La Nation Bénin...
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Le ministre de la Communication, des Technologies de l’Information et de la Communication (MCTIC), Etienne Kossi, est allé voir hier, lundi 17 août, les points d’atterrissement des câbles sous- marins Africa Coast to Europ (ACE) et SAT3, à Fidjrossè à Cotonou.
Quel est l’état d’avancement des points d’atterrissement des deux câbles sous-marins installés à Fidjrossè à Cotonou? C’est le constat que le ministre de la Communication, des Technologies de l’Information et de la Communication (MCTIC) Etienne Kossi, est allé faire hier. Il s’agit de deux ouvrages indispensables pour le déploiement de la large bande sur le territoire national.
«Les nouvelles technologies ont besoin d’infrastructures. Et ce sont effectivement les câbles sous-marins qui peuvent en constituer le socle. Avec ce que je viens de voir, je pense que notre pays est doté de ces capacités», a confié le ministre Etienne Kossi, à l’issue de sa visite sur le site SAT 3.
Le SAT 3 étant le premier et le plus ancien site de station de câble sous-marin, l’ACE, le nouveau et deuxième dispositif qui est en train d’être mis en place, viendra renforcer ses capacités.
La vision du gouvernement en raccordant le Bénin au câble ACE est d’assurer la sécurité du premier câble et la baisse progressive du coût des services télécoms et TIC. Il va augmenter dans les jours à venir la productivité des entreprises, faciliter l’accès des populations aux ressources du Web et améliorer les conditions des professionnels de tout bord.
Pour le moment, l’installation des équipements techniques semble être totalement terminée sur le site ACE, le câble est déployé et tous les tests terminés. Les opérateurs ont déjà pris des capacités là-dessus et sont toujours à pied-d’œuvre pour son efficacité.
Aussi, le dépôt des capacités des différents opérateurs membres du Groupement d’intérêt économique (GIE), vers leur centre technique est-il en train d’être fait. C'est avec un opérateur qui fait passer déjà du trafic sur le réseau ACE en direction de l’international, se réjouit l’administrateur principal du GIE, Blaise Adétonah Donhouédé.
La date du 24 septembre prochain est retenue comme échéance de sa mise en service. Les deux sites réunis donnent une capacité de 40 gigas et pourront se relayer en cas de panne de l’un d’entre eux.
Une fois que l’ACE sera mis en service, les consommateurs finaux notamment les utilisateurs d’Internet pourront pousser un ouf de soulagement en ce sens que les soucis liés à la connexion seront conjugués au passé.
«Nous sommes venus voir ce que nous pouvons y apporter en termes de capacités afin de permettre à la population qui dispose des équipements adaptés d’avoir accès à l’Internet», a souligné le ministre Etienne Kossi.
Après les défis relatifs aux câbles sous-marins, il reste les ‘’réglages terrestres’’ à opérer. Sur ce point, le ministre Etienne Kossi, a souligné que plusieurs entreprises publiques comme privées de la place disposent déjà de la large bande. Sauf que l’Etat n’a pas encore les capacités de combler toutes les demandes potentielles. Il rassure quand même que les attentes seront progressivement comblées avant d’inviter les clients à la patience. « Le plus dur a été déjà fait. Le bout du tunnel est pour bientôt. Il ne reste plus beaucoup de choses à faire », a-t-il indiqué.

La Fondation Friedrich Ebert (FES) a organisé, vendredi 14 août dernier à son siège à Cotonou, sa traditionnelle ‘’Soirée politique’’ sur le thème ‘’Projections de réformes après 2016 : orientations pour le système partisan au Bénin''. Hommes politiques, professionnels des médias, Organisation de la Société civile étaient au rendez-vous de cette septième édition.
La salle de conférence de la Fondation Friedrich Ebert (FES) jusqu’au-dehors était noire de monde vendredi dernier. Hommes politiques, juristes, politologues, représentants de la Société civile, membres du corps diplomatique ont pris d’assaut la cour de cette organisation allemande, le temps de la septième édition des ''Soirées politiques''.
Au début de la soirée, le représentant résident de la FES, Contanstin Grund, a indiqué que des indépendances à aujourd’hui, le Bénin a fait l’expérience de deux grandes conceptions de dynamiques partisanes que sont le pluralisme politique et le parti-Etat. Mais aujourd’hui, fait-il observer, avec le Renouveau démocratique, le multipartisme intégral a permis d’avoir une diversité de formations politiques de toutes les tailles. Selon lui, au mois de juillet 2014 environ 232 partis politiques se sont déclarés. Ce qui pose quelques problèmes. «On est en droit de se demander si les conditions qui avaient sous-tendu l’ouverture au multipartisme intégral au lendemain de la Conférence nationale de 1990 sont encore valables 25 ans plus tard, pour que des partis politiques naissent presque tous les mois», a-t-il demandé à l’assistance. Cinq panélistes ont pris part au débat avec plusieurs contributions de l’assistance.
Le professeur Amos Elègbè, conseiller politique du chef de l’Etat, membre des Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE) a expliqué qu’il y a eu de nombreuses tentatives de regroupement qui n’ont jamais vraiment abouti. «La question de fond, c’est la stabilité de la classe politique. C’est le projet de société. Il n’y a pas de parti politique sans discipline. C’est pourquoi, les grands partis n’ont jamais pris le pouvoir», a-t-il martelé. Il a indiqué que pour le système partisan au Bénin, il faut mener des débats et mettre un accent sur la question de la représentativité des partis politiques. Il a cité le cas ghanéen où pour être un parti politique, il faut être représenté à tous les niveaux, du village à l’ensemble du territoire en passant par la commune et le département. «On ne décrète pas des regroupements. Il faut laisser le temps au temps. Nous ne pouvons pas importer et calquer les idéologies occidentales ici chez nous», a indiqué pour sa part Paul Dèhoumon, membre du bureau politique de l’Union fait la Nation (UN). «C’est le manque de conviction et les tâtonnements qui font qu’il n’y a véritablement pas de partis solides. «Que cherche l’International socialiste dans l’UN, si nous ne devons pas importer d’idéologies et de manières de faire occidentales», a rétorqué Célestine Zanou, présidente de Dynamique du changement pour un Bénin debout (DCBD). Vincent Folly, directeur de publication de La Nouvelle Tribune, a fait observer que les ministres de l’Intérieur qui se sont succédé ont manqué de courage pour appliquer les dispositions de la Charte des partis politiques. La question du financement des partis est également essentielle selon lui.
