La Nation Bénin...



Résultat pour : mmoga vender monedas Visité Buyfc26coins.com. Todo perfecto, desde el pago hasta la entrega..QZkn

Nouvelles

Retrait des cartes d’électeur: Nécessité de proroger le délai

L’opération de retrait des cartes Lépi démarrée le lundi 8 avril, a pris fin mardi dernier après quelques jours de distribution dans les arrondissements des différentes communes du Bénin. Le constat au cours de ces derniers jours laisse perplexe ; les populations n’ont pas effectué le déplacement pour entrer en possession de ce précieux sésame qui leur donne le droit au vote.

Il y a nécessité de proroger le délai de distribution des cartes Lépi, à quelques jours de la tenue des élections législatives. Et pour cause, les populations n’ont pas daigné sortir pour retirer leurs cartes d’électeur, un devoir citoyen qui incombe à toutes les personnes en âge de voter. Au cours de la période du 8 au 16 avril prévue pour la distribution des cartes d’électeur dans les différents arrondissements, le constat laisse perplexe.
Dans le onzième arrondissement de Cotonou, où les habitants du quartier Saint Jean, Vodjè, Gbégamey, Houéyiho sont attendus pour aller retirer leurs cartes, il n’y a pas d’affluence, comme l’a constaté dame Roukyatou, chargée de la distribution des cartes. Dans cet arrondissement, cent soixante-six duplicatas et neuf cent une cartes sont disponibles. Mais toutes n’ont pas été retirées par leurs demandeurs, se désolent les agents de ce centre. Plusieurs raisons expliquent ce fait, d’après dame Roukyatou. Elle lie la situation au fait que des jeunes en âge de voter dont les cartes ont été confectionnées sont pour la plupart des élèves qui n’ont pas eu le temps nécessaire pour passer les retirer. Selon des informations recoupées dans les différentes régions du Bénin, il y a eu également peu d’affluence au cours de la période.

Actualités 19 avr. 2019


CAN Egypte 2019: Pas l’ombre d’un arbitre béninois parmi les présélectionnés

La Confédération africaine de football (Caf) a procédé depuis mardi dernier, à la désignation des officiels des matches susceptibles d’être présents à la phase finale de la 32e édition de la Can Egypte 2019. Tel un paradoxe pour le football béninois, aucun de ses arbitres ne figure sur la liste établie alors que les Ecureuils seront de la grand-messe continentale du 21 juin au 19 juillet prochain.

Alors que le Bénin, grâce à ses joueurs, se réjouit de faire partie aujourd’hui du gotha des grandes nations du football africain, son sifflet peine malheureusement à convaincre. Parmi les 56 arbitres dont 27 centraux et 29 assistants présélectionnés par la Caf pour la Can Egypte 2019, il n’y a point de trace d’arbitres béninois. La dernière participation de l’un des leurs à une phase finale de la Can remonte à Angola 2010. C’était avec Bonaventure Coffi Codjia. Fierté de l’arbitrage au niveau du football béninois, il était alors considéré comme le meilleur sifflet sur le continent africain. Avant Angola 2010, il était à la Can 2000 organisée conjointement par le Nigeria et le Ghana, à Mali 2002, à Tunisie 2004, à Egypte 2006, puis à Ghana 2008 au cours de laquelle il a eu l’honneur de diriger la finale qui a mis aux prises les Pharaons d’Egypte et les Lions indomptables du Cameroun. Soit, à lui seul, un total de 6 phases finales de Can, sans oublier 2 phases finales de la Coupe du monde.
En dehors de Bonaventure Coffi Codjia, Fataï Adérodjou a aussi eu l’honneur de participer à une phase finale de la Can en 2006 du côté de l’Egypte. C’était en tant qu’arbitre assistant. Avant eux, le premier arbitre béninois à avoir connu ce privilège, a pour nom Hugues Joseph Mongbo. Il était sur le match qui a opposé les Fennecs de l’Algérie des Lakhdar Belloumi et Djamel Menad aux Léopards du Zaïre des Mulemba Malumba, Mutumbile Santos et Eugène Kabongo Ngoy, à Maroc 1988.
Ainsi, pour n’avoir pas été déjà présélectionnés, les arbitres béninois ne seront donc pas à ce grand rendez-vous. Et pourtant, ce n’est pas que la Fédération béninoise de football n’organise plus ses compétitions statutaires. La preuve, les différents championnats dont la Vitalor Ligue 1, la Vitalor Ligue 2 et la Ligue nationale de football amateur sont en cours et font vibrer la plupart de nos stades. Si leur niveau est appréciable, il ne pourrait en être autrement de celui de la jeune garde constituée par les Séraphin Adounsi, Louis Houngnandandé, Moumouni Kiagou, Raphiou Ligali, Eugène Tohouégnon, Babadjidé Dina, Augustin Koudogbo Kougbèmèdé, Gbemassiandan Kouton, Sylvain Ogoudédji et autres qui officient les différents matches. Mais toujours est-il que la relève au niveau de l’arbitrage, en ce qui concerne le football béninois, est loin d’être assurée.
Pendant que les arbitres béninois seront à la maison, 56 de leurs collègues sélectionnés participeront à un stage de préparation du 28 avril au 5 mai prochain à Rabat, au Maroc. Venus de 33 pays, ils se surpasseront pour voir leurs noms figurer sur la liste définitive. L'Egypte et la Tunisie, avec cinq, soit trois arbitres et deux arbitres centraux et assistants, comptent le plus grand nombre de représentants.
Au cours du camp de préparation, ils subiront des examens médicaux et physiques, puis suivront des séances théoriques et pratiques sous la supervision des instructeurs de la Caf. Les modifications apportées aux lois du jeu, qui entreront en vigueur le 1er juin prochain seront également examinées.

Société 19 avr. 2019


Situation politique nationale: Les orientations de la Conférence épiscopale du Bénin

Les évêques se sont prononcés officiellement sur la situation sociopolitique actuelle du Bénin et donnent des orientations au peuple de Dieu. C’est à travers une déclaration rendue publique, ce lundi 15 avril au siège de la Conférence épiscopale du Bénin à Cotonou.

La Conférence épiscopale du Bénin (Ceb), à travers une déclaration rendue publique ce lundi, par la voix de son secrétaire général, Mgr Aristide Gonsallo, a donné sa position sur la situation poltique nationale et exhorté le peuple à la paix. Pour la Ceb, la situation que traverse actuellement le Bénin est une première depuis la Conférence des forces vives de la nation.
« Après environ trois décennies d’expérience démocratique faite de hauts et de bas, le Bénin se trouve aujourd’hui devant une situation inédite : des élections législatives auxquelles participeraient seulement deux partis d’une même obédience politique », relèvent les conférenciers.
Selon leurs explications, la Ceb a effectué plusieurs démarches en faveur de la préservation de la paix et des acquis démocratiques en « multipliant les rencontres avec les acteurs politiques pour les encourager à aller dans le sens du consensus recherché par le chef de l’Etat et souhaité par nombre de concitoyens ».
Ces démarches n’ayant pas prospéré, la Ceb a « dû prendre acte de la décision des chefs d’institutions de la République de poursuivre le processus électoral », explique Mgr Aristide Gonsallo.
« La Conférence épiscopale garde l’espérance et invite les uns et les autres à user de leurs prérogatives pour préserver à tout prix la paix et l’unité nationale par l’organisation d’élections inclusives ».

Prière pour la paix

La Ceb voudrait mettre à profit la semaine sainte pour « intensifier la prière et le jeûne durant le triduum pascal avec un accent particulier sur le dernier chemin de croix du Vendredi saint et la récitation quotidienne du chapelet et de la ‘’Prière pour le Bénin’’ pendant l’octave de Pâques ».
Les évêques recommandent la même démarche au peuple béninois. « Ces démarches spirituelles visent à demander au Christ victorieux de la mort et du mal d’éloigner du Bénin les germes et les spectres de la division, de la haine, des règlements de comptes et des intérêts égoïstes préjudiciables au bien commun et au vivre ensemble »,
insistent les conférenciers.
Aussi, la Ceb recommande-t-elle à « chacun en cette période délicate de notre pays d’agir toujours et partout selon sa conscience éclairée par la loi de Dieu et l’amour de la patrie ».
Elle « souhaite et recommande vivement que tous les fils et filles du Bénin s’abstiennent de toute provocation et de toute violence physique ou verbale pour que notre pays continue de vivre dans la paix et la concorde ».

