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Nouvelles

Protection côtière transfrontalière Bénin-Togo : les contrats d'exécution des travaux signés
Les travaux de protection côtière du segment transfrontalier Agbodranfo-Grand-Popo, démarrent. Le ministre du Cadre de vie et du Développement durable, José Tonato et les responsables de l'entreprise en charge des travaux et du bureau de contrôle et de surveillance, ont signé les contrats d'exécution des ouvrages à réaliser. La cérémonie a eu lieu, ce lundi 6 décembre, dans les locaux du ministère. Dans quelques mois, les populations de la zone côtière transfrontalière quittant Agbodranfo au Togo, pour Grand-Popo (Bouche du roi) au Bénin, ne verront plus la moindre trace d'érosion côtière ni d'inondation, jusqu'à en subir les désagréments. Les gouvernements béninois et togolais matérialisent leur volonté de protéger cette partie de leurs côtes. Les discussions et études menées dans ce sens depuis 2018 dans le cadre du Programme de gestion du littoral ouest-africain (Waca) appuyé par la Banque mondiale, ont débouché sur la signature des contrats d'exécution des travaux, entre les parties prenantes. Cet acte marque le démarrage opérationnel des réalisations estimées à plus de 41,6 milliards F Cfa. Le contrôle et la surveillance des travaux couteront plus de 1,3 milliard F Cfa. « C'est ici le moment de vous dire que les efforts de sacrifice qui ont été consentis par le comité mixte Bénin-Togo, ont abouti à ce résultat qui marque le début des travaux physiques sur le terrain», se réjouit le ministre du Cadre de vie et du Développement durable, José Tonato. Il a salué, plus loin, la démarche participative qui a caractérisé la conduite des études et la préparation de diverses activités du projet au Bénin comme au Togo. Cela renforce, dit-il, les liens séculaires existants entre les deux peuples et constitue un atout majeur pour la réussite des travaux physiques. José Tonato exhorte alors les équipes des deux pays à maintenir cette dynamique d'intégration constructive. Il espère que la qualité technique prouvée par les entreprises adjudicataires lors de la soumission des offres et qui ont convaincu la commission d'ouverture et d'évaluation des plis, ne fera pas défaut au cours de l'exécution des travaux et de leur surveillance. « Je vous invite en conséquence à la rigueur dans la gestion efficiente de ce chantier sous le regard des maîtres d'ouvrage que sont les coordinations nationales des projets Waca du Bénin et du Togo afin de répondre dans les délais contractuels… », lance-t-il à l'endroit des responsables des entreprises concernées. Pieter Boer, directeur régional de Boskalis, entreprise en charge de la réalisation des travaux, et Christian Komla Esser, directeur régional de Inros Lackner Togo, entreprise en charge du contrôle et de la surveillance, ont assuré que le chantier sera exécuté dans les meilleures conditions. Le Bénin et le Togo possèdent un littoral long de 180 km dont 125 km au Bénin, caractérisé par une dynamique très sensible aux perturbations, qu'elles soient d'origine naturelle ou humaine. Ce littoral connaît l'un des plus forts taux d'érosion côtière dans le golfe de Guinée et en Afrique de l'Ouest, et est aussi sujet aux inondations et à la dégradation des écosystèmes. Waca est l'un des projets nationaux élaborés pour endiguer ces phénomènes. Actualités 07 déc. 2021


Cyber sécurité : facebook en guerre contre les groupes malveillants
Canaux de diffusion de fausses informations et de promotion du harcèlement, certains groupes n’auront plus droit de cité sur Facebook. Pour la sécurité des internautes, Meta, la société mère de Facebook, a lancé une guerre sans merci contre ces groupes accros du « brigading » et du « mass reporting », deux phénomènes basés sur des comportements malveillants sur internet. Critiqué pour sa lenteur à réagir face aux groupes utilisant sa plateforme pour faire de la désinformation, Facebook a lancé une guerre contre ces derniers. Le géant du numérique a annoncé avoir procédé, la semaine dernière, au démantèlement de plusieurs réseaux malveillants au Vietnam, en Palestine, en Pologne, en Biélorussie et en Chine. Selon Meta, en violation des règles de la plateforme, ces groupes de pression font le « brigading » et le «mass reporting ». Définissant le « brigading » comme un réseau de personnes qui travaillent ensemble pour commenter en masse pour harceler les autres ou les réduire au silence et le « mass reporting », comme étant le fait pour des personnes de collaborer pour signaler en masse un compte ou un contenu afin qu'il soit retiré, Meta s’engage à combattre ces deux phénomènes. Elle indique avoir supprimé un réseau en Italie et en France pour « brigading ». « Nous avons supprimé un réseau de comptes qui provenait d'Italie et de France et qui ciblait des professionnels de la santé, des journalistes et des élus par du harcèlement de masse », explique Nathaniel Gleicher, responsable de la politique de sécurité de Meta, dans un rapport. Quant à Mike Dvilyanski, directeur des enquêtes sur les menaces émergentes du groupe américain, il fustige le comportement des auteurs de ces agissements qui « insultaient des médecins, des journalistes et des élus », les traitant parfois de « supporteurs des nazis » à cause de leurs engagements pro-vaccin. Des groupes ont été supprimés au Vietnam, en Palestine, en Pologne, en Biélorussie et en Chine, pour avoir violé la politique de Meta sur les comportements inauthentiques coordonnés ou pour avoir tenté d'utiliser le signalement de masse, via des comptes dupliqués, mais légitimes, pour faire retirer des reportages précis critiquant le gouvernement. « Le groupe s'est coordonné pour dénoncer des activistes et d'autres personnes qui ont publiquement critiqué le gouvernement vietnamien, dans le but de faire retirer ces utilisateurs de Facebook », indique Nathaniel Gleicher. Le géant du numérique entend renforcer sa défense sans compter sur le changement de comportement des pirates mais sur leur adaptation. « Nous construisons nos défenses en nous attendant à ce que ces groupes ne s'arrêtent pas, mais s'adaptent et essaient de nouvelles tactiques », selon le responsable des politiques de sécurité chez Meta qui compte sur le programme Facebook Protect dans ce combat contre les fake news. « Dans le cadre de nos améliorations continues en matière de sécurité, nous étendons le déploiement de Facebook Protect, un programme conçu pour les groupes de personnes les plus ciblés par des pirates informatiques malveillants, comme les défenseurs des droits de l’homme, les journalistes et les responsables gouvernementaux », a-t-il rassuré. Société 07 déc. 2021


