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Nouvelles

Apaisement du climat politique : le médiateur de la République rencontre les confessions religieuses
Le médiateur de la République, Pascal Essou reste préoccupé par la promotion du dialogue politique, la paix et surtout zéro violence au cours des élections prochaines au Bénin. Il a échangé sur la question, mardi dernier, au siège de son institution à Porto-Novo, avec les confessions religieuses et les chefferies traditionnelles. La rencontre qui est la première d’une série s’inscrit dans le cadre du dialogue politique national en vue d’un apaisement du climat politique qui constitue une priorité pour Pascal Essou depuis sa prise de fonction. Il s’agit pour lui de voir avec ses hôtes ce qu’il faut faire pour la consolidation de la paix, surtout avant, pendant et après les joutes électorales prochaines. Les discussions ont été très riches, des propositions concrètes ont été faites pour permettre au Bénin de relever, mieux que par le passé, le défi d’un dialogue politique fécond devant conduire à des élections apaisées et avec zéro violence. La séance a connu la participation des représentants des religions endogènes, de l’Eglise catholique, de l’Union islamique du Bénin, de l’Union des évangélistes du Bénin, de l’Eglise du christianisme céleste, de l’Eglise protestante méthodiste du Bénin et des chefferies traditionnelles. Actualités 23 déc. 2021


Centre communal de services publics : rapprocher l’administration des usagers
En plus de la déconcentration des services de l’administration béninoise, les centres communaux de services publics, un dispositif intelligent implanté dans quinze communes, permettront d’accroitre l’accès et la qualité des prestations aux usagers/clients. Ces centres ont été officiellement ouverts, mardi 21 décembre dernier, à Ouidah, par les parties prenantes. Basile Hounyêkpè, chef secrétariat administratif de la circonscription scolaire de Ouidah, se rend d’habitude à la direction des Archives de son ministère à Porto-Novo, pour obtenir copies de certains de ses actes administratifs. Ce voyage lui prend pas mal de sous et du temps aussi, compte tenu des tracasseries administratives. Mais la magie de l’intelligence artificielle a changé la donne depuis ce mardi. Dans les locaux de la mairie de Ouidah, cet agent de l’Etat est en quelques secondes entré en possession des mêmes documents qu’il allait chercher à Porto-Novo. Cela est rendu possible grâce au dispositif du centre communal de services publics. Pour Basile Hounyêkpè, c’est un ouf de soulagement. «C’est plus simple ! Ça me fait économiser de l’argent et du temps », lâche-t-il. Comme lui, tous les usagers/clients pourront désormais avoir accès aux services de l’administration publique depuis le centre communal installé dans leur zone de résidence. L’outil en question est un dispositif composé, entre autres, de bornes tactiles utilisant un point d’accès Wifi longue portée avec abonnement, et alimenté par l’énergie solaire photovoltaïque. Son rôle, c’est de rapprocher davantage l’administration publique des usagers/clients, notamment les plus démunis ou ceux résidant dans des zones reculées, en leur permettant d’accéder plus facilement à des services de meilleure qualité. La mise en place de cette infrastructure vient ainsi accroître l’accès des usagers/clients aux services publics, promouvoir l’équité dans la délivrance des services, réduire les tracasseries administratives et les contacts entre agent et usager, éliminer au maximum le traitement manuel des dossiers, et améliorer l’efficacité de l’action gouvernementale et la qualité des services offerts. Le centre communal de services publics est actuellement implanté dans quinze communes sur l’ensemble du territoire national, pour le compte de la phase pilote. Le maire de Ouidah, Christian Houétchénou, est heureux non seulement de l’initiative gouvernementale mais aussi du choix porté sur sa commune pour abriter l’un des centres du département de l’Atlantique et le lancement officiel desdits centres au plan national. Tout comme lui, le représentant du préfet de l’Atlantique, Robert Hounsou, apprécie l’importance de l’outil et s’engage aux côtés des bénéficiaires pour l’utilisation responsable de ces infrastructures mises en place dans le cadre du Projet d’appui à la réforme et à la modernisation de l’administration publique (Parmap) initié par le gouvernement béninois avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud). Aoualé Mohamed Abchir, représentant résident du Pnud au Bénin, souligne que sa structure ne pouvait pas rester en marge de la dynamique de dématérialisation et de déconcentration de l’administration publique, engagée par le Bénin, « puisqu’elle participe de l’opérationnalisation d’une politique bien structurée qui n’attendait qu’à être mise en œuvre ». C’est ce qui justifie, dit-il, l’appui du Pnud dans la mise en place des centres communaux de services publics. « Le gouvernement du Bénin entend, par la mise en œuvre de ce projet, donner un coup d’accélérateur au processus de modernisation de son administration et celle des collectivités locales afin d’accroître l’accès et la qualité des services publics aux citoyens», martèle Victorin Honvoh, directeur de cabinet de la ministre du Travail et de la Fonction publique. A terme, informe-t-il, « tous les secteurs (de l’administration publique Ndlr) de manière générale devraient tirer profit du numérique pour des procédures plus rapides et transparentes ». Outre Ouidah, le centre communal de services publics est ouvert à Malanville, Kandi, Bemberekè, Nikki, Allada, Aplahoué, Pobè, Djidja, Adjohoun, Dassa, Djougou, Péhunco, Tanguiéta et Bassila. L’outil pourrait être étendu à d’autres communes. Actualités 23 déc. 2021


Projet Sèmè City : les raisons du choix de Ouidah
