La Nation Bénin...
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Des feux tricolores solaires « Made in Benin » régulent la circulation depuis le 17 janvier dernier au niveau des grandes artères du 10e arrondissement de Cotonou. Cette innovation de trois jeunes béninois de la startup Alivo suscite grand intérêt au sein des usagers de la route.
Plus de policiers pour réguler la circulation au niveau des grands carrefours du 10e arrondissement de Cotonou. Et pour cause ! A leur place, des feux tricolores solaires « Made in Benin » fonctionnent. Il suffit d’emprunter l’axe Kouhounou-Fifadji ou Vèdoko- Zogbo pour faire le constat.
« Nous n’avons plus besoin de la police à ce carrefour. Chacun connait désormais son tour pour passer », se réjouit Eric Tossou, enseignant à Cotonou. Il salue le savoir-faire de ces jeunes béninois qui, grâce à cette innovation, ont réglé le problème de la circulation des personnes et des biens. Comme lui, beaucoup d’usagers reconnaissent la valeur de ce dispositif depuis son installation dans la ville. Euloge Hounsou, mécanicien à Cotonou, estime que depuis la mise en marche de cette installation, il n’y a plus de bouchons devant le siège du 10e arrondissement de Cotonou.
Pour José Yérima, spécialiste en énergie renouvelable, ces feux tricolores constituent une solution durable aux problèmes de coupure d’électricité: « Les feux tricolores solaires sont la solution idéale pour garantir la sécurité sur les routes en cas de coupure d'électricité », souligne-t-il. Pour lui, ces feux sont complètement autonomes, leur installation est rapide et facile et sans travaux de voirie. « Installés sans grandes difficultés, les panneaux photovoltaïques captent l’énergie solaire pendant la journée. Cette énergie est stockée dans des batteries, puis elle est restituée aux feux tricolores », explique-t-il. Cette innovation béninoise qui suscite l’intérêt des usagers est le fruit de plusieurs années de recherches. Il a fallu le soutien du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique pour que ce produit « Made in Bénin » soit connu.
Quatre années de recherches
Dans leur atelier à Cotonou, Cédric Soudé, Franck Kangni et Paulin Datondji, tous membres de la startup Alivo se consacrent à fond aux recherches technologiques. En effet, partis en 2014 du constat que les carrefours des grandes villes du pays sont sans feux tricolores ou jonchés de dispositifs défectueux ou parfois mal entretenus, ces jeunes ont mené une enquête pour comprendre cette situation. « Il nous est revenu que la maintenance et la réparation des feux tricolores reviennent cher aux municipalités, vu que la plupart de ces feux tricolores sont importés. Ce qui amène les mairies à les abandonner en cas de pannes répétées», explique Cédric Soudé. Selon lui, face à cette difficulté, les municipalités avaient le choix entre renouveler toutes les installations et les abandonner. « C’est suite à ce constat que nous avons décidé d’apporter une solution durable », confie-t-il.
Ainsi, dans un premier temps, ils ont mené des recherches qui leur ont permis de concevoir des feux tricolores mobiles à mettre à la disposition des communes. Mais, cette expérience n’a pas prospéré, car les autorités municipales souhaitent avoir un dispositif de régulation fixe et non mobile. Mais le trio n’a pas pour autant baissé les bras jusqu’à obtenir le soutien de l’Agence béninoise de valorisation des recherches et innovations technologiques (Abévrit) qui les a accompagnés à hauteur de 17 millions F Cfa pour réaliser ces feux tricolores solaires installés à Cotonou. « L’Abévrit nous a aidés à avoir les accessoires : les panneaux photovoltaïques, les feux, les batteries et les câbles d’installation pour concevoir le dispositif », expose-t-il. Pour lui, c’est leurs atouts professionnels et leur savoir-faire qui leur ont permis de constituer le système pour avoir des feux tricolores « Made in Benin ». « Dans chacun de nos modules, nous avons conçu des ordinateurs qui constituent le cœur du système qui comporte le dispositif de fonctionnement du carrefour », souligne-t-il. A l’en croire, c’est ce dispositif qui permet à chaque usager de connaître son tour de passage.
Indépendance vis-à-vis de l’énergie conventionnelle
Le trio de la startup Alivo pense que ce système solaire est plus économique que celui conventionnel. Pour eux, l’avantage de l’utilisation de ces feux tricolores est que leur technologie de fonctionnement est maîtrisée. Les mairies n’auront donc pas de difficultés pour la maintenance et la réparation en cas de panne. « De plus, il y a une indépendance vis-à-vis de l’énergie électrique et une disponibilité des pièces de rechanges sur place », ajoute-t-il. Pour Cédric Soudé, l’adoption de cette innovation contribuera non seulement à optimiser l’énergie électrique, mais aussi à réduire le taux de chômage. « Chaque fois que des commandes seront faites au Bénin pour valoriser ce label, c’est la main-d’œuvre béninoise qui sera utilisée. Ainsi, soudeurs, peintres et électriciens béninois vont trouver du travail à faire », note-t-il. C’est pourquoi ils promettent de poursuivre les recherches afin que ces feux tricolores solaires « Made in Benin » soient disponibles et connus hors des frontières béninoises.
Société 25 janv. 2019

Une gouvernance performante de la transhumance nationale et transfrontalière permettra d’en tirer grand profit. Cela appelle l’application effective des textes et des mesures préventives instaurées pour la gestion de la campagne 2018-2019, notamment la dynamisation des comités de gestion de la mobilité pastorale.
Faire de la gouvernance de la migration saisonnière des animaux un vecteur de développement économique, social et culturel et non une source d’insécurité, reste une préoccupation pour tous. Gouvernement, élus locaux, agriculteurs, éleveurs et autres acteurs s’accordent sur la nécessité d’instaurer un mécanisme pour une transhumance apaisée capable d’assurer une sécurité alimentaire pour les populations.
