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Chargé de mission du président de la République, le ministre d’Etat honoraire Zul-Kifl Salami a échangé avec la presse, vendredi 4 janvier dernier à Cotonou, au sujet des investissements des Fonds arabes au Bénin. Un regain d’activités de ces institutions financières sera noté cette année au Bénin, a-t-il annoncé, du fait de la crédibilité et du renforcement de l’image du Bénin à l’international. Dans cet entretien, il parle de la nouvelle dynamique de la coopération du Bénin avec les bailleurs de fonds arabes, des facteurs de ce regain d’intérêt ainsi que des perspectives en matière de retombées pour le financement des projets portés par le gouvernement.
La Nation : Comment se porte la coopération du Bénin avec les institutions financières arabes ?
Zul-Kifl Salami : Notre coopération avec les institutions financières arabes se porte bien, se porte encore mieux avec l’accélération des décaissements pour des projets existants. Et, en 2019, nous allons assister à un regain d’activités des Fonds arabes dans notre pays en termes d’évaluation de nouveaux projets, d’approbation de financement et de signature d’accords de financement. Le chef de l’Etat impulse une nouvelle dynamique à la coopération entre le Bénin et les Fonds arabes qui constituent des partenaires de choix pour le développement de notre pays.
Qu’est-ce qui explique ce regain d’intérêt ?
Il faut noter un renforcement de l’image et de la crédibilité de notre pays auprès des Fonds et banques arabes. Je vais l’illustrer par deux événements qui sont intervenus en novembre et décembre 2018, à savoir deux invitations qui ont été faites au Bénin, à travers ma personne, pour prendre part à deux fora. Le premier, c’est le Forum arabo-africain de promotion de l’investissement et du commerce. Il s’est tenu les 22 et 23 novembre 2018 à Addis-Abeba. Le second porte sur le rôle des Fonds arabes dans la promotion des Objectifs de développement durable (Odd) et a eu lieu à Khartoum, les 5 et 6 décembre 2018 avec la Banque mondiale. J’en parle, parce que j’ai eu le privilège, et c’est le Bénin qui était à l’honneur, de présider le premier forum qui a enregistré la participation des sommités des finances au niveau des pays arabes ainsi que le second qui s’est déroulé en coopération avec la Banque mondiale. Ce n’est donc pas le fait du hasard si le Bénin a été désigné pour assurer la conduite de ces événements, tout simplement parce que notre pays a du crédit, notre pays a une image renforcée au niveau des bailleurs de fonds internationaux, particulièrement les Fonds arabes.
Ensuite, notre crédibilité est renforcée à travers des résultats du Programme d’actions du gouvernement ‘’Le Bénin révélé’’ et des efforts extraordinaires sont fournis pour la restructuration de l’économie. Le Fonds monétaire international (Fmi), à travers sa troisième revue, a donné satisfecit à notre pays et cela a conduit au décaissement de 22 millions de dollars au titre de la Facilité élargie de crédit. Standard & Poor's, l’une des trois agences internationales de notation financière, a donné à notre pays la notation B+ stable. La Banque mondiale a surclassé notre pays par rapport aux années passées parce que l’environnement des affaires s’améliore.
Quelles sont les retombées de ce renforcement de l’image en termes de mobilisation de ressources pour le pays ?
On assiste à une accélération des décaissements des projets en cours d’exécution. Cette accélération vaut son pesant d’or parce qu’un projet a beau être financé, mais si les décaissements ne suivent pas, le projet ne portera pas l’impact qui lui est assigné au moment de l’évaluation. Le Bénin a bénéficié récemment d’un décaissement de 2,5 milliards F Cfa de la part du Fonds saoudien de développement, au titre de la clôture du Projet de lutte contre l’érosion côtière. La Banque arabe pour le développement économique en Afrique (Badea) lui a emboîté le pas en décaissant de manière accélérée 490 millions pour le même projet. Cette banque, il y a quelques semaines, a décaissé 1,7 milliard pour le projet de microfinance aux plus démunis. Nous attendons dans un avenir très proche le décaissement de 3,6 milliards par le Fonds koweitien de développement. Cette accélération des décaissements est un indicateur très significatif du renforcement de l’image du Bénin auprès de ces institutions. Car, c’est une manière d’accompagner le Programme d’actions du gouvernement, d’accompagner les investissements qui sont en cours de réalisation.
A cela, il faut ajouter que l’hôpital de Savè, financé par le Fonds saoudien de développement à hauteur de 5,4 milliards, a été relancé. En principe, d’ici à la fin de l’année, on aura le plaisir d’assister à l’inauguration de cet ouvrage sanitaire. L’hôpital de Savè vient à la suite de l’Université agricole de Kétou qui a été financée par le même Fonds saoudien à hauteur de 4,5 milliards et dont l’inauguration a eu lieu l’année dernière avec une forte délégation arrivée de Ryad. Ces éléments montrent à l’évidence que nous avons le vent en poupe vis-à-vis des Fonds arabes.
Le Fonds de l’Opep pour le développement international (Ofid) a signé avec le Bénin tout récemment un accord de 13 milliards F Cfa au titre du bouclage du financement du projet de construction de la route Malanville - Kandi - Beroubouay. Une route dont les travaux sont financés en partie par la Banque islamique de développement (Bid).
Ces résultats doivent être entretenus par le gouvernement dans la poursuite des réformes structurelles, dans la poursuite de la bonne gouvernance et le leadership exemplaire du chef de l’Etat auquel nous assistons et qui est magnifié par la communauté internationale.
Comment tirer davantage profit de cette crédibilité dont jouit le Bénin ?
Mon rôle, comme bien d’autres collègues, est d’assurer le marketing du Bénin à travers ses résultats tangibles. Et ce marketing permet précisément d’attirer davantage l’attention des partenaires arabes sur notre pays et les inviter à investir, à soutenir le Programme d’actions du gouvernement.
A ce sujet, nous avons déjà placé auprès de la Badea, du Fonds saoudien, du Fonds koweitien de développement, un certain nombre de projets phares, notamment le Projet d’accès durable et sécurisé à l’énergie électrique (Padsbee 2019-2025) d’un montant de 1150 milliards F Cfa qui sera réalisé par phase, le grand projet du secteur éducatif que constituent l’Université nationale d’agriculture de Kétou et l’Université des sciences, technologies, ingénierie et mathématiques d’Abomey pour un coût global de 341 milliards.
Le projet de construction de logements sociaux appuyé par d’autres bailleurs sera également pris en compte par les missions qui arriveront. L’autre projet qui a un impact réel sur les populations, c’est la microfinance. Le président de la Badea, Dr Sidi Ould Tah, lorsqu’il est arrivé au Bénin, a rendu visite aux femmes qui bénéficient des microcrédits. Très content et très satisfait des résultats, il a dit qu’il est prêt à donner Badea 3 après le Badea 2 qui est en cours. La mission qui arrivera bientôt collectera des informations sur les résultats et les performances de la phase 2 et engagera la procédure pour l’octroi d’un financement pour la phase 3. C’est dire qu’il y a beaucoup de choses qui se mettront en place au titre de l'année 2019. Tout le Bénin était en chantier en 2018, mais il le sera encore plus en 2019. Et, comme l’a dit le chef de l’Etat, l'on doit se mettre au travail. Car, le tout n’est pas d’avoir le financement. Il est important que les projets soient exécutés suivant les règles de l’art et de manière accélérée. Car, le meilleur avocat vis-à-vis des bailleurs de fonds d’un pays, c’est essentiellement l’accélération de l’exécution des projets. La vocation d’une institution financière internationale, notamment les Fonds arabes, ce n’est pas de donner de l’argent, mais créer l’impact sur les populations, assurer le développement des pays. Dès cet instant, un pays qui s’outille pour aller à pas accélérés dans l’exécution des projets, a toutes les chances de mobiliser davantage de ressources auprès de ces institutions. Et, c’est le message fort du chef de l’Etat dans son discours sur l’état de la Nation.
2019 connaîtra un regain d’activité de notre coopération avec les institutions financières arabes. Les acteurs ici au Bénin doivent pouvoir accompagner ce mouvement pour qu’on le transforme rapidement en financement de projets du Programme d’actions du gouvernement. On peut aller même au-delà des prévisions de ce programme. Si je prends, par exemple, le secteur de l’énergie, où le Bénin est en train de réaliser des performances remarquables, des investissements additionnels hors programme du gouvernement peuvent permettre au pays d’être le vendeur d’électricité dans la région. C’est dire que le travail qui se fait, cette dynamique qu’impulse le chef de l’Etat à notre coopération avec les institutions financières arabes, portera véritablement des fruits remarquables au cours de cette année.
