La Nation Bénin...
Nouvelles

La Cour constitutionnelle,
Saisie d’une requête du 1er mars 2017 enregistrée à son secrétariat le 02 mars 2017 sous le numéro 0450/048/REC, par laquelle Monsieur Agapit
Napoléon MAFORIKAN forme un « recours en référé contre le décret n°2017-048 du 27 janvier 2017 portant nomination des membres de l’Autorité nationale de Lutte contre la Corruption (ANLC) pour excès de pouvoir et sursis à installer » ;
Vu la Constitution du 11 décembre 1990 ;
Vu la loi n° 91-009 du 04 mars 1991 portant loi organique sur la Cour constitutionnelle modifiée par la loi du 31 mai 2001 ;
Vu le règlement intérieur de la Cour constitutionnelle ;
Ensemble les pièces du dossier ;
Ouï maître Simplice Comlan DATO en son rapport ;
Après en avoir délibéré,
Contenu du recours
Considérant que le requérant expose : « … Le décret n°2017-048 du 27 janvier 2017… est entaché de beaucoup d’irrégularités constitutives d’abus de pouvoir, de violation des droits fondamentaux et de violation des accords internationaux.
…-Abus de pouvoir
La Constitution … dispose en son préambule :
‘’NOUS, PEUPLE BENINOIS,
-Réaffirmons notre opposition fondamentale à tout régime politique fondé sur l’arbitraire, la dictature, l’injustice, la corruption, la concussion, le régionalisme, le népotisme, la confiscation du pouvoir et le pouvoir personnel ;
-Exprimons notre ferme volonté de défendre et de sauvegarder notre dignité aux yeux du monde et de retrouver la place et le rôle de pionnier de la démocratie et de la défense des droits de l’Homme qui furent naguère les nôtres ;
-Affirmons solennellement notre détermination par la présente Constitution de créer un Etat de droit et de démocratie pluraliste, dans lequel les droits fondamentaux de l’homme, les libertés publiques, la dignité de la personne humaine et la justice sont garantis, protégés et promus comme la condition nécessaire au développement véritable et harmonieux de chaque béninois tant dans sa dimension temporelle, culturelle que spirituelle (…)’’ ;
Plus loin, la Constitution poursuit en ses articles 34 et 35 :
Article 34 : ‘’Tout citoyen béninois, civil ou militaire, a le devoir sacré de respecter, en toutes circonstances, la Constitution et l’ordre constitutionnel établi ainsi que les lois et règlements de la République.’’
Article 35 : ‘’Les citoyens chargés d’une fonction publique ou élus à une fonction politique ont le devoir de l’accomplir avec conscience, compétence, probité, dévouement et loyauté dans l’intérêt et le respect du bien commun.’’ » ;
Considérant qu’il ajoute : « En se fondant sur les dispositions du préambule et des articles 34 et 35 de la Constitution, je voudrais inviter … la haute juridiction, statuant en référé, à déclarer contraire à la Constitution, le décret n°2017-048 du 27 janvier 2017 et de demander qu’il soit sursis aux effets de droit dudit décret, notamment la prestation de serment devant la Cour suprême des membres nommés prévue pour le vendredi 03 mars 2017 à 9 heures à Porto-Novo.
Le décret n°2017-048 du 27 janvier 2017 nomme dix (10) membres à l’ANLC, or, l’article 6 de la loi n°2011-20 précise que l’Autorité nationale de Lutte contre la Corruption (ANLC) ‘’est composée de treize (13) membres à raison de :
- un (01) inspecteur d’Etat désigné par l’Inspection générale d’Etat ;
- un (01) communicateur désigné par la Haute autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) ;
- un (01) sociologue universitaire désigné dans le corps professoral par ses pairs ;
- un (01) inspecteur des banques désigné par l’association des professionnels des banques et établissements financiers ;
- un (01) magistrat désigné par ses pairs ;
- un (01) expert-comptable désigné par l’ordre des experts comptables ;
- un (01) administrateur des impôts ;
- un (01) inspecteur des douanes ;
- un (01) spécialiste en passation de marché public ;
- deux (02) officiers de police judiciaire : un (01) gendarme et un (01) policier ;
- un (01) représentant du patronat désigné par ses pairs ;
- un (01) représentant des organisations non gouvernementales s’occupant des questions de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption.
L’administrateur des impôts, l’inspecteur des douanes, le spécialiste en passation de marché public et les deux (02) officiers de police judiciaire sont désignés par l’Exécutif’’. En se référant à cet article, il apparaît que non seulement l’Exécutif a nommé dix (10) personnalités au lieu de treize (13), mais il a délibérément choisi de ne pas préciser l’origine professionnelle des personnes nommées.
Le comble c’est que le décret ne fait aucune mention des trois (03) membres non nommés. Est-ce à dire que l’Exécutif est autorisé à décider du nombre de personnes qu’il nomme à l’ANLC en violation des dispositions de l’article 6 de la loi n°2011-20 qui fixe le nombre à treize (13) et qui en précise les provenances ? Il y a là un abus de pouvoir !
Toujours selon l’article 6 de la loi n°2011-20, ‘’Les membres nommés devront avoir une expérience professionnelle de quinze (15) ans dans leur domaine de compétence’’. Ces dispositions sont reprises à l’article 12 dernier alinéa qui précise : ‘’Tous les membres de l’Autorité nationale de Lutte contre la Corruption (ANLC) doivent avoir au moins quinze (15) ans d’expérience avérée dans leur domaine respectif de compétence.’’
Or, tel ne semble pas être le cas de tous les membres désignés dans la mesure où des réactions de plusieurs sources soutiennent que l’OPJ de la Police désignée, le commissaire Ghislaine Justine BOCOVO épouse ADJAGBONI n’aurait pas encore totalisé quinze (15) ans de pratique professionnelle dans son domaine, ayant pris fonction en qualité de commissaire de police en 2007 selon les explications du syndicat national de Police. Aussi, de sérieux doutes pèsent-ils également sur les quinze (15) ans d’expériences professionnelles de Monsieur
Horace Florent Vivien ADOUKONOU en qualité de spécialiste en passation de marché public.
Il y a également à ce niveau un abus de pouvoir. » ;
Considérant qu’il poursuit : « Sur la violation des droits fondamentaux En recevant en l’espèce le serment des dix (10) membres nommés sans se préoccuper du sort des trois (03) membres non nommés dont aucun cas n’est fait dans le décret n°2017-048, alors que deux d’entre eux, à savoir, Messieurs Agapit Napoléon MAFORIKAN et Idohou Raoul AFOUDAH, ont été régulièrement désignés et ne sont frappés d’aucune sanction, la Cour suprême validerait une illégalité notoire qui relève d’un abus de pouvoir et de l’arbitraire proscrit par le préambule de la Constitution.
Il s’agit là d’un traitement inéquitable des citoyens censés pourtant jouir des mêmes droits.
Sur la violation de l’article 147 de la Constitution
Le fait pour le Gouvernement de nommer qui il veut au mépris des choix initiaux opérés par les structures compétentes… et de choisir un nombre de personnes à nommer différent de celui prévu par la loi constitue des manœuvres visant à s’assurer le contrôle de l’institution, en mettant entre parenthèses l’indépendance nécessaire à accorder à une instance de cette nature. Ce faisant, le Gouvernement se comporte en ‘’juge et partie’’, violant de ce fait le principe de séparation des pouvoirs.
