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Le chef de l’Etat attache du prix aux actions du parlement béninois, dont la huitième législature vient d’être installée. Au cours de son message hier à la nation, Patrice Talon a invité l’institution à combler les attentes des Béninois, à travers des lois qui renforcent la démocratie.
Le président Patrice Talon s’est adressé à ses compatriotes hier lundi 20 mai. Un message porteur d’espoir, mais aussi d’invite pour redonner au Bénin une bonne image de démocratie et d’Etat de droit. A ce titre, le parlement a un grand rôle à jouer. C’est pourquoi le président Patrice Talon l’a invité à se mettre résolument au service du Bénin entier. « J’invite le parlement à jouer son rôle avec panache pour démentir les suspicions légitimes qui ont pu naître à son égard et apaiser les craintes qu’il suscite », a affirmé Patrice Talon. Poursuivant, il informe qu’il doit, au nom du peuple, voter des lois qui renforcent la démocratie et soutiennent le développement socioéconomique, procéder au contrôle méthodique et rigoureux de l’action du gouvernement pour l’amener à faire mieux et toujours plus au service de l’Etat et des populations.
Le chef de l’Etat a également invité le législateur à rassurer l’opposition politique en procédant à la relecture responsable de la Charte des partis et du Code électoral, pour les actualiser en tenant compte des réalités de l’évolution du pays. « Il devra en être autant pour la loi portant statut de l’Opposition, afin de créer à l’opposition, les conditions les meilleures pour sa libre expression, l’accomplissement de son rôle démocratique dans les formes indiquées et, en définitive, pour sa contribution au développement économique et social de notre pays », a suggéré Patrice Talon, conscient que nul ne devra manquer au chantier de construction du Bénin.
« D’ores et déjà, je veux ici vous redire, chers compatriotes, ma détermination à bâtir avec vous, notre société dans laquelle la démocratie sera plus que jamais un réel instrument de développement socioéconomique, où chacun est libre de ses opinions mais responsable de ses actes, et où les lois sont les mêmes pour tous », a clamé le chef de l’Etat.
Patrice Talon rêve par ailleurs d’une société de plus en plus moderne où chacun, au service de la communauté, dans la sphère d’action qui est la sienne, n’a qu’une seule obsession : faire grandir le Bénin chaque jour un peu plus. Les défis à relever par la huitième législature paraissent grands n

L’athlète béninoise Noëlie Yarigo a remporté la Golden Grand Prix Seiko d’Osaka 2019 au Japon. Elle est venue en tête aux 800 m avec une performance de 2:03:18 devant la Kényane Emily Cherotich Tuei et la Néo-zélandaise Angela Kate Petty.
Victorieuse à ce meeting, elle a informé ses fans à travers un tweet : « Bonsoir chers fans, je viens de remporter la Golden Grand Prix Seiko à Osaka au Japon dans des conditions pas terribles, mais comme le dit souvent mon coach, dans une compétition, c'est la victoire qui compte » a-t-elle fait savoir. Elle a remercié à cet effet, les Béninois de la diaspora du Japon qui ont effectué le déplacement pour la soutenir. « Cette victoire me donne encore plus de confiance » a-t-elle conclu.
Ch. H.
Société 20 mai 2019

L’édition 2019 de la Coupe de la Fédération béninoise de Tennis a connu son épilogue le week-end dernier au Tennis Club de l’Amitié (Tca) de Cotonou. Au terme de la compétition, Gloriana Nahum, chez les dames et Jean Sègodo, chez les hommes sont montés sur la plus haute marche du podium.
