La Nation Bénin...
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Le projet de loi modifiant la loi n° 2001-37 du 27 août 2002, modifiée, portant organisation judiciaire en République du Bénin et modifiant et complétant la loi n° 2012-15 du 18 mars 2013 portant Code de procédure pénale en République du Bénin est en examen, ce lundi 14 mai au Parlement. Ce texte comporte plusieurs innovations dont la suppression de la cour d’assises et la création d’une cour spéciale chargée de réprimer les infractions économiques et le terrorisme.
Le Bénin pourrait se doter bientôt d’une juridiction pénale spéciale pour connaître exclusivement des infractions économiques et du terrorisme. Celle-ci pourrait être baptisée « Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) ». C’est du moins l’une des grandes innovations du projet de loi modifiant la loi n° 2001-37 du 27 août 2002, modifiée, portant organisation judiciaire en République du Bénin et modifiant et complétant la loi n° 2012-15 du 18 mars 2013 portant Code de procédure pénale en République du Bénin, qui sera examiné par les députés lundi prochain au Parlement. La création de cette cour qui n’était pas au départ dans le projet de loi transmis par le gouvernement, a été un amendement des députés membres de la Commission chargée des lois ayant étudié en premier ressort le dossier.
Si la création de cette cour pénale spéciale arrivait à être adoptée par la plénière des députés ce lundi, elle aura une compétence nationale et sera chargée de la répression du crime de terrorisme, des délits ou crimes à caractère économique tels que prévus par la législation pénale en vigueur ainsi que la répression du trafic de stupéfiants et des infractions connexes.
Outre la Criet dont la création est ainsi souhaitée par des députés, le projet de loi du projet de loi qui modifie le Code de procédure pénale en vigueur depuis 2013 et la loi portant organisation judiciaire au Bénin judiciaire en République du Bénin initié par le gouvernement, comporte plusieurs autres innovations. Lesquelles innovations comprennent notamment le jugement désormais des crimes par les tribunaux de première instance, la création d’une chambre de l’instruction, la suppression des jurés et des cours d’assises qui reviennent de plus en plus onéreuses à l’Etat.
Double degré de jugement
En termes clairs, cette réforme va instaurer un double degré de jugement pour les crimes pour permettre à la justice de se rattraper en appel pour corriger une éventuelle erreur qu’elle aurait commise dans sa sentence pénale, dans l’intérêt de la personne poursuivie. Avec l’instauration du double degré de juridiction qui supprime ainsi les cours d’assises, le droit constitutionnel de toute personne à être jugée par son juge naturel devient effectif en matière criminelle, puisque ce sont les tribunaux de première instance qui connaîtront des crimes. Aussi, dans le souci de renforcer les droits des justiciables, le dossier en plénière des députés ce jour, propose-t-il que les juridictions criminelles soient exclusivement composées de professionnelles, c’est-à-dire de magistrats. Cette innovation supprime implicitement la présence des jurés et l’organisation des sessions d’assises devenant depuis en plus en plus très onéreuse. De 2013 à 2017, l’organisation des cours d’assises aurait coûté à l’Etat la somme de 2 943 298 018 francs Cfa, selon les chiffres annoncés à la commission chargée des Lois par le gouvernement. De plus, les projections pour les cinq années à venir sur la base de l’actuel code de procédure pénale s’élèvent à plus de 7 milliards F Cfa. Cette réforme de suppression de l’organisation des cours d’assises au profit de l’instauration du double de degré de jugement en matière criminelle permettra de juger plus aisément dorénavant les crimes et à moindre coût mais également de rapprocher le jugement des crimes de leurs lieux de commission et de sauvegarder davantage les droits de la personne poursuivie. Seulement rien n’est encore gagné. Le sort de toutes ces innovations se joue ce lundi 14 mai au Palais des gouverneurs à Porto-Novo où la plénière des députés aura à apprécier l’ensemble du projet de loi finalisé, vendredi 11 mai dernier, par la Commission des Lois, de l’Administration et des droits de l’Homme?
Actualités 14 mai 2018

L’archidiocèse de Parakou et la Commission diocésaine pour les communications sociales ont marqué d’un sceau spécial, samedi 12 mai dernier, la cinquante-deuxième Journée mondiale des communications sociales (Jmcs). A la faveur de cette célébration, les professionnels des médias de la ville ont été entretenus sur le message de Sa Sainteté le Pape François et le contenu du nouveau Code numérique, ainsi que les sanctions en cas de violation.
