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Nouvelles

Inégalité de rémunération entre hommes et femmes: La Banque mondiale évalue les pertes économiques

Intitulé « Potentiel non réalisé: le coût élevé de l'inégalité entre les sexes dans les gains », un rapport du groupe de la Banque mondiale en date du 30 mai dernier, analyse le coût économique des inégalités hommes-femmes en termes de pertes de capital humain.

Les écarts des revenus entre les hommes et les femmes dans le monde sont préjudiciables à l’économie de certains pays. Dans son dernier rapport publié le 30 mai dernier, intitulé ‘’Unrealized Potential: The High Cost of Gender Inequality in Earnings’’ (‘’Potentiel non réalisé : le coût élevé de l'inégalité entre les sexes dans les gains’’), le groupe de la Banque mondiale met en évidence les pertes économiques auxquelles sont exposés les pays couverts par le rapport.

« Le monde se prive de 160 000 milliards de dollars, soit 23 620 dollars par personne dans les 141 pays couverts à cause des inégalités de rémunération entre hommes et femmes », alerte la directrice générale de la Banque mondiale Kristalina Georgieva.
Ce chiffre vient rappeler aux dirigeants mondiaux qu’ils doivent investir dans des politiques qui favorisent l’accès des femmes à des emplois plus nombreux et de meilleure qualité qui promeuvent l’égalité salariale.
Sur le plan des revenus comme sur celui de la participation à la population active, les femmes sont pénalisées par rapport aux hommes dans la quasi-totalité des pays du monde, relève le rapport. La contribution des femmes au capital humain d’un pays, définie comme la valeur des gains à venir de sa population adulte, ne ressort qu’à 38 % en moyenne. Dans les pays à revenu faible et intermédiaire, cette contribution représente au maximum un tiers de la richesse du capital humain, souligne le document.
Le manque à gagner lié à ces inégalités de rémunération varie selon les régions. Les pertes les plus importantes sont enregistrées en Asie. Toutefois, celles enregistrées en Afrique Subsaharienne sont loin d’être négligeables. Elles tournent autour de 2 500 milliards de dollars. « Si en valeur absolue, les pertes dans les pays à faible revenu sont plus faibles que dans le reste du monde, elles sont plus importantes que partout ailleurs rapportées à la dotation initiale en capital humain », fait remarquer l’étude.
Le rapport indique quelques pistes de solutions.Enjeu majeur, la parité des revenus exige des interventions tout au long de la vie Des programmes et des politiques facilitant l’accès des femmes au travail, aux infrastructures de base et aux services financiers, de même que leur contrôle sur les terres, pourraient conduire à la parité des revenus.
Pour Caren Grow, directrice principale du Groupe de la Banque mondiale pour le Genre et l’égalité des sexes, le capital humain, est le socle d’actifs sur lequel chaque pays peut bâtir ses revenus futurs. 
Le rapport s’inscrit dans un programme de recherche plus large de la Banque mondiale, soutenu par le gouvernement du Canada, la Fondation du fonds d’investissement pour l’enfance (Ciff) et le Partenariat mondial pour l’éducation (Gpe).

Société 07 juin 2018


Célébration en différé de la Journée internationale des familles: La jeunesse estudiantine mobilisée autour des enjeux du mariage

Ce mercredi 6 juin, l’Ong Famille nutrition et développement (Fnd) a mobilisé la communauté estudiantine de l’Université d’Abomey-Calavi autour du thème : « Jeunesse actuelle face au fondement et au maintien d’une famille ». Une opportunité pour débattre des questions relatives à la famille, mais aussi des processus sociaux qui l’affectent, qui s’inscrit dans le cadre de la célébration en différé de la Journée internationale des familles.

Une conférence publique a eu lieu à l’Université d’Abomey-Calavi, ce mercredi 6 juin, autour de la famille dans la société et ses évolutions. C’est une initiative de l’Organisation non gouvernementale ‘’Famille, nutrition et développement’’ (Fnd). Elle entre dans le cadre des activités de la commémoration en différé de la Journée internationale des familles, célébrée chaque année le 15 mai.

Une occasion pour tous de porter l’attention sur le rôle de la famille et les préoccupations de la jeunesse à ce propos. Cette conférence est par ailleurs un moment pour mieux faire comprendre les problèmes et les processus sociaux, économiques et démographiques qui affectent les familles et stimuler les initiatives appropriées.
Myriam Capo-Chichi, présidente de l’Ong Fnd, affirme qu’il s’agit d’attirer l’attention sur l’incapacité de la jeunesse actuelle à construire un foyer valable et surtout à le maintenir dans un environnement marqué par la délinquance juvénile et adulte. Elle justifie le choix du thème des échanges avec les étudiants par le fait que c’est une occasion pour l’Ong de sensibiliser la jeunesse à développer dans leurs relations amoureuses des actes et comportements permettant de s’inscrire dans la durée.
Pour Mme Capo-Chichi, le thème s’impose au regard des problèmes cruciaux que rencontrent les jeunes quant à la construction et à l’entretien d’une famille. « Nous sommes à une époque où plus d’un mariage sur trois se termine par le divorce pendant que le nombre de mariages s’amenuise considérablement », se plaint-elle. La présidente de l’Ong Fnd précise que cette situation accroît le nombre de filles âgées, le nombre de pères et de mères célibataires et constitue une véritable menace pour l’épanouissement et le développement de la société.
Préoccupée, l’Ong Fnd a sollicité les personnes ressources pour partager avec les étudiants leurs expériences et conseils, en vue de rebâtir un avenir pour la famille dans la société. Trois communications spécifiques à savoir : jeunes, mariages et famille de nos jours ; mariage traditionnel, civil et religieux et enfin quel modèle de mariage pour la préservation de la famille dans notre société, ont meublé les échanges. Mme Capo-Chichi annonce que cette activité donnera vie prochainement à une cellule de jeunes engagés pour une famille épanouie et solide.
Proclamée par l'Assemblée générale des Nations Unies dans sa résolution du 20 septembre 1993, cette journée est une manifestation qui reflète l'importance que la communauté internationale attache à la famille, cellule de base de la société, ainsi que l'intérêt qu'elle porte à la situation des familles dans le monde.
La Journée internationale des familles étant aussi une occasion de témoigner de la solidarité qui unit les familles, l’Ong Fnd a fait don de vêtements à la prison civile d’Abomey-Calavi puis à l’orphelinat Mègnico de Gbètagbo, à la suite de la conférence publique animée sur le campus d’Abomey-Calavi.

