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Nouvelles

Lutte contre l’insécurité à Cotonou: Le ministère de l’Intérieur, la mairie et la Police dans le même creuset

La lutte contre l’insécurité à Cotonou ne sera plus la seule affaire de la Police nationale et du ministère de l’Intérieur, de la Sécurité publique et des Cultes. Outre la sécurité, le ministre Placide Azandé et le maire Léhady Soglo ont aussi harmonisé leurs points de vue par rapport aux problèmes de l’assainissement, de la lutte contre la drogue, des inondations et de la pollution sonore dans la ville. C’était à la faveur d’une rencontre tenue hier, mardi 25 août, en présence du directeur général de la Police nationale.

Le maire de Cotonou, Léhady Soglo, le directeur général de la Police nationale, le général Philippe Houndégnon et le ministre de l’Intérieur, de la Sécurité publique et des Cultes, Placide Azandé se sont retrouvés hier, mardi 25 août. Au centre de leurs discussions, il y avait la question de la lutte contre l’insécurité dans la ville de Cotonou. Les lieux de dépravation, la criminalité et les trafics de toutes sortes ont aussi été abordés.

Le maire Léhady Soglo a saisi l’occasion pour rassurer le ministre en charge de l’Intérieur, que tout sera mis en œuvre pour que Cotonou soit en paix et sécurisé. Sa municipalité, a-t-il poursuivi, souhaite entretenir une collaboration de grande qualité avec le ministère et la Police nationale, au bénéfice des populations de la ville. Avec ses interlocuteurs, a indiqué le maire, le principe de se retrouver périodiquement pour faire face aux responsabilités qui sont les leurs en matière d’assainissement, d’inondation, de lutte contre la drogue et la pollution sonore, a également été retenu.
Le ministre Placide Azandé a loué l’engagement qu’il a pris de mieux s’appliquer que par le passé, en ce qui concerne la gestion desdites questions par sa municipalité. Il a rappelé que le plus important pour lui était que les problèmes de sécurité qui se posent à la ville puissent trouver une solution d’accord partie. Le ministre garde l’espoir que la municipalité respectera ses engagements. «Dès lors que ces rencontres périodiques sont prévues, j’espère qu’il n’y aura pas de dérapages. La paix sera sauvegardée à tout prix à Cotonou et que les textes seront respectés en ce qui concerne la sécurité», a indiqué Placide Azandé. «Comme il y a désormais ce rapprochement, je pense qu’il y aura plus de fluidité au niveau des informations entre le ministère et la mairie de Cotonou», a poursuivi le ministre.

Actualités 25 août 2015


Gestion conjointe des migrations: Améliorer la mobilité des personnes aux frontières du Bénin et du Togo

Une formation de renforcement des capacités sur la gestion conjointe des migrations aux frontières a eu pour cadre hier, mardi 25 août, l’Ecole nationale de police à Cotonou.

Organisée à l’intention de 20 fonctionnaires de police du Bénin et du Togo qui assurent les services d’immigration au niveau des frontières, elle a bénéficié de l’assistance technique et financière du Centre international pour le développement des politiques migratoires (ICMPD) appuyé par l’Union Européenne.

La question de l’immigration est au cœur des préoccupations de la plupart des pays. A l’instar des autres pays, le Bénin a également contribué au mouvement migratoire en Afrique et dans le monde. Les immigrants au Bénin représentent 2% de la population. Ils sont pour la plupart originaire de l’Afrique de l’Ouest. L’immigration béninoise est aussi importante avec un effectif qui avoisine 4 millions.

Certains faits survenus ces derniers mois notamment en Méditerranée, ont surtout renforcé l’urgence d’agir et de lui trouver des solutions durables. La présente formation s’inscrit dans le cadre du suivi du Processus de Rabat lancé en 2006 et impliquant l’Europe, ainsi que des pays de l’Afrique du Nord, du Centre et de l’Ouest, ont indiqué la Chargée de mission de l’ICMPD, Audrey Jolivel et le chef de section de la Délégation de l’Union Européenne au Bénin, Delphine Delieux.
Pour elle, cette formation s’inscrit dans le cadre du renforcement des capacités sur la gestion conjointe des migrations aux frontières. Elle a pour objectif de créer un cadre de dialogue et de consultation au sein duquel sont mis en œuvre des initiatives concrètes et opérationnelles, résultat de la volonté politique exprimée au niveau des deux Etats. Selon elle, la sécurité aux frontières y compris la dimension de la gestion des crises et catastrophes figurent dans l’agenda politique du Bénin et du Togo depuis plusieurs années. De nombreuses réunions et actions entreprises dans ce sens confirment donc l’intérêt que ces deux pays accordent à la gestion des questions liées à l’immigration. D’où, a-t-elle rassuré, l’idée et l’importance d’une coopération bilatérale forte entre eux.
Elle espère que ce séminaire permettra de consolider et de renforcer cette initiative. Selon le représentant du ministre de la Sécurité et de la Protection civile du Togo, Zonaïr Awoussi, la migration est de plus en plus considérée comme un facteur de développement. Encadrée par des normes susceptibles d’empêcher toutes formes d’abus et qui sont de nature à porter atteinte à la sécurité des Etats et à entraîner des conséquences néfastes aux plans social, économique et politique, la migration les incite aussi à prendre des mesures pour canaliser les flux financiers qu’elle génère. Louant aussi l’organisation de cette formation, il a indiqué que le dialogue sur la migration doit être permanent et pragmatique. «L’approche commune développée par la CEDEAO est assez capitale en la matière et sa mise en œuvre doit être évidemment soutenue», a poursuivi Zonaïr Awoussi.
Procédant à l’ouverture des travaux, le ministre de l’Intérieur, de la Sécurité publique et des Cultes, Placide Azandé a témoigné la reconnaissance du gouvernement à l’ICMPD dans son initiative de rapprocher les différentes administrations frontalières notamment celles du Bénin et du Togo. Il a ensuite invité les participants à tirer le meilleur enseignement de cette formation, pour se rendre plus que jamais opérationnel et professionnel sur le terrain. «Nous avons besoin aujourd’hui à nos frontières des agents aguerris pour préserver la sécurité des migrants et faire échec à tout trafic», a-t-il insisté.

