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Nouvelles

Pour pratique de charlatanisme (25e dossier): Luc Adéwalé dit Balley Baba écope de 5 ans de travaux forcés

Lors de l’examen du vingt-cinquième dossier inscrit au rôle, la session supplémentaire 2018 de la cour d’assises de la cour d’appel de Cotonou a requalifié les faits de complicité de meurtre reprochés à Luc Adéwalé dit Balley Baba en pratique de charlatanisme. L’accusé a été condamné à cinq ans de travaux forcés, malgré les arguments juridiques et la verve déployés par son conseil Me Gabriel Archange Dossou.

Le sieur Luc Adéwalé dit Balley Baba était poursuivi pour complicité de meurtre, mais la cour a décidé, dans son intime conviction, de requalifier les faits en pratique de charlatanisme. Il a été condamné à cinq ans de travaux forcés et doit retourner en prison pour un peu plus d’un an pour avoir passé un peu plus de trois ans en détention préventive.
Lors de l’instruction à la barre, mardi dernier, Luc Adéwalé n’a pas reconnu les faits. Il nie toute participation aux faits ayant entraîné la mort de Richard Quashie. Il déclare qu’il ne sortait pas, justifiant que sa position de gardien ne le lui permettait pas.
Entre-temps, les témoignages du père et de la mère de la victime et même d’autres personnes étrangères à la famille du de cujus, notamment plusieurs vulcanisateurs, n’ont nullement permis à la cour d’en savoir davantage sur les circonstances du décès de Richard Quashie dans la nuit du 4 octobre 2014.
Dans ses réquisitions, le ministère public déclare que le procès en cours est celui de l’échec de la vie en milieu carcéral, l’échec de la mission de resocialisation, l’échec de notre système d’emprisonnement. Pour lui, l’accusé a reconnu les faits à l’enquête préliminaire. S’il reconnaît que les officiers de police judiciaire utilisent parfois la méthode forte pour extorquer des aveux, il s’explique mal « la dénégation systématique » qu’a adoptée l’accusé qui « ne connaît personne ; ne sait rien faire ». Il poursuit qu’il est surprenant que, malgré ses allégations plusieurs personnes aient déclaré l’avoir vu sur les lieux. On peut alors comprendre son système de défense, déduit le ministère public.
Il est clair au dossier, selon le ministère public, que personne n’a déclaré avoir vu Luc Adéwalé porter des coups même s’il a fait usage d’un rituel dont il a seul le secret. Il résulte de tout cela que Luc Adéwalé, établit le ministère public, a aidé ou assisté certaines personnes dans la commission de l’infraction d’homicide volontaire sur la personne de Richard Quashie sur la base des articles 295 et 304 alinéa 1 du Code pénal. Le ministère public évoque également l’enquête de moralité qui, selon lui, n’est pas favorable à l’accusé. Par l’arrêt, il faut retarder le retour de l’accusé en société pour lui donner la leçon ainsi qu’aux personnes qui s’adonnent à la vindicte populaire. « Je requiers de le condamner à cinq ans de réclusion criminelle », a conclu le ministère public.

« Acrobaties de l’accusation »

Il n’en fallait pas plus pour faire sortir l’ancien bâtonnier Gabriel Archange Dossou de ses gonds, même s’il déclare nourrir de l’admiration pour le ministère public. En ayant une pensée pieuse pour l’âme du défunt, la défense a expliqué avoir écouté toutes les acrobaties de l’accusation. Toutefois, le bâtonnier déclare mettre toute sa confiance dans la composition de la cour qui regorge de juristes pour ne pas dire d’experts. Pour lui, l’élément légal de la complicité de meurtre n’a pas été établi ou montré. Car pour lui, il fallait s’appesantir sur des faits matériels et d’autres éléments, notamment la fourniture de moyens et diverses assistances. «Nous sommes en matière pénale, relève la défense et pour asseoir cette complicité, il fallait citer, énumérer ses composantes.»
Cette nuit du 4 octobre 2014, poursuit la défense, personne n’a pu dire en quoi son client a porté des coups ou exercé des violences sur la victime ou encore cassé un œuf sur la tête de la victime. Et en matière pénale, les faits sont personnels et il n’est pas permis d’interpréter. Il a déclaré faire confiance à la cour pour qu’un prétendu œuf cassé sur la tête n’envoie pas en prison. Le ministère public ne l’a pas prouvé, et la preuve est la rançon du droit, a rappelé la défense. Cette preuve ne résulte pas des débats ; la défense a, sur cette base, sollicité l’acquittement pur et simple. Il demande de se référer à la jurisprudence de la Cour suprême du Dahomey et à celle de la France avant de retenir la complicité.
Ensuite, la défense a déclaré abonder dans la logique que le ministère public a choisie. L’accusé a pris un œuf qu’il a cassé sur la tête de la victime, a rappelé la défense, pour retenir qu’en droit pur, il aurait fallu que l’œuf fasse l’objet d’analyse en laboratoire avant de déterminer que ledit œuf a pu accélérer la mort. « Existe-t-il maintenant des œufs magiques au Bénin ? », s’est interrogé le bâtonnier. On ne peut dans ces circonstances, dire avec certitude que c’est l’œuf qui a tué, apprécie-t-il. Il retient donc à ce niveau, que quel que soit le cas de figure, l’infraction est impossible, car en matière pénale. Lorsqu’un seul élément fait défaut, l’infraction n’est pas constituée, précise-t-il.
Il demande à la cour de retenir les violences et voies de fait, auquel cas son client doit être aussitôt libéré. Le fait que les agents enquêteurs aient trouvé plusieurs vulcanisateurs pour venir témoigner, constitue, selon lui, une invention desdits agents.
La cour s’est retirée et après un long moment de délibération, a requalifié les faits de complicité reprochés à Luc Adéwalé en pratique de charlatanisme sur la base de l’article 264 bis alinéa 2 du Code pénal modifié et l’a condamné à cinq ans de travaux forcés.
Les parents de la victime malgré le poids de l’âge pensent avoir déjà perdu leur fils et ne se sont pas constitués partie civile?


