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Nouvelles

El Régo, artiste musicien: « Je ne compte pas me retirer de la scène, tel un bossu »

A 80 ans, Théophile do Régo alias El Régo caresse le vœu de remonter sur scène pour fêter ses 60 ans de carrière musicale. Certes diminué par le poids de l’âge et la maladie qu’il a fini par vaincre à force d’abnégation, celui que l’on surnomme ‘’le rossignol’’ ne se résout pas à quitter la scène tel un bossu.

Faciès hâlé, barbe grisonnante soigneusement entretenue, Théophile do Régo est d’une lucidité déconcertante à 80 ans. A son domicile à Cocotomey, dans la commune d’Abomey-Calavi, ce musicien qui a fait danser toutes les générations rayonne de vie. Le rire mesuré, l’homme a l’air épanoui et se complaît à dire qu’il est au mieux de sa forme. Sauf qu’il peine à se tenir debout sur ses jambes. A l’aide d’une canne, il surmonte ce handicap. Dans l’arrière-cour de sa résidence, ce vendredi 11 mai, où l’entourent des enfants du quartier, il se prépare à livrer un autre combat de sa vie.
Président de la Ligue Littoral de boxe sortant, il renouvelle son mandat à la tête de cette organisation pour la énième fois, le lendemain. Quoique diminué, il reste le choix des responsables de clubs de boxe du département. C’est une formalité qu’il devra remplir au Hall des arts et sports de Cotonou, enceinte mythique du noble art qui a vu triompher des figures de la boxe béninoise. De Georges Bocco à Aristide Sagbo dit Sowéto en passant par Nazaire Padonou. Tel un boxeur, la veille de son combat, l’octogénaire est à la manette des préparatifs du rendez-vous qui va l’honorer une fois encore. L’assemblée générale élective de la Ligue Littoral reste pour lui un évènement déterminant dans la relance du noble art aujourd’hui en agonie. S’il s’est opposé au renouvellement de son mandat lors des tractations pour la composition du bureau exécutif de la Ligue, il n’a eu autre possibilité que de se résigner face aux suppliques des présidents des clubs de boxe qui n’ont cessé de croire en lui. Cela étant, il envisage d’organiser une tournée à travers tout le Bénin pour remercier ses fans et le monde musical tout entier pour tout ce qu’ils lui ont donné pendant soixante ans de vie dédiée à la musique. « Je ne compte pas me retirer de la scène, tel un bossu. La musique a été de tout temps une passion pour moi et qu’on le veuille ou non, je reste un artiste », justifie-t-il, le regard enjoué, laissant découvrir ses pommettes saillantes.
Né en 1938, l’artiste s’est révélé l’un des plus prolifiques de son temps. A son actif, de nombreux disques dont huit 45 tours, quatre 33 tours, deux cassettes et trois CD. Même retiré de la scène, il demeure une référence dans son secteur de prédilection. Aussi apprécié qu’il soit, l’artiste n’entend pas tourner la page de sa vie musicale sans marquer les esprits. Pas un simple au revoir mais un jubilé de rêve qui le verra se produire sur plusieurs scènes avec ses derniers compagnons que sont les membres de son orchestre. Avec en prime, une compilation de ses titres à succès. « A travers ce CD, j’entends reprendre des anciens morceaux de mon répertoire et y ajouter de nouvelles compositions », confie-t-il, gonflé à bloc par le projet qu’il compte concrétiser pour son bonheur et celui de ses admirateurs.

Une vie musicale édifiante

« J’ai fait mes premiers pas dans la musique au Sénégal en 1953 à l’école Médina de Dakar. Feu Eustache Prudencio en était le directeur et mon tuteur était un viveur qui aimait beaucoup la musique. Mon père était un mordu de Tino Rossi. J’avais aussi un oncle qui jouait de la guitare. Tout ça a suscité mon goût pour la musique ». Ainsi a commencé l’aventure qui le conduira en 1956 à rentrer au Dahomey, son pays natal qu’il avait quitté très jeune. « A 9 ans, je suis parti au Sénégal, récupéré par un tuteur comme ‘’vidomégon’’. J’ai souffert mais ça m’a formé à la vie. C’est mon karma et je loue Dieu », se remémore-t-il, un brin nostalgique.
Une fois au bercail, il intègre l’orchestre Jazz Hot de Euloge Amégan, période au cours de laquelle il a connu un certain Gustave Gbénou qui ne se prénommait pas encore GG Vikey. Ce dernier a rejoint le groupe à la suite de l’affectation au Nigeria du guitariste de la formation, Avit Assogba, diplomate de carrière. Par la suite, il prend le chemin du Niger puis du Burkina Faso où il a joué respectivement avec l’orchestre Los Cubanos et l’orchestre d’Antonio et les Chacha Boys puis à Harmony Voltaïque, l’orchestre de la Présidence. Retourné au pays juste après les indépendances, El Régo joue pendant longtemps dans la Filda, dirigée à l’époque par les Togolais de la John Walden. La Filda, se souvient-il, était l’orchestre préféré du président Hubert Maga. Après la Filda, il fait route avec Los Ponchos où étaient Gnonnas Pedro ainsi que Paul Alapini.
« J’ai fondé par la suite mon propre orchestre, le Daho Jazz. On avait juste une tumba achetée à Adjarra, un amplificateur et un haut-parleur. C’était maigre comme instruments mais ce n’est pas donné à tout le monde de les avoir. Mais l’expérience du Daho Jazz a tourné court parce que le patron du bar dans lequel nous animions avait voulu qu’on joue uniquement chez lui. Un jeune frère d’Idelphonse Lemon m’a sollicité pour Les Jet, un orchestre qui nous a permis de faire des tournées un peu partout dans la sous-région. A cette époque, on avait un jeune guitariste de 13 ans, Edouard Dossou-Yovo qui vit aujourd’hui en France. Pour ce groupe, j’ai dû renoncer à mon job de mécanicien-auto à l’ambassade du Nigeria. Mes parents et proches n’étaient pas contents. C’est ainsi que je suis rentré entièrement dans la musique », retrace celui qui finit par passer aux yeux de ses pairs comme un pacha.
A la suite de la dislocation du groupe après quelques mésententes avec le président, est né « Los Commandos » qui se produisait dans une boîte de nuit, « La Calebasse » puis à
« Canne à sucre » et au « Ludo Club ». Sept à dix orchestres animaient à Cotonou.
S’il y a un mauvais souvenir qu’il garde de ces années de succès de son orchestre, c’est la trahison de ses musiciens à la Saint Sylvestre de l’an 1966. « Les musiciens de mon groupe à l’exception de Houdou Baboni m’ont quitté pour jouer à Lomé. C’est cette mésaventure qui m’a inspiré la chanson ‘’Mèmènontian’’. Je l’ai chantée pour la première fois les larmes aux yeux, c’était assez triste. Le groupe avait du succès et
« La Calebasse » faisait le plein les week-ends. Des mordus de musique venaient de la sous-région pour s’égayer », se souvient-il. Ainsi s’achève cette merveilleuse aventure qui débouche sur la création de « El Régo et ses commandos ».
« Ma génération n’a pas passé de bons moments. Très peu d’artistes de cette génération ont pu enregistrer un disque. Des anciens de ma génération sont morts sans avoir laissé de traces. Joe Oloufadé en est un exemple. Il est mort sans avoir sorti un 45 tours », indique-il, plein d’amertume.
Mais battant et très sûr de lui-même, il ne s’est pas laissé abattre par le sort.
« Personne ne veut aider les artistes alors qu’on leur demande beaucoup. Une certitude, c’est que je sais me débrouiller. Même si je dois aller faire le docker au port, je n’hésiterai pas. Je ne veux pas mourir comme un chien. Il y a des artistes qui meurent malheureux et c’est dommage. L’art est un noble métier mais au Bénin, il faut avoir plusieurs cordes à son arc. Tant que la piraterie va persister au Togo et au Nigeria, les artistes béninois seront malheureux. Je ne peux pas attendre les recettes de la musique pour gagner ma vie », souligne-t-il. Outre sa capacité à surmonter les écueils qu’il rencontre dans la vie, Théophile do Régo dit devoir une fière chandelle à ses relations d’antan. « Les relations c’est plus que de l’argent. Et la musique m’a permis d’en avoir beaucoup. Quand vous êtes correct, vous arrivez à en tirer profit. J’ai eu cette chance d’avoir eu de grands fans. Je peux citer Idelphonse Lemon, Marius Francisco, Paul Gonçalves, Emile Francisco, Omer Gbaguidi et beaucoup d’autres. Ils nous ont été d’un grand secours. Nous avons trop souffert », lâche l’homme qui a su créer, à l’époque, des activités parallèles à son art. Une petite buvette en ville, quelques affaires au port à l’époque et puis la boîte de nuit ‘’Play-boy’’ à Jonquet, aujourd’hui fermée, où il reconnaît avoir gagné beaucoup d’argent. Plus de 50 ans que cette boîte s’est positionnée comme l’une des plus grandes plateformes de loisirs au Bénin. « Il y avait de la bonne musique et c’était à l’époque la boîte la plus animée. Aucun touriste ne pouvait faire escale à Cotonou sans y faire un tour », certifie-t-il.
Si aujourd’hui toutes ses petites affaires n’existent plus, le musicien vit des économies de la vente de quelques-unes de ses parcelles et de la générosité de sa progéniture, notamment celle d’une de ses filles chéries.

