La Nation Bénin...
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Dans le cadre de ses activités statutaires, le Conseil national de l’Ordre national des médecins du Bénin a organisé, vendredi 28 décembre dernier à Cotonou, une conférence publique au profit des pratiquants du Bénin sur le thème : « Le serment d’Hippocrate : historique, signification et application ». L’objectif est d’actualiser leurs connaissances.
« Le respect de la vie et de la personne constitue en toute circonstance le devoir primordial du médecin », stipule le code de déontologie médicale du Bénin en son article 2. Pourtant, le dédain, la course à l’argent, la banalisation de la vie des patients, la concurrence déloyale et bien d’autres vices sont les règles de conduite déplorés chez de nombreux médecins. Or, la confiance naît là où le médecin s’adonne, fait preuve de bonne foi, de compréhension et de serviabilité ; ce que le patient est en droit d’attendre.
Pour corriger les maux qui minent la corporation et conformément aux réformes promues par le gouvernement, d’une part, et répondre à ses exigences statutaires, d’autre part, le Conseil national de l’Ordre national des médecins du Bénin a organisé, vendredi dernier, une conférence-débat sur le thème : « Le serment d’Hippocrate : historique, signification et application». Animée par le conseiller juridique du ministère de la Santé, Martin Coréa, cette conférence a permis aux professionnels de la santé de s’imprégner, une fois encore, de leurs obligations annoncées lors de leur prestation de serment. Il s’agit pour eux de préserver ou de promouvoir la santé dans tous ses éléments, physiques et mentaux, individuels et sociaux ; et de respecter toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions. En organisant cette conférence, explique le président du Conseil national de l’Ordre national des médecins du Bénin, Francis Dossou, le Conseil veut que les médecins soient une fois encore imprégnés de leurs devoirs et des conditions dans lesquelles ils doivent exercer leur métier. Car, dit-il, beaucoup ont certes prononcé le serment d’Hippocrate, mais certains ont eu le temps d’en oublier l’essence même, tandis que d’autres, peut-être, l’ignorent complètement. « Face à cette situation, il est normal de remettre les pendules à l’heure », souligne-t-il.
Pour le conférencier, Martin Coréa, il est important de veiller à ce que les médecins soient au courant de leurs devoirs, des règles qui encadrent leur métier. Bien qu’essentiellement moral, le serment d’Hippocrate, indique-t-il, est ce cadrage qui permet aux médecins d’exercer leur métier selon l’éthique et la déontologie. « Le serment d’Hippocrate constitue une obligation morale volontaire à laquelle est soumis le médecin », martèle-t-il. Ainsi, poursuit-il, ce serment demande au médecin une vigilance absolue dans sa pratique professionnelle. Il doit connaître ses limites et n’a pas le droit de courir trop de risques. De plus, il demande au médecin un comportement et une manière de vivre exemplaires. Il présente la profession médicale comme une vocation qu’il faut réaliser avec le plus grand respect et la plus grande responsabilité. En un mot, dit-il, le serment est la base de la confiance au médecin, le patient sachant qu’en aucun cas, le médecin ne lui portera préjudice délibérément.
Martin Coréa, après avoir présenté les mérites du serment d’Hippocrate, reconnait tout de même ses limites. Etant essentiellement moral, le serment d’Hippocrate ne comporte pas des mesures coercitives, donc pas de sanctions. Un vide que le code de déontologie médicale peut combler. « Dans le non-respect d’un certain nombre d’éléments du serment, le code de déontologie peut conduire à des peines, des sanctions pénales ou pécuniaires. Il s’agit-là d’un complément légal du serment d’Hippocrate qui est essentiellement moral », précise Francis Dossou. Ce dernier a invité les participants à cette conférence à transmettre aux autres médecins les riches enseignements et valeurs morales qu’on peut tirer du serment d’Hippocrate afin d’amener chacun à s’améliorer.

Les structures qui participent à la recherche agricole au Bénin procèdent, les 27 et 28 décembre, à la validation des textes devant régir désormais le Système national de recherche agricole (Snra). L’atelier organisé à cet effet a été lancé, ce jeudi, par la secrétaire générale du ministère de l’Agriculture, Françoise Assogba Komlan.
Les statuts et règlement intérieur du Système national de recherche agricole (Snra) font l’objet d’un atelier d’actualisation ouvert ce jeudi 27 décembre au siège de l’Institut national des recherches agricoles du Bénin (Inrab) à Abomey-Calavi. Pendant deux jours, enseignants-chercheurs des universités, directeurs de centres et d’institutions de recherche et autres techniciens se penchent sur les projets de textes élaborés par un comité de trois personnes, suite à une réunion des structures participant à la recherche agricole et de personnes ressources tenue le 30 novembre dernier. Cet atelier avait permis de partager des informations et de recueillir des idées et des propositions pour la dynamisation du système, rappelle Adolphe Adjanohoun, directeur général de l’Inrab.
Il a souhaité, à l’entame des travaux « que cette séance ne soit pas une séance de questionnement mais plutôt d’accord » autour des propositions faites. A travers ces nouveaux textes,l’Institut entend faire du Snra un organe de coordination de la recherche agricole pour l’atteinte des objectifs du gouvernement d’augmenter le revenu et le pouvoir d’achat des populations et d’assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle tout en renforçant le flux des produits d’exportation. La Politique nationale de recherche agricole (Pnra) a été adoptée à cet effet par le Conseil des ministres en sa séance du 13 juin dernier.
Les nouveaux textes adoptés devraient permettre, espère Gauthier Biaou, recteur de l’Université nationale d’agriculture de Kétou, de sortir le Snra de sa léthargie et de booster la recherche agricole.
L’étape d’examen et d’adoption des textes est la troisième de l’approche méthodologique visant à rendre fonctionnel le Snra pour lui permettre de jouer son rôle de moteur dans le développement agricole. Il restera deux dernières étapes, indique Françoise Assogba Komlan, secrétaire général du ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche. Il s’agit de la prise des actes officiels adoptant les nouveaux textes et l’installation officielle des organes de gouvernance du Snra par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et celui en charge de l’Agriculture. Aucun effort ne sera ménagé, assure-t-elle, pour rendre le Système national de recherche agricole inclusif et dynamique.

Pour retenir le budget général des prochaines législatives, la Commission électorale nationale autonome (Céna) et le ministère de l'Economie et des Finances (Mef) ont tenu, hier jeudi 27 décembre, une conférence budgétaire. Cette séance de travail qui a eu lieu au Mef est une exigence légale instituée par le Code électoral.
Un budget de 5 milliards 500 millions, c'est le montant prévu pour faire face aux charges des élections législatives de 2019. Un montant qui a été arrêté suite aux séances d'arbitrage sectoriel opéré par les services du ministère des Finances avec la Céna et toutes les institutions impliquées dans l'organisation des élections. C'est ce budget qui a été présenté et discuté lors de la rencontre qui s'est tenue hier entre la Céna et le ministère des Finances.
A l'entame de cette séance de travail, le président de la Céna, Emmanuel Tiando, a rappelé qu'il s'agit d'un exercice qui se tient dans le strict respect de la loi portant code électoral en République du Bénin. « Ce code prescrit, en effet, en son article 108, la tenue par la Céna en liaison avec le ministère chargé des Finances, d'une conférence budgétaire pour arrêter le budget général des élections en vue de son intégration au budget général de l'Etat. Ce budget général des élections prend en compte ceux des autres institutions impliquées dans le processus électoral », informe-t-il. Face à la somme arrêtée par les services du ministère des Finances, le président de la Céna, Emmanuel Tiando, rassure d'une gestion minutieuse et exprime ses craintes. « Nous sommes conscients que les ressources financières de notre pays sont limitées au regard de nombreuses sollicitations du gouvernement. Nous prenons donc acte de ce budget en vous donnant l'assurance que nous nous ferons le devoir de gérer au mieux les ressources que vous mettrez à notre disposition. Mais nous voudrions rappeler aussi que la démocratie a un coût et l'organisation d'une élection est une opération très complexe, comportant des situations imprévisibles, entraînant des coûts inattendus. C'est pourquoi nous voudrions compter sur votre disponibilité et votre compréhension à répondre convenablement à nos doléances et nos craintes », a-t-il affirmé. Il émet aussi le souhait que les décaissements de fonds se fassent promptement pour que l'indisponibilité de ressources ne constitue pas un handicap au bon déroulement du scrutin. Des préoccupations auxquelles le ministre de l'Economie et des Finances, Romuald Wadagni, n'est pas indifférent. Il rassure de la volonté du gouvernement de mettre à disposition de chaque institution impliquée dans le processus électoral, des ressources financières adéquates. « Je peux vous assurer de ce que vous ne manquerez pas de ressources », s'est-il engagé. Il a également salué le sens d'engagement et la bonne volonté affichée par le président de la Céna. Selon lui, la première partie du travail est fait, mais la seconde partie consistera à veiller au respect scrupuleux des prévisions pour éviter les dépassements constatés par le passé dans les budgets des élections. C'est pourquoi le ministre Romuald Wadagni a appelé toutes institutions impliquées dans le processus électoral à la rigueur dans la gestion et à la responsabilité.

