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Nouvelles

Développement du secteur du numérique: Zoom sur quelques projets structurants

Le gouvernement du Bénin travaille à transformer le Bénin en une plateforme numérique d’ici 2021. Des projets et programmes structurants sont mis en oeuvre à cet effet.

L’Économie numérique constitue une priorité dans le Proramme d’actions du gouvernement du président Patrice Talon. Suite au lancement du Programme de renforcement des structures centrales de gouvernance en 2017, la ministre de l’Economie numérique, Aurélie Adam Soulé Zoumarou, s’évertue à l’atteinte des objectifs du Programme d’action du gouvernement
« Le Bénin révélé » 2016-2021 en matière numérique. Depuis lors, les six projets phares du secteur du numérique prennent forme. Il s’agit de l’internet haut et très haut débit, de la télévision numérique terrestre, de la généralisation de l’usage du numérique par l’éducation et la formation, de la promotion et développement de contenus numériques et Smart Gouv (Administration intelligente).
En ce qui concerne l’internet haut débit, de grands investissements ont été effectués dans le secteur en faveur du renouvellement des infrastructures du réseau de télécommunications. Toutes choses qui contribuent à la mise en marche du haut débit effectif pour tous. Ce qui rend opérationnels les sous-éléments du projet qui sont prêts, du fait de l’accessibilité de la capacité sur les dorsales.
Le Projet de développement des infrastructures des télécommunications et des Tic (Pdi2t) constitue un vaste chantier de développement d’infrastructures pour assurer l’émergence de nouveaux services numériques, contribuant ainsi à « Transformer le Bénin en la plateforme de services numériques de l’Afrique de l’Ouest pour l’accélération de la croissance et l’inclusion sociale ».
La première phase de ce projet a été planifiée en tenant compte des besoins des opérateurs nationaux et internationaux, et des besoins des populations béninoises. Il s’agit de: la réhabilitation de la dorsale Cotonou- Malanville sur 1060 km, la construction d’un nouveau réseau national de transport haut débit à fibre optique sur 974km, la construction d’une boucle métropolitaine de 222 km dans Cotonou et environs, la construction de 235 km de fibre optique pour le raccordement des abonnés (Fttx : arrivée de la fibre optique directement sur ou au plus près des bâtiments des usagers), la construction de 30 nouveaux sites d’accès à internet haut débit 4G/Lte, notamment à Cotonou et ses environs, qui fera passer le total des sites au Bénin de 78 à 108 sites.
En ce qui concerne la Télévision numérique terrestre (Tnt), certains kits de réception sont disponibles et les chaînes de télévision sont en train de tester cette technologie dans les régions de la sous-plaque méridionale. Au cours du dernier Conseil des ministres, un compte rendu d’étape de la mise en œuvre de ce projet a été fait. 200 villages vont bénéficier du programme de la Télévision numérique gratuitement pendant 5 ans dans les tout prochains jours. Comme la Tnt, l’usage du numérique par l’éducation et la formation, la Promotion et le développement de contenus numériques, l’Administration intelligente, sont également dans leur phase de réalisation avec beaucoup de formations sous l’égide de la ministre de l’Economie numérique et de la Communication.

Actualités 04 mars 2019


Préparatifs des Législatives d’avril 2019: Une mission de la Commission de la Cédeao s’enquiert

Depuis hier dimanche 3 mars, une délégation de la Commission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest est en mission au Bénin. Dépêchée dans le cadre de la préparation des élections législatives d’avril 2019, ladite délégation, qui va séjourner au Bénin jusqu’au mercredi 6 mars, rencontre ce jour le président de la Cour constitutionnelle.

« Evaluer la situation politique nationale ainsi que le niveau de préparation des prochaines élections législatives, engager les discussions avec les différents acteurs politiques béninois sur les enjeux des élections et sur la nécessité de maintenir un climat de paix, de participation inclusive et de transparence démocratique ».
C’est la mission assignée à la délégation de la Commission de la Cédéao présente au Bénin. Conduite par le commissaire aux Affaires politiques, Paix et Sécurité, Francis Béhanzin Awagbé, cette mission comprend le directeur des Affaires politiques Aderemi Ajibewa, le chef de la division de l’Assistance électorale Francis Oké et un représentant des Affaires politiques Sergine Ka. Cette mission, renseigne la correspondance adressée au ministre béninois des Affaires étrangères et de la Coopération, s’effectue dans le cadre de la mise en œuvre du Protocole sur la Démocratie et la Bonne gouvernance, additionnel au Protocole relatif au mécanisme de prévention, de gestion, de règlement des conflits, de maintien de la paix et de la sécurité régionale qui fait obligation à la Cédéao d’assister les Etats membres organisant des élections. La délégation rencontrera à cet effet le président de la Cour constitutionnelle dès ce jour. Suivront les présidents de la Céna, du Cos-Lépi et les représentants des partis de la mouvance et de l’opposition. Les émissaires de la Commission de la Cédéao s’entretiendront également avec les ministres de l’Intérieur, des Finances, de la Justice.
Mise en place en remplacement du Secrétariat de la Cédéao suite au sommet d’Abuja du 14 juin 2006 où les chefs d’Etat ont approuvé une modification de l’organisation, la Commission de la Cédéao est l’une des huit principales institutions de la Communauté. Elle est chargée de la mise en œuvre des politiques et mesures adoptées par la Conférence des chefs d’Etat et le Conseil des ministres de la Cédéao. Elle est composée de neuf commissaires issus à tour de rôle des pays membres. La Commission de la Cédéao a été présidée d’avril 2016 à décembre 2017 par le Béninois Marcel Alain de Souza. Elle est présidée depuis le 16 décembre 2017 par l’Ivoirien Jean-Claude Brou.

 

Actualités 04 mars 2019


Mise en place du Projet Smart Gouv: L’administration intelligente, une réalité

Le projet Smart Gouv dont l’objectif est l’informatisation et la dématérialisation de l’administration béninoise est en cours de réalisation au Bénin. Il vise le renforcement de la productivité et des performances de l’administration.

