La Nation Bénin...
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Mettre en place un dispositif cohérent et efficace pour la promotion de l’emploi des jeunes et favoriser le développement personnel et l’esprit entrepreneurial au sein de la jeunesse en quête d’emploi, tels sont les objectifs du président Patrice Talon et de son gouvernement à travers l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi (Anpe). Urbain Amégbédji, directeur de l’Anpe, met ici en lumière la politique du gouvernement pour garantir l’emploi et les stratégies pour un mieux-être de la jeunesse.
La Nation : Quelle est la politique du gouvernement en matière d'emploi ?
Urbain Amégbédji : La politique du gouvernement en matière d’emploi consiste à créer les conditions favorables à l’épanouissement des entreprises, car ce n’est pas au gouvernement ni à l’Etat de créer l’emploi, c’est à l’entreprise privée. Pour que l’entreprise privée puisse créer de l’emploi, il revient au gouvernement d’assainir et de créer un climat favorable aux affaires de manière que des entreprises se sentent à l’aise, s’installent au Bénin, développent leurs affaires et dans ces conditions, elles seront amenées à recruter. L’investissement fait aujourd’hui par le gouvernement consiste à faciliter l’implantation et le développement des entreprises privées et à leur fournir différents facteurs qui favorisent leurs productions notamment en matière d’électricité, eau, d’accès à internet et aussi en matière du code des investissements et de la fiscalité. Toutes choses qui permettront aux entreprises de pouvoir préférer le Bénin parce qu’il offre de meilleures conditions d’installation et de développement.
Quel rôle joue alors l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi ?
L’Anpe a pour mission de contribuer à l’élaboration et à la mise en œuvre de la politique du gouvernement. L’Anpe est une agence qui joue le rôle d’intermédiation entre les offreurs d’emploi et les demandeurs d’emploi. Nous sommes là afin d’accompagner les demandeurs d’emploi dans leur souci de pouvoir avoir un emploi auprès d’une entreprise ou de créer leur propre emploi. Le gouvernement met à notre disposition un certain nombre de mesures d’accompagnement des jeunes qui sont à la recherche de l’emploi ou à la recherche de la création d’une entreprise. Notre rôle est également d’accompagner les entreprises dans leur volonté de trouver les compétences et les ressources humaines qualifiées pouvant leur permettre de développer leurs affaires.
Le taux de chômage au Bénin est de 2,3%, calculé en 2017 par l’Institut national de la statistique et de l’analyse économique (Insae) en relation avec la Banque mondiale. Il faut ajouter tout de suite que ce taux faible s’accompagne d’un taux relativement élevé de sous-emploi qui est de 72%. On dira que le problème du Bénin, ce n’est pas le chômage mais d’abord le sous-emploi. Le Bénin a un problème de sous-emploi parce que la jeunesse béninoise est dynamique. Elle refuse de subir le chômage et de rester à la maison. Quand vous avez des jeunes diplômés ou non, contrairement à d’autres pays, ils ne restent pas les bras croisés même s’ils n’ont pas encore trouvé l’emploi qui correspond à leur profil. Ils exercent de petits métiers notamment les taxis-moto, la vente d’essence, la vente de tous produits. Toutes ces activités font que ces jeunes gagnent des ressources certes, mais pas à la mesure de leurs besoins. Ils sont considérés par le Bureau international du travail comme des travailleurs mais des travailleurs en sous-emploi parce que ne faisant pas un emploi qui correspond à leur qualification ou ne gagnant pas les revenus correspondant à leurs compétences. Même les Occidentaux s’étonnent que nous ayons un taux de chômage aussi faible.
Quelle stratégie mettez-vous en place pour satisfaire ces jeunes demandeurs d’emploi?
Nous les écoutons, nous essayons de tracer leur profil, et nous accompagnons ces jeunes qui viennent à nous en fonction du marché de l’emploi et en fonction de leur profil et de leur qualification. Beaucoup d’entre eux réussissent à trouver de l’emploi ou à se lancer dans la création d’une entreprise grâce aux mesures et aux accompagnements que nous leur donnons.
Parlant de mesures, les jeunes qui s’adressent à nous demandent deux types d’emploi. Soit ils veulent un emploi salarié et ils sont les plus nombreux, soit ils veulent se lancer dans l’entrepreneuriat. Pour ceux qui veulent un emploi salarié, le diagnostic que nous faisons le plus souvent, c’est qu’ils n’ont pas un curriculum vitae qui puisse intéresser les employeurs parce que n’ayant pas d’expérience du tout ou n’ayant pas suffisamment d’expérience. C’est pour cela qu’ils échouent dans les tentatives de se faire recruter. La solution à ce problème, c’est d’augmenter leur taux d’employabilité, ce que nous faisons en leur offrant des possibilités d’être employés dans des entreprises à nos frais ou plutôt aux frais de l’Etat. Ils sont appelés à aller travailler dans des entreprises, dans des ministères ou dans des structures publiques aux frais de l’Etat que nous payons pendant une année ou plus et ceci leur permet de pouvoir enrichir leur curriculum vitae de manière à être plus employables et à intéresser mieux les entreprises. Lorsqu’ils sont plutôt intéressés par l’entrepreneuriat, nous les accompagnons par divers modules de formation pouvant leur permettre de trouver leur idée d’entreprise, de créer leur entreprise ou de gérer mieux leur entreprise. Nous avons une série de modules qui les préparent aux métiers d’entrepreneurs et ces mesures vont jusqu’à l’élaboration de leur plan d’affaires qui leur permet de s’adresser à une banque ou à une institution financière pour se lancer.
Récemment, dans le cadre de la réalisation du Pag, le gouvernement a lancé le recrutement de plus de 1000 employés au profit des entreprises chinoises. Où en est-on concrètement ?
Ce recrutement révèle la mise en œuvre du Pag qui est à sa phase de croisière. De plus en plus, les entreprises qui ont gagné les marchés du Pag ont un grand besoin de ressources humaines pour pouvoir les exécuter et c’est dans ce cadre que l’Association des entreprises chinoises au Bénin a mutualisé ses efforts pour faire un recrutement en une seule fois. Cette association s’est adressée à nous pour gérer le volet logistique et technique de ce recrutement massif. Nous avons, à travers nos procédés, pu sélectionner pour ses entreprises environ 4000 personnes sur plus de 8000 personnes qui étaient inscrites sur notre site pour postuler à ces emplois. Le processus s’est déroulé normalement. D’abord par la publication de l’avis dans toutes les communes, dans toutes les agences de l’Anpe, à travers les médias pour que tout le monde soit informé. Nous avons recueilli les inscriptions, fait un tri de présélection, et ce sont ces 4000 qui ont planché devant les 14 entreprises chinoises qui avaient besoin de les recruter. Au terme de ce recrutement massif qui a eu lieu le 3 mai dernier à Canal Olympia de Wologuèdè, les entreprises chinoises ont pu sélectionner les meilleurs candidats pouvant servir dans leurs entreprises chargées de réaliser les marchés du Pag qu’ils avaient gagnés. Ce processus a été très satisfaisant. Environ 1000 demandeurs d’emploi ont pu avoir une promesse d’emploi et les entreprises chinoises ont pu sélectionner les meilleures compétences dont elles avaient besoin. Parmi ces employés, nous avons 143 cadres et agents d’encadrement et 821 ouvriers et manœuvres et ceux-ci vont pouvoir démarrer incessamment.
