La Nation Bénin...
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La coalition rupture[/caption]Réuni hier jeudi 19 avril 2018 à Cotonou, autour du thème « Quelles perspectives pour la Coalition de Rupture », le secrétariat permanent de la coalition de Rupture, un regroupement politique né entre les deux tours de la présidentielle de 2016, a organisé une journée de réflexion au cours de laquelle elle a réaffirmé son engagement aux côtés du président Patrice Talon.
Ce jeudi 19 avril, le secrétariat permanent de la Coalition de Rupture a fait sa première grande sortie médiatique depuis son triomphe en mars 2016, à l’occasion du deuxième anniversaire de l’avènement du président Patrice Talon au pouvoir. Sous le leadership de son président Rufino d’Almeida, ce regroupement politique a réfléchi sur le thème : « Quelles perspectives pour la Coalition de Rupture ? ».
Saluant la fidélité du chef de l’État à ses engagements, les membres du bureau du secrétariat permanent ont noté la rigueur qui caractérise la gestion du président Talon. Toutes choses, selon eux, qui caractérisent la grandeur des ambitions de la coalition pour le Bénin. Pêle-mêle, ils ont cité la lutte contre la corruption, la transparence dans l’organisation des concours au profit de l’État, l’assainissement des finances publiques, la lutte contre l’insécurité, la fin du délestage, la restauration de l’autorité de l’État. Ils se sont félicités qu’en deux années, le gouvernement ait commencé par lever les entraves au développement du pays.
Après deux années de discrétion dans l’accompagnement des actions du gouvernement, la coalition annonce un changement de cap pour les trois années qui restent du quinquennat. Elle se voudrait prochainement plus active sur le terrain politique pour expliquer aux populations les actions menées par le gouvernement, préparer les échéances électorales à venir et se positionner sur les grands enjeux du moment, dont la réforme du système partisan. « Nous devons nous adapter à la nouvelle donne. Nous allons vers une réduction drastique des partis politiques », a affirmé Rodrigue Sakponou, avant de réitérer son soutien au chef de l’État dans sa détermination à réformer le système partisan. Autant dire que la Coalition de Rupture veut contribuer à la réussite du quinquennat du président Talon.
Présidium du Consortium Alafia [/caption]L’Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés dénommée Consortium Alafia dispose désormais dans les systèmes financiers décentralisés qui en sont membres, des points focaux Egalité femme/homme (Efh) et Environnement. Ces derniers ont tenu leur première rencontre, ce jeudi 19 avril, au siège de l’association à Cotonou, après leur installation par le président du conseil d’administration, Emmanuel Gahou.
Les questions de genre et de l’environnement constituent dans le secteur de la microfinance des enjeux pour l’Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés, communément appelée Consortium Alafia. Pour prendre en compte ces questions dans ses activités, l’association a mis en place dans les systèmes financiers décentralisés (Sfd), des points focaux qui ont été installés hier par le président du Conseil d’administration, Emmanuel Gahou.
A l’occasion, le directeur général du projet Appui au développement à la professionnalisation et à l’assainissement de la microfinance au Bénin (Adapami), Maurille Couthon, s’est réjoui de l’installation des points focaux égalité femme/homme et environnement dans les Sfd. Pour lui, la prise en compte de ces questions dans le secteur de la microfinance est un enjeu très capital pour les institutions de micro finance. C’est d’ailleurs pour cela, explique-t-il, que le projet Adapami en a fait une priorité. Il ajoute qu’Adapami, c’est quatorze partenaires dont l’Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés. Pour mieux articuler ces deux dimensions qui sont transversales, la meilleure manière pour Adapami, selon son directeur général, est d’accompagner le Consortium Alafia dans ses démarches.
Maurille Couthon a rassuré le président du Conseil d’administration de Consortium Alafia, son directeur exécutif de même que les Sfd, membres de l’association, au-delà de l’appui à apporter à l’ensemble des Sfd, de son accompagnement à améliorer la prise en compte des questions de genre et l’environnement dans le secteur de la microfinance. Il estime que c’est un défi au niveau des Sfd, un défi national et un défi au plan international dans la mesure où le Bénin a ratifié des conventions internationales dans ces domaines.
Rôle fondamental
En installant les points focaux Egalité femme/homme et Environnement, le président du conseil d’administration du Consortium Alafia, Emmanuel Gahou, a rappelé que le financement de son association par le projet Adapami sur les ressources des Affaires mondiales Canada, s’inscrit dans le cadre de l’appui à la professionnalisation et au développement du secteur de la microfinance au Bénin. Et au centre de cet appui, souligne-t-il, il y a la dimension genre qui a pour vocation de contribuer à la prise en compte de l’égalité des sexes au travers de l’amélioration de l’accès des femmes et des jeunes aux ressources, à la prise de décision, à la connaissance et à l’emploi.
Emmanuel Gahou souligne que sa présence à la cérémonie d’installation des points focaux dans les deux domaines témoigne de l’importance que son association accorde au partenariat avec Adapami dans le but d’une plus grande modernisation du secteur incluant ce qui a trait à la place faite aux femmes.
Quant aux points focaux, le président du Conseil d’administration du Consortium Alafia estime que leur rôle est très fondamental dans la réalisation des aspects de ces dimensions d’intervention de l’association, car ayant trait à l’égalité femmes et hommes puis à l’environnement. Ces points focaux portent cette responsabilité pour au moins trois années à venir et bien au-delà, justifie-t-il.
