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Constant Agbidinoukoun à propos du bicentenaire du sacre du roi Guézo: « Il faut saluer la clairvoyance et la hauteur d’esprit de Patrice Talon »

Abomey et plusieurs autres villes du Bénin ont abrité, du 3 au 17 novembre 2018, les manifestations du Bicentenaire du sacre du roi Guézo. Pendant deux semaines, le 9e souverain du Danxomè était à l’honneur, à travers chants et danses, cérémonies cultuelles, exposition sur sa vie et ses œuvres, et maintes autres manifestations culturelles.
Dans cette interview, Constant Agbidinoukoun, journaliste, porte-parole du Comité d’organisation du Bicentenaire du sacre du roi Guézo revient sur les temps forts de l’évènement et les grands enseignements à y tirer.

La Nation : Abomey et d’autres villes du Bénin ont eu à abriter les manifestations entrant dans le cadre de la commémoration du Bicentenaire de l’accession au trône du roi Guézo. Cet évènement a pris fin il y a quelques jours. Quel bilan peut-on faire des activités ?

Constant Agbidinoukoun : Je voudrais, en premier lieu, remercier et saluer avec grand respect, au nom de tous les membres du Comité d’organisation, le chef de l’Etat, le président Patrice Athanase Guillaume Talon, pour sa hauteur d’esprit, son engagement personnel et sa clairvoyance dans la tenue et le succès de l’évènement. Le chef de l’Etat a fait du Bicentenaire du sacre du roi Guézo son affaire personnelle et il s’y est engagé de façon déterminante. Comme vous l’avez rappelé, du 3 au 17 novembre 2018, Dada Guézo était à l’honneur à Abomey, Tindji, Agbangnizoun, Cana, Porto-Novo, Cotonou, Abomey-Calavi et un peu partout au Bénin. Nous avons, au départ, préparé les documents nécessaires liés à la tenue de l’évènement. Nous les avons soumis à l’appréciation du président Patrice Talon pour recevoir ses instructions et faire dérouler les manifestations pour l’année 2018 qui marque les 200 ans de l’accession au pouvoir royal de Dada Guézo.
Le chef de l’Etat, en nous recevant, a félicité Dah Miminvo Yamongbè Guézo (le président du Comité d’organisation) et tous les membres du comité pour le travail préparatoire abattu. Ensuite, le président Patrice Talon nous a demandé si nous connaissons bien le roi Guézo pour avoir programmé la célébration de son Bicentenaire sur une année. Le chef de l’Etat nous a dit qu’il est persuadé que nous ne connaissons pas assez le roi Guézo, que nous ne pouvons pas célébrer son avènement au trône de
Houégbadja en une seule année, qu’il faut chaque année et jusqu’en 2021 « mettre le roi Guézo au centre de nos préoccupations, pour mieux le faire découvrir aux Béninois et aux Africains, pour le travail extraordinaire qu’il a abattu à la tête du Danxomè de 1818 à 1858… »
Le président Patrice Talon nous a expliqué que la première année de lancement de la commémoration est 2018. Qu’en 2019, nous allons mettre l’accent sur les Amazones du Danxomè, à travers ce que nous avons appelé ‘’Le Rallye des Amazones’’ et ‘’La Foire agricole, artistique, touristique et artisanale’’. 2020 sera une année spéciale, selon les propos du chef de l’Etat : en 2020, cela fera 60 ans pour l’indépendance du Bénin et 30 ans pour la démocratie au Bénin, et que nous devons associer la mémoire de l’illustre souverain à ces deux dates phares. L’année 2021 sera consacrée à l’inauguration des différents Musées qui sont actuellement en construction à Porto-Novo, Ouidah, Allada et Abomey. Un Colloque international sera organisé en 2021 sur « La vie, le règne et les œuvres du roi Guézo » pour mieux faire connaître le souverain à la communauté internationale. Les chercheurs, muséologues, historiens, sociologues et autres scientifiques seront conviés au Bénin pour apprécier les « Grandes réformes introduites au Danxomè par le roi Guézo qui reste un grand roi libérateur et réformateur que nous devons apprendre à connaître … ». A l’heure du bilan, le président du Comité d’organisation, Dah Miminvo Yamongbè Guézo et tous ses collaborateurs adressent leurs sincères et respectueuses félicitations au président Patrice Talon qui a soutenu activement la tenue de l’évènement. Nous sommes en train de préparer le bilan général que nous allons lui envoyer pour lui rendre compte du déroulement des manifestations, les acquis, l’engouement suscité par ce Bicentenaire, quelques difficultés rencontrées, et surtout recevoir du président de la République les nouvelles instructions pour préparer l’année 2019 qui est la deuxième année du Bicentenaire.

Ce bilan paraît, selon les échos reçus ici et là, les comptes-rendus faits par les médias, édifiant. A vous entendre, vous semblez vous organiser pour faire vivre Dada Guézo jusqu’en 2021.

Exactement, c’est bien cela ! Le président Patrice Talon nous a permis de savoir qu’avec le roi Guézo nous avons affaire à un grand roi qui a régné pendant 40 ans sur le trône de Houégbadja. Nous avons applaudi le chef de l’Etat quant à la suggestion de célébrer le Bicentenaire du roi Guézo sur quatre ans : 2018, 2019, 2020 et 2021. Compte tenu de l’envergure de ce souverain, nous, au Comité d’organisation, ne pouvons pas mieux faire connaître Dada Guézo sur une année. Et là, le président de la République a vu juste ! Le président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji est sur ‘’la même longueur d’onde’’ que le chef de l’Etat. Le président Houngbedji et l’ensemble des honorables députés nous ont aussi activement soutenus dans le cadre de la mobilisation des fonds pour mieux organiser et réussir les manifestations. Nous avons compris que le roi Guézo ne peut pas être bien apprécié, vu l’ampleur de ses réformes, avec des manifestations sur quelques jours. Nous avons été agréablement surpris par l’engouement manifesté par les Béninois, les Assiata, Dah et Nan Zinkponon, les chefs de collectivités royales, les Chefs Cantons, l’ensemble des
Houégbadjavi : que ce soit au Palais de Hounli, à Tindji, à Cana, à Agbangnizoun, à Porto-Novo, Cotonou ou à Calavi. Les gens nous ont dit, qu’ils n’ont jamais constaté dans le Danxomè un tel engouement par rapport à des manifestations culturelles. Nous avons célébré le Centenaire de la mort du roi Glèlè en 1989. En 1990 c’était le Centenaire de l’intronisation du roi Gbéhanzin. En 1997, les Houégbadjavi ont rendu hommage au roi Agonglo à travers le Bicentenaire de sa mort. Nous avons célébré en 2006 le Centenaire de la mort du roi Gbéhanzin. Dada Akaba était à l’honneur en 2008 à travers le Tricentenaire de sa mort. Et l’Aspag, avec le professeur Maurice Ahanhanzo-Glèlè, Dah Wêkéisse Agbidinoukoun, Dah Gbohaïda Glèlè, Dah
tchankpannan Glèlè et Dah Djokodjè Glèlè, a rendu hommage en 2017 à Nan Zognidi, qui est la mère du roi Glèlè et l’épouse préférée du roi Guézo. Tous ont été unanimes (les Houégbadjavi) pour affirmer haut et fort que le Bicentenaire du sacre du roi Guézo apparaît comme « Une grande initiative de réconciliation nationale, d’abord entre les fils de la région d’Abomey, ensuite entre les citoyens d’un même pays. Une réconciliation avec les anciens royaumes, notamment ceux de Kétou, de Savè, d’Oyo et d’ailleurs, sans oublier nos frères et sœurs de la Diaspora… » Pour la majorité des princes et princesses rencontrés à la clôture des manifestations, « la commémoration de ce Bicentenaire est vécue à la fois comme un bilan et un festival de la culture nationale, dont le but ultime est la renaissance culturelle et touristique du Bénin en vue d’une meilleure participation au développement, tant de la région d’Abomey que de l’ensemble des régions de notre pays ».
C’était l’apothéose ! Tous les jours, le Palais de Hounli était rempli de monde. A Porto-Novo, avec le président Adrien
Houngbedji et les Aïnonvi, nous avons assisté à des souvenirs de fraternité et de retrouvailles, dans la paix, dans une ambiance des grands jours, en présence de sa Majesté le roi Toffa 9 et de tous les dignitaires de la cour royale et sous l’impulsion organisationnelle du maire de Porto-Novo, Emmanuel Zossou.
A Cotonou, avec les nombreuses familles installées à Cadjèhoun par le roi Guézo, notamment les Yékpé, Djigui, Kpamegan, Aïsso, Sèmilinko, Zohoun, qui ont pour « mission de contrôler et d’administrer la ville de Cotonou découverte en 1830 par Dada Guézo… ». Les familles Nobimé sont installées à Godomey et Bada à Abomey-Calavi. Des familles qui ont pris part à la commémoration et qui se disent prêtes à participer activement aux autres éditions du Bicentenaire.
La fête a été belle et inoubliable ! Cette commémoration nous a permis de découvrir et de valoriser davantage des chants, rythmes et danses liés à des familles. C’est le cas des rythmes ‘’Vihoun’’ chez les Degan Glèlè à Tindji, ‘’Assandjèhoun’’ chez les Aho Glèlè à Sonou, ‘’Djidjihoun’’ avec les Zodéougan Glèlè à Zado, ‘’Hwissodji’’ et ‘’Souhouehoun’’ chez les Béhanzin à Djimè, ‘’Kotodja’’ des Agonglo à Gbécon-Houégbo, ‘’Agbadja des femmes’’ chez les Ahanhanzo-Glèlè, ‘’Gokwe’’ avec les Agoli-Agbo à Gbendo, ‘’Kaka’’ avec les Langanfin Glèlè à Cana, ‘’Ado’’ et ‘’Gblo’’ avec les Agbidinoukoun Glèlè à Sinwé-Lègo, sans oublier le ‘’Akonhoun’’ de Gbécon-Hounli avec les
Guézovissi et les Adoukonou… Chaque roi du Danxomè avait sa journée d’évocation, de louanges et d’animation entretenues par ses descendants. L’une des journées phares était celle du 8 novembre 2018 avec le roi Glèlè, appelé roi – culture, un roi danseur et un chanteur hors pair. Ses enfants sont les plus nombreux au Danxomè. Ils ont mis le palais de Hounli sur orbite avec une animation spéciale, encore jamais vue au cours des célébrations à Abomey. Dah Kpléli Glèlè et les siens ont démontré que leur père le roi Glèlè reste « l’homme, le souverain qui a donné un sens à tout ce qui touche à la culture… ». La journée du 9 novembre 2018 a été dédiée au Héros national : Dada Gbéhanzin Aiiyiidjrè Tchadako Goundo, le grand résistant face à la colonisation française. Dada Houéwou Wèkèhon Gbèhanzin et sa cour, les Amazones, les ‘’Agoodjiè’’ ont rendu un hommage mérité à l’illustre souverain avec des chants et danses guerriers. Et le 10 novembre 2018, c’était l’apothéose avec la journée de Guézo, le grand réformateur. Tout Abomey était en fête ! Le palais de Hounli était devenu trop petit pour contenir toutes les délégations qui ont fait le déplacement. Les enfants des rois Glèlè, Gbèhanzin et Agoli-Agbo sont aussi des enfants de Dada Guézo et se sont déplacés en masse, avec chants et danses pour « saluer la mémoire du Grand Batonada, le défenseur des Amazones, le libérateur du Danxomè du joug du royaume d’Oyo et l’homme qui a modernisé l’agriculture dans le Danxomè… » C’était la journée phare de l’évènement du Bicentenaire. Nous avons aussi rendu hommage à Don Francisco Felix de Souza, Chacha 1er, grand ami du roi Guézo. C’est Dada Guézo qui a nommé (fait unique dans le Danxomè) Chacha 1er, vice-roi du Danxomè avec résidence à Ouidah. Le roi disait : « Moi, je suis à Singbodji à Abomey et mon vice-roi est à Singbomè à Ouidah… ». Les relations entre les deux hommes, entre les deux familles étaient des relations exceptionnelles, inoubliables. Et nous n’oublierons jamais la qualité de ces relations. L’édition du Bicentenaire en 2019 nous permettra d’améliorer davantage nos rapports de fraternité et d’amitié...

