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Nouvelles

Classement des démocraties en Afrique et dans le monde : La démocratie béninoise monte de deux crans

Le rapport 2018 de l'Economist Intelligence Unit (Eiu) sur la démocratie dans le monde vient d’être publié. Prenant en compte 50 pays d'Afrique, le nouveau rapport intitulé « Me too ? » fait un état des lieux de la démocratie à travers le continent. 12e il y a deux ans, le Bénin y pointe à la 10e place.

La démocratie béninoise est passée de la douzième place à la dixième place au plan africain, avec une note de 5,74. Ce sont les résultats du rapport 2018 de l'Economist Intelligence Unit (Eiu) sur la démocratie dans le monde qui vient d’être publié. D'après l'étude, on note une amélioration du score moyen régional de l'indice de démocratie qui est passé à 4,36 en 2018 contre 4,35 en 2017.
L’amélioration de ce score moyen régional qui reste en dessous de la moyenne mondiale (5,48) cache une difficulté des pays du continent à adopter une orientation résolument démocratique. Ainsi l'étude indique que l'état de la démocratie en Afrique est resté moyenne au fil des ans.
En Afrique subsaharienne, seuls 12 des 44 pays pris en compte par l'étude ont enregistré une amélioration de leur score global tandis que neuf se sont détériorés et environ la moitié stagne.
En Afrique du Nord, le Maroc a enregistré une légère hausse de son indice de démocratie, tandis que la Tunisie réalise la plus grosse performance, demeurant toutefois dans la catégorie des « démocraties imparfaites ». En Afrique, seule l’Île Maurice figure dans la catégorie des «pleines démocraties».
L'Indice de la démocratie de l'Economist Intelligence Unit donne, depuis 2006, un aperçu de l'état de la démocratie dans le monde entier pour 165 Etats indépendants et deux territoires. Pour ce faire, il se base sur cinq familles de critères à savoir : le processus électoral et le pluralisme; les libertés civiles; le fonctionnement du gouvernement; la participation politique et la culture politique. Ceux-ci permettent de classer les pays selon quatre types de régimes à savoir «pleine démocratie», «démocratie imparfaite», «régime hybride» et «régime autoritaire».

Economie 16 janv. 2019


Les factures normalisées: Un puissant instrument de lutte contre la fraude fiscale

L’Etat béninois, décidé à mener une lutte farouche contre la fraude et l’évasion fiscales, a opéré des réformes, mises en oeuvre à travers le ministère de l’Economie et des Finances, notamment la Direction générale des Impôts. Entre autres initiatives de modernisation des procédures fiscales, une nouvelle approche de maîtrise et de sécurisation de l’assiette fiscale instituée à travers le Code général des Impôts (CGI) 2018.

Cette nouvelle approche rend obligatoires les Machines électroniques certifiées de facturation. Toutes les entreprises assujetties à la Taxe sur valeur ajoutée (Tva), devront s'y soumettre, aux termes de l’article 256 du Code général des impôts.
Il s’agit, en l’occurrence, d’un système de facturation électronique que lesdites entreprises sont tenues d’utiliser pour délivrer à leurs clients des factures dites normalisées, pour toutes sortes de transactions. Lesdites factures normalisées sont régulièrement éditées et remises aux clients, peu importe le volume et la nature de la transaction. Il existe des avantages importants liés à une telle facturation.
Le premier est relatif aux entreprises elles-mêmes, car les contrôles fiscaux leur perdront moins de temps, les données fixant les impôts auxquels elles sont soumises étant dans la matrice, le data relié auxdites machines. Aussi, la facture électronique normalisée, en tant qu’outil de gestion et de contrôle interne, permet-elle de lutter contre la concurrence déloyale entre opérateurs économiques et contre la fraude, notamment sur la Tva. Ensuite, elle assure l’amélioration de la comptabilité de l’entreprise à travers la sécurisation des revenus issus de la vente, la gestion optimale des stocks des marchandises, la facilitation de la tenue de la comptabilité, etc. De même, toutes les entreprises assujetties à la Tva la prélèveront désormais et la reverseront intégralement et périodiquement à la Direction générale des Impôts. Ce qui induit un renforcement de la capacité de maîtrise de l’assiette fiscale, car l’Etat va ainsi pouvoir recouvrer la Tva payée par les contribuables lors des achats qu’ils effectuent. C’est important, par ces temps plutôt difficiles de mobilisation de ressources par l’Etat pour répondre à la demande sociale, réaliser des œuvres de développement et confortatives pour le bien-être de tous.
Pour l’heure, deux types de machines sont installés dans les entreprises. A celles qui disposent d’un système de facturation électronique, correspondent les Unités de facturation. Quant aux entreprises faisant usage déjà d’un système de facturation, elles peuvent utiliser les Modules de contrôle de facturation. Lesdites Machines électroniques certifiées de facturation, en usage aux caisses des commerces et autres entreprises, délivrent simultanément les factures normalisées à chaque opération de vente.

Gare aux sanctions !

Après la phase pilote en 2018, on tend vers la généralisation du mécanisme en 2019, car de grandes enseignes y souscrivent de plus en plus, et de bon cœur.
A cette fin, l’application rigoureuse des mesures coercitives prévues par les textes est envisagée pour garantir le succès de la réforme, conformément au Code général des Impôts, gestion 2018, qui sanctionne les cas de non utilisation ou d’utilisation frauduleuse des machines. Ces machines étant contrôlées par un système centralisé doté d’un tableau de bord, via un système web de gestion des machines électroniques de facturation (Sygmef) qui permet de suivre en temps réel toutes les transactions opérées par les entreprises qui utilisent l’un ou l’autre des deux types de machines. C’est presque un devoir civique désormais d’exiger la facture électronique normalisée, afin de s’assurer que sa contribution, via des achats, à l’action publique, n’est pas vaine mais qu’elle est effectivement reversée dans les caisses de l’Etat.

Actualités 16 janv. 2019


Week-end politique dans le Mono-Couffo: Le Bloc républicain se fait connaître des populations

Les ténors du Bloc républicain, avec à leur tête le ministre d’Etat Abdoulaye Bio Tchané, ont fait le tour de certaines communes du Mono et du Couffo le week-end écoulé. C’est dans le cadre de la restitution aux populations des résolutions issues du congrès constitutif d’une part, et de la sensibilisation pour une adhésion massive au parti d’autre part.

