La Nation Bénin...
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Propriété de l’Etat, le domaine dit ‘’Les filaos’’ occupé de tout temps par feu le Général Mathieu Kérékou, sera réaménagé. C’est le sens qu’il convient de donner à la lettre adressée par le directeur du Cabinet militaire du président de la République à la famille du défunt homme d’Etat, l’invitant à libérer ledit domaine ce 1er avril au plus tard.
Cette lettre, qui fait l’objet de diverses interprétations, fait suite à l’instruction donnée par le président Patrice Talon à certains de ses collaborateurs, d’informer la famille du grand projet initié pour valoriser le domaine en l’honneur de feu le Général Mathieu Kérékou. En l’occurrence, « Les Jardins de Mathieu ». Encore que lui-même, et formellement, avait fait parvenir le message à la famille via un des leurs, à savoir le ministre Modeste Kérékou.
Le projet dit « Les Jardins de Mathieu » intègre le cadre global de réaménagement du boulevard de la Marina qui sera agrandi, et où les travaux préliminaires s’effectuent déjà. Il ne répond donc à aucune forme d’expropriation forcée, comme l’allèguent d’aucuns, encore que ce domaine ne fut pas formellement le bien de feu Général Mathieu Kérékou et par conséquent de sa descendance qui ne peut logiquement prétendre en hériter.
En réalité, l’ex président de la République aurait pu s’approprier ledit domaine depuis des lustres, notamment du temps de la Révolution où il était seul maître à bord. Mais, peu enclin aux choses matérielles, l’illustre homme d’Etat ne l’a pas acheté comme certains se sont appropriés bassement le domaine public, abusant de leur position.
Pour ce qui est de la disposition actuelle prise par le gouvernement, il s’agit d’une option salutaire pour valoriser le célèbre domaine ‘’Les filaos’’, de rendre hommage à l’illustre disparu, Mais, c’est aussi pour rendre un tel domaine utile à la communauté, par la réalisation d’un grand jardin public, comme on en voit notamment en France ou au Maroc. Une manière fort appréciable d’inscrire davantage le nom du président Mathieu Kérékou dans la postérité, de le garder dans la mémoire collective, notamment des jeunes !

En attendant un deuxième tome qui ne tardera pas, c’est à travers un premier tome intitulé « La liberté au cœur, le temps des semailles » que le président de l’Assemblée nationale Me Adrien Houngbédji livre, en 250 pages, un pan de l’histoire de sa vie et de son combat. De l’enfance à la jeunesse, du condamné à mort à l’exilé, sans oublier le brillant parcours d’homme de droit, cet ouvrage dont le lancement a eu lieu samedi 30 mars dernier révèle presque tout sur l’homme.
Lorsqu’acteur politique, on décide à presque 80 ans de publier un essai autobiographique, il ne fait l’ombre du moindre doute que l’on dépose ses mémoires pour la postérité. Et c’est bien ce que fait Me Adrien Houngbédji, président de l’Assemblée nationale à travers son dernier ouvrage intitulé « La liberté au cœur, le temps des semailles » paru aux éditions L’Archipel.
« Ecrire un livre pour parler de soi-même, de son vécu, de ses expériences n’est pas chose aisée… J’ai voulu dire mon parcours depuis mon enfance jusqu’à la conférence nationale, juste une partie. Un deuxième livre viendra », introduit l’auteur lui-même au lancement. Et, c’est là tout l’intérêt de cet essai : le parcours d’Adrien Houngbédji. Cet avocat dont le nom reste indubitablement collé à l’histoire du renouveau démocratique au Bénin a une trajectoire de vie peu commune. C’est un homme avec une destinée toute particulière. Un leader parfois incompris, « trop vite jugé », qui a une histoire de vie semblable à celle de Mandela, diront certains au cours du lancement de l’ouvrage.
Mais, c’est le regard de l’auteur lui-même qui importe. Il ne revendique aucun laurier singulier. Il pense tout au plus avoir eu sa vie et l’assume sans rechigner. Néanmoins, il se veut très reconnaissant à ses deux géniteurs. Bien plus au père qu’à la mère. A cette dernière, digne descendante des célèbres rois d’Abomey, il dit devoir « le sens du service et de l’Etat ». Etonnant tout de même, quand on sait qu’elle est ménagère et pas instruite. Mais, il y a eu surtout le père de Me Adrien Houngbédji, ce fonctionnaire des douanes qui, comme bien de ses pairs, en ce temps-là, a voulu faire de son premier-né un modèle qui transcende tout. Il lui enseigne l’excellence, le congratule et l’honore quand il brille dans les études, mais se veut rigoureux, chicote à la main quand chutent les rendements du jeune Adrien. Il a été de toutes les grandes décisions prises par l’actuel président du Parlement béninois, qui ont donné un tournant majeur à sa vie politique et même professionnelle. Par exemple lorsqu’il l’incite à trouver le chemin de la liberté en allant lui rendre visite en prison. S’ensuivra, le 5 mars 1975, jour de ses 33 ans, l’évasion spectaculaire d’Adrien Houngbédji de la prison en serviette pour prendre la tangente et échapper à ses oppresseurs. Mais, le livre va bien au-delà des épisodes et confessions familiaux et présente surtout le parcours d’Adrien dans le temps.
La liberté au cœur !
