La Nation Bénin...
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Le Conseil des ministres s’est réuni en séance extraordinaire le vendredi 23 et dimanche 25 octobre 2015 sous la présidence du président de la République, chef de l’Etat, chef du gouvernement.
Au début de ces séances, le chef de l’Etat a fait observer une minute de silence en la mémoire des feus:
- Intia Baguidi dit « ambassadeur de Tahiti au Bénin», ancien combattant de la guerre 39-45, oncle de l’inspecteur général de police à la retraite Théophile N'da, ancien ministre ;
- O. Daniel Ogoutchoro, père du commissaire de police de 1ère classe K. Edouard Ogoutchoro, sous-directeur des Affaires économiques et financières à la direction centrale de police judiciaire;
- Bruno Déwagninou, beau-père du commissaire de police de 1ère classe Césaire Goundété, adjoint au sous-directeur de la police technique et scientifique et du fichier national ;
-Anagonou Vodjo, artiste de grande renommée, membre fondatrice de l’association nationale des compositeurs chanteur traditionnels du Bénin, présidente des Femmes de la Fédération des associations des musiciens traditionnels du Bénin et élue à l’Ordre national du mérite-social.
Au cours de la séance, le Conseil a adopté des projets de décrets notamment ;
*un projet de décret portant transmission à l’Assemblée nationale pour autorisation de ratification de l’accord de prêt signé avec la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA) dans le cadre de la mise en place de la deuxième ligne de crédit au profit du Fonds national de la microfinance ;
*un projet de décret autorisant le ministre d’Etat chargé de l’Economie, des Finances et des Programmes de dénationalisation à accorder la garantie autonome de l’Etat pour assurer le remboursement à la Banque atlantique-Bénin des sommes dues par l’entreprise Adeoti Sarl au titre du prêt de vingt-trois (23) milliards de francs CFA contracté dans le cadre du financement des travaux d’aménagement et de bitumage de tronçons Lalo-Klouékanmè (07,85km) et Dogbo-Toviklin-Klouékanmè-Adjahonmè (30,80 km).
*un projet de décret autorisant le ministre d’Etat chargé de l’Economie, des Finances et des Programmes de dénationalisation à émettre la garantie autonome de l’Etat au profit du Fonds national de la microfinance (FNM) pour assurer le remboursement à la Bank Of Africa-Bénin des sommes dues par le FNM au titre de prêt de dix (10) milliards de francs CFA contracté dans le cadre du renforcement du Programme des microcrédits aux plus pauvres-nouvelle génération;
*un projet de décret portant politique d’endettement et de gestion de la dette publique au Bénin ;
*un projet de décret autorisant le ministre de l’Economie, des Finances et des Programmes de dénationalisation à émettre la garantie autonome de l’Etat au profit de la Communauté électrique du Bénin dans le cadre du financement du projet de construction de la ligne d’interconnexion électrique 161 KV Bembéreké-Kandi-Malanville ;
* un projet de décret portant règlement pour la sûreté des navires et des installations portuaires en République du Bénin
Le Conseil des ministres a examiné des dossiers principalement dans les secteurs de l’éducation, de l’énergie, des finances, des infrastructures, de la culture, de la sécurité et des cultes.
Dans le domaine de l’éducation, le vice Premier ministre chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, a rendu compte au Conseil des ministres :
-des consultations avec les partenaires sociaux sur les statuts particuliers des corps des personnels enseignants de l’enseignement du second degré.
Le Conseil des ministres a pris connaissance avec beaucoup d’intérêts du compte rendu et données au comité des orientations en vue de faire aboutir les négociations pour le bien de l’école béninoise et des apprenants.
- des conclusions du second forum sur l’éducation et des principales recommandations qui en sont ressorties. Le Conseil a approuvé ce compte rendu et instruit tous les ministres concernés sous la supervision du vice Premier ministre de prendre les dispositions en vue de la mise en œuvre diligente de ces recommandations en relation avec les experts, cadres et partenaires impliqués dans ce forum pour opérer effectivement une rupture dans le secteur de l’Education. Il s’agit notamment de:
faire élaborer un document de projet de réformes du système éducatif et de formation;
prendre des mesures idoines pour la mise en œuvre effective et diligente du projet des réformes;
donner des instructions fermes pour l’élaboration de la nouvelle politique du système éducatif et de la formation ;
donner des instructions fermes pour l’élaboration du PDDSE 2016-2025 ;
faire prendre des dispositions idoines, au vu des résultats du 2è forum ;
ériger la recherche scientifique et les innovations technologiques au rang des axes stratégiques de développement.
Dans le domaine de l’énergie, le ministre en charge du Développement des Energies renouvelables a rendu compte au Conseil des ministres :
-d’un projet d’installation d’une centrale électrique solaire photovoltaïque de 100 MWC à Adjohoun au Bénin, par la Société «Sentinelle Energie SA». A cet effet, le Conseil des ministres a instruit le ministre de signer la convention de concession et d’étudier le contrat d’achat afin de permettre au partenaire de faire les études à savoir :
1- l’étude de faisabilité du projet de construction en BOOT;
2- l’étude de stabilité statique et dynamique du réseau interconnecté de la Communauté électrique du Bénin (CEB) dans le cadre dudit projet;
- de l’offre du gouvernement du Nigeria :
1- d’approvisionner le Bénin en gaz à un coût unitaire très réduit afin de faire tourner les turbines à gaz ;
2- de porter de 200 à 500 MW la puissance énergétique fournie à la CEB pour un coût de 38 FCFA le KWH, aux conditions de l’acquittement de sa dette à l’endroit du Nigeria et du Ghana.
En examinant ces comptes rendus, le Conseil des ministres a exprimé son profond intérêt pour ces différentes offres et a demandé au président de la République de bien vouloir prendre les dispositions en lien avec son homologue togolais en vue de l’apurement de la dette bénino-togolaise. A cet effet, des émissions obligataires pourraient être émises sur le marché international afin de mobiliser les ressources nécessaires à cette opération d’apurement qui devrait permettre de disposer d’une offre d’énergie supplémentaire de 300 MW.
Il est à rappeler que les actions concrètes en cours permettront au Bénin de disposer d’un potentiel énergétique de 700 MW auquel il faut ajouter outre l’offre nigériane, le barrage hydroélectrique d’Adjaralla d’une puissance de 150 MW non comprises les énergies renouvelables solaires en cours d’installation d’une puissance de 10 MW (lampadaires et micro centrales solaires).
En outre, le ministre en charge de l’Energie a rendu compte du projet PROVEST. Ce projet de pose de quinze mille (15 000) lampadaires d’un montant de vingt milliards (20.000.000.000) de francs CFA dans nos localités, en cours d’exécution sera entièrement réalisé à fin novembre 2015. Il a également informé le Conseil des ministres de la mise en place par l’UEMOA d’un concours de deux milliards (2.000.000.000) de francs CFA pour la promotion de l’énergie renouvelable.
Le Conseil saisit cette occasion pour réaffirmer sa détermination d’assurer la diversité énergétique par la prise en compte des différentes sources d’énergie notamment thermique, hydro électrique, solaire et biomasse.
Le Conseil des ministres remercie les gouvernements du Nigeria et du Ghana pour leur appui précieux dans le renforcement de l’offre d’énergie au Bénin en vue de garantir définitivement la sécurité énergétique en sus de ce dont le Bénin peut disposer par lui-même.
Dans le domaine des finances, s’agissant du Crédit Suisse devant permettre de parachever le financement de l’électrification des arrondissements, le Conseil des ministres a décidé de l’envoi d’une mission de travail comprenant les collaborateurs du ministre d’Etat en charge des finances, des ministres de l’Energie et des Affaires étrangères auprès du Crédit Suisse à Genève.
Dans le domaine des infrastructures, le ministre des Travaux publics et des Transports a fait le point de l’évolution des grands travaux routiers et a présenté au Conseil un programme de modernisation du réseau routier.
En appréciant ce programme qui vise essentiellement à moderniser le réseau routier, à faciliter le transport en transit sur toute l’étendue du territoire, le Conseil a noté avec satisfaction que ce programme permettra d’accroitre les recettes de l’Etat par l’installation des postes de péages et pesages ainsi que des postes de douane supplémentaires.