Actualités 25 août 2015


Maladies hydriques au Bénin: Des mesures à prendre contre le choléra

Le débordement du fleuve Niger et de ses affluents provoque comme par le passé la montée des eaux dans le septentrion. Outre les dégâts matériels qu’il peut causer, l’on doit s’attendre aussi à des maladies dues à l’eau comme le choléra. Quelles sont ses manifestations et les différentes mesures à prendre ? L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) propose quelques recommandations.

La saison des pluies bat son plein dans le Nord Bénin. La montée des eaux des cours d'eau qui arrosent cette partie du pays doit interpeller plus d’un. Les populations des communes de Kandi et de Ségbana, de Karimama et de Malanville subissent déjà les affres de l’inondation. Les lacs et les différents cours d’eau du Sud accueilleront donc bientôt ces eaux avec leur cortège de maladies hydriques qui surgiront si des dispositions de prévention en la matière ne sont pas prises. L’une des maladies contre laquelle les populations doivent se tenir en alerte, à cause des dangers auxquels elles sont désormais exposées, est le choléra.

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) le choléra est une infection intestinale aiguë due à l'ingestion d'eau ou d'aliments contaminés par le bacille Vibrio cholerae. La durée d'incubation est courte, de moins d'un jour à cinq jours. Le bacille produit une entérotoxine qui provoque une diarrhée abondante, indolore pouvant aboutir rapidement à une déshydratation sévère et à la mort du sujet, si le traitement n'est pas administré rapidement. La plupart des patients présentent aussi des vomissements.
Nombreux des sujets infectés ne présentent aucun symptôme bien que le bacille soit présent dans leurs selles pendant 7 à 14 jours. En cas de maladie, 80 à 90 % des épisodes sont bénins ou modérément sévères et il est alors difficile de les distinguer cliniquement parmi d'autres types de diarrhées aiguës. Moins de 20% des malades développent le choléra typique avec des signes de déshydratation modérée ou sévère.
A l'échelle mondiale, poursuit l’OMS, le choléra reste toujours une menace et il est l'un des principaux indicateurs du développement social. Si cette maladie n'est plus une menace dans les pays appliquant des règles minimales d'hygiène, elle représente toujours un défi dans les pays qui ne peuvent garantir l'accès à l'eau de boisson saine et à des conditions d'assainissement suffisantes. Presque tous les pays en développement doivent faire face à des flambées épidémiques de choléra ou à la menace d'épidémies.

Prévention

Les mesures de prévention du choléra consistent principalement à fournir de l’eau potable et des moyens d’assainissement adéquats aux populations qui n’ont pas encore accès aux équipements de base. L’éducation pour la santé et une bonne hygiène alimentaire jouent un rôle tout aussi important.
On rappellera aux communautés, les comportements de base en matière d’hygiène, notamment la nécessité de se laver les mains avec du savon après avoir été à la selle et avant de manipuler des aliments ou de manger, ainsi que la préparation et la conservation adéquates des aliments. Les médias (radio, télévision ou journaux) doivent être associés à la diffusion de messages d’éducation de la santé. Les dirigeants communautaires et religieux doivent aussi être associés aux campagnes de mobilisation sociale.
En outre, le renforcement de la surveillance et de l’alerte précoce contribuent beaucoup à la détection des premiers cas et à la mise en place des mesures de lutte. En revanche, une antibiothérapie communautaire systématique ou une chimioprophylaxie de masse n’a aucun effet sur la propagation du choléra, mais elle peut avoir des effets néfastes en augmentant la résistance aux antimicrobiens et donne un sentiment de sécurité trompeur.

Les recommandations de l’OMS

Les pays jouxtant un territoire touchés par le choléra doivent prendre les mesures suivantes: améliorer la préparation afin de pouvoir agir rapidement en cas de propagation d’une flambée au-delà des frontières et d’en limiter les conséquences; améliorer la surveillance pour obtenir de meilleures données concernant l’évaluation du risque et le dépistage précoce des flambées, notamment la mise en place d’un système de surveillance actif.
Il convient toutefois d’éviter les mesures suivantes qui se sont révélées inefficaces, coûteuses et vont à l’encontre du résultat recherché : une antibiothérapie communautaire systématique ou une chimioprophylaxie de masse qui n’a aucun effet sur la propagation du choléra et peut avoir des effets néfastes en favorisant la résistance aux antimicrobiens et un sentiment trompeur de sécurité; les restrictions à la liberté de circulation des personnes et des marchandises entre les pays ou entre différentes régions d’un pays; la mise en place d’un cordon sanitaire aux frontières, mesures qui détournent des ressources et empêchent un bon esprit de coopération entre les institutions et les pays au lieu d’unir les efforts.