Les agents de l’Etat, les étudiants, les retraités et autres bénéficient depuis quelques mois de la mise en place des outils de productivité et performances de l’administration. Plusieurs services sont mis en place pour soulager les peines des usagers de l’administration. Le ministère de l’Economie numérique et de la Communication et ses structures sous-tutelle ont ainsi installé des services pour renforcer l’administration publique. Les projets tels que e-visa, e-conseil, data centrer national, la sécurité des données ou le système d’information pour le payement des bourses et secours universitaires, la dématérialisation des actes de carrières sont, entre autres, programmes également en cours de réalisation. « Plus de tracasserie pour suivre l’évolution de ton dossier en tant qu’agent de l’Etat, tout est dématérialisé » a reconnu Serge Kossi agent permanent de l’Etat en service à Kandi. A l’en croire, il suffit d’un clic pour avoir toutes les informations sur sa carrière. Blaise Ahossi, jeune étudiant, pense que ces outils éliminent les poches de corruption dans l’administration.
Selon son directeur général par intérim Thierry Ahouasou, l’Agence des services et systèmes d’information, a réussi à rendre opérationnels des programmes et des projets qui entre dans le cadre des stratégies de développement de services et systèmes d’information numériques sécurisés au Bénin. Pour lui, plusieurs projets relatifs à l’administration intelligente ont été réalisés ou sont dans leur phase finale. Entre autres, on peut citer l’élaboration d’un schéma directeur national du système d’information qui constitue, selon lui, un document de stratégie et d’opération qui permet d’orienter la mise en place des projets structurants et sectoriels au niveau du Bénin.
Ainsi, les bénéficiaires du réseau national sont les entités gouvernementales et leurs usagers. Les ressources humaines de l’Etat au niveau des directions de l’Informatique et du Pré-archivage des ministères, des institutions, agences et offices du pays ont été formées pour la circonstance. Des cadres de l’administration ont été notamment formés sur l’utilisation optimale des outils de collaboration Office 365 (Skype, SharePoint, OnDrive, Outlook, OnNote, Word online, Excel Online, etc.) et la mise aux normes de tout le pack informatique de l’administration à savoir Windows, Word, Excel, etc. Les équipes de projets au sein de l’administration travaillent désormais avec des outils basés sur les méthodes modernes de travail dont la mobilité et la collaboration. C’est l’expert Microsoft Florian Agnel qui a permis aux agents de l’Etat d’appréhender tous les contours de ces outils. Comme quoi, le secteur du numérique évolue considérablement et réserve des innovations pour le développement de l’administration dans les jours à venir.

Actualités 04 mars 2019


Examen de la loi sur le statut du personnel parlementaire: Les députés butent sur les dispositions transitoires du texte

Après avoir achevé l’examen de la loi portant statut du personnel parlementaire, les députés se sont heurtés au cas des centaines d’agents que compte actuellement l’institution et dont le sort doit être réglé par le texte, à travers des dispositions transitoires, avant son adoption et sa mise en vigueur.

« Que faisons-nous des agents parlementaires actuels qui servent l’institution depuis des années ? C’est des droits acquis puisqu’ils ont été recrutés. On ne peut pas les mettre à la porte. Leur situation doit être réglée dans les dispositions transitoires de la loi en examen ». C’est par cette alerte que le président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji, président de céans, a relancé, vendredi 1er mars dernier, les discussions particulières relatives à l’examen de la proposition de loi portant statut du personnel parlementaire dont les travaux en plénière ont démarré la veille. Les députés étaient sur le point de passer au peigne fin le seizième et dernier chapitre de la loi avant de passer au vote quand le président de l’Assemblée nationale a soulevé cette préoccupation jugée pertinente par les uns et les autres. Laquelle vise à faire, par la loi, sauvegarder les emplois et les acquis de tous les agents recrutés au profit de l’institution parlementaire et qui sont en fonction actuellement.
Pour Me Adrien Houngbédji, la situation de ces derniers doit être clairement réglée dans les dispositions transitoires et finales de la loi en examen afin de rassurer ces fonctionnaires parlementaires.
En effet, la loi en discussion a retenu le Brevet d’études du premier cycle (Bepc) comme diplôme de base et le Master comme diplôme le plus élevé pour être recruté en tant qu’agent à l’Assemblée nationale. Mieux, certains diplômes sont exigés à des corps comme celui des huissiers parlementaires qui doivent être désormais titulaires au moins du Baccalauréat. Or, la réalité est tout autre aujourd’hui. Il y a des agents qui y travaillent avec le Cep et des huissiers parlementaires qui n’auraient même pas le Bepc. La loi en examen devra tenir compte de la situation particulière de ces agents dont certains ont acquis plusieurs décennies d’expérience au poste. Ce qui éviterait des foyers de frustrations. Le cas des huissiers parlementaires, c’est-à-dire des agents qui assurent la liaison entre les députés et l’administration parlementaire lors des séances plénières, semble être réglé par la loi en examen. Il est pris en compte à l’article 108 qui prévoit que: « Les agents parlementaires exerçant la fonction d’huissier qui sont titulaires de diplômes correspondant à cette fonction à la date de la promulgation de la présente loi sont d’office reversés dans cette catégorie. Ceux qui ne sont pas titulaires de l’un des diplômes prévus par le présent texte sont maintenus dans cette fonction avec le niveau salarial correspondant à leur diplôme ».
Pour le président de l’Assemblée nationale, il faut aller loin dans les dispositions afin de garantir les emplois et les droits acquis de tous les fonctionnaires parlementaires. Les choses doivent être clairement définies dans les dispositions transitoires pour qu’il n’y ait pas des grincements de dents et que des agents soient mis à la porte, du fait des effets de la loi en examen, après avoir servi des années durant l’institution parlementaire. Sur ce, Me Adrien Houngbédji a décidé de suspendre les travaux pour permettre à la commission des Lois, de l’Administration et des droits de l’Homme en charge du dossier de disposer du week-end écoulé pour proposer les articles devant permettre de régler le sort de tout le personnel parlementaire actuel dans les dispositions transitoires et finales.
Les travaux se poursuivent à l’hémicycle, ce lundi 4 mars, pour aboutir éventuellement au vote de cette loi qui permettra de clarifier le statut juridique du personnel parlementaire ; protéger les agents parlementaires contre les aléas politiques ; sécuriser les emplois de l’administration parlementaire; bien gérer la carrière du fonctionnaire parlementaire et renforcer le principe de la continuité du service public malgré la succession des législatures.

Le chef de l’Etat sollicite l’ouverture d’une session extraordinaire

Le chef de l’Etat Patrice Talon a saisi le président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji, pour l’ouverture d’une session extraordinaire devant permettre aux députés d’examiner et de voter certains projets de loi. Lesquels portent tous sur des autorisations d’accord de financements extérieurs, pour la réalisation et la poursuite des projets de développement chers au gouvernement. Le président de l’Assemblée nationale a partagé, vendredi dernier, l’information avec la plénière des députés qui a souhaité que cette session extraordinaire s’ouvre après la clôture de l’actuelle en cours et qui prend fin normalement jeudi 10 mars prochain.

Actualités 04 mars 2019


Projet d’électrification rurale; Et la lumière jaillit à Hoky et Lonkly

Le gouvernement, dans son programme, ambitionne de faciliter l’accès de l’électricité à tous les citoyens. Les localités de Hoky et Lonkly situées dans la commune d’Aplahoué sont connectées, depuis vendredi dernier, au réseau électrique grâce au projet de réalisation d’infrastructures d’électrification rurale par raccordement à la ligne de la Société béninoise d’énergie électrique.