En fait, les conflits liés à la transhumance engendrent, depuis plusieurs années, beaucoup de pertes en vie humaine et de dégâts matériels. Le passage des troupeaux est marqué par l’émondage des arbres pour le pâturage aérien, les feux de brousse, le braconnage, l’empiètement ou l’invasion agricole, les risques d’épizooties, les braquages, les viols perpétrés sur les femmes, les vols de bêtes. Toutes choses qui créent une psychose générale chez les populations à chaque saison.
La campagne 2017-2018 a été moins sanglante grâce aux mesures préventives prises par le gouvernement en vue de réduire et de maîtriser les dégâts. Les déplacements de troupeaux provenant du Nord-Bénin ont été limités à la latitude de Dassa-Zoumé. Dans les départements où la transhumance est autorisée, il était question de s’assurer que tous les couloirs de passage de troupeaux sont libérés d’éventuelles cultures, de sensibiliser les populations riveraines sur les comportements à adopter, de mettre en place un dispositif d’accueil, de contrôle sanitaire, d’enregistrement et d’orientation des transhumants, de mieux suivre les mouvements des troupeaux transhumants.
Fort des résultats probants enregistrés, le Conseil des ministres, en sa séance du 16 janvier dernier, a décidé de renforcer le dispositif mis en place pour l’édition 2018-2019, tout en mettant l’accent sur la nécessité de réactiver les comités départementaux et communaux de transhumance qui ne sont pas souvent opérationnels. Il importe, dans une approche concertée, de rendre fonctionnels ces creusets de concertation composés d’autorités des structures décentralisées et déconcentrées en charge de la gestion des ressources naturelles, des représentants des éleveurs et des agriculteurs, des associations de développement, des forces de sécurité. Aussi, est-il question d’adopter un mécanisme d’échanges et un système de coordination de la transhumance 2018-2019, tout en identifiant les activités à mener par les comités ainsi que les personnes et ressources auxquelles ils pourraient faire appel pour y parvenir.
Avantages
Si l’autorisation du renfort de la Police républicaine par des unités de l’Armée dans les communes concernées est à saluer, il convient d’exhorter les forces de défense et de sécurité à faire preuve de professionnalisme pour éviter des dérapages. Ce qui passe par un renforcement des capacités des acteurs impliqués dans la gouvernance de la mobilité pastorale. Car, la gestion de la transhumance va au-delà d’une présence dissuasive des forces de sécurité ou d’une simple surveillance des couloirs de passage des troupeaux et de leurs propriétaires.
Plus de 1150 km de couloirs de passage ont été tracés et balisés de Malanville à Ouinhi, grâce au Projet d’appui aux filières lait et viande (Pafilav) qui prévoyait également l’aménagement de 10 000 ha d’aires de pâturage. Mais, force est de constater que l’entretien et la libération effective des couloirs posent encore problème dans nombre de localités. La dynamisation des comités de gestion des retenues d’eau, couloirs de passage et aires de pâturage des animaux favorisera le dialogue entre les différents acteurs afin que les balises placées ne soient pas détruites. Ils veilleront à l’aménagement des aires de pâturage, la dynamisation des postes d’entrée, l’application effective des textes législatifs et réglementaires (notamment la loi n° 2018-20 portant Code pastoral en République du Bénin), la mise sur pied des cellules légères au niveau de l'arrondissement et au niveau du village, le renforcement du contrôle frontalier et l’organisation de la délivrance des certificats de transhumance, la formalisation de contrats entre agriculteurs et éleveurs par rapport à la gestion des résidus de récolte.
La mise en place et l’opérationnalisation d’une agence nationale de transhumance visant à optimiser sa gouvernance, reste une préoccupation majeure pour en tirer les bénéfices. Car, au-delà de la psychose et de l’insécurité sur les biens et les personnes qu’il engendre, le déplacement des troupeaux constitue une ressource économique, écologique, sociale. La transhumance contribue à l’économie locale avec le paiement des taxes aux communes d’accueil, à l’accroissement des échanges commerciaux, à la valorisation des résidus agricoles, à la fertilisation des sols par l’apport de fumure organique. Elle favorise la disponibilité à bon prix de la viande et des produits laitiers dans les zones d’accueil, l’amélioration des races bovines, le brassage des communautés, le renforcement de l’intégration sous-régionale, le développement des activités de suivi-vétérinaire.

Le médiateur de la République, Joseph Gnonlonfoun, appelle les acteurs politiques engagés dans les législatives du dimanche 28 avril prochain, au respect de l’article 36 de la Constitution du Bénin invitant les citoyens à œuvrer pour la paix et la cohésion sociale nationale. Il a animé, à cet effet, un point de presse, ce mercredi 23 janvier, au siège de l’institution à Porto-Novo.
Le médiateur de la République, Joseph Gnonlonfoun, est soucieux de la préservation de la paix, avant, pendant et après les élections législatives du 28 avril prochain. Il attire l’attention des acteurs politiques et de leurs militants sur la nécessité d’avoir à l’esprit, dans leurs actes et dans leur vécu quotidien les dispositions de l’article 36 de la Constitution du 11 décembre 1990. Lequel article stipule : « Chaque Béninois a le devoir de respecter et de considérer son semblable sans discrimination aucune et d’entretenir avec les autres des relations qui permettent de sauvegarder, de renforcer et de promouvoir le respect, le dialogue et la tolérance réciproque en vue de la paix et de la cohésion sociale nationale ». Pour le médiateur de la République, la matière électorale est le domaine par excellence où l’on doit faire montre de mesure, d’équité, d’équilibre, car quelques mots de trop peuvent amener des troubles. Des discours lus ou improvisés peuvent être sources de violences. Des actes peuvent être frappés de démesure. Des paroles qui blessent, des propos qui troublent, des actions qui créent la discorde et donc « écartent la concorde ».
