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Nouvelles

Bénin/Média : L’Union des professionnels des médias du Bénin conteste le rapport de Reporters sans frontières

Le dernier rapport de Reporters sans Frontières n’est pas bien accueilli par l’Union des professionnels des médias du Bénin (UPMB). Soixante-douze heures après sa publication, la faîtière des professionnels des médias béninois soulève des contre-vérités dans ledit rapport.

Franck Kpochémè, président de l’Union des professionnels des médias du Bénin (Upmb) fustige le rapport 2018 de Reporters sans frontières. Cette année, le Bénin a occupé la quatre vingt-quatrième (84ème) place dans le classement des pays en matière de liberté de presse sur cent quatre-vingt (180). Un rang sur lequel porte bien des réserves le président de l’Union des professionnels des médias du Bénin. Sa réaction, une première depuis quatre ans qu’il est à la tête de l’Upmb, se justifie, selon ses propos par les commentaires faits sur le Bénin.

Il y a mieux que ce que Reporters sans Frontières a mentionné dans son rapport, souligne le président de l’Upmb, Franck Kpochémè. Par contre le chef Desk Afrique de l’organisation, Arnaud Froger, confirme que le rapport 2018  s’est basé sur des questionnaires, lesquels ont servi d’éléments dans l’élaboration du rapport ayant classé le Bénin  84ème en ce qui concerne la liberté de presse.       

Société 28 avr. 2018


La Police républicaine fait le point sécuritaire en deux mois: Près de 700 cybercriminels présentés à la Justice

Le directeur général de la Police républicaine, Nazaire Hounnonkpè était ce vendredi 27 avril à Dassa-Zoumè en réunion de commandement avec les douze directeurs départementaux de cette nouvelle force pour évaluer les mois d’actions sur le terrain.

La cybercriminalité a été l’action phare de la police républicaine ces dernières semaines. Le point fait ce vendredi à Dassa par le commandement révèle que  près de 700 cybercriminels présumés ont été interpellés sur toute l’étendue du territoire et présentés à la justice. Le constat fait par la police en est que parmi eux, un grand nombre y associe des pratiques occultes allant jusqu'aux sacrifices humains.

Ainsi, deux mois à peine après la nomination des douze directeurs départementaux de la nouvelle force dite Police républicaine, qui consacre la fusion de la police et de la gendarmerie, un premier bilan est là et édifiant. La mise en œuvre effective de cette force s'est concrétisée par la nomination du directeur général et de son adjoint, et par la prise de commandement le 7 mars dernier des douze directeurs départementaux de police républicaine (Ddpr) et de leurs adjoints, nommés par le Général Nazaire Hounnonkpè. Depuis lors, et sous la supervision des préfets des départements, ces directeurs départementaux mènent des activités d'ordre sécuritaire pour atteindre les objectifs à eux assignés, dont le principal est « la généralisation de la police de proximité reposant sur la pro-activité afin de réduire considérablement en amont les différentes atteintes à l'ordre public pour n'avoir pas à se confronter en aval à une recrudescence de la criminalité ».

En l’espace de deux mois, l’évaluation sommaire faite ce vendredi à Dassa-Zoumè est qu’ils ont été présents sur presque tous les fronts. A commencer par la traque des auteurs de la cybercriminalité et des crimes rituels; la lutte contre les vols à main armée; la lutte contre la drogue et les faux médicaments; la lutte contre les preneurs d'otages avec demande de rançons; et la lutte contre l'insécurité routière.

Les détails de cette rencontre de Dassa-Zoumè dans notre prochaine édition.

 

 

Société 28 avr. 2018


Affaire de "faux médicaments": L'article 90 de la Constitution sauve momentanément le député Atao devant le juge
[caption id="attachment_28982" align="alignnone" width="1024"]Deputé Atao Hinnouho[/caption]

A la surprise générale, le député Taofick Mohamed Hinnouho alias Atao qui a pris le maquis depuis le 8 décembre 2017 suite au déclenchement de l’affaire de « faux médicaments » dans laquelle il serait considéré comme étant le cerveau, est sorti de sa cachette, ce vendredi 27 avril.

Il s’est rendu de lui-même à la justice. Il était devant le premier cabinet d’instruction du tribunal de première instance de première classe de Cotonou en charge du dossier. Il a été auditionné par le juge qui l’a inculpé pour, entre autres infractions, « d’exercice illégal en pharmacie, vente de médicament falsifié, trafic de produits médicaux contrefaits, association de malfaiteurs, blanchiment de capitaux et faux en écriture privée et usage de faux en écriture privée ». Après le magistrat instructeur, Taofick Mohamed Hinnouho a été ensuite écouté par le juge des libertés et de la détention qui devrait décider de son incarcération ou non.

Ici, l’opérateur économique a frôlé la prison. Le juge n’a pu placer le député sous mandat de dépôt comme ce fut le cas avec ses co-prévenus dont les grossistes et autres répartiteurs de produits pharmaceutiques déjà condamnés par le tribunal à quatre ans d’emprisonnement ferme. Atao a raté la prison à cause de l’immunité parlementaire dont il jouit et qui nécessite la réalisation de certains préalables avant toute poursuite. En réalité, le juge des libertés et de la détention a buté sur l’article 90 de la Constitution du 11 décembre 1990 du Bénin.

Lequel dispose que : « Les membres de l’Assemblée nationale jouissent de l’immunité parlementaire. En conséquence, aucun député ne peut être poursuivi, recherché, arrêté, détenu ou jugé à l’occasion des opinions ou votes émis par lui dans l’exercice de ses fonctions. Aucun député ne peut, pendant la durée des sessions, être poursuivi ou arrêté en matière criminelle ou correctionnelle qu’avec l’autorisation de l’Assemblée nationale, sauf cas de fragrant délit. Aucun député ne peut, hors session, être arrêté qu’avec l’autorisation du bureau de l’Assemblée nationale, sauf les cas du flagrant délit, de poursuite autorisée ou de condamnation définitive. La détention ou la poursuite d’un député est suspendue si l’Assemblée nationale le requiert par un vote à la majorité des deux tiers ».