Pour Francis Lalèyè, expert en gouvernance, il faut examiner le cas ghanéen pour voir comment l’intégrer dans les textes au Bénin. Mais le financement des partis politiques n’est qu’une partie de la solution. «Oui, mais l’Etat doit s’engager à financer les partis. C’est la solution pour éviter le nombre sans cesse croissant des partis. En Allemagne, quand vous n’avez pas 5% au moins des voix au niveau national, vous avez beau être élu, vous ne siègerez pas», a martelé Emmanuel Golou, le président du Parti social démocrate dans sa contribution au débat.
Actualités 17 août 2015

Une nouvelle ère s’ouvre dans la vie des producteurs du lait et de la viande au Bénin ! Ceci grâce au partenariat ‘’Fonds national de la Micro-finance (FNM) et le ‘’Projet d’appui aux filières lait et viande (PAFILAV). L’initiative vise à accroître la production et l’efficacité des deux filières. Le volet financement dudit projet a été officiellement lancé, vendredi 14 août dernier, à Cotonou.
L’horizon s’éclaircit pour les producteurs de lait et de viande au Bénin! Ce salut, ils le doivent au tandem ‘’Fonds national de la Micro-finance et Projet d’appui aux filières lait et viande (PAFILAV) qui ont procédé au lancement de la phase opérationnelle du financement dudit projet, vendredi dernier.
Le PAFILAV, selon le coordonnateur Emile Toïgbé, met l’accent sur les politiques de diversification pour assurer la croissance économique, par l’accroissement du revenu des producteurs.
Le PAFILAV contribuera à l’amélioration de l’environnement social avec deux millions cent cinquante- mille personnes impactées et cinquante deux mille ménages producteurs du secteur de l’agro-pastoral, touchés positivement.
«L’objectif principal du volet crédit de ce projet est de faciliter l’accès au crédit des promoteurs en vue du financement des initiatives privées par tous les maillons des chaines de production, de transformation et de commercialisation; de faciliter l’accès au crédit à court terme pour les fonds de roulement et l’accès au crédit à moyen terme pour les investissements», a expliqué le directeur général du Fonds national de la Micro-finance (FNM), Jean Comlan Panti.
Les cibles visées pour sa mise en œuvre sont les éleveurs et les agro-éleveurs, les petits producteurs défavorisés dont les femmes, les transformateurs du lait et de la viande, les commerçants de bétail…
A ces différentes cibles, s’ajoutent, entre autres, le ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche (MAEP), le FNM, le PAFILAV, les vétérinaires et para-vétérinaires, les éleveurs, les services financiers décentralisées (SFD) les organisations professionnelles des éleveurs, les transformateurs, les commerçants, les collectivités locales,… qui en constituent les principaux acteurs.
Projet d’envergure nationale
Le PAFILAV se veut un projet d’envergure nationale. Dans le cadre de son exécution, près d’une trentaine de communes ont été ciblées. En ce qui concerne la filière lait, ce sont les départements de l’Alibori, du Borgou, de l’Atacora et de la Donga qui sont retenus comme zones d’intervention. Pour la filière viande, les départements de l’Ouémé-Plateau, du Mono-Couffo, du Zou-collines et de l’Atlantique sont privilégiés.
Le PAFILAV est un projet du ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche (MAEP), cofinancé par le Fonds africain de Développement (FAD) et l’Etat béninois, respectivement à hauteur de seize milliards quatre-vingt-cinq millions de francs CFA et de quatre milliards un million. Les bénéficiaires apporteront une contribution de cent trente-cinq millions. Le projet se veut flexible pour son efficacité avec une stratégie d’intervention basée sur le faire-faire.
A en croire le ministre de l’Agriculture, de l’Eleveage et de la pêche, Rufin Nansounon, l’offre actuelle de crédit est essentiellement basée sur la micro-finance avec une cagnotte financière concentrée sur le court terme et dont le montant reste insignifiant. Il a souligné que seulement 6,3% des exploitants agricoles et 2% des éleveurs ont accès au crédit. La situation est donc préoccupante et appelle des mesures hardies. C’est pourquoi il salue l’arrivée du PAFILAV.
Pour sa réussite, il est prévu la mise en place d’un fonds de crédit aux principales cibles. Dans ce cadre, ce sont au total un milliard six cents millions de francs CFA qui sont déjà mobilisés pour soulager les bénéficiaires, se réjouit le directeur général du FNM, Jean Comlan Panti, qui précise que ces ressources seront mises à la disposition d’une vingtaine de systèmes financiers décentralisés (SFD). Lesquels travailleront avec les responsables du développement rural, les vétérinaires, les para-vétérinaires et les corps spécialisés du MAEP en vue de la bonne exécution du projet.
Dans sa présentation du projet, son coordonnateur, Emile Toïgbé, a rappelé les principales actions déjà engagées pour préparer les cibles. Il s’agit notamment des séances de renforcement des capacités, de l’appui aux femmes transformatrices, des séances de sensibilisations…
«Avec l’ensemble de ces dispositions, nous pouvons affirmer que le terrain est suffisamment balisé pour le succès du volet crédit si chacun des acteurs concernés prend la juste mesure des défis à relever et joue efficacement sa partition », a-t-il indiqué.
Le PAFILAV est prévu pour durer six ans. C’est le 30 décembre 2017 qui est retenue comme sa date de clôture.
Economie 17 août 2015

A l’affiche de son rôle, vendredi 14 août dernier, la Cour d’assises de la Cour d’appel de Cotonou avait sur sa table, un dossier d’empoisonnement en examen. Wassiou Adeni avait à répondre des faits y relatifs dont il était présumé auteur. La composition commise pour en conna^pitre était présidée par Thierry Damase Ogoubi assisté de Michel Romaric Azalou et Rogatien Glagladji. Dans le fauteuil du ministère public, était installé Christian Atayi. Pour tenir la mémoire de l’audience, il y avait Victoire Oladikpo. Léon Tchincoun, Jean Couao-Zotti, Sylvie Hazoumè, Abraham Santos Fakambi, Ambroisine Agbossaga ont formé le jury criminel.
