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Photo de famille des jeunes formés avec leurs formateurs, le ministre de l'Energie et le chef de la délégation de l'Ue[/caption]
Démarrée le 22 mai dernier, la formation des jeunes techniciens et ingénieurs et des professionnels du privé béninois dans le domaine des énergies renouvelables a été close, samedi 2 juin dernier au Centre de formation et de perfectionnement de la Communauté électrique du Bénin à Abomey-Calavi par le ministre Dona Jean-Claude Houssou. A l’occasion, les 120 bénéficiaires ont reçu leurs attestations de participation.
Outillés en entreprenariat dans les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique dans le cadre du projet Renforcement des capacités des acteurs du secteur de l’énergie au Bénin (Recased) de l’Union européenne, les jeunes diplômés et les professionnels du secteur privé en énergie ont reçu leurs parchemins, vendredi dernier à Abomey-Calavi.
Arnaud Zannou, coordonnateur de l’Unité chargée de la politique de développement des énergies renouvelables (Uc/Pder), a précisé que la formation des 120 stagiaires s’est déroulée autour de trois modules. Il s’agit de la création d’entreprise dans le monde professionnel, la simulation et l’optimisation énergétique et les mini-réseaux propres pour l’électrification rurale dont l’électrification hors-réseau. Ils ont été dispensés par huit experts formateurs de rang international dont trois Européens et cinq de l’Ecole polytechnique d’Abomey-Calavi, de l’Ecole supérieure des métiers des énergies renouvelables (Esmer) et de l’Association interprofessionnelle des spécialistes des énergies renouvelables du Bénin (Aiser). « Ce sont 70 % de professionnels et 30 % d’universitaires », révèle-t-il. Autres caractéristiques de la formation, c’est que sur les 120 apprenants, on dénombre 2/3 d’étudiants finissants, 1/3 de professionnels et 15 % de femmes.
Pour améliorer la formation pour les futurs bénéficiaires, il préconise la mise en place d’un suivi pour évaluer ceux de la première vague afin d’en évaluer les succès et même les échecs.
Oliver Nette, chef de de la délégation de l’Union européenne au Bénin, met l’accent sur l’aspect emploi des jeunes. A l’en croire, la formation s’est déroulée dans le cadre d’un partenariat innovant entre le monde académique et le monde professionnel. Cette option est faite, explique-t-il, pour « faciliter l’accès des jeunes à l’emploi et l’auto-entreprenariat dans le marché des énergies renouvelables ». « L’objectif est de dynamiser le marché de l’emploi, de mettre en contact les étudiants avec les employeurs potentiels et d’encourager l’initiative individuelle et l’auto-entreprenariat », clarifie Oliver Nette. La formation, poursuit-il, relève du projet de l’UE dénommé Renforcement des capacités des acteurs du secteur de l’énergie au Bénin (Recased).
Satisfaire les besoins des populations en énergie
Situant la formation dans son contexte, à la cérémonie de clôture, le ministre de l’Energie, Dona Jean-Claude Houssou, rappelle que pour accélérer la satisfaction des besoins en services énergétiques des populations, le Bénin s’est engagé dans diverses initiatives. Il signale que pour répondre à l’objectif n°7 des objectifs du développement durable visant à « garantir l’accès de tous à des services énergétiques fiables, durables et modernes à un coût abordable » à l’horizon 2030, le gouvernement a compris l’ampleur des efforts à fournir. Ainsi, la promotion des énergies renouvelables est en bonne position dans le Programme d’actions du gouvernement avec un accent sur l’emploi des jeunes. Soulignant l’avantage de ce choix, il fait savoir qu’on ne saurait parler d’accès durable à l’énergie ou aux services énergétiques sans prendre en compte de façon particulière les énergies renouvelables dont « la flexibilité d’utilisation permet d’atteindre les localités les plus éloignées du réseau conventionnel ». Il ajoutera que « les recherches accélérées dans ce domaine contribuent à la réduction des coûts au fil des années ». Ce qui, selon lui, rassure et conforte dans l’option de mettre ce type d’énergie au cœur du développement énergétique au Bénin.
Revenant à la formation pour en relever la pertinence, il note qu’elle a abordé des problématiques qui sont d’actualité au Bénin. En effet, elle aura permis de mettre l’accent sur la promotion de l’emploi en relation avec le sous-secteur des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique. S’adressant aux récipiendaires, il leur fait comprendre qu’ils viennent de franchir le premier pas vers le développement de leurs activités dans le domaine des énergies renouvelables. « Cette formation a permis de vous doter des outils techniques et pédagogiques nécessaires pour faciliter votre insertion professionnelle et aider le secteur privé à mieux organiser son business pour son émergence », insiste le ministre de l’Energie tout en les exhortant à maintenir la veille technologique dans le domaine pour ne pas être dépassés.
Aux dires du chef de la délégation de l’Ue au Bénin, Oliver Nette, cet effort sera renforcé, au cours de l’année académique prochaine, avec les principales structures d’enseignement universitaire et technique du pays. A ce propos, Madeleine Bibée Ngo, porte-parole des récipiendaires, promet au nom de ses pairs de s’inscrire encore pour les prochaines sessions sans oublier de remercier les initiateurs du projet Recased.

La cour d’assises de la cour d’appel d’Abomey a jugé la douzième affaire inscrite au rôle, mercredi 30 mai. Il s’agit d’une affaire de coups mortels. Dans le box des accusés, Samuel Ezin. L’arrêt de la cour l’acquitte au bénéfice du doute.