Quel appel avez-vous à l’endroit des jeunes ?
Je dirais aux jeunes de ne pas désespérer. L’amélioration de l’environnement des affaires est la chose la plus importante qui leur permettra de trouver l’emploi. L’emploi ne sera pas généré par le gouvernement directement. Le gouvernement recrutera mais cela ne suffira pas. Un travail important se fait pour que la place du Bénin puisse être une place enviable, une place prisée pour les entreprises de façon que le chômage puisse diminuer et que les jeunes puissent trouver du travail. Je demanderais également aux jeunes de ne pas ignorer l’entrepreneuriat. Les opportunités en matière d’entrepreneuriat sont énormes dans notre pays. Et ces opportunités sont à leur disposition. S’ils ont des difficultés, qu’ils viennent à nous et nous allons en discuter pour leur montrer les opportunités et les accompagner.
Dernière chose que je dirais aux jeunes et cela également aux parents, c’est que l’emploi est lié à la consommation. Si nous avons des comportements extravertis, sachons que nous envoyons notre argent soutenir l’emploi dans les pays de provenance des produits que nous consommons. Si le riz que nous consommons est un riz importé, sachons que nous contribuons à payer le salaire d’un ouvrier qui le fabrique ailleurs. Mais si le riz que nous consommons est du riz béninois, nous contribuons à soutenir l’emploi d’un Béninois ou à en créer davantage. C’est donc aberrant et paradoxal que des jeunes qui cherchent l’emploi n’aient d’autres manières de consommation que de consommer uniquement étranger. Ils contribuent à soutenir et à créer l’emploi ailleurs que là où ils recherchent l’emploi. Ce même message va aussi à l’endroit des parents. Ils ne peuvent pas chercher de l’emploi à leurs enfants en ayant des comportements de consommation extravertis. L’emploi est lié à notre consommation. Plus nous consommerons nos produits, plus nos entreprises se développeront et auront des besoins de recrutement et plus nous aurons des chances de réduire le chômage.

Dans le cadre du jeûne du Ramadan, le réseau de téléphonie mobile Moov Bénin, à travers sa fondation Etisalat Bénin, est allé soutenir les fidèles musulmans de la mosquée centrale de Dassa- Zoumè. C’était hier, mardi 21 mai, au cours d’une cérémonie de remise de vivres à une centaine de musulmans de cette mosquée, sous l’égide de la secrétaire exécutive de cette fondation, Dolorès Chabi Kao.
Des sacs de riz, des cartons de sucre, des boîtes de café, de Milo, de lait, des bidons d’huile, des paquets de thé, etc. C’est ce à quoi les fidèles musulmans de la mosquée centrale de Dassa- Zoumè ont eu droit hier.
Selon la secrétaire exécutive de la fondation Etisalat Bénin, Dolorès Chabi Kao, la cible dans cette opération de don n’est composée que de personnes vulnérables. Mais, elle explique que ce n’est pas seulement cette catégorie de personnes qui est prise en compte par les opérations de dons de sa fondation.
« Nous faisons aussi des dons aux abonnés du réseau Moov Bénin », souligne-t-elle, avant de faire remarquer que c’est le volet social de l’opération qui a eu lieu à la mosquée centrale de Dassa-Zoumè. Car, il s’agit de personnes qui ne sont pas nécessairement des abonnés du réseau Moov Bénin, mais qui n’ont pas assez de moyens pour supporter cette période de jeûne du Ramadan.
« Nous avons la chance de voir Moov Bénin dans nos quatre murs ce mardi 21 mai pour nous donner des vivres dans le cadre du jeûne du Ramadan », se réjouit le président de la mosquée centrale de Dassa-Zoumè, El Hadj Soulémane Olabodi qui s’est confondu en remerciements envers le réseau Moov Bénin. Car, dit-il, « Nous avons vu beaucoup de choses comme le riz, le sucre, le lait, le café, l’huile, le thé, etc. ».
Des remerciements
El Hadj Soulémane Olabodi déclare qu’il ne sait pas comment remercier une fois de plus Moov Bénin dans la mesure où les responsables de la fondation Etisalat ont voulu que les vivres soient donnés à cent fidèles musulmans de la mosquée.
« Nous allons gérer les vivres pour que les cent fidèles musulmans des deux sexes puissent vraiment en bénéficier», promet le président de la mosquée. Pour lui, ces vivres sont d’un grand secours pour les bénéficiaires.
« Pendant cette période de jeûne, nous mangeons beaucoup », déclare El Hadj
Soulémane Olabodi qui estime que ce geste de Moov Bénin vient soulager les bénéficiaires.
Et de souhaiter que cette aide vienne régulièrement dans la mesure où en cette période de Ramadan, ça se partage dans la beauté et la joie.
Pour sa part, l’imam de la mosquée centrale de Dassa- Zoumè, Adam Baloubi, a manqué de mots pour remercier Allah qui a béni, selon lui, ce mois de Ramadan. Car, au cours de ce mois, indique-t-il, les gens aiment faire des gestes comme Moov Bénin l’a fait ce mardi. « Nous sommes très ravis et très contents », se réjouit-il, avant de rappeler que le prophète Mahomet promet le paradis à celui qui donne à manger et à boire pendant cette période de jeûne.
Au nom de la communauté musulmane de cette mosquée, des membres du comité de gestion et des responsables à divers niveaux, l’imam Adam Baloubi a salué le geste de Moov Bénin à travers la fondation Etisalat. Une action qui, dit-il, restera gravée dans l’histoire de la mosquée.
Après la mosquée centrale de Dassa-Zoumè, la remise de vivres, selon Dolorès Chabi Kao, se poursuivra dans les prochains jours dans le département de l’Ouémé.

Renvoyé pour défaut de conseil, le quatorzième dossier au rôle de la première session criminelle du Tribunal de première instance de Cotonou a finalement été vidé lundi 20 mai dernier. Poursuivi pour les faits de viol, l’accusé Innocent Palou a été déclaré coupable et a écopé de trois ans de réclusion criminelle ; une peine qu’il a déjà purgée.