Les principaux instruments de la lutte

Les principaux instruments de la lutte anticholérique sont : une prise en charge adéquate et rapide des cas dans des centres de traitement du choléra; une formation spécifique à la bonne prise en charge des cas, couvrant aussi la prévention des infections nosocomiales ; le stockage préalable de fournitures médicales en quantités suffisantes à l’endroit voulu pour la prise en charge des cas ; un meilleur accès à l’eau potable, à des moyens d’assainissement adéquats, à une bonne évacuation des déchets et à la lutte anti vectorielle ; une amélioration de l’hygiène et des pratiques de sécurité sanitaire des aliments; une amélioration de la communication et de l’information.

Santé 25 août 2015


Poursuivis pour association de malfaiteurs et tentative d’enlèvement de mineur (25è dossier): Les accusés décédés, l’action publique éteinte

A l’affiche du 25e dossier qu’elle devait éplucher, hier mardi 25 août, la cour d’assises de la Cour d’appel de Cotonou devait connaître d’une affaire d’association de malfaiteurs, de tentative d’enlèvement de mineur et de complicité de tentative d’enlèvement de mineur reprochée à Simplice Hessou et Kokou Akpassou. Le banc des accusés était vide, devant une Cour composée de Saturnin Avognon (président), Aubierge Olivia Hungbo Kploca et Virgile Kpomalegni (assesseurs). Dans le rôle de ministère public, Christophe Atinmankan et Angéline Soarès Tossa pour la mémoire de l’audience. Pas de jurés.

A l’appel des accusés par le président Saturnin Avognon, hier mardi 25 août, pas de réponse. Et pour cause. Les accusés étant tous deux décédés. Plus de poursuite donc.

Christophe Atinmankan, représentant du ministère public a simplement fait remarquer au président qu’à son appel, les accusés n’avaient pas répondu. «Ils sont décédés», a-t-il fait observer. Il a ensuite déduit de cette situation que conformément à l’article 7 du Code de procédure pénale, l’action publique s’éteint par la mort du prévenu, car il n’y a pas de procès contre les morts dans notre droit positif, rappelle-t-il. Sur cette base, il a requis l’extinction de l’action publique à leurs égards. Ce qui a entrainé le retrait de Saturnin Avognon et de sa suite pour le délibéré.
Quelques instants plus tard, dans son arrêt, la Cour a, par ces motifs, constaté que les accusés Simplice Hessou et Kokou Akpassou, nés respectivement vers 1983 et décédé courant 2012 et le second né vers 1955 et décédé courant juin 2015, ainsi qu’en font foi les actes de décès délivrés par le chef d’arrondissement de Lissègazoun, versés au dossier, déclaré l’action publique éteinte contre lesdits accusés et mis les frais à la charge du Trésor public.
Qu’ont fait Simplice Hessou et Kokou Akpassou pour mériter entre temps la poursuite ?
Courant 2006, à Allada, Kokou Akpassou a proposé à Simplice Hessou de lui rechercher un enfant albinos ou bossu à vendre à un El Hadj contre une somme de dix millions (10.000.000) de francs. Pour satisfaire cette offre, Simplice Hessou accompagné de Casimir Kakpo et Gilles Mahouvi se sont rendus dans la matinée du 02 juillet 2006, au domicile de dame Mahinou Aïtchéou épouse Kitobi dite Yovonon qui a un enfant albinos âgé de 2 ans 6 mois. Celle-ci leur avait offert de la boisson locale sodabi.
Le soir de la même journée, aux environs de 21 heures, Simplice Hessou, Casimir Kakpo et Gilles Mahouvi se sont rendus, une seconde fois chez dame Mahinou Aïtchéou épouse Kitobi dite Yovonon qui, sur la demande de Simplice Hessou de leur donner à manger, leur a laissé son repas du soir, espérant elle-même délayer du gari après le départ de ses visiteurs. Cette deuxième visite leur a permis d’identifier le petit Augustin Kitobi qui répond à la demande. Après une concertation au domicile de Simplice Hessou sur la stratégie d’enlèvement de l’enfant, les trois acolytes se sont rendus pour la 3è fois dans la maison. Gilles Mahouvi s’est emparé du petit albinos. Il s’en allait à peine lorsque la grande sœur du petit a crié au voleur et dame Mahinou Aïtchéou a alerté tout le village. L’enfant a été abandonné, Gilles Mahinou et les deux autres se sont réfugiés dans la brousse. Une battue organisée par les habitants du village a permis de les découvrir et de les appréhender. La procédure de leur poursuite a été enclenchée et ils ont été aussitôt mis sous mandat de dépôt. Mais la nature en a décidé autrement.

Société 25 août 2015


Poursuivis pour association de malfaiteurs et tentative d’enlèvement de mineur (25è dossier): Les accusés décédés, l’action publique éteinte

A l’affiche du 25e dossier qu’elle devait éplucher, hier mardi 25 août, la cour d’assises de la Cour d’appel de Cotonou devait connaître d’une affaire d’association de malfaiteurs, de tentative d’enlèvement de mineur et de complicité de tentative d’enlèvement de mineur reprochée à Simplice Hessou et Kokou Akpassou. Le banc des accusés était vide, devant une Cour composée de Saturnin Avognon (président), Aubierge Olivia Hungbo Kploca et Virgile Kpomalegni (assesseurs). Dans le rôle de ministère public, Christophe Atinmankan et Angéline Soarès Tossa pour la mémoire de l’audience. Pas de jurés.

A l’appel des accusés par le président Saturnin Avognon, hier mardi 25 août, pas de réponse. Et pour cause. Les accusés étant tous deux décédés. Plus de poursuite donc.