Actualités 18 avr. 2019


Elections législatives au Bénin: Comment s’attribuent les sièges des députés

Le Bénin va vivre le dimanche 28 avril prochain les élections législatives, les huitièmes de l’ère du renouveau démocratique. Comme de coutume, la question de l’attribution des sièges ne manquera pas de susciter la guerre des chiffres entre candidats dont certains, en méconnaissance du mode de calcul utilisé, se déclarent élus avant d’être désillusionnés par la suite face à la réalité des choses.

Le mode d’attribution des sièges aux élections législatives a souvent fait grincer les dents dans les rangs des partis politiques en lice qui ne maîtrisent pas toujours le système de calcul qu’utilise la Cour constitutionnelle pour parvenir aux résultats. Ce qui explique souvent la guerre des chiffres au soir du scrutin législatif. Ainsi, plusieurs candidats se déclarent élus alors qu’en réalité, ils ne le sont pas. Ils sont désillusionnés après la proclamation des résultats par la Cour constitutionnelle souvent taxée à tort d’avoir favorisé tel ou tel candidat. Alors qu’à la vérité, il n’en est rien a priori. Et pourtant, le mode d’attribution des sièges n’est pas tabou. En effet, il est prévu à l’article 242 de la loi n°2018-31 du 09 octobre 2018 portant Code électoral en République du Bénin que « L’attribution des sièges aux différentes listes en présence s’effectue selon le système du quotient électoral : le nombre de suffrages valablement exprimés est divisé par le nombre de sièges à pourvoir pour obtenir le quotient électoral de la circonscription électorale. Le nombre de voix obtenues par chaque liste est divisé par ce quotient électoral et le résultat donne le nombre de sièges à attribuer à la liste. Les sièges restants sont attribués selon la règle de la plus forte moyenne. Seules, les listes ayant recueilli au moins 10% des suffrages valablement exprimés au plan national, se voient attribuer des sièges sans que le nombre de listes éligibles ne soit inférieur à quatre (4). Toutefois, si le nombre de listes en compétition est inférieur à quatre (4), toutes les listes sont éligibles à l’attribution des sièges ».
En dehors du filtre ou de la condition de 10 %, rien ne change par rapport au mode habituel de répartition des sièges jusqu’ici appliqué. Sur la base de cette disposition, faisons un exercice pratique dans une circonscription électorale X où il y a 5 sièges à pourvoir. Le nombre de votants est de 105 737 et le nombre de bulletins nuls est de 5272. Il y a eu deux listes en compétition comme c’est d’ailleurs le cas actuellement au Bénin. La liste A obtient 60 075 voix et la liste B 20 033 voix. Exerçons-nous maintenant à attribuer les 5 sièges à l’aune du Code électoral.
Mais avant toute chose, il faut constater que la condition de 10% des suffrages valablement exprimés au plan national exigée par l’article 242 tombe. D’autant qu’on a moins de quatre listes en compétition. Ce qui facilite les choses par rapport à l’application de cet article 242 qui a fait couler récemment beaucoup d’encre et de salive entre les acteurs politiques. La question des 10% étant désormais écartée, l’attribution des sièges se fera alors directement avec les résultats du vote dans cette circonscription électorale X conformément à la méthode utilisée depuis la première législature. Ainsi, nous devons calculer d’abord le nombre de suffrages valablement exprimés. Il s’agira de soustraire le nombre de bulletins nuls de celui des votants. Ce qui fait 105 737 – 5272 = 100 465 voix. Ensuite, nous devons déterminer le quotient électoral qui, rappelons-le, est le nombre de suffrages valablement exprimés divisé par le nombre de sièges à pourvoir dans la circonscription électorale. Ce qui fait : 100 465/5=20 093. Le quotient électoral est donc égal à 20 093.

Attribuons les sièges à chaque liste en présence :

Il s’agit ici de prendre le nombre de voix obtenues par chaque liste et de le diviser par le quotient électoral pour obtenir le nombre de sièges à attribuer à la liste.

Cas de la liste A :

60 075 /20 093 = 2 sièges et il reste 19 889

Liste B :

20 033 /20 093 = 0 siège et il reste 20 033
La première répartition des sièges donne comme résultats :
Liste A : 2 sièges et Liste B : 0 siège.
Comme on le voit déjà, il reste encore trois sièges à attribuer dans cette circonscription électorale.

Attribuons les 3 sièges restants.

Ces trois sièges restants seront attribués selon la règle de la plus forte moyenne. Ce qui revient à diviser les suffrages obtenus par chaque liste par le nombre de siège obtenu après la première répartition en ajoutant chaque fois un siège qu’on pourrait appeler fictif.

Attribuons le 3e siège :

Liste A :

60 075 voix/ (2+1), ce qui donne 60 075/3 = 20 025 voix
Liste B : 20 033 / (0+1) ce qui donne 20 033 /1 = 20 033 voix.

Comme on le constate, c’est la liste B qui a obtenu la plus forte moyenne avec 20 033 voix.

Donc, le 3e siège revient à la liste B.

Attribuons ensuite le 4e siège toujours selon la règle de la plus forte moyenne.

Liste A :

60 075 voix / (2 + 0 + 1), ce qui fait 60 075/3 = 20 025 voix.

Liste B :

20 033 voix/ (0 + 1 + 1), en d’autres terme 20 033 / 2 =
10 016,5 voix.

Au terme de cette répartition, il ressort que la liste A a obtenu la plus forte moyenne avec 20 025 voix. Ainsi, le 4e siège revient à la liste A.

Il reste à attribuer le cinquième et dernier siège suivant toujours la même méthode.

Liste A :

60 075 voix / (2 + 0 + 1 + 1) =
60 075 / 4 = 15 018,75 voix.

Liste B :

20 033 voix/ (0 + 1 + 0 + 1) =
10 016,5 voix

On constate que la liste A enlève encore le 5e siège à l’issue de cette dernière répartition parce qu’ayant la plus forte moyenne à la proportionnelle +1.

Récapitulation

Les résultats de l’attribution des 5 sièges à attribuer dans cette circonscription électorale X donnent :

Liste A : 4 sièges et Liste B : 1 siège.

Il faut signaler que ce mode de répartition des sièges arrange beaucoup plus les grands partis politiques qui ont véritablement une assise nationale. Les menus fretins n’ont aucune chance de tirer leur épingle du jeu. Par ailleurs, il nécessaire de souligner que ce mode de calcul utilisé pour l’attribution des sièges des députés n’est pas le même en ce qui concerne les élections municipales, communales et locales.

Actualités 18 avr. 2019


Romuald Wadagni, ministre de l’Economie et des Finances: « Le Bénin est le seul pays où le Fmi a revu à la hausse les performances… »

Faire l’état des lieux de l’économie béninoise et montrer comment le pays se porte bien à l’ère des réformes et toute la dynamique qui concourt aux bonnes performances enregistrées sur le plan international. C’est l’exercice auquel s’est livré Romuald Wadagni, ministre de l’Econome et des Finances. Interview….

La Nation : Comment se porte, monsieur le ministre, l’économie nationale ?

