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Nouvelles

Projet de spectacle "FÂme" : Un hommage de Tériba au Fâ et à la femme
[caption id="attachment_31727" align="alignnone" width="1024"]Carine et Tatiana du groupe Teriba annoncent le projet FÂme[/caption]

Le groupe musical Teriba ouvre l'année 2019 avec un nouveau projet. Dénommé FÂme, combinaison de Fâ et de femme, ce projet fait le lien entre la culture à travers la science divinatoire Fâ et la gent féminine dans son évolution. Le projet est fait de spectacles où musique et art plastique (sonorité et visuel) serviront de canaux.

De février à mars 2019, le projet FÂme va se propager à l'interne avant de se porter, après mars, vers des horizons extérieurs. Cette initiative du groupe Teriba se concrétisera par des spectacles. Un mélange de vibrantes sonorités et d'arts plastiques. L'initiative vient, à en croire le groupe, en hommage à la nature et à la gent féminine. C'est une connexion entre la musique Teriba, le Fâ et la femme. « Autant le Fâ est la colonne vertébrale de notre culture, autant la femme est la colonne vertébrale de l'humanité », soutient Tatiana du groupe Teriba. Elle ajoute que l'essence de la musique de Teriba, c'est le naturel. A travers ce projet, Teriba se rapproche donc de son identité. « Nos spectacles vont s'inscrire dans le même style, notamment de la percussion, du vocal et un instrument acoustique, en l'occurrence la guitare... A travers ces spectacles, nous aborderons des thèmes qui sont en rapport avec la femme dans son évolution et ce qu'elle représente. On fera le lien entre comment la femme évolue dans la société et le Fâ qui est notre science divinatoire et notre identité profonde », fait savoir Tatiana.
L'originalité de ce projet tient de ce qu'il opère un lien culturel intrinsèque entre deux richesses d'une part et d'autre part en ce qu'il servira à sensibiliser filles et femmes sur leurs valeurs et sur les bonnes conduites qui sont attendues d'elles. Aussi, les hommes seront-ils sensibilisés sur la nécessité de bien entretenir la femme. «Comme on le dit, si tu restes fidèle aux valeurs et principes du Fâ, tu trouveras le bonheur. C'est pareil pour la femme. Un homme qui entretient sa femme et sait lui donner toute sa place, préserve un trésor inestimable », explique Tatiana.

A deux, et l'aventure
se poursuit

« Nous sommes aujourd'hui à deux, mais nous allons survivre, nous voulons que la musique Teriba survive », s'engage Tatiana. La rumeur sur la crise au sein du trio Teriba se confirme. En dépit du départ volontaire d'une sœur d'arme, Zékiath, pour ne pas la nommer, le groupe Tériba demeure et reste déterminé à faire parler de lui dans le monde, à laisser à la postérité un héritage. En effet, celle-ci a décidé de se séparer du groupe pour des questions de convenance. «Elle reste notre sœur, c'est quand même dix ans de vie ensemble», rassure Carine.
Bien que touché par le départ de Zékiath, le groupe n'entend pas baisser les bras. Bien au contraire, c'est pour les deux tenants, un nouveau défi. Celui de faire vivre et rayonner Teriba pour celles qui sont parties, celles qui sont là aujourd'hui et celles qui viendront demain. « Nous sommes là pour maintenir cette identité que Teriba a gagnée dans l'univers culturel. Nous voulons laisser à la postérité un héritage, faire en sorte que Teriba ne soit pas rattaché à des noms ou à des visages, mais que Teriba demeure pour les générations à venir. Pour Zékiath, pour toutes les autres qui sont parties et pour celles qui viendront, nous devons continuer », martèle Tatiana. « Teriba demeurera et continuera d'offrir de la musique, de l'émotion à ses fans. Avant le lancement de notre premier album, nous étions huit. Trois se sont désistées. Et rappelez-vous dans nos premières productions, nous étions cinq et quand nous étions à cinq, nous avons produit de la musique à cinq. Nous sommes devenus trois et nous n'avons pas manqué de produire de la bonne musique. A deux, nous continuerons à le faire. Encore qu'il y a de nombreuses personnes qui veulent rejoindre le groupe. Donc Teriba a de l'avenir. Avec ou sans, nos visages, la musique de Teriba survivra. Comme la musique de Poly Rythmo, qui survit bien que tous les membres fondateurs ne soient plus présents. Teriba sera toujours un groupe féminin, un groupe de voix, un groupe de percussion », assure Tatiana. Loin de se fermer, le groupe Teriba s'ouvre.

Culture 13 déc. 2018


Amélioration des conditions de travail de la Police républicaine : Cfao Motors Bénin offre trois cabines mobiles
[caption id="attachment_31726" align="alignnone" width="1024"]cfao[/caption]

La Police républicaine a reçu, hier mercredi 12 décembre, trois cabines mobiles de la part de Cfao Motors Bénin. La cérémonie fort simple de remise du don a eu lieu au carrefour de la pharmacie Camp Guézo en présence du Directeur général de la Police républicaine, Nazaire Hounnonkpè, et de celui de Cfao Motors Bénin, Laurent Schroeder.