Les dispositions de cet article 90 de la Constitution du 11 décembre 1990 ont été d’ailleurs soulevées devant la justice par l’avocat du député de la 15e circonscription électorale pour plaider la libération de son client. Le juge des libertés et de la détention a donné raison à la défense qu’à l’étape actuelle de procédure il ne peut jeter Atao en prison n’ayant pas au dossier la décision du bureau ou de l’Assemblée nationale qui autorisent la poursuite du député mis en cause. Le député Atao est donc rentré chez lui libre de ses mouvements en attendant certainement l’issue de l’examen de la demande de levée d’immunité parlementaire déjà introduite contre lui au Parlement par le parquet général près la Cour d’appel de Cotonou via le ministre chargé de la Justice. C’est donc une victoire judiciaire partielle pour Mohamed Atao Hinnouho. Son avocat, Me Alfred Boccovo, en est d’ailleurs conscient que son client est libre certes, mais n’est pas pour autant sorti définitivement d’affaire. « Les poursuites ne sont pas arrêtées. On reviendra devant la justice quand l'Assemblée aura dit son mot. », conclut l’avocat au barreau de Cotonou.

Société 28 avr. 2018


Fin de la crise dans le monde scolaire: Imbroglio dans le Borgou et l’Alibori

Dans le Borgou et l’Alibori, la reprise des classes annoncée dans les établissements scolaires publics pour ce jeudi 26 avril, au retour des congés de Pâques, par le Front d’action des syndicats de l’éducation au niveau des différents ordres d’enseignement, a été mi-figue mi-raisin. En témoigne la confusion qui règne sur le terrain.

Le mot d’ordre de suspension du mouvement de grève lancé par le Front d’action des syndicats de l’éducation est sujet de confusion dans le Borgou et l’Alibori. En témoigne l’ambiance qui a prévalu, ce jeudi 26 avril, dans les établissements scolaires publics de ces départements. La reprise des classes, est timide par endroits, non effective dans d’autres établissements.

En effet, à Parakou, les Ceg Tourou, Titirou, Guéma, Zongo, Hubert Maga, Albarika et Lycée Mathieu Bouké, ainsi que les Epp Dépôt, Kpébié et Wokodorou ont, au retour des congés de Pâques, accueilli plus d’apprenants. Dans la plupart de ces établissements où quelques enseignants vacataires ont effectué le déplacement, peu étaient les apprenants qui se sont retrouvés en situation de classe. Livrés à eux-mêmes, les moins chanceux n’avaient plus d'autre choix que de déambuler dans les rues, avant de regagner leurs domiciles.
Pendant ce temps, les rares enseignants titulaires venus faire acte de présence avaient du mal à dissimuler leur état d’âme. Ils s'étaient attroupés par petits groupes dans la cour de leurs établissements. Pour la plupart déboussolés par la décision de suspension contestée par d’autres syndicats, ils ne savent pas la conduite à tenir.
Tous rallieront l’Epp Ocbn, par la suite. C’est pour une Assemblée générale extraordinaire des enseignants du Borgou au cours de laquelle ils ont décidé de la poursuite de la grève de 96 heures.
Désormais, c’est un comité départemental des enseignants en lutte qui est chargé de gérer la suite du mouvement. Ayant pour porte-parole Jacques Wêtohossou, il a été mis en place, après la démission des porte-parole du front dans le Borgou, Cyriaque Bocovo, au niveau de l’enseignement primaire et Maurice Fadégnon, de l’enseignement secondaire.
Au Ceg 2 de Kandi dans le Borgou, le constat était le même. Comme l’a confié son directeur, Mamadou Bagnan, la reprise n’a pas été effective. Très tôt, ce sont les apprenants dont la présence était estimée entre 35 et 40 %, qui ont vidé les lieux. « Sur un total de 18 vacataires attendus, il n’y en avait que 2 dont l’un qui n’avait même pas pu retrouver ses élèves », a indiqué le directeur pour expliquer la situation dans son établissement.
Par ailleurs, à la faveur d’une rencontre de sensibilisation sur les différentes réformes engagées par le gouvernement qu’il a eue avec les populations de Parakou, ce jeudi 26 avril, à la salle de conférences de l’hôtel de ville, le ministre de la Justice, Joseph Djogbénou, n’a pas occulté le problème de la grève dans le secteur de l’enseignement. Tout en réaffirmant la disponibilité du gouvernement à poursuivre les négociations, il a rassuré de sa volonté à sauver l’année scolaire.

Société 27 avr. 2018


Reprise des clases en demi-teinte à Porto-Novo
[caption id="attachment_28978" align="alignnone" width="1024"]Dans la confusion, les élèves ont quand même repris[/caption]

La reprise des cours décidée par le Front d’action des syndicats de l’éducation qui a suspendu son mot d’ordre de grève, a été effective à plusieurs endroits à Porto-Novo. Un tour dans la ville a permis de constater que la tendance est à la réouverture des classes. Plusieurs écoles maternelles et primaires ont ouvert leurs portes. Les enseignants étaient en classe et travaillaient avec les enfants. L'efficacité de la reprise a été constatée au niveau de plusieurs écoles primaires publiques dont le complexe scolaire d’Ouinlinda, l’école primaire publique d’Attakè.

Mais par contre à l’école urbaine centre de Porto-Novo, certaines classes ont effectivement ouvert mais beaucoup d’autres étaient aussi fermées ou sans enseignant.
La situation est la même dans les lycées et collèges de Porto-Novo notamment au Lycée Béhanzin, au Lycée des jeunes filles Toffa 1er, aux Ceg de Djassin et Davié et au Lycée commercial et industriel de Porto-Novo. Dans ces établissements, les portes des salles de classe étaient grandement ouvertes et les enseignants vaquaient à leurs occupations. Mais ce n’était pas eux-tous. Certains d’entre eux ont préféré boycotter cette reprise des cours décidée par le Front syndical qui a décidé de sauver l’année scolaire. Les autorités de ces établissements publics des cours secondaires gardent l’espoir que ces professeurs absentéistes vont revenir à de meilleurs sentiments pour emboîter le pas à leurs collègues qui ont fait preuve de patriotisme en reprenant les cours, conformément au mot d’ordre de leur organisation syndicale.

