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Nouvelles

Affaire Icc services devant la Criet: L’exemple Pascal Irénée Koupaki

Le procès, devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) des mis en cause dans ce qu’il convient d’appeler « Affaire Icc services », on le savait, verra défiler à la barre certaines personnalités de notre pays. Pascal Irénée Koupaki est la 1ère personnalité à sacrifier à cet exercice dans une démarche républicaine, dès l’ouverture dudit procès. L’humilité dont a fait montre l’ancien Premier ministre et actuel ministre d’Etat va-t-il faire école ?

En acceptant d’aller faire sa déposition, en toute humilité et de répondre aux questions des magistrats, même les plus délicates, Pascal Irénée Koupaki a fait preuve d’une exemplarité rare. De fait, on constate qu’il ne s’est pas défilé à l’instar de certains. Mais d’autres personnalités, qui pourraient être appelées à comparaître, feront-elles preuve de la même grandeur d'esprit? La question mérite d’être posée, vu les noms qui sont cités depuis hier par les principaux mis en cause dans cette affaire.

Saisissant !

Le ministre d’Etat, Secrétaire général à la présidence de la République, Pascal Irénée Koupaki confiant son sac et des effets à un élément de la police républicaine pour se présenter devant les juges de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) et faire sa déposition. Geste anodin à première vue, mais tout de même plein de sens, surtout dans le contexte béninois où certains hauts fonctionnaires et personnalités n’ont pas la culture de se présenter devant la justice, ne serait-ce que, tout au moins, pour se faire écouter. Bien qu’il ait été au gouvernement au moment des faits et ait même présidé une commission chargée d’y faire la lumière, l’ancien Premier ministre de Boni Yayi a bien des arguments qu’il aurait pu faire valoir pour ne pas répondre à l’impératif de la justice. Mais il a choisi de se faire entendre dans ce dossier jugé pourtant « très sensible » parce qu’impliquant des personnalités, et pas des moindres !
En toute modestie, sans rien perdre de sa sérénité et même de sa verve devant cette cour et même les avocats qui n’y sont pas allés du dos de la cuillère pour sommer de questions ce client Vip, qui venait s’offrir à eux, dans ses habits de citoyen lambda pour ne pas dire sa plus simple expression.
C’est la preuve manifeste de sa foi en la justice de son pays, comme tous les compatriotes devraient en avoir. Posture responsable que la clarté de sa déposition a davantage mise en relief. A toutes les questions, il a apporté des réponses claires, sans chercher à se défausser. Comment pouvait-il en être autrement, vu qu’il s’est présenté pour la manifestation de la vérité, plutôt que de chercher la couverture de sa fonction actuelle pour se soustraire à la justice. Mieux, sans langue de bois, Pascal Irénée Koupaki a eu le cran contre toute démagogie et populisme, de suggérer aux juges d’exclure la possibilité pour l’Etat de payer les spoliés qui se sont laissés, soutient-il, prendre à l’appât du gain facile avec des taux de placement qui défient tout entendement. Des complicités qui ont favorisé l’essor de l’activité, tout au moins en ce qui concerne Icc services. Complicités sans lesquelles, selon lui, Guy Aplogan, Emile Tégbénou et consorts n’auraient pas réussi à aller aussi loin dans cette activité. Pour ce qui le concerne, il clame haut et fort qu’il ne se signale pas là où subsistent des affaires troubles, rappelant qu’il demeure plutôt dans le pré-carré de choses en phase avec sa conscience et ses obligations. D’autres «gros bonnets » comme lui passeront aussi devant les mêmes juges, qu’ils soient des cadres, d’anciens dirigeants ou responsables en fonction. Auront-ils, sans contrainte, le courage de procéder de même que le ministre d’Etat, Pascal Irénée Koupaki ?
C’est rare au Bénin, qu’un responsable de sa trempe se prête avec autant de disponibilité à un tel exercice. Y sacrifier, fait tomber le sentiment d’une justice à double vitesse: rigide à l'égard des pauvres gens, souple et complaisante avec la caste des privilégiés. Pascal Irénée Koupaki a eu le mérite de faire tomber le mythe. D’autres devraient suivre son exemple !.

Actualités 18 déc. 2018


Affaire Icc services et consorts: De troublantes révélations à la barre de la Criet

La première session criminelle au titre de l’année 2018 de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) s’est ouverte ce lundi 17 décembre au siège de la juridiction à Porto-Novo. L’audience criminelle a démarré par l’affaire Icc services avec de troublantes révélations à la barre, mettant surtout à nu la vaste supercherie qui a caractérisé les structures illégales de collecte d’épargne et de placement d’argent de 2006 à 2010 au Bénin.

