La Nation Bénin...



Résultat pour : FC 26 monedas Visité Buyfc26coins.com. ¡Fantástico! Mejor de lo que esperaba..UCNd

Nouvelles

Retour des trésors royaux au Bénin : cérémonie symbolique sur l’esplanade du musée d’Abomey
Dans le cadre des manifestations marquant le retour au bercail des trésors royaux, des dignitaires de la ville d’Abomey ont organisé, dans l’après-midi d’hier mercredi 10 novembre, une cérémonie symbolique saluant le retour des œuvres historiques. C’était sur l’esplanade du musée d’Abomey. Pour cette cérémonie, des dignitaires, cardinaux et notables et le maire d’Abomey se sont mobilisés, témoignant ainsi leur attachement à ces œuvres. Le but visé est de rendre hommage aux trésors historiques et d'être en communion avec les manifestations nationales organisées à cet effet. Devant un écran géant posé sur place, l’assistance a pu suivre en direct l’arrivée à l’aéroport de Cotonou des caisses contenant les vingt-six œuvres restituées. Dès la descente des caisses, des coups de canon ont retenti. Au total, seize coups de canon ont salué l’arrivée sur la terre béninoise des œuvres. Des coups de canon entrecoupés des libations et de l’exécution des chants et danses royaux pour célébrer les valeurs aussi bien culturelles que cultuelles qu'incarne ce retour des trésors royaux. Les groupes artistiques ont salué le courage et la détermination du président Patrice Talon grâce à qui cet acte historique et salutaire a été posé. Ces artistes conviés à la cérémonie ont saisi cette occasion pour retracer avec talent les actions de valorisation du potentiel touristique du Bénin. Pour eux, le retour des trésors est surtout un hommage bien mérité pour les rois du Danxomè, et particulièrement le roi Guézo, le 9e souverain de la dynastie Houégbadja, dont le trône est en tête des vingt-six œuvres rapatriées. Actualités 11 nov. 2021


Présidence de la République : hommage solennel aux 26 œuvres rapatriées
L’accueil solennel des trésors royaux du Bénin s’est déroulé dans les locaux de la présidence de la République, en présence du chef de l’Etat, Patrice Talon. Les 26 œuvres ont eu droit à une cérémonie de réception mais aussi d’hommage sur place. C’est d’ailleurs là qu’elles séjourneront pour les trois prochains mois. La seconde partie de la cérémonie qui a consacré l’arrivée des 26 trésors royaux du Bénin s’est déroulée dans un timing bien réglé. Le chef de l’Etat a fait son entrée sur les lieux à l’heure indiquée, alors que les trois camions contenant les œuvres poursuivaient leur parade à l’intérieur de la présidence de la République, avant de s’immobiliser au pied de l’espace verdoyant qui borde les lieux. Quelque deux cents personnalités y ont été conviés. Présidents d’institutions de la République, rois et familles royales, acteurs politiques de tous bords, et en invités spéciaux les deux experts et universitaires français et sénégalais, Bénédicte Savoy et Felwine Sarr à qui Emmanuel Macron avait confié, le soin de procéder à de vastes consultations et d’en produire un rapport sur des possibilités de restitution d’œuvres aux anciennes colonies. C’est donc devant ce parterre de personnalités que le rituel d’accueil des œuvres a été exécuté avec des coups de canon. Le trône du roi Ghézo, seul trésor sorti du camion pour une exposition de quelques minutes recevra même des honneurs militaires. Suivra l’exécution des danses royales un peu comme pour rendre hommage à ces biens qui, jadis, côtoyèrent l’univers et le quotidien des souverains. Le conservatoire des danses royales d’Abomey, le ballet national et une troupe d’enfants ont, tout à tour, sous le regard admiratif du président de la République, présenté un tableau de Houngan, de Tèkè, Adjogan puis l’hymne national en langue locale Fongbé. Avant le retrait du trône des lieux, le ministre en charge de la Culture indique que c’est « un jour de gloire pour la culture béninoise, un jour de liesse pour le peuple béninois ». Son souhait, c’est de voir ces œuvres patrimoniales dialoguer avec des œuvres contemporaines. Mais avant, a annoncé le ministre, ces trésors, pour des raisons d’acclimatation, passeront deux mois dans leurs caisses avant d’être exposés pour une période d’un mois, toujours dans les locaux de la présidence. Suivra l’étape de Ouidah pour trois ans d’exposition dans la maison du Gouverneur. Ceci, le temps de finaliser et de rendre opérationnel le musée de l'épopée des Amazones et des rois du Danhomè à Abomey. A sa suite, le président Patrice Talon va exposer le symbole qui doit entourer ces trésors royaux. Il les présentera comme des biens appartenant à la nation tout entière et exclut toute appropriation de courant religieux. « Chacun sera libre d’établir avec ces objets le lien qui lui plaira. Ces œuvres ne revêtent aucun caractère religieux pour la République », indique-t-il. Ces trésors constituent, d’après ses explications, « une synthèse harmonieuse de ce que nous avons été et de ce que nous sommes ». Pour ce qui est des autres biens du pays non encore restitués, il garde la foi qu’ils le seront et reste complètement confiant sur le sujet. Actualités 11 nov. 2021


Emouvant retour à Cotonou des biens culturels