Romuald Wadagni : L’économie béninoise va bien. Les performances macroéconomiques enregistrées en 2018, confirment que pendant trois années successives, les effets des réformes, des investissements menés par le gouvernement depuis 2016 portent leurs fruits. Pour étayer mon propos, je voudrais faire deux choses. La première, prendre quelques agrégats macroéconomiques généralement utilisés pour analyser avec des exemples. La deuxième, étant donné que nous ne vivons pas en vase clos, il s’agira de regarder les appréciations de nos partenaires. Alors, de façon classique, la première indication regardée est celle du taux de croissance du Pib. De façon simple, le taux de croissance du Pib permet de mesurer le rythme de création de richesse dans un pays. Cet indicateur pour 2018 s’élève à 6,8% contre 2,1% en 2015 (source Fmi). Quand on le dit, la première question qu’on peut se poser est de savoir à quoi correspond ce chiffre ? Surtout de se demander si ces chiffres sont fiables ? Alors, 6,8% c’est d’abord trois fois mieux que le taux de 2015, et ce sont des chiffres du Fmi.
De l’autre côté, regardant de façon globale, le niveau de production de richesse, dans la sous-région et au niveau mondial, vous allez constater que ce taux fait partie des meilleures performances aujourd’hui. Donc, ce taux est bon. Est-ce que ces chiffres sont-ils fiables ?
Vous savez, en octobre 2018, nous avons subi une revue du Fmi. Sur la base des données à fin septembre, le Fmi a revu le taux de croissance qui était au début de l’année à 6,00% à 6,5% déjà à fin septembre. Pour 2018, le Bénin a été le seul pays où le Fmi, après un contrôle, a revu à la hausse les performances économiques. Il faut saluer cela. Depuis 2016, que nous nous sommes là, de manière constante et continue, nous avons toujours livré des performances beaucoup mieux que celles attendues. De façon factuelle cela implique quoi ? J’aime prendre les éléments concrets qui impactent le quotidien des Béninois. Un des premiers moteurs, c’est le secteur agricole avec en ligne de mire, le coton. Vous savez pour la campagne 2018-2019, les données enregistrées indiquent que nous allons dépasser les 700.000 tonnes de coton. Le Bénin sera le premier producteur du coton en Afrique. En 2015, moins de 300.000 tonnes, on était 5e ou 6e producteur du coton en Afrique. Cela est concret et les performances sont prévues pour atteindre 1 million de tonnes en 2021. Vous prenez les départements de l’Atacora et de l’Alibori, les données statistiques indiquent qu’un paysan emblave en moyenne 5 hectares. Or en 2015, un paysan emblave 5 hectares, avec une production de 877 kg à l’hectare. En 2018, la productivité est passée à 1150 kg à l’hectare. En 2015-2016, le prix d’achat du coton à l’ha a également pris 5F au kg. Ce qui veut dire que le paysan qui emblave 5 ha voit son niveau de revenu passer de 1.100.000 F Cfa à 1.500000 F Cfa par an. Il gagne 400.000 F
de plus, c’est colossal. Un revenu comparable à celui d’un cadre en début de carrière. En milieu rural, vous verrez aujourd’hui que les paysans commencent par construire leur habitat en matériaux définitifs. Leur cadre de vie change et ils envoient leurs enfants à l’école, à l’université. Cette amélioration impacte 4 millions de personnes. C’est pareil dans le secteur des transports. A la fin de la campagne 2017-2018, il a été distribué au moins 34 milliards F Cfa aux transporteurs et aux producteurs, 92 milliards F Cfa. Ce sont des exemples qui montrent que la croissance est là et des millions de personnes voient leur quotidien s’améliorer. Il faut dire que le coton n’est pas le seul. Les noix d’anacarde sont à une augmentation de 30%, idem pour le riz, le maïs… Donc, voilà des éléments concrets qui montrent qu’il y a croissance.

Comment expliquez-vous qu’en dépit des chiffres donnés, au sein de la population, c’est-à-dire le panier de la ménagère, les gens se plaignent toujours ?

Les gens se plaignent souvent pour des raisons qui sont la résultante de plusieurs choses. Nous sommes en période de réformes. Les réformes gênent les intérêts et créent des frustrations. Dieu merci, nous voyons les bienfaits de ces réformes. Certaines plaintes sont le résultat de certaines frustrations liées à l’interruption de certaines mauvaises habitudes. L’argent facile qui ne circule plus… Tout à l’heure, j’ai pris l’exemple du taux de croissance comme premier indicateur. Votre exemple m’amène à prendre le deuxième indicateur économique qui est celui de l’inflation. On mesure la vitalité de l’économie par le niveau d’évolution des prix des produits de première nécessité comme le riz, le maïs, le manioc. L’évolution du prix de maïs : une mesure de maïs séché était à 250 F le kg en 2015. En 2018, elle est de 205F/kg. Bien entendu, pour certains produits les prix ont légèrement augmenté, mais pour la plupart les prix ont diminué. En gros quand on prend le taux d’inflation, il s’est élevé à -0,8% en 2018. Donc, globalement, c’est bon. On peut souffrir, car l’argent qui rentre n’arrive plus à acheter la même quantité. En réalité, la plainte est liée à la diminution de l’argent qui rentre. Effectivement, nous reconnaissons que les coulages des finances publiques sont stoppés.

On a l’impression que tous les gouvernants qui se suivent ont toujours la même explication, surtout la réduction de l’argent sale. Mais, le résultat est le même ?

J’aime qu’on me donne des exemples. Quand vous doublez le nombre d’étudiants bénéficiaires d’allocations de l’Etat, quand vous augmentez les bourses aux étudiants avec la dématérialisation et la bancarisation, vous constatez l’amélioration de leur train de vie, ce qui impacte les parents et les résultats. Là, peut-on dire que les boursiers se plaignent ? Ou dans l’agriculture où 4 millions de personnes voient leurs revenus s’améliorer, donnez-moi l’exemple d’un paysan qui souffre ?
Nous avons lancé l’année dernière le projet sur le maraichage pour les femmes et les jeunes en mettant à leur disposition des matériels nécessaires. Demandez à ces femmes si leur niveau de vie a changé ? Bien entendu, si vous prenez quelqu’un en ville, qui prenait ses revenus des marchés fictifs de l’Etat, ou du coulage, il est évident que ce dernier se plaigne. On ne peut certes pas dire que tout va déjà pour le mieux, mais reconnaissons que la trajectoire est excellente et que tout va de mieux en mieux. On ne peut pas, par un coup de baguette, transformer un pays. Tout en répondant aux questions d’urgence d’aujourd’hui, nous travaillons pour le Béninois (qui sera là) dans 10 et dans 20 ans.
Au Conseil des ministres par exemple, le chef de l’Etat nous a interpellés en disant qu’à Natitingou, depuis quelques jours, ils ont des problèmes d’eau. Il a exigé que cela soit réglé en 24 heures. C’est un exemple d’urgence traitée. Quand le chef de l’Etat dit d’ici 2021, tous les Béninois doivent avoir accès à l’eau potable, ça c’est prévoir pour demain. Vous imaginez que depuis 40 ans, on n’a pas pensé à l’entretien des ouvrages d’eau. Par exemple, à Togbin, près de Cotonou, les gens manquent d’eau potable. Quand on investit pour régler ces problèmes structurels, quand on investit pour la santé, là encore on a fait des réformes formidables, on a fini de moderniser trois agences de transfusions sanguines à savoir Parakou, Porto-Novo et Abomey. Allez demander aux populations qui en souffraient si elles ne sont pas contentes ?
Donc, il y a des investissements qui se font de manière massive pour que le Béninois se porte bien. Au niveau du budget 2019, nous avons mis un milliard de francs Cfa pour les startups. Quand vous lancez de grands travaux dans l’ensemble des douze départements (cités administratives, asphaltage, stades, marchés et autres), c’est autant de bonnes dames qui font des commerces autour de ces chantiers.

A vous écouter, l’argent qui circulait, était mal obtenu. Cela voudra dire que la majorité des Béninois avaient de l’argent sale ?

Ce n’est pas cela. Ce que nous disons, c’est qu’il avait beaucoup de coulage au niveau des finances publiques. Nous y avons mis un frein et nous continuons d’en mettre toujours. Dès que nous trouvons des niches, nous les supprimons. Vous savez celui qui achète de la friperie paie la Tva. Or, la Tva constitue la moitié de nos recettes. Donc, en dilapidant nos ressources, nous dilapidons les ressources du Béninois lambda. Je voudrais que la presse explique cela à la population. Un pays comme le Bénin dépense 17 milliards F Cfa pour les voyages officiels, mais avec la réforme qui a conduit à la création de la Cellule des voyages officiels, on est passé à 3 milliards. Donc, ceux qui bénéficiaient de cette manne vont être mécontents. C’est de cela qu’on parle. Avec cet argent, nous avons fait des cantines scolaires.