Christophe Atinmankan, représentant du ministère public a simplement fait remarquer au président qu’à son appel, les accusés n’avaient pas répondu. «Ils sont décédés», a-t-il fait observer. Il a ensuite déduit de cette situation que conformément à l’article 7 du Code de procédure pénale, l’action publique s’éteint par la mort du prévenu, car il n’y a pas de procès contre les morts dans notre droit positif, rappelle-t-il. Sur cette base, il a requis l’extinction de l’action publique à leurs égards. Ce qui a entrainé le retrait de Saturnin Avognon et de sa suite pour le délibéré.
Quelques instants plus tard, dans son arrêt, la Cour a, par ces motifs, constaté que les accusés Simplice Hessou et Kokou Akpassou, nés respectivement vers 1983 et décédé courant 2012 et le second né vers 1955 et décédé courant juin 2015, ainsi qu’en font foi les actes de décès délivrés par le chef d’arrondissement de Lissègazoun, versés au dossier, déclaré l’action publique éteinte contre lesdits accusés et mis les frais à la charge du Trésor public.
Qu’ont fait Simplice Hessou et Kokou Akpassou pour mériter entre temps la poursuite ?
Courant 2006, à Allada, Kokou Akpassou a proposé à Simplice Hessou de lui rechercher un enfant albinos ou bossu à vendre à un El Hadj contre une somme de dix millions (10.000.000) de francs. Pour satisfaire cette offre, Simplice Hessou accompagné de Casimir Kakpo et Gilles Mahouvi se sont rendus dans la matinée du 02 juillet 2006, au domicile de dame Mahinou Aïtchéou épouse Kitobi dite Yovonon qui a un enfant albinos âgé de 2 ans 6 mois. Celle-ci leur avait offert de la boisson locale sodabi.
Le soir de la même journée, aux environs de 21 heures, Simplice Hessou, Casimir Kakpo et Gilles Mahouvi se sont rendus, une seconde fois chez dame Mahinou Aïtchéou épouse Kitobi dite Yovonon qui, sur la demande de Simplice Hessou de leur donner à manger, leur a laissé son repas du soir, espérant elle-même délayer du gari après le départ de ses visiteurs. Cette deuxième visite leur a permis d’identifier le petit Augustin Kitobi qui répond à la demande. Après une concertation au domicile de Simplice Hessou sur la stratégie d’enlèvement de l’enfant, les trois acolytes se sont rendus pour la 3è fois dans la maison. Gilles Mahouvi s’est emparé du petit albinos. Il s’en allait à peine lorsque la grande sœur du petit a crié au voleur et dame Mahinou Aïtchéou a alerté tout le village. L’enfant a été abandonné, Gilles Mahinou et les deux autres se sont réfugiés dans la brousse. Une battue organisée par les habitants du village a permis de les découvrir et de les appréhender. La procédure de leur poursuite a été enclenchée et ils ont été aussitôt mis sous mandat de dépôt. Mais la nature en a décidé autrement.

Société 25 août 2015


Mise à jour et actualisation du fichier électoral: Liste des représentants du Parlement pour les CCA/LEPI

Par 50 voix pour, 00 contre et 01 abstention, l’Assemblée nationale a adopté hier, la liste de ses 152 représentants au sein des Commissions communales d’actualisation (CCA) de la LEPI à l’exception de celle de Cotonou, objet encore de divergences au niveau de l’Opposition parlementaire.

Les députés ont fini par adopter hier mardi 25 août, la liste de leurs représentants dans les 77 Commissions communales d’actualisation de la Liste électorale permanente informatisée (LEPI). La liste devrait être composée de 154 personnes à raison de deux représentants par commune. La Majorité et la Minorité parlementaires doivent désigner équitablement une personne. Mais l’accouchement de la liste a été très difficile pour les députés. Il y a eu beaucoup de contestations à l’interne des tendances politiques. La tension était montée d’un cran dans le rang des députés de la Mouvance présidentielle. Ils ont failli en venir aux mains. L’honorable Benoît Dègla a accusé son collègue André Okounlola d’avoir tripatouillé la liste de la Mouvance. Aucune de ses propositions n’a été prise en compte. La situation a failli dégénérer mais ils ont réussi à calmer le jeu. Au niveau de Cotonou, c’est Alexandre Sohou du Parti du renouveau démocratique (PRD) qui a été proposé par l’Opposition pendant que la Mouvance désigne Léopold Gbénou. Mais le candidat de l’Opposition parlementaire a été contesté par le député Louis Vlavonou. Selon lui, c’est plutôt Razack Bello de l’Union fait La Nation qui a été proposé à ce poste. Il s’étonne de voir Alexandre Sohou sur la liste. Face aux contestations, le président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji a suspendu la séance pour 30 minutes pour permettre à chaque camp de gérer les divergences à son de niveau. Mais à la reprise, il a été constaté que le calme est revenu au niveau la Mouvance présidentielle. Mais par contre, l’Opposition est restée toujours divisée. Elle n’a pas réussi à accorder ses violons pour retenir qui de Alexandre Sohou et Razack Bello sera le représentant de l’Opposition parlementaire au sein de la CCA de Cotonou. Il a été décidé finalement de mettre la CCA de Cotonou de côté. La plénière adoptera les CCA des 76 autres communes donc 152 personnes qui ont fait l’objet de consensus. Le vote a été sanctionné par 55 voix pour, 00 contre et 01 abstention. Le président Adrien Houngbédji a précisé que les négociations vont se poursuivre à l’interne autour du représentant de l’Opposition. Le nom sera ensuite envoyé au COS-LEPI dès que les discussions vont aboutir pour compléter celui de Léopold Gbénou choisi par la Mouvance présidentielle.

