La Nation Bénin...
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Dans le cadre de son appui institutionnel au Bénin, la Coopération technique belge (CTB) a procédé, hier mercredi 8 juillet, à la remise au ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche (MAEP), de six véhicules 4X4 au profit des CARDER et d’un nouveau bâtiment. Toutes choses qui visent une amélioration des performances dudit ministère.
La composante «Appui institutionnel» du Programme d’appui au développement des Filières agricoles (PROFI) de la Coopération bénino-belge dont l’objectif est de contribuer à l’amélioration d’un environnement institutionnel favorable à la promotion des filières agricoles au Bénin, a démarré ses actions depuis octobre 2014. Prévue pour une durée de 5 ans, elle est destinée à renforcer les capacités des acteurs impliqués dans le développement agricole tant au niveau national que déconcentré. Elle sera renforcée par une composante d’appui opérationnel qui démarrera en 2016 et qui sera destinée à améliorer la productivité et la rentabilité des filières riz, maraîchage et anacarde dans les régions de l’Atacora-Donga et du Mono-Couffo.
D’un montant global d’environ 135 millions de F CFA, ce don du Royaume de Belgique comporte six véhicules 4X4 de marque Toyota Land Cruiser pour les CARDER et destinés à la mise en œuvre de la composante «appui institutionnel» du Programme d’appui au développement des Filières agricoles (PROFI) et à l’atteinte de ses résultats aux niveaux régional et local. Et un nouveau bâtiment construit au-dessus de la direction du Conseil agricole et de la Formation opérationnelle (DICAF) du MAEP afin d’améliorer les conditions de travail de l’Unité d’Appui et de Coordination, puis de l’Unité d’Appui institutionnel du PROFI ainsi que celles de la DICAF. Cette action vise à renforcer les capacités opérationnelles des CARDER afin qu’ils puissent mieux exercer leurs fonctions de coordination régionale et de conseil agricole pour des services publics de qualité aux usagers du secteur agricole. Ce qui oblige les CARDER à une utilisation efficiente des moyens roulants mis à leur disposition afin de maximiser les changements attendus dans l’amélioration des prestations publiques offertes à la population béninoise. En sus, l’extension du bâtiment de la direction du Conseil agricole et de la Formation opérationnelle du MAEP permettra d’améliorer les relations fonctionnelles entre la DICAF et le PROFI afin de dynamiser la mise en œuvre de la stratégie nationale du Conseil agricole au Bénin.
Des objectifs précis
Michel Francoys, Représentant résident de la Coopération technique belge au Bénin, remettant les véhicules et le bâtiment, laisse entendre que son institution veut ainsi permettre aux structures bénéficiaires de jouer pleinement leurs rôles dans la réussite du programme et à l’obtention des résultats convenus avec le ministre, ce dans l’intérêt des populations béninoises. C’est pourquoi, dit-il, l’Agence belge de Développement se réjouit particulièrement de contribuer au renforcement des capacités d’intervention des CARDER dans la mise en œuvre des stratégies sectorielles. Ces six véhicules, indique-t-il, ont été acquis pour la somme de 97 960 074 F CFA tandis que le coût de réalisation du bâtiment s’élève à 37 033 631 F CFA soit en tout 134 993 705 F CFA. Ce disant, Michel Francoys rappelle que la mise en œuvre du PROFI est basée sur le principe de redevabilité mutuelle entre les acteurs impliqués, lequel se concrétise autour d’accords de principe concernant les changements attendus et la contractualisation des relations entre partenaires. D’où les engagements pris par les CARDER à travers la signature de contrats d’utilisation des véhicules mis à disposition. Ce qui les astreint à une utilisation judicieuse des véhicules. Concrètement, rappelle-t-il, il s’agit pour les CARDER d’assurer efficacement leur rôle de représentants du MAEP au niveau régional, et de garants de la politique et des réglementations, directives nationales et des conditions de leur opérationnalisation. De devenir réellement des structures régionales de coordination des actions de développement et de promotion des filières, de rendre des services publics de qualité en matière de conseil agricole… et d’assurer efficacement leur rôle de conseillers et de soutien aux communes dans la conception et la mise en œuvre des activités ou investissements agricoles. En tout cas, se convainc Michel Francoys, le Conseil agricole est un chantier de travail dans lequel la DICAF, les CARDER et les Organisations des Producteurs agricoles (OPA) se doivent de conjuguer leurs efforts pour apporter des services conseils de qualité aux acteurs directs des filières agricoles. Et l’extension du bâtiment, souligne-t-il, symbolise la nécessité d’une généralisation du conseil agricole au Bénin.
Perspective
Dans cette perspective, se félicitant de la qualité des rapports entre son pays et le Bénin, il promet un accompagnement pour soutenir les efforts locaux dans l’amélioration de la compétitivité, l’attractivité et l’accès des productions et produits aux marchés, grâce à la promotion des filières agricoles.
Ambitions partagées au ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche où l’on se réjouit de cet accompagnement aux efforts du gouvernement béninois dans la mise en œuvre de sa politique agricole axée sur la promotion des filières agricoles. Et où l’on souligne que la sécurité alimentaire, nutritionnelle ainsi que la croissance économique inclusive constituent des enjeux majeurs du Plan stratégique de Relance du Secteur agricole au Bénin (PSRSA). Et, selon Idrissou Yacoubou Touré, directeur de cabinet du MAEP, agissant au nom du ministre Rufin Nan Nansounon, si la composante appui institutionnel du projet vise à créer un environnement favorable à la promotion des filières agricoles par le renforcement des capacités du MAEP dans l’exercice de ses fonctions, la composante opérationnelle est destinée à améliorer la productivité et la rentabilité des filières indiquées supra, et se fixe pour objectif d’améliorer la productivité des exploitations familiales et l’accès au marché pour les cultures ciblées. Idrissou Yacoubou Touré tient ensuite à préciser aux bénéficiaires des moyens roulants, qu’il ne s’agit pas de véhicules de fonction ou de courses administratives mais qu’ils sont exclusivement destinés à l’atteinte des résultats en matière de développement des filières et chaînes de valeurs compétitives.
Ceux-ci, par la voix de leur porte-parole, Alassane Barasounon du CARDER Atacora-Donga, ont dit la pleine conscience qu’ils ont de l’importance de cette aide, et fait la promesse de se conformer strictement aux engagements pris. Puis de s’acquitter davantage de leurs missions en tant que bras opérationnel de la politique agricole du pays.

Conçus et fabriqués pour réduire le coût onéreux de la prise en charge des maladies, les médicaments génériques sont aussi efficaces que les médicaments de référence. Et pourtant ils sont de moins en moins consommés dans les pays en développement pour lesquels ils sont destinés. Comment expliquer cette réticence de la part des populations démunies ?
Des milliers de personnes meurent chaque année de maladies infectieuses et contagieuses faute de pouvoir accéder à des traitements efficaces. La plupart d’entre elles vivent dans des pays en développement où, les infrastructures font défaut et les moyens financiers, cruellement absents. La crise financière aussi a contraint les gouvernements partout dans le monde à veiller à l'efficacité et à l'égalité d’accès aux produits et services de santé, avec un contrôle des dépenses de médicaments, en veillant à leur accessibilité, par entre autres mesures, l'accès aux médicaments génériques. L’utilisation desdits médicaments, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), pourrait permettre d’économiser environ 60% des dépenses pharmaceutiques.
C’est donc pour faciliter l’accès de tous aux médicaments de qualité et des soins efficaces que les médicaments génériques ont été fabriqués.
Selon l’OMS, un médicament générique est un produit pharmaceutique interchangeable avec le produit de marque bio équivalent, et qui est généralement fabriqué sans licence de la compagnie détentrice du brevet. Il s’agit d’une copie qui peut être commercialisée lorsqu’il n’y a pas de brevet sur le produit de marque dans le pays, lorsque le brevet a expiré, lorsqu’il n’existe pas de législation protégeant la propriété intellectuelle ou lorsqu’une licence volontaire ou obligatoire a été accordée pour produire ou importer et vendre une version générique.