Les infrastructures de Sèmè City ne seront plus implantées dans la commune de Sèmè-Podji, mais plutôt dans la commune de Ouidah. Le Conseil des ministres du mercredi 22 décembre a acté cette délocalisation et instruit pour le démarrage des travaux. Initialement prévues pour être érigées sur un site de 189 ha dans la commune de Sèmè- Podji, les infrastructures de Sèmè City le seront finalement sur un domaine de 336 ha dans la commune de Ouidah où l’espace nécessaire et convenable a été obtenu pour l’implantation du plus important projet d’innovation du gouvernement béninois. « Le changement de site étant acté, le Conseil des ministres a autorisé le recours au cabinet qui avait été mandaté pour la réalisation des travaux préalables au démarrage des constructions», a déclaré Wilfried Léandre Houngbédji, porte-parole du gouvernement à l’occasion de son traditionnel point de presse. Lesdites constructions sont destinées à « permettre à Sèmè-City de disposer de ses propres installations et d’accueillir de nouveaux partenaires d’envergure, pour développer des programmes plus ambitieux de formation, recherche et entrepreneuriat ». De ses explications, il ressort que les principaux points de modification induits par le changement de site s’inscrivent dans une logique d’optimisation de la programmation architecturale. Projet phare Pour la directrice générale de l’agence de développement de Sèmè City, Claude Borna, c'est l’un des projets phares du programme d’action du gouvernement du Bénin. Elle expliquait dans un entretien que « c’est un lieu unique qui accompagne et forme les talents de demain, qui fait la promotion de l’innovation made in Africa. On vient à Sèmè City chercher des collaborations, des formations, de l’accompagnement pour monter un projet. Il y a surtout une finalité qui est de résoudre des problèmes avec de nouvelles méthodes ». En moins de deux ans, Sèmè City est devenu le point de convergence des étudiants, chercheurs, entrepreneurs, des chefs de petites et grandes entreprises et même des curieux. « Tout le monde y a sa place et l’institution regroupe des personnes venant d’horizons divers », expliquait-elle. « Les impacts de ce qui se fait à Sèmè City touchent tous les volets de notre vie au quotidien», soutient Claude Borna pour qui, il s’agit d’un lieu unique avec des « initiatives qui regroupent des entrepreneurs ou des chercheurs. Mais ce qui rend unique Sèmè City, c’est d’avoir la formation, la recherche et l’entrepreneuriat ensemble ». Le 16 juillet dernier, à Cotonou, Sèmè City a même signé une convention avec l’Université Paris-Sorbonne. Cela marque une volonté commune de coopérer en matière d’innovation, de recherche et de formation. Les deux institutions ont décidé de développer une collaboration stratégique à l’échelle nationale et régionale, notamment en matière de formation, de recherche et d’innovation de rupture, autour de thèmes communs répondant aux défis sociétaux et environnementaux du 21e siècle et?en cohérence avec les objectifs de développement durable des Nations Unies. Les axes prioritaires de ce partenariat sont entre autres le développement de compétence dans le domaine des Sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (Stim), de l’innovation et du transfert vers le monde socio-économique, la mise en place d’activités de recherches collaboratives dans des domaines arrêtés conjointement dont notamment la modélisation, le calcul et l’analyse des données, les sciences des matériaux et de l’environnement, l’intelligence artificielle. « Ce partenariat avec Sorbonne université s’inscrit pleinement dans la dynamique amorcée par l’État pour renforcer les enseignements des Stim, stimuler les jeunes entreprises innovantes, soutenir les actions de recherche et développement sur des thématiques d’avenir comme l’intelligence artificielle et contribuer au boom industriel au Bénin », indiquera en marge de la signature, Claude Borna . ----------------- Prévisible ! ----------------- La relocalisation de ce projet ne devrait plus étonner. En tournée nationale de reddition de comptes dans les communes il y a quelques mois, le chef de l’Etat s’est prononcé sur certaines difficultés qui ont freiné l’élan des réalisations prévues dans la localité. Reconnaissant que « Sèmè est une grande commune dans le Bénin, le symbole de notre ambition, notre pôle industriel, le cœur de l’innovation », le président Patrice Talon a soutenu que l’ambition du gouvernement s’est heurtée à une difficulté majeure à savoir la disponibilité de l’espace. Cela justifie par exemple le fait que la cité du savoir, Sèmè City, a dû s’installer à Cotonou et le projet a ainsi été retardé pour plusieurs mois. « … Impossible de trouver un site à Sèmè-Podji pour implanter des projets si importants… Parfois notre volonté, notre engagement ne sont pas favorisés par une certaine gouvernance », a publiquement déploré le président. Actualités 23 déc. 2021


6es Olympiades de Bountou : la réunion technique prévue pour ce jour
Les dix équipes retenues pour l’édition 2021 des Olympiades de Bountou sont attendues ce mercredi 22 décembre à Cotonou où aura lieu la réunion technique. Il s’agit de Eclaireur et Dragons du Littoral, de Sagesse et Best Team de l’Atlantique, de Scorpion du Mono, des Tigresses du Couffo, de Apache des Collines, des Caméléons de l’Ouémé, des Panthères du Plateau et des Amazones du Zou, championnes en titre. Les 10 équipes seront réparties en poules et la compétition se tiendra en quatre phases : les matchs de poule, les demi-finales, le match de classement et la grande finale. Organisée par l’Association Bountou Sport dirigée par Monique Dougbadji, cette 6e édition des Olympiades de Bountou démarre demain jeudi 23 décembre avec les 20 matchs de groupes, la cérémonie d’ouverture officielle et un match de démonstration au stade de l’Amitié général Mathieu Kérékou de Cotonou. Elle va connaitre son épilogue vendredi 24 décembre avec les demi-finales, les matchs de classement et la finale. A noter qu’au terme de la compétition, les meilleures équipes vont repartir avec des récompenses. Sports 22 déc. 2021


Adaptation aux changements climatiques : Place aux solutions locales au Bénin
Au lendemain d’une Cop 26 au goût d’inachevé, le Bénin ne démord pas. Le gouvernement accentue ses efforts dans la mobilisation de ressources et mise sur des solutions locales. Glasgow n’est pas loin d’être