Le programme comporte :
1. L’aménagement et le bitumage sur plus de 518 km dont les négociations sont en cours avec la Banque africaine de Développement (BAD), la Banque islamique de Développement (BID) :
i. Djougou-Péhunco-Kérou-Banikoara (212 km) ;
ii. Korontière-Boukoumbé et Kota-Kouandé-Péhunco-Fo Bouré-Guessou sud (226 km) ;
iii. Bétérou-Tchaourou- Fr Nigeria et construction d’un pont sur le fleuve Okpara (80 km).
2. L’aménagement et le bitumage de plus de 970 km en préfinancement direct sous forme de Partenariat Public et Privé (PPP). A cet effet, il est demandé au ministre des Travaux publics et des Transports de faire une large diffusion pour susciter l’adhésion des partenaires susceptibles d’accompagner le gouvernement :
i. Axe 1 : Rocade de Porto Novo (19 km) de voies en 2x2 voies, incluant la construction de l’ouvrage de franchissement sur la dépression de Zounvi au niveau de la place de l’indépendance et de la pénétrante de Djèrègbé ;
ii. Axe 2 : Parakou-Perèrè-Nikki (100 km) ;
iii. Axe 3 : Nikki-Kalalé-Ségbana (169,9 km) ;
iv. Axe 4 : Savè-Okéowo (27 km) ;
v. Axe 5 : Guéné-Karimama (45 km) ;
vi. Axe 6 : Parakou-Kika-Kabo (60 km) ;
vii. Axe 7 : Toffo-Lalo-Agbangnizoun-Bohicon & Agbangnizoun-Abomey & Bohicon-Tindji-Za-kpota (103 km ;
viii. Axe 8 : Zangnanado-Paouignan (57,000 km) & Bretelle Covè-Banamè (12,002 km) & Bretelle Koguedè-Za-kpota (5,200 km);
ix. Axe 9 : Kétou-Idigny-Igbodja-Savè (83,017 km) & Bretelle Omou-Illadji-Mossoukagbé (27,000 km) ;
x. Axe 10 : Ouèdo-Tori (8,000 km) ;
xi. Axe 11 : Porto-Novo-Pobè-Obèlè (77,221 km) & Bretelle Zian-Igolo-frontière Nigéria (12,094 km) ;
xii. Axe 12 : Pobè-Adja-Ouèrè-Ouinhi (22,100 km) ;
xiii. Axe 13 : Glazoué-Oudèmè-Lahotan-Moukpa-Logozohè (31,445 km), Bretelle Lahotan-Kpataba (13,000 km) & Gobada - Logozohè – Sowé (32 km) ;
xiv. Axe 14 : Akassato-Bohicon [PK14+200 à PK26+500] côté gauche (2,300 km) ;
xv. Axe 15 : Kokoro-Tchala-Ogoi-Ansékè (6km), Ansékè-Ouèssè-Ikèmou-Kilibo (52 km) ;
xvi. Axe 16 : Agbon-Atocoligbé-Malomi-Alloba-Sako-Gouka (22 km) ;
xvii. Axe 17 : Gogounou-Bagou (12 km).
Le ministre de l’Intérieur, de la Sécurité publique et des Cultes et le ministre de la Défense nationale ont rendu compte au Conseil des ministres des risques d’insécurité de plus en plus élevés du fait du grand banditisme et de certaines intolérances notamment religieuses qui semblent frapper à nos portes.
En examinant ce compte rendu, le Conseil des ministres a instruit les ministres concernés en lien avec le ministre d’Etat en charge des Finances en vue :
* de l’ouverture sans délai, par le Haut Commandement militaire de trois nouveaux camps militaires dans trois régions de notre pays où le phénomène d’insécurité s’est accru ces derniers temps à savoir la zone d’Agonlin, la zone de Kilibo et celle de Bassila ;
* du renforcement des moyens matériels et humains sur toute l’étendue du territoire national aux fins de l’organisation régulière de patrouilles dissuasives.
Le Garde des Sceaux, ministre de la Justice, de la Législation et des droits de l’Homme a rendu compte au Conseil des ministres de près d’une centaine de dossiers judiciaires en souffrance depuis au moins 2007, dans les Tribunaux et qui opposent l’Etat à des structures ou à des personnes morales et ou privées. Outre que, le blocage de ces dossiers pour des raisons diverses crée des manques à gagner à l’Etat béninois et lui font perdre d’importantes ressources, il est de la plus haute importance que le peuple béninois en prenne connaissance. En effet, la connaissance de ces dossiers pourra permettre aux uns et aux autres de faire la part des choses, de toucher du doigt la réalité de la lutte que mène le gouvernement contre la corruption et l’impunité.
Il y a lieu de rappeler que le gouvernement, dans sa détermination à mettre fin à l’impunité, a envoyé six (06) dossiers d’acteurs gouvernementaux aux fins de comparution à la Haute cour de Justice, de même que deux (02) dossiers de levée d’immunité parlementaire restés sans suite à ce jour. C’est dans la même optique à savoir, combattre la corruption et l’impunité que plus d’une centaine de dossiers ont été envoyés dans nos tribunaux attendant malheureusement d’être traités. Certes, la lutte contre la corruption et la fin de l’impunité est complexe. Elle n’incombe pas au seul pouvoir exécutif et pour aboutir, elle doit être menée non seulement par tout le corps social mais aussi les pouvoirs législatifs et judiciaires.
Le gouvernement a bon espoir que tous concourront à ce combat essentiel pour l’élimination de la pauvreté consacré du reste par les ODD. La contribution de la justice qui cristallise les espoirs pour le dénouement des dossiers en souffrance est primordiale et il est urgent d’en prendre tous conscience.
Au titre d’exemple des dossiers qui appellent des actions judiciaires hardies pour leur déblocage, il est à citer ceux à caractère général et ceux qui ont trait à monsieur Patrice Talon et ses sociétés en raison de l’importance du contentieux qui l’oppose à l’Etat béninois et du nombre des plaintes le concernant en souffrance dans nos tribunaux.
- S’agissant des plaintes à caractère général, on peut dénombrer :
1- SONACOP C/ Agbota Saturnin ;
2- Etat béninois C/ Tohoun C. Prosper ;
3- Etat béninois C/ Sokènou Bernadette ;
4- OCBN C/ Restaurant les 3 Mousquetaires ;
5- SOGEMA C/ Anne Marie Dégbey ;
6- SONEB C/Aïssi Constant ;
7- SONACOP C/ Houessou Expédit et autres (plainte pour détournement des deniers publics, corruption d’agent permanent de l’Etat) ;
8- Ministère public C/ Hounkpatin Zackary Marius et autres (Affaire SBEE) ;
9- Ministère public C/ Akplogan Guy Athanase et autres (escroquerie avec appel au public).
- S’agissant des plaintes concernant monsieur Patrice Talon et ses sociétés, relatives aux crimes économiques en souffrance devant la Justice, on peut citer :
1- Le dossier des 200 milliards indument octroyé par la SONAPRA pour la construction des usines de monsieur Patrice Talon.
Qu’il vous souvienne que ce contentieux né sous le régime du président Mathieu Kérékou a donné lieu à une plainte déposée devant les Tribunaux sans suite jusqu’à ce jour. En effet, de 1994 à 1997, la SONAPRA a accordé de nombreuses facilités financières indues à des sociétés appartenant à monsieur Patrice Talon notamment :
- la Société cotonnière du Bénin (SOCOBE) ;
- la Compagnie cotonnière du Bénin (CCB) ;
- l’Industrie cotonnière du Bénin (ICB) ;
Ces facilités financières ont été octroyées à ces sociétés sans aucune autorisation préalable du Conseil d’administration de la SONAPRA.
Il s’agit notamment de décaissements opérés en faveur des trois sociétés pour la construction des usines d’égrenage, la livraison du coton graine aux usines et les prestations de services liées à l’exploitation et au fonctionnement desdites usines pourtant propriétés des trois sociétés privées.