Chaque année, la Journée mondiale des communications sociales a lieu le dimanche suivant la fête de l’Ascension. Instituée à l’initiative de l’Eglise catholique à l’issue du Concile Vatican II, l’évènement est la manifestation d’une prise de conscience des enjeux moraux et spirituels de société que représentent les moyens de communication de masse.
Organisée souvent à Cotonou par la Cellule de communication de la Conférence épiscopale du Bénin, la célébration de sa cinquante-deuxième édition a été délocalisée, samedi 12 mai dernier, à Parakou. L’occasion a permis à l’archidiocèse de la ville et à la Commission diocésaine pour la communication sociale de présenter le message de Sa Sainteté le Pape François aux professionnels des médias de cette ville.
A la faveur de la fête de Saint François de Sales, patron des journalistes, le 24 janvier de chaque année, le Pape publie un message. Son souci, a expliqué le père Davis Ahossinou, est de contribuer à la recherche d’un style ouvert et créatif de communication qui ne soit jamais disposé à accorder un premier rôle au mal. Son message de cette année a pour thème « La vérité vous rendra libres : fausses nouvelles et journalisme de paix ».
Appréciant l’importance de ce thème, le père David Ahossinou a indiqué que le Pape François a fait l’option de la vérité en dévoilant son objectif. « Je voudrais contribuer à l’engagement commun, pour prévenir la diffusion de fausses nouvelles et pour redécouvrir la valeur de la profession journalistique et la responsabilité personnelle de chacun dans la communication de la vérité », a-t-il poursuivi, rapportant les propos du Pape. Selon lui, les professionnels des médias sont des gardiens de nouvelles. « Mais de quelle nouvelle ? La vraie ou la fausse ? Celle qui construit ou détruit ? », s’est-il demandé, en appelant à faire la promotion du journalisme de paix, sans duperie et qui ne brûle pas les nouvelles.
Pour Mgr Pascal N’Koué, « le premier communicateur au monde, c’est Dieu lui-même. Il est à la fois parole et silence. Il faut savoir parler ou se taire, quand il le faut ». « Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire. Mais aujourd’hui avec l’Internet, on trouve tout ce qu’on veut. Malheureusement aujourd’hui, on ne parle plus de la formation de la conscience professionnelle et de la volonté de faire ce qui est bien, les deux piliers qui font la personnalité de quelqu’un », a déploré l’archevêque. « On peut distinguer ce qui est bien et ne pas avoir la volonté de le faire. Malheureusement, le mensonge étant toujours plus attrayant que la vérité, on raffole des fausses nouvelles », explique-t-il. « C’est là où le Pape parle justement de discernement », rappelle-t-il. A l’en croire, les professionnels des médias ont entre leurs mains un instrument beau et dangereux en même temps. « Un instrument à double tranchant », a estimé Mgr Pascal N’Koué. « Cultivez en vous la crainte de Dieu. La Bible dit que c’est le début de la sagesse », a-t-il lancé en direction des professionnels des médias.
Avant lui, le révérend-père Fulgence Mèhouénou a procédé à un aperçu commenté en lien avec le terme, de la loi 2017-20 du 20 avril 2017 portant Code du numérique au Bénin qui vient d’être promulguée?

Améliorer le niveau de sécurité des usagers de la route en général et des plus vulnérables en particulier, préoccupe le gouvernement, selon Didier Yabi, représentant du ministre des Infrastructures et des Transports. Il l’a fait savoir lors du lancement du projet Sécurité routière, vendredi 11 mai dernier à Ekpè. C’était en présence des acteurs et partenaires.
Le projet Sécurité routière lancé, vendredi 11 mai dernier à Ekpè par Didier Yabi, représentant du ministre des Infrastructures et des Transports, vise à « promouvoir la prévention routière au Bénin en particulier dans les départements de l’Atlantique et du Littoral ». Préoccupation à l’échelle mondiale, la lutte contre les accidents de la route se pose désormais au Bénin comme un enjeu de santé publique, une cause d’intérêt national. Des suites de ces sinistres qui surviennent sur le chemin de l'école, en voyage ou encore au cours du trajet service-domicile, des milliers de personnes, plus de 4000 au Bénin, passent de longues semaines d’immobilisation à l’hôpital et beaucoup d’entre elles ne parviennent plus jamais à vivre, travailler ou jouer comme elles le faisaient auparavant.
Au regard des nouveaux enjeux de la sécurité routière, relève Didier Yabi, la question de la structuration du cadre institutionnel et réglementaire de la sécurité routière se pose avec insistance. « L’opportunité du renforcement des institutions et d’une actualisation de l’arsenal législatif et réglementaire de gestion de la sécurité routière est partagée par tous », fait observer le représentant du ministre. Le bien-être de tous et partant la régression de la pauvreté sont assujettis au succès des politiques de prévention et de sécurité qu’il importe de réussir à collectivement mettre en œuvre, justifie-t-il.
