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Nouvelles

La Cour constitutionnelle sous Djogbénou: des habitudes brisées, une empreinte laissée
Instauration des audiences publiques, évolutions jurisprudentielles, modification du cadre juridique, modernisation des procédures, célérité dans le traitement des requêtes, réhabilitation du cadre institutionnel… Sous le leadership du Professeur Joseph Djogbénou, la Cour constitutionnelle, en quatre ans, a fait une mue profonde. Un mandat sous le sceau de la bonne santé ! Pour Gilles Badet, secrétaire général de la Cour constitutionnelle, toutes les actions et réformes engagées sous la présidence de Joseph Djogbénou ont eu pour finalité la bonne santé physique, juridictionnelle, institutionnelle et sociale. « A son arrivée, le président a instauré un sport matinal les samedi matins pour que les esprits soient dans des corps parfaits. Cette même ligne de conduite a amené le président à recruter un médecin de travail, ce qui est une première dans la vie de l’institution... Toujours pour le bien-être des travailleurs, le président a œuvré à la réhabilitation de la Cour constitutionnelle avec des bâtiments en hommage aux anciens présidents de la haute juridiction », a rappelé Gilles Badet lors de la passation de charges mercredi 13 juillet dernier. Au titre des actions entrant dans le cadre de la bonne santé juridictionnelle, il évoque la modification du règlement intérieur puis de la loi organique sur la Cour constitutionnelle. Toutes choses qui ont établi une meilleure transparence dans les procédures avec l'adoption d'un manuel de procédures, la prise en compte du caractère contradictoire dans le traitement des requêtes à travers des audiences publiques, la mise en place d'un greffe animé par des greffiers professionnels, une meilleure motivation du personnel à travers l’augmentation des primes et la récompense au meilleur agent. « La bonne santé s'est poursuivie sur le plan social avec la mutuelle mise en place par le président pour faire face aux événements heureux et malheureux. Chacun connaît la solidarité du président quand arrivent des situations qui nécessitent son soutien. La mutuelle est également une innovation sous sa mandature », a ajouté Gilles Badet. Le secrétaire général de la Cour constitutionnelle n’a pas occulté le devoir de mémoire qui a marqué la présidence de Djogbénou notamment à travers les bâtiments qui ont été dédiés aux anciens présidents et les études réalisées en hommage aux présidentes Elisabeth Pognon puis Conceptia Ouinsou; ainsi que celles lancées pour Robert Dossou et Théodore Holo… « En moins de cinq ans, la Cour constitutionnelle a battu tous les records », va attester Razacky Amouda Issifou, président par intérim de la Cour constitutionnelle, avec la certitude que l'institution gardera longtemps le souvenir et les marques du président réformateur. Sans tabou ! Au centre de l’attention dès son installation, la Cour constitutionnelle sous Joseph Djogbénou a brisé des habitudes et démystifié ce que d’aucuns prenaient pour sacré et immuable. Entrée en fonction le 8 juin 2018, il n’a fallu qu’une séance de la Cour pour que les réformes soient lancées. Mardi 12 juin 2018, le secrétaire général de la haute juridiction Gilles Badet annonce les innovations: «La procédure devant la Cour constitutionnelle n’est plus secrète, elle est publique et contradictoire ». Il est créé deux chambres de mise en état et les parties antagonistes sont invitées à présenter leurs arguments, à solliciter au besoin les offices d’un avocat ou à se faire représenter. Les audiences de mise en état ont lieu habituellement les mardis et parfois les vendredis; et l’audience délibérative se tient les jeudis. La Cour constitutionnelle s’ouvre ainsi au public et suscite l’engouement de nombreux requérants qui semblaient impatients d’exercer, au su de tous, leurs droits constitutionnels de saisine. Les requêtes se sont multipliées et les décisions de la Cour ont été diligentes ! Dès la première audience publique, jeudi 21 juin 2018, douze décisions sont rendues parmi lesquelles, des évolutions mémorables. Donnant réponse aux requêtes de certains citoyens, la Cour Djogbénou revient sur des décisions rendues par la mandature Holo. Elle entérine l’encadrement du droit de grève et le retrait de ce droit à certains corps sensibles en déclarant conformes la loi n° 2017-43 modifiant et complétant la loi n° 2015-18 du 13 juillet 2017 portant statut général de la fonction publique, la loi n° 2017-42 portant statut des personnels de la Police républicaine, la loi modifiant et complétant celle n°2001-09 du 21 juin 2002 portant exercice du droit de grève… Les premières audiences publiques ont été marquées par des décisions qui ont nourri les débats politiques. L’on se souvient du contrôle de conformité de la loi n°2018-31 du 09 octobre 2018 portant code électoral en République du Bénin ; de la loi 2018-23 du 17 septembre 2018 portant charte des partis politiques en République du Bénin; de la loi n° 2018-01 portant statut de la magistrature en République du Bénin ; de la loi n° 2018-13 modifiant et complétant la loi n° 2001-37 du 27 août 2002 portant organisation judiciaire en République du Bénin et création de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme ; de la loi n° 2018- 02 modifiant et complétant la loi organique sur le Conseil Supérieur de la Magistrature… Des textes qui ont soulevé de vives polémiques quant à l’animation de la scène politique, la démocratie et l’indépendance du pouvoir judiciaire. Plusieurs recours ont été formulés par des citoyens pour attaquer ces différents textes. L’autorité de la chose jugée a été invoquée pour débouter les requérants. Malaise ! C’est avec l’ère Djogbénou que les décisions pourtant sans recours de la haute juridiction sont remises en cause. Un malaise pour beaucoup de juristes et observateurs qui y voient un piétinement du principe de l’autorité de la chose jugée. Interrogé sur la question après les décisions d’annulation de la prorogation du mandat du Cos-Lépi, puis de retrait du droit de grève aux magistrats et au personnel de la santé, le professeur Joël Aïvo va s’indigner: « Le revirement a des critères : le temps et les circonstances. De plus, il n’affecte jamais la même