Or à l’époque où les décaissements ont été opérés, les trois sociétés n’étaient même pas encore juridiquement constituées. Il est donc évident que c’est avec les deniers publics que la SOCOBE, la CCB et l’ICB ont été créées sans aucun avantage en contrepartie pour l’Etat.
Ces décaissements frauduleux ont engendré pour la SONAPRA et donc à l’Etat Béninois des manques à gagner de plus de 200 milliards de francs CFA ;
1- Ministère public C/ AIC de monsieur Patrice Talon, plainte du ministre de l’Agriculture pour vol de coton ; des manœuvres fraudul uses en vue de sous-estimer le poids du coton acheté auprès des producteurs; en son temps ce dossier est à l’origine de la défiance générale des producteurs à l’endroit de monsieur Patrice Talon les conduisant au refus de poursuivre la production cotonnière ;
2- Ministère public C/ AIC de monsieur Patrice Talon, Lokossou Bruno et autres (plainte du ministre en charge de l’agriculture pour malversation dans la gestion des subventions gouvernementales à l’importation du coton; faux en écritures authentiques et publiques par fabrication de conventions dispositions ou décharges); tout comme le dossier précédent, celui-ci s’inscrit également dans la stratégie mise en place pour gruger les populations productrices du coton et s’enrichir frauduleusement sur le dos du peuple béninois ;
1- Le dossier SODECO :
Ce dossier est également pendant au niveau de la justice et est demeuré sans suite à ce jour, monsieur Patrice Talon s’est accaparé en effet des 17,5% des actions réservées au grand public notamment aux producteurs et qu’il devait leur céder en décembre 2011 au plus tard, conformément à la convention qu’il a signée. Il s’est en définitive, refusé à se conformer à ses engagements ce qui a porté sa part à 51% du capital faisant de lui l’actionnaire majoritaire de la SODECO dans laquelle le gouvernement détenait 41% du capital. Profitant de cette situation, il a fait une gestion solitaire de la société, rejetant toute demande d’audit conjointe. A ce jour, les flux financiers induits par la SODECO sont inconnus du gouvernement après trois (03) ou quatre (04) ans de gestion solitaire.
En outre, il s’oppose à l’entrée des producteurs au Conseil d’administration de cette société en dépit des souffrances de ceux-ci pour produire l’or blanc ;
2- Ministère public C/ Patrice Talon, Houngbo Rigobert et autres (plainte pour escroquerie). Monsieur Patrice Talon, s’est indument accaparé de la recette douanière d’un montant de 2,7 milliards de francs CFA dans des conditions non encore élucidées. Cet acte qui a fait l’objet d’une plainte n’a encore jamais été vidé par les tribunaux ;
3- Le dossier relatif à l’abus du système bancaire par monsieur Patrice Talon d’un montant de l’ordre de 55 milliards de francs CFA ayant provoqué dans ses opérations la sous-capitalisation de certaines de nos banques. Il s’en est suivi l’obligation pour le gouvernement béninois de proposer un plan de redressement de ces banques. Une plainte a été déposée et est restée sans suite;
1- Le dossier relatif au Programme de Vérification des Importations (PVI).
En ce qui concerne ce dossier, toujours dans le souci de mettre le peuple béninois au même niveau d’information que ses dirigeants, il est à noter que :
Ce dossier est en cours d’instruction pour faux et usage de faux, faux en écriture et blanchiment de capitaux autant de motifs de plaintes qui relèvent du pénal or «le criminel tient le civil en l’état».
Il s’en suit que l’arrêt n° 103/2015 en date du 15 octobre 2015, de la Cour Commune de Justice et d’arbitrage (CCJA) confirmant la sentence arbitrale rendue le 13 mai 2O14 qui avait condamné l’Etat béninois à payer à Bénin Control de monsieur Patrice Talon, 129 milliards de francs CFA au titre de manque à gagner et 2 milliards de francs CFA au titre de Préjudice moral, est une condamnation arbitraire et constitue un non évènement pour le gouvernement et le peuple béninois. La somme réclamée au profit de monsieur Patrice Talon correspondant à un prétendu manque à gagner et non à des frais investis a été évaluée de leur propre chef par les juges de la CCJA sans le concours d’aucun expert et dans un simulacre d’écoute de la partie béninoise.
Par ailleurs, dans ce dossier il importe de rappeler à l’attention de tous qu’il est né du fait du marché PVI frauduleusement retiré à la Société générale de surveillance (SGS) et confisqué par monsieur Patrice Talon au profit de sa société Bénin Control qui s’est associé indument à un partenaire BIVAC arrivé en 3e position lors du marché gagné par SGS. En effet, la notification du marché a été faite à cette dernière, numéro un mondial en matière de réformes portuaires dont le siège est à Genève et en sa qualité de partenaire technique de référence.
Il est constant dans ce dossier que la société Bénin Control de monsieur Patrice Talon est usurpatrice du marché PVI et par conséquent la décision de la CCJA n’engage aucunement le gouvernement béninois. Du reste, à l’époque la société Bénin Control venait d’être constituée et n’avait pas dans son objet social les activités couvertes par le Programme de Vérification des Importations (PVI).
La CCJA demande d’indemniser monsieur Patrice Talon alors que les faits sont là et le prouvent à souhait, c’est le Port de Cotonou qui a subi de très lourds préjudices en raison de la conduite du PVI par Bénin Control SA. En effet, cette opération a entrainé en son temps la quasi destruction du Port de Cotonou du fait de son isolement dans le trafic avec les pays de l’hinterland, de la mise à l’écart de la corporation douanière dans les opérations portuaires, toutes choses ayant entrainé la chute des recettes douanières , la perte de la place privilégiée du Port de Cotonou dans le trafic international et la flambée des prix en lien avec la surfacturation contenue dans le contrat signé par Bénin Control lequel s’est avéré frauduleux parce que différent par ailleurs du contrat type retenu en Conseil des ministres.
Au total, toutes ces activités de Bénin Control SA dans le cadre du PVI auront permis à monsieur Patrice Talon d’engranger 40 milliards de franc CFA avant qu’il ne prenne la route de «l’exil» pour échapper à la justice de son pays en raisons, comme il est apparu, de ces nombreux crimes économiques.
Telle est la situation de ce dossier et en tout état de cause le gouvernement appelle le peuple béninois à la sérénité, le trésor public béninois n’étant aucunement engagé par la décision de la CCJA.
Le Bénin prend déjà des dispositions pour que justice soit rendue au plan International par des juridictions à l’abri de pressions de l’argent voire de la corruption et véritablement soucieuses de dire le droit.
Il importe que ces dossiers soient rapidement vidés afin que les auteurs de ces infractions soient sanctionnés selon le principe de droit «Le criminel tient le civil en l’état» et que l’Etat puisse être légalement, régulièrement et judiciairement indemnisé pour tous les préjudices subis.
Prenant donc acte de ce compte rendu, le Conseil des ministres a instruit le Garde des Sceaux ministre de la Justice en lien avec le procureur de la République de prendre les dispositions idoines en vue de la liquidation au profit de l’Etat de ces dossiers judiciaires en souffrance dans nos tribunaux.
Le Conseil des ministres a autorisé :
- la participation du Bénin :
// au 25è congrès mondial de la route, du 02 au 06 novembre 2015 à Séoul en République de Corée du Sud ;
// à la 38è session de la Conférence générale de l’UNESCO à Paris en France du 03 au 18 novembre 2015 ;
// au 17è Concours d’agrégation des Sciences Juridiques, Politiques, Economiques et de Gestions à Lomé au Togo du 11 au 20 novembre 2015 ;
- la signature d’un protocole d’accord avec la CHINA HARBOUR ENGINEERING COMPANY LTD dans le cadre de la mise en œuvre du projet de développement du transport fluvio-lagunaire et du tourisme entre Cotonou/Porto-Novo et leurs environs ;
- l’organisation le vendredi 30 octobre dans toutes les mosquées du pays des cérémonies de prières et de recueillement en mémoire des dizaines de pèlerins béninois tragiquement disparus dans la bousculade ayant lieu à la Mecque ou cours du dernier Hadj 2015. A cette occasion tous les membres du gouvernement prendront part à la grande Mosquée de Jonquet à cette prière musulmane.