un fiasco. La Cop 26 n’a pas tenu la promesse des fleurs, surtout par rapport à la finance climatique. Les pays vulnérables poursuivent au mieux leurs engagements pour la résilience climatique. Au Bénin, en attendant que les lignes bougent, les instruments locaux, dont le Fonds national pour l’Environnement et le Climat (Fnec) sont mis à contribution pour la mobilisation des ressources. « Le Fnec doit impérativement modifier l’échelle de sa vision, élargir la dimension de son ambition, sortir du confort de l’administration qui fonctionne tout court, pour relever rapidement de plus grands défis, tant au plan national qu’international, en mobilisant des ressources financières de plus en plus importantes auprès des institutions et mécanismes dédiés, ceci pour faire définitivement la preuve de sa capacité technique effective à transformer l’essai et se mettre à la hauteur des ambitions du Programme d’actions du gouvernement », martèle José Tonato, ministre du cadre de Vie et du Développement Durable. En réalité, la mobilisation des ressources internes concerne les éco taxes prélevées pour amener les populations à contribuer à la réparation des dommages causés à l’Environnement. La mobilisation de ces taxes permet de financer des projets d’adaptation au changement climatique à travers plusieurs modes, dont les initiatives locales. « C’est le financement de l’adaptation au changement climatique au niveau des communes. Nous avons commencé avec trois communes. Nous sommes ensuite passés à neuf communes. Avec l’accréditation du Fnec au Fonds vert pour le climat (Fvc), nous passerons désormais à 28 communes », explique Dr. Appolinaire Gnanvi, directeur général du Fnec. Le Bénin fait partie des pays ouest africains vulnérables face au changement climatique. Ces dernières décennies, les températures maximales, ont-elles accru d’environ + 1 °C et celles minimales ont augmenté d’environ + 2 °C. Non seulement les pluies sont mal réparties, mais les hauteurs sont en baisse. Dans ce contexte, s’adapter devient impérieux. Ainsi, depuis son adhésion à la Convention-cadre des Nations Unies sur les Changements climatiques, le Bénin s’est résolument engagé dans la mise en œuvre des mesures.   Des stratégies intégrées Le contexte de réchauffement climatique avec ses revers sur les secteurs clés de développement a poussé le pays à élaborer divers documents stratégiques, dont les Contributions déterminées nationales (Cdn) et le Plan national d’adaptation au changement climatique (Pna) adopté en 2021. Mais bien avant, le Bénin dispose depuis le 6 août 2018 d’une loi et d’une politique sur les changements climatiques. L’enjeu est de permettre aux populations d'être plus résilientes. « Le gouvernement a intégré dans la planification de la budgétisation, les changements climatiques. Il n’y a plus de politique ou de stratégies au Bénin qui ne tiennent pas compte des changements climatiques. Ce sont des avancées énormes que nous avons effectuées en termes d’adaptation au changement climatique et en même temps en termes de réduction des gaz à effet de serre. Outre la loi sur les changements climatiques, le Bénin a défini sa politique nationale sur les changements climatiques, sa stratégie de développement à faible intensité carbone », expose Prof. Martin Pépin Aina, directeur général de l’Environnement et du Climat.   Dans le cadre du Pna, huit secteurs ont été identifiés par le Pna adopté en 2021 : Agriculture, Ressources en Eau, Santé, Énergie, Infrastructures et Aménagements urbains, Littoral, Foresterie et le Tourisme. Entre autres actions, il y a la construction de retenues d’eau pour permettre aux populations agricoles d’avoir de l’eau en permanence, la réhabilitation d’ouvrages de franchissement pour faciliter le transport des produits agricoles. Les appuis sont orientés aussi vers l’amélioration des variétés résistantes aux changements climatiques. De grandes mesures sont définies dans le nouveau plan national d’adaptation du Bénin. « Si on arrive à mobiliser les ressources dont nous avons besoin et que les projets identifiés, je crois que le Bénin va rentrer dans les pays qui s’adaptent effectivement au changement climatique », rassure Dr Oscar Tèka, consultant dans le cadre de l’élaboration du Pna. Avec les grandes inondations de 2010, les constructions dans les communes à risque ont été améliorées. Les pilotis sont plus remontés en milieu lacustre, tenant compte du niveau de montée des eaux. Les pratiques ancestrales entrent aussi en jeu. « Vous avez des pratiques magico-religieuses qui sont également utilisées comme stratégies d’adaptation au phénomène des changements climatiques qui bouleversent la vie des paysans. Il y a des cérémonies qui sont organisées pour faire appel à la précipitation pendant qu’on l’attend et que ça ne vient pas », fait remarquer Dr Akibou Akindélé, ethno climatologue. Pour 2022, le budget du ministère du cadre de vie et du Développement durable (Mcvdd) affiche 170,252 milliards de Fcfa. L’écart est considérable quand on fait une comparaison avec le précédent qui s’élevait à 101,302 milliards de F Cfa. La cagnotte a tout simplement connu une hausse de 68,06 % et dépasse toutes les prévisions budgétaires des exercices antérieurs. Le Bénin a de l’ambition. Environnement 22 déc. 2021


Ferme « Retour à la terre » : un modèle d’adaptation aux inondations à Athiémé
« Retour à la terre » est une ferme installée sur environ 10 ha à Athiémé, au Sud-ouest du Bénin. Il s’y développe, sous l’égide du promoteur Gilbert Comlan Gnanmé, une vie paysanne qui a réussi à s’adapter aux inondations cycliques dans la commune. Une ferme dénommée « Retour à la terre » sert de cadre d’expérimentation pour une bonne adaptation aux inondations qui touchent Athiémé, une commune située dans le Sud-ouest du Bénin. Athiémé est la collectivité territoriale du département du Mono où le débordement du fleuve Mono cause beaucoup de dégâts. Entre autres, les eaux fluviales inondent presque toutes les exploitations agricoles. La ferme « Retour à la terre » ne fait pas exception à ce phénomène. Mais dans le cas d’espèce, s’adapter au sinistre en le transformant en une opportunité de prospérité est le pari que s’est fixé le promoteur de la ferme, Gilbert Comlan Gnanmé, natif d’Athiémé. Pour pouvoir toucher du doigt cette expérience d’adaptation, il faut s’armer de détermination, chausser de longues bottes et se munir d’un troisième poumon. « Retour à la terre » se situe à Hounkponou, dans le village d’Atchountohoué, à l’autre bout de la commune d’Athiémé. Elle se laisse découvrir au bout d’une longue piste argileuse dont la traversée se fait en deux temps: une bonne partie à moto en faisant preuve de beaucoup de dextérité dans la conduite puis le reste du trajet à pied. A pied, il faut rester attentif aux bouses de vache ainsi qu’aux branches mortes des palmiers à huile traînant au sol. Il faut, avant de poser un pas, tâter, s’assurer de la solidité du sol à l’endroit où les pieds se posent de manière à ne pas subir des chutes brusques. « Retour à la terre » est un ensemble d’exploitations agricoles réparties sur une dizaine d’hectares. A son siège à Hounkponou, la production du palmier à huile, l’extraction de «l’huile rouge légère » et