Dans la nuit du 4 octobre 2014, à Sèdégbé à Cotonou le nommé Richard Quashie soupçonné de tentative de vol a été interpellé par un groupe d’individus ayant à sa tête, un certain Fidèle et un autre qui sont actuellement en fuite. Richard Quashie fut ligoté et tabassé à mort par ce groupe d’individus avec l’aide de Luc Adéwalé dit Balley qui sollicité, a cassé un œuf sur sa tête avant qu’il ne décède.
Inculpé pour complicité de meurtre, Luc Adéwalé dit Balley a reconnu les faits à l’enquête préliminaire avant de se rétracter
Composition de la cour

Président :
Zacharie Dah-Sèkpo
Assesseurs : Martial Boko
Jacques Hounsou
Jurés :
Sosthène Jean Noël d’Almeida
Mariette Ahouansou
Hyacinthe Ezin-Wota
Denise Aïzannon
Ministère public:
Célestin Kponnon
Greffier : Louis Houngbo

Société 16 août 2018


Procès de fraude douanière et de violences sur des agents de police: Le juge rejette la demande d’Atao de se soigner à l’extérieur (Le procès reprend le 9 octobre prochain)

Le juge en charge des affaires de fraude douanière et de violences sur des fonctionnaires de police relatives au dossier de trafic de faux médicaments, dans lesquelles est impliqué le député Mohamed Taofic Hinnouho, a rejeté, mardi 14 août dernier, la demande de la défense d’autoriser le mis en cause à aller se faire soigner à l’extérieur. La cause a été renvoyée au 9 octobre prochain.

Le procès contre Mohamed Taofic Hinnouho alias Atao pour fraude douanière et violences sur des fonctionnaires de police connexe à l’affaire de trafic de faux médicaments s’est poursuivi, mardi 14 août dernier au tribunal de première instance de première classe de Cotonou. Le principal inculpé, en détention provisoire depuis le 27 avril dernier, a comparu en audience publique, une fois encore en fauteuil roulant.

Dans l’affaire de trafic, de détention et de vente de faux médicaments, le représentant de New Cesamex, déjà condamné dans ce dossier, a déposé en qualité de témoin. Il a affirmé que le laboratoire qui exporte les produits pour le compte de New Cesamex est Mora Pharma. Selon ses déclarations, les médicaments sont réceptionnés au Bénin et livrés à la Came et l’Ubphar. Il n’a pas nié avoir travaillé avec le député Hinnouho, mais affirme dans sa déposition que la société a loué des immeubles appartenant à Mohamed Taofic Hinnouho, précisant que cela est remarquable par la présence d’enseignes apposées sur lesdits immeubles.
Les avocats du député plaident pour que leur client visiblement mal en point, et présenté en fauteuil roulant, soit autorisé à se faire évacuer aux fins de suivre des soins appropriés à l’extérieur. Ils n’ont pas manqué d’arguments pour solliciter l’indulgence du juge. Citant les droits humains et autres textes, ils évoquent une certaine culpabilité collective dans la contribution à une "mort lente" du prévenu au cas où cette demande serait rejetée. Ils soutiennent que la situation de leur client est « suffisamment grave » et requiert une évacuation sanitaire.
Les arguments de la défense n’ont guère ému l’avocat de la partie civile. Me Bastien Salami démontrant la culpabilité de Mohamed Taofic Hinnouho dans l’affaire qui le retient dans les liens de la détention préventive, a versé un nouveau document au dossier. Sur la base du document, et à la lumière des dépositions du représentant de New Cesamex, la défense sollicite que la cause soit renvoyée pour lui permettre d’avoir le temps nécessaire pour préparer sa plaidoirie.
À la suite de vifs débats, le juge a rejeté la demande d’autorisation d’évacuation sanitaire du prévenu, puis renvoie la cause au 9 octobre prochain. Les avocats ont donc huit semaines pour profiler une nouvelle plaidoirie en lien avec les nouveaux éléments versés au dossier de fraude douanière.

Deux ans de prison requis

Avant cette décision du juge, le premier dossier concernant le prévenu Mohamed Taofic Hinnouho, dont l’audience a connu est relatif à l’agression de fonctionnaires de police, voies de faits et destruction de bien public. Les faits se sont produits 7 décembre 2017 et ont engendré une résistance du prévenu. Il prétextait de l’immunité que lui confère son titre de député lors de la perquisition de son domicile. Le soulèvement de la population informée a fait, par ailleurs, obstruction à l’acte des agents de police dans le cadre du démantèlement d’un réseau de trafic de faux médicaments. Lors de ces manifestations, la vitre d’un véhicule de la police a été brisée. Deux fonctionnaires de police, présentés comme victimes, ont été auditionnés. A la barre, ils ont réclamé personnellement des dédommagements symboliques et laisse le soin au ministère public de réclamer réparation. Le ministère public a requis contre le prévenu une peine privative de liberté de deux ans ferme et le paiement des dommages-intérêts.
Les avocats de la défense, tous entre-temps absents de la salle, n’ont pu plaider cette cause. À leur retour, ils ont relevé que c’est la hiérarchie policière qui était attendue et non des agents. Me Baparapé relève, par ailleurs, qu’il a été annoncé quatre policiers victimes de violences et voies de fait et fait remarquer que ce sont plutôt deux qui se sont présentés. Il exige que ce soit la hiérarchie policière qui se présente avant de plaider le renvoi de la cause.
Le ministère public revient à la charge pour récuser la présence de la hiérarchie policière et clarifie. « Ce n’est pas la hiérarchie policière qui a été victime mais des agents », martèle-t-il, réitérant que ce sont les victimes qui doivent être constituées à témoigner. La réaction de la défense n’a pas tardé. Des débats houleux s’en sont suivis. Me Bocovo et compagnie menacent de se retirer de la salle et même de se « déconstituer » comme conseils dans ce dossier. Mais le ministère public, invité à nouveau à reprendre sa réquisition, a été clair : « Je ne reviens pas sur ma réquisition ; il revient au président de statuer et de prononcer sa sentence ». La défense a ensuite exigé que le débat soit fait et a réitéré sa volonté de voir comparaître la hiérarchie policière.
Délibérant publiquement, le juge a renvoyé la cause pour le 9 octobre prochain. En attendant, Mohamed Taofic Hinnouho retourne en prison.