Après la cérémonie d’installation proprement dite, les points focaux dans le cadre de leur première rencontre, ont suivi quatre communications dont la modération a été assurée par le directeur exécutif de Consortium Alafia, Ignace Dovi. La première a porté sur la connaissance et le respect des droits humains des femmes et des filles et leur autonomisation intégrée. Pour ce qui est de la deuxième communication, elle est relative aux causes et conséquences des inégalités hommes/femmes et approches de solutions. La troisième concerne les principaux indicateurs Egalité femme/homme du Consortium Alafia et enfin la quatrième est axée sur la présentation des rôles et responsabilités des points focaux.

Après moult tractations sur fond de calculs politiques et politiciens, l’Assemblée nationale a finalement désigné, à la faveur de sa séance plénière de ce jeudi 19 avril, ses neuf représentants au sein du Conseil d’orientation et de supervision de la Liste électorale permanente informatisée (Cos-Lépi).
Les députés Gildas Agonkan, Janvier Yahouédéhou, Sabaï Katè, Corneille Padonou, Valère Tchobo, Basile Ahossi, Guy Mitokpè, Dafia Abiba et Justin Adjovi sont les neuf représentants de l’Assemblée nationale au sein du Conseil d’orientation et de supervision de la Liste électorale permanente informatisée (Cos/Lépi). Les cinq premiers ont été désignés par la majorité parlementaire et les quatre autres par la minorité.
La liste unique nominative des neuf députés a été sanctionnée par un vote à bulletin secret et à la tribune de l’hémicycle : 49 Oui, 0 Non et 9 abstentions. Mais la désignation de Basile Ahossi par la minorité parlementaire a presqu’enflammé l’hémicycle. Pour plusieurs députés du Bloc de la majorité parlementaire (Bmp) dont Antoine Kolawolé Idji, le choix de leur collègue de la 17e circonscription électorale est illégale. D’autant que Basile Ahossi n’est pas de la minorité parlementaire. Il est du groupe parlementaire « L’Union fait la Nation », membre du Bmp. Et il n’a jamais démissionné de l’Un et fait une déclaration d’appartenance à l’opposition. Antoine Kolawolé Idji, président du groupe parlementaire « Un » considère la désignation de celui-ci comme nulle et non avenue. Mais le député de la 22e circonscription électorale sera rapidement contre-attaqué par son collègue Valentin Djènontin. Il trouve que c’est un faux débat. Basile Ahossi est bel et bien de l’opposition et par conséquent de la minorité parlementaire. Valentin Djènontin martèle que cette désignation ne souffre d’aucune illégalité.
Le débat a été houleux. Une situation qui a obligé le président à décider d’aller au bout de la procédure. Me Adrien Houngbédji a soumis la liste au vote de la plénière quitte à permettre à la Cour constitutionnelle de départager les uns et les autres quand elle sera saisie pour apprécier la constitutionalité ou non de la désignation du député Basile Ahossi en tant que représentant de la minorité alors qu’il serait membre de la majorité parlementaire. Les regards sont ainsi tournés vers le juge constitutionnel pour la suite de cette polémique.
Mais pour l’instant, la procédure de mise en place du Cos-Lépi suit son cours normal. La liste des neuf députés désignés sera transmise au gouvernement qui la complètera avec les deux autres membres restants et prévus par la loi à savoir le directeur général de l’Institut national de la statistique et de l’analyse économique (Insae) et le directeur national de l’état civil.
Le chef de l’Etat prendra ensuite un décret pour nommer les onze membres devant composer le Cos-Lépi qui sera chargé de conduire le processus d’actualisation de la Lépi. Ceux-ci seront invités à prêter serment devant la Cour constitutionnelle. Cette prestation de serment consacrera leur entrée en fonction pour un mandat qui dure en principe jusqu’au 30 juin prochain. Puisque le Code électoral a prévu la mise en place d’un autre Cos-Lépi dès le 1er juillet pour une durée de six mois.
Presidium Conseil national du Travail[/caption]Le ministre du Travail et de la Fonction publique, Adjidjatou Mathys, a procédé, ce jeudi 19 avril à Cotonou, à l’ouverture de la première session ordinaire du Conseil national du Travail (Cnt) au titre de l’année 2018. C’était en présence des représentants des travailleurs et des employeurs.
La hiérarchisation des salaires suite à l’augmentation du Salaire minimum interprofessionnel garanti (Smig) ; les avant-projets d’arrêtés relatifs à la fixation d’âge pour l’entrée, les conditions et la durée de l’apprentissage ; la revalorisation du Smig… Des préoccupations majeures sur lesquelles devront se pencher, pendant quatre jours, les participants à la première session ordinaire du Conseil national du Travail.
Représentant les travailleurs, le secrétaire général de la Confédération des syndicats autonomes du Bénin (Csa-Bénin), Anselme Amoussou, a salué l’organisation de cette rencontre qui est une résultante des discussions menées avec le gouvernement et qui traduit l’intérêt de l’Exécutif au retour à un dialogue social sincère. Les questions à débattre sont, à l’en croire, essentielles à l’amélioration du climat de travail dans un contexte de pauvreté et de crise grandissantes. « Il est inconcevable que le Smig ait été augmenté depuis 2014 et que certains travailleurs soient encore aujourd’hui en deçà de 40 000 francs Cfa », a déploré Anselme Amoussou. Une triste réalité que le représentant du Conseil national du patronat du Bénin (Cnp-Bénin), Constant Migan, a reconnue tout en réaffirmant l’engagement dudit conseil à la prise en compte effective du Smig par les employeurs et sa juste revalorisation.