La Police républicaine vient d’être renforcée dans sa mobilité dans la ville de Cotonou pour mieux servir la population. Elle a été dotée de trois cabines mobiles destinées à ses agents postés à des carrefours dans cette ville par le groupe Cfao Motors installé au Bénin.
Après avoir reçu les clés des cabines, au cours d’une cérémonie de remise symbolique au carrefour de la pharmacie Camp Guézo, le directeur général de la Police républicaine, Nazaire Hounnonkpè, a souligné que le geste du groupe Cfao Motors est le témoignage de sa compréhension de l’importance du rôle de la Police dans la cité. Au-delà de cette entreprise, toute société et tout citoyen peuvent poser le même pas afin de contribuer à renforcer le patrimoine et la logistique de la Police. « Nous ne ménagerons aucun effort pour protéger vos intérêts sur le terrain », a promis le directeur général de la Police républicaine. A l’en croire, ces cabines mises aussitôt en service permettront de mettre les fonctionnaires de Police à l’abri des intempéries et donneront aussi de la visibilité à la Police républicaine.
L’utilité des cabines offertes a été relevée par le directeur général de Cfao Motors Bénin, Laurent Schroeder. Selon lui, ces cabines mobiles contribueront au confort et à l’efficacité des agents de la Police républicaine. « Vous en ferez un bon usage pour assurer notre sécurité et celle de tous les habitants de Cotonou et du Bénin», a-t-il espéré. Dans un langage métaphorique, il a perçu la Police républicaine comme le système immunitaire d’un pays. Ainsi, a-t-il souligné, on a tout intérêt à ce que la Police se porte le mieux possible. Expliquant ce geste de Cfao Motos Bénin, Laurent Schroeder a assuré qu’en tant qu’entités vivant au sein d’une société, les entreprises se doivent de contribuer à l’effort de sécurité et de sérénité non seulement à travers les taxes, mais également à travers diverses actions. Mais il n’entend pas s’arrêter à ce seul don. Pour l’exercice 2019, il a promis de voir dans quelle mesure poursuivre cet effort.
Il convient de signaler qu’après avoir reçu les clés des cabines, le général Nazaire Hounnonkpè les a transmises au commissaire divisionnaire de Police André A. Okoundé qui à son tour les a remises au directeur départemental de la Police du Littoral, Dieudonné Agassounon.

Société 13 déc. 2018


Comportement et savoir-être en situation professionnelle : Pulchérie Nonnoumi conseille…
[caption id="attachment_31724" align="alignnone" width="1024"]Pulchérie Nonnoumi[/caption]

Etudier, c’est bon. Avoir des diplômes, c’est bien. Obtenir un travail est intéressant, mais le perdre du fait de son mauvais comportement est grave. Pour y remédier, Pulchérie Nonnoumi, auteure de plusieurs publications sur le comportement en milieu de travail, livre des astuces à travers son dernier ouvrage intitulé «Comportement et savoir-être en situation professionnelle ».

« Vous pouvez avoir tous les diplômes et toutes les compétences. Si le savoir-être vous fait défaut, vous ne pourriez jamais travailler ». Observation anodine à première vue, mais assez importante pour conserver son job. Combien ne sont-ils pas en effet à se retrouver à la porte du jour au lendemain du fait de leur mal-être en situation professionnelle ? De sa position d’observatrice, d’enseignante et même de cadre de l’administration, sans doute d’auteure aussi, Pulchérie Nonnoumi apporte un remède à ce mal à travers son dernier ouvrage. En quatre parties, elle décortique le mal, illustre et conseille. « C’est un ouvrage qui nous met sur les pistes d’une intelligence comportementale, un nouveau concept», soutient-elle. Le besoin de partager un tel savoir, de son point de vue, existe il y a longtemps et se fait insistant. De l’analyse de l’auteure, « le monde se dématérialise de plus en plus et donc aujourd’hui ce n’est plus seulement le savoir-faire qui est important ». On a besoin, note-t-elle, «de plus en plus de personnes qui sachent exactement comment se comporter à un moment donné parce que la plupart du temps, ce n’est pas le savoir-faire qui fait défaut, mais c’est surtout le comportement ».

Des clés…

Que faire alors ? C’est la réponse à cette interrogation qu’apporte « Comportement et savoir-être en situation professionnelle ». Pulchérie Nonnoumi y livre des clés pour gagner des points en situation de travail avec un comportement correct. Mais l’auteure ne limite pas le savoir-être au milieu professionnel. Elle va bien au-delà, dira le préfacier du livre, le professeur Alexis Gnanguènon. Ce livre est indiqué aussi bien pour les apprenants que pour les travailleurs, laisse-t-il entendre.
Dans sa présentation, il révèle que le livre est subdivisé en quatre rubriques réparties sur quatre chapitres à travers 213 pages. «Le savoir ne suffit pas pour travailler. Il faut le savoir-être. Tout le monde a été victime, une fois au moins, des comportements désagréables d’un travailleur », fait-il observer. L’ouvrage fait la synthèse des règles usuelles, mais basiques et nécessaires aussi bien en entreprise qu'en situation extraprofessionnelle. «Ce livre permettra de mieux gérer le cadre professionnel », souligne Alexis Gnanguènon. « Se présenter et saluer », « Aménager son espace de travail », «Se vêtir pour soigner son image», «Faire une critique professionnelle » sont les quatre chapitres du livre. L’auteure ne met pas les gants pour porter le doigt dans la plaie des mauvais comportements qui exaspèrent les usagers des lieux de travail. Des odeurs désagréables aux difficultés de collaboration, elle les évoque tous, sans oublier le manque d'égards qui frustre et empêche une bonne collaboration… Quid de la tenue ? Elle la suggère sobre avec des couleurs neutres et classiques. Elle conseille d’y ajouter de l’originalité. Elle propose d’éviter les tenues bon marché, les vêtements aguichants, les bracelets à cliquetis… Une critique osée, des observations et conseils avisés…, ainsi pourrait-on résumer ce livre dont le lancement, samedi 8 décembre dernier à l’Infosec de Cotonou, a mobilisé de nombreux usagers des administrations publiques et privées, des cadres, mais aussi d’apprenants et autres curieux et amoureux du livre.