Convaincu de la pertinence des objectifs attachés au partenariat entre le Cnsr et Handicap International et de la détermination des parties prenantes, Didier Yayi a lancé le projet Sécurité routière, fruit du partenariat Cnsr - Handicap International.
Selon Juste Clotoé, représentant de Handicap International, les expériences accumulées par son organisation ont été possibles grâce à l’appui de la Coopération belge au Développement (Dgd). Handicap International, poursuit-il, par ses interventions, œuvre à renforcer les législations, les politiques et autres normes nationales, à assurer des changements comportementaux relatifs aux principaux facteurs de risques que constituent le non-port de la ceinture de sécurité et du casque, la conduite en état d’ivresse ou l’excès de vitesse. Elle est prête à relever les défis actuels en initiant le projet Sécurité routière financé par la Dgd pour la période 2018 à 2021.
Ledit projet prévoit d’améliorer, convient Aubin Adoukonou, directeur général du Cnsr, à améliorer la situation des usagers de la route à travers une gestion efficace de la sécurité routière au Bénin. Il entend contribuer à renforcer les capacités organisationnelles et opérationnelles du Cnsr. Il a réaffirmé la disponibilité de son institution à accompagner et réaliser le projet pour le bonheur de la tranche des 15 à 29 ans.
Aubin Adoukonou plaide pour l’élaboration et le vote d’un nouveau code de la route pour répondre aux défis actuels.

Amnesty International Bénin a organisé, samedi 12 mai dernier à Cotonou, au profit de ses militants et activistes, une formation sur le plaidoyer pour l’éradication de la peine de mort dans le monde et surtout la sous-région ouest-africaine. Ladite formation a été assurée par Oluwatosin Popola, secrétaire international de l’organisation, venu de Londres.
Fournir des outils aux activistes et militants afin de les encourager à poursuivre le plaidoyer pour éradiquer la peine de mort surtout dans tous les pays de l’Afrique subsaharienne et dans le monde. C’est le but de la formation assurée, samedi 12 mai dernier par Oluwatosin Popola, conseiller pour l’abolition de la peine de mort venu du siège d’Amnesty International à Londres. Il était question d’encourager les militants à poursuivre le plaidoyer dans tous les pays de l’Afrique subsaharienne en faveur de l’abolition.
Les participants à la formation viennent de l’Union des professionnels des médias du Bénin, de Franciscains international, de Changement social Bénin, de l’Association des femmes avocates du Bénin et d’Acat-Bénin. Au terme de la formation, ils se sont réjouis d’avoir reçu les parchemins qui témoignent de l’enrichissement obtenu.
Cyriaque Hossou, coordonnateur du Comité peine de mort à Amnesty International Bénin, s’est confondu en remerciements pour les cours reçus. Pour lui, les bénéficiaires se sentent désormais bien outillés pour contribuer à asseoir l’abolition dans tous les pays de l’Afrique subsaharienne.
Peu importent la personnalité, la nature du crime et la méthode utilisée, Amnesty International, déclare Oluwatosin Popola, s’oppose à la peine de mort.
Au début de la campagne en 1977, rappelle le coordonnateur, aucun pays n’avait fait cette option. Aujourd’hui, seulement vingt pays l’ont abolie. Cependant, se réjouit-il, le Bénin est le 19e pays tandis que la Guinée est le 20e Etat abolitionniste. Son ardent souhait est que davantage de pays de la sous-région de l’Afrique subsaharienne souscrivent à l’abolition. Il espère que le Ghana et le Burkina-Faso qui font des efforts dans ce sens vont bientôt aboutir effectivement à l’abolition.
Ce que confirme Fidèle Kikan, directeur d’Amnesty International Bénin qui pense que cette formation permet de célébrer les efforts du gouvernement et des institutions qui croient au droit à la vie. Ladite formation permet de renouer avec la démocratie et de célébrer la synergie retrouvée auprès des institutions engagées dans la campagne.
Le 21 février dernier, le Bénin a clos le processus de l’abolition. Fidèle Kikan espère qu’à la suite des vingt pays qui évoluent dans l’abolition de la peine de mort, les vingt-neuf restants vont leur emboîter le pas. Raison pour laquelle il a invité les bénéficiaires de la formation à accompagner le Burkina Faso et le Ghana, sans oublier le Nigeria, le Tchad et le Kenya en empruntant les voies diplomatique, parlementaire et de la communication.

