La Nation Bénin...
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L’assiette des sachants et témoins s’élargit à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) qui a convoqué de nouvelles personnes capables de faire jaillir la vérité dans le cadre du procès de l’affaire dite Icc Services (Investment consultancy and computering services), du nom de la principale structure illégale de collecte d’épargne et de placement de capitaux ayant opéré, de 2006 à 2010, à la manière du système de Ponzi.
De nouvelles personnes sont attendues à la barre de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) en charge du procès de l’affaire dite Icc Services. Il s’agit de l’ex-procureur de la République près le Tribunal de première instance de première classe de Cotonou, Justin Gbènamèto, président de la commission autonome d’enquête judiciaire ayant géré l’affaire Icc Services et consorts; du directeur de l’Institut national de la statistique et de l’analyse économique (Insae) ; du régisseur et du directeur de l’Organisation et de l’Informatique du ministère de l’Economie et des Finances.
Ces quatre personnes sont convoquées par la Cour qui a instruit à cet effet le procureur spécial près la Criet, Gilbert Ulrich Togbonon de les faire comparaitre. La cour attend de ces derniers, chacun selon son niveau d’intervention dans le dossier Icc services, la clarification de certains points d’ombre qui résistent à la manifestation de la vérité dans cette affaire. L’opportunité de la convocation de ces personnes s’est imposée à la cour, lors de l’audience de ce mercredi 16 janvier, suite aux insuffisances et imprécisions relevées dans la déposition de Sévérine Lawson, ex-agent judiciaire du Trésor (Ajt) et présidente du comité de suivi mis sur pied en 2010 par décret présidentiel pour faire face à cette crise sociale.
La présidente Séverine Lawson n’a pas pu fournir hier à la cour le nombre exact des déposants spoliés par Icc Services, le montant total compromis et les avoirs des promoteurs à la date d’aujourd’hui. Or, pour le président de la cour de céans, ces chiffres sont très importants pour un bon jugement de cette affaire. Sur la question, l’ex-agent judiciaire du Trésor a tout le temps renvoyé la cour à la commission autonome d’enquête judiciaire présidée par Justin Gbènamèto, alors premier substitut du procureur de la République du tribunal de première instance de première classe de Cotonou et au comité de crise qui avait été dirigé par l’ex-ministre d’Etat Pascal Irénée Koupaki.
Bataille des chiffres
Ce dernier avait déposé à la barre le lundi 17 décembre 2018, lors de la première audience du procès. Pascal Irénée Koupaki va certainement repasser à la barre pour une seconde déposition. Ce qui permettra à la cour de faire une sorte de confrontation entre les présidents de ces trois structures stratégiques qui ont été au cœur de la gestion de cette affaire en vue d’avoir la vérité des chiffres. Le directeur de l’Insae est attendu pour dire à la cour comment il a effectué le recensement des déposants spoliés pour qu’aujourd’hui, la cour n’ait pas un chiffre exact sur l’opération. Quant au directeur de l’Organisation et de l’Informatique du ministère de l’Economie et des Finances, il a été aussi convoqué pour faire la lumière sur l’opération d’apurement des listes des déposants et des avoirs des promoteurs d’Icc Services qu’il a faite après les résultats de l’Insae.
Puisque selon Sévérine Lawson, pendant que l’Insae évalue à 109 milliards F Cfa le montant total collecté par Icc Services auprès de ses déposants recensés, l’informaticien arrête, après purge de la liste des spoliés, la somme de 68 milliards F Cfa. Et pendant ce temps, le président directeur général d’Icc Services soutient mordicus que sa structure n’a pas collecté au-delà de 15 milliards F Cfa. La cour de céans, le ministère public et les avocats tant de la partie civile que de la défense ont jugé utile d’écouter tout ce beau monde pour y voir clair. Clarifications, il en sera également question avec le régisseur central du ministère de l’Economie et des Finances. Il s’agira surtout pour celui-ci de confirmer ou d’infirmer la déclaration de Séverine Lawson qui a soutenu ce mercredi à la barre qu’elle devrait disposer d’un émolument de 500.000 F Cfa le mois en sa qualité de présidente du comité de suivi.
Mais elle n’a touché le moindre kopeck avant de partir à la retraite en janvier 2017. Mieux, pour une mission dont le mandat a été fixé à 60 jours dans le décret présidentiel du 28 juin 2010 qui la nomme, elle y a passé deux ans à gérer cette crise. Le régisseur est donc attendu à la barre pour tirer tout cela au clair. Il devra surtout préciser si ce sont les fonds du Trésor public ou les avoirs des promoteurs d’Icc Services qui ont été utilisés au cas où il y aurait eu payement de ces émoluments. En tout cas, pour les avocats dont Me Olga Anassidé, assurant les intérêts de l’Etat béninois représenté par l’Ajt, ce procès a atteint son point culminant avec l’audition de Séverine Lawson qui a été la présidente du comité de suivi. La cour aura raté le coche si elle ne tire pas le maximum d’informations d’elle. Mais elle se dit désespérée face à l’attitude de l’ex-agent judiciaire du Trésor qui semble faire économie de vérité par rapport à certaines questions importantes concernant par exemple les chiffres.
Me Alain Orounla s’est voulu plus audacieux en faisant observer qu’il a l’impression que le statut de haut magistrat de Séverine Lawson semble influencer la cour qui a tendance à la ménager. Pas question, rétorque le président de la cour de céans, Edouard Cyriaque Dossa. Cette situation a même obligé les avocats dont Me Hervé Gbaguidi, l’un des conseils des accusés, à solliciter de la cour, dans la matinée, quelques minutes de suspension en vue de se concerter entre eux. La sérénité est de retour après la suspension. Les débats se sont poursuivis jusqu’à la suspension du procès pour le compte de cette dix-huitième journée. L’audience reprend ce jeudi toujours avec l’audition de Séverine Lawson, présidente du comité de suivi de l’affaire Icc Services et consorts.