Après avoir pris connaissance de la décision de la cour qui l’acquitte au bénéfice du doute, le vieux Samuel Ezin se met à genoux pour remercier son avocat Me Jean-Claude Gbogblénou. Tellement il est ému qu’il ne se maîtrisait plus. Il remercie dans la foulée tout le monde. En effet, la cour, après avoir examiné le dossier dans le fond, a acquitté l’accusé Samuel Ezin au bénéfice du doute. Elle ne le reconnaît pas coupable des coups mortels. Un verdict qui a provoqué une grande joie au sein des parents de l’accusé présents et un grand soulagement pour son avocat qui a plaidé pour cet acquittement parce que « le dossier contient trop de doutes bien épais ».
La joie de retrouver les siens et le vent de la liberté se lisait sans peine sur le visage de l’accusé. Dans quelques jours, il aura 80 ans. Et il doit réapprendre à vivre en famille après avoir fait l’expérience de quatre ans de vie carcérale. Une vie à laquelle il ne se savait pourtant pas prédestiner, mais qui s’est imposée à lui comme un coup du diable. Ce jour où le drame s’est produit, il était loin de s’imaginer que c’est son sort qui venait d’être ainsi scellé. Et pourtant !
Ce jour de septembre 2014, le sieur Michel Atékotan, 60 ans, s’approche d’une petite fille (6 ans) de Samuel Ezin pour connaître le petit nom indigène de ce dernier. Ayant été informé de ce geste du sieur Michel Atékotan, Samuel Ezin est convaincu que le but de cet acte est bien de l’envoûter. A 75 ans, il est quand même averti de certaines pratiques occultes. Alors, il ne perd pas le temps. Il se porte au domicile de Michel pour l’interpeller à cet effet. Sur les lieux, il trouve une chicotte par terre qu’il ramasse et se met à fouetter Michel sur sa cour. Puis quelques jours après, Michel décède. Sa famille informe le vieux Samuel et lui demande de prendre en charge les dépenses relatives aux obsèques s’il ne veut pas être dénoncé à la gendarmerie. Samuel leur répond que le coup qu’il lui a porté ne peut en aucun cas entraîner sa mort.
Face à son refus, il est dénoncé à la brigade. Arrêté, il sera inculpé quelques jours plus tard pour coups mortels sur la personne de Michel Atékotan.
Déposant à la barre, mercredi dernier, Samuel répète qu’il n’a donné qu’un seul coup à la victime et qu’il ne croit pas que cela soit la cause de sa mort. Puis il poursuit en indiquant qu’après ce coup, il avait encore retrouvé Michel aux obsèques d’un parent à plus de cinq kilomètres de leur localité. Il se souvient qu’à l’occasion la victime ne faisait que boire de l’alcool et refusait de manger. Et c’est bien des jours après son retour qu’il est mort.
Le président de la cour, Delphin Chibozo lui rappelle que des témoins de la scène ont indiqué au cours de la procédure que c’est bien plusieurs coups qui ont été assénés à la victime et même avec un petit bâton fétiche. « Jamais ! » rétorque l’accusé. « Je lui ai porté juste un seul coup avec une chicotte ramassée sur sa cour », précise-t-il.
Après plusieurs heures de questions-réponses et de démonstrations juridiques, l’avocat général Eric Edjrossè Fidématin devait prendre ses réquisitions. D’abord, il reconnaît le caractère sacré de la vie que nul n’a le droit de supprimer. Et quand cela arrive, la société met tout en œuvre pour élucider les circonstances de sa survenue. Et c’est bien ce qui a été fait dans le cas du décès de Michel. Mais, dans le dossier rien ne prouve que l’intéressé soit décédé suite aux coups qui lui ont été portés. D’ailleurs, après l’incident, il était à une cérémonie d’enterrement où il a été aperçu bien éméché. Des jours, après son retour, il se plaint de douleurs avant de rendre l’âme. Le comble en est qu’après sa mort, le médecin ayant inspecté le cadavre n’a constaté aucune lésion sur la dépouille concluant de ce fait que la cause de la mort n’est nullement apparente. Et que seule une autopsie pourrait dire avec précision la cause du décès.
L’avocat général Eric Edjrossè Fidématin fait remarquer que le ministère public qu’il a la lourde responsabilité de défendre à cette audience l’obligation aussi bien la victime que l’accusé. Il peut donc instruit à charge comme à décharge. Alors, ayant constaté l’absence des éléments constitutifs de l’infraction de coups mortels, il demande à la cour « d’acquitter l’accusé Samuel Ezin. Et ce serait justice rendue à la société ». Car, ajoutera-t-il, le rôle des assises n’est pas toujours de trouver les coupables, même quand il n’y en a pas. Mais plutôt de rendre justice à la société.
La défense représentée par Me Jean-Claude Gbogblénou salue l’élégance et l’honnêteté intellectuelle de la cour notamment de l’avocat général qui reconnaît la vacuité du « dossier qui ne contient que des doutes bien épais ». Il abonde ainsi dans le même sens que le ministère public pour indiquer à la cour que dans le dossier, il n’y a aucun lien de causalité entre la mort de la victime et les coups de fouet reçus. Il va plus loin en indiquant qu’en réalité, c’est la famille de la victime qui devrait être poursuivie pour non-assistance à personne en danger. Car, « elle ne l’a même pas transportée, ne serait-ce que dans un centre de santé pour les premiers soins ».
Pour Me Gbogblénou, l’accusé Samuel n’est coupable de rien. Il invite la cour à aussi constater l’évidence du doute épais pour le libérer afin de lui permettre d’aller se mettre en harmonie avec sa famille et lui-même avant de répondre à l’appel de son créateur?