Les cadres du ministère de l’Energie ont tenu, vendredi 11 mai dernier, à l’Infosec à Cotonou, la revue du Plan de travail annuel de leur département au premier trimestre de l’année 2018. Avec un taux d’exécution physique de 13,22 % sur les 25 % prévus, ils ont fait des recommandations afin d’améliorer les performances au cours du deuxième trimestre.
Renforcer les capacités des différents acteurs impliqués dans la chaîne des dépenses et animer le cadre de gestion de la performance du ministère de l’Energie. Ce sont là quelques-unes des grandes résolutions prises par les cadres à divers niveaux du ministère de l’Energie, au terme de la revue du Plan de travail annuel (Pta) au premier trimestre de l’année 2018, tenue vendredi dernier à Cotonou. Ces résolutions ont été prises suite aux résultats enregistrés au premier trimestre de l’année 2018, dans le cadre de la gestion des projets et programmes, selon le directeur de la Programmation et de la Prospective dudit ministère, Herman Zimé.
En effet, au premier trimestre de l’année 2018, le ministère de l’Energie a enregistré un taux physique d’exécution de 13,22 % pour un taux d’ordonnancement de ses crédits à hauteur de 14,02 %. Ces éléments mis ensemble, selon le directeur de la Programmation et de la Prospective, donnent un ratio efficience/base engagement de 1,28 %, supérieur à 1, puis d’un ratio base/ordonnancement de 1,6 %, supérieur aussi à 1.
Pour Herman Zimé, ces éléments traduisent, certes, un retard dans l’exécution du Pta du ministère, mais cela dénote également des difficultés regroupées en trois points. La première difficulté, indique-t-il, c’est le retard dans la désignation des gestionnaires de crédits des projets qui vient d’être corrigé. La deuxième est la difficulté de consommation des ressources de contrepartie sur certains projets. La dernière est liée aux capacités des différents acteurs impliqués dans la chaîne des dépenses.
Le ministre de l’Energie, Dona Jean-Claude Houssou, qui a présidé les travaux, a rappelé que conformément à la Gestion axée sur les résultats (Gar), son département ministériel, dans le cadre de l’exécution de sa mission, a élaboré et mis en œuvre son Pta. Après trois mois d’exercice, il faut, selon lui, marquer un arrêt et faire le point.
Pour Dona Jean-Claude
Houssou, la revue a été une occasion pour apprécier le niveau d’exécution financière et physique de l’ensemble des programmes et projets du ministère. C’est ainsi qu’une analyse des tâches a été effectuée au 31 mars 2018 pour comparer celles prévues et celles réalisées.
Le ministre de l’Energie ne souhaite pas que la consolation au vu des résultats enregistrés aille au-delà de ce que cela doit être en comparant lesdits résultats à ceux d’autres ministères. Il veut que cette comparaison se fasse avec les meilleurs résultats pour évoluer vers des performances durables. C’est la garantie d’un meilleur étalonnage qui permet au ministère de viser haut dans la durée, indique-t-il?

Dans le cadre de sa première session de 2018, la cour d’assises de la cour d’appel de Cotonou a examiné, ce vendredi 11 mai, le vingt-sixième dossier inscrit à son rôle. Une affaire de meurtre et de complicité de meurtre mettant en cause Abdouramane Abdoulaye et Lazare
Akouèdègnon. Au terme des débats, la cour a acquitté puremement et simplement Lazare Akouèdègnon et a condamné Abdouramane Abdoulaye à 12 ans de travaux forcés.
Si Lazare Akouèdègnon pouvait sourire pour avoir été acquitté du chef d’accusation de complicité de meurtre, après presque six ans et demi de détention préventive, Abdouramane Abdoulaye, n’a pas eu cette chance. Il a été plutôt reconnu coupable de meurtre et condamné à 12 ans de travaux forcés et doit retourner en prison pour plus de cinq ans encore. C’est le verdict prononcé par la cour d’assises de la cour d’appel de Cotonou à l’issue de son audience du vendredi 11 mai dernier relative à la vingt-sixième affaire inscrite au rôle de sa première session.
Après un préalable soulevé sans succès par les défenses aux fins de la libération immédiate au motif que leurs clients ont été retenus au-delà de cinq ans avant de comparaître devant la cour d’assises, l’audience a pu se dérouler. A la barre, aucun des deux accusés n’a reconnu être l’auteur des faits qui leur sont reprochés. Pour eux, le meurtre, dont a été victime Mathias Kpatindé Ada dit Tagba dans la nuit du 21 au 22 novembre 2011, serait le résultat de la vindicte populaire. Pour soutenir leur version des faits, chacun a usé de ses moyens.