Secrets d’une passion

« La musique d’antan, c’est de la musique immortelle. Nous avions fait les orchestres et nous animions des soirées rien qu’à travers des compositions personnelles. Il y avait tout un répertoire. La musique n’est pas pour une génération spontanée », note El Rego en appréciant le travail fait aujourd’hui par les jeunes artistes dont bon nombre balbutient leur art, à son avis. « La musique doit être une œuvre pensée et non un phénomène de mode. Ce que les jeunes artistes chantent aujourd’hui ne saurait résister au temps. Il n’y a aucun message dans les textes. Bon nombre d’entre eux chantent la Salsa sans pouvoir danser convenablement sur ce rythme. Jésus-Christ a pas mal d’amis au sein des artistes béninois. Et le pire à déplorer, c’est que ces jeunes ont malheureusement adopté le chanvre indien et c’est bête », juge-t-il. Recommandant au passage que pour une relève de qualité dans la musique, il faille que les jeunes aillent au conservatoire, qu’ils maîtrisent l’essentiel de cet art pour y exceller.
Bien que se disant non satisfait de la qualité des œuvres produites, il se réjouit toutefois de l’animation de l’univers musical béninois. Savoir que des noms d’artistes musiciens franchissent aujourd’hui les frontières béninoises constitue un satisfécit pour lui qui aura été affecté pendant de longues années par la maladie à laquelle il a courageusement fait front. « Je suis fier d’entendre le nom d’Angélique Kidjo et de la voir caracoler au sommet des hits parades internationaux. C’est encourageant ! Il y a aussi beaucoup de jeunes talents restés sur place mais qui n’ont pas cette chance de sortir aujourd’hui et d’aller se faire lancer à l’extérieur comme elle. Sans avoir mis pied dans un conservatoire, certains jeunes se débrouillent bien. A côté d’eux, il y en a malheureusement qui sont médiocres et c’est eux qui font le plus de tort à notre musique. Les médias doivent savoir censurer, car ce n’est pas parce qu’un artiste musicien sort une œuvre qu’il faut forcément la diffuser ou la promouvoir. Quelle est alors la prime à l’excellence, au talent ? ».

Regard sur la musique des jeunes

« Contrairement aux jeunes qui pensent qu’on fait recours à la musique quand on n’a plus rien à faire comme job, pour nous, c’est la passion qui a pris le dessus sur tout. Les jeunes pensent qu’en sortant un CD, on peut s’en sortir facilement. Ce qui n’était pas le cas à notre époque. Aujourd’hui, il y a plus de possibilités pour ces jeunes de sortir un CD et c’est la course pour concrétiser cette ambition ; qu’importe la qualité de l’œuvre. Sortir un 33 tours ou un 45 tours parce qu’il n’y avait pas de CD à l’époque, ce n’était pas facile. Il faut trouver quelqu’un pour vous amener à Lagos pour aller le faire. Aujourd’hui, avec les ‘’home studios’’ et les Technologies de l’information et de la communication, tout est possible. En un temps record, il est facile de sortir un CD. Il y a de ces jeunes qui vont emmerder les techniciens avec des productions bidon et finissent par sortir des œuvres qui ne valent pas la peine d’être écoutées. Mais nous, par amour pour ce qu’on faisait, il fallait tout faire pour que le message passe et pour que chacun y trouve son compte. Et nous, on variait beaucoup. C’était des orchestres. C’était une passion qui ne s’expliquait pas. Ce qui est dommage, c’est qu’il y a parmi ces jeunes certains qui délaissent leurs études pour ne rien faire finalement de bon. Ils sortent un CD, apparaissent à la télévision et puis après, tout est bloqué. Plus rien ! Moi, je ne leur souhaite pas un tel destin ni une telle carrière. L’avenir ne peut pas se construire ainsi. Il est vrai que d’aucuns arrivent à s’en sortir ainsi, mais tout le monde ne peut pas avoir les mêmes chances. On ne sait pas ce que l’avenir nous réserve. Alors, je demande à ces jeunes de faire attention ».

