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Nouvelles

Benjamin Hounkpatin, ministre de la Santé : « L’avortement restera toujours comme un dernier recours »
La loi n°2021-12 modifiant et complétant la loi n°2003-04 du 03 mars 2003 relative à la santé sexuelle et la reproduction, adoptée par les députés, à leur unanimité, dans la nuit du mercredi 20 au jeudi 21 octobre dernier, n’encourage nullement les avortements. Lesquels restent, bien au contraire, comme l’ultime recours, surtout lorsque la grossesse est susceptible d’aggraver ou d’occasionner une situation de détresse matérielle, éducationnelle, professionnelle ou morale incompatible avec l’intérêt de la femme et/ou de l’enfant à naître. Le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, qui accueille à cœur joie l’adoption de ce texte, a fait cette clarification à la faveur d’un point de presse qu’il a donné juste à l’issue de la séance plénière au palais des gouverneurs à Porto-Novo. Il a dit tout le bien-fondé de ce texte qui vient soulager les peines de nombreuses femmes qui, face à la détresse d’une grossesse non désirée, se trouvent obligées de mettre leur vie en jeu par des pratiques d’interruption de grossesse dans des conditions non sécurisées. « L’acte que la Représentation nationale vient de poser sera à coup sûr très bien accueilli par l’ensemble du personnel médical qui, au quotidien, est confronté à la prise en charge des complications d’avortements qui aboutissent souvent à des mutilations ou des pertes en vie humaine. Et ces pertes en vie humaine concernent souvent des femmes qui sont encore dans la fleur de l’âge », indique Benjamin Hounkpatin. Pour lui, le texte modifié doit être perçu comme une mesure de santé publique dont l’unique objectif est de sauver la santé et la vie de la gent féminine qui perd près de 200 d’entre elles au Bénin chaque année des suites des complications liées à l’avortement. Le ministre précise qu’avec le vote de cette loi, le recours à l’avortement peut se faire à la demande de la gestante dans des conditions bien précises. «L’interruption volontaire de grossesse restera comme un dernier recours », insiste le conférencier. Il rassure que le gouvernement s’attèlera à poursuivre le travail sur le renforcement de la prévention des grossesses non désirées à travers les ressorts tels que l’éducation de base, les efforts de communication sur la sexualité, la disponibilité et la promotion des services de contraception, la promotion de l’éducation sexuelle intégrée dans les collèges et les universités et les efforts pour une parentalité responsable. Mieux, des actions de communication sont programmées dans le but de vulgariser la loi afin que chacun puisse jouir pleinement de ces droits. Le gouvernement poursuivra également l’assainissement du secteur de la santé à travers la promotion des soins de qualité et la mise en place d’un arsenal juridique innovant qui répond efficacement aux défis du secteur, souligne Benjamin Hounkpatin qui informe que son département travaille déjà sur les décrets d’application de la loi adoptée. Le ministre de la Santé avait à ses côtés sa collègue en charge des Affaires sociales, Véronique Tognifodé. Actualités 25 oct. 2021


Éditorial de Paul Amoussou : Mutation sociétale
Selon le rythme qu’il s’est donné, le régime Talon déroule sa batterie de mesures visant à honorer son engagement d’œuvrer pour une profonde transformation du Bénin. Dans cette dynamique, il y a eu les réformes structurelles, celles politiques...Même nos états d’esprit subissent une certaine mutation pour nous mettre au diapason des exigences que requiert le progrès. Est venue l’ère des réformes sociales, celles qui impactent notre vie sociale, nos comportements sociétaux. Ce sont plus les réformes politiques, qui ont fait grincer les dents et conduit à des crispations et tensions. Les changements politiques provoquent des tensions et même des guerres parce qu’ils touchent aux intérêts des politiciens, à leurs petites commodités, à toutes ces petites choses qui leur assurent rentes et flattent leurs égos, et auxquelles, habitués, ils tiennent tant qu’ils ne supportent aucun changement , même de nature progressiste. Les changements sociaux, pour ne pas dire sociétaux, sont plus difficiles à accomplir en raison de ce qu’ils touchent directement ce qu’il y a de plus ancré en nous au point de leur vouer un tel culte qu’il n’est pas facile d’y toucher sans soulever la désapprobation générale, les récriminations des lobbies qui se targuent de représenter la société. Au-delà de nos habitudes, voire nos us et coutumes, c’est parfois notre foi que tout changement envisagé vient heurter. Ce qui rend toute réforme en la matière complexe. Difficile, dans