Chaque jour avec son lot de révélations au procès de l’affaire Icc-Sservices poursuivi, ce jeudi, à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet). Les dernières viennent du sachant Barnabé Adounsiba, major de l’ex-gendarmerie nationale à la retraite et membre de la commission d’enquête judiciaire mise sur pied pour gérer ce dossier en 2010.
Les membres de la commission d’enquête judiciaire mis sur pied dans le cadre de l’affaire Icc-Services se sucraient pendant que les spoliés de cette structure de collecte illégale et de placement d’argent mouraient de faim et étaient dans le désespoir. Ils percevaient entre 30 mille et 20 mille F cfa par jour comme perdiem, selon le grade. C’est du moins la révélation faite, hier, à la barre de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) par le sachant Barnabé Adounsiba, major de l’ex-gendarmerie nationale à la retraite, membre de cette commission d’enquête judiciaire mise sur pied en 2010 dans le cadre de la gestion de ce dossier. Cette commission composée de quinze personnes avait pour mission principale de répertorier tous les biens meubles et immeubles des responsables et des agents Icc-Services et de les mettre à la disposition de la justice.
Selon Barnabé Adounsiba, la commission d’enquête s’est acquittée de sa mission de juillet à novembre 2010. Mais les perdiems ont été payés pendant trois mois sur les cinq. L’administration publique reste devoir encore aux membres de la commission deux mois de payement. La commission était payée à partir de quelles ressources ?, a voulu savoir le président de la cour de céans, Edouard Cyriaque Dossa. Barnabé Adounsiba dit ne pas en savoir. Seulement, il précise que c’est l’un de ses collègues membres de la commission qui se charge d’aller chercher les états financiers et les fonds pour leur payer. Mais ça ne peut être que le budget national, explique l’ancien ministre chargé de la Justice, Grégoire Akofodji, au moment des faits. Ces genres de payement se font par le ministère de l’Economie et des Finances sur les rubriques des charges non réparties du budget général de l’Etat, précise Grégoire Akofodji, membre du comité de crise Icc-Services et consorts, pour balayer du revers de la main que les perdiems ne sont pas payés avec les fonds des promoteurs Icc-Services et consorts gelés encore moins les fonds issus de la vente les biens saisis.
Akofodji regrette
Le sieur Barnabé Adounsiba était également attendu à la barre pour clarifier la déclaration de l’accusé Emile Tégbénou qui a affirmé que, lors de l’opération de recensement des biens meubles et immeubles, il a été reçu au domicile de ce dernier au quartier de Tokpota à Porto-Novo et il a mangé du ‘’télibo’’ avec lui. Ce que ne reconnait pas l’officier de police judiciaire qui confirme avoir effectué une telle mission avec Emile Tégbénou à Porto-Novo mais réfute avoir reçu à son domicile l’accusé. La confrontation organisée entre les deux à la barre n’a pas permis à la cour de savoir si « oui » ou « non » il y a eu une telle rencontre suspecte.
Egalement à la barre ce jeudi, l’ancien ministre, Grégoire Akofodji, persiste et signe dans sa déclaration de la veille où il avoue avoir reçu chez lui à Vèdoko à Cotonou, le président directeur général d’Icc-Services, Guy Akplogan, détenu à la prison civile de Cotonou. Est-il légal d’extraire un détenu en prison sans l’autorisation d’un juge d’instruction? Grégoire Akofodji dit avoir tenu cette rencontre à la demande de l’avocat de l’accusé Me Kato Attita qui est passé le voir au bureau pour l’informer du souhait des responsables Icc-Services de rencontrer le chef de l’Etat et de rembourser les épargnants si une liberté conditionnelle leur était accordée. C’est donc à la suite de cette audience qu’il a organisé la rencontre avec Guy Akplogan à son domicile. Il s’agit surtout de l’écouter par rapport au plan proposé pour le remboursement des spoliés. Mais il a constaté que les avoirs d’Icc-Services étaient largement insignifiants par rapport au montant total estroqué estimé à plusieurs 100 milliards F Cfa. C’est ainsi il a éconduit l’accusé. Ne s’agit-il pas de l’immixtion de l’Exécutif dans le judiciaire ? «Cette rencontre étant informelle, je n’ai pas pris toutes les précautions. Dans le feu de l’action, on ne sait pas si tel acte qu’on pose pourrait nous créer des ennuis demain », déclare Grégoire Akofodji. L’ancien ministre chargé de la Justice dit prendre acte du caractère illégal de l’acte qu’il a posé en recevant l’accusé chez lui sans l’autorisation du juge en charge du dossier. « Je n’avais aucun intérêt à inviter un détenu chez moi. Je l’ai fait pour la survie de la nation», martèle Grégoire Akoffodji.

Une ode à la République. Tel est le sens qu’il convient de donner au discours sur l’état de la nation, prononcé ce jeudi 27 décembre devant la Représentation nationale par le président Patrice Talon. Le mot ‘’République’’, prononcé un certain nombre de fois, dans la gravité et la solennité d’un tel exercice, ne saurait être anodin. Il a été éloquemment mis en relief et a pris toute sa dimension à travers un discours franc, empreint de vérité sur les avancées enregistrées par le pays. Loin de tirer le drap du côté des dirigeants, le chef de l’Etat, conscient des sacrifices consentis individuellement et collectivement, en attribue aussi le mérite au peuple béninois.
Monsieur le président de l’Assemblée nationale,
Mesdames et messieurs les députés,
En venant m’acquitter, pour la troisième fois, de ce devoir que m’assigne la Constitution, je veux, avec vous et avec notre peuple, célébrer la République.
Car, c’est elle qui nous unit et nous motive au-delà de nos divergences.
C’est donc avec gravité et fierté que je me soumets à l’exercice.
Gravité, au regard des efforts continus et soutenus que nous devons faire pour redresser durablement notre économie, améliorer les conditions de vie de nos populations et conférer grandeur et honneur à notre pays.
Fierté, parce que je peux, comme vous et comme l’ensemble de nos concitoyens, observer que les fruits de nos efforts se révèlent de plus en plus dans maints domaines, signe que nous sommes dans la bonne direction et qu’à ce rythme, l’espoir est permis.
Mais pourquoi avons-nous raison de regarder l’horizon avec confiance ?
Est-il certain que nous avançons inexorablement vers le progrès ?
Et quand je dis nous, je parle du peuple et des dirigeants confondus car, à la vérité, c’est d’une tâche collective qu’il s’agit.
Les motifs de satisfaction qui apparaîtront dans ce message relèvent donc forcément de notre mérite à tous.
Monsieur le président de l’Assemblée nationale,
Mesdames et messieurs les députés,
Au plan socioéconomique, nous avons, durant cette année qui s’achève, dans beaucoup de domaines, des raisons d’être satisfaits.
Partout à l’intérieur de nos frontières, nous nous sentons davantage en sécurité.
Mieux, les tracasseries policières ont quasiment disparu de nos routes.
Nos compatriotes s’en félicitent, les étrangers, en visite chez nous, le soulignent et d’autres pays nous envient.
Pour y arriver, il a fallu prendre les mesures hardies, investir, bousculer les habitudes, redonner confiance et dignité à nos forces de sécurité et de défense.
Ce ne fut pas de tout repos.
D’importants moyens financiers ont été engagés ; des dotations en matériels ont été effectuées comme jamais auparavant en une seule fois.
La pertinence de la fusion de la Police et de la Gendarmerie en une seule entité, la Police Républicaine, se lit aisément à travers le meilleur maillage du territoire et la répartition plus rationnelle des ressources humaines, qui ont permis d’intensifier la lutte contre la criminalité sous toutes ses formes.
Mais nous savons que la sécurité est une quête permanente, que les acquis doivent être renforcés.
C’est pourquoi au cours des prochaines années, mon Gouvernement prêtera la même attention à la sécurité, matérialisée par des investissements plus importants encore, dans le renforcement de capacités des hommes et dans l’équipement de nos unités, Forces armées béninoises et Police républicaine confondues.
D’ailleurs, il convient ici de les saluer pour leur engagement républicain à veiller sur notre quiétude à tous.
Si la sécurité est un facteur fondamental du bien-être, celui-ci est davantage porté et matérialisé par d’autres intrants.
Ainsi en-est-il de l’eau potable par exemple.
Sur ce front, notre situation globale demeure inacceptable, mais les travaux entrepris au niveau de l’hydraulique urbaine et périurbaine permettent déjà de porter à plus de 3.000.000 de personnes, la population totale desservie au 31 décembre 2018, y compris dans le département des Collines réputé géologiquement difficile.
Par ailleurs, dans le domaine de l’approvisionnement en eau potable en milieu rural, le programme d’investissement à court terme, démarré en octobre 2018, a permis de lancer les travaux pour 110 nouvelles adductions d’eau multi-village dans tout le pays pour desservir 821.700 personnes, soit environ 20% des populations non encore desservies.
Sur ce front également, les études sont finalisées pour le démarrage au cours du deuxième semestre 2019, des travaux de construction de 500 nouveaux systèmes d’approvisionnement en eau potable multi-village en vue de l’accès universel à l’eau potable à l’horizon 2021.
Sur un programme d’investissement prioritaire de 300 milliards de FCFA destiné à atteindre cet objectif, 200 milliards, soit 66% sont déjà mobilisés, et les actions sont en cours pour le bouclage total du financement avant la fin du premier semestre 2019.