Les Faits
Le 3 septembre 2014 à Odo-Otchérè, situé dans l'arrondissement de Kèrè, commune de Dassa-Zoumè, le nommé Samuel Ezin, sous prétexte que Michel Otékotan venait de demander, auprès de l'une de ses petites filles, son prénom, certainement pour l'envoûter, s'est rendu à son domicile.
Une fois audit domicile, il l'interrogea sur les raisons de cette demande et n'ayant eu aussitôt de réponse, il se mit à le bastonner et ne cessa qu'après l'intervention de dame Denise Agbétou.
Quelques instants après, Michel Otékotan commença par se plaindre d'intenses douleurs corporelles et, en l'espace d'une semaine, il passa de vie à trépas.
Interpellé et inculpé de coups mortels, Michel Ezin reconnaît n'avoir porté qu'un seul coup de chicotte à la victime et soutient que son coup ne pouvait lui occasionner la mort?
Composition de la cour
Président : Delphin Chibozo
Assesseurs : Mohamed
Obonou / ThierryAhove
Jurés : Gérard Tossou, Paul D. Glèlè, Hortense M. Tossou et
Victorine Agbémahoué
Avocat général :
Éric Fidematin
Greffier : Olga Houeto-Aloukou

Les infractions de coups et blessures volontaires et coups mortels étaient au centre de la douzième affaire examinée par la cour d’assises de la Cour d’appel de Parakou, vendredi 1er juin dernier. N’étant pas en possession de ses facultés mentales au moment des faits, Manga Moutangou a été purement et simplement acquitté. Ce qui lui permettra d’aller se faire soigner dans un centre psychiatrique, aux frais du Trésor public.
A la barre, vendredi 1er juin dernier, de la cour d’assises de la Cour d’appel de Parakou, pour répondre de l’infraction de coups et blessures volontaires et de celle de coups mortels, il y avait un accusé peu ordinaire en la personne de Manga Moutangou. Né en 1973, ce père de sept enfants présentait une humeur agitée. Faisant des gestes incontrôlés ponctués par des propos dénués de sens, il n’a pas été en mesure de décliner son identité. Ce qui a amené les membres de la cour présidée par Adamou Moussa, ainsi que l’avocat général, Léon Parfait Yèhouénou, à admettre son état débile.
Conformément à l’article 64 du Code pénal, la cour le déclare non coupable desdites infractions, parce qu’il n’était pas en possession de ses facultés mentales au moment de leur commission. Elle l’a également acquitté purement et simplement, puis ordonné son internement dans un centre psychiatrique, pour se faire soigner. Sa prise en charge sera assurée par l’Etat.
Pour l’avocat général, les éléments constitutifs de l’infraction de coups et blessures volontaires et de celle de coups mortels sont bel et bien constitués. Toutefois, fait-il constater, le rapport psychiatrique et psychologique établi indique que Manga Moutangou n’était pas en possession de ses facultés. Par rapport à l’imputabilité, estime Léon Pape Yèhouénou, il ne saurait donc être responsable des faits au moment de leur commission. « Sa mise en détention constituant une menace pour les autres détenus, sa place est plutôt dans un asile », a-t-il insisté.
A sa suite, Me Ibrahim Salami qui défendait les intérêts de Manga Moutangou, demande à la cour de lui accorder l’acquittement pur et simple?
Les faits
En effet, le dimanche 14 juillet 2013, Manga Moutangou qui n’avait pas retrouvé certains de ses habits qu’il a achetés, a accusé son jeune frère Justin Moutangou d’être la personne qui les a pris. S’engage entre eux une dispute au cours de laquelle il lui a porté deux coups de poignard au ventre. Observant la scène, Georges Kouyéma est venu secourir Justin Moutangou. C’est au cours de cette intervention que Manga Moutangou lui envoya un coup de poignard dans le thorax. Transporté d’urgence à l’hôpital Saint de Dieu de Tanguiéta, il rend l’âme dès suite de sa blessure?

La transhumance de la saison 2017-2018 au Bénin a généré de nombreux cas de violence. Le bétail aperçu dans la zone méridionale du pays est refoulé. Les dispositions de l’arrêté interministériel qui organise la transhumance limite les zones de transhumance transfrontalière à la latitude de Dassa-Zoumè. Des éleveurs installés dans le Sud, confondus à des étrangers, ont subi des violences et des pertes. Les éleveurs de ruminants rencontrés à Bohicon accusent l’arrêté interministériel d’être à l’origine de confusion qui a généré les conflits.
La déception des éleveurs/pasteurs du Sud-Bénin est évocatrice. « C’est une transhumance qu’on peut dire non apaisée ; elle a généré beaucoup de problèmes. Les cas de conflits ont explosé. À la vue des bergers éleveurs, les agriculteurs, informés par les médias communautaires qu’ils ne doivent plus se retrouver dans cette partie du pays, se mettent à leur suite », se désole Akibou Ali-Tcham, président de l’Union départementale des organisations professionnelles d’éleveurs de ruminants (Udoper) Zou-Collines. « Les réalités du terrain ne sont pas prises en compte. Actuellement, le département des Collines a des problèmes d’eau », affirme-t-il.
Pour lui, la première raison de la transhumance est l’eau, parce que le bétail peut consommer la matière sèche. « Un animal adulte a besoin de 30 litres d’eau par jour », informe-t-il, montrant qu’il serait impossible de faire abreuver le bétail par l’eau achetée alors que la population elle-même souffre du manque d’eau.
La campagne est très encadrée cette année. Les couloirs de passage sont limités. La transhumance est interdite pour le bétail venu de l'étranger, dans la région méridionale. C’est-à-dire le bétail venu du Nigeria, du Niger ou du Burkina Faso ne doit pas dépasser la limite de Dassa-Zoumè.