Culture 13 déc. 2018


Mauvaise gestion des cantines scolaires: 61 directeurs d'écoles sanctionnés pour détournements de vivres

A la suite des 17 directeurs d'écoles, auteurs de détournements de vivres au niveau des cantines scolaires dont mention a été faite au cours du Conseil des ministres du 18 avril dernier, 61 autres fautifs ont été cités par le ministre en charge des Sports, lors du point de presse hebdomadaire de ce mercredi 12 décembre. Cette seconde vague de fautifs n’a pas non plus échappé à la sanction.

« Malgré des formations initiées à l'intention des gestionnaires des cantines scolaires et en dépit des sanctions infligées à la première vague de directeurs d'écoles mis en cause à la suite du contrôle d’octobre 2017, les missions d'investigations de janvier, février, mars et avril 2018 ont révélé de nombreux autres cas de détournements de vivres (riz, haricot, maïs, huile, pois jaune, sel) ». Le compte-rendu du Conseil des ministres du mercredi 12 décembre, présenté au cours d’un point de presse par le ministre Oswald Homeky, indique de nouveaux cas de détournements de vivres au niveau des cantines scolaires. Cette fois-ci, ils sont 61 responsables d’écoles incriminés. « A ces chefs d'établissements s'ajoutent quelques agents impliqués dans la gestion des stocks au niveau des écoles concernées. Les responsabilités sont à rechercher auprès des personnes mises en cause » et dont la liste figure dans le communiqué du Conseil des ministres.
De la présentation de la situation faite par le ministre, il ressort que « de façon générale, le mode opératoire des mis en cause consiste en une majoration frauduleuse des effectifs pour favoriser le prélèvement de quantités plus importantes de vivres ». Tenant compte de la détermination du gouvernement en matière de lutte contre l'impunité et l'abus des biens publics, poursuit-il, le ministre des Enseignements maternel et primaire a, à titre de mesures conservatoires, déchargé les directeurs concernés de leurs fonctions.
Sur l’ensemble des mis en cause, 17 directeurs d'écoles ont reconnu les faits de détournements, 13 ont reconnu les déficits constatés sans pour autant vouloir en porter la responsabilité, 31 responsables d'écoles se sont abstenus de répondre pour aider la commission à situer les responsabilités et un directeur d'école a vu sa responsabilité dégagée. « Le Conseil a pris acte de ce compte rendu et saisi cette occasion pour sensibiliser à nouveau les responsables d'écoles et les membres des comités de gestion à leur mission d'éducateurs », réaffirmant sa ferme volonté d’éradiquer l'impunité sous toutes ses formes.
Il y a quelques mois, à l’issue de la première phase de contrôle, le gouvernement avait « déploré un tel comportement de la part d’éducateurs » et appelé « au sens du devoir d’exemplarité vis-à-vis des apprenants, au sens de responsabilité qui leur incombe dans leurs communautés».

Actualités 13 déc. 2018


Inclusion financière: Le Bénin fait un grand bond dans la finance digitale

Le taux d’inclusion financière est passé de 2 % en 2014 à 38 % à fin 2017, avec le développement de la finance digitale. Malgré ce bond quantitatif remarquable, les opportunités qu’offrent les services financiers numériques pour le bien-être des populations restent peu exploitées.

Le Bénin connaît un bouleversement notoire dans son système financier avec le développement accéléré de la finance digitale. Quatre Béninois sur dix utilisent aujourd’hui les services financiers numériques qui étaient pratiquement inconnus du public, il y a cinq ans. Le taux d’inclusion financière s’est élevé à 38 % à fin 2017 (35 % en zone rurale) alors qu’il n’était que de 2 % en 2014, selon les chiffres de Global Findex, Gsma 2017.
L’état du marché béninois des services financiers digitaux, réalisé par la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao), au titre de la même année, indique que près de 2 millions de comptes clients sont actifs sur 6,5 millions enregistrés. Au total, 8,8 millions de transactions se font pour 156,5 milliards F Cfa par mois, soit plus de 5 milliards F Cfa d’opération par jour au Bénin. Avec 11,9 % comme part de comptes clients, le Bénin est le cinquième pays dans l’espace Uemoa.
Ce bond quantitatif est fait en dépit du fort taux d’analphabétisme de la population et ce grâce, entre autres, à l’Agence d’investissement de l’Onu, l’Uncdf, qui a lancé en 2015 le programme Mobile money for the poor (Mm4p) pour soutenir les banques, les opérateurs et les organismes de réglementation des réseaux mobiles, afin d’atteindre les millions de clients exclus du système bancaire ordinaire. En partenariat avec MasterCard Foundation, le programme collabore avec l’ensemble de l’écosystème des services financiers numériques (Sfn) pour renforcer les capacités techniques des parties prenantes et améliorer le marché par le développement de la banque à distance et des services financiers ainsi que les divers canaux pour y accéder.
L’objectif au départ était d’amener 12 % de la population à utiliser de façon active les services financiers numériques à l’horizon 2019 ; mais le boom observé a amené à réviser chaque année cet objectif, informe Bery Kandji, spécialiste en communication et gestion de connaissances à l’Uncdf.
Avec un fort taux de pénétration des téléphones mobiles (78 %), le numérique s’est révélé un véritable outil pour accéder aux services financiers et ainsi stimuler le développement économique.
Cependant, les populations vulnérables ignorent encore les nombreuses opportunités qu’offre le porte-monnaie électronique en termes de santé, d’éducation, d’accès à l’énergie, d’agriculture ; la plupart se contentant des opérations de dépôt et de retrait sur leurs comptes Mobile money. « Dans la sous-région, le Bénin est le seul pays où l’on n’est pas en mesure de payer les factures d’électricité et d’eau via le mobile», relève, à titre d’exemple, Jamelino Akogbéto, expert en finance digitale à l’Uncdf. Or, la finance digitale sous-entend les paiements mobiles par banque, les paiements marchands, les paiements sur Internet, les distributeurs automatiques, les transferts électroniques de fonds, souligne-t-il. Il importe que des services financiers innovants via le mobile s’élargissent pour faciliter la tâche aux populations. Pour ce faire, un groupe de travail sur la finance numérique est mis en place par l’Uncdf et propose des solutions pour le développement de l’écosystème numérique.