Société 16 août 2018


Après la 5e édition de Tolikunkanxwé: Les regards tournés vers Sèmè-Podji pour le rendez-vous 2019
[caption id="attachment_30372" align="alignnone" width="1024"]Forte mobilisation des personnalités à la messe d’action de grâce, dimanche dernier[/caption]

Les filles et fils de l’aire Toli du Bénin et de la diaspora ont célébré, dimanche 12 août dernier, la cinquième édition de leur fête de retrouvailles dite Tolikunkanxwé dans l’enceinte du Collège d’enseignement général (Ceg) de Dowa, à Porto-Novo. Ils ont pris rendez-vous pour Sèmè-Podji l’année prochaine pour l’édition de 2019.

La cinquième édition de Tolikunkanxwé a désormais vécu à Porto-Novo! Elle a connu son apothéose au Collège d’enseignement général de Dowa à Porto-Novo dimanche 12 août dernier, avec la célébration de la messe d’action de grâce. Laquelle a été présidée par l’évêque de Porto-Novo, Mgr Aristide Gonsallo, en présence de deux autres de ses homologues du Canada. Le culte a connu une forte mobilisation des populations de la communauté Toli venues notamment de Tori-Bossito, Avrankou, Adjarra, Sèmè-Podji, Sakété, Ifangni, Akpro-Missérété et Porto-Novo, ville à l’honneur de l’édition 2018 de cette fête tournante de Tolikunkanxwé. Occasion pour le secrétaire général de cette association de rappeler les objectifs de ce creuset. 

Selon Sylvestre Comlan Viahoundé, Tolikunkanxwé n’est pas créée seulement pour organiser des fêtes annuelles. Elle s’est fixé également pour objectifs de sauvegarder le patrimoine culturel notamment faire connaître l’aire Toli et valoriser sa langue traditionnelle culturelle et l’identité pré-nominale. Aussi, l’association vise à impacter chacune des communes concernées par des œuvres de développement, notamment des infrastructures sociocommunautaires. C’est dans ce cadre, souligne le secrétaire général de Tolikunkanxwé, que l’association a construit au profit de la commune d’Akpro-Missérété qui a abrité la première édition de cette fête, un module de trois salles de classe avec direction et magasin entièrement équipés.
A la deuxième édition à Tori-Bossito, le roi de cette commune a offert à l’association un terrain pour l’érection d’un centre culturel des Tolinou. Les travaux de cette infrastructure sont en cours de réalisation, informe Sylvestre Comlan Viahoundé.
A Avrankou, lors de la troisième édition, poursuit-il, deux modules de trois salles de classe avec magasin plus 150 tables- bancs ont été offerts à des collèges de cette commune.
A Adjarra, pour le compte de l’édition de 2017, trois modules de deux salles de classe avec direction et magasin ont été réalisés.
A Porto-Novo, cette année 2018, l’association a décidé, pour la première fois de son existence, de primer les dix meilleurs écoliers et élèves de la ville capitale admis aux différents examens académiques. Il s’agit des trois premiers au Certificat d’études primaires (Cep), des trois premiers au Brevet d’études du premier cycle (Bepc) et des quatre premiers au Baccalauréat sans distinction de ethnie, de religions et leurs communautés. Aussi, le secrétaire général de Tolikunkanwé annonce le démarrage dans les tout prochains jours, d’un nouveau projet d’identification et de recensement d’un certain nombre de pistes de dessertes rurales dans les communes de l’aire Toli à soumettre à un bailleur déjà disponible pour réhabilitation.

Société 16 août 2018


Echanges avec la presse: Le Pcb scrute le code électoral et la charte des partis politiques
[caption id="attachment_30369" align="alignnone" width="1024"]Philippe Noudjènoumin, premier secrétaire du Parti communiste du Bénin[/caption]

Le premier secrétaire du Parti communiste du Bénin, Philippe Noudjènoumin, a échangé avec des professionnels des médias, mardi 14 août dernier au siège du parti à Cotonou. Deux sujets ont fait l’objet du point de presse tenu en présence de quelques militants : le Code électoral et la Charte des partis politiques.

Devant les militants du parti et des professionnels des médias, il s’insurge contre l’adoption par la Commission des lois du parlement, mardi 7 août, de la proposition de loi portant Code électoral au Bénin. Lequel n’attend que la phase d’adoption par la plénière. A ses dires, il n’y a pas de doute que cela ne se fasse, par le Bloc de la majorité parlementaire (Bmp).
Les dispositions du Code électoral à savoir la caution de 250 millions de francs Cfa pour être candidat à l’élection présidentielle, l’obtention de 15 % au moins du suffrage national exprimé pour obtenir des sièges de député, la perte du statut d’ancien chef d’Etat au cas où celui-ci se présenterait aux élections législatives, suscitent des protestations. Le communiste n’est visiblement pas favorable à cette initiative portée par certains députés du Bloc de la majorité parlementaire.

Actualités 16 août 2018


Audience à la Cour constitutionnelle: Des recours sur le droit de propriété, l'élection des députés…
[caption id="attachment_30368" align="alignnone" width="1024"]La Cour s'est prononcée sur dix dossiers, au cours de l'audience du mardi dernier[/caption]

Douze dossiers réunis en dix procédures étaient au rôle de l'audience de la Cour constitutionnelle tenue mardi 14 août dernier. Au nombre des requêtes, deux ont été renvoyées. Les autres portent pour la plupart sur l'expropriation pour cause d'utilité publique, notamment les questions de dédommagement et autres injustices.

Elire les députés au suffrage universel direct par le peuple et sans considération de régions. C'est, selon le sieur François-Xavier Loko, la meilleure option pour que tous les parlementaires soient de véritables représentants du peuple. Pour se faire, il a formé un recours portant déclaration en inconstitutionnalité de la loi n° 35-10 portant règles particulières de l'élection des membres de l'Assemblée nationale. Il trouve dans le découpage du territoire en circonscriptions électorales, une régionalisation et donc une violation de l'indivisibilité et de l'unité de l'Etat consacrées par la Constitution. La loi n° 35-10 portant règles particulières de l'élection des membres de l'Assemblée nationale ayant déjà été déclarée conforme à la Constitution puis fondue dans la loi portant Code électoral qui a également été déclarée conforme à la Constitution, la Cour a déclaré la requête irrecevable pour autorité de la chose jugée. 