Tout le reste est la région méridionale, classée zone à risques... ...Elle est interdite d'accès. Les forces de sécurité publique et de défense sont instruites aux fins de refouler les transhumants hors des territoires délimités.
Gaston Dossouhoui, ministre en charge de l’Élevage, a confié à Rfi que cette partie est une zone de forte concentration humaine, l’urbanisation est galopante, les espaces pâturables sont plus réduits et à chaque fois dans cette zone, les cultures annuelles tardent à aller à maturité. Ce qui génère beaucoup de conflits souvent soldés par des morts d’hommes.
L’arrêté interministériel a été signé le 31 janvier 2018 suite à l’adoption de la communication y relative en Conseil des ministres le 13 décembre 2017. La décision est applicable à partir du 15 janvier 2018. À la date de signature, le bétail est déjà sur le territoire. « Le calendrier pour l'entrée et la sortie n’a pas tenu compte de la pluviométrie », déplore M. Ali-Tcham, qui soutient que l’arrêté interministériel a semé la confusion. Il regrette qu’« On ait donné assez de temps pour la transhumance alors qu’elle s’est passée sur une courte période ».
Sambo Muhamadou Buhari, responsable équipe technique de l’Udoper Zou-Collines, dénonce la gestion de cette transhumance. « Ce sont les éleveurs béninois qui quittent le Nord qui descendent plus vers le Zou », informe-t-il, précisant que les Nigérians traversent le département des Collines pour se rendre vers le Togo et le Ghana. Toutefois, il reconnaît qu’une infime partie des transhumants descendent vers le Zou, soulignant qu’ils rentrent sur le territoire béninois par le Sud, précisément Kétou et passent par Zagnanado.
Mauvaise interprétation des textes
La population mal informée du contenu de l’arrêté interministériel, aurait compris que la décision est applicable à tous les cheptels, quelle que soit leur origine. Faute d’une bonne vulgarisation, les agriculteurs seraient convaincus que les bouviers sont prêts à tout pour faire paître leurs troupeaux. Ils les accusent de crimes effroyables. Une conviction nimbée d’incompréhension.
Conséquence, « les éleveurs, même ceux qui sont installés dans Zogbodomey, Agbangnizoun, Bohicon, etc. sont renvoyés vers les Collines », raconte M. Buhari. « Avec la décision qui a été prise, les gens ont cru qu’il ne devrait plus avoir de bœufs dans la zone méridionale », étaie Sani Mama, spécialiste des questions pastorales. Le ministre Dossouhoui estime que l’essentiel est que les communautés peuvent se comprendre et que la transhumance se gère dans le calme et la paix.
L'objectif de réguler et orienter les transhumants pour éviter des conflits avec les agriculteurs locaux semble encore loin d'être atteints. Dans certaines communes, comme Covè et Zagnanado, c’est l’abattage systématique des animaux, renseigne M. Ali-Tcham, allant jusqu’à accuser les autorités. « Ce sont des animaux béninois qui ont été tués à Covè », renseigne-t-il, ajoutant qu’un procès est intenté contre le maire de cette commune qui serait l’instigateur des tueries. « Le dossier est encore pendant devant la Justice », informe-t-il, rassuré que le droit sera dit.
Zagnanado n’avait pas été épargnée des violences et tueries. Des blessés ont été dénombrés selon M. Buhari qui précise qu’au moment où les abattages ont commencé, les Nigérians étaient déjà hors du Bénin, en l’occurrence vers le Togo.
Covè, Zagnanando, Ouinhi et Zogbodomè sont des communes traversées par plusieurs cours d’eau offrant beaucoup de possibilités d’alimentation et de breuvage au bétail. Les risques d’affrontement entre éleveurs et paysans y sont élevés.
À Agbangnizoun, M. Buhari signale que les violences ont fait huit morts : « un agriculteur et sept éleveurs peuls ». Tout serait parti des menaces d’agriculteur à un bouvier en transhumance dans la zone en provenance de Dassa-Zoumè. Exaspéré, le bouvier l’a assommé et mort s’en est suivie », raconte-t-il. Révoltée, la population a été incitée à abattre tous bouviers retrouvés dans la zone. C’est ainsi que deux jeunes de Bohicon, propriétaires de bétail en pâturage dans la zone, confondus à des Peuls, ont été tués alors qu’ils allaient voir leurs troupeaux, bien qu’étant habillés en jeans, précise-t-il.
Le gouvernement ayant pris la mesure des violences a dépêché sur le terrain des ministres pour sensibiliser les populations et calmer les ardeurs. Seulement le mal était déjà fait : ce sont des éleveurs béninois qui ont été tués, déplore M. Ali-Tcham, pour qui, il a manqué de communication et de sensibilisation à l’endroit de tous les acteurs pour une meilleure compréhension de l’arrêté interministériel.
Les violences n’ont pas épargné d’autres localités. C’est le cas à Ogouba-Ignangnita à Pobè où les dégâts sont estimés à huit greniers et douze cases saccagés et brûlés. S’ajoute, la destruction de plusieurs hectares de plantations de palmier à huile et de champs de gombo à Alaga et trois hommes charcutés à Agbélé, toujours dans la même commune, rapporte l’Agence bénin presse, le 2 mars 2018 sur son site.
M. Buhari raconte qu’une malveillante rixe entre transhumants nigérians de retour du Togo et des agriculteurs béninois à Igbodja a fait huit morts : deux bouviers peuls et six paysans. Il raconte que les deux bouviers auraient été tués alors que ceux-ci serait à la quête de l’eau sous le prétexte qu’ils seraient des braqueurs ou auraient laissé leurs bêtes en divagation. « La revanche des Nigérians a causé six morts dans les rangs des cultivateurs béninois », raconte-t-il déplorant les pertes en vies humaines.