 

Société 27 avr. 2018


Fin du débrayage dans le secteur de l’éducation: Le calendrier scolaire 2017-2018 réaménagé
[caption id="attachment_28974" align="alignnone" width="1024"]Le ministre de l’Enseignement secondaire, technique et de la formation professionnelle Mahougnon Kakpo[/caption]

Le ministre de l’Enseignement secondaire, technique et de la formation professionnelle Mahougnon Kakpo et son collègue Salimane Karimou en charge des Enseignements maternel et primaire, ont rendu public l’arrêté fixant la période des cours, des congés et des grandes vacances, de même que la date de la rentrée prochaine.

On s’y attendait, au regard des mouvements de débrayage en cours dans le secteur de l’éducation. C’est effectif depuis ce mercredi 25 avril 2018. Le nouveau calendrier réaménagé de l’année scolaire 2017-2018 dans les établissements d’enseignements maternel, primaire, secondaire général, technique et professionnel est fixé par l’arrêté interministériel année 2018 n°055/Memp/Mestfp/Dc/Sgm/Diip/Dep/Dem/Dec/Dipiq/Desg/Detfp/Sa/049Sgg18. Dans tous les établissements publics et privés à l’exception des centres de formation professionnelle et d’apprentissage, le calendrier scolaire 2017-2018 précédé d’une prérentrée scolaire du lundi 11 au vendredi 15 septembre 2017 est réaménagé. Ainsi, le nouveau calendrier a prévu le premier trimestre du lundi 18 septembre 2017 au mercredi 20 décembre 2017 après les cours de la matinée. Les congés de fin du premier trimestre commencent du mercredi 20 décembre 2017 après les cours de la matinée au mercredi 03 janvier 2018 inclus. 

Au deuxième trimestre, les activités académiques courent du lundi 4 janvier 2018 au vendredi 12 janvier 2018 après les cours de l’après-midi. Les jours de travail au cours de la période de perturbation partent du lundi 15 janvier 2018 au vendredi 13 avril 2018. Les congés de fin du deuxième trimestre par contre sont prévus du vendredi 13 avril 2018 après les cours de l’après-midi au mercredi 25 avril 2018 inclus. Le troisième trimestre qui a débuté ce jeudi 26 avril 2018 finit le mardi 31 juillet 2018 après les cours de l’après-midi, soit treize semaines quatre jours. Les grandes vacances sont fixées au mardi 31 juillet 2018. Elles prennent fin le dimanche 16 septembre 2018. L'année scolaire 2018-2019 commence dans les établissements à partir du lundi 17 septembre 2018, soit un mois et demi de période de vacance.
Le grand défi des enseignants à la reprise des classes ce jeudi est l’exécution du programme scolaire. L’année étant perturbée par les grèves perlées, les responsables de certains collèges de Cotonou ignorent le taux d’exécution actuel du programme. Il est vrai que la grève n’a pas affecté toutes les classes de la même manière, selon les explications de certains censeurs de collège. Néanmoins, les enseignants doivent se plier en quatre pour évoluer dans le programme. La seule condition pour booster les résultats scolaires et relever le niveau des apprenants, c’est d’évacuer un grande partie du programme prévu pour être exécuté dans les différentes classes. Cathérine Fassinou, directrice du Ceg Akpakpa centre, n’a pas de doute : « Les enseignants sont capables de faire le nécessaire ».

La bataille pour le dégel de la crise dans l’éducation

La suspension de la motion de grève du Front a mis du bémol à la crise qui secoue le secteur de l’éducation à la reprise des classes, ce jeudi 26 avril. Il y a eu quelques poches de résistance dans les rangs des secrétaires généraux, membres du Front, par rapport à la décision qui a valu la suspension de deux porte-parole, les sieurs Eric Péthos et Jean Adadja. Mais l’acte est à saluer. L’école a repris à la satisfaction générale des parents d’élèves. Malgré la position des dissidents du Front, l’équipe de Péthos a vu juste. Il revient alors au gouvernement de poursuivre les négociations avec les syndicats du Front en attendant leur motion de grève qu’ils envisagent de prendre à partir du jeudi 03 mai 2018. Autrement, le réaménagement du calendrier n’aurait pas d’impact sur l’année scolaire 2017-2018 sous l’emprise des menaces d’une année blanche?
A. M.

Education 27 avr. 2018


Assurance pour le renforcement du capital humain et protection sociale: De la nécessité d’ajuster le programme
[caption id="attachment_28972" align="alignnone" width="1024"]Candide Ahouansou[/caption]

Dans notre dernière réflexion, nous nous étions permis de solliciter la magnanimité du chef de l’Etat afin qu’il permette qu’une représentation du peuple soit adjointe à l’équipe d’universitaires et d’intellectuels chargée par décret pris en Conseil des ministres de la mise en valeur du projet assurance maladie et vieillesse, composante du Programme Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch). Cette démarche visait à s’assurer que les besoins et les aspirations du peuple étaient pris en considération dans la manière dont l’unité de coordination traitait le projet. Par la présente, nous remontons au Programme lui-même l’ayant généré en examinant son ossature, car en fait, le ver était dans le fruit.

l l nous avait plu dans notre dernière livraison de nous convaincre du fait que si le décret instituant l’unité de coordination du projet devait être pris ces temps-ci, au lieu de l’avoir été en mai 2017, le chef de l’Etat veillerait, assurément, à la faveur du redressement exponentiel de sa stature sociale, à ce que le peuple y soit représenté en tant que tel. De la même manière, et pour la même raison, nous sommes enclin à nous persuader que si le programme Arch lui-même dont émane le projet de protection sociale devait être élaboré ces jours-ci, il aurait été tout autre. Nous convenons, néanmoins, que ce serait bien outrecuidant de solliciter du chef de l’Etat une remise en cause d’un programme qui lui a été concocté par des esprits, autrement éclairés que le nôtre, mais nous sommes en démocratie et l’on ne sait jamais l’idée susceptible de faire mouche et à quel moment. Alors, autant prendre le risque de l’exprimer et pour cause.