Economie 13 déc. 2018


Audience à la Cour constitutionnelle: L’ambassadeur du Venezuela en fin de mission au Bénin

L’ambassadeur de la République bolivarienne de Venezuela près le Bénin Alejandro Correa Ortega a été reçu en audience, hier, par le président de la Cour constitutionnelle, Joseph Djogbénou. C’est pour lui faire part de la fin de sa mission au Bénin

Présent au Bénin depuis le mercredi 9 juillet 2014, l’ambassadeur de la République bolivarienne de Venezuela près le Bénin est en fin de mission et rejoint son pays. Il a été reçu hier par le président de la Cour constitutionnelle, Joseph Djogbenou. L’objectif est de faire le bilan de son séjour au Benin et remercier le président de la Cour pour le travail considérable qu’il abat pour le rayonnement de la démocratie.
À sa sortie d’audience, l’ambassadeur s’est dit très ravi d’avoir rencontré le président de la Cour constitutionnelle. « J’ai été heureux de servir au Bénin et cela fait 4 ans 9 mois, au vu des relations historiques qui lient l’Afrique à la terre bolivarienne du Venezuela. Je considère nos relations diplomatiques comme une relation d’entraide entre deux peuples unis par des liens de sang », indique-t-il. L’ambassadeur Alejandro Correa Ortega a ensuite dressé un bref bilan de la coopération entre le Bénin et le Venezuela, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation, des infrastructures sociocommunautaires et de l’énergie. Entre autres réalisations, l’ambassadeur a cité la finalisation de l’Accord relatif à la fourniture du pétrole vénézuélien et la conclusion d’un partenariat sur la technologie satellitaire, la suppression des visas pour les porteurs de passeport diplomatique et de service au niveau des deux pays, la lutte contre le trafic des stupéfiants. Un troisième accord relatif à des facilités de formation dans les universités vénézuéliennes et des bourses accordées aux Béninois a été également signé. Alejandro Correa Ortega affirme que son pays, le Venezuela, reste ouvert dans le cadre de la coopération avec le Bénin. Le diplomate vénézuélien profite de cette occasion pour souhaiter ses meilleurs vœux au président de la Cour constitutionnelle, Joseph Djogbénou.

Actualités 13 déc. 2018


Etude de la loi de finances 2019 au Parlement : La commission budgétaire amorce la dernière ligne droite

Les députés membres de la commission budgétaire de l’Assemblée nationale ont démarré, ce mardi 11 décembre, les discussions au fond sur le projet de loi de finances de l’Etat gestion 2019, en présence du ministre de l’Economie et des Finances, Romuald Wadagni.

La commission budgétaire de l’Assemblée nationale, lentement mais sûrement, évolue dans la procédure de l’étude du projet de budget général de l’Etat, gestion 2019. Elle a étudié au fond ce mardi le volumineux document avec le ministre de l’Economie et des Finances, Romuald Wadagni. Cette étude intervient après le bal des ministres sectoriels et des présidents d’institutions de la République ainsi que les audiences publiques avec les centrales et confédérations syndicales et des acteurs du secteur privé et de la Société civile. La séance a permis à l’argentier national de revenir de long en large sur les grands axes du budget général de l’Etat gestion 2019 et les différentes orientations budgétaires du gouvernement pour l’année prochaine. Le ministre Romuald Wadagni et les députés de la commission budgétaire se sont penchés de façon sérieuse sur l’ensemble du document transmis au Parlement par le gouvernement. Les débats préliminaires d’hier préludent les discussions sur l’ensemble du projet de budget général de l’Etat prévues pour demain jeudi 13 et vendredi 14 décembre. Il s’agira essentiellement de l’examen des amendements et de l’adoption des rapports spéciaux sur l’étude de ce projet de loi. Ce n’est qu’après cette étape que le rapport général définitif sera adopté. Cette adoption est attendue pour le lundi 17 décembre prochain. Une fois adopté, le rapport général sera déposé sur la table du président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji. Ce dernier va, après concertation avec les membres du bureau, programmer le dossier pour examen et vote par la plénière. Cette séance décisive est prévue pour se tenir probablement le jeudi 20 décembre prochain où sera décidé définitivement le sort du projet de budget général de l’Etat gestion 2019. Lequel, faut-il le rappeler, s’équilibre en recettes et en dépenses à la somme de 1877,543 milliards F Cfa contre 1862,918 milliards Francs Cfa en 2018, soit une hausse de 0,8 %. Ce projet de loi de finances exercice 2019 repose sur une orientation de la politique économique marquée par la phase active de mise en œuvre du Programme d’actions du gouvernement (Pag), la consolidation des acquis sociaux et un cadrage macroéconomique caractérisé par l’accélération de la croissance économique (7,6% contre 6,8% en 2018), un environnement non inflationniste et une baisse du déficit budgétaire (2,7% contre 4,7 du Pib en 2018).