L’accusé Wassiou Adeni à la barre n’a pas reconnu les faits. Il ne se sent nullement coupable et responsable de ce qui s’est passé et pense qu’un montage avait été concocté par ses hôtes pour le plonger. Mais le résumé des faits tel que présenté par Thierry Damase Ogoubi, le président de la Cour semblait l’accabler. Ainsi, les nommés Mathieu Baoungboyé et Wassiou Adeni tous deux du même village, sont amis depuis plusieurs années. Wassiou Adeni a l’habitude de rendre visite à Mathieu Baoungboyé qui l’a toujours reçu à son domicile à Tankpè (Abomey-Calavi) et auprès de qui il a fini par s’installer depuis le 17 mai 2007. Le 23 mai 2007, alors que Mathieu Baoungboyé et son épouse Evelyne Houndédako étaient allés vaquer à leurs occupations, l’inculpé Wassiou Adeni a profité de leur absence pour verser une substance dans la sauce que dame Evelyne Houndédako avait préalablement chauffée. A son retour, cette dernière s’est servie la sauce avec la pâte et à la première bouchée, elle a senti une saveur inhabituelle et a craché aussitôt tout ce qu’elle avait dans la bouche. Voulant ensuite boire la sauce, elle a senti une brûlure dans la bouche. Quelques instants après, les volailles qui ont picoré la bouchée (pâte) crachée, ont été retrouvées mortes. Wassiou Adeni soupçonné et interrogé a reconnu les faits.
Le bulletin n°1 de son casier judiciaire ne porte mention d’aucune condamnation antérieure. L’enquête de moralité lui est favorable. Le rapport médico-psychiatrique et psychologique révèle que l’accusé était en bon état de santé mentale au moment des faits.
Mais il faut rappeler qu’avant l’ouverture des débats, Me Désiré Aïhou commis pour la défense de l’accusé avait vivement souhaité que la partie poursuivante fasse les diligences requises pour que comparaisse l’unique témoin, qui n’est que le mari de dame Evelyne Houndédako, propriétairelocataire de la maison qu’habitait le couple, hôte de l’inculpé. Une suspension de l’audience vendredi dernier avait finalement permis d’accéder à sa requête. Une démarche qui a été déterminante et qui aurait permis de clarifier tant soit peu ce qui s’était à peu près réellement produit ce 23 mai 2007.
Témoignage capital
Daniel Gnonhouin, propriétaire de la maison, déposant explique que l’accusé a refusé de boire la sauce que le CB d’Abomey-Calavi lui a présentée. C’était un produit liquide qui ressemblait à de l’insecticide pris à Massi, rapporte le témoin. C’est en somme, au bout du cinquième jour de la visite rendue à son frère ami, qu’il a opéré. La victime, épouse de son locataire qui a goûté à la sauce, vend à Tokpa pendant que le mari lui, mène ses activités en ville. C’est avec le reste de la sauce et le poulet mort qu’on lui a demandé de poser pour faire la photo, explique Daniel Gnonhouin. Sur interrogation-réponse du ministère public, le témoin a confirmé que le produit objet de la tentative d'empoisonnement était de l’insecticide qui sert à traiter le coton.
Les multiples questions de la défense visaient à amener le témoin à expliquer en tant que mécanicien, l’expertise qui lui permet de déceler l’odeur de l’insecticide servant à traiter le coton.
A la confrontation à la barre, vendredi 14 août dernier, entre le témoin et l’accusé, ce dernier a persisté à dire qu’on a mis le poulet mort et la marmite de sauce entre ses mains comme si c’était un montage par rapport auquel il ne se sentait nullement responsable.
L’assistance s’est interrogée sur le lieu où les photos avaient été prises. Est-ce dans la maison où ils habitaient, à la gendarmerie ou ailleurs ?
A la vérification de la défense, s’il y avaient un examen toxicologique de la sauce empoisonnée au dossier, le président de la Cour a répondu par la négative. Expliquant qu’il y avait simplement la mention de scellés mais qui matériellement n’étaient ni disponibles au parquet d’instance, pas plus qu’au parquet général. La lecture de certaines pièces a ouvert la voie aux réquisitions du ministère public.
Dans le cadre de ses observations, Christian Atayi a jugé étrange l’attitude de l’accusé à la barre. «Il n'a pas voulu coopérer à l’œuvre de justice mais messieurs et mesdames de la Cour, la vérité est apparue ; j’aurais pu vous demander de vous contenter de la déposition du témoin. La vérité comme le dit Victor Hugo, est comme le soleil», a-t-il décrit.
La plus grande ambition, poursuit-il, par ailleurs, la seule qui compte, c’est de faire du bien. «Doit-on toujours faire le bien si la récompense est le mal ?», s’est-il interrogé ? Il procède au rappel des faits et affirme que le 17 mai 2007, l’accusé a rendu visite à ses hôtes, son frère et ami et à la femme de ce dernier. Mais le 23 mai suivant, la femme était, rapporte-t-il, en mangeant la pâte avec la sauce de gombo préparée et chauffée le matin, surprise par le goût piquant du mets. Pour lui, l’accusé a reconnu les faits à l’enquête préliminaire avec des variations tendant à expliquer les mobiles à la base de son indélicatesse.
«A la barre, les déclarations qui pourtant lui étaient auparavant attribuées, sont devenues mensongères», s’est étonné Christian Atayi. Ce dernier a invité tous les membres de la Cour à ne pas se méprendre sur cette volte-face et cette stratégie de défense de l’accusé. Il est bien coupable d’empoisonnement prévu par les articles 301 et 302 du Code pénal : en somme une infraction sévèrement punie.