Pour une transhumance apaisée
Le technicien, spécialiste d’élevage de l’Udoper-Zou, Sambo Muhamadou Buhari, indexe le manque d’aménagements pastoraux. « Est-ce qu’il y a des aménagements dans le département des Collines pour accueillir les transhumants ? » s’est-il interrogé, affirmant que c’est une question préjudicielle pour que la recherche de pâturage se limite dans les Collines.
Outre cette question importante dont il dit que la réponse est négative, il affirme qu’il n’y a pas de couloirs de passage reconnus officiellement, d’où les agriculteurs implantent-ils leurs champs où bon leur semble. « Ce sont des choses qu’il faut considérer avant de déclarer une zone de transhumance », recommande-t-il.
M. Ali-Tcham affirme qu’il faut qu’à l’avenir, le gouvernement revoie la copie. « Limiter la transhumance dans une région où s’approvisionner en eau est difficile n’apporte pas de solution aux violences issues des transhumances », éclaire-t-il.
Il espère que l’évaluation de la campagne devrait permettre de corriger le tir, affirmant avoir mené des démarches dans ce sens. Ces recommandations pourraient par ailleurs permettre de distinguer un transhumant national d’un transhumant transfrontalier.
M. Ali-Tcham souhaite que l’armée soit prochainement impliquée dans la transhumance pour assurer la quiétude de chaque partie. Pour lui, les mouvements de troupeaux devraient être suivis et que des contrôles doivent être prévus pour éviter des échappées.
Le ministère de l'Élevage devra par ailleurs prévoir un dispositif d'accueil, d'enregistrement et d'orientation. Mais tout cela viendra en appui à la délimitation claire des zones de transhumance et de production agricole. Pour le responsable des éleveurs de ruminant du Zou, le sort réservé aux pasteurs installés au Sud doit être aussi clairement élucidé.
Le vœu le plus cher de M. Ali-Tcham est que l’Assemblée nationale vote la proposition de loi portant Code pastoral. Un code dont l’avant-projet a suivi un processus participatif et inclusif des acteurs du sous-secteur.
Jonas Gbeffo, chargé de l’information de la Pnoppa, commente qu’il faut à l’avenir prendre des arrêtés participatifs, en intelligence avec le Nigeria qui laisse traverser à ses frontières avec le Bénin la grande partie des cheptels. Mieux, fait-il remarquer, un arrêté conjoint avec l’État fédéral, dont le président fut un ancien président de Réseau bilital marobe (Rbm), qui réunit l’ensemble des pasteurs éleveurs de la région Afrique de l’Ouest, aurait un effet beaucoup plus bénéfique?
Qu’est-ce que la transhumance ?
Selon Marcel Houinato, enseignant-chercheur à l’Université d’Abomey-Calavi, « C’est un système d’élevage comme tout autre. L’éleveur quitte sa région avec son troupeau où les ressources font défaut pour aller vers d’autres localités où ces ressources sont disponibles, tout en ayant le regard derrière et retourne dès que les ressources sont reconstituées sur son territoire ».
La transhumance est un problème lorsqu’elle est mal gérée. La difficulté, indique l’enseignant-chercheur, est beaucoup plus liée à la traversée des zones qui n’étaient pas habituées à recevoir un grand nombre de bétail et en plus, la fréquentation de ces localités par les animaux à un moment où les activités agricoles sont en cours.
La production pastorale extensive qui induit par la transhumance représente la quasi-totalité de viande du gros bétail. La transhumance et les conflits pour les ressources en eau et pâturage sont donc une véritable préoccupation au Bénin.
Le préfet Joachim Apithy et le conseil communal de Bonou faisant le geste utile[/caption]Le département de l’Ouémé n’est pas resté en marge de la célébration de la trente-quatrième édition de la Journée nationale de l’arbre commémorée vendredi 1er juin dernier. Les manifestations officielles au niveau départemental, placées sous l’égide du préfet Joachim Apithy entouré des membres de la Conférence administrative du département, se sont déroulées dans la commune de Bonou où 2500 plants de teck et d’acacia ont été mis en terre sur un site 2 hectares.
La commune de Bonou, précisément le village d’Adido situé dans l’arrondissement de Hounviguè a été le point de mobilisation, vendredi 1er juin dernier, des autorités communales de Bonou et sur préfet de l’Ouémé pour la célébration de la trente-quatrième édition de la Journée nationale de l’arbre. C’est la première fois que cette commune accueille, depuis son histoire, cette célébration instituée en 1985.
Au total, 2500 plants d’espèces de teck et d’acacia ont été mis en terre sur un site de deux hectares aménagé à cet effet par le conseil communal.