Eviter la confusion
Contrairement à un générique qui est un produit fabriqué en toute légalité et qui contient les mêmes principes actifs que le produit original qui en général n'est plus couvert par un brevet, les médicaments contrefaits n’offrent pas de garanties en matière de qualité, de sécurité et d’efficacité vu qu’ils sont contrefaits aussi bien au niveau de leur identité et de leur provenance. Les contrefaçons sont des produits emballés volontairement de façon à ressembler au produit original, sans en être. On peut aussi distinguer un produit de mauvaise qualité qui est un médicament qui ne satisfait pas aux normes prévues par les autorités de santé. C'est une question de contrôle de la qualité.
La confusion entretenue entre les génériques légitimes, les médicaments de mauvaise qualité et les copies illégales de produits originaux crée une situation de peur au niveau des populations qui par mégarde sont réticentes.
Les génériques sont habituellement moins chers que le produit original et jouent un rôle crucial dans la fourniture de médicaments essentiels aux populations pauvres.
Un médicament, quel qu'il soit, se compose d'un principe actif, responsable de ses effets thérapeutiques, et d'excipients qui le protègent et lui donnent sa forme pharmaceutique à savoir : comprimé, gélule, sirop ou solution injectable. Un médicament générique a la même composition en principe actif que son médicament de référence ou princeps.
Les génériques sont des médicaments comme les autres : ils sont sûrs et efficaces. Ils existaient déjà avant qu'on ne parle de génériques, et les patients en prenaient sans réticence. Le principal avantage des génériques est leur coût. La molécule ayant déjà été identifiée, étudiée sous toutes ses coutures, la constitution de la demande d'autorisation de vente coûte moins cher et le prix de vente du médicament s'en ressent.
L’OMS indique qu’en moyenne, le prix d'un générique est 30 % inférieur à celui de l'original. Dans la plupart des cas, l'arrivée de médicament générique pousse d'ailleurs le laboratoire commercialisant le princeps à aligner ses prix sur ceux des génériques.

Les députés devront suspendre leurs vacances et renouer avec l’hémicycle à partir du lundi 13 juillet prochain. Une session extraordinaire, la deuxième de l’année 2015, vient d’être demandée par le gouvernement pour permettre à la Représentation nationale de statuer sur certains dossiers urgents.
Six dossiers sont inscrits à l’ordre du jour de la deuxième session extraordinaire de l’année 2015 demandée par le gouvernement. Ils concernent tous des autorisations de ratification de financement au profit de certains projets de développement du Bénin. Il s’agit de la Convention de crédits signée entre la République du Bénin et l’Agence française de développement (AFD) dans le cadre du financement partiel du projet de restructuration et d’extension des réseaux de la Société béninoise d’énergie électrique (SBEE) dans la commune d’Abomey-Calavi et le département de l’Atlantique du contrat de financement partiel du projet de restructuration et d’extension du réseau de la SBEE dans la commune d’Abomey-Calavi et le département de l’Atlantique signé entre la République du Bénin et la Banque européenne d’investissement (BEI) et de la Convention de crédit relative au financement du Projet d’appui au développement agricole des Collines (PADAC) signée entre la République du Bénin et l’Agence française de développement (AFD). Les trois derniers points ont trait à l’accord de prêt signé à Cotonou le 7 avril 2015 entre la République du Bénin et la Banque ouest africaine de développement (BOAD) dans le cadre du financement partiel du projet de renforcement du système d’alimentation en eau potable de la ville de Parakou et ses environs; l’accord de prêt signé à Cotonou le 30 mars 2015 entre la République du Bénin et la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA) dans le cadre du financement partiel de la deuxième phase du projet d’extension de l’Institut de Mathématiques et de Sciences physiques (IMSP) de Dangbo et l’accord de prêt signé à Cotonou le 7 avril 2015 entre la République du Bénin et la Banque ouest africaine de développement (BOAD) dans le cadre du financement partiel du projet de construction d’une centrale thermique de 120 Mw à Maria Gléta. Par rapport à ce dernier accord, un projet de loi portant autorisation de ratification de l’accord de crédit bail signé à Djéddah le 10 décembre 2014 entre la Banque islamique de développement (BID) dans le cadre du financement partiel du projet de construction de la centrale thermique de 120 Mw à Maria-Gléta (Phase I) en République du Bénin avait déjà fait l’objet d’examen et d’adoption par les députés au cours de la séance plénière du 12 mars dernier. Le montant du crédit bail était de 78,5 milliards francs CFA.
Les six dossiers ont été envoyés à l’Assemblée nationale par le gouvernement qui sollicite l’ouverture d’une session extraordinaire pour leur examen. L’Exécutif a souhaité que cette session s’ouvre après demain vendredi 10 juillet. Mais vu que plusieurs membres du bureau du Parlement dont le président, Me Adrien Houngbédji et certains députés sont actuellement en mission en Suisse, le Parlement a opté pour le décalage de cette date. De sources proches de l’institution parlementaire, on apprend que cette session extraordinaire s’ouvrira plutôt le lundi 13 juillet prochain pour connaître de l’examen de ses six dossiers d’autorisation de ratification de crédits.
Actualités 07 juil. 2015

La tradition, l’extrême pauvreté et la méconnaissance des conséquences découlant du mariage précoce sont quelques-uns des facteurs qui expliquent encore le mariage des enfants au Bénin. Un phénomène qui brise pourtant la vie des enfants.
La commémoration de la Journée de l’enfant africain a démarré cette année à Johannesburg, en Afrique du Sud. Le thème retenu dans ce cadre est intitulé, «25 ans après l’adoption de la Charte africaine des enfants: accélérons nos efforts pour mettre fin au mariage des enfants en Afrique». Si l’Union Africaine a fait l’option de démarrer les activités dans ce pays précédemment soumis au phénomène de l’apartheid, c’est sans doute pour rappeler à chaque famille, communauté, confession religieuse, institution, autorité administrative et politique, Organisations de la Société civile… qu’elles doivent travailler en synergie pour enrayer toutes autres formes d’apartheid qui résisteraient aux temps modernes puisque les violences faites aux enfants sont quelque peu comparables à la pratique de l’apartheid. Au nombre desdites violences, le mariage des enfants figure en bonne place.
Il se caractérise par des mariages forcés, contre l’échange de biens ou d’une somme d’argent et par enlèvement.
Une étude réalisée en 2008 sur la violence à caractère sexiste menée dans 13 communes du Bénin indiquait que 23% des 594 enfants interrogés avaient été objet de mariages forcés ou précoces. Dans le cas des mariages forcés, la tradition veut que le futur époux enlève et viole sa future épouse mineure.
Causes traditionnelles
«Cette pratique est très répandue dans les régions rurales malgré les efforts du gouvernement et des ONG pour l’éradiquer au moyen de séances d’information sur les droits de la femme et de l’enfant», se désole le président du collectif des OSC, Norbert Fanou Ako.Le phénomène puise ses racines dans des pratiques traditionnelles ancrées dans les habitudes de certaines communautés, dans la pression de l’autorité parentale de dénier à l’enfant la liberté et le temps de choisir librement son époux ou épouse, a-t-il expliqué. Il y a également la pauvreté extrême qui sévit au sein de certaines familles nombreuses et qui pousse les géniteurs à imposer à leurs enfants mineurs un époux portant des signes extérieurs de richesse. Certaines communautés méconnaissent également les conséquences découlant du mariage des enfants qui peuvent aller jusqu’au suicide.