Dans le secteur de l’électricité, aussi vital que celui de l’eau, la situation s’améliore considérablement.
Ici aussi, nous venons de loin, de sorte que l’amélioration notoire qui s’observe aujourd’hui nous donne l’impression que la crise énergétique aigue qui sévissait jusqu’en 2016 est si lointaine.
Les groupes électrogènes ne tournent plus en effet à longueur de journée et de nuit car, l’énergie électrique est désormais plus disponible.
Cependant, nous poursuivons nos efforts en vue d’assurer la disponibilité totale de l’électricité pour tous.
A côté de l’eau et de l’électricité, la santé de nos compatriotes fait l’objet d’une attention particulière, quand bien même l’année 2018 a été marquée par de sérieuses difficultés.
Dans ce secteur, la situation est très préoccupante aussi bien dans le public que dans le privé.
Les plateaux techniques insuffisants, la conscience professionnelle déficitaire, les intrants parfois détournés.
Aussi, les profondes réformes initiées, les actions hardies engagées ont-elles soulevé des incompréhensions.
Leur finalité est pourtant d’améliorer de façon significative le système sanitaire au profit du plus grand nombre de nos populations.
Nos actions ont particulièrement consisté en la lutte sans merci contre les faux médicaments, pour favoriser l’assainissement du sous-secteur pharmaceutique, en la fermeture d’environ un millier de centres de santé privés illégaux et surtout non qualifiés, en la réforme du service public de la santé, afin d’amener les agents de l’Etat à se consacrer exclusivement, et pour l’heure, à leur mission principale.
Au registre des infrastructures du secteur, la mise en service de l’hôpital de zone d’Allada, le redémarrage des travaux de celui de Savè, les démarches pour la construction de l’hôpital de zone des 3A (Adjarra, Avrankou, Akpro-Missérété), et les préalables déjà accomplis pour la construction de l’hôpital de référence d’Abomey-Calavi, témoignent de nos efforts.
Ceux-ci sont soutenus par un vaste programme de réhabilitation des plateaux techniques existants.
A cet égard, un diagnostic d’envergure est déjà en cours.
C’est dire qu’à terme, le secteur de la santé sera totalement mis aux normes pour combler nos attentes.
Pendant ce temps, les programmes sociaux comme la prise en charge de la césarienne, du paludisme chez les enfants de moins de 5 ans, de la dialyse ont été maintenus.
Plus encore, les soins palliatifs, pour les personnes atteintes de maladies incurables, sont désormais intégrés à ce paquet de gratuité.
Malgré ces acquis, les attentes restent grandes quant à l’universalité des soins de santé.
A ce propos, je peux vous assurer qu’après la phase préparatoire qui a été plus longue que prévue, la mise en œuvre imminente du Projet Assurance pour le Renforcement du Capital Humain (ARCH), dans son volet Assurance maladie, apportera des réponses claires aux préoccupations des populations à partir de 2019.
Dans cette perspective, les pauvres extrêmes et les pauvres non extrêmes, premiers bénéficiaires, dont l’effectif est estimé à 4,2 millions de personnes, ont été identifiés. D’ores et déjà, 350.000 d’entre eux recevront gratuitement leur carte d’identité biométrique dans les prochaines semaines et bénéficieront de la phase pilote du projet dès le premier trimestre 2019, dans les zones sanitaires couvrant Abomey-Calavi et So-Ava, Dassa-Zoumé et Glazoué, Djougou, Ouaké et Copargo.
Le projet sera ensuite généralisé à tous d’ici fin 2019.
Nous avons en effet besoin de citoyens en bonne santé pour prendre en charge tous les autres secteurs dont l’éducation en est un pilier.
Dans ce domaine aussi, la situation est apparue bien plus critique que perçue.
En dehors des grèves qui le paralysaient et plombaient les performances des apprenants, l’insuffisance des infrastructures, la nature et la qualité des enseignements dispensés, posaient et posent encore problème.
C’est pourquoi le Gouvernement a initié l’évaluation des enseignants de la maternelle, du primaire et du secondaire général avec pour objectif, l’identification et la satisfaction des besoins réels de formation, pour de meilleures performances au profit de l’école béninoise.
S’agissant de la maternelle et du primaire en particulier, le Gouvernement a relancé avec pertinence le programme des cantines scolaires.
Celles-ci impactent désormais 537.400 enfants contre 351.000 l’année dernière, avec l’extension du programme à 1.600 nouvelles écoles pour compter de l’année scolaire en cours, soit un taux de couverture de 51% d’écoles.
Par ailleurs, le Gouvernement a poursuivi et renforcé les mesures sociales à travers notamment l’exonération des frais de scolarité des élèves filles du 1er cycle de l’Enseignement secondaire général et celles inscrites dans la filière industrielle de l’Enseignement technique.
Au total, 245.118 filles ont été impactées en 2018 pour un coût global de 2.490.000.000 FCFA.
De façon spécifique, dans l’enseignement supérieur public, en dehors de la construction d’infrastructures, l’Etat a respecté ses engagements en procédant à l’apurement des arriérés d’allocations universitaires des années 2015, 2016 et 2017, à hauteur de 15 milliards de FCFA.
Bien plus, grâce à la réforme des allocations universitaires, le nombre de bénéficiaires a plus que doublé, passant de 14.000 à 30.000 étudiants environ.
Dans le même ordre d’idée, le Gouvernement a assuré l’inscription des étudiants handicapés dans des écoles et centres de formation professionnelle.
Mais, l’amélioration des réalités du secteur sera plus manifeste avec la création prochaine de l’Agence Béninoise pour l’Assurance Qualité de l’Enseignement Supérieur, l’ouverture progressive des Instituts Universitaires d’enseignement professionnel, et surtout l’installation imminente du Conseil National de l’Education (CNE) nouvelle génération, dont le processus de désignation des membres est en cours.
A côté des jeunes en formation, qu’en est-il de la catégorie de ceux qui ne sont plus dans le système éducatif, et qui ont besoin d’accompagnement financier pour s’émanciper ?
A leur profit, les divers programmes sociaux ont été poursuivis, notamment le financement de projets bancables, les microcrédits nouvelle génération et la finance digitale dont la phase pilote a été un succès, balisant ainsi le chemin à sa généralisation.
Toutes ces mesures ont été renforcées par diverses autres actions sectorielles ou transversales.
Ainsi, au chapitre des infrastructures routières, les statistiques s’améliorent de plus en plus, grâce aux nombreux chantiers ouverts à travers le pays.
Notre démarche exige des ouvrages de grande qualité pour en garantir la durabilité.
C’est le lieu de souligner que les grands travaux routiers se sont poursuivis au cours de l’année, à un rythme globalement appréciable.
Ces travaux portent sur un linéaire total de 1.262 km et nous pouvons nous féliciter des retombées économiques qu’ils génèrent déjà au profit des populations.
La même attention a été accordée aux pistes rurales dans nos communes, pour faciliter les déplacements des populations et surtout le convoyage de leurs productions vers les marchés.
Ainsi, les travaux d’entretien ont concerné plus de 11.000 km de pistes rurales au titre de l’année 2018.
Cette anticipation que nos compatriotes des campagnes apprécient à juste titre, sera rééditée au cours des années à venir, comme seront poursuivis, l’aménagement et le bitumage de grands axes routiers.
Ce sera par exemple le cas des axes Djougou – Péhunco – Kérou – Banikoara, dont l’appel d’offres sera lancé au cours des prochaines semaines ; Aplahoué-Dévè-Lokossa dont l’adjudication a déjà été prononcée ; et bien d’autres encore pour soulager les peines des usagers.
Améliorer le cadre de vie des populations a également été une préoccupation majeure du Gouvernement au cours de cette année.
Dans ce domaine où les travaux d’aménagement urbain ont jusqu’ici été faits par petits bouts, nous avons engagé un programme historique pour assainir notre environnement et améliorer le cadre de vie.
C’est ainsi que les travaux de la première phase du Projet, Asphaltage ont effectivement démarré et ceux qui désespéraient de les voir peuvent maintenant apprécier leur réalité.
A ces chantiers qui vont embellir nos villes et faciliter la mobilité de leurs habitants, s’associe le Programme d’Assainissement pluvial de la ville de Cotonou dont les engagements financiers de 238 milliards de FCFA couvrent les besoins exprimés.
Grâce à ce programme, la crise des inondations dans la ville sera jugulée.
En outre, pour optimiser les retombées du projet Asphaltage, le Gouvernement a engagé le grand programme de ramassage et de traitement des ordures afin de sortir définitivement de la malpropreté, les villes du Grand Nokoué : Porto-Novo, Sèmè-Podji, Cotonou, Abomey-Calavi et Ouidah.
Ainsi, sur préfinancement de l’Etat, ce programme entrera en vigueur dès 2019.
Mais déjà, en vue de préserver l’intégrité de notre territoire, nous avons sans tarder, initié les travaux de la deuxième phase du projet de protection de la Côte à l’Est de Cotonou.
En un an à peine, les résultats sont remarquables puisqu’en plus de protéger la côte, nous avons réussi à faire reculer la mer en draguant 1.500.000 m3 de sable pour recréer de la plage là où elle avait disparu.
Cette prouesse a mis fin au désarroi des populations riveraines qui, il y a peu encore, ne savaient à quel saint se vouer.