la pisciculture constituent les activités phares. Accessoirement, Gilbert Comlan Gnanmé et ses ouvriers cultivent du maïs, élèvent des petits ruminants et la volaille. Ils sont aussi dans le maraîchage. L’adaptation En matière de production de palmier à huile, la préférence de Gilbert Comlan Gnanmé est allée à la semence sélectionnée. L’adoption de cette semence est l’acte 1 du processus d’adaptation en ce sens que, selon le fermier, les palmiers à huile sélectionnés sont indiqués pour les sols hydromorphes d’Athiémé. Cette espèce de plant, après castration, est prolifique en régimes de noix de palme si elle est au contact de l’eau, explique-t-il. A l’en croire, la consistance des récoltes est tributaire des saisons. En saison pluvieuse, souligne-t-il, 12 à 15 tonnes de régimes sont récoltées par quinzaine et l’extraction de « l’huile rouge légère » se fait sur place. Conditionnée dans des bidons de 25 litres, l’huile rouge est commercialisée à travers le warrantage qui est un mécanisme de vente adopté par les producteurs d’Athiémé réunis dans un creuset dénommé l’Union communale des producteurs de palmiers à huile. Environ 2 000 producteurs de palmiers à huile sont recensés dans chacun des cinq arrondissements d’Athiémé. Après le retrait des eaux, le fermier projette de faire « deux ans de récolte au niveau des palmiers à huile ». « Sur un ha, je suis à quatre millions francs Cfa étant donné que le bidon de 25 litres d’huile rouge coûte 18 000 francs Cfa (le prix de vente actuel sur le marché, ndlr) », détaille Gilbert Comlan Gnanmé. Après le choix de la semence dans le processus d’adaptation, vient la technique culturale peu ordinaire qui permet aux plants de la ferme « Retour à la terre» de résister au débordement du fleuve Mono. En effet, la plantation se fait sur des buttes de terre à raison de 143 plants par hectare. Les bottes de sable réalisées à 9 m l’une de l’autre en quinconce permettent de tenir les jeunes plants au-dessus du seuil atteint par les eaux au cours de la précédente période d’inondation. Mais cette technique est encore à l’étape rudimentaire, notamment en ce qui concerne la détermination de la taille des buttes de terre. Le fermier confirme : « C’est à partir des traces laissées par l’inondation sur les plants que nous déterminons la taille des nouvelles buttes ». Ce tâtonnement est l’une des faiblesses de ce processus prometteur pour lequel l’attention des chercheurs pourrait se révéler utile à plus d’un titre. « Pour la première année de cette expérience, nous avons eu des difficultés à gérer la crue et nous avions perdu plus de la moitié de nos plantations», regrette le fermier. L’idée des buttes, à l’en croire, est une initiative personnelle inspirée de ses participations aux ateliers organisés par la Snv et bien d’autres structures qui interviennent dans le secteur agricole au Bénin. Le fermier se dit convaincu que les buttes sont incontournables en matière de plantation sur les sols de sa ville natale. Ceci, pour faire profiter aux diverses cultures les fertilisants que les sols reçoivent en période d'inondation, insiste M. Gnanmé. Pièges à poissons La pêche est le second pôle d’activité qui permet à Gilbert Comlan Gnanmé et à ses collaborateurs de tirer davantage profit du débordement du fleuve Mono sur le plan économique. Elle se pratique au niveau de cinq étangs dont le plus grand est d’une superficie de 500 m2, tous creusés sur la ferme tels des pièges pour les poissons entrainés par le courant des eaux fluviales. Ici, la pêche se pratique entre août et septembre, peu avant une nouvelle période d’inondation. Les recettes des ventes sont impressionnantes. « J’ai vendu plus d’un million cinq cent mille francs Cfa de produits halieutiques », confirme-t-il pour le compte de cette année. Ceci représente une belle cagnotte, surtout dans la mesure où l’équipe de Gilbert Comlan Gnanmé n’a déboursé au préalable aucun franc. « Ce n’est pas moi qui ai élevé les poissons et crevettes apportés par les eaux du fleuve qui sont, par ailleurs, riches en nutriments pour l’alimentation », reconnaît le fermier. Selon ses dires, ils ne sont pas nombreux à s’approprier cette approche des étangs dans la commune d’Athiémé. Avenir économique Grâce à la culture du palmier à huile et à l’extraction de l’huile rouge légère qui viennent s’ajouter à ses revenus tirés de la pêche, le fermier se dit comblé. Selon ce natif d’Athiémé, l’inondation n’est pas un sinistre, ni un malheur pour sa communauté. Pour lui, l’avenir économique de la commune est largement tributaire de l’agriculture, notamment, de la transformation et de la production du palmier à huile. « L’histoire du palmier à huile, souligne-t-il, a commencé ici, à Athiémé, depuis les temps coloniaux. C’est cette terre qui a abrité la phase expérimentale au niveau de la bretelle Zounhouè-Athiémé. Et quand l’expérience fut concluante, les colons sont allés réquisitionner des superficies plus grandes à Lokossa, précisément dans l’arrondissement d'Agamè pour y faire une exploitation à l’échelle industrielle. Athiémé n’étant pas un vaste territoire… Ce n’est qu’à partir de la période révolutionnaire que la filière a été ouverte à tout le monde ». Le promoteur de la ferme «Retour à la terre » est intarissable de détails sur l’évolution de la filière palmier à huile qu’il a embrassée depuis plus de 30 ans et ce, après son retour du Togo, pays voisin où il a passé son enfance. Pour lui, il est évident que les colons n’ont pas choisi sa terre natale par hasard pour introduire le palmier à huile au Bénin. « S’ils l’ont fait, soutient-il, c’est parce que Athiémé présente les facteurs de développement de cette culture ». « Chaque milieu doit être adapté à la culture qui lui convient », retient le fermier. Pour lui, les inondations cycliques auxquelles sa communauté est confrontée constituent pour elle une chance. « Je me réjouis d’être natif d’Athiémé dont le sol répond à n’importe quelle culture. Les vivriers sont cultivés pendant la grande saison. Mais la source de richesse de la commune demeure le palmier à huile», soutient Gilbert Comlan Gnanmé dont la ferme n’est pas à l’abri des dégâts, des pertes quand les inondations surviennent. Bien au contraire. « Si vous allez dans ma ferme, confirme-t-il, j’ai un champ de plus de 3 ha de maïs en floraison qui se trouve inondé. Mais je suis prêt à perdre le maïs parce que ce que les palmiers à huile vont générer couvre largement la perte. Et ça, c’est très sûr ! ». Dans le champ de maïs de M. Gnanmé, il est certain qu’aucune récolte ne sera possible cette année. Les feuilles des quelques tiges de maïs qui tiennent encore débout dans les eaux fluviales ont d’ailleurs entamé leur jaunissement. Le bilan des dégâts est sans appel. Pourtant, c’est tout souriant que le promoteur en parle. « Quand il ne pleut pas, on se plaint. Et quand l’eau vient, on ne doit plus se plaindre», ironise-t-il. Dans son entendement, « Si les gens se plaignent, c’est parce qu’ils ne veulent pas s’adapter ». Les motivations de ceux qui n’arrivent pas à opérer l’adaptation peuvent être de plusieurs ordres. « Soit, c’est qu’ils sont ignorants des pratiques en cette matière, soit ils n’ont pas le financement nécessaire pour se faire réaliser les buttes et acheter les semences sélectionnées », pense Gilbert Comlan Gnanmé. Société 22 déc. 2021