La loi n°2011-20 en son article 9 … dispose : ‘’Il est accordé à l’Autorité Nationale de Lutte contre la Corruption, l’indépendance nécessaire pour lui permettre d’exercer efficacement ses fonctions à l’abri de toute influence indue.
Elle jouit d’une réelle autonomie par rapport aux institutions de la République, sous réserve des dispositions des articles 49, 81 alinéa 2 et 117, 1er et 2ème tirets de la Constitution … et des articles 42, 52 et 54 de la loi n°91-009 du 04 mars 1991 portant loi organique sur la Cour constitutionnelle modifiée par la loi du 31 mai 2001 (…)’’.
L’article 147 de la Constitution … dispose : ‘’Les traités ou accords régulièrement ratifiés ont, dès leur publication, une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve pour chaque accord ou traité, de son application par l’autre partie.’’ » ;
Le Bénin a régulièrement signé, ratifié et déposé les instruments de ratification de la Convention de l’Union africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption dont il viole ainsi l’article 20 alinéa 4 qui stipule : ‘’Les autorités ou agences nationales jouissent de l’indépendance et de l’autonomie nécessaires pour exercer efficacement leurs fonctions.’’ La Convention des Nations Unies contre la corruption (également adoptée et ratifiée par le Bénin) stipule en son point 2 : ‘’Chaque Etat partie accorde à l’organe ou aux organes visés au paragraphe 1 du présent article l’indépendance nécessaire, conformément aux principes fondamentaux de son système juridique, pour leur permettre d’exercer efficacement leurs fonctions à l’abri de toute influence indue. Les ressources matérielles et les personnels spécialisés nécessaires, ainsi que la formation dont ces personnels peuvent avoir besoin pour exercer leurs fonctions, devraient leur être fournis.’’ » ; qu’il soutient : « Les nominations objet du décret n°2017-048 du 27 janvier 2017 violent l’article 147 de la Constitution et l’article 9 de la loi n°2011-20 qui en fait bloc.
Etant donné qu’il est prévu l’installation des membres nommés à travers leur prestation de serment devant la Cour suprême le vendredi 03 mars 2017 à 9 heures… et une fois cette formalité accomplie, la violation de la Constitution sera actée, il serait souhaitable que la haute juridiction prononce la nullité dudit décret aux fins de correction des violations constatées, ce qui aura le mérite d’en annuler les effets.
La pertinence d’une telle décision se justifie par le souci de préserver l’ANLC de l’arbitraire et de permettre que tous ses membres régulièrement désignés, conformément aux dispositions constitutionnelles en vigueur y siègent effectivement. Elle évitera la situation de l’Autorité de Régulation des Communications électroniques et des Postes suite à la décision DCC 17-023 du 02 février 2017 par laquelle la Cour constitutionnelle a affirmé que la décision du Gouvernement de dissoudre l’Autorité de Régulation des Communications électroniques et des Postes (ARCEP) est ‘’contraire à la Constitution’’. Mais, depuis la notification de cette décision à qui de droit, la nouvelle équipe de l’ARCEP continue à exister comme si de rien n’était. Une telle situation n’est pas de nature à renforcer la crédibilité des organes surtout ceux qui ont des missions aussi délicates comme l’ANLC. C’est pourquoi, le sursis à la prestation de serment des membres paraît nécessaire pour sauver l’institution. L’entrée en fonction des nouveaux membres de l’ANLC nommés sur la base des griefs ainsi soulevés ne saurait garantir la réelle autonomie de l’institution. » ;
Considérant qu’il demande à la haute juridiction de dire et juger que le « décret n°2017-048 viole la Constitution … en son préambule et en ses articles 34, 35 et 147 » et que « la Cour suprême diffère la réception du serment des membres nommés sur la base d’un décret aussi arbitraire » ;
Instruction du recours
Considérant qu’en réponse à la mesure d’instruction de la Cour, le secrétaire général du Gouvernement, monsieur Edouard A. OUIN-OURO, écrit : « … En objection aux prétentions du requérant, je voudrais porter à votre attention ce qui suit :
I- Sur le recours pour excès de pouvoir.
Il est établi que le recours pour excès de pouvoir est une demande adressée au juge administratif tendant à l’annulation d’un acte administratif. Par ce recours, le requérant demande au juge d’apprécier la légalité de l’acte administratif, puis de l’annuler dans le cas où il serait entaché d’irrégularités.
Dans le cas d’espèce, la lecture des éléments du dossier soumis à la Cour … révèle que le recours intenté tend à faire apprécier par la haute juridiction la légalité du décret n°2017-048 du 27 janvier 2017 portant nomination des membres de l’Autorité nationale de lutte contre la corruption.
Or, le contrôle de la légalité des actes administratifs ne relève pas de la compétence du juge constitutionnel. Il relève plutôt de celle de la Cour suprême qui, aux termes de l’article 131 de la Constitution,… ‘’est la plus haute juridiction de l’Etat en matière administrative’’. C’est certainement en méconnaissance de ces dispositions que le requérant saisit la Cour constitutionnelle.
II- Sur le sursis à installer
Le requérant sollicite également de la Cour qu’elle enjoigne à la Cour suprême de surseoir à l’installation des nouveaux membres nommés. Outre le fait qu’une telle demande ne paraît pas recevable en raison de ce qu’elle ne figure pas dans les prérogatives constitutionnelles de la haute juridiction, il s’agit d’une mesure provisoire relevant du domaine judiciaire.
Or, la Cour suprême ‘’est la plus haute juridiction de l’Etat en matière… judiciaire.’’ » ; qu’il demande à la Cour de dire et juger qu’elle « …n’est pas compétente pour connaître de ce recours.» ;
Analyse du recours
Considérant qu’il ressort des éléments du dossier que la requête de Monsieur Agapit Napoléon MAFORIKAN tend, en réalité, à faire apprécier par la Cour les conditions d’application de la loi n°2011-20 du 12 octobre 2011 portant lutte contre la corruption et autres infractions connexes en République du Bénin ; que
l’appréciation d’une telle demande relève d’un contrôle de légalité ; que la Cour, juge de la constitutionnalité et non de la légalité, Ont siégé à Cotonou, le vingt-sept juillet deux mille dix-sept,
illet deux mille dix-sept,
Messieurs Théodore HOLO président
Simplice C. DATO membre
Bernard D. DEGBOE membre
Madame Marcelline-C GBEHA AFOUDA membre
Monsieur Akibou IBRAHIM G. membre
Madame Lamatou NASSIROU membre.
Le rapporteur, Le président,
Simplice Comlan DATO Professeur Théodore HOLO
Actualités 04 août 2017

Le Document de stratégie pays de la Banque africaine de développement (Bad) pour la période 2017-2021 a été soumis aux différents acteurs de la société béninoise, il y a une semaine. Ce document élaboré autour de deux axes prioritaires vise à, non seulement, accompagner le Gouvernement dans la mise en œuvre de son programme d’actions, mais également à impacter la croissance économique projeté à 5,4% en 2017 et à 6,0% en 2018.
La stratégie de la Banque africaine pour le développement (Bad) pour la période 2017-2021 élaborée tenant compte des autres bailleurs de fonds, et soumise aux différentes couches de la société béninoise, il y a une semaine est articulée autour de deux axes. Le premier est relatif au développement des chaînes de valeurs agricoles et de l’agro-business. Le second est le renforcement des infrastructures de soutien à la compétitivité et à l’intégration régionale. Afin d’avoir un impact recherché de ces deux piliers sur la croissance inclusive et verte, le Document de stratégie pays (Dsp) de la Bad pour la période 2017-2021 prévoit qu’un accent particulier sera accordé à la prise en compte du genre, de la gouvernance, du développement des compétences dans les secteurs d’intervention cibles, de l’adaptation et la résilience aux changements climatiques.