Lançant la campagne de reboisement, le préfet Joachim Apithy est revenu sur les deux principaux objectifs de l’institutionnalisation de cette journée. Le premier, rappelle-t-il, est de permettre de compenser un tant soit peu la destruction du couvert végétal, de favoriser à long terme la satisfaction des besoins des populations en produits forestiers et de promouvoir le reboisement. La célébration de cette journée vise également à éduquer la population à la sylviculture et à la gestion durable des ressources forestières. C’est ce qui justifie depuis 1985 les différents efforts du gouvernement, des partenaires techniques et financiers ainsi que des acteurs du privé dans ce domaine. Ce combat a tout son sens au regard du rôle important que joue l’arbre dans la vie de l’homme, insiste Joachim Apithy. L’arbre stoppe le carbone, protège l’eau et les nuisances sonores. Il purifie, ajoute-t-il, l’air en captant les polluants et les fines particules qui s’y trouvent. L’arbre fournit les habitats, la nourriture et constitue une source de matière première pour les acteurs de la médecine traditionnelle. Toutes choses qui, selon Joachim Apithy, témoigne l’intérêt du thème de cette édition à savoir : « Arbre, économie verte et villes durables ». Le préfet a démontré le lien étroit entre l’arbre et l’économie verte d’une part, et l’arbre et la ville durable d’autre part pour attirer l’attention de la population du département en général et de Bonou en particulier, sur la nécessité de renforcer le couvert végétal par le reboisement et de protéger l’environnement. Joachim Apithy s’est dit déçu du bilan d’évaluation de l’édition 2017 de cette journée au niveau des neuf communes de l’Ouémé. En effet, sur les 18 176 plants mis en terre sur une superficie de 5,48 hectares étendue sur 36 km, le tableau d’évaluation affiche un bilan de près de 23 % de taux global de mortalité. Ce chiffre relance la problématique de l’entretien des plants mis en terre pour leur survie. Mais il a été rassuré par le maire de Bonou, Julien Afohounha qui a rassuré de la détermination de son conseil communal pour capitaliser l’œuvre accomplie. Laquelle vient renforcer, à l’en croire, les efforts que mène l’équipe communale dans le domaine de reboisement avec l’appui des partenaires techniques et financiers pour l’atteinte des Objectifs pour le développement durable (Odd) numéros 3, 11, 12, 13 et 15 qui met l’arbre, l’économie verte et ville durable au cœur d’une dynamique sectorielle.
Le maire Julien Afohounha garantit la survie des plants de teck et d’acacia reboisés. Toutes les dispositions sont déjà prises à cet effet pour entretenir les jeunes plants mis en terre pour le bonheur de la population de Bonou, au nom de qui, il remercie le préfet de l’Ouémé et tous les autres acteurs qui ont travaillé pour le choix de la ville pour abriter la phase départementale de cette campagne nationale de reboisement.
Le ministre José Didier Tonato mettant en terre un plant à Akodéha[/caption]Le ministre du Cadre de vie et du Développement durable, José Didier Tonato, a présidé, vendredi 1er juin dernier, les manifestations entrant dans le cadre de la célébration de la trente-quatrième Journée nationale de l’arbre. C’était dans l’enceinte du Ceg d’Akodéha, un arrondissement de Comè, la commune carrefour, et à Hongodé à l’intérieur de la ville de Comè, en présence des autorités locales et des personnalités politico-administratives nationales.
La trente-quatrième Journée nationale de l’arbre (Jna) a été célébrée à Akodéha, vendredi 1er juin dernier, sous le thème : « Arbre, économie verte et villes durables ».
« La ville durable est un centre urbain qui respecte les principes du développement durable et de l’urbanisme », a déclaré le ministre du Cadre de vie et du Développement durable, José Didier Tonato. La ville durable, poursuit le ministre, respecte les conditions écologiques en faisant une part appréciable aux enjeux socio-économiques et environnementaux. Elle est également, selon lui, l’assurance d’une haute qualité de vie pour tous en développant l’efficience des ressources naturelles et renouvelables. La ville durable s’appuie sur les trois piliers du développement durable pour innover et repenser l’aménagement urbain, un moyen pour améliorer cette qualité de vie afin de réduire les gaz à effet de serre en préservant les ressources.
La ville durable induit, selon le ministre José Didier Tonato, la mise en place de commodités pour une aisance environnementale, la découverte de merveilles animales et végétales de la nature. « Toutes ces activités associées aux villes durables pourront générer de multiples emplois et des revenus aux populations, donc contribuer au développement de l’économie verte», relève le ministre. Selon José Didier Tonato, cette vision a inspiré le choix du site d’Akodéha, lieu de la célébration qui vise une combinaison d’actions consistant à installer une plantation de 5 ha au Ceg de la localité, à faire un reboisement d’alignement en cocotiers sur l’axe Comé-Akodéha et à aménager la place publique Houngodé de Comè.
La célébration de la Jna, déclare Séverin K. N’Sia, directeur général des Eaux, Forêts et Chasse, s’inscrit dans une approche de partenariat Etat-communes, pour la conservation des espèces rares de la zone et la disponibilité en bois-énergie. Elle vise également l’éducation environnementale des élèves, l’aménagement de la place publique de Hongodé dans la ville de Comè pour offrir une diversité de services utiles aux communautés, le reboisement d’alignement interurbain sur l’axe Comè-Akodéha-Agatogbo pour la végétalisation de la plaine afin de lutter contre l’érosion des sols et le comblement du lac. Par ailleurs, il est prévu l’organisation des séances de sensibilisation et d’informations sur l’écocitoyenneté et le rôle des arbres et des forêts dans les grands centres urbains, afin de susciter l’adhésion des jeunes de toutes les localités à travers les possibilités de création d’emplois en milieu urbain et rural. Elle vise également la mise en terre des palétuviers à Tokan et Kpodji à Akodéha pour appuyer la protection des mangroves autour du lac Ahémé.
L’arbre, rappelle Séverin K. N’Sia, est la seule ressource capable d’absorber les gaz à effets de serre et la principale pourvoyeuse d’oxygène.
Après le Ceg Akodéha, la délégation s’est ébranlée vers la place publique de Houngodé au centre-ville à Comè où elle a surpris le ministre délégué chargé de la Défense nationale, Alain Nouatin qui y sacrifiait à la même tradition de plantation d’arbres.
Le représentant résident du Pnud au Bénin, Siaka Coulibaly, le président du Conseil économique et social et bien d’autres personnalités ont honoré de leur présence la célébration de la 34e journée nationale de l’arbre à Akodéha.