Viol sur mineure de moins de 13 ans, c’est sous ce chef d’accusation que le nommé Innocent Palou, la soixantaine, a comparu le lundi dernier. Au terme de l’audience, il a été déclaré coupable et a pris trois ans d’emprisonnement ferme pour ce forfait, qui semble être le mal du siècle. Le crime s’est déroulé dans des circonstances qui ne permettent pas de retenir aisément l’imputabilité de l’acte au mis en cause.
Les faits !
Agée de 9 ans au moment des faits, la fillette A.D. vit chez son tuteur et son épouse. Le tuteur a l’habitude de la déposer au domicile de son beau-père pour se rendre au service et la récupérer au retour. Au domicile du beau-père, se trouvaient également une domestique connue sous la dénomination de Honon et un gardien, le sieur Innocent Palou, chargé de veiller sur le grand père malvoyant.
Dans la journée du 24 février 2016, au domicile du beau-père, le nommé Innocent Palou, s’étant retrouvé seul avec la fillette, et l’a entraîné dans l’une des chambres de la maison avant d’entretenir des rapports intimes avec elle. La domestique Honon qui faisait la lessive dans la cour a remarqué l’absence de la fillette et l’a aussitôt appelée. La fillette apparaît avec les yeux tout rouges et une démarche inhabituelle. La nouvelle fut aussitôt portée au tuteur de la jeune fille, qui la transporta le lendemain chez un gynécologue, surtout du fait que la petite n’arrivait pas à marcher correctement.
Interpellé et inculpé de viol sur mineure de moins de treize ans, l’accusé a reconnu les faits tant à l’enquête préliminaire que lors de son interrogatoire de première comparution devant le juge instructeur, bien qu’il ait par la suite tenté de les dénier.
Confrontation !
A la barre, le mis en cause Innocent Palou a poursuivi dans la dénégation des faits. Il assure ne pas avoir tenu des rapports avec la fillette. Il reconnait avoir souvent échangé avec elle, mais dans des termes bien courtois.
Cité pour comparaître, le tuteur de la victime rapporte les propos de la fillette. Il soutient que la jeune fille a avoué aux officiers de police judiciaire que le nommé Innocent Palou l’a bel et bien contraint à tenir des rapports sexuels avec elle. Le tuteur atteste d’ailleurs avoir constaté que la fillette ne marchait plus normalement, et c’est ce qui l’aurait motivé à la conduire aux soins le lendemain chez le gynécologue. La nommée Honon, qui a été la première à voir la fillette après les faits, va également confirmer qu’elle a vu la fillette mal en point sortir de la chambre de l’accusé Innocent Palou, alors gardien. Elle ajoute que c’est la première fois qu’elle a surpris la petite et l’accusé ensemble. Mais le mis en cause laisse entendre que la fillette a l’habitude de fréquenter sa chambre sans qu’il la touche pour autant. Innocent Palou dit voir la fillette comme l’enfant qu’elle est et rien de plus. Si la fille connait des rapports sexuels, l’accusé soutient que ce ne serait certainement pas avec lui. Le certificat médical de la victime fait état de ce que la fillette n’est pas à son premier acte. Il va donc sans dire que l’acte du 24 février n’était pas le premier.
Au final, ni la victime, lors des diverses auditions, ni le tuteur, ni la domestique, n’auront été constants sur les circonstances de commission des faits. L’accusé est-il, a priori, capable d’un tel acte ? La lecture des pièces apportera davantage de précisions sur l’homme. De tempérament mélancolique mais très sociable, le mis en cause est décrit par le rapport d’expertise médico-psychologique comme un homme équilibré et responsable. L’enquête de moralité lui est favorable. Il est présenté comme un homme sérieux, exemplaire, rigoureux, introverti qui est très peu enclin au sexe.
Dénouement !
Citant l’article 3 de la loi portant prévention et répression des violences faites aux femmes, les articles 189 et 345 du Code de l’enfant et l’article 553 du Code pénal, le représentant de la société a situé le siège de l’infraction de viol et plus précisément de l’infraction de viol sur mineure de moins de treize ans. Démontrant l’élément matériel, le ministère public fait savoir que le toucher vaginal suffit à emporter le crime. Or, dans le cas d’espèce, soutient le magistrat du parquet, le mis en cause a posé la main sur la petite, l’a contrainte à se coucher, lui a fermé la bouche et a tenu des rapports avec elle. Il citera les déclarations de la victime, celles de la dame surnommée Honon et celles de l’accusé lui-même lors de l’enquête préliminaire. A en croire le ministère public, l’élément intentionnel est lié à l’élément matériel. « Innocent Palou a bien mûri son acte avant de l’exécuter. Il a eu le temps de baliser le terrain et ceci, en invitant la jeune fille à venir le regarder en chambre pendant qu’il prend sa douche », va déclarer le ministère public. Il reconnait toutefois que l’accusé bénéficie d’une bonne enquête de moralité et semble bien sociable. Cela n’empêchera pas le ministère public de requérir, à l’égard de l’accusé, la réclusion criminelle à perpétuité conformément au Code de l’enfant et au Code pénal.
Le conseil de l’accusé, Me Yvon Détchénou va déplorer le manque de sensibilité du ministère public avant de plaider pour l’acquittement de son client au bénéfice du doute. « Si face au viol, on doit être implacable, je vous invite, monsieur le président, messieurs les assesseurs, lorsqu’il y a le moindre doute, lorsque les faits ne sont pas limpides, à dire qu’il n’y a pas viol », a suggéré le bâtonnier dans sa plaidoirie avant de relever les imprécisions, les imperfections du dossier. Me Yvon Détchénou a évoqué les contradictions dans les déclarations du tuteur et de la domestique puis le rapport médical qui ne fait mention d’aucune pénétration vaginale, d’aucune plaie, mais qui atteste de ce qu’il y a eu viol. Il fait remarquer que la victime n’a même pas d’acte de naissance précisant son âge, en raison de quoi, l’on ne saurait établir la minorité.
S’agissant du crime de viol, Me Yvon Détchénou laisse entendre que l’acte de pénétration doit être établi. Se fondant sur le rapport médical, il déclare qu’il n’y a mention d’aucune déchirure, d’aucun traumatisme, d’aucune éraflure ou plaie, d’aucune marque de sang prouvant la défloraison de la fillette. A l’en croire, la pénétration définie dans la loi portant prévention et répression des violences faites aux femmes, n’est pas établie. « On cherche une application rigoureuse de la loi », va rappeler le conseil de l’accusé. C’est ce qui, selon lui, justifie sa demande d’acquittement du mis en cause au bénéfice du doute.
« Qu’il vous plaise de constater que les éléments constitutifs de viol ne sont pas établis … et qu’il vous plaise d’acquitter le nommé Innocent Palou au bénéfice du doute », a-t-il conclu.