décision. Ce n’est pas crédible pour un juge constitutionnel de revenir sur ses propres décisions alors que le temps qui sépare l’ancien jugement est extrêmement court et qu’il n’y a eu ni changement de circonstance, ni nouvelle législation ». Mais rectifier une erreur ne vaut-t-il pas mieux que la laisser empiéter sur l’ordre social pendant des générations, pour le seul argument de préserver des susceptibilités ? En revenant sur ses décisions qu’il pense préjudiciables, le juge constitutionnel ne fait-il pas preuve d’ouverture d’esprit en prenant parti pour l’intérêt supérieur ? C’est sous ce sens de responsabilité que le professeur Djogbénou entrevoit ces revirements. Et c’est d’ailleurs en raison de cette ouverture d’esprit que la même Cour s’est prononcée d’office sur les recours de certains avocats relatifs à la loi portant création de la Criet qui avait déjà connu un contrôle a priori et qui bénéficiait donc de l’autorité de la chose jugée. Une décision de la Cour qui aura permis d’épurer ladite loi de l’alinéa 2 de son article 12 déclaré contraire à la Constitution, puis d’établir ensuite un double degré de juridiction. Dès ses débuts, la Cour a été maintes fois critiquée pour ses décisions jugées partisanes. Mais les critiques n’ont pas ébranlé la détermination et la proactivité de la Haute juridiction. Face aux échéances électorales ! Juge souverain de la régularité des élections législatives, la Cour a été au cœur des processus électoraux qui ont conduit aux urnes en avril 2019 pour les législatives et en avril 2021 pour la présidentielle. Dès sa première année d’exercice, la mandature Djogbénou a été confrontée au défi de l’encadrement des élections législatives d’avril 2019. Un défi de taille au regard du contexte marqué par l’adoption de nouvelles lois électorales qui, pour la première fois, furent éprouvées. La réforme du système partisan a emporté beaucoup de partis politiques qui ont dû se mettre sous l’ombrage de géantes formations politiques. De plus de deux cents partis et mouvements politiques, le Bénin s’est retrouvé, dès le début de cette année 2019, à une dizaine de partis politiques. Mais pour les partis rescapés, il fallait encore passer le défi de la mise en conformité à la nouvelle charte. Juge souverain de la régularité des élections, la Cour sort sa première décision électorale, EL 19-001 qui oblige les partis candidats à se faire délivrer, auprès du ministère de l’Intérieur, un certificat de conformité : preuve légale de leur qualité. Mais cette décision a été vivement décriée par les forces politiques dites de l’Opposition, qui y ont vu une voie d’exclusion. Pour l’ancien bâtonnier Jacques Migan, loin s’en faut : « Cela va de soi tout simplement parce que le certificat de conformité est une pièce qui justifie que vous appartenez à un parti et que ce parti est conforme à la Constitution. Ce n’est donc pas une décision qui pourrait être, comme les gens semblent le dire, injustifiée. Au contraire, sa logique tient. Vous ne pouvez pas dire que vous allez à une compétition sans appartenir à une équipe…». Les positions sur l’opportunité du certificat de conformité sont restées étanches jusqu’au terme du processus électoral. Sans désemparer, la haute juridiction a conduit le processus jusqu’à son terme, gérant les contentieux pré-électoraux nés des rejets de certaines candidatures puis les recours post-électoraux nés de la contestation de certains sièges, selon une procédure publique et contradictoire. C’est avec la décision EL 19-030 qui rétablit le député Benoît Assouan Dègla dans son droit de siéger, que la sixième mandature a fermé, le 23 mai 2019, l’éprouvante page de sa première expérience électorale. En 2021, ce sera le grand rendez-vous de l’élection présidentielle où l’obligation du parrainage prévue par le législateur et entériné par la Cour constitutionnelle va disqualifier plusieurs candidats. En dépit des tensions, les élections se sont déroulées et la Cour, conformément aux résultats, a proclamé Patrice Talon, président de la République, en l’absence de contentieux. Comment ne pas évoquer les citoyens à qui la Cour a restauré le droit de vote. Ils sont bien nombreux ceux qui, grâce à la haute juridiction, ont pu ainsi exercer leur droit de vote lors des différentes élections. C’est avec célérité que la haute juridiction a examiné et rendu ses décisions sur la kyrielle de requêtes d’inscription sur la liste électorale, les demandes d’établissement de la carte Lépi, de modification, de mutation de centre de vote… Ouverte aux débats scientifiques En quatre ans, la haute juridiction a connu des milliers de recours et rendu plus de 2 000 décisions. Ces recours étaient parfois formulés en méconnaissance des compétences de la Cour. Soucieuse de ne pas empiéter sur le champ judiciaire des autres juridictions, elle se déclare incompétente pour tout ce qui relève du contrôle de légalité. Mais garante des droits fondamentaux, elle se prononce d’office dès lors que la requête relève une atteinte aux libertés fondamentales. Au regard de la limite parfois serrée entre les deux types de contrôle, la haute juridiction va organiser en août 2018 une première rencontre thématique intitulée « Contrôle de constitutionnalité et contrôle de légalité : quelles frontières? », animée par le Professeur Ibrahim Salami. Pour en expliquer le bien-fondé, le président de la Cour constitutionnelle a soutenu à l’occasion : « Pour éclairer, il faut être éclairé. Pour apporter une contribution de qualité à la formation du droit, à la protection juridique des personnes et de l’Etat, toute formation juridique doit faire preuve de l’humilité nécessaire et ouvrir les fenêtres… ». Ouverte sur les débats scientifiques, la haute juridiction va également s’investir dans l’organisation de plusieurs autres rencontres thématiques, colloques scientifiques et congrès sous régionaux. Le dernier en date, c’est l’organisation conjointe des 30 ans de la justice constitutionnelle au Bénin puis du Congrès des hautes juridictions constitutionnelles de l’espace Cedeao à Cotonou. Au terme de ce congrès, la Cour constitutionnelle du Bénin a été désignée pour présider le comité de mise en place d’un réseau ouest-africain des hautes juridictions constitutionnelles. Actualités 22 juil. 2022