Enfin les nominations suivantes ont été prononcées :
A la présidence de la République, sur proposition du président de la République :
Deuxième secrétaire général adjoint du gouvernement : monsieur Adrien Dèlidji ;
Conseiller technique juridique du président de la République auprès du secrétariat général du gouvernement, responsable de la cellule juridique : monsieur Auguste René Ali Yérima ;
Conseiller technique aux Affaires sociales : monsieur Issiaka Félix Adégnika.
Au ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique :
Directeur national de la Recherche Scientifique et Technologique : monsieur Innocent Bokossa ;
Directeur du partenariat et de la Promotion de la Recherche Scientifique et de l’Innovation Technologique : monsieur Christophe Bernard Gandonou ;
Directeur de la Programmation et de l’Evaluation de la Recherche Scientifique et l’Innovation Technologique : monsieur Jean-Marie Falola.
Au ministre de la Culture, de l’Alphabétisation, de l’Artisanat et du Tourisme (MCAAT), sur proposition du ministre :
Directeur adjoint de cabinet : monsieur Luc Sizogan ;
Secrétaire général du ministère : monsieur Richard Jean Vidjénagni Sogan ;
Secrétaire général adjoint du ministère : monsieur Henri S. Sohougan ;
Conseiller technique à la Culture : monsieur Francis Marie-José Zogo ;
Conseiller technique Juridique : monsieur Ives Abou ;
Chargé de mission : monsieur Vignizoun Holonou ;
Directeur départementale de Culture, de l’Alphabétisation, de l’Artisanat et du Tourisme Ouémé/Plateau : monsieur Justin Atindohouto ;
Directeur départementale de Culture, de l’Alphabétisation, de l’Artisanat et du Tourisme Mono/Couffo : monsieur Yao Wilfrid Anato;
Directeur départementale de Culture, de l’Alphabétisation, de l’Artisanat et du Tourisme Zou/Collines : monsieur Léon Zoha ;
Directeur départementale de Culture, de l’Alphabétisation, de l’Artisanat et du Tourisme Atacora/Donga : monsieur Daniel Namima;
Directeur des Ressources financières et du matériel : monsieur Symphorien E. Gbéhoundji ;
Directeur des Ressources humaines : monsieur Michel A. Assogba ;
Directeur de la programmation et de la Prospective: monsieur Cyrille Noumonvi ;
Directeur adjoint de la Programmation et de la Prospective : monsieur Gildas Bessou ;
Directeur du Fonds du développement du Patrimoine culturel : monsieur Abou Bakari Séro-Yérima ;
Directeur du Fonds d’aide à la culture : monsieur Gilles Bachirou Coffé;
Directeur de la Bibliothèque nationale : monsieur Innocent Assogba ;
Directeur général du Bureau béninois des droits d’auteur : monsieur Cossi Zéphirin Daavo ;
Directeur de la promotion des Langues nationales : monsieur Valéry Gilbert Sossi ;
Directeur du Fonds d’aide à la l’Alphabétisation et à l’Education en Langues nationales : monsieur Aristide A. Adjibodou ;
Directeur de l’Artisanat et des Organisations professionnelles : monsieur Casmir A. C. Dégbey ;
Directeur de l’apprentissage et des Métiers artisanaux : monsieur Janvier Lakou ;
Directeur du Centre de Promotion de l’artisanat : monsieur Benjamin Adjinda ;
Directeur de l’Hôtel Tata Somba : monsieur Mathieu Adriano Sanhouekoua ;
Directeur de l’Information et de pré-archivage : monsieur Francis Atchékpé ;
Directeur général du Fonds national de Développement et de la Promotion touristique : monsieur Dominique Sambiéni ;
Directeur de l’Agence béninoise pour le Développement et de la Promotion touristique : monsieur Kpadédji Lambert Ayitchéhou ;
Directeur général de l’Agence nationale de la promotion touristique : monsieur Nicolas Akotchayé ;
Directrice de l’Agence béninoise pour la Réconciliation et le Développement : madame Flore Dovonou Mèhinto.
Fait à Cotonou, le 25 octobre 2015
Le secrétaire général du gouvernement,
Alassani Tigri
Actualités 28 oct. 2015

Samedi 24 octobre dernier l’Organisation des Nations Unies (ONU) a soufflé ses 70 bougies. A l’occasion, de nombreuses personnalités politico-administratives se sont associées à l’équipe pays de l’institution au Bénin, pour le traditionnel vœu de bon et heureux anniversaire.
«A 70 ans, l’ONU peut faire un retour sur le fier bilan, celui d’avoir travaillé avec de nombreux partenaires pour éliminer le colonialisme, vaincre l’apartheid, maintenir la paix dans des lieux en proie à des troubles et formuler un ensemble de traités et de droits pour protéger les droits humains. Chaque jour, l’ONU nourrit des personnes souffrant de la faim, offre un abri aux refugiés et vaccine les enfants contre la poliomyélite et d’autres maladies mortelles. Nos travailleurs humanitaires bravent des environnements reculés et dangereux pour fournir l’aide humanitaire, et nos médiateurs s’efforcent de trouver un terrain d’entente entre les parties belligérantes et des solutions pacifiques aux griefs et aux différends». Ce morceau choisi du message du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, résume, à lui tout seul, l’importance de l’institution. C’est dire que si l’ONU n’avait pas existé, il aurait fallu la créer de toute urgence au vu des multiples crises que traverse le monde.
Selon le coordonateur résident du Système des Nations Unies au Bénin, Rosine Sori Coulibaly, cette institution est née des suites du chaos et des ravages de la seconde guerre mondiale. Elle ajoute que sa mission est restée toujours guidée par sa charte qui oriente ses interventions dans les domaines piliers de la paix, du développement durable et des droits de l’Homme.
Au cours des manifestations officielles, à Cotonou, vendredi 23 octobre dernier, Rosine Sori Coulibaly a indiqué que l’ONU est aujourd’hui à un tournant de son histoire avec l’adoption, le 25 septembre dernier, du nouvel agenda de développement durable à l’horizon 2030 qui comprend 17 Objectifs de Développement durable (ODD) déclinés en 189 cibles.
«Depuis l’indépendance du Bénin, les Nations Unies ont appuyé le pays dans son processus de développement en fournissant une aide matérielle conséquente, mais aussi une assistance technique», a-t-elle déclaré. Elle poursuit que depuis 1990, de grands progrès, avec l’appui des Nations Unies et de l’ensemble des partenaires au développement, ont été faits. Ainsi, la parité des filles-garçons dans l’enseignement primaire est en passe d’être atteinte ; la polio a été éradiquée ; et enfin, la proportion de la population souffrant de la faim a été réduite de moitié.
Une bonne coopérations avec le Bénin
De la coopération avec le Bénin, le coordonnateur du SNU au Bénin relève que pour la période 2014-2018, les Nations Unies lui fourniront un appui financier et technique conséquent. Soit près de 970 millions de dollars US. «Au-delà de cette aide matérielle, nous mettons à disposition des institutions et du peuple béninois, nos expertises dans six domaines d’interventions : la croissance inclusive, l’emploi, la sécurité alimentaire, l’égalité du genre et protection sociale, la santé y compris le VIH/Sida, les maladies non transmissibles, la nutrition, la planification familiale, l’assainissement, de base, l’éducation de base, la protection contre la vulnérabilité sociale, les violences et les abus, la gouvernance, et la décentralisation et enfin l’environnement, la gestion des crises, catastrophes et les changements climatiques.
L’ensemble des agences résidentes et non résidentes opérant au Bénin s’emploie désormais à faire du Bénin un pays phare dans la mise en œuvre de la Réforme des Nations Unies dénommée «Unis dans l’action», a-t-elle souligné.
«Cette réforme vise le renforcement de la cohérence et de la synergie des actions de l’organisation internationale afin de rationaliser les coûts tout en garantissant la qualité des interventions au bénéfice des populations», conclut Rosine Sori Coulibaly.
