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Président de la plateforme de la diaspora africaine au Japon, David Kpondéhou est un chasseur d’opportunités pour ses pairs africains. La trentaine, ce Béninois s’illustre en la matière depuis cinq ans au pays du Soleil-Levant.
34 ans, moustachu, cheveux épais, David Kpondéhou ne passe pas inaperçu. Sa perspicacité à porter la voix de l’Afrique le met au-devant de la scène au pays du Soleil-Levant. Ces jours-ci, le président de la plateforme de la diaspora africaine au Japon (Adnj) se dévoile dans une vidéo réalisée par l’Organisation des Nations Unies pour la migration (Oim). « Cette plateforme que je dirige représente la voix de l’Afrique au Japon. Elle se veut être les États-Unis d’Afrique au pays du Soleil-Levant », dit-il fièrement. Et d’ajouter que son combat est «de renforcer le développement socio-économique des deux peuples». Ce Béninois originaire de Glazoué dans le département des Collines construit ainsi des ponts interculturels et commerciaux pour relier deux peuples autour d’intérêts mutuels.
Porter l’Afrique
Ses journées, David Kpondéhou les passe à faire du mentoring, à l’écoute de jeunes entrepreneurs. « Je les aide souvent à raffiner leurs projets pour les mettre en contact avec des investisseurs», confie le samouraï. De telles responsabilités laissent imaginer un agenda serré. À la quête de grandes idées d’entreprise et de grands projets à concrétiser, David fait en sorte que des investisseurs japonais s’intéressent davantage à son continent d’origine et que les jeunes puissent saisir toutes les opportunités de se rendre autonomes. Déjà, il a un autre challenge à relever en octobre prochain : tenir le pari du Forum des affaires africaines que la plateforme qu’il préside organise de concert avec la mairie de Higashiosaka, la faitière des petites et moyennes entreprises du Japon et la chambre de commerce d’Osaka. « Il y a environ 500 entreprises japonaises ayant une présence commerciale en Afrique. Le défi, c’est de faire en sorte que le Japon devienne un partenaire clé de l'Afrique. Beaucoup d’efforts se font déjà à travers par exemple la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l'Afrique (Ticad). Nous pensons jouer notre partition en mettant en lumière les opportunités d’investissements, les possibilités de partenariats et l’environnement des affaires en Afrique, sans oublier la disponibilité d’une ressource humaine jeune et de qualité », détaille-t-il.
De Cotonou à Osaka
Né en Côte d’Ivoire en 1988, David Kpondéhou a rejoint l’Université d’Abomey-Calavi au Bénin en 2009 après son Bac C. Trois ans plus tard, il obtient une licence en Linguistique anglaise appliquée, puis soutient une maîtrise dans la même discipline en 2017. Au cours de cette même année, David décroche un Brevet de technicien du supérieur (Bts) en transport et logistique. À tout ceci, il ajoute une certification en Entrepreneuriat et innovation sociale en 2018 dans le cadre du programme de leadership et d’entrepreneuriat, Awaji Youth Federation (Ayf). «J’ai migré au Japon grâce au programme Ayf qui forme une nouvelle génération d’acteurs du changement. Je fais partie d’une cohorte de 30 jeunes sélectionnés sur plus de 1 000 candidats dans le monde», se rappelle ce jeune qui fait partie désormais de l’équipe de coordination dudit programme de bourses. Cette progression fulgurante, David la doit aussi à une vie associative qui pourrait paraître forcenée. Responsable des étudiants du département d’Anglais de l’Uac de 2009 à 2013, président de l’Association des jeunes Béninois venus de la Côte d'Ivoire (Abevci), de 2013 à 2014, David Kpondéhou a fait également ses preuves à l’Organe consultatif de la Jeunesse en tant que responsable communal de Glazoué et coordonnateur adjoint du département des Collines en 2016. « J’ai beaucoup appris de ces épisodes de ma vie, de ces temps passés à défendre les intérêts de mes pairs. Je l’ai fait avec passion et zèle et je sais combien ça m’a forgé à être un leader », laisse-t-il entendre.