Promotion de la santé des populations : l’Ordre national des médecins accueille de nouveaux membres
Les 13e et 14e promotions de médecins issus de la Faculté de médecine de l’Université de Parakou ont été reçues dans l’Ordre national des médecins du Bénin. C’est à la faveur de la session tenue par les membres du Conseil de l'ordre, du jeudi 2 au samedi 4 décembre dernier à Parakou. Evaluer les activités mises en œuvre en 2021 et adopter le Plan de travail annuel (Pta) 2022. Tels sont les objectifs de la session du Conseil national de l’Ordre national des médecins du Bénin tenue du jeudi 2 au samedi 4 décembre dernier. Cette session a été l’occasion pour l'Ordre d’accueillir, les 13e et 14e promotions de médecins issus de la Faculté de médecine de l’Université de Parakou. Francis Dossou, président de l’Onmb, revient sur les grandes orientations du Plan de travail annuel 2022 qui regroupent l’élection du nouveau Conseil de l’Ordre, la construction du siège de l’Ordre, la lutte contre l’exercice illégal de médecine au Bénin et la falsification des cachets des médecins. « Tous les jours, il y a des plaintes parce que des gens se présentent à la pharmacie avec des ordonnances sur lesquelles figurent de faux cachets. Nous avons décidé de lutter contre cela en mettant en place des cachets sécurisés et non falsifiables », explique-t-il. Selon lui, ces défis sont de taille et l’organisation s’est donné pour mission d'y trouver des solutions idoines pour le mieux-être populations. Abordant la question de réception des nouveaux membres au sein de l’Ordre, il note qu’il s’agit d’une exigence et nul n’a le droit d’exercer la profession s’il n’est pas reconnu par l’organisation. Francis Dossou ajoute que le plus important au niveau de l’Ordre est de rappeler aux nouveaux membres, les principales règles de déontologie notamment celles d’honorabilité, de probité, de dignité, de bienséance et de confraternité. « Nous allons faire en sorte que nos jeunes confrères puissent entrer avec confiance dans l’Ordre et travailler conformément à ce qu’ils ont appris », indique-t-il. Rafiou Baguidi, président départemental de l’Ordre des médecins du Bénin, explique qu’au cours de la séance, des conseils ont été donnés aux nouveaux membres en ce qui concerne la déontologie médicale et les responsabilités qui leur incombent en tant que médecins sur le plan civil, pénal et administratif. Il les invite à prendre au sérieux leur profession et à se battre pour le bien-être des populations. Donald Djonlonkou, médecin de la 14e promotion, a imploré la bénédiction divine sur leur carrière. Devant le Conseil, il promet de faire de la santé des populations sa priorité. Société 07 déc. 2021


Ministère du Numérique et de la Digitalisation : la campagne Alertesextorsion réactivée
A quelques jours des fêtes de fin d’année, le ministère du Numérique et de la Digitalisation a réactivé la campagne ''Alertesextorsion'' sur ses canaux digitaux. Il invite les populations à la vigilance et à suivre les recommandations de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) en collaboration avec l'Office central de répression de la cybercriminalité (Ocrc). Les populations sont exposées à toutes sortes d’arnaque et de chantage dont la sextorsion en cette veille des fêtes de fin d’année. C’est la raison qui a motivé le ministère du Numérique et de la Digitalisation (Mdn) à réactiver la campagne ''Alertesextorsion'' sur ses canaux digitaux. A travers cette campagne, le ministère appelle les populations à la vigilance contre cette forme d'arnaque qui fait de plus en plus de victimes au Bénin et dans la sous-région. Il tire la sonnette d’alarme en encourageant les populations à dénoncer leurs bourreaux. Les internautes béninois sont appelés à adopter les bonnes pratiques sur internet afin d’éviter ce chantage à l'image ou à la vidéo compromettante. « Evitez de vous mettre en situation compromettante sur les réseaux sociaux même si vous pensez être en privé, de partager des images ou vidéos intimes de vous, même à vos amis. Une fois sur internet, il est presque impossible de les supprimer », recommandent l’Anssi et l’Ocrc. En cas d’attaque, l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) et l'Office central de répression de la cybercriminalité (Ocrc) recommandent aux victimes de rester calmes et de conserver les preuves, copies d'écran et messages pouvant aider à signaler cette tentative d'extorsion aux autorités compétentes. Il leur est conseillé également de déposer une plainte à l'Office central de répression de la cybercriminalité (Ocrc) qui a déjà traqué plusieurs auteurs de cette forme d’arnaque. Société 07 déc. 2021


Projet de loi de finances 2022 : focus sur la maîtrise des risques budgétaires
Les risques devraient être maîtrisés en vue de l’atteinte des prévisions budgétaires en 2022, selon le ministère de l’Economie et des Finances. Le gouvernement assure un état de veille permanent quant au suivi et à la gestion des menaces à travers des mesures de mitigation. Plusieurs facteurs pourraient impacter les prévisions budgétaires mais globalement, ces risques seront maîtrisés en raison des diverses actions de réforme engagées pour assainir et moderniser les finances publiques d’une part, et renforcer la confiance des investisseurs d’autre part. Cette assurance est donnée par le ministère de l’Economie et des Finances, à travers le document d’Analyse des risques budgétaires adossé au projet de loi de finances gestion 2022. Au nombre des risques macroéconomiques analysés, le risque lié aux fluctuations du cours du coton, principal produit d’exportation du Bénin et donc source de devises (65,3 % des exportations officielles de biens en 2019), présente une probabilité de survenance de 18 %, soit un risque moyen. Pour 2021, la Banque mondiale table sur un cours qui s’afficherait