Or, dans la concorde, on doit rechercher la mise en commun, c’est-à-dire une gouvernance politique qui rassemble, qui appelle le cœur à la cohésion nationale. Ainsi, dans la compétition électorale, tout ce qui déborde est inacceptable parce qu’il casse l’harmonie sociale, observe Joseph Gnonlonfoun. « Des discours enflammés d’un candidat peuvent susciter des actions ou des réactions brutales », ajoute-t-il. Le médiateur de la République estime que des messages doivent être délivrés en direction des acteurs politiques pour les inviter à la vigilance et les exhorter à la sauvegarde de l’unité nationale.
Joseph Gnonlonfoun compte aller plus loin. Il envisage de rendre visite dans les prochains jours aux institutions chargées de gérer cette élection, notamment la Cour constitutionnelle, la Commission électorale nationale autonome (Céna) ; la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) pour discuter avec elles de leur noble mission. Les institutions doivent tout mettre en œuvre, conformément à la décision Dcc n°34-94 du 23 décembre 1994 de la Cour constitutionnelle, pour que soient honnêtes, régulières, libres et transparentes les législatives du 28 avril prochain, insiste le médiateur de la République. Pour Joseph Gnonlonfoun, son institution ne peut être insensible à tout ce qui a trait à une consultation électorale bien que cela ne relève pas de ses compétences directes. Mais il se sent doublement concerné d’abord en tant que citoyen et ensuite parce qu’il peut y avoir aussi dans ce domaine la mauvaise administration et la mauvaise gouvernance. Des maux dont la résolution relève des attributions constitutionnelles du médiateur de la République qui doit être attaché à la concorde et à la paix sociale, précise Joseph Gnonlonfoun.

L’accusé Justin Dimon dit n’être coupable de rien dans le cadre de l’affaire des structures illégales de collecte d’épargne et de placement de fonds dite Icc-Services. Pasteur de son état, il a clamé son innocence, ce mercredi, à la barre de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme.
Poursuivi pour les infractions de recel de produits d’escroquerie avec appel au public et corruption par Emile Tégbénou, l’accusé Justin Dimon dit ne pas se retrouver dans les faits mis à sa charge dans le cadre de l’affaire des structures illégales de collecte d’épargne et de placement de fonds dite Icc Services. Il a clamé tout au long de son audition son innocence. Le pasteur Justin Dimon accuse l’ancien président de la République, Boni Yayi, d’être la cause de son incarcération le 8 juin 2010. L’un des gardes du corps de ce dernier aurait mis dans la tête de l’ancien chef d’Etat qu’Emile Tégbénou lui aurait construit trois maisons à étages à Zopa dans la commune d’Abomey-Calavi et déposé des milliards F Cfa sur son compte. L’ex-président de la République aurait cru à l’information que lui a donnée le garde du corps en question qui nourrissait une haine viscérale contre lui depuis bien longtemps, sous le régime du général Mathieu Kérékou. Il a saisi l’affaire Icc-Services pour le charger auprès de Boni Yayi. Pour l’accusé Justin Dimon, tout ce qui lui est reproché est faux. Il dit avoir connu Emile Tégbénou en 2009 mais comme promoteur de la Société nouvelle alliance du Bénin (Snab), spécialisée dans les travaux de forage. Il lui faisait des prières parfois même au téléphone pour la prospérité de ses affaires et d’autres œuvres spirituelles. Ces prières auraient changé positivement la vie d’Emile Tégbénou. En retour, celui-ci lui fait, un jour, don d’une enveloppe d’un million F Cfa. Il l’a gratifié, un autre jour, de cinq cent mille F Cfa toujours pour la carburation. A sa demande un jour, Emile Tégbénou lui a passé un véhicule pour assurer le déplacement de certains de ses partenaires étrangers en visite au Bénin. Il lui a fait par la suite don du véhicule. Emile Tégbénou dit avoir reçu de Dieu l’inspiration de lui faire ce don. Justin Dimon dit avoir reçu chez le promoteur de Snab une enveloppe de dix millions F Cfa au profit de certains sinistrés, dans le cadre d’un appel à l’aide lancé à la communauté nationale pour soulager la peine de ces victimes de catastrophe. Il a montré les dix millions F Cfa au chef de l’Etat d’alors, qui lui aurait dit de remettre les fonds au ministère chargé de l’Intérieur où étaient centralisées lesdites aides. Ce qui aurait été fait. Il a remis les dix millions F Cfa au ministre d’alors devant les médias. Ce qui fait au total 11,5 millions F Cfa qu’il a eu des mains d’Emile Tégbénou dont 10 millions pour des sinistrés. Justin Dimon dit n’avoir donc bénéficié en tout et pour tout directement de 1,5 million F Cfa chez Emile Tégbénou et un véhicule. Un véhicule dont il a remis la clé le 8 juin 2010 au commissariat central de Porto-Novo lorsqu’il a appris pour la première fois qu’Emile Tégbénou était dans Icc Services. Il n’a jamais été question de milliard et de trois maisons à étages reçus comme don auprès d’Emile Tégbénou. Justin Dimon dit être injustement incarcéré dans cette affaire. Il va même plus loin en demandant à la cour d’inviter l’ancien président de la République à venir dire à la barre ce qu’il lui reproche. Le pasteur dit compter sur la cour de céans pour le tirer d’affaire.
Yannick Lègba, l’espoir
Le commissaire principal de police, Yannick Lègba, était le premier à passer à la barre ce mercredi. Il était l’espoir de la cour pour clarifier les chiffres issus de l’apurement des données d’Icc-Services après le recensement des déposants par l’Insae. Le nom de Yannick Lègba était abondamment cité comme étant la seule personne pouvant expliquer à la cour les paramètres ayant permis d’aboutir aux chiffres aujourd’hui querellés, en l’occurrence le solde positif de 72 961 815 420 F Cfa; le solde négatif de -4 041 642 737 F Cfa et un montant total de 68 920 172 683 F Cfa mis à la charge d’Icc-Services comme montant que cette structure reste devoir aujourd’hui à ses épargnants.