Le ministre en charge de l’Energie, Jean Claude Houssou, procède depuis quelques semaines à l’inauguration des infrastructures d’électrification rurale par raccordement au réseau de la Société béninoise d’énergie électrique (Sbee). Après plusieurs autres localités du Bénin, ce sont les villages de Hoky et de Lonkly dans la commune d’Aplahoué dans le Couffo qui ont été raccordés vendredi dernier à la satisfaction des populations.
Le directeur général de l’Agence béninoise de l’électrification rurale, Francis Tchékpo, a rappelé que les travaux ont été réalisés dans le cadre du projet visant l’accès des citoyens à l’énergie rurale initié par le gouvernement et exécuté sous le leadership du chef de l’Etat. Il a précisé que le village de Hoky n’était pas prévu pour bénéficier de ce programme. Mais les populations, ayant constaté que le village de Lonkly, très proche du leur, était pris en compte, se sont soulevées pour réclamer leur prise en compte. Ayant eu l’écho de cette situation, le chef de l’Etat a donné des instructions pour que leurs doléances soient satisfaites.
De même, le président de la République, tenant compte du pouvoir d’achat très bas dans la localité, a instruit l’Aberme pour qu’un prix promotionnel soit appliqué dans ces deux localités qui viennent de bénéficier du raccordement. Ainsi, au lieu de 180 000 francs à débourser avant la pose de compteur, les populations bénéficient d’une réduction de 50%, donc paieront 90 000 francs pour être connectées au réseau. Il les invite à veiller à la sécurité des installations et à ne pas penser que cela relève de la seule responsabilité de la Police républicaine.
Le chef de l’arrondissement de Lonkly, Adjiho Agbessi a, au nom des populations de Hoky et Lonkly remercié le gouvernement et son chef qui, par cet acte, règlent l’un des problèmes majeurs qui se posent à elles. Il souhaite que les villages de Lavagbé et Atomey bénéficient également de ce projet.
Le préfet du département du Couffo, Christophe Mègbédji, affirme que par la cérémonie de raccordement au réseau électrique, les populations de Hoky et Lonkly prennent ainsi part au déroulement du Programme d’actions du gouvernement sur le terrain.
Il rappelle que la mise en service du réseau permettra de résoudre beaucoup de problèmes liés à l’énergie, surtout ceux qui se posent pour les petits métiers, car les soudeurs, les coiffeurs et les commerçants des produits congelés pourront s’installer dans ces villages.
Christophe Mègbédji plaide pour le cas des villages d’Atomey et surtout de Lavagbé qui est un grenier de coton dans le département.
Pour le ministre de l’Energie, Jean-Claude Houssou, la présence de la délégation et la tenue de la cérémonie visent la concrétisation d’une volonté du chef de l’Etat qui a voulu soulager les peines des populations béninoises.
Il rappelle que l’évènement est historique, car la lumière représente la vie, et avec ce raccordement, la vie des populations ne sera plus au rythme du soleil. Ainsi, les activités génératrices de revenus pourront être menées dans de bonnes conditions.
Répondant aux doléances concernant l’électrification de Lavagbé et Atomey, Jean-Claude Houssou annonce aux populations que dans le prochain programme, ces villages sont pris en compte.

Société 04 mars 2019


Route Natitingou-Boukoumbé-Korontière: Le désenclavement accompli, le boom touristique en vue

Inscrite au Programme d’actions du gouvernement (Pag), la route Natitingou-Boukoumbé-Korontière en pleine construction désenclave cette région du pays et y induira un essor du tourisme.

« La satisfaction des populations est totale par rapport à la construction de la route Natitingou-Boukoumbé-Korontière», déclare Victor K. Agognon, secrétaire général de la mairie de Boukoumbé. A son achèvement, cette infrastructure sera un joyau pour le développement économique et socioculturel de la région.
Ce n’était pas évident que Boukoumbé vive une situation aussi heureuse et salutaire en matière de développement économique et socioculturel, apprécie le secrétaire général de la commune. Pour lui, « C’est la meilleure route qui est en train d’être érigée en ce moment. La disposition des équipes sur le terrain et le sérieux que les gens y mettent sont appréciables». La joie des populations qui vivent ces changements, selon Victor K. Agognon, est perceptible.
Selon Martin K. N’Taguè, chef d’arrondissement de Korontière, « L’entreprise a commencé le terrassement et tout se déroule bien. La voie bitumée nous rapproche de Cotonou et bientôt, il serait intéressant que les compagnies s’apprêtent à desservir la localité», suggère-t-il.
A l’idée que ses clients et elle respireront de l’air pur et que la poussière qui s’invitait dans les repas sera bientôt un vieux souvenir, Yao, vendeuse de mets au grand carrefour du centre-ville, se réjouit.
Le même soulagement se ressent chez Briga Amanga, habitant Boukoumbé, qui jubile du fait de la diminution des nuisances liées à la poussière.
« Le projet est prévu pour deux ans et demi, mais nous sommes pressés de le voir conduire à terme avant l’échéance », espère Victor K. Agognon, tout en relevant la qualité des ponts érigés sur la route en construction.

Désenclavement assuré

Aussi bien la charpente technique, le gabarit que les différentes couches de goudron, tout est bien dimensionné pour que l’infrastructure dure le plus longtemps possible, reconnaît le secrétaire général.
Déjà, se réjouit-il, les accidents ont diminué, car auparavant, les nids de sable et/ou de poule mieux gérables avec les quatre roues constituaient des pièges pour les motocyclistes qui peinaient à les traverser. Le bitumage règlera définitivement cet état de choses, espère-t-il. Toutefois, la crainte réside beaucoup plus dans les excès de vitesse prévisibles avec la route bien aménagée.
Le désenclavement de la commune est bientôt une réalité, car la route pour accéder aux sites touristiques est bien tracée. «Sous peu, nous allons ravir la vedette à Tanguiéta et aux autres communes», se réjouit le secrétaire général.
Ceux qui font les affaires entre Natitingou et Boukoumbé, assure le secrétaire général, pourront témoigner qu’il y a une amélioration, car les 30 premiers km déjà bitumés rassurent de ce que c’est du bon travail.
Naguère, fait-il remarquer, les rotules, amortisseurs et autres sont à changer même après un simple voyage aller. L’ouverture de la moitié du tronçon à la circulation à la suite de son aménagement laisse de bons sentiments aux usagers. Ces derniers voient ainsi à travers ces travaux un salut pour leurs engins et véhicules.
Les cas de braquage, courants sur l’axe, se sont estompés depuis le lancement des travaux et l’aménagement en cours, fait-il remarquer.

Gain pour le tourisme

Réputé zone par excellence de tourisme, le village de Koussoucoingou, traversé par l’infrastructure, attend de voir ses attraits autrement magnifiés. Outre le magnifique belvédère, la piscine naturelle à Kounaï et le projet touristique de construction de 40 tatas premium du Programme d’actions du gouvernement (Pag), l’avènement de la voie constitue, à en croire le secrétaire général, un coup de pouce à l’économie locale. Cet ouvrage est appelé à booster le développement du tourisme dans la région et partant de tout le pays.
Avec une voie praticable, les touristes afflueront vers ces différents sites et le secteur de l’artisanat s’en trouvera dynamisé, note Victor K. Agognon.
Prévu pour deux ans et demi, et conduit après un an et demi le projet de construction de la route Natitingou-Boukoumbé-Korontière sera achevé avant le terme prévu. Ceci en dépit des difficultés liées au relief jugé accidenté de la commune avec la présence de montagnes et de dépressions.
Rappelant le travail titanesque abattu par les différentes équipes dont il a fait partie au niveau de la Section terrassement de la société adjudicataire des travaux, Ulrich N’di indique qu’il a fallu procéder à l’abattage des arbres et à leur dégagement suivant un plan topographique et de balisage, dynamiter toute une montagne et remblayer des dépressions entières.

