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Des apprenants jouant hier à l'Ecole primaire publique Zongo II à Lokossa en l'absence des enseignants[/caption]La levée de motion de grève prononcée par quelques organisations syndicales n’a pas produit un grand effet quant au retour des enseignants grévistes dans les salles de classe. C’est du moins le constat effectué dans l’après-midi de ce mardi dans quelques établissements scolaires du primaire et du secondaire de Lokossa.
A l’Ecole primaire publique Zongo II de Lokossa, ce mardi 10 avril, quelques écoliers sarclaient la devanture de leur salle de classe, sous la supervision de deux instituteurs. « Quand les pluies commencent, les herbes envahissent notre école et nous sommes obligés de solliciter les apprenants pour les déblayer », justifie Ida Davo-Bossou, la directrice de l’établissement. Elle ajoutera que les écoliers avaient au préalable exécuté les activités pédagogiques de la soirée avant d’être conviés aux travaux de nettoyage. La directrice de l’école animait, quant à elle, une classe de Cm 2 et le reste de ses collaborateurs présents étaient, eux aussi, occupés dans leurs salles de classe. « Au temps fort de la grève, nous étions deux enseignants à animer l’école. Mais depuis la semaine dernière, trois autres collègues nous ont rejoints en portant l’effectif des enseignants effectivement présents à cinq sur six », détaille Ida Davo-Bossou.
« Pour reconstituer l’effectif des apprenants, indique-t-elle, nous-mêmes instituteurs, nous nous chargeons d’envoyer des messages aux parents d’écoliers. » Mais le gros obstacle à cette approche, mentionne-t-elle, reste l’attitude de certains parents d’élèves qui, bien qu’étant des enseignants, refusent à leurs progénitures de retourner dans les salles de classe tant que les grèves n’auront pas définitivement pris fin. « Une dizaine de ces cas sont enregistrés à l’Ecole primaire publique Zongo II », signale Ida Davo-Bossou.
Dans le sous-secteur de l’enseignement secondaire, on observe également un timide retour de quelques enseignants permanents. « Au Ceg 1 Lokossa, huit enseignants permanents ont repris les activités, depuis lundi dernier, sur une quarantaine de permanents attendus », indique Maurice Viho, le censeur de l’établissement. Mais ces retours, explique-t-il, se justifient plutôt par l’usure de la grève que par la levée partielle des motions. Car, nombreux sont, selon lui, les grévistes qui cherchaient un prétexte pour revenir dans les classes. « L’enseignant est à l’image d’un footballeur professionnel. Il a parfois soif du contact avec son monde après un long moment de cessation d’activités », souligne le censeur.
En revanche, dans son établissement qui a le plus gros effectif d’apprenants à Lokossa, se développe un autre phénomène. « Les élèves fuient les cours », se plaint-il pour dire que les trois mois de grève leur ont donné le goût de la paresse. A titre illustratif, indique-t-il, la cinquantaine d’élèves de la Terminale A2 ont du mal à se regrouper entièrement pour les cours depuis le déclenchement des grèves alors que leurs enseignants sont presque tous des vacataires. « Seulement une douzaine d’apprenants répondent à l’appel », se désole Maurice Viho.
L’ambiance est pareille au Ceg2 Lokossa où, en dehors de quelques rares classes qui s’animaient grâce à la présence de certains vacataires, l’école avait l’air endormie, comme pendant les congés. Presque tous les responsables de l’établissement étaient annoncés être en mission. Des apprenants sans la tenue kaki réglémentaire occupaient quelques salles.
Quelques enseignants ont également effectué leur retour au Lycée de jeunes filles de Lokossa et dans des collèges de la commune d’Athiémé. L’effectivité de la reprise des cours ne peut être constatée qu’après le retour des congés de Pâques qui commencent vendredi 13 avril prochain.
PENG JINGTAO remettant le 1er prix à KPOGBOZAN Faccio[/caption]Le Bénin connait son représentant à la dix-septième édition de la compétition internationale en langue chinoise « Hanyu qiao ». Faccio Kpogbozan a pris le dessus sur les autres prétendants en retenant l’attention des membres du jury par ses prestations hors pair, samedi 7 avril dernier à Cotonou.
L’enjeu était de taille pour les candidats engagés dans la phase finale à la dix-septième édition de la compétition internationale en langue chinoise « Hanyu qiao » pour le compte du Bénin. Il fallait tout mettre en œuvre pour prendre la première place afin d’être l’ambassadeur du Bénin à cette compétition qui se déroulera en Chine. Face à un tel challenge, les candidats ne se sont pas fait prier. Qu’il s’agisse des récitations, de la lecture, des réponses aux questions des membres du jury ou encore des prestations artistiques, ils y sont allés de tout leur engagement.
L’enjeu s’est révélé encore plus grand lorsqu’à l’entame de la compétition, l’ambassadeur de la République populaire de Chine près le Bénin, Peng Jing Tao, a annoncé un lot supplémentaire composé d’un ordinateur portatif qu’il mettrait en jeu. Pour lui, cette compétition est un pas vers la Chine. Apprendre le chinois, dira-t-il aux candidats, c’est apprendre le développement, car ce pays a connu un développement impressionnant. Cette compétition, il l’entrevoit aussi comme un pont entre son pays et le Bénin sous la bannière de la promotion d’une série de valeurs. Le message du recteur de l’Université d’Abomey Calavi, le professeur Maxime da Cruz ne diffère pas. Il est venu soutenir les étudiants engagés dans la compétition pour leur engagement à apprendre et à maîtriser la langue chinoise.