Actualités 17 janv. 2019

Le Conseil des ministres s'est réuni ce mercredi 16 janvier 2019, sous la présidence de monsieur Patrice Talon, président de la République, chef de l'Etat, chef du Gouvernement.
Les décisions ci-après ont été prises :
I- Communications
I-1. Programme de Renforcement des Capacités et d'Evaluation d'impact en Afrique de l'Ouest.
Notre pays a pris la mesure de l'importance de la culture évaluative dans la sphère publique nationale au point d'en être le pionnier dans le domaine en Afrique subsaharienne; c'est à ce titre qu'il a initié le Programme de Renforcement de Capacités et d'Evaluation d'impact en Afrique de l'Ouest.
Ledit programme vise l'amélioration du bien-être des populations de l'espace Uemoa à travers le renforcement des capacités techniques des cadres des administrations publiques, la conduite d'évaluations d'impact rigoureuses et l'utilisation des résultats dans le processus de prise de décisions.
Le Bénin a adhéré à l'Ong internationale 3ie le 14 octobre 2014. Celle-ci s'est engagée à accompagner le programme, non seulement pour mobiliser les financements, mais aussi comme partenaire technique garant de la qualité des évaluations d'impact ainsi que de la crédibilité des résultats et des jugements qui en seront issus.
La gestion conjointe du programme par le Bénin et 3ie nécessite que soit signé un mémorandum d'entente entre les deux parties.
Le Conseil y a marqué son accord et instruit les ministres d'identifier les projets et programmes de leurs départements respectifs nécessitant une évaluation d'impact.
I-2. Mesures préventives pour la gestion de la transhumance nationale et transfrontalière, édition 2018-2019.
Le Gouvernement, tirant leçon des expériences des campagnes de transhumance, caractérisées par des destructions massives de champs de cultures, des affrontements sanglants provoquant parfois des pertes en vies humaines, a décidé de promouvoir, à terme, l'élevage intensif en lieu et place du mode extensif actuellement en cours.
Mais, en attendant d'y parvenir, il convient de renforcer le dispositif mis en place lors de la campagne 2017-2018 et d'anticiper les incidents et dégâts de la campagne à venir.
Ainsi, les ministres impliqués dans la gestion de la transhumance doivent veiller à l'observance des principales mesures ci-après :
- rendre opérationnelles l'organisation de l'accueil et l'orientation des troupeaux transhumants au niveau des points d'entrée ;
- réactiver les comités départementaux et communaux de transhumance ;
- faire libérer, en liaison avec les collectivités territoriales, les sites d'accueil et procéder au tracé et/ou réajustement des couloirs de passage des troupeaux transhumants ;
- sensibiliser les populations sur les comportements à adopter pour une campagne apaisée ;
- renforcer les équipes chargées de surveiller les transhumants en vue de prévenir tout incident au cours de leur séjour.
Pour ce faire, le Conseil a autorisé le renfort de la Police républicaine par des Unités de l'Armée, dans les communes concernées.
I-3. Aménagement et bitumage du giratoire de la ville de Tchaourou.
Les travaux de la route Bétérou-Tchaourou-frontière du Nigeria ont occasionné d'importants conflits de circulation dans la ville de Tchaourou, particulièrement à l'intersection avec la route Bohicon-Dassa-Parakou qui constitue le corridor principal vers les pays de l'hinterland desservis par le port de Cotonou. Pour remédier à cette situation, il urge d'aménager convenablement ce carrefour en vue de permettre la fluidité du trafic au niveau de la traversée de l'agglomération de Tchaourou.
En vue de l'exécution de ces travaux, une évaluation des offres a permis de retenir la société Sogea Satom pour l'aménagement et le bitumage du giratoire, et le groupement de bureaux Deco-Ic/Horse pour les prestations de contrôle et de surveillance.
Le ministre des Infrastructures et des Transports et les autres ministres concernés par le dossier accompliront les diligences nécessaires pour les contrats à signer avec les différents prestataires et l'exécution des travaux.
I-4. Mesures conservatoires relatives au domaine litigieux sis à Womey, commune d'Abomey-Calavi, présumé propriété de la collectivité Marcos.
Un conflit domanial dans la commune d'Abomey-Calavi oppose des acquéreurs de parcelles et la collectivité Marcos présumée propriétaire du foncier en litige, en raison de l'intention de cette dernière de faire exécuter des décisions de justice qui remonteraient à l'année 1941.
Les investigations menées renseignent que le site impacte un nombre important de personnes, et que des doutes subsistent sur l'existence et l'authenticité des jugements mis à exécution, de même que sur la superficie réelle du domaine litigieux.
S'agissant de la superficie, alors que le chef de la collectivité Marcos revendique 191 hectares 70 ares et 15 centiares, un autre membre de cette même collectivité soutient que le domaine en question couvrirait 12 hectares 67 ares et 76 centiares.
Au demeurant, si les décisions de justice dont se prévaut la collectivité devraient être exécutées, elles généreraient de graves préjudices pour les acquéreurs, dont le nombre est estimé à plus de trois mille personnes.
C'est pourquoi, pour élucider cette question et préserver la paix sociale, le Conseil a décidé de prendre des mesures conservatoires allant dans le sens d'une expropriation pour cause d'utilité publique, en application de la législation en vigueur.
En effet, aux termes de l'article 529 du code foncier et domanial, « Si l'exécution d'une ordonnance, d'un jugement ou d'un arrêt doit entraîner des démolitions massives d'habitations construites sur des parcelles d'une superficie cumulée de plus de cinq mille (5.000) mètres carré, l'Etat procède à l'expropriation pour cause d'utilité publique des parcelles concernées après un juste et préalable dédommagement des propriétaires desdites parcelles. »
Pour parvenir à cette fin, les ministres impliqués dans la gestion de ce dossier sont instruits de :
- faire procéder à toutes investigations destinées à établir la régularité des titres en présence et prendre toutes mesures conservatoires nécessaires ;
- étudier les mesures d'expropriation pour cause d'utilité publique envisageables dans le cas où l'authenticité des titres fondant le droit de propriété de la collectivité Marcos serait confirmée ;
- faire suspendre toutes activités de la Commission nationale des Affaires domaniales en matière foncière, sur toute l'étendue du territoire national; et
- prendre toutes mesures nécessaires au maintien de l'ordre public dans la localité de Womey concernée par le litige.