Il faut souligner qu’aux deux personnes proposées par le Parlement viendront s’ajouter le chargé de l’état civil au niveau de chaque mairie. Ce sont donc les trois personnes par CCA qui seront chargées de conduire à la base, aux côtés du COS-LEPI, l’opération de mise à jour et d’actualisation du fichier électoral pour le compte de la présidentielle du 28 février 2016.

Actualités 25 août 2015


Troisième édition du festival «Hanlissa»: Emotion et nostalgie !

Une nouvelle vie pour des artistes oubliés. C’est ce que le festival Hanlissa s’emploie à faire depuis plusieurs années. Au palais des Sports, le dimanche 23 août dernier, il y avait beaucoup d’émotions dans le rang des spectateurs venus célébrer leurs bêtes de scène d’antan.

« J’ai vu sur scène des artistes oubliés dans leur souffrance mais à qui Aubin Akpohounkè a donné la chance de briller une dernière fois peut-être. Je suis heureuse que ce soit un animateur qui soit en train de prendre en main le rôle du ministère de la Culture…». Ce commentaire de la journaliste Ginette Fleure Adandé suffit à lui seul pour illustrer la satisfaction ressentie par les centaines de personnes qui ont effectué, dimanche dernier, le déplacement en vue d’être les témoins de la troisième édition du festival Hanlissa. Plusieurs personnalités du monde culturel, y compris le ministre en charge de la Culture, Paul Hounkpè y étaient aussi. Cet évènement culturel annuel est devenu par la force des choses, la seule aubaine pour faire revivre aux anciennes gloires de la musique béninoise, leurs heures chaudes et leurs succès d’antan.

«L’édition 2015 va regrouper des artistes de la musique traditionnelle dont on n’entend plus parler souvent», avait annoncé l’initiateur du festival. Effectivement, sur scène dimanche dernier, ils étaient assez nombreux. Et même si la présente édition entendait spécifiquement honorer la diva Sophie Edia, force est de reconnaître la présence d’autres monuments de la musique béninoise comme Blucky d’Alméida qui, malgré le poids de l’âge et sa canne, a su se départir de sa vieillesse apparente pour offrir un spectacle digne du nom. Idem pour Assa Sica dont la prestation aura épaté plus d’un. Mais la palme d’or de l’attraction de cette soirée restera sans aucun doute, la prestation de Hoonon Hounlovo. A peine audible, du haut de ses 94 ans, le vieil homme dont les débuts artistiques remontent à 50 ans en arrière a su exécuter majestueusement des pas de danse sous les ovations du public.
Et même bien au-delà des ovations, c’est beaucoup d’émotions que les anciennes gloires de la musique béninoise qui se sont succédé sur scène, à la suite du spectacle Off offert par les artistes de la jeune génération. Beaucoup de spectateurs n’ont pu retenir leurs larmes pendant qu’en face d’eux, certains artistes coulaient aussi des larmes de joie, heureux de retrouver d’abord cette mythique salle du palais des Sports, et surtout un public endiablé qui les accompagnait, 50, 40, 30, 20, 10 ans… après leurs derniers succès sur scène. «Et si les artistes bien portants pour une année laissaient le tri-milliard culturel aux anciennes gloires ? Cela servirait à reproduire leurs albums et à leur assurer une meilleure santé», propose alors Ginette Fleure Adandé.

Culture 25 août 2015


Programmation budgétaire et économique 2016-2018: La vulgarisation du document lancée à Kétou

Mue par la volonté de faire participer les populations à l’élaboration du budget de l’Etat, la Direction générale des Affaires économiques (DGAE) du ministère de l’Economie, des Finances et des Programmes de dénationalisation organise une campagne de vulgarisation du Document de programmation budgétaire et économique 2016-2018. C’est Fatima Sékou Madougou, directrice adjointe de cabinet du ministre, qui a lancé l’opération, hier lundi 24 août à Kétou à l’intention des agents des mairies et des acteurs de la Société civile de l’Ouémé-Plateau et de l’Atlantique-Littoral.

Vulgariser le Document de programmation budgétaire et économique, obtenir une meilleure participation des populations au processus de discussion du budget de l’Etat en vue d’une élaboration tenant compte de leurs besoins. Tels sont les objectifs visés par la Direction générale des Affaires économiques(DGAE) à travers l’organisation d’un atelier de présentation du document aux agents des mairies et aux Organisations de la société civile.

Au cours de la cérémonie de lancement hier lundi 24 août de l’atelier de Kétou destiné aux départements de l’Ouémé-Plateau et de l’Atlantique-Littoral, Fatima Sékou Madougou, directrice adjointe de cabinet du ministre de l’Economie, des Finances et des Programmes de dénationalisation, a expliqué que «l’initiative est une première dans l’histoire budgétaire» du Bénin. Elle répond, selon elle, à une prescription de la loi n°2013-14 du 27 septembre 2013 portant loi organique relative aux lois des finances de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). De même, a-t-elle poursuivi, l’initiative s’inscrit dans une démarche qualité pour évaluer la performance du système de gestion des finances publiques du pays. Le respect et la mise en œuvre de ces directives, a-t-elle déduit, dénotent de l’importance que le gouvernement accorde à l’approche participative en matière de gestion de la chose publique.