Reconstituer le couvert végétal
La Journée nationale de l’arbre instituée par décret n°85-291 du 2 juillet 1985 et célébrée le 1er juin de chaque année, vise à soutenir la reconstitution du couvert végétal afin de favoriser à long terme la satisfaction des besoins des populations en la matière. La trente-troisième édition a permis de mettre en terre 156 253 plants sur environ 120 hectares. Et la campagne nationale de reboisement 2017-2018 a enregistré 5 635 907 plants mis en terre sur une superficie de plus de 5000 hectares. L’évolution à fin mars 2018 donne 77 % de taux de survie, selon la direction générale des Eaux et Forêts. Le bilan des Journées nationales de l’arbre successives de 1985 à 2016 est de 6 657 295 plants mis en terre contre 145 576 306 plants mis en terre quant à la campagne nationale de reboisement selon la direction générale des Eaux et Forêts.
Une manne qui doit être bien gérée pour le bonheur de la communauté nationale.

La ville de Natitingou est en émoi depuis la mort par balles de deux présumés malfrats en fuite à la suite de leur procès au tribunal de première instance, le jeudi 31 mai dernier. En pour cause, la bavure policière qui a emporté la vie d’un citoyen autre que les détenus mis en cause au cours de l’opération de recherche des fugitifs.
L’opération de recherche de deux voleurs en fuite à la suite de leur condamnation par le tribunal de première instance de Natitingou à une peine d’emprisonnement de deux ans et à une amende de 50 000 F Cfa chacun, est loin d’avoir été un succès. Contrairement à ce qui a été annoncé de sources proches de la prison civile de Natitingou et de l’instance judiciaire, ce ne sont pas deux malfrats qui ont été tués par balles par les éléments de la police judiciaire renforcés par des militaires du camp Kaba, jeudi dernier. Un citoyen autre que les détenus mis en cause aurait été abattu lors de l’opération de recherche des fugitifs. Une information qui laisse croire qu’un seul a été tué et que le second court toujours dans la nature.
En effet, la disparition d’un jeune apprenti électricien depuis l’expédition punitive des forces de sécurité a tôt alerté sa famille sur son sort. Josias Sagui Kouandété parti avec un groupe de jeunes pour prêter main forte aux éléments des forces de sécurité dans leur opération de recherche ne reviendra jamais vivant de sa randonnée dans la brousse et la montagne. Il aurait été abattu par des policiers et militaires sur les dents après la fuite des deux condamnés au moment de leur transfèrement du tribunal vers la prison civile.
Selon les hypothèses de la famille à attester par l’enquête diligentée par l’administration pénitentiaire en collaboration avec le tribunal de première instance de Natitingou, le jeune adolescent âgé de 20 ans aurait été confondu à l’un des fugitifs en redescendant de la montagne, torse nu, après sa recherche infructueuse. Mal lui en a pris, les forces de sécurité lui auraient tiré dessus sans sommation. La famille atterrée se portera vers la prison civile, après qu’interdiction lui a été faite d’identifier les corps conduits le lendemain à la morgue de l’hôpital Saint Jean de Dieu de Tanguiéta et fera face à la terrible évidence. Josias Sagui Kouandété n’est plus de ce monde, recouperont les membres de la famille suite à maintes démarches.
Le procureur du tribunal se refusant à toute déclaration à la presse, l’enquête diligentée situera davantage sur les circonstances de ce drame et les responsabilités. En vue de faire son deuil la famille attend la probable remise du corps dans les jours à venir.
Le drame qui a frappé la famille Sagui Kouandété est consternant quand on connaît les circonstances du drame. A la poursuite des détenus en cavale, Josias Sagui Kouandété sorti précipitamment de chez lui pour prêter main forte est abattu. Pis, le jeune adolescent, selon les témoignages de ses congénères volontaires à la mission de recherche, à la vue des forces de sécurité, aurait levé ses mains en signe d’abdication sans la moindre attention de celles-ci.

Candidat unique au poste de maire de la commune de Ouaké, Mathurin Tomtokoum a été élu sans surprise, vendredi 1er juin dernier, lors de la session extraordinaire convoquée par le préfet de la Donga.
L’élection du nouveau maire de Ouaké supervisée par Issaka Moussa Yaya, secrétaire général de la préfecture de Djougou, et les deux chargés de mission du préfet, a vu celui qui a présidé le bureau d’âge au cours de ladite session l’emporter par 12 voix sur les 12 votants. Un plébiscite pour le désormais ancien chef arrondissement de Badjoudè en poste depuis août 2015.
Né vers 1959 à Kadolassi Dompago dans la commune de Ouaké, Mathurin Tomtokoum est un instituteur à la retraite, devenu par la suite chef service des infrastructures, de l’équipement et de la maintenance à la direction départementale Atacora-Donga. Marié et père de sept enfants, il succède à Titchalé Alassane Alimiyahou, destitué le 17 mai dernier.
Il était reproché à ce dernier, entre autres, « une gestion discriminatoire sur fond de favoritisme, le refus d’exécuter certaines décisions du Conseil communal telles que le non affermage du marché de Kassoua-Allah, des relations conflictuelles avec des conseillers communaux, chefs de villages et de quartiers de ville ainsi qu’avec des chefs des services. Son absence prolongée à la mairie suite à son incarcération, depuis le 5 janvier dernier, a été par ailleurs brandie comme l’un des motifs du vote de défiance à son encontre.
