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Nouvelles

45e anniversaire de la Boad: Cap sur la finance climat

Il y a quarante-cinq ans, les Etats de l’Union économique et monétaire ont créé la Banque ouest-africaine de développement (Boad). A l’occasion de la célébration de cet anniversaire, jour pour jour, ce mercredi 14 novembre à Lomé, les dirigeants de l’espace communautaire, tout en saluant les avancées ont insisté sur ce qui doit être l’une des dévolutions majeures de la banque les années à venir.

« Depuis sa création, la Boad s’emploie à assumer ses missions statutaires au premier rang desquelles figure la promotion du développement équilibré de ses Etats membres, et d’autre part une contribution active à la réalisation de l’intégration économique en Afrique de l’Ouest », a clamé Christian Adovèlandé, ce mercredi à l’hôtel 2 février de Lomé où a été célébré le 45e anniversaire de la Boad dont il est le président en exercice, comme pour rafraichir la mémoire à son auditoire. Premiers à son écoute, les dirigeants des institutions communautaires et autres institutions de financement, à savoir le gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao), le président de la Commission de l’Uémoa, le président de l’Autorité des marchés financiers de l’Uémoa. Et surtout Alassane Dramane Ouattara, président de Côte d’Ivoire et président de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Uémoa, ainsi que Romuald Wadagni, président du Conseil des ministres statutaire de l’Uémoa.
Célébré sous le thème évocateur de « l’énergie solaire dans l’économie des pays de l’Uémoa: état des lieux, enjeux et politiques », l’anniversaire de la banque sous-régionale de développement, au détour d’un forum y dédié, a également réuni le gotha des experts d’Afrique et d’ailleurs sur la question.
Selon le président de la Commission de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), Abdallah Boureima, il s’agit d’un forum organisé sur une thématique au « cœur des préoccupations des instances dirigeantes de l’Uémoa, à savoir la question énergétique ». Car, soutient-il, « l’Uémoa enregistre une croissance avoisinant un taux de 6,5 % », mais « cette performance économique aurait pu être plus avantageuse encore si les efforts de développement des Etats membres pour accroitre la compétitivité des entreprises et améliorer les conditions de vie des populations n’avaient été obérés par un environnement énergétique particulièrement défavorable». Et si, «la part du thermique qui constitue les 2/3 de parts de production, ce qui fait de l’électricité au sein de l’Uémoa l’une des plus chers au monde», n’était prépondérante. Il souligne également « La faiblesse des ressources publiques pour le financement d’infrastructures électriques », et « la situation financière souvent précaire des opérateurs publics d’électricité». D’où la nécessité des énergies renouvelables, une ambition que porte la Boad.
A ce propos, rappelle Christian Adovèlandé, il y a cinq ans, la célébration du 40e anniversaire de la banque avait été une occasion de réfléchir sur le thème : «Nouveaux enjeux pour l’activité des banques sous-régionales de développement». Et, détaille-t-il, «le plan stratégique qui en a découlé et qui est en cours d’exécution, porte le sceau d’un fort engagement en finance climat avec un accent particulier sur les énergies renouvelables». D’où le thème du forum marquant les 45 ans de l’institution bancaire, ouvert ce mercredi 14 novembre, qui reste lié à celui débattu il y a cinq ans. Il évoque le développement, en effet, des potentialités économiques et sociales importantes que les pays de la sous-région commencent à peine à exploiter, car, indique le président de la Boad, la plupart des activités, qu’il s’agisse de production, d’éducation, de santé, ou des loisirs, font recours à l’énergie, appuie Christian Adovèlandé, selon qui « un bon accès à l’énergie est une condition de développement économique, social et culturel.. ».

Sans électricité…

Procédant à l’ouverture dudit forum, le président Alassane Dramane Ouattara, déplore qu’ « aujourd’hui, moins de la moitié de nos compatriotes a accès à l’électricité et beaucoup n’y a qu’un accès limité », « je trouve que cela est une honte », dit-il sans ambages et suivant le langage de vérité qui lui est connu ! D’autant plus que, argumente-t-il, « sans l’électricité, il n’y a pas d’eau potable, sans l’électricité et l’eau, l’éducation et la santé ne peuvent être que retardées ».
Faisant le diagnostic y afférent, il relève que cette situation « résulte du retard accusé en matière d’investissement », qui « constitue un frein à notre développement économique et social » au sein de la communauté. Aussi, préconise-t-il « Pour accélérer la croissance économique», que les pays de l’Uémoa investissent « massivement dans le secteur de l’énergie ». Cela est une priorité, insiste-t-il, car « la diversification et l’industrialisation de nos économies à travers la transformation de nos matières premières passent impérativement par l’accroissement de nos capacités de production électrique », martèle le président Ouattara.

Wadagni édifie

En sa qualité de président du Conseil des ministres statutaire de l’Uémoa, Romuald Wadagni, ministre de l’Economie et des Finances béninois, a axé son intervention, à la cérémonie d’ouverture du forum d’anniversaire hier, sur deux principaux messages: un message général pour l’amélioration des performances de la banque, et une suggestion par rapport au thème du forum.
Tout en saluant les efforts consentis pour faire de la Boad « une institution de référence en matière de financement de développement », il a estimé que « le principal défi pour les prochaines années est de trouver des moyens innovants pour renforcer les fonds propres de la banque et abaisser les coûts de ses interventions ». Selon Romuald Wadagni, « il serait souhaitable de mettre en œuvre des projets concrets pour renforcer les capacités de la banque à mobiliser de ressources à très long terme à des taux bas ». A cet effet, il cite en exemple le Bénin qui l’a fait, «pour lever des fonds…à 30 ans et à des taux bas avoisinant les 2%.». S’agissant spécifiquement du forum, Romuald Wadagni suggère que la Boad mette l’accent désormais sur «le contenu local dans le choix des projets d’électrification d’énergie solaire à financer ». Il s’agira notamment, argumente-t-il, « de développer des compétences locales pour la maintenance des équipements et la recherche-développement». Exhortant à une appropriation africaine de la manne économique que représentent les énergies renouvelables, selon l’argentier béninois « le soleil, la principale matière première, existe en quantité suffisante dans nos pays ». Cependant, prévient-il, « si nous nous contentons d’importer des équipements, nous allons avoir du mal à assurer la durabilité des projets. Nous aurons beaucoup de mal à faire prendre en charge nos besoins spécifiques ».
Cette exhortation du ministre béninois des Finances a eu la particularité de titiller la fibre patriotique des participants au forum, qui l’ont applaudi à tout rompre, interrompant son speech maintes fois. Et s’il faille mesurer à l’applaudimètre la pertinence des allocutions prononcées hier à l’hôtel 2 février, celle de Romuald Wadagni tient la dragée haute, ajoutée à celle du président Ouattara qui séduit toujours par son franc-parler.