Au cours de cette même cérémonie, le ministre en charge des Affaires étrangères, Saliou Akadiri a d’abord souhaité bon anniversaire à l’institution et relevé que les 55 ans de présence de l’ONU au Bénin sont le signe de l’attachement de notre pays à ses valeurs. «C’est l’occasion pour réaffirmer les valeurs et succès de l’Organisation et rappeler les nombreux défis qui sont les siens», a-t-il ajouté.
Il a, par ailleurs, assuré l’institution de la disponibilité constante des services de l’administration béninoise pour l’accomplissement de sa mission.
La cérémonie a été l’occasion pour quatre de nos confrères, de recevoir leurs récompenses pour la qualité de leurs productions relatives aux Objectifs de Développement durable.

La communauté musulmane de Porto-Novo a organisé samedi 24 octobre dernier, une séance de prière à l’intention des pèlerins décédés lors de la bousculade dans la vallée de Mina à la Mecque, le 24 septembre dernier. L’initiative a été soutenue par des autorités politico-administratives ainsi que d’autres confessions religieuses et des têtes couronnées de la ville.
La grande place Idi de la mosquée centrale d’Agbokou a été dans la matinée du samedi dernier, le point d’attraction des fidèles musulmans de Porto-Novo. Ils étaient très nombreux à prendre part à la séance de prière organisée pour le Bénin et en mémoire des pèlerins décédés lors de la bousculade du 24 septembre dernier à la Mecque. La cérémonie a été initiée par la communauté musulmane de Porto-Novo pour le repos de l’âme des victimes de cette tragédie. L’imam de la mosquée centrale de Porto-Novo, Houzéïfath Amzat, le président du Conseil islamique de Porto-Novo et premier haut dignitaire de l’Union islamique du Bénin, Karim Urbain da Silva ont prié Allah pour qu’ils reçoivent dans son royaume céleste, les victimes de cette bousculade. Ils ont aussi imploré Dieu afin qu'il accorde la paix aux familles éplorées et qu'il les assiste pour que le vide laissé par leurs parents disparus ne se ressente pas. L’imam Houzéïfath Amzat a rendu hommage aux fidèles des autres communautés religieuses sœurs qui ont accepté de se joindre à eux pour cette communion de prière.
«Nos communautés religieuses doivent s’unir, et unir leurs efforts vers le bonheur de nos cités et de notre pays», souligne-t-il, avant d’inviter Allah à accepter leurs dévotions, leurs appels et à veiller sur le Bénin et ses dirigeants. Le représentant de l’Eglise catholique, le père Hypolite Sagbo, celui de l’Eglise protestante, le pasteur Honoré Houngbo, celui de l’Eglise orthodoxe des rites orientaux du Bénin, Jerôme Assogba, celui des religions endogènes, Houédoto Zounkpotodé, des têtes couronnées sa Majesté Onikoyi Abesan Alajasè, et celui de la Jama’t islamique ahmadiyya, Abdel Koudouss ont défilé tour à tour pour prier Dieu pour le repos de l’âme des victimes. Selon eux, la mort est une expérience que tout homme fera.
Et c’est dans ce sens qu’il faut comprendre la mort de ces pèlerins à la quête du salut en Terre Sainte.
Le maire de Porto-Novo, Emmanuel Zossou, la représentante du président de l’Assemblée nationale, l’honorable Ibath Sanni Glèlè et le préfet des départements de l’Ouémé et du Plateau, Moukaram Badarou ont loué l’initiative de l’organisation de cette séance de prière. Seul Dieu dispose de l’agenda de chaque personne. C’est lui qui donne la vie et c’est encore lui qui décide de la reprendre quand et où il veut, ont indiqué ceux-ci à travers leurs messages.
Revoir l’organisation du Hadj
Pour le préfet, c’est une grâce de trouver la mort lors du Hadj, le 5è pilier de l’islam. Mais Moukaram Badarou a insisté pour que soit revue l’organisation du Hadj. Il a invité le gouvernement saoudien à prendre ses responsabilités pour que le drame du 24 septembre dernier ne se reproduise plus jamais. Il n’a pas non plus oublié les convoyeurs qu’il invite à revoir le convoyage afin que les choses se fassent autrement désormais et que les pèlerins soient mieux traités et entretenus. Mais cet appel du préfet de l’Ouémé-Plateau n’a pas été du goût des convoyeurs présents. Ils ont réagi énergiquement par la voix de leur porte-parole, Bachirou Gbadamassi. Selon lui, si les choses doivent être réorganisées, cela passe par le retrait du gouvernement béninois du convoyage. Cette année, il aurait encore convoyé 300 pèlerins béninois à la Mecque. Au lieu de concurrencer les convoyeurs professionnels, le gouvernement doit plutôt être le gardien du temple ; celui qui réprimande les convoyeurs en cas de dérapages. Le retrait de l’Etat devrait permettre de situer facilement les responsabilités. Une intervention qui a été fortement applaudie par l’assistance qui semble trouver fondées les observations du convoyeur Bachirou Gbadamassi, par ailleurs, secrétaire général du Comité national d’organisation du Hadj au Bénin.
Loin de cette polémique, Idrissou Djima, représentant le ministre en charge de l’Economie et des Finances, a loué l’initiative de cette prière tout comme ses prédécesseurs. Il a remis une enveloppe d’un million FCFA émanant de son émissaire pour accompagner la communauté musulmane de Porto-Novo.

La Chaire UNESCO des droits de la personne et de la démocratie a organisé vendredi 23 octobre dernier à Cotonou, une conférence-débats sur la corruption en République du Bénin. Le thème retenu à cette occasion est : "La corruption en République du Bénin : le regard d’un économiste". Plusieurs experts du monde politique, juridique et économique ont pris part à ces échanges qui ont été animés par Jude Eggoh, maître-assistant à l’Université d’Abomey-Calavi, Denis Acclassato, agrégé de sciences économiques à la FASEG d’Abomey-Calavi et de Noël Gbaguidi, agrégé des facultés de droit, professeur titulaire de ladite Chaire.
La corruption est un mal qui ruine la société. C’est pour éradiquer un tant soit peu ce fléau que la Chaire Unesco des droits de la personne et de la démocratie a réuni les différents acteurs qui interviennent dans le domaine. Cette activité entre bien dans le cadre du projet de recherche intitulé Traitement sociétal de la corruption au Bénin (TRASCOB). L’objectif de la rencontre est de leur exposer le regard que porte l’économiste sur la corruption qui devient de plus en plus la chose la mieux partagée au Bénin. A l’occasion, les participants ont été entretenus sur le thème "la corruption en République du Bénin le regard d’un économiste". C’est Jude Eggoh, maître-assistant à l’Université d’Abomey-Calavi qui a présenté un exposé sur ce thème. Après avoir donné les différentes définitions de la corruption, le conférencier a indiqué qu’elle est un mal qui ne date pas d’aujourd’hui et n’est pas uniquement lié au Bénin et aux autres pays africains mais aussi aux pays occidentaux. Néanmoins, il note qu’en dépit des efforts fournis par les gouvernements qui se sont succédé depuis 1991 à la tête du Bénin pour lutter contre la corruption, le fléau n’arrive pas à être enrayé et continue de gangréner l’administration publique. Pour lui, les lois qui ont été votées pour l’éradiquer n’ont produit aucun effet. En témoignent les nombreux scandales qui ont été enregistrés ces dernières années. Ainsi, il déduit qu’au regard des nombreux actes d’impunité, que la corruption est désormais un mode de gouvernance. Selon lui, la bonne gouvernance réduit considérablement les nids de malversation. Il importe donc que chaque gouvernant travaille à ce qu’elle devienne une réalité dans les comportements et réflexes citoyens, car dit-il, la corruption est l’affaire de tous. Il a ensuite fait des recommandations qui vont selon lui, diminuer le nombre des malversations.
Invité à la conférence, Joseph Tamégnon, conseiller aux Affaires économiques du chef de l’Etat, a salué l’initiative et estimé que la corruption est devenue une routine dans le milieu éducatif en général et spécialement dans celui universitaire.
Pour le titulaire de la Chaire UNESCO, Noël Gbaguidi, il faut que des actes punitifs et correctionnels soient pris pour réduire sensiblement ce mal qui retarde la croissance et le développement du pays. Il importe, selon lui, qu’on supprime certaines institutions qui rendent complexes les sanctions punitives afin de permettre à tout homme, fut-il politique ou responsable, de répondre de ses actes.