Le désarroi, il est perceptible aussi à Avlékété et environs.
Mais depuis le 6 décembre 2018, il a fait place à l’espoir puisque nous y avons lancé les travaux de protection de la section centre de la côte.
Le désarroi, c’est encore ce sentiment qui anime nos compatriotes de Grand-Popo qui subissent les mêmes affres de l’érosion côtière.
Je veux ici les rassurer.
Je veux leur dire que les travaux de protection des 23 km de la section ouest de notre côte, allant de Hillacondji à la Bouche du Roy seront lancés en 2019.
Les financements sont déjà mobilisés à cet effet.
Toutes ces actions, qui impactent nos communes, ont été réalisées ou engagées dans le respect des règles de la décentralisation.
Une décentralisation que nous voulons plus pertinente et productive de résultats au profit des populations.
Aussi avons-nous accompagné la signature d’une Convention de partenariat entre l’Association des Elu(e)s Français(es) d’origine béninoise et l’Association nationale des Communes du Bénin.
Ce partenariat vise à favoriser le partage d’expériences entre nos frères élus en France et les dirigeants de nos communes, afin d’améliorer leur gestion.
Ces communes sont essentiellement rurales.
Elles sont donc le théâtre, par excellence, de la mutation qualitative de notre agriculture dont les rendements sont en pleine croissance et dont la contribution au PIB s’améliore.
Nos efforts collectifs ont, en effet, permis de réaliser des performances agricoles inédites aussi bien pour les produits d’exportation que pour les vivriers, le maïs, le riz et le coton notamment.
Je veux aussi mettre en lumière ici, le retour de notre ananas sur le marché européen, parce que nous avons réussi à lever les contraintes pour le conformer désormais aux normes exigées.
Mais les agriculteurs ont besoin d’être accompagnés.
C’est la raison d’être du Programme National de Développement Agricole en cours de mise en œuvre.
La même logique vaut pour les artisans dont le recensement est déjà ordonné, et qui trouveront un cadre propice d’expression dans les Chambres des Métiers de l’Artisanat qui seront installées en 2019.
Au total, au plan socioéconomique, les réformes et actions ont déjà eu pour effet, la création d’environ 200.000 emplois, directs et indirects.
Cependant, nous sommes encore loin du plein emploi et, de ce point de vue, les attentes des jeunes sont légitimes.
C’est pourquoi l’assainissement des finances publiques se poursuit pour dégager plus de ressources au profit des investissements productifs et des projets sociaux.
Monsieur le Président de l’Assemblée nationale,
Mesdames et Messieurs les Députés,
Venons-en justement à l’assainissement des finances publiques.
C’est un domaine dans lequel l’action du Gouvernement a provoqué beaucoup de grincements de dents, de la part des agents publics comme de prestataires de l’Etat.
Et pour cause, avec la volonté du Gouvernement de mettre fin à la gestion approximative des finances publiques, de mener une lutte implacable contre la fraude et l’évasion fiscale, de dématérialiser les procédures, dans un contexte où le maître-mot était le laxisme et les compromissions de toutes sortes, il va sans dire que toute action visant à instaurer la rigueur et la transparence, est forcément perçue comme trop contraignante.
Cette même volonté d’assainissement s’est manifestée relativement aux entreprises publiques.
Généralement infestées depuis de longues années par une mauvaise gestion caractérisée, sans souci de rentabilité pour l’Etat, nombre de ces entreprises se trouvaient, de fait, dans un état de déliquescence avérée.
Logiquement, il ne restait qu’à les liquider.
Ce ne fut donc pas de gaité de cœur que les décisions de liquidation de certaines d’entre elles ont été prises.
Nos compatriotes ne les ont pas souvent comprises.
Comme les agents de l’Etat et autres collaborateurs externes de l’Etat n’ont pas compris la politique de réduction du train de vie de l’Administration publique.
Mais tout ceci a eu pour effet de favoriser, en lien avec l’amélioration de la gouvernance, une meilleure mobilisation des ressources intérieures et de valoir à notre pays des appréciations positives de la part des bailleurs de fonds et des institutions internationales spécialisées.
Au plan de la gouvernance, après des années de pilotage à vue, la culture de la rigueur prônée par le Gouvernement permet d’entrevoir le rétablissement progressif du respect de la chose publique.
En effet, s’il est vrai que les niveaux de performance absolue ne sont pas encore atteints, il y a lieu de considérer, cependant, que des avancées louables ont été enregistrées.
Pour ce faire, il a fallu, entre autres, faire preuve de volonté et de détermination à toute épreuve pour ouvrir le front de la lutte contre la corruption et contre l’impunité.
Aucun secteur n’y a échappé.
Aucune catégorie de citoyens non plus : fonctionnaires de tous secteurs, acteurs politiques de toutes obédiences, opérateurs économiques, pauvres, riches, jeunes et vieux ont été amenés à répondre de leurs actes.
Comment ne pas évoquer sur ce registre, au titre des réformes législatives majeures, la création de la Cour de Répression des Infractions Economiques et du Terrorisme (CRIET), qui se révèle être un précieux instrument de lutte contre la corruption et dont le travail de salubrité que nous pouvons tous observer renseigne qu’elle manquait à l’édifice juridictionnel de notre pays ?
Oh ! j’entends bien que dans ce domaine, l’unanimité ne peut être faite, tant nous cessons d’être d’accord dès que l’un des nôtres se trouve épinglé.
A fortiori, quand c’est soi-même.
En effet, chacun voudrait bien que cette action ne l’atteigne jamais, ni directement, ni indirectement.
Une telle logique, humainement compréhensible du reste, exige simplement de chacun de renoncer au vice pour épouser la vertu.
Dans tous les cas, nous le savons tous maintenant, le Gouvernement est décidé à garder le cap et à assainir définitivement la gestion du bien public.
L’une des preuves les plus éloquentes de ce que nous sommes sur la bonne voie, c’est le classement 2018 de l’Indice Mo Ibrahim de la Gouvernance en Afrique (IIAG), l’un des baromètres de l’état du continent, au terme duquel le Bénin se situe dans le top 3 des pays de la CEDEAO.
Autant de preuves s’il en fallait encore, que notre combat dans ce domaine est totalement justifié.
Notre détermination à réussir nous oblige davantage à accentuer notre marche vers la dématérialisation de l’administration publique pour l’arrimer au train de la modernité et favoriser des performances plus efficientes au profit de ses usagers.
Ainsi, les agents de l’Etat apprécient déjà hautement de pouvoir consulter leur situation administrative, de suivre leur carrière sans avoir à se déplacer.
On peut désormais donc, depuis n’importe quel endroit du pays, suivre le déroulement de sa carrière via une plateforme dédiée.
Cette politique de dématérialisation et de digitalisation est, elle-même, portée par notre ambition dans le domaine de l’économie numérique.
A ce propos, on retiendra surtout que la phase 2 du projet de déploiement de la fibre optique s’est poursuivie tout au long de l’année, pour la rapprocher des populations avec une meilleure offre d’internet haut débit.
On retiendra aussi que la Télévision Numérique Terrestre (TNT) est aujourd’hui une réalité car, quatre sites entièrement achevés permettent déjà à quelques-uns d’en bénéficier en attendant sa généralisation.
Enfin, le projet d’administration intelligente (SMART GOUV) se déploie progressivement, soutenu par les différentes agences dédiées au développement du numérique.
Mesdames et Messieurs les Députés,
L’assainissement ne s’est pas limité aux finances publiques et à la gouvernance économique.
Il a également pris en compte le système politique jusqu’ici marqué par une multiplication à outrance des partis et, partant, leur inaptitude à influencer efficacement les choix politiques et la gouvernance du pays.
Au plan législatif, en effet, l’année 2018 a été marquée par des réformes majeures mises en œuvre et d’initiatives partagées entre le Parlement et le Gouvernement, en vue de la mise en place progressive d’un cadre institutionnel et démocratique plus équilibré et plus efficace.
Je m’en voudrais donc, Mesdames et Messieurs les Députés, de ne pas saluer votre engagement et votre contribution hautement appréciables.
Au nombre de ces réformes, figure le vote des lois portant respectivement charte des partis politiques et code électoral en République du Bénin.
Si la première a déjà commencé à produire ses effets, avec la recomposition qualitative amorcée du paysage politique, ceux de la seconde seront mis en évidence à l’occasion des élections législatives de l’année prochaine, pour lesquelles mon Gouvernement jouera pleinement sa partition.
C’est le lieu de rappeler que les dysfonctionnements qui caractérisaient notre système politique avaient des impacts négatifs évidents sur l’ensemble de notre système sociopolitique, voire économique.
Désormais donc, l’action politique sera plus homogène et plus prévisible.
Les partis politiques répondront, mieux que par le passé, à leurs obligations constitutionnelles et légales.
Notre pays avance ainsi inexorablement vers la rationalisation de son paysage politique.
Le tout, sans remettre en cause le multipartisme intégral que nous chérissons tant, mais juste en l’encadrant de conditions objectives de représentativité.
Ce faisant, nos populations désespéreront moins de la classe politique.
Elles savent dorénavant que la démocratie, c’est moins la prolifération des partis politiques que la promotion d’idéologies et de projets de société visant à améliorer leur quotidien.
Elles savent aussi qu’à l’avenir, nos institutions politiques fonctionneront de manière plus harmonieuse.