La mort instantanée des volailles
Selon Christian Atayi, aux termes de l’article 301 du Code pénal, l’empoisonnement est tout attentat à la vie par l’effet d’une substance. Il nécessite l’existence d’un élément matériel, l’emploi d’une substance et qu’importe la nature mortifère ou non dudit produit. Ensuite, il faut l’élément moral qui correspond à l’intention de donner la mort : l’animus necandi.
« Toute administration de produit par voie digestive, respiratoire », indique le représentant du ministère public qui poursuit que l’accusé en dépit de ses dénégations, a reconnu avoir introduit la substance mortifère dans la sauce.
Quelle est la nature de ce produit mélangé au gombo ?, s’est-il interrogé.
Pour lui, il avait déclaré au juge d’instruction que c’est un produit qui sert à tuer les insectes qui attaquent le coton. Déclarations corroborées, a dit le ministère public, par le témoin ; la mort instantanée des volailles prouve même en l’absence d’examen toxicologique, qu’il s’agit d’un empoisonnement. Peu importe que la victime ne décède pas. Citant une abondante jurisprudence et doctrine, le ministère public a été ferme en retenant que l’accusé est coupable des faits mis à sa charge.
L’accusé n’ignorait pas que le produit mélangé à la sauce était mortifère ; il est aisé de constater qu’il existait une volonté manifeste d’attenter à la vie de ses hôtes.
Est-il accessible à la sanction pénale ?, questionne Christian Atayi qui répond qu’il ne présentait aucun trouble mental au moment des faits. Pour lui, puisqu’il n’a pas agi au sens de l’article 64 du Code pénal. L’enquête de moralité lui est favorable. Mais poursuit-il, il n’y a pas de circonstances atténuantes pour lui.
L’empoisonnement est puni par l’article 302 de la peine de mort mais le Bénin ayant ratifié le Protocole relatif à l’abolition de la peine de mort depuis 2012, le représentant du ministère public a souhaité de se conformer à cela. «Vous devez montrer à cet accusé qu’on n’a pas tort de faire du bien en lui accordant l’hospitalité ; il faut une réponse exemplaire en protégeant la société», affirme-t-il. Puis, spécialement aux jurés, il a expliqué de répondre aux questions lors du délibéré, par l’affirmative, si l’accusé était coupable d’avoir attenté à la vie et de le condamner à la peine de travaux forcés à perpétuité.
En réponse, Me Désiré Aïhoua suggère d’écarter toutes les considérations doctrinales et jurisprudentielles qui éloignent de la réalité du dossier. «Vous allez décider du sort d’un homme ; on vous a dit et conseillé la perpétuité. La perpétuité, c’est la condamnation à mort des civilisés. Je suis constitué pour vous apporter la vérité autrement ; mon client a tenté d’empoisonner dame Evelyne Houndédako le 23 mai 2007. La problématique du dossier se trouve dans les circonstances des faits présentés et instruits à votre barre», expose Me Désiré Aïhou qui s’est interrogé sur ce qui s’est effectivement passé. Ce n’est pas une aventure doctrinaire ou jurisprudentielle comme nous y a engagé le ministère public. Il a rappelé les faits en les sériant en trois feuilletons. Il s’est ensuite offusqué et étonné qu’on n’ait pas ordonné une expertise toxicologique; c’est la preuve de la banalisation de notre justice.
Perpétuité égale peine de mort déguisée
Pour la défense, en matière pénale et surtout criminelle ou la vie d’un homme, un père de famille est en jeu, il faut être sûr de ce qu’on retient car la perpétuité est comme la peine de mort. On est dans l’obscurité totale, c’est un monde à part . D’où les dispositions de l’article 301 ne s’appliquent pas, selon lui, à son client, car explique-t-il, celui qui témoigne ne connait pas l’insecticide, le produit qui traite le coton puisqu’il n’en a jamais cultivé, pas plus qu’il n’en a presque jamais manipulé.
«En matière de crime impossible, il n’y a point de sanction, au-delà de l’impossibilité du crime, il y a un fort doute», martèle la défense. Pour lui, il est possible que quelqu’un d’autre soit passé là entre temps, après le départ de Wassiou Adeni de la maison. Dès lors que c’était une entrée coucher, tout le monde, c’est-à-dire toute personne qui rentre dans la chambre pouvait accéder à la sauce, démontre-t-il. L’accusé ayant remis la clé à un autre, bien des manipulations auraient pu avoir été commises, sans que ce soit lui. Sur cette base, il demande lui de relaxer en l’acquittant purement et simplement.
Telle n’était pas la conviction de la Cour qui dans son délibéré, a reconnu Wassiou Adeni coupable des faits mis à sa charge et l’a condamné à 8 ans de travaux forcés. Il a pratiquement fait plus de huit ans de détention préventive. Il devrait retourner chez lui.

A l’affiche de son rôle, vendredi 14 août dernier, la Cour d’assises de la Cour d’appel de Cotonou avait sur sa table, un dossier d’empoisonnement en examen. Wassiou Adeni avait à répondre des faits y relatifs dont il était présumé auteur. La composition commise pour en conna^pitre était présidée par Thierry Damase Ogoubi assisté de Michel Romaric Azalou et Rogatien Glagladji. Dans le fauteuil du ministère public, était installé Christian Atayi. Pour tenir la mémoire de l’audience, il y avait Victoire Oladikpo. Léon Tchincoun, Jean Couao-Zotti, Sylvie Hazoumè, Abraham Santos Fakambi, Ambroisine Agbossaga ont formé le jury criminel.
L’accusé Wassiou Adeni à la barre n’a pas reconnu les faits. Il ne se sent nullement coupable et responsable de ce qui s’est passé et pense qu’un montage avait été concocté par ses hôtes pour le plonger. Mais le résumé des faits tel que présenté par Thierry Damase Ogoubi, le président de la Cour semblait l’accabler. Ainsi, les nommés Mathieu Baoungboyé et Wassiou Adeni tous deux du même village, sont amis depuis plusieurs années. Wassiou Adeni a l’habitude de rendre visite à Mathieu Baoungboyé qui l’a toujours reçu à son domicile à Tankpè (Abomey-Calavi) et auprès de qui il a fini par s’installer depuis le 17 mai 2007. Le 23 mai 2007, alors que Mathieu Baoungboyé et son épouse Evelyne Houndédako étaient allés vaquer à leurs occupations, l’inculpé Wassiou Adeni a profité de leur absence pour verser une substance dans la sauce que dame Evelyne Houndédako avait préalablement chauffée. A son retour, cette dernière s’est servie la sauce avec la pâte et à la première bouchée, elle a senti une saveur inhabituelle et a craché aussitôt tout ce qu’elle avait dans la bouche. Voulant ensuite boire la sauce, elle a senti une brûlure dans la bouche. Quelques instants après, les volailles qui ont picoré la bouchée (pâte) crachée, ont été retrouvées mortes. Wassiou Adeni soupçonné et interrogé a reconnu les faits.