Nous avons vu partout de grandes manifestations, des cérémonies cultuelles et culturelles en mémoire à Dada Guézo. S’il fallait se projeter dans le futur, quelles sont les perspectives quant à la préservation de l’histoire ?

L’avenir est radieux ! Je dois féliciter tous les membres du Comité d’organisation du Bicentenaire, notre président Dah Miminvo Yamongbè Guézo, pour son dynamisme et son sens de rassembleur ; ensuite notre vice- président Dah Ahossin Agotonon Guézo, Dah Dessou Guézo, Dah Wankpo Guézo, Nan Gahoussi Guézo, Nan Kadoussi Guézo, mes grands-frères Antoine Djèdou et Thomas Houédokoho, mes jeunes frères Toussaint Ahomagnon et Marius Daavon Glèlè, sans oublier les présidents et membres des sous-comités qui ont mis le meilleur d’eux-mêmes pour aboutir au succès enregistré, qui est une réussite commune à nous tous. Pour 2019, je vous ai dit que nous préparons notre rapport d’activités que nous allons déposer à son Excellence le président Patrice Talon, pour recevoir de nouvelles instructions et vite démarrer les préparatifs : ‘’Le Rallye des Amazones’’, ‘’La Foire agricole, artistique, touristique et artisanale’’, sans oublier les cérémonies cultuelles et culturelles à Abomey, Ouidah, Abomey-Calavi, Godomey et Porto-Novo, et dans plusieurs autres villes du Nord du Bénin.
Il faut dire que les Amazones existaient en corps embryonnaire sous le Danxomè avec la reine Hangbè, qui est la sœur jumelle du roi Akaba et qui a régné pendant trois ans sur le trône de Houégbadja. Les Amazones étaient le fer de lance de l’Armée du Danxomè sous Dada Guézo. Elles faisaient partie de tous les combats. Nous allons leur rendre un hommage appuyé. Nous sommes en pourparlers avec le ministre Gaston Dossouhoui qui a accepté organiser la foire avec les cadres de son ministère et de concert avec son collègue de la Culture et du Tourisme. C’est le lieu de les remercier tous, surtout le ministre Oswald Homéky qui a pris une part considérable dans les préparatifs et le succès des festivités du Bicentenaire. En 2020, il y aura les 60 ans d’indépendance de notre cher pays le Bénin et les 30 ans de démocratie. Nous allons nous organiser pour que Dada Guèzo soit au centre de ces deux souvenirs. Enfin 2021, l’année du grand colloque sur ‘’La vie, le règne et les œuvres de Guézo’’ et l’inauguration des quatre musées actuellement en construction à Porto-Novo, Ouidah, Allada et Abomey. Je l’ai dit et répété, à maintes reprises : le président Talon, c’est le roi Guézo de retour, dans la gestion des choses, la rigueur dans les réformes. Quand vous voyez comment le Président Talon a réglé le problème des chefs-lieux des départements, ça ressemble au roi Guezo. Les régions et les chefs de régions attendaient. Et les princes, les Gbonougan et autres dignitaires de la cour royale n’en voulaient pas : c’est le roi Guézo qui a décidé du nombre de régions et qui a nommé les chefs de régions. Cela n’a pas été facile, parce que les princes n’étaient pas habitués à prendre ces postes de responsabilité. En ce qui concerne la Police républicaine, voyez comment le chef de l’Etat a procédé : avec une commission mise sur pied, les gendarmes et nos policiers travaillent ensemble à travers la Police républicaine. Sous le roi Guézo, les princes ne voulaient pas qu’on honore les femmes : c’est Dada Guézo qui a mis du soin pour réorganiser l’armée du Danxomè en des régiments et corps spécialisés, en créant le corps des ‘’Agoodjie’’, des Amazones, qui restent le fer de lance de l’armée du Danxomè. Le régime de la Rupture ressemble bien à toute la rigueur qu’on a constatée sous le règne de Dada Guézo. Je salue avec grande déférence le courage et la détermination du chef de l’Etat dans la conduite des affaires nationales.

Et le retour au Bénin de nos biens culturels ?

Voilà une autre décision qui fait honneur à notre pays. Il s’agit surtout des trésors et objets culturels ramassés par le colonisateur français et qui appartiennent dans leur grande majorité aux différents rois du Danxomè. Avec intelligence, tact et dialogue responsable, ces biens culturels vont nous être restitués bientôt ! Je remercie et félicite aussi les autorités françaises, particulièrement son Excellence le Président Emmanuel Macron, pour le choix opéré, en direction du bon sens et du respect de la mémoire de nos ancêtres à qui appartiennent lesdits trésors. Les conservateurs de nos musées ont désormais la lourde responsabilité d’apprendre, de se former pour bien gérer ces biens culturels. Il faut apprendre désormais à bien gérer, à bien conserver ces biens, nos mémoires, pour les léguer aux générations futures !

D’aucuns estiment que ce pan de l’histoire du Danxomè est spécifique à un peuple. En quoi l’histoire et la vie de Dada Guézo peuvent-elles impacter la vie de nos concitoyens ?

Le président Patrice Talon nous a dit de ne pas nous arrêter seulement à Abomey, Porto-Novo, Cotonou et Ouidah. Le chef de l’Etat nous a rappelé que nos compatriotes à Dassa, Djougou, Kandi ou à Malanville, vont se reconnaître à travers les œuvres du roi Guézo. ‘’Dada Guézo Djlalazin’’ reste un grand symbole d’Unité nationale : la Jarre trouée du roi Guézo, c’est l’unité nationale, la solidarité, l’entente et la paix entre les fils et filles d’un même pays. C’est-à-dire que Gézo nous a permis de mieux nous connaître pour bâtir une Nation prospère. Le roi Guézo n’est pas seulement pour le Danxomè, mais pour tout le Bénin. C’est lui qui nous a permis de connaître et de faire développer au Bénin le maïs, le néré, le tabac, le palmier à huile, le gombo lisse, le coton, l’arachide, le souchet, etc. Le président Miminvo Yamongbè Guézo et tout le Comité d’organisation remercient tous nos donateurs, à divers niveaux, les chefs de collectivités royales, les chefs cantons, les Assiata, Nan et Dah Zinkponou, les Houégbadjavi, les honorables députés, le président Adrien Houngbédji, les ministres et notre président son Excellence Patrice Talon, les cadres à divers niveaux, les entrepreneurs, femmes et hommes d’affaires, tous les Béninois et Béninoises, pour leurs soutiens variés au succès du Bicentenaire. Mes confraternels remerciements à tous les médias (les Radios, les Télévisions, les journaux écrits, les articles en ligne), pour la qualité de leurs comptes - rendus, leurs magazines et autres reportages. C’est grâce à eux que les Béninois, partout où ils se trouvent, dans le monde, ont pu apprécier la densité des manifestations commémoratives. Que Dada Guézo vous protège tous, dans la paix et le Bonheur !

Propos recueillis par Kokouvi EKLOU & Isidore GOZO (Stag.)

Culture 04 janv. 2019


Payement effectif des rappels de revalorisation indiciaire: Talon concrétise les investissements sociaux promis

Les pensionnés du Fonds national des retraites du Bénin, bénéficiaires du coefficient de revalorisation des indices de traitement des Agents de l’Etat, pourront toucher dès ce mois de janvier les rappels de l’année 2011, puis en mars prochain les rappels de l’année 2012.

C’est la bonne nouvelle que le ministre de l’Economie et des Finances, Romuald Wadagni, vient d’acter à l’attention des ayants droit, traduisant un engagement du chef de l’Etat. Engagement pris par le président Patrice Talon devant les responsables syndicaux et réitéré par ses soins lors de ses vœux à la nation en fin d’année 2018. Comme cadeau du Nouvel an, on ne saurait mieux !
Faisant valoir en effet que la contribution de ses compatriotes «…à l’œuvre de construction de notre pays, pour aujourd’hui et pour demain, nécessite…» que ceux-ci soient « davantage en confiance et en bonne santé », et « mus par la certitude que les fruits » de leurs efforts leur « sont redistribués », le président Talon a souligné, lors de ses vœux de fin d'année 2018 que « C’est ce qui justifie l’option résolument sociale du budget général de l’État exercice 2019, avec près de 430 milliards de Fcfa destinés aux investissements sociaux ». Aussi, ajoute-t-il, « Avec une telle part sociale largement au-dessus de celles consenties ces dernières années, les actions prévues au profit de l’éducation, de l’emploi, de la santé et de l’amélioration des conditions de vie des fonctionnaires et personnels assimilés, ne manqueront pas d’être visibles ». Mais le détail relatif au social, le plus important reste son affirmation faisant savoir qu’il « …ne fait l’ombre d’aucun doute que des réponses sociales pertinentes seront apportées à de nombreuses préoccupations au cours de la nouvelle année», en raison de ce que, dit-il, «…nos actions de redressement de l’économie nationale et de la gouvernance seront davantage couronnées de réussite ».

Maxi social

Cette maximisation de l’action sociale, il en a donné le ton, car a-t-il dit, « Ce sera, entre autres, le paiement intégral des rappels découlant de la revalorisation du point indiciaire au titre des années 2011 et 2012», conscient de ce qu’il s’agit d’une « …mesure qui impactera également les conditions de vie de 23 000 retraités ». Chose promise, chose aussitôt faite, car les dispositions prises pour le payement effectif de ces rappels viennent d’être portées à l’attention des bénéficiaires (lire communiqué ci-dessous) qui doivent se pincer pour croire d’avoir reçu la visite de Papa Noël, même après Noël ! Cela, d’autant plus qu’il s’agit d’un bonus qu’ils vont toucher. Générés par le régime précédent qui n’a pu les payer aux pensionnés jusqu’à présent, et faisant l’objet récurrent des revendications des organisations syndicales, avec le payement de ces rappels, on peut dire comme l’autre « voilà une chose de réglé ! », un acte symptomatique de l’engagement pris par le chef de l’Etat d’édifier sur le front social cette année.

Actualités 04 janv. 2019


Entretien avec Sagbohan Danialou: « J’étais celui qui entonnait les chansons en classe... Je suis devenu un chanteur professionnel »

L’homme orchestre, Hagbè national… les surnoms de la vedette de la musique béninoise Danialou Sagbohan sont nombreux et varient parfois d’une personne à une autre. Véritable bête de scène, cet artiste hors pair, instrumentiste et percussionniste doit d’ailleurs son succès à sa passion pour le live. Au fil des années, le fils d’Amoussou Zannou Yéssoufou et de Zaïnab Houssouaganssi s’est imposé comme une école. Il est une bibliothèque de la musique qui n’est pas prête de fermer ses portes. A travers cet échange à bâtons rompus, ce musulman bon teint se dévoile.

