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Nouvelles

Trois questions à Christophe Houessionon, SG/Csub: « Ce n’est pas le jusqu’auboutisme qui était la préoccupation des militants »
[caption id="attachment_28737" align="alignnone" width="1024"]Christophe Houessionon[/caption]

Le secrétaire général de la Confédération des syndicats unis du Bénin (Csub), Christophe Houessionon, explique les raisons pour lesquelles trois centrales syndicales ont levé leur motion de grève entamée depuis le 16 janvier dernier. Ainsi, la Csa-Bénin, la Cgtb et la Csub rejoignent la Cspib pour sauver l’année scolaire.

La Nation : Monsieur le secrétaire général de la Csub, vous avez levé votre motion de grève sans pour autant obtenir tout ce que vous réclamiez. Expliquez-nous.

Quand on observe la situation, ce n’est pas le jusqu’auboutisme qui était la préoccupation des militants. Depuis le 22 février 2018, s’il n’y avait pas cette affaire de défalcation, nos militants auraient déjà donné leur quitus pour que le gouvernement améliore un peu le petit acquis obtenu. Si le gouvernement avait accepté d’améliorer tout ça, il y a longtemps que nous aurions cessé avec la grève.

Qu’est-ce qui a alors motivé la décision des trois centrales syndicales d’hier ?

On avait suspendu les négociations avec le gouvernement à cause des questions préjudicielles relatives à la rétrocession des fonds défalqués pour fait de grève. Le gouvernement vient de marquer le dégel en payant intégralement aux fonctionnaires en grève, plus précisément aux enseignants, l’intégralité du salaire du mois de mars sans défalcation. C’est un acte de dégel, en plus du fait que nous-mêmes, en réalité, on n’est pas allés en grève pour blanchir l’année scolaire. Parce qu’il faut tenir compte des intérêts de la grande masse, du peuple tout entier. Autant nous sommes en train de revendiquer nos droits, autant nous devons tenir compte des intérêts du peuple pour lequel nous nous battons.
Nous sommes à une semaine des congés de fin du deuxième trimestre. Et nous avons estimé que les congés devant démarrer le 13 avril prochain, que toutes les six centrales syndicales se mettent d’accord pour la levée de la motion. Les discussions ont commencé depuis la semaine dernière. Sauf que d’aucuns estiment qu’il faut attendre la fin de cette semaine. Puisque nous avons déjà les textes prêts, on a estimé qu’il faut permettre aux enseignants de s’apprêter pour aller s’occuper des enfants. C’est pour ça que nous avons levé la motion à la suite de la rencontre de ce lundi.

Pouvez-vous nous faire le point des acquis à ce jour ?

Comme acquis, c’est grâce à la grève déclenchée depuis le 16 janvier dernier que nous avons obtenu le droit de grève pour tous les travailleurs. La goutte d’eau qui avait fait déborder le vase, c’était le retrait du droit de grève à certains travailleurs et nous, on a estimé que si on se taisait, les gens risqueraient de mettre un coup de frein à l’article de la Constitution qui nous donne ce droit-là. Je pense que la Cour constitutionnelle ayant sonné la fin de la récréation, le droit de grève est reconnu pour tout travailleur béninois. C’est le véritable acquis.
L’autre acquis, c’est qu’aujourd’hui le gouvernement a repris avec nous le dialogue. Ce qui reste, c’est que chacun de nous doit travailler pour que le dialogue soit sincère et franc. Depuis que le Smig a été revu à la hausse, son hiérarchisation n’a jamais été faite, maintenant le gouvernement a pris des dispositions et est entrain de convoquer la commission paritaire pour qu’elle statue sur cette question. C’est une commission tripartite composée du gouvernement, du patronat et des syndicats. Tout ça, c’est des acquis. Maintenant nos bases nous ont demandés de dire au gouvernement d’étaler les primes qu’il est entrain d’accorder, à savoir les 28 000 francs, sur deux arrêtés au lieu de six comme il envisage de le faire. Ce qui est sûr, c’est un petit acquis qui dénote de la volonté du gouvernement de prendre en compte les revendications.

Société 10 avr. 2018


An II de gestion du pouvoir de Patrice Talon: Le Fsp dresse un bilan peu reluisant de la gouvernance
[caption id="attachment_28736" align="alignnone" width="1024"]Le présidium lors du meeting[/caption]

A l’occasion des deux ans de l’exercice du pouvoir d’État par Patrice Talon, le Front pour le sursaut patriotique (Fsp) a animé une conférence publique à Cotonou, vendredi 6 avril, pour apprécier la gouvernance actuelle du Bénin.

Vendredi 6 avril dernier, cela fait deux ans que Patrice Talon, le président de la République a pris fonction. Pour marquer cet événement, l’opposition politique réunie au sein du Front pour le sursaut patriotique (Fsp) a animé à Cotonou une conférence publique. Lors des échanges, les leaders de ce Front ont présenté un bilan plutôt peu reluisant des deux ans du pouvoir de Talon. 

Selon le porte-parole de ce regroupement des forces de gauche, Jean Kokou Zounon, par ailleurs communiste, le "peuple" exprimerait, à la faveur des différentes manifestations de la célébration des deux ans de pouvoir du président de la République, son rejet de la gouvernance actuelle du pays et manifeste un désir acharné d’en finir avec.
Pour lui, les réflexions des membres du Fsp auraient abouti à un constat alarmant de la généralisation de la faim et de la misère dans tout le pays. Le porte-parole du Fsp affirme que la jeunesse est désespérée, du fait, souligne-t-il, de la « liquidation sauvage » des entreprises publiques et du licenciement de milliers de travailleurs. Il dénonce une presion fiscale qui serait « un acharnement contre les entrepreneurs nationaux ». Le Fsp soutient que les délégations de pouvoir dans l’administration de certaines structures de l’État pour une gestion efficiente seraient assimilables à une « dépendance accrue du pays vis-à-vis des monopoles étrangers ». Des actes qui frisent l’attentat à la souveraineté nationale, selon lui.
M. Zounon et compagnie aboutissent à la conclusion que la parole doit revenir au peuple. Lors de la conférence publique, vendredi dernier dans la salle de conférences de la Bourse du Travail, il y avait des élèves membres de l’Union nationale des scolaires et étudiants du Bénin (Unseb), une organisation satellite du Parti communiste du Bénin, des apprentis, des syndicalistes et quelques femmes revendeuses.
Soutenant ouvertement les grèves qui tendent à bloquer le fonctionnement de l’Administration publique, le Front pour le sursaut patriotique félicite travailleurs, artisans, paysans, jeunes, étudiants et élèves en lutte.