Moment rêvé il y a peu, la restitution des 26 trésors royaux pillés à Abomey lors des razzias colonialistes est désormais une réalité. Mercredi 10 novembre, ils ont fait leur entrée en territoire béninois où ils ont été convoyés à la présidence de la République pour une cérémonie de réception et d’hommage. Le Bénin peut se vanter d’être le premier pays africain à rapatrier sur son territoire une partie de ses trésors culturels détenus par l’ex-colonisateur. Beaucoup n’y croyaient sans doute pas, mais le rêve est devenu réalité. Et les Béninois, notamment les familles royales ont tenu, ce mercredi 10 novembre, à être témoins de cet évènement qui change à jamais le cours de l’histoire du Bénin d’aujourd’hui, fusion d’anciens royaumes dont celui d’Abomey, point de départ de ses œuvres pillés dans les palais royaux. Mercredi d’émotions à l’aéroport et à la présidence de la République à Cotonou, d’ambiance dans la ville de Cotonou et de ferveur dans tout le pays. La haie d’honneur de centaines de Béninois de tous âges et de toutes origines depuis l’aéroport de Cotonou jusqu’à l’entrée de la présidence de la République en dit long. Entre impatience et fierté, satisfaction et dignité, les populations sorties massivement ont bravé le soleil pour voir passer les trois camions contenant les précieux biens royaux. Qu’il s’agisse des femmes des marchés, des étudiants, des descendants de rois, des familles royales, historiens, chercheurs, simples curieux, conducteurs de taxi-motos… chacun est venu apporter à la cérémonie une part bien précieuse. Moment historique Fondu dans la marée humaine qui s’est agglutinée non loin de la Place du souvenir « pour voir passer les camions contenant les œuvres », Morel Akouété, 29 ans, est venu de Ouidah pour la circonstance. Il n’entend pas se faire conter ce moment qu’il qualifie d’« historique » au Bénin. « Ces biens touchent notre fierté et notre égo en tant que citoyen de ce pays », soutient fièrement ce jeune employé d’une structure privée. « C'est une partie de notre histoire qui est de retour. Aujourd'hui, je suis animée d'une grande fierté. Les trésors sont chez eux et on a hâte d'avoir encore ceux qui restent », estime pour sa part, Houéfa Ahomagnon. Native d’Abomey, cette experte en communication digitale, qui n’a de cesse de revendiquer son appartenance à la lignée royale d’Abomey soutient qu’il est « temps qu’on raconte notre histoire avec des preuves à l'appui ». Elle estime surtout qu’il faut « apprendre à la génération future l’histoire de nos ancêtres ». Pendant que chants, et tambours résonnent le long du trajet aéroport-présidence de la République, le cargo contenant les biens ne tardera pas à s’introduire dans le ciel béninois. Peu après 15 h heures, le Boeing 737 spécialement affrété par le gouvernement béninois s’immobilise sur le tarmac de l’aéroport de Cotonou à la grande satisfaction d’autorités et personnel de manutention, qui, quelques minutes, s’impa-tientaient. Les premiers colis contenant les œuvres se font visibles en présence du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Aurélien Agbénonci et de son homologue en charge du Tourisme, Jean-Michel Abimbola. Les opérations de manutention durent un peu plus d’une heure sous le regard avisé d’experts commis à l’œuvre par le gouvernement. Le temps pour ces deux membres du gouvernement de s’ouvrir sur le sujet. Le patron de la diplomatie béninoise soutient que c’est un moment important de notre histoire. « Il y a de l’émotion, le sentiment d’un travail bien accompli, le résultat d’un processus conduit avec tact, doigté, une diplomatie fine et une sensibilité à la chose culturelle », laisse entendre Aurélien Agbénonci avant de rendre hommage aux acteurs principaux de ce processus que sont Patrice Talon et Emmanuel Macron. « Il y a des instants qui changent le cours des choses dans l’histoire d’une nation et cet instant que nous vivons restera gravé parce que plus d’un siècle après la soustraction de ces biens, ils reviennent avec des symboliques très fortes », conclut-il. Jean-Michel Abimbola, pour sa part, n’est pas étonné de l’engouement autour de ce patrimoine aujourd’hui commun à l’humanité. « Nous entrons aujourd’hui dans une nouvelle époque. Une nouvelle page de l’histoire de la coopération entre la France et le Bénin et le départ d’une politique patrimoniale et culturelle. Les œuvres sont ici aujourd’hui et c’est une renaissance culturelle pour le Bénin. Ce que nous vivons sans nous en rendre compte, ce sont des moments historiques », reconnait-il. Liesse populaire L’ambiance était festive dans les rues de Cotonou, ce mercredi. Pour contenir la foule en liese, un important dispositif de sécurité a été déployé sur les artères qui ont été tous décorées d’affiches présentant le trône de Guézo ou les statues anthropomorphes des trois derniers rois. Cette ambiance va durer le temps pour la foule d’apercevoir la cavalerie royale qui escorte les trésors culturels en direction du palais de la Marina. Les animations gagnent en intensité. Des cris de joie se font entendre. L’émotion est vive. Allégeance est faite au trésors royaux. A l’entrée de la présidence de la République, princesses et princes sont venus aussi honorer d’une manière spéciale ces trésors. Actualités 11 nov. 2021


Pilule du lendemain : quand et comment l’utiliser
Contrairement à ce que pensent plusieurs femmes, la pilule du lendemain n’est en aucun cas un comprimé à prendre après chaque rapport sexuel. Selon Dr Komlan Vidéhouénou Agossou, gynécologue, une pilule du lendemain est plutôt un moyen de contraception d'urgence et non une méthode contraceptive courante ou classique. Elle ne doit être prise qu’en cas d'extrême urgence, après un rapport sexuel accidentel c’est-à-dire non planifié ou dans le cas d’un viol. Par Mathilde ASSOGBA Il existe plusieurs méthodes contraceptives pour éviter de tomber enceinte mais la pilule du lendemain n’en fait pas partie. Elle n’a pas été conçue dans ce but. Par ailleurs, l’utilisation abusive de ces pilules a des conséquences. La première conséquence la plus observée, explique Dr Komlan Vidéhouénou Agossou, c’est le dérèglement du cycle menstruel avec des saignements abondants, incontrôlables qui peuvent aller jusqu'au-delà de deux mois. Certaines femmes saignent pendant plus de huit mois de façon anarchique. L’utilisation abusive de ce comprimé peut aussi entraîner l'absence totale des périodes. Ce qui peut avoir des impacts sur la fécondité. Elles entraînent également une prise de poids et une augmentation du volume des seins. En dehors de ces conséquences, il y a aussi des problèmes d'allergies et d'intoxications. Pour limiter ces dégâts, la pilule du lendemain « doit être utilisée au maximum une seule fois par an sinon une seule fois dans la vie », souligne le médecin gynécologue. Il conseille donc aux jeunes filles d’éviter l’abus de ces comprimés et de plutôt se référer à d’autres méthodes contraceptives si elles ne souhaitent pas encore avoir d’enfant. Société 11 nov. 2021


