La Nation Bénin...
Nouvelles
Société
25 nov. 2022
D5-Presidence benin[/caption]
-----------------------------------
Anatole Ouinsavi, président de l’Union nationale des jeunes du Bénin (Unajeb)
« Nous souhaitons vivement que les élections soient libres, transparentes et équitables. Que tous les candidats aient la même chance. Que seul le peuple désigne ceux qui peuvent le représenter à l’Assemblée nationale. Nous souhaitons des députész dignes et capables de faire des propositions de lois qui vont dans l’intérêt supérieur de la nation, des lois qui permettront de relever davantage les défis du développement, des lois qui permettront à notre République de se tenir toujours debout pour continuer sur le chemin du développement. »
-----------------------
Moudachirou Bachabi, secrétaire général de la Confédération générale des travailleurs du Bénin (Cgtb)
« En tant que Béninois, je souhaite que les élections se déroulent dans une ambiance festive. Vous savez que nous avons une tradition de fête autour des élections. Cette tradition est soumise à rude épreuve depuis des années parce que certaines habitudes ont été remises en cause : les réformes sont passées par là. Avec beaucoup de difficultés, ces réformes s’internalisent et je souhaite qu’à l’occasion de ces élections, nous puissions renouer avec le caractère festif de nos consultations. Ce qui serait important également, c’est qu’à l’issue de ces élections, nous ayons une bonne présence des femmes au sein de l’hémicycle, et que l’opinion soit plurielle ; pas parce que ceux qui sont en train de partir sont tous derrière le chef de l’Etat, mais parce que dans la pluralité des opinions le gouvernement aussi va trouver des éléments qui vont lui permettre d’améliorer la gouvernance qui est un repère du Pag.
C’est heureux que ces élections se déroulent à 48 heures de la fête des religions endogènes. Les mânes de nos ancêtres veilleront pour que cela se passe très bien. Je crois que si on attend ça, tous autant que nous sommes, nous devons nous préparer à accompagner le mouvement pour que cela se passe bien. »
--------------------------
Eugène Dossoumou, secrétaire administratif permanent du parti Bloc républicain, intervenu sur la Télévision nationale
« Les conditions pour des élections dans une ambiance festive, c’est déjà d’éviter les discours va-t-en guerre. Et ça, c’est de la responsabilité de tous les dirigeants de partis politiques. Ils doivent se rappeler que les élections ne doivent pas être une occasion de violences, de vandalisme comme on a eu à le voir par le passé. Il y va de la responsabilité des partis et des citoyens. Chacun, où qu’il se trouve, doit cultiver l’esprit citoyen. Personne n’a intérêt à ce que ce pays prenne feu. S’il y a des gens qui veulent mettre le pays à feu et à sang, c’est aux autres de les en dissuader. Pour moi, la première victoire qui reviendra à tout le peuple béninois à l’occasion de ces élections, c’est la paix. Les législatives doivent se dérouler dans une ambiance festive. C’est parce que je suis originaire de la zone du pays où il y a eu des violences lors des législatives passées, que la question me préoccupe au plus haut point. La chose la plus simple, c’est d’aller accomplir son devoir civique le jour du scrutin. C’est à cela que j’invite tous les Béninois en général et mes concitoyens de la 10e circonscription électorale en particulier et encore plus les membres de ma communauté. Je ne nous stigmatise pas. Nous n’avons pas le monopole de la violence mais partout où il y a violence, nous avons le devoir d’appeler au calme. Mais je crois très sincèrement qu’avec le travail qui est fait aussi bien par le gouvernement que par les acteurs politiques, il y a bon espoir que tout se déroule dans la convivialité que nous appelons de tous nos vœux .»
-----------------------------------
Martin Vihoutou Assogba, président de l’Association de lutte contre le racisme, l’ethnocentrisme et le régionalisme (Alcrer)
« Il faudrait que chacun de nous joue sa partition afin que les élections prochaines soient pacifiques et transparentes. Personne n’a intérêt que nous revivions les situations des législatives de 2019. Je sais que beaucoup de partis politiques s’y mettent. Il faudrait aussi que les partis politiques travaillent à faire sortir leurs militants. Nous, acteurs de la société civile, nous ne venons qu’en appui aux partis dans le processus. Nous, notre préoccupation, c’est d’avoir des élections apaisées, inclusives, acceptées par tous et que les meilleurs partis, ceux qui ont vraiment travaillé gagnent. A l’endroit des populations, nous continuons la sensibilisation avant, pendant et après. Avant, nous demandons aux populations de jouer leur partition et aux partis de continuer par inviter les électeurs à sortir pour voter. Pendant, nous allons veiller sur le scrutin et après nous allons attendre et inviter chacun à attendre les organes chargés de proclamer les résultats. Après les résultats, nous allons demander aux uns et aux autres d’accepter les résultats issus des urnes et que chacun se comporte en bon citoyen. Il faudrait qu’il n’y ait pas de troubles à l’ordre public. Que les candidats malheureux prennent patience et qu’ils s’organisent mieux pour rebondir une autre fois ».
