La Nation Bénin...
Nouvelles

Le président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji, a reçu en audience, ce mercredi 17 janvier, Mariana Duarte Mutzenberg, chargée de programme et chef de la délégation de l’Union interparlementaire en séjour au Bénin dans le cadre de la conférence parlementaire sur le renforcement de la participation des femmes au Parlement.
La rencontre qui s’ouvre ce matin à Cotonou, est organisée par l’Assemblée nationale avec l’appui de l’Uip. Le chef de la délégation de l’Uip a jugé utile d’aller présenter ses civilités au président Adrien Houngbédji à quelques heures du démarrage de la conférence.
Au sortir de l’audience, Mariana Duarte Mutzenberg loue l’organisation de cette conférence interparlementaire qui cadre bien, selon elle, avec les objectifs de l’Uip. Car, il existe au sein de l’institution, un pilier axé sur le partenariat entre les hommes et les femmes c'est-à-dire renforcer l’égalité entre les hommes et les femmes dans les Parlements et par le biais du travail parlementaire. Elle dit avoir réitéré au président de l’Assemblée nationale tout le soutien de l’Uip pour son engagement depuis qu’il est élu au perchoir de la septième législature au profit du renforcement de la participation des femmes au Parlement. « Nous sommes heureux de savoir qu’il y a cette démarche qui est faite ici puisque le Bénin, dans son histoire démocratique récent, n’a pu encore atteint 10 % de femmes au Parlement. La moyenne mondiale est actuellement de 23,5 %. Ce n’est pas l’idéal, mais on voit que le Bénin n’est pas encore dans le rythme », relève la chargée de programme et chef de la délégation de l’Union interparlementaire en mission au Bénin. Mariana Duarte Mutzenberg salue cette envie du président de l’Assemblée nationale d’œuvrer à inverser la tendance actuelle. « La conférence de Cotonou est une conférence de dialogue avec des acteurs clé comme les parlementaires, la Société civile, ainsi que des expertises venant d’autres pays comme le Sénégal et la Belgique qui ont atteint un niveau important de participation des femmes à l’Assemblée nationale… », dévoile-t-elle?
Actualités 18 janv. 2018

De jeunes écoliers à la peine à Dikouan. 23 km de Natitingou, les conditions d’existence militent peu à leur maintien à l’école.
Le visage illuminé, la centaine d’écoliers de l’école primaire publique de Dikouan, village situé à 23 km de Natitingou, dans la discipline, se ruent vers la baraque qui sert de cuisine à l’arrière-cour de l’établissement scolaire. Premier repas de la journée pour la plupart, cet instant reste des plus privilégiés pour eux. Sous la direction de Dieudonné Massikè Essohanam, instituteur au Cours d’initiation et maître-cantine, chaque classe se présente aux deux cuisinières de circonstance pour recevoir sa ration de riz. Le tout achalandé d’une sauce tomate sans autres ajouts que l’eau et l’huile qui la composent. A tour de rôle, les élèves se font servir dans leur bol et s’en vont manger dans les salles de classe. Dernier jour de classe avant les fêtes de fin d’année, la journée prend fin au grand soulagement de l’administration scolaire. Si les vivres essentiels sont fournis par le programme de cantines scolaires du gouvernement, il faudra mobiliser les autres ingrédients pour la sauce tomate. Un véritable casse-tête en cette saison où la tomate s’amenuise dans les jardins des parents d’élèves. « Les enfants n’en apportent plus comme il le leur est demandé en classe », note le maître-cantine. Deux semaines déjà qu’il a lancé la collecte de fonds auprès des parents d’élèves pour faire face à la période de soudure observée depuis peu dans le village. « Elle est bien maigre ce que nous avons pu mobiliser. Juste de quoi faire les achats pour cinq repas », indique-t-il.
Peu avant 9 h, ce dernier est allé prendre les provisions de vivres au magasin pour la préparation du repas de ce mercredi 20 décembre, sous le contrôle du directeur de l’école. A la cuisine, deux anciennes élèves de l’école, des filles-mères, s’activent autour d’un foyer de fortune. Non loin du hangar hâlé par la fumée, une bassine d’eau retient l’attention par sa couleur ocre. « C’est l’eau que nous utilisons pour faire la cuisine aux enfants. C’est l’eau du marigot », précise l’une d’entre elles, interpellée. En l’absence d’une pompe aux alentours de l’école, cette eau sert en effet d'eau de boisson et à la préparation des repas des 135 élèves que compte l’établissement scolaire.