Selon Abdouramane Abdoulaye, né vers 1980 et de nationalité nigérienne, après avoir surpris trois personnes en train de voler des veaux dans son troupeau, il a crié au secours. Il n’aurait pas eu le temps de rattraper les voleurs avant de retrouver l’un d’eux à terre se débattant sans savoir comment. Cet état du présumé voleur serait l’œuvre de la population réveillée par son appel au secours : « Olé ! Olé ! » dans la nuit profonde. Pourtant, lui fait comprendre la cour, il portait un long couteau au moment des faits. « A quoi aurait servi ce couteau que vous portiez sur vous dans la nuit du drame ? », lui demande le président Marie A. Soudé-Godonou. « Cette machette, je la porte partout. Je suis Peul et je ne m’en sépare presque jamais. C’est une pratique culturelle en milieu peul », répond-il pour se justifier.
Tenace
Pour l’amener à reconnaître les faits, le président et le ministère public le confondent sur certaines déclarations de témoins à qui il a parlé en compagnie de son complice à leur sortie du buisson où la victime a été abattue. « N’as-tu pas dit à Léon Johnson qui allait vers le buisson : ‘’ Il n’y a plus rien là’’ ? », lui demande Marie A. Soudé-Godonou. Et d’ajouter sa déclaration rapportée par Expédit, un autre témoin : « Il est déjà tué dans le buisson du bas-fond ». Malgré toutes ces questions, il est resté sur sa position de ne pas reconnaître les faits. « Mais qui a tué Tagba ? » a insisté l’avocat général et Abdouramane Abdoulaye de répondre : « C’est la population ». « Qui sont ceux qui constituent la population ? » poursuit le ministère public. Toujours dans sa stratégie, l’accusé répond : « Je n’ai vu personne.» Cette réponse relance l’avocat général Christian Atayi pour mieux le traquer : « Pourtant, tu as dit tout à l’heure qu’il y avait une foule de gens quittant le buisson ? » Silence de l’accusé qui a permis au ministère public d’enchaîner : « Fais-tu partie de la population? ». « Oui », répond Abdouramane Abdoulaye. Très décidé à lui arracher un aveu, le ministère public enchaîne à nouveau: « Et où étais-tu quand la population l’a tué ? » Embarrassé à nouveau, le prévenu choisit le silence et refuse même de regarder la photo de la victime à lui présentée par le président, mais contraint, il finit par le faire malgré lui.
Une fois encore, l’accusé sera pris à défaut sur un autre détail concernant l’état de la victime dans le buisson. Selon lui, comme c’était la nuit, il ne voyait pas si la victime était blessée ou non. Ce qui contredit la déclaration du présumé complice Lazare Akouèdègnon, menuisier de la cinquantaine. «Quand on était dans le buisson du bas-fond, on a vu Tagba couché et son corps était couvert de sang», révèle Lazare Akouèdègnon. Il soutient néanmoins n’avoir pas vu Abdouramane Abdoulaye faire usage de sa machette mais qu’il l’a juste suivi dans l’intention de lui porter secours. Il était d’abord alerté par des cris avant qu’Abdouramane vienne le solliciter. Pour lui, la victime aurait été abattue par des gens qui sortaient du buisson pendant qu’eux s’y rendaient.
Convaincu de la culpabilité du bouvier Abdouramane
Abdoulaye, le ministère public requiert contre lui la perpétuité. Dans son réquisitoire, Christian Atayi montre que le meurtre s’est produit dans un contexte de vindicte populaire. Mais l’auteur reste et demeure, selon lui, Abdouramane
Abdoulaye. Mentionnant les éléments constitutifs du crime, il démontre que l’élément matériel réside dans le port de machette et la mort de la victime ; l’élément légal réside dans les articles 295 et 304 du Code pénal qui punissent l’homicide volontaire; et l’élément intentionnel réside dans le fait de viser des parties sensibles du corps de la victime pour donner les coups de manchette. Ainsi, sur la base de l’article 304 du Code pénal, il requiert que la cour le déclare coupable du crime de meurtre et le condamne à la perpétuité.
Quant à Lazare Akouèdègnon, il émet des doutes sur sa complicité et requiert que la cour l’acquitte au bénéfice du doute.
Il y a doute, selon les avocats
Les conseils des deux prévenus cherchent à tirer d’affaire leurs clients en plaidant l’acquittement pur et simple.