Le même requérant soutient dans une autre requête que l'enregistrement des mouvements des partis politiques serait contraire à la liberté d'expression et d'action reconnue aux partis dans l'animation de la vie politique. Une conclusion erronée, selon les sept sages. « L'enregistrement des mouvements des partis politiques n'est pas contraire à la Constitution », a décidé la Cour.
Les sieurs Servais Wanignon et Rose Gnimakou Zanke forment des recours en violation de la Constitution par le chef de l'Etat et le ministre de l'Economie et des Finances, fustigeant la lettre du ministre de l'Economie et des Finances et le relevé du Conseil des ministres qui font obligation à tous les directeurs des Affaires financières (Daf) et directeurs des Programmes et de la Prospective (Dpp) des ministères et institutions de l'Etat, de se rapprocher de la Cellule des voyages officiels (Cvo) pour toute acquisition de titres de transport. Ils soutiennent que, ce faisant, le ministre et le chef de l'Etat dépouillent les institutions, structures et offices d'Etat de leurs prérogatives consacrées par des lois et règlements. Selon eux, une simple lettre ne saurait retirer des prérogatives légales en raison de la hiérarchie des normes. Par conséquent, les requérants demandent que lesdits lettre et relevé du Conseil des ministres soient déclarés contraires à la Constitution. Apportant des clarifications, le ministre de l'Economie et des Finances fait savoir que les actes ne comportent pas des dispositions péremptoires susceptibles de contraindre les institutions. Il s'agirait, en réalité, de simples modalités organisationnelles qui visent la prise en charge efficiente et la bonne gestion des dépenses liées aux voyages officiels. Statuant là-dessus, la Cour a d'abord rappelé l'article 40 de la Constitution qui consacre les prérogatives du chef de l'Etat dans l'organisation de l'Etat. Les décisions du gouvernement en ce qui concerne l'organisation des voyages officiels ne sont donc pas contraires à la Constitution, a déclaré la Cour.
Par requête en date du 16 janvier 2018, le nommé Serge Agbodjan a formé un recours en contrôle de conformité du comportement de Simplice Dato, ancien membre de la Cour constitutionnelle. Il expose que par correspondance le conseiller Simplice Dato a démissionné et cessé ses fonctions sans attendre son remplaçant. Il aurait ainsi violé les dispositions de la loi organique de la Cour constitutionnelle. Au regard de l'article 12 de ladite loi qui confère à tout conseiller, la faculté de démissionner, la Cour a déclaré que l'intéressé n'a pas violé la Constitution.

À César ce qui est à César

Pour faire reconnaître son droit au dédommagement, le nommé Pierre Houékpétodji a formé un recours en inconstitutionnalité de la décision portant expropriation pour cause d'utilité publique émanant de la sous-préfecture d'Adjarra qui aurait dépossédé son feu père de ses terres sans dédommagement préalable en méconnaissance de l'article 22 de la Constitution. Ayant-droit et actuel possesseur des biens de son père, il a mené des démarches auprès de la mairie d'Adjarra pour que soit respecté son droit au dédommagement. Lesquelles démarches se sont révélées infructueuses. Saisie, la Haute juridiction a fait part à la mairie d'Adjarra des griefs du requérant. La mairie d'Adjarra n'ayant pas répondu aux demandes d'explication, la Cour a statué en l'état et prononcé que ladite décision n'a pas respecté l'obligation du juste et préalable dédommagement prévu par la Constitution. En outre, les autorités communales d'Adjarra, notamment le maire, n'ont pas agi avec la probité attendue de tout agent occupant une fonction publique ainsi que le stipule l'article 35 de la Constitution. « Il y a donc violation de la Constitution », tel est le verdict de la Haute juridiction.
Tout aussi attaché à ses terres, le nommé François Nissam, représentant une association, a demandé par requête que soit déclaré non conforme à la Constitution, l'arrêté portant expropriation de leur domaine. Il allègue que le préfet de l'Atlantique a pris un arrêté déclarant d'utilité publique son domaine alors que l'association en possède le titre de propriété. Le requérant ajoute qu'aucune procédure de dédommagement n'a été entreprise depuis lors. Selon lui, cette expropriation est contraire à la Constitution, notamment en son article 22 qui impose un juste et préalable dédommagement. En réponse, le préfet explique que ledit domaine est identifié pour accueillir les logements sociaux prévus par le Programme d'action du gouvernement à Ouèdo. Il précise qu'il ne s'agit pas d'un acte d'expropriation ordinaire mais d'un acte de déclaration d'utilité publique et que la procédure se poursuit. Après avoir rappelé que le délai dans lequel le l'expropriation doit être effectuée ne doit pas dépasser douze mois après la déclaration d'utilité publique et qu'il s'agit ici d'un contrôle de légalité de la procédure, la Cour s'est déclarée incompétente, car une telle appréciation échoit au juge de la légalité : la légalité au juge de la légalité et la constitutionnalité au juge de la constitutionnalité.
Le nommé Eusèbe Boubala demeurant à Abomey-Calavi a formé un recours pour rupture du principe d'égalité dans le cadre des opérations de dédommagement des présumés propriétaires des domaines expropriés pour abriter la centrale électrique de Maria-Gléta. Le requérant allègue qu'une partie de sa parcelle a été retenue sans qu'elle soit déclarée éligible au dédommagement alors que les parcelles alentour ont été déclarées éligibles au dédommagement. Apportant des clarifications, le ministère en charge de l'Energie a précisé que la partie de la parcelle retenue pour la centrale est bien inférieure à la partie qui lui est restée et que le requérant est plutôt éligible au recasement. En outre, lors de l'audience de mise en état du 26 juillet 2018, le représentant du ministère de l'Energie a présenté le procès-verbal du règlement à l'amiable de l'affaire portant approbation du requérant. Au regard des éléments de clarification et du fond de la requête qui ne porte ni sur une loi, ni sur un texte mais qui tend à faire apprécier par la Cour la régularité des opérations de dédommagement, un contrôle de légalité, la Cour s'est déclarée incompétente.