à 1,9 dollar/kg, soit une hausse de 22,6 % par rapport à 2020. Afin de prémunir les producteurs contre un choc sur le cours du coton sur le marché international, l’Association Interprofessionnelle du Coton (Aic) a mis en place un fonds de réserve stratégique, financé par un prélèvement sur les égreneurs. La promotion d’autres filières, dans le cadre de la diversification de l’économie, contribue à renforcer la résilience du secteur agricole aux chocs exogènes. Comme le coton, le risque lié aux fluctuations du cours du pétrole est influencé par l’environnement économique international, les aléas géopolitiques et les anticipations financières. Là aussi, le risque reste moyen, certes avec une probabilité de survenance plus forte : 40 %. La Banque mondiale table sur un prix du baril de pétrole de 60,0 dollars en 2022 contre 56,0 dollars en 2021, soit une progression de 7,1 %. Cette hausse pourrait impacter les finances publiques à travers un effet dépressif sur les recettes des Impôts, mais affecterait faiblement la croissance. Equation nigériane La politique commerciale du Nigeria et le taux de change de sa monnaie à régime flexible, le naira, influencent les prévisions budgétaires du Bénin. En fait, le géant voisin de l’Est reste le partenaire commercial privilégié qui absorbe environ 70 % des exportations totales, selon la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao), et y convoie plus de 20 % des importations nationales. Le risque de la fermeture des frontières comme celle intervenue en août 2019 et qui a complètement ralenti les flux commerciaux entre les deux pays durant plusieurs mois, est moyen, avec une probabilité de 30%, selon le ministère de l’Economie et des Finances. Des simulations réalisées, il en ressort globalement une perte de 0,5 point de croissance du produit intérieur brut (Pib) et une baisse de 2,3 % des recettes totales en comparaison avec une situation de frontières ouvertes. Pour ce qui est de l’évolution du cours du naira, la probabilité de survenance des fluctuations est estimée à 29% (risque moyen). L’accent est mis sur sa dépréciation qui affecte souvent les prix des produits nigérians et par conséquent favorise les importations du Bénin en provenance du Nigeria au détriment de la production nationale et des autres importations. Avec l’hypothèse d’une baisse de 15% du taux de change nominal du naira, il ressortirait une contraction de 0,73 % de la production et ainsi un recul de la croissance dû à la perte de compétitivité des entreprises béninoises. La réduction des activités de réexportations entrainerait une baisse des recettes fiscales de 1,13 % par rapport à la situation de référence. Pour y remédier, des discussions sont engagées en vue du renforcement de la coopération entre les deux pays, aussi bien au plan douanier qu’au plan économique, particulièrement dans le secteur agricole. Risques financiers Le patrimoine national peut être également affecté par les risques financiers. Mais la probabilité de leur survenance reste faible en ce qui concerne le système bancaire. Au 31 décembre 2020, ledit système compte 14 banques et un établissement financier. Dominé par les établissements de crédit, sa solidité s’est améliorée sur les cinq dernières années : le ratio des fonds propres sur les actifs des banques a quasiment doublé, en passant de 3,71 % en 2016 à 6,77 % en 2020. Le total des crédits rapporté au total des actifs qui avait enregistré une augmentation continue entre 2016 et 2019 pour atteindre 48,51 %, affiche une baisse à 42,52 % en 2020, selon les données de la Bceao. On note une baisse de l’exposition du système financier aux risques provenant des principaux emprunteurs. En fait, le ratio des crédits aux cinq plus grands emprunteurs sur les fonds propres des banques ressort à 63,83% à fin décembre 2020 contre 95,51% en 2019 et 99,57% en 2016. Le ratio des créances en souffrance affiche une baisse tendancielle depuis 2018, passant de 21,64 % à 16,81 % en 2020, grâce à l’assainissement du portefeuille des banques enclenché depuis quelques années. Néanmoins, le secteur bancaire au Bénin reste sensible aux conditions économiques régionales, les groupes bancaires internationaux contrôlant plus de 61,9 % du capital social agrégé des banques. Les banques commerciales détenant des bons de Trésor, les chocs affectant le secteur bancaire pourraient donc se répercuter sur l’État. Une faible capacité d’absorption des emprunts publics par les banques de la place renforcerait le risque de refinancement de la dette. A cela s’ajoute le risque lié à la garantie des dépôts des épargnants au sein des établissements de crédit. Selon les estimations du Fonds monétaire international (Fmi), rapportées dans le document du ministère des Finances, la survenance de ce risque pourrait induire une hausse des dépenses publiques comprise entre 0 et 5 % du Pib. En ce qui concerne le risque lié à la recapitalisation d’une institution financière, il pourrait ressortir à 0,3 % du Pib. En la matière, le fonds de garantie des dépôts et de résolution de l’Union monétaire ouest-africaine (Umoa) constitue un moyen d’atténuation au niveau communautaire. Résilience Le respect des normes prudentielles, des exigences de capitaux propres ainsi que l’analyse régulière et rigoureuse de la stabilité du secteur financier, la migration vers les normes Bale II et Bale III, sous l’égide de la Banque centrale, sont des éléments qui contribuent également à renforcer la résilience du système bancaire. Au plan national, la transformation du permis d’habiter en titre foncier et autres réformes liées au cadastre faciliteraient la réalisation des garanties pour les créances en souffrance du secteur bancaire. L’État veille à la bonne application de la réglementation pour pallier la survenance des risques techniques et de placement ou d’investissement dans les secteurs de l’Assurance et du Système financier décentralisé (Sfd). Une éventuelle assistance de l’État aux institutions, en cas de faillite due à la mauvaise gouvernance, serait une source de risques budgétaires. En ce qui concerne la microfinance, il est globalement noté une bonne performance des activités traduite par plusieurs ratios conformes aux normes. La moyenne du ratio de limitation des risques auxquels est exposée une institution, est évaluée à 103,3 %, inférieur au seuil de 200 % au plus fixé. Le ratio de couverture des emplois à moyen et long termes s’est établi à 193,04 %, traduisant une bonne couverture des emplois des Sfd du secteur par leurs ressources, en conformité avec la norme réglementaire. Quant au ratio de financement des immobilisations, il s’est établi à 35,19 %, témoignant d’une bonne tenue des immobilisations rapportées aux fonds propres dans le secteur de la finance décentralisée.   