Après en avoir délibéré, le Tribunal a disqualifié le crime de viol sur mineure de moins de 13 ans et a déclaré le nommé Innocent Palou coupable de délit d’atteinte sexuelle sur mineure de moins de 15 ans et l’a condamné à trois ans de réclusion criminelle n
Composition du Tribunal
Président : JacquesHounsou
Assesseurs :
Ambroise Adjiboye
Aubert Kodjo
Fortunato Kadjegbin
Arnaud Toffoun
Ministère public : Antoine J. Abévi
Société 22 mai 2019

Dans son adresse à la nation, tant attendue, le président de la République, Patrice Talon, ce lundi 20 mai, a réitéré son credo relatif à la nécessité de réformer le pays pour le faire développer. Avant-hier en tant que potentiel candidat à la présidentielle, hier en tant que candidat, et puis en qualité de chef de l’Etat, il n’a eu, en effet, de cesse de partager cette préoccupation avec ses compatriotes. Selon lui, notre démocratie n’aura été qu’un miroir aux alouettes si on continue de couver ses tares sans les corriger, si elle ne procure pas le bien-être individuellement et ne le favorise pas collectivement.
Lui, persuadé qu’il ne faut renvoyer aux calendes grecques « l’impérieuse nécessité d’accélération du développement » qui passe par des réformes, douloureuses soient-elles, s’est donné pour credo de réformer, et invite chacun de ses compatriotes à porter leur part de la croix, à opérer leur parcelle de renoncement afin que l’œuvre, salvatrice, en tout cas nécessaire, s’accomplisse, aboutisse…
Cela étant, c’est un président de la République, en père de la nation comme on dit qui s’est adressé hier à la nation, conscient des écueils qui ne manquent pas sur le difficile chemin des mutations, mais résolu à mener la barque Bénin plus loin, au-delà en tout cas de la « situation critique à des égards » du pays. En langage militaire, on parle d’avoir une vision globale…de la situation. Car, il n’a pas manqué de relever les difficultés et écueils liés à la vie sociopolitique, qu’il n’occulte pas comme à ses habitudes, en tout réalisme. Tout en faisant preuve de compassion, surtout à l’égard des victimes des violences liées aux élections ou du drame ayant emporté notre compatriote Fiacre Gbédji. Il fait aussi preuve d’ouverture, encore, en exhortant le nouveau Parlement à « procéder à la relecture responsable de la Charte des partis et du Code électoral, pour les actualiser en tenant compte des réalités de l’évolution de notre pays ».Patrice Talon n’est pas moins ferme et résolu, en ce qui concerne l’orientation qui doit être celle du pays : « Nos incompréhensions, nos contradictions et même nos dérapages ne doivent pas avoir pour conséquence de nous ancrer dans l’immobilisme…», soutient-il.
Certes, le chef de l’Etat ne s’embarrasse pas de savoir, suite aux polémiques nées des dernières élections, à qui attribuer le tort des tournures prises par les situations, tout de même, il ne fait l’ombre d’aucun doute dans son esprit que les remèdes qui doivent être administrés au pays, sont bien ceux préconisés sous sa férule. La marque d’un homme d’Etat n’est-elle pas d’avoir une vision, y compris contre l’opinion émotive de la masse ? Lorsque l’on consulte l’Histoire, on s’en rend aisément compte, de Churchill à Konrad Adenauer, en passant par De Gaulle.
Paul AMOUSSOU

Dans une correspondance aux députés, en date du lundi 20 mai, le président de l’Ong Alcrer, Martin Vihoutou Assogba a rappelé à la huitième législature, les défis qui doivent être les siens en vue d’une mandature réussie.
Le président de l’Ong Alcrer, Martin Vihoutou Assogba met la huitième législature devant ses responsabilités. A travers une lettre ouverte à elle adressée ce lundi 20 mai, il a énoncé quelques principes républicains qui doivent guider l’action de la nouvelle mandature.
Selon lui, les députés ne doivent pas perdre de vue les conditions délicates dans lesquelles ils ont été mandatés. « Les circonstances particulières dans lesquelles se sont déroulées ces élections vous recommandent une humilité permanente et un sens élevé de patriotisme pour transformer les douleurs de la crise électorale en succès politiques pour le développement national. La nation dont vous êtes les dignes représentants ne vous pardonnera pas d’oublier ces circonstances douloureuses dans lesquelles certains d’entre nous n’auraient jamais dû perdre la vie ! », avertit Martin
Vihoutou Assogba.
Il invite les députés à prendre la mesure de l’enjeu. « Je souhaite faire pleinement confiance en votre capacité à vous mettre résolument au service exclusif du peuple
béninois, à l’écoute de son attachement à la démocratie et de ses besoins socio-économiques », espère-t-il, les invitant au contrôle de l’action gouvernementale sans complaisance, avec lucidité et intégrité.
« J’espère, sans en douter, que les ors et les lambris du pouvoir ne vous détourneront pas de cette voie si proche de la voix du peuple. C’est à cette condition que nous resterons toujours mobilisés derrière vous, à vous soutenir », conseille-t-il.
L’Ong Alcrer se dit prête à accompagner l’élan de développement dans lequel s’engageront les députés de la huitième législature. « N’hésitez pas à revenir vers nous pour nous rendre compte de votre travail et prendre en compte notre mot et nos envies de développement », laisse-t-il entendre.
Selon le président de ladite Ong, la nouvelle législature doit bâtir sa mandature sur la promotion des valeurs républicaines, en l’occurrence la lutte contre la corruption, la déclaration du patrimoine et le respect des textes.
« L’article 3 de la loi n°2011-20 du 12 octobre 2011 portant lutte contre la corruption et les infractions connexes en République du Bénin vous oblige à déclarer vos biens à la prise et à la fin de vos fonctions », rappelle Martin Vihoutou Assogba.
Evoquant l’article 4 de la loi sur la corruption, il indique que le «refus de déclaration est puni d’une amende dont le montant est égal à six mois de rémunération perçue ou à recevoir dans la fonction occupée ».
Il exhorte les députés à se démarquer positivement afin de mériter la confiance placée en eux par le peuple : « J’invite humblement votre législature à faire la différence pour vous montrer davantage dignes de respecter les lois de la République ; vous êtes les représentants de la Nation, c’est vous qui légiférez et le respect de ces lois doit commencer par chacun de vous en vue de donner le bon exemple au peuple ».

Le député Abdoulaye Bio Tchané démissionne de l’Assemblée nationale au profit de son poste de ministre d’Etat chargé du Plan et du Développement. Il cède désormais son fauteuil à son suppléant, Assan Séibou. La lettre de démission de l’élu de la 14e circonscription électorale composée des communes de Bassila, Copargo et Ouaké sur la liste du Bloc républicain a été lue au début de la séance plénière de ce lundi 20 mai à l’Assemblée nationale.