Société 07 juin 2018


Cour constitutionnelle: Les sept nouveaux sages officiellement installés

Les membres de la sixième mandature de la Cour constitutionnelle sont entrés en fonction, ce mercredi 6 juin, à la faveur de la traditionnelle cérémonie de prestation de serment qui consacre leur installation officielle. Leur serment à servir la bonne et juste cause a été reçu par le président de la République qui les a, à son tour, renvoyés à leurs obligations.

C’est par une sobre cérémonie marquée par deux temps forts que les sept nouveaux sages de la Cour constitutionnelle ont été installés, ce mercredi, dans leurs fonctions. Elle a connu la présence effective du président de la République, des présidents des autres institutions de la République, des membres du gouvernement, des membres de la cinquième mandature de la Cour constitutionnelle. Les sept nouveaux sages, objet de toutes les attractions, étaient tous là, souriants par moments, et affichant un air solennel par la suite, mesurant sans doute l’ampleur de la responsabilité qui leur incombe désormais.
L’acte 1 de la cérémonie de prestation de serment a consisté à leur rappeler quelques-unes des exigences constitutionnelles qui régissent l’institution. Et c’est Gilles Badet, secrétaire général de la Cour, qui a donné lecture des dispositions de l’article 115 de la Constitution du 11 décembre 1990. Lesquelles stipulent que la Cour constitutionnelle est composée de sept membres : quatre sont nommés par le bureau de l’Assemblée nationale et trois par le président de la République pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. Trois de ces membres ainsi nommés sont des magistrats ayant une expérience de quinze années au moins dont deux sont nommés : l’un par le bureau de l’Assemblée nationale et l’autre par le président de la République. Les deux autres sont des personnalités de grande réputation professionnelle nommées l’une par le bureau de l’Assemblée nationale et l’autre par le président de la République. Les membres de la Cour constitutionnelle sont nommés pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois et aucun membre ne peut siéger plus de dix ans.
L’acte 2 de la cérémonie a consisté en la prestation de serment proprement dite. Droit debout, main droite tendue, face au président de la République, les sept nouveaux sages jurent loyauté et fidélité à la loi. Prenant acte de leur serment, le président de la République les renverra ensuite à leurs obligations. Passée cette phase protocolaire, la cérémonie d’entrée en fonction des nouveaux sages aurait pu prendre fin si le chef de l’Etat n’avait pas pris sur lui d’adresser quelques mots à l’assistance et surtout aux nouveaux sages.
Avoir le courage d’affronter les critiques

Comme il en a pris l’habitude, le président Patrice Talon, à la suite de cette cérémonie, a exprimé une fois encore sa fierté d’appartenir à la nation béninoise et invité tous ses compatriotes à en faire autant. Mais avant, il a reconnu les mérites de la cinquième mandature de la Cour pour « la qualité de leur travail ». Pour lui en effet, « Notre pays est en construction et même en voie de développement » et les hommes qui se succèdent dans les institutions sont appelés à donner le meilleur d’eux-mêmes pour faire mieux. Aux nouveaux sages, le président Patrice Talon demande « d’avoir le courage d’affronter la médisance et les critiques pour apporter leur pierre à l’édifice ». Il reconnaît que « leur mission est si noble et si difficile ». Il souhaite qu’ils « entrent dans l’histoire » par leurs bonnes décisions.
Les nouveaux sages semblent d’ailleurs prêts et s’inscrivent dans cette logique. Pour Razaki Amouda Issifou par exemple, le rôle de la Cour n’a pas changé. « Notre pays est dans une phase de réformes qu’il faudra accompagner », mais pas en dehors du cadre indiqué par la loi.
Sylvain Nouatin, pour sa part, dit « mesurer pleinement la mission » qui lui incombe désormais. Les sept nouveaux sages éliront ce jour, le bureau de la sixième mandature de la Cour constitutionnelle.

Actualités 07 juin 2018


Lutte contre les violences basées sur le genre au Bénin: Investir dans la prévention et le capital humain

Le combat contre les violences basées sur le genre doit être mené par tous. Le Bénin gagnerait à mettre l’accent sur les volets prévention et l’investissement dans le capital humain pour relever le défi.

Le Bénin, à l’instar de plusieurs pays africains, dispose d’un arsenal juridique pour promouvoir les droits des femmes et lutte contre les violences basées sur le genre. Pourtant, les cas de violation des droits des femmes sont encore légion. Et il importe de renforcer la prévention, notamment à travers la sensibilisation, afin d’enrayer ce phénomène qui entrave l’épanouissement de la gent féminine et ainsi le développement de la nation.
Quelle que soit la forme de la violence, elle a des répercussions sur la santé des femmes et entraîne dans d’autres cas des conséquences dramatiques. Cela se répercute sur leurs enfants, leurs familles et leurs communautés. Les femmes, notamment celles rurales, en sont davantage victimes, en raison de leur taux d’analphabétisme et des pesanteurs sociologiques.
Selon une étude du ministère en charge des Affaires sociales, qui date de 2009 mais toujours d’actualité, au Bénin, les violences de genre touchent les femmes non instruites (89 %), celles vivant dans un régime polygamique (87 %), et issues des ménages pauvres (86 %), les filles non scolarisées (79 %).
Mais il ne s’agit pas de se réfugier derrière les pesanteurs socioculturelles pour justifier le phénomène. Les violences sont injustifiables dans la mesure où la femme n’est pas la propriété de quelqu’un, encore moins une marchandise qu'on peut malmener.   
En dépit des efforts, les auteurs de ces actes continuent d’offrir le triste spectacle des violences. Il se fait malheureusement que les victimes mêmes en sont complices, du fait de leur silence qui limite les actions des acteurs engagés dans cette lutte. En fait, le désir de préserver la cohésion familiale, la honte, la dépendance économique face à l’auteur des violences, sont autant de raisons qui les contraignent à ne pas dénoncer leurs bourreaux. De même, les pressions familiales et les règlements à l’amiable émoussent l’ardeur des Ong.
L'étude de 2009 renseigne que la méconnaissance des droits des femmes, d’abord par elles-mêmes et le mépris avéré des hommes et de certains groupes sociaux en particulier à la jouissance par les femmes de leurs droits sont des facteurs générateurs de violences à leur égard.