Présomption d'injustices

Par ailleurs, le nommé Latifou Okpéicha sous couvert de Jean Hounkpè, forme un recours en inconstitutionnalité de sa radiation de la gendarmerie et demande sa réintégration. Il affirme qu'à la suite de deux condamnations d'emprisonnement ferme prononcées à son encontre par le tribunal de première instance de Porto-Novo, il a été radié sans la tenue préalable d'un comité de discipline. L'autorité hiérarchique fait savoir que la radiation a été prononcée conformément à la loi portant statut général du personnel de l'Armée. Le requérant dans sa réplique fait mention d'un code interne, d'un livre vert qui prévoit plutôt la comparution du mis en cause devant un comité de discipline. Puisqu'il est question d'apprécier la légalité d'une sanction administrative, la Cour, juge de la constitutionnalité, s'est déclarée incompétente.
Gestionnaire administratif en service au ministère du Plan et du développement, le sieur Boris Taïwo a formé un recours en inconstitutionnalité de la décision portant invalidation de son admissibilité au concours de recrutement des inspecteurs de finance. Il allègue qu'il est dans les mêmes conditions que les greffiers qui, bien que ne répondant pas aux critères de recrutement, ont été habilités à prendre part au concours en tant qu'agents de l'Etat et qu'il relève du grade que les agents contractuels ou permanents que ceux-ci. Le ministère de la Fonction publique a informé de ce que le concours a été ouvert aux agents permanents de l'Etat de catégorie A1 qui sont au moins à 5 ans de leur retraite et que le requérant ne répond pas aux critères d'éligibilité. Se prononçant d'office après avoir déclaré la requête irrecevable en raison de la qualité professionnelle du requérant qui a demandé un examen procédure d'urgence alors que la mesure d'urgence n'est admise qu'au gouvernement, la Haute juridiction a déclaré que le requérant n'est pas victime d’un traitement inégal.
Il est utile de rappeler que deux autres recours ont été renvoyés à l'audience du 2 octobre 2018 pour continuation et diligence des parties.

Actualités 16 août 2018


Réalisations dans la ville de Parakou: Samou Adambi rappelle les engagements de Patrice Talon

Au terme de ses visites de chantiers d’adduction d’eau potable à Djougou et Parakou, le ministre de l’Eau et des Mines, Samou Séidou Adambi, a rencontré les têtes couronnées et les populations de la ville de Parakou. Une rencontre qui lui a permis de rappeler à ses hôtes les engagements du président de la République Patrice Talon.

« Tous les projets annoncés aux populations de Parakou et de ses environs par le président Patrice Talon ne sont pas des promesses mais des engagements », a déclaré, Samou Séidou Adambi, ministre de l’Eau et des Mines, lundi 13 août dernier à la mairie de Parakou, face aux autorités à divers niveaux, cadres, notables et têtes couronnées de la cité des 

Kobourou. Pour lui, on peut tenir ou non ses promesses alors qu’un engagement est une obligation dont le respect incombe à son auteur.
« Aucun projet du président de la République ne sera un chantier abandonné », rassure-t-il avant de présenter la nomenclature de ces projets. Au nombre de ceux-ci, il estime que le problème de délestage d’eau à Parakou sera conjugué au passé au plus tard en janvier prochain comptant sur le niveau d’évolution des travaux au niveau de l'Okpara. Il évoque également les chantiers du centre de filtrage d’eau de Banikanni et du château d’eau de Ganon qui évoluent.
Au-delà du projet d’adduction d’eau potable dans la ville de Parakou, toutes les communes rurales seront aussi prises en compte en matière de fourniture d’eau potable aux populations. Il indique que tous les maires ont été déjà saisis et les travaux vont démarrer dès le mois d’octobre prochain.
Il est lancé 70 km de route dans la ville de Parakou et de ses environs dans le cadre du projet Alphatage. Ces routes, avertit-il, ne seront pas seulement en pavées ou en bitume mais entièrement électrifiées. Les appels d’offres sont lancés et tous les trottoirs vont être aménagés. Ensuite, deux marchés seront entièrement construits pour donner davantage d’éclat à la ville de Parakou. Il s’agit des marchés de Guèman et du marché uniquement réservé aux fruits jamais construit ailleurs. Pendant ce temps, le marché Arzèkè sera rénové pour devenir un centre commercial.
Il n’a pas manqué de souligner la réhabilitation du Centre hospitalier départemental du Borgou. A partir du mois de décembre prochain, ce centre doit commencer par accueillir tous les équipements pour l’amélioration ou le changement de tout le plateau technique. La réalisation de ces différents projets coûtera plus de 200 milliards F Cfa et tiendra dans un délai de cinq ans. Le ministre a rassuré les populations que tous ces projets seront réalisés, voire terminés avant 2021 laissant place à d’autres régions pour bénéficier des mêmes projets. Autant d’engagements pour lesquels le ministre Samou Séidou Adambi a invité les populations à garder patience.
Le président Patrice Talon, poursuit-il, aurait voulu que les populations le jugent par rapport à ses réalisations et non par rapport à leurs souffrances actuelles.
Ce bilan sommaire des réalisations du président Patrice Talon dans la ville de Parakou a été repris tour à tour en langues bariba, dendi aux populations, par le député Rachidi Gbadamassi, le préfet du Borgou, Djibril Mama Cissé, et le premier adjoint au maire de Parakou, Ibrahim Chabi Mama.
Par ailleurs, le ministre Samou Séidou Adambi a saisi l’occasion pour rappeler les décisions du Conseil des ministres du 25 juillet dernier, notamment celle qui invite les médecins à choisir, d’être dans le privé ou dans le public. Cette décision, estime-t-il, ne vise que le bien-être des populations qui n’ont pas les moyens de se faire soigner dans les centres privés. Encore que ces mêmes médecins sont payés par l’Etat pour une prestation qu’ils n’exécutent pas.