Actualités 12 déc. 2018


Préparatifs des législatives 2019 : La Cour constitutionnelle au contact des institutions impliquées
[caption id="attachment_31716" align="alignnone" width="1024"]Joseph Djogbénou[/caption]

Les élections législatives de 2019 se préparent activement. Les acteurs intervenant dans son organisation s'attèllent à mettre en place les conditions nécessaires au bon déroulement du scrutin. C'est dans ce cadre que la Cour constitutionnelle a échangé, ce mardi 11 décembre, avec les différentes institutions impliquées dans son organisation.

« De la qualité de la préparation des élections dépend la qualité du déroulement des élections. Et nous sommes tous envoyés en mission, outillés par la Constitution et les lois en vigueur pour garantir cette qualité à notre démocratie ». Ces propos sont ceux du président de la Cour constitutionnelle Joseph Djogbénou à l’ouverture de la séance de travail entre la Haute juridiction et les différentes institutions impliquées dans la préparation des législatives. Organe régulateur du fonctionnement des institutions et en charge de la régularité des élections législatives, la Cour constitutionnelle a initié cette rencontre pour recueillir les informations, établir les points de grande importance, relever les difficultés et permettre à toutes les institutions concernées par l'organisation des élections législatives d'être au même niveau d'information afin d’anticiper sur les probables difficultés. La séance a donc réuni des membres et représentants de l'Exécutif, de la Cour constitutionnelle, de la Commission électorale nationale autonome, du Conseil d'orientation et de supervision de la Lépi... Il s'agit, pour le président de la Cour constitutionnelle, de tout mettre en œuvre pour que le Bénin demeure un modèle de démocratie, et cela passe par des élections transparentes. A ce propos, l'organisation d'une telle rencontre est, selon le président de la Céna Emmanuel Tiando, très opportune. « C'est notre vœu à la Céna de voir des élections libres, crédibles et transparentes... Ces rencontres peuvent nous permettre de mieux affiner nos stratégies pour une meilleure organisation... Le Bénin ne manquera pas au rendez-vous d'une organisation d'élections transparentes en 2019 », a-t-il assuré.

La Céna reste active

« Depuis quelque temps, la Céna s'attèlle à la préparation du scrutin de l'année prochaine. Dans ce cadre, plusieurs activités pré-électorales ont déjà été menées », fait savoir le président de la Céna. Il s'agit, entre autres, de l'organisation d'un atelier d'harmonisation des budgets sectoriels des ministères et des institutions concernés, de l'élaboration du projet de budget des élections et de la liste des activités à mener en période électorale, de la tenue d'un atelier en ingénierie informatique en Corée du Sud avec les organes de gestion des élections, de l'organisation d'un atelier d'appropriation des lois portant charte des partis politiques et Code électoral en République du Bénin, de la tenue d'un atelier de formation des formateurs nationaux des agents électoraux, de la conception d'un logiciel pour l'enregistrement des candidatures et d'un logiciel pour le recrutement des agents électoraux, de la mise en ligne d'une application sur la portée de la charte des partis politiques et du code électoral, de l'élaboration d'un plan de gestion logistique du matériel électoral... « Si les conditions sont réunies, je puis vous assurer que l'organisation de l'élection des prochains membres de l'Assemblée nationale se fera dans la transparence », rassure-t-il.
Dès la convocation du corps électoral par le chef de l'État, d'autres activités seront mises en œuvre. Le président de la Céna met l'accent sur le dialogue politique pour assurer l'intégrité du scrutin. Dans ce cadre, la Céna prévoit des échanges avec les partis politiques, les préfets et maires, les organisations de la société civile, les coordonnateurs d'arrondissement et membres de postes de vote, les médias surtout en milieu rural, la Haute autorité de l'audiovisuel et de la communication... Il évoque aussi la convocation de la conférence budgétaire regroupant la Céna, le ministère des Finances et les institutions concernées par l'organisation des élections. Conformément à l'article 14 de la loi portant Code électoral en République du Bénin, la Céna a déjà transmis au ministère des Finances le projet de budget des élections, y inclus les charges de toutes les institutions impliquées dans la gestion du processus électoral. « Mais nous avons constaté que le montant définitif a été arrêté par le Mef sans que la conférence budgétaire soit convoquée. C'est un problème. Si nous n'avons pas la configuration du budget retenu, nous ne saurons pas comment prendre les dispositions à temps», souligne-t-il.
L'autre activité, c'est l'information, l'éducation des populations et la communication à travers les couvertures médiatiques, la construction et l'équipement d'une salle de presse, la vulgarisation de lois relatives aux élections, l'organisation d'émissions radiophoniques et audiovisuelles sur les thématiques concernant les élections, la diffusion de bandes dessinées destinées à la vulgarisation du code électoral... « La mise en œuvre de ces activités nécessite des ressources dont la Céna ne dispose pas jusqu' à l'instant. Si nous n'avons pas les moyens adéquats et si nous ne les avons pas à temps, nous ne serons pas en mesure d'organiser les élections à temps conformément aux dispositions du Code électoral », a insisté le président Emmanuel Tiando.