Finie la phase protocolaire des interventions, place a été faite à la compétition. Les heureux vainqueurs des phases préliminaires ont rivalisé d’ardeur devant le jury composé de Shen Lin, Bohui Zhang et Wei Jum pour prouver son niveau de maîtrise de la langue, de l’art et de la culture chinoise. Au terme des délibérations, la troisième place est revenue à Guy-Arthur Adébola. Olinck Adjahoungbo est reparti avec le lot de la deuxième place plus un billet d’avion afin d’être un spectateur privilégié à l’occasion de la dix-septième édition de la compétition internationale en langue chinoise « Hanyu qiao » en juillet prochain en Chine. Il y sera pour soutenir Faccio Kpogbozan qui, s’est imposé à la première place et défendra ainsi les couleurs du Bénin.
Rappelons que la compétition du samedi dernier a connu également le challenge des candidats nigérians. De ce côté-là, c’est Témitokpè Akinyèmi qui est reparti avec le lot de la première place alors qu’Omomijo Oluwle et Grâce Idika sont repartis respectivement avec les deuxième et troisième lots mis en compétition pour le compte du Nigeria.
Le Foddeb résolument engagé contre les grossesses en milieu soclaire[/caption]Face aux nombreux cas de grossesses enregistrées en milieu scolaire, le Forum des organisations de défense des droits des enfants au Bénin (Foddeb) se mobilise pour une série d’actions de sensibilisation dans les collèges du département de la Donga et des plaidoyers à l’endroit des leaders d’opinion pour un changement de comportements.
Le Forum des organisations de défense des droits des enfants au Bénin (Foddeb), à travers sa coordination départementale, investit dans les tout prochains jours les collèges des communes de Bassila, Djougou, Copargo et Ouaké pour sensibiliser les jeunes filles sur la question des grossesses précoces, les risques liés à l'avortement non médicalisé ainsi que sur les avantages du planning familial. Face à l’ampleur du phénomène et toutes les conséquences sur l’avenir des victimes, ces organisations, par le Projet d’appui au suivi des recommandations internationales relatives aux droits de l’enfant au Bénin (Pasrib) financé par l’ambassade de France, Plan International Bénin et la Maison de la Société civile, projettent de contribuer à réduire les cas enregistrés un peu partout dans le département. 182 cas au total ont été recensés au titre de l’année scolaire 2016-2017 dans le département de la Donga. Et à en croire Emile Alistaou, chef du Centre de promotion sociale de Djougou, les conséquences liées aux grossesses précoces vont au-delà de l’abandon des classes par la jeune fille.
Selon l’Enquête démographique et de santé (Eds) 2011-2012, les complications liées aux accouchements de jeunes élèves sont la cause de nombreux cas de décès. Citant cette enquête, il a évoqué, en présence de leaders d’opinion constitués de chefs religieux et traditionnels, la nécessité de veiller à enrayer le phénomène pour le devenir des jeunes élèves victimes parfois de mariage forcé ou précoce.
A l’occasion de l’atelier de plaidoyer à l’endroit des leaders d’opinion et autorités politico-administratives de la Donga sur les grossesses précoces, organisé, mercredi 4 avril dernier à Djougou, les leaders d’opinion ont été mis face à leurs responsabilités. Considérant certaines pratiques traditionnelles jugées rétrogrades et des pesanteurs sociologiques, ces cibles ont été invitées à s’impliquer davantage dans la lutte contre les grossesses précoces.
Dans une synergie d’actions, les différentes organisations sont appelées à mettre en œuvre un plan d’actions qui intègre des causeries-débats dans les établissements scolaires ainsi que des plaidoyers en faveur de divers acteurs et la réalisation d’émissions radiophoniques pour sensibiliser les masses populaires sur le phénomène.
Yaya Akodan, président du Groupe d’actions pour l’épanouissement des enfants, coordonnateur départemental du Foddeb, accorde du prix à ce plan d’actions qui, espère-t-il, changera un tant soit peu les mentalités. Ceci pour la satisfaction du préfet de la Donga et du maire de Djougou qui se disent bien affectés par cette situation qui n’honore guère la région.

Autrefois habituées à concevoir leurs plans d’actions et à les conduire, les cellules de participation citoyenne doivent s’adapter à de nouvelles réalités. En marge du lancement de leurs activités au titre de 2018, les membres des cellules de participation citoyenne de toutes les communes du Borgou ont bénéficié, ce mardi 10 avril à Parakou, d’un atelier de renforcement de capacités organisé à leur intention par Social Watch Bénin.
Il y a de quoi se réjouir aujourd’hui du niveau de redevabilité dans les communes. Ces dernières, de par les textes règlementaires, ont été parfois contraintes d’être redevables envers leurs populations. Ayant compris l’importance de rendre compte, elles organisent volontiers des redditions et acceptent de se prêter aux questions qui leur sont posées. Toutefois, il ne faudra pas baisser les bras, mais maintenir la veille avec l’implication de la Société civile. D’où l’intérêt des séances d’appui technique en termes de cadrage et d’harmonisation initiées, depuis ce mardi 10 avril à Parakou, au profit des membres des cellules de participation citoyenne du Borgou par Social Watch Bénin.