Institutionnalisation et fin de l’apartheid en Afrique du Sud : leçons de vie
A la suite de l’article publié en novembre dernier, à l’occasion du décès du dernier président de l’Apartheid, des questions nous sont adressées pour en savoir davantage sur l’ancien système politique ségrégationniste en Afrique du Sud. Ce bref article qui se veut être un complément au précédent, essaiera de présenter succinctement ce système qui est entré dans l’histoire, ayant été aboli depuis une trentaine d’années, et d’évoquer sommairement les résistances qu’il avait engendrées. Le mot apartheid signifie « séparément ou séparation » en Afrikaans, la langue des colons hollandais installés en Afrique du Sud depuis très longtemps. C’est la politique de « développement séparé » basée sur la différenciation entre les races. Celles-ci reçoivent des traitements inégalitaires, fondés sur l’idée que la race blanche est supérieure aux autres. Ignorant la majorité noire, l’Afrique du Sud contemporaine est née en 1910 entre Blancs de l’Union des Colons Britanniques et des Afrikaners (ou Boers) d’origine hollandaise. L’apartheid ou « séparation, à part » a légalisé à partir de 1948, la ségrégation pratiquée depuis le XVII siècle par les premiers colons néerlandais. Institué par le Parti National (Pn) qui a dominé la vie politique de 1948 à 1994, le système reposait essentiellement sur trois piliers légaux renforcés plus tard par d’autres lois : la loi sur la classification de la population, la loi sur l’habitat séparé et la loi sur la terre. Au titre de la première loi (Population Registration Act), clé de voûte du système, il est défini quatre groupes raciaux aux droits différents : Blancs, Noirs, Métis, Indiens. Dès leur naissance, les habitants étaient classés dans ces quatre catégories. La loi sur l’habitat séparé (Group Areas Act) attribue aux habitants un lieu de résidence en fonction de leur appartenance raciale. Le pays était alors subdivisé en dix Bantoustans (Réserves ethniques) avec l’obligation pour les Noirs de porter en permanence un laissez-passer (Pass law act) les assignant à une zone de travail et de vie. Il indiquait si ces derniers avaient une autorisation de présence dans certains quartiers blancs au-delà des horaires de travail. Cette loi institutionnalise la ségrégation résidentielle. Les villes à l’européenne sont habitées par les Blancs, les banlieues, par les métis et Indiens. Les cités-dortoirs (Townships), agglomérations pauvres, sous-équipées et éloignées de 10 à 15 km des villes sont réservées aux Noirs. Le troisième pilier, ce sont les lois sur la terre (Land Acts) en vertu desquelles 87 % des terres sont attribuées en 1913 et 1936 aux Blancs minoritaires qui en deviennent propriétaires. Les 13 % restants qui revenaient à la population noire majoritaire, étaient divisés en réserves ethniques rebaptisées homelands en 1971. Pire, ces lois ont permis l’expulsion par la force de leurs terres, d’environ 4 millions de personnes. Les Noirs expulsés, sont involontairement installés dans des townships et les réserves ethniques. N’ayant pas assez de terres à cultiver et à mettre en valeur, certains d’entre eux travaillent alors comme des ouvriers agricoles dans les vastes et modernes fermes appartenant aux Blancs. Voilà pourquoi aujourd’hui encore, malgré les mesures agraires prises depuis l’accession de l’Ancau pouvoir en 1994, pour rétablir la justice dans ce domaine, la question de redistribution des terres (Réforme agraire) est d’actualité brûlante et prend une connotation politique. La loi sur l’immoralité, interdit les relations sexuelles entre personnes de races différentes. Dans ce cadre les mariages mixtes étaient interdits depuis 1949. Quant à la loi sur les équipements publics distincts « Reservation of separate Amenities Act », elle instaure la ségrégation raciale dans tous les domaines de la société (Transports, lieux publics, éducation, restaurants etc.) A ce titre, dans la vie quotidienne, par des panneaux bien fixés, il est réservé aux Blancs, des bus, des restaurants, des guichets ou encore des plages. Les Noirs y sont interdits d’accès, et la violation de ces consignes par eux, entraine des amendes dans le meilleur des cas, ou tout simplement la prison. Même dans les jardins publics, chaque race a sa zone. Le droit de grève était interdit aux travailleurs noirs, mais il leur est permis d’avoir des comités inoffensifs des travailleurs qui doivent collaborer avec les employeurs. Le recours à la main d’œuvre noire qualifiée dans le secteur de la construction par exemple, se limitait aux zones et quartiers où ils sont autorisés à avoir accès. Toutes les dispositions légales étaient fondées sur la ségrégation raciale, tant dans le domaine social, culturel, qu’économique. L’explication du grand fossé existant entre les Blancs riches et les Noirs très pauvres, trouve son origine dans cette discrimination socio-économique, ce qui fait de l’Afrique du Sud, d’après la Banque Mondiale, l’un des pays au monde où les inégalités sociales sont les plus prononcées. L’éducation et les soins de santé réservés aux Noirs étaient de moindre qualité, ces derniers étant considérés comme des êtres humains de second rang. La loi sur l’éducation bantoue impose la ségrégation raciale dans tous les établissements d’enseignement y compris dans les centres d’études supérieures. Des collèges et universités sont créés pour les différents groupes non blancs. Même au niveau du secteur pénitencier, la ségrégation raciale jouait pleinement. Par exemple en 1964, Nelson Mandela était jugé et condamné avec 7 de ses camarades dont Walter Sisulu, Ahmed Kathrada, Govan Mbeki ( Père du Président Thabo Mbeki ), Raymond Mhlaba etc… et un (1) Blanc qui dénonçait aussi l’apartheid. Selon la loi en vigueur, ce seul Blanc du groupe nommé Denis Goldberg, était détenu à la prison centrale de Pretoria plus confortable et réservée aux Blancs, tandis que tous les autres noirs y compris Mandela, sont envoyés à Robben Island, une petite île à Cape Town où les conditions de détention sont très dures, voire inhumaines. L’objectif de l’apartheid était d’institutionnaliser la suprématie blanche pour priver les Sud-Africains noirs (65 % de la population en 1948, 83 % en 2020) de leurs droits civiques. D’après certains analystes, ce système politique raciste et inique fut en fait le « résultat de l’anxiété historique des Afrikaners obsédés par la peur d’être engloutis par la masse des peuples noirs environnants ». Si la peur et l’anxiété sont à l’origine de ce degré d’inhumanisme, la solution trouvée n’est ni bonne ni durable. La preuve en est que malgré sa longévité relative, elle a fini par être abandonnée. La collaboration et l’égalité des races sont meilleures et compatibles avec la paix. Finalement, face à l’échec du développement séparé, on est revenu à la formule de la collaboration et de la fraternité. En réalité, plus que la peur, le fondement de l’apartheid n’est rien d’autre que la mentalité abjecte de suprématie de la race blanche. Toute action entrainant la réaction, l’instauration de l’apartheid a généré des résistances sous différentes formes. Le Congrès National Africain, en Anglais African National Congress (Anc) adopte d’abord des méthodes non violentes de lutte, prônant grèves, boycotts et campagnes de désobéissance civile. En 1960, la police ouvre le feu sur les manifestants à Shaperville, tuant 69 Noirs. L’African National Congress et le Parti Communiste sont interdits et l’état d’urgence est instauré. Entré en clandestinité, l’Anc opte pour la lutte armée. En 1964, son leader Nelson Mandela, avec ses camarades de lutte, est condamné à la prison à vie pour « sabotage ». La direction du parti se trouve ainsi décapitée, ce qui n’a pas empêché la poursuite de la lutte, la cause étant juste. En 1976, des milliers d’écoliers descendent dans les rues de Soweto pour dénoncer l’imposition dans l’enseignement, de l’Afrikaans, la langue des Blancs sud-africains. La manifestation commence dans le calme mais devient hors de contrôle lorsque la police de l’apartheid ouvre le feu. Le soulèvement durera un temps et fera près d’un millier de morts. Le monde entier s’en était ému. Comme si cela ne suffisait pas, un an plus tard, en 1977 Steve Biko, fondateur du Mouvement de la Conscience Noire, meurt en prison sous les coups de la police. Il a subi une torture cruelle. C’est un cas parmi tant d’autres. Des milliers de Noirs ont trouvé la mort dans des conditions vraiment inhumaines avec des pratiques sauvages incroyables et impitoyables, exercées sur des êtres humains dont la seule faute était d’être noirs et de réclamer leurs droits les plus élémentaires. Le Révérend Desmond Tutu, héros de la lutte anti-apartheid, qui présidait la commission « Vérité et Réconciliation » après la libération du pays, ne pouvait pas retenir ses larmes face aux aveux des Blancs, des atrocités qu’ils ont fait subir aux Noirs. Il fut un temps, leur politique était de réduire par tous les moyens cette population dont l’importance numérique devenait pour eux, inquiétante. C’est ainsi qu’en 1992, le gouvernement blanc n’a rien fait pour mettre fin à la guerre civile entre les Zoulous et les militants de l’Anc, ce qui a fait à l’époque au moins 10 000 morts. Face à cette situation qui devient chaotique, la communauté internationale a exprimé ses inquiétudes et demandé la fin de ce système en le condamnant. Les sanctions contre l’Afrique du Sud se sont multipliées : exclusion des jeux olympiques, expulsion des organes de l’Onu, embargo sur les armes, sanctions économiques etc…Des stars s’engagent contre le régime lors d’un concert géant à Wembley (Grande-Bretagne) en 1990. En 1973, le conseil de sécurité de l’Onu qualifiait le système raciste, de crime contre l’humanité. Dans le pays, des émeutes se multipliaient. En 1978, l’église catholique sud-africaine et le conseil sud-africain des églises, au nom des protestants, se prononcent contre l’apartheid. A l’époque l’Organisation de l’Unité Africaine devenue Union Africaine, a pris une part active dans cette lutte. Le groupe africain aux Nations-Unies veillait à l’évolution de la situation et faisait voter plusieurs résolutions à l’Assemblée Générale contre le régime de Pretoria. Etaient aussi actives à New-York, deux structures de lutte anti-apartheid : le groupe « des Pays de la Ligne de Front », comprenant les Etats de l’Afrique Australe, le Kenya, la Tanzanie ; et ensuite le comité des Nations-Unies contre l’apartheid qui a été présidé pendant plusieurs années par le Nigéria en la personne du général Garba, Représentant permanent près les Nations-Unies. Avec la décolonisation qui avançait à grands pas sur le continent, les colonies portugaises du Mozambique et d’Angola, ont accédé à l’indépendance en 1975. Anti-impérialistes notoires, ces deux pays nouvellement devenus souverains, et connaissant bien les affres de la colonisation portugaise qui voulait transformer leurs pays en colonies de peuplement, venaient alors au secours de l’Anc, en accueillant des milliers de jeunes exilés, dans les camps militaires d’entrainement... De retour en Afrique du Sud, ils ont constitué le fer de lance de la Nation, la branche militaire armée appelée en langue nationale Zoulou « Umkhonto we Sizwe ». D’autres pays africains comme par exemple l’Algérie et la Guinée de Sékou Touré sont venus aussi en aide à cette lutte armée. On se souvient de l’exil à Conakry de la vedette sud-africaine, Miriam Makeba, artiste de réputation internationale, résolument engagée dans la lutte anti-apartheid. Le Bénin aussi, pendant la période révolutionnaire, a été utile à l’Ancmalgré ses modestes moyens... ... Le président Mandela l’a reconnu au cours de l’audience qu’il nous a accordée le 8 août 2003 dans les locaux de sa Fondation à Johannesburg. Ce n’est pas, non plus, pour rien que, de son côté, le Révérend Desmond Tutu a fait une visite à Cotonou en 1999 dont il a gardé un bon souvenir et nous en a fait part au cours de notre entretien le 30 juillet 2003, dans son bureau à Cape Town. Telles sont schématiquement présentées en survol, les réalités de l’apartheid qui