L’éditorial de Paul AMOUSSOU: On joue à qui perd gagne ?
  Démocratie tropicale, démocratie pagailleuse...Sur cette lancée, on aura du mal à s’arrêter tant est riche le lexique pour qualifier les processus électoraux et institutionnels qui ont cours en Afrique depuis les années 90. Effets induits des conférences nationales et de la conférence de La Baule, les régimes autocratiques ont dû, comme l’on sait, s’adapter à la nouvelle donne qui fait rimer désormais l’accessibilité au pouvoir d’État avec vote, élection...Chose avec laquelle nos satrapes se sont plus ou moins accommodés. Mais jamais la greffe n’aura vraiment pris. Entre bourrage d’urnes et arrangements peu orthodoxes dont certains régimes usent pour garder le pouvoir auréolé ainsi de l’onction ‘’’démocratique’’, il y a matière à critiquer le passage à l’ère démocratique. A chaque élection, en Afrique, son lot de récriminations, de dénonciations de dol, de hold-up électoral, sur fond de bonne et/ou aussi de mauvaise foi, car à bien des égards, les opposants font preuve également de manque d’objectivité, et se contentent de crier haro sur le baudet, de dénoncer la soi-disant ‘’mascarade électorale ‘’, et ce, parfois à tort, persuadés cependant que le monde ‘’démocratique’’ leur prête oreille, qu’il est acquis à leur cause, sous-entendu la cause démocratique qu’eux-mêmes en définitive portent si mal pourtant. On en a eu la preuve, dès lors que les opposants d’hier prennent le pouvoir et s’illustrent dans sa gestion et dans la conduite des processus électoraux, de façon si délicate, si peu exemplaire, s’ils ne font pas pire que leurs prédécesseurs, par eux combattus. A ce titre, l’exemple le plus récent reste Alpha Condé. Dans le registre de mauvais perdants ou d’opposants de mauvaise foi, une nouvelle espèce émerge. On peut les estampiller Trump ou Mélenchon ! Le phénomène, qui n’est plus seulement tropical, est devenu viral tel Covid-19 et s’est mondialisé. Untel qui va à l’assaut du Capitole pour contester les résultats d’une élection qu’il a perdue proprement, l’autre, leader de la ‘’France insupportable’’, qui grommèle, fait son Schtroumpf grincheux, convaincu de ce qu’aucun élu n’est légitime tant que ce n’est pas un élu de ses couleurs. C’est à qui perd gagne, un jeu auquel excellent bien certains politiciens en Afrique, qui manquent de travailler à leur réussite et préfèrent crier au voleur après coup. Le Bénin ne fait pas exception, avec le pic dramatique connu aux législatives de 2019. A l’orée des prochaines législatives, alors que des mouvements s’observent à cet effet, il faut espérer que toutes les parties prenantes s’y activent. Et que, victime de son immobilisme avant tout, personne n’en vient à se plaindre des résultats, frappant de la fleur de lys, de flétrissure, la belle démocratie béninoise en bonne marche. Ce serait honteux, une fois encore ! l Actualités 22 juil. 2022


Fipat 2022: célébration autour du pagne tissé
Cotonou abrite, du 19 au 23 octobre prochain, le Festival international du pagne tissé (Fipat). L’évènement reporté l’année dernière pour des restrictions liées au Covid-19 donnera lieu à une série de manifestations dédiées au ‘’kanvô’’, pagne tissé local, que le comité d’organisation a présentées, mardi 19 juillet dernier. Véritable label béninois, le pagne tissé est à la conquête des marchés et pour accompagner sa promotion, l’Association du développement du textile local (Adtl) et le styliste Lolo Andoche se donnent la main. De leur collaboration est né le Festival international du pagne tissé (Fipat) qui se tiendra du 19 au 23 octobre prochain. Selon Charlemagne Andoche Amoussou, délégué général du festival, l’évènement entend valoriser le pagne tissé africain et surtout béninois sur les podiums nationaux et internationaux et d’offrir aux jeunes talents une plateforme d’expression et de reconnaissance. Tout ceci sans que l’économie nationale n’en tire une plus-value. Styliste connu sous le nom de Lolo Andoche, le délégué général du Fipat voit à travers ce rendez-vous une occasion pour intéresser davantage les populations à la consommation du ‘’kanvô’’ et développer le secteur des métiers connexes de la mode (mannequinat, stylisme, photographie, chorégraphie, coiffure, esthétique et décoration). A son avis, le pagne tissé est un produit typiquement local qui aujourd’hui est largement exploité par les créateurs de mode pour des productions de qualité qui ne manquent pas d’attiser l’intérêt des amateurs. Bienvenu Badou, délégué général du Fipat, n’en dit pas moins en appelant à encourager les créateurs locaux et à valoriser le « made in Bénin » aussi bien au niveau national qu’international. Au programme des manifestations, il annonce une exposition-vente de créations de stylistes artisans, d’acteurs de mode béninois et étrangers, un défilé de mode des stylistes émergeants (20 stylistes) et mannequins (45 mannequins), une conférence-débat sur le thème ‘’Le tissé, un label de qualité’’, une prestation d’artistes musicaux et humoristes au village du Fipat, une grande soirée de gala au menu duquel on note un défilé international de haute couture avec de grands stylistes d’ici et d’ailleurs? Société 22 juil. 2022