Volontaires, elles font ce qu’elles peuvent pour donner à manger à ces enfants qui arrivent le plus souvent à l’école, le ventre creux ou peut-être avec pour seul aliment de la journée, la bouillie de pâte de mil de la veille. Avec pour seule motivation, la possibilité à elles offerte de déjeuner au même titre que les élèves de l’établissement à l’heure de la pause. Même si cette habitude est interdite par les autorités en charge du programme de cantine scolaire. « Nous n’avons aucune ressource pour les motiver à rester au service des enfants de l’école », confie Hubert Gnonlonfin, directeur de l’école primaire publique de Dikouan. Estimant le rôle combien important de ces bonnes dames dans le fonctionnement de la cantine et par ricochet dans la rétention à l’école des élèves, il avoue son incapacité à aller contre cette décision de l’Association des parents d’élèves.
Spectre de l’abandon
Bien que Thomas N’koué, président de l’association des parents d'élèves, loue les efforts consentis par le gouvernement pour relancer dans les écoles des contrées déshéritées les cantines scolaires, il n’occulte pas les problèmes récurrents dans le village de Dikouan, et qui plombent toute volonté des enfants d'accéder au savoir. En l’absence d’électricité, la localité est plongée dans le noir et étudier constitue une autre paire de manche pour des élèves déjà contraints à parcourir une longue distance avant d’accéder à l’école. Quoique pour la plupart des parents analphabètes, envoyer son enfant à l’école contribue à faire reculer l’ignorance dans le village et à garantir une chance de réussite dans la vie, les conditions de vie sont loin d’être reluisantes. Aussi, assistent-ils parfois impuissants à l’abandon par certains de leurs enfants. Nombre d’entre eux prennent le chemin du Nigeria à la quête de gain pour soulager leurs peines. En début d’année scolaire, sur 157 élèves régulièrement inscrits, 22 ont fini par faire défection.
« L’année dernière, sur 16 candidats présentés au Certificat d’études primaires, 14 seulement ont pu réellement composer. Un élève est allé au Nigeria tandis que l’une des filles s’estimant grande s’est mariée. Sur l’ensemble des 14, cinq seulement ont connu le succès. A cette rentrée scolaire, six des neuf redoublants ont pu reprendre les classes ; les trois autres ont opposé un refus catégorique à toute reprise et ont même brûlé leurs cahiers avant de s’en aller au Nigeria », souligne Hubert Gnonlonfin.
Affecté par cette infortune, le directeur de l’école s’est promis de faire des six élèves que compte désormais sa classe des exemples dans leur milieu. Ce qui l’amène à les visiter dans leur domicile et à s’enquérir de leurs nouvelles une fois leur absence constatée en classe. « Ce sont des enfants qui ont envie d’étudier mais ce sont les conditions qui constituent pour eux des facteurs limitants », lâche-t-il, tout en rappelant que tous sont appelés à aller composer les épreuves du Certificat d’études primaires à Natitingou. « Ils ont tous l’habitude de marcher pour aller composer à Natitingou. Imaginez un enfant parcourir une vingtaine de kilomètres la veille de l’examen juste parce qu’il n’y a pas de centre d’examen dans les environs de leur localité. L’année dernière, nous tous, enseignants, nous avions dû, pour les aider, en remorquer à deux sur nos motos. Ils sont des enfants béninois aussi », avance-t-il, amer. Citant au passage des abus dont ont fait l’objet des filles envoyées chez des proches pour composer à l’examen.