Tout ceci crédibilise davantage notre pays dont l’amélioration de l’environnement des affaires, déjà perceptible, s’en ressentira davantage.
Monsieur le Président de l’Assemblée nationale,
Mesdames et Messieurs les Députés,
Grâce aux réformes engagées, notre pays évolue à grands pas vers le respect des principaux standards internationaux à travers la mise en place d’outils appropriés.
Toutes choses favorables au climat des affaires et à la promotion des investissements.
Plus concrètement, les réformes ont permis de relancer effectivement notre économie.
En témoigne l’évolution du taux de croissance, passé de 2,1% en 2015 à 6,5% au moins en 2018.
Cette tendance haussière irréversible permettra indubitablement à notre pays de franchir, en 2019, le seuil de 7%, nécessaire pour engager durablement une réduction de la pauvreté.
Cette performance est de plus en plus saluée par plusieurs partenaires internationaux ainsi que le soulignent :
les rapports de satisfecit du Fonds Monétaire International qui, tout en crédibilisant notre pays, lui ouvrent les portes pour la mobilisation des ressources nécessaires à la mise en œuvre de son programme de développement ;
la notation B+ stable de l’agence internationale de notation financière Standard & Poor's, qui permet à notre pays de se hisser dans le peloton de tête des pays les mieux notés et les plus stables en Afrique.
Par ailleurs, selon l’évaluation des politiques et des institutions nationales, faite par la Banque Mondiale, le Bénin obtient une note globale supérieure à la moyenne des pays d’Afrique Subsaharienne.
Dans tous les domaines de politique, notre pays fait mieux que la moyenne des pays dans cette zone.
Il en est de même pour l’indice de performance de la logistique (Lpi), l’indicateur de la Banque Mondiale qui reflète les perceptions relatives à la logistique d'un pays.
Ici, notre pays a fait un bond de 39 positions entre 2016 et 2018, en passant de la 115e à la 76eplace au plan mondial, devenant ainsi le 2e de la CEDEAO.
Cette évolution remarquable montre bien la pertinence des actions et réformes engagées au niveau de notre chaîne logistique, notamment au Port Autonome de Cotonou, sur les corridors et au niveau de notre administration douanière.
Quant aux indicateurs socioéconomiques, les performances sont tout autant visibles pour le développement du capital humain, en lien avec les actions engagées pour réformer notre système de santé et d’éducation.
Selon l’indice du capital humain de la Banque Mondiale, le Bénin est classé 2e dans l’espace CEDEAO.
Diverses autres actions de réforme ont été engagées pour l’amélioration du climat des affaires, parmi lesquelles le renforcement du cadre juridique et judiciaire pour sécuriser les investissements, la simplification des démarches en vue de l’agrément aux régimes privilégiés du Code des Investissements, l’opérationnalisation des tribunaux de commerce et la réforme du code des Investissements pour le rendre plus attractif, la réforme de l’Agence pour la Promotion des Importations et des Exportations (APIEX) pour en faire le guichet unique d’accueil des investisseurs au Bénin.
Les effets positifs de ces différentes réformes sont illustrés par plusieurs indicateurs et classements internationaux, notamment le classement de « Doing Business 2018 », qui a relevé que « le Bénin a amélioré sa réglementation des affaires », quoique des efforts doivent encore être faits.
Au soutien de ces performances et en vue de faire jouer pleinement aux entreprises nationales leur partition, le Gouvernement a transmis à votre auguste Assemblée un projet de loi sur la promotion et le développement des micro, petites et moyennes entreprises.
Plus encore, il travaille actuellement à la mise en place d’un mécanisme de financement propre à faciliter leur développement et à encourager l’innovation.
Mesdames et Messieurs les Députés,
Au chapitre de ses relations avec le reste du monde, le Bénin, mieux que par le passé, attire de plus en plus positivement l’attention sur lui.
Nos compatriotes retrouvent de la fierté quant à la qualité de la représentation de notre pays dans les rencontres internationales. La qualité de la gouvernance, la pertinence des prises de position du Bénin, lui valent ce regain d’intérêt.
La vitalité de notre diplomatie peut aujourd’hui s’apprécier à l’aune de son repositionnement sur la scène internationale.
Notre sélection parmi cinq pays dans le monde, pour bénéficier de l’Initiative de soutien aux Objectifs de Développement Durable (ODD), la réponse positive de la France, visant à nous restituer des œuvres d’art historiques, achèvent de convaincre de ce retour au premier plan.
Cette annonce de restitution d’œuvres d’art en particulier, l’on a pu se rendre compte à quel point elle a enthousiasmé le peuple béninois.
A terme, ces œuvres dont la valeur historique, spirituelle et culturelle est inestimable seront, à n’en point douter, de véritables attractions touristiques.
Mais d’ici à là, notre action dans ce domaine a permis de rénover totalement le parc Pendjari qui est redevenu une attraction et draine un nombre sans cesse croissant de touristes.
Les travaux de construction de musées modernes seront lancés en 2019.
Une fois achevés, ils contribueront à faire de notre pays, une destination prisée dont on parle.
En cela, nos sportifs ont un rôle non négligeable à jouer, tant leur rayonnement peut contribuer à la visibilité du Bénin.
Qu’il me soit donc permis ici, de me réjouir avec vous de leurs performances de plus en plus remarquables dans toutes les disciplines.
Notre pays sort enfin de la philosophie de la simple participation aux compétitions, pour commencer à exceller.
Les résultats positifs s’inscrivent dans une perspective durable et non plus conjoncturelle.
Notre subvention accrue aux fédérations sportives, la politique que nous déployons pour le financement du sport par les grandes sociétés, l’institution des classes sportives et des classes culturelles, l’institution des associations sportives communales, la construction des stades omnisports communaux dont 22 ont été déjà lancés cette année, sont de nature à soutenir cette dynamique positive.
Dynamique qui sous-tend aussi notre quête de lendemains meilleurs.
Monsieur le Président de l’Assemblée nationale,
Mesdames et Messieurs les Députés,
Comme nous le constatons, les fondations pour un développement économique et social harmonieux de notre pays se consolident, grâce aux efforts et sacrifices consentis par nous tous.
Mais nous devons redoubler d’ardeur pour accélérer le processus.
Aussi, voudrais-je compter davantage sur les talents et le dynamisme de notre peuple pour nourrir l’espoir d’un Bénin qui se métamorphose positivement pour le bonheur de tous.
En effet, au regard du niveau d’assainissement atteint en moins de trois ans, avec les nouveaux réflexes vertueux qui font leur retour, fort des programmes sociaux en cours de mise en œuvre, notre pays offrira de plus en plus les meilleures conditions de vie à ses filles et ses fils.
Ce sera déjà le cas pour les 20% de notre population, soit plus de 2 millions de personnes, qui n’ont pas d’acte de naissance.
Grâce au projet d’enregistrement dérogatoire à l’état civil, ils cesseront d’être des citoyens entièrement à part, pour devenir des citoyens à part entière.
Ils pourront alors envisager l’avenir avec moins d’anxiété et plus d’assurance.
Citoyens, c’est à ce titre que nous serons appelés aux urnes dans quelques semaines, pour désigner nos députés, ceux de la 8e législature.
Je voudrais d’ores et déjà nous inviter à transcender, le moment venu, nos passions pour faire de ces consultations, un moment de convivialité.
C’est ainsi que nous continuerons à perpétuer la bonne réputation de notre processus démocratique.
Car, ce que la République attend de nous, ce n’est pas d’avoir raison individuellement.
C’est d’avoir raison collectivement, historiquement, en tant que peuple, en tant que nation.
Mais la République, c’est aussi l’enfant qui vient de naître pendant que je vous parle, c’est l’artisan, c’est l’agriculteur, c’est la vendeuse du marché, c’est l’artiste, c’est le riche, c’est le pauvre, c’est le travailleur comme c’est celui qui est en quête d’emploi ; c’est vous et moi.
Pour nous tous, le meilleur est toujours possible.
Il est au bout de nos efforts conjugués.
C’est pourquoi, nous ne devons pas nous contenter des bonnes appréciations de la communauté internationale, pas plus que des effets de plus en plus visibles de notre action.
Ce sont simplement autant de signes que nous tenons le bon bout, que nous devons poursuivre nos efforts pour qu’à terme, les investissements de survie cèdent la place aux investissements de confort.
Car, quand on se retrouve dans une situation où tout est prioritaire, les premières priorités sont celles de survie.
Ce n’est qu’après que les secondes permettent d’améliorer le quotidien.
Pour ma part, je reste convaincu que notre effort commun nous permettra de passer des premières priorités aux secondes en peu de temps.
Je poursuivrai donc avec cette conviction et le soutien de chacun, cette œuvre exaltante au service de notre pays et au bénéfice de tous.
Enfin, je ne saurais terminer mon propos sans vous remercier, Mesdames et Messieurs les Députés toutes tendances confondues, pour l’accompagnement dont mon Gouvernement a bénéficié, attesté une fois encore par le vote, la semaine dernière, du budget général de l’Etat exercice 2019.
Son exécution nous permettra de poursuivre l’œuvre de construction nationale dont nous avons la responsabilité et que je m’emploierai à conduire avec détermination et honneur.