Construction de 30 lycées techniques agricoles et 7 écoles de métiers: Le contrat de conduite d’opérations signé
Trente lycées techniques agricoles et sept écoles de métiers seront construits ou réhabilités afin de doter le Bénin d’exploitants et d’ouvriers de type nouveau. Ce mardi 19 juillet, l’Agence pour la construction des infrastructures du secteur de l’éducation (Acise) et le groupe marocain Novec, entreprise retenue à cet effet, ont signé le contrat de conduite d’opération, au siège de ladite agence à Cotonou. Un nouveau pas vient d’être franchi pour la concrétisation du programme de construction, réhabilitation et équipement de 30 lycées techniques agricoles et 7 écoles de métiers. Le contrat de conduite d’opération signé, ce mardi, entre le bureau d’études Novec retenu après un tri rigoureux, et l’Agence pour la construction des infrastructures du secteur de l’éducation (Acise), bras opérationnel du ministère des Enseignements secondaire, technique et de la Formation professionnelle, est une étape majeure du processus de mise en œuvre dudit programme. « La mission de conduite d’opération est une assistance globale que le prestataire apporte à l’Acise. Elle a un caractère administratif, financier, juridique et technique. L’objectif est d’assurer l’efficacité dans le pilotage et la coordination du volet infrastructurel du programme de sorte que nous obtenions des constructions de très bonne qualité et surtout le respect des délais », a précisé Adam Pinto, directeur de l’Acise. Le bureau d’études accompagnera le Bénin pendant à peu près trois ans pour les phases d’études et de travaux. Les études qui ont démarré seront bouclées, cette année, pour un démarrage au plus tôt des travaux physiques. Taoufiq Marzouki Zerouali, directeur général de Novec, a exprimé sa fierté de pouvoir apporter sa pierre à l’édification du Bénin en partageant le savoir-faire marocain mais aussi en apprenant du pays. « Je réitère mon engagement de mettre tous nos équipements à Cotonou et à Rabat à votre service pour que nous soyons efficaces et à la hauteur des attentes de l’Acise, du ministre et du président de la République parce que je pense qu’il est important pour la jeunesse d’avoir de beaux lycées et un enseignement de qualité qui lui garantissent un avenir meilleur », a-t-il promis. Techniciens qualifiés et compétents Les 30 lycées techniques agricoles modernes accueilleront 48 000 apprenants afin de former des exploitants agricoles de type nouveau, et les 7 écoles de métiers recevront 8 400 apprenants en vue de doter l’économie béninoise d’ouvriers et de techniciens qualifiés et compétents dans divers domaines dont l’énergie, le numérique, l’automobile et les équipements industriels, les industries du bois et de l’aluminium. Le coût global du programme s’élève à 2010 milliards F Cfa. «Le gouvernement a affiché son ambition à travers le Pag II, de moderniser le sous-secteur de l’Enseignement technique et la Formation professionnelle (Eftp)… Les nouvelles orientations indiquent clairement la nécessité d’inverser la tendance actuelle afin de disposer de 70 % de la population scolarisable dans l’Eftp d’ici 2030… », a rappelé Fructueux S. Aho, directeur de l’Agence de développement de l’Enseignement technique, indiquant ainsi que l’exécution de ce programme constitue la mise en œuvre desdites orientations. A son tour, Kouaro Yves Chabi, ministre des Enseignements secondaire, technique et de la Formation professionnelle, souligne l’importance qu’accorde le gouvernement béninois à ce programme qui va « transformer le Bénin, au sens positif ». «Le programme a été identifié comme un levier principal pour booster l’économie béninoise et nous y avons mis beaucoup de ressources et surtout beaucoup d’exigences dans la sélection des partenaires qui doivent nous accompagner dans la réalisation de ce programme…», a noté le ministre avant d’énumérer ses attentes vis-à-vis des prestataires. Lesquelles attentes sont liées à la qualité des travaux et au respect des délais de livraison. « Vous avez constaté qu’avec ce gouvernement, les choses vont très vite. Nous n’avons donc pas de temps à perdre. Nous avons fixé des délais, tout le pays nous attend et nous comptons vraiment ouvrir les portes de nos lycées dès la rentrée 2024-2025. Et nous comptons réellement sur vous pour le faire… », a insisté Kouaro Yves Chabi. Il a rassuré, par ailleurs, de la disponibilité de son département ministériel à accompagner les équipes de mise en œuvre du programme. Education 21 juil. 2022


Noix de cajou: comment le Bénin veut transformer toute sa production
A compter d’avril 2024, le Bénin n’exportera plus ses noix de cajou brutes. Dix usines en cours d’installation dans la Zone industrielle de Glo-Djigbé (Gdiz) seront le poumon de la transformation de cette matière première en produit fini à destination du marché international. Deuxième produit d’exportation du Bénin après le coton, la noix de cajou devra rapporter plus gros à l’économie nationale dans quelques années. Cette matière première est au cœur du projet de développement de la Zone industrielle de Glo-Djigbé (Gdiz) avec pour finalité la transformation de la totalité de la production nationale. En effet, le pays exporte la majorité de sa production locale, ce qui constitue un énorme manque à gagner pour son économie en termes de devise et de création d’emplois. Le Bénin compte alors sur le développement du parc cajou de la Gdiz pour inverser cette tendance. En amont, un décret, signé en mars dernier, interdit l’exportation des noix de cajou brutes du pays à compter d’avril 2024. Sur le site de la Gdiz, le parc cajou de plus de 37 hectares, qui constitue le poumon de la transformation de cette matière première en produit fini à destination du marché international, se met progressivement en place. « Vous voyez là 65 000 tonnes de noix de cajou brutes. Mais ça c’est rien. L’année prochaine, nous allons acheter 160 000 tonnes pour la zone parce que nous avons 10 usines de transformation qui sont en cours d’installation dans la Gdiz », a expliqué Létondji Beheton, directeur général de la Société d'investissements et de promotion de l'industrie (Sipi-Bénin), lors de la visite guidée de la zone initiée au profit des professionnels des médias. Toutes les dix usines seront achevées dans les douze prochains mois. Dans l’immédiat, deux usines seront opérationnelles début septembre prochain. Des usines déjà opérationnelles « Vous avez dû remarquer en venant ici qu’il y a certaines usines qui sont en cours de finition. Les deux premières usines seront opérationnelles fin août ou au plus tard début septembre 2022. Chacune de ces usines va transformer à peu près 32 000 tonnes. L’objectif est que d’ici deux ans, nous transformions toute la production de noix de cajou au Bénin », ajoute-t-il. Des amandes de cajou soigneusement emballées et aux normes internationales partiront ainsi du Bénin pour le marché mondial dans quelques années. Mais ce n’est pas tout. Contrairement aux unités existant dans le pays, le site de transformation des noix de cajou de la Gdiz est un parc zéro déchet. Le directeur de la Sipi-Bénin insiste: « Quand on finit le décorticage des noix, on extrait l’huile des coques (utile dans les industries de la peinture et de l'aéronautique) et les résidus issus seront transformés en charbon bio ». Tout cela se fera sur place assure Létondji Beheton. Les travaux en cours augurent d’un lendemain meilleur pour la filière cajou et ses chaînes de valeurs. Le développement du parc cajou ouvre également la voie à la création de milliers d’emplois directs et indirects pour les jeunes et les entreprises locales. De quoi booster encore l’économie béninoise, inciter d’autres investisseurs et promouvoir le pays sur le marché international? Actualités 21 juil. 2022