Ce phénomène assez fréquent dans le rang des filles n’épargne pas les garçons. Certaines traditions ont instauré des normes sociales qui autorisent des familles à conclure entre elles des mariages entre leurs enfants mineurs sans leur consentement dans le but de renforcer les liens de sang, disent-elles, ou pour s’assurer d’un meilleur placement de leurs filles auprès d’une famille supposée nantie. De ce fait, « des jeunes garçons encore élèves dans certaines régions pour répondre à la tradition deviennent des époux prématurés des femmes souvent plus âgées qu’eux, héritées parfois d’un frère ou d’un parent décédé», dénonce encore le président du collectif des OSC. Les conséquences en sont nombreuses. Mais il est essentiel de savoir que les mariages d’enfants privent un nombre considérable de filles et de garçons du droit de vivre une vie saine et épanouie, il renforce le cycle de la pauvreté et empêche les filles d’aller à l’école et de recevoir une éducation élémentaire et secondaire.
Que faire ?
Sans une action intensive et soutenue de tous les acteurs de défense et de protection des droits de l’enfant à divers niveaux, «des centaines de millions de filles subiront des dommages totalement inutiles et profondément irréversibles», prévient Norbert Fanou Ako.
Si des pays africains tels que l’Ethiopie, le Tchad, la République démocratique du Congo, le Niger et le Madagascar ont lancé la campagne pour mettre fin au mariage des enfants, en tant qu’acte injuste, et ceci en répondant ainsi à la campagne continentale lancée par l’Union africaine à tous les gouvernements africains, le Bénin peut aussi se guérir de ce mal. Ceci passe par «un dialogue politique autour d’une dynamique nationale dans laquelle les organisations de la société civile toujours présentes dans les actions de proximité amèneront le gouvernement et les parties prenantes à travailler en synergie pour mettre fin à tout acte de violence qui viole les droits de l’homme et particulièrement ceux de l’enfant», propose Norbert Fanou Ako.

La tradition, l’extrême pauvreté et la méconnaissance des conséquences découlant du mariage précoce sont quelques-uns des facteurs qui expliquent encore le mariage des enfants au Bénin. Un phénomène qui brise pourtant la vie des enfants.
La commémoration de la Journée de l’enfant africain a démarré cette année à Johannesburg, en Afrique du Sud. Le thème retenu dans ce cadre est intitulé, «25 ans après l’adoption de la Charte africaine des enfants: accélérons nos efforts pour mettre fin au mariage des enfants en Afrique». Si l’Union Africaine a fait l’option de démarrer les activités dans ce pays précédemment soumis au phénomène de l’apartheid, c’est sans doute pour rappeler à chaque famille, communauté, confession religieuse, institution, autorité administrative et politique, Organisations de la Société civile… qu’elles doivent travailler en synergie pour enrayer toutes autres formes d’apartheid qui résisteraient aux temps modernes puisque les violences faites aux enfants sont quelque peu comparables à la pratique de l’apartheid. Au nombre desdites violences, le mariage des enfants figure en bonne place.
Il se caractérise par des mariages forcés, contre l’échange de biens ou d’une somme d’argent et par enlèvement.
Une étude réalisée en 2008 sur la violence à caractère sexiste menée dans 13 communes du Bénin indiquait que 23% des 594 enfants interrogés avaient été objet de mariages forcés ou précoces. Dans le cas des mariages forcés, la tradition veut que le futur époux enlève et viole sa future épouse mineure.
Causes traditionnelles
«Cette pratique est très répandue dans les régions rurales malgré les efforts du gouvernement et des ONG pour l’éradiquer au moyen de séances d’information sur les droits de la femme et de l’enfant», se désole le président du collectif des OSC, Norbert Fanou Ako.Le phénomène puise ses racines dans des pratiques traditionnelles ancrées dans les habitudes de certaines communautés, dans la pression de l’autorité parentale de dénier à l’enfant la liberté et le temps de choisir librement son époux ou épouse, a-t-il expliqué. Il y a également la pauvreté extrême qui sévit au sein de certaines familles nombreuses et qui pousse les géniteurs à imposer à leurs enfants mineurs un époux portant des signes extérieurs de richesse. Certaines communautés méconnaissent également les conséquences découlant du mariage des enfants qui peuvent aller jusqu’au suicide.
Ce phénomène assez fréquent dans le rang des filles n’épargne pas les garçons. Certaines traditions ont instauré des normes sociales qui autorisent des familles à conclure entre elles des mariages entre leurs enfants mineurs sans leur consentement dans le but de renforcer les liens de sang, disent-elles, ou pour s’assurer d’un meilleur placement de leurs filles auprès d’une famille supposée nantie. De ce fait, « des jeunes garçons encore élèves dans certaines régions pour répondre à la tradition deviennent des époux prématurés des femmes souvent plus âgées qu’eux, héritées parfois d’un frère ou d’un parent décédé», dénonce encore le président du collectif des OSC. Les conséquences en sont nombreuses. Mais il est essentiel de savoir que les mariages d’enfants privent un nombre considérable de filles et de garçons du droit de vivre une vie saine et épanouie, il renforce le cycle de la pauvreté et empêche les filles d’aller à l’école et de recevoir une éducation élémentaire et secondaire.
Que faire ?
Sans une action intensive et soutenue de tous les acteurs de défense et de protection des droits de l’enfant à divers niveaux, «des centaines de millions de filles subiront des dommages totalement inutiles et profondément irréversibles», prévient Norbert Fanou Ako.
Si des pays africains tels que l’Ethiopie, le Tchad, la République démocratique du Congo, le Niger et le Madagascar ont lancé la campagne pour mettre fin au mariage des enfants, en tant qu’acte injuste, et ceci en répondant ainsi à la campagne continentale lancée par l’Union africaine à tous les gouvernements africains, le Bénin peut aussi se guérir de ce mal. Ceci passe par «un dialogue politique autour d’une dynamique nationale dans laquelle les organisations de la société civile toujours présentes dans les actions de proximité amèneront le gouvernement et les parties prenantes à travailler en synergie pour mettre fin à tout acte de violence qui viole les droits de l’homme et particulièrement ceux de l’enfant», propose Norbert Fanou Ako.

C’est d’une affaire de vol à main armée et tentative de meurtre sur de jeunes appelés au Service militaire que la Cour d’assises de la Cour d’appel de Parakou a connue lundi 6 juillet dernier. Bouraïma Edeh et Boubé Zakari sont les deux accusés à la barre. Le premier est condamné à 10 ans de réclusion criminelle alors que le second est acquitté au bénéfice du doute au terme de l’audience dans le cadre du 5e dossier de ces assises.
Voici les faits qui ont motivé le renvoi de Bouraïma Edeh et Boubé Zakari, deux Nigériens respectivement âgés de 27 et 37 ans, devant la Cour d’assises de la Cour d’appel de Parakou. Dans la nuit du 18 au 19 septembre 2008, de retour d’une partie de divertissement aux environs de deux heures à Gogounou, les nommés Hermann Noudémalin Tobi, Alain Agbégnonhou Kakpo et Euloge Oké, tous appelés du Service militaire d’intérêt national de la première promotion, se rendaient à la brigade où ils étaient logés. Arrivés au carrefour du marché de la ville, ils sont interpellés et menacés par deux individus armés de gourdins. Ils prirent tous la fuite, mais Euloge Oké fut rattrapé par les assaillants qui l’ont frappé et mis à poils. Ce dernier fut grièvement blessé et dépouillé de ses biens. Hermann Noudémalin Tobi et Alain Agbégnonhou Kakpo qui eux, ont pu échapper aux assaillants, sont arrivés sains et saufs à la brigade. Ils ont raconté leur mésaventure au commandant de la brigade qui diligenta aussitôt une patrouille pour retrouver Euloge Oké. Environ une heure plus tard, ce dernier parvint à la brigade, complètement nu et le corps ensanglanté. Les investigations menées par la gendarmerie de Gogounou permirent d’appréhender les nommés Bouraïma Edeh et Boubé Zakari qui étaient hier lundi dans le box des accusés.