Prévue pour prendre fin ce jour, la rencontre vise à lancer leurs activités au titre de 2018. Elle donnera aussi lieu à la présentation du canevas de rapportage suivi de la remise des chèques pour la dotation trimestrielle avril-mai-juin.
Les participants ont également pris connaissance de l’application « Communes 229 » qui offre la possibilité à tout citoyen d’avoir, en ce qui concerne la gestion, des informations sur toutes les communes du Bénin. Ils ont ensuite eu droit à la présentation du dispositif de justification des ressources allouées aux communes.
Selon le secrétaire général de Social Watch Bénin, Rigobert Orou Gaani, il s’agit surtout de changer la démarche de travail. « Nous sommes beaucoup plus attendus sur les axes de la lutte contre la corruption et les dénonciations. Mais aujourd’hui, on constate que les activités que nous menons sont surtout liées aux séances de sensibilisation », a-t-il déploré. « Les plaidoyers, nous devons les faire, mais cherchons à passer à une autre étape, celle de pouvoir dénoncer », a souhaité le secrétaire général.
« C’est dans la quête de la perfection que cet atelier a été organisé. Nos partenaires ne sont pas moins satisfaits de ce que nous faisons », a assuré le secrétaire exécutif de Social Watch Bénin, Dieudonné Houinsou. Il s’agit, selon lui, d’amener les membres des cellules de participation citoyenne (Cpc) du Borgou à aller dans la même vision que l’organisation afin de pouvoir atteindre des cibles bien identifiées. L’objectif est de les aider à avoir une même perception de la transparence en matière de gouvernance et à s’impliquer avec plus de courage.
Social Watch Bénin est un réseau de gouvernance. La lutte contre la corruption est sa priorité. Au Bénin, estime Dieudonné Houinsou, elle ne doit plus se limiter aux simples dénonciations, mais aller vers la lutte contre l’impunité. Après avoir dénoncé ceux qui en sont les auteurs, il faudra veiller à ce qu’ils soient jugés au niveau administratif ou au tribunal.
« Le programme redevabilité que nous mettons en œuvre sur le terrain a des indicateurs et des objectifs très précis. Nous sommes en droit de les expliquer aux Cpc. Nous avons élaboré un programme annuel qui contient des activités et des indicateurs qui très prochainement seront mesurés », a précisé Ali Mora Lafia, en service à Social Watch Bénin. Selon lui, le présent atelier permettra aux membres de ces Cpc de rentrer dans le programme annuel et les indicateurs. C’est pour pouvoir mieux élaborer leurs plans trimestriels d’actions que l’organisation va appuyer financièrement en vue de l’atteinte des objectifs fixés.
Simon Pierre Adovelandé, ambassadeur du Bénin près la Chine[/caption]Le 16 mars dernier à Beijing, l’ambassadeur Simon Pierre Adovèlandé a reçu le prix « Presse Chinoise Nationale et Étrangère-Les Nouvelles Personnalités de l’Année 2017 » qui récompense les figures exceptionnelles pour leur contribution à la promotion de la paix et du développement dans le monde ainsi que les relations amicales entre la Chine et leurs pays. Dans cet entretien qui s’inscrit dans le cadre de la série « Ambassadeurs et consuls généraux, porte-drapeaux du Bénin Révélé », il nous parle de ses actions, lui qui, tout en exerçant sa fonction d'ambassadeur en Chine et ayant une grande connaissance politique et du développement économique, a visité plusieurs villes, universités et collèges pour promouvoir la coopération entre la Chine et le Bénin dans le secteur de la politique, de l'économie, du social, de l'éducation et de la culture.
Quel est votre regard sur le partenariat entre le Bénin et la Chine, aujourd’hui ?
La Chine d’aujourd’hui se distingue sur la scène internationale par une approche différente de l’aide au développement de l’Afrique incarnée dans le Forum sur la Coopération sino-africaine (Fcsa) et l’initiative des nouvelles Routes de la soie. Sa conception de l’aide laisse davantage le soin aux pays bénéficiaires de définir le cadre et le contenu de cette dernière. Le Bénin et la Chine partagent donc une même approche – pragmatique - de leur coopération.
La Chine demeure un partenaire stratégique et privilégié du Bénin. Il faut vivre positivement sa présence car son positionnement au sein de l’économie mondiale, sa conception de la coopération Sud-Sud comme son modèle unique de développement font d’elle une source d’inspiration. Aujourd’hui, la Chine est l’une des plus grandes puissances mondiales dont le modèle de coopération s’éloigne de celui des autres puissances historiques.
La coopération sino-béninoise peut encore être intensifiée en élargissant le partenariat entre les deux pays pour prendre en compte les évolutions au Bénin, comme par exemple, la capacité de ses entrepreneurs à transformer des produits sur place...
Le volume des échanges commerciaux entre le Bénin et la Chine a atteint 38,08919 milliards F Cfa au premier trimestre de 2017 (Source : bulletin trimestriel de l'Institut national de la statistique et de l'analyse économique pour les statistiques du commerce extérieur). Quels sont les principaux produits objet du commerce dans ce partenariat stratégique ?