Variole de singe: Pas de lien avec les vaccins Covid-19
Depuis la résurgence des cas de variole de singe dans le monde, certaines publications sur les réseaux sociaux soupçonnent des liens avec la vaccination contre la Covid-19. Ce qui n’est pas prouvé jusque-là. Des hypothèses ne cessent d’être émises sur la toile. D’aucuns font le lien entre la vaccination contre la covid-19 et les cas de variole du singe, en se basant surtout sur l’utilisation de l'adénovirus du chimpanzé dans l’un des vaccins anti covid-19. « Une dose (0,5 ml) contient : Adénovirus de chimpanzé codant pour 2,5, *108 unités infectieuses… », retrouve-t-on encerclé sur une image qui circule sur les réseaux sociaux depuis le 20 mai 2022. Après des recherches avancées, ce texte traduit de l’italien en français se retrouve en partie le
site de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (Ansm) de France. « Vaxzevria est constitué d’un autre virus (de la famille des adénovirus) qui a été modifié de façon à contenir le gène permettant de produire une protéine du Sars-CoV-2. Vaxzevria ne contient pas le virus lui-même et ne peut pas provoquer le Covid-19 », lit-on sur le site.

« Pas de preuve »

Le vaccin AstraZeneca comporte alors bien un adénovirus de chimpanzé. Et c’est là que prennent source les soupçons. Lesquels s’étendent aussi à d’autres vaccins. Dans une publication en date du 23 mai 2022, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) insiste aussi sur le caractère trompeur de ces liens entre la variole du singe et les vaccins anti-Covid. « De nombreuses rumeurs et fausses informations se propagent déjà sur Internet, notamment concernant un possible lien entre la maladie et les vaccins anti-Covid qui utilisent un adénovirus de chimpanzé comme vecteur viral. Ce lien n’est absolument pas fondé, tout d’abord parce que ce virus n’est pas spécifique aux singes (il se retrouve même d’ailleurs plutôt chez d’autres espèces, en particulier les rongeurs). Ensuite, parce qu’il fait partie de la famille des poxvirus et non des adénovirus », clarifie l’Inserm. Le Bureau régional de l’Oms Afrique martèle qu’il s’agit d’une infox. « Lorsque nous voyons deux éléments arriver en même temps, il est tentant de penser que l’un est causé par l’autre. Dans des pays africains qui n’ont jamais enregistré de cas de variole du singe, certains signalent des cas. Et certaines personnes associent le vaccin anti-Covid-19 de Pfizer à l’épidémie actuelle de variole du singe. Mais il n’existe pas de preuve que les deux sont liés ou que le vaccin provoque l’épidémie de variole du singe », rassure Oms Afrique dans une publication dénommée Viral facts, en date du 6 juillet 2022. Des experts interrogés par l'Afp expliquent que ces deux virus sont complètement différents. L'adénovirus utilisé dans le vaccin contre le Covid-19 a été a atténué de façon à ce qu'il soit inoffensif pour l'organisme, ajoutent-ils.

La variole du singe menace toujours

En réalité, cette polémique intervient dans un contexte où l’épidémie de variole de singe suscite toujours des inquiétudes. Selon l’Oms, du 1er janvier au 4 juillet 2022, 6.027 cas de variole du singe confirmés en laboratoire et trois décès ont été signalés dans 59 pays et territoires. L’Europe reste toujours l’épicentre de l’épidémie, avec plus de 80% des cas recensés dans le monde. C’est aussi 2614 nouveaux cas signalés (soit une augmentation de 77 %) et deux nouveaux décès ont été signalés depuis la publication du précédent bulletin d’information sur les flambées épidémiques le 27 juin 2022. Le nombre cumulé de cas suspects de variole du singe en Afrique depuis le début de 2022 est de 1821, avec 109 cas confirmés dans 9 pays. « Il est important de souligner que si nous observons des cas au Ghana, en Afrique du Sud et au Maroc pour la première fois, le fardeau le plus lourd est celui de la République démocratique du Congo et du Nigeria qui représentent ensemble 92% de tous les cas suspects », fait remarquer Dr Matshidiso Moeti du Botswana, directrice régionale de l'OMS pour l'Afrique.