El Régo et la Révolution

« C’est bien de chanter la révolution, mais je n’étais pas un bon révolutionnaire, moi. Je n’aimais pas qu’on m’impose des textes. Je félicite Poly Rythmo et Gnonnas Pedro de l’avoir fait. C’était difficile pour moi. Par rapport à cette position, on m’a fait enlever sous prétexte que j’étais un ami des mercenaires, après l’agression du 16 Janvier 1977. On m’a mêlé à cette histoire alors que je n’y étais pour rien. Je n’ai eu la vie sauve que grâce à feu colonel Léopold Ahouéya et à un officier du nom de Mama Djougou. J’ai été relâché après deux semaines. Ce n’était pas de la blague. A ma sortie, Ignace Adjo-Bocco m’a sommé de chanter la Révolution ou on me reprenait. Ce que je fis en réalisant un 33 tours sur la Révolution.
Il n’est pas donné à n’importe qui de travailler sous la révolution. Les orchestres qui ont travaillé pendant la révolution ont eu bien chaud parce qu’il fallait attendre le discours du président de la République ou d’un ministre pour composer des chansons à relent idéologique. La révolution, c’est des chansons et des discours. C’est une période bien amère pour les musiciens mais elle nous a enseigné aussi beaucoup de choses ».

Culture 04 juin 2018


Patrice Talon à la Tribune de l’Unesco: « La restitution des biens culturels, un moyen de lutte contre la pauvreté »

Le chef de l’Etat ne se lasse pas de rappeler à la communauté internationale l’importance et l’intérêt que revête pour le Bénin la restitution de ses trésors culturels. Invité de marque de la conférence internationale sur le thème « La circulation des biens culturels et le patrimoine partagé : quelles nouvelles perspectives ? », le président Patrice Talon a tenu un discours qui résonnera encore pendant longtemps dans le subconscient collectif. Le chef de l’Etat béninois a clairement fait savoir que la réduction de la pauvreté passe également par la restitution de ces biens qu’il appelle de ses tous vœux. Le Bénin en tout cas, rappelle-t-il, s’est engagé dans un important programme de développement du secteur de la culture et du tourisme pour augmenter son potentiel d’attractivité et d’investissement et compte beaucoup sur son patrimoine pour y arriver.

Lire ci-dessous, l’intégralité du discours du chef de l’Etat.

- Mesdames et messieurs les ministres ;
- Madame Zohour Alaoui, présidente de la Conférence générale;
- Monsieur Lee Byong-hyun, président du Conseil exécutif ;
- Madame Audrey Azoulay, directrice générale de l’UNESCO;
- Mesdames et messieurs les ambassadeurs,
- Délégués permanents ;
- Mesdames et messieurs ;
Mon pays le Bénin se réjouit de la tenue de cette conférence dont le thème, depuis peu, est au cœur de son programme de développement culturel et touristique.
Depuis deux ans en effet, le Bénin s'est engagé dans un important programme de développement du secteur de la culture et du tourisme pour augmenter son potentiel d'attractivité et d'investissement dans un secteur réputé porteur de développement socioéconomique.
Au-delà des considérations d'ordre politique, historique, sociologique ou philosophique, la restitution, le partage et la circulation des biens culturels sont désormais pour le Bénin, un moyen de lutte contre la pauvreté, un facteur de création d’emplois et de richesses, un outil de développement socioéconomique; toutes choses qui relèvent des objectifs de l'aide au développement et de la coopération.
C'est dans cette dynamique que le Bénin a entrepris de construire trois musées dotés des moyens les plus modernes de conservation et d'exposition pour révéler au monde, dans un esprit nouveau, sa contribution et son rôle dans l'évolution de l’humanité.
Ce faisant, le Bénin compte, avec la restitution de ses biens culturels, réhabiliter et offrir au monde, l'épopée de ses rois et de ses amazones, les vestiges du plus grand port ouest-africain de l'histoire de l'esclavage ainsi que la richesse des arts et cultures de son patrimoine Vaudou.
Une telle ambition, comme on peut l'imaginer, exige de la volonté et des actions fortes au plan de la coopération internationale.
C'est dans cet esprit que le gouvernement du Bénin a formellement saisi, le 26 août 2016, les autorités françaises d'une demande de restitution de ses biens culturels patrimoniaux détenus dans des musées français.
Ces biens uniques et exceptionnels, dont l'histoire a du mal à être contée avec aisance dans leurs lieux actuels de rétention, n'attendent que d’être retournés dans leurs environnements naturels en vue de leur renaissance.

Mesdames et messieurs,

Vous convenez avec moi, que ces biens ont une âme et que revenus sur leur terre de création, exposés parmi les leurs, là où tout est en cohérence avec leur essence et où leur histoire révèle davantage leur grandeur que leur asservissement, ces témoins exceptionnels de notre l'histoire vivront enfin le rayonnement que vivent leurs semblables des autres contrées de ce même monde.
Vous convenez enfin avec moi, que les biens culturels sont une composante majeure de l’identité des peuples dont ils incarnent l’histoire.
De ce fait, ils doivent rester la propriété de ces peuples tout en continuant d’être accessibles à toute personne en quête de découverte et de savoir.
C'est pourquoi, la question de la circulation des biens culturels et du patrimoine partagé est indissociable de celle de leur histoire originelle et surtout de la reconnaissance des vrais dépositaires de cette histoire.

Mesdames et messieurs,

Bien que les uns et les autres aient évolué dans l'approche réparatrice de cette question, il n'est pas superflu de rappeler à notre attention, le consensus que traduit la Résolution 3187 de l’Assemblée générale des Nations Unies qui stipule que la restitution constitue une juste réparation du préjudice historique.
Dans le même esprit, je m'en voudrais de ne pas rappeler l'appel du Directeur général de l’UNESCO, il y a exactement quarante ans, en faveur du retour des biens culturels à ceux qui les ont créés.
Pour sa part, le Bénin reste convaincu d’une chose: quelles que soient les circonstances historiques de délocalisation des biens, la coopération et le partenariat restent le moyen le plus efficace pour leur renaissance et leur rayonnement durable au profit de tous.