Le congrès constitutif de Parakou a consacré la naissance d’un grand parti : le Bloc républicain. S’il est vrai que l’écho de ce congrès a retenti dans tout le pays, les idéaux, les ambitions et la vision du Bloc restent méconnus des populations à la base. Il était alors indispensable d’aller au contact de ces populations pour mieux leur faire connaitre le parti et les sensibiliser à une adhésion massive. C’est ce qui a motivé la tournée des membres du bureau politique du Bloc républicain dans le Mono et le Couffo. Une descente conduite par le ministre Abdoulaye Bio Tchané, entouré des députés des onzième et douzième, dix-septième et dix-huitième circonscriptions électorales, des maires des communes d’Athiémé, de Dogbo...
Dans la onzième circonscription électorale, composée des communes d’Aplahoué, Djakotomé et Klouékanmè, c’est le Centre de promotion sociale d’Aplahoué qui a abrité le meeting le samedi dernier. Sur les lieux, les députés Pascal Essou et David Gbahoungba ont expliqué aux participants, en langue locale, la portée du logo du parti, les instances du parti, son organisation, ses ambitions et sa vision.
La délégation du bureau politique du Bloc républicain s’est ensuite rendue, le même jour, à Dogbo dans la douzième circonscription électorale composée de Dogbo, Toviklin et Lalo pour le même exercice. Ont suivi, le lendemain, l’étape de Lokossa pour le compte de la dix-huitième circonscription électorale composée de Bopa, Lokossa et Houéyogbé puis l’étape de Comé qui a mobilisé la dix-septième circonscription électorale composée de Grand-Popo, Comé et Athiémé. Lors de cette deuxième journée, c’est l’honorable Rosine Dagniho et le maire d’Athiémé, Joseph Anani, qui ont porté la voix du Bloc en expliquant à leurs populations les fondamentaux du parti.
Il est à retenir que le Bloc comporte deux grandes instances. L’instance nationale est constituée du Congrès, du Conseil national, du bureau politique (59 membres) et du bureau exécutif (17 membres) puis, de l’instance locale qui est composée des bureaux de cellule (niveau quartier et village), des bureaux de la sous-section (niveau arrondissement), des bureaux de la section (niveau communal) et des bureaux de circonscription et de la fédération (niveau départemental). « On ne peut pas être membre de ces instances sans s’inscrire dans les registres du Bloc républicain qui sont déjà ouverts. On ne peut pas être membre de la fédération au niveau départemental sans être membre de la cellule au niveau quartier ou village », fait savoir le maire Joseph Anani.
Par ailleurs, le logo du Bloc républicain est fait d’un cheval blanc (signe d’opulence) sur deux pattes (en position de conquérant) dans la carte du Bénin, en couleur vert foncé, le tout dans un décor vert olive (le vert symbolisant l’espoir, le renouveau).

Le Br : parti des jeunes et des femmes

L’une des préoccupations majeures revenue à chaque étape de la tournée, c’est la place de la jeunesse dans le Bloc républicain. Même s’il est entendu que l’étalon dans le logo du Bloc symbolise la vigueur de la jeunesse, les jeunes du Mono et Couffo ont tout de même voulu en avoir des garanties. « N’est-ce pas une manière d’instrumenta-
liser la jeunesse comme cela a toujours été le cas ? », a même demandé un intervenant. Mais le président du bureau exécutif du Bloc républicain, Abdoulaye Bio Tchané, rassure : « Le Bloc républicain est le seul parti qui a prévu dans ses statuts que, pour tous les postes électifs, il faut au minimum réserver 30 ? de postes aux jeunes et nous avons aussi réservé 30 ? de postes aux femmes. Parce que nous voulons que ce parti soit le parti des jeunes, le parti des femmes. Ce sont les couches les plus nombreuses de notre population ». Il rappelle par la suite que c’est une compétition, une concurrence qui s’est ouverte avec les autres partis. Et, le souhait du Bloc républicain, « c’est d’arriver en tête », poursuit-il.

Être le plus grand parti mais rester unis

« Beaucoup étaient avec nous lors du congrès constitutif et nous avons tous vécu la ferveur qu’il y a eu à Parakou », a rappelé le président Abdoulaye Bio Tchané aux populations de la onzième circonscription électorale. Cet acte fondateur est, selon lui, une étape cruciale dans la réforme du système partisan, une réforme portée par le chef de l’État Patrice Talon. « Si vous voulez comprendre pourquoi le système ne marchait pas, revenez à notre histoire. Depuis le Renouveau démocratique, aucun de nos présidents n’est venu d’un parti politique. Tous ceux qui ont été élus viennent de la société civile... C’est pourquoi cette initiative du président, il faut la saluer et l’applaudir », ajoute le ministre d’Etat devant les populations de la dix-huitième circonscription électorale. Il assure de ce que la mise en œuvre de cette réforme permettra de donner un meilleur visage à la démocratie béninoise.
L’acte fondateur étant posé, l’adhésion massive des populations à ce parti et la préservation de l’unité nationale constituent, entre autres, les nouveaux défis. « Le Bloc républicain est né de la fusion de plus de 70 partis politiques, plus de cent mouvements politiques, avec des centaines de personnalités et plus de six mille membres fondateurs », informe le ministre d’État Abdoulaye Bio Tchané. « Avec ces chiffres, nous sommes déjà l’un des plus grands partis du Bénin. Mais, notre ambition, c’est d’être le plus grand parti du Bénin », précise-t-il. « Quand il est dur d’avancer, ce sont les durs qui avancent », ajoute l’honorable Rosine Dagniho face aux populations de Lokossa. Et, pour avancer dans la solidarité, le président du bureau exécutif du Bloc républicain Abdoulaye Bio Tchané recommande à tous, l’unité nationale, en l’occurrence entre les leaders de toutes les forces politiques présentes dans le Bloc républicain. « Il faut que nous apprenions à travailler ensemble. On dit souvent «Quand vous êtes seul, vous allez plus vite ». Mais quand vous êtes ensemble vous allez plus loin. Nous voulons aller plus loin », insiste-t-il.