II- Rencontres et manifestations internationales.
Le Conseil a autorisé :
- l'organisation à Cotonou, les 28 et 29 janvier 2019, d'une conférence sur l'évaluation d'impact dans l'Uemoa ;
- la participation du Bénin aux réunions de concertation et de préparation du Hadj, édition 2019, en Arabie Saoudite, du 28 janvier au 08 février 2019.
III- Mesures individuelles.
Sur proposition du ministre, les nominations suivantes ont été prononcées au ministère de la Justice et de la Législation ;
Directeur du Centre de Sauvegarde de l'Enfance et de l'Adolescence de Parakou :
Monsieur Dimitri Wilfried Rafiou Viou
Directrice du Centre de Sauvegarde de l'Enfance et de l'Adolescence d'Aplahoué :
Madame Constance Sylvie CHAOU épouse Elègbèdè
Directrice du Centre de Sauvegarde de l'Enfance et de l'Adolescence d'Agblangandan :
Madame Stéphanie Clémence A. Goussanou.
Fait à Cotonou, le 16 janvier 2019.
Le secrétaire général du Gouvernement,
Edouard Ouin-Ouro

Le Bénin s’est doté d’un Plan national de développement (Pnd) 2018-2025 adopté par le Conseil des ministres en sa séance du 24 octobre 2018 et qui a fait l’objet d’une séance de dissémination, lundi 14 janvier dernier à Cotonou. A cette occasion, le directeur général des Politiques de développement, Magloire Augustin Aguessy, est revenu sur le processus d’élaboration et a mis l’accent sur les tenants et les aboutissants de ce document qui se veut une nouvelle boussole pour l’action publique en vue de l’amélioration des conditions de vie des populations à moyen terme.
La Nation : Comment en est-on arrivé à l’élaboration puis, à la dissémination du Plan national de développement (Pnd) ?
Magloire A. Aguessy: La dissémination du Pnd est l’aboutissement d’un processus qui a mobilisé suivant une démarche participative et inclusive pendant un peu plus de douze mois, cadres de l’Administration centrale, déconcentrée et décentralisée à plusieurs niveaux, acteurs du secteur privé et de la société civile, membres du gouvernement ; institutions de la République ; Association nationale des communes du Bénin (Ancb), universitaires, leaders religieux, partenaires sociaux et universitaires ainsi que des partenaires au développement. Au cours de ce processus, nous avons sillonné les douze départements de notre pays pour écouter les différentes couches de la population sur les options de développement nécessaires à faire en rapport avec leurs aspirations. Les résultats auxquels nous sommes parvenus constituent les sentiers que le peuple béninois compte entreprendre pour accélérer la marche de notre pays vers la vision Bénin 2025 Alafia, les Objectifs de développement durable (Odd) à l’horizon 2030 et la Vision Africa 2063.
Quelle est l’importance ou la spécificité d’un tel outil dans un contexte où le Bénin disposait déjà de plusieurs instruments de planification à savoir la Vision « Bénin Alafia 2025 », le Programme de croissance pour le développement durable (Pc2d) 2018-2021, le Programme d’actions du gouvernement (Pag ‘’Bénin révélé’’) 2016-2021 ?
Depuis la Conférence des forces vives de la nation de février 1990, c’est la première fois que le Bénin parvient à se doter de cet important outil de planification pour les moyen et long termes qui a pour avantages, entre autres, de garantir la continuité et la cohérence de l’action de développement du gouvernement. En dotant le Bénin de cet important outil de planification, le ministère du Plan vient d’accomplir une partie essentielle de sa mission qui est d’impulser et de piloter le développement.
Prenant pour socle la vision Bénin 2025 Alafia, le Plan national de développement 2018-2025 intègre les nouveaux enjeux de développement économique et social au plan national, africain et international. Il est structuré autour de quatre thématiques majeures : le capital humain et le bien-être des populations ; la productivité et la compétitivité économiques ; l’environnement, les changements climatiques et le développement des territoires; et la gouvernance. A travers cette architecture, il exprime l’urgence de procéder à une approche intégrée des solutions à apporter aux défis actuels de développement et constitue un cadre favorable pour la consolidation et la durabilité des acquis du Programme d’actions du gouvernement (Pag) 2016-2021.
Que révèle le diagnostic qui a abouti à l’élaboration de ce plan ?
De façon succincte, au niveau du diagnostic stratégique de développement, il est constaté une croissance moyenne de 5% entre 2000 et 2015. Cette croissance confrontée à la forte croissance démographique qui est de 3,5 %, on note une aggravation de la pauvreté avec le taux de pauvreté passant de 36,2 % à 30,1 % entre 2011 et 2015. Ça veut dire que cette croissance n’est pas du tout inclusive. Il y a des inégalités de développement entre les régions et un manque d’opportunités d’emplois décents, l’accroissement du niveau de privations touchant plusieurs couches de la population. Il est vrai qu’on note une consolidation du cadre macroéconomique et la maîtrise des déficits mais on remarque qu’il y a encore une certaine vulnérabilité tout simplement parce que la moindre crise, même à côté au Nigeria, peut ébranler notre système économique. On remarque une dynamique du secteur privé et du développement des entreprises mais les progrès restent insuffisants. L’économie est très peu diversifiée et la transformation structurelle n’est pas véritablement au rendez-vous. On observe un faible développement du capital humain, malgré les progrès d’accès au niveau des secteurs éducatifs et du système de gestion sociale. Les progrès restent encore lents en matière de gouvernance économique et sociale, au regard des exigences...