Pour Me Alexis Déguénon, son client Lazare Akouèdègnon n’est pas coupable. Soutenant cette thèse, il montre qu’à la lumière des débats, son client s’est révélé plutôt comme témoin du meurtre que comme complice contrairement à ce que tente de faire croire le ministère public. Selon lui, Lazare
Akouèdègnon ne portait pas d’arme et était juste sorti pour porter secours au gardien de bœufs victime de vol. Mieux, son domicile est riverain du buisson où le drame a eu lieu, indique-t-il. « Je vous demande de laver son honneur, de le réhabiliter entièrement. Acquittez-le ! », sollicite-t-il avant d’embrayer sur le cas d’Abdouramane Abdoulaye en faveur de qui il sollicite aussi un acquittement sans être son conseil. A l’en croire, « On ne poursuit pas sur la base des suppositions mais plutôt en se fondant sur des évidences». Rien dans le dossier, dit-il, ne prouve que le client de son confrère est vraiment l’auteur du meurtre.
A son tour, Me Maxime Codo, conseil d’Abdouramane
Abdoulaye, dit d’abord qu’il est surpris des réquisitions du ministère public. Pour lui, en allant sur le terrain de la vindicte populaire, le ministère public ne doit plus trouver de coupable en la personne de son client. Après avoir fait cette mise au point, il tente de présenter une version des faits où son client apparaît comme victime de vol et innocent. Pour ce faire, il exploite certains détails tels que la foule qui aurait commis le meurtre. Il table aussi sur la machette pour soutenir que le port en milieu peul est une pratique ancestrale, donc culturelle. «Abdouramane Abdoulaye n’a pas porté sa machette pour tuer quelqu’un. Il l’a portée comme il est exigé du jeune de l’ethnie fon de s’initier au fâ », démontre-t-il avant de relever des insuffisances relatives au manque de professionnalisme de la police. A ce propos, il se désole qu’après avoir saisi la machette de son client, le jour même du drame, la police n’ait pas pu procéder à une investigation profonde en utilisant des réactifs pour déterminer si la machette porte des traces de sang humain. « Mais cela n’a pas été fait et l’on cherche un coupable qui n’est pas mon client », martèle-t-il ajoutant qu’il s’agit d’une vindicte populaire. Mieux, relève Me Maxime Codo, après avoir donné lecture du certificat d’autopsie de la victime, les plaies n’ont pas la même béance. Ce qui signifie, soutient-il, que plusieurs armes blanches ont servi à causer des blessures à la victime jusqu’à ce qu’il meure. «C’est la vindicte populaire », martèle Me Maxime Codo, mine serrée, ajoutant que dans le dossier aucun élément objectif n’accable son client pour qu’il soit condamné. « L’innocence, l’innocence, elle n’a point de bouche. Elle ne peut pas parler », lance-t-il pour toucher la sensibilité de la cour.
Les faits
Courant novembre 2011 au quartier Fiyégnon 2 à Cotonou, Mathias Kpatindé Ada dit Tagba aurait été surpris en flagrant délit de vol d’un veau dans le troupeau gardé par Abdoudramane Abdoulaye. Il a été pris en chasse par ce dernier qui appela la population au secours. Ainsi, Abdoudramane Abdoulaye a été rejoint par Lazare Akouèdègnon. Et ensemble, ils ont poursuivi Mathias Kpatindé Ada dit Tagba dans un buisson où ils lui ont porté plusieurs coups de machette jusqu’à ce qu’il rende l’âme, avant l’arrivée d’autres personnes alertées par les cris.
Interpellés et inculpés pour meurtre et complicité de meurtre, Abdoudramane Abdoulaye et Lazare Akouèdègnon n’ont reconnu les faits ni à l’enquête préliminaire ni devant le juge d’instruction.
Réplique et sentence
Cette façon de voir les choses suscite la réplique de l’avocat général. Christian Atayi dira : «La vindicte populaire ne signifie pas qu’il n’y a pas d’auteur. Elle signifie plutôt qu’une sanction a été infligée en dehors de la justice ».
Dans son verdict, la cour a déclaré le nommé Abdouramane Abdoulaye coupable d’avoir volontaire commis un homicide sur la personne de Mathias Kpatindé Ada dit
Tagba, crime prévu et puni par les dispositions légales dont les articles 295 et 304 du Code pénal, puis le condamne à 12 ans de travaux forcés. Ayant passé près de six ans et demi en détention, il retourne en prison pour y purger le reste de sa peine. Quant à Lazare Akouèdègnon, il a été déclaré non coupable de complicité de meurtre et a été acquitté purement et simplement au regard des articles 360 à 363 du Code de procédure pénale. Ainsi, la cour a ordonné qu’il soit immédiatement libéré s’il n’est retenu pour autre cause.