Inverser la tendance

La nécessité d’agir sur les perceptions et les comportements qui induisent et entretiennent le phénomène a conduit les différents acteurs intervenant dans le domaine au Bénin à l’élaboration des Procédures opérationnelles standard (Pos).
Elle vise à avoir un système de prévention, de traitement et de prise en charge plus optimal et plus coordonné, en vue d’une riposte efficace contre le phénomène. Elle permet de décrire les procédures, rôles et responsabilités précis de chaque acteur impliqué dans la prévention et la réponse à la Vbg et d’assurer la cohérence et l’harmonisation de la prévention et du traitement de ces questions. Ce dispositif peut inspirer d’autres pays.
Pour gagner le pari, le Bénin devrait mettre l’accent sur le développement du capital humain et rendre performantes les politiques économiques et sociales en vue de l’épanouissement des femmes. Une population bien éduquée, bien instruite et en pleine santé est à même de revendiquer ses droits, de réclamer plus de justice sociale et de contribuer au développement de son pays. Les ressources humaines jouent un rôle fondamental dans les progrès des pays. Les victimes de Vbg ne doivent donc pas être exclues de cette marche. Il est juste de lutter contre les violences à travers l’investissement dans le capital humain en ce sens que les textes législatifs nationaux revendiquent le droit des victimes à la santé, à l’éducation et à la protection sociale.
Les Vbg ne sont pas inéluctables. La prévention est également un facteur déterminant dans la lutte. Cela consiste à offrir les mêmes chances aux filles et aux garçons dès le bas-âge aussi bien dans le cercle familial que dans le milieu scolaire.Une prévention et une réponse efficaces au phénomène nécessitent une action coordonnée avec les services sanitaires, les acteurs judiciaires, ceux intervenant dans les domaines des droits humains, les forces de sécurité, les institutions, les médias, les communautés, les leaders religieux et traditionnels et la société civile.
Un programme complet pour mettre fin à la Vbg doit se concentrer sur les quatre piliers essentiels de prévention, de protection, de prestation de services et de l’investissement dans le capital humain?

Société 07 juin 2018


Elimination de la transmission du Vih de la mère à l’enfant: Les engagements des acteurs à l’issue de la table ronde de Cotonou

La table ronde sur l’élimination de la transmission mère-enfant (Etme) et la prise en charge pédiatrique (Pecp) du Vih au Bénin a pris fin, ce mercredi 6 juin, à la Fondation Claudine Talon sur fond d’engagements et de recommandations en faveur de l’amélioration des prestations et des conditions de vie des femmes et des enfants infectés. La rencontre gage sur la mobilisation et le renforcement du partenariat entre les différentes parties prenantes.

La table ronde sur l’élimination de la transmission mère-enfant (Etme) et la prise en charge pédiatrique (Pecp) du Vih au Bénin initiée par la Fondation Claudine Talon en collaboration avec Clinton Health Access Initiative, s’est refermée hier sur des notes d’engagements et de recommandations en faveur du renforcement de la lutte contre le Vih dans les rangs des femmes et des enfants. Trois jours durant, elle a permis aux participants venus de plusieurs pays de se concerter, de débattre et de plaider en faveur de l’augmentation du financement en vue d’une riposte soutenue du phénomène. Aux termes des travaux, les participants ont convenu de l’urgence d’accélérer les efforts de lutte en faveur des cibles.
Ils fondent leurs engagements et recommandations sur les données peu reluisantes qui limitent l’atteinte des objectifs 90-90-90 que le Bénin s’est fixés d’ici à 2020.
En 2017, 67 927 personnes vivraient avec le Vih dont près de 10 % sont des enfants (0-14 ans), soit 5907. Parmi ces derniers,
seulement 30 %, soit 1785 enfants ont bénéficié d’un traitement Arv contre 59 % chez les personnes vivant avec le Vih (Pvvih) adultes. Seul un tiers des enfants sous antirétroviraux (Arv) ont bénéficié d’une charge virale et celle-ci n’est devenue indétectable que pour 56 % d’entre eux, relève la note conceptuelle de la table ronde.
Au regard de ces statistiques, tous sont convaincus que la pandémie ne pourra pas être vaincue sans une démarche holistique du système de santé. D’où la nécessité de renforcer les efforts.
Le système des Nations Unies à travers son coordonnateur, Siaka Coulibaly, souligne l’importance de la mise en œuvre des défis et des opportunités. La famille onusienne entend poursuivre ses interventions dans le cadre du renforcement des capacités des acteurs.
L’Unicef s’engage par la voix du directeur régional adjoint, Gilles Fagninou, à accorder plus d’attention à l’Etme et à la Pecp dans son nouvel agenda. Il s’agira de maintenir les efforts en termes de planification.
Selon la directrice pays Onu Sida, Marie-Margarète Molnar, les actions de l’institution au Bénin consistent entre autres à renforcer les aspects d’intégration du Vih dans les autres domaines de la santé et à accompagner les pays dans la mobilisation des ressources. Elle entend maintenir cette dynamique.
C’est pour corriger les gaps programmatiques et financiers qui freinent l’atteinte des cibles de l’Etme que la Fondation Claudine Talon a initié la rencontre. Le Bénin, pays hôte, a conscience de ses défis. Son engagement va se traduire par le renforcement du système communautaire et l’accompagnement des projets régionaux liés au Vih ; à la couverture intégrale du territoire national de la capacité de mesure de la charge virale et du ‘’Polymérase chainreaction’’ (Pcr) dès le 31 juillet prochain. Aussi, s’engage-t-il à accorder un milliard de fonds complémentaire dans la prévention transmission mère-enfant (Ptme) surtout au niveau communautaire dès le premier trimestre 2019.