Espoir
Dans sa classe, le directeur se félicite du progrès fait par les anciens candidats au Cep et ne cache pas son espoir de les voir tous connaître le succès en dépit des conditions précaires dans leur famille. C’est le cas de Nestor M’po. Ayant occupé le 3e rang au cours de l’évaluation du mois de novembre, il tient un mois plus tard le peloton de tête, affichant son aisance à s’exprimer mieux en français. Dans la hutte de ses parents, ressortissants otammari comme la plupart des habitants de Dikouan, il confie à la sortie des classes qu’il étudie à l’aide d’une lampe-torche qu’il attache au front à l’aide de lacets élastiques. Une sorte de torche utilisée généralement dans les mines et dont l’une des lampes est défectueuse. A l’instar de tous ses frères, Nestor se sert de cette lampe dont les piles lui sont fournies par son père. Si dans la tradition otammari, les garçons sont dispensés des travaux domestiques, tel n’est pas le cas de Colette Koudiégou, camarade de classe du jeune garçon et 3e lors de l’évaluation du mois de décembre. Tenue aussi d’étudier par le biais d’une lampe-torche à la suite de la vaisselle et de la corvée d’eau, elle déplore l’inconfort qui caractérise l’exercice. « J’étale mon cahier sur la natte et tenant la torche de ma main gauche j’apprends mes leçons à partir de 22 h », indique-t-elle, sous le regard de son tuteur, sensible à ses peines. « Je ne sais ni lire ni écrire mais à voir ma nièce je me rends compte de ses difficultés à étudier avec une torche. N’ayant pas les moyens de disposer d’un panneau solaire pour éclairer son lieu d’études je ne peux que regretter cette situation », défend André M’po Koudiégou.
La voir obtenir le Cep constituerait pour ce dernier un réconfort d’autant plus qu’un de ses fils, étudiant à l’Université de Parakou, a promis la prendre sous sa coupe pour la poursuite de ses études. Le père de la jeune écolière parti en aventure au Nigeria, André M’po Koudiégou lui assure l’essentiel pour éviter l’infernal sort connu par les filles du village : mariage forcé, grossesse précoce et séquestration, etc. Des réalités que confirment Félix Kouagou, chef du village, très engagé dans le combat pour la déclaration systématique des nouvelles naissances dans la localité. Déjà, faudrait-il, avec le concours de la direction de l’école, faire établir aux élèves des actes de naissance et surtout à ceux qui vont à l’examen.
Avec cinq cours au primaire, le village de Dikouan n’a pas fini de faire son chemin de croix. « Les conditions de vie ne sont pas pour autant favorables à l’installation des enseignants dans le milieu. Nous n’avons pas de logement pour eux et tous sont obligés de louer une chambre à Natitingou. Même l’eau qui est source de vie ne leur est pas accessible. Ce qui nous installe dans une permanente incertitude quant à leur envie de rester au service de notre communauté », craint le chef du village. Ses habitants devront par ailleurs affronter la dure réalité de se séparer de leurs enfants une fois qu’ils réussiraient au Certificat d’études primaires, cette année. Ces derniers, une fois ce cap franchi, seront obligés d’aller vivre à Kouaba, arrondissement distant de 18 km du village, où l’on recense le seul collège de la zone?
Education 18 janv. 2018

Afin d’évaluer les besoins de formation de la Commission électorale nationale autonome (Cena), une délégation d’experts conduite par le professeur Augustin Loada a rencontré, ce mercredi 17 janvier, le président de la Cour constitutionnelle, Théodore Holo. Il ressort des échanges que le rendement de la Cena en période électorale a effectivement besoin d’amélioration.
Dans le souci d’améliorer l’organisation des prochaines élections, la Commission électorale nationale autonome (Cena) suivra une série de formations visant à renforcer ses capacités. La Cour constitutionnelle a reçu, ce mercredi, la visite des experts mandatés pour évaluer les besoins de la Commission électorale nationale autonome (Cena) pour une série de formations visant à perfectionner l’organisation des élections au Bénin. Après la vingtaine de minutes qu’ont duré les échanges avec Théodore Holo qui préside l’institution, Augustin Loada, porte-parole de la délégation, a souligné que « Le président de la Cour constitutionnelle a eu aussi à identifier un certain nombre de domaines dans lesquels, il serait bon de renforcer les capacités du personnel électoral ». « Il s’agit notamment, rapporte-t-il, de l’appropriation des règles qui régissent l’organisation et l’administration des élections ; autrement dit, l’appropriation du Code électoral par le personnel ».
Selon Augustin Loada, professeur de droit public et sciences politiques, le président Holo aurait suggéré que des initiatives soient prises pour que le personnel électoral s’approprie davantage ces règles.
Le module de formation prévu pour être administré à la Cena est intitulé « Building resources on democraty, governance and election (Bridge) ». D’après l’hôte du président Holo, c’est un cours qui a été créé entre 1999 et 2000, pour répondre à un besoin ponctuel pour l’organisation d'un référendum au Timor oriental. « Mais par la suite, le cours s’est élargi pour contenir une vingtaine de modules et il faut choisir les modules en fonction des besoins de renforcement des capacités », ajoute Augustin Loada, avant de notifier que presque tous les pays africains et occidentaux en ont bénéficié. Si le Bénin, à travers la Cena, tend à en faire partie aujourd’hui, les informations recueillies sur les lieux véhiculent que c’est grâce à l’appui du Réseau des structures de gestion des élections en Afrique de l’Ouest (Resao), et au financement de l’Open society initiative for west Africa (Osiwa).