Verdict

Même si des vaccins contre le Covid-19 contiennent un adénovirus de chimpanzé, il n’est pas prouvé des liens avec les cas de variole de singe.  Ce virus est d’ailleurs génétiquement modifié et atténué pour ne pas être transmissible à l'Homme. Il a été déjà utilisé bien avant la covid pour d’autres vaccins.  Des instituts de recherches et l’Oms insistent aussi sur l’absence de liens. Santé 19 juil. 2022


Exposition à l’espace ‘’Le Centre’’: Sènami Donoumassou entre plusieurs dimensions artistiques
  « Xogbé », l’exposition de la jeune artiste Senami Donoumassou à l’espace culturel « Le Centre » de Lobozounkpa se résume à deux installations sur la thématique des mémoires des langues, une série sur les panégyriques, une autre sur la littérature du Fâ et son allégorie, un moment de partage du conte. C’est aussi un temps de vénération et de prière aux ancêtres. « Xogbé » présente d’abord le Fâ, art divinatoire, à travers ses « Gbessissa ». Ses paroles prennent une place de choix dans le travail en trois temps que présente depuis quelques semaines à l’espace culturel « Le Centre » de Lobozounkpa, l’artiste Sènami Donoumassou. Elle y consacre dix tablettes que les initiés ont vite fait d’identifier aux différents signes de cette sagesse ancestrale qui traverse siècles et générations. Pourquoi la jeune plasticienne s’incruste-t-elle dans l’art divinatoire au point d’y consacrer une part importante de son œuvre ? Sènami est d’abord et avant tout passionnée par le patrimoine. Elle y consacre temps, recherches et énergie. Pour en arriver à « Xogbé », elle a travaillé pendant plusieurs mois. L’espace-hôte de son exposition l’a même accueillie en résidence, confesse la patronne des lieux, Marion Hamard. Elle y a trouvé soutien et expertise, ce qui lui a permis de peaufiner son projet et de le surdimensionner. Ce pan de l’exposition, comme on pouvait s’y attendre, convient bien aux initiés du Fâ qui y défilent à longueur de journée pour se mirer et se baigner dans les paroles et signes ainsi projetés par l’artiste. Questionnement Sur cette exposition, la tradition s’impose comme pièce maîtresse. La langue est mise à travers une série de dessins qui symbolisent dictions, personnages royaux, dictons, proverbes… Cette exposition est aussi « un questionnement sur nos langues », explique l’artiste. « J’ai interrogé la mémoire de nos langues. En tant qu’identité et héritage de la culture et de la mémoire, la langue représente beaucoup », enchaîne-t-elle. Ce qui fascine chez cette jeune artiste, et le visiteur Akim Faladé le souligne si bien, c’est ce pouvoir qu’elle a de « matérialiser des choses immatérielles avec une beauté typiquement africaine ». Sènami embraye ensuite sur les panégyriques, une autre puissance du verbe, de la parole et de la langue qui, fort heureusement, continue de faire son effet dans certaines familles. Les panégyriques sont aussi Xogbé, même si en l’espèce l’artiste a choisi de faire la part belle à la langue Fongbé. Ce pouvoir qu’elle donne à la langue et au patrimoine, elle le symbolise sur « Xogbé » avec le conte. Héritage en perte de puissance dont elle appelle à la valorisation pour que l’histoire, les us et coutumes continuent de se transmettre à travers les générations. En réalité, la portion qu’elle concède au conte n’est qu’une passerelle pour aboutir à la vénération des ancêtres. Ces morts qui, en réalité, ne sont jamais morts et dont la présence se matérialise à travers les autels portatifs. La plasticienne y a consacré son installation pour cette exposition. Et comme la mort ne distingue pas de religions, elle associe à son installation des extraits sonores qui renvoient à plusieurs religions. Elle évoque ici le « Dègbé », prières et hommages à ceux qui ne sont plus du monde visible. « Elle est une vraie artiste. Son travail reflète la culture béninoise et sa culture à elle. Notre vision et notre avenir transparaissent à travers cette exposition », apprécie Charly Djikou, lui aussi artiste et sculpteur. Sènami assure pour sa part qu’elle s’est donné pour mission d’amener les gens à se questionner et leur faire toucher les réponses à travers ses œuvres. « Je renvoie chacun à la mémoire des langues à travers mes œuvres. Une œuvre doit toucher le visiteur », fait-elle savoir. Pour le ministre en charge des Arts, visiteur de l’exposition dès le premier jour, Sènami « interpelle et interroge pour transmettre cette richesse qui a tendance à se perdre aux jeunes générations ». Artiste engagée, elle l’est aussi, reconnaît-il, ajoutant qu’elle a un message fort qu’elle passe à travers son talent et son génie. Culture 19 juil. 2022


Prof. Léonard Wantchékon au sujet des Agoodjié (Amazones) « Il faut qu’on les rende vivantes »
  Économiste et membre de l’Académie américaine des arts et des sciences depuis 2013, Prof. Léonard Wantchékon est aussi un passionné d’histoire, surtout celle de ses origines. C’est ce qui lui a valu d’être conseiller sur le film Woman King qui sortira en septembre 2022 et qui s’est inspiré de l’histoire des Agoodjié du Danxomè. À travers cette interview, Léonard Wantchékon dévoile combien ce film à suspense rehausse le Bénin et force, avec l’érection de la statue des amazones à Cotonou, à approfondir les connaissances sur ces femmes guerrières pour que cela soit enseigné.

La Nation : Prof. Wantchékon, on vous connaît en tant qu’économiste. Êtes-vous aussi un historien ?