Politique 15 janv. 2019


Sculpture: Sébastien Boko se révèle au public

L’Institut français de Cotonou abrite dès ce mardi, sous le parrainage du ministre de l’Energie, l’exposition dénommée ‘’Voiles’’ de l’artiste sculpteur Sébastien Boko. En prélude à l’évènement, l’artiste a animé une conférence de presse, mercredi 9 janvier au Hall des arts pour expliquer son projet.

Sébastien Boko est un sculpteur bon teint, mais n’est pas connu de tous. Ses œuvres seront sous les feux des projecteurs dès ce mardi 15 janvier à l’Institut français de Cotonou, à travers une exposition dénommée ‘’Voiles’’ qu’il présentera au public.
« J’ai une vision universelle dans mes créations, qui partent de ma tradition et qui vont au-delà », vante-t-il. Le thème de l’exposition qui sera présentée au public est intitulé‘’Voiles’’. Selon l’artiste, le voile symbolise l’hypocrisie, le voyage, la religion, l’humain…. Il le définit en cinq parties, en partant des dames voilées aux voyageurs, en passant par les lunettes et les militaires.
Cette exposition, Sébastien Boko la doit au ministre de l’Energie qui a porté son projet à ce niveau. « Un plaisir ne vaut que s’il est partagé. Nous éprouvons du plaisir à vulgariser ce que fait l’artiste. On y retrouve de la beauté et de la consistance», apprécie le ministre Dona Jean-Claude Houssou.
Sébastien Boko a hérité son art de son père. « C’est aux côtés de mon père que j’ai appris le bois. A un moment donné, la répétition artisanale m’a ennuyé et j’ai cherché à voir ce que je peux faire de mieux pour aller de l’avant », se souvient-il.
En quête du mieux pour son art, il croise, sur son chemin, celui qui reste aujourd’hui son soutien.
« J’étais en train de mûrir l’idée quand j’ai eu la chance de rencontrer le ministre de l’Energie qui a aimé mes œuvres et mon engagement. Il a décidé de m’accompagner ; ce qui m’a permis d’y aboutir », explique-t-il. Ainsi commence, depuis octobre 2016, cette coopération entre l’artiste et son mécène qui croit dur comme fer que son protégé contribuera par son talent à révéler davantage le Bénin.

Société 15 janv. 2019


« Les Aventures de Finagnon »: Sur les traces d’un écolier modèle

« Les Aventures de Finagnon» ! Voilà un ouvrage dont se souviendront longtemps encore des générations de Béninois. Une rencontre d’un soir, une histoire banale, le récit d’un écolier exemplaire et assidu résumé en quatre tomes. L’histoire d’une vie…

Un héros, c’est peut-être trop dire, mais il s’y apparente bien. Non pas qu’il ait mené des combats victorieux ou conduit des guerres de résistance, mais il aura été pendant de nombreuses années, l’élève-miroir de milliers d’écoliers béninois. Certains ont eu la chance de le découvrir à travers des excursions ou de le croiser fortuitement. Même s'ils ne savent pas grand-chose de lui, de son histoire, des dessous de ces ouvrages éponymes qui se laissaient lire… C’est pour le faire connaître davantage que nous nous sommes mis sur les traces du fameux Finagnon, l’homme de Sado, le natif d’Avrankou. Le retrouver n’a pas été particulièrement compliqué. Quelques rendez-vous manqués, puis voilà calé le tête-à-tête avec l’homme, dans son Avrankou natal. Pour la cause, il s’est rendu entièrement disponible. Malgré les aléas de la route et le retard accusé, il a tenu à honorer son engagement de nous recevoir.
Finalement à Avrankou, il indique le point de ralliement. Un petit maquis spécialisé dans la sauce graine au poisson fumé et à la pâte faite à base de farine de maïs. Contact appétissant pour un journaliste en quête d’histoire sur le vécu d'un homme : et c’en était parti. A mesure que se vidaient nos plats, l’histoire du livre se laissait conter.
Mais pour en savoir davantage, il a fallu se rendre à Sado, point de départ de l’aventure. « Le petit village d’Avrankou » n’a pas changé. Il porte encore ses hauts palmiers avec un calme légendaire qui traduit la vie telle que relatée par les auteurs de ces livres. Premier point de chute, la résidence de la famille Fassinou. A l’entrée, trône un géant poster de son feu père. C’est là, dans cette demeure qu’un soir, l’aventure a démarré. Le jeune écolier rentre de l’école avec des inspecteurs de l’enseignement qui s’introduisent auprès de son géniteur, enseignant à la retraite. Son fils, meilleur apprenant de son école, venait en effet d’être identifié pour faire partir « d’un projet ».
Ces inspecteurs, confesse Finagnon Parfait Fassinou (son vrai nom), disaient être à la recherche d’un enfant travailleur issu d’une famille modeste pour porter son histoire. Des discussions ce soir-là avec son géniteur, il n’en a plus grand souvenir, mais il se rappelle tout de même qu’il était question de parler du village de Sado, d’écrire des textes sur la vie de la famille, sur lui Finagnon et ses frères et sœurs. « Nous ne savions pas que c’était dans l’intention d’éditer un livre. Après, ils sont revenus, ils m’ont amené à l’Alimentation générale du Bénin (Agb) et ils sont revenus à nouveau revoir mes parents et quelques cadres du village. Ils ont donné des directives à suivre pour rédiger des histoires sur le village. Ils ont ainsi rédigé des minutes sur des histoires sur le village et notre famille », raconte-t-il. Ces minutes, il les conserve encore jalousement dans l’une des chambres de la résidence de son feu père. A cela s’ajoutent une pile de documents soigneusement rangés et des photos prises à diverses occasions. Un petit musée sur ses aventures que le héros exhibe avec fierté. «Ils sont revenus chercher ces minutes et c’est ainsi que l’histoire des livres est partie ». Peu de temps après, les Aventures de Finagnon 3, le premier-né de la série de quatre ouvrages a été édité. Ce premier ouvrage, lui et les siens n’en savaient rien de l'édition. Ils auraient été informés par des connaissances qui sont tombées sur le livre qui faisait l’objet d’enseignement à Lomé au Togo.