La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) démêle, depuis ce lundi, l’écheveau de l’affaire dite Icc services (Investment consultancy and computering services), du nom de la principale structure de collecte illégale d’épargne et de placement de capitaux ayant opéré, de 2006 à 2010, à la manière du système de Ponzi. L’affaire est le premier dossier par lequel la Criet a démarré les travaux de sa première session criminelle au titre de l’année 2018. Six accusés étaient à la barre hier sur les dix attendus. Il s’agit de Guy Athanase Akplogan, enseignant d’informatique à l’université, né le 2 mai 1962 au Bénin et président directeur général de Icc services ; Ludovic Pamphile Dohou, gestionnaire d’entreprise né le 1er juin 1959 à Cotonou et directeur général de Icc services ; Etienne Tchihoundjro, opérateur économique né vers 1966 et directeur financier de Icc services ; Emile Comlan Tégbénou, gestionnaire des banques né le 30 avril 1958 et directeur provincial Ouémé/Plateau de Icc services. Les deux autres accusés ont noms: Michel Sèwè Agbonon né vers 1980, informaticien de carrière et Clément Sohounou commerçant à Lalo né vers 1983. Les accusés Murielle Kouton, Brice Kouton, Grégoire Cocou Ahizimè et Justin Dimon qui ont bénéficié entre temps d’une liberté provisoire n’ont pas répondu à la convocation de la cour. Ils étaient tous absents en dépit des diligences régulières du parquet spécial près la Criet pour les contacter. Le procureur spécial près la Criet, Gilbert Ulrich Togbonon, a requis que le cas de ces quatre accusés absents soit disjoint de celui des autres pour une bonne administration de la justice. La cour a suspendu les travaux afin d’examiner la demande du ministère public. Au retour de la suspension, la cour a donné droit aux réquisitions du procureur spécial près la Criet en dissociant les cas des accusés Murielle Kouton, Brice Kouton, Justin Dimon et Grégoire Cocou Ahizimè, coordonnateur de l’Agence nationale de surveillance des structures financières décentralisées au moment des faits, de ceux des six autres. Ils seront examinés plus tard. Le président de la cour, Cyriaque Dossa, ordonne ensuite la poursuite de l’audience de céans. Comme témoins ou sachants de l’affaire, il y avait Pascal Irénée Koupaki, alors ministre d’Etat chargé du Développement et président du comité de crise de l’affaire Icc services et consorts; Constant Amoussou, procureur général près la Cour d’appel de Cotonou au moment des faits ; Victor Prudent Topanou, ex-ministre de la Justice, de la Législation et des Droits de l’homme ; Armand Zinzindohoué, ex-ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique et le directeur général de l’Agence nationale de surveillance des structures financières décentralisées, Louis Biaou. Les cinq témoins ou sachants ont été isolés dans la salle qui leur est réservée à cet effet pour une bonne administration de la justice. Plusieurs autres témoins ou sachants sont attendus, notamment le directeur général de la Police républicaine, le président de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers du Bénin, le directeur national de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) et le président de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif). Ce dernier a saisi la cour d’une correspondance dans laquelle il fait part d’une certaine obligation de réserve professionnelle que lui impose la loi vis-à-vis de ce dossier et qui ne lui permet pas de passer à la barre déposer, fût-il en tant que sachant. La cour a pris acte de la lettre et a lancé les débats proprement dits.

Les faits…

D’entrée de jeu, le président de céans a rafraichi la mémoire à toute la salle avec le résumé des faits. Selon Cyriaque Dossa, courant 2006, les nommés Guy Athanase Akplogan, ingénieur en informatique, Emile Comlan Tégbénou, Ludovic Pamphile Dohou et Etienne Tchihoundjro, tous fidèles de l’Eglise du christianisme céleste ont créé une organisation non gouvernementale dénommée Investment consultancy and computering services (Icc services) ayant pour activités la collecte de l’épargne sous forme de tontine et d’entraide entre les fidèles de cette congrégation religieuse. En décembre 2006, ils ont élargi et transformé ces activités au placement de fonds avec un taux de 160% l’an, soit 40% par trimestre, sans aucun agrément et ce, contrairement à la réglementation en la matière. Les promoteurs de cette structure de placement se sont octroyés d’importants postes. Progressivement, ils ont quitté le cadre de l’église et ont étendu la collecte de fonds à d’autres couches sociales sur toute l’étendue du territoire national en faisant appel au public. Dans sa manœuvre, le sieur Guy Athanase Akplogan a fait croire à ses associés que les fonds collectés sont placés en ligne pour générer de gros intérêts, mais en réalité le mode opératoire consistait à faire payer sous forme d’intérêts aux anciens épargnants les fonds collectés auprès des nouveaux. Cette activité illégale de placement leur a permis d’amasser des fonds estimés à plusieurs milliards de francs CFA. Pour des problèmes de dysfonctionnement internes à l’Ong, certains des membres du Conseil d’administration ont commencé par créer leurs propres structures et acquérir des biens avec les fonds collectés, ce qui a engendré des difficultés de remboursement en fin d’année 2009. Au moment où les activités de Icc services prospéraient, son succès de l’heure a fait des émules. En effet, courant cette période, des jeunes, pour la plupart, à la recherche d’emploi et animés d’un esprit entrepreneurial, se sont lancés dans la création d’organisations non gouvernementales. S’inspirant de l’essor de Icc services, ces jeunes ont très tôt détourné ces Ong de leurs objectifs initiaux en se livrant à des activités de microfinance et de placement de fonds sans aucune autorisation préalable. L’ambition qui était la leur les a poussés à proposer au public à coups de publicité, des taux d’intérêt exorbitants allant jusqu’à 300%, taux supérieurs à ceux appliqués par Icc services et donc de très loin à celui légal. L’initiative de ces jeunes a rencontré l’adhésion d’une grande partie de la population, laquelle a très tôt afflué vers ces structures de placement de fonds en y déposant une bonne partie de ses économies. A l’instar d’Icc services, leur manœuvre a consisté à se servir d’une partie des fonds des nouveaux déposants pour payer les anciens, faisant ainsi croire aux populations que les intérêts proviennent effectivement du placement en ligne (Internet) : les fonds restants sont utilisés par les promoteurs à des fins personnelles. Ceux qui ont des connaissances en informatique ont choisi l’option de placement en ligne tandis que les autres, plus nombreux, ont utilisé les fonds amassés comme capitaux d’investissement. A partir de l’année 2010, la crise est devenue manifeste. Les différentes institutions impliquées sont près de 200 dont 67 se sont déclarées dans le cadre de la procédure judiciaire enclenchée. 18 de ces structures s’étaient retrouvées en cessation de remboursement dont Icc services, Africa style finance de François Francisco Mawuko, Bc Kash de Priscilia Okochukwu, A2S international Sa de Isboulaï Assani ; Persian Gulf Funds international de Jule Christian Kassouin ; Groupe Concorde international de Gloire Carol Dossou Akplo; Ong Sauvons l’Afrique de Rémy Bossè ; Ong Mission internationale d’évangélisation et de réveil spirituel du pasteur Comlan Ouéounou ; Ng Unidel de Romuald Zannou ; Ong Global Finances Africa de Kouami ; Meilleure vie pour tous de Wilfrid Bédié ; Franco Stégo et fils de Stéphane Haïkou ; Volontaire de l’éducation et du développement durable (Vedd-Bénin) de Carole Adandé ; Succès et prospérité de Jean Maxime Odilon Kantchédé ; Ong Rodipej d’Edgard Fanou ; société Padd Finance et El-Olam Groupe Sa de Charles Dansou Comahoué ; Ong Africa Vision international de Ebénézer Akpado et Ong Conseil investissement-collecte et crédit de Ghislain Yèkpè. Le mécontentement et la réaction vive des déposants ont amené le gouvernement à prendre le dossier en charge. Celui-ci a créé des comités à cet effet. Il s’agit du comité de crise et du comité de pilotage et de la commission d’enquête judiciaire. En septembre 2010, la délégation dépêchée par le Fonds monétaire international a évalué les fonds illégalement perçus à 155,6 milliards F Cfa avec la réserve que le montant total des dépôts collectés pourrait être revu à la hausse. Le 27 janvier 2010, une plainte du ministère de l’Economie et des Finances (Mef) a été déposée entre les mains du procureur de la République près le Tribunal de première instance de Cotonou contre les promoteurs des institutions financières décentralisées en cause. Une information a été ouverte et a conduit à l’enrôlement du dossier à la session d’assises passée de la Cour d’appel de Cotonou.