Société 10 avr. 2018


Dynamisation de la Cpao: Un défi pour les présidents de parlement de l’Afrique de l’Ouest
[caption id="attachment_28735" align="alignnone" width="1024"]Conférence des présidents d’Assemblée de l’Afrique de l’Ouest[/caption]

Tenue une première fois en mai 1999 à Accra, puis réitérée en septembre 2013 à Abuja, la Conférence des présidents d’Assemblée de l’Afrique de l’Ouest (Cpao) peine à s’inscrire définitivement au cœur des organisations interparlementaires. Pourtant, la vision à son origine la veut déterminante dans l’amélioration de la gouvernance et le processus d’intégration sous-régionale.

Favoriser l’intégration dans un cadre spatial élargi à toute l’Afrique de l’Ouest puis renforcer dans ce cadre les efforts et l’action des chefs d’Etat pour le développement et l’intégration sous-régionale. C’est ce à quoi la Conférence des présidents d’Assemblée de l’Afrique de l’Ouest (Cpao) est appelée. A sa genèse en mars 1998, l’idée émise par l’ancien président de l’Assemblée nationale du Burkina-Faso, Mélégué Traoré, et ses pairs, était que les chefs des parlements ouest-africains se réunissent en conférence une fois l’an à l’instar des chefs d’Etat et de gouvernement. Mais hélas ! Ce creuset s’est fait remarquer par une léthargie inquiétante, ne s’étant réuni que deux fois en deux décennies.Il va sans dire que cette organisation est peu connue, manque d’impact sensible sur le développement politique et économique de la sous-région avec une timide incidence sur les démocraties fragiles et menacées. La contribution des parlements ouest-africains à la résolution des problèmes sociaux, économiques et politiques est de plus en plus faible alors que le peuple a de plus en plus soif de voir ses représentants défendre ses intérêts. 

Ce creuset aurait pu constituer un cadre de concertation, d’échanges sur les défis de la gouvernance actuelle des pays et le rôle des représentants du peuple, et un vivier de partage d’expériences...
Invité par son homologue béninois, le président du Parlement togolais Drama Dramani l’a réaffirmé à l’hémicycle, ce lundi 9 avril, lors de la rentrée parlementaire de 2018.
Il a d’ailleurs relevé des préoccupations majeures sur lesquelles doivent se pencher les présidents de parlements ouest-africains. Entre autres, le rôle des parlements dans l’amélioration de la gouvernance économique et politique, le rôle des parlements dans la prévention des crises et la gestion des conflits… 
Les deux autres présidents de parlement, notamment celui du Niger et du Burkina Faso, n’ont pas manqué de soulever la nécessité de renforcer l’intégration régionale à travers des actions concertées. N’est-ce d’ailleurs pas ce à quoi invite le premier président du Ghana indépendant, Kwame Nkrumah, précurseur de l’intégration africaine quand il déclare : « Si nous voulons rester libres, si nous voulons profiter pleinement des riches ressources de l’Afrique, nous devons nous unir pour planifier notre défense totale et l’exploitation complète de nos moyens matériels et humains dans l’intérêt de tous nos peuples. Le faire seul limitera nos horizons, réduira nos attentes et menacera notre liberté » !

Société 10 avr. 2018


Maladies cardiovasculaires: Des exercices physiques pour prévenir le mal
[caption id="attachment_28733" align="alignnone" width="1024"]sport de masse, la marche[/caption]

Les cardiologues recommandent des activités et des exercices physiques réguliers pour prévenir les maladies cardiovasculaires et même sans médicaments. Toutefois, si les activités physiques sont sans aucun danger, la pratique de l’exercice physique nécessite une prescription médicale. Le professeur Barnabé Akplogan et le cardiologue Gildas Assogba expliquent les raisons de ces exigences.

Accomplir certains travaux domestiques relève des activités physiques qui font du bien à l’organisme du point de vue santé. C’est ainsi que toute personne qui s’affaire au ménage sans être statique est toujours en bonne santé. C’est pourquoi, le professeur Vincent Enagbo Avocètien témoigne ne jamais se lasser de laver lui-même son véhicule, faire la vaisselle, aider sa femme à faire la cuisine et même à faire le lit. « Depuis que j’ai compris que je ne dois plus rester tranquille et regarder les autres faire, je suis toujours en bonne santé », déclare-t-il. 

Le professeur Barnabé Akplogan explique que l’exercice physique est la pratique sportive qui permet d’améliorer la santé et qui doit être pratiquée selon une méthode bien précise. Les autres activités auxquelles l’on s’adonne au quotidien sont qualifiées d’activités physiques tout simplement. Le sport, explique-t-il, implique l’idée de compétition. Le professeur insiste sur l’importance de l’exercice physique dans la prévention de l’obésité qui est un véritable problème de santé publique. Des études réalisées à Porto-Novo, dit-il, montrent les bienfaits de l’exercice physique dans la solidité de la charpente osseuse et des lombalgies, des maux de reins chez les femmes hypertendues. « Mais autant la pratique de l’exercice physique est bénéfique autant elle peut s’avérer dangereuse si elle n’est pas exercée dans un cadre bien précis », souligne-t-il. Il a également insisté sur l’importance de contrôler la fréquence cardiaque, c’est-à-dire les battements du cœur lorsqu’on fait l’exercice physique. Car cette fréquence cardiaque ne doit pas dépasser certaines limites qu’on appelle fréquence maximale théorique et qui est appelé par la formule : (220 – l’âge de la personne). Lorsqu’on ne respecte pas ces règles, prévient-il, il peut avoir des accidents graves. Le professeur Barnabé Akplogan ne partage pas le fait que l’exercice physique se fait un peu partout dans les villes sans aucun contrôle. Car, s’indigne-t-il, ces milieux sont bien pollués de même que les salles de Gym qui ne sont pas aérées. « Le cœur ne bat pas indéfiniment et il est indispensable de connaître sa fréquence cardiaque maximale pour savoir quels types d’activités mener », renchérit le président de la Société des cardiologues du Bénin, Martin Houénassi qui insiste sur le fait que l’âge est un facteur essentiel dans les risques de maladies cardiovasculaires.