Les différents participants ont apporté leur contribution. Il faut noter que l’auditeur général de l’Etat, Michel Dognon et Jean Baptiste Elias, président du Front des Organisations nationales de Lutte contre la Corruption (Fonac), ont également pris part à cette conférence-débats.

En vue de promouvoir l’art et la culture et de participer à la création d’un monde culturel meilleur, l’Association Pat’ace conseil à travers son projet «Rayons d’Afric Saison 3», a organisé le samedi 24 septembre dernier, à Bluezone Zongo de Cotonou, une grande soirée dénommée ‘’soirée des lauréats guide de la jeunesse’’. A cette occasion, plusieurs acteurs culturels ont été distingués.
Dans la vision de faire rayonner la culture africaine et d’assurer la promotion d’œuvres de créations, le projet «Rayons d’Afric» acte 3 del’Association Pat’ace conseil, a réuni le samedi 24 octobre dernier à Bluezone Zongo de Cotonou, des amoureux de la mode à la grande soirée des lauréats guide de la jeunesse. Cette soirée a été essentiellement marquée par un défilé de mode d’éveil de créativité dédié à l’enfance en conflit avec la loi. Il sera survi d'une remise d’attestation aux 25 créateurs de mode qui ont bénéficié de la formation de renforcement de capacités organisée à cet effet par l’Association Pat’ace conseil pour donner plus de gout aux jeunes créateurs de mode, pour la diminution du sous-emploi, la réduction de la pauvreté en vue d’un développement durable.
Selon le président de l ’Association Pat’ace conseil, Yao P. Tomédé, la culture, l’art et l’artisanat devraient laisser d’encrage pour les secteurs d’activités et de développement. C’est dans ce combat crucial que son équipe et lui se sont lancés pour la valorisation du patrimoine culturel béninois en particulier et africain en général. Ainsi, 8 trophées ont été décernés aux meilleurs acteurs de développement qui ont contribué et participé à la réalisation du projet «Rayons d’Afric» acte 3 dont le parrainage est revenu au trio Soumanou
Toléba, Rotimy Djossaya et Gilbert Tonon.
Au terme de «Rayons d’Afric» acte 3, Pat’ace conseil attend voir les œuvres de ses artistes connues du grand public pour ainsi permettre aux acteurs de mieux s’informer sur les techniques de management, de marketing culturel et d’élargir le marché à d’autres produits culturel. Créé depuis 2006,l’association Pat’ace conseil a déjà œuvré dans divers domaines comme la sensibilisation des enfants sur les sites touristiques des villes du Bénin, l’organisation de la nuit de la séduction à travers un défilé de mode, une conférence pour la valorisation et la préservation des instruments de musique.

Après son ouvrage sur « Le devenir du Franc CFA » paru en 1999, Claude d’Almeida, reconnu dans le milieu bancaire pour avoir travaillé à la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) vient de mettre sur le marché un autre livre sur « le Financement de l’économie béninoise de 1960-2010 ». Dans cet ouvrage, il suggère de modifier la règlementation bancaire en vigueur pour y insérer l’obligation pour les banques d’être cotées à la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM).
«Pour permettre un meilleur financement de concours à long terme, il faut conforter la vocation de la Bourse régionale des valeurs mobilières». C’est la conclusion à laquelle est parvenu le consultant Claude d’Almeida qui vient de mettre sur le marché, un ouvrage sur «le Financement de l’économie béninoise de 1960-2010». Pour lui, ceci peut être acquis en modifiant la règlementation bancaire pour exiger la cotation boursière de toutes les entreprises qui font appel public à l’épargne en commençant par les moyennes et grandes banques et compagnies d’assurances dans le cadre notamment, du processus engagé de réforme du niveau du capital minimum des banques et des compagnies financières. Cela assurera à long terme l’accès à des ressources longues en vue du financement de l’investissement.
Dans son ouvrage, Claude d’Almeida rappelle que le Bénin reçoit d’importants financements publics et privés au titre de l’Aide internationale au développement. Cette aide concerne aussi bien l’aide publique au développement (APD) que les autres formes de ressources telles les subventions, prêts et crédits à des fins militaires, les investissements, directs étrangers (IDE).
En effet, l’Organisation des Nations Unies (ONU) en 1969 déjà selon l’ouvrage a fixé à 0,7% du Produit national brut (PNB), l’objectif que les pays développés devaient atteindre en matière d’APD. Cet objectif explique Claude d’Almeida dans son ouvrage a été réitéré à Monterrey, au Mexique, en 2002, et à Gleneagles en 2005. Mais cette promesse d’atteindre une APD de 0,7% n’a pas été tenue.
Le volume moyen de l’APD nette de l’OCDE reçue par le Bénin (444), rapporté au flux moyen de l’APD reçue par les huit pays de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) reste modeste. Le Bénin se place en cinquième position après le Sénégal (899), le Burkina Faso (831), le Mali (820) et le Niger (546).
Dans son ouvrage, Claude d’Almeida a montré que l’aide ne parvient pas encore à financer l’ensemble des investissements structurants qui faciliteraient l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le développement. L’aide publique au développement ne peut suffire à financer la politique d’investissements massifs nécessaire au Bénin. Toutefois, à court terme, le vrai problème du Bénin reste la faible consommation des crédits extérieurs approuvés. Le deuxième problème évoque-t-il, c’est le saupoudrage des ressources disponibles, sur un grand nombre de petits projets, par ailleurs éphémères.
S’agissant des investissements directs étrangers (IDE), Claude d’Almeida précise qu’ils ont connu un bref essor au début des années 1990 (privatisation), suivi d’une baisse drastique et d’une reprise modeste. Le stock des IDE était de 28% du Produit intérieur brut (PIB) en 2000, taux commun à la région, mais inférieur à ceux du Togo et du Nigeria. L’IDE selon les données du CNUCED en 2004 n’occupe pas une place de choix dans la production totale du Bénin, mais occupe une place modeste selon une étude menée en 2005 par la Banque mondiale.
Bien que représentant un volume important, l’aide internationale au développement n’est pas selon l’auteur, l’objet de cet ouvrage consacré au financement de l’économie béninoise. L’accent est mis par Claude d’Almeida sur le financement bancaire de l’économie nationale.
La première partie porte principalement sur l’histoire du financement de l’économie avant les indépendances. Dans cette partie, l’auteur met l’accent sur la mise en place des institutions de financement, en faisant ressortir leur rôle au moment de leur création. La principale période est celle de la colonisation, marquée par l’exploitation des colonies au profit des métropoles.
La seconde partie de l’ouvrage présente le financement de l’économie béninoise au cours des cinquante premières années d’indépendance. Et la troisième expose des pistes de réformes de financement de l’économie béninoise et des autres pays de l’UEMOA, cinquante ans après la création de l’Union monétaire ouest africaine (UMOA).

Le centre régional Songhaï a initié un nouveau programme dénommé Songhaï leadership academy (SLA) visant à former des hommes et des femmes africains capables d’innover et de promouvoir l’entreprenariat agricole. Ce programme a été officiellement lancé hier, lundi 26 octobre dans les locaux de ce centre à Porto-Novo par la directrice de cabinet du Premier ministre, Mireille Guédou en présence de l’ambassadeur de France près le Bénin, Aline Kuster-Ménager et de l’Agence française de développement (AFD) qui finance le programme.
