entretenions au fur et à mesure pour sauver la biodiversité. Les parcs nationaux sont aussi des milieux naturels qu’il importe de préserver contre tout effet de dégradation naturelle et de soustraire à toute intervention artificielle susceptible d’en altérer la diversité, l’aspect, la composition et l’évolution.

Société 26 juin 2019


Académie française : Florent Couao-Zotti reçoit le prix Roland de Jouvenel

Le Bénin fait parler de lui depuis quelques jours sur l’échiquier international à travers l’un de ses fils, l’écrivain Florent Couao-Zotti. L’Académie française lui a, en effet, décerné le prestigieux prix Roland de Jouvenel.

« Depuis 1995 où ma première œuvre a été publiée  (Ce Soleil où j'ai toujours soif, L’Harmattan), c’est la première fois où je suis ému, très ému ». Ces mots sont de l’écrivain Florent Couao-Zotti. On a rarement vu ce grand homme de plume s’extasier ainsi publiquement. L’auteur de « Western Tchoukoutou » a pourtant toutes les raisons d’être si heureux. Le 5 décembre prochain, sous la coupole, c’est-à-dire au siège même de l’Académie française, à l'occasion de la séance plénière annuelle de l’institution, il recevra le Prix Roland de Jouvenel. Même si pour lui, « cela ne veut rien dire », il est tout de même le premier Africain à recevoir ce prix. Un honneur et une fierté pour ce grand homme de lettres dont les écrits ont cumulé au fil des années de nombreuses distinctions dans le monde entier.
Chaque année, l’Académie française décerne sur la base de critères bien précis des prix et distinctions aux écrivains dans différents genres et selon le parcours d’un certain nombre d’auteurs. Cette année, le Bénin fait aussi parler de lui grâce à Florent Couao-Zotti et c’est la secrétaire perpétuelle de l'Académie, Hélène Dencausse qui lui a porté la nouvelle. « Le fait qu’une institution aussi prestigieuse comme l’Académie française me décerne ce prix provoquera un focus sur notre littérature. D’ailleurs, par ce seul fait, la presse internationale en parle », confie l’écrivain dans un bref échange. Ce focus le rend davantage célèbre et c’est sans doute, l’une des raisons pour lesquelles il le dédie à la famille littéraire de son pays. « J'ai reçu beaucoup de distinctions, c'est vrai; certaines à l'échelle africaine, certaines internationales, certaines françaises, mais c'est la première fois que je me sens très heureux au point de vouloir partager le prix avec les auteurs béninois », laisse-t-il entendre. « Vous savez, les auteurs béninois ne sont pas très visibles dans le paysage africain et international. À part nos petits cercles africains, on a de la peine à se faire un nom », enchaine l’écrivain.
Loin de sa seule personne, c’est toute la littérature béninoise qui est honorée, soutient sans ambages Florent Couao-Zotti.
Pour rappel, cet écrivain béninois a déjà reçu de nombreuses distinctions comme le Grand prix de littérature africaine pour l’enfance de la Francophonie en 1996, le Prix Ahmadou Kourouma à Genève en 2010, le Prix du salon du livre d’Abbeville en 2017.

Que savoir du prix Roland de Jouvenel ?

« Roland de Jouvenel était un jeune homme brillant, mort très tôt à 14 ans d’une maladie incurable. Il a développé des qualités de réflexion et de projections étonnantes. Il a prédit des situations sur sa famille et sur les enjeux politiques de son époque (il est né en 1931 et est mort en 1946) qui se sont avérées. À sa mort, sa mère reproduit, "sous sa dictée" des textes entiers qui feront objet de publications. Ce sont des réflexions philosophiques profondes qui continuent, à ce jour, de nourrir les débats. Le prix qui porte son nom a été créé en 1974 et récompense les œuvres littéraires ayant contribué à la littérature et à la philosophie. Au nombre de ceux qui ont eu cette distinction, on peut citer Amélie Nothomb, Édouardo Manet, Jean Mettelus, etc. » .