Reconnaissant que vous avez verrouillé un certain nombre de choses, que faites- vous alors pour améliorer leur condition de vie ?

Nous travaillons pour que chaque Béninois ait une égalité de chance pour contribuer à la création de richesse. Un modèle alternatif consisterait à dire que l’Etat puisse prendre de l’argent sur les recettes et les distribue. Mais en le faisant, le jour où l’Etat ne pourra pas faire, que va-t-il se passer ? En observant les agrégats macroéconomiques, vous constaterez que 20% des investissements devraient venir du secteur privé. Nous faisons tout pour avoir un secteur privé dynamique qui puisse prendre le relais. Nous créons les conditions pour une production durable dans le pays.
Pour le moment, c’est l’Etat qui tient les rênes…
Ce n’est pas que l’Etat, vous êtes d’accord avec moi que classiquement le Béninois aime le commerce, c’est-à-dire acheter et vendre. Il faut créer les conditions pour que le Béninois aille de plus en plus vers les activités de transformation, de type industriel à grande consommation de main-d’œuvre.
Quand nous réglons les problèmes énergétiques, et en mars dernier le premier générateur de production d’électricité est mis en service sur la centrale thermique de Maria-Gléta, c’est pour permettre de régler les problèmes d’accessibilité, de coût d’énergie pour la population. Nous créons les conditions pour que les personnes puissent travailler en créant des emplois et des richesses. Et, c’est à cela qu’on s’attelle.

Et vous créez et augmentez les taxes et impôts aussi ?

Ah, cela c’est très intéressant !
Je voudrais demander aux gens de nous donner l’exemple d’une taxe qui a été augmentée. Je vous ai dit plus haut que la Tva est la taxe que tout le monde paie et qui contribue pour moitié à nos ressources. Le taux de Tva est resté inchangé depuis que nous sommes là. Il est demeuré toujours à 18%.

C’est assez clair que votre politique vise l’élargissement de l’assiette fiscale. Est-ce que vous allez continuer par presser vos concitoyens ?

Je voudrais que cette perception soit appuyée par des chiffres. Prenez la loi des finances 2019, aucun taux d’impôt n’a été augmenté. Mieux, pour les entreprises qui sont sur le régime simplifié, l’impôt est passé de 400.000 F Cfa à 150.000 F Cfa. Nous avons baissé cela. Observons la fiscalisation directe, vous verrez que nous avons mené une politique de baisse. Mais, nous avons augmenté le prélèvement sur l’alcool, le tabac en nous basant sur les normes communautaires qui nous permettent d’aller jusqu’à un certain niveau sans toutefois atteindre le plafond. Le fait de diminuer les impôts des Pme n’est point un rétropédalage, mais plutôt une incitation à la productivité et lever les entraves aux accès des marchés publics.

Implicitement, vous faites reposer tout sur quelques grosses entreprises ?

Absolument pas. Je vous ai dit que la grande partie de nos ressources proviennent de la Tva qui est payée par nous tous.

Alors monsieur le ministre, tout va bien et le Béninois peut espérer ?

Je dis encore que le Bénin se porte bien. Que les choses sont beaucoup mieux que par le passé. Les réformes et les investissements en cours montrent que, sur la trajectoire 2019-2021, nous allons avoir un rythme de création de richesse qui va continuer de s’accélérer et sera au-dessus des 7% et atteindre même peut-être les 10%. Pour que la grande masse puisse percevoir l’effet de la croissance, il faut que la croissance dure au moins 3 ans et soit au-delà des 7%. Actuellement, nous sommes en train d’entrer dans ce schéma. Le paysan qui a son champ d’anacarde, le producteur de coton, la dame qui fait le maraichage, ceux-là, la vie change pour eux et va continuer de s’améliorer. Quand on fait les réformes dans la santé et qu’on démantèle les faux médicaments, c’est l’ensemble de la population y compris vous et nous qui avons une assurance meilleure sur la qualité de médicaments que nous consommons. Quand le centre de santé d’Allada est en marche, c’est la population qui en jouit.
Il y a quelques semaines, le Bénin a lancé une opération pour prendre de l’argent à l’international.
Permettez que je vous explique pourquoi je vous disais que le Bénin se porte bien. On peut s’auto féliciter. C’est encore mieux si ce sont les partenaires techniques qui le disent avec un regard indépendant. Récemment, le Bénin est primé premier pays en matière de transparence budgétaire par le Fmi et l’Ue. Cela ne s’est jamais produit. C’est grâce à ces éléments que, quand nous allons vers les investisseurs, qui ne savent pas positionner le Bénin sur une carte, ils nous font confiance. Même l’Uemoa reconnaît que le Bénin a fait des bonds jamais faits dans l’Uemoa. Nous avons eu, en décembre dernier, la notation B+ qui est la meilleure notation en Afrique subsaharienne, la même note que le Sénégal et mieux que le Rwanda. Vous ne pouvez pas faire des performances macroéconomiques passables et avoir ces résultats. Mais, il est vrai que quand on part de si loin, il faut du temps pour que la perception change.

Le 17 mars dernier, il y a cette levée d’Euro bonds. Mais, c’est quoi l’Eurobond ?

C’est un emprunt obligataire que nous avons fait. Ce sont des investisseurs qui vous prêtent de l’argent sous la forme d’obligations. En termes simples, le Bénin est allé sur le marché international obtenir des prêts de partenaires financiers. Dès notre arrivée en 2016, le gouvernement a adopté une stratégie de mobilisation des ressources. Doter le Bénin de tous les instruments lui permettant de lever des ressources. Il y a trois manières d’obtenir des ressources à savoir les impôts ; les emprunts obtenus chez les bailleurs de fonds ; les prêts faits auprès des banques locales. Il faut dire qu’il y a deux autres instruments dont les pays modernes disposent, mais que le Bénin n’avait pas du fait de certaines contraintes. Il s’agit de l’accès des prêts commerciaux et l’accès au marché des emprunts obligataires. Cela nécessite une certaine crédibilité. Quand les crédits locaux baissent ou les partenaires financiers ne vous apportent pas les ressources nécessaires, vous êtes limités en capacité de financement. C’est pour cette raison qu’il faut diversifier les sources de financement et de mobilisation des ressources.
En 2018, grâce aux réformes du chef de l’Etat, nous nous sommes dotés de l’instrument d’accès aux crédits internationaux par le biais de reprofilage de la dette. Le dernier instrument est celui d’accès au marché obligataire. Ce dernier est un peu compliqué. Sur instruction du chef de l’Etat, nous sommes arrivés à avoir une taille des opérations qui permet à nos obligations d’être cotées. Cela est le résultat d’un travail de longue durée de l’ensemble du gouvernement et des cadres techniques des différents ministères. L’opération a été un succès pour plusieurs raisons. Je vous en donne deux. La première, nous sommes allés sur le marché pour lever plus de 500 millions d’Euros, mais nous sommes arrivés à un pic de plus d’un milliard d’Euros. C’est un vrai succès. D’ailleurs, beaucoup de personnes ont voulu participer, mais nous leur avons dit que notre objectif est de 500 millions d’Euros avec une maturité sur sept ans. Cela est un facteur de succès indiscutable. Le deuxième élément est que nous avons été le premier pays du continent à sortir en 2019.

A quoi serviront ces fonds ?

Ces fonds serviront à financer les activités, investissements et projets prévus dans le cadre du budget 2019. Je rappelle que la loi de finances 2019 a prévu un budget d’investissement de 700 milliards F Cfa à peu près. C’est une opération pour diversifier les sources de financement. Ayant levé ces fonds d’eurobonds, cela signifie qu’il y a d’autres sources où nous ne sommes pas allés. Je rappelle que nous sommes restés dans la fourchette des ressources votées par l’Assemblée nationale.
Quelles sont les caractéristiques de cette opération ?