Astuces : trois critères pour choisir une lampe économique
À la suite de
notre article sur les astuces pour réduire sa consommation d’électricité, vous êtes nombreux à demander les critères pour choisir une lampe économique. Les voici, avec l’aide de Fernande Nély Oloufadé, Ingénieure de Conception en Energie Electrique. La puissance électrique de l’éclairage, exprimée en watts (W) est le critère le plus connu. Plus elle est élevée, plus l’ampoule consomme. Ainsi, les lampes économiques se distinguent par leur puissance relativement très faible comparativement à celle des lampes standards (pour une même application). La durée de vie est aussi un critère majeur à prendre en considération. Avec ce critère, la lampe LED est très recommandée par rapport aux lampes standards. La durée de vie minimale d’une lampe LED est de 35 000 heures et peut même aller jusqu’à 50 000 heures ; tandis que les lampes standards ont une durée de vie minimale de 1 000 heures qui peut aller à 6 000 heures. Un critère qui n’est pas négligeable dans notre contexte, c’est le coût. À l’achat, les lampes LED sont plus coûteuses que les lampes ordinaires. Mais, en termes de consommation électrique, les lampes standards consomment beaucoup plus du fait de leur puissance très élevée. Pour finir, les lampes LED se reconnaissent aussi par l’étiquette énergie qui figure sur l’emballage et qui renseigne sur la performance de la lampe (de plus élevée à la plus faible). Toutes les autres informations relatives à la puissance et la durée de vie de lampe (LED) figurent aussi sur l’emballage. Par Mathilde ASSOGBA (Stag.) Société 10 nov. 2021


Evaluation du Pta du Mpmepe au 3e trimestre : un taux d’exécution physique de 46,98 %
Le ministère des Petites et moyennes Entreprises et de la Promotion de l’emploi (Mpmepe) a organisé, ce mardi 09 novembre à Cotonou, un atelier sur la revue au 3e trimestre de son Plan de travail annuel. Il en ressort un taux d’exécution de 46,98 % Faire le point de la mise en œuvre du Plan de travail annuel (Pta) pour le compte du 3e trimestre. C’est l’objectif de l’atelier organisé ce 9 novembre par le ministère des Petites et moyennes Entreprises et de la Promotion de l’emploi. L’évaluation a analysé un taux d’exécution physique de 46,98 %. Un exercice au cours duquel le ministère a évalué le niveau d’exécution des activités et également le niveau d’atteinte des indicateurs de suivi afin d’établir les écarts notés. « La révue permet sur cette base de faire une analyse approfondie desdits écarts puis de relever les difficultés rencontrées afin de prendre des résolutions pour son amélioration », a indiqué Toumoudagou Ouimpabo, directeur de la Programmation et de la Prospective. Cette revue répond à l’une des exigences de la réforme budgétaire qui précise une périodicité trimestrielle pour rendre compte de l’exécution des activités préalablement inscrites au Plan de travail annuel. « Il est donc de notre devoir de marquer à chaque trimestre une pause pour analyser tous ensemble les performances réalisées par rapport aux objectifs qu’on s’est fixés pour mieux accomplir la mission qui nous est assignée à la satisfaction de nos usagers-clients », a souligné Modeste Kérékou, ministre des Petites et moyennes Entreprises et de la Promotion de l’Emploi. Par ailleurs, Modeste Kérékou a noté que la persistance de la Covid-19 continue d’avoir des impacts négatifs sur la mise en œuvre et l’exécution des activités de son département ministériel. Ainsi, le bilan fait à la fin du mois de septembre 2021 a révélé les résultats suivants : taux d’exécution physique 46,98 % ; taux d’exécution financière, base engagement 48,42 %, base ordonnancement 38,32 % contre respectivement 44,91 %, 72,24 % et 69,50 % pour la période sous revue en 2020. Il en ressort donc une légère amélioration sur le plan physique et une contre-performance sur le plan financier par rapport au troisième trimestre de l’année 2020. Il a exhorté ses collaborateurs à repenser et à améliorer leurs approches et modèles d’intervention et à concevoir des stratégies nouvelles pour mieux accomplir la mission à eux assignée au profit de leurs cibles. « Les défis que nous devons relever collectivement et individuellement sont relatifs à la bonne planification et exécution des activités pour le reste de 2021 et en 2022 sur la base de notre plan stratégique, l’amélioration constante de la qualité de nos interventions en leur assurant une bonne visibilité, toutes choses qui, in fine, permettront de classer notre ministère parmi les plus performants », a-t-il conclu. Par Mathilde ASSOGBA (Stag.) Société 10 nov. 2021


Covid-19 et restriction des activités artistiques : le génie qui change le chaos en opportunité