Propos recueillis par Claude Urbain PLAGBETO
Société 09 janv. 2019

Promulguée le 20 avril 2018, la loi N°2017-20 portant Code du numérique en République du Bénin instaure un cadre juridique dynamique et plus fiable qui répond aux préoccupations du secteur. Mais ses dispositions restent peu connues du grand monde. Lors d’une conférence organisée par l’Agence pour le développement du numérique à Cotonou, hier mardi 8 janvier, cet instrument juridique a été décortiqué.
Au fil du temps, le numérique s'est imposé comme un instrument incontournable de développement. Mais son utilisation, au Bénin comme partout ailleurs, génère aussi des déviances. « Le secteur du numérique est un secteur transversal. Un des rares secteurs qui fournissent des intrants pour les autres secteurs d'activités économiques, sociales, ludiques et familiales », a indiqué le secrétaire général du ministère de l'Economie numérique et de la Communication, Serge Edgard Koudjo, à l’ouverture de la conférence-débat sur le Code du numérique. Ce texte vient combler un vide dans le secteur économique. Car, rappelle-t-il, c'est l'ordonnance 2002-002 portant principes fondamentaux du régime des télécommunications qui a régi le secteur jusqu'en 2014. Un texte qui n'a pas pu régler les problèmes liés à l'exploitation des télécommunications. D'où la nécessité d’encadrer le secteur pour l’exploitation optimale des outils du numérique. C’est ce qui justifie l’adoption de la loi N°2017-20 du 20 avril 2018 portant Code du numérique en République du Bénin. A la lumière de l’article 2 de ladite loi, « Le Code du numérique a pour objet de régir les activités qui relèvent des réseaux de services de communications électroniques, les outils électroniques, les services de confiance en l’économie numérique, le commerce électronique, la protection des données à caractère personnel, la cybercriminalité et la cybersécurité ».
A en croire le directeur de l'Agence pour le développement du numérique Serge Adjovi, le Code du numérique consacre la réalisation d'une réforme, d'une ambition exprimée dans le Programme d'actions du gouvernement. « Ce document est d'une importance capitale. C'est un document qui va nous permettre d’impacter divers domaines ; que ce soit la dématérialisation, le e-commerce, la sécurité... Le numérique va transformer la vie de chacun des Béninois », affirme-t-il. Mais pour lui, cette transformation ne peut s'opérer dans les meilleures conditions sans le cadre juridique que constitue le Code du numérique. « Le Code du numérique, c'est aussi la création d'un cadre de confiance », ajoute-t-il. Il est alors impérieux que les dispositions de cette loi soient vulgarisées. Un impératif que réaffirme la ministre de l'Economie numérique et de la Communication Aurélie Adam Soulé Zoumarou. C'est tout le sens de son invite: « Je voudrais vous appeler à être nos ambassadeurs, les ambassadeurs de ce Code pour informer et sensibiliser les populations... Je voudrais vous inviter à nous aider à en faire la plus large diffusion et la plus simple aussi ». Elle rassure déjà du soutien de son département ministériel à toute initiative allant dans ce sens. Pour la ministre Aurélie Adam Soulé Zoumarou, l'importance du code n'est plus à démontrer. « Ce Code hisse notre pays au rang des pays où la question de l'interopérabilité des secteurs ne se pose plus… La mise en application de ce texte va contribuer à la création d'un climat de confiance dans tous les secteurs, surtout dans le secteur économique », fait-elle savoir.
Au cours de la conférence, les participants ont échangé sur les défis et les enjeux du Code, le commerce électronique, la cybercriminalité et la cybersécurité, la protection des données à caractère personnel, les dispositions pénales prévues par le Code... « Cette conférence permettra de décortiquer davantage les différents livres et articles et d'approfondir les différentes questions. C'est en parlant de ce code que nous arrivons en tirer la substance », insiste-t-elle.
Enjeux et défis du Code
Présentant les grandes lignes du Code du numérique, le secrétaire général du ministère de l'Economie numérique et de la Communication Serge Edgard Koudjo fait savoir qu’il s’agit d’un corpus de 647 articles. Ce code couvre la quasi-totalité des préoccupations actuelles du secteur et plonge le Bénin dans la dématérialisation tant désirée. La neutralité technologique, l'obligation à l'interconnexion et à l'interopérabilité, le service universel, la gestion des ressources rares, le traitement non-discriminatoire des opérateurs, l'identification des marchés pertinents ... sont autant de préoccupations prises en compte dans le Code.
Outre le cadre juridique mis en place, le cadre institutionnel a été réaménagé avec une série d’acteurs qui travaillent à divers niveaux. Entre autres : le ministère de l'Economie numérique et de la Communication (Menc), l'Agence pour le développement du numérique (Adn), l'Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste (Arcep), l'Autorité de protection des données personnelles (Apdp), l'Agence béninoise des services universels des communications électroniques et de la poste (Absu-Cep), l'Agence nationale de sécurité des systèmes d’information (Anssi) créée par le Code...
Mais des défis, reconnaît le secrétaire général du Menc, restent à relever. « Réussir à tirer le meilleur profit possible quel que soit le secteur d'activité pour améliorer l'exploitation et faciliter la vie du Béninois lambda avec comme corolaires la question de la formation, de la mise en application du texte. Car la dématérialisation est effective du point de vue juridique mais il reste à la mettre en œuvre dans la pratique », indique-t-il avant de soulever un autre défi, celui de la prise des textes d'application du Code. A cet effet, la ministre Aurélie Adam Soulé Zoumarou informe que tous les acteurs sont à pied d’œuvre pour l'élaboration et l'adoption des textes d'application du Code.

Le Code du numérique tombe à point nommé dans un pays où nous avons toujours eu des lois éparses, où nous avons toujours eu beaucoup de difficultés à cerner tous les tenants et les aboutissants de certaines problématiques. Le Code du numérique réalise une compilation utile à un moment où le secteur du numérique, en l’occurrence le secteur du commerce électronique prend particulièrement de l’importance.
Le Code apporte une clarification juridique importante sur certains concepts, sur leurs secteurs d’activités civiles et commerciales. Par ailleurs, le Code du numérique nous projette dans un avenir qui est celui du XXIème siècle marqué par le commerce électronique. On l’aura remarqué aujourd’hui, les transactions électroniques prennent de l’ampleur. Tout le monde utilise les services de transfert d’argent numérique, des applications sur des réseaux… Il y a des conséquences derrière tout ça et il y a un droit qui encadre tout ça. Le Code du numérique réalise sur ce plan une révolution dans notre pays. Il est utile que nous l’ayons, il est utile que nous le complétions. Car le secteur bouge beaucoup. C’est une dynamique d’innovation constante. Il faudrait que nous puissions suivre et non rester sur cet acquis. Il a été adopté récemment mais il est peut-être déjà obsolète en certaines matières.
Actualités 09 janv. 2019

Le Bénin est sur la bonne voie quant à la mise en œuvre de son programme de développement avec de multiples impacts pour le présent et le futur. Le pays gouverné par Patrice Talon est vu d’un bon œil par la communauté internationale. Cela lui a été réitéré mardi 8 janvier à l’occasion de la présentation des voeux du nouvel an par le corps diplomatique.
L’année 2018 a été marquée par une série d’évènements à travers le monde. On note ci et là de nombreux faits et actes qui ont influencé les relations internationales et redistribué les rôles au plan diplomatique. Malgré ces chocs exogènes, le Bénin est resté fidèle à la tendance amorcée depuis 2016. Le pays vit entre réformes, réalisations et conclusions d’accords pour le développement.
Sandi Sahadi Abdou, ambassadrice du Niger près le Bénin, doyenne du corps diplomatique et ses pairs ont suivi d’un œil averti la courbe du Bénin. Aucun effort n’a été ménagé pour la mobilisation de ressources indispensables pour le financement du Programme d’actions du gouvernement (Pag), apprécie la diplomate dans son message de présentation des vœux du nouvel an au chef de l’Etat. Sandi Sahadi Abdou retient, entre autres actions diplomatiques fortes du Bénin au titre de 2018, « le soutien de la France aux réformes courageuses du gouvernement », celui de la Suisse avec un appui de deux cent vingt millions de dollars pour l’amélioration de l’accès à l’eau potable en milieu rural… Elle n’occulte pas non plus que le Fonds monétaire international a retenu le Bénin parmi les cinq pays du monde bénéficiaires de la phase pilote de la mise en œuvre des projets pour l’atteinte des Objectifs de développement durable (Odd). La doyenne du corps diplomatique apprécie tout aussi bien la notation faite par l’agence internationale Standard and poor’s qui a gratifié le pays de la note B+. Aussi, note-t-elle que le dernier trimestre de l’année 2018 a fait l’objet d’intenses activités fructueuses du gouvernement sous la direction du président Patrice Talon. Celui-ci a d’ailleurs su, salue-t-elle, lors de ses nombreuses visites à l’étranger, resserrer les liens entre le Bénin et le reste du monde. La participation active du chef de l’Etat et ses nombreuses contributions à la gouvernance mondiale à travers ses interventions ont été aussi relevées par la diplomate nigérienne. Que dire de la demande de restitution presque aboutie des trésors culturels du pays ? Là encore, elle reconnaît le management des autorités béninoises dans la conduite de ce dossier. « L’année 2019 s’ouvre pleine de défis », fait-elle observer.