La suite de l’aventure…

Mais, « un an après, les mêmes inspecteurs sont revenus me chercher et nous sommes allés à Cotonou où j’ai fait mon baptême de l’air et séjourné là chez mon oncle en vacances. Ils venaient donc me chercher à chaque fois, dans le cadre de la suite du livre ». Cela a permis de rédiger le deuxième tome du livre, à savoir « Les aventures de Finagnon 4 ». Après, selon son récit, cap sur Parakou. C’est là que se dérouleront la plupart des évènements relatés par Finagnon 5, notamment la fête de la Gaani et la découverte d’une bonne partie du septentrion. Mais dans la suite de l’aventure, patatras ! Finagnon Parfait Fassinou tient un discours de dupé. Le dol a eu lieu, selon lui, sur le dernier tome de l’ouvrage, Les aventures de Finagnon 6. Déjà, le livre en lui-même fait très peu de place aux histoires de famille et d’école autour de lui. « Dans la suite Finagnon devrait aller à Paris et à Moscou, mais rien. Je n’ai effectué aucun de ces voyages », révèle-t-il. Comment a-t-il pu alors tenir un discours à Moscou ? « Ils sont restés entre quatre murs pour inventer ces histoires », s’offusque-t-il. « Parfois, je faisais des jours sans voir mon frère et on me disait qu’on était venu le chercher. C’est peut-être tard la nuit ou deux jours après qu’il rentre», appuie Geoffroy Fassinou, un de ses frères ainés.
Aussi paradoxal que cela puisse paraître, Finagnon Parfait Fassinou n’a jamais utilisé les ouvrages en question durant tout son cursus. « J’étais en cinquième année déjà quand le premier tome est sorti. Ces livres me suivaient alors que je poursuivais mes études», raconte-t-il. Autre élément d’étonnement ou du moins de déception de sa part, c’est que sa photo réelle n’a jamais été utilisée. Sur ce fait, il dit avoir cherché à en savoir davantage auprès des inspecteurs qu’il a eu la chance de rencontrer plus tard, notamment Sébastien Agboton dont les fonctions antérieures ont permis de maintenir le contact avec lui. « J’ai cherché à comprendre pourquoi et il m’a expliqué que s’il mettait les photos réelles, cela devrait coûter assez cher et impliquer des droits ».

Société 15 janv. 2019


16e journée du procès Icc-Services: Séverine Lawson fait la lumière sur les biens saisis et vendus

La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), chargée de l’examen de l’affaire des structures illégales de collecte et de placement de fonds dite Icc-Services, a écouté, ce lundi 14 janvier, plusieurs personnes dont l’ex-Agent judiciaire du Trésor (Ajt) et présidente du comité de suivi de l’affaire Icc-Services, Séverine Lawson et l’ancien ministre des Travaux publics et des Transports et actuel maire de Dassa-Zoumè, Nicaise Fagnon.

La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) en sait désormais un peu plus sur le rôle du comité de suivi mis sur pied par décret présidentiel le 25 juin 2010 dans le cadre de la gestion de l’affaire des structures illégales de collecte et de placement de fonds dite Icc-Services. La présidente de ce comité de suivi, Séverine Lawson, Agent judiciaire du trésor (Ajt), au moment des faits, était à la barre ce lundi pour éclairer la cour de céans sur sa mission et le bilan de ses travaux. D’entrée, elle a expliqué les conditions dans lesquelles elle a été nommée par le chef de l’Etat d’alors pour présider aux destinées de ce comité placé sous l’autorité du comité de crise présidé par le ministre d’Etat d’alors, Pascal Irénée Koupaki.
Au départ, Séverine Lawson dit avoir manifesté son étonnement de voir l’Etat s’impliquer dans le règlement d’une affaire qui oppose des particuliers à des privés. Mais elle a compris par la suite le souci du gouvernement de prévenir le risque de trouble à l’ordre public au regard du nombre important des spoliés. Très rapidement, elle a lancé l’opération de recensement exhaustif de toutes les victimes. Ce recensement a été mené par l’Institut national de la statistique et de l’analyse économique (Insae) et a permis d’avoir des résultats globaux, notamment le nombre des épargnants, le montant total compromis et les intérêts payés aux victimes. Selon elle, le recensement a chiffré le montant total spolié à la somme de 109, 915 milliards F Cfa pour Icc-Services. Il a été retranché, par la suite de cette somme, les intérêts déjà payés aux épargnants clients. Ce qui donne au finish un solde net de 68 milliards F Cfa à la charge des promoteurs d’Icc-Service. Mais très tôt, ce montant a été rejeté catégoriquement par le président directeur général d’Icc-Services, Guy Akplogan. Pour celui-ci, sa structure n’a jamais dépassé 15 milliards de F Cfa de collecte. Guy Akplogan renvoie le comité de suivi vers les serveurs informatiques sous mains de justice. Sans pour autant donner raison au Pdg d’Ics-Srvices, Séverine Lawson informe la cour que les résultats du recensement de l’Insae sont à prendre avec des pincettes. Car, il est possible, à l’en croire, que le montant en cause soit nettement au-delà des déclarations de certains promoteurs, soit en deçà des résultats obtenus par l’institut.