Demeurer « Kpondéhou »
Rechercher des opportunités pour les mettre à la disposition de ses pairs, ça lui tient beaucoup à cœur. « Je veux bien continuer à être un ‘’Kpondéhou’’, c’est-à-dire un modèle de réussite pour la jeunesse africaine et celle du Bénin. Nous devons changer notre d’état d’esprit et être conscients de ce que nous pouvons apporter beaucoup au monde. Nous pouvons aider notre continent à se développer et à faire face aux défis de notre temps», soutient-il. C’est bien dans cette logique qu’il a créé Africa Samurai basée au Bénin, une organisation inspirée par l'esprit indomptable des guerriers japonais et qui offre aux jeunes des formations dans le domaine du numérique. «Nous organisons des camps de formation pour doter les jeunes de compétences en codage et les aider ainsi à trouver un emploi prometteur auprès d'entreprises internationales.
Dans le même temps, avec ces compétences, le jeune outillé peut décider de créer sa propre entreprise et être autonome», explique David Kpondéhou qui dit s’appuyer sur un système d'apprentissage capable de donner aux aspirants un avantage sur le marché de l'emploi. «Les jeunes outillés sont en mesure de créer leurs propres applications et sites Web. C’est ma contribution pour aider à lutter contre le chômage. J’en suis heureux, parce que ça fait des émules», confie le fondateur de Africa Samurai.
Accroché à ses origines
David Kpondéhou est un Béninois et ne l’oublie pas. À plus de 13 000 km de Cotonou, il reste attaché à sa mère patrie et ne manque pas d’occasion de le prouver. « Je me sens très à l’aise à honorer des rendez-vous d’affaires ou de grands évènements en tenues traditionnelles béninoises. C’est très facile de me confondre à un ressortissant de Porto-Novo, d’Abomey, du Nord ou des Collines selon ce qu’il m’a plu de porter. La plateforme de la diaspora organise chaque mois une série d'événements pour présenter les pays africains et leurs richesses au public japonais. Le Bénin est déjà passé à l’action avec la participation de près de 100 entreprises japonaises, et j’en ai eu de toutes les émotions et ressenti la plus grande fierté ». Mais la vie dans la diaspora est loin d’être un fleuve tranquille. « Il faut s’adapter à la nouvelle culture, celle du pays d’accueil. Il faut surtout apprendre la langue parlée couramment dans le pays pour pouvoir communiquer. C’est souvent très difficile, mais quand on pense à ceux qu’on a laissés derrière nous, c’est-à-dire les parents, les amis, surtout les milliers de jeunes qui peinent à trouver de l’emploi, on est plus que déterminé et on n’a pas envie d’abandonner. De toute façon, aucun succès n’arrive du jour au lendemain. Il faut de la consistance, le travail acharné, une vision claire de ce que l’on veut et surtout de la patience », souligne-t-il. Le Samurai africain se retrouve mieux dans le combat de plusieurs légendes africaines, comme Kwame Nkrumah, père du panafricanisme. «Ils ont fait le combat de leur temps. À nous de faire celui de notre temps, pour que l’Afrique cesse d’être la risée. Comme le dirait Mahatma Gandhi, l’avenir dépend de ce que nous faisons aujourd’hui. En d’autres termes, notre futur s'écrit dès maintenant. Chacun des actes que vous posez aujourd'hui, chacune des décisions que vous prendrez aura un impact sur votre vie et sur le monde de demain », rappelle le samouraï d’Afrique.
Société
21 sept. 2022
De quoi s’agit-il ? Ces publications virales interviennent au lendemain de l’accession au trône de Charles III, à la suite du décès de la reine Élisabeth 2 le 8 septembre 2022. Sur les réseaux sociaux, les internautes partagent la photo d’un bouc blanc conduit par un garde pour prétendre qu’un rituel a été fait avant l’intronisation du roi Charles.
Alexandre Adjinan, secrétaire général du Syndicat national des enseignants du secondaire, technique et de la formation professionnelle du Bénin (Snestfp-Bénin), se prononce sur les diligences faites pour une bonne reprise des classes. Il exprime à l'occasion quelques doléances des enseignants.