L’entreprise Sogea-Satom s’engage à respecter le délai contractuel

Selon les explications de Tony Charpentier, directeur des travaux, représentant de l’entreprise Sogea-Satom (en charge de la construction de la voie) sur ce site, la route Natitingou-Boukoumbé-Korontière constitue au Bénin le deuxième plus grand projet après Tchaourou. Démarré en août 2017, le projet prévu pour durer trente mois doit prendre fin en février 2020. Son niveau de réalisation à fin janvier 2019 serait proche des 60 pour cent, indique-t-il.
Rendant hommage à Jean-Jacques Djidjoho, le directeur de Sogea-Satom pour son doigté en matière de gouvernance entrepreneuriale, il assure que l’entreprise respectera les délais contractuels.
« Les difficultés rencontrées sont d’ordre technique ; nous sommes dans une zone montagneuse, rocheuse », confie Tony Charpentier. L’entreprise, pour ce faire, à ses dires, fait usage de techniques qui sortent du commun. « Nous avons dû ouvrir, poursuit-il, un tronçon de la route avec des techniques de carrière. On mine, on fore et on fait exploser, pour finalement réaliser du déblai et du remblai selon les circonstances ».
Ainsi, note-t-on sur la route, renseigne le directeur des travaux, plus de 80 dalots, avec un pont en quatre travées. Ce pont démarré en janvier 2018 est terminé en juillet de la même année.
Le directeur des travaux déclare avoir exécuté des œuvres exceptionnellement incroyables. « Nous avons une équipe extrêmement qualifiée, professionnelle qui est au top, ce qui nous a permis de profiter de la période de sécheresse pour avancer dans la réalisation des grands ouvrages d’art», justifie-t-il.
Sur la base des études et échanges avec les responsables des différentes sections déployées sur le chantier et l’administration, le directeur des travaux développe que ce qui est vécu est bien différent de ce qui a été observé ailleurs.
Koussoucoingou, une zone hautement montagneuse demeure une étape très enrichissante du projet, dans la mesure où selon ses explications, la roche a été entamée jusqu’à 17 m de profondeur pour obtenir un bel ouvrage conforme aux normes requises.
« Nous avons une carrière qui nous permet de disposer du matériau adéquat pour réaliser les différentes œuvres. », se réjouit-il par ailleurs.
L’entreprise est extrêmement diversifiée et professionnelle. Cela lui permet de s’investir dans des réalisations d’ouvrages comme le pont de Womey, les adductions d’eau potable à travers le pays (Aep), l’asphaltage et bien d’autres.
En ce qui concerne le respect des normes environnementales, Tony Charpentier déclare que 14 ha ont été reboisés, car Sogea-Satom est extrêmement regardant quant au respect de l’environnement. « Les plantations d’arbres continuent et se poursuivent jusqu’à la fin du projet ».
Selon lui, l’expérience vécue pour le projet est intéressante.
En termes de perspectives, l’entreprise entend continuer à apporter son expertise dans son domaine, les Btp, les Aep, l’asphaltage et bien d’autres.
L’entreprise Sogea-Satom compte 700 employés auxquels il faut ajouter des prestataires et autres externes accomplissant des tâches d’appoint, notamment les femmes restauratrices, soit environ mille cinq cent personnes. Il y a 50% d’embauche locale pour 99% des effectifs globalement locaux et un pour cent d’expatriés?

Actualités 04 mars 2019


Que sont-ils devenus ? Pierre Dassabouté « Dire que j’ai été révélé tard n’est pas bien vrai… »

A la retraite depuis quelques années, Pierre Dossia Dassabouté se consacre à sa passion de toujours qu’est la musique après avoir été coordonnateur du Réseau des Centres de lecture et d’animation culturelle (Clac) pour le compte du ministère en charge de la Culture.

Virtuose de la guitare sèche, il s’est distingué comme un professionnel de la musique douce. Distillant ce que les mélomanes qualifient de bonne musique, cet ancien instructeur de jeunesse formé en Israël se plaît à chanter dans un style propre à lui. Amoureux des belles lettres, il est auteur et compositeur de ses chansons. Véritable ode à l’amour, à la vie, au bonheur, etc, ses morceaux assez langoureux invitent au voyage et se révèlent être assez intimistes. Né vers 1948 à Pouya à Natitingou, Pierre Dassabouté a été révélé à la jeune génération à travers l’initiative ‘’Bénin Passion’’ de Jean-Luc Aplogan. Une compilation des anciens succès de la musique béninoise qui a remis au goût du jour ses compositions. A l’aide de sa guitare, il s’est fait un nom grâce à ses textes à la fois lyriques et pleins de morale. A la musique s’est ajoutée une nouvelle corde à son arc : le conte. Conteur professionnel, il écume les festivals de conte en Occident. Toujours avec comme compagnon, son éternelle guitare. Interview…

A travers vos mélodies, vous avez marqué la musique béninoise. Comment êtes-vous arrivé à imposer votre touche artistique ?

Pierre Dassabouté: Nous n’avions en ce moment qu’une seule ambition. C’est de nous faire entendre. Et quand on dit ‘’se faire entendre’’, ce n’est pas seulement à travers les sons mais à travers des thèmes très précis qu’on choisissait et qui ont trait à l’éducation, à la formation, à la constitution des foyers, c’est-à-dire l’amour. Pour nous, c’était fondamental. On ne peut pas faire une chanson juste pour faire danser les gens, mais il faudrait que ces derniers en dansant soient mus par une idée qui les fait sauter par exemple, une idée qui les transporte. C’est ainsi que petit à petit, nous sommes allés sans le savoir à ce niveau où les gens vous remarquent parce que vous avez sorti des chansons qui accrochent. Vous devez remarquer, sans doute, que la plupart de mes chansons sont très douces, calmes et qu’elles ne sont pas des chansons d’animation mais des chansons qui vous parlent, qui vous interpellent sur un certain thème.

C’est vrai que ce sont des chansons assez mélodieuses, mais est-ce une option de ne vouloir faire que de la musique douce?

Je crois d’abord que l’instrument que j’utilise m’impose ce genre de musique. La guitare! Ce faisant, vous adoptez des musiques qui permettent à vos doigts et à votre intelligence de s’accorder, donc de dire quelque chose parce que si vous faites un rythme très rapide par exemple, tout seul, vous risquez vraiment de vous perdre. Ce que je fais, c’est mélodieux. C’est fait pour être chanté sur la montagne, c’est fait pour être chanté à une personne quelque part à la plage; vous voyez c’est plus calme. Je dirai que c’est le genre qui m’impose ma façon de jouer, ma façon de composer.

Vous êtes de ceux-là qui ont été révélés peut-être un peu tard à la génération actuelle. Quel effet cela vous fait d’avoir été pendant longtemps dans l’ombre ?