Le titre du livre est évocateur, pour résumer un pan de la vie d’un homme qui s’est, maintes fois, battu pour sa propre liberté et pour celle des autres. Ce que laisse entrevoir aussi l’ouvrage, ce sont les valeurs fortes qui caractérisent l’auteur : sa force de combat, son humilité, son esprit de pardon, sa ténacité, son courage. Cinq fois candidat malheureux à l’élection présidentielle, trois fois patron du perchoir au Parlement, ancien exilé, promoteur de la conférence nationale de février 1990, l’histoire de Houngbédji rencontre bien celle de la société dont il est le produit. Et, il la raconte, d’une belle plume, exaltante et captivante. Un mérite que plus d’un intervenant a salué au lancement, car il reste l’un des rares acteurs politiques béninois qui adorent écrire. On peut donc partager l’appel de certains invités au lancement qui ont souhaité que sa vie soit scénarisée à travers un film. A l’histoire de vie racontée, samedi dernier, se sont ajoutés les témoignages de proches ou lointains amis, venus dire publiquement les mérites de cet homme auprès de qui, admet Pascal Irenée Koupaki, « on apprend beaucoup ». le recteur de l’Université d’Abomey-
Calavi, Maxime da Cruz, pour sa part, se félicite de ce legs à la postérité de l’un des plus grands acteurs politiques de ces trois dernières décennies au Bénin.

L’aéroport de Tourou, à Parakou, est fonctionnel, depuis vendredi 29 mars dernier, dans l’après-midi. En témoigne le vol inaugural consacrant sa mise en service officielle objet d’une cérémonie que le ministre de l’Eau et des Mines, Samou Séidou Adambi, a présidée.
Longtemps attendu, l’aéroport de Tourou, à Parakou, a enregistré ses tout premiers passagers, vendredi 29 mars dernier. C’est à la faveur d’un vol de la compagnie aérienne « Air Bénin Taxi », en provenance de Cotonou et à bord duquel ils se trouvaient. L’appareil a atterri sur le tarmac de l’aéroport aux environs de 17 heures.
Arrivé exceptionnellement pour la cérémonie, le ministre de l’Eau et des Mines, Samou Seïdou Adambi, a officiellement annoncé l’ouverture de cet aéroport pour les vols locaux. « Pour le moment, ceux internationaux ne sont pas concernés », a-t-il précisé. Désormais, c’est de cet aéroport que partiront les vols en partance pour Cotonou, et atterriront ceux qui en proviendront. « C’est de concert avec les services de l’Anac que le gouvernement a pris cette décision », a indiqué le ministre. Il a également rassuré de la poursuite des travaux afin de rendre l’aéroport conforme aux standards internationaux, de le faire reconnaître par l’Asecna et de l’Oaci.
Désormais, il n’est plus question pour les aéronefs de recourir à la piste en terre rouge et latéritique de l’ancienne aérogare de la ville. Le risque de voir les animaux occuper la piste ou la population la traverser est réglé.
Il y a quelques mois, une délégation du gouvernement et de la mairie de Parakou était déjà sur les lieux, en compagnie de partenaires. De nationalité danoise, ceux-ci avaient pour mission de voir dans quelles mesures, il fallait rendre l’ouvrage opérationnel. Le ministre Samou Seidou Adambi a assuré qu’ils sont toujours sur le dossier. Le gouvernement, a-t-il poursuivi, est toujours en contact avec eux. Les derniers éléments des négociations entre les deux devraient intervenir dans les prochains jours. Ce qui permettra une meilleure gestion de l’aéroport.0

Les députés ont donné leur feu vert, vendredi 29 mars dernier, au gouvernement pour la ratification de deux accords de prêt, d’un montant total de 107 milliards FCfa, au profit du projet d’aménagement et de bitumage de la route Djougou-Pèhunco-Kérou-Banikoara longue de 209,68km.
Le projet d’aménagement et de bitumage de la route Djougou-Pèhunco-Kérou-Banikoara longue de 209,68 km sera bientôt effectif. L’Assemblée nationale autorise le gouvernement à ratifier deux accords de prêt de la Banque africaine de développement (Bad) et le programme Africa growing together fund (Agtf) signés à cet effet à Cotonou, le 18 janvier 2019, entre la République du Bénin et la Bad.
Les deux prêts portent sur un montant total de 106 999 505 840 FCfa dont 78 668 923 010 F Cfa au titre de prêt direct de la Bad et 28 330 782 830 francs CFA pour le compte du programme Agtf de la Bad. Le prêt direct de 78 668 923 010 F Cfa de la Bad est conclu pour une durée de remboursement de 25 ans dont 08 ans de différé en capital
avec un taux d’intérêt d’un 1% l’an sur le montant décaissé et non encore remboursé. Ces caractéristiques permettent de dégager un élément don de 44,3%, témoignant de la concessionnalité du financement, informe la commission des Finances et des Echanges qui a présenté le rapport en plénière. Quant au prêt Agtf d’un montant de 28 330 782 830 F Cfa, il est également contracté aux mêmes conditions que le premier. Les deux accords sont prévus pour entrer en vigueur à partir du 20 juin prochain.