Apprécier l’intensité d’un exercice physique

En insistant sur les bienfaits de l’exercice physique qui s’intègre dans un cadre global de modification des comportements des malades, Barnabé Akplogan souligne que l’exercice physique doit être prescrit comme un médicament par le cardiologue ou un médecin de sport et donc doit être respecté par le malade au même titre que les autres médications qui sont recommandées.
A cet effet, le cardiologue Gildas Assogba déplore que les maladies cardiovasculaires soient les premières causes de décès dans le monde, mais se réjouit que la pratique de l’exercice physique soit un moyen efficace de prévention. Il définit les critères qui permettent d’apprécier l’intensité d’un exercice physique, notamment selon le niveau d’effort ressenti par la personne. Il y a, cite-t-il, des activités de faible intensité, d’intensité modérée, d’intensité élevé et d’intensité très élevée.
Selon les recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé (Oms), rapporte-t-il, pour avoir un corps sain, il faut avoir pratiqué une activité physique d’intensité modérée régulière et au moins pendant trente minutes et au moins cinq jours par semaine à composante plutôt dynamique que statique. Ainsi, la marche est un exercice physique pratique et idéal très simple à pratiquer et très peu coûteux, ajoute-t-il avant d’inviter les populations à reconnaitre leur bon niveau d’intensité physique lorsqu’elles pratiquent l’exercice physique. Il s’agit d’être capable de parler mais pas de chanter. Donc il faut avoir un niveau d’essoufflement moyen pour éviter des accidents lors des exercices physiques. En ce qui concerne des personnes qui souffrent les maladies du cœur, il est indispensable qu’ils aient un bilan cardiovasculaire avant de faire l’exercice physique.
Le cas des sportifs de haut niveau a été abordé. Dr Assogba définit l’athlète comme une personne qui pratique le sport à raison de 8 heures par semaine depuis au moins six mois. Ces athlètes avant de pratiquer le sport doivent avoir une licence et qui doit être délivrée après avoir eu un examen cardiovasculaire qui inclut notamment l’interrogatoire, l’examen physique et un électrocardiogramme.

10 règles d’or pour un exercice physique efficace

Le Club des cardiologues du sport de France a publié dix règles d’or à respecter.
La nécessité de faire un bilan cardiovasculaire avant de se remettre à la pratique du sport que tout individu de plus de 40 ans ; l’importance d’éviter de faire l’exercice physique lorsqu’il fait trop chaud ; l’importance de boire de l’eau pendant 3 ou 4 gorgées d’eau toutes les 30 min pendant qu’on pratique l’exercice physique ; l’importance de faire attention à un certain nombre de signe lorsqu’on est en train de faire l’exercice physique ; et notamment un cœur qui bat trop vite, un essoufflement anormal, des douleurs dans la poitrine et devant lesquels il faut s’arrêter et aller consulter. Il ne faut pas faire l’exercice physique lorsqu’on fait de la fièvre.

Santé 10 avr. 2018


Facilitation des échanges commerciaux entre le Bénin et le Niger: L’Uemoa forme usagers et acteurs des Pcj de Malanville
[caption id="attachment_28728" align="alignnone" width="1024"]sur le système des transports en transit sur le corridor de l’Uemoa[/caption]

Dans le cadre du Programme d’appui à la facilitation des échanges commerciaux entre le Bénin et le Niger, l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) forme acteurs et usagers des postes de contrôle juxtaposés (Pcj) de Malanville. Cette formation de deux jours qui vise à sensibiliser lesdits usagers et acteurs, et dont les travaux ont démarré, ce lundi 9 avril à Cotonou, est appuyée par l’Union européenne et assurée par le consultant en facilitation des échanges de l’Uemoa, N’guessan N’guessan

L’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) met en place les dispositifs pour faciliter les échanges commerciaux entre le Bénin et le Niger. Après inauguration des Postes de contrôle juxtaposés (Pcj) de Malanville dans le département de l’Alibori en 2014, la mise en service desdits Pcj a démarré. C’est à travers un atelier de formation des usagers et acteurs de deux jours dont les travaux ont été ouverts hier à Cotonou.
Durant deux jours, les différents usagers et acteurs participants de cet atelier de formation, seront sensibilisés sur le système des transports en transit sur le corridor de l’Uemoa, du Bénin au Niger. Ils auront des explications sur les conventions internationales et les accords bilatéraux et multilatéraux sur les échanges commerciaux entre le Bénin et le Niger ; les différentes institutions internationales intervenant dans la mise en application de ces conventions et accords. Aussi, auront-ils une présentation sur les Pcj de Malanville ; des solutions et recommandations pour la mise en œuvre de ces Pcj, de même que les stratégies de leur mise en œuvre.
Selon le consultant en facilitation des échanges de l’Uemoa, N’guessan N’guessan, un Pcj est une plateforme logistique où on rassemble des acteurs comme la Police, la Gendarmerie, la Douane, les services vétérinaires, les Eaux et Forêts qui font des contrôles au passage des frontières. Que ce soit du côté du Bénin ou du côté du Niger, tous ces acteurs sont désormais regroupés en un seul endroit. Ainsi, les tracasseries sont diminuées au niveau des frontières. Avec les Pcj, les contrôles qui duraient de deux à trois jours voire quatre jours selon le consultant en facilitation des échanges, seront désormais d’à peine 30 à 40 minutes.
La formation qui se déroule actuellement consiste à sensibiliser les différents usagers et acteurs sur l’existence de cette infrastructure avec des équipements qui permettent d’aller vite. N’guessan N’guessan souligne que la règlementation qui sert à faire le contrôle est en amont, c’est-à-dire que quand on quitte le port de Cotonou, tout ce qui est opération physique, tout ce qui est procédure ou tout ce qui est document est réglé avant d’arriver aux Pcj de Malanville. Autrement dit, on ne peut pas, souligne-t-il, apporter tout ce qu’il faut faire au port de Cotonou aux Pcj, ou tout ce qu’il faut faire à Niamey aux Pcj. Le résultat attendu, selon le consultant, est de faciliter au maximum le commerce régional par voie routière. C’est ainsi que le Bénin et le Niger ont été choisis pour donner une impulsion à ce commerce tant voulu par l’Uemoa et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao).