La Nation : Vous êtes l’un des rares artistes de votre génération à avoir une facile expression en langue française. Avez-vous fait des études ?

Danialou Sagbohan : Mes parents ne m’ont pas permis de beaucoup apprendre la langue du Blanc. Si je comprends la question qu’on me pose, je réponds. Je n’ai pas de diplôme. Après mon Certificat d’études primaires, j’ai intégré le centre Céramic de Cotonou. Moi, je suis né pour créer. Depuis mon enfance, je créais des choses, des objets d’arts et autres. J’ai fait à peine trois ans dans le centre et je me suis libéré. Je me suis auto-formé en ce qui concerne ma manière de parler français. Je me suis dit mais quand tu es un artiste et que tu ne peux pas te faire comprendre quand tu parles, ce n’est pas bien. Donc, je me suis auto-formé. J’ai beaucoup lu. Pas comme vous les diplômés, mais j’ai lu quand même des choses. En réalité, je n’aime pas trop le français, car ce n’est pas la langue de mon père.

Quels ont été vos premiers contacts avec la musique ?

(Rires). Depuis mon enfance. Je jouais avec mes parents avant d’intégrer le cours primaire. Je me suis habitué aux improvisations avec les parents, les zangbétos et autres, avant d’intégrer l’école primaire publique d’Ekpè. J’ai donc grandi dans la chanson.

À quel moment avez-vous décidé de faire carrière dans la musique ?

(Soupirs). Je suis un percussionniste ; je ne suis pas chanteur. C’est après que je suis venu à la chanson, par la force des choses. A l’époque, il fallait se faire voir, se faire valoir. Les chanteurs étaient les plus en vue. J’ai commencé le Cours élémentaire première année en étant le premier chanteur de ma classe. J’étais celui qui entonnait les chansons en classe. Par la suite, je suis devenu un chanteur professionnel.

Quel est le premier instrument de musique que vous avez touché dans votre vie, et à quel âge ?
C’était le Gankéké (le gong traditionnel). J’avais six ans. Je dois vous rappeler que mes parents étaient membres d’un groupe artistique avant de mettre au monde. Or, si tu maitrises le Gankéké, tu peux gérer un groupe. Si ton Gankéké est faux, c’est que ton groupe est faux, et ta musique est fausse. Tu auras un faux rythme. Je peux jouer au gong même en dormant.
Vos parents étant musiciens, quel a été leur réaction quand vous avez commencé par développer des talents ?

Mon père n’a pas aimé que je sois un musicien. Avant de finir l’école, j’étais déjà le meilleur batteur du village à mon âge. On était quatre, mais les autres n’étaient pas écoliers. Quand j’ai commencé par jouer avec les grands au village, mon père n’était pas content. Au cours d’une manifestation au village, j’étais à la tumba. Les tumbas sont au nombre de trois. Avec l’aide d’un tabouret, je jouais trois tumbas. J’avais neuf ans. Malgré mon jeune âge, j’étais un excellent joueur. C’était la musique congolaise qu’on jouait en ce temps-là. Et le son donnait quelque chose de très plaisant. Les anciens du village disaient que cette musique ne peut pas éduquer les enfants. Je jouais tranquillement au cours de cette manifestation, quand mon père a fait irruption dans la salle et m’a donné des paires de gifles. J’ai dû fuir de la salle. (Qu’il repose en paix !). Je n’ai pas passé la nuit à la maison ce jour-là. J’ai dû nager jusqu’à Kétonou rejoindre ma grand-mère paternelle. Si j’étais à la maison, il allait me taper à mort. Et cette dernière lui a demandé de me laisser chanter. Mais, là où j’ai été très heureux, et lui aussi, c’était quand j’ai chanté pour la première fois sur un disque et il a entendu ma voix à la radio. Lui, il n’a jamais chanté à la radio. Et quand il a entendu ma voix à la radio… (Soupirs…). Il était le plus heureux de ses frères. Et il m’a laissé poursuivre avec ma passion.

On peut dire que votre carrière a reçu la bénédiction de votre père de son vivant ?

J’ai été béni de mes deux parents. Mais aussi par les grands musiciens de mon village à l’époque, parce que tout le monde me connaissait déjà. C’était un honneur pour eux d’entendre la voix de leur enfant. En ce temps, on parlait de radio Dahomey. C’était une reprise. Ce n’était pas l’une de mes compositions. C’était une chanson culturelle de la région. J’ai enregistré cette chanson avec le Black Santiago à la Satel qui a sorti le disque. Et pour mon père, c’était un bonheur.

Parlez-nous à présent de votre premier disque en tant qu’artiste !

C’était Zangbéto. J’ai chanté les morceaux traditionnels de mon village. J’étais à Apollo Night Club qui était en ce temps le meilleur night club de l’Afrique de l’Ouest. Les gens venaient de partout, parce que les grands artistes se produisaient là-bas. C’était dans les années 68-69 et 70. On faisait plusieurs types de musique. Un jour, alors que tout le monde était fatigué, mon ami Joseph Massila et moi avions décidé de remettre tout le monde sur scène. Et ce jour, c’était un succès franc. C’était un rythme qui faisait danser, accompagné des chansons traditionnelles. Et quand on a voulu enregistrer notre première chanson, le chef d’orchestre a décidé qu’on ajoute cette chanson. Quand on jouait jusqu’à deux heures, trois heures, je prenais ma place pour finir la soirée. C’est comme ça que j’ai imposé ma musique, à un endroit où on jouait d’habitude des choses qui sont venues d’ailleurs.

Le premier album est sorti en quelle année ?

Franchement il vous faudra aller à la Satel ou ce qu’il en reste. Je ne me rappelle plus exactement cela. (Hésitation). Je pense que c’était dans les années 1969-70.

Un album joué en ces années sur radio Dahomey, devrait avoir forcement du succès !

En ce temps, il n’y avait qu’une seule radio. Et, avant de passer sur cette radio, il y avait une commission d’audition. Et quand ce n’est pas bon, on ne passe pas. Donc, ce morceau a été retenu. Radio Dahomey jouait ça chaque fois. C’était pour moi un plaisir, un rêve qui s’accomplissait. Le jour où j’ai fait mon premier concert en tant que musicien, j’avais invité mon père et il était là. C’était au Hall des Arts en 1978. J’étais dans l’orchestre de la Banque commerciale du Bénin (BCB). J’avais un ami, Gbédjinou Célestin, avec qui j’avais fait le Black Santiago. Il me disait après mes aventures : « Il faut que tu nous rejoignes. La banque a formé un orchestre et on te veut avec nous ». Il s’est rapproché de Bruno Amoussou, qui était le directeur de la banque. Ils m’ont embauché à la BCB. J’étais devenu un banquier. (Eclats de rire). J’étais à la cellule informatique. En ce temps, il n’y avait qu’un seul ordinateur au Bénin. Une semaine après, je me suis rendu compte que ce n’était pas ma place. Mon salaire était de dix neuf mille cinq cent cinquante francs Cfa par mois.
Pendant ce temps, j’avais loué une chambre à cinq mille francs. Il fallait payer l’impôt général sur le revenu. Un jour, j’ai demandé au directeur si je pouvais faire un concert avec les Poly Rythmo pour pouvoir joindre les deux bouts, parce que mon salaire ne me suffisait pas. Il m’a répondu: «camarade Sagbohan, vous n’êtes pas autorisé à jouer avec un autre orchestre alors que vous êtes membre de l’orchestre de la BCB. Je vais consulter le comité de direction ». Finalement, j’ai démissionné parce que ce n’était pas mon domaine. J’ai fait juste un an.

Quelle a été la suite ?

Quand j’ai intégré le groupe de la BCB, j’ai écrit Nouwamin, parce qu’il fallait écrire une chanson pour faire un album pour l’orchestre. Je suis allé au Nigeria. Là-bas, j’ai écrit Programme changé. Pendant ce temps, j’ai préparé l’album Djo Assoutchédo. Même étant à la banque, j’écrivais déjà. Je préparais d’autres albums. Quand je travaille un peu, je laissais tout tomber pour écrire ma musique.

A l’époque des 33 tours, vous en avez réalisé combien ?

Je ne veux pas vous donner une fausse réponse. Pour répondre à cette question, il va falloir que j’aille fouiller mes répertoires.

Avez-vous fait une école de musique ?

J’ai fait l’école de mon père.

Les solfèges, l’écriture musicale, comment vous avez fait pour vous en sortir ?

Quand vous avez la volonté de bien faire quelque chose, vous cherchez à mieux connaitre la chose. J’ai appris à mieux connaitre la musique. J’ai commencé au village. Mais arrivé à Cotonou, avec le temps, j’ai compris qu’il fallait mieux faire pour donner un bon rendement. J’ai appris à écrire la musique avec mes aventures à l’étranger avec Ignace de Souza. A l’époque, il n’y avait pas de magnétophone. Si tu ne peux pas écrire ton inspiration, tu ne feras jamais un album. J’écris et j’arrange moi-même mes chansons. Je n’ai jamais eu d’arrangeur.

Aujourd’hui, la discographie de Sagbohan Danialou est riche de combien de compositions ?

Je ne suis pas en mesure de vous dire exactement un nombre
précis. Il faut aller aux archives de l’Office de radiodiffusion et télévision du Bénin (Ortb). Vous y trouverez un nombre exact. Même s’il faut estimer, je ne suis pas en mesure de vous donner un chiffre.

Quel est alors le nombre d’album que vous avez réalisé ?

Je ne pourrais pas vous donner un chiffre non plus. Il y a même des chansons que j’écoute aujourd’hui et je me demande si c’est moi-même qui les ai faites. J’ai beaucoup écrit, beaucoup composé dans ma vie.

Pourquoi Sagbohan ne compte pas ses albums ?

Je n’ai pas le temps de les compter, parce que j’ai encore beaucoup à faire. Ce n’est pas le moment de compter. J’ai encore des choses à faire si Dieu me prête vie.

Ça fait combien d’années de carrière pour Sagbohan ?

J’ai intégré le centre Céramic en 1966, j’ai fait ce groupe de 1966 à 1967. J’ai fait mon premier album avec les orchestres du quartier en 1967, et en 1968 j’ai obtenu une batterie neuve. J’ai appris à jouer à la batterie, et je suis devenu batteur en 1968. J’ai commencé par écrire mes propres chansons.

Quel âge avez-vous aujourd’hui ?

Je ne connais pas mon âge. Je suis né vers… Je suis né à un moment où il n’y avait pas de dispensaire à Ekpè, ni de maternité.
Je suis né dans ma maison maternelle. Mes oncles qui ont vu ma naissance ne comprenaient pas français pour pouvoir en dire quelque chose. Mais, je peux vous dire que je suis né dans les années 1950.
Aujourd’hui, je suis né le 1er janvier 1951, il faut réguler les choses. (Rires).

Est-ce que Sagbohan vit de ses œuvres ?

J’ai reçu, juste avant vous, des enfants qui apprennent à chanter avec l’émission Acapella. Je leur ai dit que tout ce que j’ai aujourd’hui, c’est que je n’ai rien. Mais là où je dors c’est grâce à la musique que je l’ai érigé. J’ai souvent dit qu’un bon musicien
béninois peut vivre de la musique. Moi, je vis de ma musique. Je n’ai jamais fait autre chose, ni la contrebande. Mes enfants ont étudié pour la plupart dans des écoles privées, et c’est grâce à la musique que je suis arrivé à subvenir à leurs besoins.