Léonard Wantchékon : Je suis avant tout un chercheur pluridisciplinaire. J’ai une formation en Mathématiques appliquées et Economie, avec comme domaines de recherche, l’économie politique, l’économie de développement et surtout l’Histoire économique. J’ai travaillé sur l’impact à long terme de l’esclavage, celui des écoles coloniales sur la mobilité intergénérationnelle au Bénin. Je conduis actuellement une étude sur les « Agouda », ces esclaves libres qui sont retournés à Ouidah, Agoué et à Lagos. Je mène aussi une étude sur les femmes guerrières du Danxomè qui consiste à faire le répertoire biographique d’une cinquantaine d’anciennes amazones des rois Guézo, Glèlè et Béhanzin. C’est un recueil de biographies détaillées sur ces femmes guerrières. Ce qui permet d’écrire l’histoire à partir de celle des individus et pas uniquement sur la base des écrits des administrateurs coloniaux, des archives coloniales. J’ai commencé à faire ce travail avec mes collègues de l’African School of Economics (basée à Abomey-Calavi) depuis sept ans. Mais il faut remarquer que j’ai toujours été passionné d’histoire depuis le cours secondaire. J’ai trouvé en particulier que la richesse du Bénin sur les plans de l’histoire coloniale et postcoloniale demande que, quelle que soit la discipline, l’on puisse s’y intéresser. Pour moi, c’est naturel de passer de l’économie à l’Histoire et vice-versa. Moi, j’étudie l’Histoire comme un économiste ou comme un statisticien appliqué. Mes travaux sur les faits historiques consistent, dans la mesure du possible, à générer des échantillons de personnes qui ont fait l’histoire, à décrire les choix qu’elles ont faits ainsi que leur environnement à l’époque. Et sur la base de ces données assez détaillées, on essaie de mieux décrire et analyser ces faits historiques. C’est un peu ce que nous faisons actuellement avec l’histoire des « Agoodjié ». C’est quelque chose qui, je l’espère, sera un complément aux travaux existant sur le sujet, mais aussi un grand complément par rapport au film Woman King.

Que représentent pour vous les Agoodjié, ces femmes guerrières ?

Ce sont des femmes indépendantes, courageuses et fortes qui, du fait de ces caractéristiques, ont été recrutées dans le corps des amazones du royaume du Danxomè. Elles avaient un statut particulier dans la stratégie de défense du royaume. De ce point de vue, elles subissaient un entrainement extrêmement rigoureux et avaient toutes sortes de rituels qui permettaient de maintenir le moral et la force de caractère qu’il faut pour jouer ce rôle. Lorsqu’elles sont revenues dans leur communauté, après le service militaire, ces femmes guerrières sont restées entreprenantes et fortes. Certaines sont devenues des entrepreneures agricoles, des commerçantes, etc. Dans tous les cas, c’étaient des femmes qui inspiraient un respect énorme dans la communauté. Elles ont une influence très forte sur les générations futures du point de vue de l’égalité entre l’homme et la femme. Il y a beaucoup d’histoires que nous allons dévoiler dans le livre que nous écrivons, et qui montrent qu’après avoir quitté l’armée, l’histoire de ces femmes est restée aussi fascinante qu’elle l’était pendant la guerre. C’est exceptionnel. Les Agoodjié constituent une fierté pour le Bénin parce que c’était une institution unique dans l’histoire militaire du monde entier. C’est une armée institutionnalisée de sorte à être efficace dans le temps. C’est alors un joyau de l’histoire militaire du monde, et en même temps de notre pays. Ça prendra du temps, s’il faut parler de l’organisation. Il y avait des relations particulières entre le corps des officiers Agoodjié, le Gahou (chef d’état-major de l’armée) et le roi. Et c’est justement ces relations spécifiques qui ont été mises en exergue dans le film Woman King dont j’ai été un des conseillers. Selon nos recherches, Tassi Hangbé, la sœur jumelle du roi Akaba, a initié le corps des Agoodjié durant son règne de trois ans (1708-1711). Le roi Guézo (1818-1858) l’a institutionnalisé et réorganisé avec des stratégies de recrutement et d’entrainement extrêmement élaborées. C’est tout un rituel qui permet de maintenir la cohésion et la force de cette armée. Nous pourrons en parler avec beaucoup de détails plus tard, à la sortie du livre d’ici la fin de l’année.

Woman King sortira en septembre 2022. Quel est le lien entre ce film et les Agoodjié du royaume du Danxomè ?

Le film est inspiré des événements qui se sont déroulés autour de 1823, où le roi Guézo a décidé de remettre en cause les rapports de dépendance qui existaient entre le royaume du Danxomè et l’empire d’Oyo, surtout en ce qui concerne le payement du tribut. Le roi s’est adressé à Nannansi qui dirigeait le corps des amazones, avec comme responsabilité de jouer un rôle prépondérant pour la reconquête de l’intégrité du royaume du Danxomè. Le film permet de montrer l’existence de ce corps, son fonctionnement, et son organisation, puis les rapports que ces femmes guerrières entretenaient avec le roi. Du fait de ce rôle que jouaient les femmes dans le royaume, elles avaient une influence politique très forte. C’est une influence qui faisait de l’héroïne du film, un peu comme l’égal du roi. Elle n’était pas la reine, mais presque. Ça reflète alors le pouvoir des femmes au sein du royaume du Danxomè, un pouvoir basé sur le rôle prépondérant que jouait le corps des amazones. Les détails sur leur recrutement, la façon dont elles combattaient, comment elles disposaient les corps des soldats abattus, etc. Ce sont des détails très importants qui nous replongent dans l’histoire militaire du royaume d’Abomey. Comme vous le voyez, l’objet du film n’est pas simplement de relater l’histoire du royaume, mais de faire ressortir des aspects clés des institutions politiques et militaires du royaume du Danxomè. Il revient à nous autres, dont les ancêtres ont vécu sous ces institutions, de produire une version plus complète de ce qui sort du film et de tirer des leçons de ces expériences. Je veux que nous portions ce message plus loin. Que cette histoire soit adaptée par un film de cette envergure, c’est extraordinaire. Je voudrais faire remarquer qu’avant Woman King, il y avait le film Black Panther qui évoquait déjà l’existence de femmes guerrières. C’était beaucoup plus une fiction. Ici en revanche, c’est une fiction basée sur un épisode précis de l’histoire du Danxomè. Alors dans le film, on parle du roi Guézo, de Nanhoui, la fille de Nannansi, etc. Ça nous met dans le contexte du Danxomè de l’époque. C’est vraiment une grande source de fierté. Mon rôle en tant que conseiller historique a consisté à aider à définir le contexte historique du film, assurer qu’il reflète la réalité historique de l’époque, en fournissant des informations assez précises sur la conduite des guerres, ainsi que les institutions et les normes culturelles et sociales du Danxomè.