Le bulletin n°1 de son casier judiciaire ne porte mention d’aucune condamnation antérieure. L’enquête de moralité lui est favorable. Le rapport médico-psychiatrique et psychologique révèle que l’accusé était en bon état de santé mentale au moment des faits.
Mais il faut rappeler qu’avant l’ouverture des débats, Me Désiré Aïhou commis pour la défense de l’accusé avait vivement souhaité que la partie poursuivante fasse les diligences requises pour que comparaisse l’unique témoin, qui n’est que le mari de dame Evelyne Houndédako, propriétairelocataire de la maison qu’habitait le couple, hôte de l’inculpé. Une suspension de l’audience vendredi dernier avait finalement permis d’accéder à sa requête. Une démarche qui a été déterminante et qui aurait permis de clarifier tant soit peu ce qui s’était à peu près réellement produit ce 23 mai 2007.
Témoignage capital
Daniel Gnonhouin, propriétaire de la maison, déposant explique que l’accusé a refusé de boire la sauce que le CB d’Abomey-Calavi lui a présentée. C’était un produit liquide qui ressemblait à de l’insecticide pris à Massi, rapporte le témoin. C’est en somme, au bout du cinquième jour de la visite rendue à son frère ami, qu’il a opéré. La victime, épouse de son locataire qui a goûté à la sauce, vend à Tokpa pendant que le mari lui, mène ses activités en ville. C’est avec le reste de la sauce et le poulet mort qu’on lui a demandé de poser pour faire la photo, explique Daniel Gnonhouin. Sur interrogation-réponse du ministère public, le témoin a confirmé que le produit objet de la tentative d'empoisonnement était de l’insecticide qui sert à traiter le coton.
Les multiples questions de la défense visaient à amener le témoin à expliquer en tant que mécanicien, l’expertise qui lui permet de déceler l’odeur de l’insecticide servant à traiter le coton.
A la confrontation à la barre, vendredi 14 août dernier, entre le témoin et l’accusé, ce dernier a persisté à dire qu’on a mis le poulet mort et la marmite de sauce entre ses mains comme si c’était un montage par rapport auquel il ne se sentait nullement responsable.
L’assistance s’est interrogée sur le lieu où les photos avaient été prises. Est-ce dans la maison où ils habitaient, à la gendarmerie ou ailleurs ?
A la vérification de la défense, s’il y avaient un examen toxicologique de la sauce empoisonnée au dossier, le président de la Cour a répondu par la négative. Expliquant qu’il y avait simplement la mention de scellés mais qui matériellement n’étaient ni disponibles au parquet d’instance, pas plus qu’au parquet général. La lecture de certaines pièces a ouvert la voie aux réquisitions du ministère public.
Dans le cadre de ses observations, Christian Atayi a jugé étrange l’attitude de l’accusé à la barre. «Il n'a pas voulu coopérer à l’œuvre de justice mais messieurs et mesdames de la Cour, la vérité est apparue ; j’aurais pu vous demander de vous contenter de la déposition du témoin. La vérité comme le dit Victor Hugo, est comme le soleil», a-t-il décrit.
La plus grande ambition, poursuit-il, par ailleurs, la seule qui compte, c’est de faire du bien. «Doit-on toujours faire le bien si la récompense est le mal ?», s’est-il interrogé ? Il procède au rappel des faits et affirme que le 17 mai 2007, l’accusé a rendu visite à ses hôtes, son frère et ami et à la femme de ce dernier. Mais le 23 mai suivant, la femme était, rapporte-t-il, en mangeant la pâte avec la sauce de gombo préparée et chauffée le matin, surprise par le goût piquant du mets. Pour lui, l’accusé a reconnu les faits à l’enquête préliminaire avec des variations tendant à expliquer les mobiles à la base de son indélicatesse.
«A la barre, les déclarations qui pourtant lui étaient auparavant attribuées, sont devenues mensongères», s’est étonné Christian Atayi. Ce dernier a invité tous les membres de la Cour à ne pas se méprendre sur cette volte-face et cette stratégie de défense de l’accusé. Il est bien coupable d’empoisonnement prévu par les articles 301 et 302 du Code pénal : en somme une infraction sévèrement punie.
La mort instantanée des volailles
Selon Christian Atayi, aux termes de l’article 301 du Code pénal, l’empoisonnement est tout attentat à la vie par l’effet d’une substance. Il nécessite l’existence d’un élément matériel, l’emploi d’une substance et qu’importe la nature mortifère ou non dudit produit. Ensuite, il faut l’élément moral qui correspond à l’intention de donner la mort : l’animus necandi.
« Toute administration de produit par voie digestive, respiratoire », indique le représentant du ministère public qui poursuit que l’accusé en dépit de ses dénégations, a reconnu avoir introduit la substance mortifère dans la sauce.
Quelle est la nature de ce produit mélangé au gombo ?, s’est-il interrogé.
Pour lui, il avait déclaré au juge d’instruction que c’est un produit qui sert à tuer les insectes qui attaquent le coton. Déclarations corroborées, a dit le ministère public, par le témoin ; la mort instantanée des volailles prouve même en l’absence d’examen toxicologique, qu’il s’agit d’un empoisonnement. Peu importe que la victime ne décède pas. Citant une abondante jurisprudence et doctrine, le ministère public a été ferme en retenant que l’accusé est coupable des faits mis à sa charge.
L’accusé n’ignorait pas que le produit mélangé à la sauce était mortifère ; il est aisé de constater qu’il existait une volonté manifeste d’attenter à la vie de ses hôtes.