Recommandations

La feuille de route issue de la rencontre mise sur les volets dépistage des enfants, la rétention des Pvvih sous traitement et la mobilisation des ressources.
Plusieurs stratégies prioritaires de lutte sont retenues au nombre desquelles le développement des applications mobiles pour la sensibilisation et l’orientation des jeunes portant sur la santé sexuelle et reproductive et l’intégration de l’offre de service Vih dans tous les services de planification familiale.
La rencontre a également accouché d’importantes recommandations. Dans ce cadre, le ministère de la Santé s’emploiera à créer un cadre de partage d’expériences dans le secteur sanitaire privé et à impliquer la société béninoise de pédiatrie à l’élan de la Fondation Claudine Talon en vue de la réduction du visage féminin et infantile de la pandémie. Les partenaires techniques et financiers vont appuyer davantage la disponibilité des intrants dans le cadre de la prise en charge.
La vocation de la Fondation Claudine Talon est « d’améliorer les conditions de vie des enfants et des femmes au Bénin », souligne Blaise Ayivi, membre du Conseil d’orientation de la fondation. Elle compte s’investir davantage dans la lutte contre la pandémie à travers la sensibilisation et la communication.
Le secrétariat exécutif du Conseil national de lutte contre le Vih/Sida, les Ist, la tuberculose et les épidémies (SE/Cnls) plaide pour l’offre de dépistage dans le paquet minimum des activités des formations sanitaires privées. Il est appelé à étendre le plaidoyer en direction des maires et des préfets pour les actions des relais communautaires.
La société civile ne sera pas du reste. Elle compte œuvrer en faveur du changement de comportement vis-à-vis du Vih, ainsi que le suivi et la préservation des Pvvih?

Société 07 juin 2018


Diffusion de film à Canal Olympia: Le film « Black Panther » à l’affiche pour 1000 jeunes béninois 

Plus de 1000 jeunes béninois méritants des collèges, lycées, universités, centres de formation professionnelle, orphelinats, ont pu suivre ces derniers jours, en primeur, le film culte «Black Panther » à Canal Olympia Wologuédé de Cotonou.

Une initiative de Bolloré Transport & Logistics qui entend par cette opération offrir aux jeunes la possibilité de découvrir un film très populaire tout en suscitant une rencontre entre ses jeunes collaborateurs et les jeunes lycéens pour présenter le groupe, ses multiples activités et générer le dialogue auprès des jeunes générations.

Sur quatre mercredis après-midi successifs, la vague « Wakanda » a profondément balayé Cotonou depuis la somptueuse salle de cinéma Canal Olympia Wologuédé, après les séquences de diffusion du célèbre film «Black Panther ». L’initiative est du Top management de Bolloré Transports & Logistics qui, à travers le projet du même nom que le film, a gracieusement offert 10 000 places aux jeunes de sept pays d’Afrique (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Guinée, Niger, Sénégal, Togo) pour découvrir le film « Black Panther ».
Au Bénin, environ 1000 jeunes méritants ont pu bénéficier de ce programme. Ils provenaient des collèges, lycées, centres de formation professionnelle, orphelinats ainsi que des universités partenaires du groupe Bolloré au Bénin. Ils ont eu la primeur de suivre le film « Black Panther» qui a pour singularité de présenter l’Afrique avec un super-héros sur grand écran.
Ce projet cadre avec la politique d’engagement du Groupe en faveur de la jeunesse. «Nous avons donc voulu offrir à des jeunes la possibilité de découvrir un film très populaire qui met en avant des héros d’Afrique. Il s’agit également d’une démarche pour créer un cadre d’échanges entre nos jeunes collaborateurs et les jeunes lycéens pour présenter le groupe, ses multiples activités et générer le dialogue auprès des jeunes générations », indique Jérôme Binois, directeur général de Bolloré Transport & Logistics Bénin.
Pour Venance Gnigla, président exécutif du Groupe Bolloré au Bénin, ce film donne l’occasion de rappeler à la jeunesse les valeurs qui font la réussite de tout projet à savoir la persévérance, la pugnacité, l’esprit d’initiative, la détermination, le respect. Ces valeurs, poursuit-il, sont en lien avec celles de Bolloré Transport & Logistics à savoir le sens entrepreneurial, le respect de l’autre, la détermination et la persévérance. « Tous ceux qui adopteront ces valeurs comme principe de vie auront parfaitement leur place avec nous à Bolloré Transport & Logistics », soutient-il.
Réalisé par Ryan Coogler sur un budget colossal de 200 millions de dollars, Black Panther a fait sa première sortie le 29 janvier 2018, avec des recettes évaluées à 1,344 milliard de dollar en Box-office.
Avant que ce film culte crève nos écrans de télévision dans les mois à venir, les jeunes béninois de tous horizons ont donc eu la primeur de se délecter de ce chef-d’œuvre grâce à la générosité de Bolloré Transports & Logistics?

Source : Cell. Com. Bolloré Transport & Logistics

Société 07 juin 2018


Cour constitutionnelle: Appréciations sur les dix dernières années à la Cour constitutionnelle

Ce mercredi 6 juin où les 7 nouveaux sages de la Cour constitutionnelle prêtent serment, la mandature de l’ancienne équipe, avec à sa tête le professeur Théodore Holo, se referme. Une équipe dont les décisions prises, sous les deux régimes qu’elle a connus, sont ici évaluées par quelques personnalités.

Robert Dossou, ancien président de la Cour constitutionnelle

« Ils ont accompli leur mission »

Pour moi, le bilan est positif. On ne peut pas être toujours d’accord avec toutes leurs décisions, mais ils ont accompli leur mission. Grâce à eux, les dernières élections ont eu lieu. Si la Cour constitutionnelle n’avait pas veillé au grain en 2016, je ne sais pas ce qu’on serait devenu. Il y aurait eu des dérives, c’est sûr.