Evénements culturels annulés sur les plans national et international du fait de Covid-19. Et donc des rêves avortés avec des contrats résiliés ou revus. C'est désormais la réalité que vivent les artistes qui, face à cette pandémie qui impose des restrictions, font parler leur génie. Pendant que certains grincent les dents, d'autres voient plutôt à travers les contraintes imposées par la Covid-19 une opportunité de se réinventer. Parue le 16 novembre 2019 à Wuhan, dans la province de Hubei en Chine, la Covid-19 s'est propagée dans le monde entier. Face à la recrudescence des cas et des décès dus à ce virus, le gouvernement du président Patrice Talon a pris des mesures restrictives des activités culturelles. En effet, avant la suspension jusqu'à nouvel ordre des manifestations culturelles et festives, par le conseil des ministres du 25 août 2021, cette même mesure fut prise lors du conseil des ministres du 17 mars 2020. Même si entre ces deux dates, il y a eu une once d'espoir avec la décision du conseil des ministres du 6 mai 2020, qui, levant le cordon sanitaire, a autorisé les rassemblements n'excédant pas 50 personnes, beaucoup d'artistes estiment qu'il faut voir le bon côté des choses et avancer. Les bonnes leçons de Covid-19 «Je vais être honnête, je n'ai pas attendu la Covid-19 pour savoir qu'il faut un retour sur soi et vers nous pour faire avancer notre métier dans l'optique de nous épanouir. Cette pandémie n'a fait que me réconforter dans ma position», affirme la comédienne Florisse Adjanohoun. Elle explique que cette pandémie a permis de se rabattre sur de nouveaux lieux permettant des spectacles intimistes pour un public restreint. «La démarche consiste à nous investir nous-mêmes dans la promotion de notre spectacle en nous référant, dans un premier temps, à notre carnet d'adresses pour garantir l'achat des places. Puis laisser le bouche-à-oreille faire son œuvre afin de voir pleuvoir par la suite des propositions d'achat du spectacle», poursuit-elle. Le maestro Méchac Adjaho, désormais chanteur, témoigne que la Covid-19 lui a fait réaliser deux choses. «J'avais une liberté d'organisation de mon temps et j'ai décidé de concrétiser mon projet d'album. J'ai réalisé que mes revenus en tant qu'artiste ne devaient pas uniquement dépendre des cachets de spectacles et qu'il fallait innover», confie-t-il sans dévoiler le contenu de ses innovations. L'artiste polyvalente Carole Lokossou révèle qu'elle a mal vécu la pandémie au début. «Ce fut un vrai coup de massue sur ma tête. J'étais en plein dans la réalisation de certaines activités. J'avais des voyages qui se succédaient et du jour au lendemain, tout s'était arrêté. J'avoue qu'au début, j'ai failli avoir des envies de suicide, car tellement déboussolée», indique-t-elle. Face à cette équation difficile à résoudre, elle se réjouit d'avoir découvert l'essentiel. «Le premier avantage, c'est qu'avec l'arrivée de la Covid-19, j'ai eu du temps pour moi, pour réveiller ma vie spirituelle. J'ai retrouvé une paix intérieure et une sérénité profonde qui m'ont permis de réorganiser ma vie d'artiste, ma vie professionnelle», confie-t-elle convaincue de cette grâce dissimulée derrière cette pandémie qu'elle analyse avec beaucoup de recul face aux manipulations des hommes. «Beaucoup d'artistes en ont profité pour chanter sur la Covid-19. Moi, j'avoue que c'est maintenant que je m'arrête pour réfléchir sur la Covid-19. La maladie en elle-même ne m'intéresse pas beaucoup mais de plus en plus, j'ai un œil d'artiste assez critique sur la gestion de cette maladie sur les plans national et international sans pourtant perdre de vue que c'est une maladie réelle. Ça m'inspire beaucoup et d'ici un an ou plus, je pourrai sortir une œuvre artistique», promet-elle. Un réveil artistique pour un journaliste culturel En dehors des artistes, les journalistes culturels ont fait les frais de cette restriction des activités culturelles. Fortuné Sossa, président de l’Association des journalists culturels du Bénin (Ajcb), révèle combien cette pandémie était bénéfique pour sa vie professionnelle. « Personnellement, des talents d'artiste se sont révélés en moi pendant le confinement de 2020. C'est ainsi que j'ai commencé par créer des œuvres graphiques, des acrostiches que j'ai dénommés ''acrostiches à double résonance''. La première œuvre que j'ai eu à créer est intitulée ''Coronavirus''. D'autres ont suivi jusqu'à ma première exposition d'une série d'œuvres en novembre 2020 à la Maison des Médias. Je continue d'en créer tout en exerçant en qualité de journaliste par ailleurs», confie-t-il, tout en reconnaissant que la pandémie a beaucoup affecté économiquement le secteur des arts et de la culture. Par Henri MORGAN (Stag.) Culture 10 nov. 2021


Restitution des 26 œuvres au Bénin : des acteurs culturels se prononcent
 
Marcel Zounon, directeur de l’Ensemble artistique national « On retiendra que le président Patrice Talon a existé… »
Marcel Zounon, directeur de l’Ensemble artistique national
Nous pouvons dire que le président Patrice Talon a osé, à juste titre, demander ces biens qui font la fierté de notre pays, et qui malheureusement séjournaient dans les musées occidentaux. Nous avons gagné. Patrice Talon a gagné avec tout le peuple béninois. C’est un jour mémorable, et un zoom extraordinaire est fait sur le Bénin. Nous devons dans un premier temps remercier tous ceux qui y ont travaillé, parce que pour l’histoire, nous pouvons dire qu’après 130 ans de déportation de nos biens, l’heure de retour a sonné. Je manque de mots pour remercier le chef de l’Etat, et tous ceux qui y ont travaillé. Bravo ! Aujourd’hui, on retiendra que le président Patrice Talon a existé. 1 000 ans après, on parlera encore du retour de ces biens du Danxomè. Désormais, les collectionneurs qui visitent les musées à travers le monde viendront voir, découvrir ces trônes géants, ce riche patrimoine. Nous devons aussi remercier le gouvernement qui a investi plus de 650 milliards pour la mise en place des structures d’accueil de ces œuvres, dans les meilleures conditions. Bravo à tous les ministres, notamment les ministres de la Culture, Jean Michel Abimbola et des Affaires étrangères, Aurélien Agbénonci. Aujourd’hui, le Bénin est connu à travers son patrimoine immatériel et cela va booster le développement.