13 milliards Fcfa déjà remboursés

Séverine Lawson dit douter de la fiabilité des chiffres d’autant que des agents d’Icc-Services ont été surpris notamment à Porto-Novo, lors de l’opération de recensement des épargnants, en train de rédiger et de falsifier des contrats qu’ils remettaient à certaines personnes. Des faussaires se sont infiltrés dans le recensement avec des contrats fictifs qui pourraient gonfler le montant compromis par Icc-Services dont les promoteurs ont montré leur incapacité à fournir des listes fiables devant permettre d’infirmer ou de confirmer le travail fait par l’Insae. Par rapport au recensement, toutes les victimes viennent avec toutes les pièces justificatives surtout leur contrat ou leur livret d’épargne. Elles répondent à un questionnaire à elles soumis par l’Insae. Ce recensement a permis de savoir l’importance des épargnes où des clients ont déposé de fortes sommes d’argent. Elle cite le cas d’une dame qui a déposé, au niveau d’une structure, autre qu’Icc-Services, la somme de 189 millions Fcfa et a perçu 207 millions F Cfa comme intérêt. En plus du recensement des épargnants, il y a eu l’opération de recensement des biens meubles et immeubles des promoteurs réalisée par la commission autonome d’enquête judiciaire. Tous ces biens devraient être vendus afin de permettre d’avoir de l’argent pour pouvoir rembourser les clients. Puisque selon elle, l’objectif n’est pas de jeter les promoteurs de ces structures en prison, mais plutôt de les obliger à payer les spoliés avec leur propre argent. Certains promoteurs de bonne foi ont compris cet objectif et ont facilité le remboursement avec les ressources qu’ils ont eues ou issues de la vente de leurs biens meubles et immeubles. Mais, le comité a eu beaucoup de difficultés avec Icc-Services dont les responsables d’abord ont contesté les 68 milliards F Cfa obtenus après recensement mais ensuite n’avaient pas de liquidité conséquente pour rembourser leurs clients. Elle dit avoir appris qu’au total 120 véhicules ont été saisis. Il y a eu une première vente par les commissaires-priseurs sur ordonnance du juge d’instruction en charge du dossier. Cette vente a concerné 53 véhicules d’Icc-Services. Elle a généré 226 millions F cfa virés sur un compte spécial dénommé Fonds Placement ouvert au Trésor public. La deuxième vente réalisée, toujours par les commissaires-priseurs, a donné un montant de 193 millions F Cfa consigné au greffe du tribunal de première instance de première classe de Cotonou. Séverine Lawson insiste sur cette vente pour démentir certaines allégations qui font état de ce que son comité de suivi a vendu des biens meubles et immeubles saisis. Il n’en est rien. Les biens meubles ont été réalisés par les commissaires-priseurs sur ordre du juge d’instruction, martèle-t-elle. Son comité n’a fait qu’assurer l’accompagnement et l’encadrement de l’opération de remboursement des spoliés pour les structures prêtes. « Nous avons payé au total plus de 13 milliards aux victimes », récapitule Séverine Lawson. Mais jusqu’ici, Icc-Services n’a encore rien payé à ses clients, précise la présidente du comité de suivi. Elle dit avoir tenu plusieurs rencontres avec les promoteurs de cette structure. Ils l’ont rassurée un jour qu’ils disposent d’un plan de remboursement des spoliés comme les autres. Mais grande a été sa déception de constater qu’en lieu et place du plan de remboursement, c’est un plan d’affaires agro-pastoral, de Btp et de forage que Guy Akplogan et consorts lui ont présenté. Elle n’a accordé aucune importance à ce papier parce que, à son avis, il est impossible de chercher à payer les spoliés sur des recettes issues d’élevage de lapin, de bœuf, de mouton, des activités agricoles et autres. « Lorsque j’ai eu le point des avoirs gelés, j’ai fait des additions avec le prix de vente des véhicules, et je me suis retrouvée à 900 millions. Ajoutant cela à ce que ceux qui ont bénéficié des libéralités ont retourné, je me suis retrouvée au milliard. Mais, c’est un milliard virtuel », souligne Séverine Lawson. Ce milliard est très infime par rapport au total du montant en cause concernant Icc-Services. Raison pour laquelle, son comité n’a pas daigné se hasarder à démarrer l’opération de remboursement d’Icc-Services laissant la justice en décider. La présidente du comité de suivi dit n’avoir jamais entendu parler, à aucun moment, de la procédure, de l’existence de 27,050 milliards F Cfa au domicile d’Emile Tégbénou et qui aurait disparu lors des perquisitions chez ce dernier. Pour Séverine Lawson, si une telle somme avait existé, elle s’en serait servie pour payer, à défaut des 68 milliards F Cfa recensés par l’Insae, les 15 milliards F Cfa reconnus par les promoteurs d’Icc-Services eux-mêmes. L’ex-Agent judiciaire du trésor se demande, si ces 27,050 milliards existaient réellement, pourquoi les promoteurs d’Icc-Services, qui cherchent depuis à recouvrer leur liberté, ne l’ont jamais évoqué et mieux se sont empressés de proposer un plan de remboursement qui a eu l’allure d’un plan d’affaires étalé sur plusieurs années afin de rembourser leurs victimes.

Nicaise Fagnon : « Guy Akplogan ment sur mon compte »

« Guy Akplogan ment sur mon compte puisque je n’ai jamais eu de relation avec lui », a martelé à la barre de la Criet, ce lundi, l’ancien ministre des Travaux publics et des Transports, Nicaise Fagnon et actuel maire de Dassa-Zoumè. Celui-ci réfute ainsi les accusations portées à son encontre par le président directeur général d’Icc-Services qui avait déclaré, lors de la deuxième journée de ce procès criminel, le 18 décembre 2018, avoir donné par semaine, en 2009 et sur deux mois, à Nicaise Fagnon, un montant de cinq millions F Cfa. Ceci, dans la perspective de gagner le marché de l’aéroport de Tourou, avait-il révélé. Mais il rectifie hier disant qu’il s’agissait plutôt du marché de construction de la route Kétou-Savè. Guy Akplogan dit avoir été recommandé par le chef de l’Etat d’alors pour prendre contact avec l’ex-ministre des Travaux publics et des Travaux. Pour Nicaise Fagnon, toutes ces déclarations sont des mensonges. Le marché de l’aéroport de Tourou avant été déjà attribué un an avant sa nomination à la tête de ce ministère, explique-t-il. Et la route Kétou-Savè n’existait pas dans son portefeuille. Il ne pouvait en être autrement puisque les études de ce tronçon n’avaient pas été faites pour que le gouvernement pense au lancement du marché d’appel d’offres. « Je voudrais faire observer que j’ai quitté le ministère des Travaux publics, il y a sept ans, et il n’y a aucune pioche sur la route Savè-Kétou dont il parle. Je précise que je ne suis pas au courant de l’audience que le président Boni Yayi a accordée aux promoteurs d’Icc-Services et dont la cour a parlé. Si c’était une question qui concerne mon secteur, le président de la République allait forcément m’inviter à cette audience», se défend Nicaise Fagnon. Toutefois, il reconnaît avoir reçu à son bureau un groupe d’investisseurs israéliens conduit par un de ses neveux à cheval entre Israël et la France. Guy Akplogan faisait partie de cette délégation venue lui proposer des sources de financements israéliens pour la construction de certaines infrastructures publiques. L’ancien ministre chargé des Travaux publics dit avoir décliné l’offre parce que, dans le temps, le cadre législatif pour un tel financement en mode Partenariat public-privé n’existait pas. Donc, la délégation conduite par son neveu est parti de son bureau sans avoir eu gain de cause. Et, depuis ce temps, il n’a plus jamais revu Guy Akplogan qu’il ne connaissait pas d’ailleurs avant sa première rencontre à son cabinet, martèle Nicaise Fagnon qui se dit « incorruptible » pour avoir été, avant son entrée au gouvernement, contrôleur général d’une banque de la place et directeur général de l’ex-Société nationale de promotion agricole (ex-Sonapra). Pendant ce temps, Guy Akplogan persiste, signe et demande à la cour d’appeler à témoigner son ex-chauffeur qui, selon lui, allait par moments lui remettre les 5 millions quand il est occupé.
Il faut préciser que Nicaise Fagnon a déposé ce lundi en sa qualité de témoin. L’ancien ministre des Travaux publics et des Transports a prêté le serment prévu à cet effet à l’article 334 du Code de procédure pénale. Ce statut de témoin oblige l’actuel maire de Dassa-Zoumè à rester jusqu’à la fin du procès criminel sur l’affaire Icc-Services.