Encouragement à persévérer
« L’intérêt de cet exercice réside dans les appréciations que nous faisons mutuellement de l’état de la coopération et du monde... L’année qui s’est achevée a été caractérisée par des prises de positions qui ont suscité des préoccupations légitimes de la communauté internationale, mais également de l’espoir. Les attaques contre le multilatéralisme, la montée inquiétante du repli nationaliste et du populisme constituent quelques-uns des motifs d’inquiétude», répond à son tour le président Patrice Talon. En revanche, poursuit-il, « l’amorce du dialogue entre les Etats-Unis et la Corée du Nord, le rapprochement entre l’Ethiopie et l’Erythrée, l’adoption du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières sont des signes évidents d’espoir ».
Les efforts en vue d’assurer la préservation de l’environnement en dépit de la résistance de certains, constituent également des motifs d’espoir, apprécie le chef de l’Etat.
Pour ce qui est du Bénin, il a érigé la préservation de l’environnement au nombre de ses priorités, soutient toutes initiatives destinées à offrir aux générations futures un espace agréable de vie et continuera à apporter sa contribution aux efforts de la communauté internationale en faveur du maintien de la paix et de la sécurité internationales, assure le président de la République. Il dit aussi partager l’appel en faveur d’une solidarité internationale plus manifeste pour faire efficacement face aux défis humanitaires et sécuritaires.
« J’ai également noté vos appréciations sur les actions de mon gouvernement dans le cadre de la mise en œuvre de son Programme d’actions et je me réjouis de l’intérêt que la communauté diplomatique porte à la vie nationale. Ces appréciations constituent pour le gouvernement béninois et pour moi-même, une indication de ce que nous sommes sur la bonne voie et un encouragement à persévérer dans la dynamique actuelle, seul moyen de garantir un développement durable pour le Bénin », a aussi déclaré le président Patrice Talon en réponse aux appréciations de la doyenne du corps diplomatique.
« C’est à juste titre que vous avez relevé les résultats significatifs auxquels nous sommes parvenus dans l’effort de mobilisation des ressources pour la mise en œuvre du Programme d’actions du gouvernement. C’est aussi avec justesse que vous avez relevé les efforts accomplis en matière de gouvernance, qui ont induit une bonne appréciation par les institutions multilatérales de développement et de financement ainsi qu’une meilleure notation de notre pays par les agences spécialisées », a-t-il poursuivi. Dans le domaine de la politique extérieure, le Bénin n’a pas été du reste, reconnaît le chef de l’Etat qui promet, pour 2019, de meilleures actions. L’une d’entre elles passera par l’organisation sans anicroche des élections aussi bien au Bénin qu’ailleurs sur le continent. « Mon vœu le plus ardent est que ces échéances constituent des moments de célébration et de consolidation du processus démocratique dans les pays concernés, en particulier le mien », prie le président Patrice Talon.

L’engagement et la détermination des Hommes en arme est sans faille pour assurer leurs missions tout au long de l’année 2019. Ils l’ont réitéré par le biais du Contre-amiral Patrick Jean-Baptiste Aho, chef d’état-major général des Forces armées béninoises (Fab), mardi 8 janvier à l’occasion de la présentation des vœux de nouvel an au chef de l’Etat.
« Je voudrais, au nom des personnels militaires et paramilitaires ici représentés à divers niveaux catégoriels, formuler à votre endroit, à l’endroit de votre famille, de votre gouvernement et de tous ceux qui vous sont chers, nos vœux sincères de bonne année 2019. Notre ardent souhait est que Dieu, dans sa bonté infinie, vous accorde une bonne santé, que vous ayez la paix intérieure ainsi que l’énergie et le courage indispensables pour poursuivre la noble et lourde mission dont vous a investi le peuple béninois ». Voix ferme, ton autoritaire. Le Contre-amiral Patrick
Jean-Baptiste Aho a formulé, ce mardi 8 janvier au président Patrice Talon, les bonnes intentions de l’armée au titre de la nouvelle année.
Pour lui, l’avènement d’une nouvelle année s’accompagne toujours d’espoir et de perspectives, mais aussi de toutes sortes de défis. Et des espoirs, les éléments des Forces armées béninoises (Fab) en ont. Ils les fondent surtout sur le Programme d’actions du gouvernement, qui se propose d’engager des réformes structurelles et de renforcer les moyens d’action des forces en vue d’une plus grande efficacité de l’outil de défense et de sécurité. « Les actes concrets déjà posés dans ce sens forcent respect et reconnaissance et nous donnent davantage de raisons d’espérer que la modernisation amorcée de l’appareil sécuritaire est irréversible », apprécie le chef d’état-major général. Au nombre de ceux-ci, il mentionne l’opérationnalisation de la Police républicaine, la réalisation au cours de l’année précédente, de divers équipements techniques et moyens de mobilité au profit des forces. Ces actes significatifs, se satisfait-il, sont une illustration de la détermination du gouvernement à prémunir le Bénin contre toute menace d’où qu’elle vienne.
Ainsi, remercie-t-il, le président de la République, pour ces actions louables qui « permettent aujourd’hui aux forces militaires et paramilitaires, agissant sans répit, dans un esprit de complémentarité et de synergie d’actions, de combattre l’insécurité sous toutes ses formes, de protéger les eaux maritimes à travers la lutte contre la piraterie et la pêche illicite, de dynamiser les corridors routiers et douaniers, de prévenir le pillage et l’exploitation illicite des ressources naturelles et enfin d’organiser plus régulièrement des manœuvres inter-forces qui, outre leur objectif de renforcement des capacités et d’aguerrissement des forces, sont aussi destinées à prévenir et dissuader les velléités d’attaques terroristes sur notre territoire national.
Ces efforts, quoique déjà immenses de son point de vue, doivent être poursuivis, voire accrus, pour permettre aux forces d’être toujours à même de répondre efficacement aux défis sécuritaires de plus en plus nombreux.
Veille permanente
Tout en répondant promptement sur le terrain des défis au plan national, les Fab ont également le regard tourné vers les autres défis du moment, notamment le terrorisme. Le Contre-amiral Patrick Jean-Baptiste Aho, rappelle, au regard du contexte sous-régional particulièrement perturbé par l’extrémisme violent, la menace de groupes criminels organisés qui opèrent jusque dans le voisinage immédiat et les trafics illicites transfrontaliers de tous genres en développement constant. « Ces menaces nous interpellent quant à la nécessité de garder une posture de veille permanente et d’être bien préparés à les contrer ». Mais elles
n’ébranlent en rien le courage des forces de défense et de sécurité et leur détermination à y faire face...
... C’est pourquoi il rassure le président Patrice Talon que sa troupe reste mobilisée et déterminée à agir avec davantage de professionnalisme et de courage, pour continuer à garantir la sécurité des villes et des campagnes, un environnement sûr et paisible, nécessaire à la réalisation du Programme d’action, ‘’Le Bénin révélé’’. A cet effet, il annonce que « d’importants aménagements internes seront entrepris au sein des forces en vue d’assurer une adéquation des ressources humaines avec les exigences et impératifs de sécurité nationale et se concrétiseront par un redéploiement en 2019, des personnels sous-officiers et militaires de rang des trois armées qui bénéficieront de nouvelles situations administratives et partant, de nouvelles positions d’emploi dont les contours seront précisés chaque fois que de besoin ».
Cette nouvelle vision répond à la nécessité d’adapter l’outil de défense et de sécurité à la stratégie nationale d’anticipation des menaces potentielles qui pèsent sur la sous-région. « Nous avons conscience de ce que la discipline et la cohésion internes à chaque composante sont un gage d’efficacité et de réussite de nos missions et qu’il est du devoir de la haute hiérarchie d’œuvrer à leur raffermissement continu », s’est-il enfin engagé.
La nation compte sur vous…
« Je voudrais que vous sachiez que la nation compte sur vous. Vous devez rester exemplaires par votre comportement et par votre manière de servir, pour continuer de mériter sa confiance et sa reconnaissance ». Devant les membres du haut commandement militaire, les officiers supérieurs, sous officiers, militaires de rang, aviateurs, matelots, policiers, forestiers et douaniers, le président Patrice Talon, tout en recevant les bons vœux qui lui ont été adressés a rappelé l’espoir que fondent le gouvernement et le peuple réunis en ces hommes et femmes qui ont juré au prix de leur vie, d’assurer la sécurité des personnes et des biens.