L’audience de leur comparution s’est déroulée sous la houlette de Jean-Pierre Bandé Yérima, assisté de Maximilien Claude Olympio et Lié Norbert Dadjo. Quatre jurés tirés au sort faisaient également partie de la Cour : Oumar Baparapé, Sylvestre Sacca Lafia, Mêmounatou Bio Tchané et Ibrahim Aboudou. Le greffe est tenu par Brice Dossou-Yovo.
Des débats
Comme aux étapes précédentes de la procédure judiciaire, Bouraïma Edeh a reconnu hier les faits à lui reprochés avec forces détails. Mais contrairement à ses déclarations à la gendarmerie et devant le juge d’instruction, il soutient avoir agi seul alors qu’il avait toujours dit qu’il a commis l’acte avec Boubé Zakari, son aîné qui l’a hébergé et aidé à trouver un pousse-pousse pour un job. «Boubé n’en est pour rien. J’ai menti à cause du traitement qu’on m’a fait subir à la brigade», ravise Bouraïma Edeh. Il indique que c’est dans l’intention d’avoir de l’argent qu’il s’en est pris à la victime à qui il reconnaît avoir asséné plusieurs coups, sans pour autant préciser les endroits où elle a encaissé les coups. «C’est la nuit et dans l’obscurité», précise-t-il.
Quant à Boubé Zakari, il a toujours nié son implication dans cette affaire. A la barre hier, il est resté constant. «Je ne suis mêlé ni de près ni de loin à cette affaire», répète-t-il à l’audience. Cet homme a un destin particulier, au regard de son parcours relaté dans le rapport psychiatrique et médico-psychologique réalisé par le professeur Francis Tchégnonsi C. Tognon. Mécanicien automobile après avoir arrêté les études en classe de 4è, il a perdu sa femme de la même profession et deux enfants dans un accident de circulation avant de venir en aventure au Bénin où il exerce comme cordonnier. Ici, il est impliqué à tort ou à raison dans une affaire de braquage par un jeune compatriote qu’il a voulu aider en l’hébergeant et en lui trouvant un job à faire.
L’enquête de moralité réalisée auprès de ses codétenus à la prison civile de Kandi, lui est favorable même s’il est reconnu au départ par certains comme «violent, impulsif» avant de s’assagir complètement. Son co-accusé Bouraïma Edeh, lui aussi, se comporte également bien en détention. Il est respectueux, calme et n’a d’antécédent avec personne, à en croire les enquêtés.
Aussi, les deux accusés n’ont-ils pas d’antécédent judiciaire, leurs casiers étant encore vierges.
Boubé Zakari impliqué, selon le ministère public
Pour l’avocat général, Richard Limoan, Bouraïma Edeh n’aurait pas agi seul. Il n’en veut pour preuve que les propos tenus par les victimes qui parlent de deux agresseurs. «Je dis : il n’est pas seul. Entre temps, quelque chose s’est passé. Sinon pendant sept ans, il aurait écrit pour demander de mettre hors de cause son co-accusé. Il a certainement eu du remords par rapport au service que celui-ci lui a rendu», estime le ministère public. Parlant de Boubé Zakari, il a choisi la stratégie de «dénégation systématique», allègue Richard Limoan. «Il ne prouve pas à suffisance, qu’il n’est pas impliqué», affirme-t-il.
Revenant aux faits, il fait observer que l’article 381 du Code pénal est le siège de l’infraction de vol à main armée, punie de la peine de mort quand la soustraction frauduleuse de biens est accompagnée de violences, avant, pendant ou après l’acte. L’élément matériel réside dans la violence exercée et les objets dérobés. En ce qui concerne l’élément moral, il tient à la volonté des accusés de soustraire volontairement des biens de la victime et d’anéantir tous ses efforts.
Par rapport à la tentative de meurtre, l’avocat général évoque l’article 2 du Code pénal qui stipule que toute tentative de crime est considérée comme le crime même, bien que l’action soit suspendue pour une raison ou une autre. Il cite également l’article 295 du Code pénal qui qualifie de meurtre un homicide volontaire. En l’espèce, Bouraïma Edeh et Boubé Zakari ont choisi de donner la mort à la victime par des coups et blessures à lui infligés. L’intention est manifeste ; elle est même déjà concrétisée pour les accusés qui ont cru la victime morte, elle qui n’a eu la vie sauve que parce qu’elle a simulé le mort, fait-il remarquer.
L’avocat général soutient l’implication de Boubé Zakari dans les faits mais lui trouve des circonstances atténuantes. Par rapport à la sanction, il requiert qu’il plaise à la Cour de déclarer les deux accusés coupables mais de condamner Bouraïma Edeh à 10 ans de travaux forcés et son compère, Boubé Zakari, à sept ans de travaux forcés.
Insuffisances et plaidoiries
«Mon pays va mal. Les gens ne font pas correctement le travail pour lequel ils sont payés». C’est ainsi que Me Jean de Dieu Houssou, avocat de Bouraïma Edeh, exprime sa désolation par rapport aux insuffisances notées dans ce dossier. Il déplore que des officiers de police judiciaire se contentent juste de relater des faits sans apporter des éléments concrets. Nulle part à l’enquête préliminaire, il n’est fait état de ce que les gendarmes se sont déplacés sur les lieux pour vérifier si les faits sont réels et retrouver si possible le gourdin, signale-t-il. «Aucun scellé ne figure au dossier, or nous sommes en présence d’une infraction matérielle. Il ne suffit pas d’avoir des aveux pour condamner », indique-t-il. Mieux, si les victimes sont en tenues militaires comme on le fait croire, les accusés peuvent-ils vraiment les agresser ?», s’interroge Me Jean de Dieu Houssou. Et si on veut voler, pourquoi emporterait-on des habits et même des sous-vêtements ?, poursuit-il avant de conclure que la réalité des faits n’est pas ce qui est dit. «Dans notre pays, quand on a peur, on se met nu pour marcher. C’est peut-être ce qu’Euloge Oké a fait », suppose-t-il.
Le moindre certificat médical de la victime n’est versé au dossier, s’indigne-t-il. De plus, on ne dispose que d’une photo et Dieu seul sait si c’est vraiment la photo de la victime ; car cette photo est de quelqu’un qui ne peut même pas parler, à plus forte raison marcher, soutient-il.
Après avoir noté ces insuffisances, Me Jean de Dieu Houssou fait remarquer que son client a narré tout autre fait au psychiatre lors de son examen et en conclut que Bouraïma Edeh n’a pas toutes ses facultés mentales. Pour ce qui est de l’infraction, il pense que c’est un «vol de misère ». «Sinon comment comprendre qu’on puisse porter des coups à la tête de quelqu’un pour 10 000 francs CFA ou moins?», s’interroge-t-il. Puis, il surfe sur la foi des membres de la Cour pour implorer leur clémence dans le jugement, en évoquant cette période de carême où Dieu lui-même est amené à pardonner les infidélités et autres bêtises des hommes. «Faut-il lui couper la tête, puisque mon client a avoué ? Que vont devenir ces deux jeunes gens si la sanction est trop lourde ?», se demande Jean de Dieu Houssou.
Autre défense, puis le verdict
Me Mouftaou Bah Salifou qui défend les intérêts de Boubé Zakari, tente de démonter les arguments évoqués par le ministère public pour requérir la condamnation des deux accusés. «L’avocat général ne nous a pas dit ce en quoi consiste la participation, le degré d’implication de Boubé Zakari et quel acte matériel il a pu poser concrètement dans cette affaire. Ce n’est pas à l’accusé de prouver son implication ou non, mais plutôt au ministère public», regrette-t-il. Aussi, déplore-t-il l’absence de la partie civile et le fait qu’aucune perquisition n’ait été faite sur les lieux du crime ou au domicile des accusés. Revenant à son client, Me Mouftaou Bah Salifou souligne que si son client se reprochait quelque chose, il allait fuir et n’allait pas attendre que les gendarmes viennent l’arrêter chez lui. Malgré les sévices corporels à lui infligés, Boubé Zakari n’a pas varié dans ses déclarations. L’intéressé dit avoir été tellement bastonné à la brigade, si bien qu’il ne pouvait pas se lever pendant un mois.