Mesdames et messieurs,

La restitution et la circulation des biens culturels et patrimoines partagés est une cause que devra servir la coopération internationale.
Pour nous les pays en quête de développement, c'est aussi un moyen franc, sincère et efficace d’aide au développement.
Je ne doute pas que les éminents spécialistes, décideurs et intellectuels du monde entier ici réunis, trouveront l'inspiration nécessaire à la bonne formulation des recommandations et approches permettant de relever un défi désormais à notre portée, celui de la renaissance de certains biens culturels.
Il en va de la vocation universelle du patrimoine culturel qui, nous le reconnaissons tous, constitue un élément essentiel de la construction des nations.
Il en va de sa préservation et de sa circulation entre les sociétés, tout en reconnaissant l'exigence de propriété.
Il en va enfin du dialogue approfondi entre les Etats, tant ces biens culturels sont porteurs d’identité, de diversité et d'enrichissement mutuel, facteurs de bien-être partagé, de cohésion et de paix.
Je souhaite pleins succès à nos échanges et vous remercie pour votre attention.

Actualités 04 juin 2018


34e Journée nationale de l'arbre : Président d’institution, députés et ministres sacrifient à la tradition à Comé

Célébrée autour du thème « Arbre, économie verte et villes durables », la 34e édition de la Journée nationale de l’arbre a connu, ce vendredi 1er juin, la participation d’une brochette d’officiels à Comé.

Commune du département du Mono, Comé a été retenue pour abriter, au plan national, la célébration officielle de la présente édition. Laquelle célébration présidée par le ministre en charge du secteur, Didier José Tonato, en présence du représentant résident du Pnud, a eu pour cadre le Ceg Akodéha. Les officiels se sont donc rendus, à Comé, pour participer au déroulé de l’agenda de cette célébration aux côtés du ministre et le personnel des Eaux, forêts et chasse puis soutenir les populations de la ville. C’est le cas du ministre délégué à la Défense nationale, Alain Fortuné Nouatin, du président du Conseil économique et social, Augustin Tabé Gbian, des députés Alexis Agbélessessi et Basile Ahossi, du chef d’état-major général de l’armée, le Général de brigade Laurent Amoussou. N’étaient pas en reste, le préfet du Mono, Komlan Zinsou, des cadres d’autres ministères et des élus de la commune. Après une série d’allocutions rappelant, au Ceg Akodéha, les vertus et le bien-fondé de la plantation des arbres, ils passeront à l’acte sur le site estimé à cinq hectares. Y seront mis en terre plusieurs plants d’espèces variées dont le caïlcédrat, l’acacia et des fruitiers. Après le Ceg Akodéha, le long cortège s’ébranlera pour visiter dans la ville, deux autres sites à savoir la place publique de Hongodoe et l’axe Comé-Akodéha-Agatogbo. Le choix des essences et leurs sites de plantation, aux dires du directeur général des Eaux, forêts et chasse, Sévérin N’Sia, sont déterminés par rapport aux objectifs visés. Si pour le site du Ceg Akodéha, la plantation vise entre autres la conservation de quelques espèces rares de la zone, l’éducation environnementale des élèves et l’amélioration de la disponibilité en bois, ce n’est pas le même objectif pour les deux autres. A Hongodoe, le choix des espèces ornementales au niveau de la place publique, en cours d’aménagement, s’inscrit dans le cadre des actions du Programme villes durables et vise l’offre d’une variété de services utiles aux communautés. Comé étant sélectionnée sur la liste de la trentaine de villes bénéficiaires du programme villes durables, composante du Programme d’action du gouvernement. Quant à la plantation d’alignement inter-urbain sur l’axe Comé-Akodéha-Agatogbo, long de cinq kilomètres, elle constitue, aux dires du ministre Didier José Tonato, une des actions de végétalisation de la plaine inondable pour lutter contre l’érosion des sols et le comblement du lac. Au total, pour le compte de tout le département du Mono, 20 692 plants sont prévus pour être mis en terre sur 8,55 ha et 15 997 mètres linéaires.

Désiré C. VIGAN A/R Mono-Couffo

Actualités 01 juin 2018


Ecole primaire publique de Togbadji: Un modèle d’établissement à cantine scolaire

Située dans un hameau, à environ 14 km de la ville de Lokossa, l’école primaire publique de Togbadji, créée en 2007 ne fait pas parler d’elle que par rapport aux ses taux d’admission de 100 % enregistrés à différentes sessions du Certificat d’études primaires (Cep). L’établissement scolaire retient aussi l’attention de par son appropriation de la nouvelle approche de gestion des cantines scolaires.

A Togbadji, dans le village de Mèdéhounta, trois modules de salles de classe semblent perdues dans un champ de maïs. Mais en franchissant le décor, mardi 29 mai dernier, on s’est vite aperçu que l’ensemble constitue la 

superficie de l’Epp Togbadji, dans l’arrondissement de Ouèdèmè. Le champ de maïs étant une initiative des apprenants de l’école bâtie sur un domaine de 0,80 ha, non clôturé. Entre les pieds de maïs, poussent quelques plants de manioc. Sous la supervision de leurs enseignants, les écoliers se sont également essayés à la production maraichère. Tomate, grande morelle et piment sont quelques-unes des spéculations qui y sont cultivées. L’activité ne laisse pas indifférents les riverains de l’école. Constituée de pêcheurs et d’agriculteurs, la communauté de Togbadji contribue à sa manière à la réussite de l’initiative.
Le président de l’association des parents d’élèves, Agnikponhoundé Sovissi, pour sa part, a pris quelques dispositions pour sécuriser le périmètre cultivable.
L’avènement du jardin et du champ scolaires très salué est pourtant loin d’être une initiative isolée d’Alphonse Sognigbé, directeur de l’Epp
Togbadji, et ses collaborateurs. Ces activités agricoles, en milieu scolaire, s’inscrivent dans le cadre de la nouvelle approche de gestion des cantines.
L’Epp Togbadji fait partie, en effet, des 151 écoles dotées de cantines dites gouvernementales dans le Mono et le Couffo. Lesquelles cantines sont désormais passées sous le contrôle du Programme alimentaire mondial (Pam) qui a changé les normes et promeut une autre organisation pour la gestion.