Des difficultés subsistent

Le siège de la Céna et l'emplacement pour le stockage du matériel électoral, constituent, selon le président de la Céna, des préoccupations majeures. « Le siège de la Céna est dans un état de vétusté avancée induisant des risques d'insécurité. Je pense que pour la bonne image de notre pays et pour l'efficacité de la Céna, les autorités doivent veiller à ce que le siège de la Céna soit adéquat. Par ailleurs, l'indisponibilité du stade de l'Amitié pour le stockage du matériel électoral constitue un véritable problème. La mise à disposition et l'aménagement du Centre international de Conférence reste une alternative », a-t-il indiqué. La disponibilité de l'énergie électrique et l'achat d'un nouveau groupe électrogène sont aussi au nombre des préoccupations actuelles de la Céna. Le président Emmanuel Tiando fait savoir que les compteurs de la Céna ont été remplacés par des compteurs prépayés, et ce après l'envoi du budget au ministère de l'Economie et des Finances (Mef). La Céna devra donc payer l'énergie avant de l'exploiter. Des ruptures d'électricité faute de crédits sont donc à craindre. Le président de la Céna évoque aussi l'harmonisation des primes des agents électoraux car les agents formés par la Céna démissionnent pour être enrôlés par la Cour constitutionnelle qui paie mieux. Il soulève également les implications néfastes du vote avec la carte d'identité. « C'est une source de contestations possible, car le code électoral ne l'a pas prévu », ajoute-t-il.
La dernière préoccupation soulevée par le président de la Céna, c'est la période transitoire de six mois accordée aux partis politiques pour se conformer aux nouvelles dispositions de la charte. Or, le corps électoral pourrait être convoqué avant l'expiration de l'échéance. « La Céna est-elle fondée à accepter les candidatures d'anciens partis politiques si l'échéance des six mois n'est pas passée ? », telle est la question soumise par la Céna à la Cour constitutionnelle.

L'engagement de l'Exécutif

Prenant la parole au nom du gouvernement, le ministre de la Justice et de la Législation Sévérin Quenum a évoqué les dispositions prises par l'Exécutif pour assurer des élections démocratiques. Il a cité le lobbying du gouvernement pour le vote à l'Assemblée nationale des lois portant charte des partis politiques et code électoral ainsi que la soumission au Parlement du projet de budget des élections. Il a rassuré de la convocation à bonne date par le chef de l'État du corps électoral, de sa détermination et de l'engagement du ministre délégué en charge de la Défense nationale, du ministre de l'Intérieur et de la Sécurité publique et de toutes les structures publiques concernées, pour le bon déroulement des élections. Le ministre Sévérin Quenum fait aussi savoir que le gouvernement assure sa partition à travers plusieurs actions dont la formation des agents électoraux, la réactivation de la direction chargée des Relations avec les institutions, la délivrance via une plateforme numérique des actes. « Les élections à venir s'annoncent sous de très bons auspices et nous devons avoir foi en notre patriotisme, en notre génie qui veut que le Bénin reste pionnier en matière d'élections démocratiques, et cela passe par des élections à bonne date, crédibles et transparentes », a-t-il affirmé.

Actualités 12 déc. 2018


Mécanisme des filets sociaux au Bénin : Des cadres s’approprient les nouvelles orientations
[caption id="attachment_31715" align="alignnone" width="1024"]Accroître les moyens de subsistance des personnes vulnérables[/caption]

Les cadres du ministère des Affaires sociales et de la Microfinance (Masm) se sont réunis en atelier, ce mardi 11 décembre dans la salle de conférence du ministère. L’objectif est de s’approprier la démarche de mise en œuvre de la composante 2 du projet Appui aux communes et communautés pour l’expansion des services sociaux (Access) qui remplace désormais le Projet de services déconcentrés conduits par les communautés (Psdcc) au terme de vingt-quatre mois de mise en œuvre.