Avec l’élection de Mathurin Tomtokoum, c’est une nouvelle page qui s’ouvre pour la mairie de Ouaké secouée par les ennuis judiciaires de l’ancien maire. Il est appelé à relancer les actions de développement dans la commune entravées entretemps par la gestion de Titchalé Alassane Alimiyahou et son incarcération suite à une affaire l'opposant à l’entrepreneur en charge de la construction de l'hôtel de ville.
Membre de l’Alliance pour un Bénin triomphant (Abt), le nouveau maire s’est engagé par ailleurs à soutenir les actions du chef de l’Etat qui accorde dans le Programme d’action du gouvernement une attention particulière à la commune de Ouaké avec des promesses de bitumage de la route Pénéssoulou-Alédjo-Sèmèrè, de construction du marché international de Kassoua, de réalisation d’ouvrages d’eau potable dans toutes les localités et l’électrification des villages dont les premiers travaux ont démarré à Madjatom dans l’arrondissement de Tchalinga.
Obed KPADONOU reçu par Théodore HOLO[/caption]Théodore Holo, président de la Cour constitutionnelle, a reçu en audience, vendredi 1er juin dernier, trois différentes délégations. Il s’agit de l’Association des pêcheurs Toffins pratiquant la pêche artisanale et maritime, de la Fédération nationale des étudiants du Bénin et de l’Association mondiale pour le développement.
Le président de la Cour constitutionnelle, Théodore Holo, a reçu en audience le vendredi 1er juin 2018, trois différentes délégations. La première est composée des pêcheurs Toffins artisanaux et maritimes confrontés aux réalités d’une loi votée en 2014 qui réglemente la pêche maritime au Bénin. Selon Obed Kpadonou, responsable chargé des affaires judiciaires de l’Association des pêcheurs Toffins pratiquant la pêche artisanale et maritime (Aptppam), ils sont allés se plaindre au président des difficultés de survie que leur pose ladite loi. Il explique que la loi leur interdit la pêche en haute mer alors que les bateaux étrangers sont autorisés à pêcher dans les eaux béninoises.
M. Kpadonou raconte que le président Holo leur a conseillé de saisir la Cour d’un recours aux fins de se prononcer sur la conformité de cette loi avec les droits humains qui font bloc avec la loi fondamentale béninoise.
La deuxième délégation est celle des étudiants réunis au sein de la Fédération nationale des étudiants du Bénin (Fneb), conduite par son président, Alimi Gounou. Les étudiants sont allés exprimer au président Holo leur satisfaction pour ses « loyaux services rendus à la nation » à la tête de la haute juridiction.
Par ailleurs, les étudiants disent avoir présenté au président de la Cour les documents de formalisation pour une existence légale de leur fédération suivant son conseil. Alimi Gounou raconte que M. Holo les a félicités pour l’effort d’avoir une existence légale avec une volonté de transparence dans la gestion financière suivie de la dotation de la Fédération d’un compte bancaire pour une traçabilité des entrées et sorties. M. Gounou affirme qu’ils n’ont pas manqué d’informer le président de la Cour de l’organisation de la Semaine fédérale qui devrait montrer leur potentiel et ont exprimé leur souhait d’avoir un soutien de sa part. Une activité qui, par ailleurs, devrait permettre l’organisation d’un forum sur le mouvement estudiantin et explorer les voies pour des universités publiques apaisées.
La troisième audience a été accordée à Hugues Benjamin Gnimadi, président de l’Association mondiale pour le développement basée à Genève. Il a rencontré le président de la Cour constitutionnelle au sujet du fonctionnement synergique des institutions de la République qui, selon lui, est une préoccupation pour le développement socio-économique. L’hôte du président Holo fait savoir qu’il a discuté de cela avec le président comme il le fera avec d’autres également pour recueillir les points de vue des personnes qui sont en action avant le lancement du programme.
M. Gnimadi dit être satisfait des échanges qui lui ont permis de comprendre que les institutions doivent collaborer et non être de contre-pouvoir comme la majorité a tendance à le croire.

Dans la nuit du vendredi 1er au samedi 2 juin dernier, une secousse sismique de faible densité a été enregistrée notamment à Houéyogbé dans le département du Mono. Alertés, des cadres des ministères en charge des Mines et du Cadre de vie sont descendus sur le terrain pour un état des lieux.
La terre a tremblé le week-end dernier dans le Mono, notamment dans la commune de Houéyogbé. Dans les villages de Hindé, Sè, Gahoué, et surtout Doutou, la secousse sismique a été ressentie dans la nuit du vendredi à samedi dernier, selon des habitants de ses localités.
Le deuxième adjoint au maire de Houéyogbé, Casimir Sossa, en est un témoin. « J’ai constaté, vers 23 h 58, qu’il y a eu une secousse. C’était comme si un mur est tombé quelque part. Et presque tout le village est sorti pour le constat avant de se rendre compte que ce n’était pas le cas », raconte-t-il. Tout comme lui, la plupart des témoins ont indiqué que le phénomène géologique a été vécu courant minuit. Mais leurs opinions divergent quant à la durée de sa sensibilité. Tout se serait passé dans l’intervalle d’une minute sauf à Doutou et Hindé où la secousse aurait duré un peu plus. Technicien en bâtiment, M. Djossou confirme qu’à Gahoué, par exemple, les murs, les meubles, bref tout a tremblé autour de lui dans un laps de temps.
Aucun dégât majeur n’a été signalé. Mais les témoignages qui tendent à soutenir la thèse d’un tremblement de terre, à faible magnitude, restent à être confirmés par des spécialistes de la question. A cet effet, une délégation composée de cadres des ministères en charge du Cadre de vie et des Mines est descendue, samedi dernier, sur le terrain. Objectif, faire l’état des lieux et situer sur les causes et le degré d’intensité de la secousse.