A travers le premier pilier de la stratégie, les interventions de la Bad, selon le document, soutiendront le développement des chaînes de valeurs agricoles et de l’agro-business. Ici, il s’agit de soutenir les investissements structurants, l’amélioration de l’environnement des affaires du secteur agricole, pour favoriser une implication accrue du secteur privé. Par ce pilier, il s’agira aussi de développer les compétences et l’entrepreneuriat en particulier pour les jeunes et les femmes. De même, ce pilier permettra un accès au financement à travers des mécanismes de partage des risques, et le développement économique du milieu rural par une hausse des revenus et un meilleur accès aux services sociaux de base.
Priorités de la Bad
En ce qui concerne le second pilier axé sur le transport et l’énergie, il vient, selon le Dsp, en complément au premier pour lever les goulots d’étranglement qui pèsent sur la compétitivité des secteurs productifs, notamment l’agriculture et sur l’accès aux marchés régionaux.
Le Dsp prévoit que les interventions sur ce pilier permettront au pays, d’une part, de tirer parti des possibilités de création de revenus qui lui offrent son potentiel agricole et sa position de couloir de desserte de la sous-région. D’autre part, il permet de contribuer au développement des échanges en Afrique de l’Ouest et à la croissance inclusive du Bénin.
A travers ces deux piliers et la prise en compte, selon une approche intégrée des questions relatives à la gouvernance, la réduction des inégalités de genre et la résilience aux changements climatiques, le Dsp contribuera à l’ensemble des cinq grandes priorités de la Bad. Lesdites priorités sont : éclairer et fournir de l’énergie à l’Afrique ; nourrir l’Afrique, industrialiser l’Afrique, intégrer l’Afrique ; améliorer la qualité de vie des populations en Afrique. La banque panafricaine a pour objectif d’appuyer le pays pour la réalisation des Objectifs de développement durable (Odd) et la mise en œuvre de l’Accord de Paris sur les changements climatiques.
Pour la mise en œuvre du Dsp 2017-2021, la Bad utilisera toute la gamme de ses instruments opérationnels, notamment les prêts-projets, les appuis budgétaires et institutionnels, les études économiques et sectorielles, le dialogue sur les politiques et les garanties.
Moteurs de la croissance
L’élaboration du Dsp de la Bad pour la période 2017-2018 a été faite sur la base de la croissance, des moteurs de la croissance et des perspectives. Le Bénin a enregistré, au cours des cinq dernières années, un taux de croissance économique de près de 5% en moyenne, mais qui ralentit depuis 2015.
Selon les Perspectives économiques en Afrique, l’économie béninoise demeure marquée par une productivité encore faible et une vulnérabilité aux chocs climatiques et à l’environnement économique au Nigeria.
En effet, le secteur agricole qui représente 23% du Produit intérieur brut (Pib) et emploie 70% de la population active, a bénéficié, depuis 2012, de la hausse tendancielle des productions cotonnières et vivrières grâce au renforcement du dispositif d’encadrement des producteurs et à la distribution des intrants. Cependant, cette augmentation de la production agricole ne s’est pas traduite par de meilleurs rendements et une hausse des revenus par tête. Puisqu’il résulte essentiellement d’une augmentation des surfaces cultivées. Ainsi, les rendements dans leur ensemble ont baissé sur toute la période 2011-2015, à l’exception du rendement des cultures maraîchères. Le secteur agricole est confronté aux contraintes liées à la vulnérabilité aux conditions climatiques, à la non maîtrise de l’eau et au manque d’organisation des filières à l’exception de celle du coton.
Le secteur secondaire (22% du Pib) reste encore peu développé, dominé par les usines d’égrenage du coton, d’industrie agroalimentaire, d’imprimeries et de cimenteries. Ce secteur a toutefois connu une légère embellie depuis 2012 sous l’impulsion des Bâtiments et travaux publics (Btp) stimulés par la construction et la réhabilitation de divers axes routiers ainsi que la construction d’hôtels à Cotonou.
Le secteur tertiaire qui occupe 52% du Pib est dominé par l’activité de commerce, en particulier l’activité de réexportation vers le Nigeria. Il reste très vulnérable à l’évolution de l’environnement économique au Nigeria. L’activité dans ce secteur a connu un ralentissement du fait de la baisse de la croissance dans ce pays voisin, de la dépréciation du naira par rapport au franc Cfa et des mesures prises par le Gouvernement nigérian, notamment l’interdiction de l’importation par voie terrestre de certains produits.
Malgré cette situation des différents secteurs, les perspectives économiques situent la croissance à 6,3%, en moyenne, sur la période 2017-2021, dans le contexte de la mise en œuvre du Pag intitulé « Bénin révélé ». Pour 2017, il est prévu près du double des dépenses d’investissements publics par rapport à 2016. Ceci devrait se traduire par une hausse de la croissance économique projeté à 5,4% en 2017 et à 6,0% en 2018.

Béninoises, Béninois,
Mes chers compatriotes,
Aucune nation ne peut se construire durablement sans rester enracinée dans l’histoire.
Une histoire que la conscience collective a le devoir de renouveler constamment en y puisant à chaque occasion majeure de la vie nationale, les enseignements utiles et nécessaires pour l’avenir.
C’est tout le sens de cette 57e célébration de l’accession de notre pays à l’indépendance.
Mais au-delà des symboles et des rituels qui fixent un événement historique, ce dernier se détermine aussi par le commentaire que l’on en fait et surtout les orientations qu’il nous inspire.
Si bien que ses conséquences sont constamment infléchies par la façon dont nous nous réapproprions les faits politiques, économiques et sociaux de la Nation.
C’est pourquoi je voudrais inviter chaque Béninoise et chaque Béninois à méditer cette année sur le sens et la portée de notre fête nationale, pour en sortir quelque chose de profond, au-delà des festivités diverses et variées organisées sur tout le territoire national.
Je reste persuadé que l’indépendance, c’est la liberté certes, mais c’est surtout le choix de la responsabilité.
La liberté ne devient véritablement un acquis que lorsque nous en faisons un pari ambitieux : celui de la volonté inébranlable d’aller toujours vers le progrès économique et social pour un bien-être durable.
C’est fort de cette conviction que, depuis le 6 avril 2016, notre pays, sous l’impulsion de mon gouvernement, a pris avec courage, un nouvel élan vers le progrès et la modernité. En témoignent les réformes entreprises et les chantiers déjà engagés à cet effet.
Progressivement, les piliers durables d’un Etat démocratique, économiquement et socialement viable, sont en train d’être posés.
Je voudrais remercier chacune et chacun de vous, et vous encourager pour votre engagement ainsi que votre disponibilité.
Pour ma part, je reste dévoué et fidèle à la République : c’est le serment que j’ai prêté, et je m’y emploie, même par les temps d’épreuves.
A cet égard, je voudrais vous exprimer toute ma gratitude pour les prières, les vœux, les pensées positives dont vous m’avez récemment gratifié.
J’en ressens un immense réconfort et j’en ressors plus déterminé que jamais, plus engagé encore, à servir au mieux notre cher et beau pays, au grand dessein.
Mes chers compatriotes,
Oui, notre pays a un grand dessein.
C’est autour de cette conviction que je fonde l’action de mon gouvernement.