L’évaluation à mi-parcours faite en 2011 qui a constaté un retard dans la mise en œuvre de la vision Bénin 2025 Alafia nous a permis de voir qu’il faut désormais miser véritablement sur notre potentialité, sur nos forces. Et quelles sont nos forces ? C’est notamment dans l’agriculture. Nous avons de vastes terres arables très peu exploitées. Nous avons des vallées, en l’occurrence celles du Niger, du Mono et de l’Ouémé que nous nous plaisons à dire que c’est la deuxième la plus riche après le Nil. Autant d’éléments dont nous n’arrivons pas à tirer profit. Au-delà de cela, nous avons des potentialités dans le domaine du tourisme. Il suffit de voyager pour constater qu’il y a des endroits qui drainent beaucoup plus de touristes alors que le Bénin regorge de beaucoup de potentialités et n’a rien à envier à ces endroits-là. Heureusement, le Programme d’actions du gouvernement a mis un accent particulier sur ce secteur. De plus, notre position géographique, stratégique, permet de tirer profit d’une plateforme de services que nous pouvons mettre en place.
Quel est l’objectif fixé à travers le Plan national de développement ?
L’option stratégique qui a été retenue au niveau du Pnd 2018-2025, c’est d’atteindre une forte croissance économique soutenue, inclusive et durable d’au moins 10 % en 2025 axée sur le développement de l’agro-industrie, des services et du tourisme dans un cadre de gouvernance nationale et locale plus efficace en misant sur le développement du capital humain sain, qualifié et compétitif et des infrastructures. Cela implique la diversification et l’élargissement des bases de production, des innovations dans certains créneaux porteurs accompagnés par des mesures incitatives en direction du secteur informel dans sa mutation vers le secteur formel et aux transformations structurelles économiques et sociales, touchant le capital humain et les modes de production et de consommation. Ce qui passe par des réformes qu’il faut poursuivre au niveau de la gouvernance politique et démocratique, de la fiscalité, de l’accès aux services sociaux de base, de l’environnement des affaires et du Code d’investissement. Car, nous faisons des efforts, mais, c’est insuffisant pour attirer les investisseurs. Il s’agira d’améliorer la productivité du secteur primaire, de développer les activités de transformation, les services intégrant les Technologies de l’information et de la communication (Tic), de relever le niveau du capital humain, afin de générer plus de richesses et d’emplois qualifiés en mettant en place des pôles de transformation de nos matières premières.
Un plan ne vaut en fait que par les résultats de son opérationnalisation. Que faut-il faire pour que les objectifs soient atteints ?
Si l’organisation d’un plan national de développement est un préalable important pour la mise en place de politiques et projets cohérents de développement, elle ne garantit pas pour autant sa réalisation. Ainsi, nous devons accorder une attention particulière au pilotage stratégique, à la mise en œuvre et au suivi-évaluation. La mise en œuvre conjuguée du Programme de croissance pour le développement durable (Pc2d) et du Programme d’actions du gouvernement pourra nous permettre d’obtenir les effets escomptés.
Je garde l’espoir qu’ensemble nous gagnerons le pari du Pnd et conjurerons ainsi le sort du pays qui élabore de très bons documents de planification mais qui peine dans la mise en œuvre.
Comptant sur le patriotisme et le sens de redevabilité de tous les acteurs de développement, le cap sur le processus de son opérationnalisation reste notre priorité.
Quels sont les outils de mise en œuvre, de suivi et évaluation du Pnd ?
Pour atteindre les objectifs et observer les effets conséquents, le Pnd sera opérationnalisé en deux phases : la première, de 2018 à 2021 à travers le Pc2d 2018-2021 et le programme d’actions du gouvernement 2016-2021 et la seconde, à travers le Pc2d 2022-2025, les plans, programmes sectoriels, programmes d’investissements publics ainsi que les plans de développement communaux (Pdc) en veillant à leur arrimage.
En ce qui concerne le dispositif de suivi et évaluation du plan, nous avons trois niveaux. Il y a d’abord, au niveau national, l’orientation stratégique et le pilotage technique avec le Conseil des ministres qui est la faîtière, le Conseil national d’orientation, le comité gouvernement-partenaires au développement et le comité technique de pilotage et de suivi. Au niveau du suivi des performances et des effets sectoriels, nous avons un comité sectoriel de pilotage et de suivi et évaluation dans chaque ministère et institution. Ensuite, au niveau décentralisé et déconcentré, il y a des comités départementaux et communaux de développement. Nous avons des outils de suivi-évaluation que sont les cadres de performances, les revues, les systèmes d’information. Comme inputs, nous avons retenu des assises régionales et nationales sur le suivi du Pnd tous les deux ans : soit en 2020, 2022, 2024 ; les rapports de progrès du Pag, du Pc2d, des Odd, de suivi de la Stratégie nationale de développement de la statistique de l’Institut national de la statistique et de l’analyse économique (Insae), qui viendront alimenter le rapport qui sera fait au niveau du Pnd.
Quid de la mobilisation des ressources pour le financement du plan ?
La mise en œuvre efficace du plan requiert une mobilisation plus accrue des ressources domestiques, la promotion du partenariat public-privé (Ppp), l’exploitation des instruments de financement innovants, l’instauration des guichets de financement spécialisés (environnement, santé, éducation…). Nous avons également, de façon traditionnelle, le recours au marché financier et aux partenaires techniques et financiers (Ptf), aux Ongs, aux fondations ; la participation de la diaspora.
Propos recueillis par Claude Urbain PLAGBETO
Economie 17 janv. 2019

Le paysage culturel béninois vient de s’étoffer d’un nouveau projet. Il s'agit du Projet des arts de l’oralité et des scènes urbaines (Paosu). Porté par l’association socioculturelle Katoulati et son partenaire Iminrio, il vise à renforcer les capacités professionnelles des organisations culturelles, des acteurs culturels et des artistes du secteur des arts de l’oralité au Bénin.