L’incident soulevé relativement à l’auteur des rapports d’expertise psychologique a amené la formation à remettre la cause à une session ultérieure. Laquelle cause est transférée à la Criet en vertu de l’article 20 de la loi instituant cette cour, précise le président Cyriaque Dossa.

230 millions FCfa pour un agrément ?

Guy Athanase Akplogan a été le premier accusé à être appelé, hier à la barre. Il sera autorisé à déposer assis, sur dérogation requise du ministère public et accordée par la cour. Teint clair moustache fournie et des cheveux bien taillés, le président directeur général d’Icc services est apparemment bien en forme. Il est vêtu d’une tenue locale «bohounba» de tissu bazin de couleur blanche. Guy Athanase Akplogan a expliqué de long en large à la cour le fonctionnement de sa structure qu’il a créée le 15 décembre 2006 avec son parent Emile Tégbénou. Il a créé cette structure, selon ses dires, pour venir en aide aux fidèles célestes. La structure mène plusieurs autres prestations, notamment en informatique. Mais vu le succès des activités de collecte d'épargne, il a décidé en avril 2007 d’aller plus loin en l’immatriculant au registre de commerce et du crédit mobilier et à l’Insae. Ce qui lui a permis d’élargir ses activités de collecte d’épargne de crédit sur le terrain. En 2008, il a été reçu en audience par le directeur de cabinet du président de la République, Nestor Dako. Ce dernier aurait salué cette activité qui permet aux déposants de gagner des intérêts mirobolants allant jusqu’à 200, voire 400% du capital déposé. Nestor Dako lui a demandé d’aller ouvrir une agence chez lui à Lalo. En 2009, il a reçu la visite des responsables de l’Agence nationale de surveillance des structures financières décentralisées qui lui ont demandé de se rapprocher d’eux pour obtenir l’agrément qui lui permettra de sortir de l’informel. Sinon jusque-là, à en croire Guy Akplogan, il n’avait jamais su que le secteur était régi par une loi. Il s’est lancé dans les formalités d’acquisitions de l’agrément. Il a remis sept millions de F Cfa dont deux millions d’Emile Tégbénou au coordonnateur de l’Agence nationale de surveillance des structures financières décentralisées, le sieur Grégoire Cocou Ahizimè, comme frais d’accomplissement de cette formalité administrative. Mais jusqu’ici, il n’a pas reçu cette pièce. Il a appris d’Emile Tégbénou qu’il a remis 223 millions F Cfa au même coordonnateur pour le même document. Ce qui fait au total 230 millions F Cfa que sa structure a investi pour l’obtention de cet agrément. Lequel agrément coûte zéro franc Cfa, selon le directeur général de l’Agence nationale de surveillance des structures financières décentralisées, Louis Biaou, qui était adjoint de l’ex-coordonnateur Grégoire Cocou Ahizimè. Louis Biaou dit être surpris des révélations de Guy Akplogan sur son ancien patron. Il a expliqué toute la procédure d’obtention de l’agrément qui doit être signé par le ministre de l’Economie et des Finances après avis technique favorable de son agence et la Bceao à Dakar au Sénégal. L’accusé a expliqué que les difficultés liées à la délivrance de cet agrément l’ont obligé à solliciter une audience auprès du chef de l’Etat, Boni Yayi. Cette audience a lieu le 10 février 2010 au palais de la Marina. Le président Boni Yayi l’a confié à ses conseillers techniques, Feu Géro Amoussouga et Christophe Aguessy. Ceux-ci ont été instruits de leur faciliter la tâche et leur permettre de sortir de l’informel. Ils ont été conseillés de transformer la mutuelle en une Ong Icc services. Ils en étaient là quand les problèmes ont commencé à la suite d’une invitation pour une audience au ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique le 10 juin 2010. Ils ne savaient pas que c’était pour les arrêter. Face aux interrogations du président de la cour, Guy Akplogan reconnaît avoir bénéficié de beaucoup d’appuis au niveau de l’administration publique.