Pourquoi Sagbohan a choisi de rester au Bénin alors qu’il a eu les moyens et des possibilités de s’exiler ?

Moi, m’exiler ? Ça ne me dit même pas. Ce mot n’existe même pas chez moi. Je ne sais pas ce que ça veut dire. Un jour, le général Kérékou, (paix à son âme) m’avait dit : « Pourquoi vous ne sortez pas pour aller rester ailleurs pour mieux faire la musique ? ».
Je lui ai répondu que je préfère que les gens viennent me chercher chez moi. Si je suis important, ils viendront me chercher. Et il me dit : « Vous n’êtes pas encore grand et vous voulez dépasser le plafond ». Je ne peux pas aller vivre ailleurs, j’ai beaucoup voyagé dans ma vie. Mon bonheur se trouve ici. Ma musique est d’ici. Vous voulez que j’aille aux Etats-Unis, pour aller faire du reggae, ou que j’aille en France faire du Zouk ? J’ai beaucoup de choses ici à exploiter. Celui qui s’exile en cherchant du succès perd son temps. Le succès est ici. Si vous êtes bon, les gens viendront vous chercher. Nos frères qui sont à l’étranger, quelle musique ils font là-bas ? Ils font la musique béninoise là-bas et c’est ça ils ont à vendre. Ils n’ont pas à vendre ce qu’ils sont allés trouver là-bas. Ils ont à vendre ce qu’ils emmènent de chez eux ici. C’est ma philosophie de la chose. Je ne veux pas sortir d’ici pour aller m’exiler, cherchant le succès ou quoi que ce soit. Je suis un grand responsable de la musique béninoise et aussi de la promotion de la musique béninoise. La preuve, j’ai toujours lutté contre le playback. Je ne fais jamais de playback et je ne le ferai jamais. Le playback ne permet pas d’avoir des musiciens instrumentistes.

Vous pensez à la relève, après tout ce que vous avez fait ?

(Silence). Ne me parlez plus de la relève, on ne prépare pas la relève, la relève s’annonce et on la pousse. La musique, ce n’est pas un métier qu’on apprend dans une école. Si vous n’en avez pas le don, il faut passer ailleurs. Moi, je déplore le cas de ceux-là qui, après les écoles, vont à la musique, parce qu’ils veulent se faire voir à la télé, ils veulent percer les oreilles. La musique est un métier à respecter. Je ne compare la musique à aucun métier. La musique ne s’apprend pas. On naît avec la musique.

Quel a été le plus beau spectacle de votre vie ?

On ne peut pas le dire, il y en a tellement eu. Un jour, la fédération des Béninois de l’étranger m’a invité avec le président Soglo. Quand ils ont fait la publicité pour le spectacle, ils ont vendu 1400 tickets, alors qu’ils avaient prévus 400 places, et les gens sont arrivés et sont restés debout. Ils étaient obligés de faire sortir les chaises de la salle, donc tout le monde était resté debout.
J’ai fait voyager une fois également des Zangbétos au musée des Arts contemporains de Versailles, ce fut également un grand succès. Je dois aussi évoquer ce spectacle au festival international de jazz de New-York, quand le Gankéké (gong traditionnel) sonnait, les Blacks américains pleuraient de joie. Je me suis dit alors que quelque part, j’ai ma place sur terre.

Vous avez adopté les rythmes traditionnels comme base de votre travail musical, en dehors de ça qu’est-ce qui vous inspire particulièrement pour vos compositions ?

Rien ne m’inspire, c’est la nature qui m’inspire. Je ne peux pas m’inspirer de la musique de quelqu’un pour faire mes compositions. Je ne suis pas un musicien plagié. Je suis un musicien compositeur, auteur, arrangeur de ma musique.

Jusqu’à ce jour, le président Mathieu Kérékou reste le seul politique béninois pour qui vous avez composé une chanson. Est-ce que d’autres acteurs politiques de notre pays peuvent attendre leur tour ?

Je n’ai pas chanté Kérékou. J’ai chanté un évènement, un évènement. Parce qu’à l’époque, dans la sous-région, il n’y avait que la guerre et la mort. Mais nous avons eu un général qui a su maîtriser son armée. Le général Kérékou est pour moi, à un moment donné, l’homme qu’il fallait pour notre pays. Les dix-sept ans n’ont pas été faciles pour tout le monde. Il y a des mécontents à vie et aussi des heureux à vie. Pour moi, il a su mettre notre pays sur orbite. A l’époque on disait les révolutionnaires, même au Togo tout près, on nous traitait de révolutionnaires. Mais finalement, on était les plus heureux. J’ai chanté un général, mais je n’ai pas chanté Kérékou, mais bon, comme vous le savez, il n’y avait que lui. C’était un moment où il fallait lui faire ce coucou pour tout ce qu’il a fait pour notre pays. On avait pas de l’argent, mais on vivait tranquille, c’était grâce à l’armée béninoise, on ne peut pas parler de l’armée béninoise sans parler de Kérékou. Voilà comment et pourquoi le nom du général Kérékou est sorti.

Quel est votre plat préféré ?

Wêfouflou ! Du poisson fumé, bien lavé, le poisson qui a des œufs, puis on enlève les arrêtes et on ajoute les condiments, puis on mélange le tout. C’est un plat typiquement lacustre.

Quel est votre couleur préférée ?

(Rires). La couleur préférée, c’est la couleur de l’eau.

Quel est votre animal préféré ?

On me dit que j’ai le visage d’un serpent doux. Mais mon animal préféré est un oiseau.

Quel est l’instrument de musique que vous préférez ?

C’est la guitare, mais je préfère la voix.

Le sobriquet ou l’appellation l’homme-orchestre vous est venu d’où ?

C’est venu de Guy Kpakpo, l’actuel directeur de radio Tokpa. Il était mon manager. Il était animateur à Radio Dahomey. Après, il est devenu chef programme à Radio Bénin, directeur artistique à la Satel. Il est aussi un ami de vieille date. Un jour, j’étais en concert au Hall des Arts, et pour m’annoncer, il dit je vous présente l’homme-orchestre. Il était ce jour-là avec Mouf Liady.

Pour quel artiste béninois avez-vous le plus d’admiration ?

D’abord mon père et ensuite Yédénou Adjahoui.

Vous portez un prénom africain ?

Ah oui, c’est Vidjinnagnin. Ma mère a fait deux enfants avant moi, et ils sont tous morts. Il a fallu faire des sacrifices pour que je sois maintenu. Ça fait un peu « Abikou ».

Quel est votre vœu le plus cher que vous avez envie de concrétiser?

Si vous m’aviez posé cette question, il y a cinq ans, j’aurais une réponse à vous servir, mais maintenant, je n’ais plus de réponse pour cette question. Après la moitié d’un siècle, si vous n’avez pas ce que vous voulez, il ne faut plus vouloir quelque chose.
Mais vous avez un projet de centre de formation !
Oui, justement ! C’est un projet relatif à un centre d’anthropologie musical que j’ai voulu faire. Je suis une personne qui aime partager ce qu’il a ; Dieu ne donne pas à tout le monde. Il n’y aura qu’un seul Sagbohan Danialou musicien sur terre. J’ai dit que je veux partager avec les jeunes béninois ce que Dieu m’a donné. Mais si mon pays ne veut pas me permettre de partager ce que j’ai avec les jeunes béninois, je garde ma chose pour moi. J’ai ma chose, je veux donner, on m’empêche de la donner…

Votre appréciation sur le secteur culturel béninois !

Le secteur culturel se porte très bien. Aujourd’hui, tout est tellement politisé. Notre secteur est hyper politisé. Aujourd’hui, si vous êtes un président d’association, ou président de fédération au Bénin, vous avez tout ce que vous voulez. C’est ce que j’ai compris. Pour nommer des responsables d’association aujourd’hui, on dit il faut voter, et quand on passe aux votes, ceux qui sont plus nombreux gagnent. Qu’ils aient les qualités ou pas, ils passent. Je suis vraiment déçu pour cette situation. Si avec tout le temps que nous avons passé sur le plan musical de notre pays, nous devons encore faire le salamalec avant d’avoir ce que nous voulons pour notre jeunesse, ce n’est pas la peine. Un enfant ne peut jamais faire la relève de son père, parce que les deux n’ont pas été à la même école.

Vous n’avez pas voulu tomber dans le piège de l’accumulation de biens matériels contrairement à des artistes de votre génération. Pourquoi avoir fait ce choix de vie ?

Je ne suis pas malheureux, je ne suis pas heureux non plus. J’ai beaucoup d’enfants. J’ai fait une demi-douzaine d’enfants, il fallait assurer leur éducation ; ce qui n’était pas facile. J’ai ma maison, un moyen de déplacement et une maison pour mes enfants, je n’en veux pas plus. Le Bénin est un petit pays, mais très fort. Quand vous avez beaucoup de biens, c’est votre entourage qui va chercher à vous en arracher.
Que pensez-vous de la façon dont les médias font la promotion de la culture béninoise ?

Les médias choisissent leur clan, et quand vous avez quelqu’un de votre ethnie, de votre clan, qui fait de la musique vous lui faites une bonne promotion. C’est ce que j’ai compris. Tout est politisé dans notre pays, et c’est dommage. Il y a des radios qui ne jouent jamais certains morceaux. Les médias sont aussi des artistes comme nous. Ce sont les médias qui fabriquent les artistes.

La diversité culturelle, c’est quoi selon vous ?

La diversité culturelle du Bénin est un problème crucial. Au Bénin, nous avons trop de rythmes. Chaque région a sa musique. Au Bénin c’est tellement diversifié que si vous cherchez une musique du Bénin, vous allez passer toute votre journée. Le gars du Nord ne peut pas faire le Agbadja de Zolawadji. On ne peut faire que ce qu’on maitrise. Il faut qu’il y ait une diversité dans la musique.

Comment la télévision peut-elle promouvoir cette diversité ?

Il faut dépolitiser la promotion de la culture béninoise, pour pouvoir faire une bonne promotion de la culture béninoise. Même celui qui n’a jamais mis pied à l’école te parle de la politique. J’ai un projet de création de centre d’anthropologie de la musique, on m’a trainé pendant six ans, mais rien. Pendant ce temps, les gens prennent l’argent du contribuable
pour dire qu’ils vont faire quelque chose qu’ils ne font jamais. Moi, je veux ces millions pour donner quelque chose au Bénin et on m’empêche !

Est-ce-que Sagbohan est membre d’une association des artistes ?

J’étais le président de l’Association des musiciens, chanteurs du Bénin créée par GG Vikey. Mais après quatre ans, j’ai quitté. Ce n’est pas le gouvernement d’un pays qui fait la promotion d’un artiste, c’est le produit de l’artiste même qui le lance.

Est-ce que la nation béninoise a été reconnaissante envers Sagbohan Danialou pour l’ensemble de ses œuvres ?

Non, non, non ! La Nation béninoise n’a pas été reconnaissante. Ceux qui reconnaissent mon travail sont nombreux. Mais la Nation béninoise non.

Sagbohan Danialou n’a jamais été décoré ?

J’ai été décoré par l’ancien président Nicéphore Soglo, on était nombreux. J’ai été élevé au grade de Chevalier en son temps. Le Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud) m’a aussi décoré. Le Bureau béninois des droits d’auteur m’a aussi fait Officier de l’Ordre de mérite du Bénin.