Le Projet de services déconcentrés conduits par les communautés (Psdcc) cède place désormais au projet Appui aux communes et communautés pour l’expansion des services sociaux (Access). La mise en œuvre de ce projet renouvelé par la Banque mondiale du fait de son succès retentissant sur le plan mondial, selon le secrétaire exécutif du projet, Germain Ouin Ouro, nécessite une séance d’appropriation. Celle-ci qui a réuni les acteurs devrait être un déclic pour changer la donne en matière de conduite des filets sociaux. « Le Bénin a connu une phase pilote de mise en œuvre des filets sociaux qui n’a duré que vingt-quatre mois, mais qui a eu un écho retentissant sur le plan mondial. Ce petit programme d’à peine 2 milliards de Fcfa a fait connaître le Bénin à divers fora où tout le monde voulait nous entendre sur la magie que nous avons trouvée pour mettre en œuvre une expérience pilote avec autant de succès », a expliqué Germain Ouin Ouro.
Pour sa part, s’adressant aux participants à l’atelier, la ministre des Affaires sociales et de la Microfinance, Bintou Chabi Adam Taro, a décerné un satisfecit à tous les cadres qui ont contribué à la réussite de la phase pilote dans les douze départements. « Le renforcement des capacités des cadres pour une bonne appropriation des divers projets que le ministère est appelé à conduire constitue l’un de nos défis majeurs quand on sait que les cadres de ce ministère à divers niveaux ont contribué et continuent de s’impliquer dans la mise en œuvre de plusieurs projets au profit des groupes sociaux à travers des actions contre la faim et la malnutrition, l’approche participative et initiative communautaire, le diagnostic social et secours… avec beaucoup de succès », a détaillé la ministre des Affaires sociales et de la Microfinance. Elle a, par ailleurs, rassuré tous les acteurs de la détermination de son département à contribuer effectivement à l’atteinte des résultats de la composante 2 du projet Access par la qualité de l’organisation, de la mise en œuvre et du suivi des interventions à mener dans ce volet de filets sociaux. Selon Bintou Chabi Adam Taro, les cadres vont ainsi jouer leur partition au projet Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch) qui vise à améliorer les conditions vitales des plus démunis, des pauvres extrêmes qui constituent la grande partie de la population.
Soulignons que plusieurs communications vont meubler cet atelier d’une journée.
Les filets sociaux sont des programmes à l’intention des personnes pauvres et vulnérables pour leur permettre d’accroître leurs moyens de subsistance, leur capacité à se prendre en charge afin de sortir définitivement ou progressivement de la pauvreté.

Société 12 déc. 2018


Survie et développement des bébés de 0 à 24 mois : Les bonnes pratiques en matière d’alimentation et de nutrition
[caption id="attachment_31712" align="alignnone" width="1024"]Outre l’allaitement maternel exclusif, les mères doivent promouvoir les pratiques essentielles nutritionnelles pour la bonne croissance de leurs enfants[/caption]

La survie et le développement des enfants de 0 à 24 mois dépendent du respect de certaines pratiques essentielles en matière d’alimentation et de nutrition. Ignorantes ou impatientes, toutes les mères n’arrivent pas à les suivre, rendant leurs enfants vulnérables.

Dans les rayons de la cuisine de la maison familiale, la petite Mery s’est créée un espace de jeu. En cet après-midi du mercredi 5 décembre, elle joue allègrement. Avec des gestes répétés, elle tripote les seins de sa mère un moment, s’amuse avec son frère aîné, et s’intéresse de temps à autre aux objets qui l’entourent. Depuis sa naissance, ce bébé de 12 mois n’est jamais tombé malade. Cette robuste santé, Mery la doit à sa mère, Bernadette Okou-Ola qui s’applique à respecter les pratiques alimentaires essentielles pour la survie et le développement de son enfant.
« Les femmes qui suivent les bonnes règles en matière d’alimentation et de nutrition de leur bébé en tirent toujours un bénéfice », indique la sage-femme à la retraite, Antoinette Houndékon Ayilara.
La discipline de dame Bernadette lui est bénéfique. C’est avec sourire aux lèvres qu’elle témoigne: « Après l’accouchement, j’ai suivi rigoureusement les conseils du médecin en ce qui concerne l’allaitement maternel exclusif pendant les six premiers mois. Après cela, j’ai respecté les autres consignes sur le plan nutritionnel jusqu’à ce jour. Mon enfant se porte bien», se réjouit-elle.
Selon la sage-femme, les mères ont tout à gagner en suivant les différentes étapes nutritionnelles en faveur de leurs enfants. Les avantages pour les bébés de 0 à 24 mois sont indéniables. « Le bébé nourri au lait maternel exclusivement pendant les six premiers mois, et sevré dans les meilleures conditions est toujours bien développé. Il s’assoit et marche plus vite et surmonte plus facilement la période de la dentition que celui ayant été soumis à l’alimentation mixte », explique-t-elle.
Mais tous les bébés n’ont pas les mêmes chances que Mery. En matière de nutrition et d’alimentation, certaines femmes, les moins patientes, se donnent d’autres libertés. Dans ce cas, intervient l’alimentation complémentaire précoce et improvisée.
Sidoine, la mère d’Alphonse fait partie de ce lot. Elle explique avoir intégré à partir du quatre mois, les mets de substitut dans l’alimentation de son bébé afin de mieux s’occuper de ses activités professionnelles. Il a fallu des signes d’amaigrissement de celui-ci pour qu’elle se rende compte de son mauvais agissement. Au bout de cinq mois, Alphonse a connu une croissance à peine remarquable : environ 4 kg. Maigrelet et chétif, il faiblit sous l’effet de la diarrhée. Dans les conditions normales, il devrait peser au moins 7 kg.
Sans vouloir heurter les sensibilités, la sage-femme à la retraite déplore tout de même certaines pratiques traditionnelles dans les modes d’alimentation et de nutrition des enfants. « Il faut décourager les belles-mères qui induisent leurs belles-filles en erreur en les orientant très tôt vers les aliments de substitut et éduquer les mères à faire un bon sevrage à leurs enfants », insiste-t-elle. Le bon sevrage, selon elle, concerne l’introduction de l’alimentation complémentaire dans la nutrition de l’enfant au moment indiqué.