Un programme de rupture avec une philosophie ancienne

Lorsqu’arriva la Rupture et la liesse populaire qui s’en était suivie, il me souvient qu’une ou des équipes s’étaient enfermées dans les locaux de la Présidence de la République pour tracer les grandes lignes des premières actions du gouvernement dans les principaux secteurs d’intervention. Il est de ma présomption qu’elles ont fait du bon travail de techniciens à en juger par les nombreuses mesures réformatrices qu’a prises le gouvernement à la suite de leurs travaux. Mais la protection sociale a une particularité ; elle affecte, on peut plus directement, l’humain dans sa vie et dans sa chair, et nous ne doutons point que l’équipe qui était chargée du dossier en ait pris toute la mesure. Toutefois, il se révèle qu’elle l’a fait avec des idées anciennes. La Rupture n’avait pas la faculté d’effacer les idées de la mémoire des cadres pour les remplacer par d’autres ;  elle n’en avait ni le pouvoir ni la force. Elle a néanmoins pu obtenir d’eux de voir les choses différemment avec des idées, il faut bien en convenir, déjà installées dans leurs esprits. L’exercice n’était pas bien difficile tant qu’il s’agissait de choses matérielles. Mais en matière de protection sociale, maladie et vieillesse, il fallait voir les choses avec une philosophie nouvelle alors que les cadres qui ont été chargés du dossier sont restés, sans nul doute, dans le schéma des idées anciennes et étriquées sur la protection sociale, entretenues jusqu’alors. Au vu de l’état dans lequel elle était, la protection sociale ne saurait faire l’objet d’une réforme, ce devait être une révolution. Il aurait fallu se donner la force de briser les conceptions anciennes et de s’en détacher. Les concepteurs du programme n’ont pas pu se donner le temps de s’adjuger cette force et n’ont pu faire cette révolution dans leurs esprits. Ils sont restés avec les notions désuètes telles les plus démunis et les soins de base, propres à une assistance et non pas à une assurance que le chef de l’Etat leur demandait de concevoir. Ils ont donc commencé par confondre les règles de l’assistance dont on a toujours parlé avec l’assurance dont il fallait parler au moment de la rédaction du programme ; et cela en dépit même du libellé du programme qui s’intitule Assurance pour le renforcement du capital humain et non pas Assistance pour le renforcement du capital humain.

L’erreur de conception : Assurance n’est pas assistance

Le résumé exécutif du projet dispose : « L’Arch est essentiellement destiné aux couches les plus démunies des secteurs de l’agriculture, du commerce, du transport, de l’artisanat, de l’art et de la culture ainsi qu’aux personnes démunies sans activités. » Et le projet est émaillé de cette notion de ‘’plus démunis’’ et « d’accès au paquet de soins de base. »  Le problème, c’est que dès l’instant que l’on parle en ces termes avec leur corollaire que sont les subventions, l’on dérive du terrain de l’assurance pour rejoindre celui de l’assistance, et cette confusion a été entretenue de part en part du projet. En matière d’assurance maladie et vieillesse, il n’y a pas de plus démunis, il n’y a pas de plus riches ; il n’y a que solidarité nationale, entraide et égalité de traitements à tous égards. Autrement, il n’y a point Assurance. De deux choses l’une.

L’erreur stratégique initiale : une démarche uniforme pour quatre composantes
Le programme Arch comporte quatre composantes : l’assurance risque maladie, la formation, la microfinance et l’assurance vieillesse. La corrélation entre ces quatre composantes ne nous paraît pas évidente, mais nous convenons qu’elle peut être différemment appréciée. L’on peut, en effet, miser sur l’effet multiplicateur éventuel de la combinaison des quatre paquets de services pour sortir, quelque peu, de la pauvreté. Qu’à cela ne tienne ! Il demeure cependant qu’il aurait été judicieux, qu’en raison de la particularité des assurances maladie et vieillesse, ces quatre composantes n’aient pas été mises dans le même sac et pour cause. La maladie et la vieillesse concernent l’humain dans sa vie et dans sa chair. La microfinance et la formation concernent son développement. Par ailleurs et de manière discursive, la stratégie ainsi que les méthodes d’approche ne peuvent être les mêmes dans les deux cas, et il est à craindre que l’on ne fasse pas la démarcation. Il est normal que pour conforter son développement par la formation et le soutien financier, l’on stratifie la population afin de savoir qui en a le plus ou le moins besoin. C’est lapalissade dirions-nous. Mais appliquer cette méthode à la protection sociale devient une hérésie.

L’erreur de méthode

C’est probablement sur la base de la confusion entre assistance et assurance d’une part et de la mise ensemble des quatre composantes de l’autre, que l’unité de coordination du projet chargée de sa mise en œuvre a fait appel aux statistiques disponibles en matière de répartition de la population, s’accrochant fermement à un décret de 2014 par lequel le Conseil des ministres a approuvé les résultats d’une enquête de l’Insae qui répartit la population en pauvres extrêmes, pauvres non extrêmes et pauvres tout court. Mais utiliser ces données pour la protection sociale du citoyen est une erreur de méthodologie au double point suivant. D’abord, au nom du principe sacro-saint de solidarité qui régit tout système d’assurance organisé par l’Etat dans son rôle régalien et constitutionnel de protecteur de la famille, qui ne peut souffrir d’aucune discrimination, mais aussi parce que cette étude a été ordonnée, si nos souvenirs ne nous trahissent pas, dans le cadre de la mise en œuvre du Ramu qui végétait depuis 2008 et qui, finalement, avait échoué ainsi que nous l’avions prévu. Voulons-nous alors introduire délibérément l’ivraie dans le champ en sachant bien qu’elle a déjà détruit le jardin ? Voulons-nous bâtir tout notre système sur des éléments qui ont entraîné le fiasco d’un autre ? Parce que lui aussi, nous voulons dire le Ramu, voulait une assurance par étapes géographiques et par classes sociales.