Le projet s’inscrit dans le cadre de la vision du gouvernement dont l’objectif est de faire des infrastructures de transport un levier important pour soutenir la croissance économique et faciliter le développement des exportations. De façon spécifique, le projet vise : la mise en 2x2 voies des traversées de Djougou et Péhunco et l’aménagement et le bitumage en 1x2 voies de la sortie de Djougou à l’entrée de Péhunco sur un linéaire total de 72,48 km (Lot 1) ; la mise en 2x2 de la traversée de Kérou, et l’aménagement et le bitumage de la route Péhunco-Kérou en 1x2 voies sur un linéaire total de 72,94 km (Lot 2) et l’aménagement et le bitumage en 1x2 voies du tronçon commençant à partir de la sortie de Kérou au PK 183 + 980 sur un linéaire d’environ 38,56 km. La réalisation de ce projet permettra au tronçon Djougou-Péhunco-Kérou-Banikoara (209,68 km) de jouer pleinement son rôle de désenclavement du Nord du Bénin en favorisant notamment la croissance économique et le renforcement de l’intégration régionale à travers : l’amélioration du niveau de service de la route ; le désenclavement des grands bassins cotonniers et céréaliers ; l’accroissement de l’approvisionnement des centres de consommation en produits vivriers et le renforcement des échanges commerciaux et la sécurité alimentaire.
Seulement, les deux accords de prêt ne bouclent pas encore totalement le projet dont le coût total, hors taxe et hors douane, est estimé à la somme de 128,125 milliards F Cfa dont 106, 999 705 840 milliards francs Cfa au titre des deux prêts de la Bad adoptés par les députés vendredi dernier. Le gouvernement a décroché un financement de 6, 172 555 370 milliards francs Cfa sous forme de don de la Facilité d’investissement pour le transport en Afrique (Aitf) de l’Union européenne administrée par la Bad. Les négociations en vue de la signature du protocole d’accord de don y afférent interviendront après l’approbation du financement au profit du Bénin par l’Union européenne, précise la commission des Finances et des Echanges. Il est prévu, toujours dans le cadre du bouclage du financement du projet, un prêt de 10 milliards F Cfa auprès de la Banque ouest- africaine de développement (Boad). Le reste du financement, soit 4, 952 738 790 milliards F Cfa, est à la charge du Bénin. C’est dire que d’ici là le projet d’aménagement et de bitumage de la route Djougou-Pèhunco-Kérou-Banikoara qui reliera trois départements à savoir la Donga, l’Atacora et l’Alibori au réseau routier national sera une réalité pour le bonheur des usagers de cet axe qui souffrent de sa dégradation avancée.
33 milliards Fcfa pour lutter contre les inondations à Cotonou
32,797 850 milliards F Cfa, c’est le montant de l’accord de prêt signé par échange de lettres, le 18 décembre 2018 à Cotonou et le 19 décembre 2018 à Luxembourg, entre la République du Bénin et la Banque européenne d’investissement (Bei), dans le cadre du contrat de financement du projet « Drainage eaux pluviales à Cotonou » pour lequel l’Assemblée nationale donne désormais son quitus au président de la République, Patrice Talon, en vue de sa ratification. Les députés ont validé le document d’accord à l’unanimité, au regard de l’importance du projet. Lequel vise à réduire durablement la fréquence et l’envergure des inondations dans la ville de Cotonou, notamment dans les six des cinquante bassins versants de la ville, de façon à améliorer l’environnement urbain, permettant de faciliter la circulation des usagers et la conduite des activités dans les zones concernées. Plus spécifiquement, le projet vise notamment à construire environ 7 739 mètres linéaires de collecteurs primaires de drainage pluvial, 4806 mètres linéaires de pavés de rues et aménager environ 3 600 mètres linéaires de trottoirs le long de l’avenue Mgr Isidore de Souza du Pont de Dantopka au carrefour Sobébra à Cotonou. Ainsi, la réalisation du projet « Drainage eaux pluviales à Cotonou » permettra d’assurer l’écoulement, de façon convenable, des eaux de pluie vers les exutoires adéquats et de réduire la propagation des maladies hydriques. Le coût total du projet estimé à 32 797 850 000 Francs Cfa est désormais donc bouclé. En fait, ce montant couvre une partie du programme d’assainissement pluvial à Cotonou dont le coût global est évalué à 238 083 018 911 Francs Cfa. Le crédit obtenu de la Bei a été contracté par le gouvernement sur une durée de remboursement de 25 ans dont 5 ans de différés en capital avec un taux de 1,6% l’an du montant décaissé et non encore remboursé.
L’Afd renforce la Sbee avec 10 milliards F Cfa
Les députés ont adopté le projet de loi portant autorisation de ratification de la Convention de crédit d’un montant de 9, 892 008 445 milliards F Cfa, signée le 10 décembre 2018, entre la République du Bénin et l’Agence française de développement (Afd) dans le cadre du financement partiel du Projet de restructuration et d’extension du système de répartition et de distribution (Presredi) de la Société béninoise d’énergie électrique (Sbee). Ce projet ambitionne de renforcer les infrastructures électriques de la Sbee, en vue d’améliorer la qualité des services de fourniture de l’électricité dans les villes et environs de Cotonou, Porto-Novo, Abomey, Bohicon et Lokossa. De façon spécifique, le Presredi vise le renforcement et l’extension des réseaux électriques, la répartition et la distribution dans ces villes et alentours ainsi que la réalisation de 10 000 branchements électriques au profit des ménages… Ainsi, la réalisation de ce projet contribuera au renforcement des capacités opérationnelles de la Sbee, par des actions de formation des agents d’exploitation et de maintenance et du personnel chargé des études ; à la satisfaction des besoins en énergie électrique des localités de Cotonou dans le Littoral, Porto-Novo, Akpro-Missérété et Sèmè-Kpodji dans l’Ouémé, Lokossa dans le Mono, Dogbo, Djakotomey, Klouékanmey et Toviklin dans le Couffo, Abomey, Bohicon et Zogbodomey dans le Zou et à l’atteinte du septième Objectif du nouveau programme mondial de développement durable (Odd) pour la planète à savoir : « garantir l’accès de tous à des services énergétiques fiables, durables et modernes, à un coût abordable ».