Société 26 juin 2019


Projet Swedd: 50 milliards de francs Cfa pour l’autonomisation de la fille et de la femme

Le Bénin procède ce jeudi 27 juin au lancement officiel du projet Swedd. Une importante initiative de développement qui vise l’autonomisation des femmes et la promotion de l’entrepreneuriat chez les jeunes. Il représente une opportunité pour impacter ces couches et c’est pour cette raison que le Bénin y a adhéré. Mardi 25 juin, le ministre d’Etat, Abdoulaye Bio Tchané a levé un coin de voile sur les grandes orientations de ce projet.
 

Le Bénin procède demain 27 juin au lancement officiel du projet Swedd, la traduction en anglais du Projet d’autonomisation des femmes et de dividende démographique pour les femmes du Sahel. Plus qu’une simple cérémonie de lancement, le ministre d’Etat
Abdoulaye Bio Tchané invite à voir à travers cette initiative, un signal fort que le Bénin lance à ses principaux partenaires sur le projet que sont la Banque mondiale et le Fonds des Nations Unies pour la population. C’est pour leur dire que « nous sommes prêts », a laissé entendre le ministre dans un bref entretien sur le projet. Un projet qui, selon ses explications, est destiné à soutenir l’autonomisation des femmes, encourager les pays adhérents à saisir les opportunités que présente le dividende démographique. Son objectif est d’améliorer le niveau d’autonomisation des femmes, des adolescentes et des jeunes filles. D’une part, la finalité est d’accroitre leur accès aux produits et aux services de santé sexuelle et reproductive, maternelle, néonatale, infantile et nutritionnelle de qualité. De l’autre, il s’agit de renforcer leurs capacités à prendre des décisions qui contribueront de manière durable au développement harmonieux de leurs communautés.
Quoique destiné aux pays du Sahel, le Bénin s’y est intéressé pour de multiples raisons, explique-t-il. Il y voit un intérêt pour des couches importantes de sa population comme les jeunes, les jeunes filles et jeunes femmes. Ce qui fait du Bénin le septième pays adhérent en Afrique de l’Ouest après le Burkina-Faso, la Côte-d’Ivoire, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad. « C’est un projet important de par sa taille parce que nous bénéficions d’une subvention de 50 milliards de francs Cfa pour soutenir dans notre pays, l’autonomisation des jeunes filles et des jeunes femmes qui ont des besoins importants », détaille le ministre. Abdoulaye Bio Tchané précise que pour le gouvernement béninois, c’est un projet d’envergure parce qu’il s’occupe d’une frange non négligable de la population et permettra de s’attaquer à un problème important qu’est le dividende démographique. Comment saisir l’opportunité de la jeunesse pour agir en matière de santé, de santé reproductive et autres besoins essentiels, ce sont là les défis que compte relever le Bénin, ajoute-t-il.  
En termes de gain, il espère avec le Swedd, un impact sur 3,5 millions de personnes surtout les jeunes et les femmes. «Nous allons nous attaquer à des problèmes comme l’éducation pour permettre à beaucoup de jeunes filles de bénéficier de bourses pour des formations technique et professionnelle. D’autres vont saisir des opportunités dans l’entrepreneuriat », ajoute le ministre d’Etat. Le projet prend aussi en compte la santé prénatale à travers des formations à l’endroit des sages-femmes. En somme, le Swedd, « projet majeur en matière de développement » se résume par lui en «une chance pour notre pays de résoudre des problèmes » et de se donner d’ouverture en matière de développement.

Actualités 26 juin 2019


Construction de logements sociaux à Abomey-Calavi : Une mission de la Bid évalue le projet

Une mission de la Banque islamique de développement (Bid) a séjourné, la semaine dernière, au Bénin dans le cadre de la première phase du projet de construction de 20 000 logements sociaux. La mission composée de cinq membres a effectué une visite du site et s’est entretenue avec les différents acteurs de ce projet d’habitats qui s’inscrit dans le cadre du Programme d’action du gouvernement.