Dire que j’ai été révélé tard n’est pas bien vrai. Je ne partage pas tellement cet avis parce que dans les années 70 déjà quand on citait des émissions comme ‘’Plein feu sur les artistes’’ ou ‘’Culturème’’, on entendait des noms comme Dassabouté et mon épouse qui est là à côté de moi peut en témoigner puisque à cette époque, on était en amitié. C’était des moments où toutes ces jeunes filles qui nous connaissent couraient se positionner près d’un poste radio pour écouter parce qu’on voulait entendre Dassabouté. Maintenant, ce qui a fait que je suis resté dans l’ombre, c’est que j’ai toujours été un fonctionnaire de l’Etat et en ce moment-là, je faisais des tournées en tant qu’instructeur de jeunesse formé en Israël. Contrairement à ce que d’aucuns pensent, je ne suis pas un instituteur. Je suis sorti comme encadreur de jeunesse. J’étais tout le temps parti pour aller former les clubs de jeunes. C’est nous qui avions créé le Rassemblement national des jeunes du Dahomey. En ce moment, j’étais l’animateur principal et tout le monde me le reconnaît. Donc, je n’ai pas eu à utiliser la musique pour me nourrir comme certains. Ceux-là qui étaient obligés de piocher et font feu de tout bois. Je n’étais pas de cette catégorie de personnes qui prennent une chanson simple et en faisaient des mélodies euphoriques qui emportent tout le monde, sortent des morceaux en pagaille. Moi, j’étais avec ma guitare. Et c’est quand je sens vraiment le besoin de chanter que je sors, je vais à la radio pour m’exprimer et je m’en contentais. Ce qui explique que je n’aie pas sorti des disques à foison. J’ai des chansons maintenant que je chante et que les gens réclament. Ceux qui ne les ont jamais entendues pensent à de nouvelles compositions parce qu’elles sont toujours d’actualité et c’est des chansons qui plaisent. Par exemple, j’ai des chansons que j’ai composées depuis que j’étais au collège et elles évoquent l’univers des jeunes. C’est des chansons que je veux bien faire sortir maintenant. J’en ai toute une liste. Maintenant comme vous le dites, on est un peu frustré parce que quand vous vous présentez avec vos projets devant quelqu’un, il n’est pas tellement intéressé ; il vous regarde, évalue votre âge et se dit mais qu’est-ce qu’il a à donner donc. C’est pour cela que nous, nous n’avons pas tellement été aidés par ceux-là. La plupart des mécènes que nous avons aujourd’hui ne sont pas de ma génération et ils ne sont pas prêts à investir sur quelqu’un de mon âge. C’est pour cela qu’on ressent une frustration. Moi, je ne me vois pas en train de faire des chansons d’animation pour que les gens me sponsorisent ; non. Des chansons d’animation pour juste faire sauter les gens, non ! J’ai toujours envie de parler aux gens ; je prends ma guitare et avec elle, c’est une complicité; je sors des thèmes et je parle et ça s’arrête là. C’est ça Bénin Passion. Si dans trente ans vous n’avez pas des chansons qui vous retiennent, qui disent ceci et cela, qu’est-ce que vous allez avoir comme ‘’Bénin Passion’’? Il faut vraiment des chansons qui parlent, qui édifient, qui instruisent la jeunesse. Le chanteur, à mon avis, est avant tout un éducateur. Il y a d’autres thèmes que je voudrais sortir et moi mon style c’est le poème chanté et faire sortir un refrain avec la musique ; qu’elle soit peut-être en Warma, en français, la chanson m’amène à distiller mon message. C’est ainsi que l’artiste pourrait contribuer au développement de la cité.

Vous évoquiez tantôt ‘’Bénin Passion’’, ce projet qui a ressuscité certaines de nos chansons qu’on pourrait considérer comme perdues. Mais aujourd’hui en l’absence d’un tel projet, sentez-vous un vide quant à la relance d’une carrière ?

D’abord, je voudrais recentrer les choses en disant que ça m’a fait mal qu’une émission comme ‘’Nostalgie’’ ait été oubliée. Cette dame qui a eu l’idée, cette géniale idée d’aller dans les tréfonds du pays pour sortir les vieux musiciens et les mettre à l’écran, c’est Pascaline Victoire Chacha. C’est elle qui, pour rien, et malgré tout, a eu le mérite de révéler à la génération actuelle de talentueux musiciens jetés dans l’oubli. Moi j’avais les larmes aux yeux quand j’ai vu des gens plus âgés que moi qui ne s’exprimaient plus, contents d’être découverts par cette dame et remis sous les feux des projecteurs. Il y a des gens qui ont chanté mais on ne les connaissait pas. Ils étaient dans l’ombre de certains ténors. Franchement, il faut bien tirer chapeau à cette dame. C’est bien écœurant que cette émission disparaisse comme ça parce que ça laisse les enfants dans le vide. Nous sommes tellement surpris par l’évolution des média que nous laissons beaucoup de choses essentielles. Le fait de laisser les enfants monter sur le podium maintenant et de croire que c’est en s’exerçant à parler rapidement, à dire n’importe quoi qu’ils deviennent artistes me préoccupe énormément. Ça, c’est le volet animation. Maintenant, le volet artistique, c’est les compositions, les paroles. Les Georges Moustaki, les Adamo, les Charles Aznavour constituent des exemples qui devraient nous inspirer. C’est des chansons qui vous parlent et c’est ça qui confectionne ‘’Bénin Passion’’. C’est de ça qu’on veut se souvenir, pas des trucs qu’on récite pour danser ; ce n’est pas parce que c’est la jeunesse qu’on veuille se défouler. Ce n’est pas uniquement ça la musique. Je ne dis pas que ce n’est pas de la musique, mais ce n’est pas ça seulement. Maintenant, nos enfants ont tendance à se cantonner à ça et moi, ça me gêne que les gens n’aient pas continué. Et si on avait continué cela de façon honnête, on aurait reconnu ceux qu’on appellerait sommités. Pourquoi ? Parce que si à chaque ‘’Bénin Passion’’, de façon vraiment correcte, on cherche à repérer des chansons qui ont marqué le temps et on retrouve toujours une de vos chansons dans la liste, ça veut dire que vous êtes un grand. Ce n’est pas une affaire de connaissance. Ce n’est pas parce que vous connaissez Dassabouté que vous allez programmer ses chansons, qu’un jury se cramponne là pour chercher ce qui a marqué le temps. Cette régularité et cette présence sur un tel projet démontreraient que l’homme dont il s’agit a existé et qu’il est d’une certaine valeur. Ce n’est pas du machin. Et voir les enfants s’en inspirer pour composer et se faire valoir demain constituerait un grand pas pour la musique béninoise. Mon souhait est qu’on en arrive là.

A votre époque, on a senti qu’il y avait cette motivation-là, cette passion à vouloir faire de la musique, à y exceller malgré les vicissitudes. Si on devait retracer le parcours de Pierre Dassabouté que pourrait-on retenir ?