Koupaki dépose

Mais ces relations émanent beaucoup plus de Emile Tégbénou qui avait des bras longs même jusqu’au chef de l’Etat Boni Yayi au nom de qui il faisait des dons et autres œuvres sociales, avoue Guy Akplogan. Il est allé jusqu’à reconnaitre, sur question du ministère public, l’existence d’une fiche relative au déblocage de la somme de 25 milliards F Cfa par sa structure qui devrait servir au payement des salaires aux fonctionnaires. L’accusé dit avoir vu cette fiche dans la foulée lorsqu’il était en prison mais il ne reconnait pas avoir signé un tel document. Guy Akplogan a été amené par la cour à révéler les noms de ceux qui ont bénéficié de facilités de sa part. Il cite l’ancien ministre Victor Prudent Topanou à qui il a donné la somme de deux millions F Cfa et le roi d’Akassato à qui il a offert un bus. L’ex-ministre d’Etat chargé du Développement, au moment des faits, Pascal Irénée Koupaki a aussi déposé à la barre ce lundi. Mais en tant que sachant. Il a dit qu’il n’a entendu parler pour la première fois du mot Icc services que le mercredi 19 mai 2010. La question a été abordée en divers au cours de ce Conseil des ministres. Face à l’urgence, il y a eu par la suite des travaux. Travaux au cours desquels, dit-il, il a constaté qu’il était pratiquement seul à ne pas être au parfum de cette supercherie. Les travaux ont abouti à la mise sur pied d’un comité de crise qu’il a été presque contraint par le chef de l’Etat de présider. Il s’agissait pour lui d'employer ses compétences techniques afin de trouver les voies et moyens pour contenir la situation vu la masse d’argent amassée et le nombre des déposants spoliés qui étaient à 90% dans l’Atlantique, le Littoral et l’Ouémé. Pascal Irénée Koupaki estime que si les choses en sont arrivées là, c’est que l’information n’a pas bien circulé ou du moins les systèmes d’alerte bancaire ou des renseignements généraux de l’Etat n’ont pas fonctionné. Car, la chaîne devrait rompre à un moment donné au niveau de ce système de collecte et d’épargne qui évolue à la manière du système de Ponzi. En tant que président du comité de crise, il dit avoir fait ce qu’il pouvait pour maîtriser la situation. Il a créé le comité de suivi qui était présidé par l’Agent judiciaire du Trésor, Sévérine Lawson, qui a tenté de payer certains déposants à partir des fonds gelés et des biens saisis. Les débats se poursuivent ce matin, toujours avec les accusés poursuivis pour association de malfaiteurs ; escroquerie avec appel au public ; exercice illégal d’activités bancaires et de microfinance et corruption, recel de produits d’escroquerie et complicité. Ils sont défendus à la barre par Mes Hervé Gbaguidi, Gilbert Attindéhou et Hugot Koukpolou représentant Me Fulbert Béhanzin. Le collectif des victimes est défendu par Mes Gustave Kassa et Alain Orounla. L’Etat béninois est représenté par Mes Olga Anassidé, Spéro Quenum et Me Pacôme Okoundé représentant Me Romain Dossou.

Actualités 18 déc. 2018


Géant meeting de célébration des mérites du président Talon : Les grandes réalisations du Pag mobilisent trois communes

Les populations de Ouidah, Kpomassè et Tori-Bossito (OKT) se sont mobilisées, samedi 15 décembre dernier, pour prendre d'assaut le stade municipal de la ville de Ouidah, à l’initiative de Mathieu Adjovi, président de l’Association interprofessionnelle du coton (Aic). L’objectif de ce grand rassemblement est de célébrer le mérite du président Patrice Talon, digne fils de cette commune dont les actions, à la tête de l’Etat depuis le 6 avril 2016, suscitent admiration. A l’occasion, six ministres du gouvernement ont expliqué ce qui est fait ainsi que ce qui est prévu dans le Programme d’actions du gouvernement (Pag) pour Ouidah, Kpomassè et Tori-Bossito.

Un exercice plaisant devant une population fortement mobilisée venue de trois communes. Les grandes réalisations du Programme d’actions du gouvernement ont été expliquées aux populations de Ouidah, Kpomassè et Tori-Bossito. Elles ont été ainsi éclairées sur ce qui est fait, ce qui reste à faire et les ambitions du président de la République pour cette communauté qui adhère à sa gouvernance, accompagne ses actions et par conséquent reste unie derrière lui, comme l'on peut le lire sur les différentes banderoles déployées au fronton des bâches installées de part et d’autre du stade municipal de Ouidah, samedi dernier. Oswald Homeky, ministre du Tourisme, de la Culture et des Sports, salue ce sens de responsabilité des populations. « Nous aurions pu être un gouvernement de première pierre que nous aurions déjà terminé le Pag en première pierre », affirme-t-il. Selon lui, le gouvernement a choisi d’agir avant de parler. C’est à cet exercice d'explication que lui et ses collègues s’étaient employés sous un soleil de plomb.
A son tour, le ministre de l’Eau et des Mines, Samou Adambi, a informé que le mardi 18 décembre, sa délégation et celle des maires de l’Atlantique seront à Kpomassè pour lancer le projet d’adduction d’eau pour le département de l’Atlantique. « Tout est prêt pour que nous puissions avoir les 41 forages à motricité humaine dans les communes de l’Atlantique », a fait savoir Samou Adambi. Il est prévu vingt latrines publiques, huit adductions d’eau villageoise, deux points d’eau autonomes et une adduction d’eau villageoise (Aev) multi-villages. Ces travaux vont démarrer avant la fin de l'année, a rassuré le ministre de l’Eau et des Mines.
Pour sa part, Jean-Claude Houssou, ministre de l’Energie, a rassuré la population que derrière les cadres de Ouidah-Kpomassè-Tori-Bossito, il y a le président Patrice Talon, déterminé à changer durablement le Bénin.
Dans le domaine de l'énergie, plus de vingt localités des trois communes seront électrifiées avec extension du réseau. Les années 2018-2019 seront historiques pour une trentaine de localités. Les études des projets sont terminées. « Je vous donne la parole du gouvernement que les réalisations seront une réalité et je vous donne rendez-vous prochainement dans ces localités pour les travaux», lance Jean-Claude Houssou, ministre de l’Energie.