Cette visite des experts dans les locaux de la Cour vient clôturer la mission exploratoire à eux confiée du 15 au 17 janvier 2018 par la Cena. Ils expliquent, par la voix de leur porte-parole, que le rapport des activités menées sera remis à l’institution qui prendra l’initiative de la formation du personnel électoral?

Le Conseil des ministres s'est réuni, mercredi le 17 janvier 2018, sous la présidence de monsieur Patrice Talon, président de la République, chef de l'Etat, chef du gouvernement.
Au cours de la séance, plusieurs dossiers ont été examinés.
I. Communications
Sous cette rubrique, les dossiers suivants ont été approuvés :
I-I. Recrutement d'un consultant pour la mise en œuvre des réformes pénitentiaires.
Le système pénitentiaire béninois connaît des insuffisances qui l'éloignent des standards et normes internationales, particulièrement en matière de détention. Ces insuffisances se rapportent à l'effectif pléthorique de la population carcérale, et aux mauvaises conditions de vie dans les maisons d'arrêt. En vue d'humaniser davantage la vie en milieu carcéral, cet état des lieux appelle, en urgence, de sérieuses réformes dont les travaux préalables seront menés sous la supervision d'un consultant indépendant. Il s'agira de :
- élaborer les documents d'appels d'offres et assister notre pays dans la recherche et la désignation de partenaires intervenant dans le secteur ;
- réaliser une étude sur la construction et l'exploitation de nouvelles prisons ;
- définir les procédures appropriées pour le financement, la construction de maisons d’arrêt et de prisons civiles.
Il s'agira, en outre, de réaliser un audit de quatre (4) centres de détention ou centres pénitentiaires, aux fins de leur gestion efficiente.
Le Conseil a approuvé cette communication et instruit le ministre de la Justice et de la Législation, et le ministre de l'Economie et des Finances, de conduire diligemment le processus de recrutement du consultant.
1-2. Comptes rendus.
Le ministre du Travail et de la Fonction publique a rendu compte, au Conseil, de la situation sociale qui prévaut dans certains ministères suite aux amendements portés par l'Assemblée nationale, à la loi portant statut général de la Fonction publique, et à celle portant statuts particuliers des magistrats. En effet, par ces amendements, le droit de grève est retiré à certaines corporations notamment les personnels de la santé et de la justice. Le Conseil a pris acte de ce compte rendu et donné des instructions audit ministre ainsi qu'à tous les membres du gouvernement, en vue d'un suivi quotidien de la situation.
Le ministre des Infrastructures et des Transports a soumis au Conseil, le compte rendu des travaux de la commission interministérielle d'évaluation des indemnités de propriété dues aux victimes d’alignement du projet d'aménagement et de bitumage des routes Missessinto-Zinvié-Sèdjèdénou-Zè (32 km) et RNIEI (Cococodji)-Hèvié-Ouèdo-Calavi Kpota (21,2 km).
En approuvant ce compte rendu, le Conseil a instruit les ministres concernés à l'effet d'assurer le paiement de la somme d'un milliard trois cent cinquante-deux millions cinquante mille neuf cent soixante-huit (1 352 050 968) francs CFA au titre de l'indemnisation des 1375 personnes sinistrées, et de faire libérer l'emprise desdites routes avant la fin du mois de janvier 2018.
Le Conseil a autorisé l'organisation, au Bénin, du dixième Congrès de la Société bénino-togolaise de Chirurgie digestive, du 17 au 19 janvier 2018?
Fait à Cotonou, le 17 janvier 2018.
Le Secrétaire Général du Gouvernement
Édouard OUIN-OURO

Ce mardi 16 janvier, cela faisait 41 ans qu’un groupe de mercenaires attaquait la République populaire du Bénin pour tenter de renverser le régime militaro-marxiste dirigé par le lieutenant-colonel d’alors, Mathieu Kérékou. L’émotion était vive hier lors de la cérémonie de dépôt de gerbe à l’ex-Place-des-martyrs à Cotonou, malgré le temps écoulé.