Les dysfonctionnements

C’est à partir de cette série d’erreurs de conception, de stratégie et de méthodologie que s’enchaîne tout ce qui suivra et qui se trouve être la négation même d’un système d’assurance maladie et vieillesse organisé par l’Etat, à savoir les discriminations et les exclusions de toutes sortes.
Les discriminations, c’est le fait de classifier la population aux fins de lui accorder des avantages différenciés ; c’est aussi, non seulement le fait de subventionner certaines tranches de la population, mais encore d’observer une gradation dans cette subvention ; 100% pour les pauvres extrêmes 50 % pour les pauvres non extrêmes. C’est aussi le fait que l’Etat souscrive carrément des polices d’assurances maladie à certaines catégories de citoyens auprès des assureurs recrutés par appel à concurrence.
Les exclusions de l’assurance risque maladie : il est écrit dans le Programme que l’Etat écarte de cette couverture les ‘’non pauvres du secteur informel’’. Outre le fait que le principe même de l’exclusion est hérétique en matière d’assurance, comment l’Etat procédera-t-il pour les identifier nommément, nonobstant les statistiques qui chiffrent l’ensemble des pauvres à 4 300 000 citoyens. Peut-être s’en remettra-t-il au Ravip en cours ; qui sait ? 
Le caractère obligatoire de l’assurance maladie : le programme dispose que l’assurance « sera rendue obligatoire par la loi pour tous les travailleurs du secteur privé informel ». Mais, de quels moyens de pression l’Etat dispose-t-il pour ce faire ? La réponse est aucun, car chaque citoyen gère sa vie comme il l’entend. Et, demander aux Béninois d’aller payer régulièrement sa prime ne sera que gageüre ; il ne pourra y satisfaire ; il a trop d’imprévus et de contraintes dans sa vie.
Par ailleurs, il est à noter que c’était l’une des erreurs du Ramu que d’avoir fondé la prime d’assurance sur une cotisation individuelle. D’un autre côté, si le citoyen, travailleur de l’informel, n’arrive pas à s’assurer contre la maladie et la vieillesse, il deviendra, à n’en pas douter, un problème pour sa famille et la société, que l’Etat, lui-même aura provoqué.
Les exclusions de l’assurance retraite : ‘’ Les populations du secteur informel et du milieu rural sont carrément exclus des dispositifs formels de couverture sociale’’. Mais enfin, qu’est donc cela et au nom de quoi ? Est-ce concevable telle chose dans un pays civilisé, qui plus est sous un régime de Rupture ? Est-ce concevable d’écarter ainsi d’un revers de main 94,3 % de la population active du pays, de la couverture retraite ? Est-ce légitime d’ignorer ainsi toute une population qui contribue pour 68 % à la formation du Produit intérieur brut ? Ignore-t-on, par ailleurs, que les pauvres extrêmes sont pour 96 % dans l’informel et que l’on empirera leur situation en les délaissant dans leurs vieux jours déjà que les soi-disant non pauvres du secteur sont privés d’assurance maladie ? Qu’est-ce donc que ce système d’assurance ? C’est du torchon enrageant pour tout esprit normalement constitué et nous sommes fondé à nous demander comment telle chose peut se passer en système de Rupture à moins que ce soit le chef de l’Etat lui-même qui ait donné des instructions formelles pour que l’on délaisse une partie de son peuple.
Les distorsions du projet sont tellement déroutantes que si nous étions à la place du président de l’unité de coordination, nous les signalerions au chef de l’Etat, tout en continuant, toutefois, d’obtempérer et de faire le travail qu’il nous a demandé.
Et, il ne s’en fâchera probablement pas, car il y va de sa crédibilité et de son honneur. Il sied, alors, de se remettre en mémoire que la protection sociale pour tous, nous disons bien pour tous, a été un argument décisif de campagne électorale et que le peuple y a mis grand espoir. Le candidat Patrice Talon n’avait pas dit qu’il promettait une couverture sociale pour les plus démunis de la nation. Il est à prier que ce ne sera ni la construction des routes ni l’asphaltage ni même l’emploi qui amèneront le peuple à porter le président Talon en triomphe à la fin de son mandat ; ce sera assurément une protection sociale, sans discrimination ni exclusion d’aucune sorte. Le président de la République méritera certainement que nous le portions en triomphe ; ne lui en gâchons pas l’occasion.

Mais qu’elles peuvent bien être les raisons de ces discriminations et de ces exclusions ?

Quelles sont donc ces raisons qui vident complétement l’assurance de son sens et de sa substance ? Je préjuge qu’elles sont d’ordre financier et budgétaire. Des questions, des incertitudes et des doutes ont dû turlupiner les rédacteurs du Programme comme ce devrait être le cas pour l’unité de coordination du projet. Où trouver les ressources financières pour assurer en maladie et vieillesse tout ce monde estimé à 10 882 953 âmes ? En vertu des disponibilités prévisibles qui peut-on assurer et qui devra-t-on larguer et sacrifier pour équilibrer les comptes ? Nous comprenons cela de quelque manière sauf que ces questions ne se posent pas en système d’assurance conséquent organisé par l’Etat et ne peuvent constituer un goulot d’étranglement. Il appartient, en effet, à l’Etat de trouver les voies et moyens de garantir les cotisations ; et tout le problème est là, nulle part ailleurs.