Les tennismen Jean Sègodo, chez les messieurs et Gloriana Nahum chez les dames sont les grands vainqueurs de l’édition 2019 de la Coupe de la Fédération béninoise de Tennis qui s’est achevée, ce samedi 18 mai au Tennis Club de l’Amitié (Tca) de Cotonou. Surclassée chez les seniors, l’étoile montante du tennis béninois et numéro 2 du Bénin dans sa catégorie, Gloriana Nahum s’est adjugée le titre en battant en finale le numéro 1 béninois Carmine Bécoudé (7, 5 7, 5). Pour accéder à la finale de la compétition, Gloriana Nahum a écarté Rodia Noudogbessi (6, 2 6, 4) tandis que Carmine Bécoudé s’est débarrassée d’Eme´line Honfoga (6,2 6,2) en demi-finale simple dames.
Dans la catégorie des hommes, Jean Sègodo succède à Magloire Yakpa en battant en finale Théophile Sègodo (7, 3 7, 6). Inconnu dans le top 10 des tennismen béninois, il a su se tailler la part du lion en montant sur la plus haute marche du podium. En demi-finale Jean Sègodo a battu Romain Sètomè (6,4 7,6) tandis que The´ophile Sègodo s’est imposé devant Magloire Yakpa (7,5 5,0).
A l’issue de la compétition, les meilleurs sont repartis avec des médailles, des trophées et des enveloppes financières. Le président de la Fédération béninoise de tennis, Jean-Claude Talon, s’est rejoui du bon déroulement de cette compétition. Selon lui, l’objectif de ce tournoi est atteint. Il invite d’ores et déjà le public sportif à prendre date avec l’organisation prochaine de la Coupe de l’Indépendance, le Championnat national et d’autres tournois.

Faire de l'apiculture moderne une activité génératrice de revenus et un vecteur pour la conscientisation environnementale, tel est le leitmotiv depuis plus de trente ans d’Abdoulaye Moumouni, directeur exécutif du Groupe d’action pour la recherche en apiculture et en ressources naturelles intégrables (Gararni-Ong) basée à Ina (commune de Bembèrèkè). Le spécialiste en apiculture tropicale nous explique ici le sens de la mission de son Ong qui œuvre depuis 2011 à l’élevage moderne des abeilles, le reboisement et l’éducation environnementale dans les communes de Sinendé,
Bembèrèkè et Kalalé.
La Nation : Comment se fait la promotion apicole sous l’égide de l’Ong Gararni?
Abdoulaye Moumouni : Nous sensibilisons sur l’importance des abeilles dans la protection de l’environnement et dans la production agricole. Nous transformons les agriculteurs et surtout les chasseurs traditionnels de miel que nous identifions en apiculteurs planteurs d’arbres mellifères. Nous mettons l’accent sur l’apiculture, le reboisement et l’éducation environnementale. Car l’apiculture et le reboisement sont deux choses qu’on ne peut pas dissocier. L’apiculture traditionnelle était prédatrice des ressources naturelles. Nous formons les chasseurs de miel d’autrefois en techniques d’apiculture moderne, notamment la fabrication de la ruche à rayons fixes en tôle, afin de réduire leurs pressions sur les ressources naturelles. Nous leur apprenons comment enrichir les sites, parce que qui parle des abeilles doit forcément parler des arbres dont elles butinent les fleurs. Nous avons amené les apiculteurs à planter des hectares de Gmelina arborea, de Khaya senegalensis (caïlcédrat) et d’autres fruitiers dans leurs exploitations. Des pépinières sont implantées dans les localités où notre Ong est intervenue.
Quel est aujourd’hui l’impact de vos activités ?
Près de 475 personnes ont été déjà impactées par nos interventions dans les communes de Sinendé, Bembèrèkè et Kalalé, avec l’appui notamment de l’association Tiers-Monde Quintin de France. Elles ont été formées, encadrées et installées et sont en production depuis 2011. Nous avons fait d’elles des défenseurs privilégiés de l’environnement et des abeilles. Beaucoup sont motivés pour l’élevage des abeilles. On fait les récoltes de miel souvent en mars et en novembre. Les ressources permettent aux agriculteurs d’investir dans leurs champs. On a commencé petitement. La toute première récolte tournait autour de 200 à 300 litres. Aujourd’hui, on est à plus de 3700 litres par an. En fait, une fois la ruche installée, si elle est bien entretenue, les abeilles ouvrières se multiplient et la production devient de plus en plus importante. Une ruche qui, à l’installation, produit 5 litres, deux ou trois ans après, elle donne à 12, 15 litres voire plus. En dehors du miel, il y a d’autres produits des ruches tels que la propolis, la cire.