Conformément à la procédure, Assan Séibou a été installé dans son fauteuil par le président de l’Assemblée nationale, Louis Vlavonou. Assan Séibou n’est plus à présenter. C’est un habitué du palais des Gouverneurs pour avoir été député lors des 3e (1999-2003) et 4e législatures (2003-2007) de l’ère du renouveau démocratique. Il connait bien l’institution parlementaire. Il a été député du Parlement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) à Abuja au Nigeria. Jusqu’à son installation hier, Assan Siébou est le directeur du Centre de partenariat et d’expertise pour le développement durable (Ceped) qui pilote le projet Bénin-Taxi. Il est titulaire d’un Master II en Droit pénal et sciences criminelles, obtenu en 2016 à la Faculté de Droit et sciences politiques de Tchaourou, sous-tutelle de l’Université de Parakou et d’une Maîtrise en sciences économiques Option : gestion des entreprises obtenue en 1993 à l’ex-Faculté des sciences économiques, juridiques et politiques (Fasjep) de l’ex-Université nationale du Bénin. Assan Séibou a fait son expérience de la chose politique au sein du Mouvement africain pour la démocratie et le progrès (Madep), de l’Alliance pour un Bénin triomphant (Abt) et aujourd’hui avec le parti Bloc républicain.
Actualités 21 mai 2019

Mes chers compatriotes,
Le processus électoral relatif à la 8e législature de notre pays vient de s’achever.
Il aura été l’aboutissement d’une réforme majeure, difficile, à la fois souhaitée et redoutée : la réforme du système partisan.
Cette réforme était souhaitée parce qu’elle était attendue de vieille date, autant par les citoyens, la société civile, que par les acteurs politiques, pour redonner confiance aux uns et crédibilité aux autres, quant à l’importance de l’impact du système partisan sur la qualité de la gouvernance du pays.
Elle était redoutée parce que, inévitablement, elle remettrait en cause les acquis des acteurs
d’un multipartisme débridé que nous avons cultivé depuis bientôt 30 ans, et qui est la cause principale d’une mauvaise gouvernance, source de notre sous-développement.
C’était donc en soi une réforme risquée.
Fallait-il l’engager au risque de générer toutes controverses ?
Fallait-il, au contraire, y renoncer, la renvoyer sinon à plus tard, du moins aux calendes grecques, alors que l’impérieuse nécessité d’accélération du développement socioéconomique de notre pays en dépend aussi ?
Mes chers compatriotes,
Depuis trois ans, convaincu que nous ne pouvions continuer à nous satisfaire de notre situation critique à bien des égards, je vous ai invités à l’effort et vous ai engagés sur la voie de réformes indispensables à notre développement.
Elles paraissent parfois impossibles, inopportunes, mais sont nécessaires au progrès.
Elles sont difficiles, oui, mais à force de courage nous les réussissons progressivement et nous finissons par en reconnaître la pertinence et l’opportunité.
Les résultats déjà obtenus sont évocateurs à plus d’un titre.
Je n’ai jamais eu de cesse de les considérer comme des victoires collectives, car je sais la part importante que chacun de vous y prend. Je sais quels sacrifices chacun consent.
Notre pays n’a, en réalité, pas d’autre choix.
Il est tenu et doit se révéler à lui-même par la rigueur dans la gestion et la soumission à ses lois.
En cela, la classe politique a un rôle majeur à jouer et doit servir de modèle.
C’est mû par cette conviction et porté par cette foi fervente que j’ai soutenu l'initiative de la
réforme de nos pratiques partisanes et électorales, rassuré qu’à force de persévérance dans l’action, nous parviendrons à des résultats durables.
Cette réforme, je la savais délicate.
Je sais cependant qu’elle est nécessaire à notre progrès économique et social durable, car, si nous ne risquons rien, nous n’aurons rien de mieux.
J’avais conscience que parce qu’elle a vocation à bousculer nos acquis et habitudes, à ébranler nos certitudes, cette réforme occasionnerait des querelles politiciennes.
Nous nous y sommes courageusement engagés mais certains d’entre nous n’ont pas su faire preuve de sagesse, de mesure et de patriotisme.
Leurs actions ont été d’une violence inédite.
Cette épreuve-là, autant elle aura été rude, autant elle devra nourrir la naissance d’un nouvel idéal.
En effet, nos incompréhensions, nos heurts, nos contradictions et même nos dérapages ne doivent pas avoir pour conséquence de nous ancrer dans l’immobilisme et dans nos travers.
Tout ce qui nous est arrivé doit être utilement mis au crédit d’une crise de croissance de notre processus démocratique.
Car, si personne ne conteste la justesse du diagnostic qui a conduit à la réforme du système partisan, peut-être n’étions-nous pas suffisamment préparés pour franchir cette étape.
Aussi, n’importe-t-il pas très peu de chercher à savoir qui a raison ou qui a tort ?
Ainsi que je l’ai dit le 27 décembre 2018 devant l’Assemblée nationale, lors de mon message sur l’état de la nation, ce qui est attendu de nous, ce n’est pas d’avoir raison individuellement, mais plutôt collectivement, historiquement, en tant que peuple, en tant que nation.
Mes chers compatriotes,
C’est le lieu pour moi, au nom de la nation tout entière, de déplorer que pour une controverse parmi tant d’autres, pour quelques frustrations inhérentes à la vie en communauté et aux mutations profondes, nous ayons pu en arriver à une telle manifestation de violence.
Cela est très regrettable.
Davantage parce que nous avons dû perdre des vies humaines.
Ma tristesse est immense et je présente ma profonde compassion aux familles éplorées.
De même, j’ai une pensée affective pour les agents des Forces de Défense et de Sécurité agressés ou blessés, et je salue leur sens du devoir et du sacrifice au service de la République et pour la protection des personnes et des biens.
Je n’oublie pas ceux qui ont perdu des biens de toutes natures.
En somme, notre pays aura payé un lourd tribut et cela ne doit plus jamais se reproduire.
Cette épreuve-là, elle doit nous unir davantage et nourrir notre marche vers le développement.
C'est pourquoi je remercie chaleureusement tous ceux qui, individuellement ou collectivement, ont œuvré au retour de la paix.
C’est aussi là la preuve que nous sommes un grand peuple, le peuple du Bénin, capable de surmonter nos difficultés.
Ainsi, sommes-nous restés unis face au drame survenu le 1er mai dernier dans le parc de la Pendjari, avec la mort d’un de nos compatriotes et l’enlèvement de deux touristes français libérés plus tard sur le territoire voisin du Burkina Faso au sacrifice de deux officiers français.
Notre indignation collective est profonde.
Elle n’est ni de l’Opposition, ni de la Mouvance.
Elle n’a pas de religion et n’est d’aucune région.
Elle est simplement celle du Bénin tout entier.