Pour lui, la défense et la sécurité sont indispensables au développement. « Je suis sensible au rôle majeur que vous jouez, dans vos différentes corporations, au profit de notre nation, qu’il s’agisse d’en assurer l’intégrité ou la sécurité sur terre, sur mer et dans les airs, de mobiliser des ressources pour son développement, ou encore de protéger sa faune et sa flore », révèle-t-il. Aussi, apprécie-t-il le professionnalisme et le dévouement avec lesquels ils assurent cette noble et difficile mission de défense du pays et de ses institutions, de protection des Béninoises et des Béninois ainsi que de leurs biens. Face à l’insécurité dans la sous-région, « tâchez donc de redoubler d’ardeur et de professionnalisme pour réaliser au mieux et toujours dans la complémentarité d’actions, l’objectif majeur de garantir à nos concitoyens et à nos visiteurs un environnement rassurant, de paix et de quiétude, propice à la création de la richesse », a exhorté le président Patrice Talon.
« Je puis vous assurer que mon gouvernement poursuivra ses efforts de modernisation de notre outil de défense et de sécurité comme vous l’appelez de tous vos vœux. De même, je ne ménagerai point mon soutien à vos initiatives internes visant à optimiser les moyens humains de nos forces de défense et de sécurité en vue d’une plus grande efficacité dans l’exécution de vos missions. Tout sera mis en œuvre pour que vous ayez davantage de moyens pour exécuter vos missions dans de meilleures conditions et les efforts seront accentués dans le sens de la modernisation du cadre de vie et de travail, et de l’amélioration de la condition sociale de tous les personnels en uniforme », a aussi promis le président de la République n

Les institutions de la République ont présenté, mardi 8 janvier à Cotonou, leurs vœux de nouvel an au chef de l’Etat. Occasion pour elles de scruter l’année nouvelle sous de bons auspices, prenant par ailleurs l’engagement d’accompagner le chef de l’Etat à aller au bout de ses ambitions.
Au nom de toutes les institutions, le président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji, a présenté au président Patrice Talon, des vœux de réussite dans la mission qui est la sienne à la tête de l’Etat béninois. Mais des vœux sans perdre de vue l’objectif commun de notre mieux-vivre ensemble, souligne le président de l’Assemblée nationale. « Votre engagement inlassable sur le vaste chantier des réformes que vous avez ouvert depuis bientôt trois ans commence à porter ses fruits », salue-t-il, indiquant que l’année qui vient de prendre fin aura marqué l’attention dans plusieurs domaines.
Au plan politique et institutionnel, il a noté l’achèvement de la réforme du système partisan, le vote des deux lois majeures que sont la chartre des partis politiques et le Code électoral. Avec le vote imminent d’une loi sur le financement public des partis, le président du Parlement dit espérer « un système partisan plus inclusif et plus performant, une nouvelle configuration du paysage politique, une culture politique plus démocratique ». En cela, il salue le leadership du président Patrice Talon qui a donné à « cette réforme désirée par tous, le souffle nécessaire à son adoption et former le vœu qu’elle résiste à l’épreuve de nos habitudes collectives ».
Changements positifs
« Les institutions de la République se réjouissent et vous félicitent pour les changements positifs que vous imprimez à l’environnement politique social et économique de notre pays. Le changement de comportement de plus en plus perceptible de nos compatriotes face au bien public est l’un des signes que vos actions sont sur la bonne voie. C’est pourquoi elles vous assurent de leur pleine disponibilité à assumer chacune sa part d’obligation dans le respect de la Constitution », a apprécié dans son message de vœux, le porte-parole des institutions de la République. Les prouesses, sous l’ère de la Rupture, n’ont pas été qu’effectives au plan politique. « Au plan économique et social, vous avez compris que le premier devoir d’un Etat vis-à-vis de ses citoyens est le devoir de sécurité et que celle-ci est indispensable au développement ». Le président de l’Assemblée nationale note que la majorité des Béninois loue la pertinence des mesures initiées pour améliorer la sécurité. Pour lui, cet environnement sécurisé et apaisé offre le meilleur cadre au renforcement du capital humain. La satisfaction des besoins essentiels en matière de sécurité, d’éducation et de nutrition, l’assainissement du système sanitaire et pharmaceutique, le démarrage prochain de la phase pilote du projet Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch), notamment dans sa composante assurance maladie qui offrira la sécurité sanitaire aux populations constituent autant de réalisations que les institutions de la République ont observées avec satisfaction, si l’on s’en tient au discours du président de l’Assemblée nationale.
Mais le secteur de l’éducation a lui aussi fait l’objet de l’attention du chef de l’Etat, selon Me Adrien Houngbédji. En portant à 51% le taux de couverture des cantines scolaires et en procédant à l’évaluation des enseignants pour mieux orienter leurs besoins en formation, le gouvernement Talon a amélioré les conditions d’accès d’un plus grand nombre d’enfants à la scolarisation, applaudit Me Adrien Houngbédji.
Quid de l’eau potable ?
« Les actions du gouvernement pour étendre l’accès à l’eau potable et l’accès à l’électricité sont tangibles et offrent des perspectives heureuses », fait-il observer. Sans avoir « la prétention de se livrer à un bilan exhaustif de ce qui a déjà été fait », le porte-parole des institutions de la République dit vouloir indiquer tout simplement que lesdites institutions « suivent avec attention et intérêt les actions du gouvernement pour le bonheur de nos populations ».
Autant le chef de l’Etat et son gouvernement travaillent, autant l’humanisme et la détermination de son épouse, Claudine Talon, sans vaine ostentation dans la lutte contre toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, des enfants et des personnes vulnérables forcent admiration et respect, selon le président de l’Assemblée nationale. Une « riche complémentarité qui, au sommet de l’Etat, concourt au bien-être des populations », se réjouit Me Adrien Houngbédji.
Engagées dans l’œuvre de transformation
« Les motifs de satisfaction que vous avez relevés dans la mise en œuvre du Programme d’actions du gouvernement sont au mérite partagé de tous ». Les institutions de la République, comme l’ensemble du peuple béninois, sont engagées dans l’œuvre de transformation qualitative de notre pays, pour son développement et pour l’amélioration des conditions de vie, répond le président de la République, au regard de nombreuses réalisations de son gouvernement exposées. Il dit apprécier l’accompagnement que chacune de ces institutions apporte à son gouvernement dans l’accomplissement de sa mission.
Dans les prochaines semaines, cette collaboration, bien assurée jusque-là, devra à nouveau se déployer, suggère le président de la République pour organiser avec satisfaction les élections législatives. « Elles seront justement l’occasion d’éprouver les réformes politiques que nous avons initiées pour améliorer notre système et notre pratique politiques », projette aussi le chef de l’Etat. « Elles devront être l’occasion de vrais débats de société pour permettre aux électeurs de faire des choix conséquents », souhaite-t-il. « Cette disposition d’esprit qui consiste à servir la République avec foi, abnégation et amour doit nous habiter en permanence. C’est elle qui permet d’affronter les épreuves avec confiance, et de remporter des victoires qui font reculer le sous-développement et la pauvreté », explique le chef de l’Etat à son auditoire.

Activité d’appoint pour quelques agriculteurs, l’apiculture connaît un regain d’intérêt ces dernières années, passant de la forme de cueillette à une forme améliorée. Cependant, elle reste confrontée à des obstacles tels que la faible productivité, la déforestation, les feux de brousse, l’emploi abusif des pesticides. Pendant que la demande en produits des abeilles tels que le miel, la cire et la propolis ne cesse de croître, l’offre est faible et la qualité, parfois douteuse. En l’absence d’une politique nationale de développement de la filière, les acteurs se débrouillent vaille que vaille pour faire rayonner un secteur qui requiert une grande technicité et des moyens conséquents.
Immersion dans un secteur d’activité rentable à fort potentiel de création d’emplois et de richesse mais encore peu exploité.
AYaoui, commune de Ouessè, département des Collines à 330 km de Cotonou au bord de la voie inter-Etats n°2 (axe Cotonou-Parakou), se dresse majestueuse, la miellerie «Ruche des Collines (Rdc)». L’air enjoué, Alphonse Worou dit « Ancien», le propriétaire des lieux, nous accueille dans le hall du bâtiment où des photographies et des dessins forcent l’admiration. Il s’agit d’une exposition permanente dénommée «Ruches de l’espoir: Impacts d’aujourd’hui et de demain », réalisée par les « Arts tissent» en partenariat avec le programme Bénin entreprendre solidaire avec son territoire (B’est) mené par Solidarité Entreprise Nord-Sud (Sens) et le Groupement intercommunal des Collines (Gic). Elle relate les exploits du fondateur et de ses associés dans les ruchers.