Les caractéristiques, c’est 500 millions d’Euros, la durée de remboursement est 7 ans et le taux d’intérêt est de 5,75%/ difficile à trouver dans la sous-région. Ce taux est aussi un facteur de succès dû aux réformes.

Monsieur le ministre, n’y a-t-il pas des risques ? Et pourquoi ne pas aller en dollars ?

De façon factuelle, en regardant les taux d’intérêt, ceux en dollars sont plus élevés. Le volume d’emprunt obligataire est en trilliards de dollars alors qu’en euros, on est en milliards. L’autre chose, il n’existe pas d’instrument de couverture standard pour couvrir ces risques. Nous sommes membres d’une union monétaire bénéficiant d’une parité fixe avec l’Euro. C’est pourquoi les eurobonds sont mieux pour nous.

Pour cette opération vous attendiez-vous à une réaction aussi positive des investisseurs ?

Oui, car depuis 2016, nous avons opté pour de bonnes performances permettant l’accès à ces marchés financiers. Donc, cela ne nous a pas surpris. Le Bénin a été le premier en Afrique à réussir une émission inaugurale et le premier à le faire en euros.

Pensez-vous revenir sur le marché pour une autre opération ? Et dans quelle échéance ?

Notre stratégie est de doter notre pays des instruments de mobilisation de ressources. Et c’est fait, car maintenant nous avons cinq instruments de mobilisation. Nos ressources propres conditionnent notre capacité à aller au crédit. Donc, nous devons améliorer les ressources propres car il faut compter sur nos propres forces. Pour les autres instruments, le recours à l’un ou l’autre des 4 dépendra des opportunités.

Monsieur le ministre, sommes-nous en train de nous endetter pour la postérité à travers ces opérations ?

Pas du tout ! J’ai récemment fait un exercice intéressant pour l’ensemble des 8 pays de l’Uemoa, en tant que président du Conseil des ministres. L’exercice a consisté à regarder les 10 derniers budgets du Bénin. Regardons combien nous dépensons pour le fonctionnement de l’Etat et combien nous investissons. Regardez ensuite de combien s’accroît la dette de l’Etat et par rapport à combien on investit. En 2018, nous avons investi plus de 500 milliards F Cfa. Le niveau de la dette a augmenté de 349 milliards. Cela veut dire que pour 2018, qui est un exemple, nous nous sommes endettés beaucoup moins que nous avons investi. Quand vous faites des investissements structurants, des investissements productifs, qui créent de la valeur, de la richesse, mais que la valeur de ces instruments est quasiment deux fois plus importante que l’endettement, c’est un signe que vous faites bien de prendre la dette. Ce qui se passait en 2014 et 2015 par exemple, le niveau d’investissement inférieur à 200 milliards, la dette a augmenté de 300 milliards. Cela est inquiétant, car il montre que la dette sert à faire fonctionner l’Etat. Mais, quand vous êtes dans un schéma où l’accroissement de la dette (comme en 2018), le montant de la dette a augmenté de 349 milliards, mais nous avons investi 500 milliards, cela est une performance et depuis 2016, la trajectoire est la même. Nous faisons des investissements productifs pour créer de la valeur pour aujourd’hui et demain. Actuellement, nous sommes dans la tranche des 50% de dette contre un plafond de 70% qui ne sera jamais atteint tant que le président Talon sera là.

Vous avez pris part récemment à une réunion du conseil des ministres, avez-vous parlé du franc Cfa ?

La question du F Cfa n’était pas à l’ordre du jour à notre réunion de la zone Franc à Niamey pour la simple raison qu’il s’agit de notre monnaie. Nous avons des institutions, des accords, des mécanismes qui fonctionnent au quotidien sur les questions monétaires.

Quel est votre avis sur la question du Cfa, car il y a des voix qui s’élèvent pour demander sa réforme ?

En tant que ministre des Finances et président en exercice du Conseil des ministres des Finances de la sous-région, il est normal que je ne vous dise pas autre chose que ce que disent les autres. Je vais vous donner une réponse factuelle. La monnaie est clé. Vous avez deux éléments pour mesurer une économie : la monnaie et le budget. Dans aucun pays du monde, il n’y a une décorrélation entre la politique budgétaire et celle monétaire. Prenons la zone Uemoa, cela fait 7 ans que nous avons un taux de croissance supérieur à 6% dans la zone, taux d’inflation maîtrisée en-dessous des 3%.
L’ensemble des pays sont en régime de croisière en matière d’investissements. Cela ne peut arriver que s’il y a une corrélation forte entre les budgets et la monnaie. Alors, regardons le fonctionnement de nos économies actuelles, il n’y a pas d’indicateur montrant un dysfonctionnement monétaire. Que des personnes se posent la question sur le nom et autre, elles sont libres. Mais, aucun opérateur économique n’a dit dans la sous-région qu’il est pénalisé par le Cfa. Vous savez, on se fait peur parfois, mais il n’y a aucun système parfait au monde. En somme, aujourd’hui, aucun indice montrant une menace sur notre monnaie. Une des caractéristiques du Cfa est que c’est un régime de change fixe. Cela peut présenter des avantages et des inconvénients. Si les inconvénients étaient supérieurs, cela agirait sur les performances macroéconomiques. Hong Kong marche bien pourtant, il est dans un régime de change fixe avec le dollar, comme le Danemark avec l’Euro. Ce qui est sûr, en cas d’alerte sur le Cfa, nous prendrons nos responsabilités.

A vous écouter, on a l’impression que tout va bien pour le franc Cfa alors que des voix s’élèvent de plus en plus pour demander qu’on sorte du F Cfa ?

Je ne rentre pas dans la polémique. Je suis ministre de l’Economie et des Finances, président du Conseil des ministres de la zone. Je vous dis que tout modèle a du plus et du moins. Mais aujourd’hui, les données ne nous alertent pas sur un éventuel problème structurel qui nécessite une réaction. On ne peut pas avoir un problème avec une monnaie et générer des croissances de plus de 6%, 7 ans de suite sur la zone.

Toujours au sujet du Cfa, c’est quoi le fameux compte des opérations ? A quoi cela sert-il ?

Nous sommes dans un système de change fixe. Nous sommes en accord avec le Trésor français qui nous permet qu’en cas de besoin de devises, que le Trésor français puisse nous aider à l’avoir. Quand nous importons des équipements, pour rembourser des dettes en devises, il nous faut des devises. Au niveau de l’Uemoa, nous avons une caisse centrale qui nous permet de garantir notre monnaie. Le jour où nous allons avoir une insuffisance de devises, nous allons solliciter le Trésor français pour payer. Le coût de l’argent au niveau mondial est négatif aujourd’hui. Il faut dire que l’argent n’est stocké nulle part. Il faut avoir un mécanisme pour garantir vos partenaires. Sinon, ils ne vont pas travailler avec vous. Certains pensent qu’on n’a pas accès, mais c’est faux car parfois, on peut aller au découvert. En décembre 2018, nous avons 4,8 mois de réserves dans
l’Uemoa. Imaginons, par exemple, que les recettes d’exportations baissent. Mais, il faut payer nos engagements financiers à l’international. C’est grâce à ces devises qu’on le fait. C’est la preuve qu’on y a accès.

Revenons au Bénin avec les réformes dans le domaine de la pension de retraite. Qu’en est-il exactement ?

Il s’agit d’une instruction du chef de l’Etat qui a consisté à tout faire pour payer les retraités dès leur premier mois de retraite. Aujourd’hui, avec les réformes, c’est possible. La semaine dernière avec ma collègue du Travail, nous avons fait une cérémonie de remise de carnets de pension aux bénéficiaires qui pourront bénéficier de leurs allocations dès la fin du mois d’avril 2019. Dans le même courant, en décembre 2018, le chef de l’Etat a annoncé le paiement des arriérés de pension de 2011 et 2012. Une partie a été payée dès le mois de janvier et le solde est payé ce mois-ci.

En élargissant l’assiette fiscale, allez-vous améliorer les prestations de l’Etat ?