Y a-t-il des demandeurs pour ces produits ?
Il y a des demandeurs pour la fabrication des savons de beauté, des pommades et autres cosmétiques. Mais nous mettons l’accent beaucoup plus sur la production du miel. Plus on incite les abeilles à produire la propolis, cela réduit la production du miel. Or, c’est le miel qui est plus prisé sur le marché. Généralement, on utilise la cire pour faire des appâts pour capturer les essaims; on fait des refontes pour avoir des amorces qui les attirent par l’odeur.
Quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?
La difficulté majeure que nous rencontrons, c’est par rapport aux pilleurs. Nous n’avons pas pu couvrir tous les chasseurs de miel dans les villages. L’apiculture était dans les villages sous forme traditionnelle. Nous identifions ceux qui la pratiquaient et comme on n’a pas pu mettre la main sur eux tous, d’autres sont tentés d’aller piller les ruches en les cassant et en brûlant les abeilles et les arbres. En période de récolte, ce n’est pas rare de voir des zones où les abeilles sont dispersées et le miel volé.
Quelle stratégie faut-il mettre en place pour développer l’apiculture, surtout que les ruches de qualité coûtent cher ?
En réalité, une ruche ne coûte pas cher au regard de sa durée. La ruche kényane, comme c’est en béton, s’il n’y a pas une branche ou quelqu’un qui vient la casser, elle peut faire dix ans et plus. 12 l x 10 x 2000 F/l, ça fait en moyenne 240 000 F Cfa sur les dix ans contre seulement 17 000 F Cfa à peu près investis au départ. C’est un combat doux, sans tapage. Le problème, c’est la sous-formation. Il faut finir avec les formateurs ambulants et en venir à des centres de formation dignes du nom qui disposent d’infrastructures adéquates et bien équipées. Et ça, l’Etat peut le faire.
Propos recueillis par Claude Urbain PLAGBETO
Société 20 mai 2019

Présente à l’édition 2019 du concours « Miss Geek Africa », Marline Orédola Atondé a porté l’étendard du Bénin jusqu’en finale de cette compétition organisée dans le cadre du sommet Transform Africa Summit (Tas 2019) qui s’est déroulé du 14 au 17 mai dernier à Kigali au Rwanda. Avec son application mobile «Easy Soft », la jeune Béninoise a réussi à se retrouver dans le cercle fermé des cinq finalistes du concours.
Le Bénin a été finaliste du concours « Miss Geek Africa 2019 » à Kigali au Rwanda grâce à Marline Orédola Atondé. La jeune Béninoise s’est illustrée brillamment avec son application
« Easy Soft » parmi les 10 jeunes Africaines qui ont présenté leur plateforme lors du rendez-vous « Transform Africa Summit ». Avec cette solution mobile, elle a réussi à inscrire le Bénin dans le top 5 de ce concours derrière Uwase Ndeze de la République démocratique du Congo, la Sénégalaise Ndéye Fatou, la Ghanéenne Daniella Afriyie Asare, la Kényane Gladys Wairimu Muriithi. Proposée par Marline Orédola Atondé, l’application mobile« Easy Soft » facilite la gestion des transactions des vendeurs mobiles et aide à résoudre la complexité des opérations d’achat et de vente de produits et services offerts par les opérateurs de télécommunications. Les lauréates ont été récompensées lors de la cérémonie de clôture du cinquième Sommet Transform Africa, au Centre de conventions de Kigali. Ainsi, la Béninoise est repartie avec un million de francs rwandais en espèces.