Une action qui appelle des efforts constants certes, mais nécessaires à la relance de notre économie, à sa transformation structurelle en vue d’assurer l’amélioration de nos conditions de vie.
C’est ce qui justifie mon appel à la mobilisation de toutes les énergies, à la confiance en l’avenir radieux de notre pays, et à la foi en notre capacité à réussir ensemble.
Ce sont là en effet, les ressorts indispensables à la réussite de cette œuvre palpitante, exigeante, mais ô combien passionnante !
Au cours de ces derniers mois, mon gouvernement a finalisé la conception de plusieurs chantiers de développement, avec des modèles économiques et financiers désormais fiables.
Ces projets, dont la viabilité et la pérennité sont assurées, sont sur le point de voir le jour dans le cadre d’un aménagement équilibré du territoire national.
Nous avançons donc au quotidien sur ces nombreux chantiers qui auront un impact positif et durable sur les conditions de vie de la population béninoise tout entière.
Il s’agit notamment :
- de la sécurité dans nos villes, nos campagnes et sur nos axes routiers ;
- de la fourniture et de la distribution de l’eau et de l’énergie électrique ;
- de l’éducation avec l’installation prochaine du Conseil national de l’Education Nouvelle Génération ;
- de la mise en place d’un nouveau système de santé pouvant garantir des soins de qualité ;
- d’un nouveau mécanisme de protection sociale surtout en faveur des populations vulnérables ;
- de la modernisation de la gestion des déchets dans l’agglomération du Grand Nokoué ;
- du développement agricole et de l’amélioration des revenus des producteurs agricoles ;
- du lancement de la Cité Internationale de l’Innovation et du Savoir, à Sèmè-Podji ;
- de la promotion immobilière ;
- de la finalisation des projets touristiques sur les sites prioritaires à Abomey, Allada, Ouidah, Porto-Novo et Nikki ;
- du nouveau mode de gestion sécurisée de la Pendjari et du Parc régional W ;
- de l’assainissement des plans d’eau et de la réinvention de la Cité fluvio-lacustre de Ganvié ;
- de l’instauration de la meilleure gouvernance dans tous les secteurs et de la lutte contre l’impunité, pour ne citer que ces chantiers.
Pour réaliser tout cela et l’inscrire dans la durée, je reste persuadé que chaque compatriote est convaincu qu’il n’y a pas de réponses concrètes et durables aux aspirations individuelles et collectives, sans une économie bien structurée, une justice crédible et des services sociaux de qualité.
Nous y travaillerons tous ensemble et je vous félicite pour les sacrifices que vous y consentez.
C’est aussi le lieu de rassurer les générations montantes, de notre détermination à leur assurer un mieux-être pérenne et à leur créer les conditions favorables afin qu’à leur tour, quand le moment viendra, ils se consacrent avec ardeur à leur devoir vis-à-vis de la République.
C’est dans cette perspective que j’ai décidé d’instaurer, pour compter de l’année 2018, l’initiative présidentielle de promotion de l’excellence.
Il s’agit, ainsi, pour stimuler les talents, de décerner chaque année, à la veille de la célébration de la fête nationale, des prix d’excellence aux plus méritants.
Nos meilleurs élèves et étudiants, agriculteurs, artisans, artistes, journalistes, hommes et femmes de lettres, et d’autres encore, se verront décerner ce prix, sur la base des critères de qualité et de compétence qui auraient permis de les identifier.
Ce faisant, j’ai la conviction que la saine émulation faisant son œuvre, nous irons d’exploit en exploit.
Mes chers compatriotes,
Mon devoir est de vous convaincre que le prix à payer pour y parvenir est dans l’organisation efficiente de notre administration publique, dans la rigueur qui accompagne l’action et dans la lutte quotidienne contre toutes les formes de déviance, qui ternissent l’image de notre pays.
Il nous faudra sans doute, avec plus d’engagements que par le passé, lever toutes les barrières qui retiennent encore l’élan de notre communauté vers le progrès attendu.
L’adhésion de tous aux réformes prévues en est la clé.
Enfin, conformément à la tradition, à l’occasion de notre fête nationale, j’ai décidé de gracier certaines catégories de prisonniers.
Et ce faisant, parce que je crois que chacun peut s’améliorer, je les exhorte à retrouver leur place au sein de la société et à contribuer sainement à son évolution positive.
Ensemble, nous sommes plus forts et notre pays connaîtra un beau dessein.
Vive la République !
Vive le Bénin ! Bonne fête à tous.
Je vous remercie.

Le Bénin a célébré, ce mardi 1er août, le cinquante-septième anniversaire de son accession à la souveraineté internationale. Comme toutes les autres villes et localités du pays, celle de Parakou n’est pas restée en marge des festivités.
La cité des Kobourou n’est pas restée en marge de la commémoration du cinquante-septième anniversaire de l’accession du Bénin à l’indépendance. C’est sous la présidence du préfet, Djibril Mama Cissé, que toutes les manifestations programmées dans le cadre de cette célébration ont été placées.
A l’occasion, la mémoire du père de l’indépendance du Bénin a été doublement saluée aux premières heures de la matinée, par le préfet. En compagnie du maire de la ville, Charles Toko, Djibril Mama Cissé était d’abord à la place Hubert Koutoukou Maga pour procéder à la cérémonie de dépôt de gerbe au pied de la statue de l’illustre disparu. C’était aux environs de 8 h 55, sous les aires de la sonnerie aux morts. Il s’est ensuite rendu à son mausolée, pour se recueillir.
« Le sens que je voudrais donner à cet acte, c’est une reconnaissance à notre feu président Hubert Maga, parce que c’est sous son règne que nous avons accédé à notre souveraineté », a expliqué le préfet Djibril Mama Cissé, au terme de son recueillement. « Il était important de passer pour saluer sa mémoire. A travers lui, saluer également la mémoire de tous ceux-là qui ont œuvré, lutté pour que nous puissions nous affranchir du joug colonial », a-t-il poursuivi.
Pendant ce temps, la population de la ville, fortement mobilisée, attendait à la place Bio Guerra aménagée pour la circonstance. Le défilé organisé sur les lieux n’a pas enregistré de grandes particularités. C’est dans la sobriété totale qu’il s’est déroulé.
En effet, pendant une heure et quarante minutes, les différents détachements des Forces armées présentes dans le Borgou ont défilé. Après le passage du drapeau national et de la garde, il y a eu la police et ses unités spécialisées, les troupes de la douane, des eaux, forêts et chasse, de la gendarmerie et du 2e Bataillon interarmes (Bia) basé à Parakou. Que ce soit au cours des défilés pédestre, équestre ou motorisé, tous ces détachements ont été accompagnés par les rythmes de la fanfare du vingt-cinquième escadron de musique de l’Armée de terre. En fonction de la marche adoptée, le public également constitué des autorités politico-administratives à Parakou a apprécié le passage des différentes troupes.
Les scouts étaient également de la partie. Il en est de même avec les majorettes qui ont gratifié l’assistance de quelques messages et de tableaux de démonstrations.
Le préfet du Borgou a saisi l’occasion pour demander à ses administrés de se mettre ensemble pour le développement du département et la construction du Bénin. Il a tenu à placer ce cinquante-septième anniversaire de l’accession du pays à la souveraineté sous le sceau de la concorde, de l’unité nationale et de l’espérance. « L’unité nationale parce que c’est ce que nous avons de plus cher. Elle nous permet de vivre dans la paix et la quiétude ; l’espérance parce qu’il y a à parier qu’après les réformes que le président est en train d’opérer, nous allons pouvoir accéder à un mieux-être », a confié Djibril Mama Cissé. Il a invité la population du Borgou à se mobiliser derrière le chef de l’Etat, pour l’accompagner dans son œuvre salvatrice de développement.