Organisation

La nouvelle organisation est inclusive et fait appel à une participation prépondérante de la communauté. « Il ne s’agira plus seulement de venir faire la cuisine, mais c’est la communauté qui prendra en charge la cantine sous tous les aspects que ce soient les aspects d’hygiène, nutritionnel avec les éléments intégrés tels que le jardin scolaire et le champ scolaire », a expliqué David Adomahou, représentant du Pam. C’était au cours d’une séance de sensibilisation des acteurs du système éducatif organisée, le lundi 18 septembre 2017 à l’Epp Togbadji, en prélude à la reprise des activités de la cantine. Depuis lors, tous les acteurs de l’Epp Togbadji se serrent les coudes. « Nous nous mettons, tous, à la tâche, chaque fois, quand sonne l’heure des travaux champêtres », indique le directeur de l’Epp Togbadji, Alphonse Sognigbé. « Les apprenants prévoient d’autres tenues que leur kaki pour ces travaux qui démarrent après les jours ouvrables », a-t-il poursuivi tout en appelant à une meilleure implication des parents d’élèves. Le président de l’Ape, Agnikponhoundé Sovissi, assure que son bureau fait de son mieux pour mobiliser la communauté à la cause. « Nous faisons gongonner dans tout le village pour appeler les parents à participer aux travaux du jardin et du champ scolaires », a-t-il indiqué. Outre cette contribution, ajoutera-t-il, les efforts de sensibilisation de son équipe permettent d’obtenir des tas de bois de feu, des noix de palmier servant à faire la sauce graine et bien d’autres produits. Presque tous les jours, complète Agnikponhoundé Sovissi, un panier est également déposé à la berge en vue de recueillir des dons de poissons auprès des pêcheurs du village. Lesquels poissons servent à agrémenter le repas offert aux apprenants de l’Epp Togbadji. « Le gouvernement ne pouvant tout embrasser à la fois, nous sommes fiers de contribuer à ce qui se fait sur le volet de l’alimentation scolaire », se félicite le président de l’Association des parents d’élèves.

Innovation

Grâce aux diverses contributions de la communauté ajoutées aux dons de vivres périodiquement servis par le Pam et aux produits du jardin et du champ scolaires, les apprenants disposent, mieux que par le passé, de provisions. Le directeur de l’établissement Alphonse Sognigbé gage qu’au moins un repas se donne aux 154 écoliers, courant midi, tous les jours de classe. A rappeler que l’effectif au départ était de 174 apprenants avant de se comprimer à 154 écoliers. « Avant ce repas du midi, complète le président du Comité de gestion de la cantine, Bienvenu Tossou, les écoliers prennent parfois la bouillie de maïs en guise de petit déjeuner ».Telle la cerise sur le gâteau, l’introduction de la bouillie dans le menu est une innovation rendue possible grâce au champ de maïs. « Les précédentes récoltes effectuées dans le champ nous permettent de disposer de maïs pour offrir cette bouillie », souligne Bienvenu Tossou. Les produits de la culture maraîchère, poursuit-il, entrent aussi dans la composition des repas servis. Ce qui allège, selon lui, les charges pécuniaires tout en nourrissant convenablement les enfants.
Les écoliers Carine Zandaffo et Innocent Assouto ainsi que leurs camarades peuvent alors bien suivre les enseignements. Candidats à la session du Cep prévue pour le 2 juillet prochain, Carine Zandaffo et Innocent Assouto se disent déjà prêts pour affronter les épreuves. Le responsable de l’établissement, Alphonse Sognigbé, qui tient la classe du Cm 2 confirme que le taux d’exécution des différents programmes oscille entre 98 et 100 %. C’est dire que la perturbation de l’année scolaire, durant plus de trois mois de fronde sociale, n’a rien émoussé de l’assiduité à l’Epp Togbadji. « Nous comptons relever, cette année encore, le défi de 100 % d’admission de nos candidats », promet Alphonse Sognigbé. Jamais épinglé au cours des contrôles de gestion des vivres destinés aux cantines, ce dernier détient les rênes de l’Epp Togbadji depuis 2013.

Société 01 juin 2018


Boxing club de Parakou: Tenir la route contre vents-et-marées
[caption id="attachment_29356" align="alignnone" width="1024"]Les pugilistes du club s’entraînent dans des conditions diffciles[/caption]

 Démuni de tout et du minimum, le Boxing club de Parakou n’existe que de nom. Il y a longtemps qu’il aurait déjà fermé, n’eurent été ses pugilistes qui, prenant leur courage à deux mains, continuent de maintenir la baraque debout.

Présents depuis 15 h au Centre des arts et sports (Cas) de Parakou, cet après-midi du samedi 19 mai, les pugilistes du Boxing club se préparent pour leur séance d’entraînement. En attendant l’arrivée de leur entraîneur, François Sègla Barra, c’est le plus expérimenté parmi eux, l’international Imorou Tandja, qui a pris le commandement. Au Palace sporting club de Garadima Fataou alias Boro où ils se retrouvent désormais, après avoir délaissé le stade omnisport qui abrite leur base, il est occupé à donner les dernières consignes.

Mais à peine le petit groupe constitué d’une demi-douzaine de pugilistes a-t-il entamé sa séance de mise en jambe, que l’entraîneur fit son irruption sur les lieux. La soixantaine et forçant le respect, François Sègla Barra donne l’impression d’avoir une bonne maîtrise de son métier.
Invité à présenter son club, il a indiqué qu’il a été créé depuis 2010 et compte actuellement une vingtaine de pugilistes. Le Boxing club a toujours participé aux compétitions statutaires de la Fédération béninoise de boxe et aux activités organisées sur le plan départemental. Au nombre des grands noms de pugilistes du club, François Sègla Barra cite : Garadima Fataou alias Boro, Imorou Tandja, Baba Damagui Zakari, Diallo Izath. « Garadima Fataou a été champion des poids lourds en 2016. Il se prépare pour son combat néo-professionnel qui aura lieu dans quelques mois à Parakou. Quant à Imorou Tandja, il a plusieurs fois été médaillé et participé, avec l’équipe nationale, à plusieurs combats à l’extérieur », confie-t-il, fier de lui-même. Au regard des conditions dans lesquelles ses poulains et lui travaillent, il ne pourrait en être autrement.