Actualités 10 avr. 2018


Diplomatie: De nouveaux axes de coopération entre le Bénin et le Venezuela

Le Bénin profite du séjour à Cotonou du vice-ministre des Relations extérieures pour l’Afrique du Venezuela pour faire le point de sa coopération avec ce pays et identifier de nouveaux centres d’intérêt communs aux deux pays. Ce lundi 9 avril au ministère des Affaires étrangères, les délégations des deux pays s’y sont penchées.

La coopération entre le Bénin et la République bolivarienne du Venezuela, vieille de plusieurs années, est toujours au beau fixe et ira se renforçant au cours des années à venir à travers la définition de nouveaux axes de coopération. Les deux pays en conviennent et en ont discuté à nouveau, ce lundi 9 avril à l’occasion de la visite à Cotonou du vice-ministre des Relations extérieures pour l’Afrique du Venezuela, Yuri Alexandre Pimentel. Aux côtés de ses collègues en charge de la Sécurité publique et de l’Enseignement supérieur, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération Aurélien Agbénonci s’est entretenu avec la délégation vénézuélienne dont l’ambassadeur Alejandro Israel Correa Ortega.
Les échanges entre les deux parties ont eu lieu à huis-clos. A la fin, un bref point de presse a été animé pour révéler le l'essentiel des discussions et expliquer le nouveau contrat relationnel entre le Bénin et la République bolivarienne du Venezuela. Pour Yuri Alexandre Pimentel, la coopération avec le Bénin prend des rides mais demeure toujours aussi solide. « Nous avons fait beaucoup de choses ensemble, construit des logements sociaux, implanté notre ambassade à Cotonou pour coopérer avec les autres pays de la sous-région », indique le vice-ministre vénézuélien. Ce qui est fait sera davantage amélioré et de nombreux autres domaines de coopération seront identifiés, assure-t-il. Et si d’aventure, le président Nicolás Maduro Moros était réélu, (ce qui semble évident selon lui), le Bénin et le Venezuela auront plus de facilité pour entreprendre ensemble et poursuivre leurs relations, garantit Yuri Alexandre Pimentel.
Fan de la coopération Sud-Sud, celui-ci penche en tout cas pour le renforcement de la coopération du Venezuela avec le Bénin, deux Etats amis et deux peuples frères, et croit déjà que le contexte s’y prête.
Aurélien Agbénonci, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, note que les relations entre les deux pays se consolident au fil des années et s’illustrent à travers la signature de nombreux accords de coopération. Deux autres ont été signés, ce lundi 9 avril, et portent sur la suppression des visas pour les porteurs de passeports diplomatiques et de service au niveau des deux pays, puis, sur la lutte contre le trafic des stupéfiants. Un troisième accord relatif à des facilités de formation dans les universités vénézuéliennes et des bourses aux Béninois sera aussi signé au cours du séjour à Cotonou du vice-ministre des Relations extérieures pour l’Afrique du Venezuela. « Notre gouvernement est très sensible à cette attention que vous nous portez », fera savoir le ministre Aurélien Agbénonci

Actualités 10 avr. 2018


Menaces de destitution à la mairie de Malanville: Dix-sept conseillers aux trousses d’Inoussa Dandakoè

Une menace de destitution plane depuis quelques jours sur la tête du maire de Malanville. Inoussa Dandakoè n’est plus en odeur de sainteté avec dix-sept conseillers qui réclament sa tête.

Faisant partie des départements qui ont été épargnés jusque-là par le vent de destitution de maires qui souffle sur les communes, l’Alibori est désormais sur le point d’être rattrapé. En témoigne la demande de convocation d’une session extraordinaire pour un vote de défiance déposée, ce lundi 9 avril, par 17 conseillers sur les 25 que compte la commune de Malanville.
Ils invitent le maire Inoussa Dandakoè à convoquer conformément aux dispositions de l’article 53 de la loi 97-029 du 15 janvier 1999, portant organisation des communes en République du Bénin, une session à l’effet de lui retirer leur confiance.
Entre autres griefs, ils lui reprochent sa gestion solitaire, sa gestion des ressources humaines et financières de la commune et la non-reddition de comptes. Il y a aussi un certain mépris des décisions du Conseil communal ainsi que sa mauvaise gestion des réserves publiques ou administratives de la commune par rapport auxquels ils ne comptent plus garder le silence, relèvent les conseillers frondeurs.
Autant de motifs pour lesquels, ils ont donc décidé de se lancer à ses trousses. La prochaine étape du processus les conduira devant le préfet de l’Alibori, Moussa Mouhamadou qui va tenter une médiation à la crise.

Politique 10 avr. 2018


Assassinat (5e dossier): La cause renvoyée pour exception d’inconstitutionnalité
[caption id="attachment_28724" align="alignnone" width="1024"]cour d’assises de la cour d’appel de Cotonou[/caption]

Dans le cadre de l’examen du cinquième dossier inscrit à son rôle, la cour d’assises de la cour d’appel de Cotonou a entamé les préalables pour juger mais la défense a soulevé des exceptions qui ont ralenti son élan. Le dossier dans lequel le ministère public poursuivait Dénadi Dovoédo et Gounou Adoundjo pour assassinat est renvoyé pour exception d’inconstitutionnalité.