Dynamique

Faisant chorus au discours du ministre Wadagni, le président de la Boad indique que «Le développement de l’énergie renouvelable serait d’un grand apport à la durabilité de la croissance économique, de même qu’au renforcement de l’inclusion sociale et financière». Ce dont convient de président du Conseil des ministres statutaire, Romuald Wadagni: « Nous nous investirons à accompagner la dynamique dans les Etats membres de l’Union. A cet égard, nous restons attentifs aux conclusions du Forum», s’engage-t-il au nom de ses pairs.
A noter, pour le compte de la première journée, que les travaux du forum ont été consacrés à deux panels. Le premier a porté sur « Faire décoller et développer l’économie du solaire en zone Uémoa », et le deuxième sur «Finance climat et mobilisation de ressources ». Le premier panel, dirigé par l’ancien Premier ministre du Sénégal, Mamadou Loum, a été animé par d’éminentes personnalités dont Seyni Nafo, conseiller spécial du président du Mali et Luc Gnacadja, ancien ministre béninois de l’Environnement. Le deuxième panel a été conduit par Kabiné Komara, ancien Premier ministre de la Guinée et animé également par d’éminentes personnalités et experts?

Par Paul AMOUSSOU, de Lomé

Actualités 15 nov. 2018


Concours régional de programmation 2018: Mapcom Sa s’engage à relever le niveau des candidats

La demi-finale du concours de programmation informatique Arabe et Afrique édition 2018 s’est déroulée dimanche 11 novembre dernier. Les candidats de la zone Afrique de l’Ouest ont passé leur test à Cotonou dans les locaux de Malcom Technologies Bénin, facilitateur et organisateur dudit concours.

« Nous devons batailler pour rehausser le niveau de nos étudiants. Le travail, rien que le travail, avec l’implication des enseignants, des autorités universitaires et des autorités politico-administratives. Mapcom Group s’engage aux côtés des universités pour que nous ne soyons pas en marge de ce cadre », a déclaré le président du comité d’organisation du concours sous-régional, Prosper Gnimadi, au terme du verdict. Il annonce déjà que pour la prochaine édition, les compétitions nationales vont commencer tôt, dès février prochain.
En effet, 20 équipes venues du Bénin, du Niger et du Nigéria ont pris part au concours sous-régional de programmation informatique. C’est une compétition qui offre beaucoup d’avantages aux étudiants dans le domaine informatique. Une initiative qui a démarré depuis 2008, mais à l’époque, les pays de l’Afrique de l’Ouest qui y participaient étaient reliés à la zone Afrique du Sud, une position désavantageuse. C’est grâce au leadership de Mapcom Group qu’il a été ouvert un site au Bénin pour l’espace Afrique de l’Ouest, qui est désormais relié à la zone Arabe. Dix pays de l’Afrique de l’Ouest sont dans ce nouveau réseau. Il s’agit du Bénin, du Togo, du Niger, du Burkina Faso, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, du Mali, de la Guinée, du Ghana et du Nigeria. Pour des questions de calendrier universitaire, les équipes du Sénégal, du Burkina Faso et du Togo n’ont pas pu effectuer le déplacement pour la présente édition.

Faire davantage d’effort

Pour la zone Afrique de l’Ouest, la première équipe au concours sous-régional de programmation informatique est « Require» (’’good grsp’’) de l’Institut de mathématiques et de sciences physiques (Imsp) de Dangbo qui a résolu 2 problèmes sur 12. Mais aucune équipe de la zone n’a pu résoudre 5 problèmes pour pouvoir être retenue pour la finale mondiale. Une finale qui aura lieu à Porto au Portugal du 31 mars au 4 avril 2019. La première équipe de toute la région Arabe Afrique (Radio Active) vient de l’Egypte avec 9 problèmes résolus. « Nous retenons donc que nous continuerons de travailler car le niveau auquel les étudiants se sont exercés lors de cette demi-finale est très élevé. Les universités des pays arabes ont compris très tôt et c’est pourquoi ils occupent de plus en plus le marché de l’emploi des Tics », fait savoir le président du comité d’organisation du concours sous-régional, Prosper Gnimadi. Il poursuit: « Nous avons insisté pour qu’un site soit ouvert dans l’espace Afrique de l’Ouest parce que cette zone est souvent considérée comme une zone de paresseux. Nous devons tout faire pour rendre l’Afrique de l’Ouest fière. Concourir et montrer de quoi nous sommes
capables, l’enjeu est de taille », a expliqué Prosper Gnimadi.

Société 15 nov. 2018


Rentrée académique solennelle à l’Uac: Sous le sceau d’un dialogue social permanent

Les activités de l’année académique 2018-2019 sont lancées à l’Université d’Abomey-Calavi (Uac). Cette année plus que la précédente, l’équipe rectorale dirigée Maxime da Cruz attend de tout le corps universitaire plus d’engagement dans le dialogue social et plus de célérité. La rentrée académique solennelle s’est déroulée, hier, à l’amphithéâtre Idriss Deby Itno de l’Uac.