ces conditions, et même périlleux, pour tout gouvernement qui essaye d’introduire de nouvelles normes. Mais le monde change, des problèmes et défis nouveaux apparaissent. Les normes doivent suivre ces évolutions, pour continuer à se conformer aux habitudes, et apporter des réponses adéquates aux enjeux qui se posent aux sociétés modernes. C’est le sens qu’il convient de donner aux nombreuses réformes entreprises par le gouvernement Talon et qui prennent corps depuis peu. Et qui, sans surprise, font débat. Ces réformes visent cependant à renforcer le statut de la femme dans une société béninoise plutôt phallocratique où le mâle, proéminent à tout point de vue, est roi ! Aussi, plus de champ est-il désormais donné pour la répression des violences basées sur le genre, pour que la femme dispose de plus de contrôle sur son corps en matière de santé reproductive notamment, et jouisse d’un droit égalitaire à celui de l’homme vis-a-vis de sa progéniture, etc. Le débat et les récriminations qui y sont attachés ne remettent pas en cause ces réformes, mais témoignent plutôt de leur pertinence, car la houle que ces mutations soulèvent est la preuve qu’une corde sensible est touchée...Et qu’il ne faut pas s’arrêter sur les réactions épidermiques, mais aller jusqu’au bout des mutations qu’impose la société, la nôtre en l’occurrence, elle aussi en pleine mutation l Actualités 25 oct. 2021


Circuit Itf des 18 ans et moins de l’Afrique de l’Ouest et du Centre : les hostilités lancées demain
Une soixantaine de tennismen des deux catégories, filles et garçons, de l’Afrique de l’Ouest et du Centre vont prendre part du 26 au 31 octobre prochain au Tennis club de l’Amitié de Cotonou au Circuit Itf des U18. Il s’agit pour les athlètes de glaner des points afin d’améliorer leur classement mondial (ranking mondial). Éliminé en quart de finale, après un match âprement disputé contre le Français Dominique Rolland, tête de série n°2 à Lomé, le numéro n° 1 junior béninois, Prince Gandonou promet de prendre sa revanche à Cotonou. Signalons que cette compétition se déroulera à huis clos avec le pass sanitaire. Sports 25 oct. 2021


Éditorial de Paul Amoussou : L’éducation sexuelle
«Il est difficile de fermer les yeux sur les 200 Béninoises qui meurent chaque année des suites des complications des avortements non sécurisés et sur les centaines d’autres qui, chaque année en sortent mutilées à vie.» Cet argumentaire du ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin face aux députés est effarant, mais bien à propos. Et il est difficile de s’y montrer indifférent, car il met en relief les dégâts des avortements opérés par les faiseurs d’ange et autres. Dans son exhortation à voter les dispositions nouvelles réglementant l’interruption volontaire de grossesse, à travers la loi N° 2021-12 relative à la modification de la loi N° 2003-04 du 3 mars 2003 sur la santé sexuelle et la reproduction, il a su trouver les points d’ancrage, les mots justes pour exposer sur l’acuité du problème. Une question de santé publique face à laquelle la puissance publique ne pouvait se permettre de faire la politique de l’autruche, car faire comme si de rien n’était, c’est faire un choix irresponsable. Et l’on sait qu’il n’est pas dans l’Adn du gouvernement actuel de faire l’option de la démission, de reculer face à la difficulté, quitte à prendre l’opinion nationale, voire internationale à rebrousse poil pour mieux triompher d’elle à terme. En l’occurrence, ce n’est pas simple de choisir de légiférer sur une question aussi sensible que l’interruption volontaire de grossesse, dans une société comme la nôtre où ‘’vidôlé’’, l’enfant est pourvoyeur de plus-value. Une société qui, plus est, se veut puritaine...puritaine de façade et, sur la question, voue aux gémonies toute hardiesse libérale. Aussi, fallait-il un certain courage politique pour gratter le vernis de l’hypocrisie ambiante, entendue et attendue comme on l’observe actuellement. Hypocrisie car l’avortement, sujet très sensible mais surtout tabou, ne le devient plus lorsqu’il interpelle directement: du fait de l’inconduite ou de l’égarement d’une enfant, trop jeune pour porter une grossesse, ajouté à cela les cas de viol ou d’inceste ...Les consciences et croyances se dissipent vite lorsqu’on se trouve directement concerné, partagé entre le choix d’interrompre et de faire porter à son terme une grossesse à une enfant dont ni le corps ni les facultés ne sont encore aptes à l’éventualité de la gestation qui, dans le cas de la loi béninoise, ne peut être d’ailleurs interrompue que dans des conditions rigoureusement bien déterminées. C’est dire que la législation actuelle est opportune et est loin d’être la porte ouverte