L’exception d’inconstitutionnalité soulevée par la défense a conduit la cour à concéder le renvoi que ladite exception induit. Si Dénadi Dovoédo, l’un des deux accusés a brillé par son absence, la présence de Gounou Adoundjo, son complice a conduit le ministère public à demander la disjonction de son cas d’avec celui du premier. Cette demande n’a pas prospéré.
Conformément aux dispositions de l’article 122 de la Constitution, Me Yvon Détchénou, le bâtonnier de l’Ordre des avocats du Bénin, a soulevé l’exception d’inconstitutionnalité, quitte à voir le conseil de l’accusé absent participer aux débats, quand bien même son client serait absent en vertu de l’équité requise et recherchée dans le cadre d’un procès criminel.
Il a été appuyé par Me Saïdou Agbantou, également dans la cause, qui soutient : « Lorsque l’exception d’inconstitutionnalité est soulevée, les débats sont suspendus en attendant que la cour examine ou statue sur le point soulevé ».
La cour invite donc la défense à préciser son exception.
La défense aux intérêts de Dénadi Dovoédo évoque l’inconstitutionnalité des dispositions du Code pénal qui conçoit à voir juger un accusé absent sans la participation de son avocat. En vertu du droit à un procès juste et équitable, l’absence d’une personne poursuivie du crime le plus odieux n’oblige pas à écarter son conseil lors des débats, fait observer la défense.
La défense soulève l’exception d’inconstitutionnalité et cite les articles 120, 121 et 122 de la Constitution. Elle demande la libération de l’accusé présent.
Pour la défense, prenant en compte les circonstances de l’espèce, dans un procès pénal, la décision qui sera prise aura un impact sur le procès qui sera fait à Dénadi Dovoédo. La défense mérite d’être présente, soutient Me Yvon Détchénou.
Me Saïdou Agbantou déclare s’associer aux observations pertinentes du bâtonnier.
Pour le ministère public, la Cour constitutionnelle s’est déjà prononcée sur la matière. Il a cité l’affaire Dangnivo au cours de laquelle plusieurs exceptions ont été soulevées. Le ministère public a évoqué une décision du 14 mars 2013 pour laquelle il y avait autorité de la chose jugée.

Arguments de droit

Me Hugo Koukpolou, également de la défense, soulève qu’il n’y a pas de droit acquis par rapport à une jurisprudence. Il a été appuyé par Me Aum Rockas Amoussouvi également de la défense.
Me Saïdou Agbantou réitère que lorsqu’on soulève une exception, la cour d’assises n’a a pas à apprécier ; qu’elle doit déférer ladite exception devant la Cour constitutionnelle.
Le bâtonnier, Me Yvon Détchénou demande le sursis à statuer et invoque la prise en compte des articles 3 et 5 de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples.
Dans le respect des droits de l’homme et pour l’application du délai raisonnable pour le jugement de Gounou Adoundjo, l’accusé présent, Me Hugo Koukpolou demande sa mise en liberté. Pour lui, le texte a fait l’objet d’un contrôle préalable de constitutionnalité. Le ministère public, déclare-t-il, craint que si on laisse l’accusé présent en liberté, qu’il ne se présentera plus pour le jugement. Sur la base des dispositions de l’article 147 du Code de procédure pénale, le ministère public déclare ne pas s’associer à cette mise en liberté.
La cour se retire pour délibérer. Pour elle, l’accusé Dénadi Dovoédo s’est évadé de la prison civile de Porto-Novo. Sur l’exception d’inconstitutionnalité, selon l’article 122 de la Constitution, la cour a accédé à ladite demande.
Suivant l’article 147 du Code de procédure pénale, la mise en liberté est rejetée.
Les jurés n’ont pas été tirés au sort parce que les débats au fond n’ont pas été engagés, le président n’ayant pas pu présenter les faits

Composition de la cour

Président :
Aboudou Ramanou Ali
Assesseurs :
Georges Gbaguidi
Martial Boko
Ministère public :
Emmanuel Opita
Greffier : Louis Houngbo

Société 10 avr. 2018


Ouverture de la 1re session ordinaire de 2018 au parlement: Les réformes électorales pour les législatives 2019 comme priorité
[caption id="attachment_28723" align="alignnone" width="1024"]Deputés et invités de marque[/caption]

Le président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji, a ouvert, ce lundi 9 avril, les travaux de la première session ordinaire au titre de l’année 2018, avec une cinquantaine de dossiers à examiner dont les réformes électorales à opérer en vue d’une élection législative pacifique en 2019.

C’est reparti pour trois mois de travaux au palais des gouverneurs à Porto-Novo pour le compte de la première session ordinaire de l’année 2018. Le coup d’envoi a été donné, ce lundi 9 avril, par le président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji. La cérémonie a enregistré la présence de 77 sur les 82 que compte le parlement favorisant ainsi l’ouverture officielle des travaux qui intervient à un an de la fin de la mandature. Cette fin imminente de la septième législature n’est pas passée sous silence par le président de l’Assemblée nationale.
Me Adrien Houngbédji félicite ses collègues pour le bilan globalement satisfaisant obtenu au cours des trois ans passés, lesquels ont été marqués par des progrès et des résultats tangibles et édifiants selon lui. Mais ils devront encore s’armer davantage de détermination et de responsabilité pour affronter les enjeux de cette session qui s’ouvre à un an des échéances électorales des législatives 2019 pour lesquelles la classe politique est déjà en mouvement, exhorte-t-il. Celle-ci aura dès lors, selon lui, à se consacrer en priorité à certaines réformes politiques majeures dont celles relatives au système partisan, au Code électoral et à l’amélioration de la représentation des femmes au Parlement. « … Des efforts restent à faire pour apporter dans la sérénité et sans esprit partisan, les amendements conséquents à la loi n° 2013-06 du 03 septembre 2013 portant Code électoral en République du Bénin », souligne Me Adrien Houngbédji. Il espère que les débats qui s’ouvriront bientôt sur ces différents dossiers permettront d’améliorer les règles et les pratiques en vue d’une élection libre et transparente, facteur de paix, de cohésion et de progrès. A ce titre, le président de l’Assemblée nationale a saisi l’occasion de la cérémonie d’ouverture de la session pour revenir sur les décisions Dcc 17-252 du 12 décembre 2017et Dcc 18-075 du 15 mars 2018 de la Cour constitutionnelle relative à la désignation des membres des représentants du Parlement au sein du Conseil d’orientation et de supervision de la Liste électorale nationale informatisée (Cos/Lépi). La prémière décision fait injonction, faut-il le rappeler, à l’Assemblée nationale d’opérer lesdites désignations au plus tard le jeudi 21 décembre 2017, afin de rendre opérationnelle cette structure chargée de toiletter la liste électorale. Me Adrien Houngbédji s’est à nouveau prononcé sur cette préoccupation qui fait couler beaucoup d’encre et de salive. Il invite ses collègues à la sagesse et à revenir à de meilleurs sentiments pour s’exécuter. « La Constitution est la clé de voûte, la loi fondamentale de notre pays ; nul n’est au-dessus d’elle. Le juge constitutionnel est chargé de veiller à son respect. Certes, nous découvrons qu’à l’occasion de son office, il peut même écarter une loi, tenir en échec le Règlement intérieur, se substituer à la Constitution elle-même en l’interprétant. Ses décisions sont sans recours, car elle est infaillible dans son interprétation », plaide le président de l’Assemblée nationale. Il entend montrer ainsi que la guerre des institutions n’aura pas lieu entre la Cour constitutionnelle et l’institution parlementaire.
Me Adrien Houngbédji n’a pas manqué de se prononcer également sur les autres sujets brûlants de l’actualité dont la crise sociale marquée par des grèves perlées dans maints secteurs de l’Administration publique, l’insécurité galopante et les crimes rituels en vogue cers derniers temps au Bénin?