En matière pénale, chacun est responsable des actes dont il est auteur. Et pour cela, la défense souhaite «une discrimination utile» en faveur de son client. Me Mouftaou Bah Salifou demande à la Cour d’acquitter, d’absoudre purement et simplement Boubé Zakari.
De retour du délibéré, la Cour rend un arrêté de condamnation et d’acquittement. Elle déclare non coupable le nommé Boubé Zakari des faits mis à sa charge et l’acquitte effectivement mais au bénéfice du doute. Il recouvre ainsi sa liberté.
Quant à Bouraïma Edeh, la Cour le déclare coupable de tentative de meurtre et de vol à main armée, faits prévus et punis respectivement par les articles 3, 295, 304 et 381 alinéa 1er du Code pénal. Il est ainsi déclaré pénalement responsable d’avoir tenté de donner la mort au nommé Euloge Oké, laquelle tentative est manifestée par un commencement d’exécution (le fait de donner des coups de gourdins sur la tête et le corps) et qui n’a manqué son effet que par suite de circonstance indépendante de sa volonté à savoir la fausse impression que la victime avait déjà succombé aux coups. Aussi, est-il déclaré coupable dans les mêmes circonstances de temps et de lieu d’avoir frauduleusement soustrait une somme de 5000 F CFA, un téléphone portable, un pantalon, un sous-vêtement au préjudice d’Euloge Oké qui en était légitime propriétaire avec cette circonstance qu’il était porteur d’une arme apparente. La Cour condamne Bouraïma Edeh à 10 ans de réclusion criminelle et aux frais envers l’Etat, fixe la durée de la contrainte par corps à deux mois. Le mis en cause bénéficie d’un délai de trois mois pour s’en acquitter. La Cour avise également le condamné qu’il dispose de trois jours francs pour se pourvoir en cassation.

C’est d’une affaire de vol à main armée et tentative de meurtre sur de jeunes appelés au Service militaire que la Cour d’assises de la Cour d’appel de Parakou a connue lundi 6 juillet dernier. Bouraïma Edeh et Boubé Zakari sont les deux accusés à la barre. Le premier est condamné à 10 ans de réclusion criminelle alors que le second est acquitté au bénéfice du doute au terme de l’audience dans le cadre du 5e dossier de ces assises.
Voici les faits qui ont motivé le renvoi de Bouraïma Edeh et Boubé Zakari, deux Nigériens respectivement âgés de 27 et 37 ans, devant la Cour d’assises de la Cour d’appel de Parakou. Dans la nuit du 18 au 19 septembre 2008, de retour d’une partie de divertissement aux environs de deux heures à Gogounou, les nommés Hermann Noudémalin Tobi, Alain Agbégnonhou Kakpo et Euloge Oké, tous appelés du Service militaire d’intérêt national de la première promotion, se rendaient à la brigade où ils étaient logés. Arrivés au carrefour du marché de la ville, ils sont interpellés et menacés par deux individus armés de gourdins. Ils prirent tous la fuite, mais Euloge Oké fut rattrapé par les assaillants qui l’ont frappé et mis à poils. Ce dernier fut grièvement blessé et dépouillé de ses biens. Hermann Noudémalin Tobi et Alain Agbégnonhou Kakpo qui eux, ont pu échapper aux assaillants, sont arrivés sains et saufs à la brigade. Ils ont raconté leur mésaventure au commandant de la brigade qui diligenta aussitôt une patrouille pour retrouver Euloge Oké. Environ une heure plus tard, ce dernier parvint à la brigade, complètement nu et le corps ensanglanté. Les investigations menées par la gendarmerie de Gogounou permirent d’appréhender les nommés Bouraïma Edeh et Boubé Zakari qui étaient hier lundi dans le box des accusés.
L’audience de leur comparution s’est déroulée sous la houlette de Jean-Pierre Bandé Yérima, assisté de Maximilien Claude Olympio et Lié Norbert Dadjo. Quatre jurés tirés au sort faisaient également partie de la Cour : Oumar Baparapé, Sylvestre Sacca Lafia, Mêmounatou Bio Tchané et Ibrahim Aboudou. Le greffe est tenu par Brice Dossou-Yovo.
Des débats
Comme aux étapes précédentes de la procédure judiciaire, Bouraïma Edeh a reconnu hier les faits à lui reprochés avec forces détails. Mais contrairement à ses déclarations à la gendarmerie et devant le juge d’instruction, il soutient avoir agi seul alors qu’il avait toujours dit qu’il a commis l’acte avec Boubé Zakari, son aîné qui l’a hébergé et aidé à trouver un pousse-pousse pour un job. «Boubé n’en est pour rien. J’ai menti à cause du traitement qu’on m’a fait subir à la brigade», ravise Bouraïma Edeh. Il indique que c’est dans l’intention d’avoir de l’argent qu’il s’en est pris à la victime à qui il reconnaît avoir asséné plusieurs coups, sans pour autant préciser les endroits où elle a encaissé les coups. «C’est la nuit et dans l’obscurité», précise-t-il.
Quant à Boubé Zakari, il a toujours nié son implication dans cette affaire. A la barre hier, il est resté constant. «Je ne suis mêlé ni de près ni de loin à cette affaire», répète-t-il à l’audience. Cet homme a un destin particulier, au regard de son parcours relaté dans le rapport psychiatrique et médico-psychologique réalisé par le professeur Francis Tchégnonsi C. Tognon. Mécanicien automobile après avoir arrêté les études en classe de 4è, il a perdu sa femme de la même profession et deux enfants dans un accident de circulation avant de venir en aventure au Bénin où il exerce comme cordonnier. Ici, il est impliqué à tort ou à raison dans une affaire de braquage par un jeune compatriote qu’il a voulu aider en l’hébergeant et en lui trouvant un job à faire.
L’enquête de moralité réalisée auprès de ses codétenus à la prison civile de Kandi, lui est favorable même s’il est reconnu au départ par certains comme «violent, impulsif» avant de s’assagir complètement. Son co-accusé Bouraïma Edeh, lui aussi, se comporte également bien en détention. Il est respectueux, calme et n’a d’antécédent avec personne, à en croire les enquêtés.
Aussi, les deux accusés n’ont-ils pas d’antécédent judiciaire, leurs casiers étant encore vierges.
Boubé Zakari impliqué, selon le ministère public
Pour l’avocat général, Richard Limoan, Bouraïma Edeh n’aurait pas agi seul. Il n’en veut pour preuve que les propos tenus par les victimes qui parlent de deux agresseurs. «Je dis : il n’est pas seul. Entre temps, quelque chose s’est passé. Sinon pendant sept ans, il aurait écrit pour demander de mettre hors de cause son co-accusé. Il a certainement eu du remords par rapport au service que celui-ci lui a rendu», estime le ministère public. Parlant de Boubé Zakari, il a choisi la stratégie de «dénégation systématique», allègue Richard Limoan. «Il ne prouve pas à suffisance, qu’il n’est pas impliqué», affirme-t-il.
Revenant aux faits, il fait observer que l’article 381 du Code pénal est le siège de l’infraction de vol à main armée, punie de la peine de mort quand la soustraction frauduleuse de biens est accompagnée de violences, avant, pendant ou après l’acte. L’élément matériel réside dans la violence exercée et les objets dérobés. En ce qui concerne l’élément moral, il tient à la volonté des accusés de soustraire volontairement des biens de la victime et d’anéantir tous ses efforts.