Vous souhaitez que l’histoire de ces femmes guerrières soit mise en valeur dans toutes ses facettes. L’érection à Cotonou, à la place des amazones, d’une statue en leur honneur, n’est-elle pas un début ?

Je pense que c’est une très bonne initiative, un acte symbolique d’une grande importance. Il nous reste maintenant à travailler à faire connaître réellement qui étaient ces femmes. Faire connaître leurs noms, où elles ont grandi, leurs actions, et là où elles ont été inhumées. Il faut qu’on les rende vivantes et présentes. Quand on vous parle d’un chef de guerre français ou allemand du XVIIIe ou du XIXe siècle, il a un nom, une histoire. Dans notre contexte, ce sera important que le monument soit accompagné d’études personnalisées. Il faut semer sur le terrain fertile que les pouvoirs publics sont en train d’apprêter. Cela, c’est notre devoir à tous et particulièrement nous les chercheurs. Et c’est ce que nous sommes en train de faire à l’Institut des Études africaines de l’École africaine d’Economie (African School of Economics). Nous avons pu, comme je l’avais déjà dit, collecter des informations sur une cinquantaine de femmes guerrières. Mais il y a beaucoup d’autres. Elles étaient des milliers. Il faut que ce monument soit le symbole aussi d’une attention plus forte portée à l’histoire de notre pays. Il y a certes ces femmes guerrières, mais il n’y avait pas qu’elles. Le retour des anciens esclaves du Brésil est une histoire extrêmement fascinante que l’on peut creuser davantage. Il y a le royaume de Nikki, qui était extrêmement sophistiqué et dont l’histoire mérite d’être davantage vulgarisée. Et que dire des royaumes de Hogbonou, d’Allada, etc. ? Il y a plusieurs éléments de notre histoire qu’il faut qu’on puisse mieux faire ressortir. Notre histoire est tellement riche pour n'être laissée qu’aux seuls historiens. Il faut que les économistes, les sociologues, les philosophes, etc. participent à l’œuvre de la reconstitution de l’histoire nationale, dans une perspective pluri et trans-disciplinaire. Il y a un élément important de fierté et d’identité que la connaissance de l’histoire vous apporte et qui n’a pas de prix. Sur le plan académique, l’histoire incite au désir de savoir et contribue au succès académique dans d’autres disciplines. Mon directeur de thèse, qui est mathématicien économiste, ne dit presque jamais rien sans références historiques. Dans les formations de l’Ase, sur les campus de Calavi, Abidjan et New York, l’histoire économique et sociale est une discipline obligatoire. En résumé, le monument peut être une façon de dire aux gens, il y a eu des amazones, essayons de mieux comprendre leur histoire et de la faire revivre aux générations futures.
Culture 18 juil. 2022


Accès à l’eau potable : Le Bénin obtient 153,36 milliards F Cfa de la Banque mondiale
Le ministre d’Etat Romuald Wadagni a annoncé la signature ce vendredi 15 juillet 2022, d’un accord de financement additionnel de 233 800 000 euros avec la Banque mondiale. 233,8 millions d’Euros soit 153, 36 milliards F CFA. C’est le montant de l’accord de financement que vient d’obtenir le Bénin de la Banque mondiale. L’accord a été signé, vendredi 15 juillet 2022, entre le ministre d’État Romuald Wadagni et Atou Seck, représentant résident de la Banque mondiale, en présence de Élisabeth Huybens, directrice des opérations et la stratégie de la Banque Mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et le Centre. Cette cagnotte additionnelle de 233 800 000 euros va renforcer l’accès à l’eau potable en milieu rural et accélérer l’atteinte des Odd. « Avec ce nouveau financement pour le Programme Aquavie, le Bénin fait un pas significatif pour l’atteinte de l’Objectif de Développement durable sur l’accès universel et équitable à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement Odd6 avant le Terme de 2030 fixé par les Nations Unies », a précisé Romuald Wadagni. Le Programme Aquavie vise en réalité, à améliorer l’accès aux services d’eau potable et de renforcer les modèles de gestion dans les zones rurales du Bénin. Il s’agit surtout de développer des infrastructures d’alimentation en eau potable de nouvelle génération en vue de la desserte universelle et de mettre en place une gestion professionnalisée durable du service public de l’eau potable en milieu rural avec des opérateurs qualifiés. 80 nouveaux Systèmes d’approvisionnement en eau potable multi villages (SAEPmV) pourront être construits pour desservir environ 1 266 000 personnes additionnelles à la mise en service des ouvrages répartis sur 404 villages, à travers 2 700 bornes-fontaines et 28 000 branchements privés.   Actualités 16 juil. 2022


Cotonou : Le monument de Bio Guéra dévoilé
  Tout visiteur de l’aéroport international cardinal Bernadin Gantin l’aura désormais comme première attraction. Au carrefour de cette vitrine du Bénin, se dresse le monument de Bio Guéra. Droit sur son cheval cabré, le guerrier wassangari de son vrai nom Gbaasi N’Guerra s’impose avec élégance. Né d'un père wassangari, Sabi Yérima, et d'une mère gando, une ethnie du nord Bénin, Bio Guéra est un guerrier qui a mené plusieurs résistances contre l'impérialisme français au Bénin avant de rejoindre ses aïeux le 17 décembre 1916. Ce monument qui vient d’être dévoilé en attendant son inauguration est le second après celui de l’amazone. Leur inauguration interviendra dans le cadre de la célébration de la fête de l’indépendance. Actualités 15 juil. 2022


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