Dette et catastrophes Les risques liés à la dette publique à savoir le risque de refinancement de la dette venant à échéance, le risque de taux d’intérêt et le risque de taux de change, paraissent mineurs et donc maîtrisés, à en croire le ministère de l’Economie et des Finances. Environ 7,19 % du portefeuille de la dette totale projetée à fin décembre 2021 (soit 3,53 % du Pib) devrait être remboursé au cours de l’année 2022. La probabilité de survenance du risque lié à la hausse des taux d’intérêts qui entraîne la vulnérabilité des coûts, est estimée à 9,1%. La quasi-totalité de la dette publique, soit 99,8 %, est à taux d’intérêt fixe conformément aux projections à fin décembre 2021. Le risque de taux de change est aussi faible, la dette du Bénin étant dominée par l’Euro qui a une parité fixe avec le F Cfa. La part des emprunts exposés aux risques de change (emprunts libellés en devises hors Euro) est projetée à 22,57 % du total de la dette à fin 2021 et reste essentiellement concessionnelle. D’autres risques existent mais sont aussi faibles, notamment le risque de crédit lié à la perception du marché, le risque de liquidité, le risque lié à la viabilité de la dette, la garantie souveraine délivrée par l’État, les indicateurs de solvabilité et de liquidité de la dette extérieure restant en deçà des seuils applicables. Les risques de catastrophes naturelles (inondations, sécheresses, épidémies) sont immanents au regard des événements survenus ces dernières années, comme prévu dans le Plan national de contingence. Ils pourraient amener à solliciter les ressources budgétaires de l’Etat en cas de survenance mais la probabilité reste moyenne : autour de 20 %. Actualités 07 déc. 2021


Session criminelle à la Criet : 10 ans de prison pour Joël Aïvo et deux de ses coaccusés
La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), statuant en matière criminelle, du lundi 6 décembre au petit matin de ce mardi, a condamné Joël Aïvo, candidat recalé à la présidentielle du 11 avril dernier à 10 ans de détention criminelle et à 45 millions F Cfa d’amende, Issiakou Boni Sarè et Moudjaïdou Ibrahim Bachabi également à 10 ans de réclusion criminelle et à 5,7 millions F Cfa d’amende chacun pour les faits de complot contre la sûreté de l’Etat et de blanchiment de capitaux. Le quatrième accusé Alain Gnonlonfoun, mandataire financier de Joël Aïvo, a été acquitté au bénéfice du doute. Terminus ! Joël Aïvo et ses coaccusés sont désormais fixés sur leur sort par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet). L’opposant politique et deux de ses coaccusés à savoir Issiakou Boni Sarè et Moudjaïdou Ibrahim Bachabi ont été condamnés chacun à 10 ans de réclusion criminelle et à 45 millions F Cfa d’amende pour le premier et 5,7 millions F Cfa d’amende pour les deux derniers. Le quatrième accusé Alain Gnonlonfoun, mandataire financier de Joël Aïvo, a été acquitté au bénéfice du doute pour les faits de complot contre la sûreté de l’Etat et de blanchiment de capitaux. La cour a déclaré coupables les trois autres accusés de ces chefs d’accusation. Elle a rendu son verdict après plus de seize heures de procès. La cour, dans sa sentence, est restée relativement en phase avec les réquisitions du représentant du ministère public, Mario Mètonou, procureur spécial près la Criet. Ce dernier avait requis 10 ans de réclusion criminelle et 50 millions F Cfa d’amende contre chacun des quatre accusés. Il a démontré la constitution des chefs d’accusation à leur égard au triple plan légal, intentionnel et matériel. Selon lui, les faits de complot contre la sûreté de l’Etat sont prévus et punis par les dispositions des articles 194 et suivants du Code pénal et l’article 7 de la loi sur le blanchiment de capitaux et financement du terrorisme en République du Bénin. Mario Mètonou explique, à la lumière de la loi, que le complot contre la sûreté de l’Etat est constitué dès son acceptation morale avant qu’il ne se concrétise. Sur ce, il a démontré que l’intention de coup d’Etat est clairement établie chez l’accusé Issiakou Boni Sarè né le 20 octobre 1973 à Gogounou, ancien militaire de la Garde républicaine et ex-chauffeur de l’ex-président de la République, feu général Mathieu Kérékou, désormais reconverti en opérateur économique. Le ministère public en veut pour preuve au titre d’éléments matériels un montant de 1,9 million F Cfa qu’Issiakou Boni Sarè a reçu au total des mains de Gilbert Zinsou. Ces fonds ont été remis à Gilbert Zinsou, un proche de Joël Aïvo, par l’opérateur économique Arnaud Houédanou qui serait demandeur d’un projet de coup d’Etat militaire. Ce qui semble être plausible au regard des documents compromettants retrouvés chez lui dont celui dit de la ''Déclaration de la junte''. Cette déclaration dont un extrait a été lu par la cour renseigne que si le projet réussissait, l’Armée devrait prendre le pouvoir et le remettre ensuite à un civil, un intellectuel chevronné, de grande probité et reconnu à l’international. Pour la présidente de la cour de céans et le procureur spécial près la Criet, ce portrait-robot peint par le fameux document dit de Déclaration de la junte laisse penser au profil du professeur Joël Aïvo. Mieux, le procureur spécial poursuit que le sieur Arnaud Houédanou a contribué au paiement de la caution de 50 millions F Cfa pour la candidature du professeur de droit constitutionnel à la présidentielle d’avril 2021. Un montant qu’Alain Gnonlonfoun, mandataire financier du candidat recalé, a versé au Trésor public. Au regard des éléments du dossier et des débats à la barre, Mario Mètonou conclut que Joël Aïvo devrait être le bénéficiaire du complot financé par le sieur Arnaud Houédanou si le projet avait marché. Tous plaident non coupables A la barre ce