Le quinquagénaire remarquable sur plusieurs gravures s’inscrit dans une démarche innovante « Entreprendre solidaire avec son territoire » expérimentée depuis 2009 dans les Collines et qui concilie finalité sociale et viabilité économique dans le souci d’améliorer les conditions des personnes vulnérables. L’entreprise solidaire « Ruche des Collines » laisse découvrir une autre culture entrepreneuriale centrée sur l’apiculture.
Pour planter le décor, le fondateur réitère une assertion inscrite sur l’une des œuvres exposées : « Les abeilles, c’est ma vie. On se connaît mieux, elles et moi ».« L’apiculture, c’est une production naturelle à coût réduit qui aide les gens à sortir de la pauvreté», enchaîne Alphonse Worou. Conscient de cela, dès les années 2000, il s’est consacré à la formation des paysans de Ouessè, sa commune natale, et ceux de la zone de la forêt classée Tchaourou-Toui-Kilibo et d’ailleurs.
C’est pour impulser une nouvelle dynamique à la filière apicole qu’il décide d’installer la coopérative qui regroupe soixante apiculteurs, avec pour leitmotiv : « le développement économique rural de la commune de Ouèssè ». En fait, c’étaient des représentants de 60 familles de six villages de Ouèssè (Gbédé, Kèmon, Idouya, Botti, Yaoui, Agboro), soit dix par village, précise-t-il. Avec des domaines de 100 ha attribués par des têtes couronnées dans ces villages, la coopérative connaîtra son apogée. Fort de la rentabilité du secteur, l’homme fait un emprunt d’un montant de 19 millions F Cfa. Quelque 600 ruches ont été fabriquées et des accoutrements y associés ont été acquis avec ce financement, soit dix ruches pour chaque apiculteur au niveau de ce qu’il a appelé les « tontines ».
Une randonnée dans l’un de ses propres ruchers : le centre Opè-Oluwa créé en mars 2002 puis dans son champ de cajou permet de se rendre compte de toute la puissance apicole que dégage cet agriculteur distingué à plusieurs reprises: prix «Entreprendre Best of 2015 Zou-Collines-Borgou-Alibori », prix Entreprendre Ensemble obtenu en décembre 2011 à Paris où il a été célébré comme le troisième producteur mondial.
Au centre Opè-Oluwa à quelque cinq kilomètres de la miellerie à Yaoui, la plaque à l’entrée mentionne l’interdiction de la chasse au fusil, des bruits assourdissants, du pâturage des bœufs et autres fréquentations sans autorisation. L’apiculteur a également pris soin d’encadrer le rucher avec trois rangées de barbelés. Sur le site de 18ha au milieu des collines, sont disséminées 24 ruches dont 22 ruches kenyanes et deux ruches artificielles en jarre sous les plants de vène (Pterocarpus erinaceus) communément appelé Cosso en langue locale. « Il n’y a pas de ruches de moins de 100 000 abeilles ici», affirme-t-il, tout fier.
Un producteur spécialisé
Un peu plus loin, sur un champ de 11 ha dont il a hérité, s’étend sa plantation de cajou (Anacardium occidentale). Des dizaines de ruches posées sur des bouteilles recyclées ou des pierres sont présentes sur cet espace reboisé. En fait, plus de 50 ha au total sont reboisés depuis 2010 sous la direction d’Alphonse Worou qui possède une demi-dizaine de ruchers à titre personnel.
Le producteur s’est spécialisé désormais dans ce qu’il appelle « l’apiculture spécifique » qui fait référence à la plantation d’arbres dominante dans le milieu de la ruche. Il produit essentiellement du miel Cosso, du miel Cajou, du miel Neem; ce qui confère au miel des arômes et des goûts différents et certainement des vertus diverses. Des sous-produits apicoles tels que la cire utilisée dans les cosmétiques ou encore la propolis dont les vertus antimicrobiennes sont exaltées, sortent également des ruches. La cire est vendue entre 800 F Cfa et 1000 F Cfa le kilogramme avec un coût de production de moins de 150 F Cfa.
Au niveau de la coopérative, les apiculteurs, sous sa coupole, ne sont aujourd’hui que de 35 « tontines », suite à des projets qui ont pris en compte des membres. Néanmoins, Alphonse Worou reste un maître incontesté de l’apiculture dans les Collines, lui qui forme, suit les apiculteurs et leur achète du miel dans les localités de Savè, Savalou, Dassa et autres. Il a initié un consortium d’apiculteurs du département pour vendre le label « Ruche des Collines » dont fait partie le Rucher école de Savalou du sieur Raïmi Soumanou, apiculteur et formateur. Ce diplômé en sociologie s’est engagé depuis une dizaine d’années dans l’apiculture et se bat pour faire connaître le miel de Savalou dans tout le Bénin et au-delà, investissant dans la formation mais aussi dans l’équipement des associations d’apiculteurs pour accroître la production communale de miel de qualité.
La qualité est assurée mais le consortium « Ruche des Collines » est loin de tenir le pari de la quantité et ainsi de répondre à toutes les sollicitations. « Tenez, un opérateur des Pays-Bas vient de demander un conteneur de 45 pieds de miel ! Un opérateur nigérian veut qu’on lui livre 1500 kg de miel par semaine. Je ne peux pas trouver et ça me fait mal », regrette Alphonse Worou.
En fait, la demande annuelle nationale de miel est d’environ 150 000 tonnes, celle du Nigeria voisin est estimée à environ 385 000 tonnes l’an et l’Union européenne a un besoin du miel béninois estimé à 200 000 tonnes l’an, à en croire Sarki Yantannou, président de la Plateforme nationale des acteurs de la filière apicole (Pnafa-Bénin).Toutes choses qui témoignent de ce que la production locale reste largement en deçà de la demande sur les marchés national et international.
Autres localités, autres réalités
Dans la commune de Tchaourou, la plus vaste du Bénin avec 7256 km2, des milliers d’arbres, d’arbustes et d’herbes qui s’étendent à perte de vue sont des sources de pollen gaspillées. En Afrique en général et au Bénin en particulier, les plantes sont majoritairement mellifères, surtout l’anacardier, le baobab, l’acacia, le palmier, le rônier, les agrumes, l’eucalyptus, le teck, le manguier et autres plantes saisonnières.
L’importance de la filière dans la lutte contre la pauvreté est peu ou mal connue; beaucoup d’agriculteurs ignorent les techniques apicoles et ou manquent de moyens financiers pour s’adonner à l’apiculture. C’est ce qu’a compris le Grand Est Solidarités et Coopérations pour le Développement (Gescod) qui sort du cadre général de l’agriculture qu’il appuie pour s’intéresser spécifiquement à l’apiculture au niveau de la forêt sacrée de Kpessou Samari. En plus de Kpessou Samari, deux autres villages à savoir Agbassa et Sinahou sont concernés par le projet qui prend en compte autant de femmes que d’hommes. Ils sont initiés à la fabrication de ruches en ciment capables de résister aux feux de brousse, aux termites et évitent de couper les bois, et à la technique de production avant l’installation de ces petites usines de fabrication de miel dans leurs champs.
Ces paysans n’ont pas eu la même chance que ceux de la coopérative apicole Suru-Léré de Papané dans la même commune. Ici, une miellerie est construite à grands frais, des équipements dont des tricycles, pour le transport des produits de la ruche, sont offerts dans le cadre du Projet de développement de l’accès à l’énergie (Daem) et du Projet de fourniture de services d’énergie (Pfse). Le projet Daem exécuté par la direction de l’Energie dans les départements des Collines et du Borgou a permis de former et d’équiper plus de 400 apiculteurs, de distribuer plus de 8 000 ruches et de construire et d’équiper 24 mielleries.
Chacun des 20 apiculteurs de la coopérative Suru-Léré a reçu 20 ruches de 17000 F Cfa. Plus de 80 millions F Cfa ont été injectés dans ce village qui a bénéficié par la même occasion d’une pompe à motricité humaine. Pour la petite récolte du mois de novembre, les apiculteurs étaient à deux bidons de 25 litres et 7 seaux 20 litres, soit à peu près de 200 litres de miel ; mais la récolte n’est pas encore finie, informe Iyoko Soulé, un des coopérateurs. En réalité, la grande partie de la production est assurée par une femme : Hortense Awé. « Grâce à cette activité, j’aide mon mari à assurer les besoins de la famille et surtout la scolarité des enfants», confie cette revendeuse qui s’essaie à l’apiculture.