« Nous nous engageons à inscrire notre démarche dans la consultation permanente des partenaires sociaux. Mon équipe et moi sommes conscients de l’écoute de tous pour une année académique apaisée ». C’est sur cet élan et ces vives promesses que l’année académique 2018-2019 a été officiellement lancée à l’Université d’Abomey-
Calavi par son recteur de l’Uac Maxime da Cruz. C’est d’ailleurs le vœu que porte le directeur de cabinet du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Bienvenu Koudjo. « Je souhaite que l’année académique 2018-2019 se déroule dans un climat apaisé, dans un climat de consensus recherché à tous les niveaux pour que les étudiants puissent terminer leurs cycles de formation avec les résultats espérés, signe de la réussite de notre mission », a-t-il exprimé.
La cérémonie solennelle de la rentrée académique 2018-2019 à l’Uac s’est tenue en présence de l’équipe rectorale, de directeurs d’établissements et doyens de facultés, de professeurs titulaires, de maitres de conférences, de maîtres assistants, d’étudiants...
Représentant le personnel administratif, technique et de service de l’Uac, Gérard Agossa, a salué la bonne foi de l’équipe rectorale dans la conduite des affaires de l’Uac et a invité ses collègues à un travail professionnel dans une collaboration sincère. Il a rappelé quelques préoccupations chères au personnel dont le paiement des primes de rentrée au personnel conventionné, la relecture de la convention collective, l’assainissement du cadre de travail et l’accès à l’eau potable... La satisfaction de ces points, a-t-il précisé, permettra d’instaurer un climat favorable à la cohésion. Le représentant du personnel enseignant de l’Uac, Ariane Djossou, a aussi reconnu l’ouverture d’esprit de l’équipe rectorale. Mais son adresse s’est beaucoup plus assimulée à un message d’encouragement aux enseignants pour le noble métier qu’ils exercent. Un métier pour lequel, ajoute-t-elle, les enseignants ne seront jamais rémunérés à sa juste valeur.
Prenant acte des différentes doléances, le recteur de l’Uac, Maxime da Cruz, a promis de batailler pour l’amélioration du cadre et des conditions de travail des universitaires. Il a de même invité les directeurs d’établissements à faire preuve de célérité dans le traitement des dossiers pour que la procédure de paiements des droits des vacataires soit achevée au plus tôt. Puis, il a invité toute la communauté universitaire au dialogue social.
Face au défaut d’accord entre les organisations estudiantines pour délivrer un message lors de la rentrée solennelle, le directeur de cabinet a aussi convié les étudiants à la recherche du bon dialogue, la recherche du consensus qui ne signifie pas forcément la domination de la voix la plus haute.
La rentrée solennelle s’est achevée avec une conférence inaugurale donnée par Dr Obaré Bagodo sur le thème : « Préhistoire de l’humanité : histoire antérieure, histoire révolue ? Sens portée actuelle de 3,3 millions d’années d’héritages techniques et culturels. »

Actualités 15 nov. 2018


Chronique: En attendant la culture de l’assurance

 

Souscrire aux contrats d’assurance, c’est le dernier des soucis du Béninois. S’il n’y est pas astreint, il ne s’en préoccupe guère, ignorant l’importance et les avantages de se faire protéger contre d’éventuels sinistres. Pourtant, les risques liés à la circulation, à l’emploi, au commerce, au bien-être sont permanents.

Si l’on peut reprocher aux maisons d’assurance de ne pas suffisamment mettre en exergue les enjeux de se prémunir contre les événements fâcheux et inattendus, les pesanteurs socioculturelles et le faible niveau du pouvoir d’achat de la grande majorité expliquent le peu d’engouement pour l’assurance. Dans le contexte national où l’économie est essentiellement informelle, la précarité de l’emploi, le sous-emploi et le chômage ne favorisent pas la souscription aux contrats d'assurance pour garantir sa personne, ses capitaux ou un bien quelconque contre les risques et les accidents. Les offres en la matière sont de plus en plus diversifiées : assurance maladie, assurance vie, assurance décès, assurance chômage, assurance emploi, assurance incendie, assurance habitation, assurance automobile...
Beaucoup de citoyens conçoivent l’assurance comme de l’argent jeté.Dans l’imaginaire collectif, seul Dieu protège l’homme et ce qu’il possède. L’éventualité d’un sinistre n’est presque pas envisagée. Souscrire à l’assurance, pour certains superstitieux, c’est même s’attirer le malheur contre lequel on prétend se prémunir. Ce n’est qu’à la survenance du désastre que l’on fond en larmes et on nourrit des remords. Là encore, la mentalité admet que c’est Dieu qui l’aurait voulu et l’on s’en remet à lui. L’Etat a également sa part de responsabilité dans cet état de choses, en ce sens que l’assurance a été pendant longtemps son monopole avec l’ex-Société nationale d’assurance et de réassurance (Sonar) qui gérait jusqu’en 1995 tous les risques. Avec les tares de l’Administration, le secteur ne s’est guère développé jusqu’à la libéralisation et le désengagement de l’Etat. Les sociétés d’assurance qui se sont implantées par la suite subissent encore à tort ou à raison le dédain créé au niveau des souscripteurs peu satisfaits des prestations d’assurance. Ces entreprises, elles-mêmes, font peu d’efforts pour changer ce regard malveillant sur leur secteur, ne réagissant pas toujours de façon prompte en cas de sinistres. Du coup, bien que l’obligation soit faite, comme pour les véhicules à quatre roues ou plus, de nombreux conducteurs se prennent par défaut. Heureusement, les habitudes changent peu à peu avec la concurrence de plus en plus forte dans le secteur !
Les motos qui constituent le gros lot des engins en circulation ne sont presque pas assurées, bien que la loi le prescrive expressément. Négligence ou inconscience ? De toute façon, il importe d’intensifier la sensibilisation pour amener les populations à la culture de l’assurance. Et ce n’est pas que l’affaire des compagnies qui en tirent le grand profit. L’Etat qui engrange une demi-dizaine de milliards de francs d’impôts directs et autres taxes retenues à la source sur les contrats d’assurance chaque année, a tout intérêt à ce que le secteur de l’assurance s’intègre dans les habitudes. Mais déjà que l’Etat lui-même n’assure pas toujours ses investissements, notamment ses véhicules, s’estimant solvable à plus d’un titre, cela ne pose-t-il pas un problème ? Plusieurs activités peuvent être assujetties à l’obligation d’assurance.Mais en attendant, c’est l’occasion de saluer l’initiative du Projet d’assurance pour le renforcement du capital humain (Arch) dont on vante les avantages depuis deux ans et les populations attendent avec impatience sa mise en œuvre.
C’est ce que je crois.

Société 14 nov. 2018


Karim Sy, membre du Conseil présidentiel pour l’Afrique « Le Continent doit se réinventer avec le numérique »
[caption id="attachment_31422" align="alignnone" width="1024"]Karim Sy [/caption]

Karim Sy est membre du Conseil présidentiel pour l’Afrique (Cpa), une organisation créée par le président Emmanuel Macron pour lui apporter des éclaircissements sur des questions liées aux relations entre l’Afrique et la France. Rencontré à Cotonou dans le cadre de l’évènement «Novembre numérique », le Franco-malien, fondateur de Jokkolabs et un des acteurs majeurs du numérique sur le continent, nous parle du rôle du Conseil, des enjeux du numérique et des opportunités qui s’offrent en la matière aux jeunes en Afrique.