Sonnerie aux morts, dépôt de gerbe et recueillement à la Place-du-Souvenir (ex-Place-des-martyrs) à Cotonou où est érigé un monument en mémoire des valeureux enfants du Bénin morts dans l’agression du 16 janvier 1977. Le ministre délégué en charge de la Défense nationale, les forces armées, des parents de victimes et autres anonymes se sont souvenus hier des martyrs tombés au champ de bataille en défendant la patrie contre les mercenaires amenés par Bob Denard.
Les victimes étaient au nombre de sept : militaires, paramilitaires et civils, tombées sous les balles des mercenaires. Il s’agit de : Paulin Thotho, gendarme de 1ère classe ; Pascal N’tcha Dabapa, douanier ; Abiodun Basile Bambotché, agent à la Sonatrac ; Yessoufou Lassissi, soldat de 2e classe ; Sylvain Comlan, ouvrier électricien ; Kassim Alassane, soldat de 1ère classe et Mathieu Migninnavo Tossou, adjudant.
Le ministre Alain Fortuné Nouatin a rappelé que ces illustres disparus ont défendu vaillamment, au prix de leur vie la patrie, et l’ordre établi contre les envahisseurs.
Cet événement « mémorable» ne peut passer sous silence, conçoit Victorin Togbé, officier à la retraite et témoin des faits, qui se souvient qu’au-delà des Forces armées populaires (Fap), c’est le peuple tout entier qui s’est levé ce dimanche 16 janvier 1977 pour « défendre la cause de son indépendance ».
Dans le rang des parents des victimes, la douleur reste encore vive, quarante-et-un ans après les tragiques événements. Delphine Tossou, fille de l’adjudant Mathieu Migninnavo Tossou, un des martyrs, n’a pu retenir ses larmes à l’invocation des sept martyrs dont les images placardées sur un tableau plongent dans ce souvenir douloureux. Elle a saisi l’occasion pour déplorer le manque d’attention des pouvoirs publics envers les familles des disparus.
Rappel des faits
Dimanche 16 janvier 1977 à 7 h 03, un avion DC-7 a débarqué à hélices atterrit sur le tarmac de l’aéroport de Cadjèhoun à Cotonou. A bord de l’appareil qui a débarqué à l’improviste, un contingent d’hommes « drogués et armés jusqu’aux dents », selon le journal Ehuzu en date du même jour.
Une dizaine de minutes après, les premiers coups de feu éclatent et réveillent les riverains de l’aéroport. Les tirs nourris de mortiers, de mitraillettes, de roquettes et autres armes lourdes se font entendre pendant plus de trente minutes. « Nous sommes sortis sur la terrasse et nous avons vu les mercenaires sur un terrain vague, à une quinzaine de mètres de nous. Il y avait des Blancs et des Noirs, mais les Blancs étaient majoritaires. Ils invectivaient en français. Ils semblaient être guidés par des civils noirs », témoignera plus tard un Français logé à 500 m environ de l’aéroport et rapporté par Robert Lambotte dans L’Humanité du 24 janvier 1977. « En même temps, poursuit le témoin, sur le front de mer, vers l’immeuble du Conseil de l’Entente, il y avait des hommes en armes, à pied, très décontractés comme s’ils participaient à une battue de chasse ».
Les tirs ont été nourris. Le Palais de la Présidence est touché. L’immeuble de la télévision nationale est atteint par une roquette, ainsi que le Palais des congrès. Ainsi, les mercenaires tentaient de s’emparer de la ville de Cotonou et de renverser le régime militaro-marxiste du lieutenant-colonel Mathieu Kérékou au pouvoir depuis quatre ans. De l’aéroport de Cadjèhoun jusqu’à la hauteur de la Place-des-Martyrs aujourd’hui Place-du-Souvenir, la cocoteraie située en borure de mer était devenue un théâtre d’affrontements sanglants entre les envahisseurs et des éléments des Forces armées populaires (Fap). L’histoire enseigne que la riposte « foudroyante » des vaillantes forces face à l’assaut forcené est organisée de main de maître par le lieutenant-colonel et ‘’grand camarade de lutte’’ Mathieu Kérékou lui-même.