----------------------------
Micheline Adjovi, auteure : « La charge énergétique de ces œuvres est énorme »
Micheline Adjovi, auteure
Un sentiment de fierté m'anime de voir revenir sur leur terre d'origine, la Nation souveraine du Bénin, nos précieux trésors sacrés. La charge énergétique de ces œuvres d'une rare dextérité artistique est énorme, immense. C'est un événement inédit qui prend corps et vie dans notre histoire contemporaine. C'est un grand triomphe à inscrire en lettres d'or. J'ai l'impression de voir renaitre sur leur terre nos intrépides rois et je ressens une force indicible s'incruster dans notre pays. Le Bénin est une grande nation.
Le mérite de ce retour triomphal revient au chef de l'État, le président Patrice Talon qui a osé réclamer notre patrimoine. C'est à son actif. Reconnaissons-le-lui. Nous espérons entrer en possession de tout le reste. Un à un. Jusqu'à épuisement. Ce n'est qu'une question de temps. Ce qui nous appartient est à nous. Et leur place est ici, au Bénin, chez nous.
Bravo à l'équipe gouvernementale. Et félicitations à toute la Nation béninoise.
----------------------
Ousmane Alédji, expert culturel : « C'est l'expression d'une détermination et surtout un projet d'Etat »
Ousmane Alédji, expert culturel
Il faut avouer que sans un chef d'Etat comme Patrice Talon, je ne suis pas certain que nous aurions abouti ne serait-ce qu’à ce type de débat ou de démarche parce que l'attitude des chefs d'Etat africains en face de la France, nous le connaissons. Je pense qu’on peut dire que le projet du Bénin a convaincu, la détermination du chef de l'Etat aura servi et l'histoire retiendra que c'est ce président qui a pesé de tout son poids pour qu’on en arrive là. Je pense qu’il faut le remercier et lui rendre hommage pour cela.
Je crois que la demande de restitution n’a jamais été le commencement du processus. Le commencement du processus, c'est déjà le projet de société du candidat Patrice Talon, ensuite l'élaboration du Pag. Cela relève de l’ambition du chef de l’Etat à avoir des infrastructures, dynamiser le secteur touristique par la construction de nouvelles infrastructures muséales. C'était ça le projet et comme ces infrastructures sont prévues pour couvrir tout le territoire national, il fallait des contenus nouveaux, des contenus historiques pour justement alimenter et renforcer l'existant et c'est en réfléchissant à cela et par rapport sans doute à ses relations avec le palais royal d'Abomey comme avec la diaspora béninoise que le chef de l'Etat s'est décidé à adresser cette demande à la France. Donc la demande, on peut dire, c'est la troisième étape, l'avant-dernière étape de l'aboutissement du projet.
Le mécanisme était long et complexe, vu que les biens relevaient du patrimoine français et frappés d'une inaliénabilité. Il fallait passer par l'Assemblée nationale française et par le Sénat français. Ce processus a été long mais je pense que la diplomatie béninoise s'est bien illustrée sur ce terrain et que le chef de l’Etat lui-même s'est bien illustré, sans oublier le fait que les parlementaires français aussi ont répondu à l'opinion française en général. Je ne suis pas certain que la majorité des citoyens français soient encore à l'aise à profiter des biens culturels d'autrui. Je ne suis pas certain que les citoyens français soient encore à l'aise avec ce legs politique très lourd.
Il fallait un menu subtilement, intelligemment orchestré avec la courtoisie et les contacts qu'il faut. Il faut féliciter toutes les parties prenantes. Il y a les experts qui ont fait le travail mais ce sont d'abord des volontés politiques qui se sont rencontrées et qui ont été harmonisées pour donner ce résultat historique que nous connaissons aujourd'hui et qui va certainement en inspirer d'autres.
Je ne parlerai pas d’audace du Bénin, mais je parlerais de détermination. Il y a audace quand on a des adversaires en face ou quand on a des ennemis en face.
Je pense que c'est l'expression d'une détermination, mais c'est surtout un projet d'Etat porté par un homme d'Etat qui a connu un heureux aboutissement parce que en face aussi, on a un homme de vision, le président français avec une certaine idée de la diplomatie modèle.
Je pense qu'il a prêté attention et écoute à la détermination béninoise.
Cela relève de mon point de vue de la logique de la justice et de la réparation historique. Je pense que les deux hommes sont en train de rentrer dans l'histoire, en tout cas de ce point de vue, par la grande porte. Cela va inspirer d'autres pays.