La Nation : Quel est le rôle du Conseil présidentiel pour l’Afrique ?

Karim Sy : C’est un groupe de personnalités issues de la Société civile qui ont pour rôle, comme l’indique le nom de l’organisation, de conseiller le président et de nourrir un peu sa réflexion sur la politique africaine, mais tout particulièrement sur des sujets relatifs à l’éducation et à la culture de l’entrepreneuriat. Si vous avez suivi la première visite du président français à Ouagadougou au mois de novembre 2017, il avait tenu un discours qui ancre le cadre d’intervention et énonce les engagements du président envers l’Afrique.
Nous sommes dix dont deux de vos compatriotes au sein du Conseil : l’ancien footballeur Jean-Marc Adjovi-Boco et l’ambassadeur Jules-Armand Aniambossou qui d’ailleurs coordonne les activités du Cpa. C’est un promotionnaire du président Macron à l’Ecole nationale d’administration (Ena), la promotion Senghor. C’était déjà prémonitoire de l’intérêt que porte le président à l’Afrique. Sa dernière visite officielle, c’était au Nigeria. Vous savez que quand il a fini l’Ena, son premier stage, il l’a fait au Nigeria. Ce qui est hyper rare. Entre nous, l’Ena, c’est quand même le summum de la formation de l’administration française. En général, les étudiants qui finissent ne choisissent pas l’Afrique comme destination. C’est déjà un choix assez surprenant et qui témoigne de l’intérêt assez marqué d’Emmanuel Macron pour l’Afrique et qu’il a clairement exprimé. C’est un président jeune et assez innovant. Le dispositif du Conseil présidentiel pour l’Afrique, c’est une première. Cela n’avait jamais existé.

Quel bilan peut-on faire de vos activités au sein du Conseil ?

Le premier travail du Conseil présidentiel pour l’Afrique a été de réfléchir avec les différents acteurs de la politique africaine. Nous, on n’a pas vocation à remplacer les ambassades, l’Institut français ou l’Agence française de développement ou d’autres acteurs. On a un rôle de conseil directement auprès du président. Je parlais du discours de Ouagadougou parce que la première intervention en terre africaine était dans une université, en direction des jeunes. Un président français qui choisit de s’adresser dans une université devant mille jeunes qui sont plutôt marxistes et révolutionnaires, c’est osé. Mais l’ambition était de dire aujourd’hui, il faut une écoute de la jeunesse. La jeunesse africaine, c’est 70 % de la population du continent. En fait, le Cpa, c’est quelque part aussi le relais pour écouter et interagir avec la Société civile, avec la jeunesse pour pouvoir faire remonter directement au président les préoccupations qu’on peut avoir sur le terrain et formuler éventuellement des propositions pour des projets innovants. Une bonne partie des engagements contenus dans le discours de Ouaga, a été discutée au sein du Cpa. Ce sont des échanges privés qu’on ne saurait divulguer dans le monde entier.

Quelles sont les opportunités qui s’offrent à la jeunesse dans le cadre des activités du Cpa ?

En lien avec les engagements de Ouaga, l’Afd a lancé le concours Afd Digital Challenge Africa. L’année dernière, on a eu plus de 900 candidats pour 10 lauréats. Il y a quand même un côté extrêmement frustrant. C’est que de nombreux jeunes expriment un intérêt et veulent s’engager, mais ils sont laissés sur le carreau. Quel dispositif peut-on mettre en place pour accompagner cette dynamique ? C’est de là qu’est partie l’idée de monter Digital Africa qui est basée aussi sur des expériences de différentes organisations, pour accompagner les jeunes entrepreneurs ou porteurs de projets à pouvoir concrétiser leur rêve, à accéder à l’information,au savoir-faire, à des contacts, à des mentors.
En fait, l’information ne circule pas et c’est un calvaire. Des fois même, on a plus d’informations à l’extérieur qu’à l’intérieur. Le challenge, c’est de voir les perspectives. Ici par exemple, le marché, ce n’est pas que le Bénin ; c’est toute l’Afrique, à commencer par l’Uemoa qui est une chance extraordinaire pour les gens de l’Afrique de l’Ouest, qui peuvent utiliser la plateforme France pour pouvoir s’étendre à l’échelle internationale.C’est un peu cette dynamique qu’on voudrait accompagner. Ça va se matérialiser par une plateforme internet qui sera lancée à la fin du mois de novembre. C’est une association qui a été formée et qui regroupe notamment les acteurs comme Afrilabs qui est le réseau des hubs africains (135 hubs membres du réseau affiliés et provenant de 35 pays si je ne m’abuse).
On a déjà une couverture avec Digital Africa, avec des valeurs énoncées très claires sur la protection des données, sur l’approche multiculturelle ouverte et inclusive.
Il y a le fonds Afric’Innov qui est une initiative lancée par l’Afd avec une vingtaine d’incubateurs africains pour les aider à structurer des programmes accélérateurs et faire du financement des start-up avec des prêts d’honneur. C’est le Global EntrepreneurshipNetwork Africa qui est le chapitre Afrique du Global Entrepreneurship Network, le plus grand réseau entrepreneurial à ce jour avec plus de 160 pays participants et de nombreux partenaires,et qui est présent dans 35 pays en Afrique.

Comment sont sélectionnées les start-up bénéficiaires sur Digital Africa ?

Elles ne sont pas sélectionnées ; elles s’inscrivent. C’est une plateforme qui est ouverte. L’idée, c’est de donner l’opportunité au plus grand nombre. Elles peuvent s’organiser dans une dynamique de communauté apprenante qui favorise l’émergence des projets.
Il y a un dispositif financier qui va être adossé et qui va venir dans un deuxième temps au cours du premier trimestre 2019, doté de 65 millions d’euros, géré par l’Afd pour permettre d’accéder à de petits financements d’amorçage. Aujourd’hui, il est difficile d’accéder à des financements de base. Mais là, il y a 5 millions pour les prêts d’honneur, 10 millions pour le renforcement des capacités, 50 millions pour des prêts tout court.

L’accès difficile à internet par endroits et le manque de ressources ne favorisent pas l’émergence des start-up…

Les jeunes disent souvent qu’il n’y a pas le réseau. C’est une erreur de penser que c’est le réseau qui fait tout. Je ne le pense pas. J’ai eu la malchance ou la chance d’avoir un père qui me dit: va te faire un prénom, qui ne m’ouvrait aucune porte. Quand j’allais voir les gens, ils me disent: va voir ton père, il connaît. Ça m’a même motivé à quitter le Mali pour aller au Sénégal… autant aller sur un terrain vierge.
La vocation de Digital Africa, c’est identifier des projets innovants… Aujourd’hui, il faut qu’on arrive à faire comprendre la notion de communauté apprenante. On a inventé une nouvelle manière, un nouveau mode d’apprentissage. Le temps que les universités changent les cursus scolaires sera long. Le jeune qui a gagné le prix l’année dernière, l’Ivoirien Lamine Barro,initiateur de la plateforme d’e-learning Etudesk, met en place des cursus en ligne avec des parcours et organise du mentorat au cours de formations sur le numérique et autres choses. Il est en train de le faire même sur l’agriculture…
Donc, entre pairs, il faut échanger, il faut collaborer. C’est quelque chose aussi qu’on veut arriver à faire comprendre aux gens. Et puis,si on compare la dynamique des écosystèmes qui sont vivants, ce sont des écosystèmes où il y a beaucoup d’interactions qui se croisent. Il faut revenir à la logique de partage avec les autres. Et là, il y a même un apprentissage de la démocratie. Pourquoi ? Parce que le lead de la communauté n’est pas supposé être lead ad vitam aeternam. C’est aussi une logique de la méritocratie dans ces communautés technologiques qu’on voit.

C’est donc un processus naissant ?

Il est déjà là. Je l’ai vu depuis huit ans dans tous les hubs et sur le terrain. On vient de lancer un programme de formation en Côte d’Ivoire, basé sur cette dynamique de communauté. On parle de plus en plus de pédagogie inversée. Les gens ont accès à la vidéo, à des ressources pour se former. Quand tu vas à l’école, tu n’as pas besoin que le prof vient te raconter ce que tu as dans le livre. Tu le lis avant et vous avez des échanges profonds sur les zones d’ombre. C’est cette approche qui est en train d’être priorisée. Je pense qu’aujourd’hui, l’Afrique est à un croisement incroyable et doit se réinventer. Ma conviction, c’est que tout le monde doit se réinventer ; il n’y a pas que l’Afrique. S’il y a un secteur capable de bouger sur cinquante ans, c’est l’éducation. Avant, il fallait venir dans un lieu pour consigner dans des bouquins des savoir-faire qu’on ne pouvait avoir que dans ce cadre. Aujourd’hui, c’est démocratisé d’une certaine manière. Le modèle évolue lentement et sur internet, vous avez maintenant accès aux cours des meilleures écoles du monde. Ça veut dire que la manière d’appréhender l’éducation doit être revue. On peut la transposer dans tous les secteurs. On est dans un monde en transition, porté par le numérique. En 2000, on parlait de la société de l’information mais qui bouscule tout aujourd’hui. On le voit socialement,même politiquement avec les questions de fichier électoral, économiquement avec des économies remixées, des entreprises qui meurent, d’autres qui naissent. Dès ce moment-là, quand on regarde tous les secteurs du développement comme l’énergie, ce sont des secteurs, si on réfléchit bien, dans lesquels l’Afrique peut importer un nouveau modèle.

Pensez-vous qu’elle peut le faire plus facilement que d’autres ?

C’est ce qu’on a vu avec le mobile. Vous pensez que s’il y avait des banques super implantées avec l’utilisation des cartes de crédit et autres, M-PESA aurait pu se développer au Kenya ? Mais non. On n’y avait même pas pensé. Ce n’est pas pour rien que cette structure s’est développée et aujourd’hui, il y a 50 % du Pib qui transite par la moneybanking. Et ça a pris l’ampleur qu’on connaît aujourd’hui en Afrique alors que les banques étaient sur 20 % de la population. Et là boum ! On se rend compte qu’il y a un potentiel énorme.
Si on prend l’origine même des technologies avec le mobile, Mo Ibrahim a installé les réseaux en Europe, aux Etats-Unis. Quand il a dit : moi, je suis d’origine soudanaise et je vais au Soudan pour faire un réseau mobile, tout le monde lui a dit : mais vous êtes fou ; c’est une solution pour les riches. Mais c’est lui qui a inventé le Prepaid avec Celtel qu’on retrouve aujourd’hui en France. Et là, il a ouvert depuis l’Afrique tout un marché.Il faut qu’on change notre mentalité, notre regard et qu’on arrête de se dire qu’on n’a pas de marché. Il y a un marché qui est là ; il faut savoir l’adresser. Pour cela, il faut imaginer son business modèle, inventer son produit et à partir de là, le faire sortir. Il n’y a que les entrepreneurs africains qui connaissent mieux les usages et les problématiques sur place. Ce n’est pas d’ailleurs que les solutions viendront.
L’un des grands soucis qu’on a, c’est un défi écologique qui nous presse dans le temps pour faire cette transformation. Ce qui est encourageant, c’est de voir qu’il y a des choses qui se font. J’ai vu une société béninoise qui a développé des kits solaires avec des solutions de paiement mobile qu’ils ont déployés ici. Maintenant, ils sont au Burkina Faso. Ils sont en train d’ouvrir en Côte d’Ivoire et de s’étendre. Ils ont gagné un prix au niveau mondial. Aujourd’hui, ils ont un carnet de commandes qu’ils ne savent pas comment honorer. Donc, ce sont des choses concrètes comme ça qu’on voit.
En Afrique, on a une démographie qui fait une pression incroyable, avec un doublement de population tous les 20 ans. Cette jeunesse est certes une opportunité mais elle peut être aussi un vrai défi. Si elle décide de tout casser, tout le monde aura mal. On le voit bien avec le défi sécuritaire qui est en train de grandir. On a une voie dans laquelle on peut être optimiste mais il ne faut pas qu’on n’oublie de regarder dans le rétroviseur et d’être conscient.

Avec un parcours d’entrepreneur, vous avez décidé de créer l’initiative Jokkolabs qui est à but non lucratif. Qu’est-ce qui explique cet engagement pour le numérique et l’entrepreneuriat social ?

Avec Jokkolabs, je ne prends pas de salaire ; j’y mets de l’argent plutôt. C’est important à préciser. C’est une initiative pour accompagner la dynamique entrepreneuriale sur le terrain. Ça fait huit ans que je le fais. La première phase d’innovation est partie de Dakar et maintenant, on est présent dans huit pays dont la France. Et ce qu’on fait en France, ce n’est pas pour l’Afrique ; c’est pour la France. La dynamique aujourd’hui, elle a changé. La relation, c’est de montrer qu’on peut partir de Dakar pour apporter quelque chose en France. Ce qu’on fait depuis six ans à Nanterre, on ne le fait pas dans les quartiers « défavorisés ». On pense le futur et les défis auxquels on est confronté…
Dans mes affaires, je travaille sur une vingtaine de pays dont le Bénin sur diverses questions. Ici au Bénin, avec le Jokkolabs, on avait lancé le premier hackathon en 2016. A l’époque, on avait même monté le premier hub avec l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif). La démarche est assez originale et les discussions ouvertes sur divers sujets, mais le sujet clé, c’est la jeunesse?

Culture 14 nov. 2018


Inauguration du projet "Besen Diannou" Crs/Usda: Pour sauver 80 écoles du Borgou de la faim
[caption id="attachment_31421" align="alignnone" width="1024"]A travers le projet Besen Diannou, l'Ong Crs apporte une solution à la malnutrition en milieu scolaire et un soutien à l'économie locale grâce à l'approvisionnement en produits locaux[/caption]

Dans le but de fournir aux écoliers les plus vulnérables des repas nutritifs, culturellement acceptés, tout en contribuant au développement de l'économie locale, l'Ong internationale Catholic relief services (Crs) met en œuvre, dans quatre communes du département du Borgou, le projet "Besen Diannou" (Notre nourriture venant de nos champs). Financé par le département de l'Agriculture des États-Unis, ce projet a été officiellement inauguré hier mardi 13 novembre.

26 écoles dans la commune de Pèrèrè, 23 dans Tchaorou, 20 dans N'dali et 11 dans la commune de Parakou, soit 80 écoles de 4 communes du département du Borgou, pour un total d'environ 15 mille élèves, bénéficient du projet "Besen Diannou" qui vise à améliorer l'efficacité de l'aide alimentaire des cantines scolaires à travers les achats de vivres locaux et régionaux. D'une durée de deux ans, ce projet est mis en œuvre par l'Ong Catholic relief services (Crs) avec le financement du département de l'Agriculture des États-Unis. Il a démarré en octobre 2017 pour prendre fin en septembre 2019. Mais son inauguration officielle intervient à la fin de la première année essentiellement consacrée aux activités préparatoires. Avec la cérémonie officielle d'inauguration, c'est la phase opérationnelle du projet qui est ainsi lancée. 

A en croire le Représentant résident de Crs, le projet s'appuie sur les nouvelles options faites par le gouvernement en matière d'alimentation locale, moins coûteuse et de bonne qualité. Ceci, à travers l'approche "De la fourche à la fourchette". Ce qui veut dire que le projet utilise la production locale, les aliments localement disponibles et riches en nutriments pour fournir une alimentation équilibrée aux écoliers et par ricochet renforcer l'économie locale.
Expert en croissance économique, le représentant de l'ambassade des États-Unis, Nazaire Idrissou Houssou, salue d'ailleurs cette approche. « Nous nous réjouissons de l'expérience avérée de l'Ong Crs dans le domaine », déclare-t-il avant de réaffirmer l'engagement des États-Unis à soutenir la lutte contre la faim en milieu scolaire. Un engagement qui se matérialise déjà à travers le financement de trois projets de cantines scolaires à hauteur de 38 millions de dollars.
Par ailleurs, il encourage le gouvernement béninois qui a pris l'initiative de mettre en place, sous financement propre, des cantines scolaires dans 1574 écoles pour un coût d'environ 27 milliards. Représentant son ministre, le secrétaire général adjoint du ministère des Enseignements maternel et primaire (Memp), Idrissou Sanni, a exprimé sa joie de voir tant de partenaires comprendre et soutenir la lutte contre la faim dans laquelle le gouvernement béninois s'est engagé. Saluant aussi l'approche de la Crs, il rassure de la facilitation et de l'accompagnement du Memp pour soutenir les efforts visant à éliminer la faim des sphères scolaires.

Grandes lignes du projet

Face à l'insécurité alimentaire qui affecte encore plus d'un million de personnes au Bénin, avec la faim qui met à mal l'état nutritionnel d’un grand nombre d'enfants, le projet "Local and regional food aid Procurement" (Lrp) entendu "Nourriture des élèves venue du champs des parents" vise, entre autres, à augmenter la capacité des écoles, des comités de gestion et du gouvernement béninois à se procurer efficacement des produits locaux pour des programmes d’alimentation scolaire durables. Il s’agit également de renforcer la capacité des groupes de producteurs à fournir des produits nutritifs de haute qualité et de les relier aux programmes d’alimentation scolaire. Le projet est donc mis en œuvre sur l’approche "De la fourche à la fourchette". Cette approche crée des emplois et améliore l'économie locale grâce à l'approvisionnement en produits locaux auprès des producteurs locaux.
Six principales activités meublent ce projet. Il s'agit de l'achat, livraison et distribution de vivres, de la construction de magasins et cuisines dans chaque école bénéficiaire, de l'engagement, formation et support au gouvernement, aux groupes de producteurs et aux comités de gestion des écoles, puis de la promotion de l'utilisation de mets locaux nutritifs.
Faisant le point des activités réalisées à l'étape actuelle du projet, la directrice du projet, Blandine Domingo, fait savoir que les écoles les plus vulnérables ont été identifiées, 69 comités de gestion sont déjà mis en place, les travaux préparatoires des constructions de magasins et de cuisines sont réalisés, des producteurs locaux et des femmes transformatrices et cuisinières ont été sensibilisés, formés et associés et une première vague d'achat de vivres locaux correspondant aux critères de qualité a été lancée. Ce qui a permis d'ouvrir déjà des cantines scolaires et d'offrir aux écoliers des repas chauds et nutritifs.

Société 14 nov. 2018


Lutte contre le travail des enfants: Des acteurs s’imprègnent du Plan d’actions national 2019-2023

Le ministère en charge du Travail et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (Unicef) organisent, du 13 au 15 novembre à Lokossa, un atelier de dissémination de la deuxième génération du Plan d’actions national (Pan) pour l’élimination des pires formes de travail des enfants.

Le Plan d’actions national (Pan) pour l’élimination des pires formes de travail des enfants est un document stratégique de mise en œuvre de la politique nationale de protection de l’enfant. Sa deuxième génération, dont l’exécution s’étend sur la période 2019-2023, est en cours d’appropriation à Lokossa par des acteurs de la lutte contre le travail des enfants. 

Venus notamment des directions de l’Administration et des Finances ainsi que des directions de la Programmation et de la Prospective des ministères sectoriels, les participants à l’atelier vont renforcer leurs compétences à travers une série de communications. Celles-ci portent, entre autres, sur l’état des lieux du travail des enfants au Bénin, le cadre juridique afférent, l’arrimage de Pan avec les Objectifs de développement durable (Odd) et le Programme d’action du gouvernement (Pag).
Les objectifs à atteindre sont déclinés au lancement des travaux de l’atelier par Denise Orou Yorou Guera, représentant du ministère en charge du Travail qui a conduit, avec l’appui de l’Unicef, l’élaboration du Pan. « En réalisant ce document de référence qui servira de boussole à tous les acteurs de la protection, nous avons fait l’option de nous outiller afin de mieux spécifier les mesures à prendre selon l’âge et le sexe des enfants en situation de travail, selon les différentes formes de travail et les secteurs d’activités où ils sont exploités», explique l’administrateur du travail, Denise Orou Yorou Guera. A l’en croire, le Pan propose d’agir sur six principaux axes afin d’infléchir la tendance mortifère du travail des enfants. Il s’agit des axes tels que la protection, le suivi et la prise en charge des enfants victimes, la réduction de la vulnérabilité socio-économique et le mécanisme institutionnel perçu comme un axe transversal.

Quelques indicateurs de la situation

Aux dires de l’administrateur du travail, les enfants du Bénin méritent une meilleure situation que celle qui leur est offerte aujourd'hui. Sur cette dernière, les données statistiques donnent froid dans le dos.
Selon l’Enquête nationale sur le travail des enfants (Ente) réalisée en 2008, ils sont 34% des enfants du Bénin impliqués dans les activités économiques, dont 30% dans des travaux qualifiés de dangereux, à en croire Denise Orou Yorou Guera. Elle ajoute que l’enquête sur l’exploitation économique, menée en 2013, dans trois principaux marchés du pays (Dantokpa, Ouando et Arzèkè) a permis de dénombrer 7 882 enfants, dont 78% de filles et 46% de moins de 14 ans. Ils y travaillent en moyenne 10 h par jour. En 2014, poursuit-elle, la situation s’est aggravée avec un taux d’accroissement de 52,5% des enfants. Soit un enfant sur dix travaille dans des conditions dangereuses.

Société 14 nov. 2018


Commune de Parakou: La gestion administrative, financière et technique de la ville appréciée
[caption id="attachment_31417" align="alignnone" width="1024"]Le préfet du Borgou, Djibril Mama Cissé[/caption]

Le préfet du Borgou entreprend, depuis hier mardi 13 novembre, sa tournée statutaire dans les huit communes sous sa tutelle. C’est par la municipalité de Parakou qu’il l’a commencée. Avec le maire, les membres du Conseil municipal, les élus locaux et les membres des corps constitués, il a eu l’occasion d’échanger sur les grandes questions et préoccupations qui touchent le développement de la ville.

Conformément à l’article 151 de la loi N° 97-029 du 15 janvier 1999 portant organisation des communes en République du Bénin, le préfet du Borgou, Djibril Mama Cissé, visite depuis hier, les communes placées sous son autorité. Avec les membres de sa délégation, il aura l’occasion de prendre connaissance des efforts des administrations locales, de leurs difficultés et doléances, avant de leur donner des orientations en vue de l’amélioration de la gouvernance locale. La première étape de sa tournée a été la ville de Parakou. 

Appréciant le bilan des actions réalisées par la municipalité présenté par le maire Charles Toko, le préfet a trouvé la séance de travail très riche en échanges. Il a félicité la ville pour sa gestion administrative, financière et technique. En la matière, rapporte-t-il, les audits Fadec de 2016 l’ont créditée d’une très bonne note, en la hissant au deuxième rang dans le département.
Par ailleurs, il a reconnu les avancées enregistrées dans la mise en œuvre des réformes engagées dans plusieurs secteurs à Parakou. Outre le domaine du foncier, celui du renforcement de la coopération décentralisée, il note aussi des initiatives encourageantes dans la gestion de l’état civil, la santé des populations, les secteurs des conducteurs de taxi-moto, des boulangers, la lutte contre la divagation des animaux et dans le secteur de l’éducation. Avec les différentes réformes en cours, il est à espérer le soulagement des populations dans les prochains mois.
Comme défis à relever par la municipalité, le préfet a évoqué le renforcement du dispositif sécuritaire, le règlement définitif des litiges relatifs aux limites territoriales avec les communes frontalières, puis la poursuite des efforts de mobilisation de ses ressources.

Perspectives

De même, beaucoup d’efforts restent encore à faire au niveau du fonctionnement des organes infra-communaux, surtout les conseils de village et de quartiers de ville. Pour ce faire, a estimé le chargé de mission du préfet, Ephraïm Lemou, les fonds qui leur sont destinés doivent être décaissés.
Au niveau des Enseignements maternel et primaire, des efforts sont en train d’être faits pour résoudre les problèmes d’insuffisance d’infrastructures scolaires et d’enseignants. Ceci à travers une politique de fusion des écoles, étant donné que dans certaines il n’y a parfois que quelques écoliers par classe. Il s’ensuivra un redéploiement du personnel enseignant. S’agissant de la couverture en enseignants dans le Borgou, toutes catégories confondues, à l’exception des communautaires, le directeur départemental Jacob Toudonou a indiqué qu’elle est de 86%. « Nous avons 174 écoles maternelles et primaires publiques, 947 classes autorisées pour un nombre d’enseignants disponibles estimé à 816 », a-t-il poursuivi. « Très prochainement, il y aura le redéploiement des normaliens recalés formés dans les écoles », a assuré le directeur.
Pour ce qui est des cantines scolaires, de 146 écoles l’année dernière dans l’ensemble du département, 162 complémentaires sont accordés par le gouvernement, soit désormais un total de 308. Aussi, Jacob Toudonou sollicite-t-il l’implication des parents d’écoliers à travers les jardins scolaires et l’apport des condiments pour la préparation de la sauce afin de soutenir les efforts du gouvernement.
En ce qui concerne l’enseignement secondaire et la formation professionnelle, expliquera le directeur départemental, Biga Abdul Addi, les difficultés relatives à l’insuffisance d’infrastructures scolaires et d’enseignants en situation de classe, sont inhérentes et récurrentes à tout système éducatif. Leur résolution, a-t-il insisté, s’inscrit dans une politique pluriannuelle et le gouvernement s’y attelle.
Face à la recrudescence de l’insécurité en cette période de fin d’année dans la ville, le directeur départemental de la Police républicaine, le commissaire principal Pacôme Anato, a invité les populations à la collaboration.
Après Parakou, le préfet s’est rendu à Tchaourou dans l’après-midi pour le même exercice. Il met le cap sur Bembèrèkè et Sinendé ce jour. C’est le vendredi 16 novembre prochain que sa tournée s’achèvera.