Sur ce verdict, l’audience a été suspendue et reprend ce lundi 14 mai avec le vingt-septième dossier dont le prévenu est poursuivi pour vol aggravé et incendie volontaire?
Composition
Président : Marie A.
Soudé-Godonou
Assesseurs : Freddy
Yèhouénou et Richard Paul Adéola da-Matha
Jurés : Pierre Magloire
Nagnonhou ; Pélagie Lokossou; Gaston Adékambi et Mariette Ahouansou
Ministère public : Christian Atayi
Greffier : Bernard Zinhomédé

Fin de maquis pour le présumé suspect du braquage, le 11 mai 2016, du véhicule d’une société spécialisée en transfert de fonds qui est allé récupérer une somme de 1,2 milliard F CFA de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) à Cotonou pour ravitailler les banques secondaires. Le sieur A. N., agent de cette même société et qui serait le cerveau de l’opération, a été finalement arrêté dans l’après-midi du vendredi 11 mai dernier, soit exactement deux ans après le coup inédit. Selon des indiscrétions concordantes, il a été appréhendé au niveau du carrefour Erevan à Cotonou par des éléments de la Police républicaine en stationnement à ce poste. Il était en compagnie de certains de ses amis quand les policiers ont mis le grappin sur lui. Cet ancien employé de la société de convoyage de fonds est actuellement gardé à vue en lieu sûr à Cotonou par la Police républicaine pour la suite de l’enquête.
Pour rappel, le vol a été perpétré aux environs de 9h dans la matinée du mercredi 11 mai 2016, derrière le camp Ghézo non loin de la Bourse de Travail à Cotonou. Des informations collectées au moment des faits, il ressortait que la trajectoire du véhicule blindé sorti des locaux de la Bceao et contenant ladite somme a été détournée de sa destination initiale par l’un des membres de l’équipe de convoyage. Arme au poing, il aurait réussi à tenir en respect deux de ses collègues en l’occurrence le conducteur et celui qui est assis au côté non chauffeur. Les sacs contenant les liasses de billets de banque ont été transférés dans une autre voiture de marque Crv qui suivait le véhicule blindé. Alertés, les éléments de la compagnie de gendarmerie de Cotonou n’ont pas pu mettre la main sur lui depuis le 11 mai 2016 jusqu’au vendredi 11 mai dernier où a pris fin sa cavale.
Société 12 mai 2018

Le top de la 4ème étape de la 15è édition du tour cycliste international du Bénin a été donné ce vendredi 11 mai au carrefour Goho à Abomey. Les 48 cyclistes compétiteurs venus de plusieurs pays africains s’affrontent à cette étape sur 82,7Km d’Abomey à Lokossa.
A l’étape précédente, le classement donne dans l’ordre le Burkina Faso, le Nigéria, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Niger, le Bénin A, le Togo et le Bénin B. C’est dire que le Bénin présente deux équipes à cette édition afin de permettre aux jeunes qui constituent l’équipe B d’acquérir de l’expérience aussi des grandes compétitions.
Le top de cette étape d’Abomey a été donné par Romuald Hazoumè, directeur général du tour et président de la Fédération béninoise de cyclisme (Fébécy), pour qui la 15è édition du tour cycliste international du Bénin est perçue comme celle du changement et du repositionnement du cyclisme béninois. Désormais, les cyclistes béninois ont la chance de prendre part aux différents tours de la sous-région. C’est dire qu’un travail sérieux a été fait pour redonner un nouveau souffle au cyclisme au Bénin.
Valentin SOVIDE, AR/ Zou-Collines
Sports 12 mai 2018

Longue de 133,4 km, la deuxième étape de la quinzième édition du Tour cycliste international du Bénin, trophée Castel Beer, s’est courue de Djougou à Parakou, mercredi 9 mai dernier. A l’arrivée, c’est le Burkinabè Salfo Bikienda qui a récupéré le maillot jaune Castel Beer du 1er au temps, au niveau du classement général.
Commencée le dimanche 6 mai dernier, la quinzième édition du Tour cycliste international du Bénin, trophée Castel Beer, aborde sa quatrième étape longue de 82,7 km entre Abomey et Lokossa, ce vendredi 11 mai. Avant la troisième étape Kilibo-Dassa courue ce jeudi 10 mai, ils étaient 42 cyclistes à avoir pris le départ à Djougou, mercredi 9 mai dernier, pour Parakou dans le cadre de la deuxième étape. Comme lors de la première étape, les trois marches du podium ont une nouvelle fois été prises d’assaut par les Burkinabè.