Selon Dr Zul Kifl Salami, chargé de mission du président de la République et administrateur de la Bid, après les études de base, il fallait que la mission vienne évaluer le projet pour s’assurer de la corrélation entre ce que disent les études et les réalités du terrain, afin que les gaps éventuels soient comblés pour améliorer l’architecture globale du projet.
Courant Octobre 2018, le ministre du Cadre de vie et du Développement durable, José Tonato, avait annoncé que les études architecturale, urbanistique, technique et d’impact environnemental et social du projet 20 000 logements sont entièrement achevées et que les dossiers d’appel d’offres ont été élaborés. Les études techniques des travaux de viabilisation primaire à savoir voirie de desserte, réseau d’adduction d’eau, réseau de basse et moyenne tension et de connexion en fibre optique du site de Ouèdo ont été également achevées et les entreprises devant réaliser les travaux ont été sélectionnées, a-t-il assuré.
A en croire Dr Salami, la mission est rentrée satisfaite et le Bénin devrait s’attendre logiquement à l’accord de financement par le conseil d’administration de la Bid pour le démarrage des travaux proprement dits. « Et si tout va bien, nous aurons la chance d’avoir la phase 2 avec éventuellement l’appui des autres membres du groupe de coordination pour financer d’autres volets du projet du gouvernement », espère-t-il.
Le gouvernement prévoit de construire au total 20 000 logements dont 10 849 à Abomey-Calavi. La première phase concerne 12 049 logements pour un coût global estimé à 322 milliards F Cfa environ. La Bid devrait financer 2819 logements et la Banque ouest-africaine de développement (Boad), 3035 logements à Ouèdo dans la commune d’Abomey-Calavi. L’entreprise Poly International est chargée de construire 450 logements dans douze villes du Bénin ; la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss) : 3175 au total dont 2425 à Ouèdo, 250 à Porto-Novo et 500 à Parakou et d’autres promoteurs immobiliers réaliseront 2570 logements à Ouèdo.

Claude Urbain PLAGBETO

Actualités 26 juin 2019


Dépôt en ligne des états financiers: La plateforme « eBilan » mise à la disposition des contribuables

Le ministre de l’Economie et des Finances, Romuald Wadagni, a procédé, ce mardi 25 juin à Cotonou, au lancement de la plateforme "eBilan". Désormais, la transmission des états financiers se fera en ligne par les contribuables.

« https://ebilan.impots.bj », c’est l’adresse de la plateforme mise à la disposition des contribuables pour procéder dorénavant au dépôt des états financiers. Ce système informatique intégré conçu de concert avec l’Ordre des experts comptables et comptables agréés (Oecca) du Bénin, s’inscrit dans le cadre des réformes visant la dématérialisation et la rationalisation des procédures fiscales.
Selon le directeur général des Impôts, Nicolas Yènoussi, ce portail vient « sonner le glas des difficultés et tracasseries liées à l’élaboration et à la réception des états financiers pour le bonheur aussi bien de l’administration fiscale que des entreprises et autres organisations ». La plateforme « eBilan » aura l’avantage de mettre fin aux longues files d’attente des contribuables pour l’accomplissement de cette formalité qui doit accompagner la déclaration de leur bénéfice de l’année, conformément aux dispositions de l’acte uniforme de l’Ohada du 26 janvier 2017 relatif au droit comptable et à l’information financière. La mise en ligne les dispense désormais de la production en cinq exemplaires des états financiers et permet aussi de débarrasser l’administration fiscale des cargaisons de papiers et de créer de surcroît un environnement intégré et structuré de gestion de l’information financière, se réjouit Nicolas Yènoussi.
Lançant hier ce portail, le ministre de l’Economie et des Finances, Romuald Wadagni, a souligné qu’il contribuera à dématérialiser la longue et lourde procédure de mise à disposition des états financiers des utilisateurs, notamment la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) et l’Institut national de la statistique et de l’analyse économique (Insae). Tout comme la télé-procédure de déclaration fiscale, cette réforme majeure (une première dans l’espace Uemoa) induira un gain de temps et d’efficacité en termes d’élaboration des statistiques d’analyse économique, espère-t-il. « A l’heure actuelle, il y a des bilans de 2016 qui ne sont pas encore saisis ; ce qui ne facilite pas les contrôles fiscaux et la mise en œuvre d’une approche par les risques », fait remarquer le ministre. Ainsi, il est difficile d’avoir des données fiables sur la production de richesse et de faire des projections, ajoute-t-il.
De l’inscription à l’attestation de présentation en passant par les types d’états financiers, le visa électronique obligatoire prévu par la directive n°04/2009/CM/UEMOA du 27 mars 2009, le système offre une garantie de sécurité des données, assure Lambert Sokpin, chef projet e-Bilan, lors de la présentation des fonctionnalités de la plateforme. Au terme de la procédure, le portail génère une attestation électronique de dépôt des états financiers avec ou sans observation ou encore avec le refus d’attestation selon les cas.
Depuis le vendredi 21 juin dernier, les états financiers de l'exercice comptable 2018 sont attendus par voie électronique (via « eBilan »), indique le directeur général des Impôts qui l’avait notifié à travers un communiqué la semaine dernière. Les contribuables relevant des centres des impôts des moyennes entreprises du Littoral, de l'Atlantique, du Borgou-Alibori et de la direction des Grandes entreprises, ont jusqu’au 1er juillet prochain au plus tard pour s'acquitter de cette obligation.