La veille, la ville a eu droit à un géant concert de la fête de l’indépendance au stade omnisport avec la présence des artistes béninois comme Zeynab, Richard Flash, Dibi Dobo et des Ivoiriens Espoir 2000 et Adama Daïco (humoriste). Il y a également eu la retraite aux flambeaux avec les militaires du 2e Bia de Parakou sur plus d’une dizaine de kilomètres à travers la ville.

Le Bénin n’a pas dérogé, mardi 1er août, à la tradition de la célébration de sa fête nationale. En présence du chef de l’Etat et de nombreuses personnalités béninoises et étrangères, la place de l’Etoile-Rouge, lieu des manifestations officielles, a accueilli un défilé riche en prestations et en innovations. Thème retenu cette année : « les Forces de défense et de sécurité unies pour relever les défis du développement ».
Le rituel du défilé militaire qui marque chaque année, l’anniversaire de l’accession du Bénin à la souveraineté internationale en tant qu’Etat souverain a été célébré, pour la cinquante-septième fois, ce mardi 1er août. Moment de ferveur et de fête donc entre populations, autorités et personnel des Forces armées béninoises (Fab). Cette année, tout aura été mis en œuvre pour offrir une belle parade, parade précédée d’un show de l’escadron de musique de l’Armée de terre et qui restera gravée dans les mémoires.
L’Escadron de musique de l’Armée de terre a présenté sous l’admiration des autorités présentes, trois symboles. La première figure, c’est une étoile rouge à cinq branches, pour saluer la place-hôte du défilé. La deuxième est une jarre trouée soutenue par des bras. « Si tous les fils du pays pouvaient boucher de leurs doigts les trous de la jarre trouée, le liquide à l’intérieur ne se perdrait pas », telle est la symbolique de cette jarre qui rappelle le roi Ghézo. Le symbole de la jarre trouée, faut-il le rappeler, a inspiré la conférence des forces vives de la nation et est devenu un patrimoine du Bénin. Troisième et dernier symbole de cette parade musicale de l’Escadron de musique de l’armée de terre fort bien appréciée, c’est le chiffre 57 en référence au cinquante-septième anniversaire de l’indépendance joué sur un air de happy birthday. Un peu comme pour souhaiter une bonne fête à tout le peuple béninois. Cette dernière prestation va d’ailleurs laisser place au défilé. Lequel avait déjà obtenu quelques minutes plus tôt son feu avec l’arrivée sur les lieux du défilé du président Patrice Talon qui a procédé à la revue des troupes aux côtés du chef d’état-major général des Forces armées béninoises (Fab).
Un défilé pédestre fort apprécié
Sous les ordres de l’adjudant chef François Hounkpatin, ancien enfant de troupe de Katti, « le groupe des vieux », Le peloton des anciens combattants donne le top du défilé pédestre de ce 1er août. Suivront les détachements des écoles de formation. Le lycée militaire des jeunes filles de Natitingou, le Prytanée militaire de Bembèrèkè, pépinière de l’armée béninoise passent en premier. Des lieux d’excellence dont la notoriété va grandissant avec des résultats excellents. Le lycée militaire de jeunes filles a obtenu un taux de 100% au Bepc et 79,50 au Bac. Pour ce qui est du Prytanée militaire, ses apprenants ont obtenu une réussite de 100% au Bepc et 93,33% au Bac.
Les détachements des écoles de formation de la police nationale, l’école des officiers de Toffo, établissement nationale d’enseignement militaire ayant pour mission la formation initiale, des cours de qualification et de perfectionnement vont ensuite défiler, laissant place à leurs homologues de la gendarmerie nationale qui, dans une parfaite maitrise des gestes et dans un mouvement d’ensemble bien réussi, passent devant l’assistance. La douane prendra ensuite le relais. Les disciples de Saint-Mathieu ont innové cette année en défilant avec comme chef de détachement, le commandant des douanes Mauricette Adjibi épouse Dafia. Un autre symbole puisqu’elle est la toute première femme à occuper le poste de chef de brigade des douanes de Kraké-plage. Au niveau des eaux, forêts et chasse, la section Trophée n’est pas passée inaperçue avec l’exhibition des restes d’animaux. Un exercice qui vise à illustrer la victoire de cette unité sur les braconniers et autres criminels de la faune et de la flore.
Le détachement de la Police nationale avec ses différents pelotons a surtout retenu l’attention avec ses unités spécialisées. Lesquelles qui sont assez connues des populations, soit en raison du maintien d’ordre, soit des actions de lutte contre la criminalité et le grand banditisme. Force de frappe et de fer de la police nationale, ces policiers en noirs se feront ovationnés à l’occasion de l’exécution de la « Marche de la victoire » sous le commandement du commissaire principal de police Rachidath Boni. De la police à la gendarmerie nationale, il y a eu changement de cadence avec le relais de l’animation à la musique de la gendarmerie nationale. Les unités sont d’ailleurs attendues pour être fusionnées dès le 1er janvier 2018. Personnel féminin et masculin, unités spécialisées défileront donc devant les autorités présentes, sous le regard admiratif de la plupart d’entre elles.
L’autre parade fort bien appréciée, c’est celle des forces navales dont la tenue, d’une rare beauté, est toujours bien vue par le public et les spectateurs. Mais avant elles, les éléments des forces aériennes sont passés. Comme à l’accoutumée, les disciples de l’Archange Saint Michel, les parachutistes étaient sous les feux de la rampe. « Vaincre ou mourir » ! Telle est leur devise et ils l’illustrent si bien à travers la « Marche para », symbole de l’assurance et de la confiance qui les caractérise en tout temps. C’est d’ailleurs ces parachutistes qui mettront un terme au défilé pédestre.
Un défilé motorisé bien rythmé
Bien succinct est le défilé motorisé de la cinquante-septième célébration de la fête nationale. En l’absence des engins à deux roues, sans doute en raison du chrono du défilé, prévu pour ne pas excéder deux heures d’horloge, ce sont des engins à quatre roues qui ont offert la parade motorisée du défilé. Le bataillon du train, le bataillon d’intervention motorisé, le premier groupement blindé, le premier bataillon du génie, le groupement national des sapeurs pompiers n’avaient donc pas grand-chose à montrer en dehors de l’exhibition des moyens roulants dont ils se servent pour accomplir leurs missions républicaines. Et c’en sera ainsi fini pour le numéro 57 du défilé de la fête nationale. Défilé empreinte de quelques innovations et dans son ensemble assez bien rythmé sur des airs dansants de la musique populaire béninoise exécutés par l’escadron de musique.
Actualités 02 août 2017

La célébration de la fête du 1er août s’est déroulée à Dassa-Zoumè dans la sobriété et dans la piété pour rendre hommage à Donatien Nonhouégnon, premier préfet du département des Collines disparu il y a quelques mois. Le deuil se lisait encore sur tous les visages montrant que la disparition du préfet continue d’affecter les esprits.
Les autorités de la ville de Dassa-Zoumè ont opté cette année pour une commémoration très simple dans le cadre de la célébration du cinquante-septième anniversaire de l’accession du Bénin à la souveraineté internationale. Pas de défilé militaire, pas de grandes manifestations à travers cette ville qui est le chef-lieu du département des Collines. La seule cérémonie à laquelle le public a eu droit est celle du traditionnel dépôt de gerbe qui s’est déroulée dans l’enceinte de la mairie.