Il s’agit essentiellement du textile, du bois, de l’huile de palme, de l’électroménager, de l’électronique, des machines et équipements, des matériaux de construction, de la quincaillerie, des fournitures de bureau et de la pharmacopée. Il faut cependant noter que le volume des échanges du Bénin vers la Chine reste relativement faible. C’est pourquoi l’ambassade du Bénin à Beijing a entamé des démarches auprès des structures chinoises pertinentes pour que leur marché s’ouvre aux produits béninois tels que le cajou, le soja, le beurre de karité, les cossettes de manioc, le coton et ses produits dérivés et tout autre produit « Made in Bénin ». Il s’agit d’obtenir une accréditation pour importer en Chine nos produits tropicaux.
Quelle opportunité l'initiative chinoise « La Ceinture et la Route » (the Belt and Road initiative) représente-t-elle pour pour l’Afrique en général et pour le Bénin en particulier ?
L’initiative « La Ceinture et la Route » symbolise l’ouverture de la Chine sur le monde et propose un instrument innovant de coopération gagnant-gagnant. C’est un nouveau mécanisme de financement du développement que propose la Chine. Le président Xi Jinping a déclaré dans son allocution prononcée lors de l’ouverture du Forum international tenu le 14 mai 2017 à Pékin que « Nous devons créer ensemble un environnement facilitant l'ouverture et le développement, établir un système juste, équitable et transparent de règles en matière de commerce et d'investissements internationaux et permettant une circulation ordonnée des facteurs de production, une répartition efficace des ressources et une intégration totale des marchés. »
De ce point de vue, le prochain sommet des chefs d’État africains et chinois, prévu en septembre 2018, devra appuyer cette initiative de « La Ceinture et la Route » et tracer les grandes lignes de la coopération sino-africaine pour le nouveau cycle de coopération qui démarrera au terme dudit sommet. Le Bénin s’attachera à y redéfinir les contours de sa relation avec la Chine.
Afin de tirer le meilleur avantage de cette initiative, l’ambassade du Bénin à Beijing a proposé aux autres ambassades des pays de l’Uemoa représentés en Chine, la création d’un Forum dénommé le « 8+1 » (8 pays de l’Uemoa+1Chine) dans le cadre de la mise en œuvre de l’Initiative « La Ceinture et la Route ». Ce Forum aidera à la mise en place d’un cadre et de nouveaux mécanismes de financement de grands projets intégrateurs à caractère sous- régional. Ce sera bénéfique à l’Afrique en général, à la population béninoise en particulier.
L’initiative « La Ceinture et la Route » nous ouvre de nouvelles perspectives. L’ambassade sert de pont entre les deux pays pour que le Bénin puisse bénéficier au mieux de cette initiative. S’il est vrai que le tracé de la Route de la Soie passe par l’Afrique de l’Est - avec comme point d’ancrage le port de Djibouti - les retombées du projet chinois bénéficieront aussi pleinement à l’Afrique de l’Ouest. La région est un des principaux pôles historiques des routes commerciales internationales africaines. La carte que peut jouer le Bénin avec la Route de la soie maritime est bien celle d’un pays accueillant le commerce de transit vers ses autres grands voisins de l’Afrique de l’Ouest comme le Niger et le Nigéria. De ce point de vue, l’initiative chinoise donne « un exemple mais également une plate-forme pour évoluer de l’aide classique vers une coopération dans le sens du partage et de la responsabilité ».
Dans son Programme d'actions, le Gouvernement a donné à la diplomatie béninoise la responsabilité d’aider les autorités à mobiliser des ressources. Comment l'ambassade du Bénin en Chine met-elle en pratique cette tâche qui lui a été confiée auprès du pays hôte ?
La mobilisation des ressources pour la mise en œuvre du Pag est un défi de premier ordre pour le Gouvernement béninois. Y assumer sa part de responsabilité est donc un des grands défis de la diplomatie béninoise et par conséquent une des actions prioritaires de notre ambassade qui utilise à cet effet trois moyens d’action :
la promotion des projets du Pag lors des rencontres organisées à l’intention des potentiels investisseurs chinois aussi bien à Beijing que dans les autres villes de Province, à Hong-Kong et à Macao ;
la promotion commerciale (mieux faire connaître les produits béninois) par la participation aux forums, foires et expositions ;
la vulgarisation de la politique d’investissement béninoise (facilités accordées aux investisseurs ; modalités et avantages d’accès à la Zone économique spéciale).
Lors de la rentrée 2017-2018, vingt-trois (23) jeunes béninois ont bénéficié de bourses pour poursuivre leurs études supérieures en Chine. La Chine intervient-elle plus largement dans le secteur de l’éducation au Bénin ?
Depuis le rétablissement des relations diplomatiques entre le Bénin et la Chine en 1972, la coopération entre les deux pays s’étend à tous les domaines et s’intensifie au fil des ans. L’un des secteurs concernés, et qui passe souvent inaperçu, est l’éducation.
Les relations entre les deux pays reposent sur l’accord de coopération culturelle signé le 24 juin 1984. La mise en œuvre de cet accord est constatée par la signature périodique d’un protocole d’exécution par lequel la Chine s’engage à accorder à notre pays une vingtaine de bourses d’études par an pour la formation d’étudiants béninois en Chine. C’est justement dans ce cadre que vingt-trois (23) jeunes béninois ont pu s’y rendre à la rentrée 2017-2018.