La Nation : A cette rentrée scolaire, quel est l’état d’esprit du corps enseignant ?
Alexandre Adjinan : Au niveau des enseignements maternel et primaire ainsi qu'au niveau des enseignements secondaire, technique et de la formation professionnelle, les enseignants sont prêts. Ils sont prêts parce qu’ils aiment leur métier, parce qu’ils savent qu’ils ont un rôle très important à jouer dans le développement de notre pays, parce que l’éducation est le socle du développement. Ils sont prêts parce qu’ils sont des patriotes et ils se sont toujours sacrifiés pour donner le meilleur d’eux-mêmes. Pour ce qui concerne le secondaire, presque tous les enseignants sont déjà entrés en possession de leurs emplois du temps. Mais ils ne sont pas satisfaits parce que les problèmes auxquels ils sont confrontés ne sont pas réglés.
Que peut-on retenir des négociations gouvernement-centrales syndicales en prélude à cette reprise ?
Il faut dire que nous avons eu à dénoncer cette méthode du gouvernement qui consiste à appeler les représentants des travailleurs non pas pour négocier, mais pour les informer tout simplement des diligences faites, c'est-à-dire des dispositions prises dans le cadre de la rentrée. C’est vrai que l’éducation est la priorité des priorités, mais les travailleurs des autres secteurs ont également des problèmes. On ne devrait pas bloquer les négociateurs jusqu’à la veille de la rentrée. Cela dit, qu’est-ce qu’on peut retenir essentiellement ? Nous pouvons dire qu’il y a eu des annonces.
Quid de l’annonce d’une avance sur salaire au profit des Aspirants au métier d’enseignant (Ame) ?
C’est au cours de la rencontre avec les partenaires sociaux que le gouvernement a annoncé qu’il paiera une avance d’un mois de salaire aux Ame. C’est un pas dans la bonne direction. Mais en principe, nous estimons qu’à défaut de leur payer les primes de rentrée, il serait mieux que le gouvernement appelle cela une allocation destinée aux Ame pour effectuer la rentrée. Nous aurions souhaité qu’on ne considère pas cela comme une avance, mais une allocation qui s’apparente à la prime de rentrée que les autres catégories d’enseignants prennent. Et cela va constituer un véritable motif de soulagement et de satisfaction.
Quelles sont les autres décisions attendues pour une année scolaire apaisée ?
Pour que l’année scolaire soit fructueuse, le gouvernement doit poser quelques actes. Il s’agit de retourner au quota horaire hebdomadaire aux Ame, soit 20 heures par semaine, au lieu des 28, voire 30 heures attribuées depuis trois ans, qui dépassent leurs potentialités. Ensuite, il faut augmenter leurs salaires. Donc, la revalorisation des salaires annoncée doit aussi concerner les Ame et les payer 12 mois sur 12. En dehors de la situation des Ame, il y a également d’autres problèmes à régler. Prenons le cas des Agents contractuels de droit public de l’Etat (Acdpe) de la promotion 2016. C’est vrai que la ministre du Travail et de la Fonction publique l’a annoncé lors des négociations. Les contrats à durée indéterminée (Cdi) attendus par ces contractuels de 2016 et 2014 ont commencé à être disponibles. Notre souhait est qu’il y ait de la célérité dans le traitement de ces dossiers afin que les Cdi deviennent disponibles et qu’on pense également à les envoyer en formation pour l’obtention des diplômes professionnels. En dehors de cela, il y a la formation initiale des Acdpe des promotions 2012 et 2014 qui tarde à venir. Le ministre des Enseignements secondaire, technique et de la Formation professionnelle a promis que cette formation va démarrer au plus tard en décembre 2022. Nous espérons que cette date ne va pas connaître un autre report. Ce qui est aussi important, c’est la formation des professeurs adjoints, contractuels de l’Etat et agents contractuels de droit public de l’Etat. Parce qu’il y a de ces professeurs qui ont été formés, recrutés dans les années 2000 à 2005, et également des Acdpe recrutés en 2008 et 2009, ajoutés à ces professeurs de l’Etat; il y a un gros effectif de professeurs adjoints qui attendent d’être envoyés en formation pour l’obtention des diplômes professionnels.