----------------------------
Latifatou Waïdi, présidente de la Coalition des Organisations de la société civile pour les élections et la paix (Coscep)
« Que les élections se déroulent dans la transparence et surtout dans la paix. Nous en avons besoin. Le Bénin est un pays qui inspire d’autres. Je pense que cette fois-ci, les gens vont sortir pour accomplir leur devoir citoyen parce que nous sommes sur le terrain et nous sensibilisons les électeurs dans ce sens, dans tous les départements du Bénin. Vous n’êtes pas sans savoir qu’il y a aussi bien les partis d’opposition que ceux de la mouvance qui sont sur la ligne de départ. Cela va inciter les gens à sortir pour aller voter. Soyons tous sereins. Je crois que les choses vont bien se dérouler. Notre souhait est que tous les 6 600 572 électeurs votent. A défaut, que nous ayons au moins 95 % de votants ».
Actualités
25 nov. 2022
De l’école à la prison
Devenu Jeune instituteur révolutionnaire (Jir), il s’inscrit pour poursuivre ses études en droit à l’Université nationale du Bénin(Unb). Mais en 1977, le jeune instituteur sera affecté à l’école de Tchaourou gare, avant de rejoindre l’école normale des instituteurs (Eni) du Borgou-Atacora en 1979. « On nous traitait mal à l’école. Au lieu de nous donner du thé, on nous donnait de la bouillie. Nous avons regroupé les élèves et chacun verse sa part dans la poubelle jusqu’à la remplir. Donc, nous avons poursuivi la lutte à l’école normale. Le lendemain de cette action, la bouillie a été remplacée par du thé, du pain accompagné de beurre. C'étaient les premières luttes que je menais en tant qu’adulte »,
renseigne Paul Essè Iko. Il finira par être arrêté et jeté en prison. Un séjour carcéral interrompu à la faveur de la prise d’une loi d’amnistie. De retour de la prison, son vœu d’être réinséré dans le corps enseignant, en raison des effets de l’amnistie, se heurta longtemps à son passé de révolutionnaire. « En ce temps-là, j’avais déjà une petite fille qui s’appelait Pauline. Je l’ai eue en 1975 quand j’étais encore sur les bancs du collège. Je voulais être capable de nourrir mon enfant, et de me nourrir, et ne plus aller voir mon père qui était déjà vieux. Quand j’ai quitté la prison, j’étais bien maigre. Je ne mangeais pas », déplore le syndicaliste. Il retourne à l’école normale d’instituteur du Zou, où il poursuit son militantisme aux côtés du Parti communiste du Dahomey, créé en 1977 dans la clandestinité et dont il était l’un des membres fondateurs.
Les années 1980 furent celles de la reprise des mouvements de grève, et Paul Essè Iko y joua un rôle de premier plan, jusqu’à l’organisation de la Conférence nationale, et la création de la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin (Cstb).
« Ce sont les membres du Parti communiste travailleurs, qui ont créé la Cstb au Nigeria en 1982 dans la clandestinité. Et c’est en 1992, au retour des libertés, que nous l’avons remise en selle », a-t-il expliqué. Ainsi, les débrayages se sont poursuivis jusqu’à ces dernières années où ils sont d’abord devenus rares, puis interdits dans certains secteurs. Pourtant, dit-il, ces pressions ont été utiles pour le renforcement de l’Etat de droit et de la démocratie d’une part et en termes d’acquis pour l’amélioration des conditions de travail et de vie des travailleurs d’autre part. « Je n’ai pas eu de regrets parce que chaque fois que je me battais, je voyais des changements », confia-t-il.
''Je ne peux pas être un bon mari… ''
Cependant, cette conviction n’a pas pris le pas sur sa vocation. Syndicaliste jusqu’au bout, Paul Essè Iko est resté enseignant à part entière. « Je n’abandonne jamais les classes et j’ai toujours eu des adjoints. En tant que directeur d’école, je corrigeais les cahiers de mes enseignants et des élèves. C’était un travail de sacrifice », raconte-t-il. Assumer ses responsabilités en tant qu’enseignant et secrétaire général n’était pas une mince affaire. L’ancien secrétaire général de la Confédération des syndicats des travailleurs du Bénin (Cstb) en a fait l’expérience. De ses fonctions de directeur de l'École primaire publique (Epp) Agla Sud, et Cadjèhoun B, il garde de bons souvenirs. Mais la petite famille a souffert de cet activisme du syndicaliste. « Ma famille ne me voit pas à la maison. Je ne peux pas faire tout ça et être un bon mari, ma femme se plaint et elle a raison. Elle s’est occupée des enfants jusqu'à ma retraite, et il fallait qu’elle soit aussi militante. Elle était institutrice aussi et me comprenait », fait savoir le syndicaliste. Il raconte qu’à la naissance de sa fille, aujourd’hui magistrate de profession, il devait se rendre à une rencontre syndicale à Porto-Novo. « Ma femme est entrée en travail à 4 h du matin. Mais ce jour-là, devait se tenir la réunion du lycée Béhanzin à Porto Novo. Je l’ai amenée à l’hôpital et je l’ai confiée aux sages-femmes. Je leur ai dit, Porto-Novo est loin d’ici, je ne peux pas vous assister, excusez-moi. Ma femme pleurait, les gens me regardaient avec tristesse, j’ai été obligé de l’abandonner. Je l’ai nommée Fleuriale, pour dire qu’elle est sortie des fleurs du combat », raconte-t-il. Paul Essè Iko revendique juste une décoration pour avoir consacré sa vie au combat politique et syndical. Pour l’homme, c’est un mérite, le Bénin devrait célébrer ses fils valeureux.
Société
23 nov. 2022