Actualités 26 juin 2019


Ghana # Bénin (2-2): Les Ecureuils contraignent les Black Stars au partage des points

Les équipes du groupe F basé à Ismailia ont effectué hier, mardi 25 juin, leur entrée en lice dans la compétition. Les Ecureuils du Bénin ont contraint les Black Stars du Ghana au partage des points (2-2). En attendant la prochaine journée de la compétition au niveau de leur groupe, c’est un bon point de pris.  

Face aux Black Stars du Ghana hier, mardi 25 juin au Ismailia stadium, les Ecureuils du Bénin avaient bien la possibilité de déjouer les pronostics. N’eussent été des erreurs de manques de concentration et d’appréciation, Abdou Khaled Adénon et ses coéquipiers auraient enfin pu remporter leur première victoire derrière laquelle ils courent, alors qu’ils sont à leur quatrième participation à une phase finale de la Can. Des regrets, ils en nourriront puisque, l’adversaire était à leur portée. Sinon que les poulains de James Kwessi Appiah n’ont pas été si extraordinaires que cela. N’eussent été les réalisations des frères André et Jordan Ayew aux 9e et 42e min, les Ecureuils du Bénin auraient mieux fait que de se contenter de ce nul de 2-2.
Et pourtant, ce sont eux qui cueilleront à froid les Ghanéens dès la 2e min de jeu, lorsqu’idéalement servi, Mickaël Poté se jouera de la défense adverse, pour mystifier l’infortuné gardien de but Richard Ofori. Un scénario dont les Ecureuils ne pouvaient mieux rêver.
Loin d’accuser le coup, André Ayew et les siens reviendront rapidement dans le match. Sur une passe décisive de son petit frère Jordan Ayew, il profitera de l’égarement de Emmanuel Imorou pour battre Fabien Farnolle. C’est sur un tir imparable au niveau du poteau gauche. Après avoir été passeur décisif, c’est Jordan Ayew, cette fois-ci servi par son grand frère, qui profitant également d’une erreur d’appréciation du défenseur béninois, Olivier Verdon, se fera à nouveau signaler en prenant à contre-pied Fabien Farnolle.
Aussi, pour relancer ses poulains dans la partie, Michel Dussuyer a dû procéder à quelques remplacements dans l’entrejeu après la mi-temps. Sa tactique s’avèrera payante puisqu’elle permettra à Mickaël Poté qui signait son doublé, de remettre les pendules à l’heure à la 63e min.
Toutefois, mitigée aura été la prestation de certains joueurs comme Sessi d’Almeida et bien d’autres garçons comme Steve Mounié. A la 91e min, ce dernier avait même la balle du 3e but au bout de ses chaussures. Mais il a préféré la vendanger au grand dam de la centaine de supporteurs béninois.
Quand bien même les matches entre ces deux sélections ayant souvent donné lieu à un duel ouest africain âprement disputé, celui d’hier est loin d’avoir tenu la promesse des fleurs. Sur les plans technique et tactique, il n’a pas été d’un grand niveau.
Pour ce qui est de leur première victoire, ils la remettront au samedi 29 juin prochain, face aux Djurtus de la Guinée-Bissau. Ce sera avec le grand retour de leur capitaine et maître à jouer,
Stéphane Sességnon dont l’absence hier sur l’aire de jeu, leur a été préjudiciable.  