On doit les envoyer en formation parce que les professeurs adjoints sont plus nombreux et font pratiquement 95 % de l’effectif des enseignants qui interviennent dans les lycées et collèges du Bénin. Nous le disons parce que nous avons près de 14 000 fonctionnaires de l’Etat et Acdpe. Mais sur cet effectif, il y a seulement 1 181 élèves professeurs certifiés et professeurs certifiés. Cela veut dire que les élèves professeurs certifiés sont ceux qui attendent d’être formés pour devenir professeurs certifiés. Ils ne sont pas encore des professeurs certifiés parce qu’ils ont la maîtrise. Et parmi les 1 181, il y a également les membres de l’administration scolaire à savoir les proviseurs, les chefs d’établissements, les censeurs et les directeurs des collèges à second cycle, ainsi que les cadres à divers niveaux du secteur de l’éducation. Donc, lorsqu’on fait le point, sur l’effectif des enseignants qui interviennent dans les lycées et collèges, surtout dans les classes de second cycle, il y a seulement 5 % de professeurs certifiés sur près de 14 000 fonctionnaires de l’Etat et agents contractuels de droit public. Donc, il est urgent que les professeurs adjoints des différentes promotions soient envoyés en formation pour être qualifiés à intervenir dans les classes de second cycle, et l’offre éducative sera ainsi améliorée.
Il y a aussi les problèmes des formations qui ne sont pas terminées. Il s’agit de la situation des enseignants qui ont des problèmes dans les écoles normales. Des recalés qui attendent une dernière chance au niveau de l’Ecole normale supérieure de Natitingou et des problèmes à régler au niveau de l’Ecole normale supérieure de Porto-Novo. C’est sans oublier le cas des enseignants en situation de reversement. Ces problèmes doivent être réglés. Quand le gouvernement va poser ces actes, les enseignants auront le moral au top pour faire de cette année scolaire une année réussie.
La question de la formation résolue, peut-on s’assurer de meilleurs résultats au terme de cette année scolaire ?
Au-delà de tout cela, il y a une préoccupation très sensible que nous n’occultons jamais. Il s’agit de la situation des 305 enseignants de la maternelle, du primaire et du secondaire dont les contrats ont été résiliés pour n’avoir pas participé à l’évaluation organisée par le gouvernement les 24 août et 7 septembre 2019. L’appel que nous lançons au chef de l’Etat qui a le dernier mot par rapport à cette situation est de voir les conséquences de cette décision sur les concernés et leurs familles d’une part et sur le système éducatif béninois d'autre part. Et puisque les conséquences sont nombreuses, nous voudrions prier le chef de l’Etat de bien vouloir réintégrer ses collègues-là pour le bonheur de leurs familles et du système éducatif béninois.
En dehors de ceux-là, il y a également les pré-insérés qui ont vu leurs contrats résiliés aussi parce qu’ils ont protesté contre les 28 h et 30 h et ont refusé de surveiller une évaluation. Cela a suffi pour qu’on résilie également leurs contrats au cours de l’année écoulée. Nous voudrions prier également le chef de l’Etat de bien vouloir réintégrer ces Ame aussi, parce que le système éducatif béninois en a besoin. Les 305 sont des enseignants qualifiés. Les Ame sont également des gens qui sont reçus au test organisé par le gouvernement. Nous ne pouvons pas les oublier. Les 305 appartiennent à une promotion à travers laquelle, je m’identifie. Il faudrait qu’on les intègre.
Quel est votre mot de la fin ?
Je voudrais dire aux élèves de savoir que la reprise est effective et que l’avenir se prépare. Chacun doit prendre le travail au sérieux. Les parents doivent donner les moyens à leurs enfants et faire le suivi, parce qu’il y a certains qui ne passent pas dans les établissements pour s’enquérir du niveau d’évolution, et c’est à la fin du premier trimestre ou semestre qu’ils se réveillent. Ce n’est pas normal. Que les parents n’abandonnent pas les enfants aux enseignants dans les lycées et collèges. A l’endroit des collègues enseignants, je dis beaucoup de courage?
Education
19 sept. 2022