lundi, l’accusé Issiakou Boni Sarè a été le premier à déposer. Il a dit ne pas connaitre Joël Aïvo ni Alain Gnonlonfoun. Mais il a été approché par un ami de Joël Aïvo, le sieur Gilbert Zinsou, un soutien du professeur. Celui-ci a pris contact avec lui afin qu’ils escroquent ensemble l’opérateur économique Arnaud Houédanou qui serait demandeur d’un coup d’Etat pour faire partir le président de la République le 6 avril. Mais selon lui, ce putsch n’avait rien de réel. Il s’agissait d’une manœuvre qu’il a bien ficelée de concert avec son ami Gilbert Zinsou pour soutirer un peu d’argent à Arnaud Houédanou. Issiakou Boni Sarè reconnait avoir réussi à aider Gilbert Zinsou à escroquer l’opérateur économique à hauteur de 1 900 000 F Cfa. Il dit avoir reçu ce montant en trois tranches. La première fois 400 000 F Cfa devant servir à acheter une moto pour les courses sur le terrain, ensuite 800 000 F Cfa pour la location de véhicule et 700 mille F Cfa pour l’achat de téléphones portables avec des cartes Sim nigérianes et autres. Dans ce projet, Issiakou Sarè Boni approche son jeune frère, le sieur Moudjaïdou Ibrahim Bachabi, né le 5 juillet 1980, militaire de profession et chef secrétariat de l’Hôpital de l’instruction des Armées au Camp Guézo à Cotonou. Il le met dans le jeu du coup d’Etat. A la demande du représentant du ministère public, Mario Mètonou, de faire le point des objets retrouvés à son domicile lors de la perquisition le 10 avril 2021, Issiakou Boni Sarè cite un treillis militaire neuf, une paire de chaussures, un pistolet automatique (Pa) neuf avec emballage mais sans munitions, des effigies du professeur Joël Aïvo et des déclarations de soutien au candidat ; une déclaration de la junte militaire et des pancartes sur lesquelles il a été écrit " Talon quitte le pouvoir. L'Armée au pouvoir.... ». Il précise que ces équipements militaires découverts à son domicile lui ont été remis par son frère Moudjaïdou Ibrahim Bachachi. Il déclare avoir demandé ces équipements dans le dessein de rassurer et d’encourager Arnaud Houédanou par rapport à l’évolution du projet de coup d’Etat afin qu’il continue d’escroquer ce dernier avec son ami Gilbert Zinsou. « Dans aucun pays au monde, on ne peut faire un coup d'Etat avec un million neuf cent mille F Cfa ni avec deux personnes», indique Issiakou Sarè Boni. Il persiste et signe à la barre : « Il n'y a jamais eu de projet de coup d'Etat, mais un projet d'escroquerie ». L’ex-chauffeur de feu général Mathieu Kérékou précise qu’il n’a jamais rencontré le professeur Joël Aïvo ni son financier Alain Gnonlonfoun. Il ne les a rencontrés pour la première fois qu’à la Criet. Ibrahim Moudjaïdou Bachabi, pour sa part, avoue avoir été effectivement présenté à Gilbert Zinsou par son frère Issiakou qu’il a perdu de vue depuis plusieurs années. Il a été mis au courant par ce dernier du projet de coup d’Etat. Mais très tôt, en sa qualité de militaire, il l’en a dissuadé parce que c’est un projet perdu d’avance. Et mieux, le temps des coups d’Etat est déjà révolu au Bénin. Il aurait menacé de dénoncer son frère s’il poursuivait l’initiative. Mais il informe avoir reçu au total 340 mille F Cfa auprès d’Issiakou Boni Sarè dans la période sans savoir l’origine des fonds. Ibrahim Moudjaïdou Bachabi dit ne pas savoir ce qui l’a amené à remettre ses équipements militaires retrouvés par la suite chez son frère Issiakou Boni Sarè. Alain Gnonlonfoun, consultant financier et né le 7 septembre 1974, à la barre. Il ne connait ni Issiakou Boni Sarè ni Ibrahim Moudjaïdou Bachabi. Il ne les a vus pour la première fois que lorsqu'ils ont été déférés ensemble devant le procureur spécial près la Criet le 16 avril dernier. Deux éléments en fuite En revanche, Alain Gnonlonfoun dit avoir connu Gilbert Zinsou dans le cadre des activités politiques en vue de la présidentielle 2021. Ce dernier s’est fait remarquer par sa capacité de mobilisation politique dans la commune d’Abomey. Mais il dit qu’il connait Joël Aïvo depuis une trentaine d’années avec qui il a des relations de fraternité et d’amitié. Aux côtés du professeur, Alain Gnonlonfoun déclare être son touche-à-tout et son mandataire financier. C’est à ce titre qu’il est allé verser au Trésor public la caution de 50 millions F Cfa dans le cadre de la présidentielle du 11 avril 2021. « On n’a jamais financé un coup d’Etat », a martelé Alain Gnonlonfoun qui ajoute que c’est lorsqu'ils ont été déférés qu’il a entendu parler des faits de coup d’Etat et de blanchiment de capitaux à eux reprochés. Joël Aïvo est agrégé des Facultés de droit et professeur titulaire de droit public. Il est né le 18 juillet 1973. Tout comme ses trois coaccusés, il plaide aussi non coupable. Il ne se reconnait pas dans les faits mis à sa charge. D’abord, il ne connait ni Ibrahim Moudjaïdou Bachabi ni Issiakou Boni Sarè. Il assure n’avoir jamais vu le sieur Arnaud Houédanou que le Parquet spécial considère comme l’un de ses soutiens financiers. Il a entendu parler de ce dernier, suite à un meeting politique à Abomey-Calavi par les organisateurs comme étant l’un des artisans de la grande mobilisation. C’est la seule fois qu’il a vu Arnaud Houédanou. Il martèle que ce dernier n’a jamais contribué à la mobilisation de sa caution de 50 millions F Cfa. « La caution que j’ai payée provient de mes ressources propres et de l’aide que d’autres personnes m’ont apportée de l’extérieur », se défend Joël Aïvo pour tenter de battre en brèche les faits de blanchiment de capitaux mis à sa charge. Mais le président de la cour de céans trouve cette déclaration du professeur en contradiction avec sa déposition à l’enquête préliminaire où il confiait avoir bénéficié également de l’aide du sieur Arnaud Houédanou. Ce dernier est aujourd’hui en fuite tout comme Gilbert Zinsou. Les deux sont introuvables depuis l’éclatement de l’affaire. La direction générale des Impôts a fait constater à la barre les manœuvres de fraude fiscale du sieur Arnaud Houédanou, évaluée à 1 444 305 085 F Cfa après redressement de ses trois sociétés pour lesquelles il n’a jamais fait de déclaration de chiffre d’affaires. Joël Aïvo et ses trois coaccusés ont été accusés d’avoir bénéficié d’une partie de ces 1 444 305 085 F Cfa. Ils ont été défendus par un collège d’avocats dont Maitre