Je veux ici, au nom de tous, rendre un vibrant hommage à notre compatriote assassiné, aux soldats français tués, et saluer la libération des deux touristes.
Je veux surtout vous rassurer qu’en attendant les résultats des enquêtes, mon Gouvernement a promptement pris la mesure de la situation.
C’est pourquoi, bien que le parc soit déjà aux normes internationales grâce au savoir-faire de notre partenaire African Parks, nous avons décidé de renforcer davantage le dispositif de sécurité aussi bien en effectif qu’en moyens logistiques ultra modernes.
Ceux-ci seront mis en place à très court terme.
Mes chers compatriotes,
Des difficultés, il y en aura sans doute encore sur notre parcours, pour rythmer notre quête légitime de progrès et éprouver notre détermination à y parvenir.
Mais comme à chaque fois, nous saurons puiser en nous les ressources pour être à la hauteur des attentes.
A ce propos, je voudrais inviter le nouveau Parlement qui vient de se doter de son bureau, à se mettre résolument au service du Bénin entier.
Je l’invite à jouer son rôle avec panache pour démentir les suspicions légitimes qui ont pu naître à son égard et apaiser les craintes qu’il suscite.
Il doit, au nom du peuple, voter des lois qui renforcent la démocratie et soutiennent le développement socioéconomique, procéder au contrôle méthodique et rigoureux de l’action du Gouvernement pour l’amener à faire mieux et toujours plus au service de l’Etat et des populations.
Je l’invite tout particulièrement à rassurer l’Opposition politique en procédant à la relecture responsable de la Charte des partis et du Code électoral, pour les actualiser en tenant compte des réalités de l’évolution de notre pays.
Il devra en être autant pour la loi portant statut de l’Opposition, afin de lui créer les conditions les meilleures pour sa libre expression, l’accomplissement de son rôle démocratique dans les formes indiquées et, en définitive, pour sa contribution au développement économique et social de notre pays.
Conscient que nul ne devra manquer au chantier de construction de notre pays, j’inviterai très prochainement toute la classe politique pour des échanges directs, francs et constructifs au profit de notre bien commun, le Bénin.
D'ores et déjà, je veux ici vous redire, chers compatriotes, ma détermination à bâtir avec vous, notre société dans laquelle la démocratie sera plus que jamais un réel instrument de développement socioéconomique, où chacun est libre de ses opinions mais responsable de ses actes, et où les lois sont les mêmes pour tous.
Une société de plus en plus moderne où chacun, au service de la communauté, dans la sphère d’action qui est la sienne, n’a qu’une seule obsession : faire grandir le Bénin chaque jour un peu plus.
Vive le Bénin,
Je vous remercie.

Les mis en cause du dix-septième dossier au rôle de la première session criminelle du Tribunal de première instance de Cotonou sont poursuivis pour les faits d’avortement suivi de mort. Les nommés Gérard Damado, Hélène N’Koa Kouagou et Marcel Kokossou ont écopé de la perpétuité pour ce forfait.
Les pseudo-médecins courent aujourd’hui les rues. Leurs prestations souvent moins coûteuses, enchantent bon nombre de personnes mais il faut savoir raison garder. Les conséquences peuvent se révéler irréversibles aussi bien pour les patients opportunistes que pour les agents auto-assermentés. Gérard Damado et Hélène N’Koa l’ont appris à leurs dépens. Ils avaient l’habitude d’opérer en douce, en professionnels auto-déclarés de la santé, mais ce coup a mal tourné. Les accusés de l’audience criminelle du vendredi dernier, Gérard Damado et Hélène N’Koa ont, en effet, fait avorter dame Rolande Bessan qui en est décédée les jours suivants. C’était bien sûr avec le concours du compagnon de la victime, Marcel Kokossou. En dépit de leurs tentatives de dénégation des faits, tous ont pris la perpétuité.
Retour sur les faits
Courant le mois de novembre 2016, les nommés Gérard Damado et Hélène N’Koa Kouagou se faisant passer pour respectivement médecin et aide-soignante, ont, en présence de Marcel Kokossou, et à l’aide de diverses substances, fait avorter la nommée Rolande Bessan, enceinte de cinq mois environ. L’opération semblait avoir réussi, mais contre toute attente, une semaine après, la santé de la patiente s’est dégradée. A nouveau admise au domicile du couple Damado, la victime est décédée après deux jours de soins Nuitamment, Gérard Damado et Hélène N’Koa Kouagou déposent le corps à la morgue Pk 14 de Godomey. A l’insu des parents de la défunte, ils procèdent le lendemain avec la collaboration de Marcel Kokossou, à la mutation du nom du déposant et six jours plus tard, à l’inhumation de la victime.
Les investigations entreprises par les parents de la défunte ont permis d’interpeller dans un premier temps le nommé Marcel Kokossou, compagnon de la victime, puis Gérard Damado et Hélène N’Koa Kouagou. Tous appréhendés puis inculpés des faits d’avortement suivi de mort, ils sont mis en détention le 9 janvier 2017. La nommée Sabine Dossa sera également soupçonnée de complicité d’avortement, étant non seulement artiste comme la défunte mais aussi ex-petite amie de Gérard Damado. Mais l’instruction de l’affaire n’ayant pas pu prouver qu’elle a, d’une façon ou d’une autre, indiqué, favorisé, aidé, donné des conseils aux fins d’utilisation de moyens ou de procédés pour faire avorter feue Rolande Bessan, celle-ci a bénéficié d’une ordonnance de non-lieu partiel. Tant à l’enquête préliminaire que devant le magistrat instructeur, les nommés Gérard Damado et Hélène N’Koa Kouagou ont, quant à eux, nié les faits. Par contre, le nommé Marcel Kokossou, compagnon de la victime, a reconnu les faits à toutes les étapes de la procédure en expliquant avec menus détails les circonstances de la survenue du crime.
Débats !
Devant le juge pénal, le compagnon de la victime, Marcel Kokossou a d’abord laissé entendre qu’il n’était pas au courant du terme de la grossesse de la victime, puis il finit par reconnaître qu’il en était informé. Il déclare que la victime se serait rendue au domicile de Gérard Damado et Hélène N’Koa Kouagou où, suite à l’avortement, elle serait décédée. Marcel Kokossou rapporte que c’est Gérard Damado qui aurait administré les soins, et qui à la mort de la victime, l’aurait averti puis l’aurait aidé à inhumer le corps. Le compagnon de la victime était décidé à plonger les autres mis en cause.
Hélène N’Koa Kouagou ne se reconnait pas dans les faits qui lui sont reprochés. Elle fait savoir qu’elle a été longtemps aide-soignante avant de travailler à son propre compte. Elle nie le crime d’avortement suivi de mort mais reconnait avoir traité la victime du paludisme à base de la quinine. Elle informe aussi de ce que la victime prenait des infusions avant même de se référer à elle. Mais une aide-soignante peut-elle officier indépendamment ? Est-elle qualifiée pour soigner des patients, diagnostiquer et traiter le paludisme ? C’est la question à laquelle l’accusée elle-même peine à répondre.