Le centre régional Songhaï donne un contenu concret à son credo : «L’Afrique relève la tête !». En réponse au défaut de cadres de compétences intégrées dans certains domaines dont l’agriculture, il a conçu le programme Songhaï Leadership academy (ALA). Ce programme officiellement lancé hier est une réponse du centre Songhaï suite à son constat selon lequel la pauvreté qui sévit sur le continent africain est largement liée à l’incapacité des africains à cerner et à valoriser les incroyables possibilités et opportunités du continent pour produire des biens et services répondant à leurs besoins et désirs. Aussi, le nouveau type de développement basé sur la valorisation du capital humain environnemental du continent (développement agro-écologique) demande-t-il des connaissances et compétences intégrées dans les domaines tels que l’ingénierie, la biochimie, l’agronomie, les mathématiques, l’administration et l’environnement. Il est donc urgent de réorienter l’ensemble du programme de formation pour les cadres œuvrant dans le développement. C’est là toute la pertinence du programme Songhaï leadership academy officiellement lancé hier. Le programme ambitionne de former six promotions de 30 candidats, soit un total de 180 personnes, en trois ans. La première vague a démarré depuis le 15 septembre dernier. Les stagiaires de cette première promotion proviennent de neuf pays à savoir le Bénin, le Burkina-Faso, la République démocratique du Congo, la Côte d’Ivoire, Haïti, le Mali, le Sénégal et le Togo. Ce programme vise surtout à doter le continent d’une nouvelle crème d’Africains capables de comprendre les enjeux, de gérer et de produire les biens et services dont les communautés ont besoin. Il vise à incuber, réformer des diplômés africains, en les équipant d’un savoir, un savoir-être et d’un savoir-faire pour constituer une masse critique d’Africains capables de faire face aux grands défis de développement d’aujourd’hui, a précisé le directeur général du centre régional Songhaï, le frère Godfrey Nzamujo. Il a partagé avec l’assistance la genèse du partenariat entre son centre et la France pour ce programme et pour lequel l’actuel Premier ministre français, Jean-Marc Ayrault a joué un rôle de premier plan. Le directeur général du centre Songhaï a assuré de sa détermination à œuvrer dans la politique du gouvernement béninois pour renverser l’exode rural, en rendant les zones rurales socio-économiquement viables. Les thématiques et les avantages de cette formation seront présentés à l’assistance par la chargée du programme Symphorose Symènouh.
Fructueux partenariat entre Songhaï et AFD
Le représentant des aspirants leaders en formation, Oumar Hamaciné Coulibaly a assuré le centre Songhaï et l’AFD, son partenaire financier, que leurs efforts ne seront pas vains. Ils ont promis de ne pas décevoir pour que les objectifs du programme SLA soient atteints pour l’autonomisation de la jeunesse africaine.
L’ambassadeur de France près le Bénin, Aline Kuster Ménager s’est dite heureuse de constater que ce programme pour lequel le partenariat entre l’AFD et le centre Songhaï venait d’être signé il y a quelques mois, ait déjà démarré effectivement. Selon elle, l’implication de la France dans ce programme vise surtout à faire en sorte que l’Afrique soit actrice des Objectifs du développement durable (ODD) avec l’accent sur la protection de l’environnement.
La directrice de cabinet du Premier ministre, Mireille Guédou Madodé a aussi salué l’ingéniosité du directeur du centre Songhaï pour son initiative qui serait en phase avec la vision du gouvernement béninois. Car, elle apporte une solution juste aux défis de l’heure du Bénin tels que l’emploi des jeunes, l’agriculture, l’autonomisation des femmes, les problèmes de l’environnement et la sécurité alimentaire. Elle a invité les stagiaires à prendre la formation au sérieux pour en tirer le meilleur profit et en avoir une vie active épanouie.
Il faut souligner que le lancement officiel du programme a été précédé d’une visite guidée des infrastructures construites dans le cadre de ce programme.

Les membres du réseau des jeunes leaders politiques du Bénin ont organisé vendredi 23 et samedi 24 octobre derniers à Cotonou, la 1ère édition de la foire des partis et organisations politiques du Bénin. C’était sous l’égide du coordonateur régional Afrique de l’Ouest du Program for young politicians in Africa (PYPA), Abdou Karim Saydou, de la coordonatrice dudit réseau, Sainthia Lassissi et du représentant du ministre chargé des Relations avec les Institutions, Antonin Aliou Monsoli.
Permettre aux jeunes leaders politiques de militer convenablement et efficacement dans leurs partis politiques d’origine. C’est la raison pour laquelle, il a été organisé à leur profit une foire des partis et organisations politiques. Cet événement qui est à sa première édition, a regroupé sous ses stands à la Place des martyrs de Cotonou, près d’une vingtaine de partis politiques. Pendant deux jours, les participants ont expliqué au public les différentes règles qui régissent leur parti ou organisation politique, les formalités à remplir pour y adhérer, les objectifs qu’ils se sont fixés et la vision du parti ou de l’organisation pour les années à venir.
Pour sa toute première édition, le réseau a bénéficié du soutien du Program for young politicians in Africa (PYPA) et de celui des partis et organisations politiques participants. Selon la coordonatrice du projet, Sainthia Lassissi, la première édition de cette foire met un accent particulier sur le militantisme des jeunes à la base et vise à leur inculquer les différentes techniques afin de leur permettre de bien militer au sein de leurs mouvements politiques. Pour elle, la formation au militantisme est très importante et permet à la couche juvénile qui s’intéresse à la politique, de disposer des atouts nécessaires pour mieux convaincre les militants. La formation met également un accent sur le processus démocratique et les règles de l’alternance. Prodiguant des conseils à la couche juvénile, Sainthia Lassissi a souhaité que les leaders politiques fassent de la stabilité politique, de la culture de la paix, de l’alternance démocratique, des priorités essentielles pour le développement du pays. Ils doivent tenir compte des valeurs culturelles africaines dans la culture démocratique. Pour elle, tous les actes que posent les leaders et les dirigeants africains doivent se fonder sur des propositions de projet de sociétés crédibles afin de lutter contre la pauvreté des populations. Ils doivent enfin, respecter la Constitution et garantir la participation des populations dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques dans toutes les instances de prise de décisions.
Pour Antonin Aliou Monsoli, représentant du ministre chargé des Relations avec les Institutions, cette initiative des jeunes leaders politiques du Bénin est une initiative louable, surtout à l’approche de l’élection présidentielle de 2016. Il encourage la formation des jeunes au militantisme et au travail bien fait. Cela va sans doute, espère-t-il, les amener à incarner de nouvelles valeurs sur la conception qu’ils ont de la politique. Selon lui, la politique est une science. Elle n’appartient qu’à ceux qui la maitrisent. Son souhait est de voir cette foire des mouvements politiques être organisée chaque année.

C’est dans une salle bleue du palais des Congrès de Cotonou, pleine comme un œuf, que s’est tenu samedi 24 octobre dernier, le 4e Congrès ordinaire du parti Rassemblement national pour la démocratie (RND) de l’ancien ministre Jean Michel Abimbola, député de la 7e législature. Le Congrès a reçu le soutien de diverses personnalités, chefs de partis et amis, venus témoigner leur adhésion aux idéaux et ambitions du RND.
«Ensemble pour relever les défis de la démocratie et du développement». C’est sous ce thème que sont menées les discussions du 4è Congrès du Rassemblement national pour la démocratie qui s’est déroulé samedi 24 octobre dernier à Cotonou. Vu le contexte politique dans lequel se tient ce conclave, Jean Michel Abimbola a déclaré qu’« il n’est pas possible de se lancer dans une nouvelle campagne présidentielle sans avoir pris préalablement le temps d’une évaluation des10 années de pouvoir». Cela, pour en tirer des conclusions pour l’avenir du Bénin. Comment demander à 80 partis politiques et à 200 mouvements sans réflexions et sans débats, de suivre comme des moutons de panurge des leaders qui eux-mêmes se perdent en conjectures et se demandent : où est le chemin ? Quelle direction prendre, quelle route choisir ?, s’est interrogé le président du RND. Une attitude contraire signifierait, selon lui, que le projet de société et le programme de gouvernement se limitent à la conservation du pouvoir, à la conservation des privilèges et des avantages au détriment du peuple. «Il nous semble urgent de libérer la réflexion, de libérer la parole, de libérer l’intelligence afin qu’ensemble nous puissions relever les défis de la démocratie et du développement», a-t-il souligné.