La route pour le développement

Pour ce qui est des infrastructures routières, les trois communes sont en pole position, d’après les explications d'Alassane Séidou, ministre des Infrastructures et des Transports. Elles bénéficieront de routes qui vont faciliter la mobilité des populations et des biens. Il s’entend que sans route, il n'y pas de développement. C’est pourquoi le chef de l’Etat et son gouvernement se sont engagés dans une dynamique qui va permettre dans les mois et années à venir d’avoir des routes dignes du nom qui vont conduire au développement, note Alassane Séidou. A titre d’exemple, il a évoqué la Route des pêches phase 2 qui part du village Adounko jusqu’à la porte du non-retour avec différentes bretelles. « Beaucoup de projets sont encore à l'étape d'étude et nous sommes suffisamment avancés. Ces projets connaîtront un début de concrétisation les semaines à venir», a rassuré Alassane Séidou soulignant le bitumage de la route Kpomassè, Avakpa, Allada ainsi que celui de la route Tori-Ouédo, et la réalisation du pont sur le lac Toho. Le projet de dédoublement de la route Ouidah-Hillacondji est également prévu. Pour faire face aux problèmes rencontrés par les populations et y apporter de solutions, souligne Alassane Séidou, le gouvernement a pris des initiatives pour la réfection de certaines routes ainsi que des pistes de desserte rurale.
Les efforts déjà consentis pour l’amélioration du cadre de vie, selon José Tonato, ministre du Cadre de vie et du Développement durable, ont changé le visage du Bénin. Depuis avril 2016, le Bénin a une chance inouïe d'avoir comme président Patrice Talon. Entre autres projets emblématiques qui sont dans la phase de réalisation, le lancement de la digue immergée d'Avlékété de quatre kilomètres de façade balnéaire pour accueillir des hôtels de classe internationale en soutien au développement touristique, le projet de la Faseg qui va s’installer à Ouidah à partir de la rentrée 2018-2019. Le projet de gestion des déchets dans le Grand Nokoué n’a pas été occulté dans les explications du ministre, ainsi que le marché de Pahou bénéficiant d'un investissement de plus de deux milliards.
Toutes choses qui ont rassuré Célestine Adjanohoun, maire de la commune de Ouidah ainsi que les populations de Ouidah-Kpomassè-Tori-Bossito peu informées jusque-là des ambitions que nourrit le gouvernement à leur endroit.

Actualités 17 déc. 2018


Tractations pour les législatives 2019: Des militants Usl de l’Ouémé lâchent Ajavon pour Talon

Les actions du chef de l’Etat, Patrice Talon, ont séduit des militants à la base du département de l’Ouémé de l’Union sociale libérale (Usl) de Sébastien Ajavon. Ils ont décidé de quitter ce parti pour rejoindre les deux blocs de la mouvance présidentielle. Ils l'ont fait ce dimanche 16 décembre, à travers une déclaration sur le terrain de sport du Lycée Béhanzin de Porto-Novo à la faveur d’un meeting.

Le parti Union sociale libérale (Usl) de Sébastien Germain Ajavon perd des soutiens dans le département de l’Ouémé. Plusieurs centaines de ses militants à la base ont décidé de le quitter pour aller vers les blocs de la majorité présidentielle, à savoir le parti Union progressiste et le Bloc républicain. Ils l'ont fait savoir à la faveur d’un meeting qu’ils ont tenu ce dimanche 16 décembre, sur le terrain de sport du Lycée Béhanzin de Porto-Novo. La rencontre a été sanctionnée par une déclaration lue par Maximilien Ogain. «Nous proclamons publiquement que nous, militants de base de l’Union sociale libérale, adoptons désormais comme boussole le Programme d’actions du gouvernement et nous nous engageons à accompagner le président Patrice Talon dans la réalisation de ce programme », souligne-t-il. Maximilien Ogain et ses pairs disent avoir pris cette décision après maintes réflexions et concertations par rapport à l’actualité politique nationale ces derniers jours, faite surtout de création de partis et d’adhésion à des groupes politiques plus grands dans le cadre de la mise en conformité avec la nouvelle charte des partis politiques en vue des législatives de 2019. Par ce choix, les militants disent vouloir toujours en phase avec le mot d’ordre de Sébastien Germain Ajavon, sorti 3e lors de la présidentielle de 2016, et les appelant à voter pour le second tour de cette élection en faveur du président Patrice Talon, alors candidat et membre de la coalition de la Rupture. Pour eux, il n’est point question maintenant de tourner dos à la Rupture. « Nous avons opté en 2016 pour la Rupture. La Rupture est en marche et ce n’est pas le moment de se retourner », insiste le porte-parole des désormais ex-militants Usl. Maximilien Ogain et consorts, à travers cette décision de ralliement, entendent prendre leur destin en main. Pour eux, la ligne directrice de la marche politique des militants à la base comme au sommet doit être l’intérêt général, l’amour du pays et surtout la construction du pays au profit de sa jeunesse. Aujourd’hui, à les en croire, l’intérêt du peuple est incarné à travers le Programme d’actions du gouvernement (Pag) du président Patrice Talon. Ce programme impacte positivement le département de l’Ouémé à travers plusieurs réalisations et chantiers ouverts. Toutes choses qui séduisent ces ex-militants Usl qui invitent leurs pairs à suivre la vision de développement du Bénin du président de la République, et à se mobiliser pour la réussite du quinquennat. « Nous invitons chaque militant à la base selon ses affinités à rejoindre, dans chaque village, chaque arrondissement ou chaque commune, soit l’Union progressiste, soit le Bloc républicain », invite le porte-parole des manifestants venus des neuf communes de l’Ouémé dont Avrankou, Porto-Novo, Dangbo, Sèmè-Podji, Aguégués et Akpro-Missérété.

Politique 17 déc. 2018


Lutte contre la pollution à Cotonou: Maintenir le cap

Fin de la pagaille à Cotonou, devenue une ville dépotoir du fait de l’incivisme des citoyens qui s’illustrent en pollueurs attitrés. Les jets d’ordures çà et là dans la ville connaissent désormais un début de solution grâce à l’implication du procureur de la République près le tribunal de première instance de première classe de Cotonou. L’idéal est de maintenir le cap, pour que Cotonou garde son statut de ville où la pollution n’aura plus droit de cité.