Renforcement de capacités professionnelles de 12 artistes et de 12 responsables d’organisations culturelles suivi d’un séminaire pour restructurer le secteur des arts de l’oralité au Bénin ; création de classes artistiques thématiques dans 12 écoles dans 12 communes à raison d’une commune par département; et le soutien à l’organisation de quelques activités des Rencontres internationales des arts de l’oralité (Riao) édition 2019 dans 5 villes du Bénin avec la participation d’au moins 10 femmes. Ce sont les principales activités à l’ordre du Projet des arts de l’oralité et des scènes urbaines (Paosu) dont la cérémonie officielle de lancement est intervenue mercredi 9 janvier dernier. Déjà, l’appel à candidature pour les artistes désireux de participer à l’atelier de renforcement de capacités est lancé et court jusqu’au 22 janvier. L’atelier se tiendra du 10 au 19 février prochain.
Le Paosu est un projet des associations Katoulati et Iminrio. Deux associations qui s’engagent aujourd’hui, à travers le Paosu, à renforcer les capacités professionnelles des organisations culturelles, des acteurs culturels et des artistes du réseau de la Fédération béninoise du conte et des arts de l’oralité (Fébécao), afin de mettre en place des activités artistiques et socio-éducatives, de favoriser la promotion de la diversité culturelle, du dialogue interculturel, pour l'amélioration de la cohésion sociale et l’accès à la culture aux populations. « Par cette action, nous allons institutionnaliser la Fébécao et les Riao, et contribuer à l’éducation artistique en milieu scolaire en appuyant les classes culturelles prévues dans les réformes envisagées par le ministère du Tourisme, de la Culture et des Sports, de même que les réformes du secteur éducatif prônant l’éducation artistique, et plus loin, les politiques culturelles et éducatives des communes », indique le coordonnateur de l’association Katoulati, Patrice Toton,
coordonnateur du Paosu. Son homologue de l’association Iminrio, Koudoussou Laourou ajoute: « Nous souhaitons créer autour des classes artistiques et des Riao une dynamique fédérant autour des mêmes objectifs, des artistes, leurs œuvres, les écoles et les communes, et les acteurs étatiques, institutionnels, sociaux, de même que les partenaires techniques et financiers ».
Il est à préciser que le Paosu est financé à 80% par "Culture at Work Africa" et l’Union Européenne.

L’Union progressiste, à travers une délégation de son bureau politique, a effectué une tournée dans le département de la Donga du vendredi 11 au dimanche 13 Janvier dernier. Ceci en vue d’expliquer aux populations le bien-fondé de la réforme ayant conduit à la création des blocs politiques, leur présenter les attributs et idéaux du parti et les inviter à y adhérer massivement.
Les 13e et 14e circonscriptions électorales ont connu la tournée, le week-end écoulé d’une délégation de l’Union progressiste. Trois jours durant, celle-ci conduite par Bintou Chabi Adam Taro, membre du bureau politique national, a sillonné huit localités des quatre communes qui constituent le département de la Donga. Que ce soit à Ouaké-centre, Sèmèrè, Djougou, Alédjo, Pénéssoulou, Bassila ou Manigri et à Copargo dans la 13e circonscription électorale, le député élu de la zone, Ahmed Tidjani Affo Obo alias Souwi, a saisi l’occasion de cette tournée pour dire aux militants de son parti Epr qu’il fait partie désormais du grand bloc de l'Union progressiste. Il les a invités à rester unis et solidaires pour remporter les prochaines échéances électorales. Fort des rumeurs qui l’annoncent du côté des forces de l’opposition, il a balayé du revers de main toute idée tendant à l’opposer aux partis de la mouvance, affirmant donc son appartenance à la mouvance.
«Tel que vous avez l’habitude de me soutenir, je vous demande de soutenir les idéaux de l'Union progressiste dont je suis militant pour que nous remportions les prochaines victoires », a-t-il indiqué lors des différentes séances de regroupement de militants et autres sympathisants.
Ainsi, dans ces différentes localités, Dr Dieudonné Awo, enseignant à l’université et membre de la délégation, a présenté l’historique du parti Union progressiste. A sa suite, les statuts du parti ont été largement vantés par Julien-Pierre Akpaki. Bintou Chabi Adam Taro, chef de la délégation, présentant le logo, a expliqué pourquoi un tel choix et le sens qu’il revêt dans la culture béninoise. Elle a mis l’accent sur les vertus du baobab, élément le plus visible du logo du parti Union progressiste. « Le baobab est le symbole de la force, de la longévité, de la résistance aux tempêtes. Le baobab, un arbre séculaire, est dans la tradition africaine, l’arbre magique qui soigne des maux, sur lequel viennent se poser en toute sécurité les oiseaux », clame-t-elle, avec assurance.
« Allez partout annoncer que l’Union progressiste est un parti de vivre-ensemble, un parti de notre avenir commun, dans la justice sociale et l’égalité des chances », a-t-elle lancé pendant les séances aux populations des deux circonscriptions électorales.
« Le baobab est notre fétiche, ici à Ouaké. Nous sommes contents de constater que les leaders politiques de notre localité sont aujourd’hui, ensemble, dans un même parti politique. Votre logo est très significatif dans notre tradition et nous pouvons vous rassurer que votre choix est celui des Lopka », a déclaré le roi des Lokpa dans la commune de Ouaké.
A Djougou, dans la 14e circonscription électorale, Daouda
Takpara, leader de l’Union progressiste, a appelé les militants à la mobilisation générale. «L’Union progressiste est le plus grand parti politique du Bénin. Il est né pour corriger l’injustice sociale qui a prévalu longtemps dans notre pays. Nous soutenons les actions du président Patrice Talon et notre appel à tous est de travailler pour son enracinement dans toute la commune de Djougou », a-t-il martelé devant les militants présents samedi dernier à l’Ecole normale des instituteurs.