Propos recueillis par Josué F. MEHOUENOU

Culture 03 janv. 2019


Mobilisation de ressources fiscales: La dématérialisation des services irréversible

La direction générale des Impôts entend se positionner comme une administration moderne en phase avec la vision du ‘’Bénin révélé’’. La dématérialisation des services reste l’une des grandes réformes que cette entité s’engage à réaliser cette année, selon son directeur général.

A l’instar des entités administratives publiques du pays, la direction générale des Impôts a sacrifié à la tradition de présentation des vœux, ce mercredi 2 janvier. Occasion pour Nicolas Yénoussi, le directeur général, de faire part des défis à relever par l’administration fiscale cette année.
« La direction générale des Impôts veut être une administration moderne en phase avec la vision du Bénin révélé. Nous devons nous arrimer aux enjeux de l’économie numérique en offrant aux contribuables des solutions digitales. La dématérialisation nous offre des garanties d’optimisation des recettes. Cette réforme est irréversible et nous devons tous nous adapter au changement », confie-t-il.
Exprimant à tous les travailleurs sa reconnaissance pour les efforts faits pour la mobilisation des ressources au regard de la place de première régie financière qu'occupe la direction générale des Impôts, il en appelle à la poursuite des réformes annoncées à travers le Programme d’actions du gouvernement ‘’Bénin révélé’’. L’atteinte des défis que constitue l’amélioration des recettes et de l’assiette fiscale passera, selon le directeur général, par la poursuite des réformes, au nombre desquelles figurent le déploiement de ‘’Sigtas’’ dans les centres des moyennes entreprises, les télé-procédures, la consolidation du fichier des contribuables et le suivi des contribuables inactifs, la généralisation des machines électroniques de facturation de la Tva.
« Nous devons rester mobilisés et nous engager plus que jamais dans l’accomplissement de notre mission de mobilisation de ressources publiques, pour mieux accompagner les autorités », souligne-t-il, en prenant en compte le fait que la concrétisation des projets sociaux annoncés par le chef de l’Etat dans son discours sur l’état de la nation, le 27 décembre 2018, dépend aussi de la capacité des différents services à mobiliser les ressources fiscales.
Face aux multiples défis de l’heure, il invite les agents à toujours faire preuve d’intégrité, d’éthique et à avoir des comportements exemplaires pour bannir les actes malveillants susceptibles de ternir l’image de l’administration.
A sa suite, le représentant du personnel, Erick Akakpo-Djihountry, a réitéré les mêmes exhortations en appelant ses pairs à plus d’abnégation au travail, à la régularité et à des comportements orthodoxes, somme toute, à une prise de conscience et à un changement de comportements pour un meilleur devenir de l’administration fiscale qui a su toujours être au rendez-vous des exigences de développement portées par les dirigeants du pays, en dépit des situations difficiles.

Actualités 03 janv. 2019


Les grands faits marquants: Des succès incontestés pour la diplomatie béninoise en 2018

Révéler le Bénin! Ce vœu cher au président Patrice Talon a été au cœur des actions de la diplomatie béninoise tout au long des douze derniers mois. Participation à des rencontres de haut niveau, invitation à de grands cercles de prise de décision, visites de chefs d’Etat…, sans oublier la demande presque aboutie de la restitution des trésors culturels. 2018 n’a pas été de tout repos pour la diplomatie béninoise.

Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Aurélien Agbénonci et ses collaborateurs peuvent se frotter les mains. 2018 a été pour eux une année de succès. La diplomatie béninoise cumule, au bout des douze derniers mois, des acquis qui repositionnent le Bénin comme un pays avec lequel il faudra à l’avenir compter. Cette prouesse s’est manifestée par différentes actions dont la participation à de rencontres de haut niveau et autres sommets d’envergure pour échanger sur des questions liées à la gouvernance contemporaine. Sur ces fronts, le ministre Aurélien Agbénonci, sous le leadership du président Patrice, Talon, a porté partout et tout haut, l’image du pays. «La diplomatie n’est pas du spectacle», avait-il expliqué il y a quelques mois à l’occasion de la présentation du bilan de l’an II du régime en place. Et de relever, par ailleurs, que «le président Talon n’a aucune aversion pour les voyages et les sommets » pour répondre à certaines allégations faisant état de l’absence du chef de l'Etat à certains rendez-vous.

Des succès incontestés

L’un des succès incontestés de la diplomatie béninoise au cours de l'année 2018 reste la participation du chef de l’État, en d’octobre dernier, au Compact avec l’Afrique du G20 en Allemagne. Sommet au cours duquel le président de la République a valorisé le Bénin, parvenant ainsi à séduire le secteur privé allemand. «Il y a eu des échanges bilatéraux avec des investisseurs qui se sont intéressés au Bénin avec des promesses assez sérieuses», expliquera le ministre Aurélien Agbénonci, au terme de cette expédition. Expédition au cours de laquelle plusieurs investisseurs allemands ont marqué leur accord pour visiter le Bénin et y investir, sans oublier les appréciations de la chancelière allemande qui n’est pas restée indifférente aux changements qui ont cours au Bénin et qui font grand écho.
Autre élément de succès de la diplomatie béninoise, la participation du président de la République, Patrice Talon, à la 73e assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies, sans oublier l’agenda parallèle du chef de l’Etat au cours de son séjour aux Etats-Unis. En effet, avant de prendre part aux débats généraux et autres évènements parallèles prévus dans le cadre de la 73e assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies, le président Patrice Talon en déplacement à Washington a rencontré de nombreux partenaires clés dans l’action de coopération du Bénin. Des partenaires qui, de l’avis du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, n’en ont pas demandé moins parce que désireux d’en savoir davantage sur ce pays qui fait parler de lui un peu partout en raison de ses réformes audacieuses. Cette sortie, comme celles qui l’ont précédée, de l’avis du ministre Aurélien Agbénonci, a permis de repositionner le Bénin comme pays de rêve et d’ambitions dans l’arène internationale. Pour lui, « le Bénin commence par faire des progrès sur le plan de la gouvernance ».
La participation à la trentième session ordinaire de l’assemblée générale des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine (Ua) ne peut être occultée à l’heure du bilan diplomatique de l’année 2018. Le président Patrice Talon a saisi cette opportunité pour parler des avancées du Bénin dans le combat contre la corruption pour rester en ligne avec le thème du sommet à savoir « Remporter la lutte contre la corruption : une voie durable pour la transformation de l’Afrique », a indiqué le ministre Aurélien Agbénonci.

De tous les grands rendez-vous…

L’Asie a aussi entendu parler du pays gouverné par Patrice Talon. Invité par son homologue du Japon Taro Kono, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération (Maec), Aurélien Agbénonci, a effectué une visite officielle au pays du Soleil levant du lundi 18 au jeudi 21 juin 2018. Etaient à l'ordre du jour le projet de construction d’un échangeur au carrefour Cfao-Toyota, le renforcement des liens d’amitié entre les deux pays, le renforcement de la démocratie, des droits humains, de l’Etat de droit et de la bonne gouvernance. En somme, des questions de développement avec un point d’honneur sur le Programme d’actions du gouvernement, la sécurité alimentaire, l’approvisionnement et l’accès à l'eau potable, le renforcement stratégique du port de Cotonou, la construction d’infrastructures..., étaient au cœur des échanges. Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, a également fait preuve d'une offensive diplomatique soutenue en direction des pays du Nord. Il a eu d'intenses échanges avec ses homologues du Danemark, de la Suède, de la Norvège et de la Finlande au cours de la conférence des ministres des Affaires étrangères des pays nordiques et d’Afrique. Il se fera même le porte-parole de ses pairs africains et mettra en exergue dans une allocution fort bien appréciée, le changement de paradigme en cours dans les pays africains, avec la place de choix accordée aux investissements privés comme moteur de la croissance économique. « Cette nouvelle vision, également privilégiée par les pays nordiques à travers des appuis conséquents aux interventions de leurs investisseurs privés et Ong dans les pays en développement, se traduit par les nombreuses réformes et mesures incitatives proposées par les différents pays du continent pour attirer les investissements directs étrangers», lit-on dans un compte-rendu de cette conférence.
Il serait fastidieux d’évoquer ici toutes les rencontres sous-régionales, régionales et internationales auxquelles le Bénin a participé. Une présence active qui a permis de rehausser l’image de sa diplomatie, de se repositionner dans le concert des nations, mais aussi d’exposer les douloureuses mais audacieuses réformes en cours dans le pays. Néanmoins, on devra mentionner que la diplomatie béninoise était bien présente. La conférence intergouvernementale pour adopter le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières à Marrakech, au Maroc, les 10 et 11 décembre derniers, la participation du chef de l’Etat au XVIIe sommet de la Francophonie à Erevan en Arménie, la participation du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération et de celui de l’Intérieur et de la Sécurité publique à la réunion des ministres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (Ceeac) et de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) sur la paix, la sécurité, la stabilité et la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent… La diplomatie béninoise a également œuvré au rayonnement de la culture du pays, les locaux du ministère ayant servi de lieux d’exposition à des artistes peintres et sculpteurs béninois.

Aurélien Agbénonci, le grand artisan !

On ne peut pas aborder les succès de la diplomatie béninoise au cours de l’année 2018 sans évoquer la réponse favorable de la France et la restitution imminente d’une partie des trésors culturels du Bénin. Ce que beaucoup donnaient pour impossible tend à devenir du concret, grâce à la perspicacité d’une diplomatie qui, sans bruit et surtout sans lassitude, est allée au bout de ses intentions. Le Bénin en plus de donner l’exemple, vient également de baliser le chemin. De nombreux pays comme la Côte d’Ivoire, le Sénégal… prenant appui sur la réussite béninoise en la matière ont aussi formulé des demandes dans ce sens.
Un franc succès à l’actif de la diplomatie béninoise qui aura prouvé sur ce coup, tout son savoir-faire. Là-dessus, on peut être d’avis avec ceux qui y ont noté l’audace du ministre Agbénonci qui, à aucun moment, n’a douté de l’aboutissement de la demande de son pays. Lui qui bénéficiant de la confiance du président de la République, est souvent appelé à représenter le pays à divers rendez-vous. Une compétence discrète, mais efficace. C’est ainsi qu’on pourrait résumer l’action du patron de la diplomatie béninoise qui, appelé au gouvernement depuis avril 2016, fait parler de lui, sans bruit mais en bien. L'autre succès de la diplomatie béninoise, c’est le positionnement de nombreux cadres à des postes de responsabilité aux plans sous-régional, régional et international. Au nombre de ceux-ci, Reine Alapini Gansou, promue juge à la Cour pénale internationale. Celle dont la candidature a été portée par le ministre Aurélien Agbénonci et appuyée par le président Patrice Talon en personne fait désormais la fierté du Bénin au sein de cette grande institution à l’instar de tous les autres, qui comme elle, ont été promus. Ces succès passent également par les séjours réguliers dans le pays de diverses personnalités y compris des chefs d’Etat et de gouvernement. Le dernier en date, c’est le séjour à Cotonou de la présidente de l’Estonie, Kersti Kaljulaid dont le pays est reconnu comme un exemple en matière du numérique.

Société 03 janv. 2019


Télévision numérique terrestre (Tnt): Un projet dont les travaux sont très avancés

Les Béninois, sans exception, pourront avoir une meilleure qualité d’image et de son sur leurs écrans de télévision avec l’accès à la télévision haute definition au plus tard la fin du premier semestre de l’année 2019, confie Patricia Codjia du comité de pilotage de la transition à la télévision numérique terrestre. A l’en croire, les travaux de réalisation de ce projet sont très avancés.