Jean-Michel Abimbola a déploré que toute analyse, tout questionnement soit synonyme de rébellion, d’opposition. Il a également regretté que depuis 2006, l’histoire de son groupe politique, du Changement, de la Refondation soit parsemée d’ostracisme, d’exclusion de leaders de chefs de partis politiques, de personnalités qui ont osé poser des questions dérangeantes, dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas. «Où sont-ils les premiers compagnons du Changement ? Où sont les soldats du Changement et de la Refondation ? Pourquoi faut-il que la révolution finisse toujours par dévorer ses propres enfants ?», s’est-il interrogé avant de se consoler en ces termes : «A moins que l’heureuse initiative du 12 octobre dernier, comme nous l’espérons vienne démentir cette crainte».
Les messages de soutien
Il s’agira au cours des travaux, indique le président du RND, de faire une analyse critique et objective de la situation socio-politique du Bénin afin d’en dresser le bilan qui permettra de faire des recommandations.
C’est peut-on admettre dans une logique approximative qu’ont été délivrés les nombreux messages de soutien qui ont précédé ce discours soutenu de Jean-Michel Abimbola.
«Nous sommes à la croisée des chemins et l’heure est au bilan ; il importe de s’engager dans le combat pour la démocratie, contre le régionalisme, la mal gouvernance, car l’objectif final est l’éradication de la pauvreté», a soutenu Marcel de Souza du Front républicain pour le Bénin (FRB). Il a appelé au rassemblement et à la cohésion pour se mettre à la disposition des populations. Avec le même entrain, Sacca Lafia de l’Union pour la démocratie et la solidarité nationale (UDS) salue le courage, la perspicacité et la combativité du RND. Il a déclaré que l’UDS est ouvert et a souhaité que des assises émanent des recommandations et résolutions qui contribueront à une alternance pacifique pour vaincre la fatalité pour compter du 28 février 2016.
Ce n’est pas Adidjath Mathys des Forces unies pour la renaissance de la démocratie (FURD) qui ferait une option contraire. Elle a appelé à un état des lieux sincère et responsable puis à se départir de l’hypocrisie politique.
Raphaël Akotègnon au nom du PRD s’inscrit dans la même logique et encourage le RND à poursuivre avec la même combativité, le rassurant d’être à ses côtés pour relever les multiples défis de la démocratie et du développement.
Arifari Bako au nom des Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE) s’engage quant à lui pour la poursuite de l’œuvre entamée et de son amélioration. «En 2016, la victoire sera trans-partisane, ni mouvance ni opposition. Le Bénin gagnera, car il importe de préserver la paix, la stabilité politique et la démocratie», a-t-il insisté.
Le Congrès a pris fin tard dans la soirée, faisant une analyse critique des 10 ans du quinquennat finissant. «Les fruits sont loin d’avoir tenu la promesse des fleurs. Face à ce constat, à l’instar du frère Melchior qui en appelle à une nouvelle logique électorale, le RND en appelle à une remobilisation afin qu’ensemble nous puissions relever les défis de la démocratie et du développement», a déclaré Jean-Michel Abimbola lors de la clôture des travaux.

Plus de 1000 demandes de publication ont été déposées sur le site de la Journée du manuscrit francophone, en provenance de 35 pays différents. Au total, ce sont plus de 300 livres qui seront publiés le 24 octobre 2015. De quoi faire de l’ombre à la rentrée littéraire !
Le comité de sélection n’a pas chômé et le jury est extrêmement satisfait de la sélection qui a été réalisée. Il a ainsi reçu plus de 30 ouvrages, tous d’une qualité littéraire indéniable. Parmi ceux-ci, plusieurs sortaient du lot et auraient mérité de recevoir le grand Prix de la Journée du manuscrit francophone. Un consensus s’est donc dégagé à l’issue d’une longue délibération, et c’est à l’unanimité que le jury décerne le grand Prix de la Journée du manuscrit francophone 2015 à Pauline Pucciano pour son livre «Titania 2.0.». Elle remporte en plus du tirage à 100 exemplaires de son livre, un ordinateur portable, la relecture de l’ouvrage par un directeur littéraire, sa traduction en anglais et un lancement mondial.
Les prix nationaux qui remportent un tirage à 100 exemplaires de leur livre sont décernés à :
Algérie :
- M. Zitouni pour son livre Une femme halal pour mon fils
- Abderrahman Hanafi pour son livre La Belle Époque
Belgique :
- Ludiane de Brocéliande pour son livre Aux âmes oubliées
Bénin :
- Ezin Pierre Dognon pour son livre Dullah, la grosse énigme
Cameroun :
- Mekoul Israël Jacob Baruc pour son livre La dixième symphonie
- Mang Nna Koum pour son livre Les lettres oubliées
Canada :
- Mouhamed Dioury pour son livre L’exception au cœur de la mondialisation
République du Congo :
- Pierre Chassagne Bilaye Malonga pour son livre Louis et la tabouche ‘’eaux douces’’
République Démocratique du Congo :
- Hilaire-Omer Nsangamayi Nkunku pour son livre La cité et le citoyen
Côte d’Ivoire :
- Riquelme pour son livre Les Méandres de l’amour - Tome 1
- Arsène Angelbert Ablo pour son livre Guantana…maux
- Doradio Fofana pour son livre Éloge de l’éducation
Egypte :
- Rania Aly pour son livre Le fantastique ironique
France :
- Lucile Carameaux pour son livre La lumière et le feu - Tome 1
- Sylvia Nine pour son livre Le cuisinier de Sam Lord
- James Tollum pour son livre Gardiens - La prophétie des éléments I
- Sylvain Cornil-Frerrot pour son livre Une journée en puzzle
- Guy Bretéché pour son livre Fragments de mémoires désenchantées
- Marino pour son livre Promenade souterraine
- Jacques Elbaz pour son livre La destinée du scorpion
France (Guadeloupe) :
- Rébecca Domergue pour son livre La sublimation du cristal
France (Martinique) :
- Pauline Pucciano pour son livre Titania 2.0.
Burkina Faso :
- Chantal Nongdo pour son livre Philie – Phobie Poétique
Israel :
- Victoria Sarazin pour son livre Sophia de la Pampa
Madagascar :
- Nellman pour son livre Le pétrole parisien
Mauritanie :
- Abdoul Samba Ly pour son livre Les Coulisses d’une Bande de Jeune Lâches !
Niger :
- Manou Sékou Abdoul Nasser pour son livre L’étiolement des Fleurs sociales
Sénégal :
- Souaïbou Fofana pour son livre Bida ou L’épreuve du sacrifice
Suisse :
- Antoinette B. pour son livre Tanao et le Couple de Brume
Togo :
- Kodjo Agbemele pour son livre Interface.
Encore le Bénin !
Grâce à Ezin Pierre Dognon, le Bénin fait parler de lui à l’occasion de la Journée du manuscrit francophone. Sur les 35 pays en compétition, le Bénin s’honore, grâce à "Dullah, la grosse énigme" dans la catégorie Nouvelles et fait parler de lui à travers un jeune auteur, visiblement plein d’avenir.
Seul béninois en compétition sur environ 300 manuscrits, le Bénin est bien logé dans le top 30 de cette compétition. Déjà au cours de la campagne qui a précédé le verdict, rendu le week-end dernier, le compétiteur béninois avait été identifié comme l’un des auteurs en lice les plus partagés sur les réseaux sociaux. Admiratif de ce «succès» avant délibération, Ezin Pierre Dognon rappelait néanmoins que «l’objectif de départ n'a jamais été d’écrire pour une compétition mais pour exprimer des pensées, narrer des faits, panser le monde d'aujourd’hui tout en pensant à celui de demain».
«Je suis sincèrement admiratif …Que je sois sélectionné ou pas, sachez que le plus important à mes yeux aujourd'hui et ce après cette belle expérience littéraire et humaine n'est pas de gagner mais d'envoyer un message», écrit-il par ailleurs. Mais ce qui est heureux, c’est que, in fine, le Bénin continue de mériter sa place de pays de grandes merveilles dans le concert des nations. On attendra désormais qu’émerge de nos rangs et que poussent de nos lignes, d’autres Ezin Pierre Dognon, auteurs d’autres manuscrits et de belles publications afin que la flamme du Bénin littéraire brûle et brille.
Josué F. MEHOUENOU
Source : www.lajourneedumanuscrit.com
Culture 26 oct. 2015