Après l’évaluation diagnostique intellectuelle manquée des enseignants du secondaire, samedi 12 janvier dernier, l’heure est aux explications depuis hier, dans le Borgou. Des demandes ont été adressées à tous les chefs d’établissements publics de l’enseignement secondaire du département.
Les chefs d’établissements publics de l’enseignement secondaire du Borgou absents à l’évaluation diagnostique intellectuelle, ont reçu hier, mardi 15 janvier, des demandes d’explication. C’est le directeur départemental des Enseignements secondaire, technique et de la formation professionnelle du Borgou, Abdul Adir Biga, qui leur a adressé lesdites demandes d’explication.
En effet, seulement quatre chefs d’établissements sur les 85 du département ont pris part à cette évaluation. Les autres sont sommés de fournir les raisons pour lesquelles ils n’étaient pas de la partie.
« Les résultats que nous avons enregistrés, en termes de taux de participation, révèlent que, non seulement les enseignants en situation de classe ont boycotté cette évaluation, mais aussi les administratifs qui sont censés représenter l’Etat dans leurs établissements », fait observer le directeur départemental. Selon lui, ces responsables d’établissement doivent pouvoir se justifier par rapport à leur refus d’aller se faire évaluer. A leur tour, ils se chargeront également de soumettre les enseignants de leurs établissements qui n’étaient pas à l’évaluation, au même exercice.
Aux dernières nouvelles, cette mesure ne concerne pas seulement le Borgou. Elle est également en vigueur dans les autres départements du pays.

Infrastructures vieillissantes, équipements et matériels vétustes, manque de places, personnel insuffisant, accueil insatisfaisant... Autant de clichés que l’on colle à l’Homel. Mais, un tour dans l’enceinte du Chu-Mel démontre que les lignes ont bougé.
« Je peux aujourd’hui affirmer que les patients ne sont plus mal traités ici à l’Homel. Nous sommes en train de lutter pour changer la tendance. Tous les blocs sont opérationnels et nous accordons de l’importance à la satisfaction des patients. Avec les actions du gouvernement et les efforts fournis par le personnel, des progrès sont perceptibles. Aujourd’hui, la souffrance des patients a considérablement diminué », soutient avec fierté
le secrétaire général du Syndicat national des agents d’entretien des services de la santé (Synaess), Olivier C. Bakpé. A l’en croire, les difficultés de l’Homel, notamment celles générées par l’incendie ayant endommagé un bloc entier et la crise de 2017... sont quasiment résolues. « Le gouvernement du président Patrice Talon fait beaucoup d’efforts pour corriger les écarts », indique le Sg Olivier Bakpé. Mais, le chantier sur lequel le personnel œuvre de plus en plus est, selon ses dires, l’accueil. « Le premier soin qu’on doit donner à un malade, c’est l’accueil. Depuis que nous avons mis en place des registres appelés «Smr» (Soins maternels respectueux), nous avons constaté qu’il y a des progrès. Ces registres permettent d’évaluer le niveau de satisfaction des clients et de recenser les raisons qui des insatisfactions. C’est ce qui nous aide à corriger certains comportements qui entachent l’offre de soins de qualité de l’Homel », affirme le Sg Olivier Bakpé.
Communication entre patientes et soignants
La communication entre les patientes et les sages-femmes ou les aides-soignantes n’est pas toujours courtoise. « A l’Homel, nous avons une nouvelle approche qu’on appelle «Humanisation des soins». Cette approche commence dès la consultation prénatale où nous sensibilisons les patientes et leurs maris sur tout ce qui les attend dans le processus de la grossesse. C’est une approche promue par le Réseau des soignants, amis des patients », indique le Sg du Synaess. Selon lui, les incompréhensions qui subsistent avec les usagers sont justement dus à la communication. « L’accouchement sans risque, c’est l’accouchement humanisé. Et, dans l’accouchement humanisé, la communication joue un rôle important. Il s’agit de se mettre à la place du patient pour le traiter, de lui communiquer ses droits parmi lesquels la communication. C’est pourquoi ces droits sont communiqués aux patients avant le traitement. Ainsi, ils connaissent leurs prérogatives. C’est la démocratie sanitaire », explique-t-il.
Mais par moments, ce sont les patientes qui restent fermées à la communication. « Ce sont les comportements des patients qui amènent parfois les aides-soignantes à avoir des écarts. Je prends l’exemple d’une femme en travail que tu veux aider à accoucher. Tu demandes à faire le toucher vaginal pour voir le niveau d’évolution, mais elle refuse qu’on la touche. Vous voulez la toucher et elle vous griffe ou vous agresse. Or, il faut bien que tu fasses ton travail, parce que tu as à sauver la maman et aussi l’enfant. Quand tu parles avec douceur et elle ne comprend toujours pas, tu es parfois obligée de parler avec insistance. Et c’est là que surviennent les mésententes. Voyez ! J’ai même gardé une marque de blessure d’une patiente sur mon bras », illustre l’aide-soignante, Laurencia Ayéna.
L’Homel débordé suite à la fermeture de plusieurs cliniques
Depuis la prise de mesures gouvernementales pour la régulation de l’exercice en clientèle privée avec pour corollaire la fermeture de plusieurs centres illégaux, le Chu-Mel connait une plus forte demande. « Dans certains services comme celui de la consultation prénatale, on assiste souvent à des refus d’admission qui n’incombent pas forcément au personnel.
L’Homel avait déjà un manque de personnel, mais avec la fermeture des cliniques installées de façon anarchique, nous avons plus d’affluence. Imaginez que par jour, trois sages-femmes doivent accueillir plus de 60 patientes ! », explique le Sg du Synaess qui invite le gouvernement à mettre à la disposition du Chu-Mel, du personnel pour pallier ce problème. Encore que, précise-t-il, il se pose un problème de places dû en partie aux réfections. « C’est un problème très important. Il y a vraiment un manque de places. Vous allez à la pédiatrie et vous pouvez trouver deux enfants sur le même lit, or les deux enfants ne souffrent pas de la même maladie. Il y a là des risques de complication pour ces enfants. Tant que la maison est en chantier, ça aura de répercussions sur la disponibilité de lits. Et, depuis que les cliniques privées ont été fermées, c’est devenu un problème plus sérieux... Nous avons le devoir d’accueillir tous les patients, mais voilà qu’il se pose un problème de places », informe Olivier
Bakpé. Il exhorte donc les usagers à comprendre que les référencements vers le Cnhu sont souvent dus au manque de places et de personnel et non à des caprices. Des problèmes qui seront certainement résolus à la fin des travaux de réfection et avec la mise à disposition de personnel.