A la suite de cette manifestation qui a duré quelques minutes, le maire de la ville, Nicaise Fagnon, s’est adressé à l’ensemble de la population d’une voix chargée d’émotion. Pour lui, la célébration de cette année est réduite au strict minimum pour marquer le deuil qui a frappé le département des Collines en général et la ville de Dassa-Zoumè en particulier, il y a quelques mois. « Nous avons décidé d’une célébration très sobre empreinte de piété pour rendre une fois encore un hommage au premier préfet de notre département », explique-t-il.
En effet, le département des Collines dont la ville de Dassa-Zoumè est le chef-lieu a perdu son premier préfet du nom de Donatien Nonhouégnon, retrouvé mort dans sa chambre, le 24 mars dernier. Son décès est intervenu moins d’un an d’activités à la tête dudit département.
A la cérémonie du dépôt de gerbe, ce mardi 1er août, le deuil est encore palpable sur les visages.
Selon Constant Badet, commissaire central de police de la ville, la même sobriété est observée dans la ville de Savalou pour les mêmes causes. Malgré cette lourde ambiance, le maire a pu s’adresser à la population qu’il a exhortée à se mobiliser pour le développement de la ville et celui du département. Il a confirmé que le Gouvernement du président Patrice Talon est à pied d’œuvre pour relancer les travaux de construction de certaines infrastructures abandonnées dans la ville depuis un long moment. L’autorité n’a pas manqué de relayer la joie des populations à l’égard du Gouvernement qui a décidé de doter l’ensemble des populations des Collines d’eau potable d’ici 2021. « Nous nous réjouissons de cette belle initiative du Gouvernement qui a été favorablement accueillie par les populations et nous espérons que le projet sera conduit à terme », renchérit le maire de Dassa-Zoumè. Dans les rues, il n’y a pas la ferveur populaire qui caractérise la célébration de la fête de l’indépendance. Seuls quelques signes annonciateurs comme le drapeau tricolore et les banderoles qui flottent par endroits, témoignent de la célébration de la fête de l’indépendance.

Les populations du département de l’Alibori se sont fortement mobilisées, tôt ce mardi 1er août à Kandi autour du préfet Mohamadou Moussa et des autorités politico-administratives, à la devanture de la maison des jeunes de Kandi, lieu choisi pour abriter les manifestations marquant le cinquante-septième anniversaire de l’accession de notre pays à la souveraineté nationale. La fête a été marquée par un défilé civil et militaire.
Initialement prévues pour se dérouler à Malanville, les manifestations officielles de la célébration du cinquante-septième anniversaire de l’accession du Bénin à la souveraineté internationale ont finalement eu lieu à Kandi. Les festivités ont été marquées par un défilé civil et militaire. Mais avant, les autorités administratives, notamment le maire de Kandi, Alidou Démolé Moko et le préfet du département de l’Alibori, Mohamadou Moussa se sont adressés aux populations sorties massivement pour vivre l’événement.
Pour le maire de Kandi, Alidou Démolé Moko, la fête de l’indépendance a valeur de dignité retrouvée pour les citoyens. Au nom du conseil communal, il rendu hommage à toutes les couches sociales de sa commune et plus particulièrement aux acteurs du monde rural pour le travail qu’ils abattent à chaque campagne agricole. Il a témoigné sa gratitude aux partenaires techniques qui apportent leur appui pour le développement de Kandi.
Il a saisi l’occasion pour faire le point des réalisations faites par le Conseil communal au cours de l’année. Au total, ce sont 976 250 365 de francs Cfa qui ont été investis dans les travaux de construction au niveau des arrondissements et villages de la commune. Plusieurs modules de salles de classe ont été construits. Des bourses ont été offertes aux natifs, surtout ceux inscrits à l’Ecole nationale des instituteurs de Kandi, qui ont reçu cinq bourses. Les étudiants natifs de Kandi n’ont pas été oubliés.
En ce qui concerne l’eau potable, plusieurs adductions d’eau villageoises et d’extension d’adduction ont été réalisées. Dans le cadre du partenariat public-privé, quatre puits à motricité humaine ont été réalisés.
Pour éviter les inondations, la mairie a décidé de curer tous les caniveaux de la ville. Dans le domaine de la santé, la construction du dispensaire du village d’Angaradébou a été achevée. Le maire a, dans le cadre de la coopération décentralisée, effectué des voyages en France et en Hollande et qui lui ont permis de négocier des projets.
Au plan social, la mairie a assisté pour un montant total de 3 millions de francs Cfa les étudiants natifs de Kandi. De même, des cours de renforcement ont été organisés au profit des candidats aux divers examens scolaires.
Alidou Démolé Moko a précisé que toutes les réunions du conseil communal se sont tenues à bonne date, ce qui a permis la réalisation du Plan de développement communal. Il a lancé un appel à l’endroit des conseillers communaux pour la paix et la cohésion au sein du conseil et leur a demandé de dépasser les guéguerres et se focaliser sur le développement.
Le préfet du département de l’Alibori, Mohamadou Moussa, a tenu à rendre un hommage à ceux qui ont versé leur sang pour la patrie et surtout pour la liberté. Il a rappelé que le Gouvernement entend faire renaître l’espérance à travers son programme d’action dénommée ‘’Bénin révélé’’ en qui il renouvelle sa confiance. Aux élus locaux et communaux, il demande le changement, car la population compte beaucoup sur eux.
Les défilés militaire et civil qui a suivi les allocutions ont été impressionnants, à la satisfaction des populations.

La ville de Porto-Novo a aussi commémoré ce mardi 1er août, les festivités du 57e anniversaire de l’indépendance du Bénin. Les manifestations qui ont démarré depuis la veille par une messe d’actions de grâce célébrée à la cathédrale NotreDame de Porto-Novo et la retraite aux flambeaux, ont connu leur apothéose sur le Boulevard du cinquantenaire où les autotrités ont salué le président Patrice Talon pour ses efforts en faveur de la renaissance de la ville capitale.
Les travaux de construction de plusieurs infrastructures routières en cours à Porto- Novo se sont très tôt invités à la célébration du cinquième-septième anniversaire de l’accesion du Bénin à la souveraineté nationale dans la ville capitale. Le préfet de l’Ouémé, Joachim Apithy, et le maire de Porto- Novo, Emmanuel Zossou, ne se sont pas empéchés, dans leurs discours, de revenir sur l’ambition du chef de l’Etat pour réhabiliter la ville. Ce qui a d’ailleurs pris corps avec le lancement officiel, le mardi 25 juillet dernier, des travaux de reconstruction et d’aménagement de la route Porto-Novo - Akpro-Missérété en 2x2 voies qui facilitera surtout la traversée de la ville. Le démarrage de ce chantier qui sera suivi bientôt de plusieurs autres tels que la construction de la rocade de Porto-Novo, la construction d’un troisième pont sur la lagune, la construction d’un marché régional pour la ville, le pavage de plusieurs rues prises en compte par le projet asphaltage est la preuve, selon les autorités, de l’engagement du président Patrice Talon pour restaurer à Porto-Novo, ses attributs de capitale du Bénin. Le maire Emmanuel Zossou remercie particulièrement le chef de l’Etat pour son engagement en faveur de sa municipalité. Au total, 95 km de routes seront bientôt construites dans Porto-Novo, informe le maire. « Avec les nombreux projets inscrits au Programme d’actions du Gouvernement (Pag) dont certains ont déjà démarré, Porto-Novo aura un nouveau visage. Elle sera une ville à la hauteur de ses ambitions », espère Emmanuel Zossou. Il n’a pas manqué de faire aussi le point des autres réalisations sur le terrain notamment en matière d’assainisement par son conseil municipal pour soulager la suffrance des populations.