Solidaire des revendications des travailleurs, le ministre du Travail et de la Fonction publique, Adjidjatou Mathys, a invité les participants à s’investir davantage dans la formulation de propositions aux préoccupations à l’ordre des assises. L’importance de la hiérarchisation des salaires n’est, selon elle, plus à démontrer au regard des impacts sur le pouvoir d’achat et d’investissement. « De plus, la revalorisation du Smig est légitime puisque qu’elle repose sur l’article 210, alinéa 2 du Code du travail qui stipule que le Smig peut être révisé tous les trois ans ou en cas de besoin », a-t-elle soutenu, avant de souhaiter que les travaux se passent dans une quiétude empreinte de courtoisie et de sérieux.

Connue dans le monde des médias, Raïssa Gbédji est aussi une artiste chanteuse. Passionnée de la musique traditionnelle, elle entend apporter une plus-value à la musique béninoise à travers une touche locale dans l’univers du jazz. L’ancienne correspondante de Rfi à Cotonou parle ici de sa passion pour la musique et de ses perspectives, notamment la sortie imminente d’un maxi single fait de trois titres.
La Nation : Journaliste et chanteuse, comment vivez-vous ces deux passions ?
Raïssa Gbédji : Quand je me suis engagée dans ma vie de journaliste, j’ai voulu taire toutes ces velléités musicales. Mais je ne pouvais pas. J’étais chanteuse, on m’a connue chanteuse et j’ai ensuite viré vers le journalisme. Aujourd’hui, j’essaie de rendre justice à la musique qui m’a permis de retrouver l’équilibre quand ça chauffait dans ma peau de journaliste. A un moment, j’ai pris du recul mais je n’ai pas quitté la musique et je compte faire un peu plus en tant qu’artiste. Mon idée, c’est de chanter pour dire quelque chose de nouveau, pour sensibiliser à l’instar du journaliste qui est dans l’éducation, la sensibilisation, la distraction… Je voudrais donc que la musique m’aide à poursuivre mon travail de journaliste mais autrement, musicalement.
Quel est votre genre musical de prédilection ?
Je fais surtout du jazz et des variétés aussi. J’ai appartenu à un orchestre qui animait beaucoup de soirées de gala et qui a aussi presté longtemps dans des cabarets. Or dans les cabarets, c’est souvent de la musique soft qui est recommandée. Toutefois, par rapport à la demande, le répertoire était diversifié. Il fallait servir au public la musique de son choix. Il s’agit bien de l’orchestre "Feeling Jazz" qui est devenu plus tard "Feeling Star". Notre chef d’orchestre c’était Rock Quenum.
Des cabarets à une carrière solo qui s’annonce avec des compositions personnelles, ça a évolué !
ça a évolué parce que j’ai eu des expériences avec des artistes béninois comme Janvier Dénagan, Sagbohan Danialou, Jolidon Lafia et les membres de l’orchestre notamment les frères Koud’akoll, Gilles Louèkè, Rock Quenum… Personnellement, je n’ai pas encore beaucoup évolué dans le milieu mais je m’accroche à l’existant. J’ai des modèles qui sont là et que j’aime bien. J’apprends d’eux en les écoutant. Je présenterai bientôt un maxi-single de trois titres qui est déjà prêt. Et je suis en route vers l’album. Mais vu le temps, je vais d’abord présenter le travail qui a été fait au public, solliciter son soutien afin d’aller vers cet album tant attendu. En 2011 lors du concert "Hommage à la presse", une belle soirée avec les confrères, j’avais déjà promis l’album. C’est alors le moment de dire à tous que je n’ai pas lâché l’affaire.
Avec Raïssa Gbédji, quoi de plus à la musique ?
Chemin faisant, je me suis beaucoup plus intéressée à la musique traditionnelle béninoise que j’aime beaucoup mais je n’avais pas les clés de lecture pour bien aborder ce registre musical. J’ai donc beaucoup plus travaillé dans ce sens. Ce qui me permet d’apporter un plus à ce qui existe déjà notamment dans l’univers du jazz. L’idée aujourd’hui, c’est de ne pas jeter tout ce que j’ai pu acquérir comme expériences musicales, mais d’apporter aussi une touche locale pour montrer ma différence, ma touche béninoise dans l’univers musical que ce soit jazzique, afro-pop…
Comment appréciez-vous la musique béninoise ?
La musique au Bénin est très riche, très variée. Nous sommes tellement riches au Bénin que nous n’avons pas encore trouvé la façon dont il faut exporter notre musique pour réussir à donner une identité unique à notre musique. Il y a, en fait, beaucoup de domaines, de genres à exploiter encore. Nous avons tellement de rythmes… et il y a un travail à faire pour rendre ces rythmes beaucoup plus digestes au niveau international. Le travail à faire est si difficile que certains artistes versent rapidement dans la tendance pour être plus sollicités. Or quand vous êtes dans la tendance, vous êtes bouffés, vous n’avez pas le temps de la recherche. Pourtant, il faut vraiment un travail de recherche pour voir comment adapter et agrémenter notre musique traditionnelle pour qu’elle soit plus exportable.
La recherche d’une identité propre, tel est donc le défi de la musique béninoise selon vous ?
Le challenge de notre diversité culturelle, c’est de trouver ce qui permet à notre musique d’être la plus digeste possible au niveau international. Si nous voulons nous faire écouter dans d’autres contrées, il faut trouver le bon véhicule à l’instar de notre aînée Angélique Kidjo qui a su trouver la bonne formule qui lui permet de véhiculer notre identité culturelle, ne serait-ce que la langue, les expressions béninoises... Il y a également des artistes comme Sagbohan Danialou qui sont à mi-chemin parce qu’il y a une touche de modernité dans ce qu’ils font. C’est de la musique moderne d’inspiration traditionnelle. On essaie donc de marcher avec les deux pour garder un peu l’équilibre. Je pense qu’il est important de ne pas se laisser totalement absorber uniquement par ce qui vient de l’extérieur et de garder aussi une touche locale.