Une plaquette synthèse

Parlant du document à présenter aux participants, le directeur général des Affaires économiques Aristide Médénou a précisé qu’il s’agit d’une plaquette synthèse des orientations économiques du budget de l’Etat. Il a indiqué qu’en dehors de la version française, cette plaquette est aussi disponible dans trois langues nationales, à savoir le fon, le yoruba et le dendi. Cette opération, a-t-il souligné, a pour but de «libérer l’information sur les grandes options du budget général de l’Etat restées trop longtemps enfermées dans les bureaux». C’est pourquoi, même la version originale est écrite en français facile, a laissé entendre Aristide Médénou. A ce sujet, Yasmine Galloul, chargée de programme à la GIZ, a révélé que la plaquette est réalisée par une équipe de la DGAE ; de Social Watch et de la GIZ dans une approche inclusive. Mieux, a-t-elle souligné, la plaquette a permis de transformer le langage officiel du document en un format accessible à l’ensemble de la population.

Le budget doit être accessible

Pour sa part, Gustave Assah, coordonnateur national du réseau Social Watch Bénin, a soutenu que le budget de l’Etat doit être accessible. Dès lors, il s’est réjoui de l’organisation de l’atelier pour la vulgarisation du document qui, selon lui, a un avantage certain pour les Organisations de la Société civile spécialisées dans le contrôle citoyen. Il n’a pas manqué d’inviter les Organisations de la Société civile à «prêter main forte aux autorités communales pour une large vulgarisation du contenu de la plaquette et un meilleur suivi de l’élaboration et de l’exécution des budgets communaux».
Au cours de l’atelier, les participants ont suivi une communication suivie de débats sur le document. De même, une émission interactive en français et en yoruba sur Radio Alaketou a été prévue pour permettre aux populations d’échanger avec les techniciens de la question sur les grandes lignes des orientations.
Notons que les autres départements, deux à deux, recevront à tour de rôle l’équipe de vulgarisation du document.

Economie 25 août 2015


Bonne santé économique dans l’UEMOA: Près de 7% de croissance au deuxième trimestre 2015

Les pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) affichent une bonne santé économique au deuxième trimestre de l’année en cours. C’est ce qui ressort du bulletin trimestriel de statistiques de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), paru la semaine dernière.

Le deuxième trimestre de l’année 2015 donne des signaux intéressants aux économies de l’espace UEMOA. Le bulletin trimestriel de statistiques de la BCEAO, publié la semaine dernière, crédite l’Union d’une bonne santé économique et financière. Selon les tendances lourdes dégagées par l’institut d’émission, le deuxième trimestre de l’année en cours révèle une accélération de l’activité économique de l’Union par rapport à la même période en 2014. «Le produit intérieur brut s’est accru de 6,9%, en glissement annuel, contre 5,5% au deuxième trimestre 2014. Le secteur tertiaire a contribué pour 3,7 points à cette croissance, contre 1,8 point pour le secteur secondaire et 1,4 point pour le secteur primaire», note-t-il. La forte croissance enregistrée dans le secteur tertiaire, est tirée par la bonne tenue des activités commerciales, l'indice du chiffre d'affaires du commerce de détail ayant progressé de 7,8%, en glissement annuel, au deuxième trimestre 2015.

L'Union a, par ailleurs, enregistré un gain de compétitivité au premier trimestre 2015 par rapport à la même période en 2014. L'indice du taux de change effectif réel (TCER) de l'UEMOA a baissé, en glissement annuel au deuxième trimestre 2015, de 5,9%, pointe le rapport. Il justifie ce résultat par le repli du taux de change effectif nominal de 4,4% par rapport à son niveau de la même période de l'année précédente et un différentiel d'inflation favorable à l'Union de 1,5 point de pourcentage.
Un bémol, le taux d'inflation a poursuivi sa tendance haussière au cours du deuxième trimestre 2015. Ce taux en glissement annuel, s’établit à 1,5% à fin juin 2015 contre 0,5% à fin mars 2015. «La remontée du taux d'inflation reste essentiellement imputable au renchérissement des produits alimentaires. En effet, la contribution de la composante «Alimentation» à l'inflation totale est passée de 0,3 point de pourcentage à fin mars 2015 à 1,2 point de pourcentage à fin juin 2015. L'augmentation des prix concerne essentiellement les légumes, les céréales, les tubercules et les produits de la pêche», défend le bulletin de statistiques de la BCEAO.

Les matières premières victimes des cours !

De même, sur les marchés des matières premières, les cours mondiaux des principaux produits exportés par les pays de l'UEMOA se sont inscrits à la baisse au deuxième trimestre 2015 par rapport à la même période de 2014. «Le cours moyen s'est, en effet, replié de 22,1% pour le coton, 12,7% pour le café, 7,4% pour l'or et 0,6% pour le cacao. De même, les cours du pétrole brut, exprimés en dollar, ont également diminué en rythme annuel de 42,6%», pointe le bulletin. Selon la BCEAO, le solde de la balance commerciale de l'Union affiche une amélioration de 174,2 milliards au deuxième trimestre 2015 par rapport à la même période de 2014. Cette évolution, souligne-t-elle, est due à une hausse des exportations de 2,5% et à une baisse des importations de 2,2%. En particulier, la décélération des importations est liée à la détente des prix des produits pétroliers.
La place boursière d’Abidjan suit également la tendance positive générale. Sur le marché boursier de l'UEMOA, l'indice BRVM 10 à fin juin 2015 s'est accru de 12,5% par rapport à son niveau à fin juin 2014. Quant à la capitalisation boursière, elle a augmenté de 20,5% sur la même période, informe la BCEAO.

Economie 25 août 2015


Présidentielle de 2016 et projets de société des candidats: Quelle part pour le développement durable dans le débat public ?

Notre pays s’apprête à honorer dans quelques mois un rendez-vous capital de son histoire, celui de choisir la personne et le projet de société qui façonneront son destin pour les 5 voire les 10 prochaines années.