Des difficultés énormes

« Si ce n’est pas la passion que nous avons pour le noble art, il y a longtemps que nous aurions déjà tout laissé tomber à Parakou », avoue l’entraîneur. De tous les clubs de boxe au Bénin, le Boxing club doit apparemment être le plus démuni. Le seul signe positif, c’est qu’il peut se réjouir d’avoir un local, lequel malheureusement n’est pas équipé.
En effet, ses pugilistes s’entrainent sur la terre ferme. Il ne dispose pas de ring, de sacs et de cordes pour les exercices et la préparation physique. La ligue départementale de boxe du Borgou, selon l’entraîneur, a mené des démarches qui, jusque-là, n’ont pas abouti. « Entretemps, un ring a été amené de Cotonou, mais ils sont venus le chercher sous la promesse de nous le retourner après réparation. C’est depuis près de cinq ans. Nous attendons toujours », a signalé François Sègla Barra. « Au niveau de la ligue, ils ne sont que deux, le président et son vice-président que nous voyons souvent. Mais je dois remercier le président de la Fédération béninoise de boxe, Germain Mèhinto, qui essaie de penser à nous, en nous envoyant de la subvention », a-t-il poursuivi.
Suite au décès de l'’ex-président du club, feu Hubert Ayosso, c’est son vice-président Abdoulaye Grozo qui a pris sa succession. Sinon, qu’il y a près de dix ans que le bureau du club a été mis en place. Aujourd’hui, ses membres se préparent à procéder au renouvellement du bureau?

Imorou Tandja Wali, un espoir du noble art béninois

La vingtaine, Imorou Tandja Wali est un boxeur amateur dans la catégorie des légers, - 60 kg. Vice-champion d’Afrique, il espère devenir un professionnel dans les prochaines années. Il travaille pour cela. En témoignent sa rigueur et son sérieux à l’entraînement. Dans son club qui lui a permis de se révéler, il est considéré comme un modèle par ses collègues.
Imorou Tandja Wali a de la pugnacité, du punch et de la fougue sur le ring. Autant de qualités qui justifient sa présence en équipe nationale. Ce qui lui a donné l’occasion de représenter, à plusieurs reprises, le Bénin à diverses compétitions sur le plan africain. Tout dernièrement, il était à Conakry en Guinée. Il a malheureusement perdu en finale face à un adversaire guinéen. Il était avec Adam Salanon, un pugiliste de la catégorie des - 49 kg. Ensemble, ils ont remporté trois médailles dont une en or et deux en argent.
« On se débrouille », fait-il observer, par rapport aux difficultés que rencontre son club. Cette situation le défavorise chaque fois qu’ils participent au championnat national, face à ses homologues pugilistes de Cotonou. « Avant de les affronter, nous nous sommes déjà battus. C’est grâce à notre courage, que nous parvenons à leur tenir tête. Ils ont un ring à leur disposition et s’entraîneront de jour comme de nuit, parce qu’ils ont la lumière. C’est à même le sol que nous nous entraînons ici à Parakou avec les moyens précaires en plus », laisse-t-il entendre. « C’est l’amour que nous avons pour la discipline qui fait qu’on s’y accroche. Personne, ni la mairie, ni la direction départementale des Sports, ne vient à notre secours. A ce rythme, le noble art risque de ne plus se pratiquer à Parakou », informe-t-il.
Selon Imorou Tandja Wali, ce ne sont pas les valeurs et les talents qui manquent dans tout le septentrion. « Que ce soit à Parakou, à Kandi, à Nikki, à Malanville, à Tchaourou, les jeunes veulent s’adonner à la boxe, mais ils hésitent parce qu’il n’y a pas les moyens. Regardez les conditions dans lesquelles nous travaillons », insiste le jeune pugiliste.
Il a en vue une compétition, mais il se prépare seul. Aussi invite-t-il une nouvelle fois les autorités et les bonnes volontés à lui venir en aide ainsi qu'à son club. Un appel qu’Idrissou Mabrouck, son parrain, n’a pas du tout attendu, avant de voler à son secours. Dans la mesure de ses possibilités, il lui apporte son appui. « Ce n’est pas facile. J’essaie de l’encourager », soutient-il pour justifier sa présence aux côtés de jeune Ecureuil pugiliste.

Sports 01 juin 2018


Recherche-développement: Les résultats du diagnostic participatif conduit dans les sites restitués
[caption id="attachment_29355" align="alignnone" width="1024"]Pour le ministre Gaston Dossouhoui, les technologies attendues doivent s’adapter à la résolution des contraintes[/caption]

Après Bohicon, Parakou a abrité, ce jeudi 31 mai à Cotonou, l’atelier de restitution et de validation des résultats du diagnostic participatif conduit sur les sites de recherche-développement du Système national de recherche agricole (Snra). Cette séance a permis aux responsables et autres cadres du secteur agricole des départements du Septentrion d’échanger et d’harmoniser leurs points de vue sur les contraintes majeures que la recherche agricole doit contribuer à lever. C’est pour enclencher le développement agricole durable dans les différents pôles.

Les acteurs des pôles du développement agricole 1, 2, 3 et d’une partie de celui du 4 ont procédé, ce jeudi 31 mai à Parakou, à la restitution et à la validation des résultats du diagnostic participatif conduit sur les sites de recherche-développement du Système national de recherche agricole (Snra). Les résultats leur ont été présentés pôle par pôle. Ce qui leur a permis de s’entendre sur une liste de contraintes sur lesquelles ils vont travailler.
Le directeur général de l’Institut national de recherches agricoles du Bénin (Inrab), Patrice Adébola, a indiqué que les résultats présentent des particularités d’un pôle à l’autre. « Cependant, nous avons des contraintes qui se retrouvent dans plusieurs pôles de développement agricole », poursuit-il. Il évoque le problème de la faible mécanisation de l’agriculture qui se pose un peu partout tout comme celui du stockage et de la conservation des produits agricoles. Le directeur général de l’Inrab n’a pas occulté les difficultés liées à l’accès au marché.
La rencontre vise, selon Patrice Adébola, à avoir un consensus sur les contraintes majeures au développement agricole de chaque pôle. A partir de cet instant, assure-t-il, c’est la recherche qui travaillera pour les lever, tout en proposant des solutions et des technologies exploitables. Ce qui induira une augmentation des rendements, une productivité du travail et une augmentation des revenus.
Pour le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Gaston Dossouhoui, les technologies attendues doivent s’adapter à la résolution des contraintes. Il a exhorté les participants à prendre connaissance des résultats du diagnostic participatif qui a été effectué et à définir les priorités sur lesquelles il faudra travailler. D’où la nécessité des sites de recherche-développement qui doivent être opérationnels et régionalisés.
« Il y a même le temps qui joue contre nous puisque déjà en fin juin ou juillet, il est prévu une évaluation définitive pour apprécier ce qui a été fait en 2018  », a averti le ministre. Avec la saison agricole qui vient de démarrer, il est préoccupé de voir se réaliser ce qui n’a pas été fait dans le délai. « A côté des centres de services agricoles, il y a les sites de recherche-développement et les centres permanents d’expérimentation, en ce qui concerne le coton », a également informé le ministre. Il a alors appelé à cultiver une complémentarité entre ces structures afin qu’elles puissent contribuer à renforcer la capacité productive.
En effet, l’Inrab et ses partenaires ont identifié vingt-trois sites de recherche-développement. Ils sont répartis sur toute l’étendue du territoire à travers sept pôles.