à toutes les libertés avec la gestation. Que ses détracteurs lui opposent leur foi, cela va de soi. Mais bientôt 50 ans après la loi Simone Veil, c’est la vision pragmatique de celle-ci qui a résisté au temps. Tout comme la détermination de Robert Badinter à bannir la peine de mort de l’arsenal juridique français contre vents et marées il y a de cela 40 ans. Cela étant, comme l’exprime bien Benjamin Hounkpatin, « Prenons la loi, mais éduquons ! Eduquons ! Eduquons !». Et il a là-dessus aussi raison. Une éducation sexuelle bien portée par les parents au profit d’une génération qui s’intéresse précocement au sexe, rendrait inutile le contenu de la loi qui fait actuellement débat. Actualités 22 oct. 2021


Accord de partenariat Fagace-Cdcb : d’heureuses perspectives pour le financement des Pme
Le Fonds africain de garantie et coopération économique (Fagace) a signé, ce lundi 18 octobre dans ses locaux à Cotonou, un accord de partenariat avec la Caisse des dépôts et consignations du Bénin (Cdcb). Objectif: répondre aux besoins de financement de l’économie béninoise. Les Petites et moyennes entreprises (Pme) et les Petites et moyennes industries (Pmi) du Bénin peuvent désormais compter sur le Fonds africain de garantie et coopération économique (Fagace) et la Caisse des dépôts et consignations du Bénin (Cdcb) pour leur financement. La signature des documents formalisant le partenariat entre les deux structures a été faite, ce lundi, à Cotonou. A l’occasion, Ngueto Tiraïna Yambaye, directeur général du Fagace, a fait observer que ce nouveau partenariat intervient « dans un environnement économique, social et financier difficile accentué par les conséquences de la pandémie de Covid-19 ». Une situation qui nécessite que soient mises en place « des synergies pour soutenir le gouvernement dans sa politique pour un développement inclusif ». Ce partenariat, a-t-il poursuivi, scelle l’engagement des deux institutions de travailler ensemble pour impulser le financement de l’économie béninoise à travers les projets structurants du gouvernement et des collectivités territoriales, les projets de développement des Pme et Pmi. De façon spécifique, cet accord de partenariat permettra au Fagace d’accorder des garanties aux Pme/Pmi dans le cadre de la mobilisation de ressources, de mettre en place des contre-garanties avec la Cdcb ou être co-garant avec elle pour le financement des projets des Pme/Pmi. En vertu de ce partenariat, le Fagace pourra aussi informer et associer la Cdcb à des projets structurants nécessitant des financements et/ou des garanties, voire solliciter et impliquer cette dernière dans la mise en œuvre des produits visant le développement des Pme/Pmi au Bénin. Accompagner les Pme/Pmi Dans le cadre de ce partenariat, la Cdcb s’engage à accompagner les projets dédiés au développement des Pme/Pmi ainsi que des collectivités territoriales, à contribuer au financement direct et/ou indirect des Pme/Pmi dans les secteurs prioritaires retenus par le gouvernement. Elle devra également soutenir le Fagace, si nécessaire, pour contre-garantir ou co-garantir certains projets de grande envergure et à fort potentiel pour l’économie béninoise et explorer avec le Fagace d’autres possibilités de gestion de ses ressources. « Ensemble, nous pourrons valoriser nos expertises pour de meilleurs résultats », a martelé Ngueto Tiraïna Yambaye en s’adressant à son homologue. En dehors du cadre national, c’est le tout premier accord de partenariat que conclut la Cdcb avec une institution financière internationale. Pour Létondé Brice Houéton, directeur général de la Cdcb, sa structure fera aux côtés du Fagace ses premières armes en matière de financement et de garantie de projets. « Notre ambition est de travailler ensemble pour financer le développement des Petites et moyennes entreprises », a-t-il fait savoir. Mieux, il a assuré que cet accord cadre parfaitement avec la « philosophie de la caisse qui est celle de la complémentarité et de la subsidiarité ». « Nous travaillons à accompagner le système financier tant local que régional à se consolider et à mieux jouer son rôle », a précisé le directeur général de la Cdcb avant d’assurer de la disponibilité de son équipe pour la mise en œuvre efficace de ce partenariat.   Par Alain Allabi Société 22 oct. 2021


Dr Raphaël Totongnon au sujet de la loi sur l’avortement: « Les filles pourront désormais avoir droit à un choix responsable »