Au regard des fléaux qui handicapent sérieusement notre situation de pays pauvre, alors même que les autorités affichent une certaine volonté d’atteindre le niveau de développement des pays émergents dans quelques décennies, plusieurs questions surgissent et continuent de rester en suspens, mais devraient en principe trouver des propositions de réponses dans les différents programmes que nous
«concoctent» sûrement déjà les états-majors des principaux challengers à l’élection présidentielle de 2016.

Que nous diront-ils du taux de mortalité infantile de notre pays qui continue de stagner à un niveau inacceptable quand on sait qu’il traduit un indicateur agrégé qui renseigne sur :

- le niveau d’installation et d’équipement sanitaires du pays,
- Le niveau d’éducation des mamans
- Le niveau d’hygiène et de salubrité dans le pays…
Il s’agit par exemple de savoir comment les autorités de demain comptent s’y prendre pour vaincre les blocages endogènes et opérer l’indispensable changement des mentalités et des normes sociales pour rendre les populations aptes à faire croître cumulativement et durablement le produit global du Bénin.
Il s’agit aussi qu’elles expliquent au peuple béninois les voies et moyens pour mettre en œuvre toutes les équités consubstantielles à un processus durable de développement.
Il s’agit encore qu’elles nous proposent des moyens permettant de faire prospérer nos valeurs de fraternité, de justice et de travail dans un environnement gangréné par un niveau de corruption incompatible avec toute idée de progrès véritable et durable.
C’est à la lumière de ces enjeux sociaux majeurs qu’il me semble impérieux, en période de précampagne électorale, d’apporter ma modeste contribution et mon expertise aux débats publics qui s’annoncent.

Le concept de la RSO

Elle positionne le concept de la Responsabilité sociétale des organisations (RSO) et son référentiel normalisé (l’ISO 26000) comme l’instrument structurant les débats en même temps qu’elle offre une méthode pour les décisions de l’action publique.
Bien que le concept du Développement durable (DD) bénéficie d’une abondante littérature, il est souvent galvaudé, banalisé et réduit à des idées simplistes et personnelles de philanthropie en marge du cœur de métier. Et pourtant, il est un phénomène qualitatif de transformation sociétale incluant l’éducation, la santé, les libertés civiles et politiques, …Il traduit une extension des possibilités humaines !
Le DD et la RSO requièrent une connaissance profonde des enjeux de notre temps et de notre société qui sont :
- L’équité intra-générationnelle qui englobe la prise en compte de la santé, du logement, de l’habitat, de l’emploi, de la lutte contre toutes les exclusions et la gestion des solidarités…;
- La soutenabilité de la performance économique qui suppose une capacité à générer durablement la croissance économique;
- La prise en compte de la diversité biologique et la préservation des ressources naturelles et énergétiques ;
- La sûreté éthique traduisant un état obligé de protection et de conservation tel qu’une «entité organisée» peut démontrer par une assurance raisonnable que ses valeurs, ses objectifs, son intégrité, son image, sa réputation ne sont pas affectés ou ne peuvent pas l’être par des menaces et des dangers, matériels et immatériels, venant de pratiques et conduites non-éthiques, individuelles ou collectives ;
- L’innovation technologique essentielle pour soutenir une croissance forte et durable ;
- L’innovation managériale afin de créer un avantage concurrentiel durable.
Par ailleurs, la RSO est le moyen de mise en œuvre des politiques de développement durable. Selon son référentiel normalisé, la RSO est la responsabilité liée aux décisions et actions des organisations lorsque celles-ci impactent la société et l’environnement.

Illustration

Une illustration permettrait de mieux cerner ce qui est à l’œuvre. Prenons l’exemple du groupe Danone cité comme un cas d’école, et qui a été l’un des précurseurs en matière de RSO moderne.
Le groupe Danone est une société cotée sur les marchés financiers français et suisse. Il est le premier producteur mondial de produits laitiers frais, le 2e producteur mondial d’eau conditionnée et de la nutrition infantile et le leader européen de la nutrition médicale.
Son histoire est marquée par un évènement fondateur, le discours de son PDG Antoine Riboud lors des assises du CNPF (Conseil national du patronat français créé en 1945) en 1972. Il y faisait le constat que : la croissance économique n’est pas en elle-même porteuse de «justice» et qu’il convient de se fixer des objectifs humains et sociaux pour réduire les inégalités.
Qui peut croire que c’est un chef d’entreprise qui porte ses idées !
Son 1er objectif était de réduire les inégalités excessives. Dans tous les pays développés disait-il, l’enrichissement de la nation s’accompagne d’une aggravation de l’état des plus défavorisés. «Pour tous ceux qui ressentent combien leur situation est inférieure à celles de leurs concitoyens, il faut redonner l’espérance d’un changement». Il poursuit en disant que «dans nos sociétés modernes, il faut convenir que l’inégalité excessive est partout: elle est dans les salaires, dans les conditions de travail, de logement, de transport, d’accès à la culture et aux loisirs, elle est dans la frustration ressentie par tous ceux qui encerclés par la publicité, ne peuvent s’offrir le millième de ce qu'on leur dit « être indispensable» à leur bonheur». Il continue en précisant que : «l’objectif prioritaire est la disparition des situations matérielles qui se trouvent en dessous du seuil du bien-être. C’est une question de conscience collective.
Ces situations évoquées ne sont que trop proches de notre vécu au Bénin. En moins de trente ans, notre pays a bénéficié d’un tel afflux de capitaux qu’il est insoutenable que des familles entières dorment dans des bas-fonds ou dans la rue, de constater que des enfants (l’avenir du pays) ne sont pas scolarisés, etc.
Enfin, Antoine Riboud rappelle les slogans de mai 68 et critique une société qui confond Etre et Avoir.
«Avoir, selon lui, c’est obtenir sa part des richesses que l’homme extirpe à la terre par la croissance.
Etre, c’est avoir une place et comprendre son rôle dans la pyramide de l’entreprise». C’est à partir des notions Etre et Avoir qu’il esquisse le double projet de l’entreprise, qui doit se préoccuper de l’un (notamment par une politique négociée des salaires) et de l’autre par ce qu’il appelle «un plan social et humain» fondé sur un diagnostic partagé des situations de travail.
Il s’attache également à prendre en compte les nuisances de l’entreprise sur «l’équilibre de notre planète» et il demande que l’entreprise soit attentive aux demandes des associations «pour la défense de la qualité de la vie».
Les propos d’Antoine Riboud résonnent comme une propagande politique en période de campagne électorale. Et pourtant, c’est bien un chef d’entreprise qui se préoccupe de ces problématiques socio-politiques. C’est cela la RSO !