Répondant à la préoccupation de la cour, Yannick Lègba confirme avoir travaillé sur les résultats issus de l’opération de recensement des déposants d’Icc Services en tant que statisticien de formation. Mais il a fait ce travail en 2010 sur instruction de son supérieur hiérarchique, le directeur général de l’ex-Police nationale au moment des faits, à la demande du comité de suivi de l’affaire Icc-Services et consorts. Sa mission a consisté juste à insérer dans la base de données conçue à cet effet le montant de chaque déposant, ceux dont les soldes étaient positifs, ceux dont les soldes étaient négatifs et ceux dont les soldes étaient nuls. C’est ce calcul qui a donné les chiffres cités supra. Le commissaire principal de la Police nationale précise que cette base de données lui a été fournie par l’Institut national de la statistique et de l’analyse économique (Insae). Ces chiffres constituent l'avis technique qu’il a donné sur l’opération d’apurement des données issues du recensement des déposants. Le sachant fait comprendre à la cour que l’Insae avait aussi toutes les compétences requises pour faire le travail technique qui lui a été confié. Cependant, il ne peut pas juger de la fiabilité des chiffres que seuls pouvaient confirmer les agents qui ont fait ce recensement sur le terrain.

Le Conseil des ministres du mercredi 23 janvier a décidé de la nomination à la Chambre de commerce et d'industrie du Bénin (Ccib) d’un administrateur provisoire en la personne d’Alain Hinkatin. Une décision subséquente à l’expiration du mandat des organes actuellement en place à compter de ce jeudi 24 janvier.
« Le ministre de l’Industrie et du Commerce avait rendu compte au Conseil des ministres du 25 juillet 2018, de la non-adoption par l’Assemblée consulaire, des travaux du comité technique créé dans le cadre de la révision des statuts et du règlement intérieur de la Chambre d’industrie et du commerce. En prenant acte de ce rapport, le Conseil avait mis en place un groupe de travail chargé de faire des propositions de réforme statutaire à mettre en œuvre avant l’organisation des élections consulaires ». C’est par cet extrait que le ministre en charge de la Culture Oswald Homeky a introduit les raisons pour lesquelles le gouvernement a décidé de nommer Alain Hinkatin, administrateur provisoire de la Ccib.
De ces explications, on retiendra que ces réformes visent à corriger les dysfonctionnements et contre-performances relevés dans la gestion de l'institution consulaire, en procédant entre autres, à une relecture des textes qui la régissent. « Les projets de nouveaux textes se rapportent aux propositions relatives à la représentativité des acteurs économiques, au processus électoral, au mode de fonctionnement des organes statutaires ainsi qu'aux modalités de mise en œuvre de la réforme », a indiqué le ministre au cours de son point de presse. Pour ces raisons, le Conseil des ministres a décidé de mettre sur pied une administration provisoire, pour finaliser pendant une phase transitoire, la réforme statutaire et faire tenir les élections conformément aux nouveaux textes qui seront adoptés. Un Comité de supervision de la transition a été également mis en place pour veiller à la bonne conduite des opérations, dans le respect de la feuille de route établie.

Le président de la Cour constitutionnelle, Joseph Djogbénou, a reçu hier en audience une délégation des partis de l'Opposition notamment, les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) et l’Union sociale libérale (Usl). Une rencontre qui s'inscrit dans le cadre de l'organisation réussie des prochaines élections législatives.
Représentées par des membres des partis Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) et Union sociale libérale (Usl), les forces de l’Opposition ont exprimé, sans langue de bois, au président de la Cour constitutionnelle, Joseph Djogbénou leurs craintes et leurs espérances.
En effet, certaines dispositions des lois N°2018-23 et 2018-31 portant respectivement charte des partis politiques et code électoral restent incomprises sinon obscures pour l’Opposition. Quelle interprétation faire notamment de l’article 56 de la charte des partis politiques relatif à l’existence des partis et des dispositions de l’article 242 du code électoral relatives à l’attribution des sièges ? Sur quelle base la Céna proclamera-t-elle les grandes tendances ?
Comment les sièges seront-ils repartis ? Selon les forces de l’Opposition, il urge de faire la lumière sur les dispositions à polémique. « Epris de paix et engagés pour l’enracinement de la démocratie au Bénin, nous pensons qu’il est impératif de s’entendre sur les règles du jeu électoral avant le dépôt des candidatures pour les législatives d’avril 2019 », a clamé le chef de la délégation, Joël Ajavon, avant de transmettre au président les deux principales recommandations de l’Opposition notamment : « Organiser dans les meilleurs délais, un séminaire de formation à l’endroit des acteurs politiques sur le mode de répartition des sièges d’une part et d’autre part veiller à publier des résultats détaillés et redressés à l’issue du scrutin ».
Prenant acte de leurs inquiétudes et recommandations, le président de la Cour constitutionnelle a rassuré ses hôtes de la détermination de son institution à jouer pleinement et en toute conscience le rôle qui est le sien dans l’organisation d’élections apaisées et transparentes. Mais, pour ce qui a trait aux interprétations attendues par l’Opposition sur les différentes dispositions soulevées, le président Joseph Djogbénou clarifie : « Il est normal que les lois qui serviront de repères pour les élections puissent faire l'objet de discussion entre les partis politiques. Il y va de l’intérêt de tous les partis politiques. Mais, ne demandez pas à la Cour constitutionnelle de se prononcer et d’interpréter si elle n’est pas saisie d’un recours… Dans une compétition électorale, la Cour a le pouvoir de régulation. Mais, la compétition, ce sont les partis politiques qui la font. Il revient aux partis politiques de se concerter… », a-t-il affirmé avant d’ajouter : « Que chacun assume sa part de responsabilité, chacun dans son périmètre… La Cour prendra sa part active et si elle est saisie, elle fera son travail en toute responsabilité ».