La coopérative a pu former elle-même cinq autres apiculteurs, ce qui fait au total 25 apiculteurs dont neuf femmes. Cette légère avancée cache le manque d’entrain pour l’apiculture qui peine à prendre comme cela se doit, fait savoir le formateur Sarki Yantannou. Par exemple, fait-il remarquer, la miellerie érigée pour être gardée propre et garantir la propreté du miel n’est pas exploitée. Les membres de la coopérative évoluent dans la zone forestière Tchaourou-Toui-Kilibo et y exerçaient une forte pression, à la recherche du bois-énergie. Le projet visait donc à améliorer leur productivité du cajou, du miel et autres pour détourner les villageois de la coupe anarchique des bois. Ils devraient même utiliser la pomme de cajou pour faire de l’éthanol et utiliser l’éthanol pour faire le feu. Hélas !
Le meilleur producteur de la coopérative, c’était un lépreux: Victor A., un sexagénaire qui croupit aujourd’hui sous le poids de l’âge. Les autres membres n’accordent pas toute l’attention nécessaire à cette activité. Effet de groupe ou paresse ? Toujours est-il que les membres de la coopérative évoquent comme arguments les vols de miel et le vandalisme des ruches. En 2016, quatre Peuls transhumants ont été arrêtés, conduits au tribunal de Parakou puis relâchés par la suite, rappelle Iyoko Soulé, membre de la coopérative.
Alors que la production du miel traîne encore faute de suivi régulier et d’entretien de ruches, les membres de la coopérative sollicitent plutôt des formations pour la fabrication de savons de beauté, de pommades à base des produits de la ruche. Curieusement, les quatre ciréficateurs solaires sont délaissés ; le dispositif de deux d’entre eux est carrément hors d’usage. Avec moins de 5000 F Cfa, ils auraient pu être réparés, reconnaissent-ils.
Ailleurs, c’est pire : plus de 600 millions ont été investis et la plupart des ruches sont cassées pour un problème de dosage de ciment et un manque de volonté des acteurs, déplore M. Yantannou?
Une innovation pour suppléer les ruches existantes
La ruche dite « kenyane » est la vedette des ruches dans la plupart des ruchers des Collines, du Borgou et de l’Alibori. Faite sous forme de cave en ciment surmontée de traverses de bois, des lattes qui permettent de piéger et d’apprivoiser les essaims d’abeilles, et chapeautée par une toiture en tôle, elle paraît plus adaptée au climat du Bénin et aux abeilles africaines en général. Mais le modèle de la ruche kenyane est de plus en plus décrié, parce qu’elle peut être attaquée facilement par les parasites. « La ruche kenyane utilisée ici ne se ferme pas bien et laisse passer des parasites comme le varroa destructeur et la fausse teigne qui déciment les colonies d'abeilles », signale Mathieu Igari Korogoné, apiculteur à Dokossouan, arrondissement de Toura, commune de Banikoara. Il préconise qu’on change ce matériel de production ou à défaut, l’améliorer. « La forme plaît bien à nos abeilles mais il faut revoir le système de fermeture (le couvercle) pour éviter que les parasites s’attaquent à elles », insiste-t-il.
En général, le coût d’une ruche kenyane tourne autour de 20 000 F Cfa (Il varie de 17 000 à 35 000 F Cfa). Ce qui constitue un frein à tous ceux qui désirent se lancer dans l’activité apicole sans l’appui d’un projet étatique ou d’une Ong.
Heureusement, Alphonse Worou vient de trouver une solution palliative à ce problème : il s’agit des ruches en jarre comme dans certains milieux au bon vieux temps mais améliorées. « C’est facile pour quelqu’un qui n’a pas l’argent d’installer les ruches en jarre. Avec 2000 F Cfa, il a déjà une ruche ». « C’est ce que nos parents faisaient que j’ai modernisé en y ajoutant la technologie que j’ai apprise lors de ma formation ici et en France », explique-t-il. Maîtrisant le système de production des abeilles, il a marqué des indicateurs en blanc et fait trois trous sur la face latérale de la jarre en séparant les loges de la reine, de la ponte et des besoins des abeilles. « A la dernière récolte, j’ai trouvé plus de 60 litres de miel dans cette seule ruche qui peut faire des années si cela ne casse pas », assure l’apiculteur montrant fièrement son innovation. Créatif, il fait aussi des ruches avec la bouse de vache ou à base de termitière mélangée à de la paille pour leur conférer un caractère résistant?

J’ai écouté avec intérêt le 27 décembre 2018, le 3e discours sur l’état de la Nation du chef de l’Etat béninois, le président Patrice Talon. Par rapport aux deux premiers de son mandat, je me suis rendu compte que celui-ci semble avoir beaucoup plus de contenu, d'autant plus qu'un nombre important de réformes promises s'est déjà mis en route, et que les réalisations phares du régime de la rupture se matérialisent.
D'autre part, j’ai également lu les commentaires aussi bien des opposants que des mouvanciers. Et c’est à ce niveau que j’ai été un peu déçu. Ou plutôt, que je suis resté sur ma faim.
En effet, si le processus démocratique évolue bien au Bénin, comme nous nous plaisons à le croire (je le crois aussi d’ailleurs…), cette évolution doit s’accompagner d’une sophistication progressive de l’analyse et de la critique politique. A quoi sert-il, pour notre démocratie, qu'un partisan politique ne fasse que l’éloge de toute initiative présidentielle sans même en soulever les potentielles améliorations? De même, que vaut l’opposant qui ignore complètement, ou même dénie catégoriquement les progrès évidents et matériels/vérifiables réalisés par son adversaire politique? Des deux côtés, on ignore tout simplement l’intelligence des citoyens ou des observateurs !
Dans le cas d'espèce, et sans être un politicien, je me suis permis de relire ledit discours pour partager mes notes, sous la forme de fiches de lecture, sur des thèmes abordés. Sans être exhaustives, ces fiches proposent certaines questions de réflexion dont chacun pourrait se préoccuper, à la suite (ou en prolongement) des actions gouvernementales.
Thématique # 1 : L’Accès à l’Eau
Les acquis dans la fourniture de l’eau aux populations ont été présentés de façon claire, aussi bien en nombre de bénéficiaires que de ressources allouées. De plus, les zones réputées géologiquement
« difficiles » comme les Départements des Zou/Collines ont été attaquées par les projets gouvernementaux, avec des succès remarquables.
Il est à mettre à l'actif du gouvernement le fait que cet Objectif de développement durable des Nations Unies (l’Odd no6)ait été désigné comme prioritaire, et avec une échéance rapprochée (2021 au lieu de 2030). C'est pratiquement le seul domaine dans lequel l'accès universel a été décrété de façon nette et vérifiable. Et les plans pour les années à venir ont été sommairement évoqués.
--- Questions de Réflexion---
Un accent aurait pu être mis sur la différence entre le rural et l’urbain, en matière d’accès à l’eau, bien qu’il soit apparu dans la présentation que les deux ont fait l’objet d’investissements substantiels.
D’autre part, si le discours a parlé de l’accès physique (disponibilité et proximité des sources d’eau), aucune mention directe n’a été faite de l’accès financier (faible coût, ou même gratuité de l’eau). Pour nous, du fait de la signification culturelle de l’eau à boire au Bénin, la gratuité de l’eau signifierait que le gouvernement offrirait sur toutes les factures d’eau des ménages, un certain volume correspondant à l’eau de boisson (ceci peut se calculer facilement) sous forme de subvention. C’est vrai que c’est du domaine du rêve, mais cela vaudrait le coup - vu les ambitions sociales de ce gouvernement.
Thématique 2 : L’électricité
Le constat est fait également d’un bon exposé des acquis dans ce domaine. Après des années de tentatives infructueuses pour tendre vers une autonomie énergétique, on a maintenant l’impression que le pays tient le bon bout. Ces acquis, ajoutés aux efforts faits par le gouvernement d’une part pour assurer le leadership du pays sur le marché régional de l’énergie (avec le hub énergétique de la Cedeao basé à Calavi), et d’autre part pour desserrer les contraintes liées au contrat avec le Togo dans le cadre de la Communauté Electrique du Benin (CEB), il faut admettre qu’il y a des chances que les objectifs promis soient atteints.
Le discours est pourtant resté modeste en indiquant le caractère progressif des impacts, surtout que les investissements sont reconnus d’abord structurants. En effet, la vétusté des infrastructures va certainement continuer à réclamer des fonds importants (remplacement des équipements existants) sans forcément entraîner des bonds extraordinaires dans l’extension de l’accès à l’énergie.
--- Questions de Réflexion---
Comme pour l’eau, l’accessibilité financière devra faire l'objet d'attention. Après les efforts louables pour rendre le produit disponible, des études sont nécessaires dans un deuxième temps pour déterminer (et corriger si nécessaire) si les citoyens, notamment vulnérables, peuvent se l’offrir.