Actualités 16 août 2018


Gala international de boxe à Parakou: Commandant Boro en route pour son premier combat professionnel
[caption id="attachment_30364" align="alignnone" width="1024"]Le pugiliste Fatao Garadima alias Commandant Boro[/caption]

La ville de Parakou s’apprête à vivre, samedi 1er septembre prochain, un combat professionnel de boxe sur le plan international. Sur le ring, un de ses fils, Fataou Garadima alias Commandant Boro sera opposé au pugiliste ghanéen Koffi Ayabah dit Black Bomba. Ce sera pour le premier gala de boxe jamais organisé dans le septentrion.

Les regards des férus du noble art au Bénin seront tournés, samedi 1er septembre prochain, en direction de la ville de Parakou. Et pour cause, le Béninois Fatao Garadima et le Ghanéen Koffi Ayabah ont rendez-vous au stade municipal où ils vont croiser les gants. Ce sera pour un combat professionnel dans la catégorie des mi-lourds.

En dehors de Cotonou qui est habituée à accueillir ces évènements, c’est pour la première fois que Parakou bénéficiera de cet honneur. Ce sera l’occasion pour son public d’encourager son pugiliste appelé à livrer son premier combat professionnel.
Après avoir fait ses armes dans le championnat amateur, Fatao Garadima n’a cessé de progresser. A plusieurs reprises, en effet, il a été champion dans sa catégorie. Pour lui, le moment est venu de passer professionnel.
S’agissant de son adversaire, il a déjà plusieurs combats à son actif dont, apprend-t-on, sept KO. Fatao Garadima en est conscient. Depuis plusieurs mois, il se prépare en conséquence.
En dehors de cette affiche vedette, sept autres combats sont également prévus. On suivra notamment Tandja Imorou, une autre valeur sûre du noble art béninois.

Sports 14 août 2018


Eliminatoires Coupe d’Afrique de basketball 3×3 Fiba 2018: Les délégations attendues à Cotonou dès demain
[caption id="attachment_30363" align="alignnone" width="1024"]Une phase de jeu de basket-ball[/caption]

La Fédération béninoise de basket-ball organise les 16 et 17 août, les éliminatoires de la Coupe d’Afrique de basketball 3X3 Fiba Zone 3 à Cotonou. Au total, onze pays à savoir le Ghana, le Niger, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Cap-Vert, la Gambie, la Guinée, le Mali, la Mauritanie, le Nigeria et le Bénin, pays hôte, vont participer à ce tournoi. 

Toutes les délégations sont attendues à Cotonou dès ce mercredi 15 août car les rencontres commencent dès jeudi prochain. Les meilleures équipes au terme dudit tournoi international vont se qualifier pour la phase finale de la deuxième édition de la Coupe d’Afrique de basketball 3 x 3 senior (masculins et féminins) qui se déroulera du 9 au 11 novembre prochain à Lomé, au Togo.
Dans le cadre des préparatifs de cette randonnée, les sélections féminines et masculines de basketball du Bénin sont en regroupement depuis le 2 août dernier sur l’esplanade intérieur du stade de l’Amitié général Mathieu Kérékou. Le sélectionneur Mohamed Lanian travaille avec les joueurs dans les deux catégories afin qu’ils soient compétitifs.
Ces éliminatoires de Cotonou vont permettre de désigner les autres pays du continent qui participeront à cette compétition au niveau continental après la qualification de l'Egypte, de la République démocratique du Congo et de l'Ouganda, dans la catégorie féminine ; et l'Egypte, Madagascar, la République démocratique du Congo et l’Ouganda chez les hommes. Signalons qu’en tant que pays hôte, le Togo est déjà qualifié dans les deux catégories et ne sera pas du rendez-vous de Cotonou.

Sports 14 août 2018


Elimination des Ecureuils juniors: Le résultat d’une préparation sans boussole
[caption id="attachment_30362" align="alignnone" width="1024"] Ecureuils juniors[/caption]

Les Ecureuils juniors ont terminé leur course à la Coupe d’Afrique des nations U-20 Niger 2019, lors de la manche retour du troisième tour des éliminatoires face aux Blacks starlets du Ghana. Une élimination qui apparaît comme le fruit de la gestion hasardeuse du football béninois sans championnat de catégories d’âge et sans initiative particulière pour le sport-roi à la base depuis plusieurs décennies. 

Le Bénin ne prendra pas part à la troisième Coupe d’Afrique des nations U-20 de son histoire, après son élimination, dimanche 12 août dernier sur ses propres installations, par le Ghana, un pays où le football des jeunes est une priorité. Une contre-performance qui suscite des analyses et interprétations dans les milieux sportifs. Les coupables de cet énième échec à la porte d’une qualification sont pointés du doigt. Certains pensent que ce résultat est imputable aux responsables du football, mais d’autres tirent à boulet rouge sur les Ecureuils juniors inexpérimentés et leur staff technique. Ce faisant, beaucoup ignorent les conditions dans lesquelles l’équipe a été mise en place et la façon dont les préparatifs se sont déroulés pour aboutir à ce résultat.
En effet, sans championnats de jeunes, ni centres de formation dignes du nom, les responsables du football béninois ont engagé le Bénin dans les compétitions statutaires de la Confédération africaine de football. Dans la foulée, Valère Houandjnou de la Jeunesse athlétique d'Agonlin, Bruno Goudjo de l'Union sportive de Sème-Krakè et Rachad Chitou d’Avrankou Omnisports, ont été appelés à la rescousse pour prendre les rênes de cette formation junior, respectivement en tant que sélectionneur principal, adjoint et entraîneur des gardiens de but. C’est alors que, le directeur des compétitions de la Fédération béninoise de football (Fbf), Quentin Didavi, à travers un communiqué, avait invité les clubs de ligues 1, 2 et 3 à envoyer les jeunes joueurs, nés après le 1er janvier 1999 à prendre part le lundi 12 mars, au stade René Pleven d’Akpakpa à la première phase de sélection devant aboutir à la mise en place d’une équipe nationale junior. On était à deux semaines d’un déplacement sur Monrovia pour affronter le Liberia dans le cadre du match aller du premier tour de ces éliminatoires. Mais, le forfait du Liberia a fini par cacher les tares de cette préparation sans boussole. Qualifié sur tapis vert, le Bénin va jouer beaucoup de matchs amicaux face à des clubs nationaux, avec comme handicap principal une faible attaque. En dépit de cette faiblesse, l’équipe va sortir vainqueur de la double confrontation face à la Gambie après une défaite à Banjul (2-1) et une victoire (2-0) au stade René Pleven d’Akpakpa grâce à un doublé de Samson Akinyola qui sera absent pour le reste de la randonnée à cause d’un problème administratif, de sources proches de la Fbf.
Qualifiée au troisième tour face au Ghana, l’équipe s’est mise au travail avec deux mois de préparation axés sur des rencontres amicales à Cotonou, au Nigeria et une double confrontation soldée par deux défaites contre les juniors du Gabon. C’est dans cette lancée que les Ecureuils juniors ont perdu à Cape Coast (3-1) après avoir ouvert le score dès la trentième minute avant d’être contraints au nul (1-1) à domicile, synonyme d’élimination.