Vive la République,
Vive le Bénin,
Je vous remercie

Village de l'arrondissement de Sazué en bordure du fleuve Mono, dans la commune de Grand-Popo, au sud du Bénin, Vodomé manque de tout. Pour ses habitants, la vie n'y est que peines et misère.
Pas d'eau potable, pas d'électricité, une population qui trime avec des activités génératrices de revenus précaires, accès difficile aux soins sanitaires et à l'éducation scolaire, des habitations délabrées soumises aux caprices du fleuve Mono qui quitte son lit à chaque crue. Vodomé reste une bourgade où peines et misère se côtoient.
Vers sept heures, pendant que la lumière du jour commence à s'affirmer, la petite Adjoa, bassine en main, va au fleuve. Elle enfonce le récipient dans la berge, l'en ressort avec de l'eau mêlée au sable et se met à le curer. À quelques pas d'elle, une dame et son petit garçon se débarbouillent. Un peu plus loin du rivage, un homme installé dans sa barque fait ses besoins dans l’eau. Après avoir nettoyé sa cuvette, la petite Adjoa la remplit à moitié, la charge sur sa tête avant de s'éloigner. Quelques minutes plus tard, c'est dame Akuavi qui va chercher de l'eau au fleuve pour les besoins quotidiens de sa petite famille : toilette, boisson, déjeuner, dîner… C'est pourtant dans cette même eau que l’homme sur la barque vient à peine de se mettre à l’aise.
L'eau potable à Vodomé est aussi rare que l'eau dans le désert. En effet, le fleuve Mono est la principale source d'approvisionnement dans ce village. Jusqu'à un passé récent, il était d'ailleurs la seule. Il y a peu, un forage construit à Gnito, village situé à 5 km de Vodomé, desservait toute la zone. Mais les quelque deux pompes installées à Vodomé et où s'approvisionnaient les riverains moyennant quelques pièces, sont déjà hors d’usage. « C'est le forage de Gnito qui nous desservait. Nous avions une pompe ici. Au début, tout allait bien, les gens venaient chercher de l’eau ici même si certains n’appréciaient pas le fait de devoir payer. Mais à un moment donné, l'eau est devenue sale. Et plus tard, les pompes ont cessé de fonctionner. Apparemment, les gens sont venus couper leur chose», explique dame Viviane Savi à qui avait été confiée la gestion de la pompe. Mais le jeune Bernard Kiti y voit déjà de la politique. « C'est une affaire politique. Comme le forage appartient à Gnito, ils ne voulaient plus nous donner de l'eau. La preuve, eux, ils continuent d’avoir accès à l’eau du forage», allègue-t-il. Plus d’eau de forage, retour donc à l'ancienne et légendaire pratique, l'eau du fleuve Mono dont la plupart des riverains louent d’ailleurs la saveur. «C'est cette eau que nous avons toujours bue. Nous nous y sommes déjà habitués. On n’en meurt pas ! L’eau du fleuve a même dans notre bouche un goût que l’eau du forage n’a pas », avance dame Kiti qui ne s’intéressait guère à l’eau du forage. «Pourquoi d'ailleurs donner 25 francs tous les jours sinon au moins deux fois par jour, pour un bidon de 25 litres d'eau de forage si le fleuve Mono s'offre sans aucun frais avec son lot de "vitamines" », ajoute-t-elle avec ironie. Heureusement, les populations de Vodomè, en dépit de cette eau qu'ils consomment, peuvent se réjouir d'avoir une santé de fer. Il en vaudrait mieux ainsi. Car malades, ils ont de la peine à s’offrir des services sanitaires de qualité. « Le dispensaire est confronté à un manque criant de matériel. Nous manquons même de pinces, de thermomètres, de tensiomètre… », fait savoir l’infirmière Ablavi Brigitte Sizogan. Mais l’eau ne restera pas éternellement un problème. Fort heureusement, le chef de l'arrondissement de Sazué, Gaston Sessou informe: «Il y a un projet en cours pour alimenter tous les villages en eau potable. D'ici deux mois, l’extension des réseaux de la Soneb devrait desservir les villages de Vodomé et de Batoto». Et déjà, il évoque une autre difficulté latente. «La sensibilisation pour que les populations s'approvisionnent en eau potable auprès de la Soneb ne sera pas du tout facile parce qu’on leur demandera de payer. Les populations ne voudront pas payer pour prendre l'eau de la Soneb alors que le fleuve Mono leur offre gratuitement de l’eau», subodore-t-il.
Un quotidien misérable
Les conditions de vie à Vodomé sont déplorables. Le petit habitant de Cotonou y verrait un supplice, une «auto-torture». Les habitants de Vodomé eux-mêmes se lassent de leur misère. « Nous souffrons beaucoup ici. C'est la misère chronique. Et la principale source de notre misère, c'est encore le fleuve Mono. Dès qu'il monte, il ravage tout sur son chemin, nos habitations, nos pauvres champs qui nous donnent à manger. Nous n'avons pas de toilettes, nous n'avons pas d'eau potable », se lamente dame Lokossi. « Nos enfants sont exposés à toutes les maladies et à plusieurs risques. Mais nous ne trouvons personne pour nous aider. Il y a trois mois, un père de famille est mort ici par noyade. Il allait au champ avec sa pirogue », ajoute, le cœur peiné, dame Kokoe Ayi. « Ma case et mon champ se trouvent dans un bas-fond et chaque fois qu'il y a crue ils sont inondés. Pendant les vacances dernières, j'ai cultivé du maïs, du manioc... Mais voyez, tout est parti ! La crue les a tous ravagés. Même mon petit champ de banane a disparu », rapporte tristement le jeune Léon Amedannou.
En effet, Batoto et Vodomé sont des villages de l’arrondissement de Sazué situés en bordure du fleuve Mono. Les populations de ces deux villages vivent de l'agriculture et sont confrontées à de grandes difficultés. « La crue est la plus grande menace sur la survie des ménages car à chaque crue il y a une baisse sensible des chiffres d'affaires dans tout l'arrondissement. Les eaux détruisent les champs et rendent les pistes plus impraticables qu’elles n’étaient déjà. La crue empêche les populations de développer un grand commerce », atteste le chef de l’arrondissement de Sazué. Le délégué de Vodomè, Edmond Yakoussan, ne dément pas les conséquences de la crue sur le quotidien à Vodomé. «Quand il y a crue, les populations arrivent à peine à gérer leur quotidien. Elles ne sortent presque plus et n'ont pas accès aux soins. Voilà qu'on ne peut pas empêcher la crue, alors que faire ? ». Il répond lui-même à son interrogation. «Je pense que le gouvernement et la mairie peuvent venir en aide aux populations en réhabilitant les endroits qui ne sont pas souvent inondés. Ainsi, à chaque crue, alors, des tentes pourraient être données aux ménages pour regagner les lieux non inondés, leur apporter des vivres et mettre à disposition des barques motorisées pour faciliter leur déplacement, en l’occurrence le déplacement des femmes qui font du commerce au marché pour nourrir leurs enfants. Il faudra aussi distribuer des bottes aux populations et surtout aux enfants qui marchent beaucoup dans l'eau pour se rendre l’école et dont les pieds sont fendillés ». Le délégué de Vodomè insiste également sur le renforcement de la distribution des moustiquaires car le paludisme est la maladie qui guette le plus les enfants, implore pour l’installation de panneaux solaires dans le village, la création d’un marché pour les femmes et d’un espace de loisirs pour les jeunes.
Tant de mesures qui, selon lui, pourraient alléger les souffrances quotidiennes des populations de Vodomé et environs.
L'électricité, un luxe et l’école, sans attrait
Vodomé ne connait pas d'autres lumières que celle du soleil dont les lueurs se pointent vers 5h et disparaissent autour de 19h. A cette heure, plus rien ne bouge à Vodomé. Seule dame Morphée fait sa loi et renvoie tout le monde à sa natte. Heureusement, quelques trois personnes ont pu s'offrir un panneau solaire. Profitant des faveurs du soleil, celles-ci ont mis en place une activité commerciale : charger les torches et les portables contre quelques pièces pour le grand nombre de personnes ne disposant pas de l'énergie électrique. «A défaut d'électricité, que le gouvernement nous aide au moins à installer quelques panneaux solaires dans le village pour l’usage communautaire. Nous pourrons avoir la lumière la nuit et nos enfants pourront apprendre leurs leçons le soir, au retour des classes », plaide dame Lokossi. En effet, dans tout Vodomé, il n'existe qu'un seul panneau solaire acquis par l’infirmière du dispensaire pour son usage domestique. A en croire le chef de l'arrondissement de Sazué, Gaston Sessou, l’électricité pourrait réduire aussi l'insécurité et les actes de vandalisme qui prennent de l’ampleur dans l’arrondissement. « Il y a beaucoup de braquages et de cambriolages à Sazué. Ce sont les cambrioleurs qui ont d’ailleurs enlevé les batteries des quelques installations de panneaux solaires dans l’arrondissement. Même si avec les rondes de la Police républicaine, la situation s’améliore, la nécessité d’avoir un poste de police ici s’impose », informe-t-il.