Le prêt de l’Afd d’un montant de 9, 892 008 445 milliards F Cfa désormais validé par l’Assemblée nationale est un financement partiel sur le coût global du projet estimé à la somme de 21, 047 679 247 milliards Francs Cfa. Ce prêt qui intervient à la suite du financement partiel du Fonds africain de développement (Fad) membre du groupe de la Banque africaine de développement (Bad) pour un montant de 9, 102 704 400 à raison de 5, 049 217 600 milliards F Cfa sous forme de prêt et 4, 053 486 800 milliards F Cfa au titre de don devrait boucler le coût total du projet puisque les 2, 052 966 402 milliards F Cfa restants sont mis à la charge de la Sbee.

Cotonou a abrité, ce jeudi 28 mars, une rencontre de haut niveau des ministres des Infrastructures, des Transports et de la Santé des pays de l’Organisation du corridor Abidjan-Lagos (Ocal). Après seize ans d’activités, de nouvelles perspectives sont envisagées pour assurer la santé des populations contre les Ist et les épidémies ainsi que la libre circulation des biens et des personnes.
L’Organisation du corridor Abidjan-Lagos (Ocal) créée en 2002 envisage un nouveau positionnement en vue de faire face à la persistance des entraves à la libre circulation des personnes et des biens, le manque d’hygiène sur le corridor, l’émergence de nouvelles épidémies, l’insalubrité et l’accès difficile aux soins de santé primaires des populations aux frontières. A la faveur d’une réunion bilan de haut niveau ayant mobilisé, ce jeudi à Cotonou, des ministres des Infrastructures, des Transports et de la Santé et de nombreux experts et cadres des cinq pays membres (Côte d’Ivoire, Ghana, Togo, Bénin et Nigeria), l’organisation s’est assigné ces nouvelles missions. Elle compte contribuer davantage à l’amélioration du bien-être des populations mobiles, des routiers, des professionnels de sexe et autres riverains de cet important axe routier.
Pour ce faire, dans le domaine des transports, l’Ocal entend désormais être un observatoire de la facilitation du commerce et du transport, contribuer à la sécurité routière et offrir des services dans le dispositif de gestion de l’autoroute Abidjan-Lagos qui sera bientôt mis en place.
En ce qui concerne la santé, l’organisation continuera d’assurer une offre de services transfrontaliers de prévention et de soins de santé, notamment en matière de lutte contre le Vih/Sida et les épidémies, tout en y ajoutant la protection de l’environnement et l’assainissement du cadre de vie le long des 1022 km du corridor fait de huit frontières.
Le ministre béninois du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané, ouvrant les assises au nom du président de la République, a suggéré qu’un accent soit également mis sur la lutte contre la circulation des faux médicaments et la protection des infrastructures routières.
Outre les ‘’tueurs’’ comme le paludisme, la rougeole, le choléra qui déciment la population, le ministre des Transports du Ghana, Ofori Asiamah, plaide, pour sa part, qu’une attention particulière soit portée au problème des accidents de la circulation qui emportent chaque année, selon l’Organisation mondiale de la Santé (Oms), plus de 300 000 personnes sur nos routes.
L’on ne saurait rester insensible à ces menaces et aussi aux tracasseries transfrontalières et l’inconfort auxquels plus de 45 millions de personnes en transit par an et 30 millions de résidents sont soumis, dira le ministre béninois des Infrastructures et des Transports, Alassane Séidou.
Bilan
La déclaration commune signée le 30 avril 2002 assignait à l’Ocal la mise en œuvre du Projet régional commun de prévention et de prise en charge des Ist/Vih/Sida, puis du Projet de facilitation du commerce et du transport sur le corridor Abidjan-Lagos (Pfctcal). En seize ans d’exercice, les interventions menées ont permis d’améliorer la santé transfrontalière, la gouvernance du secteur des transports, la facilitation du commerce et des transports, note le ministre Abdoulaye Bio Tchané. Et le secrétaire exécutif de l’Ocal de renchérir : au total, plus de 3 millions de personnes ont été sensibilisées sur le Vih/Sida ; plus de 1,5 million de personnes dépistées au Vih dont plus de 4500 malades mis sous antirétroviraux ; plus de 80 millions de préservatifs masculins et féminins distribués avec plus de 14 millions de gels lubrifiants ; plus de 659 000 cas d’Ist diagnostiqués et traités. Idrissa Koné se réjouit également de la baisse du temps de séjour des marchandises aux ports des pays de l’organisation, de la réduction sensible du nombre de barrages routiers aux 100 km.