La grande gagnante de ce concours destiné aux jeunes femmes entrepreneurs dans le secteur des Technologies, de l’Information et de la Communication (Tic) est Josephine Uwase Ndeze, originaire de la République démocratique du Congo. Elle a conçu une plate-forme mobile permettant aux femmes enceintes de surveiller leur état de santé pendant la grossesse. Connectée à un bracelet intelligent, qui vérifie les signes vitaux de la femme et les envoie à un fournisseur de services d’urgence en temps réel, cette solution mobile vise à contribuer à réduire les décès maternels. Elle a reçu un prix de 3 millions de francs rwandais, un certificat et une adhésion technique à l'Institut des Ingénieurs Electriciens et Electroniciens (Ieee). Elle est suivie de la Kényane Gladys Wairimu avec son application «Big Brother Surveillance» qui vise à lutter contre le braconnage dans les parcs en utilisant la technologie des drones pour la surveillance et de la Sénégalaise Fatou Ndeye, avec la solution «Sos Sang», qui permettra aux prestataires de soins de santé d’établir un lien avec les banques de sang afin de s’assurer qu’ils ont effectivement accès au sang. Signalons que plus de 250 candidatures de 15 pays ont participé à cette compétition selon Girls in ICT Rwanda, organisateur du concours.

Le ministre des petites et moyennes Entreprises et de la Promotion de l’Emploi, Modeste T. Kérékou, a échangé, vendredi 17 mai dernier à son cabinet à Cotonou, avec une délégation conjointe de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif) et du programme des Volontaires des Nations Unies (Vnu). Il a été question de faire le point du processus de restructuration du dispositif national de volontariat au Bénin, en l’occurrence l’Office béninois des services de volontariat des jeunes (Obsvj).
La mission a discuté avec toutes les parties prenantes à propos du document de base élaboré afin de mieux articuler le programme et permettre qu’il puisse être acté par le gouvernement, confie Paul Armand Menye, spécialiste de programme au Bureau régional du programme Vnu pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, au terme de la séance. La rencontre avec le ministre a permis de faire le point de l’appui et de l’engagement des partenaires, notamment les Nations Unies, la Francophonie, France Volontaires, poursuit-il.
Sur demande du ministère, le programme Vnu en partenariat avec France Volontaires et la Francophonie ont été sollicités pour la réalisation d’une étude de faisabilité du renforcement de l’Obsvj (dirigé par Jean-Luc Lawson), afin que cette structure soit mieux arrimée aux politiques et nouvelles orientations contenues dans le Programme d’action du gouvernement (Pag). Le rapport final de consultation y afférent a fait l’objet d’un atelier de validation en avril dernier et a permis de recueillir les observations et recommandations nécessaires afin que le nouveau programme national de volontariat qui sera mis en œuvre puisse répondre au mieux aux besoins de la jeunesse en termes d’engagement citoyen et d’employabilité.
Les consultations se poursuivront avec les parties prenantes pour qu’on arrive à un document consensuel, notamment pour la plupart des acteurs institutionnels qui travaillent sur les questions de l’emploi, avant de passer à la mise en place du cadre règlementaire adapté au nouveau programme et à l’étape de son opérationnalisation. Ainsi, les jeunes béninois auront l’opportunité, en tant que volontaires, de construire une compétence et une expertise qu’ils pourront ensuite revendiquer et faire valoir sur le marché de l’emploi. Aussi, apporteront-ils leur contribution au développement de leur pays et plus globalement devenir acteurs de l’atteinte des Objectifs de développement durable (Odd).
Claude Urbain PLAGBETO
Actualités 20 mai 2019

Les attributions, pouvoirs et prérogatives du président de l’Assemblée nationale sont fixés à l’article 17.1 du Règlement intérieur de l’institution parlementaire. Selon cet article, il a principalement pour mission de diriger l’Assemblée nationale.