Dr Raphaël Totongnon, coordonnateur du projet Plaidoyer pour l’avortement sécurisé du Collège national des gynécologues obstétriciens du Bénin, se prononce sur la relecture de la loi 2003-04 du 3 mars 2003 relative à la santé sexuelle et à la reproduction, qui élargit les conditions d’accès à l’avortement. La Nation : Comment appréciez-vous la relecture de la loi 2003-04 du 3 mars 2003 intervenue au parlement dans la nuit du mercredi 20 octobre ? Dr Raphaël Totongnon : Ce n’est pas gagné d’avance. C’est un acte des députés qui ont appréhendé l’ampleur du problème, au même titre que le gouvernement qui a voulu donner cette chance à nos filles, qui meurent dans le silence pour des causes qu’on peut éviter. Elles pourront désormais avoir droit à un choix responsable. Le protocole de Maputo, de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, demande à tous les Etats membres de l’Ua de garantir aux femmes de leurs pays, l’accès au service d’avortement. Le Bénin a ratifié ce protocole, mais la loi de 2003 était restrictive et n’offrait cette chance qu’à une femme sur cinq. Que gagne le Bénin avec le vote d’une telle loi ? C’est une grande opportunité pour le pays. Nous devons commencer par remercier le gouvernement qui a apprécié l’ampleur de la situation. L’avortement est un fléau et lorsqu’il est clandestin, il peut causer la stérilité, des hémorragies non maitrisées entrainant la mort. Au Bénin en 2018, il a été révélé par une étude conduite par le ministère de la Santé que 200 femmes meurent pour raison d’avortement clandestin. Une autre étude qui date de 2016, effectuée toujours par le même ministère, révèle que 1 500 femmes meurent pour une cause liée à l’accouchement et à l’avortement. Alors que nous sommes tenus par les engagements internationaux. Les Nations Unies demandent à tous les pays, au titre des Objectifs de développement durable (Odd 3) relatifs à la santé et au bien-être pour tous, de ramener le taux de mortalité à 70 décès maternels sur 100 000 naissances vivantes d’ici 2030. A cette échéance, si le Bénin peut être déjà à 123, au lieu de 395 comme c’est le cas actuellement, selon l’Enquête démographique de santé 2018-2022, le pari serait gagné. Avec le vote de la présente loi, nous pensons que la réduction de la mortalité maternelle au Bénin va s’accélérer. Quelle est la part de l’avortement clandestin dans les taux de décès maternels ? Déjà, face à un tel tableau, vous êtes obligés en tant que gouvernants de prendre des mesures fortes, qui permettront de réduire la mortalité des femmes pour une cause qu’on pourrait éviter. Dans le plan opérationnel de réduction de la mortalité maternelle et néonatale 2018-2022, les décès par avortement clandestin ont été cités comme la troisième cause de décès des femmes en République du Bénin. La première cause l’hémorragie, la seconde l’éclampsie. Des efforts sont entrepris pour minimiser les décès liés à ces deux causes par les gouvernements successifs à travers la mise en place des Soins obstétricaux néonataux d’urgence (Sonu), mais nous n’avons pas réussi à tenir le pari. Le gouvernement a donc décidé d’agir sur la troisième cause. Mais l’environnement juridique sur l’avortement est caractérisé par les dispositions de la loi 2003-04 du 3 mars 2003 relative à la santé sexuelle et la reproduction. En son article 17, les conditions dans lesquelles une femme portant une grossesse non désirée, peut accéder à l’Interruption volontaire de cette grossesse (Ivg) ont été énumérées. Il s’agit notamment d’une grossesse issue d’un viol ou d’un inceste, un bébé malformé révélé par l’échographie, ou lorsque la poursuite de la grossesse va menacer la vie ou la santé de la mère. C’est pourquoi, cette loi ne résolvait le problème que pour une femme sur cinq portant une grossesse non désirée. Les quatre autres femmes qui n’y ont pas accès, se réfèrent aux charlatans, aux apprentis sorciers qui se font passer pour des agents de santé, des amis qui leur donnent des potions magiques à boire ou à introduire dans le sexe et les dégâts s’ensuivent. Lorsqu’on met ensemble le nombre de femmes qui meurent par an soit 1500 en voulant donner la vie, les 200 qui meurent pour cause d’avortement clandestin par an, on constate que dans notre pays, 4 à 5 femmes continuent de mourir par jour pour des causes évitables. Or, ce sont les restrictions de la loi sur l’avortement qui encouragent son caractère clandestin. Le gouvernement en initiant ce projet de loi qui a été voté a pris la mesure de la situation pour réduire la mortalité maternelle. Quelles sont les innovations de la loi ? En dehors des trois conditions qui étaient prévues, lorsque la femme est dans des conditions de détresse matérielle, professionnelle et éducationnelle non seulement pour elle-même mais pour l’enfant à venir, elle peut demander une Interruption volontaire de grossesse (Ivg). Et pour apprécier les caractères de la détresse, plusieurs acteurs vont intervenir. Donc, un avortement ne sera plus jamais l’affaire des seuls