L’amélioration de l’assiette fiscale n’est pas une démarche visant à couvrir plus de contribuables. Notre démarche est d’abord de fournir le service public, puis on demande qu’on contribue. Pour le chef de l’Etat, en expliquant aux contribuables à quoi sert leur argent, ils contribueront davantage. Par exemple, nous avons lancé les travaux d’asphaltage, la salubrité dans le Grand Nokoué ; mais nous n’avons pas prélevé des taxes pour le faire. Nous commençons d’abord à changer le cadre de vie et après quand nous leur demanderons de contribuer, ils vont le faire car ils savent à quoi cela sert désormais. Cette stratégie du chef de l’Etat est à saluer. Par ailleurs, l’une des réformes de 2016 est de ramener à zéro les taxes sur les transactions immobilières et faire le cadastre qui est un service public efficace.

On parle maintenant des élections. Le ministre des Finances a-t-il mis à la disposition de la Cena les fonds nécessaires ?

La réponse est oui ! Nous suivons de très près pour que les institutions de la République impliquées dans les législatives ne manquent d’aucun moyen. Le coût des élections est d’environ 5 milliards F Cfa.

Qu’en est-il des quitus fiscaux ? Certains continuent de dire qu’ils n’ont pas leur quitus malgré les formalités.

Je voudrais qu’on donne des exemples. Ce que je sais, nous avons mis en place une procédure claire, dématérialisée et il y a des voies de recours. A ce jour, nous n’avons reçu aucun recours d’un contribuable qui serait à jour et n’aurait pas eu son quitus fiscal en dépit des formalités remplies. Il peut cependant y avoir des loupés même si nous avons essayé autant que possible d’éviter l’implication de la main de l’homme. Si c’est le cas, nous sommes prêts à le reconnaître. Mais j’insiste pour dire qu’à ce jour notre comité de médiation n’a reçu aucun recours. Je peux donc vous assurer que l’ensemble des personnes qui sont à jour et qui ne sont pas des fugitifs au sens de la loi ont bénéficié de leur quitus fiscal dans les délais prescrits.

Un mot pour conclure cette interview ?

Ce que je peux dire pour terminer est quand vous voyez les efforts qui commencent à produire des résultats comme la fourniture d’eau potable, l’opérationnalisation de l’Arch notamment la phase pilote de l’assurance maladie, et le micro crédit pour lequel 6 milliards ont été débloqués le mois passé, les réformes dans le secteur de la santé, l’amélioration des cantines scolaires, les chantiers qui impactent l’ensemble des 12 départements,… les perspectives pour les trois années à venir sont bonnes. Je voudrais profiter pour remercier les compatriotes pour leurs contributions, car ces résultats sont les efforts de tous. Aujourd’hui, le Bénin existe sur le plan financier international.
Je garde l’espoir que chacun jouera sa partition pour davantage de belles performances. Des performances qui permettront à chacun d’avoir une santé de qualité, une formation de qualité, l’accès à un numérique de qualité, à une condition de vie de qualité pour créer la richesse.

Transcription : Alexis METON

Actualités 18 avr. 2019


Pénurie d’eau à Natitingou: Les populations se plaignent, le gouvernement rassure

Les populations de Natitingou, comme chaque année de mars à mai font face à la pénurie d’eau. La situation a empiré cette année, où des ménages font des jours sans une goutte du liquide vital dans les robinets de la Société nationale des eaux du Bénin (Soneb). Approché, Marcel da Sylva, directeur départemental
Atacora de la Soneb explique et rassure.

Ouvrir le robinet d’eau et manquer de la moindre goutte d'eau. C’est la triste réalité que vivent la plupart des habitants de la cité des
Nanto depuis quelques semaines. La plainte est la même dans tous les ménages. « Nous manquons cruellement d’eau », s’indigne-t-on. Boriyouré, Kantaborifa, tous des quartiers de la ville situés en hauteur sont touchés par la pénurie. La direction départementale de l’Atacora de l’Agence Bénin Presse sise à Natitingou n’est non plus épargnée. Depuis plus de deux semaines, c’est seulement de l’air qui sort des robinets de la Soneb.
« C’est une situation de peine, voilà une population qui ne reçoit pas assez d’eau déjà à cause de nos limites par rapport à nos installations, mais qui se voit affaiblie davantage dans ses besoins par des événements difficiles », s’est désolé le directeur départemental de la Soneb de l’Atacora, Marcel da Sylva.
Pour lui, le pic de la situation a trait aux travaux d’asphaltage. « Il faut avouer qu’on a enregistré trop de casses de la part des engins chinois. Parfois, ce sont des tronçons très longs qui sont broyés littéralement et ces casses n’ont pas fait du bien à la pression sur le réseau », a regretté Marcel da Sylva.
Pourtant, soutient-il, avant le démarrage des travaux, des actions ont été menées dans le cadre de la reconnaissance de la position des conduites d’eau sur le terrain. « Des sondages avaient été faits pour repérer chaque conduite, et pour la mise en œuvre, on a désigné deux représentants de la Soneb comme point focal pour suivre les
travaux sur le terrain. Mais malgré leur présence, des casses sont enregistrées parce qu’ils donnent des instructions qui ne sont pas toujours respectées », a fustigé le directeur départemental.
Au-delà des casses liées aux travaux d’asphaltage, Marcel da Sylva a évoqué deux autres situations malheureuses. Il s’agit d’une section de conduite survenue, le samedi 30 mars dernier, et de la pluie diluvienne qui s’est abattue sur la ville de Natitingou le dimanche 31 mars. « Cette pluie est venue clouer complètement la production, parce qu’elle a chargé la retenue de boue, des débris et même des poissons essoufflés », a-t-il expliqué. Une situation qui, à l’en croire, a occasionné l’arrêt des pompes de refoulement vers la station de traitement. Il en appelle à l’indulgence des populations. «A chaque fois, nous parons au plus pressé et nous travaillons au quotidien pour améliorer progressivement la fourniture », a-t-il rassuré.
Toutefois, le directeur départemental de la Soneb de l’Atacora a souhaité qu’un satisfecit soit décerné au gouvernement qui, a-t-il informé, est en train de prendre des dispositions pour régler définitivement le problème d’eau potable à Natitingou.

Société 18 avr. 2019


Protection des droits de l’homme: Le bureau de la Cbdh au cabinet de Joseph Djogbénou

Le président de la Cour constitutionnelle, Joseph Djogbénou, a reçu en audience, hier le bureau de la Commission béninoise des droits de l'homme. Conduit par son président, Isidore Clément Capo-Chichi, le bureau de la Cbdh a fait au professeur Joseph Djogbénou le bilan de la situation des droits de l’homme au Bénin et appelé à la préservation de la paix.

Conformément aux textes de la Commission béninoise des droits de l'homme (Cbdh) qui prévoient la visite aux présidents d’institutions, le bureau de la Cbdh a rencontré, hier, le président de la Cour constitutionnelle. Cette visite intervient après cent jours d’activités de la Cbdh. En effet, la Commission béninoise des droits de l'homme a été installée le 28 décembre 2018 par le président de la Cour constitutionnelle et son bureau a été élu le 3 janvier 2019.
Au cours des échanges, il a été question de la promotion et de la protection des droits de l'homme au Bénin. Le bureau de la Cbdh a donc fait au professeur Joseph Djogbénou le bilan de ses actions « Comme vous le savez, la Cour constitutionnelle, depuis environ 25 ans, a rendu plus de 1500 décisions portant sur la violation des droits de la personne humaine. Puisque nous recevons des plaintes, il était important de discuter avec le président sur comment travailler à gérer ces différentes plaintes pour que les droits de l’homme soient garantis», fait savoir le président de la Cbdh, Isidore Clément Capo-Chichi au sortir de l’audience.
Abordant la situation politique et la mission de la Cbdh, le président Isidore Clément Capo-Chichi va affirmer : « En tant que citoyens, nous avons tous une responsabilité, celle de protéger. Et la commission a aussi la mission de protéger en toutes circonstances. Nous devons tous travailler à ce que le conflit ne dégénère pas ». Le président de la Cbdh a également invité les professionnels des médias à plus de sensibilité, à ne pas porter des messages susceptibles d’engendrer une situation incontrôlable. Au demeurant, il assure : « Nous restons convaincus et le président de la Cour constitutionnelle nous a rassurés de ce que toutes les autorités, tous les pouvoirs publics travaillent à ce que la paix soit préservée au Bénin. C’est notre message », a conclu Isidore Clément Capo-Chichi?