Il la représente dans la vie politique nationale et internationale. A ce titre, il préside les séances plénières de l’Assemblée nationale, les réunions du bureau et de la Conférence des présidents composée du bureau du Parlement, des présidents des commissions techniques et permanentes et des présidents des groupes parlementaires. Le président de l’Assemblée nationale a la haute direction des débats. Il est le chef de l’administration de l’Assemblée nationale et l’ordonnateur du budget de l’institution. Le président de l’Assemblée nationale a la police intérieure et extérieure de l’Assemblée nationale. Il exerce en cas de vacance, les fonctions de président de la République conformément aux dispositions de l’article 50 alinéa 1er de la Constitution. Le président de l’Assemblée nationale donne son avis sur la nomination du président de la Cour suprême, du président de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) et du grand chancelier de l’Ordre national. Il donne également son avis sur toutes les questions qui lui sont soumises en vertu des dispositions des articles 58 et 68 de la Constitution.
Le président convoque l’Assemblée nationale en session extraordinaire à la demande du président de la République ou de la majorité absolue des députés. Il prononce l’irrecevabilité des projets, propositions de loi et amendements qui ne sont pas du domaine de la loi, après délibération du bureau. Le président de l’Assemblée nationale, après consultation de la Conférence des présidents, nomme le secrétaire général administratif qui, sous son autorité, contrôle et dirige tous les services administratifs de l’Assemblée nationale. Il le relève dans les mêmes conditions. Toutefois, le président de l’Assemblée nationale peut déléguer certaines de ses compétences à ses vice-présidents, dans le cadre de l’assistance du bureau telle que prévue à l’article 82 de la Constitution. Toutes ces prérogatives, charges et pouvoirs montrent combien est exaltante et délicate la mission du président de l’Assemblée nationale qui revient à Louis Vlavonou, désormais deuxième personnalité de l’Etat.
Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau
Actualités 20 mai 2019

Le gouvernement du président Patrice Talon pourrait être remanié, une troisième fois depuis le 7 avril 2016 où le chef de l’Etat a pris le pouvoir. La cause en est l’élection de six de ses ministres qui, sauf changement de dernière minute, pourraient décider de siéger au parlement, pour continuer à soutenir les actions du chef de l’Etat.
Alassane Séidou, ministre des Infrastructures et des Transports. Sacca Lafia, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique. Oswald
Selbourne Homéky, ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture. Abdoulaye Bio Tchané, ministre du Plan et du Développement. Mahougnon Thomas Kakpo, ministre des Enseignements secondaire, technique et de la Formation professionnelle. Fortunet Alain Nouatin, ministre délégué auprès du président de la République chargé de la Défense nationale. Ainsi se présente la liste des ministres du gouvernement de la rupture qui ont eu la chance de bénéficier de la confiance du peuple, pour le représenter au sein de la huitième législature de l’Assemblée nationale. Ils ont été élus respectivement dans la première, huitième, onzième, quatorzième, dix-huitième et vingt-troisième circonscription électorale. Ces ministres élus députés, sauf un changement de dernière minute, pourraient choisir de continuer le combat au parlement aux côtés du président de la République, Patrice Talon. Dans ce cas, il est loisible au président Patrice Talon de réorganiser son gouvernement. Cette réorganisation ne peut intervenir que dans les jours à venir, puisque les élus du peuple ont effectué leur rentrée parlementaire le jeudi 16 mai dernier et procédé dès le lendemain à l’élection du bureau exécutif de l’Assemblée nationale. Le choix de remanier le gouvernement s’impose au président de la République, si ses ministres élus décident, bien entendu, de siéger au parlement. Les fonctions de membre du gouvernement étant incompatibles avec l’exercice de tout mandat parlementaire, sous réserve du délai de trente jours prévu par l’article 265 de la loi n°2018-31 du 9 octobre 2018 portant code électoral en République du Bénin.