médecins ou sages-femmes qui vont rester dans leurs quatre murs pour opérer. Cela fera appel à plusieurs ministères sectoriels dont les cadres vont s’asseoir pour élaborer les décrets d’application de la nouvelle loi. Il y a eu également des innovations sur l’adoption d’une méthode contraceptive, et la contraception est rendue gratuite. Sur ce plan, la cible 7 de l’Odd 3 est celle qui va évaluer tous les pays, d’ici 2030 par rapport aux prouesses que nous avons faites en matière de prévalence d’adoption de méthode contraceptive. Malheureusement, dans notre pays jusqu’en 2019, le taux de prévalence contraceptive était encore en-dessous de 18 %, alors que les Nations Unies, selon l’agenda 2030, demandent à tous les pays d’être entre 55 % et 65 %. La Tunisie qui a ouvert l’avortement sans limite du terme de la grossesse, a un taux de prévalence en décembre 2020 qui est déjà de 62 %, dix ans avant l’échéance des Nations Unies. Nous avons encore une bataille à faire à ce niveau afin de multiplier les stratégies et permettre à un grand nombre de femmes d’adhérer aux méthodes contraceptives lorsqu’elles ne sont pas prêtes pour porter une grossesse. Parce que les décès par rapport à l’avortement clandestin, c’est qu’à l’origine, il y a une grossesse non désirée. Pourquoi ne pas prévenir la grossesse non désirée en allant adhérer en amont aux méthodes contraceptives. Actualités 22 oct. 2021


Code des personnes et de la famille : Onze articles et le chapitre 1er du livre III modifiés (L’enfant peut désormais porter les noms de famille de ses père et mère)
Les députés ont adopté ce jeudi, la loi n° 2021-13 modifiant et complétant la loi n°2002-07 du 24 août 2004 portant Code des personnes et de la famille en République du Bénin. L’avènement de cette loi vise à consacrer davantage l’égalité de droits entre l’homme et la femme et adapter le code des personnes et de la famille aux réalités sociologiques béninoises en matière de fiançailles. Il ressort des onze dispositions et du chapitre 1er du livre III du code modifié et complété que l’enfant peut porter désormais soit le nom du père, soit le nom de la mère, soit leurs deux noms accolés dans l’ordre choisi par eux, dans la limite d’un nom de famille pour chacun d’eux. En l’absence de déclaration conjointe à l’officier de l’état civil mentionnant le choix de l’enfant, celui-ci prend le nom de celui des parents à l’égard duquel sa filiation est établie en premier lieu et le nom de son père si sa filiation est établie simultanément à l’égard de l’un et de l’autre. En cas de désaveu de paternité, l’enfant porte le nom de sa mère. En cas de mariage, chaque époux conserve son nom ou prend celui de son conjoint ou adjoint le nom de celui-ci au sien. Il en va de même pour la veuve ou le veuf. Le conjoint divorcé peut continuer de porter le nom de son ancien époux. L’article 113 nouveau dispose que la connaissance mutuelle des familles par la présentation réciproque de celles-ci vaut promesse de mariage entre un homme et une femme. Au terme de la connaissance mutuelle des familles, les deux partenaires qui y ont consenti deviennent des fiancés. Chacun des fiancés, prévoit la loi, a le droit de rompre unilatéralement les fiançailles. Toute rupture abusive constatée par le juge peut donner lieu au paiement de dommages-intérêts conformément au droit commun. Mais en aucun cas, les dépenses occasionnées par la connaissance mutuelle des familles ne peuvent faire l’objet d’un remboursement ou d’une indemnisation. Chacun des futurs époux doit consentir personnellement aux fiançailles. Mais en aucun cas, le mineur ne peut être fiancé, nuance la loi. La femme divorcée ou veuve peut, sans délai, se remarier dès lors qu’elle administre la preuve qu’elle ne porte pas de grossesse de son précédent mariage. Aux termes de la loi, les actes de naissance établissant l’état civil des personnes avant l’entrée en vigueur de la loi peuvent, à la requête de toute personne intéressée, faire l’objet de rectification et d’adjonction de nom en vue du bénéfice des dispositions de cette loi. Autrement dit, le législateur a décidé de rendre le texte rétroactif. Aucun tort aux us et coutumes Les parlementaires ont jugé pertinente l’initiative du gouvernement qui a introduit le projet de loi pour réviser le Code des personnes et de la famille datant déjà d’une vingtaine d’années. Ils saluent surtout le renforcement du principe d’égalité des sexes que promeut le texte en permettant à l’enfant de porter également le nom de famille de sa mère lorsque celle-ci en exprime le besoin. L’honorable Nassirou Arifari Bako a émis quelques inquiétudes concernant notamment le fait de permettre à une femme divorcée de continuer à porter le nom de son ex-époux