Bonne option pour le Cameroun

En première heure, ce sont les Lions indomptables du Cameroun qui d’entrée, ont marqué leur territoire, laissant les Djurtus de la Guinée Bissau à leurs illusions. A l’arrivée, les poulains de Clarence Seedorf  l’ont emporté (2-0). Ils ont parfaitement assumé leur statut de tenant du titre. Avant d’affronter les Black Stars du Ghana au cours d’un match au sommet qui aura valeur de finale du groupe A, samedi 29 juin prochain à Ismailia, ils prennent une bonne option pour la suite de la compétition.
En effet, Yaya Banana et Stéphane Cedric Bahoken, respectivement aux 66e et 69e min, ont été les bourreaux des poulains de Baciro Candé, au cours d’une deuxième partie bien maîtrisée. Le match, Choupo Moting et ses coéquipiers l’avaient démarré sur des chapeaux de roue, en obligeant les Bissau-Guinéens à jouer dans leur défense et à procéder par de rares contre-attaques. Ils manquaient de les asphyxier. Mais, Zezinho, de son nom complet, José-Luis Mendes Lopes et ses camarades tiendront le coup jusqu’à l’heure du jeu, avant de finir par céder.  
Rappelons qu’entre ces deux sélections, il s’agissait des retrouvailles. Elles s’étaient déjà affrontées en phase de groupe lors de la Can Total, Gabon 2017. La Guinée-Bissau était alors à sa première participation à une phase de finale de la Can. Et c’est dans la douleur que le Cameroun s’était imposé 2-1.

Mention très bien pour les supporteurs

Convoyés aux frais de l’Etat pour aller soutenir comme ils savent si bien le faire, les supporteurs ont parfaitement joué leur partition. Au nombre d’une centaine, ils ont donné de la voix du début jusqu’à la fin du match. Sous la houlette de leur président, Léopold Houankoun, ils se sont surpassés pour animer. Leur engagement et leur détermination aux côtés de la sélection nationale n’auront donc pas été vains.

Par Maurille GNASSOUNOU depuis Ismailia

Sports 26 juin 2019


Dr Zacharie Sohou, océanographe: « Sans l’océan, il n’y aura pas la vie sur terre »

Directeur de l’Institut de recherche halieutique et océanologique du Bénin, Dr Zacharie Sohou apporte des éclaircissements sur l’importance de l’océan dans la vie des populations et en appelle à le protéger contre diverses pollutions. Au premier plan de cette interpellation, l’homme qui devra, à ses dires, adopter un comportement écocitoyen.

La Nation : Quelles sont les activités que vous menez dans le cadre de la Journée mondiale de l’océan ?

Zacharie Sohou : On profite de cette journée pour sensibiliser les femmes sur les activités qu’elles doivent mener autour de l’Océan pour pouvoir le rendre propre et éviter les pollutions. C’est pourquoi nous nous associons aux diverses activités du ministère du Cadre de vie et du Développement durable.

Quel est l’apport de la recherche dans la lutte contre la pollution de l’océan ?