L’article 265 dispose : « Sous réserve des dispositions de l'article 260 ci-dessus, le député qui, lors de son élection, se trouve dans l'un des cas d'incompatibilité visés au présent titre, est tenu d'établir dans les trente (30) jours qui suivent son entrée en fonction ou sa validation, qu'il s'est démis de ses fonctions incompatibles avec son mandat. A défaut, il est déclaré démissionnaire d'office de son mandat.
Le député qui a accepté en cours de mandat une fonction incompatible avec celui-ci ou qui a méconnu les dispositions des articles 261 et 264 ci-dessus, est également déclaré démissionnaire d'office. La démission d'office est prononcée dans tous les cas par l'Assemblée nationale à la requête du bureau de l'Assemblée nationale. Elle n'entraîne pas d'inéligibilité ».
Ce qu’il faut souligner, c’est la stratégie du chef de l’Etat qui, après trois années de gouvernance, n’a daigné remanier à ce jour, que deux fois son gouvernement. C’est une force qui caractérise l’homme, confiant des choix qu’il fait pour développer le Bénin. De toute façon, le remaniement ministériel n’est qu’une question de jours et le président Patrice Talon a toutes les cartes en main pour décider de qui doit rester et qui doit partir pour siéger au parlement.
Pour Sacca Lafia, le choix est vite fait entre siéger au Parlement et rester au gouvernement. Sa démission au profit de sa suppléante, Mariama Talata Chabi, d’ailleurs élue première vice-présidente de l’Assemblée nationale, édifie à plus d’un titre sur sa position et de celle du chef du gouvernement. La suite nous en dira un peu plus sur le visage du prochain gouvernement de Patrice Talon.

Aussitôt installé au perchoir, le président de l’Assemblée nationale, Louis Vlavonou, a dévoilé ses grandes ambitions pour la huitième législature dont il prend désormais les rênes.
Le président de l’Assemblée nationale, Louis Vlavonou est conscient de l’ampleur de sa mission à la tête de l’institution parlementaire. « Je prends les rênes de la huitième législature dans un contexte assez spécial. Contexte spécial en ce que l’issue du processus électoral d’avril dernier laisse un arrière-goût à une certaine frange de notre peuple. Contexte spécial en ce que la peur habite encore certains d’entre nous. Non pas la peur liée à la sécurité et à l’intégrité physique, mais celle de ne pouvoir pas remplir correctement la mission et de donner satisfaction au peuple dont nous sommes les dignes représentants. Contexte spécial enfin en ce que les défis sont grands et assez importants », souligne Louis Vlavonou. Il a alors invité ses collègues à puiser de leurs capacités intellectuelles et spirituelles pour mériter la confiance que le peuple a placée en eux. C’est à ce prix que la huitième législature pourra démentir les schémas stéréotypés dont on l’affuble. « Nos délibérations doivent nous rendre témoignage à travers des lois de bonne facture et un contrôle régulier de l’action gouvernementale. Une proximité avec notre base est aussi un gage de respect à ce peuple qui a besoin d’être rassuré», poursuit le président de l’Assemblée nationale.
Louis Vlavonou dit avoir foi en Dieu qui saura guider sa législature dans l’intérêt supérieur du peuple béninois. Il invite ses collègues à se tourner vers l’avenir dans un esprit patriotique en vue de la construction de la cohésion sociale et de l’unité nationale du Bénin. « Ensemble, faisons de notre Parlement, celui de la huitième législature, une assemblée au service de notre peuple souverain », ajoute le président de l’Assemblée nationale. Louis Vlavonou annonce pour les tout prochains jours la mise en place diligente des autres organes décisionnels du Parlement. Il s’agit : des groupes parlementaires, des commissions techniques permanentes avec leurs différents bureaux, des organes qui s’ajouteront au bureau de l’Assemblée nationale pour former la conférence des présidents. Le président de l’Assemblée nationale félicite également son prédécesseur, Me Adrien Houngbédji. « Aujourd’hui, une page est tournée et je tiens à saluer le travail de qualité accompli par le président Me Adrien Houngbédji au cours de la législature qui s’achève. Son investissement et son dévouement pour le rayonnement de notre institution parlementaire méritent et forcent notre considération et notre respect », témoigne Louis Vlavonou qui entend mériter la confiance placée en lui par ses pairs.