La commode procédure de prélèvement à la source sur les salaires et son nécessaire abandon

Si nous étions tous détenteurs de fiches de paie, il serait bien aisé de quantifier le volume des primes pour pouvoir savoir comment faire face aux dépenses prévisibles selon la masse des risques à couvrir pour la maladie et la durée de vie pour la retraite ; tous éléments déterminés par les médecins et les actuaires. C’est sur cette base que fonctionne le régime d’assurance sélective actuellement en cours. Mais nous ne pouvons poursuivre cette politique dans la mesure où nous sommes censés vouloir étendre le régime d’assurance à toute la population et que 94,3 % de la population active est dans l’informel, donc sans fiche de paie. Nous nous devons alors de remplacer l’élément travail qui, au demeurant, ne permet de couvrir actuellement que 8,4% de la population par autre facteur qui permette de couvrir les 100 % de cette même population, un facteur à rayon d’action nationale. Aussi avons-nous pensé à une infime taxe sur toute boisson embouteillée en guise de primes des deux risques maladie et vieillesse ; et point n’est besoin de faire un dessin pour convaincre du bien-fondé de cette procédure ainsi que de son caractère éminemment solidaire et populaire. Nous buvons tous depuis que nous sommes au sein de notre maman jusqu’à ce que nous rendions l’âme ; un capital fondé sur cette sorte de taxe est cumulatif et sans jamais aucun risque de disparition. Au demeurant, nous avons proposé de ménager un différé d’intervention de trois mois pour constituer et conforter le capital initial. Le tout est que les actuaires fassent du bon travail, détermine les bons ratios en collaboration avec les médecins pour décider du montant de cette taxe commune aux deux composantes maladie et vieillesse. En tout état de cause, il n’est pas souhaitable que le système d’assurance qui nous régira soit tributaire du budget national ; les mésaventures du Ramu resté en sommeil pendant près de quatre ans pour cause de non disponibilité budgétaire sont édifiantes.

La gestion de la protection sociale par des compagnies d’assurances

Pour ce qui est de céder la gestion de la santé et de la vieillesse des citoyens, fonctionnaires, élus, membres des institutions de la République et retraités de la Fonction publique, à des sociétés d’assurances privées, nous estimons que l’idée n’est vraiment pas heureuse et pour cause. Il est de notre opinion que l’argument évoqué à savoir notre manque d’expérience pour justifier cette intrusion de compagnies d’assurances privées dans notre bien-être physique dont est responsable l’Etat, ne tient pas la route et nous déshonore. Si des doutes subsistaient quant à la capacité de nos gestionnaires à gérer un système d’assurance, pourquoi ne pas faire appel à une assistance technique de courte durée ? Du reste, c’est un secret de polichinelle que les compagnies d’assurances de la place ne sont rien d’autre que des filiales de maisons mères étrangères. Et nous savons bien que les milliards de nos francs que leur versera l’Etat en guise de nos cotisations se retrouveront sur les marchés financiers alors que notre pays a besoin d’investissements.
Nous constatons avec dépit et grande amertume que le régime de Rupture a la fâcheuse tendance à ne pas faire grand cas de ce qu’écrivent les citoyens pour une meilleure gouvernance de la cité ; c’est bien dommage. Nous adjurons les autorités de bien vouloir prêter l’oreille aux voix des citoyens quand bien même discordantes de celles qui les guident ; avec un peu de bonne volonté, l’on n’y trouve, toujours, quelque chose à piocher. Il est vrai que la fonction d’attaché de presse a été supprimée dans les ministères mais alors, qui informe les ministres et le chef de l’Etat lui-même, non pas seulement des diatribes politiques, mais surtout des réflexions dénuées de toute polémique sur la gouvernance du pays ? Les directeurs de cabinet, la cellule communication de la Présidence de la République ou personne.
*Ambassadeur

Société 27 avr. 2018


Affaire placement hasardeux de fonds de la Cnss à la Bibe: Des violations de la Constitution relevées par la décision Dcc 18-098
[caption id="attachment_28971" align="alignnone" width="1024"]La caisse Nationale de Sécurité Sociale de Cotonou[/caption]

L’interpellation et la garde à vue de messieurs Romain Boko, Moussa Alassane Kourouma Kémoko, Célestin Coovi Ahonon, Moussa Jérémie Doué Yo Mora, Laurent Mètongnon et Dominique Gnaguènon ne sont pas contraires à la Constitution. De même, la perquisition opérée au domicile du sieur Moussa

Alassane Kourouma Kémoko ne viole pas la Constitution.
Par contre, le compte rendu du Conseil des ministres n°36/2017/PR/SGG/CM/OJ/ORD du 2 novembre 2017 en son point 2.4.2. relatif au rapport de vérification de versement des commissions occultes à des dirigeants de la Caisse nationale de sécurité sociale est contraire à la Constitution.
Par ailleurs, le procureur de la République près le tribunal de première instance de première classe de Cotonou, monsieur Ulrich Gilbert Togbonon, a méconnu l’article 35 de la Constitution.
Ainsi en a jugé la Cour constitutionnelle en sa décision Dcc 18-098 du 19 avril 2018 rendue au sujet de l’affaire de placement hasardeux des fonds de la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss) à la Banque internationale du Bénin (Bibe).
En effet, la haute juridiction a été saisie de requêtes relatives respectivement au comportement des officiers de Police judiciaire en service à la Brigade économique et financière (Bef) en charge du dossier vis-à-vis de monsieur Laurent Mètongnon, d’un recours contre le procureur de la République près le tribunal de première instance de Cotonou pour violation de la Constitution et de l’article 402 du Code de procédure pénale et d’un recours en inconstitutionnalité de la détention des mis en cause dans l’affaire Cnss.
Dans leur verdict, les sept sages indiquent qu’il y a violation de l’article 402 du Code de procédure pénale, et de l’article 7.1 d, de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples.
Pour rendre cette décision, la haute juridiction s’est basée, entre autres sur sa décision Dcc 14-185 du 6 novembre 2014, qui a dit et jugé que « Dans le domaine de la justice et particulièrement lorsqu’est en cause la liberté d’un citoyen, tout juge est tenu aux meilleures diligences pour faire aboutir toute procédure pénale dans un délai raisonnable ». Ainsi, les mis en cause ayant été gardés du 23 novembre 2017, date du mandat de dépôt au 19 décembre 2017, date de la première comparution devant la juridiction de jugement, il s’est écoulé vingt-cinq jours, soit plus de 72 heures prévues par l’article 402 du Code de procédure pénale; que ce délai est anormalement long ; qu’en agissant tel qu’il l’a fait, le procureur de la République près le tribunal de première Instance de première classe de Cotonou a méconnu l’article 35 de la Constitution aux termes duquel : « Les citoyens chargés d’une fonction publique ou élus à une fonction politique ont le devoir de l’accomplir avec conscience, compétence, probité, dévouement et loyauté dans l’intérêt et le respect du bien commun » ; et sans qu’il soit besoin de statuer sur les autres moyens ».