-------------------------
Dr Franck Ogou, directeur de l’Ecole du patrimoine africain : « Il faut saluer la démarche et la volonté de la France de collaborer »
Dr Franck Ogou, directeur de l’Ecole du patrimoine africain
Vous attendiez-vous à voir le Bénin recevoir en 2021 une partie de ses trésors culturels pillés par la France ? 
On s’attendait à ce que, à un moment ou un autre, ces objets-là soient au Bénin. Puisque le processus a été conduit dans le respect des parties et c'était la seule voie que nous avions. Il ne nous est pas possible de faire autrement et la réponse de la France a été juste à la hauteur de nos attentes. Vous aviez dû noter toutes les démarches entreprises par la France pour qu'on en arrive à ce point. Il faut saluer la démarche et la volonté de la France de collaborer.
Beaucoup parlent d’audace du Bénin. Est-ce votre avis ? 
Je partage le point de vue de ceux qui évoquent une certaine “audace” de la part du Bénin dans ce processus. Oui audace parce que ce n'était pas gagné d'avance. Combien de pays n'ont pas fait cette réclamation et ont dû faire face au refus de la France ? Même la première demande du Bénin a été rejetée. Donc il a fallu de l'audace du président béninois et l’humanité du président Macron pour en arriver là. C'est un long processus exemplaire qui a démontré la qualité de la diplomatie béninoise.
Pensez-vous comme certains que le pays ne dispose pas des moyens et ressources pour conserver ces œuvres comme ce fut le cas en France ?
C'est normal d’avoir des inquiétudes quant à l'avenir des œuvres une fois au Bénin. Mais je voudrais rassurer les uns et les autres que le Bénin dispose aujourd'hui de plus en plus de ressources humaines de qualité pour prendre en main la gestion des œuvres qui arrivent et l'ensemble des œuvres du Bénin. Nous avons des écoles de formation qui font un travail de qualité et fort appréciable. Il y a l'Ecole du Patrimoine africain (Epa) et d'autres qui se sont lancés dans ce sillage. Je dois aussi évoquer la détermination salutaire du chef de l’Etat dans ce processus. Il faut surtout saluer la dynamique en cours dans ce processus de restitution des biens et garder espoir pour la suite.
Actualités 10 nov. 2021


Violences sur un avocat : le procureur spécial près la Criet rectifie
Au cœur de la grève décrétée par le Conseil de l’Ordre des avocats du Barreau du Bénin, l’affaire relative à l’interpellation et la garde à vue d’un avocat a donné lieu à de nouveaux développements. Face à la presse, hier mardi 9 novembre, Mario Elonm Mètonou, procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), précise les circonstances dans lesquelles l’avocat a été conduit au commissariat. L’avocat interpellé, conduit au commissariat et gardé à vue, nommément Me Enosch Chadaré, aurait forcé le cordon sécuritaire mis en place autour de l’entrepôt dans lequel ont été découvertes 2,575 tonnes de cocaïne, et opposé une violence verbale puis physique au chef de l’équipe d’intervention qui lui a signifié qu’il ne pouvait pas rester sur les lieux. C’est la version de Mario Elonm Mètonou, procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme(Criet) dans cette affaire qui a révolté l’Ordre des avocats du Bénin. Tout remonte à la journée du 29 septembre dernier où les agents de la Police républicaine ont découvert 2,575 tonnes de cocaïne dans un entrepôt sis au PK10, route de Porto-Novo. Invité à se rendre sur le site, le propriétaire de l’entrepôt est arrivé avec en sa possession tous ses téléphones portables; à ce moment il n’était pas encore en état d’arrestation. « Ayant reçu des informations très précises sur les propriétaires de la cargaison, un cartel très violent aux méthodes expéditives, j’ai ordonné la mise en place d’un double cordon de sécurité autour des lieux. L’équipe a été renforcée par des militaires armés », explique Mario Elonm Mètonou. Il justifie cette mesure de sécurité non seulement par la crainte légitime suscitée par ce cartel mais aussi par une tentative de corruption in situ. « …plus tôt dans la journée, le groupe avait dépêché à deux reprises des individus sur les lieux avec de fortes sommes d’argent pour tenter de corrompre les agents en charge de l’enquête. Le premier émissaire s’est présenté avec quinze millions (15 000 000) francs Cfa, le second avec vingt-six millions (26 000 000) francs Cfa. Les offres ayant été rejetées et les émissaires interpellés, il était à craindre une réaction violente de la part des propriétaires de cette énorme quantité de drogue », fait savoir le procureur spécial. C’est lors des opérations de sécurisation du site que le chef de l’équipe d’intervention a aperçu au loin un individu en pleines altercations avec ses hommes. « Celui-ci venait de franchir le premier cordon de sécurité et forçait le deuxième en dépit de l’opposition des forces de l’ordre. Le chef d’équipe s’est rapproché de lui pour lui signifier qu’il ne pouvait rester sur les lieux. Pour toute réponse, il lui a opposé une violence d’abord verbale puis physique. L’intéressé soutenait qu’il était conseil juridique du propriétaire de l’entrepôt et avait, à ce titre, le droit d’être sur les lieux », rapporte Mario Elonm Mètonou. A en croire le chef du parquet spécial, l’intéressé a été sorti du périmètre de sécurité, et une fois près de son véhicule, il a entrepris de filmer l’opération en cours. Cette attitude a semé le doute sur ses réelles motivations, surtout que celui qu’il prétendait assister avait formellement indiqué n’avoir sollicité les services d’aucun avocat. C’est ainsi que l’intéressé a été conduit au commissariat d’Ekpè pour les raisons de l’enquête. Le procureur spécial dit avoir été informé de son identité plus tard dans la journée, par Me Michel Ahoumènou qui l’a joint par téléphone. Une plainte déposée contre Me Enosch Chadaré Informé de ce que la personne interpellée est avocat au Barreau du Bénin, nommément Me Enosch Chadaré, le procureur spécial a ordonné qu’il soit mis sous convocation pour la suite de l’enquête. Ce qui, ajoute-t-il, a été fait dès la fin des opérations d’identification et de sécurisation de l’entrepôt. Mario Elonm Mètonou précise que Me Enosch Chadaré n’a jamais répondu à la convocation qui lui avait été remise pour le 4 octobre 2021. Il annonce : « Le