Par Désiré GBODOUGBE & Anselme Pascal AGUEHOUNDE
Santé 16 janv. 2019

La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) a poursuivi, ce mardi 15 janvier, l’audition de Séverine Lawson, ex-agent judiciaire du Trésor et présidente du comité de suivi mis sur pied en juin 2010 pour la gestion de l’affaire des structures illégales de collecte et de placement d’argent dite Icc Services en examen devant ladite juridiction.
Séverine Lawson, ex-agent judiciaire du Trésor et présidente du comité de suivi mis sur pied en juin 2010 pour la gestion de l’affaire des structures illégales de collecte et de placement d’argent dite Icc Services était à nouveau devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet). Elle a surtout fait part à la cour des pressions qu’elle a subies dans la gestion de cette crise où sa mission devrait être considérée comme celle d’un sapeur-pompier. Mais, il n’en a pas été question. Elle a connu beaucoup d’ennuis et de pressions. Les premières pressions venaient de l’opinion publique, ensuite des médias et même du gouvernement. Séverine Lawson dit avoir été considérée à un moment donné comme étant celle qui ne voulait pas rembourser les spoliés. Alors que le décret du 28 juin 2010 qui l’a nommée était clair sur sa mission, à savoir : assurer l’accompagnement des promoteurs des structures illégales de collecte et de placement dans le remboursement de leurs clients spoliés. Elle dit avoir accompli cette mission avec foi et détermination. En effet, le comité de suivi a pu aider les autres structures illégales mises en cause à désintéresser les victimes. Il n’a pu rien faire avec Icc Services qui n’avait pas de liquidité alors que cette structure avait le plus grand nombre de spoliés. « S’il n’y avait pas Icc Services, les populations allaient applaudir le comité de suivi. Le cas Icc Services a été le point noir de la crise », apprécie Séverine Lawson. Les promoteurs de cette structure n’étaient pas en mesure, non seulement de produire la liste fiable de leurs déposants, mais aussi n’avaient pas un plan de remboursement contrairement aux autres. En lieu et place d’un plan de remboursement que le comité de suivi a demandé, c’est un plan d’affaires d’activités agricoles étalé sur plusieurs années qu’ont produit Guy Akplogan et ses acolytes. Cette tergiversation sur fond de dilatoire des responsables d’Icc Services n’était pas sue surtout de l’opinion publique et des médias qui la traitaient de tous les noms d’oiseaux. Aujourd’hui, elle dit se réjouir de la retransmission en direct sur les ondes du procès Icc Services. Ce qui permettra aux uns et aux autres de comprendre qu’elle n’en était pour rien dans le non remboursement des spoliés d’Icc Services.
Pas de chiffres
La présidente du comité de crise est revenue sur quelques chiffres concernant notamment l’opération de recensement par l’Institut national de la Statistique et de l’Analyse économique (Insae) des victimes d’Icc Services et le montant total compromis. Les travaux de l’Insae ont fait l’objet d’apurement par un expert en informatique qui a donné d’autres chiffres. Séverine Lawson est revenue encore sur le point des biens meubles et immeubles saisis et vendus pour le compte d’Icc Services ainsi que les fonds retournés par ceux à qui les responsables ont fait certaines libéralités. Elle dit avoir passé, le 9 janvier 2017, l’ensemble du dossier Icc Services et consorts à son successeur à la tête de l’Ajt. Seulement, la plupart des chiffres avancés par la présidente du comité de crise n’étaient pas concordants avec ceux que détient l’avocat général, Gilbert Ulrich
Togbonon, procureur spécial près la Criet et assurant l’intérêt de la société. Face à l’inexactitude des chiffres, Séverine Lawson renvoie la cour vers la Commission autonome d’enquête judiciaire qui a procédé au recensement des biens meubles et immeubles. Lequel a été réalisé par deux commissaires-priseurs et l’ex-greffier en chef du Tribunal de première instance de première classe de Cotonou.
« Il va falloir faire venir ceux qui ont manipulé activement les fonds notamment la Commission autonome d’enquête judiciaire pour éclairer la situation des chiffres », observe le président de la Cour de céans, Edouard Cyriaque Dossa. Car, selon lui, l’évocation des chiffres provoque des ennuis dans la compréhension. Me Spéro Quenum, avocat de l’Etat béninois représenté par l’Ajt et partie civile à ce procès criminel, se dit déçu de la déposition de Séverine Lawson. Elle n’aurait pas apporté grand-chose pour faire avancer le procès alors que son audition était fortement attendue, pour avoir été au cœur du système et présidente d’une structure aussi importante que le comité de crise. En fait, Me Spéro Quenum trouve inconcevable que Séverine Lawson puisse diriger ce comité de suivi et ne pas être en mesure de donner des chiffres fiables tant sur le nombre des biens meubles et immeubles saisis que sur le montant total généré après la vente de ces biens, la liste exhaustive des spoliés tout au moins d’Icc services. Alors que tous les autres sachants et accusés renvoient la cour de céans vers le comité de suivi pour avoir toutes ces informations devant permettre de faire avancer le procès. L’audience se poursuit ce jour toujours avec l’audition de Séverine Lawson.

Le président de la Cour constitutionnelle, Joseph Djogbénou, a reçu hier à son cabinet, le ministre d’Etat chargé du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané. Une rencontre de prise de contact, mais tout aussi technique.