 

Actualités 27 avr. 2018


Viol sur mineure (18e dossier): Landry Adjovi condamné à 10 ans de travaux forcés

La première session de la cour d’assises de la cour d’appel de Cotonou a connu, ce jeudi 26 avril, du dix-huitième dossier inscrit à son rôle. Il s’agit d’une affaire de viol sur mineure de 5 ans, pour laquelle l’accusé Landry Adjovi reconnu coupable, a écopé de 10 ans de travaux forcés. Mis sous mandat de dépôt le 19 juillet 2013, il retourne en prison pour cinq ans et trois mois. Pour le procès civil, les débats sont renvoyés à une session ultérieure.

Dix ans de travaux forcés. C’est le verdict prononcé contre l’accusé Landry Adjovi, mécanicien auto, demeurant à Fidjrossè à Cotonou, accusé de tentative de viol.
Le 20 juin 2013, dans le complexe scolaire catholique Père Planque, sis à Ganhi à Cotonou, se déroule la fête de fin d’année scolaire. Le nommé Landry Adjovi, chargé de la sécurité des lieux, traîna la fillette M. C. S, écolière âgée seulement de 5 ans dans l’une des salles de classe à l’étage puis ferme la porte. Ensuite, il enlève le caleçon de la fillette, la fait coucher sur une table avant d’enlever son pantalon aux fins de la pénétrer. A cet instant, la petite se mit à crier le forçant à la relâcher. Cependant, il éjacule sur elle.
A cause de la sensibilité du dossier, les débats se sont déroulés à huis clos. A l’issue de la délibération, l’accusé Landry Adjovi a été reconnu coupable du crime de tentative de viol sur mineure. Pour ces faits prévus et punis par les articles 3 et 332 du Code pénal et 3 de la loi 2011-26 du 9 janvier 2012 portant prévention et répression des violences faites aux femmes en République du Bénin. Sur la base de ces dispositions, la cour l’a condamné à 10 ans de travaux forcés. Mis sous mandat de dépôt le 19 juillet 2013, il doit retourner en prison pour purger le reste de sa peine, soit cinq ans et trois mois.
En ce qui concerne les intérêts civils, Me Issiaka Moustapha a demandé que les débats soient renvoyés à une session ultérieure au motif que l’administration du complexe scolaire catholique Père Planque est absente alors qu’elle est civilement responsable. Même son de cloche au niveau de la défense en la personne de Me Marin Hounto, substituant Me Christel Balogoun. Mais l’avocat général a requis que le conseil de la victime ne soit pas admis dans sa demande. En d’autres termes, Gilbert Togbonon requiert que la demande de renvoi du procès civil soit rejetée par la cour. Le procès fut mis en délibéré.
Au retour de la délibération, la cour a rendu un arrêt avant dire droit sur les intérêts civils et renvoie le dossier à une session ultérieure aux fins de citer à comparaître le complexe scolaire catholique Père Planque en qualité de civilement responsable. Ceci, pour une bonne administration de la justice.
Sur ce, l’audience a été suspendue et reprend ce matin avec le dix-neuvième dossier mettant en cause les nommés Isidore Goussiga et Valentin Houessou Doko accusés de meurtre et complicité de meurtre.

Composition de la cour

Président : Eliane A. Noutaïs Guézo
Assesseurs : Zacharie
Dah-Sèkpo et Abdoulatifou A. M. Akim
Jurés : Gaston Adékambi ; Sidonie Dégila ; Sosthène Jean Noël d’Almeida et Pierre Magloire Nagnonhou

Greffier : Christophe Chéou
Ministère public :
Gilbert Togbonon

Société 27 avr. 2018


« Ya ni yi bo ! »: Que la pauvreté s’en aille, donc !
[caption id="attachment_28969" align="alignnone" width="1024"]Philippe HOUNKPATIN[/caption]

Avant-propos : Les lignes qui suivent constituent un conte dont j’ai eu l’inspiration et que j’ai écrit un certain 6 avril 2007 (mais non publié). J’avertis le lecteur que toutes ressemblances avec des faits, des lieux et des personnes existant ou ayant existé ne seraient que de pures coïncidences.