Me Djogbénou rassure
La confiance, c’est le sentiment que l’Opposition clame ne pas ressentir à l’égard de la Cour constitutionnelle. Le coordonnateur du parti Fcbe, Eugène Azatassou, Saka Fikara et le conseiller municipal Raphaël Edou l’ont exprimé lors de la séance. Appelant le président à faire preuve d'impartialité pour restaurer la confiance en cette institution garante de l'équilibre de la nation qu'est la Cour constitutionnelle. Stanislas Houngbédji de l’Usl invite aussi le président de la Cour constitutionnelle, ancien militant de l’Opposition, à faire en sorte que les dénonciations auxquelles il a pris part dans sa peau d’opposant hier ne se répètent pas dans sa peau de président d’institution aujourd’hui. Le président de la Cour constitutionnelle a rassuré ses hôtes et réaffirmé l’engagement de l’institution à faire le travail qui est le sien. « La Cour assumera ses prérogatives tel que lui confère la Constitution, mais les assurera dans l'esprit et la lettre de la Constitution », a-t-il indiqué. Il a aussi promis de collaborer avec toutes les forces politiques pour des élections apaisées.
Actualités 24 janv. 2019

Quels sont les éléments pouvant servir de motifs pour un recul et une prise de conscience face au fonctionnement du marché politique national. Une telle interrogation devrait amener tout citoyen, surtout celui qui est engagé pour le développement du Bénin, à dire «non à la manipulation des populations ! » afin d’exprimer un suffrage utile.
Le tout premier motif est ce qu’il est convenu d’appeler, communément, la transhumance politique. C’est un constat triste de remarquer que beaucoup d’hommes politiques, hier avec l’ancien régime, se retrouvent encore aujourd’hui avec l’actuel et tirent à boulets rouges sur l’ancien ; d’anciens riches, regroupés. C’est heureux qu’il y ait une réforme du système partisan qui réduit le nombre de partis politiques. Mais, vivement que cette réforme arrive à réguler le marché politique national, afin que la transhumance et les marches aléatoires des politiciens soient réduites, voire éliminées dans notre pays. Objectivement, il est donc à estimer que cette réforme introduite par le régime du Nouveau départ est salutaire pour la gestion de notre cité, et cela devrait s’imposer à tous les régimes qui viendront. Il est donc important que l’offre politique, c’est-à-dire les programmes politiques redynamisent cette réforme et promettent de la perpétuer plutôt que de la tuer et faire reculer le pays de 20 ans. Dans un contrat politique où l’accent n’est pas mis sur la poursuite d’une telle réforme, les demandeurs politiques doivent alors dire «non a la manipulation des populations ! » et rejeter l’offre contraire.
Motif d’instabilité du pouvoir politique
Le second motif réside dans l’instabilité ou plutôt dans la durabilité des régimes ou pouvoirs politiques au Bénin. A cet effet, il est capital de rappeler un fait majeur. Il s’agit de la gestion du pouvoir d’Etat par le président Soglo Nicéphore, qui, ma foi, a bien gouverné. Mais, les réalités sociologiques béninoises l’ont empêché de passer plus de temps pour mettre davantage ses atouts et ses ambitions au profit du pays. L’une des principales erreurs qu’il a commises : rappeler, tant que de besoin, les errements de la période révolutionnaire et parfois s’attaquer à la personne du feu président Kérékou Mathieu. Pourtant, au moins les 3/5 des Béninois reconnaissaient ses performances. L’exemple stylisé que j’ai l’habitude de donner, c’est la construction de la route « Vèdoko-Etoile Rouge ». Sans risque de se tromper, cette infrastructure ne me semble pas avoir souffert de dessous de table ; et sa durabilité dans le temps en est une preuve. Sans risque de se tromper, l’amer constat, c’est que le Bénin a regretté le départ de Soglo.
Avec le régime du Nouveau départ, il est vrai que les temps sont devenus plus durs, mais les Béninois doivent absolument éviter que les mêmes causes produisent les mêmes effets.
En effet, en politique, l’impopularité n’est pas toujours synonyme de mauvaise gouvernance, même si une trop importante impopularité devrait amener nos gouvernants à tout changer. Si les faits ne prouvent pas objectivement un pillage systématique des ressources, une remise en cause de la démocratie, des droits de l’homme et des libertés fondamentales, les populations devraient faire le jeu d’un renouvellement de mandat à un régime dont on est sûr, qu’au terme de deux mandats, il impactera positivement et quantitativement le développement du Bénin.
Ce qu’il faut donc rejeter dans l’offre politique, ce sont des actes qui appauvrissent les populations et participent au bâillonnement de leur liberté. Il est évident que tous les électeurs, encore moins toutes les populations ne peuvent jouir du pouvoir politique, mais il faudrait faire en sorte que les proches du pouvoir n’en profitent pas de façon exponentielle pendant que le grand monde manque du minimum. Rien ne justifierait une telle gouvernance des vainqueurs. Car, le concept de vainqueur devrait s’arrêter sur le terrain politique à l’annonce des résultats des élections. Passé ce délai, c’est tout le peuple qui en sort gagnant, puisque les élus travaillent pour lui et non pour une minorité. Les Béninois y compris les gouvernants doivent alors se départir de leur génotype sociologique cultivant l’impatience, la vengeance, le « sans moi, tu ne peux rien », la gourmandise… et avoir le courage de dire non quand il le faut. Cela impose une forte symétrie informationnelle à tous les niveaux, du plus jeune citoyen jusqu’au président de la République.