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Nicaise Médé, agrégé de droit public

« Ils sont passés d’une cour godillot à une cour rebelle »

Le bilan est un peu calamiteux parce qu’ils sont passés d’une posture de Cour godillot à une Cour particulièrement rebelle. C’était une Cour un peu à la remorque de Yayi Boni avec des décisions limites sur le plan des grands principes juridiques. Après l’alternance en 2016, on remarque une Cour particulièrement rebelle et qui maltraite le droit, les concepts et les notions juridiques, notamment les notions de droit absolu. Une cour qui revient une quatrième fois sur une jurisprudence déjà consacrée. ça fait désordre et subversion de l’ordre juridique. Et c’est ce qui rend leur bilan un peu catastrophique pour le juriste, pas pour l’homme politique. En termes d’aplatissement devant le pouvoir politique, il y a eu la décision disant que celui qui a 39 ans révolus est constaté 40 ans. C’est insoutenable sur le plan du raisonnement juridique. Et pour donner l’illustration d’une décision par rapport à laquelle ils s’insurgent contre l’ordre établi, je pense à la décision sur le droit de grève. Ils disent que c’est un droit absolu. Ce sujet avait déjà été tranché trois fois. C’est la quatrième fois que ça revient avec une décision contraire encore. ça fait désordre !

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Eric Houndété, député, vice-président de l’Assemblée nationale

« La Cour nous a évité des révisions fantaisistes »

Nous, hommes politiques, nous redoutons souvent la Cour constitutionnelle. Les mots par lesquels je peux apprécier la Cour sont : audace, courage, clairvoyance avec quelques économies de sagesse par moments. Elle nous aura tout de même épargné des révisions fantaisistes… Et pour moi, le temps qu’elle met entre les recours et les décisions permet bien souvent de calmer les ardeurs, de baisser la tension et de préparer les protagonistes à accepter la décision.

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Joël Aïvo, juriste constitutionnaliste, président de l’Association béninoise du droit constitutionnel (Abdc)

« Elle a été à la hauteur des responsabilités qui lui incombent »

L’Association béninoise du droit constitutionnel a tenu à rendre, à travers le professeur Théodore Holo, à toute cette mandature, un hommage critique qui est la manifestation de l’apport considérable qu’il a apporté à la jurisprudence béninoise et à la résistance de la Cour au pouvoir politique. Si dans notre pays, il ne reste pas des juridictions, des institutions et au-delà des institutions, des personnes physiques et morales pour résister, attirer l’attention des institutions sur l’arbitraire, attirer l’attention des pouvoirs publics sur l’état des libertés, nous allons perdre le patrimoine politique de la Conférence nationale qui est un patrimoine de liberté. Et ce patrimoine, pour moi, n’est pas incompatible avec les stratégies de développement. Le rôle de la Cour constitutionnelle ces dix dernières années et même au-delà, la présence de Théodore Holo à la Cour constitutionnelle est une présence qui a rappelé les fondamentaux. Ceux qui connaissent l’homme, savent que son héritage doctrinal, sa pensée politique est structurée en faveur de l’Etat de droit, des droits de l’Homme, du respect de la Constitution. Il a fait vivre toutes ces valeurs à la Cour. Bien évidemment il y a eu des décisions de la Cour sur laquelle on est resté dubitatif, on n’était pas d’accord. Mais dans l’ensemble, je crois que dans le sentiment des Béninois, la Cour constitutionnelle a été à la hauteur des responsabilités qui lui incombent dans la mise en œuvre et la préservation de la démocratie dans notre pays.

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Martin Assogba, président de l’Ong Alcrer

Il faut dire que le professeur Holo et les autres membres de la Cour que nous appelons pompeusement ‘’les sages’’, sont des êtres humains. Ils ont essayé vaille que vaille de se coller aux réalités du pays par rapport aux questions des droits humains. Ils ont essayé de faire leur travail en suivant les lignes directrices qui ont conduit à la mise en place de la Cour constitutionnelle après la Conférence nationale des forces vives. N’étant pas à leur place, le commun des mortels ne siégeant pas à la Cour pour apprécier les conditions dans lesquelles les décisions sont prises, nous avons souvent opiné sur les décisions que nous avons trouvées maladroites, anticonstitutionnelles ou parfois irréalistes. Mais quand vous vous rapprochez des membres de la Cour, vous vous rendez à l’évidence qu’ils tiennent aussi compte de ce que l’opinion publique pourrait penser de leurs décisions. Ils ne sont pas seulement des juristes, ils sont aussi des politiques. Ils prennent parfois des décisions politiques pour apaiser les tensions. Parfois, ils trouvent une décision bien opportune mais ils temporisent en prenant une décision qui évite que les populations se surchauffent. Nos sages tiennent comptent de l’environnement, de la psychologie des Béninois avant dire de le droit. Par exemple, il a été constaté qu’un président a fait K.O, ce qui ne s’était jamais passé au Bénin. Ce K.O. a été proclamé parce que celui-là qui était au pouvoir, qui est un jusqu’auboutiste et qui tenait tout le gouvernail en main, aurait pu créer des ennuis pour le pays si on s’entêtait à admettre un deuxième tour pour lequel il savait qu’il ne passerait pas. La preuve, quand certaines personnes se sont insurgées contre le K.O., il a sorti l’artillerie de guerre. Cette décision a été prise pour éviter que ce dernier mette pas le pays à feu et à sang. Les sages se sont dit qu’il valait mieux l’apaiser pour éviter que le pays entre en trouble. Les décisions ne sont pas toutes basées sur le droit mais bien souvent sur la recherche de la quiétude et nous devons pouvoir faire avec.Je trouve que la Cour du professeur nous a sauvés du pire, bien que nous fussions pas toujours d’accord.

Propos recueillis par Pascal AGUEHOUNDE

 

Actualités 07 juin 2018


Cour constitutionnelle: Bref aperçu du parcours des sept nouveaux sages

 Razaki Amouda Issifou

Nommé par l’Assemblée nationale en qualité de magistrat, Razaki Amouda Issifou était inspecteur général des services judiciaires jusqu’à sa nomination à la Cour constitutionnelle.Il est magistrat de profession depuis 1984.

Reçu successivement dans l’Ordre national du Bénin en qualité de chevalier puis de commandeur, le sexagénaire a un riche parcours. Originaire de Pehunco dans l’Atacora, il a exercé environ douze années dans plusieurs tribunaux du Bénin. Il a ensuite occupé plusieurs postes dans l’Administration publique. Conseiller technique juridique du ministre des Finances  entre 1996 et 2000, il devient directeur  du contentieux et agent judicaire du Trésor.
Député à l’Assemblée nationale et président de la commission des lois au cours de la 4elégislature (2003-2007), il fut également,sous l’Alliance Abt, maire de la commune de Péhunco d’août 2015 à septembre 2016. Il a siégé à la Commission électorale nationale autonome (Céna) en tant que secrétaire général en 1995 puis membre en 2011.