A la barre, Gérard Damado, le soi-disant médecin en chef, réfute les allégations de Marcel Kokossou, le compagnon de la défunte. Il nie s’être fait passer pour médecin et se réclame opérateur économique. Il ajoute que Dame Sabine Dossa, son ex-petite amie qui a été relaxée au terme de l’instruction, l’a plongé dans cette affaire par aigreur parce qu’ils ne sont plus ensemble. L’accusé reconnait qu’il a rencontré la défunte une seule fois au domicile de son ex-petite amie Sabine alors que toutes deux artistes, elles préparaient un concert. A l’en croire, la victime serait venue à son domicile voir sa femme Hélène N’Koa Kouagou pour se faire traiter le paludisme. Il n’a jamais été question d’avortement à son domicile. L’accusé révèle qu’il détient même un enregistrement, astucieusement pris, dans lequel le sieur Marcel Kokossou a entrepris de négocier avec lui pour qu’il accepte de porter la charge du crime et reconnaisse avoir inhumé la victime. Le soi-disant médecin en chef, avait réponse à tout. A l’en croire, il avait maille à partir avec plusieurs personnes qui auraient pu s’associer pour lui nuire. L’accusé reconnait tout de même que la victime est décédée à son domicile et qu’il est allé déposer le corps à la morgue avec sa femme Hélène N’Koa Kouagou et Marcel Kokossou.
L’issue surprenante d’une grande bataille juridique !
Avec une dizaine d’avocats présents, le dix-septième dossier a été l’occasion d’un véritable duel juridique, de démonstrations les unes aussi percutantes que les autres. Partie civile, ministère public et défense vont formuler leurs prétentions avec la verve qu’on leur connaît.
« Condamnation, condamnation ferme », a clamé la partie civile qui s’offusque de l’exercice illégal de la médecine par les accusés Gérard Damado et Hélène Kouagou. Après avoir démontré l’ampleur du préjudice subi par la victime et ses proches, Me Dovonou a réclamé 50 millions de francs Cfa pour dommages-intérêts.
Dans ses réquisitions, le ministère public va relever quelques constantes du dossier qui, en dépit de la dénégation des mis en cause, permettent d’établir matériellement les faits d’avortement suivi de mort. Il est clair, à en croire le représentant de la société, que les accusés ont, d’une façon ou d’une autre, procuré l’avortement soit en indiquant, favorisant, aidant ou en donnant des conseils aux fins d’utilisation de moyens ou de procédés pour la commission de l’acte. Situant les responsabilités de chacun des accusés, le ministère public a démontré l’intention criminelle des nommés Gérard Damado et Hélène N’Koa Kouagou qui ont administré, en toute illégalité, des soins mortels à la victime. L’imputabilité des faits à l’égard de ces deux accusés semble établie. Pour ce qui concerne le sieur Marcel Kokossou, le ministère public part du fait que celui-ci ait transporté la victime au domicile Damado en connaissance de cause puis ait contribué à l’inhumation, pour prouver qu’il est tout aussi coupable. C’est pourquoi il a requis pour ce dernier, la requalification des faits en complicité d’avortement suivi de mort. Le magistrat du parquet Jules Ahoga va ensuite rappeler que le Code pénal applicable au moment des faits, en ses articles 309 et 317, punit l’avortement de la peine à temps des travaux forcés de 5 à 20 ans alors que le nouveau Code pénal en son article 519 prévoit la réclusion criminelle à perpétuité. Mais le ministère public sera bien clément. Il a requis que les mis en cause soient condamnés à la peine de 15 ans de réclusion criminelle et à verser la somme de 5 millions de francs Cfa pour dommages-intérêts à la partie civile.
Pour le conseil de l’accusé Marcel Kokossou, il n’est pas question de lier son client à l’infraction au même titre que les autres accusés. Il évoque que son client Marcel Kokossou, à aucun moment, n’a participé à l’administration des soins. Il n’a fourni ni médicament, ni posologie. C’est pourquoi Me Onifadé a plaidé pour que soient retenus contre son client les faits d’incitation à l’avortement prévus à l’article 329 du Code de l’enfant.
L’avocat de Gérard Damado, Me Hugo Koukpolou, va plutôt s’attaquer aux racines de l’infraction. « La nommée Rolande était-elle enceinte ? On n’est pas sûr qu’elle fût enceinte. On veut supposer qu’elle est enceinte pour appliquer les dispositions du Code pénal. Et même si elle était enceinte, est-ce qu’il y a eu avortement ? », des interrogations que soulève Me Koukpolou pour conclure à l’incertitude qui parait la seule certitude de ce dossier. A l’en croire, il n’y a pas eu d’avortement au domicile du couple Damado qui n’a apporté des soins à la victime que pour le traitement du paludisme. Il va ensuite déplorer l’absence d’autopsie dans ce dossier pour prouver de quoi est réellement décédée la victime. « Aujourd’hui, nous ne savons pas si elle est décédée d’une intoxication alimentaire, si c’est l’infusion qu’elle s’est administrée, ou si elle était enceinte. Il y a trop d’hypothèses dans ce dossier. Mais nous ne sommes pas dans une justice d’hypothèses ! Quinze ans sont en jeu, quinze ans de vie ! », a martelé Me Koukpolou. « Qu’est-ce-que Monsieur Damado a fait ?
Il a conduit la victime chez sa femme aide-soignante puis après son décès, a conduit le corps à la morgue », c’est pour Me Koukpolou sa seule responsabilité dans le dossier. C’est pourquoi il va plaider pour l’acquittement pur et simple de son client Gérard Damado sans le lier aux dommages-intérêts. Me Jonel do Régo et Me Sylvestre Agbo se sont associés à la plaidoirie de leur confrère Me Koukpolou invitant le Tribunal à l’acquittement pur et simple de Gérard Damado. Pour Me Sylvestre Agbo, le travail du magistrat instructeur est défaillant. Il a invité le Tribunal, dans le secret de son délibéré, à ne pas donner foi au dossier venu de l’instruction.