Si l’Organisation ouest-africaine de la Santé (Ooas), par son représentant Dr Carlos Pedro Faria de Brito, réitère son soutien financier à l’Ocal, la contribution demandée à chacun des pays devra doubler afin de doter l’organisation d’un financement adéquat et durable pour l’atteinte des nouveaux résultats. Car, l’arrêt des activités entraînerait non seulement une absence de données pour la prise de décisions par les Etats dans le domaine des transports mais aussi et surtout un risque de propagation transfrontalière des épidémies et une recrudescence de nouvelles infections dues au Vih/Sida, avertit Dr Sani Aliyu, président du comité directeur de l’Ocal.
Par ailleurs, le ministre Alassane Séidou souhaite plus de collaboration entre l’Ocal et les structures nationales intervenant dans les mêmes domaines.

Le conseil de l’Ordre national des médecins du Bénin œuvre pour une harmonisation des tarifs des actes médicaux. Au cours d’un atelier de deux jours qui a démarré, mercredi 27 mars dernier à Ouidah, les membres du conseil ont plaidé pour l’assainissement du secteur médical au Bénin.
La conception des certificats médicaux et leur coût, la grille tarifaire des actes médicaux et le contrat de travail type pour les médecins sont les différentes thématiques abordées par le conseil de l’Ordre national des médecins du Bénin. Cet atelier qui a duré deux jours vise à harmoniser la grille tarifaire des actes médicaux sur toute l’étendue du territoire national.
Le président de l’Ordre national des médecins du Bénin s’est dit fier de la qualité des participants aux travaux centrés sur des questions pertinentes qui font, selon lui, partie des préoccupations des médecins. Francis Dossou a laissé entendre que l’attachement des professionnels à l’ordre constitue une véritable source de motivation qui les pousse à mieux s’investir pour redorer le blason de la corporation. Pour lui, il s’agit d’un atelier de restauration de la profession médicale afin de donner de la valeur à la signature du médecin béninois. Il a exhorté les différents acteurs à travailler pour trouver des solutions pertinentes aux maux qui minent la corporation. « Il est temps que les uns et les autres puissent parler d’une seule et même voix afin de faire des actions de développement du secteur médical une priorité », a-t-il affirmé.
Francis Dossou a alors assuré que sa disponibilité ne fera point défaut. Un nouveau jour, poursuit-il, se lève donc pour le bonheur des populations et celui des médecins. Il note par ailleurs que les différentes propositions qui sortiront de cet atelier seront portées à la connaissance des instances officielles pour qu’un certain nombre d’actes soient pris afin d’avoir des dispositions légales pour la règlementation de la profession médicale.

Avec la révolution numérique et l'avènement des smartphones dotés de Selfie, l’avenir du métier de photographe pose problème. Didier Kpassassi, photographe professionnel apporte, ici, des réponses aux questions relatives à la nécessité de recourir à un photographe pour une pose si l’on peut le faire avec son iPhone, au plus que le photographe peut toujours apporter. Il s’est aussi penché sur la possibilité pour la jeunesse de s’intéresser à ce métier.
La Nation : Pensez-vous que le métier de photographe a encore d'avenir ?
Didier Kpassassi : Bien-sûr ! Je ne nie pas l’influence de la révolution numérique, mais oui, le métier de photographe a encore un avenir radieux. D’autant plus qu’un photographe, c’est quelqu’un qui a un autre regard sur le sujet à capter. Celui qui a un portable et qui veut prendre des images, il le prend en vrac, comme bon lui semble. Il prend tout ce qui défile parce qu’il a simplement envie de prendre des images pour immortaliser l’instant. Et il court deux risques. C’est, d’une part, celui de prendre une mauvaise photo en raison d’un manque de stabilité ou d’une mauvaise résolution et d’autre part, celui de voir ses données disparaître du fait d’une mauvaise manipulation, d’une réinitialisation du portable, d’une faible capacité de l’appareil ou même de l’extinction du portable au moment de la prise de vue. Mais, le photographe amateur ou professionnel, qui tient un appareil professionnel en main, a tout un autre œil. Il perçoit le sujet autrement. Et il prend toutes les précautions non seulement pour la qualité de l’image, mais aussi pour sa préservation parce que c’est son patrimoine qu’il protège ainsi. Il y a vingt-deux ans que j’ai commencé le métier et je puis vous assurer que jusqu’à ce jour, je garde des œuvres datant de vingt-deux ans. Plus elles sont vieilles, plus ces œuvres auront de la valeur. Ce sont des œuvres qui peuvent être réutilisées dans les documents, les catalogues, dans les livres et les archives du Bénin. Parce que j’ai beaucoup travaillé sur le patrimoine culturel béninois.
Mais avec un iPhone, on peut faire des photos de bonnes résolutions !
On a toujours besoin des appareils photos professionnels. Le tout ne se résume pas à la résolution. Celui qui a inventé l’appareil photo n’est pas en marge de l’évolution numérique. L’iPhone oui, c’est un appareil évolué. Celui qui a un iPhone peut voler rapidement des images, faire des photos en rafales dans des situations données. C’est très pratique pour les chasseurs d’images qui veulent passer discrètement. Mais, quand on les découvre, tout de suite, on se méfie d’eux. Vous savez, quand vous voulez prendre une photo et vous gardez un portable, le sujet principal ne vous considère pas à sa juste valeur. Ça peut friser de l’amusement, de la distraction. Mais, devant un appareil professionnel, vous constatez que le sujet est plus sérieux devant l’objectif. Il prête beaucoup plus attention à ce que vous faites et il vous considère comme un professionnel.