Par rapport à la tentative de meurtre, l’avocat général évoque l’article 2 du Code pénal qui stipule que toute tentative de crime est considérée comme le crime même, bien que l’action soit suspendue pour une raison ou une autre. Il cite également l’article 295 du Code pénal qui qualifie de meurtre un homicide volontaire. En l’espèce, Bouraïma Edeh et Boubé Zakari ont choisi de donner la mort à la victime par des coups et blessures à lui infligés. L’intention est manifeste ; elle est même déjà concrétisée pour les accusés qui ont cru la victime morte, elle qui n’a eu la vie sauve que parce qu’elle a simulé le mort, fait-il remarquer.
L’avocat général soutient l’implication de Boubé Zakari dans les faits mais lui trouve des circonstances atténuantes. Par rapport à la sanction, il requiert qu’il plaise à la Cour de déclarer les deux accusés coupables mais de condamner Bouraïma Edeh à 10 ans de travaux forcés et son compère, Boubé Zakari, à sept ans de travaux forcés.
Insuffisances et plaidoiries
«Mon pays va mal. Les gens ne font pas correctement le travail pour lequel ils sont payés». C’est ainsi que Me Jean de Dieu Houssou, avocat de Bouraïma Edeh, exprime sa désolation par rapport aux insuffisances notées dans ce dossier. Il déplore que des officiers de police judiciaire se contentent juste de relater des faits sans apporter des éléments concrets. Nulle part à l’enquête préliminaire, il n’est fait état de ce que les gendarmes se sont déplacés sur les lieux pour vérifier si les faits sont réels et retrouver si possible le gourdin, signale-t-il. «Aucun scellé ne figure au dossier, or nous sommes en présence d’une infraction matérielle. Il ne suffit pas d’avoir des aveux pour condamner », indique-t-il. Mieux, si les victimes sont en tenues militaires comme on le fait croire, les accusés peuvent-ils vraiment les agresser ?», s’interroge Me Jean de Dieu Houssou. Et si on veut voler, pourquoi emporterait-on des habits et même des sous-vêtements ?, poursuit-il avant de conclure que la réalité des faits n’est pas ce qui est dit. «Dans notre pays, quand on a peur, on se met nu pour marcher. C’est peut-être ce qu’Euloge Oké a fait », suppose-t-il.
Le moindre certificat médical de la victime n’est versé au dossier, s’indigne-t-il. De plus, on ne dispose que d’une photo et Dieu seul sait si c’est vraiment la photo de la victime ; car cette photo est de quelqu’un qui ne peut même pas parler, à plus forte raison marcher, soutient-il.
Après avoir noté ces insuffisances, Me Jean de Dieu Houssou fait remarquer que son client a narré tout autre fait au psychiatre lors de son examen et en conclut que Bouraïma Edeh n’a pas toutes ses facultés mentales. Pour ce qui est de l’infraction, il pense que c’est un «vol de misère ». «Sinon comment comprendre qu’on puisse porter des coups à la tête de quelqu’un pour 10 000 francs CFA ou moins?», s’interroge-t-il. Puis, il surfe sur la foi des membres de la Cour pour implorer leur clémence dans le jugement, en évoquant cette période de carême où Dieu lui-même est amené à pardonner les infidélités et autres bêtises des hommes. «Faut-il lui couper la tête, puisque mon client a avoué ? Que vont devenir ces deux jeunes gens si la sanction est trop lourde ?», se demande Jean de Dieu Houssou.
Autre défense, puis le verdict
Me Mouftaou Bah Salifou qui défend les intérêts de Boubé Zakari, tente de démonter les arguments évoqués par le ministère public pour requérir la condamnation des deux accusés. «L’avocat général ne nous a pas dit ce en quoi consiste la participation, le degré d’implication de Boubé Zakari et quel acte matériel il a pu poser concrètement dans cette affaire. Ce n’est pas à l’accusé de prouver son implication ou non, mais plutôt au ministère public», regrette-t-il. Aussi, déplore-t-il l’absence de la partie civile et le fait qu’aucune perquisition n’ait été faite sur les lieux du crime ou au domicile des accusés. Revenant à son client, Me Mouftaou Bah Salifou souligne que si son client se reprochait quelque chose, il allait fuir et n’allait pas attendre que les gendarmes viennent l’arrêter chez lui. Malgré les sévices corporels à lui infligés, Boubé Zakari n’a pas varié dans ses déclarations. L’intéressé dit avoir été tellement bastonné à la brigade, si bien qu’il ne pouvait pas se lever pendant un mois.
En matière pénale, chacun est responsable des actes dont il est auteur. Et pour cela, la défense souhaite «une discrimination utile» en faveur de son client. Me Mouftaou Bah Salifou demande à la Cour d’acquitter, d’absoudre purement et simplement Boubé Zakari.
De retour du délibéré, la Cour rend un arrêté de condamnation et d’acquittement. Elle déclare non coupable le nommé Boubé Zakari des faits mis à sa charge et l’acquitte effectivement mais au bénéfice du doute. Il recouvre ainsi sa liberté.
Quant à Bouraïma Edeh, la Cour le déclare coupable de tentative de meurtre et de vol à main armée, faits prévus et punis respectivement par les articles 3, 295, 304 et 381 alinéa 1er du Code pénal. Il est ainsi déclaré pénalement responsable d’avoir tenté de donner la mort au nommé Euloge Oké, laquelle tentative est manifestée par un commencement d’exécution (le fait de donner des coups de gourdins sur la tête et le corps) et qui n’a manqué son effet que par suite de circonstance indépendante de sa volonté à savoir la fausse impression que la victime avait déjà succombé aux coups. Aussi, est-il déclaré coupable dans les mêmes circonstances de temps et de lieu d’avoir frauduleusement soustrait une somme de 5000 F CFA, un téléphone portable, un pantalon, un sous-vêtement au préjudice d’Euloge Oké qui en était légitime propriétaire avec cette circonstance qu’il était porteur d’une arme apparente. La Cour condamne Bouraïma Edeh à 10 ans de réclusion criminelle et aux frais envers l’Etat, fixe la durée de la contrainte par corps à deux mois. Le mis en cause bénéficie d’un délai de trois mois pour s’en acquitter. La Cour avise également le condamné qu’il dispose de trois jours francs pour se pourvoir en cassation.

Le Conseil des ministres s’est réuni en séances extraordinaires le mardi 23 et jeudi 25 juin 2015 sous la présidence du président de la République, chef de l’Etat, chef du gouvernement.
Au début de la séance, le chef de l’Etat a fait observer une minute de silence en la mémoire des feus :
• Cyprienne Cakpo épouse Kadjégbin, mère de monsieur Fortunato Kadjégbin, magistrat, juge des mineurs au Tribunal de première instance de première classe de Parakou ;
• Aïssatou Ali épouse Bakary, mère de monsieur Nourou Dine Bakary, magistrat, juge du 2è Cabinet d’Instruction au Tribunal de première instance de première classe de Parakou;
• Marie Adikpéto épouse Capo-Chichi et Kodjo Hubert A. Capo-Chichi, belle-mère et beau-père de monsieur Pierre Dassoundo Ahiffon, magistrat, juge du 1er Cabinet d’Instruction et président par intérim du Tribunal de première instance de première classe de Porto-Novo ;
• Florentin Kélomey Azondékon, ancien comptable de l’Institut de Formation sociale, Economique et Civique (INFOSEC) à la retraite, père de monsieur D. Arnaud Kelomey, directeur adjoint de Cabinet du ministère de l’Industrie et du commerce.
Au cours de la séance, la secrétaire générale de la présidence de la République a rendu compte au Conseil des ministres d’un projet de réformes de la Chaîne de contrôle des structures, institutions et entreprises publiques.