Pourquoi le Bénin doit-il passer de l’analogique au numérique ?

Patricia Codjia : Le passage de la radiodiffusion analogique à la radiodiffusion numérique est une recommandation de l’Uit (Union internationale des Télécommunications) qui s’impose à tous les pays membres de l’union. En effet, conformément aux décisions de la conférence régionale des 15 et 16 juin 2006 à Genève, le 17 juin 2015 était la date butoir fixée pour le passage de la radiodiffusion analogique à la radiodiffusion numérique en bandes IV et V. Comme presque tous les pays d’Afrique, le Bénin n’a pu répondre au rendez-vous.

Qu’est-ce qui va changer à l’avènement du numérique ?

Avec la séparation des métiers, les chaînes de télévision deviennent des éditeurs de services audiovisuels. La diffusion est assurée par un opérateur de diffusion. Il offre aux populations ou consommateurs plus de chaînes; une meilleure qualité d’image et de son avec accès à la télévision en haute définition ainsi qu’un accès aux services interactifs tels que la vidéo à la demande, le guide électronique des programmes, commandes et achats en ligne.
Quant à l’Etat, il lui permet la récupération des fréquences (le dividende numérique) en vue de leur réallocation pour d’autres services porteurs de développement et pourvoyeurs d’emplois: la téléphonie mobile, l’internet haut débit par exemple.

Depuis quand le Bénin a-t-il démarré cette transition de l’analogique au numérique ?

Le processus de migration a débuté au Bénin avec la création en 2013 de la Cnman (Commission nationale de la migration de l’analogique au numérique), rattachée au ministère de l’Economie numérique et de la Communication (Menc). Elle a été dissoute après trois années d’existence et remplacée par le Cptnt (Comité de pilotage de la transition à la télévision numérique terrestre), créé en novembre 2016 et rattaché au Cabinet civil du chef de l’Etat. La télévision numérique terrestre (Tnt) est le projet N° 21 des 45 projets phares du Pag 2016- 2021).

Quels sont les progrès réalisés en prélude au passage de l’analogique au numérique ?

Dès son installation en novembre 2016, le Cptnt, avec le partenaire technique Startimes a entrepris les travaux de construction de l’infrastructure technique de la télévision numérique terrestre. A ce jour, les travaux sont très avancés. Depuis janvier 2018, les installations réalisées sur les sites de Porto-Novo, Calavi, Cotonou, Gbéhoué permettent de couvrir la partie méridionale du pays, des frontières Est et Ouest, jusqu’à la hauteur d'Allada.

Quels sont les obstacles qui freinent le processus de la transition du Bénin de l’analogique au numérique ?

Plus aucun obstacle ne freine le processus au Bénin.

Le passage du Bénin de l’analogique au numérique sera-t-il une réalité?

La télévision numérique terrestre est déjà une réalité au Bénin. Nous sommes à la phase d’extension du réseau. Les populations pourraient recevoir la Tnt au cours du 1er semestre de l’année 2019
Quelles sont les perspectives pour ce projet ?

Une meilleure organisation des producteurs d’œuvres audiovisuelles et cinématographiques. Ils devront réaliser des productions locales de bonne facture afin de fournir des contenus audiovisuels pour alimenter les grilles de programmes des chaînes Tv et même pour des ventes et échanges à l’échelle internationale.

Propos recueillis par Ange Joël TOFFOUN

Société 03 janv. 2019


Pratique de taekwondo au Bénin: Joliane Ahouassou se révèle

Joliane Ahouassou, taille élancée, teint clair, reste incontournable sur le terrain du Taekwondo et de la boxe au Bénin. Redoutable, elle l’est du fait de sa dextérité et du savoir-faire dont elle fait preuve à chaque compétition. Elle accumule les médailles sans répit.

Lorsque la passion pour le sport bouillonne en soi, aucun vent contraire ne peut l’arrêter. Joliane Ahouassou fait partie des jeunes figures féminines sportives béninoises qui excellent en Taekwondo, en boxe et en king-boxe (Karaté et boxe).
Telle une lionne, elle dévore tout sur son passage et ne laisse aucune chance à ses adversaires. Dans ces disciplines, elle est inégalable. « On ne peut parler de boxe et de taekwondo aujourd’hui sans évoquer son nom », lance son père, Paul Ahouassou.
La plupart du temps, elle s’impose et surpasse toutes ses concurrentes. Que ça soit en Taekwondo ou en boxe, Joliane détient le titre de championne sur le plan national et s’impose également sur le plan continental. En 2016, elle s’était imposée à la championne ghanéenne, Laetitia Anchrat, au cours d’une compétition africaine organisée à Cotonou.
Fille aînée d’une famille modeste de deux enfants, cette élève de 19 ans est prête à tous les sacrifices pour aller de l’avant. Pour elle, aucun effort n’est de trop quand il s’agit du sport. « Le sport, c’est toute ma vie ; c’est comme une partie de moi », laisse-t-elle entendre, sourire aux lèvres.
Derrière son air calme et son sourire enfantin, se cachent la détermination et la conviction. Joliane est pleine de rêves pour le taekwondo. Quatorze ans de pratique, et elle fait parler d’elle. Ses performances en disent long sur sa détermination et son expérience. Elle accumule des diplômes, des attestations et des médailles au point de remplir toute une valise.
En dépit du manque de soutien de certains de ses camarades, elle puise dans les mots d’encouragement de ses professeurs et d’autres amis pour aller de l’avant. Elle peut également compter sur l’accompagnement de sa famille, au premier rang, ses géniteurs qui ne ménagent aucun effort pour la soutenir.
Joliane doit son ascension à son père qui, très tôt, a cru en elle et l’a propulsée. Tout a commencé par une promenade. « Lors d’une promenade matinale un samedi au stade de l’Amitié de Cotonou, alors qu’elle n’avait que 5 ans, nous avions croisé des sportifs qui s’exerçaient dans plusieurs disciplines. J’ai demandé celle qui intéressait ma fille et elle a choisi le taekwondo », raconte son père, Paul Ahouassou. Ce fut le déclic.
Depuis ce temps, elle s’y accroche. Même engagement de la part de son père qui ne se lasse guère de la soutenir. « Je n’ai pas fléchi, je la suis de près », témoigne-t-il.

Niveau surprenant

A ce jour, Joliane a participé à plusieurs compétitions. Et elle n’y va jamais pour perdre. « Elle a été toujours championne du Bénin », témoigne-t-il, très satisfait de l’évolution de sa fille aujourd’hui. Plus récemment, avec le gala de boxe organisé à Cotonou, le samedi 15 décembre 2018, où elle a croisé les gants avec une redoutable militaire en finissant en beauté les trois rounds, elle a comblé encore les attentes de bon nombre de ses fans.
En décembre 2016 déjà, elle avait remporté l’open international organisé à Cotonou et qui a réuni plusieurs athlètes africains.
A son actif, plusieurs médailles d’or. La championne du Bénin en taekwondo étend également ses tentacules dans le domaine de la boxe. Après avoir passé sa ceinture noire en taekwondo avec la mention honorable, elle a entamé l’aventure de la boxe sur les conseils avisés de son maître, Félicien Houétchékpo. Le jeu en valait la chandelle, car le niveau de Joliane était trop élevé pour qu’elle se limite seulement au teakwondo.
Deux mois d’entraînement seulement en boxe et elle s’impose à ses challengers dans cette discipline, la plupart redoutées pour leur ancienneté et leur savoir-faire. Le championnat départemental de boxe en 2017 va confirmer tout son talent. « Lors de la compétition de 2017, tout le monde craignait qu’elle perde la partie au regard de l’ancienneté de sa concurrente et de son parcours dans cette discipline ». La crainte laissera place à la joie, à un soulagement total. Joliane a surpris plus d’un en disposant de son adversaire.
Et si la plupart des stars sportives africaines se sont installées à l’extérieur pour bénéficier de grandes formations et se faire un nom, Joliane Ahouassou et son père pensent que l’eldorado n’est pas forcément ailleurs. « Des pays m’ont proposé d’aller signer leur nationalité afin de poursuivre ses expériences chez eux, mais j’ai toujours décliné l’offre », révèle-t-elle. Et pour cause ! « Nous attendons certaines promesses de la part du Bénin », explique-t-il. L’attente devenant trop longue, la famille Ahouassou est désormais bien consciente qu’il faut laisser la championne explorer les nouveaux horizons qui s’offriront à elle afin de ne pas la limiter indéfiniment. ‘’La petite Joliane’’ non plus ne perd de vue cette réalité.

Ambitions

Derrière son talent d’athlète se cachent bien des ambitions. « Je voudrais aller représenter le Bénin sur le plan international si les opportunités s’offraient à moi », projette-t-elle. En attendant, Paul Ahouassou déplore l’absence de compétitions au niveau national en ce qui concerne la boxe pour encourager davantage les femmes. « Je note que les acteurs ne prennent pas la chose au sérieux ; les filles se découragent vite en raison du manque d’engagement des acteurs », relève-t-il. « C’est parce que je suis amoureux des arts martiaux que j’essaye d’encourager et de soutenir ma fille », poursuit-il. Toutefois, les moyens lui font défaut. « En tant que parents, nous sommes limités ; si l’on était dans un pays plus organisé, Joliane ne serait plus à ce stade », se convainc-t-il.
Toutefois, la pratique de ces disciplines n’empêche pas la taekwondïste d’exceller à l’école. Ses performances scolaires témoignent du sérieux et de la discipline qui la caractérisent. Sur le plan académique, la terminaliste s’est tracé une discipline qui l’amène à avoir de bons rendements scolaires. Preuve qu’avec la volonté, l’effort et le soutien, les femmes ont de quoi se faire valoir.
La plus grande satisfaction de Paul Ahouassou serait de voir sa progéniture exceller dans les arts martiaux. C’est pourquoi il prépare d’ores et déjà son fils cadet qui, selon ses témoignages, suit bien les traces de sa sœur aînée. « Son jeune frère est ceinture noire troisième dan aujourd’hui », dit-il en souriant. Reste que l’Etat s’engage davantage pour promouvoir les athlètes et hisser la boxe et le taekwondo à l’instar du football.

Sports 03 janv. 2019


Vote du budget exercice 2019 de Lokossa: Près de 2 milliards de F Cfa pour le développement

A l’hôtel de ville de Lokossa, mercredi 26 décembre dernier, les conseillers ont voté le budget primitif exercice 2019. Ce budget a recueilli 11 votes favorables sur 19 suffrages exprimés au cours de cette cinquième session extraordinaire. Ainsi, pour le fonctionnement de l’administration communale et les chantiers de développement au cours de l’année prochaine, le budget voté s’élève à 1.874.666.086 francs Cfa. Il se caractérise par un taux d’accroissement de 24,45% par rapport au budget 2018 qui est de 1.506.390541 francs Cfa.