De ce qui précède, il ressort plusieurs préoccupations. Que doivent faire tout de suite les gouvernants actuels à l’endroit des Béninois à travers leur programme de développer le Bénin ou d’asseoir les bases du développement du Bénin, pour que le peuple leur donne la majorité lors des prochaines législatives en avril 2019 ou lors des présidentielles en 2021 ? Les regroupements politiques suffisent-ils au pouvoir en place pour avoir la majorité à l’Assemblée nationale ? Quel serait le comportement électoral des Béninois en 2021 si l’opposition ou la mouvance avait la majorité à l’Assemblée nationale, et vice-versa ?
Dans tous les cas de figures, si le gouvernement actuel réussit son programme d’actions, trouve les moyens de sa réalisation, et que par ailleurs il améliore le bien-être des Béninois, que son mandat lui soit renouvelé s’il le désire, afin que le Bénin ne retombe pas dans les mêmes travers de 1996. Ce serait catastrophique pour le Bénin où de nouveaux dirigeants seront amenés à revoir toute la superstructure de l’économie et faire reculer encore une fois le pays.
Les électeurs doivent alors faire beaucoup attention au moment opportun ! Ils doivent savoir dire «non à la manipulation des populations ! », «non à la rupture de la rupture ! ». Il est aussi important aux pionniers de la rupture de lâcher du lest dans leur rigueur impulsée depuis 2016. A cet effet, il est plus qu’important de rappeler que la croissance économique endogène est un bon modèle de création de richesse, que la recherche de capitaux externes, en complément, permet de l’amplifier. Ceci permettrait de faire moins de pression sur les Béninois qui refusent, de fait, de se sacrifier totalement pour les générations futures, alors qu’ils ne sont pas outillés pour vérifier l’utilisation des « économies » réalisées actuellement n
Par Godefroy Gaspard GOUDJO
Economiste
Société 23 janv. 2019

Les responsables du parti Union démocratique pour un Bénin nouveau (Udbn) se sont rendus, lundi 21 janvier dernier, au siège de la Commission électorale nationale autonome (Céna) pour toucher du doigt les dispositions que l’institution est en train de prendre pour une bonne organisation des élections.
Le bureau de la Commission électorale nationale autonome (Céna) ayant à sa tête le président, Emmanuel Tiando, en offrant l’hospitalité de l’institution à la délégation de l’Udbn conduite par son vice-président, Guy Codjia, a réaffirmé au cours de la séance de travail qu’il a eue avec elle que la Céna est la maison des partis politiques. Il a, en outre, saisi l’occasion pour porter à l’attention de l’opinion publique, que la Céna a déjà prévu dans son calendrier de travail organiser une série de rencontres avec les acteurs politiques.
De l’audition des préoccupations de la délégation de l’Udbn, il ressort qu’elle est venue s’enquérir du niveau de financement des élections législatives de 2019, dénoncer la campagne précoce menée sur le terrain par certaines formations politiques et s’informer des dispositions prises par la Céna par rapport à la vulgarisation du nouveau code électoral.
Au cours des échanges avec la délégation de l’Udbn, le président Emmanuel Tiando a rassuré ses hôtes que l’institution ne souffre pas de problème de financement. En évoquant la question relative à la campagne précoce en cours dénoncée par ses hôtes, il a invité les visiteurs à faire confiance à la Haac qui sait toujours prendre ses responsabilités. En ce qui concerne le nouveau code électoral, il a reconnu l’urgence de cette sensibilisation et a promis prendre toutes les dispositions pour combler cette attente. La délégation de l’Udbn s’est retirée par la suite, satisfaite n

Les députés ont entamé, ce mardi 22 janvier, l’examen du projet de loi fixant le régime des armes, de leurs munitions et autres matériels connexes en République du Bénin. Ils ont adopté les deux premiers titres sur les six que compte le projet de loi en attendant de poursuivre demain les travaux qui pourraient déboucher sur le vote de l’ensemble du texte.
Introduit depuis 2007 au Parlement, le projet de loi fixant le régime des armes, de leurs munitions et autres matériels connexes en République du Bénin est enfin sorti des tiroirs. Il est en examen depuis ce mardi à l’hémicycle, mais après de profondes améliorations en lien avec le souci du gouvernement de conformer la législation nationale aux principes et valeurs réaffirmés dans plusieurs conventions et protocoles auxquels le Bénin est partie prenante dont le Traité sur le commerce des armes (Tca). Composé au départ de 85 articles, le projet de loi en examen comporte 119 articles répartis en six titres. Lesquels titres traitent notamment des principes, définitions et classification ; des armes perfectionnées et des armes non perfectionnées ; de la fabrication, du montage, de l’importation, de la détention, du port et du transport des armes et munitions. Le texte aborde également les dispositions communes relatives à l’importation, au transit, à la vente et à l’entreposage des armes et munitions sans oublier les pénalités.
Pour la commission parlementaire chargée de la Sécurité qui a présenté le dossier à la plénière, ce projet de loi est d’une importance capitale. L’utilité du texte n’est plus à démontrer dans un monde où le recours aux armes est le sport favori, tout autant que les droits à l’autodéfense et à la légitime défense qui sont en définitive établis dans le droit international. Un grand nombre d’acteurs accèdent de plus en plus facilement à des armes aux effets toujours plus meurtriers et dévastateurs, en raison notamment de l’ouverture des frontières, des excédents d’armes et du libre-échange avec comme corollaire une prolifération des armes légères et de petits calibres qui alimentent une certaine économie de la violence. Des violences aveuglées au cours desquelles des armes sont souvent pointées sur des civils, enfants, femmes et hommes vulnérables, ceux-là mêmes que le droit humanitaire est censé protéger. Ces violences sont enregistrées dans certains coins du monde. Aussi, ne fait-il l’ombre d’aucun doute que dans les sociétés d’aujourd’hui, le commerce illicite des armes existe et les armes y sont largement répandues. C’est ce qu’a compris le Bénin pour se mettre aux côtés de ses pairs du monde en général et de ceux de la région Cedeao en particulier, afin de mener une lutte sans merci contre ce fléau. Il importe alors que les gouvernants renforcent la réglementation en matière d’importation, d’exportation et de transit des armes et de mettre en place une coordination plus efficace des politiques nationales. C’est dans ce cadre que le Parlement béninois a ratifié le 15 mai 2009, la convention de la Cedeao sur les armes légères et de petit calibre, leurs munitions et autres matériels connexes.