En fait, un appareil photo, ça fait plus sérieux et ça permet de faire la distinction entre un simple déclencheur, un photographe amateur et un photographe professionnel. Car, une chose est la qualité de l’appareil et l’autre est la qualité du photographe. Le rendu de la photo dépend aussi du professionnalisme du photographe. L’appareil photo, c’est une machine, c’est une boîte, mais celui qui le commande c’est le photographe. C’est lui qui sait comment l’orienter, c’est lui qui fait les réglages. Qu’est-ce-qu’ il faut prendre ? Faut-il ouvrir, ajouter ou fermer la luminosité, donner plus de vivacité au diaphragme, rapprocher ou éloigner l’objectif…? C’est le photographe qui évalue tout cela. C’est un art, c’est une science.
Pour vous donc, qu’est-ce-qui fait la qualité d’un photographe professionnel ?
Un photographe professionnel, c’est celui qui met de l’art au cœur de son métier. Il construit. C’est quelqu’un qui sait tracer toute une histoire avec son appareil. Avant qu’un photographe professionnel n’arrive sur un terrain, un reportage ou un événement, c’est un récit, un texte qu’il a déjà écrit. Et ce texte est concrétisé par les images. Donc, quand vous prenez les œuvres de ce photographe, vous constaterez que c’est un récit, c’est une histoire que ce photographe raconte. Il y a plusieurs événements passés qui sont reconstitués aujourd’hui grâce aux photos. Le photographe professionnel constitue donc des archives pour sa génération, pour son pays.
Par ailleurs, un photographe professionnel doit avoir certaines qualités. Il doit avoir un bon œil, savoir choisir son angle de vue en fonction du sujet et de l’orientation à donner à l’image. C’est lui qui sait quand il faut prendre une image en plongée, en contre-plongée… La position et le plan sont très importants. Il y a des photographes qui se distinguent grâce à ça. Leur capacité à savoir identifier l’angle de vue idéal. Le tout ne suffit pas de flasher. Il faut pouvoir donner un regard artistique et là, c’est le génie du photographe qui parle. Il y en a qui ne savent qu’appuyer sur le déclencheur. Ceux-là ne sont pas des professionnels.
Vous reconnaissez donc que certains photographes seront dépassés avec le temps ?
Bien-sûr ! Ils sont déjà dépassés ! Il y a plein de photographes qui sont déjà dépassés depuis l’avènement du numérique. Avant, les gens se disaient qu’ils peuvent aller au métier de la photographie même s’ils ne vont pas à l’école. Aujourd’hui, il faut un minimum. Parce que la photographie est devenue une science et un art. C’est la technologie. Un appareil photo, aujourd’hui, c’est comme un ordinateur avec plusieurs paramétrages. Donc, il faut apprendre, beaucoup lire, aller à la recherche de nouvelles connaissances.
Quelles opportunités pour la jeunesse dans la photographie de nos jours ?
La photographie présente beaucoup d’opportunités pour la jeunesse. De nombreuses personnes s’adonnent, de nos jours, aux shoots surtout dans le domaine de la mode. Les shoots, c’est aussi de l’art. Ça va très vite. Aujourd’hui, les gens considèrent plus les street photos (les photos de rue). Avant, c’était en studio qu’on prenait les photos. Mais aujourd’hui, c’est un peu partout, dans la rue, à la plage, aux soirées. La photographie prend plus d’ampleur de telle sorte que c’est le photographe qui se déplace maintenant vers le public. Les shoots s’adaptent à l’environnement. Les photographes qui font des shoots, ce sont des gens qui créent beaucoup, qui réfléchissent énormément pour mettre les hommes et femmes en valeur, pour mettre des produits en valeur à travers des posters et magazines de mode. Il y a donc plein d’opportunités et c’est à chacun de choisir sa spécialité.
Quelles dispositions les photographes d'art devront prendre, selon vous, pour rester actif dans le temps et pour ne pas se laisser dépasser par la révolution numérique ?
Le photographe professionnel doit travailler au quotidien, faire beaucoup de recherches pour se mettre à jour. Je le dis souvent et ce n’est pas pour offenser qui que ce soit : les Blancs nous dépassent. Ils ne sous dépassent pas parce qu’on est incapables ou incompétents. Non ! Ils nous dépassent parce que tous les jours que Dieu fait, ils innovent, ils créent. Donc, nous devons aller à leur école. Il faut rester créatif, innovant, inventif. Quand vous prenez les photographes des années 80, ce sont des autodidactes, mais ils sont énormément bons. Ils ont fait un travail remarquable. Ils racontent l’histoire de façon artistique par leurs photos.
Dans le temps, ce n’était pas valorisé. Mais aujourd’hui, quand vous prenez ces œuvres, vous constatez qu’ils ont fait un travail énorme parce qu’ils ont su rester créatif par rapport à leur temps.