De ce compte rendu, il ressort notamment l’analyse critique du fonctionnement de l’Inspection générale de l’Etat et les résultats qu’il a permis d’obtenir indiquent que nonobstant les efforts enregistrés dans l’instauration de la bonne gouvernance, on peut noter un manque d’impact certain qui tient pour l’essentiel :
- au manque de personnes adéquates et de ressources suffisantes ;
- à la concentration poussée sur les inspections au détriment des pratiques et techniques d’audits surtout l’Audit de performance et de contrôle internes ;
- à l’exploitation insuffisante des recommandations de ses rapports par les audités ;
- à la non publication de ses rapports et de ses activités.
De ce point de vue et tenant compte du contexte actuel et de la volonté affirmée du gouvernement d’approfondir la lutte contre la corruption et d’assurer une meilleure gouvernance au profit de l’Etat, des entreprises publiques et des populations, le Conseil des ministres a décidé de la création en lieu et place de l’Inspection général d’Etat, du bureau de l’Auditeur général avec à sa tête un auditeur général.
Dans cette perspective, le Conseil des ministres a instruit le Premier ministre de présider un comité comprenant le ministre d’Etat chargé de l’Economie, des Finances et des Programmes de Dénationalisation, le garde des sceaux, ministre de la Justice, de la Législation et des Droits de l’Homme et le conseiller spécial du président de la République chargé de la gouvernance des Entreprises publiques et du contrôle interne à l’effet de la prise d’un décret portant attributions, organisation et fonctionnement de la nouvelle structure.
Le ministre d’Etat chargé des OMD-ODD et des grands travaux, a rendu compte au Conseil des ministres des problèmes relatifs à l’exécution de certaines mesures à mettre en œuvre dans le cadre de l’amélioration du climat de affaires au Bénin, au titre du DOING Business, notamment dans les domaines de :
- la création d’entreprise : la réforme du Guichet unique de formalisation des Entreprises (GUFE) dont l’objectif principal à atteindre était la création d’entreprise dans un délai d’une (1) heure maximum est en cours de réalisation. Des diligences doivent se poursuivre au niveau du ministère de la Communication ;
- le commerce transfrontalier: après l’installation du Coordinateur du Centre commun de pré-dédouanement (CCP), la dématérialisation des documents de pré-dédouanement est devenue une réalité ;
- l’accès en ligne aux informations relatives aux sûretés inscrites au Registre de commerce et du crédit mobilier a été facilité mais pour ce qui est de la possibilité d’inscrire directement en ligne lesdites sûretés au même registre, certains travaux restent à faire.
En prenant acte du compte rendu, le Conseil des ministres a instruit :
- le ministre chargé de la Télécommunication d’instruire le directeur général de Bénin Télécom à veiller à ce que l’interconnexion entre la direction générale des Impôts et le GUFE soit opérationnelle immédiatement afin de maintenir les délais de création d’entreprise à une (1) heure;
- le ministre d’Etat en charge des Finances de mettre immédiatement à la disposition des prestataires du ministère de la Justice tout moyen nécessaire, qui permettra l’exécution des travaux relatifs à la conception d’un portail web pouvant permettre l’inscription des sûretés directement en ligne.
Le Conseil des ministres a également examiné sept (07) dossiers relatifs aux secteurs de :
1. l’Agriculture notamment :
- le règlement des dettes envers les producteurs, les transporteurs, les transitaires et le Génie militaire
Le gouvernement du Bénin a décidé d’affecter trente milliards (30.000.000.000) de francs CFA au paiement des acteurs de la filière cotonnière au titre de la campagne 2014-2015.
A cet effet, il a procédé à la répartition de ce montant au profit des producteurs, des transporteurs, des Egreneurs, des transitaires, du génie militaire pour la réfection des pistes et d’autres acteurs.
Dans ce cadre, le gouvernement a accordé la priorité aux braves producteurs en adoptant la répartition ci-après :
- Producteurs: 15 487 600 320 FCFA pour solde (y compris crédit FNM) de tous comptes.
- Transporteurs: 8 141 155 332 FCFA pour solde de tout compte.
- Egreneurs: 2 000 000 000 FCFA
- Transitaires: 1 000 000 000 FCFA
- Génie Militaire: 500 000 000 FCFA
- Frais de marché: 50 000 000 FCFA
- Prestations ONS: 40 000 000 FCFA
- Prestations SONAPRA 40 000 000 FCFA
- Audit des comptes : 200 000 000 FCFA
- Acquisition Herbicides au titre de la campagne 2015-2016 : 2 539 150 000 FCFA
Ce faisant, le gouvernement a honoré ses engagements vis-à-vis des producteurs de coton et les encourage à se mobiliser davantage afin d’améliorer le niveau de production du coton qui devrait atteindre pour 2015-2016 plus de 500.000 tonnes par l’accroissement des emblavures. Le gouvernement rassure tous les acteurs de la filière coton, qu’en relation avec la BOAD, les dispositions sont prises pour boucler le schéma de financement de la campagne 2015-2016.
- La distribution de 100 kits de tracteurs.
En effet aux fins d’encourager les producteurs dans la production cotonnière et pour atténuer sensiblement la pénibilité de leur travail, le gouvernement a offert aux paysans 100 kits de tracteurs. Ces engins convoyés par le Génie militaire seront remis aux associations de producteurs qui en assureront la distribution selon les critères qu’elles auront démocratiquement arrêtés. Le conseil a ainsi décidé de répartir les cent kits comme il suit :
- Atacora-Donga : 30 à raison de 20 pour l’Atacora et 10 pour la Donga ;
- Borgou-Alibori 35 ;
- Zou-Collines 12 ;
- Mono 10
- Ouémé-Plateau 10
- Armée et SOBEH 3 dont 1pour SOBEH.
2. Des infrastructures
Le ministre des Travaux publics et des Transports a rendu compte au Conseil du point de l’évolution des grands travaux en cours. Il ressort de ce point que les projets routiers sous financement direct se poursuivent, il s’agit notamment de :
- la route Akassato-Bohicon ;
- Godomey-Pahou ;
- Pahou-Ouidah- Illacondji ;
- Ouidah-Allada avec la bretelle Pahou-Tori ;
- Kandi-Ségbanan-Samia ;
- Bodjècali-Madécali-Illoua ;
- Pont sur le fleuve Mono.
En ce qui concerne les projets dont le financement est assuré par le contrat d’arrangement avec la BOAD, le Conseil des ministres a instruit le ministre des Travaux publics, des ODD et le ministre d’Etat chargé de l’Economie, des Finances et des Programmes de dénationalisation, d’accélérer les procédures des différents contrats afin de faciliter la poursuite de l’exécution des travaux. Il s’agit des projets d’aménagement et de bitumage des routes :
- Parakou-Djougou ;
- Comé-Lokossa-Dogbo avec la bretelle Zounhouè-Athiémé ;
- Frontière Togo-Tchetti-Savalou et Logozohouè-Glazoué ;
- Djrègbé-Dja-Owodé.
Le Conseil a par ailleurs, instruit le ministre des Travaux publics et des transports d’accélérer les procédures de finalisation des conventions de financement des travaux d’aménagement et de bitumage des routes :
- Tangbo-Zè et Houègbo-Toffo ;
-Dogbo-Toviklin-Klouékamè-Adjahommè (30, 80 km) et Klouékamè-Lalo (7,85km) ;
- RNIE1 Cococodji-Hêvié-Ouèdo.
Par ailleurs, des instructions fermes ont été données au ministre des Travaux publics et des transports de faire démarrer dès lundi 29 juin 2015, les travaux d’aménagement et de bitumage de la bretelle Biro-Pèrèrè.
Le ministre des Travaux publics et des transports a rendu compte au Conseil, de la levée de la mesure relative à l’augmentation des frais de visites techniques des véhicules par le Centre national de Sécurité routière.
3. Dans le secteur portuaire.
Le Conseil des ministres s’est penché sur la prime de cinq mille (5000) francs instaurée par la CCIB au titre des frais d’achat d’imprimé DDU. Le Conseil des ministres a retenu le maintien de l’achat du DDU à 580 F CFA en attendant que la commission mise en place pour connaître les tenants et les aboutissants puisse déposer ses conclusions au terme des deux (02) semaines qui lui ont été imparties.