Redorer le blason du football à la base

Au regard du parcours et des performances de cette équipe, il est aisé de comprendre que cette formation a été mise en place à la va-vite, sans aucun travail à la base. D’abord, les sélectionneurs ont pris l’équipe tardivement alors même que le pays ne disposait pas d’un vivier de joueurs compétitifs pour les catégories d’âge.
Cette élimination doit interpeller les responsables sportifs au plus haut niveau de l’Etat afin de repenser le sport des jeunes et les championnats de catégories d’âge. Il va falloir éviter cette façon de sélectionner les joueurs dans les équipes nationales qui n’aboutit à rien depuis plusieurs décennies. L’organisation d’un championnat digne du nom, la création des académies de football et la promotion du sport scolaire et universitaire constituent, entre autres, des chantiers à explorer pour éviter les préparatifs fantaisistes afin de sortir le football de l’ornière. C’est la condition sine qua non pour éviter de sélectionner des joueurs avec de faux papiers ou avec des ‘’problèmes administratifs’’ comme Samson Akinyola.
Le Mali, la Côte d’Ivoire, le Nigeria et le Ghana pour ne citer que ceux-là, ont fait du football des jeunes une priorité des écoles de football ou des académies. Si le Bénin envisage la participation régulière de ses équipes aux compétitions de la Confédération africaine de football et celle de Fédération internationale de football association, les autorités doivent revoir l’organisation et la gestion du sport-roi dans toutes les unités administratives à la base.

Sports 14 août 2018


Colonel Alain Azondékon, médecin: « L’organisation de l'Icasa intègre l’ambition de révéler le Bénin»
[caption id="attachment_30360" align="alignnone" width="1024"]Médecin colonel Alain Azondékon[/caption]

En prélude à la 20e Conférence internationale sur le Sida et les Ist en Afrique (Icasa), son Comité directeur international (Cdi) s’est réuni en juin dernier. Le colonel Alain Azondékon, médecin à l’Hôpital d’instruction des armées, y a pris une part active. Il revient à travers la présente interview sur les grandes résolutions de ladite réunion, les innovations de la prochaine Icasa ainsi que sur la possibilité pour le Bénin de tenir à l’avenir cet important conclave.

La Nation : Qu’est-ce le Comité directeur international de l’Icasa dont le dernier conclave s’est tenu récemment à Kigali au Rwanda et quels en étaient les objectifs?

Alain Azondékon : Le Comité directeur international regroupe des experts du Vih aussi bien dans les domaines communautaire, du leadership que scientifique pour tracer les grandes lignes de l’organisation et du déroulement des conférences internationales sur le Sida et les infections sexuellement transmissibles en Afrique (Icasa). La 20e Icasa qui se tiendra effectivement du 3 au 07 décembre 2019 à Kigali au Rwanda a réuni en juin dernier des experts venant seize pays et de trois continents. Toutes les régions africaines y étaient représentées.
A cette première réunion sur les trois qui sont prévues, il a été décidé du thème général de la conférence, des objectifs spécifiques de la conférence en parfaite intelligence avec ce thème, les thèmes de communication en plénière des programmes scientifique, communautaire et du leadership ainsi que le profil des speakers. Il a été également revu la référence des catégories de soumission des abstracts (résumés) dans les tracks du programme scientifique, notamment les sciences fondamentales, la clinique et la prise en charge, l’épidémiologie et la prévention, les sciences sociales et comportementales-droits humains et les sciences politiques, les sciences de mise en œuvre, l’économie et les systèmes de santé.

Que peut-on retenir en termes de résultats à l’issue des deux jours de conclave ?

Trois principaux résultats ont été atteints. D’abord, le thème général de la conférence intitulé « Une Afrique sans Sida: innovation, communauté et leadership politique ». Nous sommes arrivés à ce thème à partir de onze thèmes proposés. Ce choix s’est fait au regard de la dynamique des thèmes des conférences précédentes et des défis actuels de l’éradication ou de l’élimination du Vih en Afrique. Ce thème n’a pas été choisi au hasard. Et nous sommes revenus comme on peut le remarquer aux fondamentaux, une Afrique sans Sida, et pour cela, il faut de l’innovation dans les différentes façons de mettre en œuvre les programmes, l’implication des communautés et le soutien sans faille du leadership politique, c’est-à-dire un engagement plus fort des décideurs politiques. Les cinq objectifs spécifiques en rapport avec ce thème général en donnent un contenu plus clair. Il s’agit de : promouvoir les innovations communautaires, scientifiques et technologiques ; faire un plaidoyer pour le financement durable des réponses nationales, du leadership politique et de la redevabilité ou la responsabilité des acteurs ; repenser les normes en matière de genre, les approches basées sur les droits humains et la collaboration multisectorielle intégrant la prise en compte des co-morbidités, des infections émergentes et des maladies non transmissibles ; promouvoir les programmes centrés sur les jeunes et les adolescents avec une approche conviviale et spécifique pour atteindre une génération sans Sida.
En dehors de ce défi qu’est l’identification du thème général, il a été procédé à la sélection du logo de la conférence. Le logo doit refléter les valeurs du pays dans lequel se tient la conférence. Sur les dix logos présélectionnés, celui qui a été retenu traduit bien les couleurs du Rwanda et de sa civilisation et donc un symbole de la culture africaine. Ce choix démontre bien que l’intégration africaine est ancrée dans l’organisation et la tenue des conférences Icasa puisque c’est un Togolais qui a proposé le logo retenu.
Comme troisième résultat important, nous avons retenu les thèmes qui feront l’objet des plénières de la conférence. Il est à rappeler que cinq sessions de plénières sont prévues et trois experts présentent à chaque plénière: le premier sur un sujet scientifique, le second sur un sujet de leadership et le troisième portant sur un sujet ayant un focus sur les aspects communautaires. Les quinze thèmes de plénières sont connus et sont dans la veine du thème général de la conférence et de ses objectifs spécifiques.