Th. C. N.

Actualités 15 janv. 2019


3e édition du Festival international de Porto-Novo: Clap de fin en apothéose avec le chef de l’Etat !

Le président de la République, Patrice Talon, a honoré de sa présence la cérémonie de clôture de la 3e édition du Festival international de Porto-Novo (Fip). C'était dans l’après-midi du samedi 12 janvier dernier, sur le Boulevard du cinquantenaire à Porto-Novo, avec la parade de près de 2500 divinités masquées et non masquées.

La troisième édition du Festival international de Porto-Novo (Fip) aura vécu ! Les projecteurs se sont éteints, samedi 12 janvier dernier, sur les festivités après une semaine de célébration de la diversité culturelle de la ville capitale du Bénin. La cérémonie de clôture a connu la présence du chef de l’Etat, Patrice Talon, du président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji, du ministre en charge de la Culture, Oswald Homéky et de son collègue de l’Energie, Jean-Claude Houssou. Des membres du corps diplomatique accrédité au Bénin et plusieurs rois du Bénin et du Nigeria ont, par ailleurs honoré le rendez-vous. Ces personnalités ont témoigné de par leur présence leur engagement à oeuvrer pour la promotion et le rayonnement de la culture béninoise. Le temps fort des manifestations a été la parade, pendant plus de deux heures, de près de 2500 divinités masquées et non masquées. Il s’agit, entre autres, des gardiens de nuit et des revenants appelés respectivement Zangbéto et Egoun-goun, des hauts dignitaires du Fâ, des adeptes des vodouns Sakpata, Hounvè, Zèkpon et des Bourians. Le passage du groupe de cinéastes nigérians conduit par le vétéran Abidja de renommée internationale a surtout sidéré les personnalités et le public. Ces divinités masquées et non masquées ont toutes arboré leurs plus beaux accoutrements. Certaines n’ont pas hésité à démontrer leur savoir-faire devant la tribune officielle où a pris place le chef de l’Etat.
Ce carnaval déambulatoire de divinités a clos les activités de la 3e édition du Fip. Le maire de Porto-Novo, Emmanuel Zossou et président du comité d’organisation se dit comblé du bilan du festival. « Pendant huit jours, nous avons vécu diverses émotions. De la musique traditionnelle, de la musique moderne, des jeux de société, des compétitions artistiques et culturelles ont constitué la trame de cette semaine », rappelle le maire. Il y a aussi plusieurs autres activités dont la foire artistique et commerciale, le spectacle d’ouverture intitulé « Renaissance » du réalisateur
Alougbine Dine et le colloque scientifique sur les systèmes de « divination » en Afrique dont le Fâ dans un contexte de mondialisation qui ont également meublé l’édition 2019 du Fip. Le maire de Porto-Novo a surtout insisté sur les recommandations de ce colloque scientifique qui feront l’objet de compte-rendu au ministre en charge de la Culture, et par ricochet au gouvernement. Il dit être d’ores et déjà rassuré que le président de la République, Patrice Talon, accordera une attention toute particulière à ces différentes recommandations, vu l’intérêt qu’il porte à la chose culturelle. Emmanuel Zossou a exhorté tout le monde à la culture de la solidarité afin de pérenniser les acquis du Fip. Mais il sera rassuré par le ministre en charge de la Culture. Oswald Homéky réitère l’engagement de son ministère et celui du gouvernement à s’impliquer celui davantage dans l’organisation de la 4e édition du festival en 2020, l’année de célébration des 60 ans d’indépendance du Bénin.

Actualités 14 janv. 2019


Evaluation diagnostique et intellectuelle: Les enseignants absents dans le Borgou et l’Alibori

Prévue pour le samedi 12 janvier dernier sur toute l’étendue du territoire national, l’évaluation diagnostique et intellectuelle des enseignants du secondaire n’a pas connu d’engouement dans la plupart des communes du Borgou et de l’Alibori. Et pour cause, les concernés ont mis à exécution leur menace de boycott.