Né en 1953 à Ko-Koumolou dans la commune d’Ifangni, Louis Gbéhounou Vlavonou est colonel des Douanes admis à la retraite depuis le 1er janvier 2007. Il est titulaire d’un Diplôme d’études supérieures qu’il a obtenu à l’Ecole nationale des douanes de Neuilly-sur-seine en France, 45e promotion. Mais il n’a pas attendu sa retraite en 2007 avant de se lancer dans la politique. Il a été élu député à l’Assemblée nationale pour la première fois en 2003, au titre de la 4e législature sur la liste du Mouvement africain pour la démocratie et le progrès (Madep) dont il a été membre fondateur.
Il a été élu dans la 21e circonscription électorale comprenant les communes de Sakété, Adja-Ouèrè et Ifangni. Mais il n’a pas siégé à cette législature. Il a démissionné du Parlement pour laisser le siège à son suppléant Mathieu Ahouansou. Louis Vlavonou avait préféré poursuivre sa carrière à la Douane où il était d’ailleurs en ce moment le secrétaire général du Syndicat national des agents des Douanes (Synad). L’homme sera réélu député en 2007 sous la bannière de l’Alliance pour une dynamique démocratique (Add). Mais cette fois-ci, il a siégé puisqu’il est déjà admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite. En 2011, il a été reconduit tout comme en 2015 sous les couleurs de l’Union fait la nation (Un) respectivement sous la cinquième et sixième législature. Maîtrisant son fief, Louis Vlavonou a une fois encore bénéficié de la confiance de ses mandants qui lui ont renouvelé son mandat, pour la cinquième fois consécutive, lors des législatives d’avril dernier. Il a marqué la 7e législature surtout par des propositions de lois révolutionnaires. Louis Vlavonou est l’auteur notamment de la proposition de loi portant charte des partis politiques en République du Bénin, texte pilier du système partisan et la loi sur le retrait du droit de grève entre autres aux agents de santé et magistrats…Malgré ces lois décriées par certains, l’idole des populations d’Ifangni et de la 21e circonscription électorale a été réélu cette fois-ci sur la liste de l’Union progressiste dont il est l’un des membres fondateurs. En dépit de sa longue expérience parlementaire, Louis Vlavonou n’a jamais eu la chance de siéger au sein du bureau de l’Assemblée nationale et autres organes dirigeants du Parlement. Simple député depuis la quatrième législature, il a été porté au perchoir, vendredi 17 mai dernier. C’est un véritable outsider puisque le nom de Louis Vlavonou n’a été cité nulle part dans les différents pronostics jusqu’au petit matin du vendredi 17 mai dernier. L’homme prend désormais le perchoir pour succéder à Me Adrien Houngbédji. Louis Vlavonou est un chrétien fervent et membre du Mouvement catholique des cadres et personnalités politiques (Mccpp) du Bénin. C’est d’ailleurs à juste titre que les premiers mots du nouveau président de l’Assemblée nationale, après son installation au perchoir, sont allés vers Dieu. Louis Vlavonou a rendu grâce au Seigneur. « Mon âme exalte le seigneur, exulte mon Esprit en Dieu mon sauveur. Il s’est penché sur son humble servante et désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le puissant fit pour moi des merveilles. Saint est son nom ; son amour s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. Déployant la force de son bas, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes et il élève les humbles », exalte Louis Vlavonou, très reconnaissant à Dieu. Le nouveau président de l’Assemblée nationale est marié et père de quatre enfants.
Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau
Actualités 20 mai 2019