Mécanicien moto de profession et le plus jeune coureur de cette édition, Souleymane Koné a été le premier à franchir la ligne d’arrivée sous les ovations du public. Ses compatriotes Nikiéma Abdou Aziz et Salfo Bikienda ont respectivement occupé les 2e et 3e places. Pour le moment, ce sont donc les Etalons cyclistes qui dominent le tour.
A l’issue de cette deuxième étape, c’est le Burkinabè Salfo Bikienda qui a hérité du maillot jaune Castel Beer, au niveau du classement général au temps. En tête, sur l’ensemble de la course de Tanguiéta à Djougou et de Djougou à Parakou, ce maillot destiné au leader du tour, lui est donc revenu.
Quant au vainqueur de cette 2e étape, Souleymane Koné, il a raflé à lui seul cinq maillots : ceux du premier des Africains, de la combativité, du meilleur jeune, de la plus grande remontée et du premier des invités.
Abdoul Bashiki est le premier cycliste béninois à atteindre Parakou. Evoluant au sein de l’équipe A du Bénin, le natif de Djougou a pris la 6e place, après avoir terminé 15e au classement général, lors de la première étape du tour. Le maillot du premier des cyclistes béninois, Possosport, lui a été remis.
C’est un motif de satisfaction pour le président de la Fédération béninoise de cyclisme (Febécy), Romuald Hazoumè. Il ne demande pas aux enfants de gagner nécessairement des étapes. « Mais si au prix d’un sursaut d’orgueil, ils peuvent le faire, ce serait tant mieux pour le cyclisme béninois. Je veux qu’ils me surprennent agréablement », confie-t-il.
Connaissant le niveau de ses cyclistes et voyant ce qu’ils ont fait au début, pour une étape qui est allée jusqu’à 125 km, le président de la fédération reste confiant. « Ils ne laissent pas le peloton partir. C’est tout ce que je leur demande comme objectif », insiste Romuald Hazoumè.
A sa suite, le promoteur du tour, Francis Ducreux, a rappelé que le cyclisme est le seul sport gratuit qui va vers les populations et dans leurs contrées.
La Sobébra présente avec ses produits
La Société béninoise de brasserie (Sobébra) est le principal sponsor du tour avec sa marque Castel Beer. D’où sa forte implication dans son organisation, a expliqué son coordonnateur animations, sponsoring et évènements, Evariste Tchoukpa. « La Sobébra est également sur cette quinzième édition avec XXL Energy qui récompense les sprints intermédiaires à chaque étape. Castel Beer évidemment, c’est le maillot jaune le plus convoité de la course. Il y a aussi Aqua Belle, l’eau officielle du tour, Posso-sport qui est le nouveau-né de la Sobébra, puis la Béninoise », a-t-il indiqué. Sur ce tour, la Sobébra est donc présente avec cinq marques. « A chaque arrivée d’une étape, il y a un spectacle qui est offert par Castel Beer, le sponsor officiel du tour », a-t-il également informé.
Sur la ligne de départ, ils étaient 48 cyclistes présentés par les équipes nationales de 6 pays. Outre le Bénin qui aligne deux équipes, il y a le Togo, le Nigeria, le Niger, le Cameroun et le Burkina Faso. Les athlètes ont à parcourir 621,7 km sur une distance totale de 1 612,7 km dont 991 km de transbordement.

Le nouveau bureau de l’Union nationale des magistrats du Bénin (Unamab) poursuit sa tournée de visite de courtoisie aux présidents des institutions de la République. Conduit par son président, Marc Robert Dadaglo, il a été reçu en audience, mercredi 9 mai dernier, par le président de la Cour suprême. Occasion pour le nouveau bureau de se présenter à Ousmane Batoko.
« Le président de la Cour suprême est au sommet de la hiérarchie judiciaire, il est normal qu'après le renouvellement du bureau dirigeant des magistrats qu’on lui présente les nouveaux membres de ce bureau », confie le président de l’Unamab. Cette audience a permis au président de la Cour suprême de faire la connaissance des membres de la nouvelle mandature de l’Unamab et de leur prodiguer quelques conseils pour la réussite de leur mission.
Ousmane Batoko s’est ensuite entretenu avec le nouvel ambassadeur de la Chine près le Bénin, Jing Tao Pen. Cette première rencontre du diplomate chinois avec le président de la Cour suprême, a permis de faire un tour d’horizon des relations bilatérales entre le Bénin et la Chine. A ce sujet, Jing Tao Pen promet de poursuivre le renforcement des capacités dans plusieurs domaines, notamment le numérique et la justice.
Th. C. N.
Actualités 11 mai 2018