Sylvain Messan Nouwatin

On peut dire sans être dithyrambique que Sylvain Messan Nouwatin est une chance pour la sixième mandature de la Cour constitutionnelle. Magistrat hors classe à la retraite, cet ancien président du tribunal de première instance de 1ère classe de Porto-Novo et du tribunal de première instance d’Abomey justifie d’une expérience qui lui permet d’être une cheville ouvrière pour l’institution. Cet atout, il ne l’a pas seulement hérité de son passé de magistrat. Sylvain Messan Nouwatin a été du 25 février 2009 au 21 décembre 2016, secrétaire général de la Cour constitutionnelle. Cette charge lui a permis d’avoir une parfaite connaissance de la plus haute juridiction en matière de droit constitutionnel au Bénin. Et pour cette mandature qui s’envole avec uniquement des « New comer », l’ancien SG saura être la passerelle efficace, sinon la transition bien trouvée pour aider ses pairs à prendre leurs marques, en s’appuyant sur les expériences et parcours respectifs. Mais le nom Sylvain M. Nouwatin ne sonne pas qu’en matière de droit.
Il a été de septembre 2005 à mai 2006, président de la Commission électorale nationale autonome (Cena) chargée de l’organisation de l’élection présidentielle de mars 2006 et d’août 2002 à mars 2003, premier vice-président de la même institution chargée de l’organisation des élections communales et municipales de 2003. On devra rappeler aussi pour son compte qu’il a été de janvier à mai 2001, membre de la Cena chargée de l’organisation de l’élection présidentielle de 2001, membre en 1999 de la Commission électorale départementale du Zou (élections législatives) et en 1996, membre de la Commission électorale départementale du Mono (élection présidentielle).
Ces multiples autres expériences en tant que cadre de l’administration publique et expert électoral de l’Organisation international de la Francophonie lui seront également d’un grand appui dans ses nouvelles charges de juge constitutionnel.

André Katari

Nommé par le chef de l’Etat au titre de personnalité de grande réputation professionnelle, André Katari est un ingénieur agronome à la retraite. Cadre du ministère de l’Agriculture, il fut coordonnateur du Projet multinational d’appui à la filière coton-textile pour le Bénin (Paficot). Un projet qui a renforcé le partenariat entre le gouvernement béninois et l’Association interprofessionnelle de coton (Aic).

Rigobert Azon

Désigné par l’Assemblée nationale, Rigobert Azon est ingénieur en génie-mécanique. C’est un agent de l’Etat en service au ministère des Infrastructures et des Transports. Il est inspecteur principal des travaux publics et des chemins de fer.
Membre de la Renaissance du Bénin (Rb) aile Abraham Zinzindohoué, Rigobert Azon a occupé d’importantes fonctions administratives. Il fut directeur général de l’Organisation commune Bénin-Niger des chemins de fer (Ocbn) de 2006 à 2010, directeur général adjoint du Centre national de Sécurité routière (Cnsr) d’août 2015 à 31 décembre 2017 puis membre du Conseil d’administration du Port autonome de Cotonou.

Moustapha Fassassi

Désigné par l’Assemblée nationale, Moustapha Fassassi est un magistrat à la retraite, qui a exercé dans plusieurs cours et tribunaux du Bénin. Il est membre du Parti du Renouveau démocratique (Prd).

Joseph Djogbénou

Nommé par le Parlement pour siéger à la Cour, l’ancien Garde des sceaux n’est plus à présenter. Né le 20 mars 1969 à Abomey, Joseph Djogbénou est juriste, avocat, agrégé de droit privé et professeur d’université. Alors membre de la Société civile, il fait son entrée en politique avec la création du parti « Alternative citoyenne » dont il était le président d’honneur. Il devient député en 2015 dans la 16e circonscription électorale sur la liste « Union fait la Nation » (Un). Ses pairs le désignent pour siéger à la Commission des lois du Parlement où il y au titre de président jusqu’à l’approche de la présidentielle de 2016. Désigné par sa formation politique comme candidat à la présidentielle de 2016,  il s’est ravisé pour soutenir le candidat Patrice Talon. Elu président de la République, ce dernier l’a appelé le 6 avril 2016 au gouvernement au poste de Garde des sceaux, ministre de la Justice et de la Législation, poste qu’il a occupé jusqu’au mardi 5 juin dernier, à la veille de la prestation des nouveaux sages de la Cour constitutionnelle. A ce département, il a conduit plusieurs réformes qui ont connu des hauts et des bas.

Cécile Marie-José de Dravo Zinzindohoué

Cécile Marie José de Dravo-Zinzindohoué est la seule femme de la sixième mandature de la Cour constitutionnelle. Elle est nommée par le chef de l’Etat en qualité de juriste de haut niveau.
Née le 10 mars 1956 à Pointe-Noire (Congo-Brazzaville), Cécile Marie-José de Dravo épouse Zinzindohoué est docteur en droit public et professeur assistant de droit dans les universités du Bénin. Elle fut commissaire-priseur près les cours d’appel du Bénin et chef département de la formation continue entre 2010 et 2015.
Dans l’administration centrale de l’Etat, elle a été entre autres Conseiller technique juridique à l’ex-ministère de l’Environnement, de l’Habitat, et de l’Urbanisme, chargée de mission de 1990 à 1993 au ministère de la Fonction Publique, du Travail et des Affaires sociales et chef division du Service des Contentieux au ministère de la Fonction publique et des Affaires sociales, de 1986 à 1987. Commissaire-priseur près les tribunaux et Cours d’appel du Bénin, elle est aussi experte du Bureau international du Travail.
Secrétaire générale de la Cena pour l’élection présidentielle de 1996 et membre de l’Association des femmes juristes du Bénin, Cécile Marie José de Dravo-Zinzindohoué atterrit à la Cour constitutionnelle après un parcours riche au rang de personnalité à même d’affronter les défis imposés par sa nouvelle charge.