même après la rupture du mariage tant qu’elle n’a pas désiré le changer. Mais le président de la Commission des Lois, Orden Alladatin, qui a présenté le dossier, le ministre en charge de la Justice, Me Séverin Quenum, et sa collègue en charge de la Famille, Véronique Tognifodé, ont tenu à rassurer les uns et les autres. Pour eux, cette loi tient de la modernisation du Bénin qui doit se mettre au diapason des réalités de l’heure. La réforme ne crée aucun tort aux us et coutumes de la société béninoise. Bien au contraire, elle vient contribuer à une justice sociale au nom de l’égalité entre l’homme et la femme. Mais les explications n’ont pas certainement convaincu le député Nassirou Bako Arifari qui a exprimé un vote abstention. En dehors de lui, tous ses autres collègues ont voté en faveur de l’adoption du texte. La séance plénière a été dirigée par le président de l’Assemblée nationale, Louis Vlavonou?   Actualités 22 oct. 2021


Programme d’assainissement pluvial de Cotonou : démarrage imminent des travaux dans les 9e et 13e arrondissements
Six bailleurs de fonds prennent part au financement du Programme d’assainissement pluvial de Cotonou (Papc) pour un montant total de 253 milliards de francs Cfa. La cérémonie de signature du contrat d’exécution des travaux financés par l’Agence française de développement (Afd) s’est tenue, ce mercredi 20 octobre à l’Agence du Cadre de vie à Cotonou. « Plus qu’une ambition, c’est une véritable vision au profit du développement urbain, donc du cadre de vie de la majorité des Béninois… », a déclaré le ministre du Cadre de vie, José Tonato, à la signature du contrat des travaux à réaliser au titre du financement de l’Agence française de développement (Afd). Sogea Satom, l’entreprise adjudicataire, interviendra dans le bassin XX situé dans la partie Nord-Ouest de Cotonou, qui comporte les quartiers de Mènontin (9e arrondissement), d’Agla (13e) et une partie de Godomey dans la commune d’Abomey-Calavi, sur une superficie de 524 ha. Le président de l’Agence d’exécution des travaux urbains (Agetur), maître d’ouvrage délégué, Lambert Koty, indique que les ouvrages projetés sont notamment la construction de bassin de rétention sur 8 935 mètres linéaires, d’un collecteur cadre de 115 mètres linéaires, le pavage et l’aménagement de voirie sur 5 124 mètres linéaires. Ce contrat financé par l’Agence française de développement s’élève à un montant total de 23 300 174 040 francs Cfa hors taxes, et les travaux démarrent en novembre 2021, pour un délai contractuel de 15 mois. Une vision globale de l’aménagement « Un assainissement de cette ampleur dépassant largement les 250 milliards de francs à mettre en œuvre, en si peu de temps, au niveau d’une ville, c’est quelque chose de très valorisant. L’asphaltage est allé jusqu’aux villes secondaires, l’assainissement va vers les villes secondaires... », souligne le ministre du Cadre de vie, José Tonato, avant d’ajouter: « C’est dans une démarche de structuration de tout le territoire national, conscient que le développement des différents territoires va faire le développement de l’ensemble du pays. Et au cœur de cela, nous avons une démarche qui promeut le développement de la ville durable, résiliente au changement climatique ». En termes d’existant, la zone d’intervention de l’entreprise adjudicataire, Sogea Satom, est constituée entre autres d’un bassin de rétention naturel présentant cinq sous-bassins dans lesquels l’écoulement se fait à très faible débit et où les lits majeurs sont remblayés au fil du temps pour faire place à quelques habitations et tas d’ordures. On y distingue quelques ouvrages d’équilibre et des amorces d’ouvrages d’assainissement. Une large mobilisation des bailleurs A en croire le président de l’Agence d’exécution des travaux urbains (Agetur), maître d’ouvrage délégué, Lambert Koty, le Programme d’assainissement pluvial (Papc) constitue un pas de géant par rapport aux programmes antérieurs d’assainissement. A terme, il sera réalisé 51 km de nouveaux collecteurs primaires toutes catégories confondues, 59 km de pavage de rues et environ 125 km de caniveaux latéraux pour un coût global estimé à 253 milliards de francs Cfa. Au titre des bailleurs, il y a entre autres, la Banque mondiale, l’Agence française de développement (Afd), la Banque européenne d’investissement (Bei), la Banque ouest africaine de développement (Boad), la Banque africaine de développement (Bad), la Banque islamique de développement (Bid). «Jamais aucun programme d’assainissement n’a suscité autant d’adhésion des bailleurs de fonds par le passé dans notre pays », en déduit le président directeur général de l’Agetur, Lambert Koty. Actualités 21 oct. 2021