Interpellation, répression puis sensibilisation. C’est désormais les moyens mis en œuvre pour arriver à bout des actes de pollution dans la ville de Cotonou, devenue ville dépotoir. La pollution a atteint son point culminant dans cette commune à statut particulier où les tas d’ordures jonchent les artères. Les quartiers réputés insalubres répugnent en raison des tas d’immondices qui s’y trouvent. Mais l’intervention, récemment, des éléments de la police républicaine sur instruction du procureur de la République près le tribunal de première instance de première classe de Cotonou a eu un impact considérable. Les pollueurs paient désormais pour leur forfait. Des condamnations de certains devant le tribunal sont prononcées. D’autres sont en instance de jugement. Et la ville retrouve sa beauté, loin des tas d’ordures qui, autrefois, indisposent les usagers. Depuis lors, une prise de conscience collective se note au sein des populations qui savent désormais que les rejets d’eaux usées, de déchets ou de vidange dans les caniveaux, ou tous les autres actes de pollution, sont prévus et punis par la loi.
L’implication du procureur de la République près le tribunal de première instance de première classe de Cotonou dans la lutte contre la pollution à Cotonou a eu un impact significatif. Le procureur a noté, au détour d’une descente sur le terrain un changement de comportement. Les habitudes ont changé. Les rues sont systématiquement balayées et les tas d’ordures dégagés même dans les quartiers populeux qui battaient, jadis, le record de l’insalubrité. « Nous avons pris le flambeau et nous allons continuer la lutte jusqu’à faire en sorte que les lois de ce pays soient respectées. Nous allons travailler à faire en sorte que chacun puisse prendre part à l’assainissement de la cité parce que le droit à un environnement sain fait partie des droits de l’Homme », rassure le procureur Mario Mètonou.

Changer les mauvaises habitudes

C’est l’idéal à souhaiter pour sortir la ville de Cotonou de son état d’insalubrité qui la déclasse des villes modernes. « Les consignes sont données aux éléments de la police républicaine pour que la répression se poursuive jusqu’à ce qu’il y ait un changement significatif dans les habitudes des Béninois ». Ces propos du procureur témoignent de son engagement et sa détermination à poursuivre ce combat. Il ne compte pas s’arrêter tant qu’il n’y aura pas de changement significatif dans les habitudes des citoyens béninois. Pour parer aux nuisances environnementales, il est urgent de maintenir le cap, pour le bonheur des populations.

Les implications

L’article 15 de la loi n°98-030 du 12 février 1999 portant Loi cadre sur l’environnement en République du Bénin dispose : « Nul ne doit émettre, déposer, dégager, rejeter ou permettre l’émission, le dépôt, le dégagement, l’enfouissement ou le rejet dans l’environnement d’un contaminant au-delà de la quantité ou de la concentration prévue par les lois et règlements. Quiconque se rend coupable d’une pollution de l’environnement est tenu d’en réparer les conséquences conformément aux dispositions de la présente loi et des règlements y afférents, et sans préjudice de l’application à son encontre des dispositions du code pénal ». A l’article 16, il est dit : « Quiconque est responsable ou a connaissance de la présence accidentelle dans l’environnement d’un contaminant doit en aviser les autorités compétentes sous peine de poursuites pénales ». Autrement dit, la responsabilité des citoyens est grande en matière de veille et de protection de l’environnement. Les ménages doivent s'abonner aux structures de pré collecte qui s’occupent de l’enlèvement des ordures. La municipalité a ainsi un rôle à jouer dans la réorganisation de la gestion des ordures ménagères.

Société 17 déc. 2018


Adaptation aux changements climatiques: La nécessaire implication des communautés

Le changement climatique sévit avec son lot de menaces sur la communauté si vulnérable à ses effets néfastes. Si le secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies plaide pour une attention soutenue des dirigeants mondiaux à ce phénomène, selon certains responsables d’Organisations non gouvernementales spécialisées, l’urgence est d’impliquer les communautés.

Le défi climatique appelle à l’action. Telle est la conviction du secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (Onu), Antonio Guterres. C’était lors du forum de Paris sur la paix tenu du 11 au 13 novembre dernier en présence de plusieurs chefs d’Etat. «L’horloge tourne déjà. Si nous ne changeons pas de cap dans le futur immédiat, nous perdrons le contrôle de la situation », a indiqué le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres. Il ne sert à rien de construire des châteaux de sable avant une grande marée en prétendant être des ingénieurs, a-t-il poursuivi.
Selon ses propos, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) a produit un récent rapport sur l’évolution du climat. Ce document devrait alerter la communauté internationale, car les réalités sur le terrain dépassent aujourd’hui les prévisions les plus pessimistes, selon les propos du secrétaire général des Nations Unies. « Le changement climatique va malheureusement bien plus vite que nous-mêmes. Les désastres naturels deviennent plus fréquents, plus intenses, plus destructeurs. La désertification progresse (…), dans un contexte de réchauffement climatique, d’inégalité et de conflit », a indiqué Antonio Guterres.

Promouvoir des pratiques endogênes

Des Organisations non gouvernementales, spécialisées sur les thématiques de l’environnement estiment que les menaces du dérèglement climatique s’intensifient avec ses corollaires. Les inondations qui continuent de sévir et qui causent des dégâts au sein des populations, la sécheresse, la chaleur qui est très forte, les conséquences sur l’agriculture qui doit beaucoup plus s’adapter aux différents changements climatiques. C’est sur ces différents paramètres qu’il faut agir, et cela ne peut se faire sans impliquer les communautés, conseillent certains spécialistes de l’environnement. Ils recommandent de rechercher les moyens de s’adapter pour atténuer les effets des changements climatiques sur les populations.
Selon Carin Karl Atondé, chef de projet à l’Ong Jeune volontaire pour l’environnement (Jve), la résilience des communautés face aux changements climatiques appelle à la promotion des pratiques endogènes. D’après lui, il faut impliquer les communautés, puisque cette résilience les concerne intrinsèquement et elles ont à leur niveau un certain nombre de pratiques et d’actions qui peuvent être modernisées, améliorées, actualisées et remises au goût du jour pour avoir gain de cause. « L’Etat béninois, en terme de dispositif réglementaire de cadrage politique, fait un bon boulot en mettant à la disposition des organisations de développement et des Organisations de la société civile un arsenal de document qui permet d’orienter nos différentes actions, de nous arrimer effectivement à la politique et à la danse internationales qui sont enclenchées sur les thématiques », détaille Carin K. Atondé.
Toutefois, il estime que la résilience est très difficile à atteindre. Jve Ong procède à la sensibilisation des populations, passe l’information et fait du lobbying auprès des politiques et des autorités administratives du pays. Elle participe également aux réunions internationales afin de suivre les avancées en terme de négociation et aussi pour partager les positions des Osc sur les questions climatiques. A travers l’un des projets qu’elle met en œuvre, elle renforce l’autonomisation des femmes fumeuses de poissons sur le littoral au Bénin mais également participe à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Dénommé projet de renforcement de l’autonomisation des femmes fumeuses de poissons sur le littoral au Bénin, ce projet comporte plusieurs volets. L’un a trait à une technologie de construction de fours améliorés adaptés aux besoins exprimés par les femmes. L’autre concerne la formation d’une main d’œuvre locale. Dans ce centre, une trentaine d’artisans sont déjà formés à la construction des fours améliorés. Lesquels fours contribueront, selon les explications, non seulement à améliorer la qualité des poissons fumés, mais aussi à réduire l’émission des gaz à effet de serre, afin de préserver l’environnement.