D'autre part, le gouvernement a lancé un appel au privé dans sa stratégie pour l’électrification rurale (de monopolisation partielle). Cette approche qui a le potentiel d'accélérer l'accès pour tous comporte, cependant, le risque de charges plus élevées pour les consommateurs ruraux. En effet, si les privés ont la main libre, au vu (ou sous prétexte) de coûts d’exploitation élevés (production, transport, stockage et distribution), les populations les plus vulnérables vont acheter l’énergie plus chère que nos concitoyens des villes.
Thématique 3 : Santé
Les actions ici ont aussi été clairement expliquées. Qu’il s’agisse des faux médicaments, des plateaux techniques, des infrastructures sanitaires, etc., des efforts remarquables ont été faits. Sur le plan normatif, il n’a pas échappé aux observateurs que des décisions ont été prises pour améliorer les normes et standards en matière de santé publique et clinique.
Le discours a également reconnu les difficultés de 2018, y compris l’incompréhension des acteurs sociaux du secteur, face aux réformes.
Enfin il n’a pas échappé aux observateurs la dextérité (mesures de surveillance sanitaire prises, implication des parties prenantes et niveau d’information du public) avec laquelle le département de la santé continue de gérer la crise et les risques épidémiques que traverse le nord du pays depuis quelques années.
--- Questions de Réflexion---
Le président ne s'est pas appesanti sur les efforts au niveau de la capacité des personnels de santé, même si son discours parle de diagnostic en cours pour guider les actions en 2019.
D’autre part, après les décisions stratégiques, pour lesquelles le gouvernement a dit avoir pris ses responsabilités (NB : le président reste convaincu qu’on ne peut inviter les syndicalistes à prendre eux-mêmes des décisions difficiles pour leur base…), l’implication des partenaires sociaux devrait maintenant s’accroître, une fois que les grandes lignes des réformes sont connues, afin d’améliorer l’opérationnalisation des réformes et la complète adhésion des acteurs.
Enfin, vu le rôle prévu par le gouvernement pour le secteur privé dans la fourniture des services de santé, il faudra suivre de très près la mise en œuvre des réformes concernant l’assurance maladie universelle (voir Arch plus bas…) pour garantir l’accès des soins aux plus pauvres. Nous reconnaissons que l’option prise de recourir à des opérateurs du privé social (religieux, coopératives, et autres not-for-profit) est déjà un bon pas dans la direction du maintien du service public dans la santé.
Thématique 4: L’Education
Le discours du président a donné une bonne identification des problèmes dans ce secteur. Bonne présentation également des investissements faits jusque-là (infrastructures, cantines, gratuité pour les filles, aujourd'hui étendue au secondaire et au technique, élargissement ou doublement du nombre des boursiers, etc.)
De plus, un bon point est marqué en ce qui concerne l’accent mis sur la maternelle et le primaire. En effet, car c’est à la base que les problèmes de niveau se créent, pour ensuite se manifester au moyen et au supérieur. Une appréciation devrait être donnée au gouvernement pour le positionnement des questions de qualité de l’enseignement (y compris par l’évaluation des enseignants, l’assainissement des universités privées et des diplômes qu’elles délivrent, etc.) et de réintégration des déscolarisés dans diverses formes d’apprentissage.
Enfin, il faut noter l'évocation de l’efficacité externe du système éducatif, à travers le souci de l'employabilité (Pme, microfinances, etc.), la spécialisation des institutions tertiaires publiques, induite dans la nouvelle carte universitaire.
--- Questions de Réflexion---
Tout en reconnaissant les actions hardies dans les trois ordres d'enseignement, quelques questions viennent cependant à l'esprit :
Qu’en est-il de l’anglais dans les écoles publiques ? Quelles motivations pour les enseignants et les apprenants ? Ou, était-ce seulement un effet d’annonce ? Car le potentiel de cette langue anglaise (culture & esprit d’entreprise, ouverture sur l’extérieur, connexions avec les milieux de recherches, etc.) est inestimable, et une démocratisation de son accès serait appréciable.
Au sujet des orientations scolaires : quelles sont les actions (bourses, réductions ciblées des coûts, etc.) pour forcer une plus grande attractivité des filières scientifiques ? Le gouvernement a démontré une volonté d’utiliser les sciences et la technologie pour le développement (Création d’une université spécialisée, d’une cité internationale des innovations et du savoir - Sèmè City, et l’appui aux start-up), et la promotion de l’intérêt des apprenants pour les sciences et la technologie, dès leur jeune âge doit être une nécessité.
En ce qui concerne l'implication du secteur privé dans les universités, au-delà des stages, comment promouvoir encore plus l’expérience professionnelle avant le diplôme (efficacité externe), l’octroi de bourses par les privés, la pertinence des contenus scolaires pour la vie active ? Si des initiatives efficaces existent dans ce domaine, elles gagneraient à être mieux connues.
Enfin, les cantines scolaires ont suscité beaucoup d’espoir. Quels systèmes sont en place pour éviter la corruption dans leur administration ? Quelles études en cours pour mesurer l’impact de ces cantines sur les résultats scolaires (efficacité interne), sur l’économie locale (achats de produits locaux et utilisation de main-d’œuvre locale, etc.) ? Et à quel horizon est fixé le transfert des cantines du Pam (financées par l'Etat) vers les organisations locales ?
Thématique 5 : Les Autres programmes sociaux
... La liste des programmes à impact social a été indiquée dans le discours ; et il a été reconnu que certains d’entre eux sont une continuité du/des régime/s précédent/s, avec une mention des nouveautés et extensions opérées par la rupture.
L'Arch a été bien présentée comme une réponse aux problèmes d’accessibilité financière dans la santé et le social. De plus, une bonne analyse a été proposée sur les types de pauvreté au Bénin (simple et extrême…), avec le besoin de leur estimation et de leur prise en compte dans les années à venir.
Finalement, le discours a fait le lien entre le social et l’économie, comme investissement en capital humain. Ce lien devrait permettre l’allocation de plus de ressources pour la protection sociale (pas seulement les maigres moyens du ministère des affaires sociales, mais aussi des fonds de développement auxquels s’intéresse le ministère en charge de l’économie).
--- Questions de Réflexion---
Le plus grand problème ici est le temps pris par les préparations pour la mise en œuvre de l’Arch. Ce rythme de mise en œuvre doit être monitoré par tous les observateurs, car la finalisation de ce projet complexe, mais capital pour toute la population, pourrait dépasser le mandat actuel du président de la République.
Thématique 6 : Le Transport
Le président a exposé de façon factuelle les investissements faits à ce niveau, avec une bonne distinction entre l’urbain et le rural. Il a été noté une bonne répartition des investissements sur l’étendue du territoire. Il a aussi soulevé l'articulation entre les investissements et l’économie (dessertes rurales), et présenté les plans pour les années à venir.
Il a été observé dans ce secteur, le souci du re-dimensionnement et de la durabilité, car des projets existant avant ce régime ont fait l’objet de transformation (pour tenir compte des besoins futurs) ou alors d’études techniques et environnementales poussées (pour refléter le souci du retour sur investissement).
--- Questions de Réflexion---
D’abord, des études sont nécessaires sur la rentabilité du système routier au Bénin. Ou si elles existent, leurs contenus devraient être publiés. Car, il est important de faire la différence claire entre les routes purement économiques, les routes de solidarité nationale (partage de la croissance) et les routes de souveraineté nationale (politique des frontières). Ceci éviterait que l’on parle de « routes politiques » !
Il serait aussi important de publier les niveaux de financement propres (budget national) par rapport aux prêts. De plus, le schéma de remboursement de ces prêts (part des péages…) doit être clarifié. Comment assurer la transparence des mécanismes de péage routier, pour éviter que le pauvre contribuable sans voiture, soit appelé à terme, à payer pour les routes utilisées par les « riches »?
Dans cette même veine, des études sont nécessaires pour identifier les niveaux de péage routier les plus adaptés. Ceci nécessiterait des simulations convaincantes entre d’une part, les amortissements des prêts, les entretiens des équipements et, d'autre part, le coût des dommages causés sur les véhicules automobiles, par l’absence de route (rotules et autres), tel que précédemment suggéré par le président.
Dans le domaine portuaire, le pays a fait un pari important en confiant la gestion du Pac à une entreprise belge dont l’expérience internationale est avérée. Dans les 5 prochaines années, les performances comparatives (par rapport à Lomé, Conakry, Abidjan et
Dakar) de cette entreprise, mais aussi de toute la plateforme portuaire de Cotonou, devront faire l’objet d’une étude indépendante. Pas seulement en termes de rentrées fiscales, mais également de transfert de savoir-faire.