Quelles sont les perspectives de l’artiste face à ces défis ?
Elles sont grandes. C’est conquérir le monde. J’ai toujours rêvé d’être une très grande vedette de la chanson. Et dans ma vie, je n’ai jamais été très éloignée du micro. Je ne suis donc pas dépaysée. Mon ambition, c’est de pouvoir apporter une touche dans l’univers musical. J’ai été beaucoup plus perçue comme une artiste de jazz et par rapport à cet acquis, j’aimerais apporter ma touche. On dit que le jazz est une musique élitiste mais moi, je ne vois pas les choses de cette façon parce que le jazz est notre chose. C’est le résultat de beaucoup de cultures. Les nôtres sont parties d’ici, sont allées rencontrer d’autres et c’est dans ce brassage qu’est né le jazz. C’est donc aussi une part de notre héritage. Mon challenge, c’est de réconcilier, de restituer en me basant sur la touche béninoise.
Culture 20 avr. 2018

Pour tirer au clair le treizième dossier inscrit à son rôle pour le compte de la première session de 2018, la cour d’assises de la cour d’appel de Cotonou s’est penchée, ce jeudi 19 avril, sur les coups mortels dont Cyprien
Houngbo devait répondre. Après les débats, il a été reconnu coupable des faits et condamné à cinq ans de réclusion criminelle. Il est désormais libre pour avoir déjà passé plus de cinq ans en détention préventive.
Cinq ans de réclusion criminelle.Tel est le verdict qui a sanctionné l’examen, ce jeudi 19 avril, de la treizième affaire examinée par la cour d’assises de la cour d’appel de Cotonou. Ainsi, selon la sentence, la cour a déclaré le nommé Cyprien Houngbo coupable d’avoir le 2 avril 2013 volontairement porté des coups de machette et fait des blessures avec cette circonstance que les coups portés et les blessures faites ont pourtant occasionné la mort sans intention de la donner.
A la barre, l’accusé reconnait avoir porté deux coups à la victime en réaction à ceux qu’il dit avoir reçus d’elle. Il lui aurait porté cinq coups dont un au bras, un à la joue, un autre à l’œil, un encore dans les côtes et un à la tête.
Les questions du ministère public tendaient à le confondre sur le nombre de coups reçus et les parties ensanglantées du corps. Selon le récit de l’accusé, la victime était plus baraquée que lui et il a fallu qu’il réagisse promptement pour ne pas être à sa place.
L’intervention d’Etienne Sagbo, délégué du village où le drame est survenu, n’a pas éclairé davantage la cour mais il a pu confondre l’accusé sur ses allégations d’avoir été battu par la foule, en réaction à son acte.
La lecture des pièces classiques a permis au ministère public de présenter ses réquisitions.
Le ministère public rappelle que Gandhi, figure historique du monde, a déclaré : « Celui qui refuse de pardonner coupe le pont sur lequel il doit passer », car la victoire obtenue par la violence est une défaite, poursuit-il. Revenant au dossier, il fait observer que l’accusé répond des faits de coups mortels. Il rappelle les faits, en citant expressément certaines déclarations de l’accusé au cours des étapes antérieures de la procédure. Excédé, il a porté des coups violents jusqu’à ce que mort s’ensuive.
Le caractère fortuit de la rencontre témoigne de ce que ce n’est ni un meurtre, ni un assassinat.
Les trois éléments constitutifs établis
Aux termes de l’article 309 alinéa 4, pour les coups mortels, trois éléments doivent être réunis. D’abord, l’élément légal a son siège à l’article 309 alinéa 4.
L’élément matériel est le deuxième élément constitutif. Puis, il y a l’intention criminelle. Le coup résulte d’un contact entre l’auteur et la victime. La blessure évoque le sang suite à une fracture.
Les coups mortels doivent porter sur une victime humaine. L’accusé a porté des coups et faits des blessures à Nounassou Padonou. Il n’y a donc pas de doute dans la mesure où l’accusé reconnait avoir décroché son coupe-coupe pour le charcuter à mort. A la barre ce matin, déclare le ministère public, il a réitéré presque que les coups qu’il lui a portés ont occasionné son effondrement. Donc des heurts, des coups puis des blessures d’où a résulté la mort. Nounassou et l’accusé sont des êtres vivants.
L’auteur des coups mortels, selon le ministère public, doit avoir conscience qu’il est en train de porter des coups et de faire des blessures. Il a tiré des éléments justificatifs dans les déclarations de l’accusé à l’enquête préliminaire et devant le juge d’instruction. La relation de cause à effet entre les coups portés et les blessures faites et la mort est établie, justifie-t-il. Les éléments constitutifs sont réunis et le ministère public invite la cour à ne pas se laisser distraire par le conseil de l’accusé qui pourrait évoquer la légitime défense. Elle n’est admise qu’à trois conditions: l’agression injuste, la défense proportionnée à l’attaque ; ce sont des conditions cumulatives, énumère l’avocat général. La réaction de Cyprien n’est pas proportionnée à l’attaque. Pour lui, l’accusé est pénalement responsable. Il admet l’excuse de provocation et requiert que la cour le condamne à 7 ans de travaux forcés. Ce que ne conçoit pas la défense.
« Et si c’était vous qui étiez à la place de Houngbo, qu’auriez-vous fait ce 2 avril? », interroge pour le compte de la défense, Me Gracia Adjagba. Vous vous seriez défendu, s’empresse-t-elle de répondre. Et d’ajouter que c’est cela même l’instinct de survie, défendre votre vie avec tous les moyens à votre disposition, conçoit-elle. Heureusement, rassure-t-elle, que nous sommes dans un Etat de droit, car nous allons célébrer le droit, développe-t-elle. Le droit à la vie, un droit fondamental. Il existe bien la légitime défense, souligne Me Gracia Adjagba. Elle plaide qu’on acquitte purement et simplement son client.
Se fondant sur l’article 328 du Code de procédure pénale, elle développe que les éléments constitutifs de la légitime défense sont réunis.
Elle ajoute que la doctrine retient trois éléments constitutifs pour la légitime défense que sont: l’atteinte injustifiée, une riposte immédiate et la proportionnalité des deux.
« Il n’a trouvé à sa portée que la machette pour lui porter deux coups pour l’arrêter : une atteinte injustifiée pour les attaques dont Cyprien a été victime », fait-elle remarquer. « La riposte est immédiate, car il a réagi systématiquement. Par rapport à la proportionnalité de la riposte, c’est le seul moyen qu’il avait à sa portée, c’est son instrument de travail sans aucune intention de lui arracher la vie : il n’a agi que pour sauver sa peau sinon il ne serait pas présent ce jour», souligne Me Gracia Adjagba. Pour elle donc, les trois éléments constitutifs sont réunis et confortent la thèse de la légitime défense ; la doctrine retient que celui qui a exercé la légitime défense exerce non seulement un droit mais accomplit un devoir ou rétablit ce droit, relève-t-elle.
L’état de légitime défense est un fait justificatif et ne rend pas possible la constitution des coups mortels, développe Me Gracia Adjagba. Donc cela fait échec à la constitution de coups mortels retenue par le ministère public, selon la défense. « Je plaide l’acquittement pur et simple de M. Cyprien Houngbo. La jurisprudence de la cour de cassation a retenu que face à une gifle où on a administré un gourdin, que c’était la légitime défense.
« Faire justice c’est bon, mais rendre justice serait encore mieux », a déclaré Victor Hugo cité par la défense.
Puis Me Nicolin Assogba appuyant sa jeune consoeur reproche à son client de ne pas être à l’image de Jésus-Christ. Il faut faire des efforts surhumains pour y arriver, souligne-t-il, car tout le monde n’est pas Gandhi ou Jésus. « Nous plaidons la légitime défense car contrairement aux réquisitions du ministère public, nous avons relevé que les trois éléments sont réunis », réitère-t-il.
Nous ne nous entendrons pas sur le fait que sa défense était proportionnelle à l’attaque injuste, relève Me Nicolin
Assogba. Selon son argumentaire, l’attaque est proportionnée parce que l’effet de surprise est au rendez-vous. Et il ajoute que s’il n’y a pas proportion, alors il y a disproportion au détriment de Cyprien Houngbo.
Le deuxième élément de proportion, selon lui, porte sur les coups reçus par l’accusé. L’instinct de survie l’a conduit à recourir à sa machette. Dans ces conditions, y a-t-il disproportion? interroge-t-il. Non, répond-il. La réaction est au minimum proportionnelle, justifie-t-il. Comment aurait-il pu renverser une personne physiquement mieux bâtie que lui ? se demande-t-il encore. « Voilà les éléments de la proportionnalité qui vont vous conduire à trancher cette question, car si nous disposions de tous les éléments, on aurait vu que cela penche du côté de mon client », justifie Me Nicolin Assogba.
Par ailleurs, développe la défense, il n’y a aucune autopsie, pas de certificat de décès. Me Nicolin Assogba s’appesantit ensuite sur l’arrêt de renvoi pour souligner et expliquer dans quelles circonstances les coups de machette sont intervenus.
En général, explique la défense, la loi et la morale ne concordent pas, mais aussi il y a des cas où ils concordent assez extraordinairement, souligne Me Nicolin Assogba.
La légitime défense, poursuit-il, peut être non seulement un droit, mais un devoir. Morale et droit convergent dans cette hypothèse. La valeur que vous protégez, c’est la vie de celui qui se défend et qui est surpris par une attaque. Libérez Cyprien Houngbo, a-t-il plaidé.
La cour se retire et, après délibérations a condamné l’accusé à cinq ans de réclusion criminelle. Il est désormais libre pour avoir été mis sous mandat de dépôt depuis le 15 avril 2013 et pour avoir épuisé six années entières de détention préventive?
Résumé des faits
Le mardi 2 avril 2013, aux environs de 20 h, Cyprien Houngbo quitta son village Kpatchamè pour se rendre à vélo à Adohounsa, un village voisin dans la commune de Zè, pour remettre de l’argent à ceux qui ont effectué des travaux champêtres. C’est ainsi que Nounassou Padonou l’a interpellé et lui a demandé la raison pour laquelle il traverse leur village à cette heure-là.
En réponse, il lui demanda si l’Etat a interdit de circuler la nuit. Cette réponse vexa Nounassou Padonou qui tira une flèche dans le bras et blessa avec un coupe-coupe Cyprien Houngbo. Ce dernier ainsi blessé prit sa machette et lui porta des coups violents occasionnant des blessures jusqu’à ce que mort s’en est suivie.
Interpellé et inculpé de coups mortels, le sieur Cyprien Houngbo a reconnu les faits mis à sa charge à l’enquête préliminaire que devant le magistrat instructeur.
Le bulletin n°1 du casier judiciaire de l’accusé ne porte mention d’aucune condamnation antérieure.
L’examen psychiatrique et psychologique de Cyprien Houngbo révèle qu’il était en possession de ses facultés mentales et psychiques au moment des faits.
Composition de la cour
Président : Hubert Arsène Dadjo
Assesseurs : Marie Soudé-
Godonou
Christophe Atinmakan
Jurés : Makia Michel Moïse Lètchécon, Coffi Prosper Gbèdandé, Sosthène Jean Noël d’Almeida, Andréa Bachioumba.
Ministère public : Emmanuel Opita
Greffier : Christophe Chéou

Des personnes interpellées dans le cadre de la lutte contre la cybercriminalité seront situées sur leur sort au cours d’une audience prévue pour le 8 mai prochain au tribunal de Cotonou.
Suite à la psychose générale née des actes crapuleux de sacrifice humain à la divinité « Kinninsi », l’intervention des autorités judiciaires a permis d’interpeller une trentaine de personnes de nationalités béninoise et nigérienne arrêtées aussi bien au Bénin qu’à l’extérieur. Elles sont présumées auteures d’infractions cybernétiques prévues et punies par la loi n°2011-20 du 12 Octobre 2011 portant lutte contre la corruption et autres infractions connexes en République du Bénin.
Après leur interpellation, ces jeunes connus sous l’appellation de ‘’gaymen’’ ont été déférés au parquet de Cotonou, le 28 mars 2018. Neuf ont été inculpés des faits d’escroquerie et présentés en comparution immédiate devant la première chambre correctionnelle des flagrants délits du tribunal de première instance de première classe de Cotonou, puis condamnés à des peines d’emprisonnement ferme. La lutte a également permis d’arrêter, courant avril, une quinzaine de personnes dont une dizaine au Togo. Inculpées des faits d’escroquerie, elles ont été placées sous mandat de dépôt par le procureur de la République près le tribunal de première instance de première classe de Cotonou. EIles seront situées sur leur sort au cours d’une audience prévue pour se tenir le 8 mai 2018. Trois autres cybercriminels de nationalité béninoise sont poursuivis pour des faits de publication d’images obscènes, de chantage et de tentative d’extorsion de fonds vis-à-vis d’une parlementaire malgache
Alexis METON

La visite entreprise par le président Patrice Talon dans des industries du bois, dans la matinée de ce jeudi 19 avril l’a également conduit dans les locaux d'Atc Ib à Allada.
Amani trading company (Atc Ib) est l’une des entreprises les plus diversifiées dans la production et la transformation complète du bois en Afrique de l’Ouest avec plus de 300 employés. Depuis douze ans qu’elle s’est implantée au Bénin, elle s’est imposée dans le secteur du bois comme un modèle qui force l’admiration. C’est à la découverte de ce joyau et à la rencontre de ses responsables, qu’il a déjà reçus en audience le 26 mars dernier, que le président Patrice Talon est allé, ce jeudi 19 avril.
Loin d’une visite de courtoisie, la descente du président Patrice Talon se justifie par le besoin de comprendre le fonctionnement de cette unité industrielle, d’intégrer la réalité sur ses installations et de sonder l’apport de l’Etat pour son éclosion. Ali Hijazi, directeur général adjoint d’Atc Ib assimile cette visite à un nouveau départ au sein de son unité. L’ambition ici, note-t-il, c’est que « l’unité industrielle d'Atc Ib voudrait s’imposer non seulement comme un label national de transformation complète de matières premières à forte valeur ajoutée mais aussi comme un exemple de développement humain par la création d’emplois, la formation professionnelle et l’impact socioéconomique » qu’elle représente. « Tant que la matière première est disponible, le génie béninois conjugué à la technologie appropriée est capable de proposer des produits divers sur le marché local et international », assure-t-il au chef de l’Etat.
La philosophie de cette unité industrielle, c’est aussi de partager la connaissance et de faire profiter toute la technologie à toute personne qui en ressent le besoin, souligne-t-il. Cette ambition rejoint parfaitement la vision et le vœu du président Patrice Talon qui rappelle une fois encore dans son intervention, son souhait d’impulser le développement à partir de l’agriculture et du bois. Pour lui, cette visite dans les entreprises en général et particulièrement celles qui travaillent le bois en particulier se justifient par l’importance accordée à ces entités. Mais elle est aussi une aubaine pour partager et solutionner leurs difficultés. «Nous sommes conscients que vous avez des difficultés d’approvisionnement… nous pouvons faire la preuve de notre arrimage au monde moderne en transformant des matières premières», assure le chef de l’Etat. « Si nous avons l’ambition d’impulser la transformation industrielle, c’est dans les deux domaines du bois et de l’agriculture que nous devons faire nos preuves», poursuit-il.
Appuyer l’industrie du bois
« Vous êtes un pionnier que nous avons l’obligation d’accompagner, vous et ceux qui sont de taille plus modeste et les petits artisans. Je connais vos difficultés et je sais aussi quels sont vos atouts », dira également le président Patrice Talon qui se propose de définir avec son gouvernement « une politique d’appui et d’accompagnement des entreprises moyennes et petites » qui constituent, d’après ses explications, des atouts de développement. « Je peux vous assurer que les choses vont changer », s’engage-t-il ensuite.
Comme à l’étape précédente, le chef de l’Etat et sa délégation ont visité chacune des installations et entités de cette unité industrielle. La scierie, le parc à grumes, le séchoir, la parqueterie, la section de montage, la section tapisserie, la galerie, le centre de soins… ont tous été parcourus en présence du directeur technique d’Atc Ib, Philippe Poisson qui s’est chargé à chaque étape de fournir les explications souhaitées. Le chef de l’Etat a pu ainsi toucher du doigt la réalité des ateliers et observer l’entrain, l’engagement, l’ingéniosité et l’ardeur au travail des employés. Mais c’est surtout au niveau des dortoirs, qu’il ressentira le caractère citoyen de cette unité qui a érigé sur son site, capable d’accueillir jusqu’à 600 employés, des infrastructures d’accueil. Celles-ci sont destinées à recevoir, soutient Ali Hijazi, des apprenants qui souhaitent s’instruire et profiter de la technologie sur place. La capacité d’accueil dégagée est de 126 personnes, renseigne-t-il. « Notre ambition est de partager la connaissance et le savoir dans le domaine de la menuiserie en donnant la chance à tous ceux qui sont prêts à venir faire la formation ici chez nous. Nous avons créé des dortoirs et des dépendances pour les prendre complètement à notre charge sous la tutelle du ministère », indique-t-il au chef de l’Etat. Pour lui, l’engagement de son unité est sans faille « surtout que le bois qu’il y a au Bénin est un bois recherché et on peut le mettre en valeur ».
Atc Ib, il faut le souligner, transforme le bois jusqu’au troisième degré et son expertise est très sollicitée même au-delà des frontières nationales, à en croire son directeur général adjoint.
Les travailleurs de la cooperative meuble posant avec le chef de l'Etat.[/caption]La Coopérative du meuble à Akpakpa a reçu, ce jeudi 19 avril, la visite du président de la République. Cette descente a permis au chef de l’Etat de prendre connaissance de la réalité de ces lieux. Il a encouragé ces acteurs du bois pour le travail abattu et les a incités à maintenir le cap par l’amélioration de ce qui se fait déjà.
Responsables et travailleurs de la Coopérative du meuble à Akpakpa se sont massivement mobilisés, tôt ce jeudi matin, pour recevoir le président Patrice Talon, mais surtout porter à sa connaissance l’état des lieux de leur unité de production, ses difficultés et leurs propositions pour sa restructuration.
Créée le 21 février 1966 avec un effectif de départ de 18 coopérateurs, l’unité en est aujourd’hui à 35 coopérateurs. Elle a donc grandi entre temps et autant ses difficultés ont grandi aussi. Cinquante-deux ans après, à en croire son gérant Armand Klika, tout n’est toujours pas rose. Son chiffre d’affaires, ces trois dernières années, a évolué en dents de scie. « Il a chuté de 177 millions environ en 2015 à 120 millions en 2017 », explique le gérant au chef de l’Etat. Les autres difficultés de la Coopérative, de trois ordres, ont été également exposées au président Patrice Talon. Au plan économique, elle s’approvisionne à crédit en matière première pour produire des articles qu’elle n’arrive pas à écouler, se plaint Armand Klika. La raison, « la mévente des articles due à la rareté des commandes en provenance des institutions de l’Etat qui préfèrent s’approvisionner en matériaux précaires importés à la place des meubles en bois massif dont la durabilité n’est plus à démontrer », souligne-t-il.
Au plan fiscal, la Coopérative du meuble est confrontée à une confusion qui s’observe au niveau de la direction générale des Impôts qui l’identifie à une coopérative à responsabilité limitée et lui applique les dispositions des sociétés à responsabilité limitée avec conseil d’administration, d’où la dénomination «Coop Sarl), soutient son gérant. Au plan commercial, la structure plaide auprès du chef de l’Etat pour avoir plus de commandes de l’Administration publique comme ce fut le cas dans les années 80 à 90. Elle voudrait surtout compter sur l’Etat à travers une subvention pour se rééquiper et moderniser ses installations et souhaite se soustraire de la vente aux enchères de l’Office national du bois pour s’approvisionner en bois.
« Faire de la Coopérative du meuble un modèle »
Ouï ces doléances et explications, le chef de l’Etat s’est extériorisé et a présenté sa vision avant de visiter les installations de la Coopérative. Face aux employés de la Coopérative du meuble, il a souligné qu’il s’agit de trouver les moyens pour faire décoller les entreprises et industries et accroître leurs rendements à travers des produits qui répondent à la norme, à la qualité et à la technologie.
« Mon souhait, ce qui me motive, c’est de parvenir à impulser une autre dynamique et c’est l’objet principal de ma visite. Nous devons prendre conscience de nos insuffisances sans attendre tout de l’Etat. Le rôle de l’Etat est d’appuyer et de vous aider à vous développer et trouver des mécanismes pour vous appuyer», a expliqué le chef de l’Etat. Pour lui, il faudra travailler à faire de cette unité un modèle qui soit au service des uns et des autres. « J’ai cette volonté. Je souhaite faire de la Coopérative du meuble un modèle. L’Etat peut choisir des modèles pour démontrer l’efficacité de son appui afin d’impacter les autres sans faire des jaloux », martèle par ailleurs le président Patrice Talon. Les piliers sur lesquels le gouvernement agira sont : la formation et l’appui à l’équipement.
Par ailleurs, le président de la République dans son adresse a plaidé pour une évolution dans la connaissance du métier et des technologies. « Est-ce que tout le mobilier doit être toujours en bois massif ? Il faut évoluer. Aujourd’hui, le monde a besoin de beau, de léger », indique-t-il.
Sentiment de déception
La situation actuelle de la Coopérative du meuble a laissé quelque peu le président Patrice Talon sur sa soif. L’aspect physique de la structure restée inchangée a généré en lui une émotion qu’il a vite fait de relever. « J’ai été saisi à l’entrée de cette maison, que je connais bien, d’un sentiment de déception et de tristesse parce que, depuis trente ans, la maison n’a pas évolué d’un iota. Si j’ai décidé de venir ici ce matin, c’est bien parce que je l’imaginais», relève-t-il. Et de poursuivre : « La Coopérative du meuble est à l’image du pays entier... On peut dire que notre pays a régressé et la coopérative du meuble a régressé par rapport à son envergure de l’époque. Son importance dans notre environnement économique était d’un niveau plus élevé que celui d’aujourd’hui. Nous sommes tous responsables de cette situation. Nous n’avons pas su évoluer dans nos administrations, dans nos entreprises et dans nos activités individuelles et dans nos compétences. J’ai jeté un coup d’œil rapide et j’ai constaté que vous n’avez pas évolué », fait observer le président Patrice Talon qui avait, pour la circonstance, à ses côtés les ministres en charge du Cadre de vie et des Petites et moyennes entreprises.