Société 01 juin 2018


Programme Système qualité de l’Afrique de l’Ouest: Vers la mise en place du mécanisme de la certification produit
[caption id="attachment_29354" align="alignnone" width="1024"]Valoriser les organismes de certifcation nationaux[/caption]

 

Des experts en certification produit de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) sont en conclave, depuis ce jeudi 31 mai à Cotonou, pour valider les projets de documents relatifs à la mise en place du mécanisme de la certification produit en Afrique de l’Ouest. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Programme Système qualité de l’Afrique de l’Ouest.

Plus que jamais, la certification joue un rôle important dans les pays avec la globalisation des échanges, l’élimination des barrières tarifaires et bientôt l’entrée en vigueur de l’Accord de partenariat économique Union européenne-Afrique de l’Ouest. C’est conscient de cette réalité que les pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) ont jugé nécessaire de mettre en place le Système de certification de produits de la sous-région.
Un atelier s’est ouvert, ce jeudi à Cotonou, en vue de la validation des projets de documents relatifs à la mise en place du mécanisme de la certification. Avec l’organisation de cet atelier, la région ouest-africaine est en passe de se doter d’un instrument pérenne. L’objectif est de contribuer à la protection des consommateurs de la région, qui constitue une des préoccupations majeures des Etats membres de la Cedeao et de la Mauritanie.
Pour le représentant de l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (Onudi), Aka Jean Joseph Kouassi, l’ensemble des interventions de son organisation en Afrique de l’Ouest s’inscrit dans un nouveau mandat que les Etats lui ont confié en 2013. Un mandat qui tient sur trois piliers fondamentaux : améliorer la compétitivité économique ; créer et partager la prospérité et protéger l’environnement (pour un développement industriel inclusif et durable). La Marque Cedeao de la conformité aux normes épouse parfaitement, dans ses objectifs, ces trois piliers, selon Aka Jean Joseph Kouassi. Elle est un moteur pour dynamiser les échanges intracommunautaires et vers les marchés extérieurs. Elle est également un facteur de création de richesse qui mobilise tous les acteurs des différents domaines de l’infrastructure de la qualité.

Consolider l’infrastructure qualité

Le représentant de l’Onudi souligne que le schéma de certification produit de la région opte pour une valorisation des organismes de certification nationaux qui seront les structures mandatées pour délivrer la Marque. C’est pourquoi, il a salué les premières structures accréditées pour délivrer la certification produit dans la région selon la norme Iso CEI 1065.
Le chef de la section coopération de l’Union européenne au Bénin, Lapkouski Rafal, se dit fier de participer à l’atelier de Cotonou qui marque le démarrage du Système régional de certification des produits dans la région Cedeao et en particulier les travaux préliminaires au lancement de la Marque Cedeao de conformité aux normes. Il rappelle que l’Union européenne a financé le Programme système qualité de l’Afrique de l’Ouest à hauteur de 12 millions d’euros et mis en œuvre par l’Onudi. De même, l’Union européenne a financé trois grands programmes régionaux dans le domaine de la qualité depuis 2001. Et dans chaque domaine, les résultats sont au rendez-vous. Lapkouski Rafal indique que l'Union européenne s’attend à ce que les outils développés soient pérennisés avec la création de l’Agence Cedeao de la qualité. Une agence qui se positionne comme un instrument opérationnel chargé de gérer le système de certification produit de la Cedeao.
En lançant les travaux de l’atelier, le représentant du ministre en charge de l’Industrie, Osséni Loukmane, a salué les avancées réalisées par la Cedeao à travers le Programme Système qualité de l’Afrique de l’Ouest pour la consolidation de l’infrastructure qualité régionale. La mise en place de ce mécanisme régional, selon lui, est un gage non seulement de la sécurité et de la santé des consommateurs, mais aussi d’accroissement de la compétitivité des entreprises et services.

Société 01 juin 2018


Questions orales avec débat sur la Sitex et autres au Parlement: Le gouvernement diffère sa réponse et promet une communication
[caption id="attachment_29353" align="alignnone" width="1024"] le ministre chargé de la Justice, Joseph Djogbénou[/caption]

Les éléments de réponse relatifs à la question orale avec débat concernant la gestion de la Société des industries textiles (Sitex) et de la Compagnie béninoise des textiles (Cbt) seront présentés aux députés sous forme de communication. C’est l’engagement pris, ce jeudi 31 mai, par le ministre chargé de la Justice, Joseph Djogbénou, présent à l’hémicycle.

Il a annoncé que le gouvernement préfère se donner du temps nécessaire afin de bien répondre aux préoccupations du député Dakpè Sossou, auteur de la question orale avec débat. Il en est de même pour les cinq autres questions orales avec débat inscrites à l’ordre du jour de la séance plénière d’hier consacrée au contrôle de l’action gouvernementale. Il s’agit des questions relatives aux indicateurs servant d’appréciation des performances économiques et financières des Etats dans le cadre des objectifs d’intégration, à la réinstallation des sinistrés du marché Dantokpa à Cotonou après l’incendie du 31 octobre 2015, au sort du programme de développement agricole des Collines, l’état des lieux de la mise en œuvre du code foncier et domanial et la promotion de la production et de la commercialisation du riz local.
Toutes ces questions auront réponse du gouvernement sous forme de communication par les différents ministres sectoriels concernés. Cette option a inquiété le député Barthélémy Kassa qui a voulu savoir si le gouvernement pourra présenter lesdites communications sur l’ensemble des six dossiers au cours d’une seule plénière. Il craint en fait un saupoudrage ou une présentation expéditive des questions orales avec débat concernées. Mais il sera rassuré par le garde des Sceaux qui a assuré que le gouvernement sera effectivement en l’état de présenter l’ensemble de ces communications en une seule plénière. La présentation sera faite, selon Joseph Djogbénou, au cours de la séance plénière du jeudi 7 mai prochain au Parlement. Le choix de cette date par le gouvernement a mis fin hier aux discussions. Et cela, conformément aux dispositions de l’article 108.1 et 2 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Lequel dit clairement que « La question orale avec débat est appelée par le président qui peut fixer le temps de parole imparti à son auteur. Le ministre compétent y répond. Il peut différer cette réponse en annonçant pour l’un des deux prochains jours de séance une communication du gouvernement avec débat sur le même sujet. Cette annonce interrompt le débat sur la question orale. La communication du gouvernement est inscrite d’office en tête de l’ordre du jour de la séance choisie par le gouvernement... ». Ainsi, aucune des six questions orales avec débat programmées n’a été examinée au cours de la séance plénière d’hier au palais des gouverneurs.