L'accès à l'éducation scolaire est tout aussi difficile du fait de la route et des parents qui redoutent les tracasseries liées à la scolarisation, déplacement, fournitures et qui préfèrent voir leurs enfants les aider à trouver de quoi subsister au quotidien. La petite Odile a 7 ans et est en classe de CE1 à l'école primaire publique de Vodomé. Elle aime bien aller à l'école mais en période de crue, l'école est inondée et il lui est difficile de s'y rendre. « Ma fille aime l’école et je m’efforce de l’encourager mais en période d’inondation, je ne peux que lui demander de rester à la maison. En plus, elle m’aide. Je veux bien qu’elle poursuive les classes mais je dois avouer que l'achat des fournitures et le manque d'énergie ne facilitent pas toujours la tâche», confie la mère de la fillette. Soumis aux caprices de l'eau, le chemin vers l'école est bien souvent impraticable. «Vodomé, c’est une zone très enclavée, très inondable. Cette année a même été plus clémente que les années précédentes. Généralement, les cours reprennent tardivement, vers fin octobre, à cause de l’inondation. Quand il y a crue, la voie pour accéder à l’école est un calvaire aussi bien pour les enfants que pour les enseignants », affirme le directeur de l’Ecole primaire publique de Vodomé Gilles Coffi Nouguè. D'ailleurs, les infrastructures vétustes de la seule école primaire publique du village n'attirent ni ne rassurent. « Il y a ici deux modules de trois classes. L’un des deux modules n’est qu’amas de pierres déposées les unes sur les autres. Les enfants font cours dans ces salles avec le risque que le bâtiment s’effondre à tout moment. Nous avons écrit plusieurs fois à la mairie ces trois dernières années mais rien n’y fit. Nous avons tenu des réunions avec les parents d’élèves qui, avaient proposé que l’on quitte très vite ce bâtiment et que l’on cotise pour construire d’abord un hangar. Mais les parents ont aussi leurs soucis quotidiens, et pour le moment rien n’est fait », informe le directeur de l’Epp Vodomé. Pour tout l'arrondissement de Sazué, il n'y a qu'un seul collège d'enseignement général qui se situe entre Sazué et Gnito. Ainsi, les rares enfants que les parents laissent poursuivre les cours doivent-ils parcourir chaque jour à pied environ 5 km. Un effort physique qui ne conditionne pas l'effort intellectuel attendu des élèves.
De précaires activités génératrices de revenus
Le maïs, le manioc, la banane et le palmier à huile sont les produits les plus cultivés à Vodomé. La plupart des hommes de Vodomè s’adonnent d'ailleurs à l’agriculture. Hélas, il s'agit d'une agriculture rudimentaire et domestique dont la finalité est de subvenir aux besoins quotidiens. «Nous disposons d'une seule saison. Celle qui s'étend de janvier à avril. De fin juin à octobre, l'inondation ravage tout sur son passage. Seuls ceux qui ont leurs champs en dehors des bas-fonds continuent à cultiver », laisse entendre Coffi Amedannou. Outre les travaux champêtres, certains s'adonnent aussi à la pêche. Tilapia, capitaine silure noire et blanche sont les fruits de cette chasse aquacole. Mais le fleuve Mono n'est pas toujours gracieux en produits halieutiques. Il arrive souvent des périodes de vaches maigres. «La pêche est l'une des activités principales de nous jeunes, mais aujourd'hui, ce n'est plus rentable. On dirait que les poissons nous fuient », précise Bernard Kiti.
En plus des activités domestiques, les femmes sont expertes en préparation d'huile de palme. C'est leur principale activité génératrice de revenus. Elles commercialisent ce produit dans les marchés voisins. Dame Lokossi explique le processus au bout duquel l’huile rouge est obtenue. A l’en croire, les femmes vont dans les palmeraies, paient des grimpeurs qui leur coupent les régimes de noix mûres. A la maison, elles débarrassent les noix du régime, les mettent au feu. Dès que c'est cuit, elles font recours à une broyeuse ou à des hommes pour broyer les noix contre quelques pièces. Les résidus sont mis dans une bassine, elles y ajoutent de l'eau, recueillent le liquide en surface. Ce liquide est mis sur le feu et se transforme après chauffage en huile rouge. Le bidon de 25 litres est vendu, selon les périodes, à 8500 ou 15 mille francs Cfa. La plupart des femmes sont commerçantes. Elles vont s'approvisionner aux marchés de Comè et de Djanglanmè en oignon, piment, tomate, et reviennent les vendre à Vodomé où ces produits se font parfois rares, surtout après les inondations. Revendeuse de tomate, cubes et divers condiments, dame Ayaba fait son commerce au marché de Djanglanmè. «C'est grâce à ça que j'arrive à aider mon mari et mes enfants. Mais la route reste notre plus grande difficulté. Nous espérons avoir aussi un marché ici. ça va drainer du monde et peut-être que là, on pensera à réhabiliter la route. Nous avons même identifié déjà une place pour le marché et nous attendons», renseigne-t-elle. D’autres, à l’instar de dame Adiza Mama, ont l'habitude d'aller au marché Gbadagli vers la frontière du Nigeria pour revendre de l'huile rouge et du poisson fumé.
Pour les grands besoins et les achats en gros, quelques femmes s'approvisionnent plutôt aux marchés Aklakou et Agbétiko qui se situent de l'autre côté du fleuve, dans le Togo. « Je prends la pirogue à 200 F Cfa pour traverser le fleuve ensuite je prends un taxi-moto de la berge au marché Aklakou ou Agbétiko. Là-bas, j'achète du gari, du haricot, du riz, de l’huile d’arachide…, et je reviens les revendre au village », explique celle que tous appellent Mensahnon (Mère de Mensah), la principale fournisseuse des ménages du village en vivres. Elle s’approvisionne toujours au Togo et le fleuve, est le canal favori pour se rendre dans ce pays. La traversée à la barque ne coûte que deux cents (200) francs Cfa. Certains embarquent même leurs motos, et avec sept cents francs, ils sont au Togo et peuvent y faire leurs courses. Mais pour que les activités des femmes prospèrent, il leur faut, selon le chef d'arrondissement de Sazué, un accompagnement, notamment l’accès aux microcrédits ou le soutien des partenaires techniques et financiers.
Pour le Ca de Sazué, il faut d’ailleurs un vaste programme de développement pour sortir Vodomé et les villages environnants de la misère. Des projets qui tiennent compte de toutes les dimensions. «En espérant que l’eau potable sera donnée sous peu, mes plus importantes doléances sont l'électricité, l'ouverture des voies vers les hameaux et l'aménagement des pistes qui existent déjà », souhaite-t-il.

L’Union progressiste (Up) a fait sa 1ere sortie politique dans le département de l’Ouémé, consacrant l’adhésion officielle de l’opérateur économique Germain Wanvoègbè, ex-ténor du Parti du renouveau démocratique (Prd). La cérémonie s’est déroulée ce mercredi à Porto-Novo, en présence de milliers de militants des 19e et 20e circonscriptions électorales du Bénin.
L’opérateur économique Germain Wanvoègbè est désormais membre de l’Union progressiste (Up). L’ancien ténor du Parti du renouveau démocratique rompt définitivement les amarres avec Me Adrien Houngbédji pour une nouvelle aventure politique avec l’Up portée sur les fonts baptismaux le samedi 1er décembre dernier à Cotonou. Germain Wanvoègbè a officiellement adhéré à l’Up ce mercredi 26 décembre, à Porto-Novo, à la faveur de la première sortie politique de ce nouveau parti dans l’Ouémé. Il salue la réforme du système partisan initiée par le chef de l’Etat. Selon lui, celle-ci est venue bousculer les habitudes rétrogrades qui asphyxiaient la démocratie béninoise. Elle vient donc dynamiser le paysage politique longtemps victime de la cacophonie des ambitions et de la guerre de leadership. Pour Germain Wanvoègbè, grâce à cette réforme, le Bénin aura pour la première fois, depuis les indépendances, de véritables organisations politiques résolument engagées pour la conquête et la gestion du pouvoir d’Etat. Aucun acteur politique responsable et conséquent, à l’en croire, ne peut rester insensible à une telle initiative salvatrice qui ouvre les portes d’un écosystème politique favorable à la culture du patriotisme, du militantisme et à la célébration des vraies valeurs démocratiques. Au dire de l’opérateur économique, son nouveau choix politique vise à suivre la décision des militants fortement engagés pour le développement du département de l’Ouémé en général et de la commune d’Adjarra en particulier. Autrement, il risque de disparaître. « Nous voici au rendez-vous de l’histoire. J’ai refusé de disparaitre de vos yeux. Mes rapports avec vous, individuellement et même collectivement, ne me permettent plus de vous désobéir, donc de disparaître », explique-t-il. Il s’engage à poursuivre, main dans la main, avec les populations non seulement les chantiers de développement pour l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail, mais aussi marcher avec elles dans les sillons de l’Union, du patriotisme, du travail, du progrès et de la solidarité, du partage et de la tolérance. « Nous marcherons ensemble, mais encore plus forts et unis, encore plus dynamiques et exigeants au nom de la commune d’Adjarra, au nom de Porto-Novo, au nom de tout le département de l’Ouémé. C’est le nouveau défi », insiste l’ancien ténor de l’ombre du Prd. « Nous sommes progressistes parce que nous voulons travailler d’abord pour Adjarra, pour notre département, pour les pauvres, pour les veuves et les orphelins, pour les personnes démunies », souligne Germain Wanvoègbè avant rendre hommage au président du Prd, Me Adrien Houngbédji qui constitue pour lui et pour tous une source d’expériences et d’inspiration.