S’agissant des doléances, la plupart ne sont pas recevables, note-t-il. « Pourquoi voulez-vous que l’Etat subventionne la Coopérative du meuble ? Et les autres artisans ? Et les autres opérateurs économiques du pays qui se débrouillent tout seuls ? Et le petit menuisier du coin ? ». Ce sont là, autant de questions adressées par le président Talon aux responsables de cette unité. De même, assure-t-il, « acheter les intrants à crédit, c’est courant». Malgré tout, la Coopérative du meuble demeure un label pour lequel son gouvernement et lui s’engageront. « Dans tous les cas, nous sommes tenus de promouvoir notre artisanat et les Pme, sinon vous allez mourir », réitère-t-il.
Sous les explications de Godfroy Godonou, le président Patrice Talon a parcouru, par la suite, chacune des entités, non sans nostalgie. C’est ainsi par exemple qu’au niveau des sections montage et machine, il a souri et évoqué quelques souvenirs en retrouvant sur place, encore fonctionnelles, certaines machines d’il y a trente ans.

Le rapport semestriel Africa's Pulse, qui analyse l'état des économies africaines, donne les projections et s’attarde sur des solutions pour réduire la pauvreté. Il a été lancé, ce jeudi 18 avril. Réalisée par la Banque mondiale, il entrevoit une croissance économique en Afrique subsaharienne qui devrait atteindre 3,1% en 2018, s’établissant à 3,6 % en moyenne sur la période 2019-2020 et préconise aux États de s’appuyer sur les innovations pour poursuivre le progrès dans l’accès universel, par exemple, à l’énergie électrique.
Africa’s Pulse est un rapport semestriel de la Banque mondiale, qui présente les progrès économiques récemment enregistrés par l’Afrique subsaharienne et les défis à relever pour faire reculer les limites de la pauvreté. Lancée, ce jeudi 18 avril, la dernière édition dudit rapport annonce une croissance de 3,1% en 2018 pour les économies analysées. Cette étude de l’état des économies africaines établit la croissance moyenne à 3,6 % sur les années 2019–2020. Les prévisions de croissance tablent sur la stabilité des cours du pétrole et des métaux, sur la mise en œuvre, dans les pays de la région, de réformes pour améliorer les déséquilibres macroéconomiques et à stimuler l’investissement.
Albert Zeufack, économiste en chef de la Banque mondiale pour la Région Afrique, lors de la conférence de presse de lancement du rapport Africa's Pulse a affirmé que la croissance a rebondi en Afrique subsaharienne, mais pas suffisamment. « Nous sommes encore loin des niveaux d’avant la crise », souligne-t-il, précisant que les pays africains doivent intensifier et approfondir les réformes macroéconomiques et structurelles pour parvenir à des niveaux de croissance élevés et soutenus.
Selon le rapport, parmi les pays pauvres en ressources naturelles, les pays membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), emmenés par la Côte d’Ivoire et le Sénégal, devraient conserver une croissance solide, soutenue par des investissements d’infrastructures.
Dette problématique
Selon les experts ayant participé à la rédaction de ce document, le ratio de la dette publique sur le Pib augmente en Afrique en général. Pour eux, la composition de la dette évolue, à mesure que les pays abandonnent les sources traditionnelles de financement concessionnel et se financent davantage sur les marchés.
« Nombre de pays en Afrique ont doublé en moins de cinq ans leurs dettes », s’inquiète M. Zeufack, à l’instar de ses collègues corédacteurs du rapport. La cause de cette inquiétude au sujet de la viabilité de la dette est l’alourdissement des charges de la dette dont les termes sont de courte durée et l’exposition croissante aux risques de marché du fait de sa soutenabilité. « En mars 2018, dix-huit pays étaient classés comme étant exposés à un risque élevé de surendettement, contre huit en 2013 », alarme le rapport. M. Zeufack, insiste sur la nécessité de mobiliser les ressources internes pour s’assurer la soutenabilité de la dette. D’où, sa suggestion de prendre en compte l’assiette fiscale.
La dernière édition d’Africa’s Pulse s’est également intéressée au rôle que peut jouer l’innovation pour accélérer l’électrification en Afrique subsaharienne. Une action qui, de fait, pourrait impulser une croissance économique solidaire et lutter contre la pauvreté. Albert Zeufack suggère qu’il faille que les pays adoptent la technologie et mettent à profit l’innovation pour accroître la productivité entre les secteurs et à l’intérieur d’eux, et accélérer la croissance.
« 42 % seulement des villages en 2016 avaient accès à l’électricité. Ce chiffre est encore plus bas dans les pays les plus fragiles où moins de 10 % des ménages ont accès à l’électricité. Et, quand bien même ils ont accès à l’électricité, la qualité n’est pas fiable. Par exemple, deux tiers d’entreprises n’ont pas accès à l’électricité qui est fiable. D’après le rapport, une piste de solution suggère de combiner des solutions associant le réseau national ainsi que des « mini-réseaux » et des « micro-réseaux» desservant de petits groupes d’utilisateurs, mais aussi des systèmes domestiques hors réseau, pour tendre vers l’accès universel à l’électricité en Afrique subsaharienne.