Son vote a été possible grâce au soutien des chefs d’arrondissement de Houin et de Lokossa centre. Ils étaient du groupe des frondeurs qui rejetait toutes les initiatives soumises à la délibération du conseil. Le présent budget avait été rejeté aussi à la session budgétaire du 29 novembre dernier. A l’issue du vote favorable du mercredi 26 décembre dernier, Séverin Hounnou, chef de l’arrondissement de Lokossa-centre et Félix Sozèhouè de Houin justifient, tour à tour, leur nouvelle position par le souci de donner les moyens au maire pour conduire les chantiers de développement de la commune. « Puisqu’il (le maire) dit partout que c’est nous qui l’empêchons de travailler pour la ville, nous avons voulu, par ce vote, prouver à la population notre bonne foi », a expliqué Félix Sozèhouè. Soulagé par ce soutien des deux chefs d’arrondissement, le maire Pierre Awadji espère voir tout le reste des frondeurs déposer les armes. « Avant, on faisait des votes de 19 voix sur 19. J’en appelle au retour de cette bonne ambiance de travail au sein du conseil pour le développement de notre commune », souhaite Félix Awadji n

Désiré C. VIGAN A/R Mono-Couffo

Société 03 janv. 2019


Procès Icc-Services: L’appel à la vérité du président de la Criet

Le président de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), Edouard Cyriaque Dossa, met devant leurs responsabilités les accusés, sachants et témoins de l’affaire Icc-Services. Il attire leur attention sur le sens d’un procès et la nécessité pour les différentes parties de dire la vérité et rien que la vérité afin de permettre au juge de dire le droit. Il a lancé cet appel lors de l’audience du lundi 31 décembre dernier.

Le président de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), Edouard Cyriaque Dossa, est visiblement agacé par le comportement des accusés, sachants et témoins du procès Icc-Services. Ils semblent égarer la cour en faisant économie de vérité. Cette situation risque de voir l’audience criminelle prendre du temps. Edouard Cyriaque Dossa a levé le ton à l’entame de l’audience du lundi 31 décembre dernier pour mettre chacune des parties au procès devant ses responsabilités.
Selon le président de la cour de céans, un procès a toujours pour vocation de revenir sur une histoire qui s’est mal terminée entre deux ou plusieurs personnes. Le procès ramène les différentes parties litigantes sur les moments où les divergences sont nées entre elles; les bons temps qui ont précédé celles-ci; les circonstances de leur survenue; ceux qui ont été de mauvaise foi dans les agissements incriminés. Ainsi, les premières personnes qui doivent permettre au juge de dire le droit, afin que les responsabilités soient situées, sont en principe, les parties au procès, insiste Edouard Cyriaque Dossa. Défaut pris d’elles, le juge se tourne vers les témoins visuels ou auditifs, voire ceux qui ont accès aux informations non encore dénaturées et qu’on qualifie de sachants. « Plus celles-là (les parties) choisissent de cacher ce qu’elles ont fait, plus ceux-ci, les témoins et sachants, décident de ne pas restituer à la cour ce qu’ils savent réellement des faits en cause, plus le procès prendra du temps pour s’étaler dans le temps», avertit le président de la Criet. Dans ce cas, la cour n’aura d’autre moyen, au regard de l’âge du litige qui a déjà fait huit ans alors que le corps du délit notamment les sommes d’argent récupérées par voie de dépôt par les accusés, les instruments pouvant retracer l’usage qui en a été fait, les biens meubles et immeubles acquis, les ordinateurs à même de renseigner la cour, n’est encore intégré puisque dévoré à dessein ou non par le temps et surtout les diverses forces agissantes afin de voir ou non aboutir le procès. Ce qu’il faut éviter à tout prix, insiste encore Edouard Cyriaque Dossa, c’est de voir ce procès définitivement consumer dans la flamme du mensonge, le piège du temps, les pressions inciviques sur ceux qui ont accepté d’animer ce segment processuel y afférent.

Le procès s’enlise

Cela est d’autant inquiétant, car beaucoup attendent l'issue de ce procès, informe-t-il. Il s’agit d’abord, selon lui, du peuple béninois qui attend de savoir si le phénomène Icc-Services relève d’une déviance à réprimer ou d’une tolérance mal encadrée. Ensuite, les accusés ont droit, par voie de conventions supranationales, de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et de la Constitution du 11 décembre 1990, à une justice dans un délai raisonnable. Le président de la Criet observe que la raisonnabilité de cette justice dépend plus des témoins et sachants que des circonstances ayant entouré les faits et de celles entravant actuellement le procès. Autres catégories de personnes qui espèrent beaucoup du procès criminel en cours, ce sont les victimes. Celles qui ne sont plus de ce monde, laissant veuves, veufs, orphelins en effectif élevé et sans cesse croissant, poignardés mortellement par la douleur générée par le phénomène Icc-Services et consorts. Edouard Cyriaque Dossa ajoute à la liste de ces victimes celles qui vivent, mais très malades et qui attendent plus la mort venir les chercher que la consolation qu’elles tireront de ce procès, quelle qu’en soit l’issue. Il y a de même ceux qui sont invalidés depuis l’éclatement de cette affaire en 2010 et les victimes silencieuses qui préfèrent voir partir des millions qu’elles ont déposés à Icc-Services et consorts que de voir citer leurs noms, prenant, si tel ne venait pas en être le cas, le risque de subir des peines disciplinaires. « C’est dire combien de fois ce procès est tant attendu, surtout dans sa phase d’achèvement », laisse entendre Edouard Cyriaque Dossa. Toutefois, il reste déterminé pour la poursuite du procès dans l’espoir de ne moissonner la vérité et rien que la vérité. Le ministère public, les avocats de la défense et de la partie civile n’ont rien trouvé à dire sur cette observation du président de la cour qui a l’allure d’un rappel à l’ordre musclé.
Le décor de l’audience du lundi dernier étant ainsi planté, Edouard Cyriaque Dossa a invité à la barre Pépin Adjovi, ex-commissaire central de la Police nationale et ancien directeur départemental de la Police nationale par intérim de l’Ouémé-Plateau et Dieudonné Dadjo Lissagbé, ex-commandant de la Brigade économique et financière (Bef) au moment des faits. La cour a poursuivi avec les deux témoins l’instruction de l’affaire relativement surtout aux conditions dans lesquelles les différentes perquisitions ont été opérées au domicile de l’accusé Emile Tégbénou à Adjarra et les fruits de ces descentes, notamment la situation autour des soi-disant 27 milliards F Cfa qui seraient laissés dans un coffre-fort et dont le montant varie d’un déposant à un autre. Les circonstances de l’octroi de garde du corps et des permis de port d’arme à Emile Tégbénou ont été décortiquées par la cour avec l’aide de l’avocat général, Ulrich Gilbert Togbonon, et les avocats des accusés dont Me Hervé Gbaguidi, les avocats du collectif des victimes, Mes Gustave Anani Kassa et Alain Orounla ainsi que les conseils de l’Etat béninois assurés par Mes Olga Anassidé et Spéro Quenum. Seulement, il n’y a pas encore grand-chose à se mettre sous la dent tant les accusés et les témoins varient dans leurs propos. Même les confrontations effectuées par la cour de temps à autre entre les deux témoins du jour et les accusés Guy Akplogan et Emile Tégbénou ne lui ont pas pour autant permis de découvrir la vérité. C’est dans ces conditions d’enlisement des débats que le procès a été suspendu pour reprendre demain jeudi 3 janvier à la Criet.

Actualités 02 janv. 2019


Développement du secteur de l’économie numérique: Des raisons d’y croire

Six projets phares inscrits dans le Programme d’actions du gouvernement (Pag) visent à concrétiser la vision du chef de l’Etat de « Transformer le Bénin en une plateforme de services numériques de l’Afrique de l’Ouest, pour l’accélération de la croissance et l’inclusion sociale à l’horizon 2021 ». Des chantiers majeurs qui, depuis deux ans, donnent corps à l’ambition de révolutionner l’économie numérique.

Déploiement de l’internet haut débit et très haut débit  sur l’ensemble du territoire, migration vers la télévision numérique terrestre (Tnt), mise en œuvre d’une administration intelligente (Smart gouv), généralisation de l’usage du E-Commerce, de l’usage du numérique dans le secteur de l’éducation et de la promotion du développement de contenus numériques. Tels sont les projets phares de l’économie numérique inscrits dans le Pag et qui, sans tambour ni trompette, se matérialisent et suscitent l’espoir de voir le Bénin franchir un nouveau cap dans sa marche résolue vers le développement.
Pour Aurélie Adam Soulé Zoumarou, ministre de l’Economie numérique et de la Communication, en deux ans d’exécution du Pag, le gouvernement peut se targuer des acquis dans le secteur de l’Economie numérique, pour la plupart, perceptibles par les populations. 
« L’un des premiers acquis, c’est le code du numérique  que le président de la République a promulgué cette année 2018 qui est un arsenal juridique, le cadre législatif absolument innovant que le Bénin a mis en place.  En deux ans, nous avons réhabilité  le backbone, donc  la dorsale nationale, installé des boucles métropolitaines dans les grandes agglomérations, mis en place des bretelles, et  notre réseau est prêt à accueillir des investisseurs qui vont venir mettre le tout dernier kilomètre qui reste pour aller vers les citoyens », note, avec satisfaction la ministre. Par ailleurs, les avancées notées en ce qui concerne le volet de passage à la radiodiffusion numérique terrestre, sont porteuses d’espoir à ses dires. « Depuis deux ans, nous avons  mis  en place l’infrastructure de transmission. Aujourd’hui, la sousplate méridionale composée  des quatre  principaux sites de Porto-Novo, Abomey-
Calavi, Cotonou et Gbéhoué est déjà en service. D’ici à là, les autres  sites  à l’intérieur  du pays  seront fonctionnels », apprécie-t-elle. Tout en relevant les efforts faits par le gouvernement dans la mise en place du cadre institutionnel.
« Quatre agences s’occupent spécifiquement de la réalisation des projets phares du gouvernement en ce qui concerne l’économie numérique. Il s’agit de l’Agence pour le développement du numérique (Adn) qui se charge  des infrastructures  numériques de la connectivité ; de l’Agence de services et systèmes d’information (Assi) qui s’occupe de la mise en œuvre du programme phare de l’administration intelligente, l’Agence béninoise du service universel des communications et de la poste (Absu-cep)  qui se charge de l’accès, notamment pour les zones rurales, au service numérique. Nous avons, enfin, l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information nouvellement créée », précise-t-elle.