Vous savez, un pays est un. En ce moment-là, les régions du Bénin étaient très marquées, il faut le reconnaître. Ce n’est pas maintenant que les choses se sont rapprochées. C’était très marqué. Vous quittez Cotonou pour venir à Abomey, vous sentez qu’il y a quelque chose qui a changé. Vous quittez Cotonou pour venir à Savalou ou à Dassa par exemple ou à Parakou, vous sentez les différences. Maintenant c’est un peu rapproché et malgré cela, il y avait une identité nationale. Pour la musique par exemple, on retrouvait de grands artistes comme GG Vickey qui en imposaient à toute l’Afrique. Même en Europe, quand vous êtes artiste et vous arrivez, on sait que vous êtes Béninois parce qu’un artiste comme GG Vickey, en son temps, a marqué les esprits. Les chansons, ce n’était pas des chansons d’animation seulement. C’était des thèmes sur le mariage, sur l’amour, des thèmes sur la politique et les textes sont bien écrits. On avait donc des gens qui nous inspiraient comme GG Vickey. Mais à part ça, pour dire comment moi je suis arrivé à la guitare, je noterai qu’il y avait un greffier du nom de Blaise Akplogan (paix à son âme) qui habitait à côté de ma maison. En ce moment, je ne pratiquais pas de la guitare, je faisais du pipeau et à chaque fois j’allais jouer de la musique dans les alentours. Un jour, il m’a fait appeler par ses enfants qui étaient des camarades de classe et m’a demandé si je faisais de la guitare et j’ai dit non et pour la première fois, il a sorti devant le jeune enfant que j’étais sa guitare et il a commencé par jouer mais avec une méthode classique parce qu’il jouait avec les cinq doigts. Au grand étonnement de ses enfants, il a daigné me passer la guitare pour la soirée. Je n’ai pas dormi et j’ai tripoté toute la nuit la guitare au point d’en sortir le lendemain une mélodie: « J’entends siffler le train et j’entends siffler le train. … ». Alors, il était vraiment étonné. Je ne sais pas jouer de la façon classique mais j’ai cherché des sons, des accords ; ce qu’il a vraiment trouvé formidable. Il a dû m’apprendre à retrouver les gammes et c’est à partir de là que j’ai aimé la guitare. Alors, j’ai fait des pieds et des mains pour m’acheter une vieille guimbarde de guitare que j’armais avec des cordes rafistolées par-ci et par là, des câbles de vélo et c’est ainsi que j’ai commencé. Mais j’avais horreur d’une chose. Qu’on me dise que telle composition de moi est de tel ou tel autre. Ça me remontait les nerfs et dès qu’on m’apostrophe quant à la probable similitude entre l’une de mes compositions et celles d’un autre, je la changeais tout de suite. C’est ainsi que je me suis forgé et me suis personnalisé pour avoir le style qui est le mien aujourd’hui. Le style Dassabouté.

Sans être devin, vous présagez la mort de la musique béninoise si une thérapie de choc n’est pas envisagée pour la soutenir. Mais de votre côté, on vous sent peut-être en retrait, retranché dans votre Natitingou natal. Qu’est-ce que vous pourriez faire pour changer les choses ?

Quand les brides sont lâchées, c’est difficile de maîtriser sa monture. Un seul individu qui s’oppose à une marée est vite écrasé et totalement. Il faudrait que les gens acceptent d’avoir une même vision parce qu’étant d’un même pays régi par la même loi fondamentale, nous connaissons les règles et nous devrions faire en sorte que les choses avancent. Par exemple à Natitingou, j’aurais été maire que franchement j’allais lutter dur contre l’alcool. Vous allez dans les quartiers maintenant c’est des fantômes que vous voyez, les jeunes n’existent plus. C’est la cigarette et l’alcool frelaté qui y sévissent maintenant. En son temps quand j’exhortais les gens à lutter contre l’alcool (le Sodabi), on n’y prenait pas garde. Les gens passaient par des voies incontrôlables pour faire entrer le Sodabi à foison.
Rien n’est en ordre ; c’est le laisser-aller. Et cet exemple que je viens de donner n’est que symptomatique de ce que nous vivons dans le secteur de la musique.
Notre musique n’a pas d’âme. Nous ne faisons rien pour avoir une musique et l’imposer comme les Ivoiriens, Maliens et Sénégalais. Nous aimons la facilité, voire le laxisme. Copier les autres ne rehausse pas l’image du pays et nous devrons faire en sorte que notre musique soit une référence à copier par ceux qui nous en imposent aujourd’hui. Il nous faut accepter de consommer ce que nos artistes produisent et les pousser à sortir des genres que d’autres viendront copier. Contrairement au Bénin où l’on peine à accompagner les valeurs, ailleurs on sent le soutien permanent du pays et de l’Etat quand une initiative tend à être un succès. Nous devrons nous en inspirer pour avancer à notre niveau.
Je pense que franchement on devait avoir notre personnalité. Il faut que les gens se retrouvent pour soutenir une musique typiquement béninoise.

N’envisagez-vous pas aujourd’hui l’accompagnement de cette jeunesse pour l’amener à voir autrement la musique que ce qu’elle fait aujourd’hui ?

On veut bien mais qui sommes-nous ? Moi, j’étais expert au Fonds d’aide à la Culture mais j’ai été enlevé au profit des jeunes. Je ne dis pas que j’étais le meilleur mais j’estime qu’avec mon expérience je pouvais apporter quelque chose dans l’orientation à donner à notre musique. Je suis loin d’être aigri mais je trouve qu’il y a un problème et tout le monde le pense mais personne n’en dit mot.
Dans ce cadre, que voulez-vous dire et qui sera entendu ? Moi, j’ai envie de créer une petite école d’initiation à la musique. Quand on dit que c’est Dassabouté qui veut créer une école de musique, les gens pensent déjà à la guitare. La première année, c’est pour connaître ce que c’est que la musique, lire les notes de musique avant de prendre un instrument de musique. C’est ce que j’ai envie de faire et c’est ce que je peux faire. Même dans la ville, j’ai mes neveux et cousins que je peux initier mais si les gens n’ont pas le temps parce que l’argent se gagne à travers la musique dite d’animation, c’est-à-dire sauter, crier, faire l’apologie des déviances. Pendant que vous prônez ce qui est propre, les gens font ce qu’ils veulent si bien que maintenant c’est difficile d’éduquer sans un cadre formel de formation. C’est difficile à moins que le gouvernement ne veuille prendre les devants en initiant un centre de formation. Il y a plein de professeurs de musique dans l’ombre qui ne demandent qu’à partager leurs connaissances avec les plus jeunes pour leur montrer ce qu’est la musique. Actuellement, c’est le sauve-qui-peut. Chacun y va comme le lui permettent ses capacités. Au sein des musiciens à Cotonou, il y en a qui ne peuvent pas chanter a capella parce qu’ils sont allés directement vers les instruments sans savoir sur quel rythme ils chantent.

A vous entendre, c’est tout comme si l’argent seul ne peut changer le visage de la musique béninoise. Pensez-vous qu’il faut faire autre chose qu’injecter de l’argent ?

Ce n’est pas que c’est mauvais d’injecter de l’argent mais il faut y ajouter de la rigueur dans son utilisation. Ce n’est pas seulement au niveau des musiciens; il y a aussi les cinéastes et beaucoup d’autres acteurs. Il faut vraiment cette rigueur parce qu’en tant qu’expert vous faites face à des projets bien élaborés, assez pertinents. Mais le fait de bien élaborer un projet ne devrait pas suffire. Les experts ne font que noter et quand un projet est bien élaboré vous ne pouvez rien faire que donner un avis favorable pour son financement. Au regard de l’impact de ces projets subventionnés, il est loisible d’exiger plus des porteurs. Il faut aller loin, aller au-delà de la simple étude des dossiers parce que ces projets sont parfois rédigés par des cabinets payés juste pour l’élaboration. Ces spécialistes ne sont pas commis à l’exécution ou au suivi desdits projets une fois les subventions octroyées. Ce qui laisse cours à tout le laxisme que l’on observe sur le terrain. Les fonds sont libérés pour l’exécution desdits projets et au finish, il n’y a rien de palpable à constater au terme des activités. Il faut pouvoir avant tout évaluer les capacités des porteurs à conduire de tels projets, s’assurer du suivi des activités et de la qualité des acteurs mobilisés autour. Il faut également mettre en place les organes de contrôle pour une gestion transparente des fonds mis à disposition.

Des voix s’élèvent parfois pour jeter l’anathème sur la gestion du Fonds d’aide à la Culture. Vous qui avez participé d’une manière ou d’une autre à l’attribution des subventions aux artistes, avec le recul, pensez-vous que les choses se soient faites vraiment dans les normes ?

Franchement, il y a certains groupes ou certaines personnes qui ont obtenu ces subventions et qui s’en sont bien servis, de façon vraiment honnête. Ces gens les ont utilisées à bon escient. Malheureusement, ils ne sont pas nombreux. On peut les compter au bout des doigts. Il n’y en a pas beaucoup. Près de 85 à 90% des gens s’organisent pour disposer de ces sous sans vraiment les investir comme cela se doit dans les projets concernés. Tout est fait au rabais, sans un minimum de professionnalisme et de rigueur. En l’absence de tout suivi, ces fonds sont détournés à d’autres fins. Les exemples sont légion et quand vous en parlez, vous devenez la bête noire. Il faut qu’on revoie la copie. Même quand vous avez les dossiers des artistes musiciens à évaluer, vous êtes harcelé au téléphone. Vous faites l’objet de toutes pressions de la part de proches qui veulent que vous interveniez en faveur de tel ou tel autre artiste. Des interventions face auxquelles j’ai été toujours de marbre et c’est tout ceci qui justifie mon éjection du groupe des experts de la musique. Quelle est donc la raison d’être d’un expert ? C’est bien dommage et frustrant de se faire éjecter au profit d’un jeune n’ayant pas votre expérience. Et pour cette raison, je regrette d’avoir occupé ce poste. Moi, j’ai fait le conservatoire supérieur de Madrid et fort de cela, je sais lire et comprendre ce qu’est la musique et s’il faut me remplacer, qu’on sache le faire pour le devenir de la musique béninoise. Qu’on mette un certain Nel Oliver par exemple comme expert, qui est-ce qui va broncher ? Les types d’appareils que vous voyez là, il les maîtrise. Il y a plein de gens, vous les prenez, vous savez qu’ils sont bien denses dans leur domaine et là il n’y a aucun problème. Pourquoi encourage-t-on donc ce méli-mélo. C’est justement ce qui fait que nous sommes en train de tourner en rond. On ne peut pas avoir tant d’argent et ne pas l’utiliser à bon escient. Les autorités font de leur mieux, maintenant que les gens soient là pour le dilapider n’est pas normal.

Que faire aujourd’hui pour donner un nouveau souffle au secteur de la culture et redorer le blason de la musique au Bénin ?

Le ministre de la Culture doit être quelqu’un qui aime la chose culturelle et qui la vit. Ce n’est pas sa formation initiale qui fait l’affaire. Il doit avoir cette fibre pour la culture et la musique en particulier et cette volonté à opérer des changements. En découvrant l’univers de la culture, il s’y adapte et sait comment agir pour marquer de par ses actes les acteurs et le secteur dont il a la charge. Aussi revient-il aux agents techniques du cabinet du ministre de concrétiser cette vision à travers leurs connaissances. Ils ne peuvent pas être des profanes. Ils doivent être essentiellement culturels, et il leur revient le devoir de donner des conseils au ministre quand ce dernier veut agir. Ils doivent pouvoir être prêts à sacrifier leur poste pour défendre leurs points de vue et positions. C’est cette détermination qui nous manque. Il faut bien que ces gens qu’on nous place soient bien déterminés avec de la vision pour ces domaines et ça va marcher à coup sûr.

 

Culture 01 mars 2019


Recours en inconstitutionnalité pour violation des droits de l’Homme: Atao Hinnouho et des directeurs soupçonnés de vol de vivres et consorts déboutés

La Cour constitutionnelle a rendu plusieurs décisions à son siège, hier jeudi 28 février, suite à des recours formulés par des requérants. Les uns sollicitent sa compétence sur la violation de leurs droits, les autres pour la violation de la Constitution du 11 décembre 1990. L’institution a entre autres débouté Mohamed Atao Hinnouho ainsi que les directeurs d’écoles soupçonnés de vol de vivres des cantines scolaires.

La Cour constitutionnelle, au cours de sa délibération hier jeudi, a rendu plusieurs décisions parmi lesquelles celles relatives aux requêtes des directeurs d’écoles présumés impliqués dans le détournement de vivres des cantines scolaires et du député Mohamed Atao Hinnouho…
La haute juridiction, dans son analyse sur la violation du droit à la présomption d’innocence des directeurs d’école concernés, rappelle les dispositions des articles 17 al 1er de la Constitution et 7.1.b de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples. Le droit au respect de la présomption d’innocence est un principe attaché à la procédure et au droit de la défense. Il a pour vocation de protéger les personnes faisant l’objet de poursuites pénales et en ce sens, il interdit de présenter publiquement une personne poursuivie pénalement comme coupable d’une infraction avant sa condamnation, selon les observations de la Cour constitutionnelle. « Dans le cas d’espèce, les directeurs d’écoles présumés impliqués dans le détournement de vivres des cantines scolaires ne faisaient encore l’objet d’aucune poursuite pénale. C’est dans le but d’engager de telles poursuites que le Conseil des ministres les a nommément identifiés et a instruit le ministre en charge de la Justice. Ces désignations des personnes à poursuivre pénalement ne sauraient s’analyser comme une présentation publique de personnes mises en cause », a expliqué le président de la Cour constitutionnelle pour enfin décider qu’il y a lieu de dire qu’il n’y a pas violation de la Constitution. Sur la violation du principe de la séparation des pouvoirs énoncée par le requérant, la Cour a indiqué que la Constitution dispose respectivement en ses articles 125 et 126 que « Le pouvoir judiciaire est indépendant du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif. Il est exercé par la Cour suprême, les cours et tribunaux créés conformément à la présente Constitution», « les juges ne sont soumis, dans l’exercice de leur fonction qu’à l’autorité de la loi ». Il résulte de la lecture combinée de ces dispositions constitutionnelles, selon l’analyse de la Cour, que le législatif et l’exécutif ne doivent ni s’immiscer dans l’exercice du pouvoir judiciaire ni faire entrave à la justice. « Dans le cas d’espèce la désignation des personnes désignées à poursuivre ne saurait s’analyser comme une immixtion du gouvernement dans l’exercice du pouvoir judiciaire et ne compromet pas non plus la séparation des pouvoirs. Dès lors il n’y a pas violation de la Constitution », a décidé la Cour.