Est-il accessible à la sanction pénale ?, questionne Christian Atayi qui répond qu’il ne présentait aucun trouble mental au moment des faits. Pour lui, puisqu’il n’a pas agi au sens de l’article 64 du Code pénal. L’enquête de moralité lui est favorable. Mais poursuit-il, il n’y a pas de circonstances atténuantes pour lui.
L’empoisonnement est puni par l’article 302 de la peine de mort mais le Bénin ayant ratifié le Protocole relatif à l’abolition de la peine de mort depuis 2012, le représentant du ministère public a souhaité de se conformer à cela. «Vous devez montrer à cet accusé qu’on n’a pas tort de faire du bien en lui accordant l’hospitalité ; il faut une réponse exemplaire en protégeant la société», affirme-t-il. Puis, spécialement aux jurés, il a expliqué de répondre aux questions lors du délibéré, par l’affirmative, si l’accusé était coupable d’avoir attenté à la vie et de le condamner à la peine de travaux forcés à perpétuité.
En réponse, Me Désiré Aïhoua suggère d’écarter toutes les considérations doctrinales et jurisprudentielles qui éloignent de la réalité du dossier. «Vous allez décider du sort d’un homme ; on vous a dit et conseillé la perpétuité. La perpétuité, c’est la condamnation à mort des civilisés. Je suis constitué pour vous apporter la vérité autrement ; mon client a tenté d’empoisonner dame Evelyne Houndédako le 23 mai 2007. La problématique du dossier se trouve dans les circonstances des faits présentés et instruits à votre barre», expose Me Désiré Aïhou qui s’est interrogé sur ce qui s’est effectivement passé. Ce n’est pas une aventure doctrinaire ou jurisprudentielle comme nous y a engagé le ministère public. Il a rappelé les faits en les sériant en trois feuilletons. Il s’est ensuite offusqué et étonné qu’on n’ait pas ordonné une expertise toxicologique; c’est la preuve de la banalisation de notre justice.
Perpétuité égale peine de mort déguisée
Pour la défense, en matière pénale et surtout criminelle ou la vie d’un homme, un père de famille est en jeu, il faut être sûr de ce qu’on retient car la perpétuité est comme la peine de mort. On est dans l’obscurité totale, c’est un monde à part . D’où les dispositions de l’article 301 ne s’appliquent pas, selon lui, à son client, car explique-t-il, celui qui témoigne ne connait pas l’insecticide, le produit qui traite le coton puisqu’il n’en a jamais cultivé, pas plus qu’il n’en a presque jamais manipulé.
«En matière de crime impossible, il n’y a point de sanction, au-delà de l’impossibilité du crime, il y a un fort doute», martèle la défense. Pour lui, il est possible que quelqu’un d’autre soit passé là entre temps, après le départ de Wassiou Adeni de la maison. Dès lors que c’était une entrée coucher, tout le monde, c’est-à-dire toute personne qui rentre dans la chambre pouvait accéder à la sauce, démontre-t-il. L’accusé ayant remis la clé à un autre, bien des manipulations auraient pu avoir été commises, sans que ce soit lui. Sur cette base, il demande lui de relaxer en l’acquittant purement et simplement.
Telle n’était pas la conviction de la Cour qui dans son délibéré, a reconnu Wassiou Adeni coupable des faits mis à sa charge et l’a condamné à 8 ans de travaux forcés. Il a pratiquement fait plus de huit ans de détention préventive. Il devrait retourner chez lui.

Convoqués par la Cour suprême ce lundi, les conseils communaux des départements de l’Atacora-Donga qui n’ont pas pu être installés par le fait de différends ou de tensions seront auditionnés à partir de ce lundi 17 août par l’institution pour une éventuelle sortie de crise.
Natitingou, Ouassa-Pehunco, Kérou et Cobly sont les quatre communes de l’Atacora-Donga à n’avoir pas connu l’installation de leurs conseils communaux et l’élection des maires devant présider à leurs destinées. Si conformément au calendrier établi par l’autorité de tutelle, ces conseils devraient être installés du lundi 27 au jeudi 30 juillet dernier, force est de remarquer qu’ils ne l’ont pas été faute d’entente. Le soin devant revenir à la Cour suprême de les installer après ces échecs, leur convocation ce jour tient de cette prérogative. Sauf que beaucoup s’attendaient à voir l’institution prendre ses quartiers dans les communes concernées.
Fortement marquées par des tensions et conflits politiques divers, ces quatre communes sur les treize que comptent les départements de l’Atacora et de la Donga n’ont pas connu l’installation de leurs conseils et l’élection de leurs maires respectifs dans les délais prévus par la loi. La Cour suprême, juge du contentieux dans le cas de ces élections, saisira sans doute le cadre de ces auditions pour fixer chacune des parties sur les tenants et aboutissants de cette crise née au lendemain des élections communales et locales. Une convocation qui n’exclut pas l’élection des nouveaux maires à Porto-Novo, siège de l’institution, sous l’égide du président.
Il est à rappeler que dans ces communes où la tension a été vive, les esprits n’ont pas pu accorder les violons pour permettre à l’autorité de tutelle de procéder à l’installation desdits conseils communaux. Si dans certaines communes ce sont diverses tendances qui s’opposent pour le contrôle de la mairie, dans d’autres c’est une guerre fratricide entre les élus de la même alliance majoritaire qui nourrit les différends.

Convoqués par la Cour suprême ce lundi, les conseils communaux des départements de l’Atacora-Donga qui n’ont pas pu être installés par le fait de différends ou de tensions seront auditionnés à partir de ce lundi 17 août par l’institution pour une éventuelle sortie de crise.
Natitingou, Ouassa-Pehunco, Kérou et Cobly sont les quatre communes de l’Atacora-Donga à n’avoir pas connu l’installation de leurs conseils communaux et l’élection des maires devant présider à leurs destinées. Si conformément au calendrier établi par l’autorité de tutelle, ces conseils devraient être installés du lundi 27 au jeudi 30 juillet dernier, force est de remarquer qu’ils ne l’ont pas été faute d’entente. Le soin devant revenir à la Cour suprême de les installer après ces échecs, leur convocation ce jour tient de cette prérogative. Sauf que beaucoup s’attendaient à voir l’institution prendre ses quartiers dans les communes concernées.