Actualités 18 avr. 2019


Développement de la filière anacarde: La Fenapac portée sur les fonts baptismaux

Les pépiniéristes d’anacardier étaient mardi dernier, en assemblée générale à Bohicon. Réunis en coopératives, ils sont venus du Borgou-Alibori, de l’Atacora-Donga, du Zou-Collines et de l’Ouémé-Plateau. Les travaux ont débouché sur la mise en place de la Fédération nationale des pépiniéristes d’anacardier certifiés (Fenapac) dirigée par un bureau de cinq membres pour un mandat de trois ans.

Le processus de structuration des pépiniéristes d’anacardier évolue. Après la définition des formes juridiques, l'appui à l'organisation des assemblées générales constitutives et la mise en place de quatre coopératives de producteurs d'Anacardiers Greffés dans les départements de l'Atacora-Donga, du Borgou-Alibori, du Zou-Collines et de l'Ouémé-Plateau, les coopératives régionales se sont fédérées au niveau national en un Groupement d'intérêt économique (Gie). Cette initiative a eu le soutien de l'Agence territoriale de développement agricole (Atda4). Elle est accompagnée par TechnoServe à travers BeninCajù et la Fédération nationale des producteurs d'anacardes du Bénin (Fenapab). Ces deux Ong, à travers leurs responsables, Soulé Manigui (TechnoServe) et Joseph Tokoré (Fenapab) se sont mises ensemble pour renforcer le dispositif organisationnel de ces pépiniéristes de plantules greffées d'anacardier pour une meilleure performance de la filière anacarde. Il s’agissait de travailler en faveur d’une accélération et intégration de la filière cajou au Bénin. Ce faisant, l'appui institutionnel était, lors de cette assemblée générale, l'un des principaux axes d'intervention de BeninCajù qui est un projet inclusif, global et novateur pour la filière cajou au Bénin. Prévu pour la période 2015-2021 il est exécuté par l'Ong TechnoServe en partenariat avec son homologue le Catholic Relief Services.
Au cours de l’assemblée générale tenue, mardi dernier à Bohicon, BeninCajù a mis à la disposition de l’assemblée une charte graphique afin d'assurer une meilleure visibilité aux acteurs à travers une identité visuelle, en vue d'asseoir un cadre de dialogue fécond pour l'épanouissement de leurs activités.
Pour accompagner ces acteurs, il a élaboré un plan d'actions en vue d'accroitre leur capacité de production et de distribution des plantules greffées de l'anacardier sur des bases d'efficacité et de durabilité qui favorisent de meilleures performances de la filière anacarde. Dans sa stratégie de renforcement des acteurs de la filière cajou, BéninCajù fournit des assistances techniques aux partenaires du public et du privé afin de promouvoir la production des noix brutes d'anacarde, le développement des chaines de valeurs, et l'amélioration des revenus.
Le credo de ces Ong est que tous les acteurs soient associés à cet exercice de convergence d’idées pour une réelle amélioration des performances.
A l'issue de cette assemblée générale constitutive, les coopératives régionales de producteurs d'anacardiers greffés ont mis sur pied une fédération qui est désormais le creuset national de dialogue, de mobilisations des ressources et de promotion de leurs activités. Les membres fondateurs ont alors adopté les statuts et règlement intérieur de cette fédération. Les membres du conseil d'administration et du comité de surveillance ont été aussi élus et installés dans leurs fonctions respectives. Egalement, un comité de suivi a été mis en place pour l'enregistrement de la structure et l'élaboration du plan d'actions.
Au nom du bureau élu, le président Noël Chabi Yabi promet travailler dans la transparence pour le développement de la filière anacarde au Bénin.

Société 18 avr. 2019


Compte rendu du Conseil des ministres: Des mesures pour conforter les professionels de santé

Le Conseil des ministres s'est réuni ce mercredi 17 avril 2019, sous la présidence de monsieur Patrice Talon, président de la République, chef de l'Etat, chef du gouvernement.

Les décisions ci-après ont été prises.

I- Mesures normatives.

I-1. Fixation des indemnités de garde, d'astreintes et d'heures supplémentaires dans les formations sanitaires publiques.

Le 25 juillet 2018, le Conseil des ministres avait pris la décision de suspendre la délivrance d'autorisation et de révoquer les autorisations pour l'exercice en clientèle privée des professions médicales et paramédicales par un agent public fonctionnaire ou contractuel.
Le but visé est d'assurer la disponibilité des professionnels de santé, agents publics, dans les formations sanitaires publiques. Toutefois, ils avaient, à leur convenance, le choix d'être exclusivement au service de l'Etat, ou d'y renoncer pour exercer leur profession dans le privé.
La mise en œuvre de cette réforme nécessite des mesures d'accompagnement adéquates, au profit des agents restés au service de l'Etat, en vue de leur offrir de meilleures conditions de travail leur permettant de délivrer des prestations de qualité aux populations.
Le présent décret portant fixation des taux des indemnités de garde, d'astreintes et d'heures supplémentaires dans les formations sanitaires, a été adopté à cette fin.

Ledit décret vise spécifiquement à :

- garantir la continuité des soins dans les formations sanitaires publiques à travers une organisation cohérente du travail ;

- réglementer la gestion des ressources humaines en santé en tenant compte des contraintes organisationnelles requises ; et

- harmoniser les avantages accordés aux agents concernés par l'offre continue de soins dans les formations sanitaires publiques.
Les personnels de santé ainsi visés sont ceux intervenant dans les formations sanitaires publiques du ministère de la Santé.

I-2. Règlementation du temps de travail des professionnels de santé exerçant dans les hôpitaux publics.

L'adoption de ce décret s'inscrit dans le cadre de la définition des règles générales d'organisation du travail au niveau des structures sanitaires, pour une meilleure gestion du personnel de santé en poste dans ces hôpitaux.
En effet, dans l’exercice de leur profession, les personnels de santé concernés sont astreints aux consultations, aux soins et à la recherche, ou encore à l'encadrement pratique des stagiaires en ce qui concerne les praticiens hospitalo-universitaires.
Or, l'organisation actuelle du travail hebdomadaire ne précise pas la répartition des durées de chaque mission.
Le présent décret définit le cadre général d'organisation des charges auxquelles sont astreints ces professionnels de santé notamment les médecins généralistes, les praticiens hospitaliers, les praticiens hospitalo- universitaires et les paramédicaux par rapport aux activités de consultation, aux actes médicaux, chirurgicaux, et d'anesthésie. Il en est de même des soins infirmiers, obstétricaux, d'explorations diagnostiques, de visite générale et de recherche.

II- Communications.

Recrutement de cadres officiers pilotes, mécaniciens ou des bases et sous-officiers spécialistes au profit des Forces aériennes du Bénin.

Dans la perspective du recrutement de jeunes cadres, en vue de renforcer l'effectif des cadres officiers pilotes, mécaniciens ou des bases et de sous-officiers techniciens existant, des tests psychotechniques ont été organisés en novembre 2018.
Se fondant sur les résultats desdits tests, le Conseil a autorisé le recrutement de cadres dont les profils sont ainsi spécifiés, au profit des Forces aériennes du Bénin, au titre des années 2019 et 2020.
III- Manifestations et rencontres internationales.

Le Conseil a autorisé l'organisation, à Cotonou, de :

- la 20e Assemblée des ministres de la Santé des Etats de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest, du 29 avril au 3 mai 2019 ; et

- la rencontre de haut niveau sur le thème : « Un partenariat pour la santé des femmes, des enfants et des adolescents en Afrique pour l'accès à la santé pour tous » du 7 au 9 mai 2019 ; puis

- la participation du Bénin au 5e forum du Partenariat pour le Développement des Compétences en Sciences appliquées, Ingénierie et Technologies (Paset), sur la révolution industrielle et l'économie numérique, à Kigali au Rwanda, du 19 au 22 mai 2019.