La responsabilité sociale

Dans le cadre de sa Responsabilité sociétale (RS), le groupe Danone a proclamé d’avoir un rôle à jouer face aux grands enjeux de santé publique que sont la malnutrition d’une partie du monde et l’obésité.
Bien qu’une simple proclamation, le groupe Danone a décliné ces objectifs en cinq axes stratégiques intégrés à sa politique :
- Concevoir des produits associant bénéfices nutritionnels et qualité organoleptique ;
- Concevoir des produits apportant des bénéfices pertinents pour la santé ;
- Développer des produits à forte valeur nutritionnelle pour les populations à faibles revenus ;
- Aider les consommateurs à adopter une alimentation et un mode de vie sains ;
- Participer et développer les connaissances sur les liens entre alimentation et santé.
Le concept de la RSO depuis bientôt cinq ans s’est doté d’un référentiel normalisé qu’est la norme ISO 26000. Son élaboration a duré six ans et a connu la participation de plus d’une centaine de pays avec un équilibre dans la participation entre les pays en développement et les pays développés. Une participation de plus de 450 organisations mondiales ou d’implantations régionales telle que le Bureau international du Travail.

La réponse des Organisations

La RSO se positionne comme la réponse des organisations aux interpellations macro économiques et macro sociétales du DD. Elle est fondée sur sept principes phares et balaie des préoccupations regroupées en sept questions dites centrales. Parmi les principes que promeut la RSO pour fonder toute action de développement, on note le principe de redevabilité qui est la capacité à être en mesure de répondre de ses décisions et actions devant ses organes directeurs, ses autorités constituées, et plus largement ses parties prenantes. La situation du pays mériterait aujourd’hui que nos pratiques et décisions soient inspirées par ce principe. Plusieurs autres principes sont recommandés pour fonder l’action et les décisions de développement. Il s’agit :
- du principe de transparence ;
- du principe de comportement éthique qui se réfère aux principes acceptés d’une conduite bonne et juste dans un contexte particulière en cohérence avec les normes internationales de comportement ;
- du principe de prise en compte des intérêts des parties prenantes ;
- du principe de la légalité ;
- du principe des normes internationales de comportement ;
- des Droits de l’Homme.
Je reconnais qu’il n’y a pas une seule solution à la problématique de développement de notre pays. Mais si les actions et les pratiques politiques au titre de la gouvernance s’inspiraient systématiquement de l’ensemble de ces principes de la RSO, je pense bien que la transformation tant souhaitée par tous, d’un citoyen béninois moderne et de type nouveau serait une réalité. En définitive, lorsque l’on se résout à intégrer une démarche de Responsabilité sociétale, le développement personnel qui s’opère au niveau de l’individu (très souvent à son insu) le rend apte à comprendre les enjeux de la complexité de notre temps et à le gérer efficacement.

La RSO comme instrument de bonne gouvernance

Certains pays, et pas des moindres, après avoir adopté l’ordo libéralisme comme système économique, promeuvent la RSO comme leur instrument de bonne gouvernance, d’aide au développement et leur instrument de diplomatie économique.
C’est dire l’importance décisive du concept de la Responsabilité sociétale des Organisations dans la mise en œuvre des politiques de développement durable.
La Côte-d’Ivoire à côté de nous, prépare les décrets d’application de la loi d’orientation du DD. Dans ce cadre, elle a fait organiser par son Ministère de l’Environnement, de la Salubrité urbaine et du Développement durable (MESUDD), un atelier au cours duquel sont soumis à l’analyse des experts de la question, deux avant-projets de décrets relatifs à l’application de la loi portant orientation du développement durable en Côte-d’Ivoire. Plus précisément, il s’agit pour les spécialistes de ces problématiques de valider le projet relatif à la Responsabilité sociétale des Organisations (publiques et privées) ainsi que celui relatif à la promotion des énergies renouvelables.
En septembre 2015, un sommet spécial sur le DD se tiendra à New York pour adopter les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) de l’après 2015 qui deviendront les Objectifs de Développement durable (ODD).
Nous avons donc une responsabilité individuelle et collective de contribuer pour rendre profitable à notre pays, les échéances présidentielles qui s’annoncent. C’est le véritable enjeu de ce rendez-vous.
Chers candidats à la prochaine élection présidentielle, votre responsabilité vous impose l’action et une pédagogie structurante de vos programmes. Le peuple vous attend. Ne le décevez surtout pas. Il est temps, tout juste temps !

Par Auguste VLAVONOU*

Actualités 25 août 2015


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