Fortement marquées par des tensions et conflits politiques divers, ces quatre communes sur les treize que comptent les départements de l’Atacora et de la Donga n’ont pas connu l’installation de leurs conseils et l’élection de leurs maires respectifs dans les délais prévus par la loi. La Cour suprême, juge du contentieux dans le cas de ces élections, saisira sans doute le cadre de ces auditions pour fixer chacune des parties sur les tenants et aboutissants de cette crise née au lendemain des élections communales et locales. Une convocation qui n’exclut pas l’élection des nouveaux maires à Porto-Novo, siège de l’institution, sous l’égide du président.
Il est à rappeler que dans ces communes où la tension a été vive, les esprits n’ont pas pu accorder les violons pour permettre à l’autorité de tutelle de procéder à l’installation desdits conseils communaux. Si dans certaines communes ce sont diverses tendances qui s’opposent pour le contrôle de la mairie, dans d’autres c’est une guerre fratricide entre les élus de la même alliance majoritaire qui nourrit les différends.

Après environs deux ans en exil, le juge Angelo Houssou est de retour à Cotonou samedi 15 août dernier. Contrairement à Olivier Boko qui n’a fait qu’environ deux heures de formalités avant de sortir de l’Aéroport international Cardinal Bernardin Gantin de Cotonou, le juge Angelo Houssou et cinq Américains qui l’accompagnaient ont été soumis à des interrogatoires selon les déclarations de Me Joseph Djogbénou. Mais seul Angelo Houssou a été autorisé à rentrer chez lui aux environs de deux heures du matin hier dimanche tandis que les autres ont été gardés.
La foule qui était amassée samedi dernier devant le Hall Arrivée de l’Aéroport international Cardinal Bernardin Gantin de Cotonou pour accueillir en pompe avec des fanfares, le juge Angelo Houssou, n’a pas pu voir l’intéressé. Seules les images postées sur les réseaux sociaux leur ont permis de se rendre compte que le magistrat est réellement revenu à Cotonou. Descendu à bord d’un vol de la compagnie Asky venant du Nigeria aux environs de 13h 40, Angelo Houssou et les cinq Américains qui l’accompagnaient n’ont pas pu faire les formalités requises pour sortir tranquillement de l’aéroport comme les autres passagers qui avaient pris le même vol qu’eux.
Selon les déclarations de François Djossou, secrétaire général du Collectif des associations et groupements soutenant le juge qui était en contact avec les intéressés, après la descente de l’avion, les passeports du juge et de ses compagnons ont été saisis par les services de la Police et de la Gendarmerie. Et aux cinq Américains, il leur aurait été reproché de ne pas disposer de domicile à Cotonou pour qu’on les laisse franchir l’aéroport. C’est à cette étape qu’ils étaient quand Me Joseph Djogbénou et l’avocat du juge, Alain Orounla sont arrivés.
Après interventions sur interventions, le juge Angelo Houssou et les cinq Américains qui l’accompagnaient ont été soumis un à un à un interrogatoire, déclare Joseph Djogbénou. Durant ce temps, la foule qui était à l’entrée du Hall Arrivée continuait à animer et à scander des slogans comme «Libérez Angelo ». L’atmosphère devenue très surchauffée, la Police et la Gendarmerie ont pris des dispositions sécuritaires tout autour de l’Aéroport.
Fatigués, les animateurs ont été obligés de baisser peu à peu la grade et de vider les lieux aux environs de 19 heures au moment où les interrogatoires se poursuivaient à l’intérieur de l’aéroport.
Aux dernières nouvelles, le juge Angelo Houssou a été autorisé à sortir de l’aéroport aux environs de deux heures hier, dimanche 16 août. Mais qu’en est-il de ses compagnons?
Il faut rappeler que le juge Angelo Houssou dans les dossiers « empoisonnement du chef de l’Etat et « Tentative de coup d’Etat » avait rendu au mois de mai 2013 deux décisions dans lesquelles il avait prononcé un non lieu. C’est suite à ces décisions qu’il a tenté une première fois de sortir du pays, mais a été intercepté par la Police à la frontière du Bénin avec le Nigeria au niveau de Sèmè-Kraké. Ramené à Cotonou où il a été mis sous surveillance, il a tout fait pour quitter le pays pour se retrouver aux Etats-Unis.
Le retour à Cotonou de Olivier, Bocco du juge Angelo Houssou et de Patrice Talon qui est annoncé également au bercail les juges à venir fait suite au pardon accordé par le chef de l’Etat à ceux qui étaient supposés être impliqués dans les dossiers « Empoisonnement du chef de l’Etat » et « Tentative de coup d’Etat ».

L’affaire du Projet pluriannuel Eau et Assainissement, phase II (PPEAII) avec en toile de fond la demande de levée de l’immunité du député Barthélémy Kassa, accusé de détournement des fonds de ce projet alors qu’il était ministre en charge de l’Eau, est en discussion ce lundi 17 août au Parlement. C’est à la faveur des travaux de la 4è session extraordinaire de l’année 2015 qui s’ouvrent ce jour.