L’appel des présidents du Parlement du Niger, du Burkina Faso et du Togo
La cérémonie d’ouverture des travaux de la première session ordinaire de l’année 2018 a été rehaussée par la présence de trois présidents du Parlement de la sous-région. Il s’agit du président de l’Assemblée nationale du Niger, Ousseini Tinni ; celui du Burkina Faso, Alassane Sakandé et celui du Togo, Drama Dramani. Chacun d’eux a délivré hier un message à la tribune de l’hémicycle. Ils ont tous salué le parcours démocratique du Bénin qui a été précurseur de la démocratie en Afrique avec l’organisation en 1990 de la Conférence nationale. Ils se réjouissent que vingt-huit ans après, ce vent de démocratie continue de souffler.
Les hôtes du président Adrien Houngbédji ont loué cette maturité démocratique du peuple béninois. Ils félicitent par ailleurs leur homologue du Bénin pour son leadership et sa détermination affichée pour dynamiser la coopération et l’intégration interparlementaire dans la sous-région à travers leurs invitations pour prendre part à la cérémonie. Cette diplomatie interparlementaire est vraiment nécessaire, estiment-ils, pour permettre au Parlement, représentant des peuples, d’apporter sa pierre dans une synergie d’actions aux maux qui minent la sous-région principalement le terrorisme et sans oublier les autres défis de développement.
Le président du Parlement du Niger, Ousséini Tinni a saisi l’occasion pour insister sur la relance des travaux de la ligne ferroviaire Parakou-Niamey et l’urgence que le corridor Cotonou-Niamey soit débarrassé de tous les obstacles qui retardent le transit vers le Niger.
Abondant dans le même sens, le président de l’Assemblée nationale du Togo, Dama Dramani, qui foule le sol du Parlement béninois pour la troisième fois, réitère sa proposition qu’il a faite en ce même lieu le 11 avril 2014 à l’occasion de la rentrée parlementaire, en exhortant à un regroupement inter-Parlements pour une véritable intégration entre les différents peuples. Pour lui, la sous-région a vraiment besoin d’une coopération interparlementaire plus dynamique et fructueuse pour renforcer la paix, la sécurité, le développement et le bonheur partagé. Dama Dramani souhaite à cet effet une rencontre des Parlements de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) pour évaluer des accords de coopération économique et le rôle du Parlement dans la gestion des confits post-électoraux



Actualités 10 avr. 2018


Discours de Me Adrien Houngbédji à la première session ordinaire 2018 de l’Assemblée nationale: Les réformes électorales comme priorité
[caption id="attachment_28722" align="alignnone" width="1024"]Adrien Houngbédji[/caption]

- Excellences messieurs les présidents des Assemblées nationales du Togo, du Burkina Faso, et du Niger;

- Madame et messieurs les présidents des Institutions de la République ;
- Messieurs les anciens présidents de l’Assemblée nationale ;

- Madame et messieurs les membres du bureau de l’Assemblée nationale;
- Mesdames et messieurs les membres de la Conférence des présidents de l’Assemblée nationale ;
- Mesdames et messieurs les membres du gouvernement ;
- Honorables députés à l’Assemblée nationale ; chers collègues ;
- Mesdames et messieurs les Membres du Corps diplomatique et consulaire, et Représentants des Organisations Internationales ;
- Monsieur le Préfet du département de l’Ouémé ;
- Monsieur le maire de la ville de Porto-Novo ;
- Mesdames et messieurs les Généraux et Officiers Supérieurs du Haut commandement militaire ;
- Mesdames et Messieurs les Représentants de l’Association nationale des anciens parlementaires ;
- Majestés et têtes couronnées ;
- Autorités religieuses et traditionnelles ;
- Sages et notables de la ville de Porto-Novo ;

La tradition veut que l’ouverture de nos sessions ordinaires soit précédée par une cérémonie solennelle, car dans toutes les démocraties parlementaires, cet événement est considéré comme un événement politique majeur.
Au nom de tous mes collègues députés, et en mon nom personnel, je vous remercie tous et toutes d’avoir compris la portée de la manifestation, en prenant sur votre temps et sur vos occupations, pour nous honorer de votre présence.
Je remercie tout particulièrement, nos amis et frères :
- Le président de l’Assemblée nationale du Togo, le président Drama Dramani ; c’est l’homme à l’élégance raffinée dont la belle crinière inspire tout naturellement respect et autorité, et qui vient de se signaler à l’attention de la communauté parlementaire francophone par l’organisation réussie de la Xème Conférence sous-régionale des présidents d’Assemblée nationale de l’Apf. A cette occasion, il a été admis au grade de Commandeur de l’Ordre de la Pléiade, ordre de la francophonie et du dialogue des cultures. Nous lui adressons nos chaleureuses félicitations.
- Le président de l’Assemblée nationale du Niger, le président Ousseini Tini, notre compatriote qu’on ne saurait présenter, tant il est vrai qu’il a fait l’essentiel de sa carrière au Bénin. Il connaît l’emplacement de chaque tronçon de rail, sinon de chaque pierre, sur nos voies ferrées. Lui, c’est nous.
- Et enfin le président de l’Assemblée nationale du Burkina-Faso, son Excellence Alassane Bala Sakandé, récemment admis au couvent, et auquel nous exprimons affection et respect. Nous lui souhaitons un parcours brillant, notamment sur le terrain de la coopération entre nos deux parlements, en digne héritier de ses prédécesseurs dont le dernier a délivré à cette tribune, il y a quelques mois, un discours qui marqua nos esprits.