Invités par leur ministre de tutelle pour se soumettre à une évaluation diagnostique et intellectuelle, samedi 12 janvier dernier, les enseignants du secondaire intervenant dans les départements du Borgou et de l’Alibori n’ont pas cru devoir s’exécuter. Malgré la sensibilisation organisée dans les différents établissements à leur intention, ils ont largement suivi le mot d’ordre de boycott.
L’objectif poursuivi, en initiant cette évaluation, assure le gouvernement, c’est d’améliorer la qualité de l’éducation et de la formation dans les établissements d’enseignement du secondaire. Il s’agit d’apprécier le niveau du personnel enseignant et voir, sur le plan intellectuel, les actions à mettre en oeuvre en matière de renforcement de capacités. Loin donc du gouvernement toute intention de sanctionner ceux qui ne se montreront pas à la hauteur des épreuves qui leur auront été proposées. Autant d’engagements qui, malheureusement, n’ont pas convaincu la majorité des enseignants du Borgou.
Au lycée Mathieu Bouké, seul centre de composition retenu à Parakou, alors que les membres du corps de surveillance s’affairaient, il n’y avait eu qu’une trentaine d’enseignants dans les salles au démarrage de la première épreuve à 8h 25 mn, le gros de leur effectif ayant préféré se regrouper au dehors, à l’entrée de l’établissement. C’est pour exprimer leur désapprobation. Sous prétexte que le système a déjà prévu toutes les formes d’évaluations nécessaires pour les jauger, ils trouvent la présente démarche du gouvernement inopportune. Selon eux, le problème de l’éducation, dans le public au Bénin, n’est pas au niveau de la capacité intellectuelle des enseignants, mais ailleurs. Près de 714 enseignants étaient pourtant attendus au centre de composition du lycée Mathieu Bouké.
« Nous protestons contre cette évaluation. Nous ne sommes pas preneurs et ne voulons pas nous faire embarquer dans un navire dont nous ignorons la destination », a indiqué le président de l’intersyndicale des enseignants du secondaire dans le Borgou, Karim Rachidi. Avec ses collègues, ils dénoncent la méthode et les motivations de cette réforme.
Le constat était pratiquement le même au Ceg 1 de Kandi, dans le département de l’Alibori. Venus en curieux, nombreux sont les enseignants qui sont tout simplement rentrés chez eux. Sur les 239 enseignants attendus, seulement 20 ont composé.
A Malanville, Tchaourou et Kalalé, les enseignants n’ont également pas répondu à l’appel. Ils se sont insurgés contre l’évaluation. Tout comme à Parakou et Kandi, il y avait une forte présence des éléments de la Police républicaine pour assurer le maintien de l’ordre.

Société 14 janv. 2019


Evaluation diagnostique et intellectuelle: 77 enseignants sur 600 attendus composent à Natitingou

L’évaluation intellectuelle des enseignants du secondaire s’est effectivement déroulée au Ceg1 de Natitingou dans l’Atacora, malgré le boycott par la majorité.

Des salles presque vides. Tel est le constat fait, samedi 12 janvier dernier, au Ceg 1 de Natitingou. Sur environ 600 enseignants agents permanents et contractuels de l’Etat et vacataires du secondaire qui y étaient attendus, dans le cadre de l'évaluation intellectuelle, seulement 77 ont accepté se prêter à l’exercice, a-t-on constaté sur place.
Ils étaient pourtant très nombreux à investir très tôt, samedi dernier, le centre de composition de Natitingou. Mais au retentissement de la sirène, seulement 77 ont pris place dans les salles de composition pour se faire évaluer. Ceux qui rechignent à se soumettre à l’exercice ont été évacués de l’enceinte du centre d’évaluation par la Police républicaine.
A l’image du centre du Ceg 1 de Natitingou, le boycott a été presque général dans le département de l’Atacora, peut-on relever.
Selon Biga Alassane, superviseur départemental de cette session d’évaluation diagnostique des enseignants du secondaire, c’est seulement à Matéri qu’il y a eu un fort taux de participation.
En déplorant la situation, Biga Alassane a martelé que, contrairement à ce que pensent la plupart des enseignants, l’objectif poursuivi par le gouvernement à travers cette évaluation est notamment d’apprécier le niveau réel des enseignants, afin de mieux cerner les besoins en matière de renforcement de capacités.
« Dans tous les secteurs de l’administration publique, le personnel a toujours été évalué d’une manière ou d’une autre. C’est donc dans l’ordre normal des choses dans le secteur éducatif que le gouvernement a décidé d’évaluer périodiquement les enseignants», a rappelé Abdoulaye Affo, secrétaire général du département de l’Atacora. Avant de donner officiellement le top de l’évaluation, Abdoulaye Affo a aussi évoqué l’enjeu de cet examen diagnostic.
Il faut noter que dans l’Atacora, plus de 1500 enseignants du secondaire étaient attendus dans le cadre de cette évaluation. Ceux qui ont répondu à l'appel seront évalués en pédagogie pratique et en culture générale.

Société 14 janv. 2019


15e journée du procès Icc-Services: L’accusé Clément Sohounou à la barre

Menuisier de profession, recruté suite à un coup de chance comme agent de liaison à Icc-Services, puis bombardé chef d’agence Lalo de cette même structure de collecte et de placement de fonds, Clément Sohounou était à la barre de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), vendredi 11 janvier, dans le cadre du procès de l’affaire Icc-Services qui était à sa 15e journée.

Clément Sohounou est le cinquième accusé écouté, vendredi 11 janvier, sur les sept présents dans l’affaire des structures illégales de collecte et de placement de fonds dite Icc-Services. L’ex-chef agence Icc-Services à Lalo a livré sa part de vérité à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) en charge du jugement du dossier. Il a d’abord dit comment il a été recruté à Icc services. Clément Sohounou confie qu’il est un menuisier de profession. Mais il a décidé de rester auprès de l’un de ses oncles chez qui il a appris la pâtisserie pendant deux ans. Il était là quand un autre oncle vendeur de postes téléviseurs et autres appareils électroménagers l’a invité à lui porter un coup de main dans sa boutique. Il serait payé à 12 mille francs Cfa. Dans cette boutique, il a fait la connaissance des responsables d’Icc-Services, Guy Akplogan et Pamphile Dohou venus acheter un jour des postes téléviseurs pour leurs différentes agences. Ils auraient été séduits, à en croire Clément Sohounou, par sa franchise. En effet, il a donné le prix normal des postes-téléviseurs alors que son patron absent avait communiqué à ces derniers des coûts plus élevés, mais sans l’informer. Les responsables d’Icc-Services seraient tombés encore sur lui à leur second passage où ils devraient acheter des appareils. Ce franc-parler de Clément Sohounou aurait sidéré Guy Akplogan et Pamphile Dossou qui lui ont fait la promesse de le recruter pour travailler au siège de la Fédération d’Icc-Services à Abomey-Calavi. C’est ainsi qu’il va partir de la boutique de vente de postes téléviseurs pour être recruté comme agent de liaison à Icc-Services où il gagnait 30 mille F Cfa comme salaire. Il en était là quand, un jour, ses responsables, après une rencontre à la présidence de la République, ont décidé d’ouvrir une agence Icc-Services à Lalo. Ils ont jeté leur dévolu sur Clément Sohounou, natif de la région, pour faire la prospection du marché devant conduire à l’ouverture de cette agence. Les démarches ont abouti. Coup de chance encore, il sera bombardé chef agence de Lalo en 2008. La mayonnaise n’a pas tardé à prendre au niveau de son agence qui faisait de la tontine, de l’épargne et du placement. Après quelques semaines de flottements, Clément Sohounou a fini par gagner la confiance des clients qui ne se font pas prier pour placer leur argent contre un taux d’intérêt de 160% au bout de trois mois. Les fonds collectés sont envoyés au siège à Abomey-Calavi. Il va retirer ensuite les intérêts après trois mois. L’essor de l’activité dans la zone l’a conduit à chercher à étendre ses tentacules à Agbangnizoun, surtout pour satisfaire certaines doléances de ses clients qui se plaignent de l’état d’impraticabilité de la voie menant de leur commune vers l’agence à Lalo. Il a tenté d’ouvrir l’agence d’Agbangnizoun afin de rapprocher ses services de ses clients. Clément Sohounou dit avoir même rencontré le maire d’alors, en vue de l’implantation de l’agence Icc-Services
d’Agbangnizoun.