Pas de violation de la Constitution

La deuxième décision, Dcc 19 083 du 28 février 2019, porte sur le recours en date du 16 mai 2018 de Robert Mathieu Fiouvi demeurant à Abomey-Calavi qui a formé un recours en inconstitutionnalité du transfert à la prison sans avis médical préalable d’un malade hospitalisé. Le requérant expose que le dimanche 13 mai 2018, le procureur de la République près le tribunal de première instance de première classe de Cotonou a ordonné au régisseur de la prison civile de Cotonou de déposer le député Mohamed Hinnouho Atao alors interné en psychiatrie au Centre national hospitalier universitaire Hubert Maga (Cnhu) sans prendre au préalable l’avis du médecin traitant et qu’en dépit de l’opposition du malade il a été conduit et déposé à la prison civile de Cotonou par le régisseur. Ce faisant, estime le requérant, il y a violation du droit à la santé du malade et des articles 8, 19 al 2, 35 et 36 de la Constitution. Dans sa réponse à la Cour, le régisseur observe qu’au moment des faits, il était en stage au Gabon, que c’est à tort que le requérant cite son nom dans cette affaire. Quant au procureur, il n’a pas répondu aux mesures d’instruction de la Cour. Mais après analyse, celle-ci a fait constater que le député Atao a été interpellé dans le cadre d’une procédure judiciaire de flagrant délit et compte tenu de son état de santé, il a été conduit au Cnhu où il a reçu des soins. Dans ces conditions, poursuit le président de la Cour, Joseph Djogbénou, on ne saurait faire grief au procureur de la République et au régisseur de l’avoir déposé à la prison civile de Cotonou une fois qu’il a quitté le centre hospitalier. « Il y a donc lieu de dire qu’il n’y a pas violation de la Constitution», a décidé la Cour.

Recours en inconstitutionnalité de la commission de levée d’immunité de député

La Cour a rendu la décision Dcc 19 084 du 28 février 2019 suite à la requête du député Atao Hinnouho en date du 12 mai 2018, qui forme un recours en inconstitutionnalité de la décision n°2018 03 du 7 mai 2018 et de la demande de levée de son immunité parlementaire faite par le procureur général près la cour d’appel de Cotonou. La Cour a décidé après analyse de son recours « qu’il n’y a pas violation de la Constitution». Idem pour la demande de levée d’immunité des députés Bako Idrissou, Valentin Djènontin, Atao Hinnouho Mohamed.
Rappelons que plusieurs autres décisions ont été rendues par la Cour dont la Dcc 19 082 du 28 février 2019 relative à la requête de Luc Sossou qui a saisi la Cour le 26 avril 2018 contre le directeur de l’Ecole nationale d’administration et de magistrature, le ministre du Travail et de la Fonction publique et le ministre de la Justice et de la Législation pour violation de la loi portant Statut des greffiers et officiers de justice en République du Bénin et de l’article 26 de la Constitution. Après analyse, «La Cour s’est déclarée incompétente ».

Actualités 01 mars 2019


Lancement du projet GO-GA: Promouvoir l’enseignement basé sur les outils numériques innovants

Le directeur général de l’Economie numérique et de la Poste, Geoffroy Bonou, et Sénam Béhéton, fondateur d’EtriLabs, ont procédé, ce jeudi 28 février, au lancement du projet Go-Lab Goes Africa (GO-GA) à Cotonou. L’objectif de ce projet est de former des enseignants en vue d’améliorer les capacités d’apprentissage des apprenants à travers l’utilisation et la création de contenus numériques.

Financé par la Commission européenne dans le cadre du programme de financement de la recherche et de l’innovation Horizon 2020, le projet Go-Lab Go-Africa (GO-GA) a été lancé, ce jeudi 28 février à Cotonou par le directeur de l’Economie numérique et de la Poste, Geoffroy Bonou et Sénam Béhéton, fondateur d’EtriLabs. Le principal objectif de ce projet est d’adapter et de mettre en œuvre en Afrique l’écosystème d’apprentissage GO-Lab qui a été un succès en Europe. Selon le fondateur de EtriLabs, il s’agira de développer les capacités des enseignants à travers l’Afrique en offrant une formation en pédagogie, en création de contenus en ligne, tout en favorisant un système panafricain d’apprentissage et de partage des enseignants.
« GO-Lab (Global Online Sciences Labs for inquiry Learning at School) fournit aux enseignants un référentiel de laboratoires en ligne, d’applications d’apprentissage et d’espaces d’apprentissage actifs pour promouvoir l’apprentissage par investigation dans l’enseignement des sciences dans les écoles », a-t-il déclaré.
A l’en croire, le projet GO-GA accélérera l’adaptation d’environnements d’apprentissage plus riches mettant l’accent sur l’apprentissage par investigation appuyé sur les contenus et outils numériques innovants et le développement des capacités des enseignants en Afrique. «L’ensemble du dispositif a pour objectif la mise en activité des apprenants dans une phase d’investigation au cœur d’une séquence d’apprentissage scénarisée », a-t-il ajouté.
Selon le directeur général de l’Economie numérique et de la Poste, Geoffroy Bonou, ce projet mis en place par un consortium de partenaires africains et européens réputés dans les domaines de la technologie de l’éducation et de la formation des enseignants vise à atteindre plus de 1000 enseignants, 200 écoles et 64 000 élèves dans trois pays pilotes (Bénin, Kenya et Nigeria) et quatre pays associés après la phase pilote (Ghana, Sierra Leone, Sénégal et Tanzanie). A l’en croire, les communautés d’enseignants et le programme de formation des formateurs seront mis en place par chaque pays pilote suite à la collecte des exigences techniques et pédagogiques.

Actualités 01 mars 2019


Suspension de salaire d’agents de l’Etat: Les raisons

Certains agents de l’Etat ont vu leur salaire suspendu ce mois de février. Ils seraient au nombre de 2000 environ ! Chose considérable. La raison en est, selon les informations recueillies, qu’ils n’ont pas daigné se faire enregistrer, conformément au mot d’ordre du gouvernement à cet effet, datant de 2017 et référant au recensement des agents de l’Etat tous corps confondus et au plan national.

Un agent non recensé, cela implique que son nom ne figure dans aucune base de données du ministère de l’Economie et des Finances. A l’ère du tout numérique, cela ne peut être que fâcheux, surtout pour l’agent en cause considéré ainsi comme fictif.
Quoi qu’il en soit, selon les services compétents du ministère de l’Economie et des Finances, les agents qui n’ont pu se faire enregistrer, pour une raison ou une autre, peuvent encore pallier ce manquement en se rapprochant de la direction générale du Budget pour les formalités d’usage à accomplir, auquel cas, ils se verront aussitôt remis dans leur droit de percevoir leur salaire, leur situation étant ainsi régularisée.
A. M

Société 01 mars 2019


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