L’immunité parlementaire de Barthélémy Kassa sera-t-elle ou ne sera-t-elle pas levée ? L’opinion publique nationale et même internationale sera fixée ce lundi 17 août. C’est, en effet, ce jour que les députés à l’Assemblée nationale se penchent sur la question. Le dossier est le principal point de cette session extraordinaire. Les députés auront à examiner le rapport de la Commission spéciale mise sur pied par le président de l’Assemblée nationale pour auditionner le mis en cause sur ce qui lui est reproché dans le dossier PPEA II. Lequel rapport a été déposé jeudi dernier. Mais la Commission spéciale n’a pas donné son avis pour dire qu’elle est pour ou contre la levée de l’immunité du député Barthélémy Kassa. Elle a laissé le soin à la discrétion de la Conférence des présidents composée du bureau, des présidents de commissions techniques et des présidents de groupes parlementaires de le faire. La Conférence des présidents de l’Assemblée nationale s’est effectivement réunie dans la matinée du vendredi dernier sous l’égide du président Adrien Houngbédji. Elle a apprécié les conclusions du rapport. Mais les discussions n’ont pas trop évolué. Les membres de la Conférence des présidents se sont donnés rendez-vous ce matin pour poursuivre les débats et émettre si possible, leur avis sur ce dossier. C'est-à-dire de conclure, s’il y a lieu ou non, au regard du contenu du rapport, d’inviter la plénière à lever l’immunité de Barthélémy Kassa afin qu’il soit traduit devant la Haute cour de Justice pour être entendu. La plénière des députés est prévue pour ce même lundi 17 août. Au cours de cette plénière, il ne sera lu que les conclusions du rapport de la Commission spéciale parlementaire conformément aux dispositions de l’article 71 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Mais les débats ne manqueront pas d’être chauds. Car, déjà dans les couloirs de l’hémicycle, les signes annonciateurs de débats de grande facture sont déjà audibles.
En effet, certains députés qui ont eu connaissance déjà du contenu du rapport trouvent que la demande de levée de l’immunité de leur collègue manque de sincérité et cache un acharnement politique. D’autres parlementaires battent en brèche cette thèse car, selon eux, un député n’est pas un juge. Dès lors, il est mal placé pour apprécier la sincérité d’une demande de l’autorité judiciaire. Pour ces députés, la plénière a intérêt à livrer Barthélémy Kassa accusé de détournement et/ ou de complicité de détournement de deniers publics dans le dossier PPEAII financé en partie par les Pays-Bas, d’aller laver son honneur devant le juge. Le Parlement ne doit pas faire obstruction à la justice, martèlent ces députés en coulisse déjà avant le vrai débat de ce jour.
Barthélémy Kassa sera-t-il in fine livré à la Haute cour de Justice comme le réclament le chef de l’Etat et le procureur général près la Cour d’appel de Cotonou ? Seule la plénière de ce jour nous le révélera. Il faut signaler que les débats seront sanctionnés par un vote à bulletin secret. La décision est prise à la majorité absolue des députés effectivement présents. C’est dire que ce lundi 17 août est un grand jour pour la lutte contre la corruption et l’impunité au Bénin.

Les «députés» du Parlement des jeunes du Bénin (PJB) ont tenu le week-end écoulé, les travaux de leur première session ordinaire de l’année 2015. L’ouverture des assises a été présidée samedi 15 août dernier par le président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji, en présence des partenaires techniques et financiers dont les Pays-Bas qui soutiennent le PJB.
Créé, il y a environ un an, sur recommandation de l’Association des parlementaires de la Francophonie (APF) entérinée par les chefs d’Etat et de gouvernement, le Parlement des jeunes du Bénin (PJB) fait son petit bonhomme de chemin. Il a tenu les samedi 15 et dimanche 16 août derniers, les travaux de sa première session ordinaire de l’année 2015. Les questions des changements climatiques, du mariage précoce et forcé des enfants au Bénin, la participation politique et l’autonomisation des jeunes sont les points inscrits à l’ordre du jour de cette session.
Les «jeunes parlementaires» devraient faire des recommandations pertinentes sur chacun de ces dossiers. Une formation civique sur la Constitution béninoise de 11 décembre 1990 et le Code électoral du Bénin est aussi au programme. Le choix de ces différents dossiers tient du souci du PJB, de l’espoir de la jeunesse béninoise, à impacter le vécu quotidien des jeunes, a souligné son président Moudachirou Tchao, à l’ouverture officielle des assises qui ont eu lieu dans l’enceinte de l’hémicycle. « Nous avons eu la chance de pouvoir plaider et susciter beaucoup plus l’attention des dirigeants sur la cause de la jeunesse de par notre position aux côtés des législateurs. Nous devons donc multiplier nos plaidoyers à l'endroit des pouvoirs publics pour que les solutions des jeunes aux défis actuels soient écoutées et prises en compte », ajoute-t-il. Moudachirou Tchao a invité ses collègues « députés » à plus d’objectivité lors des débats en commissions comme en plénière afin que les recommandations qui sortiraient des travaux, soient réalistes et pertinentes. Le président du PJB n’a pas manqué de saluer l’engagement du président Adrien Houngbédji et des partenaires techniques et financiers aux côtés de son organisation voulue par l’APF pour permettre aux jeunes de s’essayer à l’exercice de la fonction parlementaire et de la chose politique. Un objectif sur lequel est revenu le représentant de l’ambassadeur des Pays-Bas près le Bénin, Marius Dejong. Il a loué l’option prise par les autorités du Bénin, à l’instar de 121 autres pays du monde entier, d’inscrire au rang de leurs priorités, les questions de la jeunesse. Car, les jeunes ont aussi leurs places dans les discussions sur les défis de développement durable. Marius Dejong a invité les « députés» PJB à travailler avec plus de responsabilité pour influencer positivement, à travers leurs recommandations, les politiques de développement en faveur de la jeunesse.
Procédant à l’ouverture des assises, le président de l’Assemblée nationale Me Adrien Houngbédji fera savoir que la présente session qui se tient à bonne date conformément aux statuts du PJB, traduit l’importance et la place que le Parlement béninois accorde à la Jeunesse dans le processus démocratique et le développement du pays. Car, selon Me Adrien Houngbédji, les jeunes constituent un maillon important du processus démocratique. Ils sont donc appelés à jouer un rôle dans la gestion des affaires publiques. « Notre devoir à nous, est de vous faire confiance et de vous aider à mieux comprendre les défis de votre temps. Il s’agit essentiellement des défis liés à la formation, à l’emploi, à votre épanouissement », souligne le président de l’Assemblée avant d’insister « qu’il n’y a ni paix, ni sécurité dans un pays lorsque les problèmes liés au chômage, à l’avenir des jeunes ne sont pas clairement posés et sérieusement traités ». Adrien Houngbédji dit attendre des travaux de cette première session ordinaire de l’année 2015, des avant-projets de textes et autres recommandations en direction de l’Assemblée nationale pour leur prise en compte.