La recherche est là pour évaluer et montrer du doigt ce qui se passe, notamment  en matière de pollution de l’océan. Nous mettons les résultats de nos recherches à la disposition des décideurs et des Organisations non gouvernementales pour qu’ils puissent s’en servir pour faire la sensibilisation. Nous procédons ainsi parce que notre rôle se limite uniquement à la recherche et aux travaux scientifiques. Mais il peut arriver que nous fassions de la sensibilisation sauf que nous n’avons pas mission d’en faire  autant que les Ong et le gouvernement qui a la responsabilité de tous les citoyens.
Donc, nous avons évalué, et nous savons que l’océan est pollué à des niveaux par rapport aux déchets qui l’encombrent. Dans l’océan, il y a toutes sortes de déchets, notamment ceux d’origine terrestre qui le polluent à travers le chenal. On essaie d’évaluer et on met les résultats à la disposition du politique et des Organisation non gouvernementales. Mais dans l’océanographie, on compte aujourd’hui très peu de femmes scientifiques ainsi que dans les travaux liés à l’océan, mises à part les mareyeuses qui s’investissent dans la transformation des produits halieutiques. Donc, il faut les sensibiliser et leur dire qu’elles peuvent travailler dans l’océan, respecter l’océan et adopter des comportements écocitoyens.

Quelles sont les dispositions mises en place pour réduire les pollutions, notamment celle de l’océan ?

Il y a une kyrielle de dispositions. Je peux citer par exemple la loi-cadre sur l’environnement et les différents décrets d’application. Toutefois, il faut tous les jours sensibiliser et passer à la répression après puisque l’être humain est têtu. Il faut sensibiliser tous les jours pour qu’il change de comportement et de pratique. Car, c’est ce que nous faisons tous les jours qui provoque la pollution. Il convient maintenant de faire adopter un comportement écocitoyen pour protéger l’environnement et passer à la répression lorsque cela est nécessaire.

Quelle est l’importance de l’océan pour l’homme ?

Sans l’océan, il n’y aura pas la vie sur terre. L’océan est la mémoire du climat. C’est un gisement thermique. Il régule le climat à travers les différents échanges. De l’équateur, il transporte le froid vers les pôles, et des pôles,le chaud vers l’équateur, pour que le climat soit vivable. Sans l’océan, ceux qui sont vers les pôles ne pourront pas vivre et ceux qui sont vers l’équateur non plus. Tout le monde a intérêt à protéger l’océan ainsi que son cadre de vie. Il est important de savoir que les déchets produits par les Sahéliens ont transité par les affluents pour venir échouer dans l’océan. Donc, il faut que tout le monde sauvegarde l’environnement là où il est afin de pouvoir sauvegarder l’environnement marin et côtier.
L’autre aspect de l’apport de l’océan à l’humain est lié aux trafics maritimes. Donc, du point de vue économique, n’en parlons pas. Le plus gros tonnage est transporté par la mer et en plus de cela, les ressources d’origine marines apportent une grande quantité de protéine animale à l’homme. C’est de là que beaucoup de pays tirent la grande partie de leurs ressources. N’oubliez pas que la plupart des champs pétrolifères sont offshore, c’est-à-dire sont construits en mer. Donc, c’est au fait le poumon de l’économie de tous les pays.

Que diriez-vous donc aux populations dans ce cadre ?

J’invite tout le monde, où qu’il soit,à être respectueux de l’environnement pour que la gestion de l’environnement soit durable et notre océan y contribue parce que tout échoue dans l’océan.

Environnement 25 juin 2019


Pr Ding Yifan de l’Institut chinois du Développement mondial à propos des dynamiques économiques actuelles: « La Chine provoque une autre révolution dans les pays en développement »

Au fait des dynamiques de la gouvernance économique et des positionnements stratégiques de la République populaire de Chine, le professeur Ding Yifan de l’Institut chinois du Développement mondial, un centre de recherche du Conseil d’Etat chinois sur le Développement, revient dans la présente interview sur les ressorts d’une incontestable puissance mondiale contemporaine qui ne baisse pas la garde pour autant.

De la Longue marche de Mao à l’initiative « Une ceinture, une route » de Xi Jinping, que de chemin parcouru pour le développement de la Chine en 70 ans !