Assemblée nationale : la loi sur les infractions à raison du sexe approuvée
L’Assemblée nationale a adopté ce mercredi 20 octobre, la loi n°2021-11 portant mesures spéciales de répression des infractions commises à raison du sexe et de protection de la femme en République du Bénin. Le texte a été adopté à l’unanimité des députés. (La Criet pour assurer la répression) Aux termes de la loi n°2021-11 portant mesures spéciales de répression des infractions commises à raison du sexe et de protection de la femme au Bénin adoptée ce mercredi par le Parlement, constituent une infraction à raison du sexe d’une personne, les infractions pour la commission desquelles le sexe de la victime est la considération préalable. Il s’agit des faits de harcèlement sexuel, d’agressions sexuelles, de viol, de mariage précoce, de mariage forcé, des mutilations génitales féminines, des violences aggravées sur la femme ou la fille. La répression de ces différentes infractions est confiée à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet). La juridiction spéciale est compétente pour connaitre des cas de viol sur mineurs de moins de 13 ans ; l’atteinte sexuelle sur mineurs de moins de 13 ans ; le harcèlement commis par un enseignant sur son apprenant ; le mariage forcé et le mariage précoce. Il est prévu la création au niveau de la Criet, d’une chambre de jugement des infractions à raison du sexe des personnes et une chambre des appels des jugements rendus en matière d’infraction à raison du genre. L’Institut national de la Femme sera chargé d’assurer la promotion et la protection de la gent féminine. Doté de personnalité juridique et d’autonomie de gestion, cet établissement public peut dénoncer et suivre, seul ou concurremment avec les victimes, toute action pénale qu’il juge nécessaire en se constituant, le cas échéant, partie civile dans les procédures relatives aux infractions commises à raison du sexe, sans qu’il puisse lui être opposé un défaut de qualité ou d’intérêt. Plusieurs députés, dans le débat général, ont salué la pertinence de la loi en faveur des femmes qui constituent plus de 52% de la population. Car, le texte vient améliorer l’arsenal juridique qui protège cette catégorie de personnes. Toutefois, certains parlementaires dont Léon Aden Houessou se disent inquiets. Car, selon eux, cette loi va engendrer un engorgement de la Criet qui sera désormais inondée de dossiers de viol, de harcèlement et autres. Mieux, estiment-ils, il y a un risque de décrochage des élèves pour défaut de moyens. Des inquiétudes dissipées Car, les personnes généreuses qui avaient l’habitude de soutenir les apprenantes issues des familles pauvres peuvent être désormais prudentes de peur de voir leur action sociale retourner contre elles un jour. Des députés craignent aussi un risque de règlement de compte à travers l’adoption de cette loi. Tout en soutenant aussi la loi, le député Augustin Ahouanvoèbla a souhaité que la répression soit étendue aux autorités religieuses, notamment les prêtres, les imams, les responsables des cultes endogènes pour prévenir les déviances et autres abus sexuels qui peuvent avoir lieu également dans ces milieux. Rosine Dagniho embouche la même trompette pour voir la loi prendre en compte également l’Armée, la Police, la Douane et toute l’administration publique où il y a des liens de subordination professionnelle. Les députés ont recommandé la vulgarisation de la loi surtout envers les cibles pour son efficacité. Le président de la Commission des Lois, Orden Alladatin, précise que la loi en examen ne concerne pas que la femme. Elle prend en compte les deux sexes. Le texte réprime à la fois les infractions commises à raison du sexe masculin ou du sexe féminin. Il rassure qu’il y a la loi 2011-26 portant répression des violences faites aux femmes qui règle les autres cas d’abus sexuels non pris en compte par la loi en examen. Les victimes d’agressions sexuelles au niveau des autres secteurs professionnels aussi bien publics que privés ne doivent pas avoir de souci à se faire. Le ministre de la Justice, Séverin Quenum, salue l’accueil favorable réservé par les députés à ce dossier. Il a tenté de dissiper leurs inquiétudes surtout par rapport à l’engorgement éventuel de la Criet. Selon le ministre, le gouvernement s’emploie à étoffer la juridiction spéciale en magistrats, greffiers et autres afin de prévenir tout débordement. Séverin Quenum rassure que la Criet a un caractère national. Elle peut se déplacer de son siège à Porto-Novo pour aller tenir des audiences foraines dans d’autres communes pour connaître des dossiers du ressort de sa compétence, précise-t-il. Actualités 21 oct. 2021


Fact-checking : Cette photo montre-t-elle l’inauguration d’un dos d’âne ?