Comme il est vrai que la performance d’un port dépend étroitement de l’économie qui y est rattachée, les indications futures sur le volume et la direction des tonnages au Pac (les importations par rapport aux exportations) vont aussi informer objectivement sur la réussite des politiques économiques et commerciales sous le régime de la rupture.
Thématique 7 : Le Cadre de vie
Évocation par le président des investissements fondateurs et structurants dans ce secteur et positionnement des effets prévus, sur deux aspects fondamentaux pour les Béninois : les ordures et les inondations.
Un point spécial a été mis (à raison !) sur la protection des côtes - avec des investissements importants. Et un intérêt particulier se dégage pour le lien entre « cadre de vie » et « tourisme », avec la transformation des infrastructures destinées à la protection des côtes, en équipements d’accueil de touristes balnéaires.
--- Questions de Réflexion---
La plus grande préoccupation ici est l’entretien. Le cadre de vie est aussi une question de culture et non seulement d’équipements ou d'investissements : au-delà de la « sensibilisation », quels sont les efforts prévus par le gouvernement pour s’assurer que les habitudes non civiques changent ?
D'autre part, le système de voirie actuel est incapable de gérer la maintenance des espaces verts. Après l'expérience malheureuse du président
Nicéphore Soglo (boulevard de la Marina avec ses fleurs asséchées), le régime du Dr Yayi Boni avait étudié la question dans tous les sens et, face à l’indiscipline des Béninois, il avait tout simplement opté pour le tout-béton (boulevard de la traversée de Cotonou, presque sans arbre !). Quelle est la stratégie de M. Patrice Talon en la matière ? Quel est le rôle des Pme ou associations de quartier dans le maintien du cadre de vie? Ceci doit être communiqué amplement, en complément des informations disponibles sur le projet d’enlèvement et de traitement des déchets solides en cours de préparation.
Enfin, si la répartition géographique des 20.000 logements sociaux prévus est très acceptable et logique, le gouvernement est attendu sur la question de la distribution aux bénéficiaires. Car l’option de « premiers venus = premiers servis » ne va sûrement pas convaincre les sceptiques
Par Maxime Houinato
Socio-économiste Fonctionnaire des Nations Unies
(Suite dans notre prochaine parution)
Actualités 08 janv. 2019

Une forte délégation des ténors du Bloc républicain dans l’Ouémé-Plateau conduite par le co-président Jean-Michel Abimbola était en tournée, dimanche 6 janvier, dans les 21e et 22e circonscriptions électorales pour restituer aux militants à la base les décisions ayant sanctionné les travaux du congrès constitutif de ce parti le 8 décembre 2018 à Parakou.
Pobè et Sakété respectivement dans les 21e et 22e circonscriptions électorales ont été les deux points de ralliement des ténors et militants du Bloc républicain le dimanche 6 janvier dernier. La rencontre a mobilisé surtout les têtes de pont du Bloc républicain de la 21e circonscription électorale comprenant Sakété, Ifangni et Adja-Ouèrè et de la 22e circonscription électorale regroupant Pobé et Kétou. Il ne s’agit pas d’un meeting politique mais plutôt d’une sorte de séminaire de formation des formateurs sur ce qu’est le Bloc républicain, son idéologie et son logo et les textes fondamentaux de ce parti déclaré officiellement au ministère en charge de l’Intérieur depuis le 26 décembre 2018. Ces formateurs des formateurs devront ensuite vulgariser les informations reçues avec les autres militants à la base dans les arrondissements, les quartiers de ville, les villages et les hameaux pour leur permettre d’être au même niveau d’information. A chacune des deux étapes, cet exercice de présentation des idéaux du parti a été fait par Clotaire Olihidé, juriste et expert électoral. Le communicateur a insisté sur le contexte de la création du Bloc républicain qui s’inscrit dans le cadre des réformes du système partisan, l’ossature, la structuration, le choix et le sens des couleurs du logo, c’est-à-dire le cheval blanc cabré en position de conquérant dans la carte du Bénin en fond vert olive. Clotaire Olihidé n’a pas manqué de revenir sur les innovations du Code électoral et de la Charte des partis politiques qui servent de base pour cette réforme.
Pour le co-président du Bloc républicain, Jean-Michel Abimbola, cette tournée de restitution s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la feuille de route adoptée par les instances du parti notamment le bureau politique et la direction exécutive. Elle vise à faire connaître le parti aux militants avant les joutes électorales.
Après l’étape de l’Ouémé, il a poursuivi dimanche dernier sa tournée à Pobè et à Sakété pour se livrer au même exercice de restitution. A Pobé, Jean-Michel Abimbola avait autour de lui, plusieurs ténors du Bloc républicain à savoir les ministres Serge Ahissou et Adidjatou Mathys, le député Paulin Gbénou, le maire de Dangbo, Cyriaque Kouwanou et plusieurs autres membres du bureau politique. Pour l’étape de Sakété, la délégation a été accueillie par les ténors du Bloc républicain au niveau de la 21e circonscription électorale dont l’ancien vice-
premier ministre François Abiola, le maire de Sakété, Pierre Adéchi, l’avocat au barreau de Cotonou, Me Bastien Salami, l’ancien maire de Sakété, Raliou Arinloyé et l’opératrice économique Awah Bissiriou. Les procédures prévues pour l’enrôlement des militants ont été également expliquées avec force détails à l’auditoire. Des équipes descendront dès cette semaine dans les quartiers de ville, villages et hameaux pour faire l’enregistrement et le basculement des militants de leur ancien parti vers le Bloc républicain dans lequel ils militent désormais. Jean-Michel Abimbola se dit très satisfait de cette tournée qui a permis à sa délégation d’envoyer en mission les têtes de pont du Bloc républicain afin de permettre au parti de rafler les cinq sièges en jeu dans les deux circonscriptions électorales du département du Plateau lors des législatives prochaines.

Des agents de répression criminelle et des autorités chargées des enquêtes et des poursuites pénales en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme et autres infractions connexes sont en formation du 7 au 25 janvier prochain à Cotonou. Au nombre de soixante-cinq, ces hommes et femmes de différents corps (policiers, douaniers, agents des eaux, forêts et chasse, magistrats) s’outillent en vue de faire rayonner la justice sociale et économique dans un contexte national et régional.
Cette formation est organisée avec le soutien de l’Union européenne à travers le projet de « Renforcement de capacités dans la lutte contre le blanchiment de capitaux en Afrique de l’Ouest » (Samwa) et le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest. Elle vient à point nommé pour combler un vide important de déficit de connaissances des différents acteurs en charge de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (Bc/Ft) ainsi que l’a révélé l’évaluation nationale des risques de Bc/Ft réalisée par le Bénin et dont le rapport a été approuvé en novembre dernier par le gouvernement, indique Thomas Azandossessi, président de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif) et correspondant national du Giaba.
La formation s’avère importante à l’ère de nouvelles formes de menaces et de la sophistication des attaques, pour permettre d’améliorer de manière sensible les performances de l’administration judiciaire ainsi que le fonctionnement des juridictions, renchérit le directeur général de la Police républicaine, le général Nazaire Hounnonkpè. Il a exhorté les participants à suivre de façon assidue les modules afin de les démultiplier à leur tour.
« Ce type de formation professionnelle est nécessaire pour qu’un pays comme le Bénin puisse bénéficier de sa première richesse - sa population - et pouvoir se doter d’institutions suffisamment robustes pour affronter et résoudre des questions de développement de plus en plus complexes », dira Véronique Janssen, chef adjoint de la Délégation de l’Union européenne au Bénin. A l’en croire, l’intégrité financière est essentielle au développement durable et un élément clé de la bonne gouvernance. « La criminalité organisée transfrontalière, la corruption, le trafic illégal de ressources naturelles et le blanchiment des gains illicites génèrent des flux financiers qui peuvent miner les institutions, mettre en danger la stabilité d’un pays et d’une région, et anéantir la prospérité des populations », insiste Véronique Janssen.
Le coordonnateur national du Giaba se réjouit de la tenue de cette formation qui intervient à quelques jours de l’arrivée au Bénin des experts du groupe dans le cadre de l’évaluation mutuelle du dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme du Bénin. Thomas Azandossessi rassure la délégation de l’Union européenne que les experts formateurs et les participants sont prêts à faire de la formation un grand succès et que l’objectif du projet Samwa sera pleinement atteint au Bénin.
Le Bénin a pris la pleine mesure des enjeux liés à cette problématique en renforçant son cadre juridique et institutionnel, ce qui s’est traduit en 2018 par l’adoption, entre autres, de la loi n°2018-17 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, de la loi n°2018-13 sur l’organisation judiciaire et la création de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet).