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Nouvelles

Compte rendu du Conseil des ministres: Grand redéploiement au ministère de la justice

Le Conseil des ministres s'est réuni ce mercredi 24 octobre 2018, sous la présidence de monsieur Patrice Talon, président de la République, chef de l'Etat, chef du Gouvernement.

Les décisions ci-après ont été prises.

I. Mesures normatives.
Le Conseil a adopté le décret portant :

- Transmission à l'Assemblée nationale, pour autorisation de ratification, de la Charte africaine sur les valeurs et principes de la décentralisation, de la gouvernance locale et le développement local, adoptée à Malabo en Guinée équatoriale, le 27 juin 2014.

II- Communications

II-1. Plan national de Développement (PND) 2018-2025

Le diagnostic stratégique du Plan national de Développement, en lien avec la vision Bénin Alafia 2025, fait ressortir que le défi majeur à relever est le développement du capital humain. Celui-ci doit être pertinent et s'inscrire dans la durée. Il constitue un facteur déterminant pour une croissance économique inclusive, respectueuse de l'environnement dans un contexte de paix et de bonne gouvernance.
En outre, les choix stratégiques majeurs de développement résident dans la mise en valeur des potentialités économiques du Bénin que sont l'agriculture, les services et le tourisme.

• L'objectif global du Pnd 2018-2025 est d'atteindre une croissance forte, inclusive et durable à deux chiffres en 2025, dans un cadre de gouvernance nationale et locale plus efficace, en misant sur le renforcement du capital humain et le développement des infrastructures.
• Ce choix stratégique vient conforter les ambitions du gouvernement déclinées dans son Programme d'Action « Bénin révélé » 2016-2021, qui vise la relance, de manière durable, du développement économique et social de notre pays.
Le Pnd propose une trajectoire pour une croissance économique basée sur trois piliers que sont :
1- la diversification de la production agricole incluant les infrastructures rurales, la logistique, les innovations et les biotechnologies ;
2- la transformation agro-industrielle, les services, le tourisme ainsi que la participation plus accrue aux échanges internationaux ;
3- l'exportation des connaissances à travers les innovations et les biotechnologies.
Le Conseil a adopté le Programme et instruit les membres du gouvernement de veiller à sa mise en œuvre et à son suivi-évaluation.

II-2. Plan cadre des Nations Unies pour l'assistance au développement du Bénin 2019-2023.

Ce Plan cadre a été conçu en vue d'accompagner les efforts du Gouvernement dans la mise en œuvre de son Programme d'Action. Il a pour objectif de renforcer l'opérationnalisation, au Bénin, de l'Agenda 2030 des Nations Unies qui vise l'amélioration des conditions de vie des populations.
Il s'agit concrètement d'œuvrer à ce qu'elles soient « plus résilientes, jouissant d'un bon état aux plans sanitaire et nutritionnel, mieux éduquées, bénéficiant de la protection sociale, vivant en paix, en sécurité, dans un environnement de justice et engagées pour un développement durable, participatif et inclusif. »
Le Plan porte sur un montant global de cent soixante-seize milliards six cent treize millions (176.613.000.000) FCFA pour la période 2019-2023. Sa mise en œuvre consistera en des projets conjoints, liés entre autres à l'emploi des jeunes et à la sécurité alimentaire et nutritionnelle, et permettra à notre pays de faire davantage face aux défis transfrontaliers tels que la consolidation de la paix et de la sécurité dans les zones frontalières.
En approuvant ce Plan cadre, le Conseil a instruit le ministre d'Etat, chargé du Plan et du Développement de procéder à sa signature et de veiller à sa mise en œuvre.

II-3. Réalisation de l'étude d'élaboration du schéma directeur d'aménagement du plateau d'Abomey-Calavi.

La dynamique de développement du plateau d'Abomey-Calavi nécessite une meilleure gestion de l'impact des projets phares en cours sur son territoire. C'est pour cela que le gouvernement a décidé de le doter d'un schéma directeur d'aménagement.
Le cabinet Atelier 9.81 a été identifié pour conduire la réalisation de cette étude. Celle-ci a pour objectif de proposer un aménagement durable de la zone d'intervention. Elle permettra de constituer un cadre de référence à long terme du développement urbain à l'échelle du Grand Nokoué.
Aussi, les résultats attendus de cette étude portent-ils notamment sur :
-la réalisation d'un diagnostic se rapportant notamment à la démographie, aux tendances d'urbanisation, aux grands projets d'infrastructures et équipements ;
-la proposition d'orientations stratégiques pour le développement ;
l'élaboration d'un plan de masse du plateau avec un cahier des prescriptions urbaines, architecturales et paysagères ;
-l'identification de réserves foncières nécessaires pour les futures opérations d'aménagement et de construction à mener.

II-4. Sélection de cabinets pour la mission complète de maîtrise d'œuvre du projet de construction de la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion (Faseg), et de résidences universitaires à Ouidah.

Dans le but d'aménager le domaine acquis à Ouidah pour abriter la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion et de le rendre fonctionnel pour la rentrée universitaire 2018-2019, le gouvernement a décidé de recourir aux cabinets TRIUMPHUS/ARTE CHARPENTIER aux fins d'une mission de maîtrise d'œuvre complète.
Cette étude prend en compte les volets architectural et technique, ainsi que le suivi de la construction et de l'équipement des infrastructures devant servir notamment d'amphithéâtres, de blocs administratifs et de résidences universitaires d'une capacité de 3000 lits environ.
En autorisant la contractualisation avec ces cabinets, le Conseil a instruit les Ministres concernés d'accomplir toutes les diligences nécessaires à la bonne exécution de leur mission.
Le Conseil a, en outre, marqué son accord pour la contractualisation avec le cabinet ARTELIA, dans le cadre d'une mission de maîtrise d'œuvre complète relative aux études architecturales, techniques ainsi qu'à la direction d'exécution des travaux, en vue de la construction de la plateforme agroalimentaire de l'agglomération du Grand Nokoué. Cette mission s'inscrit dans la perspective de la délocalisation du marché Dantokpa.

II- 5. Malversations financières au Projet d'Appui à la Préservation et au Développement des Forêts Galeries et Production de Cartographie de base numérique (PAPDFGC) et à la Direction de la Promotion de l'Ecocitoyenneté (DPE).

Des investigations ont été dépêchées sur les activités de ces deux structures du ministère du Cadre de Vie et du Développement Durable, à la suite d'une alerte de ORABANK-BENIN. Cette banque entendait recouvrer des créances supposées sur le ministère. C'est alors qu'il s'est révélé que des agents des structures administratives ci-dessus, avec des complicités externes, ont mis en place un mécanisme pour extorquer des fonds aux banques.
Celui-ci consiste à émettre des bons de commandes fictifs sur la base desquels leurs complices, des responsables d'entreprises, obtiennent des crédits d'avance. Les sommes ainsi obtenues grâce à de faux documents se chiffrent à 682.886.284 Fcfa.
Les irrégularités relevées par l'audit sont imputables au Colonel Fatoké Pierre ALLE, coordonnateur du projet « Forêts-Galeries ». L'intéressé a reconnu les faits et est passé aux aveux concernant d'autres opérations frauduleuses qu'il a menées et portant sur des facilités de caisse (crédits directs) obtenues par des banques pour les sociétés écran.
C'est lui qui a aussi ouvert un compte bancaire pirate, au nom du projet, qu'il n'a pas déclaré et dont il est seul signataire avec un complice, le sieur Martinien KOBA.
Ces mêmes irrégularités sont également imputables à messieurs :
• Guy Hountondji, chef du Service administratif et financier de la DPE ;
• Obède T. Djogbannan, Directeur général de la société DTO & FILS SARL ;
• Sèci Berthrand Pédé, Directeur général des Etablissements DJOTO-BENIN SERVICES ;
• Bonaventure Gauthier Nobimè, Directeur général des Etablissements LINKING SERVICES ; et à
• madame Silifatou Tchangaï, Directrice générale des Etablissements DS-CONSULTING.
Prenant acte de ce compte rendu, le Conseil a instruit les ministres concernés à l'effet :
• d'infliger des sanctions administratives et disciplinaires exemplaires aux agents de l'Etat impliqués dans ces malversations ;
• de prendre des mesures contre le Capitaine de Police Emile
Adjékossi du Commissariat central d'Abomey-Calavi, pour avoir remis en liberté sans raison valable, le sieur Obède T. Djogbannan, qui ne sera retrouvé que plusieurs semaines plus tard ;
• de mettre solidairement en débet les sieurs Fatoké Pierre Alle et Guy Hountondji, pour la somme de 19.950.000 FCFA qu'ils ont indûment versée à la société DTO et Fils ainsi que pour toutes autres sommes distraites ;
• d'engager des poursuites judiciaires contre tous les mis en cause.

II- 6. Fixation des prix des produits pétroliers pour le mois de novembre 2018.

En application du mécanisme d'ajustement, les prix à la pompe se présentent comme suit pour le mois de novembre 2018 :

essence : 575 F/L,
pétrole : 600 F/L,
gasoil : 600 F/L,
mélange : 655 F/L,
gaz domestique : 600 F/kg

III- Rencontres et manifestations internationales

Le Conseil a autorisé l'organisation, à Cotonou, du 23 au 25 octobre 2018, de la réunion des chefs d'état-major des Armées du Bénin, du Burkina Faso, du Niger et du Togo.

III- Mesures individuelles.

Les nominations suivantes ont été prononcées :

¦ Au ministère de l'Economie et des Finances Sur proposition du ministre,
Conseiller technique à l'Inclusion financière :
Monsieur Adam Dendé Affo

¦ Au ministère de la Justice et de la Législation
Sur proposition du ministre et après avis du Conseil supérieur de la Magistrature en sa séance du 22 octobre 2018,

• A la Chancellerie
Secrétaire général du ministère :
Monsieur Olatoundji Badirou Lawani

• Dans les juridictions
• A la cour d'appel de Parakou

Siège
Conseillers :
-Madame Sidi Hamza Gauthe Sanni
-Monsieur Epiphane Yéyé

• Au tribunal de première instance de première classe de Parakou

Siège
Juge d'instruction du 1er cabinet :
Monsieur Vitondji Lionel Armand Dossou Nouatin
Juge d'instruction du 2e cabinet :
Monsieur Ignace Adigbli
Juge d'instruction du 3e cabinet et juge des mineurs :
Monsieur Richard Akodossi
Juge au tribunal :
Monsieur Alou Bani Demon
Parquet
1er substitut du procureur de la République :
Monsieur Amadou Bachirou Assouma
2e substitut du procureur de la République :
Monsieur Gbèminho Robert Tito
• Au tribunal de première instance de deuxième classe de Natitingou
Siège président du tribunal :
Monsieur Armand Gounon
Juge d'instruction et juge des mineurs :
Monsieur Hervé Théodore Comlan Houdégbé
• Au tribunal de première instance de deuxième classe de Djougou
Siège président du tribunal :
Monsieur Wilfrid Igor Guèdègbé
• Au tribunal de première instance de deuxième classe de Kandi
Siège
Président du tribunal :
Monsieur Apollinaire Serge Tchina
Juge d'instruction et juge des mineurs :
Monsieur Yenoukoumè Nevally Settin
Parquet
Procureur de la République :
Monsieur Laziwolé Aladé Abdou Karimi Adeoti

• A la cour d'appel d'Abomey
Siège
Conseillers :
Monsieur Joseph Kploca
Monsieur Jean Pierre Yérima Bandé
Parquet général
1er substitut général :
Monsieur Bignon Adjobimey
• Au tribunal de première instance de deuxième classe d'Abomey
Siège président du tribunal :
Monsieur Virgile Kpomalegni
Juge d'instruction du 1er cabinet :
Monsieur Alphonse Gbossou
Juge d'instruction du 2e cabinet et juge des mineurs :
Monsieur Sègbédji Constantin Nicodème Vigan
• Au tribunal de première instance de deuxième classe de Savalou
Siège
Juge d'instruction et juge des mineurs :
Monsieur Firmin Amoussou
• Au tribunal de première instance de deuxième classe d'Aplahoué
Siège
Président du tribunal :
Monsieur Hervé Marcel Allavo Juge d'instruction et juge des mineurs :
Monsieur Rodrigue Serge Hounmanakan

• Au tribunal de première instance de deuxième classe de Lokossa

Siège
Président du tribunal :
Monsieur Asseh Maximilien Kpèhounou
Parquet
Substitut du procureur :
Monsieur Codjo Jonas Konon

• A la cour d'appel de Cotonou siège

Conseillers :
Monsieur Alain Martial Georges Boko Monsieur
Comlan Christian Adjakas

• Au tribunal de première instance de première classe de Cotonou

Siège
Juges au tribunal :
Monsieur Géry Ronald Adokué Akueson
Monsieur Souhannou Gutemberth Adelain Azodogbehou Madame Edith Ghislaine Sèlomè Zodéhougan Batcho
Monsieur Kuassi David Marie Joachim Anani monsieur Valentin Vidjannagni Vidéhomè Kpako
Parquet

1er substitut du procureur de la République :

Monsieur Jules Ahoga
2e substitut du procureur de la République :
Monsieur Raoul Olivier Benoit Tchiakpè
3e substitut du procureur de la République :
Monsieur Jésukon Antoine Abévi
4e substitut du procureur de la République :
Monsieur Rodrigue Fadil Ago
• Au tribunal de première instance de première classe de Porto-Novo

Siège
Juge d'instruction du 1er cabinet :
Monsieur Issoudine Ibrahim
Juge d'instruction du 2e cabinet et juge des mineurs :
Monsieur Lucien Djimenou Juge d'instruction du 3ème cabinet :
Monsieur Assogba Mathieu Kakpo Juges au tribunal :
Monsieur Dossa Justin Agassounon Monsieur Jacob Fidegnon Monsieur Babatoundé Parfait ADOUN Parquet
3e substitut du procureur de la République :
Madame Edwige Fifamè Aklou Tangni

• Au tribunal de premiere instance de deuxieme classe d'Abomey-Calavi
Siège
Président du Tribunal :
Monsieur Evariste Florent Akounna Juge d'instruction du 1er cabinet :
Madame Eudoxie Akouavi Marie Christiane Akakpo
Juge d'instruction du 2e cabinet et juge des mineurs :
Madame Gracias Gwladys Gnacadja Houessou Juge du 3e cabinet d'instruction :
Monsieur Guy Noukpo Honga Juges au tribunal :
Monsieur Gabriel Taurin Akiola Alabi Affognon
monsieur Hotègni Sèmèvo Médard Gandonou
Parquet
2e substitut du procureur de la République :
Monsieur Sourou Noël Houngbo
3e substitut du procureur de la République :
Monsieur Adéola Paul Richard da Matha.

• Au tribunal de Première instance de deuxième classe d'Allada

Parquet
Procureur de la République :
Monsieur Jijoho Convers Paul Fagnidé

• Au tribunal de première instance de deuxième classe de Ouidah

Siège
Président du tribunal :
Monsieur Angelos Vinawagbè Togbé
Juge d'instruction du 1er cabinet :
Monsieur Antoine Yèhouénou

Juge d'instruction du 2e cabinet et juge des mineurs :
Monsieur Samuel Noutohou
Parquet
Procureur de la République :
M. Olushegun Romaric Abdel Salim Tidjani Serpos

Fait à Cotonou, le 24 octobre 2018.

Le secrétaire général du
gouvernement

Edouard Ouin-Ouro

Actualités 25 oct. 2018


XIe session de formation des magistrats de l’Aa-Hjf: Pour l’idéal d’unir l’Afrique par le droit et la justice
[caption id="attachment_31207" align="alignnone" width="1024"]Ousmane Batoko recevant les recommandations et les motions de remerciements des participants[/caption]

La XIe session de formation des magistrats membres de l’Association africaine des hautes juridictions francophones (Aa-Hjf) a clos ses travaux ce mercredi 24 octobre, à l’Ecole régionale supérieure de la magistrature (Ersuma) à Porto-Novo, après deux jours d’échanges et de partage inter-juridictionnel fructueux.

La XIe session de formation des magistrats membres de l’Association africaine des hautes juridictions francophones (Aa-Hjf) relève désormais du passé après deux jours de travaux. Les assises ont été clôturées ce mercredi 24 octobre, à l’Ecole régionale supérieure de la magistrature (Ersuma) à Porto-Novo, sur une bonne note de satisfaction, par le président de la Cour suprême, Ousmane Batoko et président du Conseil d’administration de cette association. Ce dernier a salué l’assiduité et les riches contributions des participants qui ont permis de fructueux débats et un franc succès des travaux de cette onzième session de formation visant à renforcer les capacités d’intervention des magistrats membres de cette association. Les délégations sont venues des hautes juridictions notamment de Gabon; du Mali; de la Mauritanie; du Niger; du Burkina Faso; de la Côte d’Ivoire; du Madagascar; d'Haïti et bien évidemment du Bénin. Ousmane Batoko a noté avec grande satisfaction que toutes les quinze communications prévues dans le cadre de ce rendez-vous d’échanges et de partage inter-juridictionnel se sont bien déroulées. Et les débats qui ont suivi ont été de bonne facture. « Pendant deux jours de travail acharné, opiniâtre, nous avons donné le meilleur de nous-mêmes pour que les fruits soient à la hauteur de la promesse des fleurs », souligne Ousmane Batoko. Il en veut pour preuve les différents comptes-rendus du travail des cinq ordres de juridictions, le rapport général et autres motions qui ont sanctionné les deux jours de formation. « Il reste à espérer que les avantages tirés de la présente session soient partagés avec les collègues restés au siège de nos différentes hautes juridictions, afin d’être mis au service de l’œuvre de justice, ceci au bénéfice exclusif de nos peuples respectifs, au nom desquels nous rendons la justice », ajoute le président de la Cour suprême. Seul ce partage d’expérience inter-juridictionnelle et inter-judiciaire, explique Ousmane Batoko, pourra permettre aux trente-huit juridictions membres de l’association d’atteindre un jour, l’idéal d’unir l’Afrique par le droit et la justice. Car selon lui, l’Etat de droit et la démocratie auxquels aspirent le peuple africain n’auraient pas de sens sans une justice forte, indépendante et rendue dans des délais raisonnables. Ce qui appelle un renforcement quotidien des principaux animateurs de l’appareil judiciaire, sur le triple plan technique, intellectuel et moral pour être à la hauteur des attentes de la population. Ousmane Batoko n’a pas manqué de féliciter le gouvernement et l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif) pour leur appui déterminant à la tenue de la XIe session de formation de l’association. Il n’occulte pas l’Ersuma qui, comme tous les ans, a mis gracieusement à la disposition du creuset son cadre et autres commodités nécessaires pour l’atteinte des objectifs pédagogiques de la formation.

Société 25 oct. 2018


Lutte contre la corruption: Des niches de détournement démantelées !

Le président Patrice Talon continue, conformément à son engagement contre la corruption, de mener ce qu’il convient d’appeler une campagne de salubrité sans ménagement pour les prévaricateurs de deniers publics. Le Conseil des ministres de ce mercredi 24 octobre en est encore un exemple palpable.

Suite au rapport sur des malversations financières relevées au Projet d’Appui à la Préservation et au Développement des Forêts Galeries et production de cartographie de base numérique (PAPDFGC) et à la Direction de la Promotion de l’Ecocitoyenneté (DPE), le Conseil des ministres a pris les mesures idoines qui s’imposent en la matière. Les mis en cause, des cadres et autres complicités internes à ces structures, dont des opérateurs économiques, doivent non seulement rembourser les fonds détournés, mais aussi devoir s’expliquer devant la justice pour répondre de leurs forfaits.

Quid ?

S’agissant des forfaits, les mis en cause avaient instauré un système d’extorsion de fonds à certaines banques de la place. Leur procédé se résumait à émettre des bons de commandes fictifs sur la base desquels leurs complices, des responsables d’entreprises privées, obtenaient des crédits bancaires d’avance. Il est question, au niveau de Projet d’Appui à la Préservation et au Développement des Forêts Galeries et production de cartographie de base numérique (PAPDFGC) du ministère du Cadre de vie, d’une bagatelle de 682.886.284 FCFA. Les détails concernant la Direction de la Promotion de l’Ecocitoyenneté sont aussi saisissants ! Non seulement les agents en cause faisaient des commandes qui n’ont rien à voir avec la structure, mais aussi ont-ils signé en quelques semaines d’intervalle (août-septembre 2016), des bons de commande portant sur le même objet à savoir : « fournitures de plants au profit du ministère », le tout pour un montant de 92.607.200 FCFA. En soi, un fractionnement de commande, répréhensible en plus d’autres irrégularités notées.
Il s’agit, entre autres, de 12 bons de commande et contrats de prestation de service passés entre 2016 et 2017 à hauteur de 252.650.000 FCFA, de 11 bons de commande non approuvés par les responsables habilités, à savoir le directeur de l’Administration et des Finances et le délégué du Contrôle financier. A cela s’ajoute que ces marchés incriminés ne sont pas inscrits dans le Plan de passation des marchés du ministère du Cadre de vie et qu’aucune commission de réception des commandes n’existe alors même que des noms fictifs de réceptionnaires sont mentionnés sur les bordereaux de livraison. Et des signatures imitées. En somme, un réseau de faussaires dont le sort est désormais scellé, avec en première ligne le Colonel Fatoké Pierre Alle, coordonnateur du projet « Forêts-Galeries » qui est d’ailleurs passé aux aveux, reconnaissant les faits, les opérations frauduleuses.
Il s’avère que décidément, les modes opératoires, face à la détermination affichée par le président Talon contre la corruption, changent sur le front de la corruption. Il est de plus en plus difficile de disposer des ressources publiques à des fins corruptives, aussi, entêtés certains agents de l’Etat décuplent-ils d’inventivité pour pouvoir continuer à jouir de gains faciles. Mal leur en a pris toutefois.

Actualités 25 oct. 2018


Plan national de Développement (PND) 2018-2025: Le gouvernement mise tout sur le bien-être de l’Homme
[caption id="attachment_31205" align="alignnone" width="1024"]Talon et les femmes[/caption]

Au nombre des décisions prises au cours du Conseil des ministres de ce mercredi, l’adoption du projet de Plan national de Développement (PND). Il s’agit d’une boussole pour le bien-être social des Béninois.

Le Plan national de Développement esquisse les points d’ancrage pour un développement résilient au Bénin. L’intérêt de cette boussole, préconisée par le gouvernement du Nouveau départ, réside en ce qu’elle s’inscrit dans la vision programmatique du Plan Bénin 2025 Alafia et colle aux axes stratégiques déjà définis par le Programme d’action du gouvernement. Aussi, il porte par excellence l’Homme au cœur de ses perspectives, à savoir le capital humain dont l’épanouissement préoccupe. Car il est admis que sans la prise en compte des préoccupations du facteur humain, de l’épanouissement du capital humain, point de développement durable. Les choix stratégiques majeurs de développement faits à travers le PND portent sur la valorisation des principaux potentiels économiques du Bénin, à savoir l’agriculture, les services et le tourisme, pour atteindre une croissance forte, inclusive et durable à deux chiffres en 2025, dans un cadre de gouvernance nationale et locale plus efficace. Il s’agit d’un document stratégique adopté hier en Conseil des ministres qui a d’ores et déjà instruit les membres du gouvernement de veiller à sa mise en œuvre et à son suivi-évaluation.
De par le diagnostic établi et les solutions envisagées, le PAG et le PND ainsi que le programme Bénin 2025 Alafia regardent dans la même direction et misent tous sur la diversification de la production agricole incluant les infrastructures rurales, la logistique, les innovations et les biotechnologies. A ces facteurs, il faut ajouter la transformation agro-industrielle, l’exportation des connaissances à travers les innovations et les biotechnologies, les services, le tourisme, etc.

 

Actualités 25 oct. 2018


Championnat d’Afrique de rollers de course: La délégation béninoise quitte Cotonou ce jour
[caption id="attachment_31204" align="alignnone" width="1024"]Huit athlètes béninois au rendez-vous africain de rollers[/caption]

Huit athlètes béninois vont participer, du 24 octobre au 5 novembre prochain, au championnat d’Afrique de rollers de course en Egypte. La délégation béninoise va quitter Cotonou ce mercredi 24 octobre. Selon Marius Tchibozo, président de la Fédération béninoise de roller sports, ils seront 6 hommes et 2 dames à représenter le pays dans 40 épreuves.

Dans la catégorie junior homme, Donan Henresth Houngbo (500 m vitesse junior, 1000 m vitesse junior, 5000 m à élimination junior, 10000 m à point et à élimination junior, 3000 m relais junior), Nephtali Eustache Fafoumi (500 m vitesse junior, 1000 m vitesse junior, 5000 m élimination junior, 3000 m relais junior) et IssoufouBachirou (3000 m relais junior, 10000 m à point et à élimination junior) seront sur la piste et sur la route.
Au niveau des juniors dame, la championne en titre Rawdath Laabudo Demba Diallo (500 m vitesse junior, 1000 m vitesse junior, 5000 m à élimination junior, 10000 m à point et à élimination junior) va essayer de défendre son titre tandis que Abraham Amoussou (500 m vitesse senior, 1000 m vitesse senior, 10000 m à point et à élimination senior, 15000 m à élimination senior, 3000 m relais senior), Raymond Ahoudji (1000 m vitesse senior, 10000 m à point et à élimination senior, 15000 m à élimination Senior, 3000 m relais senior) et Jude Noukpokinnou (500 m vitesse senior, 3000 m relais senior vont porter haut l’étendard du Bénin.
Dans la catégorie senior dame, Hermione Ahouissou (500 m vitesse senior, 1000 m vitesse senior, 10000 m à point et à élimination senior, 15000 m à élimination senior) défendra les couleurs nationales.
Selon le président de la Fbr, sur le plan administratif, les visas sont déjà demandés à l’ambassade d’Egypte.

Sports 24 oct. 2018


Justice et Etat de droit: Les hauts magistrats d’Afrique francophone en recyclage à Porto-Novo
[caption id="attachment_31203" align="alignnone" width="1024"]L’Aa-Hjf[/caption]

L’Association africaine des hautes juridictions francophones (Aa-Hjf) a démarré, depuis ce mardi 23 octobre, sa onzième session de formation à l’intention des magistrats membres à l’Ecole régionale supérieure de la magistrature (Ersuma) à Porto-Novo. Les travaux ont été ouverts par le garde des Sceaux, Me Séverin Quenum, représentant le président de la République.

Hauts magistrats du parquet et de siège et autres experts membres de l’Association africaine des hautes juridictions francophones (Aa-Hjf) ont entamé deux jours de session de formation, ce mardi 23 octobre, à l’Ecole régionale supérieure de la magistrature (Ersuma) à Porto-Novo. Cette session est la onzième du genre qu’organise l’association avec le soutien financier de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif) en vue de renforcer les capacités des principaux animateurs des juridictions francophones d’Afrique pour plus d’efficience et d’efficacité dans leur office. Cette activité s’inscrit dans le plan d’action de ce creuset porté sur les fonts baptismaux en 1998 avec comme vision : unir l’Afrique par le droit et la justice.
Pour le ministre chargé de la Justice, Me Séverin Quenum, qui a ouvert les travaux au nom du président de la République, le Bénin s’honore d’abriter, depuis 2006, ce grand rendez-vous du donner et du recevoir des hauts magistrats se trouvant au cœur du dispositif institutionnel des Etats, plus que jamais engagés dans la construction de la démocratie et de l’Etat de droit en Afrique. Selon lui, le développement socioéconomique durable auquel aspirent les peuples ne saurait se construire sans un environnement de démocratie et d’Etat de droit, lui-même porté par une justice forte, indépendante et crédible. Il devient dès lors impérieux que les juges qui assurent au quotidien le règne du droit dans les cités actualisent de jour en jour leurs connaissances et renforcent leurs capacités d’intervention. Surtout qu’il s’agit de hauts magistrats qui tranchent des litiges en dernier ressort et dont les décisions sont insusceptibles de recours.
Le ministre Séverin Quenum rappelle les réformes hardies engagées par le gouvernement du président Patrice Talon dans le secteur de la justice visant le renforcement de l’indépendance du pouvoir judiciaire et celle de ses différents animateurs. Lesquelles réformes devant permettre de consolider l’arsenal législatif national pour un véritable règne du droit et de la justice au Bénin. La création de nouvelles juridictions, telles que les tribunaux et cours de commerce, la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme, participe de cette volonté et détermination politique du gouvernement de faire du Bénin, un Etat de droit qui ne saurait s’accommoder du règne de l’impunité, insiste le garde des Sceaux. Me Séverin Quenum salue la pertinence des thématiques qui seront débattues au cours des deux jours de travaux tant en ateliers qu’en plénières et qui augurent d’un riche partage d’expériences et de dialogue judiciaire. Tout comme le garde des Sceaux, le président de la Cour suprême, Ousmane Batoko, trouve très utile cette session de formation. « Les armes les plus performantes des sciences juridiques et judiciaires doivent être fournies aux juges africains au regard des mutations de nos sociétés et des évolutions de notre temps », explique-t-il. Le représentant du secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif), Eric Adja, assure de la détermination de son organisme pour accompagner toujours l’Aa-Hjf pour l’atteinte de ses objectifs à savoir : contribuer à bâtir en Afrique, de véritables sociétés basées sur la force du droit et de la justice. Cela d’autant que la Francophonie accorde un grand intérêt aux actions de l’association pour l’affirmation du droit et de la justice en Afrique francophone, souligne Eric Adja.

Société 24 oct. 2018


Lutte contre le paludisme: Réduire le taux de mortalité fœto-maternelle

Le paludisme sévit surtout en période de pluie. Face aux revers de cette maladie, il urge de prendre des mesures pour réduire le taux de mortalité fœto-maternelle.

Le paludisme constitue un problème de santé publique en raison de ses nombreuses conséquences, indique Larisse Tchiakpè, gynécologue au centre de santé de Gbégamey à Cotonou. Maladie endémique au Bénin, surtout en temps de pluie elle reste l’une des raisons de fréquentation des centres de santé. Aussi bien sur la santé de la mère que sur celle de l’enfant, ses impacts sont importants et ses revers fragilisent financièrement les familles.

Multiplier les efforts et les moyens pour réduire le taux de mortalité fœto-maternelle, c’est le défi à relever.
Larisse Tchiakpè explique que l’infection due aux moustiques est à l’origine de nombreux décès des suites de paludisme. Cette situation est encore plus grave chez les femmes enceintes au regard des complications fœto-maternelles.
Une étude scientifique conduite au Bénin par des chercheurs de l’Institut de recherche pour le développement (Ird) et du Centre d’étude et de recherche sur le paludisme associé à la grossesse et à l’enfance (Cerpage, Bénin) précise que le paludisme est à l’origine de plus de 580 000 décès par an, principalement en Afrique subsaharienne.
Par ailleurs, le rapport de l’Organisation mondiale de la Santé en 2017 indique une augmentation des cas de paludisme et des décès associés de façon significative dans la région Afrique. Selon ce rapport, la région Afrique concentre toujours 90 % des cas de paludisme et des décès associés dans le monde. Il s’avère nécessaire de prendre des mesures pour prévenir les forts taux de décès.

Prévenir le drame

La lutte contre le paludisme, doit passer par la prévention. Les nombreux risques liés au paludisme pour la mère, le fœtus et le nouveau-né ajouté au fort taux de décès, requièrent une politique de supplémentassions en fer et un traitement préventif intermittent (Tpi) contre le paludisme, indique Ruffine Akododja, sage-femme à l’Hôpital de la mère et de l’enfant Lagune (Homel). Toutes les femmes enceintes devraient recevoir des supplémentassions en fer et en acide folique dans le cadre des soins anténatals systématiques. Au-delà du Tpi, l’Oms recommande l’utilisation de test de diagnostic rapide (Tdr).
Selon Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Oms, toutes les communautés doivent accéder à des services de santé de qualité, partout et à tout moment, indépendamment de leur lieu de résidence et de leur situation financière. Un système de surveillance solide requiert des niveaux élevés d’accès aux soins et au dépistage des cas, et présuppose que les secteurs public et privé de la santé communiquent des rapports exhaustifs. « Les moustiquaires imprégnées d’insecticide de longue durée restent efficaces pour la prévention du paludisme, même dans les zones où les moustiques ont développé une résistance aux pyréthoïdes », souligne Ruffine Akododja. Les populations doivent aussi veiller constamment à la propreté de leur milieu ou cadre de vie.

Santé 24 oct. 2018


Maladie de la dépression au Bénin: Un mal incompris

Dans l’imaginaire collectif béninois, elle ne saurait être répertoriée comme maladie. La dépression, ceux qui prennent soin d’en parler sont simplement persiflés. Pourtant, la dépression, sous ses airs de maladie inoffensive, est dangereuse.

« Tu as juste besoin de prendre un peu d’air », « Ça te passera », « Tu es rassasié ! », « C’est une maladie de blancs »…Autant de refrains désobligeants que la société africaine et plus particulièrement béninoise chante et rechante aux oreilles des personnes atteintes de maladies mentales. La dépression, une parmi les nombreuses qui existent, souffre réellement de son incompréhension. La perception de la société sur la dépression contribue plus à isoler les personnes atteintes qu’autre chose. Levis, étudiant à l’Enam témoigne d’un cas dont il a eu connaissance. 

« En classe de Terminale, j’avais un ami chez qui j’ai observé, à une certaine période, une totale perte d’intérêt pour les choses sociales usuelles. Plutôt sociable d’habitude, durant des semaines, il a commencé à être très réservé et solitaire. Ses notes ont totalement dégringolé au fil du temps et il a perdu du poids, car il ne mangeait presque plus. Plus tard, nous avons appris, de sources proches de sa famille, qu’il était en début de dépression. C’était lié principalement au fort stress de la Terminale ».
La dépression, selon le psychologue Donald Togbé, de façon souple, est un trouble d’humeur ou de comportement. Elle se caractérise par un certain nombre de symptômes. Ces derniers sont non influencés par les circonstances, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas déclenchés par un évènement extérieur. Perte d’humeur, tristesse, perte d’intérêt, pensées suicidaires, troubles de sommeil, et ralentissement ou agitation psychomotrice (la psychomotricité regroupe les fonctions motrices qui sont en lien direct ou indirect avec la pensée, la psychologie et les fonctions cérébrales), en sont les manifestations principales. Notre société n’arrive toujours pas à considérer la dépression comme une maladie. « Nous sommes une société qui n’accepte pas trop la faiblesse, encore moins lorsque cette faiblesse vient d’une source comme le psychologique ou les émotions. Les gens ont souvent l’impression que les personnes dépressives exagèrent ou que le problème qu’ils appellent dépression n’existe pas vraiment », explique Caren Ganyé, docteur en sociologie. La dépression n’est pas une maladie classique avec des manifestations physiques. Une personne dépressive peut paraître bien portante. Cet aspect de la maladie n’aide pas du tout les personnes atteintes. «Un individu dira qu’il se sent dépressif, et l’on pensera qu’il n’a pas assez de soucis, c’est parce qu’il a déjà trop mangé et est rassasié qu’il a le temps de dire qu’il est dépressif », développe le docteur en sociologie. Cette maladie ne présente pas de « plaies, blessures ou encore des organes qui seraient directement touchés comme dans le cas du cancer ou d’autres maladies». Eu égard à toutes ces considérations, cette maladie peut paraître moins importante que d’autres.

Une approche préjudiciable

Des éléments sociologiques peuvent expliquer cette tendance. En effet, l’histoire de nos sociétés est celle de sociétés ancrées dans l’imaginaire du « dur labeur et la force champêtre.» Il est donc difficile de concevoir que ces mêmes personnes, supposées être fortes, puissent se laisser guider par leurs problèmes psychologiques. Encore, la société béninoise est fondamentalement théiste et croient fortement aux mythes et totems.  La dépression peut être vue comme un envoûtement des suites de transgression d’un interdit ou encore d’un mauvais sort, à en croire la sociologue. On peut aussi voir cela comme un manque de rites initiatiques nécessaires au cours de la vie de ceux qui sont atteints de la maladie, ajoute-t-elle. Une dernière réflexion, cette fois vraiment poussée, voit « la dépression comme une théâtralisation, le tissu social ici ne se reconnaît pas coupable d’avoir créé de la dépression chez ses acteurs ». Ainsi, une personne se dira dépressive et l’on pensera à une mise en scène capricieuse de celle-ci.
Cette perception des choses dénie à la dépression le statut de maladie au même titre que les autres maladies. « Abordée dans une approche biomédicale, elle peut amener le malade à penser qu’il ne souffre pas d’une maladie réelle, celle-ci n’étant pas comprise par les autres », analyse Dr Caren Ganyé. La personne dépressive peut en arriver à voir son intégrité mentale détériorée également du fait qu’il ne se voit pas reconnaître un statut de malade par la société. Autre aspect dangereux, le fait que la société banalise la maladie et ne prend pas au sérieux des symptômes graves, comme ceux suicidaires, par exemple.

Un problème de mentalités

Il faudrait déjà que notre société puisse accepter la maladie comme toute aussi dangereuse que les autres maladies, du fait des comportements fâcheux qu’elle peut entraîner. Caren Ganyé préconise de sensibiliser les différentes sensibités en montrant des cas d’études et des témoignages de malades qui ont, non seulement souffert de cela, mais aussi fait souffrir le tissu social environnant. Pour ce faire, il convient d’accentuer la recherche sur les déterminants sociaux ou les vécus de la dépression. Cela pourrait « aider à légitimer un discours sur la place grandissante que cette maladie prend dans la société », et c’est la raison pour laquelle, il faut déconstruire les a priori de la société. L’expérience a montré que la perception d’une maladie dans les esprits pouvait changer ou évoluer au fil du temps. Le docteur en sociologie fait le rapprochement avec le cas de la poliomyélite. « Cette maladie était autrefois crainte de tous. Aujourd’hui, avec le vaccin, les perceptions sur la maladie ont changé », souligne-t-il. Les perceptions de la maladie pourraient donc changer au fil du temps, en fonction du travail de recherche, de sensibilisation et d’information qui sera fait auprès des populations, étaye-t-elle. Mais, il ne s’agit pas non plus d’une épreuve à sens unique. « On ne peut traiter ou accompagner que celui qui se reconnaît malade », affirme le psychologue Donald Togbé. Il faudra donc autour du sujet,« une vulgarisation continue de l’information par le biais des médias », poursuit-il. Il y a plus de personnes psychologiquement instables dans notre société qu’il peut en avoir dans les centres psychiatriques. Il s’agit là de malades qui s’ignorent.

Santé 24 oct. 2018


Serge Adjovi, directeur de l’Agence pour le développement du numérique: « Le Code du numérique est une pièce fondamentale du développement du secteur»
[caption id="attachment_31198" align="alignnone" width="1024"]Serge Adjovi[/caption]

La Télévision numérique terrestre (Tnt) n’est désormais plus qu’une question de jours. L’Agence pour le développement du numérique (Adn) et les autres acteurs en charge du secteur veillent au grain. Fin 2018, c’est l’échéance donnée par le directeur de l’agence, Serge Adjovi pour inscrire le Bénin au rang des pays diffuseurs de la Tnt. Outre cette bonne nouvelle, il évoque les différentes réformes que mène le gouvernement au profit du développement du secteur.

La Nation : Cela fait deux ans que l’Agence pour le développement du numérique (Adn) est mise en place. Qu’est-ce qui justifie sa création ?

Serge Adjovi : L’agence a mis un peu de temps à se mettre en place. Nous avons commencé à fonctionner il y a deux ans, mais l’agence est officiellement en place depuis à peu près un an. Mais ce qui est important, c’est le chemin que nous avons parcouru. Il y a deux éléments importants qui militent en faveur de la création de l’agence. Le premier, c’est la volonté du chef de l’Etat, Patrice Talon, de faire du numérique une des priorités du développement et du Programme d’actions du gouvernement (Pag). Le second élément c'est que de manière transversale, le numérique ne se conçoit pas comme étant un secteur qui ne traite que du numérique, mais se conçoit comme un outil pour les autres secteurs pour se développer plus vite. Lorsqu’on considère la volonté du chef de l’Etat et les besoins de travailler à travers l’ensemble des secteurs ministériels, ça donne naturellement naissance à une agence qui est sous tutelle de la présidence de la République, en ce sens qu’elle peut intervenir bien entendu au niveau du secteur de l’économie numérique et de la communication, mais aussi au niveau des autres secteurs, de l’intérieur, de la sécurité publique, de la santé, de l’éducation….

Quel bilan peut-on mettre à l’actif de l’agence après un peu plus d’un an d’activités ?

C’est vrai que dans le secteur du numérique, les bilans sont parfois un peu difficiles. Ce n’est pas comme les secteurs de l’eau, ou de l’agriculture où l’on peut quantifier très rapidement les impacts et faire un bilan. Toutefois, il y a un impact. L’Adn est une agence en charge de l’exécution des projets du numérique. Elle a la charge de contribuer à l’exécution de la partie numérique des projets qui sont dans d’autres secteurs, et aussi la charge de réformes. Dans le Pag, il y a des projets, mais également des réformes. Aujourd’hui, l’agence a participé à l’ensemble des réformes du secteur du numérique. Je vais en évoquer deux. Nous avons besoin d’opérateurs sains qui investissent dans les infrastructures, et dans les services pour les populations. De cinq opérateurs mobiles au départ, nous ne sommes qu’actuellement à deux. Nous avons jugé que les trois n’étaient pas efficaces et que nous n’avons pas réussi à trouver des solutions avec eux pour les rendre plus efficaces de manière qu’ils soient complètement dans la dynamique de la stratégie du gouvernement. La deuxième chose, c’est le Code du numérique. C’est une réforme sur laquelle nous étions acteurs et que j’ai personnellement contribué à organiser, que ce soit dans la phase d’élaboration que dans la phase de validation par les parlementaires. Le Code du numérique est un texte de plus de 600 articles et qui a été élaboré et adopté en l’espace d’un an et promulgué six mois plus tard par le président de la République après avis de la Cour constitutionnelle. C’est un texte qui est à la fois juridique et technique. Il définit des éléments qui n’existaient pas dans notre législation. Aujourd’hui, on parle beaucoup de dématérialisation. C’est un certain nombre de processus utilisant des papiers que nous voulons rendre électroniques pour plus d’efficacité dans l’action gouvernementale. Pour qu’un document dématérialisé soit acceptable dans les processus gouvernementaux et par la justice, il faut que les textes l’autorisent, en vue de la sécurité des informations électroniques. A cela s’ajoute, l’amélioration des textes existants sur la cybercriminalité ou sur les communications électroniques en général. Le Code du numérique est une pièce fondamentale du développement du secteur. Sans ça, certains projets du Pag, comme celui de l’administration intelligente où il y a de fortes composantes de dématérialisation ne pourront pas voir le jour, parce qu’il n’y aurait aucun cadre légal. Nous sommes à pied d’œuvre sur les réformes. Entre autres, la restructuration des entreprises publiques de télécommunication.

Parlant des réformes, où en est-on avec le développement des infrastructures haut débit et de la Télévision numérique terrestre (Tnt) ?

A côté des réformes, il y a les projets. Le projet concernant la Tnt a commencé avant avril 2016. Il s’est accéléré après avril 2016. Nous avons changé un peu la gouvernance des structures. Pour la Tnt, nous sommes tenus par les engagements internationaux. Aujourd’hui, le réseau Tnt est en place. Il en train d’être testé et finalisé. Nous prévoyons avant la fin de l’année que la Tnt soit diffusée sur au moins la partie méridionale du pays et très rapidement sur le reste du pays.

Quelles sont les dispositions mises en place pour respecter cette nouvelle échéance qui est dans moins de trois mois ?

Le réseau est en place. Nous procédons aux tests. Nous disposons déjà des autorisations de la Haac en ce qui concerne les chaînes. Ce qui manque aujourd’hui, c’est la mise en place des structures de gouvernance de la Tnt. Nous allons installer une société de patrimoine pour les infrastructures de radiodiffusion. Nous sommes également en train de mettre en place une société d’économie mixte qui sera créée pour être le diffuseur de programmes sur la Tnt. D’ici un mois et demi, cette société sera une réalité. Ce n’est pas si simple, mais nous faisons tout pour respecter nos engagements. Nous ne sommes pas en avance, mais nous sommes proches d’y arriver. Nous serons parmi les quelques pays qui auront déployé la Tnt en 2018 et auront commencé sa diffusion. La complexité, les modèles économiques et les éléments stratégiques de la Tnt avaient été sous-estimés.

Le Bénin aspire à être la plateforme des services numériques de l’Afrique de l’Ouest. Mais il est confronté à plusieurs défis sur le plan national. Comment comptez-vous vous y prendre?

L’Adn travaille avec l’ensemble de l’écosystème et autour du ministère de l’Economie numérique et de la Communication qui est le dépositaire de la feuille de route gouvernementale. Elle collabore avec l’agence des systèmes d’informations qui a à charge l’exécution des projets phares. Nous travaillons sur la Tnt, les infrastructures haut débit et très haut débit, sur la connectivité dans les domaines de l’éducation et dans d’autres domaines. L’agence pour les services et systèmes d’information travaille sur les services, la dématérialisation des processus du gouvernement pour la fourniture de E.service vers les populations et contribue à l’avènement d’une administration intelligente. L’Agence des services et systèmes d’information (Assi) contribue à l’exécution de certains projets du gouvernement, notamment la mise en place de l’administration intelligente. Pour ce qui concerne l’Adn, il y a plusieurs projets concernant l’installation d’infrastructures de haut débit et de très haut débit. La réhabilitation de 2000 km de fibre et la mise en place de services au niveau de la technologie 4 G fixe. Ce projet qu’on appelle le PD2T est en train d’être terminé. Nous sommes dans une phase de réception avec le prestataire. Nous avons mis en place de la technologie haut débit principalement pour l’utilisation par les opérateurs mobiles et les opérateurs fournisseurs d’accès à internet qui vont pouvoir utiliser ces infrastructures de fibres optiques mises en place pour livrer à leur tour des services de haut débit à leurs clients.
Dans le même temps, nous avons également lancé deux projets dont un de densification du haut débit. Le second nous permet de fournir de la bande passante dans des pays enclavés. Pour pouvoir respecter nos engagements avec la qualité des services, nous allons développer un autre projet de plus de 1000 km de fibres optiques le long de la frontière du Togo et qui sera connecté avec l’ensemble des communes du Bénin.

Lorsqu’on sait que le Bénin a besoin d’arrimer ses ambitions aux coûts sans occulter la question des équipements, comment apprécier alors la récente augmentation des taxes sur l’utilisation de l’internet?

Nous travaillons sur la viabilité du secteur. Les ambitions et les investissements sont grands. Il faut que les acteurs soient à la hauteur des ambitions pour relever les défis. Si nous avons des opérateurs qui ne peuvent pas survivre du fait des prix pratiqués, un problème se pose. Le trafic de données augmente, par conséquent de nouveaux investissements sont nécessaires sur les réseaux Gsm. Il faut qu’ils aient les moyens de ces investissements pour garantir une bonne qualité de services. Les prix pratiqués concernant la Data ont été divisés par quatre en l’espace d’un an et ceux concernant la voix ont été également divisés par deux ou trois. Ce qui a plombé significativement les marges des opérateurs qui ne pouvaient plus investir. Les opérateurs sont des contributeurs importants au niveau du Trésor public. Il faut continuer à donner les tarifs le plus bas possible aux utilisateurs et préserver en même temps, la santé financière des opérateurs. Même si le décret relatif à l’augmentation des taxes sur l’utilisation de l’internet a été annulé, il nous faut trouver des solutions avec les opérateurs, les associations de consommateurs, afin de disposer d’un écosystème actif.

Le Bénin assure, depuis quelques jours, la présidence du Réseau francophone des ministres en charge de l’Economie numérique. Comment compte-t-il marquer son mandat ?

C’est une actualité importante. Nous voulons être aux premières loges de ce qui se fait dans le domaine de l’économie numérique. Nous voulons que notre pays soit reconnu comme l’un des pays en avant-garde des innovations et du développement du numérique. C’est une victoire politique pour le Bénin d’assurer la présidence du Réseau francophone des ministres en charge de l’Economie numérique. Nous allons soutenir notre ministre pour que le Bénin réussisse sa mission. On ne peut pas faire de l’économie numérique au Bénin en ignorant les pays voisins et le monde. Les problèmes dans le secteur sont presqu’identiques à tous les pays.

Que pourriez-vous dire en guise de conclusion à cet entretien?

En tant que directeur de l’Adn, je suis complètement investi de la mission du développement du numérique. C’est louable de m’aider à démystifier le numérique. Le numérique, c’est l’affaire de tous. Des jeunes l’utilisent parfois mieux que nous. Et cela doit continuer et s’amplifier. C’est à travers cette nouvelle génération que nous, acteurs de décision du secteur, allons sentir la pression d’offrir les infrastructures et les services nécessaires pour le développement du secteur?

Société 24 oct. 2018


Signature d’accord de siège: Confiance renouvelée entre le Crs et le Bénin
[caption id="attachment_31195" align="alignnone" width="1024"]le gouvernement lui a accordé une nouvelle occasion d'assister les populations démunies[/caption]

L’Ong Catholic relief services (Crs) et le Bénin ont procédé au renouvellement de la signature d’accord de siège de cette organisation, hier mardi 23 octobre à Cotonou. Un acte qui donne quitus à l’Ong américaine de poursuivre ses nobles actions au Bénin.

Catholic relief services (Crs) est citée parmi les premières Ong internationales à s’installer au Bénin depuis 1958, sur invitation des évêques catholiques béninois, et collabore avec des partenaires locaux pour la mise en œuvre de projets dans 10 départements du pays. A l’occasion du 60e anniversaire de sa présence au Bénin marqué par le renouvellement de cette signature d’accord de siège, le représentant résident de l’Ong, Sean Gallagher, se dit déterminé à continuer à apporter l’assistance nécessaire aux populations béninoises comme ils l’ont toujours fait. Il précise que Catholic relief services apporte son assistance sur la base des besoins et non des croyances, races ou nationalités. « Les premières années du Crs au Bénin ont été caractérisées par des projets visant à soutenir les communautés rurales dans le développement économique, sanitaire, culturel et social », rappelle-t-il, avant d'exprimer sa fierté aujourd’hui de tirer parti des activités antérieures du Crs pour former un bloc avec le gouvernement, la société civile et des organisations confessionnelles afin de faire progresser le Bénin dans différents programmes de développement. C’est le cas des cantines scolaires et de l’alphabétisation dans les régions les plus pauvres du nord. A cela s'ajoutent l’élimination du paludisme, la finance inclusive des groupements d’épargne et de crédit interne pour augmenter le revenu familial et la résilience aux chocs.

Actions sociales

Par ce renouvellement d’accord de siège, Sean Gallagher réaffirme le soutien actif de l’Ong aux axes 4 et 5 du Programme d’actions du gouvernement (Pag) à travers l’appui aux 32000 petits producteurs d’anacarde et aux cantines scolaires dans lesquelles ils s’investissent déjà depuis plusieurs années. De même, les axes stratégiques 6 et 7 du pilier 3 qui prônent les conditions de vie meilleures des populations occupent une place de choix pour le Crs, avec l’épargne et le crédit interne qui ont touché plus de 47000 bénéficiaires nécessitant un capital de plus de 1 000 000 de dollars US et des prêts de plus de 600 000 dollars US, selon les propos du représentant résident. L’Ong s’investit aussi fortement dans l’hygiène, l’assainissement et l’eau avec un programme dénommé ‘’McGovern-Dole Food for Education’’ qui a permis la construction de 121 latrines et 73 sources d’eau dans quatre communes des départements de l’Alibori et du Borgou. Ainsi que des messages de bonnes pratiques d’hygiène à l’endroit des enseignants. Sean Gallagher salue la bonne collaboration avec différentes structures qui leur ont favorisé la tâche au Bénin. «Nous sommes honorés de signer cet accord de siège avec le gouvernement en signe de confiance pour notre travail passé, présent et futur en faveur du peuple béninois », conclut-il. Le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération (Maec) tout en saluant l’intérêt que l’Ong porte au Bénin, a reconnu à sa juste valeur les efforts qu’elle fait pour appuyer le gouvernement dans sa volonté de sortir les populations de la pauvreté. Hervé Djokpé a reconnu que leur appui a favorisé les résultats obtenus dans la mise en œuvre des cantines scolaires qui a permis de mettre fin à la déperdition et à la déscolarisation des enfants. «Votre participation à ce programme a été déterminante dans les premiers succès enregistrés», affirme-t-il. C’est au regard de ce bilan édifiant que le renouvellement de l’accord de siège avec le gouvernement a été obtenu, selon ses explications. Ainsi, le gouvernement a-t-il reconduit les facilités et exonérations fiscales et douanières qu’il accorde à l’Ong depuis 1958.

Société 24 oct. 2018


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