Fait à Cotonou, le
17 avril 2019.

Le secrétaire général
du gouvernement


Edouard Ouin-Ouro

Actualités 18 avr. 2019


L’Union Progressiste et la Réforme du système partisan : Notre combat, notre responsabilité, notre identité

L’élection des députés est une sélection, un test, une évaluation à plusieurs étapes interdépendantes et importantes dont la banalisation ne peut être que suicidaire pour un parti politique. L’Union Progressiste a tenu le pari de franchir avec succès les deux premières étapes de l’épreuve :
à la lumière de la Loi 2018-23 du 17 septembre 2018, son existence légale en tant que parti politique a été actée et sa participation aux élections législatives du 28 avril 2019 validée.

Les députés de la législature qui s’achève l’ont voulu dans leur ensemble. Ils y ont consacré des jours de séminaires, d’ateliers et de colloques, tant le diagnostic du système partisan en République du Bénin concluait à la négation du rôle des partis politiques dans l’animation de la vie publique et dans l’exercice de la gouvernance démocratique. Depuis l’entrée en vigueur de la Constitution du 11 décembre 1990, aucun chef de l’Etat élu n’est sorti des entrailles des partis politiques, alors que ces derniers se définissent comme ayant vocation à conquérir et à exercer le pouvoir par la volonté du peuple et pour l’intérêt du peuple.
En votant la nouvelle Loi portant Charte des Partis politiques, les députés de la 7e législature entendaient clairement œuvrer à la clarification du paysage politique et à donner aux partis, les moyens de déployer tout le potentiel que la démocratie attend d’eux. Malheureusement, tout en étant d’accord sur la démarche unificatrice qui devrait les conduire à des regroupements plus lisibles au plan idéologique notamment, ils n’ont pas tous réussi à s’affranchir des considérations de détails (leadership politique, visibilité institutionnelle, logos) pour s’attaquer à l’essentiel du mal.

Ensemble, plus forts

L’Union Progressiste, forte de près d’une centaine de partis politiques et de plus de deux cents associations et mouvements politiques, a bénéficié de la grande couverture nationale de ses géniteurs pour relever le défi du sérieux et de la rigueur dans la constitution de ses dossiers administratifs :
les partis dits d’opposition ont aussi tenté de se regrouper, mais ils ont échoué faute d’encadrement et de coaching visant ce résultat.
L’Union Progressiste, à travers ses tout premiers 83 candidats titulaires et 83 suppléants, est fière de servir de cobaye pour l’expérience en cours dans le laboratoire démocratique béninois.
Certes, cette expérience se déroulera dans un contexte marqué par la méfiance, la suspicion, les invectives de tous genres, l’intoxication par voie de médias électroniques, l’hostilité, les appels à la désobéissance civile, à l’insurrection populaire, à la rébellion contre les décisions de justice, bref la remise en cause des acquis de notre République.
La particularité du contexte de campagne qui est le nôtre, impose une stratégie ciblant à la fois nos adversaires légaux et ceux qui ont échoué à le devenir. Avant d’affronter les premiers, il nous reviendra, partout où nous passerons, de déconstruire l’imaginaire véhiculé dans la société par les seconds dans le but d’empêcher la tenue de cette élection, et de nous plonger dans un vide juridique préjudiciable au fonctionnement harmonieux de nos institutions, de notre pays.
Face aux seconds, les candidats progressistes s’engagent à rétablir la vérité des faits politiques d’amener ceux qui, sans parti pris, sans interprétations tendancieuses, ont envie de comprendre comment l’opposition béninoise en est arrivée à s’éloigner de l’essentiel. L’Union Progressiste est convaincue que l’opposition a elle-même volontairement, mais savamment, planifié et exécuté son plan d’auto-exclusion de cette compétition politique dans le but d’arrêter les réformes initiées et de revenir au statu quo ante. Enchaînant chaises vides, comportements capricieux, volte-face, et reniements de signatures, l’opposition a fini par se suicider.
Comment comprendre, en effet, qu’après avoir participé aux travaux de la commission sur la réforme du système partisan, voté les mécanismes qui en ont découlé et échoué à se regrouper, elle dénonce tous ses engagements ? Comment expliquer le fait qu’elle porte plainte contre les structures chargées de l’organisation des législatives et refuse d’admettre les décisions découlant de ses propres requêtes ? Comment qualifier le fait qu’elle réclame la dissolution de toutes les institutions qui émettent des avis contraires aux siens, dans un Etat de droit ?

Des questions

A quoi relier le fait qu’elle affirme son attachement au consensus, à la paix tout en diabolisant tous les acteurs clefs du dialogue social ? A quoi rattacher enfin sa revendication de participation aux élections du 28 avril et sa réclamation d’assises nationales pour discuter de cette participation ? Cette chaîne de comportements de l’opposition qui relèvent d’un véritable dilatoire n’est pas naïve : elle était réfléchie mais hélas peu mûrie pour que sa mise en œuvre arrête la marche de notre pays vers la transparence, la justice, le progrès.
Les populations béninoises, à l’écoute des candidats de l’Union Progressiste ont fini par dire : « On a tout compris ! ». L’opposition s’est auto-exclue pour empêcher notre marche irréversible vers le respect de la République, de la Constitution, de la dignité humaine, en vue de l’épanouissement de nos populations. L’enjeu majeur des élections législatives du 28 avril 2019 est biface : la victoire écrasante du parti et le taux de participation.
A ceux qui ont prédit que sans l’opposition, l’Union Progressiste va vaincre sans péril et va gagner sans combattre ; que l’élection annoncée est un match amical, parce que les deux partis candidats sont soutenus par le Président de la République, les candidats progressistes répondent que l’Union Progressiste n’est pas un agrégat de partis sans identité ni sensibilités ; qu’elle n’est pas un assemblage mécanique d’entités sans affinités et à la solde du pouvoir ; qu’elle n’est pas non plus la propriété de l’homme d’Etat auquel elle entend s’imposer pour donner un contenu humain aux réformes et aux projets en cours, là où les faux partis d’hier ont échoué.

Avec le peuple

L’Union Progressiste est un parti de seconde gauche. Un parti d’obédience sociale-démocrate. Un parti de masse qui se fond dans le peuple et accueille tous ceux et celles qui partagent ses valeurs. L’identité du parti ; son âme, est dans ses textes. Ceux de l’Union Progressiste la distinguent de son adversaire politique du 28 avril 2019 et lui imposent de combattre sans complaisance pour le triomphe de ses idéaux.
L’Union Progressiste se bat avec le peuple et pour le peuple en vue du triomphe de la démocratie, de la bonne gouvernance, de la justice sociale, de l’égalité et de la fraternité. A ceux qui, dans certaines contrées du pays nous font passer pour un « parti des étrangers », notre réponse sera de faire du rejet de l’exclusion, notre combat majeur et notre combat de tous les jours.
C’est pourquoi pour l’Union Progressiste, tout citoyen béninois, quelle que soit sa position sociale, son statut ou sa condition, est une fin en soi et non un moyen. Nous protégeons et protégerons partout les faibles, les pauvres, les personnes diminuées et les handicapés. Nous nous battrons pour que chaque Béninois se sente chez lui, partout au Bénin. A l’heure où partout, les manques et les besoins poussent à des replis identitaires de tous genres, marchepied vers des extrémismes de tout acabit et de tous les dangers, l’Union Progressiste promet à tout Béninois la protection, la défense, et l’accompagnement social.
Quand tout devient difficile pour tous et qu’il faut redéfinir les conditions du vivre et du construire ensemble, l’homme a plus besoin de solidarité que de compétitivité, d’entraide que de concurrence, d’Union pour Progresser que d’un Bloc de Roc pour se barricader et pour se protéger des autres .

Par Mariam CHABI TALATA,
Inspectrice de l’Enseignement Secondaire en Philosophie,
Candidate de l’Union Progressiste dans la 8e circonscription électorale

Actualités 17 avr. 2019


1480 - 2221