Boubacar Baparapé constitué aux intérêts d’Issiakou Boni Sarè et Moudjaidou Ibrahim Bachabi et Maitres Nadine Dossou Sakponou, Jacques Bonou, Carlos Agossou, Barnabé Baglo, Sédjro Didè et Robert Dossou pour la cause de Joël Aïvo et Alain Gnonlonfoun. Ils ont plaidé l’acquittement pur et simple de leurs clients. Car, pour eux, le dossier est vide et il n’y a aucune preuve d’imputabilité contre leurs clients. Résumé des faits En prévision à sa participation à l’élection présidentielle d’avril 2021, Joël Aïvo a entrepris une tournée dans les 77 communes du Bénin. Pour cette entreprise, il a bénéficié du soutien financier de Arnaud Houédanou (rendu coupable de fraude fiscale) et de Gilbert Zinsou. Au cours des différentes étapes de sa tournée, Joël Aïvo a plusieurs fois déclaré publiquement que le mandat du chef de l’État prenait fin le 6 avril 2021. Ainsi, pour le compte du professeur Joël Frédéric Aïvo, ils vont par la suite solliciter d’anciens militaires pour l'acquisition de matériel et d’uniformes dans le but de perpétrer un coup d’État. Des réunions ont été tenues, dont au moins une au bureau du Professeur Joël Aïvo, au cours desquelles même le discours de prise de pouvoir de la junte a été préparé. Composition de la cour de céans Président : Christelle Adonon Assesseurs : Bienvenu Sohou et Desville Gbédji Ministère public : Mario Mètonou, procureur spécial près la Criet Greffier : Christophe Chéou, greffier en chef près la Criet Actualités 07 déc. 2021


Attaques au Nord du Bénin : Les soldats blessés hors de danger
Le ministre délégué en charge de la Défense nationale rassure de l’état de santé des militaires blessés lors des récentes attaques au Nord du Bénin. Les nouvelles venant de l’hôpital Jean de Dieu de Tanguiéta sont rassurantes. Les militaires qui y sont pris en charge sont hors de danger. C’est ce qu’il convient de retenir de la descente effectuée le vendredi 3 décembre 2021 dans ce centre par Fortunet Alain Nouatin, ministre délégué en charge de la Défense nationale. D’après le point fait
 sur le site du Gouvernement, dans les salles et lits d’hospitalisation, les victimes présentes avec les blessures visibles ou le stress post traumatique sont  détendues. Pour l’un des chirurgiens du centre, le pronostic vital de ces soldats est bon et certains d’entre eux seront libérés sous peu. « L’Etat béninois fera encore davantage pour mieux vous protéger et mieux vous former contre ces types d’attaques afin que plus jamais nous n’enregistrons ces dégâts », a rassuré Fortunet Alain Nouatin. Deux morts à l’hôpital Au total, ils sont huit blessés à être pris en charge dans ce centre. Cependant, le chef d’état-major général des Forces armées béninoises a déploré « deux morts survenus à l’hôpital, certainement à cause de la perte de sang ainsi que de la distance qui sépare le lieu de l’attaque de l’hôpital qui est le plus proche ». Le Contre-amiral Patrick Jean-Baptiste Aho a saisi l’occasion pour inviter la population à coopérer avec toutes les forces qui ont en charge la sécurité du pays. Elles doivent donner des informations sur les cas suspects, des individus qui prônent des idéologies contraires aux pratiques béninoises. Pour rappel, les attaques sont survenues la semaine dernière dans les localités de Porga et de Mékrou Yinyin alors que les militaires étaient en position de surveillance de la zone frontalière. Actualités 06 déc. 2021


61e session du Conseil d’administration de l’Oapi à Cotonou : les experts se penchent sur les défis liés à l’invention
Les travaux préparatoires de la soixante-et-unième session ordinaire du Conseil d’administration de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (Oapi) ont démarré, vendredi 3 décembre dernier à Cotonou. Au terme de cinq jours d’échanges, les experts formuleront des résolutions à l’attention des administrateurs qui aviseront lors de leur conclave prévu pour le 10 décembre. Le Conseil d’administration de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (Oapi) tient sa soixante-et-unième session ordinaire, vendredi 10 décembre prochain à Cotonou. En prélude à cette session, la commission des experts a entamé, vendredi dernier, les travaux préparatoires qui portent sur une vingtaine de dossiers d’ordres général, technique et financier. Les questions à l’ordre du jour sont relatives au développement de cette institution qui confère à la propriété intellectuelle un rôle moteur et d’aiguillon pour le développement des Etats. Au nombre de celles-ci, le directeur général par intérim de l’Oapi souligne la révision de la grille des taxes relatives aux signes distinctifs et aux créations à caractère ornemental (Dmi) dans l’optique de l’entrée en vigueur des annexes III, IV et V de l’Accord de Bangui, Acte du 14 décembre 2015. Jean-Baptiste Noël Wago cite également le compte rendu de la troisième édition des Awards de la marque Oapi, l’état d’avancement de la mise en place du mécanisme de financement de l’invention et de l’innovation. Le choix du pays devant abriter la neuvième édition du Salon africain de l’invention et de l’entreprise innovante ainsi que la proposition de budget de l’année 2022 sont aussi à l’ordre du jour. La session offre l’occasion à la direction générale de faire le bilan des activités de l’année écoulée, de celles réalisées au 30 septembre de cette année et de se projeter dans l’avenir de l’Organisation. Les difficultés rencontrées au cours des périodes sous revue ne seront pas passées sous silence. A l’ouverture des travaux, M. Wago a invité les experts à faire des contributions de nature à renforcer la dynamique de modernisation de l’Organisation. « Notre devoir doit consister ni plus ni moins dans la préservation de cet important legs », laisse-t-il entendre, exhortant à un esprit fraternel et constructif empreint de convivialité tout au long des travaux. Défis La session qui s’ouvre au Bénin après celle de 2004, consacre un nouveau cycle tournant, étant donné que le Conseil d’administration se tient de façon rotative selon l’ordre alphabétique des pays membres, rappelle Amzat Bissiriou Salami, secrétaire général du ministère de l’Industrie et du Commerce du Bénin. Elle se tient à une phase avancée du processus de mise en œuvre du plan stratégique de l’Oapi qui a suscité