 

Actualités 01 juin 2018


Sortie médiatique de la C2D: Les propositions de l’Opposition pour la démocratie
[caption id="attachment_29352" align="alignnone" width="1024"]Valentin Djènontin[/caption]

Les forces politiques de l’Opposition, membres de la Coalition pour la Défense de la Démocratie (C2D) au Bénin ont tenu une conférence de presse, ce jeudi 31 mai à Cotonou. Au cœur de leur déclaration, l’évolution de la situation politique au Bénin et des griefs contre la gouvernance actuelle.

Elles exigent la garantie des libertés publiques et d’expression à travers la levée de la suspension du journal La Nouvelle Tribune, Sikka Tv… et l’abrogation des arrêtés contre les manifestations pacifiques. Réunies dans la Coalition pour la Défense de la Démocratie (C2D) au Bénin, les forces politiques de l’Opposition ont donné de la voix hier. Elles ont exprimé ce qui, pour elles, reste indispensable à la consolidation de la paix et de l’Etat de droit au Bénin.
Au nombre des recommandations rendues publiques par leur porte-parole, le député Valentin Djènontin, l’audit international indépendant de la Lépi et la mise à disposition de moyens de fonctionnement au Cos-Lépi pour que les élections législatives et présidentielle se déroulent à bonne date ainsi que le retrait de la proposition de loi portant code électoral. La C2D exige aussi la tenue effective et sans parti pris des procès des affaires Dangnivo et Icc-services et l’instruction des autres scandales comme Maria-Gléta, Ppea 2, Sodéco, Pvi… ; le retour des "exilés politiques" et la convocation des états généraux des forces vives de la nation.
Par ailleurs, plusieurs autres parlementaires ont assisté à cette conférence.

Les griefs sur le code électoral proposé

La nouvelle loi portant code électoral proposée par les députés du Bloc de la Majorité parlementaire (Bmp) n’est pas du goût de la Coalition pour la défense de la démocratie. Selon la C2D, cette nouvelle loi embrigade les droits des citoyens à des élections démocratiques. Pour en témoigner, le porte-parole de la coalition, Valentin Djènontin, expose l’une des dispositions de cette proposition de loi : « Tenez, l’article 12 exclut du droit d’être électeur (et donc aussi d’être éligible), tout citoyen condamné à une peine d’emprisonnement avec ou sans sursis d’une durée supérieure ou égale à trois mois, et … pour tous autres faits constitutifs de délit prévus par les dispositions des lois pénales », fait-il savoir. Avec verve, il en déduit alors : « Ainsi une peine d’emprisonnement de trois mois avec sursis et pour délit, vous prive de vos droits civiques ! ». Pour les forces politiques de l’Opposition réunies dans la Coalition pour la Défense de la Démocratie, cet article expose les concurrents politiques qui ambitionnent de se présenter aux prochaines joutes électorales. En outre, le député Valentin Djènontin précise que le nouveau code fait obligation aux candidats de vivre sans interruption pendant un an de résidence au Bénin et de présenter un quitus fiscal dont la délivrance est uniquement réservée au directeur général des Impôts. Des dispositions qui, selon la C2D, fondent le rejet de la proposition de loi portant code électoral élaborée par le Bmp.
Pourtant, les dispositions incriminées sont, pour la plupart, prévues dans la loi actuellement en vigueur.

Actualités 01 juin 2018


Cour constitutionnelle: Les nouveaux membres prêtent serment mercredi prochain

 Les sept nouveaux membres de la Cour constitutionnelle prennent officiellement fonction, mercredi 6 juin prochain, après prestation de serment devant le président de la République et le bureau de l’Assemblée nationale.

La cinquième mandature de la Cour constitutionnelle présidée par Théodore Holo finit son mandat le mardi 5 juin prochain. Après cinq années d’exercice, elle va s’éclipser pour laisser place dès le mercredi 6 juin prochain, aux nouveaux membres de la haute juridiction qui seront officiellement installés dans leurs fonctions. Cette installation aura lieu au palais de la Présidence de la République. Elle sera consacrée par la prestation de serment des sept sages à savoir Me Cécile Marie-Josée de Dravo Zinzindohoué, Sylvain Nouatin, André Katari désignés par le chef de l’Etat et Joseph Djogbénou, Razaki Amouda, Moustapha Fassassi et Rigobert Azon choisis par le bureau de l’Assemblée nationale. Ils jureront chacun « de bien et fidèlement remplir leurs fonctions, de les exercer en toute impartialité dans le respect de la Constitution, de garder le secret des délibérations et des votes, de ne prendre aucune position publique, de ne donner aucune consultation sur les questions relevant de la compétence de la Cour ». 

Ce serment est prêté devant le bureau de l’Assemblée nationale et le président de la République, conformément à l’article 7 de la loi n°91-009 du 31 mai 2001 portant loi organique sur la Cour constitutionnelle. Lequel fait obligation aux nouveaux membres de la haute juridiction de prêter serment avant leur entrée en fonction. « Tout manquement à ce serment constitue un acte de forfaiture et sera puni conformément à la législation en vigueur », prescrit l’article 8 de la même loi. Une fois installés, les membres de la sixième mandature de la Cour constitutionnelle vont procéder à l’élection de leur bureau. Il s’agit du président de la Cour constitutionnelle élu par ses pairs, aux termes de l’article 3 de la loi citée supra, pour une durée de cinq ans parmi les magistrats et juristes membres de la haute juridiction. L’élection a lieu au scrutin secret et à la majorité absolue des membres présents et votants. Des sources concordantes informent que cette élection du président de la sixième mandature de la Cour constitutionnelle est prévue pour le jeudi 7 juin, juste au lendemain de l’installation officielle. Il sera procédé ensuite à l’élection du vice-président qui assistera le président de la Cour constitutionnelle dans ses charges. Celui-ci est aussi élu par ses pairs à la majorité absolue des membres présents et votants. La loi n’impose pas un profil pour le poste de vice-président ouvert à tous les six autres membres de la Cour qu’ils soient magistrats, juristes ou personnalités. La cérémonie de passation de charge entre les membres sortants et entrants de la Cour constitutionnelle est prévue pour le vendredi 8 juin prochain, au siège de la haute juridiction à Cotonou.

Actualités 01 juin 2018


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