Relayée sur les réseaux sociaux depuis quelques jours, cette photo serait prise au cours de la cérémonie d’inauguration de dos-d’âne d’une valeur de 204 millions de francs Cfa. Les vérifications faites par La Nation révèlent que l’image prise le 1er juin 2021 a été sortie de son contexte. Juste au pied d’un dos-d’âne, sur une piste latérite, on retrouve plusieurs personnalités en costume. Les publications faites sur Facebook et WhatsApp à compter du 8 octobre 2021 ne précisent pas le pays dans lequel se déroule cette cérémonie, encore moins la date. Il est juste mentionné qu’il s’agit de « l’inauguration du dos-d’âne quelque part en Afrique ». En revanche, un tweet de
Panthère Lacustre le 8 octobre 2021 tente de donner des précisions. « Ce jour dans la commune de Ntoum, la ministre déléguée à l'éducation nationale @CameliaLeclercq et un ancien PM @Pm_JulienNkoghe ont inauguré un dos-d'âne en présence d'une foule ». Si on s’en tient à la publication de Panthère Lacustre, l’inauguration en question a eu lieu le 8 octobre 2021 à Ntoum, une ville du Gabon, chef-lieu du département du Komo-Mondah, à 38 km de Libreville. Mais certains commentaires en réponse à ce tweet donnent des indices sur la réalité. C’est le cas de la réaction de Junior MAKOTY, un Gabonais, le 9 octobre 2021. « Rien n'est pire que le mensonge qui occulte la vérité. Sur cette photo datant de 4 mois, on montre à Mme le Ministre que les nouvelles pompes publiques seront sécurisées pour le passage des populations. Il s'agissait de la politique RSE de #CIMAF à NTOUM ». Fact che Le contexte réel Des recherches d’images inversées sur Google renvoient à des publications de certains médias gabonais dont 7 jours Info, début juin 2021. La légende d’une autre photo de la cérémonie précise qu’il s’agissait du « Ministre délégué de l’Éducation nationale Camelia Ntoutoume, l’ancien Premier ministre Julien Nkoghe Bekale, du Maire de la commune de Ntoum Juste Parfait Biyoghé, le Directeur Général régional de la zone 5 de la société, Salim Kaddouri avec d'autres autorités de la localité ». Contrairement à ce que relayent les publications virales, les faits remontent plutôt au 1er juin 2021. « Dans le cadre de sa politique de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE), la société marocaine Ciments de l’Afrique (CIMAF) a procédé à l’inauguration de la pompe publique réhabilitée d’Alarmitang dans la commune de Ntoum le 1er juin dernier pour mieux alimenter les habitants en eau potable. C’était en compagnie entre autres du ministre délégué de l’Éducation nationale Camelia Ntoutoume, de l’ancien Premier ministre et doyen politique de la commune Julien Nkoghe Bekale, tous deux natifs de la localité, du maire de la commune de Ntoum Juste Parfait Biyoghé », précise une publication du site gabonais 7 jours info. Le dos-d’âne retrouvé sur la photo n’était pas l’objet de l’inauguration. Mais, faisait partie des ouvrages réalisés en dehors de la pompe. « Les travaux livrés concernent la réhabilitation de la pompe publique avec la construction d’un abri, l’assainissement des lieux, le rajout de 3 points de puisard supplémentaires, le curage des caniveaux, la pose de dalots sur les caniveaux et la construction de 3 dos-d’âne de sécurité le long de la voie de cette zone très fréquentée », précise Direct info Gabon.       Actualités 21 oct. 2021


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