Il monte au créneau quelque temps et d’une voix grave, le ton plein de solennité et de fermeté, il lance l’appel patriotique et historique aux Comités de défense de la Révolution (Cdr) et à toutes les instances locales de notre Révolution démocratique et populaire pour qu’ils développent et renforcent la riposte massive aux ennemis du peuple béninois. La Révolution ou la mort ! Mort aux traitres ! Prêt pour la Révolution! La lutte continue. ».
L’appel lancé en boucle sur la radio nationale ‘’La voix de la Révolution’’ est entendu. Les citoyens ne se font pas prier, surtout à Cotonou. Courageux, ils s’arment comme ils peuvent, avec coupe-coupe, gourdins, pierres, sans crainte de se faire pilonner par la horde des mercenaires lourdement armés. Quelque trois heures après l’attaque matinale, les envahisseurs sont mis en déroute par la réaction énergique des Forces armées béninoises et des citoyens. L’avion des mercenaires parvient à décoller en catastrophe, laissant des équipements et même un membre du contingent en la personne du Guinéen Bah Alpha Oumarou qui sera capturé vivant.
Dès l’annonce de l’agression perpétrée par les mercenaires, les masses populaires s’étaient mobilisées du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest, sous la direction des Cdr, armés comme ils pouvaient, pour la riposte à l’ennemi et ce, pendant plusieurs semaines.

La motion de grève d’avertissement de soixante-douze heures décidée par les secrétaires généraux des centrales et confédérations syndicales est effective depuis ce mardi 16 janvier et ce, jusqu’au jeudi 18 janvier dans nombre de structures de l’Administration publique. Les travailleurs en mouvement s’opposent, entre autres, au retrait du droit de grève à certains agents de l’Etat.
Au-delà de la suppression du droit de grève aux agents de la santé, de la justice dont ils réclament le rétablissement, les travailleurs en mouvement exigent le respect et la protection des libertés syndicales d’expression et d’association qui, selon eux, sont mises à mal par « la persistance dans la multiplication d’actes attentatoires ».
La motion de grève de soixante-douze heures, en date du 11 janvier dernier et signée de six centrales et confédérations syndicales, mentionne aussi la relecture de la loi n°2015-18 portant statut général de la Fonction publique et l’application intégrale des statuts particuliers des enseignants de la maternelle, du primaire et du secondaire par la prise des arrêtés d’application.
La revalorisation du point indiciaire et le règlement des problèmes catégoriels de tous les agents de l’Etat et des secteurs privé et parapublic et l’augmentation du salaire minimum interprofessionnel garanti (Smig) ainsi que la hiérarchisation des salaires minima, figurent également parmi les points de la plateforme revendicative qui sous-tend la décision de cessation collective de travail mise à exécution depuis ce mardi et qui prend fin demain jeudi à minuit. Aussi, les syndicats demandent-ils « le respect par le gouvernement des engagements contenus dans la Charte nationale du dialogue social, l’arrêt de toutes les formes de cession de la gestion des structures et entreprises d’Etat au privé sans implication et consultation des travailleurs, l’abrogation de toutes les lois antisociales sur l’embauche, le placement de la main-d’œuvre, le recrutement de collaborateurs extérieurs ».
Par ailleurs, les syndicats condamnent les mesures de répression contre des responsables syndicaux dans l’exercice de leur fonction et s’indignent contre ce qu’ils appellent « la pression fiscale et la faiblesse du pouvoir d’achat des travailleurs »?

La Fédération internationale de football association (Fifa) a validé la saison 2016-2017 du championnat national de Ligue 1, Ligue 2, Ligue 3 et au niveau amateur organisé par la Fédération béninoise de football (Fbf). C’est à travers sa correspondance en date du jeudi 11 janvier dernier adressée au président Moucharafou Anjorin et dans laquelle elle adresse ses félicitations aux Buffles Fc pour avoir remporté le titre de champion.
Après plusieurs années passées sans championnats, en raison de la crise que traversait sa fédération de football, le Bénin peut se réjouir d’avoir enfin organisé celui de la saison 2016-2017, que la Fifa vient de valider. L’instance mondiale du football a adressé un message de félicitations aux Buffles Fc du Borgou pour leur sacre en Ligue 1 et adressé au président Moucharafou Anjorin, jeudi 11 janvier dernier. (Lire la correspondance ci-dessous).
Grâce à cette reconnaissance internationale, la fédération est assurée de bénéficier de l’assistance sous quelque forme que la Fifa peut être appelée à accorder à ses associations nationales membres. Déjà, l’heure est aux préparatifs de la saison sportive 2017-2018. Cette dernière a été ouverte depuis jeudi 11 janvier dernier.