Politique 27 déc. 2018

Les Acteurs Non Etatiques (Organisations non gouvernementales et du secteur privé) partenaires de la Snv intervenant dans la gestion intégrée de l’eau ont procédé à la signature des contrats de subventions Gestion intégrée des ressources en eau (Gire). La cérémonie a eu lieu, ce mercredi 19 décembre dans les locaux de la Snv à Cotonou en présence de la directrice nationale, Jeanette de Regt.
Les Acteurs Non Etatiques partenaires de la Snv et intervenant dans la gestion de l’eau ont procédé à la signature des contrats de subventions pour la mise en œuvre des projets de Gestion intégrée des ressources en eau (Gire). Les Acteurs Non Etatiques récipiendaires ont bénéficié d’un montant de 4,5 milliards de F Cfa pour la mise en œuvre de projets devant impacter 300 000 personnes dans la Basse et Moyenne Vallée de l’Ouémé.
A en croire le chef de coopération de l’ambassade du royaume des Pays-Bas, JaapJan
Speelman, la signature témoigne de l’engagement de la Snv et de ses partenaires pour le succès du programme
OmiDelta. C’est l’aboutissement d’un processus de sélection et de négociations où chaque partie s’est investie pour s’assurer d’un bon démarrage des projets de gestion intégrée des ressources en eau. Il note que ces projets auront un impact positif sur les populations ciblées. Il relève de même que la mise en œuvre du programme intègre aussi les questions transversales liées au genre, à la gouvernance, à l’emploi des jeunes, à l’innovation, au changement climatique et à la durabilité pour 15 ans des acquis du programme. Ces différents aspects revêtent une grande importance, selon lui. Par conséquent, il demande aux récipiendaires d’y accorder un intérêt particulier lors de l’exécution de leurs projets. Il les invite à une concertation permanente avec les acteurs des deux autres guichets de mise en œuvre du programme OmiDelta pour une synergie d’actions et éviter des doublons sur le terrain.
Pour Jeanette de Regt, directrice nationale de la Snv Bénin et Burkina Faso, les subventions accordées aux Acteurs Non Etatiques visent à trouver des solutions concrètes, innovantes et durables aux effets néfastes de l’inondation récurrente dont sont victimes 4,5 millions de personnes vivant dans la Basse et Moyenne Vallée de l’Ouémé. Par ailleurs, elle relève que ces projets permettront à chaque catégorie d’acteurs d’exercer ses activités économiques pour son bien-être, sans porter préjudice aux activités de ses pairs. Grâce à ces subventions, précise-t-elle, 300 000 personnes seront impactées par les organisations exécutantes dont les projets ont été retenus sur plus d’une vingtaine de propositions reçues. Ces personnes connaîtront d’une meilleure gestion des bassins versants et l’on notera la sécurité dans les deltas. Elle promet l’assistance de la Snv aux organisations exécutantes pour des résultats concrets.
Pour sa part, Jean-Pierre Melon Fiogbé, représentant du directeur général de l’Eau, promet l’accompagnement de la direction aux organisations exécutantes, récipiendaires des subventions, pour contribuer à faire des avancées notables dans l’opérationnalisation de la gestion intégrée des ressources en eau.
Les Acteurs Non Etatiques récipiendaires sont le Partenariat national de l’Eau (Pne) du Bénin, le Centre international de développement et de recherche (Cidr) et l’Agence technique de l’Association des communes des Pays-Bas (Vng International).

L’Association interprofessionnelle du coton (Aic) a procédé, ce mercredi 26 décembre à Cotonou, à la remise de deux véhicules au Centre de recherches agricoles coton et fibres (Cra-Cf) de l’Institut national des recherches agricoles du Bénin (Inrab). Ce don vient compléter la subvention habituelle de 200 millions F Cfa que l’Aic alloue chaque année à la recherche.
Deux véhicules pick-up double cabine flambant, neufs de marque Toyota Hilux, immatriculés BP 6837 RB et BP 6839 RB, le tout d’une valeur de 46 140 252 F Cfa. C’est le don remis, ce mercredi à son siège à Cotonou, par l’Association interprofessionnelle du coton (Aic) au Centre de recherches agricoles coton et fibres (Cra-Cf) de l’Institut national des recherches agricoles du Bénin (Inrab). La remise des clés des voitures au bénéficiaire a eu lieu en présence de Bonaventure Kouakanou, directeur de cabinet du ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche. « C’est un geste très important qui symbolise l’excellence des relations entre l’Association interprofessionnelle du coton et le ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche », se réjouit-il.
Plus qu’un simple cadeau, ces moyens roulants permettront aux chercheurs de se déplacer et d’assurer la coordination des 19 centres permanents d’expérimentation (Cpe) et fermes répartis sur l’ensemble du territoire national. « Il est important que les chercheurs puissent travailler dans des conditions optimales afin de produire de meilleurs résultats », laisse entendre le secrétaire permanent de l’Aic, Dr Alexis Hougni, pour justifier cette donation. Car, les exigences de qualité de la fibre (qui est la plus exportée) et celles en termes de proportion du poids des graines par rapport aux fibres, sont des paramètres sur lesquels les principaux acteurs de la filière ont toujours du mal à s’entendre. En fait, les producteurs désirent des variétés qui pèsent plus, tandis que les égreneurs penchent plutôt pour des variétés à longues fibres et les triturateurs, quant à eux, restent attachés au taux de rendement en huile de la graine.
Avant de procéder à la signature de l’acte de donation et de recevoir le document y afférent, ainsi que les clés des véhicules, le directeur général de l’Inrab, Adolphe Adjanohoun, a témoigné sa gratitude à l’Aic pour sa sollicitude constante. En effet, elle alloue habituellement une subvention de 200 millions F Cfa à la recherche coton et fibres. « C’est un honneur d’être témoin de cet événement très heureux, mais en même temps une responsabilité », fait-il savoir. Il rassure de la disponibilité de l’Inrab et de ses composantes à continuer les recherches en vue de satisfaire les attentes des différentes familles de l’interprofession du coton. « Je m’engage, non seulement à aider à ce qu’une utilisation judicieuse soit faite de ce matériel roulant, mais aussi à ce que la recherche participe avec la qualité qu’il faut à ce que ce mariage dure le plus longtemps possible et que chaque partie en tire le maximum de profit », promet-il.
L’Aic n’entend pas s’arrêter à ce geste dans le cadre du partenariat « qui unit la profession cotonnière à la recherche » et qui est d’ailleurs « une union de longue date », à en croire Alexis Hougni. « Ce n’est qu’un début », indique-t-il, soulignant que les dirigeants de l’Aic nourrissent de grandes ambitions pour la recherche coton et fibres. « Nous envisageons de réhabiliter le Laboratoire d’entomologie de Cana, qui est dans un état de délabrement avancé, de rénover et d’équiper la chambre froide de conservation des souches et semences de coton basée à Parakou », dévoile le secrétaire permanent de l’Aic.
Le directeur de l’Inrab et ses collaborateurs espèrent déjà que les actes suivront les intentions.

Le président de la Cour constitutionnelle Joseph Djogbénou, a reçu, hier mercredi 26 décembre à son cabinet, une délégation de la Commission électorale nationale indépendante de la Mauritanie conduite par son président Abderrhamane Abeid. Il a été essentiellement question du rôle de la Cour constitutionnelle béninoise dans les élections.
Echanger avec le président de la Cour constitutionnelle béninoise sur la préparation des élections, en l’occurrence la partition de la Haute juridiction dans le processus électoral, puis partager les expériences en la matière. C’est ce qui a motivé la conduite par la Céna, de la délégation de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) de la Mauritanie au cabinet du professeur Joseph Djogbénou.
Venue s’enquerir de l’expérience béninoise dans la gestion des élections, la délégation mauritanienne est, en effet, en visite de travail au Bénin depuis quelques jours, dans le cadre de sa coopération avec la Commission électorale nationale autonome (Céna). « Ils sont venus s’imprégner de ce que nous faisons en tant qu’institution chargée de l’organisation des élections... C’est dans ce cadre que nous avons voulu les introduire au cabinet du président de la Cour constitutionnelle», informe le représentant de la Céna, Abou Adam Soulé Boukari, au cabinet du professeur Joseph Djogbénou. Il précise que la législation béninoise met en jeu plusieurs acteurs dans le processus électoral, ce qui implique la synchronisation des actions pour la tenue d’élections crédibles et transparentes. Cette visite à la Cour constitutionnelle, un des acteurs principaux du processus électoral, permettra donc aux hôtes mauritaniens de mieux s’imprégner de l’organisation des élections au Bénin.
Au sortir de l’audience, le chef de délégation, Abderrhamane Abeid, président de la Céni mauritanienne, s’est d’ailleurs réjoui de la richesse des échanges avec le président de la Cour constitutionnelle béninoise. Le commissaire Abou Adam Soulé Boukari ajoute que le président de la Cour constitutionnelle, Joseph Djogbénou, a insisté sur le fait que tout résultat au terme d’une élection dépend de la préparation. « C’est une rencontre riche en enseignements. Cela nous permet de mieux affronter nos défis », a déclaré le président de la Céni mauritanienne.