assez d’espoir pour une nouvelle dynamique opérationnelle et managériale de l’Organisation, poursuit-il. A l’instar de la soixantième session tenue à Lomé en décembre 2020, celle de Cotonou intervient dans un contexte mondial marqué par la persistance de la pandémie de Covid-19 doublée des effets du dérèglement climatique de plus en plus accrus d’une part, et par le retour au Bénin, il y a quelques semaines, de 26 trésors royaux enlevés et détenus par la France d’autre part. «La restitution de ce patrimoine pose à nos pays et aux experts de la propriété intellectuelle la problématique de la protection de nos savoirs traditionnels et expressions culturelles traditionnelles par les instruments appropriés du système de la propriété intellectuelle », signale Amzat B. Salami. Autant de défis qui doivent inspirer des « solutions techniques appropriées en réponse à nos besoins », lance-t-il, au nom de la ministre Shadiya Alimatou Assouman, présidente en exercice du Conseil d’administration de l’Oapi. Pour ce faire, plaide M. Salami, les « précieuses contributions des experts sont très attendues ». Les résultats de leurs travaux qui prennent fin mercredi prochain, seront soumis à l’appréciation de la réunion des ministres prévue pour vendredi 10 décembre prochain. Oapi ou la propriété intellectuelle au cœur du développement Créée le 13 septembre 1962, l’Oapi est une institution intergouvernementale ayant pour mission principale la délivrance des titres de propriété industrielle, la contribution à la promotion de la protection de la propriété littéraire et artistique, la mise à disposition de la documentation et de la diffusion de l’information technique, la formation en propriété intellectuelle, la participation au développement économique des Etats membres. Basée à Yaoundé au Cameroun, l’Organisation compte à ce jour 17 Etats membres à savoir Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Centrafrique, Comores, Congo, Côte d’Ivoire, Gabon, Guinée Conakry, Guinée-Bissau, Guinée équatoriale, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal, Tchad et Togo. L’Oapi comprend trois organes: le Conseil d’administration, la Commission supérieure de recours et la Direction générale. La session ordinaire du Conseil d’administration qui est la plus haute instance de décision de l’Organisation, se tient une fois dans l’année dans un Etat membre. Société 06 déc. 2021


Sécurité des espaces frontaliers au Bénin : la bataille de l’ombre
En dehors du déploiement des forces de défense et de sécurité, le Bénin mise aussi sur les investissements socioéconomiques pour faire barrière à l’extrémisme violent. La sécurité se construit, pas seulement avec les armes, mais en complicité avec les hommes à protéger. Et avec la dégradation du contexte sécuritaire au Sahel, le Bénin s’est imposé comme défi d’enrayer a priori un quelconque sentiment d’abandon qu’il pourrait y avoir dans les espaces frontaliers. De lourds investissements ont été consentis dans ces milieux sensibles. Dr Marcel Ayité Baglo, directeur général de l’Agence béninoise de gestion intégrée des espaces frontaliers (Abegief) l’a rappelé récemment, lors de la table ronde virtuelle organisée par Wathi et la fondation Konrad Adenauer. Il a insisté sur le besoin de faire des zones frontalières des espaces de mobilité, de production et d’échanges commerciaux et des zones où la présence de l’État se manifeste auprès des populations par une offre de services publics. « C’est pour éviter que les zones frontalières ne tombent dans les mains de l’extrémisme violent. Toutes les zones qui nous entourent sont en ébullition. Quand vous avez le sentiment d’appartenance à une nation, vous n’êtes pas enclin à accepter les exportateurs de violences pour mettre votre pays en difficulté », a-t-il déclaré. Ainsi, dans sa politique de développement des espaces frontaliers, le Bénin y a consenti de nombreux investissements. Plusieurs projets et programmes sont par exemple en cours avec l’appui des partenaires financiers dont la Banque mondiale pour créer la cohésion sociale dans les régions défavorisées, prendre en charge les personnes vulnérables et les jeunes en vue de créer l’inclusion. Pour Dr Marcel Ayité Baglo, cela permet, par ailleurs, de développer le renseignement territorial pour sécuriser le territoire. « Le chef de l’Etat est dans cette perspective. Ce n’est pas seulement nous qui devons investir dans les espaces frontaliers, mais toutes les structures. Le gouvernement a instruit certains ministères pour qu’ils investissent une partie de leurs budgets dans ces espaces. Ça permet le développement du renseignement territorial qui est à la base de la lutte contre l’extrémisme violent », défend-il. Investir, mais aussi sécuriser Au-delà du développement des infrastructures, l’enjeu est aussi de garantir une sécurité de proximité. « Aujourd’hui, nous avons des casernes le long des frontières, qui permettent de donner plus confiance aux populations », rassure Dr Marcel Ayité Baglo. Le Général Célestin Guidimey, qui a aussi pris part à cette table ronde virtuelle a insisté également sur les efforts de sécurisation et de dissuasion. Pour le vice-président du comité chargé du contrôle des missions de sécurisation du territoire national, la réforme ayant abouti à la création de la Police Républicaine et à la déconcentration des unités est guidée par la philosophie de la coproduction de la sécurité. A ceci, viennent s’ajouter la mise en place des Unités spécialisées de la sécurité des frontières (Ussf), le redéploiement des forces armées au niveau des zones frontalières sensibles, le renforcement de la marine et la spécialisation des unités de police contre le crime organisé transnational. «Nos services de renseignement aujourd’hui sont montés en puissance », a-t-il souligné. Mais la population reste après tout au cœur de tout le mécanisme. La collaboration entre les forces de défense et de sécurité et les comités locaux de sécurité a été renforcée. « Il y a quelques problèmes, mais tout ça est en bonne voie aujourd’hui. C’est la diplomatie préventive locale. La coopération décentralisée transfrontalière permet de régler les problèmes, les menaces au plus proche des échelons», a fait savoir le Général Célestin Guidimey. Le défi, c’est