Excellences messieurs les présidents.
Merci pour avoir fait le déplacement; merci pour avoir rehaussé de votre présence, l’éclat de cette cérémonie. Merci également aux délégations qui vous accompagnent.

Messieurs les présidents,
Honorables députés, chers
collègues,
Mesdames et messieurs les
invités,
L’Assemblée nationale du Bénin est honorée de votre présence à tous dans cette enceinte, aux côtés de nos frères Togolais, Nigériens et Burkinabé. Le contenu des messages qu’ils ont bien voulu nous délivrer est un témoignage d’amitié et de fraternité de nos peuples et de nos institutions. C’est aussi un témoignage de solidarité et de réaffirmation des valeurs que nous partageons, unis que nous sommes, dans une lutte sans relâche pour la démocratie et l’Etat de droit, pour l’unité africaine, et pour le développement.
Il était important que soit rappelé à cette occasion, que le sens premier de notre rencontre, est de rassembler nos forces et nos atouts, de les mutualiser pour consolider l’intégration économique, et pour combattre les maux qui minent la réalisation de cette aspiration commune.
L’un de ces maux a pour nom le terrorisme aveugle, qui a encore frappé, voici quelques semaines, le vaillant peuple du Burkina-Faso, au cœur même de ses symboles.
Je voudrais en cette solennelle occasion renouveler à ce peuple frère, à son gouvernement et à sa représentation nationale, la compassion et le soutien de l’Assemblée nationale et du peuple Béninois tout entier.
Nos sentiments de solidarité vont également à nos frères du Niger, du Mali et du Nigeria.
Le terrorisme frappe partout et est devenu un sujet de grande préoccupation sous-régionale et internationale. C’est pourquoi j’en appelle à l’harmonisation des législations et des procédures anti-terroristes.

Chers collègues députés,
Notre session, la première de l’année 2018 est une session capitale, à un an des prochaines élections législatives.

L'avenir de la démocratie

Ouverte pour se pencher essentiellement sur les dossiers qui engagent l’avenir de notre démocratie, tels que la réforme du système partisan, le code électoral, la représentation des femmes au Parlement, le Code pénal et quelques autres qui nécessitent sérénité et clairvoyance, voici qu‘elle devra siéger dans un climat de tension et de contestation politique virulente.
Dans un tel contexte, l’Assemblée nationale, point de convergence de toutes les contradictions de la société béninoise, pourrait être elle-même entraînée dans des postures nuisibles à la crédibilité et à la stabilité des institutions. Mais c’est ma conviction, chers collègues, que vous ne tomberez pas dans ce travers, car présidant à nos travaux depuis maintenant trois ans, j’ai pu mesurer vos qualités de pondération, votre sens des responsabilités, votre sens de l’intérêt général.
Elus un an avant le président de la République Patrice Talon, mais légiférant pendant sa mandature, vous l’avez généralement accompagné dans sa politique de réforme. Vous l’avez fait et vous le ferez au nom de l’intérêt général.
Vous avez travaillé au rythme des réformes proposées par le gouvernement, rejetant certaines de ces réformes (la plus importante en particulier), approuvant d’autres, amendant la plupart, dans la plus pure tradition parlementaire. Il est indéniable que votre législature est déjà l’une des plus performantes que nous ayons connues. Le mérite en revient à chacune et chacun d’entre vous, qu’il soit de la majorité ou de la minorité, les propositions des uns s’enrichissant des critiques des autres.
Il est normal en démocratie, que dans un Parlement, les uns soutiennent le gouvernement et prennent fait et cause pour lui. Tout comme il est normal que les autres, ceux de l’opposition, critiquent, dénoncent, fassent des contre-propositions. Il n’y a aucune ignominie à être dans un camp ou dans l’autre.
Et dans un Parlement, tout peut se dire. Tout ! Sauf à respecter l’autre. Sauf à respecter les institutions. Sauf à éviter que les injures ne fusent, que les coups de poings ne pleuvent ou que les chaises ne voltigent. Ensemble nous y avons veillé, donnant au fil des séances à notre Parlement l’image qui sied à une démocratie apaisée et enviée.
C’est à cette vigilance de tous les instants, qui est une exigence vis à vis de nous-mêmes, sans compromis ni complaisance que je voudrais nous inviter…

Chers Collègues,
Notre second sujet de préoccupation en ce début de session est celui de notre rapport à la Constitution et au juge constitutionnel. J’ai longtemps hésité à en parler. Si j’ai finalement pris le pari de le faire, c’est parce qu’il est de mon devoir d’en parler, ayant mesuré l’émoi provoqué en notre sein et en dehors par les dernières décisions de la Cour constitutionnelle. Il est de mon devoir d’en parler parce que les décisions Dcc 17-252 du 12-12-17 et Dcc 18-075 du 15-03-18 impactent directement nos travaux. L’étendue des pouvoirs que s’est reconnus le juge constitutionnel, en a surpris plus d’un. Il me faut en parler pour prévenir les débats passionnés qui pourraient s’instaurer ici, soit qu’on approuve soit qu’on désapprouve. L’effet le plus évident d’un tel débat serait d’ouvrir les hostilités entre institutions, facteur de déstabilisation de notre jeune démocratie.
Et connaissant notre pays, je sais d’expérience que les pyromanes sont embusqués qui mettront de l’huile sur le feu, et que dans les prochaines semaines, les recours fuseront de partout et de nulle part, pour hâter cette déstabilisation. Si je devais paraphraser une célèbre chanson, je dirais….