est maintenant un fait historique du passé. L’Afrique du Sud d’aujourd’hui est donc venue de loin pour recouvrer en 1991 sa libérté, grâce aux sacrifices multiformes de ses habitants noirs et à leur lutte inlassable, soutenue par la communauté internationale en général, le continent africain en particulier. Le président Samora Machel du Mozambique, pays voisin, y a trouvé la mort, la chute de son avion ayant été provoquée par les éléments de l’armée de l’apartheid à cause de son soutien inconditionnel à l’Anc. Malgré tous ces crimes et atrocités, à sa sortie de prison, Mandela a tout pardonné pour la paix, la concorde et le bien-être de son peuple sans considération de race. Dans cette ambiance conflictuelle caractérisée par l’isolement des Afrikaners et la montée des violences dans le pays, le président Frederik de Klerk a compris qu’il était temps de démanteler ce système qui ne fait plus recette. Quoiqu’il n’ait jamais admis que l’apartheid est un crime contre l’humanité, il a au moins présenté des excuses vers la fin de sa vie, sentant venir la mort, et a regretté les désagréments et les dégâts que ce système raciste a créés à la population noire. Il ressort de ce système de l’apartheid que toutes les lois dans un pays, ne sont pas forcément bonnes, justes et neutres. Un régime peut s’en servir à sa guise pour confisquer les libertés démocratiques, instaurer la terreur et asseoir les bases de la dictature et le fascisme. Il arrive même que la volonté et la défense des intérêts de l’élite dirigeante soient traduites dans des textes légaux solennellement votés par le parlement. C’est bien ce qui s’était produit en Afrique du Sud où la ségrégation raciale et son corollaire, « le développement séparé » avaient une base légale. En le pratiquant, ses acteurs et idéologues ne se reprochaient rien parce que c’était la loi. Or en vertu de ces lois iniques, de nombreux citoyens innocents et patriotes, victimes d’injustice, sont emprisonnés, tués, exilés, privés de leurs droits civiques et économiques. L’un des enseignements qui se dégagent de la lutte contre l’apartheid, est que la loi, lorsqu’elle est injuste ou inique, peut être victorieusement combattue. La chute de ce régime raciste, a confirmé l’idée que la lutte légitime paye. Des cas existent dans le passé et indiquent par exemple que la ségrégation raciale aux Etats-Unis et le nazisme en Allemagne qui étaient fondés sur la loi, ont finalement été remis en cause, voire abolis. A long terme, l’oppression du peuple est insoutenable . Certes, les sacrifices sont nécessaires pour combattre l’oppression institutionnalisée, mais la justice s’impose tôt ou tard et la vérité finit toujours par triompher. Dans ce processus, le pardon est une force, une puissance extraordinaire que la sagesse recommande de toujours pratiquer. Par Jean-Pierre A Edon *Ancien Ambassadeur du Bénin en Afrique du Sud, spécialiste des questions internationales Société 22 déc. 2021


3e édition de « Karaté Noël des enfants » : des talents confirmés
Organisée par la Ligue départementale de karaté-do Atlantique-Littoral, la troisième édition du tournoi dénommé «Karaté Noël des enfants » au profit des enfants de 6 à 15 ans s’est achevée, dimanche 19 décembre à Cotonou. A l’issue de la compétition, des talents se sont confirmés et les meilleurs karatékas sont repartis avec des vélos, des médailles et des cadeaux de noël. Ayant réuni plus de 200 enfants de 6-15 ans, l’édition 2021 du tournoi « Karaté Noël des enfants » a connu son épilogue, dimanche 19 décembre dernier à Cotonou. Pendant deux jours, la relève du karaté béninois a émerveillé le public sportif lors de cette compétition organisée par la Ligue Atlantique-Littoral de Karaté. Sur le tatami, ils ont démontré le travail qui se fait dans les clubs. En témoignent les performances. En kumité dans la catégorie des cadets (14-15 ans), vainqueur chez les 12-13 ans lors de l’édition précédente, Audrey Aklé a confirmé son talent en décrochant la médaille d’or devant Josias Kpodohoun et Adjéran Abdallah respectivement deuxième et troisième. Chez les filles, Giovanna Aditi a gagné le tournoi face à Ornelly Loukpécohoun. Au niveau des 12-13 ans, chez les garçons, Joresse Kpadonou a damé le pignon à Blaise Wongla et Elie Lokossou. En tête de la compétition dans la catégorie des 10-11 ans chez les filles l’année dernière, Joressine Kpadonou a confirmé également en montant sur la plus haute marche du podium chez les 12-13 ans. Au niveau des 10-11 ans, Camélia Salou et Espoir Kpodonou ont été vainqueurs respectivement chez les filles et chez les garçons. En kata, au niveau des pupilles (6-7 ans), chez les garçons, Précieux Salou est vainqueur de la compétition tandis que chez les filles, Hosana Nononhou a enlevé la médaille d’or devant Divine Apovo et Marie-Carlia Nahum. Rolando Kidjassou, Auréole Nononhou et Immensité Hodonou ont arraché les trois prix dans la catégorie des poussins (8-9 ans) chez les garçons alors que chez les filles, Immaculée Anagonou, Erica Cossi et Expérentia Zanou sont les meilleures au terme du tournoi. Des cadeaux aux enfants Heureux du niveau des enfants, Rock Quenum, président de la Fbk se dit sidéré par leurs talents. « Nous sommes émerveillés par ces enfants qui nous ont épatés durant les deux jours», a-t-il confié. C’est le lieu pour lui de féliciter la Ligue Atlantique Littoral de Karaté qui permet aux enfants de fêter noël en beauté. Selon le président de la Ligue Atlantique-Littoral de Karaté, Eric Gbègbo, cette compétition s’est déroulée dans de bonnes conditions et a permis aux jeunes karatékas des deux départements de se retrouver et célébrer les fêtes de fin d’année ensemble. Avec le sentiment du devoir accompli, le président de la ligue a salué la participation des athlètes et de leurs parents qui ont contribué à la tenue de cette compétition. «Nous saluons les parents et les responsables de clubs qui ont joué leur partition pour la réussite de cet évènement », a-t-il poursuivi avant de leur donner rendez-vous pour l’année prochaine. « Nous savons que la Fédération béninoise de Karaté et la Ligue font un bon travail à la base et nous sommes ici pour les accompagner », a reconnu Bouraima Imorou, directeur du Fonds national pour le Développement des Activités, de Jeunesse, des Sports et des Loisirs, qui a félicité les enfants ayant pris part à cette compétition et leurs parents. Il salue cette initiative qui participe à la promotion de cette discipline et à l’épanouissement des enfants. Les meilleurs sont repartis avec des vélos et des cadeaux de noël remis par le grand maitre Benjamin Soudé, Rock Quenum, président de la Fédération béninoise de Karaté et Imorou Bouraima, directeur général du Fndajsl. Sports 22 déc. 2021