Le préfet de l’Ouémé a invité les populations des neuf communes de son département en général et de Porto-Novo en particulier à prendre conscience de l’enjeu. Et cet enjeu, c’est le développement pour lequel se bat le Gouvernement du président Patrice Talon. Joachim Apithy salue, en dehors des routes, les autres réalisations sur le terrain cette année notamment dans les secteurs de l’éducation, de la sécurité et de la santé dans le département. Il a invité les populations à l’union sans laquelle aucun développement n’est possible.
Beau spectacle !
Mais avant le ballet des allocutions sur le Boulevard du cinquantenaire, les deux personnalités ont procédé autour de 9h au dépôt de gerbe au pied du monument aux morts, en hommage aux enfants de la ville décédés pour la patrie. Ce traditionnel cérémonial s’est déroulé sur l’esplanade du palais des Gouveneurs où avait été proclamée, le lundi 1er août 1960, l’indépendance du Dahomey devenu Bénin. La délégation préfectorale s’est dirigée ensuite vers le Boulevard du cinquantenaire à Ouando pour le clou des manifestations officielles marquées par le défilé militaire et civil. On a vu prester des détachements des différents corps des forces de défense et de sécurité déployés dans le département. Il a été ouvert, comme d’habitude, par des éléments de l’escadron de la musique de la Gendarmerie nationale qui ont animé la parade militaire et paramlitaire. Il s’agit, entre autres, du défilé du porte-drapeau national et sa garde, des pelotons de la Police nationale, de la Gendarmerie nationale, de l’Ecole nationale supérieure des Armées et du batallon interarmes basé à Gbada dans la commune d’Adjohoun. Le peloton de la compagnie des sapeurs pompiers à Porto-Novo a fermé la parade militaire commentée par le lieutement Julien Tioba.
Place ensuite au défilé civil. Il a été ouvert par le passage des véhicules et engins d’assainisement mis à la disposition de la direction des Services techniques (Dst) de la mairie de Porto-Novo. Il y a eu ensuite, tour à tour, le passage de Miss Indépendance de Porto-Novo entourée de ses deux dauphines élues la veille, des conducteurs de taxi-motos de Porto-Novo, des membres de la Croix-Rouge béninoise, des majorettes de la capitale, de l’Association béninoise pour la planification familiale, du groupe Shaolin dont la prestation inspirée de l’art choinois a beaucoup émerveillé le public tout comme le défilé de l’association sportive des rollers fire. Le défilé de ces différents acteurs de développement du Bénin a tenu en haleine les autorités qui ne manquaient pas de temps en temps d’applaudir certaines prestations.

Le président de la Cour constitutionnelle, Théodore Holo, a reçu, vendredi 28 juillet dernier, Horace Adjolohoun, juriste à la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples (Cadhp) à son cabinet à Cotonou. Au menu des échanges, diverses préoccupations dont le dialogue judiciaire continental.
Horace Adjolohoun, juriste à la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples (Cadhp), a rencontré, vendredi 28 juillet dernier, le président de la Cour constitutionnelle, Théodore Holo. « Je suis allé présenter mes civilités au président qui est notre aîné dans le système universitaire au Bénin et en Afrique. Etant en séjour au Bénin, je n’aurai pas pu ne pas aller le saluer pour m’avoir cautionné intellectuellement », confie-t-il à sa sortie d’audience. « Je suis allé lui rendre compte de mes activités récentes du point de vue professionnel dans la fonction publique internationale mais également dans le système universitaire au niveau africain », poursuit-il.
Les deux hommes ont échangé sur des questions telles que le dialogue judiciaire continental prévu pour le mois de novembre prochain. « Le dialogue judiciaire est une activité organisée par la Cadhp sous l’égide de l’Union africaine qui rassemble les présidents des cours constitutionnels et suprêmes de tous les pays africains, mais aussi les présidents des cours régionales africaines et autres », a-t-il expliqué. Aux dires d’Horace Adjolohoun, cette réunion qui s’organise au niveau continental, permet aux sommités des juridictions nationales et continentales de se réunir pour échanger. « Le dialogue est placé cette année sous le sceau du renforcement des questions jurisprudence, cela prouve qu’en Afrique, il y a nécessité de mettre en place des systèmes d’échange de données visant à l’échange permanent de jurisprudences », a-t-il ajouté. Le juriste Horace Adjolohoun dit être satisfait du tête-à-tête avec le président Théodore Holo n

En 57 ans d’indépendance, le Bénin peine à asseoir un style de gouvernance qui lui assure le développement. Les gouvernements se succèdent sans parvenir à solutionner le mal du pays. Quelques efforts salutaires certes, mais au finish pas un grand changement dans le quotidien des populations.
« On peut dire de façon générale que la succession rapide des chefs d’Etats a beaucoup nui au développement du pays, car peu d’entres eux ont terminé leurs mandats, surtout au début de notre indépendance. Sur de grands dossiers de l’Etat comme la santé, l’industrialisation, l’éducation, le bilan n’est pas reluisant et c’est pour cela certainement qu’il faut encourager ceux qui sont au pouvoir à prendre à cœur ces choses et à donner la preuve qu’ils sont différents des autres ». L’historien Pierre Mètinhoué diagnostique ainsi la gouvernance au Bénin sur les 57 dernières années, celles qui marquent l’indépendance. Pour lui, le pays n’a pas connu d’avancée majeure et les causes sont surtout à déterminer au niveau des dirigeants.
Au sujet de Hubert Maga, le premier président de la République du Bénin, il note que les travaux faits à ce jour sur lui le présentent comme un homme affable, proche du peuple, aimant plus la paix que tout autre chose. « Il tentait par tous les moyens d’éviter les violences. Malheureusement il n’a pas été toujours suivi sur ce chemin, puisque les évènements d’octobre 1963 qui l’ont fait partir ont été quelque peu violents. Ses ambitions de mon point de vue étaient assez limitées. Hubert Maga était un fidèle de la France et je pense un admirateur de Félix Houphouët Boigny, sans entreprendre au Dahomey, ce que Houphouët avait entrepris dans son pays », analyse l’historien.
Il rappelle ensuite la longue crise et les instabilités à la tête du pays avec son cortège de conséquences sur la vie et le développement du pays. Situation qui devrait connaître un dégel à la faveur du Renouveau démocratique intervenu en 1990. Mais le Bénin démocratique n’a pas vraiment décollé non plus, si on s’en tient à ses explications. A l’instar d’un certain Nkrumah qui a fait de l’énergie sa priorité avec la création du barrage d’Akossombo dont des pays comme le Bénin et le Togo sont clients à ce jour, il aurait voulu voir le même engagement de la part des gouvernants béninois. Hélas ! « Je ne connais pas dans l’histoire de notre pays, des réalisations de telles envergures et je crois que c’est le défilé de nos chefs d’Etat qui en est une des causes. Il y a beaucoup de mutations ».