chef de l’équipe d’intervention a formellement déposé plainte contre lui et a été entendu sur procès-verbal d’enquête régulier. L’enquête suit son cours ». Le chef du parquet spécial près la Criet fait également remarquer que Me Enosch Chadaré, aussi bien à l’enquête préliminaire que depuis l’ouverture de l’information judiciaire, ne s’est pas constitué aux côtés de celui qu’il prétendait assister le jour des faits. Il affirme en outre : « Il semble avoir été plutôt dépêché sur les lieux par le sieur Philippe Assah dont il est le conseil habituel. Ce dernier est activement recherché dans le cadre de la récente enquête relative à la découverte d’une nouvelle cargaison de 780 kg de cocaïne qui parait avoir un lien avec la première saisie de 2,575 tonnes ». Par ailleurs, le Garde des sceaux n’est pas resté indifférent à cette affaire qui a fait réagir le Barreau du Bénin, la Conférence des jeunes avocats de l’Uemoa, la Fédération africaine des associations et unions de jeunes avocats… Dans un communiqué en date du 9 novembre, le ministre de la Justice et de la Législation a déploré le boycott unilatéral décidé par le Barreau national sans discussion avec la chancellerie. Le Garde des sceaux a ensuite réaffirmé la détermination du gouvernement à lutter contre la criminalité transnationale puis rassuré les populations de la prise de dispositions afin d’assurer le fonctionnement continu du service public de la justice. Société 10 nov. 2021


Restitution des 26 œuvres au Bénin : des personnalités politiques apprécient
Plus qu’historique, le retour des trésors royaux du Bénin sur leur terre d’origine est salué par divers acteurs du monde culturel, artistique et politique. Boni Yayi : « A l’Afrique de savoir toujours compter avec le Bénin… »   Pour la première fois dans l’Histoire, la France restitue certaines des œuvres pillées à une de ses anciennes colonies. Chose impossible hier, une réalité aujourd’hui, avec comme bénéficiaire, le Bénin qui en devient pionnier à une telle échelle. De quoi prouver à nos aïeux que le combat pour la liberté et la maitrise de notre Histoire passée, présente et à venir, n’a jamais été abandonné. À l’Afrique de savoir toujours compter avec le Bénin. Je salue le courage et l’esprit d’ouverture du président français. Merci au président de la République du Bénin pour les diligences accomplies et à notre vaillant peuple si attaché à sa culture et son patrimoine. Je suis de cœur avec vous. Que Dieu bénisse le Bénin, notre patrie commune.   Irénée Agossa, président du parti Restaurer la confiance : « Le retour de ces objets doit consacrer l’unité nationale »   rénée Agossa, président du parti Restaurer la confiance   Le retour de ces trésors culturels et historiques du royaume d’Abomey est une satisfaction totale. Cela fait de nous un peuple qui a une histoire et qui doit être considéré comme tel. Cela fait de nous une Nation qui a un parcours historique et culturel. Donc, nous en sommes fiers. Tout Béninois, toutes tendances confondues, doit être fier de cela. Nous en sommes satisfaits. Nous sommes d’autant plus fiers que le président Talon, en signant le protocole de retour de ces trésors, a dit que ce n’est que le début. Donc, d’autres trésors qui sont de l’autre côté doivent revenir et permettre à ce que les jeunes générations puissent vivre en direct l’histoire de leur pays. Il ne faut pas qu’ils la vivent  comme nous autres. Qu’ils aient la chance d’aller visiter ces objets et pouvoir en être fiers. Cela contribue à la consolidation du patriotisme et de l’esprit patriotique. Je tire aussi comme enseignement de ce retour des trésors que c’est ceux qui nous ont dépossédé de ces trésors qui ont eu aujourd’hui une élévation de conscience et ont jugé utile de nous les rétrocéder. Donc, aucune condition politique, économique et sociale ne doit pousser un Béninois à aller en France à la recherche d’une liberté. C’est une inculture historique. Parce que le retour de ces objets, c’est le retour de l’âme de nos rois. C’est symbolique pour nous. Nous devons aussi prendre toutes les dispositions pour que ces objets ne soient pas dégradés. C’est pourquoi nous proposons qu’une copie soit faite et que cela soit mis à la disposition du public. Que ces trésors soient conservés dans leur état naturel quelque part, et que ça soit exceptionnellement par an, qu’on aille visiter, afin que nous puissions garder cet héritage pour les générations à venir. C’est ainsi qu’une Nation se met en place. Parce que ces objets ont besoin d’être sacralisés pour rentrer dans le patrimoine traditionnel des royaumes. Nous n’avons pas les mêmes cultures que les Français. Il faut que ces objets soient sacralisés et que les copies soient mises à la disposition du public. Et que lors de nos cérémonies qui cadrent avec la tradition, qu’on ait l’opportunité d’aller voir les originaux aux lieux consacrés à ces objets dans la tradition. Nous félicitons le gouvernement qui a eu la capacité, l’intelligence de faire aboutir ce projet. Le retour de ces objets doit consacrer l’unité nationale. Propos recueillis : Arnaud DOUMANHOUN  
Octave Houdégbé, député Union progressiste  « C’est tout le Bénin qui est sous les feux de la rampe » 
Octave Houdégbé
Je ne peux que féliciter le chef de l’Etat. Il faut avoir le courage d’affronter ces colons qui, depuis des années, ont confisqué nos biens, des choses sacrées de notre patrimoine culturel. Le peuple béninois ne peut que remercier le président Patrice Talon qui vient de nous ramener nos objets très sacrés. Je peux vous rassurer que la royauté dont je fais partie mettra en place bientôt  une organisation pour remercier le chef de l’Etat et soutenir l’initiative. Je n’ai pas d’inquiétudes pour la conservation et la gestion de ces biens. Le président de la République, pour qui le connait, a réfléchi pendant longtemps avant d’aller chercher ces biens culturels qui sont partis surtout de Ouidah et d’Abomey. Il  ne va pas les négliger une fois au bercail. Il a déjà préparé tout cela. La loi sur le patrimoine culturel récemment adoptée par le Parlement lui donne de tonus pour relever ce défi. Ce n’est pas n’importe quel président de la République qui peut réussir ce que Patrice Talon a fait. C’est tout le Bénin qui est sous les feux de la rampe.