Le colostrum, une mine d’or

Au-delà de ces pratiques, certaines familles ignorent également tout des bienfaits du colostrum, et le jettent tout simplement. Pourtant, cet aliment est une mine d’or pour la survie de l’enfant. « L’Oms a baptisé le colostrum comme le premier vaccin de l’enfant. Malheureusement, à cause de sa couleur jaunâtre et de sa consistance, les gens le jettent sous prétexte que c’est mauvais », explique Ambroise Nanéma, nutritionniste à l’Unicef.
Ces pratiques portent un coup au bien-être de l’enfant. « Les mères qui ne respectent pas les consignes vivent un stress permanent ; elles doivent courir tout le temps vers la pédiatrie pour gérer les cas de maladie de leurs enfants », déplore Antoinette Houndékon Ayilara. Elle poursuit : « Lorsque vous prenez deux bébés du même âge dont l’un a été nourri au lait maternel et a bénéficié de l’alimentation complémentaire suivant les règles, il est plus en forme et grandit vite que l’autre dont les parents ont opté précocement pour des aliments de leur choix ».
La pratique crée également des problèmes de santé publique. Dr Ambroise Nanéma explique: « 5% des enfants de moins de 5 ans sont atteints de malnutrition aiguë au Bénin ».
Prévenir vaut mieux que guérir. En attendant une prise de conscience générale dans le rang des mères, les agents de santé anticipent. « Nous mettons l’accent sur les activités d’information, d’éducation et de communication (Iec) pour aider les mamans à promouvoir les bonnes pratiques nutritionnelles et alimentaires pour leurs bébés », explique la sage-femme à la retraite.
Toutefois, le pari en ce qui concerne l’allaitement maternel exclusif et les pratiques alimentaires essentielles n’est pas encore gagné. On enregistre des résistances. D’où l’implication des relais communautaires.
« Nous rencontrons beaucoup de cas où les femmes s’opposent à nos sensibilisations. Dans ce cas, nous usons de méthodes et de patience pour les convaincre », explique Antoine Djihouan, relais communautaire à Dogo-Adankomey. Entre autres messages, détaille-t-il, « nous conseillons aux mamans de bien prendre soin de l’alimentation des enfants; nous insistons également sur l’hygiène et leur expliquons comment intégrer l’alimentation complémentaire aux enfants à partir de six mois», développe-t-il.

Assurer la transition dans les règles de l’art

Concernant la nutrition et l’alimentation, la phase de transition de l’allaitement maternel vers les aliments de substitut est une autre paire de manches qui requiert de la méthode. Ambroise Nanéma évoque la toute première étape. « A la naissance du bébé, on recommande qu’il soit mis aussitôt au sein maternel pour provoquer la production du lait chez la mère », souligne-t-il.
La phase de transition doit être faite dans les règles de l’art. « Quand le bébé grandit, la mère n’a plus suffisamment de lait dans ses mamelles pour le nourrir. Elle est obligée de faire des rajouts pour favoriser le développement de l’enfant. A ce moment, il y a des compositions de bouillie qu’elle peut faire », précise la sage-femme. « La bouillie enrichie au soja doit contenir trois parts de céréales pour une part de soja. On fait torréfier le mélange de ces céréales avant de le préparer à l’enfant ; les femmes peuvent y mettre du sucre ou du lait en fonction de leurs moyens », poursuit-elle.
Elle indique quelques conduites à tenir pour assurer une croissance harmonieuse de l’enfant. « Le bon sevrage se fait progressivement ; on ne peut pas donner à un bébé de trois mois, une bouillie non fluide. Entre six et neuf mois, c’est la bouillie moyenne et entre neuf et douze mois, la bouillie épaisse parce qu’à partir de cet âge, l’enfant ne se rassasie pas vite », explique-t-elle.
Selon le nutritionniste, l’aliment de complément doit se faire en fonction de la demande de l’enfant. « On commence l’aliment de complément, à partir du moment où l’enfant lui-même manifeste l’envie de découvrir autre chose en matière de nourriture », explique-t-il.
Le complément des autres aliments suppose dès lors, la diversification des repas. « L’introduction de la bouillie se fait à partir de six mois. Plus l’enfant grandit, plus on augmente la fréquence de sa bouillie en veillant également à la qualité ». L’alimentation ‘’quatre étoiles’’ est fortement recommandée. « Il faut faire en sorte qu’il y ait quatre différents aliments dans le repas qu’on donne à l’enfant. Ce qui est nécessaire pour former ses muscles, pour lui donner de l’énergie, les vitamines et les sels minéraux », développe-t-il.
Moins exhaustive sur la question, Alida Adjilé, coordonnatrice régionale du Secrétariat permanent du Conseil de l’alimentation et de la nutrition (Sp/Can), détaille en sept points les considérations fondamentales de l’aliment de complément. Elles tiennent compte de l’âge de l’enfant, de la fréquence et de la quantité des aliments. A cela s’ajoutent la variété des aliments, leur texture, leur adaptation aux besoins de l’enfant et l’hygiène. « Après six mois d’allaitement maternel exclusif, le nourrisson doit recevoir des aliments complémentaires diversifiés tout en continuant d’être allaité jusqu’à deux ans et plus. Pour que les besoins nutritionnels de l’enfant soient satisfaits, il faut que les aliments complémentaires soient adéquats, sûrs, apportés au bon moment et correctement administrés », enseigne-t-elle.
Les conseils, oui. Mais davantage de sensibilisations en ce qui concerne les pratiques alimentaires et nutritionnelles essentielles pour le développement des enfants, contribueraient à mieux engager les femmes à la cause.

Société 12 déc. 2018


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