Du coup, pour rester actif dans le temps, nous devons faire des recherches, avoir l’esprit créatif pour donner sa touche personnelle, pour faire du beau. Quand vous ne faites pas du beau, on ne s’intéresse pas à vos œuvres. Quand vous prenez des photographes comme le Congolais Baudouin Mouanda, le Malien feu Malick Sidibé, le Béninois Eric Ahounou…, ils ont su innover à leur manière chacun dans son style. Par ailleurs, nous devons aussi améliorer nos compétences par la formation et l’échange. Car on ne finit jamais d’apprendre.

Après sa collègue Dandi Gnamou, c’est au tour du professeur titulaire, agrégé des Facultés de droit, Ibrahim Salami, de se prononcer sur l’hypothèse d’auto-saisine de la Cour constitutionnelle, et sur les possibilités de sortie de crise qui s’offrent aux politiques.
Reçu sur une radio privée de la place pour se prononcer sur le sujet qui défraye la chronique au Bénin, Ibrahim Salami admet, que dans une démocratie, il est nécessaire pour les partis de l’opposition tout comme ceux de la mouvance de prendre part aux législatives. «L'idéal de la démocratie c'est que les élections soient disputées, transparentes, ouvertes et les plus démocratiques possibles», dit-il, tout en indiquant que la solution de l’impasse supposée actuelle du processus électoral, est politique.
Selon ce juriste, il s'agit d'un problème politique qui doit se régler politiquement. Il n’est pas question d’impliquer la Cour constitutionnelle dans le règlement d’un problème qui relève avant tout du politique. Demander à la Cour constitutionnelle de trancher, d’indiquer derechef la voie à suivre, c’est créer un précédent grave, voire ouvrir la boite de Pandore qu’on regrettera après coup, souligne-t-il, à l’instar de sa collègue Dandi Gnamou. C'est la solution la plus dangereuse, a-t-il martelé, car elle va créer un précédent qui va amener la Cour, celle-ci ou une autre, à proroger le mandat des députés ou même à proroger le mandat du chef de l'Etat, ou même, entendu que celui qui peut le plus peut le moins, à diminuer le mandat des élus, alerte le juriste.
« J'espère que le Parlement trouvera une solution ce jeudi mais s'il n'y a pas de solution politique à une situation politique, on est obligé de s'en tenir aux textes », fait-il valoir.
Que faire ?
A la différence de Dandi Gnamou, toutefois, il avoue ne pas être favorable à la prolongation du mandat des députés : «Je suis pour un report éventuel et non pas pour la prorogation du mandat des députés », avance Ibrahim Salami. « Quand il y a prorogation du mandat des députés, ils conservent le plein exercice de leur mandat législatif. Ils peuvent continuer à voter des lois et continuer comme si leur mandat était toujours en cours, alors que s'il s'agit d'un simple report de la date de l'élection…», s’offusque-t-il.
Aussi, demande-t-il aux députés, pour éviter tout hiatus, notamment ceux de la mouvance, de faire preuve de hauteur d'esprit, de grandeur d'âme, pour en définitive trouver une porte de sortie de la crise préélectorale, fondant ses espoirs sur la plénière de ce jeudi. Il allègue aussi qu’il n’y a pas de blocage institutionnel, voire même pas de blocage tout court, y compris dans l’hypothèse où les députés ne trouvent pas une solution consensuelle, en raison de ce qu’il appelle la dictature des textes. De façon sibylline, cela veut dire que ce sont les textes actuels qui seront valables, quand bien même cela implique que seuls les partis Bloc républicain et Parti progressiste restent en lice pour les législatives d’avril 2019. « On peut regretter la dictature des textes, mais la dictature des textes est encore meilleure que la dictature tout court, qui n'est fondée sur aucun texte », justifie le juriste?

Réunis en session ordinaire, la première du genre au titre de l’année 2019, les conseillers communaux de Lokossa ont adopté ce mercredi 27 mars à l’hôtel de ville, la plupart des points soumis à délibération. L’atmosphère conviviale qui a prévalu au cours dudit conseil tranche avec les blocages répétés observés depuis plus d’un an.
Pas de rejet de dossiers hier au conseil communal de Lokossa. Sur les 11 points inscrits au menu de cette première session ordinaire de l’année, plus de la moitié a été adoptée à l’unanimité des 18 conseillers sur 19 ayant répondu présents à l’appel du maire Pierre Awadji. Le reste des dossiers non validés est simplement reporté pour complément d’informations. C’est le cas, par exemple, du point relatif à l’autorisation d’occupation temporaire de domaine dans l’arrondissement de Houin sollicitée par une Organisation non gouvernementale intervenant dans le secteur agricole. Cette Ong sollicite en effet 250 ha pour en faire une exploitation agricole. Les conseillers qui ne sont pas contre une telle initiative entendent toutefois se convaincre des réelles motivations des porteurs du projet. Le conseil a retenu alors que ces derniers passent présenter une communication sur ledit projet.
La session, qui a duré environ trois heures dans la matinée d’hier, s’est déroulée dans une ambiance empreinte de courtoisie agrémentée, par moments, d’éclats de rire. Et le maire aussi a fait montre de conciliation, détail qui n’a pas échappé aux anciens frondeurs tels que le conseiller Gérard Kakpo et le chef de l’arrondissement central, Séverin Hounnou. « L’ambiance est détendue grâce à votre retenue à ne pas vouloir la délibération, à pas forcés, de certains points au menu», a notamment justifié le conseiller Kakpo, s’adressant au maire.