Sur la base de cet accord, des centaines d’étudiants béninois ont été formés en Chine dans divers domaines : langue chinoise, interprétariat-traduction, construction des routes, commerce international, télécommunications, environnement, médecine, etc.
En dehors de ces bourses d’études, la Chine investit également dans la réalisation d’infrastructures scolaires. Le Lycée d’Amitié sino-béninoise- une école ultra moderne - construit à Abomey et inauguré en 2017 en est une illustration parfaite.
Quel est le profil de la diaspora béninoise en Chine ? Arrivez-vous à les associer aux efforts de développement du Bénin ?
Avant de répondre, je souhaiterais clarifier la distinction entre communauté et diaspora béninoises en Chine. La communauté inclut la diaspora, les étudiants - qui retournent pour la plupart au Bénin après leurs études - et le personnel de l’ambassade.
La diaspora elle-même comprend nos compatriotes qui bien souvent ont étudié en Chine et ont pu s’insérer dans la vie active chinoise. Plutôt jeune et dynamique, cette diaspora est formée d’opérateurs économiques, d’enseignants et d’informaticiens pour ne citer qu’eux.
Si l’effectif de la diaspora béninoise est relativement faible, sa qualité en fait un atout majeur pour le développement de notre pays. Elle contribue déjà quelque peu au développement économique du Bénin de façon individuelle. Ce qui ne permet cependant pas la visibilité de ses actions. Ainsi, notre principal objectif est de faire émerger les potentialités de cette diaspora en incitant ses membres à mettre en place des projets collectifs dans des secteurs tels que l’éducation, le tourisme et le sport. Concrètement, la stratégie de l’abassade repose sur la vulgarisation auprès d’eux du Programme d’action du gouvernement, notamment sa politique en faveur de la diaspora. Elle devrait permettre non seulement d’asseoir un climat de confiance, mais aussi d’aboutir à une forte implication dans les secteurs susmentionnés.
Comment envisagez-vous l’avenir de la coopération sino-béninoise ?
La coopération sino-béninoise a un grand avenir devant elle et la Chine est un partenaire stratégique à long terme. Son engagement pour une société écologique qui repose sur une croissance verte est le gage d’un fort partenariat stratégique pour le Bénin qui doit faire face aux conséquences du changement climatique, à l’érosion de son littoral, à l’avancée du désert et qui cherche à accroître l’utilisation d’énergies propres. Un exemple de cette coopération verte est la construction d’une centrale hydroélectrique financée à travers Eximbank et Synohydro.
A cet égard, le Bénin a confirmé sa participation à l’exposition d’horticulture Beijing 2019, exprimant ainsi sa volonté de contribuer aux côtés de la Chine à l’émergence d’un modèle de civilisation écologique.
Aujourd’hui, nous avons de la chance, car nos dirigeants, le président Patrice Talon et le président Xi Jinping, ont une convergence de vue sur nombre de grandes questions et défis majeurs du monde. Le 45e anniversaire des relations diplomatiques entre nos deux pays, que nous venons de célébrer, marque le début d’une nouvelle coopération reposant sur ces fondements communs?
Une grande première pour un ambassadeur du Bénin en Chine
Le 16 mars dernier à Beijing, l’ambassadeur Simon Pierre Adovèlandé a reçu le prix « Presse Chinoise Nationale et Étrangère-Les Nouvelles Personnalités de l’Année 2017 ».
Les lauréats de ce prix, décerné pour la septième année par « Presse Chinoise Nationale et Étrangère » (« Home and Abroad news press), sont des ambassadeurs étrangers en Chine. Chaque année, « Presse nationale chinoise et étrangère », reconnu comme « média de référence » présente « les Nouvelles personnalités de l’Année » et récompense les figures exceptionnelles pour leur contribution à la promotion de la paix et du développement dans le monde ainsi que les relations amicales entre la Chine et leurs pays.
Au titre des motifs évoqués ci-dessus, pour cette grande première du prix décerné à un ambassadeur du Bénin en Chine, « Presse nationale chinoise et étrangère » a salué les actions de monsieur Simon Pierre Adovèlandé qui, « tout en exerçant sa fonction d'ambassadeur en Chine et ayant une grande connaissance politique et du développement économique, a visité plusieurs villes, universités et collèges pour promouvoir la coopération entre la Chine et le Bénin dans le secteur de la politique, de l'économie, du social, de l'éducation et de la culture. » Après avoir rappelé le classement du Bénin dans le rapport annuel 2017 sur l'environnement des affaires publié par la Banque mondiale, et indiqué que notre pays avait grimpé de la 117e place à la 57e place cette année en matière de création d’affaires, « Presse nationale chinoise et étrangère » a ajouté que « M. Adovèlandé a créé un bon environnement des affaires pour l'économie et le développement commercial entre la Chine et le Bénin. »
Dans son discours de remerciement, l’ambassadeur béninois a dédié ce prix à la jeunesse béninoise, chinoise et mondiale.
Source : MAEC
Actualités 11 avr. 2018
Le maire de Malanville en proie à une crise avec ses conseillers[/caption]La crise qui secoue le Conseil communal de Malanville, depuis un moment, vient de connaître un autre rebondissement. Plutôt que de prendre en considération la correspondance de 17 conseillers l’invitant à convoquer une session extraordinaire pour un vote de défiance, le maire Inoussa Dandakoé lui a opposé une fin de non-recevoir.
Le maire a qualifié l’acte de « manœuvre dilatoire », après s’être indigné de la démarche de ces conseillers. « Il faut 17 conseillers pour pouvoir destituer le maire. Or l’un d’eux ne s’est pas reconnu parmi les signataires », a expliqué Inoussa Dandakoé.
En effet, dans une correspondance en date du lundi 9 avril dernier et adressée au préfet de l’Alibori et au maire, le conseiller Yacoubou Bako Noma a indiqué ne pas se reconnaître dans cette motion de destitution. Il a qualifié de nul et de nul effet le document portant sa signature, laquelle, selon lui, aurait été falsifiée.
Actualités 11 avr. 2018

Entouré de plusieurs dignitaires des religions endogènes, Sa Majesté Adanyro Agassa Guèdèhounguè, président de la Communauté nationale du culte vodoun du Bénin, a publié une déclaration, dimanche 8 avril dernier à Doutou, arrondissement de Houéyogbé, par rapport à l’actualité relative à la lutte contre la cybercriminalité et les crimes rituels y liés.
Lue par son secrétaire particulier, Marcellin Lokossou, la déclaration de Sa Majesté Adanyro Agassa Guèdèhounguè vise à manifester la disponibilité de sa communauté à soutenir non seulement la traque contre les indélicats mais aussi contre les féticheurs qui les appuient en leur recommandant du sang humain pour des rituels occultes. Après avoir fait la démarcation entre les vertus des religions endogènes puis ses vrais initiés et les faux adeptes, il en arrive à la conclusion que « depuis des temps immémoriaux jusqu’à nos jours, aucune divinité, aucun sacrifice ni rituel vodoun ne requiert d’organe ni du sang humain ».
Concernant le fétiche « kinninsi » tant évoqué depuis que la lutte a commencé, le dignitaire apporte sa part de vérité. « Le kinninsi n’existe nulle part dans le panthéon vodoun », recadre-t-il. Et de poursuivre qu’« Il n’y a pas un temple spécifique pour le kinninsi ». Dans sa déclaration, le dignitaire ajoute que « le kinninsi est une forme d’énergie apprivoisée qui, avec plusieurs autres entités, faisait partie d’un système de sécurité et de défense établi par certaines communautés, dans un passé très lointain, pour lutter contre les agressions extérieures ».
De ces explications confrontées aux homicides qui défraient la chronique, il estime que « Ce qui se passe aujourd’hui est semblable à une scène d’intrusion dans une armée pour y sortir des armes et les mettre à la disposition des braqueurs ». Contre les auteurs desdits détournements de ce qui relève du sacré pour « protéger la vie et le vivre en communauté » à des fins de barbaries, le dignitaire s’engage à aller au front avec la Police républicaine. « Si la nouvelle technologie a évolué au point de permettre à la police de traquer et d’appréhender les cybercriminels, nous dignitaires, nous avons aussi les outils nécessaires pour démanteler et démasquer ces indélicats faux hounnons qui, tapis dans l’ombre, salissent la corporation », lance-t-il d’une voix déterminée.
Toutefois, il n'a pas dans sa déclaration fait cas des armes encore moins des plans avec lesquels cette guerre sera livrée. « Nous n’allons pas dévoiler ici notre stratégie, mais retenez seulement que c’est la fin qui justifie les moyens », a-t-il laissé entendre
Désiré C. VIGAN A/R Mono-Couffo
Société 11 avr. 2018

A l’occasion des deux ans de son accession à la Présidence de la République, le chef de l’Etat s’est livré, vendredi 6 avril dernier, à un exercice plutôt inédit. Sa tribune publiée dans le quotidien de service public, loin d’un bilan, vient exprimer la foi du premier des Béninois en un avenir plus radieux pour le pays.
Un chef de l’Etat qui publie une tribune en plein exercice. Le Bénin n’en avait pas coutume et loin des frontières nationales, on n’en a pas souvent entendu parler. C’est pourtant ce qu’a fait le 6 avril dernier, date anniversaire de sa prestation de serment en tant que président de la République, le chef de l’Etat Patrice Talon. L’acte n’est pas à saluer seulement sur sa forme. C’est d’ailleurs son fond qui épate. On y lit l’engagement, la foi, l’espérance et la confiance d’un chef de l’Etat qui croit dur comme fer que les trois années restantes de son mandat seront celles de la transformation de son pays.
« C’est le travail et le sérieux qui génèrent la richesse », exhorte le président dans sa tribune. « Notre mission d’aujourd’hui est de réparer le présent et semer pour demain, afin que notre quotidien proche s’améliore et que nos enfants vivent mieux, dans un pays où l’avenir d’un nouveau-né ne sera plus exclusivement déterminé par les conditions matérielles de ses parents, un pays où chacun peut disposer du minimum, s’instruire et se soigner quelle que soit sa catégorie sociale, un pays en confiance dont nous serons fiers d’avoir œuvré au développement durable et harmonieux », poursuit-il. Le chemin pour y arriver passera, selon lui, par l’effort requis, l’investissement obstiné et l’organisation rigoureuse.
« Je sais que le temps qui passe sans être mis à profit aujourd’hui nous condamne à plus d’efforts encore demain, à plus de sacrifices », lit-on également dans la tribune publiée par le président Patrice Talon. Serait-ce la raison pour laquelle il y va à une vitesse de croisière ? « Non, je ne vais pas trop vite », répond-il. Et d’expliquer ensuite qu’il va « au rythme qu’imposent les urgences, les attentes, les exigences de notre pays, au rythme qu’impose notre droit en tant que peuple aux meilleures conditions possibles de vie ». Pour le président de la République, il faut à travers sa démarche depuis deux ans le rythme qu’impose le droit au bonheur « parce que nous sommes un grand peuple, un grand pays » et « nous voulons le meilleur pour tous et pour chacun ». Mais cela passera, implore-t-il par « un climat national serein et apaisé ».
« Je ne retiens pas ma passion à servir le pays »
Pour ce qui le concerne en personne, le chef de l’Etat invite à lui faire confiance et à croire une fois encore en lui, comme il a eu l’occasion de le réitérer maintes fois déjà. « J’aime mon pays, le Bénin, et ma foi en son avenir radieux est inébranlable. C’est pourquoi je ne retiens pas ma passion à le servir. Je ne ménage ni mon enthousiasme, ni mon énergie à contribuer à sa révélation à nous-mêmes et au monde… Nous méritons le meilleur. Ensemble continuons d’y travailler. Car nos efforts et sacrifices d’aujourd’hui construisent notre bonheur de demain », s’est-il à nouveau engagé dans cette tribune qui, loin de faire le bilan des 24 premiers mois de gestion du régime de la Rupture, s’apparente plutôt au renouvellement de l’engagement pris par Patrice Talon le 6 avril 2016 à Porto Novo. « Je m’emploierai chaque jour à faire de ce mandat un instrument de rupture et de transition devant aboutir à la mise en place des grandes réformes politiques institutionnelles … Je m’engage à promouvoir une justice indépendante, la même pour tous, accessible et efficace ainsi qu’à redynamiser et moderniser l’administration publique… le mandat qui s’ouvre augure d’heureuses perspectives que je m’engage à transformer en actions concrètes destinées à l’essor du Bénin, au bien-être et à l’épanouissement de nos populations », a-t-il déclaré.
Actualités 11 avr. 2018

La direction de la Pharmacie, du médicament et des explorations diagnostiques (Dpmed) a effectué une descente, ce mardi 10 avril à Cotonou, chez les grossistes répartiteurs qui s’occupent de la distribution des médicaments et des produits de santé à toute la population. C’était pour vérifier l’application de la décision du Conseil des ministres du 14 mars 2018 relative au retrait des produits du laboratoire New Cesamex des officines et structures de santé.
Vendredi 13 avril 2018, c’est la date buttoir donnée par le gouvernement pour le retrait des produits du laboratoire Cesamex des officines et structures de santé sur toute l’étendue du territoire national. Et ce, conformément à la décision du gouvernement prise au cours du Conseil des ministres en sa session du mercredi 14 mars dernier, par mesure de précaution, de retirer l’autorisation de mise en vente sur le territoire béninois de ces produits mis en cause.
Pour vérifier la mise en application effective de cette décision, la direction de la Pharmacie, du Médicament et des Explorations diagnostiques (Dpmed) a organisé, hier à Cotonou, une descente auprès des grossistes et répartiteurs des médicaments et des produits de santé au Bénin. Le but de cette descente inopinée, a dit le représentant de la Dpmed, Benoît Hounkpèvi, est de savoir si des dispositions ont été prises par les grossistes qui doivent procéder au retrait de ces produits d’une part, et de voir les structures sanitaires qui ont déjà respecté cette décision en retournant lesdits produits, celles qui jusqu’à la veille du 13 avril n’ont pas encore obtempéré, d’autre part. De même, il sera question de connaître la quantité retirée depuis la prise de cette décision et la liste complète des structures ayant reçu ces produits.
Les grossistes de la Centrale d’achat des médicaments essentiels et consommables médicaux (Came), de l’Union béninoise de pharmaciens (Ubphar), de l’Ubipharm, de Promo Pharma Bénin, du Groupement d’achat des pharmaciens d’officine du Bénin (Gapob) ont reçu la visite de la délégation de la Dpmed hier. La plupart, à l’annonce du communiqué, ont mis les produits du laboratoire New Cesamex en quarantaine. Ainsi ces produits qui étaient en stock ont été isolés et mis à part en attendant de les acheminer conformément aux dispositions et à l’esprit du courrier envoyé par l’administration, pour les dispositions idoines au niveau de la Dpmed.
Après avoir isolé les stocks qui sont à leur disposition, les grossistes ont rappelé les produits qui ont été vendus aux clients pharmaciens d’officines. A cet effet, un courrier leur a été envoyé. « Ce courrier leur est aussi renvoyé sous forme de réclamation », ont précisé le chef département approvisionnement et logistique de la Came, Berger Wankpo et Amadou Dayan du Gapob. Ensuite, une compilation de ces produits ramenés est transmise avec des lots isolés au magasin de l’administration. Chacun de ces grossistes a promis de transmettre à la Dpmed les produits retirés qui sont encore à leur niveau de même que la liste complète des structures n’ayant pas encore renvoyé les produits.
« La procédure suit son cours et les tout premiers points des produits qui sont retournés par les pharmaciens ont été déjà faits », a souligné le directeur par intérim de Ubphar, Daniel Ishola.
Pour certains, ces produits ont commencé par être retirés avant la décision du Conseil des ministres. De sorte qu’à la prise de cette décision, il n’y avait plus rien en stock comme produits du laboratoire New Cesamex. C’est le cas du grossiste Gapob qui a ajouté qu’une lettre est déjà adressée aux structures pour le renvoi des produits à la Dpmed. Il a promis d’envoyer les dernières ventes opérées sur ces produits et la liste de tous les clients qui les ont achetés.
Outre ces explications, la délégation est allée constater les endroits où les produits retournés ou stockés sont entreposés. En attendant l’envoi des différentes listes réclamées aux grossistes répartiteurs, Benoît Hounkpèvi a dit être rassuré que le processus suit son cours normal, mais qu’il va falloir faire en sorte pour rester dans le délai du 13 avril 2018. Cette visite de terrain se poursuit ce jour mercredi 11 avril.
Moudassirou Bachabi, Sg-Cgtb[/caption]Bonne nouvelle pour l’école et l’Administration publiques béninoises ! Le mouvement de grève qui paralyse, depuis des mois, le fonctionnement d’une bonne partie des secteurs vitaux du pays est en train de se conjuguer au passé. En plus de la Cspib qui l’avait fait depuis la semaine dernière, trois centrales et confédérations syndicales ont rendu publique, lundi 9 avril, une déclaration commune de suspension de la grève.
« Nous décidons de la suspension de la motion de grève en cours depuis le 16 janvier 2018 et appelons l’ensemble des travailleurs à reprendre le travail dès le mardi 10 avril ». L’adresse des secrétaires généraux de la Confédération des syndicats autonomes du Bénin (Csa-Bénin), de la Confédération générale des travailleurs du Bénin (Cgtb) et de la Centrale des syndicats unis du Bénin (Csub) à l’endroit de leurs syndiqués, à travers une déclaration commune de suspension de motion de grève est formelle. Elle invite par conséquent les travailleurs à tourner dos à la grève pour reprendre le travail dès ce jour.
Le mouvement de grève en cours depuis le 16 janvier dernier connaît ainsi sa fin du côté de ces trois organisations qui ont clairement exprimé leur intention de sauver l’année en cours. « Pour nous, aucun prix n’est assez fort pour éviter à notre peuple le chaos que le gouvernement lui-même a fait l’option de lui offrir », précise la déclaration dont l’effectivité a été confirmée par l’un des trois signataires contactés par notre Rédaction. « Au niveau syndical, il s’agit pour nous de ne pas cautionner l’abus de confiance et l’escroquerie. En effet, nous savons tous que ceux qui prétendent que nous les avons rejoints dans le mouvement et qui s’efforcent désespérément dans leurs machinations habituelles de prendre le lead d’un mouvement dont ils ne sont pas géniteurs, ne sont pas les plus vertueux », indiquent également les signataires de la lettre.
La levée de la motion de grève est aussi analysée par ces trois entités syndicales comme « la nécessité de démontrer une énième fois encore notre bonne foi à la face du monde ». Néanmoins, ils rejettent aussi « les propositions humiliantes du gouvernement » relatives notamment aux statuts particuliers des enseignants et dénoncent son silence sur les autres points de revendication. Seulement, préviennent-ils, « Il ne s’agit que d’un repli tactique » pour laisser « le gouvernement face à ses responsabilités pour expérimenter ses solutions messianiques unilatérales en vue de permettre au peuple, seul détenteur de la souveraineté nationale, de lui appliquer la sanction appropriée ».
Sévère réquisitoire
La décision de suspension de la grève voulue par la Csa-Bénin, la Cgtb et la Csub est loin d’être le fruit d’un quelconque consensus avec le gouvernement, eu égard aux négociations en cours depuis plusieurs semaines. Il s’agit plutôt pour les syndicalistes, si on s’en tient à la déclaration, de prouver leur bonne foi et de dégager leur responsabilité si l’année venait à être perdue dans les écoles. « Non à une année blanche voulue et planifiée par le gouvernement », ainsi s’intitule cette déclaration à travers laquelle les trois organisations sus citées tournent dos à la grève en faisant le constat que « notre administration et notamment les secteurs de l’éducation, de la santé et de la justice ont été sérieusement secoués ».
Dans cette affaire, les syndicalistes semblent avoir très mal pris la réaction du gouvernement. « Au lieu de mettre sa foi dans un dialogue franc et sincère, il s’est illustré dans un déni de droit et une expérimentation diabolique de tortures et d’actes attentatoires aux libertés individuelles et collectives », déplorent-ils dans la déclaration. « Mépris, humiliation, infiltration en vue de déstabilisation, réquisition à tour de bras, limogeages, lynchages médiatiques, intimidations, trafic d’influence de tout genre, menaces », leur auraient été opposés sans oublier « le traitement partiel et parfois expéditif des revendications, objets de la motion de grève en raison de l’emprise étouffante de la ruse et de la rage sur les négociations tant au niveau sectoriel que central », lit-on également dans cette déclaration.