Mais pour l’instant, nuance-t-il, il est encore trop tôt pour l’historien d’apprécier le règne de Boni Yayi dont le mandat a pris fin le 6 avril 2016. Ce qu’il retient tout de même, « c’est qu’il est un dirigeant qui souhaite être en symbiose avec le peuple, qui voulait faire plaisir au peuple et qui a tenté quelques expériences ». Pour ce qui est de la nouvelle expérience en cours depuis avril 2016 « avec un Gouvernement qui nous a promis beaucoup de choses », son souhait est que « l’essentiel de ses projets soient réalisés pour le grand bonheur de notre peuple ».
Un Gouvernement tous les deux ans !
On ne peut à ce jour, donner un chiffre exact du nombre de gouvernements que le Bénin a pu connaître depuis son indépendance. Les crises multiples, les records d’instabilité de gouvernements à partir d’octobre 1963 et bien d’autres situations sont à la base de cette difficulté. Mais à partir de ses travaux antérieurs, le professeur et historien Pierre Metinhoué établit qu’en moyenne, un gouvernement en dehors des périodes de crise a une longévité de deux ans et que cela s’est assez bien vérifié lorsque les militaires sous le commandement de Mathieu Kérékou ont pris le pouvoir.
Même si en général, la moyenne de deux ans peut être retenue comme durée de vie des gouvernements dans notre pays, il y a de l’analyse de l’historien, deux exceptions. La première, plus positive, est à l’actif du président Mathieu Kérékou de regrettée mémoire. Le Gouvernement formé par lui en 1976 est resté jusqu’en 1984, rappelle l’historien. Et de préciser que « c’est le plus long règne d’un gouvernement au Bénin et au Dahomey depuis notre indépendance ».
A cette première exception s’ajoute une seconde, celle du président Boni Yayi. Sur l’ensemble de ces deux mandats, ce chef d’Etat a formé son premier gouvernement le 8 avril 2006 et le dernier le 10 mars 2016. La règle ou du moins l’hypothèse de deux ans de vie de gouvernement n’est donc pas vérifiée dans son cas, soutient Pierre Metinhoué. Entre les dates suscitées, « il a signé 28 décrets portants formation de gouvernements, modifications de gouvernement ou rectification », rapporte-t-il. Si l’on devait essayer une moyenne en lien avec ses dix ans de pouvoir, cela fausse la règle et on a un nombre plus important de gouvernements.
« Mais il faut préciser que tous ces décrets ne sont pas uniquement destinés à annoncer au peuple et à l’opinion internationale, la constitution d’un nouveau Gouvernement. Il y a eu souvent, après la formation d’un gouvernement, qu’il ait senti la nécessité de modifier quelque chose, mais c’est un décret qui le permet parce qu’il lui faut même pour cela, l’avis du bureau de l’Assemblée nationale », précise-t-il. L’une des illustrations de cette situation poursuit l’historien, « lorsqu’il a nommé (sans l’avoir consulté je pense) Basile Ahossi au Gouvernement et que ce député alors membre du G13 a décliné l’offre, le décret l’ayant nommé devrait être automatiquement ratifié ». Et cela n’est pas sans conséquence. « Dans un pays où les gouvernements changent à ce rythme, il me semble qu’il va être difficile d’attaquer les vrais problèmes et de tenter de les résoudre », dénonce-t-il.
Evoquant quelques études récentes, notamment des publications du politologue Eric Tévoèdjrè, qui s’intéresse à cette question et qui compare les gouvernements africains à ceux des autres pays comme les Etats-Unis et ailleurs, Pierre Metinhoué conclut avec cet autre auteur que « nous aurions intérêt, si nous tenions à apporter quelque bonheur à nos populations, à nous inspirer de ces pays où les structures existent et où la formation du gouvernement n’est pas vraiment un fait de hasard ». A l’en croire, « les premières années de notre indépendance et la période où nous étions membres de la communauté africaine, avant de publier la liste du gouvernement, il y avait un arrêté, qui rendait compte de la structure du Gouvernement avant d’officialiser les noms ». Aujourd’hui, observe-t-il, « on découvre la structure du Gouvernement au même temps que le liste des heureux désignés ».
« La faute est à ceux qui nous dirigent » !
« On n’aurait pas tort de faire porter la responsabilité de notre mal développement ou de notre sous-développement à ceux qui nous ont dirigés depuis 1960 car ce sont eux qui montrent la voie. Je suis persuadé que nos dirigeants auraient eu d’autres méthodes que les résultats ne seraient pas ceux que nous avons eu. Aujourd’hui, le Béninois moyen n’est pas très heureux. Il a des difficultés de toutes sortes car il se dit que le pays devrait lui apporter plus que ce qu’il a ». C’est sans ambages que l’historien Pierre Metinhoué clame que « la part des gouvernants est très grande » dans la malgouvernance qui a plombé le développement du Bénin depuis son indépendance à ce jour. « Je n’ai pas noté chez nos dirigeants, une conviction forte. Et donc, mon regard est plutôt sévère sur la manière dont nous avons été gérés », opine-t-il. Les illustrations, il en cite à profusion, mais préfère s’attarder sur le cas de l’agriculture. Dans ce secteur au moins, pense-t-il le Bénin était capable de prouesses à l’instar de la Côte d’ivoire puisque le pays a été très trop décrété à potentiel agricole. « Les Français, depuis la période coloniale à l’indépendance, ont mis dans la tête de nos dirigeants, lesquels nous l’ont enseigné, que le Dahomey était un pays à vocation agricole », fait-il observer.
Finalement, il résume cela à une « aberration » et invite à en tirer les conséquences. Selon lui, « ce discours qui consiste à dire que nous sommes un pays à vocation agricole est devenu difficilement acceptable » parce que « presque rien n’a été fait pour montrer objectivement et au quotidien que nous étions préoccupés par la réalisation de cette vocation ». Même au niveau de la vallée de l’Ouémé qui serait l’une des plus riches au monde, « qu’en ont-ils fait ? », s’interroge-t-il, exacerbé. « Si vous déclarez devant le monde entier que vous êtes un pays à vocation agricole, vous mettez en place des structures qui permettent cela », précise-t-il. Ce qui, visiblement, n’a pas été le cas au Bénin et suscite alors la colère de l’historien, 57 ans après l’accession du pays à la souveraineté internationale en tant qu’Etat. Conclusion de l’historien : « Quelques soient les ressources naturelles, minières, pétrolières et humaines d’un pays, s'il est mal gouverné, les résultats ne seront pas au rendez-vous ».
La solution : Aimer le Bénin !
En dépit de son diagnostic élogieux sur la situation du Bénin depuis 1960 à 2017, il est tout de même difficile pour Pierre Metinhoué de projeter le Bénin sur les 57 années à venir. L’historien se voit en difficulté sur cet exercice et arbore ses attributs de citoyen lambda pour « souhaiter que le Béninois moyen apprenne enfin à aimer le Bénin ». Selon ses explications, c’est une chose qu’on apprend. « Que nous prenons conscience de la nécessité d’aimer le Bénin. Et si nous l’aimons, il sera mieux dirigé. Parce que les premiers gouvernants donneront l’exemple et aimant vraiment le pays, ils ne refuseront aucun sacrifice pour que le pays aille de l’avant », propose-t-il. « Tous les scandales financiers que nous connaissions avant ou après tel président sont la preuve que nous n’aimons pas notre pays », se désole Pierre Metinhoué. Si nous l’aimions, indique-t-il, beaucoup réfléchiraient avant de trouver les moyens de détourner l’argent public pour faire des investissements uniquement personnels. « Je n’ai de leçon à donner à personne, mais restons modestes et n’arrêtons pas d’aimer le Bénin », lance-t-il in fine comme appel.