Rosine Soglo, pessimiste
L’avènement du projet de loi en étude viendra renforcer le texte communautaire pour plus d’efficacité. Le projet de loi interdit sur toute l’étendue du territoire national, en son article 16, la détention, l’usage, le prêt, l’emprunt, la cession, l’échange à titre gratuit ou onéreux, le commerce des armes, des munitions et le matériel connexe par les civils. Toutefois, quelques cas de dérogations sont accordés. Le texte renseigne sur la procédure pour l’obtention du permis de port d’arme. Selon la loi, toute personne désireuse d’importer, d’acquérir, de détenir une arme perfectionnée pour son usage personnel ou de la céder, adresse au ministre en charge de la Sécurité publique, par l’intermédiaire de l’autorité administrative de son lieu de résidence, c’est-à-dire le maire, l’une des demandes d’autorisation telles que d’importation et de détention ; de rachat à une tierce personne ; de cession ; d’échange ; de détention à titre d’héritage ; de détention à titre de donation. L’autorité administrative fait faire une enquête de moralité sur le requérant et transmet au ministre en charge de la Sécurité publique, avec son avis motivé, le dossier complet accompagné du rapport d’enquête. Le ministre en charge de la Sécurité publique statue sur la demande d’autorisation dans un délai de six mois à partir de la date de réception de celle-ci.
A l’’article 21, il est prescrit que : « Nul ne peut ni importer ni détenir plus d’une arme perfectionnée de même famille ; être autorisé à détenir plus d’une arme de poing ni plus d’un fusil, être autorisé à détenir plus de deux armes à la fois de même famille. L’importation et la détention des armes perfectionnées, les munitions et autres matériels peuvent être autorisés à toute personne, à titre exceptionnel et individuel, par le ministre en charge de la Sécurité publique. La loi cible surtout les nationaux cadres de l’administration publique notamment magistrats, administrateurs civils et autres fonctionnaires méritants justifiant de dix années de service. Cette autorisation spéciale est élargie aux personnes appartenant au secteur privé particulièrement méritantes et réunissant un minimum de dix ans d’années de pratique professionnelle.
Les personnels des Forces armées, de sécurité et assimilés totalisant au moins dix années de service effectif peuvent être également autorisés à détenir une arme perfectionnée pour usage personnel. Le ministre en charge de la Sécurité publique fixe chaque année par arrêté le contingent d’armes perfectionnées dont l’importation peut être autorisée sur l’ensemble du territoire national, précise le texte. L’arrêté détermine également le quota par circonscription administrative.
Le permis de détention d’arme perfectionnée a une validité de cinq ans. A l’issue de ce délai, le permis est renouvelable. Le postulant présente l’arme et le permis à renouveler à la circonscription administrative du lieu de son domicile. Selon le texte, la détention d’une arme à feu est illégale si à l’issue du délai de validité du permis, son titulaire n’en sollicite pas le renouvellement dans les trente jours à compter de la date de péremption. Passé ce délai, le permis est caduc de plein droit et l’administration peut en ordonner le retrait ainsi que la saisie conservatoire de l’arme y afférente. Le permis frappé de caducité ne peut servir à approvisionner le propriétaire en munitions correspondant à son arme, martèle l’article 42 du projet de loi.
Le député Rosine Vieyra Soglo salue l’initiative de cette loi quand on sait que, selon elle, l’humanité croule sous les armes et les bombes de plus en plus sophistiquées. Elle trouve urgent que les pays conjuguent leurs efforts pour éradiquer le fléau lié à la prolifération des armes. Cependant, Rosine Vieyra Soglo se dit pessimiste par rapport à l’efficacité d’une telle action concertée face à un monde où les pays se livrent une concurrence acharnée en matière d’acquisition et/ou de fabrication d’armes.
Loin de tout pessimisme, le ministre délégué auprès du président de la République chargé de la Défense nationale, Fortunet Nouatin, félicite les députés d’avoir accéléré l’examen de ce projet de loi qui permettra au Bénin de disposer d’un dispositif légal pour contrôler l’usage et la circulation des armes sur toute l’étendue du territoire national.

Les grandes phases et les grandes dates à retenir dans l’organisation des prochaines élections législatives sont connues. Entre autres, la réception des déclarations de candidatures se fera du 21 au 26 février et la campagne électorale est prévue pour se dérouler du 12 au 26 avril. La Commission électorale nationale autonome a dévoilé, lors d’un point de presse hier à son siège, le calendrier des élections.
A la suite de la convocation du corps électoral pour le dimanche 28 avril prochain par décret adopté en Conseil des ministres le 9 janvier dernier, la Céna vient de faire connaître le calendrier des huitièmes élections législatives sous l’ère du Renouveau démocratique. Présenté par la vice-présidente de la Céna, Geneviève Boko Nadjo, ce calendrier s’est ouvert le mercredi 16 janvier dernier avec la réception officielle de la Liste électorale permanente informatisée et s’étend au 30 mai prochain avec la publication du rapport général des élections législatives de 2019.