Il était une fois un Prince nommé Yani-Yibo, du « Royaume de  Mille-et-une-idées ». C’est son papa, le Roi, qui lui a donné et légué ce nom qui s’avèrera plus tard prémonitoire. Il reçut bonne éducation et brillante instruction qui lui valurent d’aller travailler dans le royaume voisin (à l’ouest) en service dans une haute institution où l’on manipule aisément des cauris, monnaie commune à huit royaumes de la sous-région.
Après un séjour de plus d’une décennie là-bas, il rentra précipitamment au bercail pour venir briguer le trône qui allait être vacant, trône auquel il accéda, tout jeune qu’il était, contre toute attente, soufflant la mise à tous les vieux princes prétendants. Car, en parcourant monts et vaux dans tout le royaume, il avait, dans un langage tout nouveau, déclamé gaîment un formidable slogan  « Ça peut changer, ça va changer !» qui lui a bien réussi.
Dès son installation sur le trône, il se montra plein d’allant et d’énergie pour entreprendre de transformer tout le Royaume qu’il avait, disait-il, ramassé dans un état déplorable. Il agissait d’abord, et réfléchissait ensuite. Il apparaissait déjà comme un monarque dictateur, seul maître à bord.
Dans sa cour, aux côtés de courtisans très nombreux, tout le monde voulait avoir sa place, même les vieux princes qu’il avait auparavant évincés en accédant au trône. Il réunissait autour de lui moult partisans et admirateurs avec qui il proclamait à tous vents l’objectif premier de son règne : la lutte contre la pauvreté, de Hauts Princes d’Empires venus d’outre-Atlantique ayant importé dans les petits royaumes du sud, comme le sien, un machin baptisé Dsrp (Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté). Et notre roi Yani-Yibo était convaincu qu’il avait bien besoin de ce machin, ignorant que son destin à lui, était simplement d’accomplir la prophétie de son papa, contenue dans la signification de son nom Yani-Yibo « Que la pauvreté s’en aille donc», exprimée dans la langue la plus répandue du Royaume. Irrésistiblement, la force de cette prédestination le poussait.
Aussi, délaissa-t-il instinctivement d’utiliser ses premiers moments de règne pour d’abord prendre parfaite connaissance de l’état du Royaume, mais il se précipita plutôt d’effectuer d’innombrables voyages à l’étranger, vers ses pairs voisins et même lointains, histoire de ramener des tonnes de milliards de cauris (même en promesse !) pour faire du Royaume de Mille-et-une-idées, un Pays émergent. A l’intérieur, on le voyait dans les champs, sur les chantiers, devant des foules de princesses (qu’il qualifiait de très belles), faisant fi de tout protocole et de toute délégation de pouvoir qu’il aurait pu confier à ses nombreux ministres du Royaume, lesquels étaient plutôt affairés, de leur côté, à organiser des réunions publiques et des cultes géants pour son soutien.
Le Roi Yani-Yibo eut la ferme conviction d’être nanti d’une mission divine, celle de changer le destin du royaume, de réussir à y réduire la pauvreté, quitte à faire sauter des dispositions constitutionnelles pour lui permettre de régner tout le temps qu’il voudra, en cachant bien entendu son jeu. Et la prophétie contenue dans son nom « Ya ni yi bo » aura été accomplie à ce prix-là ! Seulement, ce serait sans compter avec les sujets de sa Majesté, légalistes et très éveillés en politique, qui jamais, ne lui permettront une telle aventure ! Fin du conte. (Ph. H. / Cotonou, 6 Avril 2007)

Epilogue : 26 avril 2018

En lisant aujourd’hui ce conte, aucun Béninois, malgré l’avertissement fait dans l’avant-propos, n’aura de peine à identifier le « Prince Yani-Yibo » à Boni Yayi, et le « Royaume de Mille-et-une-idées » au Bénin. En effet, comme le récit était écrit un 6 avril 2007, 1er anniversaire de l’arrivée au pouvoir du Président Boni Yayi, dont le devoir de bilan accordait une place importante à la question de la lutte contre la pauvreté, il m’était venu à l’esprit spontanément la phrase « Yani-Yibo !» (en langue Fongbé) qui, curieusement, se trouvait être l’anagramme (en syllabes) de « Boni Yayi », signifiant justement : « Que la pauvreté s’en aille donc !», véritable cri de cœur.
Avril 2016, au départ du pouvoir de Boni Yayi, les Béninois dans leur ensemble, se sont aperçus (sans trop se tromper) que la pauvreté était toujours là,  « Yayi yà ! ». Ce fut un espoir déçu. Alors, mon conte ne pourra plus avoir la suite éventuelle par laquelle j’aurais relaté que le « Royaume de Mille-et-une-idées » était devenu une République sous le nom de «Ya yi nougbô» (« la pauvreté s’en est allée effectivement »), République où vivraient des gens très heureux, sans pauvreté, plus que jamais protégés par Dieu qui les aime plus que tous les peuples de la Terre! Mais hélas, rien de cela ! Et l’on comprendra aisément que c’est certainement la raison pour laquelle les Béninois se sont risqués, en avril 2016, à vivre une nouvelle aventure en accordant largement leur suffrage à un Patrice Talon, arrivé calmement avec un slogan alléchant de « rupture et nouveau départ ».
L’affirmation du fiasco de Boni Yayi en matière de lutte contre la pauvreté n’est sûrement pas une fiction. Car sur ce sujet, on a pu lire, le 31 août 2016 dans le quotidien La Nouvelle Tribune n° 3344, sous le titre « Sérieuse augmentation de la pauvreté sous Yayi selon un rapport du Pnud » que « La pauvreté au Bénin s’est accentuée au niveau national, en passant de 33,3 % en 2007 à 40,1 % en 2015… La pauvreté est surtout intense en milieu rural à 43,56 % contre 35,83 % en zone urbaine, malgré les différentes actions publiques mises en œuvre, et qui n’ont pas été suffisantes »…
Aujourd’hui, au titre du bilan de deux ans de gouvernance de Patrice Talon, de nombreux Béninois s’interrogent de savoir si leur actuel président, au terme de son mandat (soit-il unique ou non !), relèvera le défi.  D’autant qu’ils continuent de se poser cette question malgré toutes les promesses et déclarations publiques qui leur sont servies. En effet, il n’y a pas de jour où l’on n’entende pas dans la presse beaucoup de citoyens interpeller le chef de l’Etat sur sa politique sociale, notamment au regard du panier de la ménagère. Les symboliques de « ceinture à serrer » (qu’on ne sait pas quand elle pourra être desserrée) et de « marmite sur le feu » (dont on ne sait quand le repas sera enfin cuit) n’ont apparemment pas d’effet sur eux pour les calmer et les faire patienter !
Alors, métaphore pour métaphore, je vais terminer ici mon propos par ces mots : Chat échaudé (par la gouvernance bouillante de Boni Yayi) est en droit de craindre l’eau froide (que constitue l’attitude imperturbable de Patrice Talon). « Ici, c’est le Bénin ! ». Toutefois, il est permis de rêver et d’espérer lire, un mois de 2021 dans la presse, un Rapport du Pnud qui nous renseignera et confirmera que la pauvreté au Bénin, sous Talon de 2016 à 2021, a nettement diminué.
Espérons-le vivement !

Par Philippe HOUNKPATIN (Coll. Ext.)*

Dr.-Ingénieur en Génie électrique,
Ancien DG / SBEE (1990-1995)
Ancien Prof. d’université (Math, Physique, Génie électrique)

Société 27 avr. 2018


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