La guerre des institutions n'aura pas lieu

Devant cette perspective, je voudrais nous inviter à la sagesse.
La Constitution est la clé de voûte, la loi fondamentale de notre pays ; nul n’est au-dessus d’elle.
Le juge constitutionnel est chargé de veiller à son respect.
Certes nous découvrons qu’à l’occasion de son office, il peut même écarter une loi, tenir en échec le Règlement intérieur, se substituer à la Constitution elle-même en l’interprétant.
Ses décisions sont sans recours, car il est infaillible dans son interprétation.
Nous ne le savions pas et il n’est pas sans intérêt, pour aujourd’hui et pour demain, que le juge nous le rappelle. Je nous exhorte donc à nous exécuter. Sans débat.
La guerre des institutions n’aura donc pas lieu ici.
Il nous arrivera bien sûr, à vous et moi, simples législateurs, de nous tromper dans notre approche des textes, ne pouvant deviner, à priori, l’approche de ces mêmes textes par le juge constitutionnel. D’admettre que nous ne sommes pas infaillibles est un signe de grande sagesse! Aristote disait que la sagesse est recommandée au législateur comme elle est recommandée au juge. Elle n’est ni une science ni une technique ; il disait qu’elle est théorique et qu’elle est aussi pratique.
La vraie sagesse, conclut-il, est celle qui réalise la conjonction de la théorie et de la pratique, car elle est conscience de soi et conscience des autres ; elle est modération, bon sens et prudence ; elle scrute l’avenir.
Hors de là, vanité sur vanité, tout est vanité ; les hommes passent, les institutions restent.

Distingués invités ;
Chers collègues ;
Mesdames et messieurs;
Notre pays traverse depuis quelques semaines une crise sociale caractérisée par le durcissement des mouvements de grève dans différents secteurs, notamment ceux de l’éducation, de la justice et de la santé. La Représentation nationale ne saurait rester indifférente face à cette situation aux conséquences désastreuses sur l’économie et l’équilibre social.
Il urge que le dialogue engagé par les protagonistes se poursuive et aboutisse à une baisse significative de la tension, voire à un règlement définitif de la crise.
Je voudrais, à cet égard, en appeler à la conscience et au patriotisme de tous les acteurs concernés et plus particulièrement aux responsables syndicaux.
L’Assemblée nationale, pour sa part, jouera sa partition dans le sens de l’encadrement du droit de grève et de la prévention des conflits. Lorsqu’elle aura à examiner de nouveau les textes remis en cause par la Cour constitutionnelle.
Elle adoptera la méthode participative, pour tenter d’aboutir à des règles consensuelles.
Une nation qui aspire au développement et au bien-être de ses citoyens doit savoir concilier l’équilibre entre le droit des uns et les obligations des autres.
A cette crise qui peine à être jugulée, s’ajoute une autre forme d’insécurité jamais connue qui se manifeste par des crimes crapuleux, dits rituels. Ces crimes jettent le discrédit sur notre pays et font lourdement peser la peur au sein de l’opinion publique, sans oublier leur impact sur le tourisme.
Au nom de la Représentation nationale, j’invite le gouvernement à prendre des mesures idoines, pour rassurer notre peuple qui vit dans la psychose et le désarroi. Tout doit être mis en œuvre pour que les auteurs et les commanditaires de tels actes soient identifiés et punis sans ménagement conformément aux textes en vigueur.
A tous nos concitoyens, je voudrais dire que la sécurité est l’affaire de chacun et de tous. Et qu’il leur revient de dénoncer aux structures compétentes, les comportements suspects de leur entourage.
C’est le lieu de rendre un hommage à nos forces de la Police républicaine pour leur détermination à endiguer le mal.

Honorables députés ;
Mesdames et Messieurs,
Lentement mais sûrement, nous nous acheminons vers la fin de notre mandat. La mission que le peuple béninois nous a confiée vient en effet à son terme, dans un an.
Pour l’instant, je peux globalement affirmer que, durant les trois ans passés, notre mandature a accompli des progrès et enregistré des résultats tangibles et édifiants.

Des amendements conséquents au Code électoral

Dans ce même registre, il n’est point un secret d’observer qu’à un (01) an des échéances électorales législatives que constituent les législatives de 2019, la classe politique de notre pays est déjà en mouvement. Là encore, des efforts restent à faire pour apporter dans la sérénité et sans esprit partisan, les amendements conséquents à la loi n° 2013-06 du 03 septembre 2013 portant code électoral en République du Benin.
Je forme le vœu que les débats qui s’ouvriront bientôt, permettent d’améliorer les règles et les pratiques en vue d’une élection libre et transparente, facteur de paix, de cohésion et de progrès.
Je voudrais enfin féliciter une fois de plus, tous nos collègues députés, aussi bien ceux de la majorité que ceux de la minorité, pour œuvre accomplie au cours de la dernière session, malgré les divergences de vues. Votre détermination et votre sens de la responsabilité nous ont permis de doter notre pays d’importantes lois pour la consolidation de notre démocratie, mais aussi et surtout le développement économique et social de notre pays.
Je souhaite que le même esprit de tolérance et la même ardeur prévalent durant cette nouvelle session au cours de laquelle nous aurons à étudier une cinquantaine de dossiers dont la liste sera communiquée au fur et à mesure du dépôt des rapports de commission et au fur et à mesure de leur programmation par la Conférence des présidents.

Chers collègues ;
Mesdames et Messieurs,
Au cours de la session, notre parlement renouera également avec l’exercice du contrôle de l’action gouvernementale, notamment à travers les questions au gouvernement tous les jeudis ainsi que nous l’avions ensemble institué. Cet exercice avait en effet été mis en veilleuse de commun accord au cours de la dernière session, en raison des travaux budgétaires. Il reprend dès ce jeudi 12 avril par une séance de question d’actualité. J’invite le gouvernement à se rendre disponible.

Chers collègues ;
Mesdames et Messieurs,
Comme vous pouvez le constater, la tâche est immense. Mais je suis persuadé que, grâce à votre disponibilité et à votre détermination, nous atteindrons les objectifs.
Je ne saurais terminer sans réitérer mes sincères remerciements au corps diplomatique, aux partenaires techniques et financiers ainsi qu’aux différents animateurs de la vie sociopolitique de notre pays, pour leur collaboration et leur appui notable à l’Institution parlementaire.
En souhaitant plein succès à nos travaux, je déclare ouverte la première session ordinaire de l’année 2018.
Vive la coopération interparlementaire !
Vive l’Assemblée Nationale du Bénin
Vive la Démocratie
Je vous remercie 

Actualités 10 avr. 2018


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