En 70 ans, nous avons eu un parcours de développement un peu particulier parce que c’est un parcours qui n’a pas toujours été linéaire. On a connu des périodes de tâtonnement avant de trouver notre voie en matière de développement. Ce n’est qu’après les réformes d’il y a 40 ans que la Chine a trouvé véritablement son chemin de développement normal. Et en 40 ans, la Chine a réussi à faire un miracle économique dans le monde. En 40 ans, nous avons réussi à faire des choses que les Européens ont mis un siècle voire deux siècles à réaliser. Les choses sont allées très vite.
Certes, pendant les trente premières années, nous avons connu des moments de tâtonnement, mais nous avons réussi à bâtir une fondation solide de l’édifice chinois. Ça, c’est quelque chose de très important. En dépit des erreurs de parcours que nous avons connues, nous avons réussi à bâtir une fondation solide de développement. Cette fondation repose sur une industrie lourde assez complète : la production de l’acier, la production du ciment, des éléments de base de l’industrialisation ont été réalisés avant le démarrage des réformes, etc.
Ces réformes ont permis à la Chine de satisfaire aux besoins de la population, par la production de produits manufacturés de bonne qualité, etc. Surtout, la Chine a rattrapé le niveau de développement des pays développés, grâce à ses réformes. La Chine a pu développer son secteur de manufacture, avec la création d’industries de toutes sortes. On a pu satisfaire aux besoins fondamentaux des populations en commençant par les équiper, notamment de réfrigérateurs, de téléviseurs, etc. Il y a eu le plan d’urbanisation, et plus tard, la population chinoise a commencé par bénéficier d’un niveau de vie un peu similaire à celui des populations des pays développés, surtout dans les grandes villes…

La Chine est donc aujourd’hui un pays développé, pourquoi se refuse-t-elle d’assumer cette réalité qui crève l’œil ?

Il faut modérer les choses. Certes oui, en termes de capacité de production, la production industrielle de la Chine fait 1,6 fois celle des États-Unis. La capacité manufacturée de la Chine est plus grande que celle des États-Unis, du Japon et de l’Allemagne réunis. De ce point de vue, la Chine a vraiment une très grande capacité de production. La capacité de production agricole de la Chine est cinq fois supérieure à celle des États-Unis, c’est pratiquement la première au monde.
Mais en termes de Pib, la Chine est encore derrière les États-Unis. La Chine est le numéro 2 mais si on mesure le Pib par tête d’habitant, la Chine est encore loin derrière les pays développés. De ce point de vue, la Chine ne peut pas prétendre qu’elle est la première économie du monde même si en termes de pouvoir d’achat, l’économie chinoise est déjà classée par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international comme la première économie du monde.

Quelle est la part du secteur privé dans ce processus de développement ?

Le secteur privé joue un rôle très important dans le développement de la Chine. En ce qui concerne la croissance et l’emploi, le secteur privé représente plus de 60% de l’économie nationale. Donc, c’est la majorité. Des sociétés de pointe, des sociétés très développées comme Huawei, qui est maintenant sous les sanctions du gouvernement américain, sont des entreprises privées. Alibaba, c’est aussi une entreprise privée. Ce sont des noms d’entreprises privées de la Chine, reconnues dans le monde. Il n’y a pas que celles-là, il y beaucoup d’autres entreprises chinoises qui font partie des entreprises privées les plus puissantes du monde.

L’Initiative « Une ceinture, une route » censée favoriser l’émergence des pays en développement s’inscrit-elle dans la vision tiers-mondiste de Mao Tsetong ?

Il y a une continuation dans tout ce que le gouvernement chinois décide à l’étranger. Il y a une continuation parce que la Chine, il ne faut pas l’oublier, au moment de la fondation de la République populaire de Chine, était un pays pratiquement sous colonisation des pays européens. C’est pour cela que, dès le départ, la nouvelle Chine a toujours soutenu les luttes des pays anciennement colonisés : les pays africains, les pays asiatiques qui ont été colonisés par des puissances européennes. La Chine est toujours restée du côté de ces pays-là, que ce soit dans les années 50, par exemple, la Chine était un partisan actif de l’afro-asiatisme. Et la Chine a participé activement à la conférence de Bandung et a soutenu les principes reconnus par les pays de l’afro-asiatisme pour une coopération égalitaire entre ces pays-là et la lutte contre l’interférence des anciens colonisateurs.