De sérieux acquis
 
Les responsabilités ainsi situées et les missions définies, les choses sont allées bien vite. Plusieurs secteurs clés de l’économie numérique et de la communication sont impactés depuis lors et d’importantes réalisations ont été effectuées.
S’agissant du déploiement de l’internet haut débit et très haut débit  sur l’ensemble du territoire, Serge Adjovi, directeur général de l’Agence de développement du numérique (Adn), structure en charge de la mise en place des infrastructures de télécommunications et des usages numériques, salue le niveau d’avancement des travaux. « Aujourd’hui, nous avons fini un projet qui permet de réhabiliter et de déployer 2.000 kilomètres de fibres. De Cotonou à Malanville et de Cotonou à Porga,  avec un renforcement de l’accès à internet  sur le grand Cotonou. Le déploiement de la fibre optique, sur le territoire national a démarré avant 2016 et s’est intensifié sous le régime de la rupture, avec la réhabilitation de notre backbone en fibre optique grâce au projet de développement des infrastructures de télécommunications et des Tic (Pdi2t) », confie-t-il, tout optimiste.
Pour Achille Guidja, ingénieur télécoms, chef du département Infrastructures à Bénin Télécoms Infrastructures, l’objectif principal de tout ceci reste l’interconnexion des 77 communes à travers le maillage des boucles de sécurisation  pour permettre à ces communes d’avoir accès à l’internet haut débit.
« La fibre a traversé les communes du Nord, la grande transversale du Bénin en partant de Natitingou pour Kandi sur environ 300 kilomètres. Pour aller à Ségbana, nous avons opté pour la solution aérienne. Pareil pour Nikki et Ouaké. Il y a trois communes dans le Nord qui ont vu déployer la solution aérienne pour la connectivité haut débit. Au  Sud, nous avons retenu Savalou  qui est la  seule commune  où nous avons fait un déploiement aérien.  Donc, à partir des armoires de rue vous pourrez désormais avoir la fibre chez vous. C’est ce que nous appelons  Ftth, la fibre au domicile », éclaire-t-il.  
Grâce au Pdi2t dont la première phase est arrivée à achèvement courant 2018, 2513 kilomètres  de fibre optique au total ont été déployées en souterrain dont 1000 existants réhabilités pour interconnecter 47 communes dont 22 nouvellement impactées.
Au nord du Bénin et en aérien, 215 kilomètres de fibre ont été déployés à travers plusieurs communes.
Toutes les communes impactées (Pobè, Savalou, Ségbana, etc.) sont dotées de point de présence en fibre optique avec des équipements de dernière génération qui sont indépendants en alimentation électrique grâce aux panneaux solaires.
Le Pdi2t a permis la densification du réseau métropolitain du grand Nokoué (Sèmè-
Kpodji, Cotonou, Abomey-Calavi, Ouidah, Porto-Novo) par le déploiement de 186 kilomètres de fibre optique.
Afin d’apporter l’internet au plus près des personnes désireuses, des armoires de rues ont été installées dans plusieurs villes du Bénin comme Cotonou, Porto-Novo et Parakou.
L’ensemble du réseau national est sous contrôle et surveillé depuis Fidjrossè où se trouve le centre de supervision des infrastructures de Bénin Télécoms Infrastructures.
Ainsi, à partir du système de surveillance des infrastructures en place dans ce centre, les agents de surveillance peuvent connaitre l’état d’un équipement haut débit installé par exemple dans la commune de Missérété afin de gérer les éventuels problèmes qui surviendraient. Et tout ceci dans le but de satisfaire la clientèle en temps réel.
Pour répondre à certaines préoccupations des opérateurs GSM, une seconde tête de réseau a été installée sur le site de supervision des infrastructures à Fidjrossè pour la distribution.
Il est à signaler l’amélioration des capacités de transport qui sont passées de 2, 3 Giga à 40 Giga. Un taux de réalisation qui permet d’ouvrir aux opérateurs des télécommunications et aux  fournisseurs d’accès internet des capacités inédites.
Des innovations que Robert Aouad, directeur général de Isocel Télécom, fournisseur d’accès internet installé au Bénin depuis 2008, apprécie à leur juste valeur.
« La connexion est de meilleure qualité aujourd’hui. Sur les réseaux sociaux, on a un accès facile. Les problèmes d’alors ont disparu. La qualité de la  connexion a  connu une nette amélioration. Les opérateurs Gsm ne se soucient  pas des consommateurs. On n’aurait pas pu assister à un relèvement jusqu’à ce que l’Arcep-Bénin intervienne pour opérer un encadrement  des tarifs. Les politiques doivent prendre des mesures pour la création  d’un troisième opérateur pour relancer la concurrence  pour le bonheur des consommateurs béninois ».
 De quoi lui faire oublier la mauvaise passe vécue entretemps. « Auparavant, nous étions plus limités  parce que le réseau était beaucoup moins dense. Aujourd’hui, on note une densité à travers les milliers de kilomètres déployés de Malanville à Cotonou jusqu’à Hillacondji et à la frontière du Nigeria (Igolo). Vraiment, il y a une capillarité au plan national.  C’est encourageant pour les opérateurs qui comptent investir dans des réseaux d’accès.  Car, il y a une distinction entre  le travail  fait par l’opérateur d’infrastructures et le fournisseur d’accès à l’internet ou l’opérateur de téléphonie mobile. Cela nous  permet  aussi d’utiliser ce réseau national pour fournir de nouveaux services  de  meilleure qualité  au profit des  populations ».
Grâce au déploiement de la fibre optique dans la commune de Ségbana, une structure de téléphonie mobile achemine déjà ses équipements sur place pour améliorer la qualité de ses services dans cette commune.

Une nouvelle aube

L’Agence de développement du numérique, cheville ouvrière de la loi 2017-20 du 20 avril 2017 portant code du numérique en République du Bénin a permis la mise en place des conditions légales et règlementaires du secteur du numérique au Bénin. Toutes choses qui font croire qu’une nouvelle ère s’ouvre pour le secteur de l’économie numérique avec de nouvelles opportunités pour l’économie nationale.
Ainsi, de jeunes entreprises  ont vu le jour dans le secteur de l’économie numérique et proposent des solutions innovantes. Et pour les encourager et susciter l’engouement chez d’autres jeunes qui ont compris que le numérique offre de nombreuses opportunités, Aurélie Adam Soulé Zoumarou, ministre de l’Economie numérique a initié la « Bénin start up week » dont la première édition a permis de réunir, en mai 2018, des promoteurs de start-up pour un partage d’expériences. Une initiative dont les bénéficiaires témoignent de la portée.
« Nous avons eu l’honneur d’être sélectionnée au détour d’une sélection assez rude qui avait mis aux prises 900 candidats  à travers l’Afrique et l’Asie. Je fais partie des 11 start-up sélectionnées. C’est un honneur pour le Bénin », note Arielle Ahouansou, fondatrice de KeaMedicals.
Pour Elodie Akotossodé, fondatrice de WomenEdtech, « Grâce à l’appui du gouvernement, nous avons  décroché des partenariats. J’apprécie le soutien du gouvernement pour tout ce qui se fait en faveur de la jeunesse ».
De quoi galvaniser la ministre de l’Economie numérique et de la Communication qui reste convaincue que l’éclosion des star-tup est une solution  cruciale aux questions de l’emploi. « Nous voulons  nous faire leur écho auprès du gouvernement. Nous voulons aider à ce plaidoyer pour que les start-up  grandissent plus vite », estime-t-elle.
Rattachée directement à la présidence de la République, l’Agence des Services et Systèmes d’Information (Assi) et le comité de pilotage de la Télévision Numérique terrestre (Tnt) en deux ans du Pag ont contribué de façon significative à l’atteinte des objectifs du gouvernement dans le domaine de l’économie numérique. Concernant l’Assi, son rôle  est d’accompagner les agences, les ministères et les organisations gouvernementales dans l’implémentation  des projets qui sont en relation avec  les services et systèmes d’information.
« Aujourd’hui ce qui est concret,  vous pouvez consulter vos fiches de paie en ligne. C’est une avancée notoire par rapport à ce qui se faisait avant. On n’a pas besoin d’imprimer de tonnes de papiers comme auparavant », relève Maximilien Kpodjèdo, directeur  général Assi, structure qui s’emploie également à concrétiser un projet cher au gouvernement, la construction d’un data center.  
En 12 mois d’exercice, l’Assi a contribué à beaucoup d’autres réalisations. Il s’agit notamment de la refonte des systèmes d’information de l’Assemblée nationale, de l’Ortb, du ministère des Affaires étrangères, de la Présidence de la République. Concernant les agents de la Fonction publique, une autre innovation est en cours de concrétisation en ce qui concerne la délivrance des actes d’état civil, les cartes d’identité et les passeports. 
Outre les réalisations de l’Agence des Services et Systèmes d’Information (Assi), la Télévision numérique terrestre est une réalité au Bénin. Projet qui a débuté avant 2016 et qui a connu une avancée fulgurante sous l’ère Talon. 
« Depuis janvier 2018, la Tnt est diffusée  au Bénin. Le projet prend en compte la plaque méridionale, du sud jusqu’au centre. Mais nous continuons le déploiement jusqu’au Nord. Le multiplex national est composé de 8 chaînes qui sont diffusées sur la partie méridionale du Bénin », précise Darius Quenum, président du comité de pilotage Tnt Bénin.
Le projet de la télévision numérique terrestre a pris en compte 29 sites subdivisés en 4 plaques sur toute l’étendue du territoire national. 
L’ensemble des 29 sites est piloté par le site principal de Calavi à partir duquel le multiplex composé d’un ensemble de chaînes est transporté vers chacun des 28 autres sites. Les travaux d’exécution en ce qui concerne l’ensemble du territoire national tournent autour de  70 à 80 %.
 
Face aux nombreuses difficultés rencontrées par les populations dans plusieurs localités à communiquer par téléphone, l’Agence béninoise du Service universel des Communications Electroniques et de la Poste (Absu-Cep) a démarré l’extension de la téléphonie mobile dans les zones dites blanches.
« Ce sont des villages  sans signal de  la téléphonie mobile et difficiles d’accès à l’énergie conventionnelle de la Sbee et enclavés.  En 2017, nous avons pu couvrir 40 villages pour 95.000 personnes  et nous avons mis en place 34 sites de téléphonie mobile rurale », fait observer Emile Kougbadi, directeur Absu-Cep.
C’est le cas des villages de Gokana dans la commune de Tchaourou et de Kèrè à Dassa-Zoumè où des antennes de relais de réseaux sont installées.
Pour ces populations, la communication téléphonique et électronique n’est plus un luxe.
Une grande chance pour elles de ne plus être en marge de la société.  
Selon les témoignages recueillis sur place dans les différents villages parcourus, c’est une nouvelle ère qui s’ouvre avec la facilité pour les habitants de communiquer par téléphone avec leurs parents. 
 Généraliser le numérique par l’éducation et la formation est l’une des priorités du programme d’actions du gouvernement (Pag), et l’usage du numérique en milieu scolaire est une réalité.
« C’est ce qui a  amené Absu-Cep  à mettre en place un programme de généralisation du numérique dans les établissements primaires et  secondaires et sur les campus universitaires », souligne Emile Kougbadi.
Dans la ville de Parakou, le collège d’enseignement général Zongo bénéficie déjà d’une classe numérique avec des apprenants qui en jouissent au quotidien.
« Aujourd’hui, je peux  facilement montrer les raisons du déclenchement de la première guerre mondiale par le numérique », apprécie Faustin Essè, enseignant d’Histoire et de Géographie. 
Autour d’une vingtaine d’ordinateurs, les enseignants organisent les apprenants par groupes, ce qui permet à tous les élèves de suivre les séquences vidéo objet d’apprentissage.
Pour nombre d’apprenants, la visualisation leur permet de mieux approfondir leurs connaissances par des recherches en ligne.  Elle facilite une meilleure compréhension  des cours. 
Les écoles primaires ne sont pas en marge de ce programme qui permet non seulement aux écoliers de se familiariser avec l’outil informatique mais aussi d’approfondir leurs connaissances par des recherches en ligne. C’est le cas des écoliers de la classe de Cm2 de Sos villages d’enfants de Dassa en situation de classe numérique. 
L’initiative d’une classe numérique constitue, selon le directeur de l’école primaire de Sos villages d’enfants, un atout pour les écoliers et participe à un bon rendement scolaire.
Autant d’initiatives qui présagent de bons lendemains pour le secteur de l’économie numérique et nourrissent l’espoir de voir le Bénin gagner sa place dans le concert des nations au faîte des technologies numériques n
 
Réalisation Kokouvi EKLOU, Joël TOFFOUN & Maryse ASSOGBADJO

Société 02 janv. 2019


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