9e journée de la ligue pro de football du Bénin : Loto-Popo termine la phase aller en beauté
Resté sans succès depuis la 3e journée de la ligue pro de football du Bénin, Loto-Popo Football a pris un bol d’air le week-end dernier au stade municipal de Dogbo en se débarrassant d’Energie Fc par le score de 2-1. Ce succès permet aux Loto-boys de se relancer avant la phase retour qu’ils démarrent, en déplacement, ce mercredi 22 décembre face à Dynamo d’Abomey. Après deux matchs nuls et deux défaites, Loto-Popo Football club, sans succès depuis le 17 novembre 2021, a renoué avec la victoire le week-end dernier en s’imposant à Energie Fc par le score de 2-1 au stade municipal de Dogbo. Et pourtant, les Loto-boys avaient mal démarré cette partie en vendangeant plusieurs occasions de buts. Mais, avec comme objectif de finir la phase aller en beauté, les poulains de Abdeslam Ouaddou ne vont pas baisser la garde jusqu’à trouver la faille dans le camp adverse. Faïsal Bashir va réussir à conclure une belle phase de jeu en ouvrant le score à la 15e minute suite à un corner décomposé par Faïzou Kpara et Rodrigue Fassinou. A 1-0, Loto-Popo va conserver son avantage jusqu’à la mi-temps. A la reprise, les locaux vont revenir sur la pelouse avec de nouvelles intentions empêchant les visiteurs de dérouler leur jeu. Le match devient tactique. Le duo d’entraineurs Déguénon-Ouaddou change de cap et opère des changements. Faïsal Bashir cède sa place au Ghanéen Martin Dzilah en attaque. Les électriciens vont subir la pression offensive des hommes de la maison de la chance. Le nouvel entrant va surprendre le gardien de but d’Energie Fc sur une volée spectaculaire à la 77e minute. A 2-0, Énergie Fc va réagir et parvient à réduire le score grâce à Jules Elégbédé qui marque sur un corner. Abdeslam Ouaddou injecte encore du sang neuf à son effectif. Stéphane Vignigbè qui vient de faire son entrée, récupère un ballon au milieu, plante son vis-à-vis et tente une frappe. Le gardien est battu mais son tir choisit le poteau sortant. Le score ne changera pas jusqu'au coup de sifflet final. Au terme de la 9e journée, Loto-Popo sécurise sa quatrième place au classement avec 14 points +4 derrière, Tonnerre 15 points+1, Espoir de Savalou 17 points+4 et Dadjè, leader de la zone B avec 17 points+7. Auréolés par ce succès et invaincus à l'extérieur avec deux victoires et deux nuls, ils sont attendus pour confirmer face à Dynamo d’Abomey ce mercredi 22 décembre à Abomey lors de la première journée de la phase retour. Programme des matchs de ce jour Zone B Dynamo Abomey - Loto Popo à Abomey Hodio - Tonnerre à Comè Energie Fc - Dadjè à Dogbo Espoir - Soleil à Savalou Sports 22 déc. 2021


Mécanisation agricole au Bénin : la Fao dissémine le document de stratégie
Dans le cadre de l’appui à l’élaboration de la stratégie nationale de mécanisation agricole du Bénin et son plan d’action, la Fao a organisé, hier mardi 21 décembre à Bohicon, un atelier de dissémination du document de la Stratégie nationale de mécanisation Agricole (Snma). Un atelier qui a regroupé des acteurs impliqués dans la mécanisation agricole venus de tous les départements. La Fao appuie le Bénin pour la formulation d’une stratégie nationale de mécanisation agricole. Il s’agit d’un document qui donne au Bénin l’opportunité d’avoir une vision claire et globale sur les actions à mener en matière de développement durable de la mécanisation agricole. L’élaboration dudit document a été confiée à une équipe de quatre consultants nationaux et d’un consultant international dont les travaux ont conduit à l’élaboration du document provisoire de cette stratégie nationale de mécanisation agricole. En attendant sa transmission par le ministère chargé de l’Agriculture pour adoption en Conseil des ministres, il a été organisé, hier mardi 21 décembre, un atelier national de partage du contenu de cette stratégie nationale avec l’ensemble des acteurs du monde rural. Cet atelier vise à assurer une large communication sur le contenu du document de la stratégie de mécanisation agricole en vue de son appropriation par les acteurs parties prenantes. Les travaux se sont déroulés sous la houlette du représentant-résident de la Fao au Bénin, Isaias Angue Obama Oyana, et du directeur de la Programmation et de la Prospective (Dpp) du ministère chargé de l’Agriculture, Marius Sodjinou Aïna. On peut aussi noter la présence de Gaëlle Gnakadja-Didagbé, directrice départementale de l’Agriculture dans le Zou. Pour relever les prochains défis Pour le responsable de la Fao près le Bénin, Isaias Angue Obama Oyana, la nouvelle Stratégie nationale de mécanisation agricole, validée lors d'un atelier national et approuvée par le ministère du Plan et du Développement, contribuera à terme à relever les principaux défis dans ce domaine notamment promouvoir la mécanisation pour les activités des productions agricoles au sens large, promouvoir la mécanisation dans les activités de transformation des produits agricoles et les activités de recherche-développement et les nouvelles technologies en mécanisation. Il s’agit aussi de renforcer la capacité d'intervention des structures de l'Etat en charge de la mécanisation agricole et du capital humain et de promouvoir les mesures d'accompagnement à travers le financement de la mécanisation agricole et l'incitation du secteur privé dans ce domaine. Marius Sodjinou Aïna, s’est satisfait de ce que cet atelier permettra aux différents acteurs d’avoir une bonne connaissance du contenu du document qui présente les nouvelles ambitions du Bénin dans ce secteur à l’effet que chacun, en ce qui le concerne, jouera sa partition dans la mise en œuvre de la stratégie nationale de mécanisation agricole. Pour lui, l’atelier constitue l’aboutissement du processus qui permettra au Bénin d’avoir une nouvelle boussole en matière de mécanisation agricole à savoir le document de stratégie nationale. L’adoption de ce document est un grand pas puisque pour la Fao, la mécanisation agricole constitue aujourd’hui une question urgente et un pilier indispensable pour réaliser la vision « Faim zéro », comme cela a été confirmé lors de la Déclaration de Malabo en 2014. Economie 22 déc. 2021


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