Alain Peyrefitte a dit que quand la Chine s’éveillera, le monde tremblera… On y est-là ?

Il parait que c’est une citation de Napoléon. Il parait que lorsqu’il a été enfermé sur l’île sainte Hélène, il avait pour serviteur un Chinois qui lui apportait de la nourriture, qui l’accompagnait, etc. Et Napoléon a appris beaucoup de choses de ce Chinois. C’est comme ça qu’il a affirmé que la Chine serait endormie et qu’il ne faut pas la réveiller. Sinon quand la Chine se réveillera, le monde tremblera.

Le dragon n’a-t-il ouvert qu’un seul œil que le monde tremble déjà ?

En fait, la Chine ne veut pas de guerre commerciale avec quiconque. Mais si le gouvernement actuel des Etats-Unis pense qu’il sera capable de déstabiliser la Chine par une guerre commerciale, la Chine n’aura d’autre choix que de faire face à cette guerre. Et je pense que depuis un an, le résultat de cette guerre montre, au niveau de l’économie américaine, que les consommateurs américains et les entreprises chinoises installées aux Etats-Unis ont beaucoup souffert de cette guerre commerciale. Alors que l’économie chinoise n’a pas vraiment, elle, été touchée par cette guerre. Vu la dimension de l’économie chinoise, vu la dimension de la population chinoise, vu la taille du marché intérieur de la Chine, cette guerre commerciale, c’est une petite goutte d’eau dans la mer.

Admettez-vous donc que la Chine s’est éveillée ?

D’une certaine manière, oui ! Alain Peyrefitte a d’ailleurs écrit un autre livre dans lequel il soutient que la Chine s’est éveillée. Donc aujourd’hui, on peut dire oui la Chine s’est éveillée, la Chine est en train d’avancer sur la voie du développement avec ses possibilités. Et non seulement la Chine s’est éveillée mais la Chine veut réveiller le monde des pays en développement avec son initiative « Une ceinture, une route ». La Chine est en train de provoquer une autre révolution dans les pays en développement, parce que si vous regardez les courbes de développement dans les pays développés et dans les pays en développement, il y a deux courbes qui se croisent. C’est-à-dire que depuis la dernière crise financière de 2008, il y a peu de croissance et peu de développement dans le monde des pays développés. Par contre, avec l’initiative chinoise, il y a un décollage économique dans les pays en développement qui sont appelés aujourd’hui les nouveaux pays émergents. Il y a de plus en plus d’économies émergentes maintenant, et qui se développent rapidement. C’est cela que le président chinois Xi Jinping appelle le changement centenaire. C’est un changement que l’humanité n’a plus connu depuis un siècle.

De la grande muraille à une présence effective dans l’espace aujourd’hui, quelles sont les perspectives pour la Chine à court et à moyen termes ?

La Chine va continuer par développer ses technologies, ses capacités de production dans tous les domaines. La Chine est une grande puissance spatiale par exemple. Donc, elle va continuer à développer sa technologie spatiale, elle va lancer sa station spatiale, développer sa technologie de communication par un réseau extraterrestre, donc dans l’espace, etc. La Chine a des projets de développement ambitieux. C’est cela qui suscite l’intérêt de puissances comme les États-Unis pour la Chine. D’où la guerre commerciale actuellement déclenchée par les dirigeants américains. Mais ils ne pourront jamais faire en sorte que la Chine puisse abandonner son plan de développement scientifique, parce que la Chine révise son plan de développement scientifique et technologique tous les 10 ans. Tous les 10 ans, le gouvernement chinois fait un nouveau plan de développement scientifique et technologique et fixe les domaines dans lesquels l’Etat doit encourager l’investissement et la recherche pour atteindre ses objectifs. Et en fait, l’objectif de la Chine, d’ici les années 2030-2040, en matière technologique et scientifique, est que la Chine détienne les technologies les plus avancées dans le monde.
Propos recueillis par Paul AMOUSSOU, depuis Beijing

Actualités 25 juin 2019


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