Quelle a été votre implication concrète à cette réunion du Comité directeur international fort de vos acquis des Icasa depuis 2008 ?

Ma modeste contribution a été de participer à toutes les discussions stratégiques de cette réunion. Dans le passé, je participais à la réunion des co-chairs, puis à la réunion de coordination scientifique. Cette fois-ci, j’ai surtout pesé de mon poids pour qu’une fois le thème choisi, les objectifs soient dans la veine du thème général ; il en a été de même dans l’identification des thèmes de plénières et des autres sessions de la conférence. Je serai également très regardant dans le montage des ateliers de renforcement des capacités. Le directeur de la conférence, M. Luc Bodea, et le président du Comité scientifique, professeur Tandakha Dieye, sont tout autant acquis à la même cause. Mon degré d’engagement aujourd’hui est le fruit du travail acharné. Il faut y croire, être persévérant et penser système et non soi-même. Pour mes jeunes collègues qui sont sur cette voie, je leur recommande d’avoir le souci permanent d’améliorer leur pratique, de construire ou d’intégrer des équipes fortes multidisciplinaires, de s’engager dans les domaines de connaissances transversales. Il faut également être passionné, car seul le travail compte, ni vos diplômes, ni vos positions professionnelle ou académique ne prendront le pas sur cet achievement, ils y contribuent bien sûr afin que vous montriez votre efficacité.

La prochaine étape, en quoi consistera-t-elle ?

La prochaine réunion du Comité directeur international se tiendra au mois de mars prochain, réunion à laquelle seront associés davantage d’experts du Vih, étant donné que les comités des programmes scientifique, communautaire et de leadership seront plus renforcés. Il s’agira de faire le choix des orateurs des conférences en plénières, d’identifier les thèmes de sessions spéciales, les sessions non construites à partir des résumés soumis, les ateliers de renforcement de capacités.
Il s’agit d’une réunion tout aussi importante car elle assure un formatage solide de la conférence en attendant la réception des résumés d’expériences originales et réussies allant avec le thème général et ses objectifs. L’appel à la soumission des résumés sera lancé dès février 2019.

Quelle pourrait être, selon vous, la nature de la participation béninoise à l’Icasa 2019 à Kigali ?

Nous faisons de grands efforts pour contribuer à une génération sans Sida et c’est une opportunité de le montrer. Sur le plan institutionnel, nous avons le Cnls-Tp, le Psls et le leadership d’accompagnement du gouvernement, l’engagement de la Première dame en faveur de l’élimination de la transmission mère-enfant et de la prise en charge pédiatrique et la création d’un groupe technique pluridisciplinaire. Une masse importante d’acquis à partager. A l’endroit des acteurs béninois, il est vivement souhaitable qu’ils s’approprient le thème général et ses objectifs ci-dessus cités et se mettent résolument à documenter leurs expériences réussies, les meilleures afin d’être compétitifs pour pouvoir non seulement être sélectionnés mais aussi gagner des bourses de participation ou remporter le prix du meilleur résumé ; rappelons que c’est une jeune psychologue béninoise qui a remporté ce prix dans le domaine des sciences sociales à la dernière conférence qui s’est tenue à Abidjan en 2017. C’était une première pour le Bénin et nous devons remporter d’autres prix pour faire connaître notre pays et rehausser l’image de marque de l’intelligentsia béninoise mais beaucoup plus de notre contribution à l’avancée des recherches en pratiques, en technologies et en sciences.
Aux experts de niveau moyen ou de haut niveau, il est recommandé de s’engager dans une manifestation de volonté pour faire des communications en plénière. Le choix d’un communicateur est rude et très compétitif et la maîtrise de la langue anglaise est un atout. Il se prépare une mobilisation par le Cnls-Tp afin d’optimiser cette stratégie, car le coaching est très important dans ce domaine. A cette occasion, les différents thèmes et la capacité de présentation des experts béninois ainsi que leur disponibilité seront connus.
En termes de leadership politique et communautaire, je suggère que soit maintenu le plaidoyer dans l’accompagnement de ces deux groupes, notamment les jeunes et les femmes. J’encourage mes concitoyens à participer à cette conférence pour donner tout en recevant, en créant des réseaux d’acteurs et de chercheurs dans leur domaine de compétences. Voyager est aussi une bonne part de l’éducation, le Rwanda est un très beau pays, à beau climat, de culture tout aussi riche que celle du Bénin et je pense qu’il y aura beaucoup à apprendre en dehors de l’élimination du Sida en Afrique. Et c’est le moment de remercier le gouvernement qui a soutenu la participation de plus de 120 Béninois à la dernière Icasa en décembre 2017 à Abidjan, une première dans l’histoire qui mérite d’être répétée et amplifiée mais à condition que les acteurs s’engagent pour pérenniser les acquis.

Au regard de votre engagement et de votre niveau d’implication dans les différentes Icasa, à quand Icasa à Cotonou au Bénin ?

Il est difficile de ma position de répondre à cette question, mais je sais que l’engagement politique est indispensable, mais la productivité et surtout la performance de nos différents programmes comptent pour beaucoup.
De ma position, je peux aisément dire que l’organisation de cette conférence d’envergure, qui rassemble environ dix mille participants, a de très grands avantages pour le pays où il se tient : avantages socioculturel, académique, économique, sur le système de santé, et la visibilité du pays. L’engagement pour l’organisation de l’Icasa dans notre pays doit débuter maintenant à la lumière du Bénin qui veut se révéler. Le Bénin a été et est toujours un pays de grande curiosité et le Board de la Société africaine anti-Sida saisira l’opportunité si le pas se faisait.

Propos recueillis par Paul AMOUSSOU

Santé 14 août 2018


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