Abdoulaye Gounou, président du Groupe parlementaire Bloc républicain : « Tout ne se monnaie pas en termes d’argent » 
Abdoulaye Gounou, président du Groupe parlementaire Bloc républicain
Il faut d’abord remercier le chef de l’Etat qui a été le fer de lance de ce retour triomphal de nos biens culturels emportés. Il faut le féliciter car c’est lui qui en est l’initiateur. Cette prouesse du gouvernement béninois va rester gravée  dans les annales de l’histoire du continent africain. Je pense que le Bénin est le tout premier pays en Afrique à avoir pu réussir à rapatrier son patrimoine culturel. C’est à l’actif du gouvernement.  Il faut saluer  cet effort du président de la République, ce succès dont je manque les mots pour qualifier la portée historique. Tout ne se monnaie pas en termes d’argent. C’est une fierté pour le peuple d'abord de revoir son patrimoine emporté et ensuite de voir les touristes rien que pour venir visiter ces trésors royaux. Je suis heureux et satisfait. C’est tout le continent africain qui est concerné. C’est sûr que les royaumes maliens, burkinabè et autres doivent être concernés aussi par ce pillage du patrimoine culturel africain. L’Afrique a été pillée. Si les autres chefs d’Etat ont le courage du président Patrice Talon, ils peuvent lui emboiter le pas en demandant également le rapatriement de leur patrimoine culturel.
Gildas Agonkan, député Union progressiste : « Le tourisme se nourrit du patrimoine »  
Gildas Agonkan, député Union progressiste « Le tourisme se nourrit du patrimoine »
Ce mercredi 10 novembre est un grand jour sinon une grande période puisque le processus a commencé depuis quelques années. Il a été déclenché par le gouvernement béninois à travers son chef d’Etat. Le processus a subi des résistances avec des lobbies français qui se sont opposés au rapatriement de ces biens culturels. Mais il y a eu des engagements fermes non seulement du pouvoir politique béninois mais aussi français qui ont fait bouger les lignes. Le retour de ces biens culturels est  aujourd’hui effectif. C’est une réalité pour le Bénin, une réalité pour l’Afrique et une réalité pour l’humanité. C’est une grande joie pour l’ensemble des peuples noirs et endogènes de voir ce qui appartient à leur patrimoine culturel retourné avec une démarche de communication orientée sur la valorisation du tourisme. Tous les peuples qui ont un patrimoine doivent s’enorgueillir. Cela parce que le tourisme se nourrit du patrimoine. C’est le milieu touristique béninois qui se sent honoré avec le retour de ces biens culturels. Au-delà du Dahomey, c’est tout le peuple béninois et africain qui se sent concerné. Il faut saluer les deux chefs d’Etat français et béninois  qui ont conduit ce processus.
Il faut souhaiter maintenant qu’au-delà des 26 œuvres qui rentrent, que le grand nombre encore dispersé à travers le monde puisse être rapatrié aussi pour garnir et relever le patrimoine africain. Nous avons déjà fait des efforts et pris des initiatives  pour améliorer nos capacités de conservation. Nous avons voté récemment au Bénin une loi pour la protection du patrimoine culturel. C’est déjà un acte fort. On souhaite que tous les pays africains puissent voter aussi ces lois pour garantir la protection du patrimoine. Et en même temps nous mettons en place des infrastructures pour accueillir ces œuvres et montrer nos capacités à les conserver et à les sécuriser. Il y a un investissement lourd en cours de finalisation au Bénin pour accueillir ces biens culturels. A travers moi, tous les Aboméens, Danxoméens et Béninois remercient et félicitent le gouvernement pour cet investissement titanesque qui est fait dans le cadre de la conservation de ces trésors royaux. Car, nous aurions déçu l’humanité si ces biens ne sont pas bien conservés et valorisés. Il faut que chacun puisse considérer ces œuvres comme sa chose, la chose de la communauté toute entière et ne dise pas que c’est l’affaire du gouvernement ou du pouvoir en place.
Propos recueillis par Thibaud C. NAGNONHOU, 
A/R Ouémé-Plateau 
Actualités 10 nov. 2021


1732 - 3209