Société 17 déc. 2018


Univers politique: La métamorphose

La révolution qui secoue ces derniers mois le monde politique béninois n’en finit pas d’hébéter plus d’un Béninois. Contre toute attente, l’hypothétique fin de la prolifération des partis politiques se produit. De plus de deux cents partis politiques, le Bénin passe à une dizaine après les regroupements des forces politiques d’hier.

Il y a peu encore, il était impossible de compter le nombre de partis politiques au Bénin. Lorsqu’on commence ce dénombrement, on s’épuise et abandonne l’inventaire. Le Bénin est en train de tourner progressivement cette page. Il compte désormais des partis politiques d’envergure nationale. Environ, une dizaine.
Du côté de la mouvance présidentielle, on compte cinq regroupements de partis politiques. Il s’agit de l’Union progressiste, du Bloc républicain. Ensuite, trois autres blocs qui ne veulent pas lâcher d’un pouce le chef de l’Etat malgré leur réticence à rejoindre les deux blocs d’origine. Le bloc dont se réclame le Prd (Parti du renouveau démocratique), celui dont se réclame l’Udbn (Union démocratique pour un Bénin nouveau) et la Dud (Dynamique unitaire pour la démocratie et le développement).
Pour le moment, du côté de l’opposition, le temps n’est pas encore au regroupement des forces politiques. Les cinq partis, à savoir : « La Rb (La renaissance du Bénin aile Soglo) », le parti Fcbe (Forces cauris pour un Bénin émergent), l’Usl (Union sociale libérale), Restaurer l’espoir et le Pcb (Parti communiste du Bénin) semblent chacun vouloir aller aux prochaines élections législatives en solo.
Ainsi, l’hypothétique pari de mettre fin à la prolifération des partis politiques au Bénin est en train de se réaliser contre toute attente. Mais non pas sans accrocs. Malgré la volonté du chef de l’Etat de limiter le nombre de ses partis à deux, trois autres s’accolent encore à lui et ne veulent pas se détacher d’un petit trait. Pour certains Béninois, ce nouveau développement dans la réforme du système partisan au Bénin traduit un échec de cette réforme politique dans sa phase pratique. Cela serait un échec si les trois blocs acquis au chef de l’Etat, Patrice Talon, sont devenus des transfuges. L’absence de compromis n’a heureusement pas fait voler en éclats la cohésion des forces de la mouvance au pouvoir. Au contraire, le désaccord sur leur fusion n’a nullement affecté la convivialité au sein de la famille de la mouvance. Une leçon de tolérance qui doit édifier le monde politique et servir de jurisprudence en matière de rapport interne entre les forces politiques de même tendance.
Même si l’hypothèse du divorce des forces politiques soutenant les actions du chef de l’Etat advenait (ce qui n’est pas encore le cas) on ne peut même pas arguer de l’échec de la réforme du système partisan. Tout au moins, cette réforme aurait atteint son objectif. Celui de réduire l’effectif de partis politiques au Bénin.

Actualités 17 déc. 2018


Capitalisation et partage d’expériences à Bohicon: Le Paphyr fait le bilan de deux ans d’activités

Des acteurs du secteur de l’assainissement et de pratiques d’hygiène en milieu rural se sont retrouvés, le vendredi 14 décembre dernier à Bohicon. Objectif : partager les expériences de terrain par rapport à tout ce qui a été fait aux premier et second tours de financement en faveur du Programme d’amélioration de l’accès à l’assainissement et aux pratiques d’hygiène en milieu rural (Paphyr).

Après deux ans d'intervention du Programme d'amélioration de l'accès à l'assainissement et des pratiques d'hygiène en milieu rural (Paphyr-Bénin) dans les départements couverts que sont ceux de l’Atacora, du Borgou, des Collines et de la Donga, 3989 localités ont mis volontairement fin à la défécation à l'air libre (Fdal) et ont été pré-certifiées Fdal. Dans le but de tirer les leçons de la mise en œuvre du second tour de financement des Agences de mise en œuvre déléguées (Amod) et de garantir la réussite des prochaines phases du Programme, cette rencontre de partage d'expériences est initiée avec lesdites Amod et les différents acteurs.
A l’issue des deux ans de mise en œuvre du programme dans les quatre zones d'intervention par les Amod, et grâce à l'approche Assainissement total piloté par la communauté (Atpc), les objectifs sont atteints. Le Paphyr vise, avant la fin des interventions, à toucher 8181 localités, 1931099 personnes et 244056 ménages dans 27 communes des quatre départements (Atacora, Borgou, Collines, Donga). Le but de cette approche est d’ailleurs d'amener des localités à un état de fin de défécation à l'air libre (Fdal) en favorisant la construction sans subvention initiale et l'utilisation plus efficace d'installations d'assainissement par les communautés, notamment les latrines hygiéniques.
En effet, c’est pour amener les communautés rurales à avoir un accès durable et équitable aux services d'assainissement, avec de bonnes pratiques d'hygiène, en vue d'accélérer l'amélioration de la santé et de la qualité du cadre de vie pour l'atteinte des cibles Omd et post Omd, que, le Paphyr-Bénin a été initié par le gouvernement béninois.
Au cours de cette rencontre de capitalisation tenue à Bohicon, Yadjidé Adissoda Gbèdo, la chef du Paphyr, tout en se réjouissant des résultats obtenus en deux ans, rappelle que la pérennisation des acquis demeure un défi. Et pour atteindre les objectifs du programme, indique-t-elle, il faut bien faire le point des expériences. « Mieux, il y a lieu de faire un retour sur l'ensemble des produits de la capitalisation que nous avons éprouvés lors de ce deuxième tour de financement », précise-t-elle, avant d’ajouter qu’« il n'y a pas de capitalisation sans une documentation sérieuse des succès et des échecs des actions accomplies sur le terrain ».
Elle sera appuyée par Akibou Osséni, chef service Hygiène-Assainissement du Mécanisme de coordination du Paphyr, qui reconnait que la capitalisation reste un volet très important dans le processus de conduite de tout programme. Elle apparaît, assure-t-il, comme une dynamique nouvelle au regard de ses contingences et exigences.