Le conseil de dame Hélène N’Koa Kouagou, Me Rouckas Amoussouvi va également se baser sur la plaidoirie de ses prédécesseurs pour démontrer les inconstances et les incertitudes qui jalonnent le dossier. Rien ne prouve que la victime était enceinte le jour où elle a mis pied chez dame Hélène N’Koa Kouagou. La victime aurait pu avoir avorté avant d’arriver chez dame Hélène N’Koa Kouagou. Ce qui reste constant, va soutenir Jonel do Régo, c’est que la victime est arrivée au domicile de dame Hélène N’Koa Kouagou pour traiter le paludisme. Tout ce que l’on pourrait retenir contre l’accusée, c’est l’exercice illégal. Mais là encore, Jonel do Régo fait remarquer que l’accusée a simplement porter assistance à une personne en danger. C’est pourquoi il a plaidé pour l’acquittement pur et simple de dame Hélène N’Koa Kouagou. La plaidoirie de Me Lionel Agbo qui a suivi le dossier depuis l’instruction ira dans le même sens. Doute, doute et doute, c’est la chose la mieux certaine de ce dossier, à en croire Me Lionel Agbo. Il a démonté les témoignages qui accablent sa cliente et relevé les failles de l’instruction du dossier. « La victime a pris une infusion. C’est un élément constant du dossier. Et qu’est-ce qui nous dit qu’elle n’a pas pris cette infusion pour se débarrasser de la grossesse. Encore faudrait-il qu’on nous dise si elle était vraiment enceinte ! », va soutenir Me Lionel Agbo. « Personne n’apporte dans ce dossier la preuve qu’elle ait administré à la victime des substances pour l’avortement. Tant que vous n’apporterez pas la preuve qu’elle était enceinte, tant que vous n’aurez pas apporté la preuve qu’elle l’ait avortée, vous ne pouvez pas la condamner », va conclure Me Lionel Agbo avant de plaider pour l’acquittement pur et simple.
Le Tribunal, après en avoir délibéré, a déclaré tous les mis en cause coupables des faits d’avortement suivi de mort et, contre toute attente, les a condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité.
Composition du Tribunal
Président : Michel Adjaka
Assesseurs :
Sosthène Agbowaï
Ghislaine Batcho Zodéhougan
Gery Akuesson
Rodolphe Azo
Ministère public : Jules Ahoga
Société 21 mai 2019

Mettre en lumière les activités et surtout les projets financés par l’institution au Bénin. C’est l’objectif des échanges que le représentant résident du groupe de la Banque africaine de développement (Bad) au Bénin a eus, ce lundi 20 mai, avec des journalistes et des membres des Organisations de la Société civile, à Cotonou.
Le montant total des financements accordés par la Bad au Bénin s’élève à près de 850 milliards de francs Cfa, depuis le premier projet financé en 1972. A l’occasion de sa rencontre avec des journalistes et acteurs de la Société civile, le représentant résident du groupe, John E. C. Andrianarisata, a rassuré que le Bénin et la Bad entretiennent de bonnes relations de coopération. La partie béninoise bénéficie du financement de ses projets à travers le Document de stratégie pays pour la période 2017-2021, approuvé le 11 octobre 2017.
L’objectif de cette stratégie pays est l’appui à la mise en œuvre du Programme d’action du gouvernement (Pag). Il vise aussi à permettre la transformation structurelle de l’économie béninoise pour une croissance inclusive génératrice d’emplois décents, tout en assurant la transition vers une économie verte.
Rappelant que le Projet d’appui à l’irrigation de la vallée de l’Ouémé est la première opération approuvée par son institution au profit du Bénin le 19 octobre 1972, John
Andrianarisata a souligné qu’à ce jour, le portefeuille actif de la Bad au Bénin comprend 15 opérations du secteur public avec un total d’engagements de plus de 250 milliards de francs Cfa. Entre 2016 et 2018, les engagements nets de la banque au Bénin ont été multipliés par 2,8, passant de 90 milliards de francs Cfa à 250 milliards de francs Cfa. Le portefeuille est composé de trois opérations régionales pour 21% des engagements et de 12 opérations publiques nationales pour 79%.
Sur la période 2019-2023, le programme indicatif des engagements de la banque comprend 12 projets phares pour un montant de près de 375 milliards de francs Cfa. Ces investissements seront concentrés dans les secteurs des transports, de l’énergie et de l’agriculture.
John E. C. Andrianarisata indiquera que le Document de stratégie pays 2017-2021 dont la revue à mi-parcours intervient avant la fin de ce mois de mai est élaboré autour de deux piliers. Le premier est le développement de chaines de valeur agricoles et de l’agro-industrie ; et le second est le renforcement des infrastructures de soutien à la compétitivité et à l’intégration régionale.
Cette revue permettra d’évaluer les progrès accomplis à mi-parcours dans la mise en œuvre de la stratégie de la banque au Bénin pour la période sus-indiquée ; d’analyser la performance du portefeuille des projets financés par la banque au Bénin ainsi que les progrès accomplis en matière d’exécution du Plan d’amélioration de la performance du portefeuille. La revue sera également une occasion pour tirer les enseignements de la mise en œuvre à mi-parcours de la stratégie de la Bad au Bénin pour la période 2017-2019. Puis, analyser la pertinence de la stratégie pour la période 2020-2021.

A travers sa déclaration très attendue, ce lundi 20 mai, le chef de l’Etat, Patrice Talon a, entre autres, rendu « un vibrant hommage » à l’ex-guide touristique béninois, Fiacre Gbédji, assassiné début mai dans le parc de la Pendjari. Il confirme que le dispositif sécuritaire du parc sera renforcé.
Le malheur qui s’est abattu sur le Bénin, début mai 2019, dans le parc de la Pendjari, n’a pas échappé à l’attention du président de la République qui était face à la nation dans la soirée d’hier. Et Patrice Talon a trouvé les mots justes pour s’exprimer. A l’en croire, ce qui s’est passé dans le parc a suscité une
« indignation collective profonde ». Lui-même en était profondément indigné. Laquelle indignation, fait-il remarquer, n’est « ni de l’opposition, ni de la mouvance ». Elle n’est encore moins celle d’une religion mais « simplement celle du Bénin tout entier », déplore le premier magistrat, d’un ton grave. Saisissant l’occasion, il a, de vive voix, comme le souhaitaient plusieurs de ses compatriotes, salué la mémoire de l’ex-guide béninois, feu Fiacre Gbédji, assassiné. « Je veux ici, au nom de tous, rendre un vibrant hommage à notre compatriote tué, aux deux soldats français tués et saluer la libération des deux touristes », lance-t-il.
Après ce drame, le gouvernement béninois a indiqué que le dispositif sécuritaire dans le parc de la Pendjari sera corsé. Hier soir, le chef de l’Etat l’a confirmé. « Je veux surtout vous rappeler qu’en attendant les résultats des enquêtes, mon gouvernement a promptement pris la mesure de la situation. C’est pourquoi, bien que le parc soit déjà aux normes internationales grâce au savoir-faire de notre partenaire African Parks Network, nous avons décidé de renforcer davantage le dispositif de sécurité aussi bien en effectif qu’en moyens logistiques ultramodernes… »,
rappelle Patrice Talon qui, au passage,annonce que ce nouveau dispositif sécuritaire sera mis en place à « très court terme ».