Le Conseil invite tous les acteurs concernés et qui sont du reste membres de la commission à s’en tenir à leur engagement pris de ne jamais poser d’acte qui ternisse l’image et porte atteinte à la compétitivité du port de Cotonou.
4. Dans le secteur de l’Energie.
Le Conseil des ministres a instruit le ministre en charge de l’Energie et le ministre en charge des ODD de présenter sous huitaine au Conseil le point de la situation énergétique du Bénin et d’élaborer une politique d’accès de tous les citoyens à l’électricité par le truchement des compteurs prépayés.
5. Dans le domaine de la Télévision numérique terrestre (TNT).
En examinant le point fait sur la question par le ministre en charge des communications, le Conseil des ministres l’a instruit aux fins de prendre toutes les dispositions appropriées pour qu’à l’horizon de fin décembre 2015, le Bénin rejoigne le peloton des pays qui ont réussi le passage au numérique, la mobilisation des ressources nécessaires soit 35 milliards étant aujourd’hui une réalité.
Au point 6 des questions examinées, le Conseil des ministres a approuvé la signature de l’avenant n°3 à la convention minière de la société Nouvelle cimenterie du Bénin (NOCIBE).
La signature de cet avenant permettra à la NOCIBE de se conformer aux dispositions en vigueur pour son agrément au régime préférentiel des échanges intracommunautaires de l’UEMOA tel que prévu par le protocole additionnel n° III/2001 du 19 décembre 2001.
Au point 7 des questions examinées, le Conseil des ministres a instruit le ministre en charge de l’Economie de mettre à la disposition de la communauté islamique du Bénin, la somme de cent millions (100 000 000) de francs CFA afin de soutenir nos compatriotes musulmans dans leur effort de carême.
Le gouvernement saisit cette opportunité pour remercier nos frères musulmans pour leurs prières en vue de solliciter la clémence d’Allah le miséricordieux sur notre pays le Bénin afin que nous jouissions de ses bienfaits, de la paix et de la stabilité.
Enfin les nominations suivantes ont été prononcées :
A la présidence de la République
o Conseiller technique du président de la République à l’Economie numérique : monsieur Jules Dégila ;
Au ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche :
o directeur général de la SONAPRA : Monsieur Jacob Ichola
Fait à Cotonou, le 25 juin 2015
Le secrétaire général
du gouvernement,
Alassani Tigri

En 1962, le Dahomey aujourd’hui Bénin devenait le premier pays non européen à être sacré «Champion du monde» au théâtre des Nations organisé à Paris. Sous la direction d’un certain Flavien Campbell, de regrettée mémoire, la représentation béninoise avait alors épaté, raconte-t-on. 53 ans après ce sacre, c’est comme si de rien n’était, et c’est avec nostalgie que certains acteurs culturels revivent cette « belle épopée».
« Fier souvenir… une épopée triomphale… ». Ce sont là, quelques expressions utilisées hier par l’acteur culturel Gratien Ahouanmènou, pour évoquer le sacre d’il y a 53 ans réalisé par le ballet national du Dahomey. Pour lui, ce souvenir est devenu une sorte d’obligation face au silence général qui entoure depuis des années ce sacre d’il y a plus de cinq décennies. Celui-ci estime qu’on ne devrait pas oublier de sitôt, Flavien Campbell et ses poulains de l’époque, puisqu’à ce jour, aucune autre récompense n’a été attribuée à la culture béninoise. Et loin de vouloir célébrer un souvenir lointain ou encore, de ressasser une époque glorieuse dont les acteurs sont passés de vie à trépas, celui-ci soutient qu’il faille s’en inspirer pour construire le présent et penser autrement la culture béninoise. Il y a deux ans, à l’occasion du 51è anniversaire de ce sacre, c’est une conférence publique que Gratien Ahouanmènou avait fait organiser pour évoquer la question et rappelé à la conscience collective, ce souvenir peu connu. Fort heureusement, il y avait ce jour-là à l’Institut français de Cotonou, lieu de la tenue de l’évènement, un certain Jean Pliya, à l’époque des faits, directeur de cabinet du ministre de l’Education, Michel Ahouanmènou.
Le spectacle qui a valu ce sacre «est due à l’authenticité, à l’originalité et au brio du spectacle présenté à l’occasion. Lequel spectacle a été conçu par une équipe de 100 artistes sélectionnés sur toute l’étendue du territoire national, sous la conduite d’une direction artistique dirigée par Maître Flavien Campbell, assisté d’Albert Botbel. A l’encadrement, il y avait Pascal Abikanlou, Augustin Yekèdo, Paulette Gangbo, Honoré Agossou et Prosper Ouin Orou », témoigne-t-on. Depuis lors, le temps est resté au regret et beaucoup ont déploré le fait que les auteurs de cette prouesse n’aient jamais reçu le témoignage qui leur était dû. Si ce n’est dernièrement, une société de téléphonie mobile qui a jugé utile de distinguer Flavien Campbell.
A l’aune des 53 ans d’anniversaire de la «victoire de Paris», le 6 juillet 1962, Gratien Ahouanmènou évoque toujours avec émotion et fierté, comment ces artistes d’antan
«magnifiaient la diversité culturelle du Dahomey» en remportant pour la première fois depuis l'instauration (1957) de cette rencontre annuelle, le 1er prix dénommé le "Challenge du théâtre des Nations". Il parle à cet effet de «reconnaissance de dette» et soutient qu’il y a
«une bonne raison d'être fier des exploits des défunts pères». Au-delà de cette appréciation, l’homme s’interroge de savoir : «Pour notre part, que doit-on faire pour que nos fils puissent se satisfaire? »
Culture 07 juil. 2015

Ceux qui espéraient un retour au calme à l’Université d’Abomey-Calavi ont tout simplement rêvé. La fin du drame n’est pas pour demain. Alors que les appels au calme se multiplient, les apprenants de cette Université viennent d’enfoncer le clou en décidant de reconduire de fort belle manière leur mouvement de paralysie du campus.
Alors qu’on s’attendait à ce que les étudiants de l’Université d’Abomey-Calavi (UAC) mettent de l’eau dans leur vin, se plient devant les appels au calme et renoncent à certaines revendications pour la reprise des cours, ceux-ci viennent de donner une autre tournure à leur grève. A la faveur d’une assemblée générale tenue hier sur le campus, ils ont tout simplement décidé de redonner vie au mouvement de paralysie qui handicape depuis plusieurs semaines déjà leur centre de formation.
La revendication essentielle pour laquelle le président de la Fédération nationale des étudiants du Bénin (FNEB), Bill S. Kingninouho a annoncé hier que « la grève se poursuit » porte sur le refus du rectorat d’organiser deux sessions à la Faculté des Lettres, Arts et Sciences humaines (FLASH) de l’UAC.
En clair, l’opération «campus mort» reprend vie et s’oxygène à nouveau, pour on ne sait combien de temps. Ceci, d’autant plus que les multiples concertations et tractations jusque-là entreprises pour concilier autorités rectorales et responsables d’organisations estudiantines en vue de trouver une porte de sortie n’ont pas abouti. L’ensemble des tentatives a accouché à chaque fois d’une souris. Sommés de toutes parts, certains voyaient les étudiants accéder aux propositions du rectorat, mais c’était sans compter avec la ténacité de ces derniers. A vrai dire, ceux-ci soutiennent que le salut des quelque 40.000 étudiants de la FLASH réside dans l’organisation d’une deuxième session, puisque très peu d’étudiants parviennent à se tirer d’affaires à la première.
Au cours de leur assemblée générale organisée hier et qui se serait d’ailleurs déroulée dans des conditions surchauffées, la porte de sortie n’a pas été trouvée. La sentence, quoique lourde est restée la même : « la grève se poursuit ».