Actualités 07 juin 2018


A cœur ouvert avec Théodore Holo, ancien président de la Cour constitutionnelle: « Je n’ai plus aucune ambition politique »
[caption id="attachment_29426" align="alignnone" width="1024"]THEODORE HOLO / © CAPO G [/caption]

Le professeur Théodore Holo a fini son mandat à la tête de la Cour constitutionnelle. A la veille de la passation de charges à la nouvelle équipe des « sages », il a accepté de se soumettre à nos questions, tout en nous avertissant : « Je ne parlerai de personne d’autre que moi ». « J’ai une obligation de réserves pour les cinq années à venir », poursuit-il, avec sa légendaire mine sérieuse. Homme de principe pour ceux qui le connaissent, il n’a pas démordu. Interview !

 

La Nation : Il est vrai que votre nom a dépassé les frontières du Bénin. Mais que diriez-vous de votre vie professionnelle et politique à qui veut savoir ?

Théodore Holo : Je suis professeur titulaire de droit public et de sciences politiques. J’ai fait mes études universitaires au Congo Brazzaville puis à Paris I. De retour au Bénin en 1979, j’ai été dans le comité de gestion de l’Institut national des sciences administratives et juridiques dont je suis devenu le directeur adjoint avant d’occuper le poste de directeur de l’Ecole nationale d’Administration et de Magistrature. J’ai ensuite été membre du présidium de la Conférence nationale des forces vives de 1990, membre du bureau du Haut Conseil de la République, membre du premier gouvernement du président Nicéphore Soglo en qualité de ministre des Affaires étrangères et de la Coopération de juillet 1991 à septembre 1993, puis ministre chargé des relations avec les institutions et ministre intérimaire de la Justice. Quand nous avons perdu l’élection de 1996, je suis retourné à l’Université où j’ai lancé la Chaire Unesco des droits de la personne et de la démocratie. Puis en 2008, le président Yayi Boni m’a fait l’honneur de cautionner ma désignation par le bureau de l’Assemblée nationale pour siéger à la Cour constitutionnelle de 2008 à 2013.
Pendant cette époque, j’étais aussi président de la Haute Cour de Justice puis de 2013 à 2018, j’ai été président de la Cour constitutionnelle.

En somme, un parcours riche. L’aviez-vous imaginé ainsi, alors que vous étiez jeune étudiant ?

C’est peut-être une volonté qui a rencontré un destin. Puisque déjà étudiant, j’étais responsable d’association. Etudiant à Paris, j’étais dans le comité exécutif de la Fédération des étudiants d’Afrique noire en France et quand je suis rentré en 1979, j’ai milité dans un parti clandestin. J’avais des convictions et des engagements. Le champ politique ne m’était alors pas étranger. J’ai donc eu un parcours de militant en tant qu’étudiant, puis dans la clandestinité et avec l’avènement du multipartisme, j’ai affiché mes convictions au grand jour.

Des convictions politiques mais aussi des convictions morales. Il est dit de vous que vous avez le fer au poignet !

C’est une question d’éducation. Les personnes de notre génération ont eu la chance d’avoir une éducation qui mettait l’accent sur la conscience civique. J’ai eu la chance d’avoir commencé depuis la maternelle chez les religieux jusqu’en classe de Première où je suis allé au Lycée Béhanzin. On nous a inculqué des valeurs et je suis attaché à ces valeurs. « Tu mangeras ton pain à la sueur de ton front, il faut être honnête, rigoureux, juste, ponctuel… ». C’est pour tout cela que je n’aime pas tricher avec la vérité. J’ai horreur de l’injustice et quand je sens que quelqu’un est brimé, spontanément je me porte à son secours. Je n’aime pas non plus brimer les autres. Quoiqu’il se puisse que de façon inconsciente, je l’ai fait. Mais ce ne sera jamais de façon spontanée. On me reproche même de n’être pas capable de tuer une mouche. C’est ainsi que je suis. C’est ma conviction, je tiens à la vie, je respecte la vie, car c’est Dieu qui la donne et c’est lui seul qui peut la retirer.

Vous avez fini votre mandat à la Cour constitutionnelle. Bientôt, les législatives puis la présidentielle. Avez-vous des ambitions politiques ?

En 1996 déjà, il m’avait été demandé d’être candidat à l’élection présidentielle. J’ai dit que cela ne m’intéressait pas. D’autant plus qu’avec le président Soglo, on était en pleine campagne et nous œuvrions pour qu’il puisse être réélu. D’aucuns pensaient qu’après 1996, j’allais être le dauphin. En 2001, on m’a fait des propositions pour que je sois candidat tout financement pris en charge, j’ai renoncé. En 2005, il m’a été rapporté par un de mes collaborateurs de l’époque, Victor Topanou qui était alors secrétaire scientifique de la Chaire Unesco, que des dockers auraient dit que le professeur Holo ferait un bon candidat pour l’élection présidentielle et d’autres auraient demandé si j’ai de l’argent. Voilà moi, je n’ai pas de l’argent. Puis en 2015, pendant longtemps, le président Boni Yayi m’a sondé pour savoir si j’étais intéressé par la fonction. J’ai dit : « Non ! Cela ne m’intéresse pas ». Heureusement, j’ai déjà 70 ans maintenant et en 2021, j’aurais 73 ans. Je n’ai plus aucune ambition politique, ni pour les élections législatives ni pour l’élection présidentielle. Je suis un homme de principe.

Très rigoureux, vous seriez aussi très humoristique, il paraît !

Oh oui ! J’adore blaguer. Je me souviens que j’avais reçu avec mon épouse le père Jacob Agossou de Bon Pasteur à ma résidence. Il a été surpris de voir combien je pouvais être drôle. Quelques jours après, nous étions à l’Eglise, il célébrait la messe, il me montre au père concélébrant, lui dit quelques mots et ils se marrent. Je lui ai demandé à la fin de la messe pourquoi il me montrait à la messe et il m’a répondu qu’il disait à son confrère : « Tu vois ce monsieur sérieux qui a l’air très dur, mais qu’est-ce qu’on se marre quand on est à sa table ! Tu ne vas pas le reconnaître ». Très souvent, les gens qui me voient ont le sentiment que je ne sais pas sourire. Même ma fille, mon aînée, à 5 ans me demandait : « Papa, tu ne sais pas rire ? » Mais quand on est proche de moi, on le remarque : j’adore raconter des histoires, j’adore faire des blagues. Chacun de nous a sûrement ces deux facettes. Il y a la posture que j’adopte quand je suis au travail. Mais il faut un temps pour se décompresser. A la Cour, quand je sens qu’il y a de la tension, il m’arrive de raconter de petites histoires. Même les grands hommes le font. Le président Kérékou a la mine sévère mais un jour je me souviens, au niveau du Haut conseil de la République j’ai raconté une histoire. Il m’a fixé et j’ai cru qu’il me regardait méchamment. Il me dit : « Vous savez ? ». Je pensais qu’il voulait me blâmer. Finalement, il raconte une histoire mais il ne rit pas. Chacun de nous a des occasions de détente.