d’avoir une coordination de toutes ces capacités pour les rendre plus efficaces. « Il y a eu la création d’un comité de haut niveau rattaché directement au chef de l’Etat », a rassuré Célestin Guidimey. Agir en synergie et avec intelligence Les défis sont grands, et pour Dr Oswald Padonou, de l’Association béninoise d’étude stratégique et de sécurité, il faut optimiser les moyens d’interventions, au niveau des pays. Pour lui, même si le droit de poursuite est possible pour les armées sur le territoire voisin, sur 10 à 20 km, dans l’opérationnel, cela n’apporte pas de grands résultats, à voir le mode opératoire des groupes armés terroristes. Dr Oswald Padonou préconise des échanges d’officiers de liaison entre les armées, aussi bien au niveau central qu’au niveau des unités déployées au niveau des espaces frontaliers. « Au-delà du droit de poursuite, il faut créer des unités mixtes frontaliers au niveau des pays voisins pour une riposte optimisée. Il faut agir avec intelligence, en optimisant les moyens. Nous sommes dans la même barque contre le même ennemi. Cela demande des réponses coordonnées », suggère Oswald Padonou. Ce qui est sûr, le terrorisme est sans frontière. Les bornes érigées entre les pays ne devraient plus continuer à être des obstacles à la synergie des forces. Actualités 06 déc. 2021


Attaques djihadistes dans deux zones frontalières : un acte condamné de toutes parts
Des acteurs politiques et institutions condamnent vivement les attaques djihadistes enregistrées dans deux zones frontalières du Nord-Bénin, la semaine écoulée. Ils appellent l’Exécutif à renforcer davantage la sécurité, et les citoyens au sens du patriotisme. Des forces ennemies ont attaqué le Bénin aux frontières nord-ouest, faisant des morts, notamment au sein de l’Armée nationale. Face à la gravité de la situation, les réactions d’indignation profonde pleuvent de toute part, comme depuis Porto-Novo où les députés à l’Assemblée nationale ont fait part de leur colère. « L’Assemblée nationale condamne fermement ces viles attaques et se tient sans réserve aux côtés des forces de défense et de sécurité ainsi que des paisibles populations civiles dans toutes les régions du Bénin », réagit le Parlement béninois, vendredi dernier, à travers un communiqué signé de son porte-parole, James William Gbaguidi. La représentation nationale se dit également « prête à contribuer sans répit à une lutte implacable contre l’extrémisme violent et en appelle à une procédure judiciaire diligente et à des sanctions exemplaires à l’encontre des auteurs de ces actes ». Cette situation d’insécurité prouve à quel point l’intégrité territoriale est menacée. C’est pourquoi, le chef de file de l’opposition, le parti Les Démocrates et plusieurs acteurs politiques et observateurs de la vie socio-économique et politique du Bénin ont exprimé leur amertume et encouragé l’Exécutif à renforcer la surveillance du territoire national, de même que la sécurité des biens et des personnes. Le parti « Les Démocrates demande que conformément aux dispositions de la Constitution, la protection des populations et de leurs biens soit renforcée. Il s’agira donc de doter les forces de défense et de sécurité de moyens adéquats et suffisants (...). La sécurité des citoyens et la défense de l'intégrité territoriale n'ont pas de prix », indique Eric Houndété, président dudit parti. « Nous encourageons et exhortons le gouvernement à prendre toutes les dispositions nécessaires afin de garantir l'intégrité du territoire béninois, la quiétude du peuple, et à fournir les moyens adéquats aux forces armées pour faire efficacement face aux envahisseurs », appuie le chef de file de l’opposition, Paul Hounkpè. Abbé Colbert Goudjinou, directeur de l’Institut des artisans de justice et de paix (Iajp), condamne également ces attaques et appelle au respect des uns et des autres afin que la société se pérennise. Les Etats-Unis ne sont pas aussi restés insensibles à ces attaques. A travers la voix de l’ambassadrice Patricia Mahoney, le pays « condamne cette violence » et renouvelle son engagement « à soutenir le gouvernement du Bénin dans ses efforts de promotion de la sécurité et de la lutte contre le terrorisme, notamment à travers une assistance aux forces armées béninoises dans le but de mieux sécuriser les frontières du pays ». Tout comme l’Assemblée nationale, le parti Les Démocrates et le secrétaire exécutif du parti Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), la diplomate américaine a présenté ses condoléances aux familles des soldats tués. Appels à la vigilance Du Parlement au chef de file de l’opposition en passant par Les Démocrates, l’on appelle expressément les populations à redoubler de vigilance et surtout à dénoncer tout acte suspect. L’Assemblée nationale invite « les citoyens, quelles que soient leurs obédiences politiques, religieuses ou sociales, à manifester leur attachement à la paix en dénonçant de manière systématique aux forces de défense et de sécurité, les mouvements ou attitudes suspects, mais aussi en se refusant à adhérer à toute idéologie prônant l’intolérance et la violence », exhortent Louis Vlavonou et ses pairs. « Le parti Les Démocrates invite les populations à redoubler de vigilance pour s'organiser en vue de détecter ou d'aider à détecter les terroristes afin que les forces de défense et de sécurité puissent efficacement organiser leur éradication partout où ils se trouvent », insiste Eric Houndété. Dans la même veine, Paul Hounkpè appelle le peuple béninois « à l'élan de solidarité envers notre Armée, à l'esprit patriotique, à la franche collaboration (…) et à l'unicité d'action contre l'agresseur ». Pour rappel, les mardi 30 novembre et mercredi 1er décembre derniers, respectivement dans les localités de Mékrou Yinyin (Banikoara) et de Porga (Matéri), des agents des forces de défense et de sécurité en position de surveillance du territoire national ont été pris à partie par des individus armés non identifiés. Les échanges de tirs ont fait plusieurs morts des deux côtés. Dans les rangs des militaires béninois, l’on dénombre deux morts et plusieurs blessés qui bénéficient déjà d’une prise en charge adéquate. Actualités 06 déc. 2021


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