Par ailleurs, les 21 et 22 février prochains sont les nouvelles dates proposées par la fédération pour le congrès au cours duquel il sera procédé à la lecture et l’adoption des nouveaux textes. Le démarrage des championnats de la saison 2017-2018 est prévu pour les 3 et 4 mars prochains?

16 janvier 1977 - 16 janvier 2018. Il y a exactement 41 ans, un groupe de mercenaires conduit par le Français Gilbert Bourgeaud alias Bob Denard ou encore Colonel Maurin, a attaqué matinalement la République populaire du Bénin (Rpb) et sa révolution, avant d’être mis en déroute.
En ce jour anniversaire, l’Armée et les familles des victimes se souviennent de ce triste événement qui visait le renversement du régime militaro-marxiste du lieutenant-colonel d’alors, Mathieu Kérékou. C’est le moment de se souvenir des sept martyrs Paulin Thotho, Yessoufou Lassissi, Sylvain Comlan, Basile Abiodoun, Pascal N’po Dabapa, Mathieu Tossou et Alassan Kassim, tombés au front.
Au-delà du devoir de mémoire qui se traduit par le dépôt de gerbe et les messes d’action de grâce pour le repos des âmes des défunts, il y a lieu de s’interroger sur ce qui reste du patriotisme et de la mobilisation des masses pour les causes justes, toutes choses qui ont permis une riposte énergique aux ennemis.
«... Chaque militante et militant de la Révolution où qu’il se trouve doit se considérer et se comporter comme un soldat au front engagé dans un combat sacré pour sauver la patrie en danger », avait annoncé le ‘’grand camarade de lutte’’ Mathieu Kérékou. « Nous lançons un appel patriotique aux Comités de défense de la Révolution (Cdr) et à toutes les instances locales de notre Révolution démocratique et populaire pour qu’ils développent et renforcent la riposte massive aux ennemis du peuple béninois. La Révolution ou la mort ! Mort aux traîtres ! Prêt pour la Révolution ! La lutte continue», a-t-il ajouté. Ce message qui tourna en boucle sur les platines de la radio nationale et publié dans le numéro spécial d’Ehuzu, l’organe de militantisme révolutionnaire, paru le même jour de l’invasion, a sonné la mobilisation générale dans le pays. L’appel entendu, les citoyens ne se sont pas fait prier. Courageux, ils s’arment comme ils peuvent, qui avec coupe-coupe, certains avec gourdins, d'autres avec des pierres, sans crainte de se faire pilonner par les mercenaires qui étaient annoncés pourtant comme « lourdement armés ». Quelle bravoure ! Quel sens patriotique ! Au bout de trois heures après l’attaque matinale du dimanche 16 janvier, les envahisseurs, confrontés à la riposte des Forces armées béninoises et des citoyens, parvenaient à décoller précipitamment, laissant des équipements et même un membre du contingent en la personne du Guinéen Bah Alpha Oumarou qui sera capturé vivant.
Si c’est aujourd’hui que l’appel du président Kérékou tombait, combien sortiraient volontiers pour aller au front et sauver la patrie en danger ? Très peu en tout cas. Il n’est pas exagéré de dire que le patriotisme se meurt aujourd’hui, notamment chez les jeunes. D’ailleurs, la date du 16 janvier 1977, qui n’est pas célébrée outre mesure, ne leur dit pas grand-chose.
Par ailleurs, les familles des martyrs sont abandonnées à elles-mêmes. Une situation qui n’est pas sans conséquence sur l’engagement citoyen des jeunes aujourd’hui désemparés et sans repère et qui ne comprennent autre langage que celui de l’argent et du profit immédiat. Car, personne n’accepterait mourir pour la patrie pour que ses proches souffrent le martyre, sans autre reconnaissance.
Donner le goût du civisme et inculquer le patriotisme à chaque Béninoise et à chaque Béninois à travers une formation patriotique, idéologique et prémilitaire restent un chantier immense de nos jours. C’est en cela que le vote de la loi n° 2007-27 du 20 septembre 2007 portant institution du service militaire d’intérêt national et sa mise en œuvre entre 2007 et 2010 ont été salués par plus d’un. Mais très tôt, comme nombre de projets, les soubresauts politiques ont fait de faire ranger au placard cette noble idée qui devrait contribuer à l’accroissement du niveau de conscience patriotique, en attendant un autre éclair de génie des dirigeants?