Quels ont été les moments forts de votre parcours ?

Ma vie a été des occasions de défis. J’ai eu la chance d’étudier loin de mon pays et de ne pas avoir la mentalité de dépendre des autres ou d’aller demander des services. Quand vous vous retrouvez en Europe à cette époque, ce n’est que par votre propre travail que vous pouvez réussir. Et quand vous n’avez pas de bourse, vous apprenez à vous prendre en charge. Ce n’était pas facile mais j’y suis arrivé. Ensuite, la conférence nationale a été le moment de mettre en œuvre mes convictions. Et avec l’accompagnement que j’ai eu par la suite dans mes responsabilités politiques, j’ai été fidèle à ces principes. Ce sont des moments forts.
Par ailleurs, au niveau de la Cour constitutionnelle, il y a eu des moments d’échanges et d’épreuves, mais nous sommes toujours arrivés à trouver un consensus utile pour la préservation de la paix et dans le respect de l’Etat de droit et de la démocratie. Ce sont des moments passionnants qui ont permis de mettre en œuvre mes convictions et de montrer que je n’ai pas besoin de tricher avant de réussir dans la vie, de montrer que malgré les épreuves, on peut rester fidèle à ses convictions. Ce n’est pas toujours facile parce qu’on n’est pas toujours compris. Et, à des moments donnés, certains ont cru qu’on s’insurgeait contre eux. Mais bien après, ils se sont rendu compte de ce que nous leur avons rendu service. Ainsi va la vie et c’est ce que j’appelle le jugement de l’histoire.

Des épreuves, des moments moins forts ?

Je suis un homme comblé, ma vie familiale me rend heureux. Je rends grâce de n’avoir pas eu d’enfants décédés qui pourrait créer une souffrance intérieure. Je rends grâce à Dieu pour avoir eu toutes ces facilités. Même quand je trébuche, quand Dieu m’envoie des épreuves, je me dis que c’est l’occasion pour moi d’enlever les "é" de ces épreuves pour donner à Dieu la preuve de ma foi, de mes convictions et de ne jamais renoncer. Les moments difficiles sont pour moi des moments de foi et de conviction pour relever le défi quotidien.

Propos recueillis par Anselme Pascal AGUEHOUNDE

Actualités 07 juin 2018


Projet de l’Autoroute sous-régionale « Corridor Abidjan-Lagos »: Les experts des pays membres évaluent les avancées
[caption id="attachment_29422" align="alignnone" width="1024"]le Corridor Abidjan - Lagos[/caption]

Le comité chargé de piloter le projet de l’autoroute régionale et des experts du «Corridor Abidjan - Lagos» (Côte d’Ivoire, Ghana, Togo, Bénin et Nigeria), tient sa dixième réunion du 5 au 8 juin à Cotonou. L’ouverture des travaux a été présidée par Cir Koty, ministre béninois des Transports et des Infrastructures.

Prévue du 5 au 8 juin à Cotonou, la dixième réunion du comité de pilotage et des experts du programme de développement du Corridor Abidjan - Lagos, a été ouverte, ce mardi 5 juin par le ministre des Infrastructures et des Transports, Cyr Koty. Cette rencontre qui réunit des experts des cinq pays concernés par le projet : Bénin, Côte-d’Ivoire, Ghana, Niger et Togo, s’inscrit dans le cadre des échanges autour de la signature et la ratification des accords de financement par les États membres. 

Les participants font le point des passations des marchés en vue du recrutement des bureaux d’études et de conseils techniques. À cet effet, le dossier de création de la Cellule d’exécution du projet sera étudié dans le but de la signature de son institutionnalisation, lors de la rencontre des ministres. Aussi, un point sera fait sur la création de l’Autorité de gestion du Corridor Abidjan-Lagos (Alcoma) et l’actualisation du programme de travail du projet.
Pathé Guèye, commissaire des infrastructures de la Cedeao, affirme que des avancées ont été notées, notamment à travers la poursuite de la mise en œuvre de toutes les composantes du projet Corridor Abidjan - Lagos. L’autoroute devrait traverser à terme la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo, le Bénin pour arriver au Nigéria. Cet ambitieux projet vise à assurer la fluidité du trafic entre les capitales des pays du corridor.
Parlant des avancées depuis la dernière réunion, M. Guèye cite la finalisation et la soumission des copies de l’accord intergouvernemental portant création de l’Autorité supranationale de gestion du Corridor Abidjan-
Lagos aux États membres pour avis juridique des ministères de la Justice, aux fins de procéder à sa signature, entre autres. Il a signalé à l’assistance que le Bénin a achevé le processus de ratification du traité sur le corridor, en saluant cet acte que le ministre Koty a conduit personnellement.
Les résultats qui seront issus de cette rencontre impulseront une nouvelle dynamique à la mise en œuvre du projet d’autoroute du corridor Abidjan-Lagos, long de 1028 kilomètres, longeant le golfe de Guinée. Il va donner un coup de fouet à l’intégration régionale, selon le ministre Koty.
À terme, ce sont cinq capitales et cinq ports parmi les plus importants de l’Afrique de l’Ouest qui seront ainsi reliés par une autoroute, ouvrant de nouvelles perspectives économiques à toute la région. Selon le ministre Koty, ce corridor représente déjà 75 % des échanges dans la région et est profitable aux pays de l’hinterland.
Cette réunion est organisée en prélude à celle du comité ministériel de pilotage prévu pour le 8 juin prochain.

Société 06 juin 2018


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