Société 14 nov. 2018


Concept de la Police communautaire: Les journalistes outillés
[caption id="attachment_31414" align="alignnone" width="1024"]Vue partielle des journalistes[/caption]

Une cinquantaine de journalistes ont pris part à Cotonou, ce mardi 13 novembre, à un atelier de sensibilisation sur le concept de la Police communautaire. L’objectif de cet atelier financé par la Fondation Hanns Seidel est de contribuer à la compréhension et à l’appropriation de la coproduction de la sécurité par les acteurs en impliquant les journalistes comme partenaires.

La nouvelle approche de la Police républicaine a été présentée aux professionnels des médias, au cours d’un atelier ce mardi à Cotonou. La Police communautaire, une option de la Police républicaine, a mobilisé un parterre de journalistes venus de tous les départements du Bénin. Encore appelée police axée sur les collectivités, elle est à la fois un concept et une stratégie organisationnelle selon lesquels les services de police et les communautés œuvrent de concert pour résoudre les problèmes liés à la criminalité, aux troubles à l’ordre public et à la sécurité. Il s’agit de la participation de la Police à la vie de la communauté et des réponses qu’elle apporte à ses besoins, et aussi de la communauté qui, à la fois, concourt à assurer, elle-même, le maintien de l’ordre en son sein et soutient l’action de la police. A en croire Abdoulaye Moro, directeur de la formation et des stages représentant le directeur général de la police républicaine, le travail des services de sécurité publique est souvent mal perçu par les populations bénéficiaires, lesquelles estiment que les fonctionnaires de police sont au service du pouvoir public au détriment de l’intérêt général. « Dans l’accomplissement de leur mission régalienne, les policiers sont souvent mal appréciés par les communautés, en l’occurrence les journalistes. A tort ou à raison, cette situation crée une crise de confiance entre les acteurs… », a soutenu le commissaire divisionnaire de police, justifiant ainsi les raisons de cette formation au profit des acteurs des médias. Une session qui leur permet de jouer leur rôle de partenaires de la police et de contrôle citoyen des activités de cette institution. La coordonnatrice régionale de programmes de la Fondation Hanns Seidel, Aridja Frank, est allée dans le même sens, rappelant les exigences de cette collaboration entre la Police et les médias. Il sera question, d’après ses explications, de mettre à la disposition des hommes des médias, des informations vraies susceptibles de faire changer de comportement à la population. Le directeur général des médias, Lévy Ayéyèmi et Franck Kpochémé, président de l’Union des professionnels des médias du Bénin (Upmb) ont respectivement salué l’initiative de la Police. Le ministère de l’Economie numérique et de la Communication, à travers la direction générale des médias, est prêt à accompagner le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, car rien n’est possible sans la quiétude, a fait savoir Lévy Ayéyèmi.

Société 14 nov. 2018


Arts plastiques: Le diplomate marocain Mohamed Zine Elabidine se révèle
[caption id="attachment_31415" align="alignnone" width="1024"]Mohamed Zine Elabidine[/caption]

A la faveur des 30 ans d’existence du Centre culturel chinois au Bénin, s’est tenue une exposition d’œuvres d’art réalisées par des artistes de plusieurs nationalités. Cette exposition fascinante baptisée « A chacun sa beauté » révèle un talent peu ordinaire.

Diplomate marocain en poste à Cotonou, Mohamed Zine Elabidine a présenté une mosaïque de tableaux. Exposés dans le cadre des 30 ans d’existence du Centre culturel chinois, ces tableaux surfent sur l’art figuratif dans lequel il baigne depuis plusieurs décennies. Les oeuvres évoquent avec précision et fidélité des lieux, des réalités, différentes facettes de la nature, etc.
L’artiste et diplomate explique que "Chaque tableau contient un message et une interprétation de valeurs et d’expressions humaines". Ces œuvres donnent ainsi aux visiteurs la possibilité d’exprimer leurs sentiments et leurs interprétations.
Comme d'habitudes, les œuvres de Mohamed Zine Elabidine font la part belle aux couleurs primaires. Il utilise des techniques variées, surtout la peinture à l’huile, l’acrylique, le collage et l’encre de Chine. Et le résultat n’a pas manqué d’impressionner les visiteurs.
C’est dans cette dynamique que Mohamed Zine Elabidine s’aventure désormais dans le style abstrait, mais, garde une préférence expressionniste basée sur des valeurs et des principes universels.

Intégré dans ses pays de fonction

"A chacun sa beauté" est sa deuxième exposition collective au Bénin. Selon Mohamed Zine Elabidine, cette exposition marque un tournant dans son parcours artistique. Un parcours lancé après avoir reçu une formation en arts plastiques au Centre pédagogique régional de Rabat.
Depuis 1987, année de la fin de sa formation en arts plastiques, il a exposé en Afrique, en Asie et en Europe. Il a participé à une quinzaine d’expositions individuelles au Maroc, aux Émirats Arabes Unis, en Mauritanie et, en Belgique. S’insérant dans un brassage artistique, il a participé à une vingtaine d’expositions collectives dont deux au Bénin.
Mohamed Zine Elabidine est titulaire d'un diplôme du cycle supérieur (Master) de l’Ena de Rabat et d'un Diplôme d’études approfondies (Dea) en droit. Actuellement, il prépare un Master en diplomatie et un doctorat en relations internationales.
Diplomate de carrière, Mohamed Zine Elabidine, 60 ans, est actuellement l’adjoint de l’ambassadeur du Maroc au Bénin.

Culture 14 nov. 2018


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