Enrichissement illicite ?

« J’avoue qu’on n’a pas fait de publicité. Au début, c’est une dame qui a fait placement de 150 000 F Cfa et était venue récupérer ses intérêts et le nominal trois mois après. C’est elle qui est allée parler à beaucoup de personnes et c’est comme cela que notre base de clientèle a augmenté », clarifie l’accusé au président de la cour de céans, Edouard Cyriaque Dossa. Celui-ci, au regard des éléments du dossier, demande à Clément Sohounou pourquoi il a acheté une moto Dream à un parent à lui pour qu’il fasse de l’appel au public en vue de lui trouver beaucoup de clients. Clément Sohounou dit avoir vraiment cru en l’activité d’Icc-Services parce qu’il avait l’assurance de la main invisible des pouvoirs publics d’alors. Et au président Edouard Cyriaque Dossa de lui rappeler le point de ses biens meubles et immeubles recensés par la commission d’enquête. Clément Sohounou serait propriétaire de trois véhicules bâchés, de sept voitures dont trois haut de gamme qui étaient en location ; d’un hôtel à Lalo ; d’un corbillard ; de trois boutiques ; de deux pressings à Lalo et à Klouékanmè ; de deux maisons à Lalo, de deux parcelles vides et de buvettes. Il a reconnu tous ses biens énumérés dans le rapport de la commission d’enquête sauf la buvette dont il dit avoir souscrit à un bail pour l’exploitation de l’immeuble.
Combien gagne-t-il pour faire de telles réalisations en moins de deux ans ?, demande le président de céans. A cette question, l’accusé répond qu’il était à 150 mille Francs Cfa comme salaire en tant que chef d’agence. Mais il avait aussi une commission sur chaque client qui venait déposer. Indépendamment de tout cela, Clément Sohounou dit mener à côté d’Icc-Services d’autres activités telles que la vente d’essence frelatée communément appelée « Kpayo ».Ce commerce rapporte beaucoup, informe l’accusé. Il a démarré cette activité avec 22 millions F Cfa et a reçu un jour une marchandise de 58 millions F Cfa. Me Agathe Affougnon, avocat des victimes d’Icc-Services, donc partie civile, a voulu savoir l’origine des 22 millions Fcfa ayant servi comme fonds de démarrage du commerce d’essence frelatée. Clément Sohounou a été évasif sur la réponse avant d’être coincé par l’avocate qui l’a criblé de questions. Il a fini par cracher le morceau en avouant qu’il a puisé les 22 millions F Cfa en question dans les fonds collectés auprès des clients. L’avocate a demandé que cette réponse de l’accusé soit bien consignée par le greffe à toutes fins utiles en son temps.

Encore des dons

Comme ses patrons Guy Akplogan et Emile Tégbénou, l’ex-chef d’agence Icc-Services Lalo, a fait aussi beaucoup de libéralités. Il a fait don d’un véhicule pick-up d’un montant de 9,5 millions F Cfa à l’ex-Brigade de gendarmerie nationale de Klouékanmey. Il dit avoir donné ce véhicule en 2009 en présence du ministre chargé de la Défense nationale d’alors, Issifou Koguy N’Douro et du général Cocou Lègba Sèmègan, alors directeur général de la Gendarmerie nationale. Par la suite, il aurait reçu une lettre de remerciements de la présidence de la République. Mais Clément Sohounou n’est pas en mesure de dire exactement où se trouve ce document. Car, tous ses bureaux ont été mis sens dessus dessous lors des perquisitions. Selon lui, les officiers de police judiciaire enquêteurs détruisent systématiquement tout ce qui pourrait compromettre les hautes autorités du régime d’alors. L’accusé rappelle que par exemple le jour de son arrestation à la présidence de la République, il avait sur lui la somme de 48 millions F Cfa destinée à payer les clients. Mais les fonds lui ont été arrachés sans aucun reçu en contrepartie. A ce niveau précis, la cour a fait appel au contrôleur général Mohamed Saké qui faisait partie de la commission d’enquête pour clarifier la situation au sujet de cette somme d’argent. « Je ne sais même pas de quoi il parle en ce qui concerne les 48 millions F Cfa. Je ne suis jamais allé à la présidence de la République pendant la gestion de cette crise. S’il a effectivement déposé 48 millions Fcfa, cela devrait figurer dans les rapports », indique Mohamed Saké.
Sur interrogatoire-réponse de Gilbert Ulrich Togbonon, procureur spécial de la Criet, l’accusé révèle avoir entendu auprès de ses responsables qu’ils ont contribué à un moment donné au payement des salaires des fonctionnaires de l’Etat. Mais il ne connaît pas le montant exact. Il sera aidé par Ulrich Gilbert Togbonon qui révèle que cette contribution est de trois milliards Fcfa. Seulement, cette information lâchée par l’avocat général reste à clarifier. Le président de la cour de céans a invité Gilbert Ulrich Togbonon à partager avec toutes les parties au procès les éléments qu’il détient par rapport à cette information. Me Agathe Affougnon, avocat des victimes, s’est voulue plus insistante. Selon elle, cette information qu’une partie des fonds d’Icc-Services a servi à payer les agents de l’Etat devra être tirée au clair pour permettre à la cour de bien situer les responsabilités. Cela permettra à la cour de bien répartir en son temps la réparation des dommages causés aux victimes en vue de leur remboursement.

Actualités 14 janv. 2019


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