D’hier 22 janvier et ce jusqu’au 27 janvier, il sera procédé à la publication des pièces à fournir par les candidats. Sur toute la période allant du 23 janvier au 30 mai, la Céna organisera des rencontres avec les parties prenantes au processus électoral, notamment les partis politiques, les autorités gouvernementales, la société civile, les forces de défense et de sécurité, les médias, les confessions religieuses, le Cos-Lépi, les partenaires techniques et financiers…
Les personnes désireuses de déposer leurs candidatures aux postes d’agents électoraux pourront le faire du 30 janvier au 13 février. Entre le 1er et le 23 février, la Céna prendra contact avec les autorités locales en vue de la prise de l’arrêté indiquant les emplacements spéciaux réservés pour l’apposition des affiches électorales et l’arrêté réservant l’emplacement public pour la tenue des rassemblements à caractère politique. Le processus d’accréditation des observateurs nationaux et internationaux va courir du 4 février au 19 février et la formation des formateurs départementaux se tiendra du 11 au 18 février. Ce 18 février, il sera procédé au lancement de la phase d’enregistrement et réception des déclarations de candidatures. Les candidatures seront alors reçues du 21 au 26 février. L’étude des dossiers de candidature qui va démarrer le 21 février, s’achèvera le 6 mars où sera publiée la liste des déclarations de candidatures retenues pour prendre part aux législatives.
Entre temps, la liste des centres et des postes de vote par arrondissement sera affichée et publiée du 1er au 8 mars ; les listes des agents électoraux retenus seront publiées du 25 février au 1er mars ; ces agents seront formés du 4 au 11 mars. Après la phase de réception des listes d’électeurs et d’émargements en format papier par centre et par poste de vote du 13 au 27 mars, avec le positionnement des partis politiques en lice sur le bulletin unique le 14 mars puis, la remise du spécimen du bulletin unique aux partis politiques en lice du 15 au 19 mars, le président de la Céna prononcera le 11 avril l’allocution de lancement de la campagne électorale des législatives. Ladite campagne couvrira la période allant du 12 au 26 avril. Le formulaire de procuration sera délivré du 12 au 27 avril. C’est ce 27 avril que les affiches électorales seront retirées et que le président de la Céna prononcera l’allocution officielle de lancement du scrutin.
Et le lendemain, dimanche 28 avril, les électeurs se rendront aux urnes. Il sera procédé au dépouillement aux postes de vote, à la compilation des résultats sous la supervision des coordonnateurs d’arrondissement. Les grandes tendances seront publiées dès le 30 avril et le rapport général des élections législatives de 2019 sera rédigé et publié entre le 15 et le 30 mai.
Par ailleurs, la Céna reçoit la liste des délégués des candidats dans les postes de vote du 22 au 25 avril, mettra à la disposition des délégués la fiche d’autorisation d’accès aux postes de vote du 22 au 26 avril, rencontrera les observateurs nationaux le 22 avril et les observateurs internationaux le 24 avril.
Faisant le point des diligences déjà effectuées dans l’organisation des élections, le président de la Céna, Emmanuel Tiando, cite plusieurs activités. Entre autres, l’organisation de plusieurs ateliers dont l’un a porté sur l’appropriation par la Cena des nouveaux textes que sont la loi portant Charte des partis politiques et celle portant Code électoral, deux documents qui constituent, à en croire le président de la Céna, un bréviaire. Lors des ateliers qu’elle a organisés, la Céna s’est aussi penchée sur la formation des formateurs qui, à leur tour, devront former les agents électoraux. Outre les ateliers, la Céna a tenu une conférence budgétaire avec le ministère des Finances, ce qui a permis d’arrêter le budget des élections qui s’élève à 5,5 milliards de francs Cfa. Par ailleurs, la Céna a rencontré les différentes institutions impliquées pour s’assurer du bon niveau de préparation des élections.
Pièces à fournir par les candidats
A l’occasion du point de presse qu’elle a donné hier, la Céna a rappelé aux potentiels candidats la liste des pièces à fournir pour les déclarations de candidature et ce, conformément aux nouvelles dispositions en vigueur qui édictent de nouvelles exigences. « Une déclaration de candidature doit comporter les noms, prénoms, profession, date et lieu de naissance, adresse complète du ou des candidats, la couleur de l’emblème, le signe ou le logo que le parti choisit pour l’impression des bulletins », précise le commissaire Adam Soulé Boukari sur la base de l’article 269 du Code électoral. Au titre des pièces à fournir, il énumère:
Une photocopie légalisée de la carte d’électeur par candidat titulaire et suppléant (Article 44) ;
Une quittance de versement, au Trésor public, du cautionnement d’un montant de 3 millions de francs Cfa par candidat titulaire, soit au total 249 millions de francs Cfa par liste de candidature (Article 111 et 272) ;
Une attestation du parti politique qui consacre l’investiture des candidats (Article 267) ;
Une déclaration par laquelle le candidat certifie sur l’honneur qu’il n’est candidat que sur cette liste et qu’il ne se trouve dans aucun des cas d’inéligibilité prévus par le code électoral (Article 267) ; A défaut de signature de la déclaration par tous les candidats de la liste, une procuration dûment certifiée par l’autorité administrative devra être produite pour les candidats n’ayant pas signé personnellement la déclaration. Cette procuration doit donner pouvoir au signataire effectif de la déclaration (Article 268) ;
Un certificat de nationalité par candidat titulaire et suppléant (Article 46) ;
Un bulletin n°3 du casier judiciaire datant de moins de 3 mois par candidat titulaire et suppléant (Article 46) ;
Un extrait d’acte de naissance ou toute pièce en tenant lieu, par candidat ou suppléant (Article 46) ;
Un certificat de résidence par candidat titulaire et suppléant (Article 46) ;
Un quitus fiscal des 3 dernières années (2016, 2017, 2018) attestant que le candidat (titulaire et suppléant) est à jour du paiement de ses impôts (Article 46) ;
Une fiche récapitulative du positionnement des candidats dans toutes les circonscriptions électorales.