« Satisfaction de part et d’autre de la qualité des relations entre le gouvernement et la Cour constitutionnelle sur tous les plans ». C’est sur cette note que s’est soldé le tête-à-tête entre le ministre d’État chargé du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané et le président de la Cour constitutionnelle, Joseph Djogbénou. Avec tact et réserve, le ministre d’État Abdoulaye Bio Tchané aborde les grandes lignes de sa rencontre avec le professeur Joseph Djogbénou. « C’était pour moi, une opportunité d’échanger avec lui sur la collaboration que nous avons, collaboration entre le gouvernement et la Cour sur plusieurs plans. J’ai pu noter avec satisfaction que le président de la Cour est aussi content de cette collaboration. Nous avons discuté aussi des échéances qui viennent, des textes qui ont été votés par l’Assemblée nationale et qui sont en train d’être appliqués », a indiqué le ministre Abdoulaye Bio Tchané sans tout autre détail sur la question des législatives. Par ailleurs, les deux personnalités ont discuté de la réhabilitation du siège provisoire de la Cour constitutionnelle se trouvant à Ganhi. « C’est un point sur lequel j’ai noté également la satisfaction du président de la Cour. Le chantier est en exécution. Le reste ne dépend pas en tant que tel du gouvernement. Puisque le gouvernement n’a, en tant que tel, qu’une obligation de moyens ; de mettre les moyens à la disposition de la Cour. Et c’est ce qui a été fait. Pour l’essentiel, le chantier se déroule assez bien... », confie le ministre d’État.
Il est à noter que, depuis son départ du gouvernement et sa prise de fonction au titre de président de la Cour constitutionnelle, c’est la première fois que le professeur Joseph Djogbénou échange officiellement avec le ministre d’État chargé du Plan et du Développement Abdoulaye Bio Tchané. « Je suis venu pour le saluer. C’est la première fois que je le rencontre dans ses nouvelles fonctions », confirme le ministre Abdoulaye Bio Tchané.

Les palétuviers sont sous menace de destruction dans la commune de Grand-Popo. A l’origine de cet acte en contradiction avec la réglementation en vigueur et la décision du Conseil des ministres du 26 octobre 2016, un promoteur hôtelier qui a entrepris des travaux de construction au bord du fleuve à Louis-Condji dans l’arrondissement d’Agoué, selon nos sources. Les populations riveraines n'ont constaté les dégâts que plus tard.
Les travaux de construction d’un hôtel à Louis-Condji, à Agoué, ont amené le promoteur à entreprendre la destruction d’une forêt de mangroves au bord du fleuve Mono qui sépare le Bénin de Kouvidonou, une localité du Togo. Cette espèce protégée par les textes, pour son utilité dans l’équilibre de l’environnement, a été abattue sur cent cinquante mètres de long et dix mètres de large. C’est le point de la destruction des palétuviers fait par un agent des Eaux, Forêts et Chasse, en service à Grand-Popo, il y a quelques semaines selon nos sources. Alerté, le maire de la commune de Grand-Popo a fait arrêter les travaux, mais depuis lors, la situation n’a pas évolué selon un agent en service à la mairie. Il est à noter que cette coupe de palétuviers a été réalisée en contradiction avec la décision du Conseil des ministres en date du 26 octobre 2016. Au titre des mesures d’interdiction de la destruction des palétuviers dans les écosystèmes humides et d’abattage des cocotiers dans la zone du littoral, le conseil a fait constater que la préservation des écosystèmes fait partie intégrante de la protection de l’environnement, du développement durable et de la promotion de l’écotourisme. Selon le relevé du même Conseil des ministres, une évaluation de l'état de certains écosystèmes au Bénin a révélé une dégradation avancée et une destruction des mangroves et des espèces qui y sont abritées.
A l’origine, l'exploitation incontrôlée du bois, l'érosion des berges des cours d'eau et l'urbanisation. « La dégradation des mangroves empêche la régulation et la stabilisation de l’environnement par l'absence du rôle tampon que ces dernières jouent à travers les bilans hydrique, nutritif, et de stabilisation du climat, etc.», a précisé le relevé du Conseil des ministres. Outre cet aspect important, la décision du gouvernement se fonde aussi sur le fait que les palétuviers ont une fonction de puits de carbone qui régresse, parce qu'il a été prouvé que cet écosystème fragile est celui qui capture le plus de carbone net, estimé à 100 kg par hectare par jour. « Au regard de cette situation préjudiciable pour la préservation de nos écosystèmes fragiles et le développement de l’écotourisme balnéaire, un des programmes phares du Programme d’action du gouvernement, le Conseil des ministres a réitéré l'interdiction de la destruction des palétuviers dans les écosystèmes humides et l'abattage des cocotiers dans la zone littorale », a précisé Pascal Koupaki, ministre d’Etat, secrétaire général à la présidence dans un point de presse.
Dans la même perspective, le gouvernement a instruit le ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale et celui du Cadre de Vie et du Développement durable aux fins d'accompagner les actions des préfets et des maires des zones concernées dans la sensibilisation de leurs populations contre la destruction anarchique des palétuviers dans les zones humides et l’abattage sauvage des cocotiers dans la zone littorale du Bénin. Le ministre du Cadre de vie et du Développement durable a été également instruit à l'effet de prendre toutes les dispositions nécessaires en vue d'étendre le « Projet de restauration du site RAMSAR 1017», développé avec la Fao, et couvrant les communes d'Abomey-Calavi, Ouidah, Kpomassé, Comè, Bopa et Grand Popo. Ce projet concerne notamment la mise en terre des plants forestiers à croissance rapide pour constituer une source d'énergie alternative pour les populations, afin de les détourner de la coupe des palétuviers et des cocotiers. Il vise également la restauration des mangroves par la plantation intensive de palétuviers. Du côté du gouvernement, toutes les dispositions sont donc prises pour protéger l’environnement, mais des citoyens font preuve d’une résistance qui le compromet.