Fin de la crise ?
La crise au conseil communal de Lokossa s’était déclarée en juin 2017 et a duré pendant plus d’un an allant des rejets systématiques des préoccupations de développement soumises à la délibération aux blocages des travaux des diverses sessions y compris celles consacrées au vote des budgets ainsi que les rapports d’activités du maire et des commissions thématiques. C’est donc une longue page de crise visant à destituer le maire qui se tourne ainsi progressivement. «Depuis la session de décembre 2018, les conseillers ont compris que ce n’était pas à moi, Pierre Awadji, qu’ils faisaient du mal mais plutôt à Lokossa en ce qui concerne son développement », explique le maire. Visage rayonnant, Pierre Awadji ajoute : « je suis heureux de constater aujourd’hui encore que mes collègues conseillers sont effectivement revenus en de meilleurs sentiments ».
Actualités 28 mars 2019

Le peuple retient son souffle par rapport à la séance plénière de ce jeudi au parlement, consacrée principalement à l’examen de la proposition de loi dérogatoire à la Charte des partis politiques et celle relative au Code électoral pour des élections législatives inclusives. Un éventuel échec des travaux à ce dernier niveau de décision devra faire oublier toute solution par voie parlementaire en vue de sortir de la crise préélectorale.
Le consensus sera-t-il ou non obtenu par les députés pour l’examen et le vote de la proposition de lois électorales dérogatoires en vue des législatives inclusives. Le peuple sera fixé, ce jeudi, avec la séance plénière consacrée prioritairement à l’examen des deux textes dont l’un concerne la proposition de loi dérogatoire, modificative et complétive de la loi n°2018-23 du 17 septembre 2018 portant Charte des partis politiques et l’autre est relatif à la proposition de loi dérogatoire, modificative et complétive de la loi n°2018-31 du 9 octobre 2018 portant Code électoral en vue des élections législatives sans exclusion. La séance plénière de ce jeudi constitue le dernier round du processus parlementaire de ces deux dossiers après les travaux du comité paritaire (majorité-minorité), de conférence des présidents du Parlement et de la commission des Lois. Laquelle commission a décidé, mardi dernier, de s’en remettre à la plénière pour la décision à prendre pour défaut de consensus. En effet, les membres de cette commission, faut-il le rappeler, ne se sont pas entendus pour étudier au fond les textes. Or, les deux lois sont d’une nature particulière et requièrent de tous les membres un esprit de consensus en vertu de l’article 2 du protocole A/Sp1/12/01de la Cedeao sur la démocratie et la bonne gouvernance. Cet article dispose qu’aucune réforme substantielle de la loi électorale ne doit intervenir dans les six (06) mois précédant les élections sans le consentement d’une large majorité des acteurs politiques. Les élections à tous les niveaux doivent avoir lieu aux dates ou périodes fixées par la Constitution ou les lois électorales ». Le défaut de consensus est devenu si prononcé que la proposition de loi dérogatoire à la Charte des partis politiques soumise à l’étude n’est pas celle validée par le comité paritaire mis sur pied par la conférence des présidents du Parlement, voire le fruit des réflexions concertées des acteurs politiques engagés dans le processus. Il aurait été noté que des députés aussi bien de la mouvance que de l’opposition ne veulent pas de ce texte initié unilatéralement par le président de l’Assemblée nationale.
Consensus à tout prix au Parlement !
Face à ce défaut manifeste de consensus, la majorité des membres présents a jugé inutile d’engager les discussions particulières et décidé de s’en remettre à la plénière. Le rapport de la commission des Lois sur les deux dossiers est en discussion en plénière ce jeudi. Mais il est difficile de prédire ce qui va advenir et dans quel sens iront les débats. La plénière recherchera le consensus pour l’examen et le vote de ces deux textes devant faciliter des élections législatives inclusives. Ce serait une avancée si les propositions de lois dérogatoires sont adoptées. Mais dans le cas contraire, ce serait le statu quo. Il ne restera alors qu’à constater l’échec de recherche de solutions consensuelles par voie parlementaire pour la sortie de crise. Les regards seront, dans ces conditions, tournés vers la Cour constitutionnelle qui pourrait être saisie par le président de la République, Patrice Talon ou le président de l’Assemblée nationale, Me Adrien
Houngbédji pour constater la situation et montrer la voie à suivre aux uns et aux autres. La haute juridiction aura donc à se prononcer pour relancer le processus électoral. La décision pourrait aller dans le sens de l’ouverture du processus pour des élections législatives inclusives ou constater l'incompétence de la Cour, induisant la poursuite du processus électoral entre les deux listes de candidatures, en l’occurrence le Bloc républicain et l’Union progressiste, validées par la Commission électorale nationale autonome (Céna). La Cour constitutionnelle rejoindrait ainsi, pour le second schéma possible, la professeure titulaire de Droit public, Dandi Gnamou qui lors d’une émission télévisée, mardi dernier, avait dit que la solution à l’impasse est au Parlement et non ailleurs. On croise alors les doigts en attendant de connaître de l’issue de la plénière décisive de ce jeudi au palais des Gouverneurs à Porto-Novo.