Claude Urbain PLAGBETO
Actualités 16 janv. 2018

La direction générale et les travailleurs du Port autonome de Cotonou se sont présenté les vœux du Nouvel an, vendredi 12 janvier dernier au sein de l’entreprise. C’était l’occasion d’évaluer leurs performances et d’honorer vingt-cinq agents admis à faire valoir leur droit à la retraite.
La direction générale du Port autonome de Cotonou (Pac) a sacrifié, cette année encore, au rituel de présentation des vœux au personnel. La cérémonie a permis de faire le bilan des efforts fournis l’année écoulée et d’honorer vingt-cinq agents ayant atteint l’âge de la retraite.
En termes de bilan, les chiffres avancés par Amélie Huguette Amoussou-Houéto, directrice générale du Pac, sont élogieux. Les objectifs ayant été atteints. En 2017, a-t-elle illustré, pour un trafic provisoire de marchandises de plus de 8 milliards de tonnes, le Pac a fait un chiffre d’affaires de plus de 32,5 milliards F Cfa contre 26 milliards pour un trafic de plus 8,7 tonnes de marchandises en 2016. « Nous avons été à la hauteur », s’est-elle réjouie. Cette performance, a-t-elle poursuivi, a été obtenue grâce à certaines mesures relatives à la réduction du coût et des délais des prestations, à une meilleure gestion des ressources de l’entreprise, aux outils de gestion dont l’entreprise s’est dotée. Toutes choses qui ont rendu le port plus performant et attractif. L’année écoulée aura été celle où le Pac a été certifié à la norme Iso 14001 version 2015 pour la reconnaissance de son système de management environnemental, a mentionné Amélie Huguette Amoussou-Houéto.
Pour 2018, elle a annoncé que la barre des 40 milliards de F Cfa sera atteinte. A cela le directeur des ressources humaines, Boni Akobi, ajoutera que les capacités du personnel seront renforcées et l’a exhorté à la conscience professionnelle.
Vingt-cinq retraités honorés
Ayant passé au moins trente ans à servir le Pac, vingt-cinq agents admis à faire valoir leur droit à la retraite ont été honorés au cours de la cérémonie à travers la remise de chèques et autres distinctions. Au regard de ce nombre de départs, le secrétaire général du Pac, Augustin Fatondji Tonan, a exprimé son inquiétude relative au non-renouvellement du personnel à travers de nouveaux recrutements. « Je m’inquiète du non-renouvellement du personnel alors que chaque année plusieurs agents partent de l’entreprise pour jouir de leur retraite », a-t-il fait savoir.
Ce qui aura aussi marqué la cérémonie, c’est son boycott par le bureau directeur du Syndicat des travailleurs du Port autonome de Cotonou (Syntrapac). Jean Akobi, le seul représentant, présent à la cérémonie y étaut par respect aux aînés partant à la retraite, a-t-il souligné. Sur les raisons du boycott, il a indiqué qu’elles sont liées à la gestion déléguée du Pac dont la signature a été opérée, le 8 janvier dernier. Le processus ayant été conduit sans consulter ni impliquer les travailleurs, le Syntrapac, a-t-il signalé, désapprouve cette réforme. « La gestion déléguée crée la psychose eu sein des travailleurs qui ne savent pas ce qui les attend dans les jours à venir», s’est-il inquiété.
Signalons qu’avant la cérémonie de présentation de vœux, le personnel et la directrice générale ont confié la nouvelle année à Dieu au cours d’une messe d’action de grâce célébrée au sein de l’entreprise par le père aumônier de la plate-forme portuaire, Moïse Adossou.
Société 15 janv. 2018

L’international béninois Cédric Hountondji formé à Rennes et ancien international Espoirs français s’est engagé avec le New York City FC entraîné par Patrick Vieira. Le défenseur central de 23 ans vient ainsi de rejoindre la Major League Soccer après avoir résilié son contrat il y a quelques jours avec le Gazélec Ajaccio (L2). Joueur au gabarit imposant (1,95m et 81kg), Cédric Hountondji est passé également par Auxerre et Châteauroux. Pisté par des clubs en Europe c'est finalement au pays de l'Oncle Sam que cette valeur sûre du football béninois pose ses valises avec comme challenge, la relance d'une carrière plutôt en dents de scie.
Sports 12 janv. 2018