Société 17 déc. 2018


Campagne de formation des électriciens et installateurs au Bénin: La première vague démarre avec 300 bénéficiaires

Le ministre de l’Energie a lancé la campagne de formation des électriciens et installateurs au Bénin. Cette activité s’inscrit dans le cadre du projet de renforcement des compétences au cœur du développement durable, mis en œuvre par l’agence de Contrôle des installations électriques intérieures (Contrelec) avec l’assistance technique du Recaseb et le soutien financier de l’Union européenne. C’était vendredi 14 décembre dernier en présence du ministre des Petites et moyennes Entreprises et de la Promotion de l’emploi des Jeunes.

Sans ambages, le ministre de l’Energie, Jean-Claude Houssou, relève les défis de son secteur sous le leadership du président de la République. Après la tenue, il ya quelques jours, à Cotonou du Sommet international sur l’énergie en Afrique, débute la campagne de formation des électriciens et installateurs au Bénin. La première phase de cette formation prend en compte 300 bénéficiaires, pour atteindre 1500 bénéficiaires à l’horizon 2021. L’objectif est de favoriser l’entrepreneuriat et l’accès à un travail stable, porté sur l’avenir, valorisant et rémunérateur qui permet aux jeunes de mieux se faire former. Ils seront mieux outillés à l’issue de la formation sur les normes de sécurité et en mesure de produire un travail de qualité à forte valeur ajoutée, a indiqué le chef de la délégation de l’Union européenne, Oliver Nette. Selon lui, favoriser l’accès des jeunes à l’emploi reste la clé du développement. « L’Union européenne se réjouit d’avoir contribué à cette formation des artisans dans le domaine de l’énergie à travers le programme de Renforcement des capacités des acteurs du secteur de l’énergie au Bénin (Recaseb) », a souligné Oliver Nette. S’il est indispensable de développer des capacités de production et des réseaux, c’est encore mieux de former les hommes, poursuit-il. Mieux, ce sont ces hommes et femmes bien formés qui font la fierté d’un pays, soutient-il.
Jean-Claude Houssou pour sa part allègue que le développement des compétences est central avant toute action. Appréciant la mobilisation autour du projet, il a indiqué que, définitivement, le secteur de l’énergie sera opérationnel au Bénin. Mais il faut des hommes et des femmes qui ont la technicité requise, le savoir-faire nécessaire pour transformer durablement le secteur de l’énergie. Ces derniers seront dotés de kits d’intervention contenant des matériels pour leur permettre de conduire en toute sérénité et avec professionnalisme leurs activités pour le développement de ce secteur. « Au-delà du simple renforcement de capacité, il est envisagé de construire un corps de métier digne du nom, structuré, capable de soutenir la durabilité du secteur », a affirmé Jean-Claude Houssou. Il a salué l’agence Contrelec dont le dynamisme permet d’assurer la sécurité du secteur de l’électricité. A en croire le directeur de cette agence, Mohamed Masmaudi Saïzonnou, il est important de développer les ressources humaines adéquates pour soutenir le développement. Rappelons que le ministre des Petites et moyennes Entreprises et de la Promotion de l’Emploi salue l’initiative qui s’intéresse spécialement au secteur de l’artisanat. Il y a de bonnes raisons, à en croire Modeste Kérékou, de soutenir l’entrepreneuriat.

Société 17 déc. 2018


Approbation d’accords de prêt par la BAD et la Chine: 212 kms de route pour Djougou - Péhunco – Kérou – Banikoara

Le gouvernement vient de boucler le financement du bitumage de la « route cotonnière » du Bénin, à savoir Djougou-Péhunco-Kérou-Banikoara, longue de 212 kilomètres. Ceci, à travers l’approbation de deux accords de prêts au profit du Bénin consentis par le gouvernement chinois et la Banque africaine de Développement (BAD).

Enfin, dirait-on, le bitumage de la fameuse route cotonnière, ainsi nommée en raison de ce qu’elle déssert la plus grande zone de production cotonnière du pays. L’information a été rendue publique par le ministre d’Etat Abdoulaye Bio Tchané, vendredi dernier à travers un communiqué faisant état de deux accords portant sur un prêt de la Banque africaine de Développement (BAD) d’un montant de 78,7 milliards de francs CFA et un prêt du gouvernement chinois de 35,8 milliards de francs CFA. En plus de ces emprunts, le gouvernement béninois fait une contribution propre d’environ 5,0 milliards de francs CFA. Il s’agit, s’en réjouit le ministre Bio Tchané, d’une route qui va « contribuer à l’amélioration du réseau routier national, désenclave les populations et offre une excellente opportunité pour le développement de l’économie de la région », note t-il dans ledit communiqué. « Les travaux de cette route longue de deux cent douze (212) kilomètres linéaires, sont prévus pour démarrer au deuxième semestre de l’année 2019 pour une durée de trente (30) mois », renseigne-t-il également.
Grande contributrice à l’économie, la production cotonnière a atteint ces dernières années au Bénin des records historiques. Mais le trajet de transporte du coton, des champs cotonniers aux usines, est depuis des années dans un état tel qu’il ne favorise pas le trafic aisément, provoquant les courroux des transporteurs bien souvent. C’est bien un retour utile qui va s’opérer grâce à la construction de cette route qui traverse la zone la plus importante de production cotonnière du pays.

Actualités 17 déc. 2018


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